Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II

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Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II

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71 réflexions au sujet de « Pourquoi le Grand Tournant est automatiquement un Grand Défi et pourquoi nous serons probablement absents de la Phase II »

  1. COMPTE A REBOURS – Les cliquets font TicTac – ENORME !!!

    Bonjour monsieur Jorion, et merci à vous d’avoir ouvert ce billet aux commentaires.

    Cette vidéo est majeure… C’est même sans doute votre meilleure vidéo…

    Tout est dit ! Notamment l’image des cliquets d’horlogerie bloquant l’ensemble du système dans cet état hyper-complexe…

    Bloquer/casser/enlever les cliquets (au nombre de deux) revient à arrêter l’horloge avant de la remettre en état…

    Car sans cliquets point de TicTac…

    D’où l’expression des montres automatiques à complications… au sens de la fonction…

    http://www.horlogerie-suisse.com/technique/les-complications/origine-des-automatiques

  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_cliquet
    « L’une des manifestations de l’effet cliquet en mathématiques est le paradoxe de Parrondo ».

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Parrondo
    « Le paradoxe de Parrondo est un paradoxe de la théorie des jeux qui est bien souvent décrit comme « une stratégie qui gagne avec des jeux perdants ».

    Je ne connais pas bien les mathématiques, mais j’ai trouvé cette « stratégie qui gagne avec des jeux perdants » assez intéressante si on la rapporte au contexte…

  3. Paul Jorion, votre approche hétérodoxe vous conduit systématiquement dans une anxiété sur notre destinée humaine. Pourquoi êtes vous hétérodoxe sur le plan économique mais « mainstream » sur le plan scientifique ou de la connaissance de la physique?
    Cela vous conduit à rester ancré dans une pensée alternative mais non découplé de la pensée « mainstream », le grand tournant que vous invoquez ne pourra se faire sans une révolution mentale de notre représentation du monde.
    Depuis les années 2000 il existe une pensée scientifique hétérodoxe qui nous prépare à cette révolution car elle remet en cause notre compréhension du temps.
    Si vous désirez sincèrement vous préparez à cette révolution mentale, je ne peux que vous conseillez de suivre des vidéos explicatives de Philippe Guilleman et d’Etienne Klein.
    Cette nouvelle physique qui s’avance à nous est la physique de l’information où les causes les effets et les conséquences construisent le temps.
    La physique de l’information est la physique de la construction du temps. Je sais que ce que j’avance peut vous faire douter de ma crédibilité pourtant cela s’appuie sur un nouvel outil théorique qui est la théorie de la double causalité (TDC).
    Tout cela est très nouveau pour la pensée scientifique néanmoins elle permet de sortir de l’impasse que constitue la cosmologie moderne car cela n’est pas claironné mais son impasse dogmatique la conduit vers une complexité divergente.
    Son dogme est que le temps est causal cad dépens uniquement du passé, c’est ce que remet en cause la TDC en introduisant le pendant de la causalité cad la rétro-causalité (action du futur sur le présent).
    Ce propos vous semble peut être extraordinaire ou incompréhensible si vous n’arrivez pas à vous extraire de votre représentation mentale sur le temps.
    Encore une fois si vous acceptez d’être un précurseur sur la pensée alternative, essayez de vous approprier l’évolution avec la physique de l’information cela ne pourra que vous apportez du baume au cœur.

    1. Autant que je me souviennes la causalité simple ne dit pas que tout est prédéterminé . Elle dit simplement qu’on ne peut « remonter » le temps ou plutôt effacer en ce faisant les effets des forces physiques .

      Je reste sur la  » croyance » que le présent est une illusion tant que la vitesse de la lumière ( et donc de l’information ) est limitée .

      Mais si comme l’avance la TDC , vous arrivez à montrer à Paul Jorion ( et à moi) que la physique , la philia et la conscience , c’est la même chose et que l’univers n’est qu’un seul immense  » cerveau », ça risque de lui plaire à l’âge où il arrive .

      Pour moi ,qui en suis un peu plus loin , j’avoue que je m’en fous un peu, car la nature ( la physique), bonne mère commence à m’ôter de plus en plus souvent la conscience et les angoisses qui vont avec .

      1. Juannessy, La physique moderne est déterministe grâce à l’outil mathématique hier et à l’informatique aujourd’hui (modèles numériques). L’information de la TDC est hors temps donc vouloir l’associer à une vitesse même lumineuse ne fait pas sens. Reste à vous interroger sur ce qu’est le hors temps.
        La démonstration que vous demandez sur la TDC est effectivement présentée par Philippe Guilleman. La question qui se pose à vous est: Etes vous prêt à changer de logiciel de pensée? Car le grand tournant consiste de passer du logiciel en place à un nouveau.
        Par contre j’ai du mal à percevoir votre état d’esprit car un individu qui se sépare de sa conscience tombe dans le monde animal cela constitue une approche rétrograde de l’homme, je ne comprend donc pas pourquoi vous vous percevez un pont plus loin.

    2. Je suis allé voir les théories de Guillemant. L’impression qui m’est venue immédiatement : « New Age ».

      Je me suis dit que ce n’était pas très charitable après en avoir lu seulement deux pages, quand je suis tombé sur ceci :

      Dans un autre ordre d’idées, le fonctionnement de la TDC poussé à l’extrême permet d’expliquer la magie : désirer fortement un futur permettrait de le faire survenir. Il suffirait pour cela de lancer sa projection dans le futur, puis d’attendre que la situation se matérialise. C’est l’idée nous créons le monde par la pensée, c’est le «You Create Your Own Reality (YCYOR) » du New Age.

      Si l’appellation « New Age » ne le dérange pas quant à lui, je n’ai plus aucun scrupule : « New Age ».

      1. A partir du moment où vous acceptez le principe de la rétro-causalité avancé par la TDC, alors vous pouvez extrapoler maintenant rechercher un nouveau dogme est une constante assez classique chez l’homme cela ne signifie pas que le modèle est dysfonctionnel. D’ailleurs il me semble que vous contestez notre modèle actuel (somme de croyances) en faisant le constat qu’il est lui-même dysfonctionnel, cela nous amène de toutes façons à aller vers une autre représentation .
        Le cheminement de la conscience humaine est construit sur la révocation des croyances qui construisent un modèle mental ou cosmologie. Votre blog met en lumière la fragilité des croyances en place mais votre approche mécaniste vous fait perdre la foi.
        La conscience humaine n’est pas menacée seule sa représentation mentale l’est, c’est le distinguo que peut vous apporter la TDC et sa représentation.

  4. En substance, ce que tu nous dis ici, Paul – et de plus en plus clairement je trouve – c’est que nous (nous = l’espèce) ne nous en sortirons pas sans une remise en question radicale ET effective des règles qui ont prévalu jusqu’ici et des organes de mise en application de ces règles.

    L’exemple de Fessenheim est très clair à ce sujet : il y a une sorte d’accord passé entre l’Etat (garant en principe du bien commun) et une entreprise privée (garante, elle, ça nous le savons, des intérêts de ses seuls actionnaires) pour qu’une centrale nucléaire ne ferme JAMAIS. La seule manière, donc, dont elle peut finir sa vie, c’est par l’accident plus ou moins grave. C’est bien entendu cet accord qui est inique puisque ne tenant pas compte de la réalité de ce qu’est n’importe quel objet technologique en général et une centrale nucléaire en particulier. Ici, la probabilité de l’accident tend vers 1 !

    Soit on met quelques avocats là-dessus, pour démontrer qu’un tel accord viole forcément « quelque chose », mais ce « quelque chose » doit être écrit par ailleurs (dans la constitution par exemple), parce que sinon, c’est pas la peine, soit on dit que cet accord viole la « loi naturelle »… mais alors là, on est partis pour la gloire !

    1. Oui c’est exactement cela : nous avons imposé au nucléaire civil des contraintes commerciales qui font inéluctablement croître le risque d’accident. Mieux encore : nous avons ajouté un effet de cliquet pour empêcher que le risque d’accident puisse décroître, et ceci afin de protéger la marge de profit – dont nous avons fait le seul élément qu’il faille protéger à tout prix.

  5. Bonjour,

    Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas ressenti un boule à l’estomac de ce type en vous écoutant Monsieur Jorion (excusez ce vocabulaire grossier … votre vidéo m’a foutu les boules !). Je pense être conscient de ce qui se passe, mais quand je discute autour de moi je vois beaucoup de personnes qui ignorent les problèmes et espèrent que ce n’est qu’un nouveau cycle … et que ca ira mieux demain.
    Depuis des années que je suis votre blog, je me suis souvent demandé quels types d’actions je pouvais prendre, et ce, pas seulement pour sauver ma peau ! Là, le fond et la forme de votre vidé est si déprimante que je crois comprendre, que c’est peinne perdue.
    Qu’auriez vous a proposer ?

    je vais ré-écouter la vidéo au caus ou j’aurais raté un truc essentiel !

    Cordialement Gilloux.

    1. Je crois qu’il y a un paradoxe dans ce discours, c’est de prétendre qu’il faille réintroduire de la démocratie dans notre monde, alors que, cela reste à vérifier, la majorité des citoyens n’ont aucune envie de modifier le mode de vie. Il suffit de proposer des mesures écologiques radicales pour se voir taxer de « rétrograde » ou de « ringard », et de se voir proposer de retourner au moyen-âge.
      De plus, la démocratie telle qu’elle est pratiquée, si elle est imparfaite, n’empêche personne, à défaut d’inciter, de s’informer et de se faire une opinion sur l’état du monde et de notre environnement. Entre le citoyen et le bourgeois, que l’on retrouvent en chacun de nous, le bourgeois s’est mis à l’aise et le citoyen se fait tout petit. Il faudrait une petite secousse avant la grosse (dernière) pour que l’on sorte de notre torpeur, et il faudrait qu’elle arrive vite avant qu’il ne soit trop tard, sans vouloir faire l’oiseau de mauvaise augure. Un avertissement sans trop de dégâts, mais Fukushima était plus que cela.
      Donc oui à la démocratie, mais la majorité nous montre t-elle le bon chemin pour la survie de l’espèce? Mais présenter cela comme un Grand Défi, qui n’a pas envie de relever le challenge et de retrousser ses manches?

  6. Le servage médiéval n’est-il pas une forme adoucie de l’esclavage antique et le salariat n’est-il pas une forme adoucie du servage ? On progresse non ? Bien lentement, d’accord!

    1. Comme le dit si bien Tolstoï dans l’esclavage moderne :

      « On ne laisse tomber un instrument de servitude que lorsqu’un autre fait déjà son oeuvre ».

      « Les américains du Nord demandaient bravement l’abolition de l’ancien esclavage parce qu’ils voyaient dans leur pays le peuple asservi déjà à une nouvelle puissance, celle de l’argent. Le parti du Sud défendait aveuglément l’antique coutume parce qu’il n’était pas averti chez lui par des symptômes aussi clairs de l’apparition d’une nouvelle forme de l’esclavage ».

      « On disait, au XVIIIème siècle, que la situation des serfs, obligés de cultiver la terre pour le compte des seigneurs et de leur obéir, était une condition économique nécessaire et naturelle de la vie, mais on ne pensait pas qu’il fût possible de comparer les serfs à des esclaves. De même aujourd’hui, on assure que la situation des ouvriers est une condition économique nécessaire et naturelle de la vie des sociétés, mais on ne s’avise pas d’y reconnaître les caractères de l’esclavage ».

  7. Difficile de ne pas devenir tout à fait pessimiste quant à l’avenir de l’espèce humaine dans les cents ou deux cents années qui viennent au vu de la dégradation croissante des écosystèmes.
    Et pourtant, impossible (pour moi, en tous cas) de se résigner à voir le désastre s’approcher à grand pas sans rien tenter pour au moins essayer de rendre les choses un peu moins pires.
    Il me semble qu’une question importante que Paul avait soulevé il y a quelques mois, je ne sais plus dans quel billet, c’était celle de savoir s’il fallait privilégier un processus de changement par le haut (« top-down ») ou un processus de changement par le bas (« bottom-up »). Ou bien changer la mentalité des dirigeants, le Philosophe essayant d’avoir l’oreille du Prince, ou bien favorise un changement de mentalité d’au moins une fraction importante de la population.
    Les deux modalités ne sont bien sûr pas incompatibles.
    Il me semble que la modalité « bottom-up » est indispensable. Des Princes même parfaitement « éclairés » qui voudraient instaurer une politique à même de préserver autant que possible des conditions de vie correctes sur la planète, (on peut rêver !) se heurteraient probablement à des révoltes populaires si l’état d’esprit des masses restait celui qu’il est.
    Paul disait, si je me souviens bien, que pour changer les mentalités des gens, il faudrait que tout le monde fasse un psychanalyse. C’est une solution qui paraît peu réaliste compte tenu notamment de la longueur d’un tel traitement. Par ailleurs, je suis loin de partager ses convictions concernant les bienfaits d’un travail de type psychanalytique, même si je reconnais que n’importe quelle approche thérapeutique, qu’elle soit freudienne, lacanienne, kleinienne, jungienne, reichienne, transactionnelle ou autre est susceptible d’aider au moins certaines personnes à se sentir mieux dans leur peau.

    Il me semble qu’une pratique qui tend à se développer actuellement peut éventuellement être plus à même de favoriser un changement de mentalité, je veux parler de la pratique de la méditation par la pleine conscience, qui est largement inspirée par la méditation de base du bouddhisme, la méditation vipassana.
    Elle peut aider à apprendre à apaiser ses peurs non pas par le recours à la consommation, non pas par la possession de biens, mais par l’apprentissage d’une liberté intérieur par rapport à l’emprise des pensées (et en particulier des pensées anxieuses).

    Elle peut donc aider à s’orienter dans le sens d’une « simplicité volontaire », dans le sens d’une « sobriété choisie ».

    Elle peut aider à diminuer notre addiction à l’avoir et favoriser notre orientation vers être. (Le psychanalyste Eric Fromm avait autrefois écrit un livre intéressant sur l’orientation vers « être » versus « avoir ».

    Elle peut aider à diminuer l’agressivité (et sans doute à diminuer un peu la dimension prédatrice de notre humaine condition).
    Il me semble qu’un changement de mentalité ne peut s’installer que s’il s’accompagne d’un changement de comportement et la pratique de la méditation est un comportement qui peut le favoriser.

    Cela dit, la méditation peut aussi, hélas être dévoyée comme on le voit dans le cas d’entreprises qui favorisent sa pratique dans le but d’augmenter la productivité des employés.

    En tous cas, psychanalyse ou pas, méditation ou pas, il me semble important de revenir à cette question du « bottom-up » versus « top-down ».

  8. c’est un peu hors sujet, mes excuses présentées je peux tout de même revenir sur l’agonie et le mythe du Phénix (mais pas le super Phénix…). Cette courte vidéo présente : Jeremy Rifkin annonce la métamorphose du capitalisme (Ce soir ou jamais !) http://youtu.be/me_YW8g8NzM
    en guise d’agonie on aura une métamorphose.
    bien à tous !

    1. Je pense (comme certains) que ce que prédit cet homme est très peu réalisable, et à l’échelle planétaire tout à fait impossible.
      Aussi, nul besoin d’être un aigle pour entrevoir que sa théorie du ‘partage’ et d’accessibilité’ masque bien d’autres métamorphoses liberticides.
      Enfin!.. si ses théories donnent de l’espoir à quelque politicards partiellement convaincus, tant mieux !
      Mais donner de l’espoir en ce trompant (j’insiste), n’est ce pas ‘aveugler’ ?

      1. des grands pans de l’industrie (disque, web…) sont concernés par ce changement. Si on part du principe que le capitalisme n’est qu’un outil adaptable, on peut concevoir cette métamorphose, ce phénomène du coût marginal zéro. Ce que prédit cet homme s’est réalisé dans certains domaines, c’est tout. De plus, tout ce qui est favorable à l’énergie renouvelable est précieux. C’est un homme intelligent, pas le diable !

    2. ça n’est effectivement pas la remise en cause du treuil , mais ça ressemble à un débrayage sur le cliquet .

      Quand j’entends dire dans cette vidéo que la propriété n’est pas la condition du capitalisme , je rigole , même si j’ai bien compris que le capitalisme peut s’accommoder d’une économie de masse à coût marginal nul…pourvu qu’il la gère et reste sur les interstices à plus value …dont il reste propriétaire .

      1. @karluss

        Voilà, « cet outil adaptable » qu’est le capitalisme ne m’intéresse plus, c’est ça.

        Et puis ces oiseaux de bonnes augures, tout le monde a envie d’y croire, fastoch :

        après cette émission, des proches (sachant que ces sujets m’intéressent) m’ont conseillé de l’écouter en m’affirmant :
        « Comparé à ceux que tu écoutes (Ils sont fréquemment cités sur le blog, ce dernier appartenant même à l’un deux), ça fait du bien ! ».

        Oui, la marche du progrès est en route, alors au mépris des inégalités croissantes, accueillons là!

        Ce n’est pas le diable, mais il me gêne car empêche de réelle prises de conscience, ce n’est que mon avis.

        ps: le diable est infiniment intelligent ^.^

      2. Exactement, Juan,
        cela ressemble bigrement à une manoeuvre des capitalistes pour prendre le contrôle des multiples initiatives alternatives naissantes, en commençant par les étiqueter « Economie de Partage ».
        Par ailleurs, il semble que M.Rifkin pense (ou fait croire) que les panneaux solaires poussent naturellement dans les arbres, et qu’il en suffit d’une poignée pour remplacer une centrale nucléaire (et quand bien même serait-ce le cas(!), cela ne résoudrait que max.15% de notre problème).

      3. @Karluss:

        Le capitalisme chinois n’a bientôt plus de chinois que les yeux bridés ,quand on découvre que la première priorité des néo milliardaires du pays de feu Mao , se résume à une seule chose , c’est de s’installer à l’étranger.

        Priorité honorée ( dont en France).

      4. « débrayage sur le cliquet » , le roi de l’image ahah merci c’est claire comme ça .
        (et en relisant hé bien, m’est curieusement venu l’envie de m’excuser pour mes nombreuses fautes d’orthographe)

      5. @ Stéphane Feunteun : vous allez pas nous faire le coup du complot. Si j’ai compris au moins une chose sur ce blog, c’est que les théories du complot relèvent du fantasme.

      6. il nous faut une véritable stratégie pour sortir des ornières dans lesquelles nous sommes empêtrés. Mais il n’y a pas si longtemps (6 années tout de même), mes premiers commentaires s’imprégnaient du pessimisme de Schopenhauer. Après tout, dans le « tout solaire ou la mort », c’est la pulsion de mort qui semble guider la philosophie des commentateurs. Je vais revenir à mes démons.

      7. @Karluss,
        l’appellation « théorie du complot » est aussi une étiquette marketing visant à discréditer tout questionnement gênant, évitant ainsi d’avoir à discuter de son bien-fondé.
        Mon commentaire est une interrogation (pour l’instant), mais qui est justifiée par des faits similaires antérieurs: « ils » (pour vous faire plaisir) se sont aperçus qu’il était bien plus efficace de financer leurs opposants que de les affronter frontalement ; infiltration, noyautage et enfin prise de contrôle de la direction. Ainsi le mouvement garde son étendard, sa base militante, une bonne partie de son discours, mais les décisions prises sont d’une autre teneur. Cela a très bien fonctionné pour la majeure partie des mouvements environnementaux étasuniens, et s’est très vite exporté ; il n’y a aucune raison qu’il n’en aille pas de même pour tous les mouvements alternatifs qui sont en train de prendre de l’ampleur actuellement.
        La technique avait très bien fonctionné au niveau des états (voyez à quel degré de schizophrénie en est rendu notre PS, par exemple) et l’Europe est sous contrôle (pilotée par des gens non-élus), mais maintenant il s’agit de ne pas se faire déborder par une tendance de fond initiée par le peuple.
        Sauf que dans le cas présent c’est un peu plus difficile vu qu’il s’agit de groupes coopératifs de constitutions et à buts très diversifiés, et souvent très localisés et bien sûr en dehors des circuits classiques du business. Pour les contrôler il serait plus commode de les regrouper d’une manière ou d’une autre, j’imagine.

    3. Ce genre d’hurluberlu apparaît régulièrement, pour vendre un épais bouquin. Et comme ils passent pour de petits génies de la clairvoyance, ils font des cartons. (surtout quand on a besoin de rêver … ou de faire rêver le bon peuple)

  9. La Phase II serait le scénario optimiste ?
    Optimiste ou pas, objectif surement (mais pas à atteindre).
    Ce qui me bloque dans cette histoire bien réelle c’est que je n’arrive pas à comprendre comment avec tant d’intelligence disponible et démontrée on puisse tout mettre en oeuvre pour s’orienter vers une finalité aussi absurde.
    A court terme l’avidité donne une explication, mais les acteurs ne peuvent pas aboutir à d’autres conclusions que celles qui sont faîtes ici .
    Alors quoi….l’égoïsme ….moi ici et maintenant ?
    Un objectif dissimulé ?
    Je serais paranoïaque ?

    1. A court terme l’avidité donne une explication, mais les acteurs ne peuvent pas aboutir à d’autres conclusions que celles qui sont faîtes ici .
      Alors quoi….l’égoïsme ….moi ici et maintenant ?
      Un objectif dissimulé ?
      Je serais paranoïaque ?

      Avidité + « chemin du moindre effort politique » suffit à tout expliquer. Il n’y a surtout aucune volonté là dedans!

      1. Je suis d’accord avec ce constat apparent. Mais c’est la négation de toute forme d’intelligence ce qui est difficilement acceptable.
        On peut arguer de la complexité du système global conduisant chacun dans son domaine particulier a essayer de tirer son épingle du jeu et renoncer à l’influencer favorablement, mais c’est nier la mise en place très méthodique de tous ces clicquets auxquels se réfère Paul.
        Il y a là une volonté qui s’exprime très clairement et ni la complexité ni la mondialisation ne sont des obstacles à leurs mise en place.

      2. Exact, j’ai écris trop vite. On laisse faire, mais en même temps, par dessous, discrètement, on place les cliquets.
        Il y a bien volonté masquée, et il est aisé de voir ou on veut aller: exclure les masses du festin que se réservent les « élites ».
        C’est ce à quoi, de manière naturelle, conduit un capitalisme totalement dérégulé.
        Auparavant (disons jusqu’aux années 70), les hasards de la politique amenaient régulation ou dérégulation mais, depuis, les cliquets « bien » placés font que les politiques ne peuvent plus rien réguler, (à supposer qu’ils le souhaitent).

      3. D’après Francois Roddier, les cliquets sont un autre nom pour le passage du symbiotique au compétitif, dans une de ses figures sur les points de fonctionnement possible de l’évoltuion dans une perspective thermodynamico-sociale.
        La figure est un peu compliquée à introduire ici, mais décrit un plan où l’on a de bonnes raisons de passer du compétitif au symbiotique, puis de refaire retour vers l’altruiste, (ordre à vérifier, ce n’est pas le plus important). Le tout étant guidé par une espèce de « 3eme loi de la thermo » qui fait qu’à chaque changement, le système dissipe de plus en plus d’énergie (ça ça se vérifie tous les jours, cliquets aidant).

  10. On notera qu’en mécanique simple ,sans aller rechercher la thermodynamique et la TDC , il existe des treuils à manivelle à cliquet réversible .

    On doit donc travailler sur la réversibilité ( qui semble être en fait un « débrayage » ).

      1. Le cliquet a aussi la particularité d’être très petit par rapport au mécanisme qu’il entrave. Je suis tenté par la théorie du petit coup sec, mais il doit être placé exactement au bon endroit. C’est peut-être l’ambition du blog du Paul Jorion que de découvrir le lieu du combat.

        Comme disait un vieux mafieux dans « American gangster »,
        « Plus personne ne trouve son chemin. On ne sait plus où trouver le cœur pour planter son couteau »
        (Ou son tournevis)

    1. Cherchant à me renseigner, je trouve ceci sur Wikipedia qui suggère en tout cas qu’il avait très mauvais caractère 😉 :

      Georges Leroux, à son décès, lui a rendu hommage, notamment en ces termes : « Sa conversation était un fleuve, mais il savait la ponctuer de fréquents ‘tu vois’, où chacun était invité à comprendre que l’effort de penser exigeait temps et labeur. Il n’avait rien de socratique, mais il aimait discuter et son séminaire fut pendant des années le lieu d’un échange authentique et vivant. Chaque séance était un événement, parce qu’elle était d’abord une rencontre. Privé d’ironie, il avait cependant le pouvoir de la colère des justes. Son caractère prophétique mettait bien des savants à distance, mais ceux qui l’aimaient chérissaient d’abord en lui cette volonté de la justice, cette capacité du scandale »

    2. J’ai regardé la vidéo (que je recommande à tous !) et il y a en effet de très nombreux points communs entre ce que disait Freitage (mort en 2009), et ce que je dis moi-même en ce moment. L’explication se trouve sans doute dans le fait que je nous trouve, lui et moi, associés dans la mouvance du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales).

      N.B. Il est intéressant de voir quels sont les autres noms que l’on retrouve sur cette liste : Jean-Claude Michéa, Paul Ariès, Jean-Pierre Voyer, Serge Latouche, Raoul Vaneigem, en plus bien sûr d’Alain Caillé, l’un des fondateurs de ceu mouvement.

      1. Il faut dire que lorsqu’on s’appelle Freitag , on n’est pas prêt à s’en laisser compter .

        J’ai aussi comme l’idée que Freitag ne devait pas être transhumaniste …..

      2. Merci Alain V. pour cette très précieuse vidéo. Michel Freitag est un grand bonhomme. J’avais lu pendant mes études son essai, assez connu dans le corpus de la théorie de l’architecture, intitulé « Architecture et Société ».
        In memoriam, je cite la première phrase de ce texte :
        « Un village, un seul mas établi parmi quelques terrasses de cultures au flanc d’une colline humanise le paysage jusqu’à l’horizon. »
        … et la dernière :
        « Juger de l’envahissement de la « laideur », n’est pas succomber avec fatalisme à la « perte de sens »! C’est prendre conscience de notre responsabilité à l’égard de la beauté, et réapprendre à voir ce que la beauté nous dit sur la valeur de notre faire. »

        De la vidéo que vous nous avez fait partager, toutes les phrases mériteraient d’être citées. Je retiens celle-ci :

        « Si on était en guerre contre les chinois, tout redeviendrai possible »

        … peut être parce que dans ce cas-là, il y aurait un « nous », justement…

        Et Piketty qui rajoute que ce n’est qu’avec les guerres que la concentration du capital a décru.

        On est mal barrés…

      3. Ouais, m’enfin au Mauss on peut préférer un Corcuff ou un Freitag à un Michéa, un Ariès ou un Latouche…

  11. Un autre effet de cliquet, le scandale des autoroutes relaté cette semaine dans Marianne(livret A 1% contre 15% pour les actionnaires…aïe)

    1. Si 1% ne vous suffit pas et que du 15% vous fait saliver, les actions des sociétés d’autoroute sont en vente libre, non ?

      1. Le danger avec ces actions est qu’on ne peut savoir à l’avance ce que vont faire les initiés:
        Et s’ils se décidaient à vendre d’un coup ce qu’ils détiennent après s’être gavés… ?

        Les petits actionnaires se font toujours plumer (en moyenne), et les gros amassent des fortunes. Curieux, non?

  12. Si vous avez le moral dans les chaussettes alors cette vidéo est faite pour vous.
    Une sorte de Diogène des temps modernes, un visage magnifique. Ultra sensible et magnétique plutôt que pathétique.
    On connait le bonhomme : Jean-Marc Le Bihan au micro…

    —————————–

    Qui était Diogène ?
    « Un jour qu’il était en train de manger des lentilles pour souper, il fut aperçu par le philosophe Aristippe. Celui-ci menait une existence confortable parce qu’il adulait le roi. Aristippe lui dit : « Si tu apprenais à flatter le roi, tu n’en serais pas à te contenter de lentilles ». Diogène lui répondit : « Si tu avais appris à te contenter de lentilles, tu n’aurais pas à ramper devant le roi ». »

      1. Ces lentilles là sont trop polies pour être honnêtes , même si les objectifs des caméras sont parfois plus objectifs que les journalistes plus ou moins philosophes qui les utilisent.

  13. Boujour, j’espère que vous jetterez un oeil sur l’édition que j’ai créee avec deux amis sur Médiapart, qui s’appelle « Faits et Arguments pour la Démocratie et le Socialisme ». On y accède en écrivant cela avec des tirets partout dans une fenêtre de recherche.

    En dehors du fait que je partage la noirceur de votre vision de l’avenir proche, comme les principes qui pourraient, selon vous, assurer une sortie du piège, je propose deux bémols.
    A) pour le nucléaire : selon moi, le cliquet sautera dès la première catastrophe nucléaire en France. Soyons optimistes ! B) Pour votre vision des machines nous succédant. Mm… je n’y crois pas : tout au plus, elles maintiendraient des choses durant un certain temps, mais est-ce qu’elles innoveraient (et comme le monde naturel bouge, il faut innover), s’adapteraient ? Prendraient-elles, contrairement à nous, les bonnes décisions ? Je ne vois pas pourquoi. Non, après nous, d’autres singes, peut-être. Ou des insectes. Les bactéries à coup sûr.
    Sur ce que vous dites à propos des systèmes complexes et fragiles, je suis assez d’accord (de formation mathématicienne).
    Bien cordialement !

      1. mais écoutez et regardez cette vidéo, la surprise de karluss n’est le problème de personne, et tout le monde se moque bien de ce pauvre karluss. En plus vous comprenez aisément l’anglais, pas besoin de lire les sous-titres. C’est vraiment intéressant. Pour une fois, faîtes confiance, même si je fais partie de la quantité négligeable.
        De plus, vos idées se rejoignent avec les siennes, et il flatte la France et les français, c’est pas si souvent que cela arrive, dans notre brouillard de morosité.

      2. Et en plus, Frédéric Taddeï ne tarit pas d’éloge à son sujet : Mr Rifkin a conseillé Angela Merkel, Zapatero, Barroso, Romano Prodi, François Hollande… Sans aucun doute, une référence ! 😉

  14. Une casserole parmi d’autres : fin de la 39ième minute: « les français sont encore les meneurs de la philosophie politique, et devrait donc se joindre à l’Allemagne, qui est le moteur économique » …….

    Je comprends maintenant mieux mes proches: ils ont trouvé, dans un laps de temps de 20min, un peu d’espoir dans ce semblant d’avenir infondé qui pourraient les contenter.
    Merci

    (pour ma part, je ferme l’oreille aux flatteurs, instinct de survie)

  15. N’étant pas très éloigné de Fessenheim, cette centrale m’interroge et je rejoins sur bien des points les critiques de Corinne Lepage qui s’est exprimée récemment sur FR3 Alsace.
    Fessenheim, en sus des spécificités techniques à risques rappelées par Corinne Lepage, a comme caractéristique d’être implantée à proximité de nos voisins et même amis suisses et allemands.
    Cela est une raison déjà largement suffisante pour fermer cette centrale au plus tôt par respect envers nos voisins.
    L’émission « terre à terre » concernant ITER rappelle que le talon d’Achille d’une centrale est la résistance des aciers spéciaux qui la composent.
    On nous apprend que au-delà de la durée initialement prévue, c’est l’inconnue !
    En simple citoyen non expert je me pose la question suivante :
    le maintien de Fessenheim serait il tout simplement une manière de disposer d’un cobaye ?
    Clic, clic, clic

    Terre à terre du samedi 13/9 – La filière nucléaire en France, l’avis d’un indépendant, Bernard Laponche.
    Il y a bien des ingénieurs et scientifiques indépendants mais ils appartiennent à une espèce rare.
    « Le blues des experts – 1 »
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-le-blues-des-experts-1-2014-09-13
    « Avec : Bernard Laponche, physicien nucléaire, consultant international indépendant dans les domaines de l’énergie et de l’efficacité énergétique »

    « Projet ITER : eau dans le gaz à tous les étages » (samedi 20/9)
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-projet-iter-eau-dans-le-gaz-a-tous-les-etages-2014-09-20

    « Avec : Monique et Raymond Sené, physiciens nucléaires, membres du GSIEN (groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire) ; Christian Ribaud et Alain Champarnaud, délégués CGT de Cadarache et Samuel Autexier, du comité de solidarité 04 »

    Heureusement on prépare la suite, après la fission, la fusion.
    Après avoir fait réapparaitre sur notre frèle planète le plutonium, un produit hyper dangereux, nos apprentis sorciers cherchent à imiter le soleil alors qu’il nous inonde gratuitement de son énergie.
    Renversant ce que nous racontent ces 2 experts, le summum du progrès parfaitement stérile et qui plus est dangereux quoi qu’on en dise et qui absorbe des budgets conséquents au détriment des renouvelables.

    Et les cerises sur les gâteaux, droit dans les murs, après la sélection des plantes puis celle des animaux, à notre tour, vive le transhumanisme, youpi !

    « Reproduction artificielle et marchandisation du vivant » (samedi 27/9)
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-reproduction-artificielle-et-marchandisation-du-vivant-2014-09-27
    « Avec : Alexis Escudero, auteur de « La reproduction artificielle de l’humain » (Le monde à l’envers, 2014)
    Suite à la publication de “La Reproduction artificielle de l’humain” (éditions Le Monde à l’envers), Alexis Escudero et ses amis animeront une série de conférences-débats :….. »

  16. L’industrie nucléaire civile n’est finalement qu’un sous produit et un recyclage des technologies mises au point pour la production d’armement durant la seconde guerre mondiale, puis la guerre froide.
    Les années 50 nous promettaient entre autres, des trains, des voitures, des avions, des fusées à propulsion nucléaire. C’était le nouvel eldorado à l’instar du numérique aujourd’hui.
    Le nucléaire à les caractéristiques suivantes
    – la culture du Secret
    – une image de complexité (entretenue) inaccessible au profane
    – implique une société de contrôle policier, sécurité obligé
    – les installations ont un cycle de vie dont la fin est pas maîtrisé.
    – le traitement des déchets implique des risques à gérer durant des siècles
    – suivant l’argument que le maillon faible c’est l’homme, le pilotage des installations est de plus en plus confié à des robots informatiques. Qui contrôlera les robots ?
    – les accidents, dont nous avons au moins 2 exemples civils auront des conséquences pour des
    siècles. Près de 30 ans après tchernobyl rien n’est réglé sur le site malgré des milliards engloutis.
    Le nucléaire est la! Si nous décidions de tout arrêter demain, les installations seront à gérer pendant des siècles, alors, implicitement, autant continuer. Sans même considérer l’aspect financier.
    C’est typiquement le mécanisme du cliquet ou de fuite en avant qui s’observe dans bien des domaines. Le retour en arrière à des conséquences telles qu’on ne préfère même pas l’envisager.
    Ça met en évidence la faiblesse de la réflexion humaine…
    Déjà les paysans pratiquant l’ecobuage aboutissaient parfois à brûler leur village.
    La foi, l’intérêt immédiat, et les rapports de force guident plus les hommes que la réflexion rationnelle contrairement à ce que nous voulons croire. (Croire, foi…)
    D’ailleurs qu’est ce qu’une réflexion rationnelle sans éthique.?
    Tiens! Éthique un mot passé de mode….

  17. Alors comme ça la règle européenne de l’unanimité issue du compromis de Luxembourg, règle de l’unanimité (i.e droit de véto…) arrachée de haute lutte par de Gaulle après des mois de chaise vide, ce serait un effet de cliquet d’inspiration ultralibérale, du fascisme en col blanc ? Ben dis donc… on en apprend de belles sur nos grands zoms…

    1. Il va falloir inventer le « principe de De Gaulle » : toute mesure est incritiquable si le nom de De Gaulle peut lui être associé d’une manière ou d’une autre, aussi fantaisiste soit-elle.

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