Le déclenchement de la crise du capitalisme américain

A posteriori, on considèrera peut-être que le début de la crise du capitalisme américain fut marqué par les 8,8% de baisse à la bourse de Shanghai dans la journée d’hier. Ceci dit, plusieurs facteurs contribuèrent au fait que la bourse de New York emboita le pas et je suis d’accord avec Jacques Attali que la chute dramatique jeudi de l’indice ABX, exprimant la confiance – ou la défiance – vis–à–vis des Asset–Backed Securities (ABS) était non seulement un signe calamiteux mais contribua aussi de manière décisive à la déprime des investisseurs aujourd’hui. C’est cette crise dans l’assurance contre les risques que présentent les ABS (*) qui m’avait conduit à rédiger vendredi un courriel destiné à un petit groupe d’amis – accompagné du diagramme montrant la chute libre de l’indice.

Dans mon livre (« Vers la crise du capitalisme américain ? », 2007), je ne mentionne les Asset–Backed Securities, qui rassemblent des paquets de prêts hypothécaires « sous–prime », que comme l’un des facteurs qui précipiteront une crise. J’attribue à la bourse à peu près un tiers des responsabilités et à l’immobilier, les deux autres tiers ; un peu à l’image des 40% de plus–value dans la fortune des ménages américains qui reviennent à la bourse, et les 60% qui proviennent de l’immobilier. Je n’attribue cependant pas aux obligations sous–prime un rôle privilégié : il s’agit pour moi de l’un des multiples facteurs imbriqués de l’immobilier américain qui se sont retrouvés au cours des années récentes, combinés dans un brouet délétère.

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(*) Les « credit-default swaps » sont en fait une forme d’assurance.

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9 réflexions au sujet de « Le déclenchement de la crise du capitalisme américain »

  1. Je suis en train de lire votre livre et je suis vraiment scandalisé par le soi disant capitalisme américain rationnel et efficace. Au fait je suis du meme avis que vous quand vous dites que cette crise des subprimes n’est qu’une face visible de l’ice-berg et je pense aussi que ces crises a répétition sont les concequences d’un biais dans le capitalisme financier actuel
    est ce que vous pensez que des réformes aux niveaux des institutions financières étasuniennes et plus de reglemenatation sur les marchés financiers pourront sauver ce capitalisme financier

  2. Ces jours-ci, je suis très pessimiste : les rares mesures envisagées le sont par des amateurs de bonne volonté (quelques politiciens), alors que les professionnels se taisent (parce que tout commentaire de leur part révélerait la réelle ampleur du désastre : la partie immergée de l’iceberg).

    1. on ne parlait pas encore des dettes souveraines qui semblaient solides comme le roc, et l’euro donnait l’impression qu’il allait supplanter le dollar. A force de fondre, l’iceberg nous inonde de liquidités…

  3. Allez un petit coup de nostalgie !

    Nous étions peu nombreux à l’époque à lire ce blog .Quelques années plus tard rien ne semble s’arranger ….. -:)

  4. Hélas, en trente années d’architecture (pour le logement, comme habitat pur?) je n’ai, sauf rareté, vu qu’immobilismes, financements photocopiés, et quirielle d’agents immobiliers….

    J’ai vu les officines vides mais en façades de banque remplacer des petits commerces, j’ai vu des zones entières nouvellement créées et restant à louer, et j’ai vu les « échos » expliquer que faire des programme d’occupation mixtes pour étant ensemble logement-industrie-artisanat-commerce-service public-que sais-je-encore impossibles à financer, étant dite la complexité administrative, et l’économie de niches magnifiée, en conséquence et conformités aux procédures sous influence gravée aux revues de la loi par des lobbies.

    En économie de niche, on doit être des chiens!!!

  5. AH, trop génial ! Je suis arrivé au fond de la Grotte de, comment va t-on la nommer ?
    J’ai ma p’tite idée, OUI C’EST ÇA : « LA GOULÉE VERTE ».
    Mais bon, je ne fais que visiter, je ne veux surtout pas déranger…
    Mais, VOILÀ, je sens à ma gauche comme un appel d’air…
    Ouah, peut-être même une ouverture. Prospection, me Voilà !
    -Hé Phil, ça va pas non ! Tu ne respectes donc RIEN.
    C’EST LE BILLET… THE FIRST…
    « Le déclenchement de la crise du capitalisme américain »
    C’EST PAS GRAVE, C’EST PAS GRAVE ! Moi je respire encore ici, de l’air frais, vois-tu, comme à l’ombre d’une lagénaire.
    Laissez-moi rêver encore un peu, un peu… un petit peu jusqu’au sommeil des MORTS.

  6. Je n’avais, jusqu’à aujourd’hui, jamais pensé qu’il y avait un premier billet à votre blog.

    En effet, depuis 4 ans que je vous lis, j’en étais arrivé à croire que vous avez toujours été là, pour éclairer nos lanternes dans le domaine de la crise du capitalisme, puisque dès sa naissance ce dernier a commencé à générer sa propre perte.

    Bravo et merci.
    Il me semble qu’à force de lire sur votre blog j’ai fait des progrès, grandi et compris beaucoup de choses ; et fini par penser que la décroissance est la seule voie qui reste à l’Humanité pour s’assurer un avenir ;-).

  7. DOUBLE ECHO
    – Qu’allaient-ils donc tous faire
    dans l’antre de cette baleine ?
    Tiens ?! Le PHIL est déjà là …

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