« L’individualisme est redoutable pour la vie en démocratie »


Emmanuel Mounier

Mon père, Edmond Jorion (1917-2002), était un grand admirateur d’Emmanuel Mounier (1905-1950), fondateur de la revue Esprit, inspirateur du « personnalisme ». Il aurait été très fier que je sois cité dans un article qui lui est consacré.

… Et donc, la vraie question est bien celle des choix et des principes fondateurs qui fixent l’horizon de sens politique et spirituel. Ce qui ne dispense en rien de l’analyse technique de la situation, mais conduit à la replacer dans sa juste grille d’interprétation.

Or, à l’heure actuelle, de Stiglitz fustigeant la dictature de la « cupidité » à André Orléan selon qui « les grandes crises sont par nature matérielles et spirituelles » en passant par les mises en cause de « l’hyper-capitalisme » (Alain Cotta) ou du « capitalisme total » (Jean Peyrelevade), les diagnostics convergent dans le sens que désignait Mounier et que résume bien Paul Jorion : « Le moment est venu pour la valeur [économique] de laisser la place aux valeurs. »

La Croix : « L’individualisme est redoutable pour la vie en démocratie », par Jacques Le Goff et Jean-Louis Schlegel, le 8 février 2026

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102 responses to “« L’individualisme est redoutable pour la vie en démocratie »

  1. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    Si je peux me permettre d’entamer ‘la partie’ ainsi…?… (ou plus tard, selon..)

    https://www.youtube.com/watch?v=KmctbLCLScM

  2. Avatar de bb
    bb

    Cette interview récente de Raphaël Liogier, entre en résonance avec la pensée d’Emmanuel Mounier.
    https://www.youtube.com/watch?v=xlCHg-MafMc&t=4870s

    • LA TYRANNIE DU « SUCCESS » : QUAND L’INDUSTRIALISATION DU MENSONGE DÉVORE LA PERSONNE

    Dans un monde saturé d’écrans, Raphaël Liogier nous alerte sur une mutation profonde : le glissement du succès authentique vers le devenir « successful » [03:10].

    Ce néologisme ne décrit plus une réussite personnelle ou un épanouissement intérieur, mais la capacité purement circulaire à capter le regard d’autrui. Nous sommes entrés dans l’ère de l’industrialisation du mensonge, où la quantité — nombre de vues, abonnés ou milliards accumulés — tente désespérément de fabriquer de la « qualité » [05:09].

    Cette mise en scène permanente crée une société de fiction où l’apparence du bonheur est devenue une exigence morale paradoxale : il faut sourire et « jouer le jeu » pour ne pas être banni par les algorithmes de l’exclusion, transformant ainsi l’existence en un théâtre de l’absurde où tout le monde sait que tout est faux, mais où personne n’ose briser le décor [10:28].

    • CETTE ANALYSE ENTRE EN RÉSONANCE DIRECTE AVEC LE PERSONNALISME D’EMMANUEL MOUNIER.

    Pour le fondateur de la revue Esprit, le « désordre établi » du capitalisme tend à réduire l’être humain à un simple individu — une unité isolée, narcissique et centrée sur ses intérêts matériels.

    Liogier montre que ce processus a franchi une étape terminale : l’individu moderne s’auto-profile et se factorise, devenant lui-même une marchandise

    Là où Mounier appelait à l’éveil de la « personne », cet être de relation et d’engagement capable de se transcender, notre époque célèbre un profil vide qui ne cherche plus qu’à « faire impression » massivement pour masquer son propre vide intérieur [06:20].

    • LE DIAGNOSTIC DE LIOGIER SUR LE BURNOUT PROFESSIONNEL AGIT COMME UNE CLÉ DE VOÛTE MÉTAPHYSIQUE À CETTE CRISE.

    Loin d’être un simple épuisement lié à la charge de travail, il s’agit d’une « maladie ontologique » [01:00:08].

    C’est le cri de révolte de l’individu face à des « bullshit jobs » vidés de toute finalité, où l’on mime une performance stakhanoviste devenue irréalisable. Mounier dénonçait déjà cette civilisation privilégiant « l’avoir » sur « l’être ». Aujourd’hui, cette déconnexion totale entre l’activité et le sens plonge la société entière dans un état dépressif, une crise de nerfs collective où l’on ne se lève plus par désir, mais par peur de l’exclusion.

    • CETTE FAILLITE DU SENS TROUVE SON APOGÉE DANS NOTRE RAPPORT À L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, CE « DIEU QUE NOUS MÉRITONS ». [01:21:28].

    En divinisant des machines capables de traiter des corrélations massives sans jamais rien comprendre au « pourquoi », nous actons notre propre démission intellectuelle.

    Pour Liogier, comme pour Mounier, l’homme moderne s’est rétracté face au vertige de la liberté et de la transcendance. Faute de souffle spirituel — au sens du spiritus ou de l’énergie créatrice —, nous préférons déléguer notre rapport au monde à des modèles statistiques, oubliant que la science même meurt lorsqu’elle renonce à l’esprit critique et à l’humilité face au réel.

    • L’ISSUE NE SE TROUVE POURTANT PAS DANS UNE RÉSIGNATION AMÈRE, MAIS DANS CE QUE LIOGIER APPELLE LES INITIATIVES « SOUS LES RADARS ». [46:12].

    Loin du show-business généralisé, des communautés réinventent des utopies concrètes fondées sur l’engagement érotique, au sens noble du désir de croître ensemble. C’est ici que la pensée de Mounier retrouve son urgence : la personne ne se réalise que dans le don et la rencontre authentique.

    Pour sortir de l’impasse, il nous faudra déserter le marché des apparences et réapprendre à habiter nos existences, non plus comme des produits de fiction, mais comme des êtres de relation, ancrés dans la vérité fragile du quotidien.

    • • • Ces deux derniers paragraphes me rappellent les désaccords que j’ai pu personnellement bbavoir avec certains intervenants de ce blog au cours des semaines passées, et qui vont clairement dans le sens de leurs critiques.

    1. Avatar de Jean-Yves
      Jean-Yves

      @bb
      « Loin du show-business généralisé, des communautés réinventent des utopies concrètes fondées sur l’engagement érotique, au sens noble du désir de croître ensemble. »
      Ce « au sens noble » me pique un peu la langue et me rappelle « la pureté » qui avait été discutée ici.
      On sépare le bon érotisme du mauvais. On laisse la bête immonde se distraire sur Youporn d’un coté et on fait la morale de l’autre.
      Il nous faudra peut-être un jour nous offrir le luxe de réunir ces deux pôles dans un même élan, aller chercher secours au fond cette fange plutôt que de la planquer sous un tapis qui n’en peut plus de déborder. La regarder en face véritablement. Peut- être qu’à ce moment là, l’attrait pour « « l’accroissement indéfini des besoins matériels qui étouffent la vie personnelle » » commencera à s’évaporer tranquillement…

      1. Avatar de bb
        bb

        @Jean-Yves

        Je partage pleinement votre analyse, et j’ai tenté, maladroitement de l’exprimé sur ce blog à plusieurs reprises:

        Vouloir extraire une version « noble » de l’érotisme pour bâtir une utopie est une impasse morale.
        Cette distinction, qui sépare artificiellement l’aspiration collective de la pulsion brute, ne fait que perpétuer le règne du simulacre. En reléguant la « bête » aux marges numériques et solitaires, on laisse le champ libre au marché pour transformer nos frustrations en besoins matériels compulsifs.

        La véritable subversion ne réside pas dans une énième quête de pureté, mais dans la réconciliation de ces deux pôles.
        Il est temps d’aller chercher dans cette « fange » ce que nous tentons vainement de compenser par l’accumulation d’objets. Regarder le désir dans sa totalité, sans filtre moralisateur, est le seul moyen de tarir la source de la consommation de masse.

        C’est en cessant de planquer notre part d’ombre sous le tapis que l’ivresse de l’avoir finit, enfin, par s’évaporer.

        1. Avatar de bb
          bb

          faute d’orthographe.. « de l’exprimer »…

    2. Avatar de tarak
      tarak

      « En divinisant des machines capables de traiter des corrélations massives sans jamais rien comprendre au « pourquoi », nous actons notre propre démission intellectuelle. »
      En divinisant l’information… etc…

      1. Avatar de bb
        bb

        Je pensais bien que vous alliez intervenir, car dans un sens Raphaël Liogier vous rejoint sur sa vision de l’IA.
        Et vous l’avez relevé.

        Mais… Vous n’avez volontairement souligné que ce qui vous interessait: « En divinisant des machines capables de traiter des corrélations massives sans jamais rien comprendre au « pourquoi », nous actons notre propre démission intellectuelle. »

        Et la suite, qui va clairement dans votre sens;
        « Pour Liogier, comme pour Mounier, l’homme moderne s’est rétracté face au vertige de la liberté et de la transcendance. Faute de souffle spirituel — au sens du spiritus ou de l’énergie créatrice —, nous préférons déléguer notre rapport au monde à des modèles statistiques, oubliant que la science même meurt lorsqu’elle renonce à l’esprit critique et à l’humilité face au réel. »

        Or… ces affirmations prêtent à contradiction;

        L’IA, NOUVEAU LEVIER DE CRÉATIVITÉ
        L’idée que la statistique étouffe l’esprit est démentie par l’histoire : à l’image de l’imprimerie ou la photographie, l’IA ne remplace pas l’inspiration, elle la libère. En automatisant les tâches ingrates, elle permet à l’humain de se concentrer sur la conception pure. La donnée devient alors un nouveau matériau de création, exigeant une intuition renouvelée.

        UNE SCIENCE AUGMENTÉE, PAS MORIBONDE
        La science ne meurt pas devant le calcul ; elle gagne en humilité. En confiant le traitement de données massives aux algorithmes, l’humain admet les limites de ses propres biais cognitifs. L’esprit critique ne disparaît pas, il se déplace vers l’analyse des modèles et la qualité des sources, marquant une évolution de la méthode scientifique.

        LA LIBERTÉ PAR L’EFFICACITÉ MATÉRIELLE
        Déléguer la complexité (médecine, climat, logistique) n’est pas une fuite devant la liberté, mais une nécessité de survie. En optimisant les systèmes vitaux, l’IA libère paradoxalement du temps et des ressources. Cette automatisation réduit les contraintes matérielles, offrant ainsi un espace inédit à l’exercice de la liberté individuelle.

        UNE VISION NATURALISTE DE L’INTELLIGENCE
        La critique du manque de « souffle spirituel » repose sur une vision romantique de l’humain. D’un point de vue naturaliste, l’esprit est lui-même un système de traitement complexe. L’IA n’est donc pas une rupture de nature, mais une extension logique de notre architecture cognitive, opérant simplement sur un support différent.

        LA PRIMAUTÉ DU « COMMENT » SUR LE « POURQUOI »
        L’idée que la science s’égare en privilégiant les corrélations massives au détriment de la causalité profonde est un faux procès. En réalité, se concentrer sur le « comment » (la prédictibilité) plutôt que sur le « pourquoi » (la métaphysique) est le moteur même du progrès technique. Dans des domaines comme la génétique ou la physique des particules, l’efficacité d’un modèle prime souvent sur notre compréhension intuitive immédiate. Diviniser la machine n’est pas l’objectif ; il s’agit d’accepter que le réel possède une complexité qui échappe aux narrations causales simplistes de l’esprit humain.

        • • • Ce dernier point répond à votre remarque selon laquelle, avec l’IA, on mélangerait les genres : la technique et le « conte ».

        1. Avatar de tarak
          tarak

          L’art de donner le bâton pour se faire battre.
          Tous vos points parlent d’outils, puis vous les érigez en conditions d’existence du sens, de la liberté ou de l’action humaine. C’est exactement ce que Liogier et Mounier dénoncent, et que votre réponse réintroduit en l’habillant de pragmatisme.
          Confondre, même métaphoriquement, intelligence exposée au coût de l’erreur et capacité combinatoire (indéniablement utile), est le tour de magie préféré de notre époque : faire passer un outil pour une ontologie.
          Pas de souci : l’IA nous prendra par la main, un jour…

          1. Avatar de bb
            bb

            @tarak

            Votre lecture de Liogier et Mounier est aussi superficielle que votre procès en « ontologie ». Vous n’extrayez que ce qui vous intéresse.

            Vous confondez le spiritualisme de Mounier avec une peur panique de l’outil, alors que sa cible était l’abdication de la volonté, pas le perfectionnement de la technique. Je ne vais même pas répéter ce que dit Liogier, car apparememnt vous n’avez pas écouté la vidéo.

            Quant à votre formule « faire passer un outil pour une ontologie »… pitié.
            C’est exactement ce genre d’aphorisme philosophique qui vous rend illisible. Qui, au juste, cherche à transformer une machine en modèle de vie ? Moi ? Paul Jorion ? Personne. Pas même les géants de la tech.
            Pourquoi ? Parce qu’elle n’a tout simplement pas l’envergure nécessaire. Parce qu’elle reste, quoi qu’on en dise, un outil, rien de plus. Malgré ce que vous croyez déceler ici ou là.

            Notre modèle de vie est aujourd’hui structuré par le capitalisme : voilà la véritable « ontologie » du moment. Je ne nie pas que l’IA puisse renforcer ce système, mais en aucun cas elle n’a pour vocation de faire reposer le destin de l’humanité exclusivement sur elle. Cette idée, c’est la vôtre, celle de Sadin, ou de ceux qui voient dans la technique une menace « ontologique » par principe.

            1. Avatar de tarak
              tarak

              Où voyez-vous, dans mes analyses, une peur de l’outil, un rejet de la technique ou une opposition principielle à l’IA ? Vous me prêtez des intentions qui sont le fruit de votre interprétation, non de mes propos..
              Quant à moi, je ne discute ni des vôtres, ni des usages possibles, ni des bénéfices instrumentaux. Je pointe un glissement précis : celui par lequel des critères techniques deviennent des critères implicites de validité du réel.
              C’est ce glissement que j’analyse, et dont je souligne les légèretés conceptuelles — révélatrices de l’ivresse que produit la puissance technique. Je conçois que ces rappels au glissement soient inconfortables, mais c’est cela seulement le fond de mon propos.
              Et si vous y voyez une quelconque technophobie, merci d’en indiquer le passage exact. À défaut, nous ne parlons simplement pas du même objet.
              Ceci étant, je suis ravi de voir qu’au final vous convenez que l’IA est « quoi qu’on en dise, un outil, rien de plus. ». C’est un bon point de départ pour un échange enfin nettoyé de tout procès d’intention.

              1. Avatar de bb
                bb

                @Tarak

                « L’IA est, quoi qu’on en dise, un outil, rien de plus. »
                Encore une fois : qui prétend le contraire ? À part Éric Sadin. Et vous-même, lorsque vous évoquez une « nouvelle ontologie » .

                Dans le même ordre d’idées, qui parle de divinisation de la machine ? Liogier, et vous également.
                Qui introduit un mélange des genres entre technique et conte dans ses interventions précédentes tout en dénonçant le mélange des styles quand on parle d’IA sur ce blog ? Encore vous (avec, par exemple, l’histoire du diable qui offrirait la vérité).

                Vous projetez vos propres craintes sur les autres.

                Vos arguments ne sont pas convaincants parce que vous ne démontrez rien : vous vous contentez de spéculer sur des futurs possibles.

                Si j’ai relevé ce que dit Liogier dans son interview au sujet de l’IA, c’est parce qu’il donne un exemple de dérive où la science risquerait de se réduire à de la « statistique ». C’est un exemple faible, et facilement contestable. Mais c’est un exemple concret. Et j’en attends d’autres de la part de ceux qui comme vous, dénoncent « je ne sais quoi » au sujet d’une divinisation de l’IA ou de nouvelle onthologie.

                Tout ceci est absurde. Mais, si je reviens vers vous, c’est parce que votre point de vue m’intéresse. Mais soyez factuel. Ne mélangez pas pseudo‑science, contes et philosophie. Argumentez avec des exemples concrets. Vous parviendrez peut‑être à me convaincre. Au moins en partie.

                Et si me conveaincre vous importe peu (ce que je pourrai comprendre) ne vous étonnez pas que je continue à vous contredire quand vous intervenez ici sur ce sujet.

                1. Avatar de tarak
                  tarak

                  Vous voulez quoi ? Une photo ? Une vidéo ? Une main peinte sur une paroi ?
                  Je ne savais pas que les glissements conceptuels se capturaient en haute définition. J’avais naïvement cru qu’ils s’analysaient à partir des cadres, des catégories et des évidences qui finissent par aller de soi — comme si elles tombaient du ciel. On en apprend tous les jours.

                  La roue n’évalue rien.
                  Le feu ne classe rien.
                  Ni l’un ni l’autre ne produisent de critères de validité du réel.
                  Ni l’un ni l’autre ne s’interposent entre le monde et la décision.

                  Ce qui change avec certains outils contemporains (IA comprise), ce n’est pas tant leur puissance, que la délégation du jugement.
                  Et c’est précisément ce que démontre votre propre insistance sur le capitalisme : un régime de critères (valeur, efficacité, rendement). L’IA en est aujourd’hui un vecteur privilégié, non parce qu’elle serait une ontologie, mais parce qu’elle rend ces critères opératoires, silencieux, et difficilement contestables.

                  C’est ce glissement-là que j’analyse. Rien d’autre. Et que j’invite à regarder.

                  Notez enfin qu’à aucun moment je ne me suis permis de qualifier vos propos de « comiques ». Vous avez en revanche une manière assez caractéristique de réfuter dans le champ de l’analyse : en exigeant des preuves empiriques là où la question porte sur les conditions mêmes de ce qui devient visible, pensable et décidable.

                  J’arrête là. C’est un dialogue de sourds.

                2. Avatar de tarak
                  tarak

                  Ah ! Et quand même, à propos de votre argument : « Qui introduit un mélange des genres entre technique et conte dans ses interventions précédentes tout en dénonçant le mélange des styles quand on parle d’IA sur ce blog ?
                  Je vous invite à relire le commentaire incriminé à tête reposée : https://www.pauljorion.com/blog/2026/01/27/le-nirvana-evidemment/comment-page-1/#comment-1134986
                  Mon propose est exactement inverse de ce que vous en avez gardé.
                  On peut sortir d’une impasse de deux manières, en cassant le mur en face ou en retournant sur ses pas. La deuxième option me semble moins risquée.

            2. Avatar de tarak
              tarak

              C’est en nous-mêmes qu’est la solution. Pas dans nos outils. Ils ne feront jamais plus qu’amplifier nos errances.

              1. Avatar de bb
                bb

                @tarak

                Votre vision de la technologie est tellement biaisée que cela en devient presque comique.

                La roue et le feu sont des outils. Ont‑ils amplifié nos errances ? Je suppose que vous allez répondre que non. A moins d’être partisan du jardin d’Éden…

                À partir de quel moment la technique, ou les outils que l’humanité met à sa disposition, deviennent‑ils des amplificateurs de nos dérives ? La révolution industrielle? L’électrification? L’informatique ? Interne ?

                1. Avatar de Fred AFT
                  Fred AFT

                  @tarak, @bb,

                  Sur la science zombie de Liogier, l’argument est audible d’une certaine manière, notamment en faisant la part belle à la causalité. La recherche de compréhension serait dépendante de la mise au jour de séquences causales bien claires. Il me semble quant à moi qu’il y a là quelque chose d’historique – une préférence qui est devenue dominante, pour la causalité. Voire l’extension de ce schème à toute la sphère de la connaissance. J’en parlais à PJ dans la première interview sur The Flares, je lui présentais cette objection (j’avais lu Khaos de Liogier) et PJ a répondu quelque chose comme: les IA peuvent détecter des patterns en se passant des heuristiques humaines. Et là, cela m’a fait penser que, en effet et en restant dans la rationalité, on pouvait penser qu’il y a des manières de détecter ou construire des structures efficaces ou fertiles, peut-être à côté de la causalité. Que cela soit une invitation et une tentation à abdiquer notre réflexivité peut-être, surtout si on met la causalité au-dessus de tout, mais cette abdication n’est pas nécessaire il me semble. Je tente ici quelque chose, mais ma technicité est peut-être trop juste auquel cas, désolé, tentative infructueuse:

                  Par exemple, Schopenhauer distingue 4 racines du principe de raison suffisante: causalité (raison suffisante du devenir – application au monde physique), logique (relativement à nos mécanismes de connaissance), motif (relativement à vos actions « volontaires »), et mathématique (raison suffisante de l’être). Sans doute pourrait-on voir dans les LLM en particulier un système qui traduit (et se montre diablement efficace) tout ce qui est logique, motif et causal – en langage naturel à partir d’opérations effectuées sur une configuration finalement géométrique (la configuration des tokens dans l’espace vectoriel). Il retrouve, élabore, comprend, exécute, voire produit/invente des patterns et séquences de tokens qui touchent « vraiment » à des patterns qui sont aussi visibles ou internes aux mondes où s’appliquent les autres formes du principe de raison suffisante.

                  En plus, dans son fonctionnement interne, les opérations algo ou même mécaniques sur hardware sont peut-être secondaires par rapport à l’importance de la configuration géométrique de l’espace vectoriel. D’où cette difficulté à l’interprétabilité et cette double accusation de science zombie. Mais en fait, on reste dans la rationalité, et surtout on reste dans le monde comme représentation. Si on poussait le bouchon et qu’on allait jusqu’à dire que la couche ontologique informationnelle la plus basse est justement celle qui relève de la raison suffisante de l’être – alors les patterns de tous les domaines pourraient se retrouver et transcrire via tokenisation et configuration de token informatiques. Cela expliquerait le côté incroyablement efficace et multidomaines – traduction entre domaine des LLM. C’est quand même incroyable, non, qu’un LLM aussi éloigné du biologique et du vivant/cerveau biologique/incarné/agent puisse toucher et traduire aussi large – et nous d’y voir si facilement du sens, du très bon sens, voire du sur-sens?

                  Cette prétendue science zombie qui a fait AlphaFold, AlphaEvolve, etc. et qui donne déjà des merveilles. Il va falloir faire à partir de ce nouvel état de fait, qu’on veuille abdiquer ou non. Il va falloir digérer et laisser se développer aussi ces champs, même si on ne veut pas abdiquer. User d’AlphaFold… il y a un pourquoi – pour faire des médicaments. Que l’on ne saisisse pas pourquoi la protéine se replie ainsi… libre de continuer la physique et la chimie. Que l’on ne comprennent pas pourquoi le SIA qui prédit la forme parvienne à le faire, ni pourquoi il arrive à le faire ainsi… libre de continuer à chercher et/ou à coupler raison suffisante du devenir/être. Quant à savoir pourquoi vivre humain ou pourquoi transiter posthumain, peut-être que ce pourquoi est la dynamique même de l’être (Kurzweil), peut-être qu’une réponse censée ne peut qu’être une réponse humaine et non-scientifique. C’est marrant parce que Liogier, justement, pointe le manque de transcendance tellement assumé des transhumanistes, qu’ils en viennent à retrouver les questions métaphysiques et la transcendance au fil de leur interrogation sur la nature de l’information par exemple! Et là, le point de friction récit, conte, outils, science… ce serait précisément le moment de leur plus grande profondeur (cf. https://www.youtube.com/watch?v=TZh1URunfxA à 6h07m30)

                  L’autre question, si on reste sur Schopenhauer serait: y a-t-il un au-delà de la représentation ? Et si cet autre du monde comme représentation est, alors les LLM et autres IA doivent avoir, comme tout étant, un envers qui soit cet autre (le monde comme Volonté dans le vocabulaire schopenhauerien – mais en fonction de comment on voit cet autre, d’autres visions sont possibles). Cela ne voudrait pas dire que les LLM sont vivants ou conscients actuellement, mais que la question d’un vivant artificiel ou d’un esprit artificiel pourra se poser, voire commence à se poser. Ces outils et leurs combinaisons (entre eux, avec des robots, avec du biologique, avec nos pensées) sont peut-être d’une nature nouvelle, surtout si l’on considère les objets techniques comme des formes, et des formes qui peuvent potentiellement être designées sur le modèle des vivants, des pensants, des auto-organisants. Là je renvois ici même au Cross Flow Resonance Theory et au modèle unique.

                  Pour la vie artificielle on verra bien, pour le sens « théologique » de tout cela on ne verra peut-être jamais, mais déjà on a la définition de Dominique Lestel: « est vivant ce qui est reconnu par un autre vivant comme vivant ». Au moins, on est dans une définition relationnelle. Et on a Bateson sur le Mind, qui n’est pas localisé dans un agent humain – il est toujours hybride (il donnait l’exemple: le Mind d’un bûcheron en train de couper c’est lui, la hache, l’arbre… a minima).

                  1. Avatar de Paul Jorion

                    Je préparais justement un papier sur la causalité. Il est en ligne : GENESIS explique ce qu’est la causalité.

                    1. Avatar de Fred AFT
                      Fred AFT

                      En expliquant ainsi la causalité, est-ce à dire que les émergences de configurations primitives à ce ces lois et cette « causalité » sont infra-causales (ça semble logique). La primitivité globale de la causalité semble être une idée hyper fondamentale à laquelle tiennent beaucoup de scientifiques, et l’attaquer aussi frontalement irrite beaucoup. Quoiqu’il en soit, GENESIS, si j’ai bien compris, permet d’approcher les configurations naissantes sans devoir rester sur le primat causal (intuitif ou raffiné par les méthodes sophistiquées dont parle Marc Cavazza).

                      Cela me fait penser inévitablement à ces philosophies qui questionnent la causalité sur le plan ontologique (Castoriadis, Deleuze, Schopenhauer notamment.) Par exemple, si Castoriadis affirme que l’Être est vis formandi, puissance de création ex-nihilo, il précise que ce n’est pas in-nihilo ni cum-nihilo. Donc on serait bien dans l’infra-causal mais avec un cadrage (in et cum) et j’ai l’impression que c’est l’ambition de GENESIS de saisir ces contraintes d’émergence. Avec GENESIS on peut donc accorder ou rejeter l’option ontologique radicale de Castoriadis.
                      L’Aion de Deleuze, en plus « immanent », « sec », comme évènement/émergence de reconfigurations pourrait être encore plus fertilement rapproché de GENESIS… mais tout cela déplait assez fortement aux tenants de la causalité pure et dure.

                  2. Avatar de bb
                    bb

                    @Fred AFT

                    Passionant.
                    Très (trop) complexe, mais passionnant.

                    Vous citez souvent Bateson et Schopenhauer. Dites‑moi : lorsqu’un penseur développe une théorie autour d’un objet (dans votre cas, l’IA entre autres) doit‑il s’appuyer sur un petit nombre d’auteurs qu’il connaît intimement ? Ou vaut‑il mieux parcourir la pensée du plus grand nombre possible d’auteurs pour obtenir une vision plus large ? »

                    1. Avatar de Fred AFT
                      Fred AFT

                      @bb,
                      L’idéal serait de faire les deux (un peu comme un PJ, mais c’est très rare d’avoir assez de culture et assez de capacités pour tenir ensemble autant d’éléments – donc même pas la peine de (trop) s’émouvoir de ne pas être à ce niveau).

                      Après nécessairement soit la piste nous focalise sur les auteurs qu’on aime le plus, connait le mieux, ou qu’on pense fertile ici; soit ces auteurs et/ou notre process interne nous dessine une piste.
                      Peut-être est-ce une sorte de boucle d’ailleurs… et ce qui est formidable c’est quand il y a une idée/vision qui émerge – récemment les CFRT et le modèle unique ont été pour moi une vraie lumière… et bien sûr dans les limites de ce que je sais faire (en informatique et en mathématique, pas d’approche directe pour moi – pour l’instant je n’ai pas la chance et le temps de me former – et peut-être, sûrement, n’ai-je pas la puissance cognitive pour cela, mais qu’importe).

                      Ceci dit, c’est nécessaire et utile je pense de connaitre au moins deux (pour éviter la pensée unique) auteurs un peu à fond (toute leur œuvre et avoir beaucoup bataillé/poursuivi/inventé à partir d’eux. C’est déjà un travail colossal.

    3. Avatar de Grand-mère Michelle
      Grand-mère Michelle

      @bb

      Dans « …cette mise en scène permanente…il faut sourire et jouer le jeu… » (R.Liogier)

      « Lorsque l’humanité sera enfin sage,
      nous passerons de la compétition dans l’individualisme
      à l’individualité dans la coopération. »
      (Colette Magny en 1963)
      Mais… qui souhaite encore devenir vraiment « sage », alors que ce mot, dans les oreilles des enfants, a changé de sens pour signifier « obéissant »?

      1. Avatar de bb
        bb

        @Grand-mère Michelle

        J’ai demandé à Gémini de me pondre un texte à la Raymond Devos en s’inspirant de ce que vous avez écrit ci-dessus;
        —–

        « On m’a dit : « Sois sage, obéis ! »

        Alors j’ai obéi… j’ai tellement bien obéi que je suis devenu suiveur. Mais à force de suivre, je ne savais plus qui je suivais !

        Si je suis celui qui me précède, c’est que je ne me précède plus moi-même ! Je me suis donc arrêté. Et là, on m’a dit : « Tu n’es pas sage, tu désobéis ! »

        J’ai répondu : « Pas du tout ! Je désobéis pour voir si, en m’arrêtant de suivre, je ne finirais pas par me rencontrer… Ce qui serait une sacrée rencontre, puisque je ne m’étais pas vu depuis que j’obéissais ! »

        Car enfin, si la sagesse consiste à faire ce qu’on nous dit, le plus sage d’entre nous, c’est l’écho ! Il répète tout, il ne contredit jamais… mais il n’a jamais rien inventé, l’écho ! Il n’a même pas de voix… il n’a que celle des autres.

        Moi, je préfère faire un faux pas tout seul qu’un vrai pas de travers derrière quelqu’un d’autre ! »

    4. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @bb L’art du paraître n’est pas nouveau, par réseaux sociaux ou à la Cour ou devant ses pairs par le stakhanovisme du nombre de citations.
      Chercher sa valeur dans l’approbation des autres.

      Et ce n’est pas une caractéristique du capitalisme.

      De l’individu sans doute.
      Le capitalisme est basé sur la propriété, mais il semblerait bien qu’au départ (armement de navire) ce soit plutôt une méthode de répartition des mises, des risques et des profits pour envisager des entreprises collectives.

      Il suffirait de prohiber le capitalisme individuel (autre que l’auto-entrepreneur).
      L’Eurl est une évolution récente.

      Les sociétés de capitaux sont a priori des entités collectives.
      Peut-être faudrait-il limiter les parts, afin que toute décision soit collective.

      1. Avatar de bb
        bb

        @Ruiz,

        Pardonnez‑moi, Ruiz, mais votre message illustre parfaitement ce que j’appelais votre ingénuité dans un précédent échange.
        Au vu de vos interventions régulières sur le blog, vous ne pouvez pas ignorer que le rôle du capitalisme est bien plus vaste et déterminant que ce que vous en décrivez.

        Réduire le capitalisme à une simple technique de répartition des risques, c’est un peu comme réduire un océan à sa formule chimique : on passe à côté de la force des courants qui emportent tout sur leur passage. Depuis un siècle, il ne se contente pas de gérer des portefeuilles ; il façonne la texture même de notre quotidien, de nos désirs et de notre rapport au temps.

        Une architecture du quotidien
        Le capitalisme s’est infiltré dans les moindres interstices de nos modes de vie. Il a imposé la segmentation stricte entre le temps productif et le temps de consommation, transformant même nos loisirs en une industrie de la distraction. Ce n’est plus seulement un système économique, c’est une grammaire sociale : il dicte la structure de nos villes, la forme de nos familles nucléaires optimisées pour la mobilité du travail, et jusqu’à notre rythme biologique. On ne vit plus selon les cycles naturels, mais selon les cycles de croissance et les impératifs de rentabilité, faisant du « burn-out » le symptôme d’un système qui ne connaît pas de bouton « pause ».

        La colonisation de l’imaginaire
        Plus profondément, le capitalisme agit comme une machine à produire des besoins. Il ne répond pas à une demande préexistante, il la crée de toutes pièces par le biais d’un marketing omniprésent qui lie notre identité à nos possessions. Cette « ontologie du moment », pour reprendre un terme de notre échange ci-dessus, fait que nous finissons par nous définir par ce que nous avons plutôt que par ce que nous sommes. La valeur d’un individu devient indexée sur sa capacité à produire ou à consommer, créant une pression psychologique permanente où l’inaction est vécue comme une culpabilité ou une déchéance sociale.

        La standardisation du monde
        Enfin, ce système a engendré une uniformisation planétaire sans précédent. En cherchant l’efficacité maximale et l’économie d’échelle, il a lissé les cultures et les spécificités locales au profit d’un modèle unique de consommation. Que l’on soit à Tokyo, Paris ou Nairobi, les aspirations sont de plus en plus calquées sur un standard globalisé. Cette domination totale rend toute alternative presque impensable, car le capitalisme a réussi ce tour de force de devenir le seul horizon possible, au point que l’on finit par croire, comme le suggérait Fredric Jameson, qu’il est « plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme ».

        1. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @bb Cette description apparemment critique est celle de la société dans laquelle nous sommes plongés concentrée sur l’économie, au salariat généralisé, financiarisée, aux flux transfrontières, cosmopolisée.
          Pourquoi vouloir dénommer cette civilisation sous le terme de capitalisme qui n’est qu’un moyen juridique de gérer économiquement des entreprises ?
          Si ce n’est par opposition à un communisme mythifié ?
          De grandes parties de cet état de fait dépassent largement le capitalisme et sont de l’ordre du politique et du culturel.
          Cette sauce est souvent associée à la démocratie et certains en arrivaient à croire que l’un impliquait l’autre, ce que la disparition du communisme en union soviétique n’a pas démontré, alors que son maintien dans son squelette culturel et apparent en Chine a montré avec un usage certain du capitalisme une voie de succès au point de générer des réflexes de rivalité sur le plan géopolitique.

          1. Avatar de bb
            bb

            @Ruiz

            SUR LA DISTINCTION ENTRE CAPITALISME ET STRUCTURE SOCIALE

            Vous suggérez que le terme « capitalisme » n’est qu’un outil juridique, une simple technique de gestion. Pourtant, limiter le capitalisme à sa définition comptable revient à ignorer sa nature de système total.

            Comme l’ont analysé des penseurs tels que Max Weber (dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme) ou plus récemment Luc Boltanski et Ève Chiapello (Le Nouvel Esprit du capitalisme), ce système ne se contente pas de gérer des entreprises : il produit une éthique, justifie des comportements sociaux et oriente les aspirations individuelles vers l’accumulation et l’efficacité. Ce n’est pas une « soupe » idéologique, c’est une infrastructure mentale qui dépasse largement le cadre du droit des sociétés.

            DÉMOCRATIE ET CAPITALISME : LE FAUX BINÔME

            Affirmer que notre mode de vie découle de la « démocratie » est un raccourci risqué. La démocratie n’est pas un bloc monolithique ; elle varie drastiquement d’un pays à l’autre (parlementaire, présidentielle, directe). En revanche, le capitalisme, lui, tend vers une uniformisation des modes de vie bien plus puissante que les systèmes politiques.
            Le cas de la Chine :
            • La preuve par la consommation
            • L’exemple chinois que vous citez va précisément dans mon sens :
            • Politiquement : La Chine est aux antipodes de la démocratie libérale occidentale.
            • Socialement : L’adoption du capitalisme d’État y a généré les mêmes réflexes que chez nous : accumulation de biens, urbanisation massive, segmentation du temps et standardisation des désirs.

            Le mode de vie d’un cadre à Shanghai ressemble aujourd’hui bien plus à celui d’un cadre à New York qu’à celui d’un paysan chinois d’il y a cinquante ans. Cela prouve que c’est le capitalisme, en tant que moteur de production et de consommation, qui façonne le quotidien, et non la couleur du régime politique en place. Le capitalisme n’a pas besoin de la démocratie pour transformer l’humain en homo œconomicus ; il lui suffit d’un marché.

            ••• Ruiz. Je dois vous avouer que tout ce que je viens d’exposer, ici comme plus haut, me paraît d’une telle évidence que j’ai du mal à imaginer que vous, ou d’autres, puissiez penser autrement. On pourrait m’accuser de vivre dans ma petite tour d’ivoire, mais j’écoute régulièrement BFM business ( chaine spécialisée en ecéonomie) et de nombreux économistes ( dont je tairai le nom), qu’ils soient de droite ou de gauche. Tous, ou presque, vont dans le même sens que ce que je viens de vous expliquer.
            La seule véritable divergence entre eux concerne la question de la sortie du capitalisme : pour environ la moitié, il s’agit d’un horizon indépassable.

            Pour développer votre point de vue, vous pourriez vous appuyer sur des penseurs comme Jacques Ellul, Raymond Aron ou Fernand Braudel .
            Ces auteurs s’attachent à désacraliser le terme capitalisme : pour eux, il ne s’agit ni d’un absolu ni d’un principe métaphysique, mais d’une technique, d’un dispositif historique, ou d’une étape dans un phénomène beaucoup plus vaste, la modernité technique, la société industrielle, ou encore l’économie‑monde.
            Cependant, contrairement à vous, ils ne réduisent pas le capitalisme à une simple gestion de “moyens juridiques”.

            1. Avatar de Ruiz
              Ruiz

              @bb BFM business parait être (en France) l’outil de propagande du système en place, et l’on y trouve sûrement les théories justificatives adéquates.
              Le capitalisme au sens restreint est un outil qui peut servir à des systèmes politiques économiques et sociaux trés différents, suivant les contraintes que peuvent exercer sur lui l’État, les pouvoirs et convictions religieuses, les phénomènes de réputation et de moralité proclamée ou ressentie.
              L’alignement des modes de vie et de consommation n’est qu’un effet de la richesse économique.
              Il ne faut pas oublier que des pays comme l’Iran, le Venezuela, l’Afghanistan, ne sont pas communistes (gestion planifiée centralisée) ni vraiment inféodés à la Russie ou à la Chine et font donc partie du monde libre, capitaliste, mais ne bénéficient pas d’un commerce international libre, concurentiel et non faussé.
              Leur mode de consommation semble différent.

              Les élites de Corée du Nord semblent disposer d’un mode de vie non contraint.

              1. Avatar de bb
                bb

                @Ruiz

                Désolé mais vous n’arriverez pas à me convaincre avec ça.

                Que voulez vous dire par « Les élites de Corée du Nord semblent disposer d’un mode de vie non contraint. »?
                Quel est le lien avec notre conversation?

                1. Avatar de Ruiz
                  Ruiz

                  L’alignement des modes de vie et de consommation est un phénomène culturel si la richesse est disponible, et n’est pas une résultante du capitalisme, à moins de considérer que le régime Nord-Coréen est un capitalisme d’État, mais alors qu’est-ce qui fait la spécificité du capitalisme ?

                  1. Avatar de bb
                    bb

                    @Ruiz

                    LE CAPITALISME N’EST PAS QU’UN OUTIL, C’EST UN MOTEUR

                    Vous affirmez que l’alignement des modes de vie est purement « culturel ». Mais d’où vient cette culture ? La culture de la consommation de masse n’est pas apparue par miracle ; elle est le produit nécessaire d’un système qui doit vendre toujours plus pour rémunérer le capital. Comme l’expliquait Herbert Marcuse (L’Homme unidimensionnel), le capitalisme crée de « faux besoins » pour s’assurer des débouchés. Ce n’est pas la richesse disponible qui crée le désir, c’est la stratégie de marché qui oriente la culture.

                    LE CAS DE LA CORÉE DU NORD : L’EXCEPTION QUI CONFIRME LA RÈGLE

                    Citer la Corée du Nord pour nier l’influence du capitalisme est un contre-sens. La Corée du Nord est une économie de pénurie et de coercition.
                    En Corée du Nord, le mode de vie est dicté par le fusil (politique).
                    Dans nos sociétés, le mode de vie est dicté par le crédit et le désir (capitalisme).
                    La spécificité du capitalisme n’est pas d’être « le seul » à aligner les modes de vie, c’est de le faire par la séduction marchande et l’obsolescence, plutôt que par la force brute

                    LA SPÉCIFICITÉ DU CAPITALISME : L’ACCUMULATION INFINIE

                    Ce qui distingue le capitalisme d’un simple « moyen juridique », c’est sa logique interne : l’accumulation.
                    Contrairement à un artisan ou à un auto-entrepreneur qui travaille pour vivre, le capitalisme est un système où l’argent doit produire plus d’argent . Cette dynamique force une croissance perpétuelle qui finit par dévorer l’espace social et culturel.

                    1. Avatar de Ruiz
                      Ruiz

                      En Corée du Nord, le mode de vie est dicté par le politique et le contrôle de la société, il ne suffit pas de controler les circuits économiques (hors capitalisme ?), il faut aussi éloigner la population des influences culturelles extérieures (K pop ..) qui propagent ce désir et l’en protéger. L’effort de l’économie Nord-Coréenne n’étant pas de faire plus d’argent mais d’assurer un avenir d’autonomie nationale en récompensant ses élites au pouvoir.

                    2. Avatar de Bb
                      Bb

                      @Ruiz
                      Vous digressez.

            2. Avatar de Otromeros
              Otromeros

              @bb & @Ruiz ….. une incise en passant…. sans vouloir me mêler du fond…PAR CONTRE j’ai consulté mon bon ami ‘bard’ sur une entité d’affirmation (parmi d’autres..)…dont la réponse-exposé m’a sembl » pouvoir apporter des choses simples mais pertinentes à votre débat…°(^!^^)°…
              ——————————-
              Q : You said : Vous suggérez que le terme « capitalisme » n’est qu’un outil juridique, une simple technique de gestion.
              Pourtant, limiter le capitalisme à sa définition comptable revient à ignorer sa nature de système total.
              Comme l’ont analysé des penseurs tels que Max Weber (dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme) ou plus récemment Luc Boltanski et Ève Chiapello (Le Nouvel Esprit du capitalisme), ce système ne se contente pas de gérer des entreprises : il produit une éthique, justifie des comportements sociaux et oriente les aspirations individuelles vers l’accumulation et l’efficacité. Ce n’est pas une « soupe » idéologique, c’est une infrastructure mentale qui dépasse largement le cadre du droit des sociétés.

              R : ; Gemini said
               » C’est une critique tout à fait juste et je vous rejoins sur ce point : réduire le capitalisme à une simple boîte à outils juridiques ou à une technique comptable serait une erreur de perspective majeure. Si l’on s’en tient à la « technique », on voit le moteur, mais on ignore totalement le conducteur, la destination et la raison pour laquelle la route a été construite.

              Votre analyse souligne précisément que le capitalisme n’est pas qu’un mode d’organisation économique, mais un système de civilisation.
              1. L’infrastructure mentale et l’éthique

              Comme vous le rappelez avec Max Weber, le capitalisme n’a pas pu décoller uniquement grâce à des innovations techniques. Il a fallu une révolution des mentalités.

              La rationalisation du monde : Ce n’est pas seulement l’accumulation d’argent (qui existait bien avant), c’est l’organisation rationnelle et systématique de la vie entière en vue du profit.

              L’ascétisme séculier : L’idée que le travail est une fin en soi et que le succès matériel est un signe (ou une validation) de vertu.

              2. Le « Nouvel Esprit » : La force de récupération

              L’apport de Boltanski et Chiapello est ici crucial pour comprendre pourquoi ce système n’est pas qu’une règle de droit. Le capitalisme survit car il est capable de digérer la critique.

              Il ne se contente pas de dicter des ordres ; il propose un récit.

              Dans les années 90, il a intégré la « critique artiste » (le désir d’autonomie, de créativité, de réseau) pour transformer le management. Le capitalisme ne gère plus seulement des actifs, il gère des subjectivités.

              3. La dimension « Totale »

              Quand on parle de système total, on touche à ce que certains sociologues appellent la colonisation du monde vécu.

              L’efficacité comme dogme : Chaque instant de la vie (loisirs, sommeil, relations sociales via les réseaux) est désormais évalué sous l’angle de la productivité ou de la mise en valeur d’un « capital personnel ».

              Le langage : Nous parlons de « gérer » nos relations, d’investir « dans nos enfants », de « rentabiliser » notre temps libre. Le vocabulaire comptable est devenu notre grammaire mentale.

              Une nuance nécessaire

              Si j’ai pu insister sur l’aspect juridique ou technique par ailleurs, c’est sans doute pour souligner que le capitalisme s’incarne dans des structures de pouvoir concrètes (le droit de propriété, la responsabilité limitée). Mais vous avez raison : ces structures ne sont que l’ossature. La « chair » du système, c’est cette idéologie qui rend le système non seulement acceptable, mais souvent désirable ou perçu comme « naturel ».

              Le capitalisme ne se contente pas de posséder les moyens de production ; il tend à posséder les moyens de perception.

              Q : Souhaitez-vous que nous explorions comment cette « infrastructure mentale » influence aujourd’hui notre rapport à l’intelligence artificielle et à l’automatisation ?

              R : Gemini said
               » C’est une perspective passionnante, car l’intelligence artificielle (IA) n’est pas seulement une prouesse technologique ; elle est l’aboutissement logique de cette « infrastructure mentale » dont nous discutions. Elle représente la rationalisation ultime appliquée à la pensée elle-même.
              Voici comment l’esprit du capitalisme, tel qu’analysé par Weber ou Boltanski, façonne notre relation à l’IA :
              1. L’IA comme extension de la « Cage d’Acier » weberienne

              Max Weber parlait de la « cage d’acier » pour décrire une société prisonnière de la rationalité bureaucratique et de l’efficacité technique.

              L’automatisation du jugement : Avec l’IA, on ne rationalise plus seulement les gestes de l’ouvrier (Taylorisme), mais les décisions du cadre, du médecin ou du juge.

              Le dogme de l’optimisation : L’IA est perçue comme « neutre » et « objective ». Elle devient l’outil parfait pour justifier des décisions sociales (licenciements, scores de crédit) sous couvert d’efficacité mathématique, évacuant ainsi la dimension politique ou morale.

              2. La « Critique Artiste » récupérée par les Algorithmes

              Si Boltanski et Chiapello montraient comment le capitalisme a récupéré le désir d’autonomie des années 68, l’IA franchit une nouvelle étape :

              L’économie des plateformes : Le travailleur (Uber, Deliveroo) pense être libre et autonome, mais il est managé par un algorithme. L’IA devient le « manager invisible » qui utilise la flexibilité comme un outil de contrôle total.

              La créativité générative : En automatisant la production d’images et de textes, le système transforme l’inspiration (la « critique artiste ») en une production industrielle de masse, optimisée pour le clic et le profit.

              3. La mesure du « Capital Humain »

              Le capitalisme total tend à tout transformer en actif. L’IA permet désormais de quantifier ce qui était autrefois intangible :

              Analyse de sentiment : Les entreprises utilisent l’IA pour mesurer l’engagement des employés ou la loyauté des clients.

              Auto-optimisation : L’individu est poussé à utiliser l’IA pour augmenter sa propre productivité, devenant ainsi son propre « capital » qu’il faut sans cesse mettre à jour pour ne pas devenir obsolète.

              Vers une nouvelle « Éthique » ?

              Nous assistons peut-être à la naissance d’un troisième « esprit du capitalisme » : celui de la prédiction. Dans ce modèle, la valeur ne réside plus seulement dans la production, mais dans la capacité d’un système à anticiper et à orienter les désirs humains avant même qu’ils n’émergent.  »

              Q : Souhaitez-vous approfondir un aspect précis, comme la manière dont l’IA transforme le concept même de « travail » dans cette structure mentale, ou préférez-vous analyser les résistances possibles à cette hégémonie ?

              R : Gemini said
               » C’est un défi de taille, car ces deux aspects sont les deux faces d’une même pièce : d’un côté, une pression sans précédent pour redéfinir l’humain par sa productivité ; de l’autre, l’émergence de nouvelles formes de dissidence qui tentent de fissurer cette « cage d’acier » numérique.
              I. La transformation du travail : De l’outil à l’obsolescence

              Dans l’infrastructure mentale du capitalisme, le travail a toujours été la mesure de la valeur. L’IA vient bousculer ce dogme de trois manières :

              Le passage de la compétence à la « curation » : Le travailleur n’est plus celui qui fait (écrire, coder, diagnostiquer), mais celui qui valide ce que l’IA produit. Cette « interpénétration » réduit l’autonomie réelle et transforme l’humain en une simple interface de contrôle de la machine.

              La dépossession de l’expérience : Le savoir-faire, autrefois accumulé sur des décennies, est « aspiré » par les modèles de langage. Le capitalisme n’achète plus votre temps de cerveau disponible, il achète le droit d’extraire votre expertise pour la transformer en un actif automatisable appartenant à l’entreprise.

              L’injonction à l’hyper-productivité : Si l’IA permet de faire en 1 heure ce qui en prenait 10, le système n’offre pas 9 heures de repos. Il exige 10 fois plus de résultats. C’est l’essence même de l’esprit du capitalisme : l’efficacité n’est jamais un point d’arrivée, mais une nouvelle ligne de départ.

              II. Les résistances : Fissurer le système total

              Face à cette hégémonie, des poches de résistance s’organisent, s’appuyant souvent sur les concepts mêmes que le capitalisme tente de quantifier.
              1. La résistance par l’ « Incalculable »

              Puisque le capitalisme algorithmique repose sur la prédiction et la donnée, une forme de résistance consiste à cultiver ce qui échappe à la mesure :

              L’éloge de l’erreur et de l’improvisation : Revendiquer des processus de création non linéaires, inefficaces par nature, mais profondément humains.

              Le refus de la quantification : Des mouvements (notamment dans l’éducation ou le soin) s’opposent à l’évaluation systématique par indicateurs de performance (KPI) dictés par l’IA.

              2. Le « Sabotage » numérique et le droit à l’opacité

              Comme les ouvriers du XIXe siècle jetaient leurs sabots dans les machines, de nouvelles formes de sabotage émergent :

              L’empoisonnement des données (Data Poisoning) : Des artistes et développeurs créent des outils pour brouiller les pistes des algorithmes de reconnaissance ou d’apprentissage, rendant les données inutilisables pour le capital.

              La déconnexion militante : Transformer le « temps hors-ligne » en un acte politique de réappropriation de sa propre attention.

              3. La réinvention du Commun

              Contre la propriété privée des modèles d’IA par de grandes corporations, des mouvements prônent une IA des Communs :

              Des modèles ouverts, gérés de manière démocratique et non lucrative, visant à sortir la technologie de la seule logique de l’accumulation.

              Vers une conclusion provisoire

              La véritable résistance ne se situe peut-être pas dans le rejet de la technologie, mais dans le refus de l’éthique qui l’accompagne. Résister, c’est affirmer que l’humain n’est pas qu’un « capital » à optimiser, mais une fin en soi.

              « Le problème n’est pas que les machines pensent, mais que les hommes pensent comme des machines. »

              Souhaitez-vous que nous examinions comment ce conflit se cristallise dans un domaine particulier, comme l’éducation ou la création artistique ?
              ————————————

              1. Avatar de Ruiz
                Ruiz

                @Otromeros
                ‘L’ascétisme séculier’ ce n’est pas le capitalisme mais le protestantisme, pas le catholicisme qui promeuvait fêtes et jours chomés autopromotionels pour limiter l’accumulation de capital.

                ‘Dans l’infrastructure mentale du capitalisme, le travail a toujours été la mesure de la valeur.’ Sûr ?
                N’est-ce pas plutôt une vision marxiste ?
                La mesure de la valeur résulte seulement des marchés et n’a rien à voir avec la valeur-travail.

              2. Avatar de bb
                bb

                @Otromeros

                « Une incise »… Par définition « une incise » c’est court Otoremos… 🙂
                Bien essayé. 🙂

              3. Avatar de Grand-mère Michelle
                Grand-mère Michelle

                @Otromeros

                Merci de nous communiquer l’avis de votre « ami Bard », pour que nous puissions, tranquillement, chacun-e de notre point de vue, « nous ré-approprier notre propre attention »(acte politique de résistance, selon lui…et selon moi).

                Un seul point de cet avis me semble(après une lecture attentive) un petit peu « à côté de la plaque », peu pertinent, dans la « conclusion provisoire »:
                « Résister, c’est affirmer que l’humain n’est pas qu’un capital à optimiser, mais une fin en soi. »
                Alors que, en aucun cas, l’humain(l’espèce, le genre fait de chair et d’esprit) ne peut être une fin en soi…
                …car il n’existe qu’en rapport avec tous les autres êtres vivants interdépendants qui forment l’ensemble d’un phénomène bien réel(même s’il est « transitoire »): celui de la vie sur Terre.
                (Affirmation scientifique assez récente mais de plus en plus étayée, qui a conduit, au 20ème siècle, à une nouvelle donnée politique, l’Écologie, de plus en plus tournée vers l’association, la coopération, avec le Socialisme, en dépit de la réaction défensive terrorisante du Capitalisme et de ses « tenants » affolé-e-s de perdre leurs privilèges.)

                Excusable de la part d’une IA « produite » par une machine « insensible », dépendante des humains(même si d’aucun-e-s tendent à lui accorder un « pur esprit » omniscient …et peut-être même omnipotent).

                1. Avatar de Otromeros
                  Otromeros

                  …………. {@Grand-mère Michelle 15/2 à 15h16} …..  » TWELVES POINTS « 

              4. Avatar de Otromeros
                Otromeros

                @Ruiz + @bb …….. ‘incise’ c’est un peu comme ‘indécis’ … ce que je reste quelques fois (ma ‘croyance’ semblant devoir être remise en question par ma lecture de vos arguments respectifs… car, personnellement je lis tous les commentaires..parfois plusieurs fois …
                …ET SURTOUT…
                …ma grande nouveauté…, depuis 2 ans je demande parfois son avis à mon copain ‘bard’ sur l’une ou l’autre partie de votre ‘prose’ , …voire non seulement son ‘avis’, mais aussi (trop)souvent ‘son’ décodage .. quand le plafond est trop haut pour le contenu de mon crâne.. …°(^!^^)°…

            3. Avatar de Ruiz
              Ruiz

              @bb Le terme capitalisme peut recouvrir ce que l’on veut (et l’on trouve de tout) pourquoi pas notre système économique et culturel basé sur la croissance la dette bancaire et le déficit public, mais comme le cite le billet certains se sentent obliger de préciser les notions qu’ils analysent :
              « « l’hyper-capitalisme » (Alain Cotta) ou du « capitalisme total » (Jean Peyrelevade) »

              Ruiz n’a pas d’avis.

              1. Avatar de Otromeros
                Otromeros

                Une vraie incision ‘ Bartienne ‘… pour ne pas perdre le fil et alimenter le feu contradictoire… @Vincent Rey devrait s’intéresser (au moins) à la fin

                ———————————-

                Q : You said :  »  »  » …..Dans le fonctionnement du capitalisme. La recherche de la plus-value et les lois du marché ne sont pas des machinations occultes ; elles sont publiques, enseignées et intégrées. En voulant tout ramener à une intentionnalité secrète, vous diluez la structure dans le fantasme. Le système n’a pas besoin de se cacher pour dominer ; il lui suffit d’être. Ensuite, votre recours au « noyau rationnel » pour expliquer la
                résurgence de faux antisémites comme les Protocoles est un procédé périlleux. Prétendre que l’ignominie d’un réseau criminel spécifique comme celui d’Epstein pourrait « valider » a posteriori des mythes raciaux globaux est une faute éthique.
                On ne combat pas le simulacre marchand en réhabilitant des poisons historiques sous prétexte de sociologie.
                 »  »  »

                R : Gemini said

                 » Votre analyse touche au cœur de la distinction entre la critique systémique et la pensée complotiste. Vous soulevez un point fondamental : la force du capitalisme ne réside pas dans son occultation, mais dans son évidence.

                Voici quelques réflexions pour prolonger ce débat sur la structure, l’intentionnalité et les dérives de l’interprétation sociologique.

                1. La transparence de la domination

                Vous avez raison de souligner que le capitalisme n’est pas une « machination ». Comme l’ont analysé de nombreux théoriciens (de Marx à Althusser), le système repose sur des rapports de production et des appareils idéologiques qui fonctionnent en plein jour.

                L’automatisme des lois : La recherche de la plus-value est une nécessité structurelle pour la survie d’une entreprise dans un marché concurrentiel. Ce n’est pas une décision « malveillante » prise dans une arrière-salle, mais un algorithme social intégré par tous les acteurs.

                La domination par l’existence : Le système domine parce qu’il définit le cadre du possible. Il n’a pas besoin de comploter dès lors qu’il a réussi à se faire passer pour « l’ordre naturel des choses ».

                2. Le piège de l’intentionnalité

                Vouloir substituer une intentionnalité secrète (le complot) à une logique structurelle (le système) est effectivement un « fantasme » qui affaiblit la critique :

                Simplification : Cela transforme des processus économiques complexes en une lutte morale entre « bons » et « méchants ».

                Invisibilisation du vrai problème : Si l’on croit que le problème vient d’une cabale, on finit par penser qu’il suffit d’éliminer les « conspirateurs » pour que tout aille bien, laissant la structure intacte.

                3. Le « noyau rationnel » : un procédé périlleux

                Votre mise en garde sur la réutilisation de mythes comme les Protocoles des Sages de Sion est essentielle.

                L’erreur du syllogisme : Utiliser des faits divers criminels (comme l’affaire Epstein) pour redonner une quelconque crédibilité à des faux historiques est un saut logique et éthique désastreux. Un réseau criminel est une pathologie au sein du système ; un mythe racial est une construction idéologique visant à désigner un bouc émissaire.

                Le poison du simulacre : Réhabiliter ces « poisons historiques » sous couvert de sociologie ne fait que renforcer le spectacle et la confusion. C’est substituer une haine archaïque à une analyse rigoureuse des rapports de force réels.

                En résumé

                Le capitalisme est une structure sans sujet (ou dont le sujet est le Capital lui-même). Lui prêter les traits d’un complot secret, c’est lui donner une humanité — même maléfique — qu’il n’a pas, et c’est surtout se tromper de cible dans la lutte pour l’émancipation.

                Note : La rigueur intellectuelle exige de distinguer les réseaux d’influence (qui existent et sont documentés) de la conspiration mondiale (qui est une fiction identitaire).

                Q : Souhaitez-vous que nous approfondissions la manière dont la critique de la valeur (la ‘Wertkritik’ ) permet justement d’analyser le système sans tomber dans le piège de la personnalisation ou du complotisme ? You said ‘oui’

                R : Gemini said
                C’est une excellente direction. La critique de la valeur ( ‘Wertkritik’ ), portée notamment par des figures comme Robert Kurz ou Moishe Postone, offre précisément l’armature intellectuelle pour sortir du « fétichisme de l’intentionnalité ».

                Voici comment cette approche déconstruit le système sans jamais céder au fantasme du complot :

                1. Le « Sujet Automate » : Le Capital n’est personne

                Pour la critique de la valeur, le capitalisme n’est pas dirigé par une caste de banquiers ou de conspirateurs. Le véritable « sujet » de l’histoire, c’est la Valeur elle-même.

                L’autonomie du processus : L’argent doit devenir plus d’argent (A→M→A′). Ce cycle est une contrainte qui s’impose aussi bien à l’ouvrier qu’au PDG.

                La dépossession : Personne ne « contrôle » réellement le marché. Même les plus puissants sont des serviteurs d’une logique d’accumulation qui les dépasse. S’ils cessent d’accumuler, ils sont balayés par la concurrence.

                2. Le fétichisme de la marchandise

                Le concept de « fétichisme » chez Marx (réinterprété ici) explique pourquoi nous percevons des rapports sociaux comme des « lois de la nature ».

                Réification : Les relations entre les êtres humains prennent l’apparence de rapports entre des choses (les prix, les taux d’intérêt).

                Conséquence : Puisque le système semble fonctionner « tout seul », l’esprit humain, cherchant un coupable à sa souffrance, a tendance à personnaliser cette domination invisible. C’est là que naît le complotisme : on plaque un visage (souvent celui d’une minorité) sur un mécanisme abstrait.

                3. Pourquoi le complotisme est le « socialisme des imbéciles »

                Cette expression (souvent attribuée à August Bebel) illustre parfaitement votre point sur les « poisons historiques » :

                La fausse opposition : Le complotisme oppose le « bon » capital productif (concret, national) au « mauvais » capital financier (abstrait, vagabond, souvent associé aux Juifs dans l’imaginaire antisémite).

                L’impasse : En attaquant seulement la « finance » ou les « élites occultes », on laisse intacte la racine du problème : la marchandise, le travail abstrait et l’argent.
                On croit combattre le système alors qu’on n’en combat qu’une manifestation superficielle.

                Comparaison des approches
                Approche Moteur du système Solution proposée Risque
                Complotisme Une cabale secrète, une intention malveillante. Éliminer les « coupables » (purge, révolution punitive). Antisémitisme, fascisme, obscurantisme.
                Critique de la Valeur Une forme sociale abstraite (le travail, la marchandise). Abolition des catégories marchandes et du travail-marchandise. Complexité théorique, difficulté d’organisation politique immédiate.
                Vers une écologie de la pensée

                En refusant de « diluer la structure dans le fantasme », vous protégez la possibilité d’une transformation réelle.
                Si l’on admet que le système est une automutilation collective dictée par des formes sociales que nous reproduisons chaque jour , alors la solution ne réside pas dans la traque de « secrets », mais dans la rupture avec nos propres modes de vie et de production.

                La structure n’est pas cachée, elle est omniprésente.
                Elle est dans la fiche de paie, dans le code-barres et dans l’horloge.

                Q : Souhaitez-vous que nous examinions comment cette critique de la valeur analyse la crise actuelle de la démocratie (non pas comme un complot autoritaire, mais comme une limite interne du capitalisme) ? You said ‘oui’

                R : Gemini said

                L’examen de la crise de la démocratie sous l’angle de la ‘Wertkritik’ (critique de la valeur) permet de comprendre pourquoi l’autoritarisme montant n’est pas le fruit d’un « agenda caché », mais l’aboutissement logique d’une structure à bout de souffle.

                Voici les trois axes majeurs de cette analyse :
                1. La démocratie comme « encadrement » du Marché

                Pour la critique de la valeur, la démocratie n’est pas l’opposé du capitalisme, elle en est la forme politique naturelle.

                L’individu abstrait : De même que le marché traite tout le monde comme des « acheteurs/vendeurs » abstraits, la démocratie traite tout le monde comme des « citoyens » abstraits.

                La gestion de la marchandise : L’État démocratique a pour fonction historique de garantir le cadre juridique (propriété privée, contrats) nécessaire à la circulation de la valeur. Il ne dirige pas l’économie ; il en est le « comité de gestion ».

                2. La « désubstantialisation » du politique

                Le sentiment actuel que « voter ne change rien » n’est pas une illusion, c’est le reflet de la perte de souveraineté de l’État face aux lois automates du capital :

                La dictature des marchés : Ce n’est pas une conspiration de banquiers, mais la nécessité pour l’État de rester « attractif » pour les capitaux afin de financer sa propre existence.

                Le rétrécissement du possible : La politique se réduit à la « gestion de l’existant ». Gauche et droite deviennent des variantes de la même administration comptable.

                3. La fin de la « Belle Époque » démocratique

                La démocratie libérale a prospéré durant la phase d’expansion du capitalisme (Fordisme). Aujourd’hui, la ‘Wertkritik’ analyse une crise de la substance de la valeur :

                Le remplacement de l’homme par la machine : L’automatisation réduit la part de travail humain, qui est pourtant la seule source de « valeur ». Le système s’asphyxie.

                Le recours à la dette : Pour compenser, on vit sur la valeur future (le crédit).

                Le tournant autoritaire : Quand le gâteau ne grossit plus, l’État ne peut plus acheter la paix sociale par la redistribution.
                Il passe alors de la séduction (démocratie) à la contrainte (autoritarisme).

                Conclusion : Le piège du « sauveur » ou du « coupable »

                L’érosion des libertés n’est pas une « machination » pour instaurer une dictature mondiale, mais la réaction de survie d’un système qui ne parvient plus à s’auto-reproduire par la seule consommation de masse.

                Le danger : Croire que le problème est « le politicien corrompu » ou « l’élite occulte » conduit à appeler des leaders « forts » qui prétendent briser le système mais ne font qu’en durcir la gestion policière.

                La réalité : C’est la forme-État elle-même qui est en crise parce qu’elle est organiquement liée à la forme-Marchandise.

                En somme, la démocratie ne meurt pas parce qu’on l’assassine en secret, mais parce que le terreau économique sur lequel elle repose est en train de s’épuiser.

                Q : Souhaitez-vous explorer comment cette approche redéfinit la notion de « travail » — non plus comme une activité humaine naturelle, mais comme une construction spécifique au capitalisme ? You said ‘oui’

                R : Gemini said

                C’est ici que la ‘Wertkritik’ (critique de la valeur) opère sa rupture la plus radicale avec le marxisme traditionnel.
                Pour bien comprendre le système sans sombrer dans le fantasme, il faut cesser de voir le travail comme une activité « naturelle » dont nous serions simplement spoliés.

                Dans le capitalisme, le travail n’est pas ce que l’on fait pour produire des biens ; c’est une catégorie sociale spécifique et historiquement datée.

                1. Travail concret vs Travail abstrait

                C’est la distinction fondamentale de Marx, remise au centre par Robert Kurz.

                Le travail concret : C’est l’activité réelle (menuiserie, cuisine, programmation). Il produit une b>valeur d’usage (un objet utile).

                Le travail abstrait : C’est le travail considéré uniquement comme une dépense de « nerfs, de muscles et de cerveau » mesurée par le temps .
                Pour le marché, peu importe ce que vous faites ; ce qui compte, c’est combien de temps « moyen » cela prend.

                Le basculement : Dans le capitalisme, le travail concret devient le simple support du travail abstrait…On ne produit pas des chaussures parce qu’on a besoin de chaussures, mais parce qu’elles sont le véhicule permettant de transformer du temps de travail en argent.

                2. Le travail comme « Fétiche »

                Contrairement aux sociétés pré-capitalistes où le travail était encastré dans des rapports sociaux (religieux, familiaux, féodaux), le capitalisme en fait une sphère séparée et sacralisée.

                L’idéologie du travail : Le système nous fait croire que « le travail, c’est la santé » ou que c’est le seul moyen d’avoir une dignité.

                La réalité structurelle : Le travail est une contrainte de valorisation. Nous sommes forcés de vendre notre temps de cerveau ou de muscle pour obtenir des jetons (l’argent) qui nous permettent de racheter les produits de notre propre aliénation.

                3. La contradiction interne (La fin du travail)

                C’est ici que le système rencontre sa limite logique , et non une volonté secrète de nous asservir :

                Le système ne vit que de la consommation de travail humain.

                Mais la concurrence force chaque entreprise à remplacer l’homme par la machine (technologie) pour produire moins cher.

                Le paradoxe : En automatisant, le capitalisme détruit sa propre source de valeur. Il scie la branche sur laquelle il est assis.

                Pourquoi c’est une critique « anti-complotiste » ?

                Si le chômage de masse augmente ou si la précarité explose, ce n’est pas parce qu’une élite veut « affamer le peuple » par pur sadisme. C’est parce que la forme-travail est en train de devenir obsolète techniquement, alors que nous restons socialement et politiquement contraints de passer par elle pour survivre.

                Vision classique Vision de la Critique de la Valeur
                Le travail est une source de fierté détournée par les patrons. Le travail est une invention capitaliste pour quantifier la vie.
                Il faut libérer le travail. Il faut se libérer du travail (en tant que catégorie marchande).
                Le problème est la répartition des richesses. Le problème est la forme même de la richesse (l’argent/la valeur).
                La suite de la réflexion

                Cette analyse montre que nous ne sommes pas face à des « méchants » qui nous cachent la vérité, mais face à une société-machine qui continue de tourner à vide alors qu’elle n’a plus assez de « carburant » (le travail humain) pour fonctionner normalement .

                Q : Voulez-vous que nous terminions en examinant ce que serait une « sortie du système » selon cette perspective ? (Une sortie qui ne serait pas un retour en arrière, mais un dépassement de la marchandise elle-même). You said ‘oui’

                R : Gemini said

                Sortir du système, selon la ‘Wertkritik’ , ne consiste pas à renverser un gouvernement ou à démasquer une élite, mais à opérer une rupture avec les catégories fondamentales qui structurent notre existence : la marchandise, l’argent, la valeur et le travail.

                Ce n’est pas un retour à la bougie, mais un dépassement de la « logique de la marchandise ».
                Voici les piliers de cette sortie :

                1. De la « Valeur » à la « Richesse réelle »

                La sortie du capitalisme implique de dissocier la richesse de sa forme monétaire.

                Abolition de la mesure : Aujourd’hui, une forêt n’a de « valeur » que si on la coupe pour vendre le bois. Dans une société post-marchande, la forêt est une richesse en soi (écologique, esthétique, récréative) qui n’a pas besoin d’être quantifiée en argent pour exister.

                Priorité à l’usage : On produit parce qu’on a besoin d’un objet (valeur d’usage), et non pour réaliser un profit (valeur d’échange).

                2. Le passage de l’ « Ontologie du Travail » à l’ « Activité Libre »

                Si le travail est une invention du capitalisme pour calibrer la vie humaine, sa disparition en tant que catégorie marchande permet de libérer l’activité.

                Fin de la séparation : On ne sépare plus « le temps de travail » (souffrance nécessaire) du « temps de loisir » (consommation compensatoire).

                Coopération directe : Les individus s’organisent pour répondre à leurs besoins sans passer par le détour de l’argent ou du marché. C’est ce que certains appellent la « gestion de l’abondance technique ».

                3. Une organisation sociale sans État (ni Marché)

                Puisque l’État est le « jumeau » du Marché (il gère le cadre juridique de la valeur), l’un ne peut disparaître sans l’autre.

                Dé-hiérarchisation : La fin de la valeur signifie la fin de la domination abstraite.
                Les décisions ne sont plus dictées par la « croissance » ou la « dette », mais par les limites physiques de la planète et les besoins humains réels.

                Le danger du « Localisme » : La critique de la valeur prévient que de simples « monnaies locales » ou le « retour à la terre » ne suffisent pas s’ils conservent la structure de l’échange marchand . Il faut une coordination globale basée sur des flux de ressources réelles, pas sur des flux financiers.

                Pourquoi est-ce le contraire d’un programme complotiste ?
                Le Complotisme La Critique de la Valeur
                Veut punir des individus (les « traîtres »). Veut abolir des formes sociales (l’argent, le travail).
                Rêve d’un retour à un capitalisme « sain » ou national. Affirme que le capitalisme ne peut pas être « sain ».
                Cherche la vérité dans l’ombre. Cherche la solution dans la transformation de nos pratiques quotidiennes visibles.

                Conclusion : La fin du fétichisme

                Sortir du système, c’est « dé-fétichiser » le monde.
                C’est réaliser que l’argent n’a pas de pouvoir propre, …
                … que le marché n’est pas une divinité météo, …
                … et que nous avons délégué notre puissance sociale à des abstractions automates.

                La structure n’est pas un secret ; elle est une habitude collective pétrifiée.
                Briser la structure, c’est cesser de se comporter comme des fonctions du capital pour redevenir des êtres humains conscients de leurs interdépendances.

                Q : Souhaitez-vous que je résume cette discussion sous forme d’une synthèse bibliographique (les auteurs clés comme Kurz, Postone, Jappe) pour que vous puissiez approfondir ces lectures de manière autonome ? You said ‘oui’

                R : Gemini said

                Pour conclure cette exploration de la Critique de la Valeur ( ‘Wertkritik’ ) et consolider cette distinction entre structure systémique et fantasme complotiste , voici les références majeures. Ces auteurs ont théorisé la « domination sans sujet » pour expliquer comment le capitalisme nous asservit sans avoir besoin de chefs d’orchestre occultes.

                1. Robert Kurz (1943-2012)

                Considéré comme le théoricien principal du groupe allemand Exit !.

                Thèse centrale : Le capitalisme n’est pas une forme d’organisation éternelle, mais une « parenthèse historique » qui touche à sa fin à cause de l’automatisation.

                Ouvrage clé : L’Avis de décès du capitalisme (ou Lire Marx).

                Apport : Il a analysé comment la « chute de la valeur » entraîne une barbarisation du monde (guerres, effondrement des États) qui n’est pas un projet conscient, mais une décomposition structurelle.

                2. Moishe Postone (1942-2018)

                Historien et théoricien canadien, il a redéfini la lecture du Capital.

                Thèse centrale : Le capitalisme est une forme de domination sociale abstraite. Le temps devient une force qui nous opprime.

                Ouvrage clé : Temps, travail et domination sociale.

                Apport : Il est le plus rigoureux sur la critique de l’antisémitisme. Il explique que l’antisémite confond le « capital financier » (abstrait/mobile) avec le mal, tout en idéalisant le « capital productif » (concret/national). C’est la base de votre argument sur les « poisons historiques ».

                3. Anselm Jappe (né en 1962)

                Principal vulgarisateur de cette pensée en langue française.

                Thèse centrale : La « société du spectacle » (Debord) est l’aboutissement de la valeur marchande. Nous vivons dans un narcissisme collectif qui ignore les structures qui le produisent.

                Ouvrage clé : Les Aventures de la marchandise.

                Apport : Il rend accessible la critique de la valeur en l’appliquant à l’art, à l’écologie et à la vie quotidienne.

                Synthèse des concepts à retenir
                Concept Définition « Wertkritik »
                Fétichisme Le fait de prêter un pouvoir social à des choses (argent, marchandise) comme s’ils étaient des dieux.
                Travail Abstrait L’activité humaine réduite à de simples « heures » pour créer de la valeur, déconnectée du besoin réel.
                Sujet Automate Le Capital lui-même, qui se valorise sans que personne n’en ait le contrôle total.
                Dissociation-Valeur Le fait que le capitalisme rejette hors de sa logique tout ce qui est « gratuit » ou « féminin » (soin, éducation, nature).
                Pour aller plus loin

                En lisant ces auteurs, vous verrez que l’indignation morale (contre les « élites ») est remplacée par une lucidité analytique.
                On ne combat pas un fantôme, on cherche à sortir d’une logique de mesure qui épuise la planète et les humains.

                ———————————————

                1. Avatar de Ruiz
                  Ruiz

                  C’est une vision marxiste du capitalisme, qui prête une valeur au travail, alors que le capitalisme ne peut y voir qu’un coût.
                  Espérer sortir d’un système dans lequel les états qui sont conçus pour disposer du monopole de la violence ne peuvent qu’obéir aux contraintes des marchés sans en augmenter la puissance voire même en les supprimant parait irréaliste ou idéaliste !

          2. Avatar de Bb
            Bb

            @ Ruiz.
            « Ruiz n’a pas d’avis »… 😅
            Pour le coup je vous rejoins.
            Les médias utilisent souvant des superlatifs pour exprimer des concepts déjà complexes pour exprimer leur avis et rendre ce dernier plus « Sucessfull ».
            Mais sauf erreur de ma part, je pense qu’avec les explications que moi et Gemini avons énnoncés plus haut, le capitalisme a été assez bien défini. Quoi que vous en disiez.

  3. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    L’utilisation des ‘graphes’…abusive mais extraordinairement suggestive dans l’actualité présente.. :

    https://graphcommons.com/graphs/0a79deca-46a2-48e9-9d90-326b20aa6e9e

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Otromeros Où l’on voit que Jean-Paul 2 est plus proche de Jeffrey Epstein que ne l’est Donald Trump et qu’après le gouvernement de sa nationalité (US gov), celui d’Isrël figure en bonne place, et la judéité d’une proportion significative de ses relations n’est pas une hallucination.

      1. Avatar de arkao

        @Ruiz
        Je constate en lisant les commentaires sous les articles de Médiapart que les délires complotistes antisémites ont libre cours sans modération même sur ce média.
        Les polémiques sur la façon de prononcer le nom d’Epstein sont le signe d’une grande tension sur le sujet.
        Ce serait bien que sur le blog de Paul Jorion chacun sache raison garder, ça nous donnerait une bouffée d’air pur dans ce climat de plus en plus nauséabond.

        1. Avatar de CloClo
          CloClo

          Ben, c’est marrant car je ne suis pas vraiment surpris de la phraséologie de Monsieur Ruiz, il est fidèle à lui même !

        2. Avatar de nobody
          nobody

          On aura en effet remarqué le challenge insurmontable auquel l’anticomplotisme est confronté.
          Ce qui pouvait pendant longtemps être qualifié de fantasmagories, loin de la réalité, revient tout d’un coup à la surface sous une forme indéniablement matérielle.
          Comment s’étonner si quelqu’un remet par exemple en circulation les Protocoles des Sages de Sion, ce faux littéraire exploité jusqu’à la trame par les milieux antisémites les plus repoussants du vingtième siècle, puisque le réseau d’Epstein était très largement constitué de personnes juives, et qu’il visait effectivement à « diriger le monde »?
          Comment s’explique ce retour sur scène d’anciens fantasmes jusqu’ici réfutés?
          On peut penser raisonnablement que le point important, comme dans tout délire (cf. « pédosatanisme »), réside dans son noyau rationnel.
          Car ce que l’anticomplotisme et le rationalisme superficiel ne veulent pas comprendre, c’est l’existence de ce noyau rationnel.
          « Ils voient des complots partout », et sous les formes les plus baroques, disent-ils, et croient épuiser le sujet.
          Mais les anticomplotistes s’apparentent toujours à des défenseurs du système en place en ce qu’ils veulent ignorer que le pouvoir exercé sur la société est toujours lui-même de l’ordre du complot. Mais contrairement aux petits complots qui font ici ou là les délices de la presse populiste, il s’agit d’un complot d’une telle envergure qu’on ne parvient pas à le dissocier du fonctionnement de la société.
          Les puissants ne veulent pas rencontrer les obstacles et les limitations qui corsètent le populo.
          S’ils étaient respectueux des lois par eux-mêmes édictées, être un privilégié ne signifierait plus rien.
          Et plus profondément encore que ce comportement de classe, qui est à la merci d’enquêtes sérieuses comme celles des Pinçon-Charlot, c’est le principe même de l’économie capitaliste qui relève du complot: on fait croire aux gens qu’on produit des choses utiles pour répondre à leurs besoins alors que ce qui décide de toute production et qui la gouverne est exclusivement la recherche du profit.
          Le « travail productif », un barbu né à Trèves et mort à Londres l’avait bien compris, n’est pas le travail qui crée de l’utilité mais celui qui crée de la plus-value. C’est la conséquence logique du caractère double de la marchandise, où « la valeur d’échange est le condottiere de la valeur d’usage, qui finit par mener la guerre pour son propre compte » (Société du Spectacle, thèse 46).
          Derrière ce gigantesque mensonge d’un utilitarisme humaniste s’active le complot de la valeur et de la valorisation.
          Même si l’on éliminait les rituels obscènes des puissants et leur entre-soi répugnant, nous serions encore plongés dans ce complot, celui qui contient et nourrit tous les autres.

          1. Avatar de Garorock
            Garorock

            Le capitalisme est un complot qui permet légalement tous les petits arrangements entre-amis.
            Pas besoin de l’inscrire sur des pancartes et de sortir les faitous!
            Suffit de se confiner loin des marchands du temple pendant deux mois et on pourra discuter!
            A coups de forcepts dans l’entre-soi des puissants.
            Mais nous n’en sommes pas encore capables.
            Sommes-nous sur le chemin qui nous ammènera à l’être un jour ?

          2. Avatar de bb
            bb

            @nobody

            Je suis en accord avec la fin de votre analyse sur la nature intrinsèque du capitalisme. En revanche, le début comporte des limites que la rigueur affichée ne parvient pas à masquer.

            D’abord, vous commettez une erreur sémantique fondamentale en qualifiant de « complot » le fonctionnement du capitalisme. La recherche de la plus-value et les lois du marché ne sont pas des machinations occultes ; elles sont publiques, enseignées et intégrées.
            En voulant tout ramener à une intentionnalité secrète, vous diluez la structure dans le fantasme.
            Le système n’a pas besoin de se cacher pour dominer ; il lui suffit d’être.

            Ensuite, votre recours au « noyau rationnel » pour expliquer la résurgence de faux antisémites comme les Protocoles est un procédé périlleux. Prétendre que l’ignominie d’un réseau criminel spécifique comme celui d’Epstein pourrait « valider » a posteriori des mythes raciaux globaux est une faute éthique.
            On ne combat pas le simulacre marchand en réhabilitant des poisons historiques sous prétexte de sociologie.

            Quant à votre référence aux Pinçon-Charlot, elle souligne précisément la limite de votre logique. En se focalisant sur les rituels et l’entre-soi de la grande bourgeoisie, ces auteurs cèdent souvent au voyeurisme du Spectacle qu’ils prétendent dénoncer.
            Leur approche finit par personnaliser indûment la domination : ils dépeignent des « méchants riches » là où il faudrait analyser une mécanique froide. Ce « complotisme de gauche », qui voit une coordination consciente dans chaque mouvement du capital, finit par transformer l’analyse sociale en un pamphlet militant qui perd en rigueur ce qu’il gagne en indignation.

            1. Avatar de Grand-mère Michelle
              Grand-mère Michelle

              @bb

              La mécanique du Grand Marché deviendra peut-être froide grâce à l’IA…
              En attendant, elle ne fonctionne que par la « chaleur » de l’excitation des privilégiés de tous bords, adroitement et secrètement complices, bien décidés à b…../acheter/exploiter/coloniser la Terre entière et ses ressources(y compris humaines) par tous les moyens , et donc, concomitamment avec le développement « populaire » des intelligences, par de plus en plus de fables, d’omissions et de mensonges appropriés qui appuient leurs recours « traditionnels » à la force armée.
              Nous en avons des exemples chaque jour, de ces « complots », ou de ces « stratégies » élaborées plus ou moins secrètement dans des bureaux(ovales ou autres).

      2. Avatar de bb
        bb

        @Ruiz

        Je vais enfoncer le clou, car on ne peut pas faire comme si de rien n’était.

        Précisez votre pensée Ruiz. Car ce type de sous-entendu anti-juif est inadmissible.

        Pour aller dans le sens d’Arkao, moi non plus, je ne viens pas sur le blog de Paul Jorion pour lire ce type de propos.

        1. Avatar de Paul Jorion

          En même temps, Ruiz dit d’une certaine manière tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Et … les éléments ne manquent pas pour penser tout bas ce que beaucoup pensent tout bas. Je réfléchis depuis au moins une semaine à une vidéo sur Epstein, sans avoir encore trouvé le moyen de dire ce qu’il faut dire, tout en ne dévissant pas de la ligne de crête bordée de deux précipices qu’est cet individu. Je me suis dit tout à l’heure : « Demain ! ». On verra …

          1. Avatar de bb
            bb

            @Paul Jorion

            « Ce que tout le monde pense tout bas » ?…

            Alors là je suis curieux d’en apprendre plus.
            Parce que là, je « débarque »…

            1. Avatar de Paul Jorion

              Pas de spoiler de ma part 😉 .

          2. Avatar de Garorock
            Garorock

            On peut être juif et prédateur sexuel : ce n’est pas incompatible.
            Dans l’un des deux cas, les effets d’émergence sont plus problématiques…
            Ruiz ne nous a jamais épargné son opinion sur le premier cas s’agissant de Zélensky…

            1. Avatar de Garorock
              Garorock

              Les petits arrangements entre-amis ont parfois des airs de complot.
              Les pervers narcissiques ne devraient jamais avoir autant de pouvoir.
              De pouvoir et de fric.
              Mais l’obsession d’être un winner…

              1. Avatar de Garorock
                Garorock

                Il peut y avoir des pervers narcissiques juifs, il y en a bien des catholiques et des musulmans. Même des athées.
                Que des prédateurs sexuels soient des pervers narcissiques est probable.
                Ça émerge là où ça peut émerger…
                C’est ça le sujet ?

            2. Avatar de bb
              bb

              @Garorock

              Je suis très déconcerté par vos propos. Ils vont dans le même sens que d’autres plus haut. Ils semblent confirmer mon indigrnation première.

              Je ne sais même pas comment aborder le sujet…

              1. Avatar de CloClo
                CloClo

                Allez voir cette vidéo de taoqan très bien monté !

                https://www.taoqan.net/ou-sont-passes-les-antisemites-de-droite/

                1. Avatar de Garorock
                  Garorock

                  La judéophilie de l’extrème-droite n’est que de circonstance.
                  Les ennemis de mes ennemis sont mes amis…
                  Mais les mollahs sont toujours derrière Epstein sur la bande passante.

                2. Avatar de bb
                  bb

                  @Cloclo

                  Pour être honnête, j’ai beaucoup de mal avec ce type de format où le narrateur multiplie les digressions, manie l’humour noir et l’ironie. On ne sait plus très bien ce qui relève du factuel ou du sarcasme, et le fil conducteur devient franchement flou.

                  Heureusement, Gemini est là pour remettre un peu d’ordre…
                  Eti, au final, rien de neuf.

                  Mais bon, ça fait toujours du bien de le rappeler.
                  Merci pour le lien.

              2. Avatar de Garorock
                Garorock

                Lesquels de propos ?
                Ceux sur le « capitalisme est un complot » ?
                Tant qu’à être complotiste, autant être un complotiste conséquent!
                Les arrangements entre puissants ne sont pas les mêmes que ceux du batiment B et commencent par ressembler étrangement à ceux d’une mafia…

                1. Avatar de bb
                  bb

                  @garorock.

                  Non je ne parle pas de ça…

          3. Avatar de Vincent Rey
            Vincent Rey

            puisqu’on parle d’antisémitisme, les propos du Président hier ou avant-hier me sont restés en travers de la gorge. Au nom de l’antisémitisme, le peuple israélien serait à tout jamais exonéré du crime de génocide ? alors qu’il vient de passer 3000+ enfants de vie à trépas à Gaza !?

            extrait : (…) quand on retourne la mémoire de la Shoah contre les Juifs, en osant des comparaisons indécentes entre camps d’extermination et camps de réfugiés, quand on banalise le génocide juif par toutes sortes d’amalgames et qu’on exploite les clichés de la propagande antisémite au service du combat antisioniste.(…)

            Le droit du peuple juif a disposer d’un état blanchit Israël de l’assassinat de tous ces enfants ?

            1. Avatar de Ruiz
              Ruiz

              @Vincent Rey Ce n’est pour le moment qu’une déclaration, peut-être un gage opportun à donner pour le zélateur du en même temps, mais un indice d’une tentation de sortie de l’état de droit.

        2. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @bb Le commentaire de 4h 15 au sujet du graphe issu de la compilation du dossier Epstein publié est purement factuel sur cette base et ne comporte aucune condamnation, dévalorisation ou approbation.
          Si ces quelques phrases générent chez le lecteur un mal aise celà ne peut venir que de ses propres conceptions, contradictions, interdits ou a priori.

          1. Avatar de bb
            bb

            @Ruiz

            Admettons que mon malaise ne provienne que de mes « propres conceptions ».

            Pourriez‑vous m’expliquer ce que vous sous‑entendez réellement en écrivant : « la judéité d’une proportion significative de ses relations n’est pas une hallucination » ?

            J’aimerais éviter une réponse qui se contente de répéter qu’il ne s’agit que d’une simple observation ou que ma perception du sujet me ferait « psychoter ».
            Vous avez volontairement mis ce point en avant ; vous auriez pu en souligner d’autres.

            J’essaie donc de comprendre ce que vous cherchez précisément à signifier en l’énonçant ainsi.

            1. Avatar de Ruiz
              Ruiz

              @bb Parmi les divers énoncés de mon commentaire c’est celui-ci qui a retenu votre attention peut être auriez-vous préféré que l’on l’énonce « au vu de ce graphe il semble plus difficile de ne pas mentionner que beaucoup de juifs font partie de ses relations (pas forcément familiales) alors que ce point est passé sous silence, relativisé ce qui est compréhensible, voire activement contesté à cet effet.

              La simple mention du lien se garde bien avec les précautions d’usage de délivrer des conclusions qu’une exploitation rapide peut fournir.
              Mais clique-t-on sur tous les liens ? A chacun son exploration.

              En temps que réseau relationnel professionnel (mais mêlant le privé : vacation à Little St James) il comporte aussi beaucoup de puissants, riches ou célèbres.

              Où l’on retrouve le Groenland
              https://www.journaldequebec.com/2026/01/20/lile-privee-de-jeffrey-epstein-la-derniere-acquisition-territoriale-des-etats-unis-aupres-du-danemark

              1. Avatar de bb
                bb

                @Ruiz

                Beaucoup ici critiquent vos propos, et je commence enfin à comprendre pourquoi.

                Vous abordez des sujets explosifs en jouant la carte de l’ingénuité, mais ce double jeu rend votre position illisible.

                Plus préoccupant encore : le fait que vous ne répondiez pas aux accusations d’antisémitisme formulées à votre encontre interpelle. Ce mutisme face à des critiques aussi graves pose une question de fond sur votre positionnement.

                Je me permets d’insister, car je doute que Paul Jorion laisserait un véritable antisémite s’exprimer sur son blog. Et c’est précisément pour cela que je m’interroge sur votre position.

                1. Avatar de Rafio
                  Rafio

                  Sauf erreur de ma part, il y a un mot de la langue française qui ne figure jamais dans les commentaires de Ruiz : « je »

                  1. Avatar de bb
                    bb

                    @Rafio

                    Que sous-entendez vous?

                  2. Avatar de Ruiz
                    Ruiz

                    @Rafio Je vous l’accorde !

                  3. Avatar de Garorock
                    Garorock

                    Bé oui pour Ruiz*, les coupables, c’est les autres. Tous ceux qui ne sont pas comme lui. Mais qui est Ruiz?

                    *Qui se régale qu’on parle de lui!

                    1. Avatar de Ruiz
                      Ruiz

                      @Otromeros L’article donne une piste généalogique pour expliquer ses faveurs testamentaires pour une biélorusse plutôt que la franco britannique Maxwell, quand à la prononciation Epstein à l’allemande en France elle provient sans doute de ceux qui ont fait allemand première langue, ne suivent les informations que dans la presse écrite et n’écoutent pas les audio-visuels anglo-saxon.
                      Même des journalistes célèbres ne prononcent pas correctement Erdoĝan !

          2. Avatar de Garorock
            Garorock

            Ruiz
            Le commentaire était superflu. Le graphe nous suffisait.
            Pour les opinions, y’a CNews!

            1. Avatar de Ruiz
              Ruiz

              @Garorock Et beaucoup d’autres, mais plus ni C8, ni RT.
              Cnews à recommander à Retailleau le dimanche.

            2. Avatar de Otromeros
              Otromeros

              @nombreux …. 13+14 /2 mon copain fait le point…..

              ———————-I.A. ———————

              Q : Il y aurait  » pléthore de juifs dans la ‘constellation’ d’ Epstein..?

              R : Gemini said

              L’affaire Jeffrey Epstein est un dossier complexe qui a touché de nombreuses sphères du pouvoir (politique, finance, technologie, divertissement) à l’échelle internationale.

              Il est vrai que l’on retrouve des personnalités d’origine juive parmi ses relations, ses victimes ou ses soutiens financiers — Epstein lui-même étant issu de cette communauté.
              Cependant, l’ analyse des faits montre que ce réseau n’était pas défini par une appartenance religieuse, mais plutôt par le pouvoir, la richesse et l’influence .

              Voici quelques points pour mettre les choses en perspective :

              1. Un réseau global et diversifié

              La « constellation » Epstein incluait des individus de toutes origines et confessions. On y trouve :

              Des membres de la royauté britannique (le Prince Andrew).

              Des hommes politiques américains de premier plan.

              Des magnats des affaires et des scientifiques de renommée mondiale.

              2. Le rôle des réseaux d’influence

              Les liens d’Epstein se sont tissés principalement dans les milieux de la haute finance new-yorkaise et du milieu caritatif/philanthropique, où certaines communautés sont historiquement bien représentées.
              Mais limiter l’analyse à l’origine ethnique ou religieuse occulte le mécanisme réel : un système de trafic d’influence et de chantage qui visait quiconque possédait un levier de pouvoir, quelle que soit sa confession.

              3. Les victimes

              Il est crucial de rappeler que les victimes d’Epstein et de Ghislaine Maxwell venaient de milieux sociaux très variés et n’étaient pas sélectionnées sur des critères religieux.

              En résumé : Si des noms à consonance juive apparaissent dans le dossier, c’est le reflet de l’ancrage social d’Epstein dans certains cercles d’élite de New York et de Palm Beach. Se focaliser uniquement sur cet aspect risque de masquer la nature systémique de ses crimes, qui reposaient sur l’exploitation de la vulnérabilité et l’abus de pouvoir.

              Q : Souhaitez-vous que nous examinions les détails de l’enquête judiciaire ou le rôle spécifique de certaines institutions dans cette affaire ?
              You said institutions

              Gemini said

              R : L’affaire Epstein ne concerne pas seulement des individus, mais met en lumière des failles systémiques au sein de plusieurs institutions prestigieuses qui ont, soit par négligence, soit par intérêt financier, facilité ses activités ou protégé sa réputation.

              Voici les principaux secteurs institutionnels impliqués :

              1. Les Institutions Financières (Les Banques)

              C’est sans doute le volet le plus documenté. Epstein avait besoin d’un accès illimité au système bancaire pour financer son train de vie et ses activités criminelles.

              JPMorgan Chase : La banque a été poursuivie pour avoir ignoré de multiples alertes internes concernant des transactions suspectes.
              En 2023, elle a versé 290 millions de dollars aux victimes et 75 millions de dollars aux Îles Vierges américaines pour mettre fin aux poursuites. Les documents révèlent que des cadres de haut niveau maintenaient des liens étroits avec lui.

              Deutsche Bank : Epstein y a transféré ses comptes après avoir été lâché par JPMorgan en 2013. La banque a été condamnée à une amende de 150 millions de dollars par le régulateur de New York pour n’avoir pas surveillé correctement ses comptes malgré son statut de délinquant sexuel notoire.

              2. Les Institutions Académiques et Scientifiques

              Epstein utilisait la philanthropie pour s’acheter une respectabilité et s’entourer d’intellectuels brillants.

              Harvard : L’université a reçu environ 9 millions de dollars de dons d’Epstein. Une enquête interne a révélé qu’il disposait même d’un bureau sur le campus et d’un accès privilégié à certains chercheurs, même après sa première condamnation en 2008.

              MIT (Massachusetts Institute of Technology) : Le scandale a mené à la démission du directeur du Media Lab, Joi Ito, après la découverte qu’il avait dissimulé des dons d’Epstein et reçu des fonds pour ses propres fonds d’investissement.

              Autres universités : Des noms comme Columbia ou NYU ont également été cités dans des enquêtes récentes (2025-2026), explorant comment Epstein utilisait des promesses d’admission ou des financements de bourses pour approcher et manipuler des jeunes femmes.

              3. Le Système Judiciaire et Gouvernemental

              L’accord de non-poursuite (2008) : L’une des plus grandes failles institutionnelles reste l’accord extrêmement clément conclu en Floride par le procureur Alexander Acosta , qui a permis à Epstein d’échapper à des charges fédérales lourdes en échange d’un plaidoyer pour des délits mineurs.

              L’administration pénitentiaire : Son « suicide » au Centre correctionnel métropolitain de New York en 2019 a révélé de graves dysfonctionnements (gardiens endormis, caméras défectueuses, protocoles anti-suicide non respectés), alimentant de nombreuses théories, bien que l’enquête officielle ait conclu à une négligence systémique.

              4. Les Institutions Publiques Internationales

              Îles Vierges Américaines : Le gouvernement local a été accusé d’avoir facilité les activités d’Epstein sur son île privée de Little St. James en lui accordant des avantages fiscaux et en fermant les yeux sur les mouvements suspects.

              Conclusion : Ces institutions n’étaient pas nécessairement « complices » au sens criminel direct, mais elles ont constitué ce que les experts appellent un « écosystème de protection ».
              L’argent et l’influence d’Epstein ont créé un aveuglement volontaire qui lui a permis de continuer ses activités pendant des décennies.

              Souhaitez-vous que je détaille le rôle spécifique d’une de ces banques ou les conséquences pour les dirigeants de ces universités ?
              $$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$

              …°(^!^^)°…

              1. Avatar de Otromeros
                Otromeros

                RAPPEL………………………..RIEN encore dans la presse sur le CORAL… 1982/3 Aimargues (Gard)

    2. Avatar de AlainFELER
      AlainFELER

      Amusant, votre lien, quel boulot de la part des gens qui ont fait ça !

      Deux remarques, cependant :

      1. si j’en crois l’introduction il n’y a qu’environ 300 personnes ou entités là-dedans, c’est peu pour 3 millions de documents, et une personne aussi « répandue ». Moi qui connais très peu de gens et n’ai aucun moyen, j’ai 600 personnes ou entités dans mes contacts de messagerie. Le graphe donne donc une image très trompeuse du réseau qu’il prétend illustrer. En plus, s’il est vrai que tout le monde connait tout le monde à 4 relais près…

      2. en terminale un de nos deux profs de philo nous avait « légué » cette +/- phrase attribuée à Lacan, sur le rôle du psychanalyste : « je ne peux pas te donner ce que tu me demandes, mais je peux te dire que ce que tu me demandes ne vaut pas cher ». En entendant parler d’Epstein, on a l’impression qu’avec lui c’était plutôt l’inverse : il pouvait te donner ce que tu lui demandais (par ex. l’anecdote absurde de B. Gates lui demandant un remède discret pour une maladie vénérienne), et il pouvait te faire croire que tu méritais bien qu’il t’aide « gratis pro deo » (au début), cf le don à la fille de J. Lang.

      Et la 3ème : en suivant au hasard un des liens du graphe, je tombe sur ceci : https://www.forbes.com/sites/mikestunson/2026/02/13/dubai-ceo-resigns-after-released-email-showed-epstein-thanking-him-for-torture-video/?ctpv=xlrecirc
      où il est dit qu’ Epstein remercie le monsieur car il a adoré « la vidéo de torture » (message que d’ailleurs n’importe qui peut adresser à n’importe qui, il suffit que ce soit faux), ce qui montre que monsieur Epstein était comme le mystérieux homme en gris dans L’Étrange Histoire de Peter Schlemihl qui peut sortir de sa poche un tapis, un pique-nique, un cheval… il avait sans doute beaucoup d’autres choses dans la poche de son pantalon que des jeunes filles et de l’argent. Cf la remise de prix d’architecture à l’Elysée.

      De ce fait il me semble que se focaliser sur la pédophilie est un obstacle épistémologique, comme disait l’autre. C’est juste un des trucs que beaucoup de personnes pouvaient vouloir, et ce serait réducteur de buter là-dessus.

      1. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @AlainFELER Jeffrey semble avoir surtout réussi comme entremetteur facilitateur de deals commissioné, et mis à profit son savoir-faire de jeu avec les règles, avec le risque final encouru.

        Le voir systématiquement préqualifié de pédophile, dans les média est effectivement réducteur et probablement inexact, n’ayant jamais été condamné de la sorte, les 13 mois de prison étant apparemment pour incitation à la prostitution de mineures.

  4. Avatar de CloClo
    CloClo

    Je ne suis pas ton père Paul, mais je suis très fier de toi aussi !

    (Star Wars of Blog Paul Jorion, Episode 5)

  5. Avatar de PAD
    PAD

    De l’individualisme à la citoyenneté européenne

    En vous lisant à propos d’Emmanuel Mounier et de la primauté des valeurs sur la valeur, une évidence s’impose concernant l’Europe, lorsque Emmanuel Macron propose d’emprunter ensemble pour financer l’avenir stratégique du continent, il pose une question d’ingénierie financière nécessaire, mais la question fondatrice est plus profonde, car peut-on mutualiser la dette sans mutualiser réellement la citoyenneté ?

    Lorsque l’intégration se limite aux instruments financiers, elle risque de reconduire la primauté d’un capitalisme financiarisé qui organise la valeur sans refonder les valeurs. L’Europe sait s’unir pour la monnaie, pour les règles communes et pour les marchés, mais sa citoyenneté demeure incomplète, existant juridiquement sans être pleinement opérante fiscalement, socialement et politiquement dans la vie quotidienne des citoyens.

    Pourtant, au-delà des traités, l’Europe est déjà une réalité humaine faite de rencontres, de vies partagées et d’héritages culturels qui vont de la Méditerranée la plus ancienne aux confins nordiques du continent ; cette profondeur civilisationnelle ne demande pas à être inventée mais reconnue et traduite institutionnellement. Si les grandes crises sont à la fois matérielles et spirituelles, alors la réponse ne peut être uniquement budgétaire ; elle suppose un choix anthropologique clair. Voulons-nous rester une coordination d’États juxtaposés ou devenir une communauté de citoyens responsables ? Un passeport véritablement européen, incluant une dimension fiscale et sociale, ne serait pas un symbole mais un mécanisme rendant tangible cette citoyenneté et matérialisant le couplage nécessaire à la stabilité européenne.

    Il ne s’agirait pas de proclamer abstraitement “plus d’Europe”, ni de sauter sur sa chaise comme un cabri en répétant son nom, mais d’assumer lucidement que la valeur économique peut être mutualisée rapidement alors que les valeurs ne le peuvent qu’avec le consentement direct des citoyens. L’acte fondateur européen, s’il doit advenir, ne sera pas d’abord financier mais démocratique, rendre la citoyenneté européenne réellement opérante pour les Européens eux-mêmes, notamment par un passeport commun intégrant pleinement les dimensions fiscale et sociale, afin que la valeur laisse enfin la place aux valeurs.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @PAD « mutualiser la dette » c’est l’étape préparatoire (facile ?) d’un nudge pour mutualiser la fiscalité, ce qui est contraire aux traités sur lesquels l’Union a pu se construire et montre une propension à recourrir à la dette plutôt qu’à l’impôt et à trouver une échappatoire en mutualisant avec les autres, ce qui a été profitable récemment à l’Italie et devient tentant pour un pays comme la France dont la richesse individuelle est devenue inférieure !
      Bravo l’économiste !

      1. Avatar de PAD
        PAD

        Vous supposez une intention dissimulée là où je pose un problème d’architecture. Le risque d’aléa moral existe, et il est précisément la raison d’être des règles budgétaires européennes. Mais dans une union monétaire où la politique monétaire est centralisée et où les marchés sont intégrés, la question demeure débattue : l’asymétrie entre centralisation monétaire et responsabilité budgétaire strictement nationale est-elle soutenable à long terme ? Les traités n’ont pas été renversés, mais leur mise en œuvre et les instruments adoptés dans leur cadre ont déjà évolué face aux crises. Il ne s’agit donc pas de diluer la responsabilité nationale, mais de s’interroger sur la cohérence institutionnelle d’une construction incomplète. Le débat n’est pas seulement moral, il est aussi structurel.

        1. Avatar de Vincent Rey
          Vincent Rey

          Le débat avant tout s’intéresser aux causes de la dette : la disparition du travail humain. En 2026, il faut 2 fois moins de travail humain pour faire vivre une famille de 4 personnes comparé à 1950 !

          1. Avatar de Otromeros
            Otromeros

            @Vincent Rey 14/2 à 5h32

            Puis-je vous recommander de voir (au moins à la fin..malgré le ‘paquet de grasses’ involontaire)….

            https://www.pauljorion.com/blog/2026/02/12/lindividualisme-est-redoutable-pour-la-vie-en-democratie/comment-page-1/#comment-1140431

            BAV …°(^!^^)°…

          2. Avatar de Grand-mère Michelle
            Grand-mère Michelle

            @ Vincent Rey

            Hum… Il me semble à moi que les causes des dettes, ce sont principalement les offres de crédit… aux particuliers comme aux pays!

            Votre obsession du travail(rémunéré), du manque « d’emploi » des personnes démunies, passe carrément à côté du vrai problème: l’exploitation de la force vitale de la majorité laborieuse au profit d’une minorité de « supérieurs » privilégiés(qui s’ennuie à force de disposer de tout, ce qui les entraîne aussi vers des perversions sexuelles largement présentées par l’industrie pornographique comme des sources de plaisirs inédits et infinis: l’interdit devenant le plus désirable/comportement immature bien connu- ici, mon emploi exclusif du masculin est voulu, car le porno est surtout fait par et pour les hommes).
            Adolescente, rien que l’idée d’être « employée » me révulsait, alors que depuis l’âge de 13ans je coopérais à la bonne marche(saisonnière) de la toute petite entreprise de mes parents.

            Alors que j’avais 18ans(en 1966), un ami artiste-peintre plus âgé que moi, fils d’un directeur d’une importante entreprise chimique, m’avait expliqué que le capitalisme était un système économique qui se mordait la queue et qu’il était inutile de le combattre, car il s’écroulerait de lui-même; de fait, ce fut le cas, chaque entreprise étant obligée de grossir, d’en manger d’autres pour ne pas se faire avaler, d’où l’achat de plus en plus de machines, des « degraissements » de personnel et des délocalisations.
            Aux débuts de l’ère industrielle, les bénéfices d’une entreprise étaient censés y être réinjectés afin de la stabiliser, mais ils furent tellement énormes(vu l’exploitation éhontée des pauvres ouvriers exténués, payés entre autre avec de l’alcool pour ne pas avoir l’énergie, ou même l’idée, de « rouspéter ») qu’ils servirent surtout à en racheter d’autres… et est né alors le monde des « affaires » et des capitalisations en « Bourse », ce « jeu » qui n’en a rien à cirer des besoins « naturels » des vivants.
            Produire toujours plus pour « gagner plus » en diminuant la quantité de main-d’œuvre a contribué à ce que trop peu de gens puissent désormais acheter la production, d’où l’actuelle « guerre commerciale » entre les USA et la Chine, basée sur les « investissements » à l’étranger… et les guerres pour s’approprier les « parts de Marché »(voir le cas de l’Amérique « latine », de l’Afrique et du Moyen-Orient)… et les millions de crève-la-faim qui errent sur la terre en demandant « une petite pièce » pour manger, ou boire, ou se droguer…
            Bref, on est mal barré-e-s, sur ce grand bateau que nous avons fait l’erreur de confier à des » chefs » qui profitent de notre manque de confiance en nous-mêmes et en notre habilité et notre intellegence suffisantes que pour nous passer d’eux.

  6. Avatar de ThomBillabong
    ThomBillabong

    Bel Article abordant tout en subtilité la finalité de toute cette agitation frénétique qui nous anime.
    Serait-il envisageable de faire tourner GENESIS pour essayer d’identifier les conditions d’émergence d’une (ou plusieurs) société où les valeurs (le ciment, l’adhérence nous faisant tendre vers un état stable MAIS dynamique) reprendront le dessus ?
    A lire entre les lignes, on comprend bien que l’individualisme ne favorise pas les interactions indispensables à la stabilité de la société. Donc aucune chance d’aboutir à une cohérence. Mounier déplorait la perte de spiritualité et du politique. Quelles sont les conditions d’émergence nouvelle de ces deux facteurs de stabilité ?
    Ca peut se modéliser ? La cartographie des systèmes familiaux d’E. Todd pourrait-elle servir sur un plateau des clés de couplage pertinentes en dépit des apparences de sociétés irrémédiablement morcelées ? Hâte de voir ce qui pourrait sortir de cette simulation.

  7. Avatar de ThomBillabong
    ThomBillabong

    L’individualisme facteur d’entropie et de dispersion ? Elémentaire mon cher Watson ! Alors pourquoi séduit-il autant ? Note, il ne séduit pas partout pareil, avec la même intensité. On retombe donc sur des subtilités à intégrer dans la « matrice » 🙂

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

      Les individualistes lorsqu’ils sont libertaires ne nous emmènent pas bien loin.
      Alors quand ils sont libertariens…

  8. Avatar de malervy
    malervy

    Oui, le personnalisme est central. Lire aussi Simone Weil et l’enracinement.

  9. Avatar de Hervey

    La découverte d’une énergie bon marché comme le pétrole n’a fait que renforcer cette autonomie individuelle et l’on a pu rapidement se passer de la force conjuguée des groupes d’esclaves comme de la traction animale … jusqu’à se propulser dans l’espace comme en ce jour de vendredi 13 février 2026 …

    https://www.instagram.com/reel/DUpvqVdjRl0/

    Il y a bel et bien des rêves de conquête et de sécession dans l’être humain, s’extraire du plancher des vaches pour gagner d’autres planètes … ce type de récit n’est pas qu’une fiction, c’est aussi un gros investissement.
    Lorsqu’on parle d’aventure collective, le sujet divise.

  10. Avatar de Antoine
    Antoine

    « Une histoire des idées de Mounier en Gelbique »

    Tu devrais adorer ce bouquin

    https://aparte-editions.be/produit/lemprunt-socrate-en-belgique-occupee-1943/

    La résistance belge après 43 financée par les collabos en recherche d’ indulgence et de rachat social…

    L’emprunt Socrate (entre choix en temps de guerre, à quel moment, pour quelles opportunités financières,…)ou les les « mounieristes » belges dans toutes leur contradictions. Écrit par le fils de, avec rigueur et parfois la mauvaise foi qui prouve le bon foie de l’ensemble. Un document important, super bien sourcé.

    Drôle de se dire que la même mouvance de la JOC, a pu doner à Hal (plus pro royaliste),
    naissance à certains réseaux stay behind influents et aux assassins de Lahaut.

    1. Avatar de Otromeros
      Otromeros

      @Antoine 13/2 à 23h31 … $$-impôt ‘SOCRATE’ belge de ‘réhabilitation pour inciviques’-$$ … inconnu au bataillon (pour moi..) … Merci pour le lien..

      1. Avatar de Antoine
        Antoine

        Si ca t intéresse, voici une interview récente de l’auteur :

        https://archive.is/4SHri

  11. Avatar de Otromeros
    1. Avatar de Otromeros
      Otromeros

      L’affaire prend des proportions démesurée…ou plutôt .. àla mesure de l’ ego des MAGA au pouvoir aux USA :

      Un vrai salaud chantage…  » carte rouge ‘européenne’!  »

      https://www.rtbf.be/article/la-n-va-prise-en-flagrant-delit-de-communautarisme-11681563
      +
      https://www.rtbf.be/article/l-ambassadeur-americain-bill-white-exige-des-excuses-de-conner-rousseau-sous-peine-de-lui-interdire-tout-voyage-aux-etats-unis-11681419

      ( Vous avez bien lu..!! )

  12. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    Ça aussi, c’est un VRAI BEAU sujet………. :

    … » Renault fabricant de drones, une nouveauté qui divise ses salariés

    Le constructeur automobile a confirmé qu’il lancera cette année la production d’appareils militaires dans deux usines françaises. Les syndicats soulignent que cette évolution n’améliorera pas l’emploi, et redoutent que ce choix stratégique s’amplifie dans les prochaines années.

    Manuel Sanson ( MdP : 16 février 2026 à 17h01)

    « J’ai« J’ai été embauché pour fabriquer des voitures, pas des armes », souffle Valentin, salarié de l’usine Renault de Cléon (Seine-Maritime), avant de s’engouffrer à travers les grands portiques qui gardent l’entrée du site automobile.
    Sébastien, plus de trente années de maison en CDI, ne partage pas cet avis : « Je n’ai aucun problème. On ne sera pas les seuls et on ne sera pas les derniers à produire du matériel pour l’armée. Tant qu’il y a du travail, c’est le principal. »
     » ……………………………. à suivre (plus que certainement..) …………………………………

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Otromeros En 1914-1918 les chars étaient Renault et Citroën faisait des obus au Quai de Javel ..
      S’il s’agit de production industrielles de masse en quantités il faut s’adresser aux industriels qui y sont habitués et pas à l’artinasat d’art de l’industrie d’armement actuelle.

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