Fukushima : Temps de la fin contre fin des temps [1], par Cécile Asanuma-Brice

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Yokohama, 11 mars 2016

Cinq années se sont passées depuis le tremblement de terre de 2011, le tsunami, l’explosion de la centrale nucléaire. Le lieu du drame véhicule désormais la catastrophe en son nom : Fukushima. Où en est-on ?

Tous les efforts sont faits. Tous les efforts sont faits pour nettoyer terres et esprits avant l’accueil des jeux olympiques de Tôkyô en 2020, permettant de donner l’élan nécessaire à l’oubli. Le vent de fête olympique qui s’accompagne à l’accoutumée d’un nettoyage social et d’une montée nationaliste acceptés de tous, portera un troisième fleuron : l’amnésie nécessaire à la poursuite du nucléaire. Malgré la mascarade qui se met en place, via la décision du gouvernement japonais de rouvrir la totalité de la zone d’évacuation autour de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi à l’habitat dès mars 2017, dans les faits, rien n’est réglé. « Le passé n’est pas mort, il n’est même pas passé » écrivait William Faulkner, on ne peut trouver plus justes mots pour décrire la situation actuelle.

Au monde de Sisyphe l’éternel rangement répond de l’absurde

Plus de 9 millions de sacs poubelles comprenant 1 mètre cube de déchets contaminés répartis sur 114 700 sites au sein de la préfecture de Fukushima fin septembre 2015[2]. Ces plastiques enferment un temps, terre et déchets radioactifs. La terre ayant laissé ces graines germer au gré des saisons, les pousses difformes les ont éventrées pour laisser se répartir à nouveau les débris contaminés, au gré des vents.

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Photo : MORITA Takefumi, publiée par le journal Mainichi

27 novembre 2015, village de Tomioka : un des 114 700 entrepôts de sacs de terre contaminée.

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Un coût néanmoins exorbitant pour une politique chimérique qui voit son budget plafonné à 91 milliards de yens, soit 727 millions d’euros pour 2016. Au total, depuis 2011, les dépenses pour la décontamination s’élèvent à 1 milliard 500 millions d’euros[3]. Cette politique de décontamination qui berne les esprits en leur inculquant que tous les efforts sont faits pour protéger la vie, n’a qu’un seul objectif : rassurer pour mieux contraindre au retour.

Mises en scène et risques de la communication dans la société du spectacle

Ce choix politique se met en place via une stratégie de communication sur le risque toujours plus perverse, assurant par exemple que le risque sismique, ou celui d’une éruption volcanique serait plus prégnant que le risque nucléaire (dixit Dr KUMAGAI Tomohiro, neurologie, univ. Médicale de Fukushima)[4], que l’obésité et la tension sanguine conséquentes du manque de sport (les personnes vivant dans les logements provisoires sur les zones contaminées limitant leurs sorties) seraient plus néfastes que l’irradiation (Dr TSUBOKURA Masaharu, hôpital général de Minamisôma, Univ. De Tôkyô), ou encore enseignant aux élèves du primaire du département de Fukushima les méthodes pour filtrer le césium se trouvant dans la terre (workshops organisés par le Pr. MIZOGUCHI Masaru, Univ. De Tôkyô). Il en est d’autres, tel le Pr. HAYANO Ryugo (univ. de Tôkyô, fervent acteur du programme Ethos Fukushima[5]), qui habilement font signer un rapport sur la radioactivité et ses bienfaits sur la santé par des lycéens du département de Fukushima entre autre, mais également des lycéens français, américains et biélorusses, avec qui la CIPR (commission Internationale de protection radiologique) et le programme Ethos organisent des workshops, leur permettant de publier leurs œuvres dans un journal scientifique international et les mettant en scène lors d’une conférence de presse au Foreign Correspondent’s Club of Japan en décembre 2015. Car les soldats de la politique en faveur de la continuité du nucléaire ont bien compris le message concernant les générations futures et n’ont de cesse de les préparer à toujours mieux accepter leur avenir irradié à défaut d’être radieux.

« Mon mari ne parle plus d’avenir »[6]

Néanmoins, les habitants ne sont pas dupes, et malgré l’appel du gouvernement au retour à vivre dans les zones contaminées et sa décision de rouvrir la totalité de la zone d’évacuation en mars 2017, les voix s’élèvent. Non moins de 12 539 personnes ont ouvert un procès pour demander des dommages et intérêts, estimés au total à 895 millions d’euros (113 milliards de yens)[7]. Cela reste limité si l’on considère les 99 991 réfugiés officiels de l’accident nucléaire[8] dont environ 50 000 à l’intérieur du département de Fukushima. Parmi eux, 18 322 résident encore dans les logements provisoires, 30 000 habitent des logements du parc privé dont le loyer est pris en charge par l’Etat et 654 personnes vivent dans des logements publics[9]. Tous verront leurs aides au logement prendre fin en mars 2017.

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Source : Document de la préfecture de Fukushima

En outre, seule 10 à 20% de la population du village d’Iitate, classé en zone prioritaire pour la reconstruction de la communauté[10], prévoit de revenir en cas d’amélioration de l’environnement. Ce taux est celui exprimé pour la totalité des communes interrogées.

Lors d’un symposium qui s’est tenu à Fukushima le 27 février 2016 sur la question de la possibilité ou non de revenir vivre dans le village, le professeur IMANAKA Tetsuji, Professeur en physique du nucléaire à l’Institut de recherche sur les réacteurs nucléaires de l’université de Kyôto, estimait que malgré une baisse naturelle du taux de contamination environnemental, celui-ci est encore par endroit 10 à 20 fois supérieur au taux d’avant l’accident. Selon lui, la politique du refuge reste d’actualité, d’autant qu’il est totalement impossible d’enlever la contamination des montagnes environnantes. Par ailleurs, M. MASUDA Naohiro (directeur en chef de la commission de la centrale nucléaire de Fukushima) a confirmé le 2 mars 2016, que les trois cœurs des réacteurs 1, 2, et 3 avaient bien fondus, mais qu’on ne savait pas où ils se trouvaient. Difficile de continuer à rassurer les foules dans un tel contexte.[11]

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Photo : ©CécileAsanuma-Brice

Lors d’un symposium qui s’est tenu à Fukushima le 27 février 2016 sur la question de la possibilité ou non de revenir vivre dans le village d’Iitate (pref. Fukushima), le professeur IMANAKA Tetsuji, Professeur en physique du nucléaire à l’Institut de recherche sur les réacteurs nucléaires de l’université de Kyôto, estimait que malgré une baisse naturelle du taux de contamination environnemental, celui-ci dépasse encore par endroit 10 à 20 fois le taux d’avant l’accident.

Le corps, lui, ne ment pas

L’information concernant la multiplication du nombre d’enfants atteints de cancer de la thyroïde est diffusée au rythme des annonces de la commission sanitaire chargée d’effectuer les tests dans l’indifférence internationale la plus complète. Nous en sommes, en février 2016, à 167 enfants de moins de 18 ans atteints d’un cancer de la thyroïde ou suspectés de l’être sur un échantillonnage de 370 000 individus pour un taux naturel de 1 pour 1 million.

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Photo : ©CécileAsanuma-Brice

Décembre 2015, ville de Kôriyama, pref. De Fukushima. Tests de la thyroïde effectués par des médecins volontaires, dans le cadre de workshops organisés par des citoyens de Fukushima, en réaction aux tests peu crédibles de la commission sanitaire officielle.

Les spécialistes de la commission, dans la contradiction la plus complète, affirment qu’ils ne savent pas, tout en rapportant que l’on ne peut induire ces cancers aux radiations. L’argument avancé est le sur-diagnostic, soit le fait qu’un dépistage systématique engendrerait la prise de connaissance du nombre de cancers qui n’aurait pas été connu auparavant. Si ce raisonnement est tenable dans le cas d’un dépistage sur l’ensemble du territoire, il ne peut cependant l’être à partir du moment où l’on ne considère que la population à risque, ce qui est le cas ici, l’enquête sanitaire ne concernant que les habitants de Fukushima. Une étude sérieuse imposerait de généraliser les tests nationalement et sur l’ensemble des classes d’âge, afin de pouvoir effectuer des comparaisons par zone géographique. A l’inverse, la commission s’oriente vers une réduction des contrôles estimés trop coûteux. Le professeur Tsuda, épidémiologiste à l’université d’Okayama estime pour sa part qu’il est grand temps de s’alarmer. Lui et son équipe ont repris la totalité des données rassemblées d’octobre 2011 jusqu’en juin 2015. Ils ont mené une étude comparative, publiée dans la revue internationale Epidemiology, prenant en compte la moyenne connue de développement de cancer de la thyroïde sur l’ensemble du Japon par classe d’âge et par année afin de quantifier le rapport de causes à effets entre la pollution engendrée par les isotopes qui se sont répandus dans l’atmosphère après l’explosion de la centrale et l’accroissement du nombre de cancer de la thyroïde chez les enfants de moins de 18 ans dans la région.

« Si l’on fait une comparaison avec la moyenne nationalement connue, on en déduit, que le taux de cancer de la thyroïde des moins de 18 ans a été multiplié par 50. Dans les endroits où le taux est naturellement faible, on trouve une multiplication par 20 du nombre de cancers de la thyroïde. Dans les localités (au plan national) où le taux était le plus faible, nous n’avons pas encore détecté de cas de développement de cancer de la thyroïde. »

Du Japon à la France, il n’y a qu’un pas : quand le taux tue

La situation japonaise a pour but de prouver au monde que l’on sait gérer une catastrophe nucléaire alors qu’on ne le sait pas. Pour ce faire, les institutions internationales jouent de tour de prestidigitation via le relèvement des taux de sécurité dits « acceptables », afin de permettre la réouverture de la zone d’évacuation, au pied d’une centrale dont la déliquescence se poursuit au fil du temps. Ainsi, le Journal Officiel de l’union européenne (on notera ici que cela ne concerne pas uniquement le Japon), du 17 janvier 2014 préparait le terrain en annonçant : « Sans préjudice des niveaux de référence fixés pour les doses équivalentes, les niveaux de référence exprimés en dose efficace sont fixés dans l’intervalle de 1 à 20 mSv par an pour les situations d’exposition existantes et de 20 à 100 mSv (aiguë ou annuelle) pour les situations d’exposition d’urgence » (page L13/39 (Annexe I, article 1). Prenant le pas du CIPR (commission Internationale de protection radiologique) qui fait référence en la matière, le ministère de l’Environnement japonais soutient, dans un rapport d’ août 2014, qu’en-deçà de 100 msv/an, il n’y aurait aucune conséquence sur la santé au grand dam des épidémiologues, spécialistes de ces questions. A ce rythme, on peut prévoir qu’il n’y aura même plus de zone d’évacuation lors d’un prochain accident. Cela permettra de faire chuter encore un peu plus le calcul du coût du risque de l’industrie nucléaire. C’est d’ailleurs ce que prévoit le plan CODIRPA (comité directeur pour la gestion de la phase post – accidentelle) élaboré pour la France par l’Agence de Sécurité Nucléaire en 2005 dont l’objectif est clair, puisqu’il s’agit de gérer « la réhabilitation des conditions de vie dans les zones contaminées». Pourtant, cette même Agence tire aujourd’hui la sonnette d’alarme. L’allongement de la durée de vie d’un parc nucléaire français déjà vétuste laisse le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, pantois. Il estime désormais, qu’il faut « imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe »…[12]

Cécile Asanuma-Brice réside au Japon depuis 2001. Docteure de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), actuellement adjointe au directeur du bureau CNRS Asie du nord, elle est chercheur associé au laboratoire CLERSE, univ. Lille 1 UMR 8019 et au centre de recherche de la Maison Franco-japonaise UMIFRE 19 (Tokyo). Ses recherches en sociologie urbaine axées sur les politiques publiques du logement se sont orientées, après l’accident nucléaire de Fukushima, vers les questions relatives à la gestion de la protection de la population.

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[1] Expression empruntée à Günther Anders, La menace nucléaire, Considérations radicales sur l’âge atomique, ouvrage paru en 2005, texte rédigé en 1959.

[2] Mainichi, 10 décembre 2015 : http://mainichi.jp/english/articles/20151210/p2a/00m/0na/020000c

[3] Mainichi, 23 février 2016 : http://www.asahi.com/articles/ASJ2Q4HNSJ2QUGTB00F.html

[4] Déclaration du Dr KUMAGAI Tomohiro lors d’un séminaire de l’ICRP sur l’éthique organisé à Fukushima en juin 2015.

[5] A ce sujet voir notre article dans le journal du CNRS de mars 2015, A Fukushima, la population est dans une situation inextricable, qui décrit également les manipulations psychologiques faites aux enfants des familles réfugiés pour créer le désir de retour : https://lejournal.cnrs.fr/articles/a-fukushima-la-population-est-dans-une-situation-inextricable

[6] ancienne habitante d’Iitate, 42 ans (entretien à Fukushima, février 2016)

[7] Asahi Shinbun, 6 mars 2016

[8] journal Mainichi, 8 janvier 2016.

[9] Source : Préfecture de Fukushima

[10] Source : Document de la préfecture de Fukushima

[11] The Associated Press, 2 mars 2016, « Melted nuclear fuel from Fukushima disaster is missing, company says » http://globalnews.ca/news/2552628/melted-nuclear-fuel-from-fukushima-disaster-is-missing-company-says/

[12] Interview dans Libération du 3 mars 2016 : http://www.liberation.fr/futurs/2016/03/03/il-faut-imaginer-qu-un-accident-de-type-fukushima-puisse-survenir-en-europe_1437315

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11 réflexions au sujet de « Fukushima : Temps de la fin contre fin des temps [1], par Cécile Asanuma-Brice »

  1. Bonjour Cécile,

    Et merci pour ce très intéressant article.
    Le 5ème (déjà) anniversaire du tsunami japonais a été l’occasion de constater l’efficacité de la propagande nucléaire locale, relayée sans frémir par certains de nos propres propagandistes hexagonaux…
    Plusieurs reportages télévisés présentés ces derniers jours, ont notamment permis à chacun de se rassurer sur l’état des ressources halieutiques, présentées comme heureusement « exemptes de toute contamination anormale » selon un providentiel pêcheur local interviewé devant son bateau flambant neuf (payé par les assurances, affirmait-il, suite à la destruction de son précédent rafiot par le tsunami!), et montrant le produit de sa pêche miraculeuse.
    Comment pourrait on douter en effet de l’objectivité de ce sympathique marin nippon (si opportunément bien assuré!)…
    Mais il est vrai que le reportage ne détaillait pas précisément la distance exacte séparant son lieu de pêche des côtes de Fukushima…
    Comment le Japon seul pourrait-il jamais endiguer ce désastre? L’ensemble du globe va sans doute (graduellement, mais très vite et en toute inégalité!) en payer les conséquences.
    Est-il donc déjà trop tard pour qu’une coopération mondiale se mette en place avec les moyens correspondants aux travaux titanesques qu’il convient de diligenter ?
    Alors même que ceux en charge du problème sont incapables simplement de localiser les coeurs en fusion de plusieurs réacteurs!
    Qu’en pensez-vous, Cécile?
    Quelque chose de cet ordre serait-il à votre connaissance en gestation?
    N’y aura t-il donc de coalitions que pour des opérations de guerre?
    Amicalement, Eric.

  2. Merci pour ce reportage,que malheureusement peu de français liront avant qu’une catastrophe comme celle de Fukushima arrive ici. Il est intéressant de comparer, en ordre de grandeur, les déchets radioactifs produit par un réacteur électronucléaire et une bombe atomique du type Hiroshima: Un réacteur produit autant de déchets que 500 bombes en 1 an d’activité . Voir le calcul ici: https://blogs.mediapart.fr/atanguy/blog/090316/centrale-du-bugey-bombes-et-reacteurs-nucleaires
    Et il y a 58 réacteurs en France, et EDF voudrait les utiliser plus de 40 ans…

    1. Terrifiant. Et concrètement, ça représente quoi ? Ben, les 80 000 m3 des déchets les plus radioactifs – qui représenteront, après démantèlement de tous les réacteurs français actuels et en construction, 99,97% de la radioactivité totale des déchets produits – ne constitueraient qu’un peu plus du dixième du volume de chargement d’un porte-conteneurs de 19 000 EVP.
      Je soutiens Hansen à 200%. Atomkraft Ya Danke.
      http://www.theguardian.com/environment/2015/dec/03/nuclear-power-paves-the-only-viable-path-forward-on-climate-change

      1. Le problème avec le nucléaire n’est pas un problème technique!

        Le problème c’est nous:
        nous clients d’EDF qui voulons de l’électricité pas chère et préférons ne pas savoir comment elle est produite du moment qu’il n’y a pas de déchets dans notre jardin, pas de centrale près de chez nous, pas de pylones, de barrages ou d’éoliennes qui défigurent nos paysages
        nous clients et employés d’industriels pratiquant le chantage à l’emploi pour obtenir des rabais invraisemblables
        nous quand nous élisons des responsables politiques qui exigent des bénéfices d’EDF, lui imposent des tarifs démagogiques, lui imposent d’avoir recours à la sous-traitance et qui, sauf exceptions se comptant sur les doigts de la main, ne comprennent rien aux questions de sécurité nucléaire.

        Il est un peu trop facile de mettre les choses sur le dos d’Areva et d’EDF: sûr que leurs dirigeants sont ce qu’ils sont mais les catastrophes en cours viennent largement de ce que ces dirigeants ont prétendu résoudre le problème sans solution exposé ci-dessus. Le plus probable est qu’ils en provoquent de plus grosses (y compris à propos de la sécurité des centrales) en prétendant rattraper celles déjà faites.

  3. Les hommes ont cette faculté de justifier l’inacceptable, par intérêt pour certain, parce qu’on ne peut pas s’être trompé toute sa vie de travail pour d’autres…
    En France, nous avions les réacteurs les plus sûr du monde, jusqu’a Fukushima. Depuis, il faut investir des dizaines de milliards pour les rendre sûr. Par suite, avec un tel investissement – qu’il faut amortir- il faut évidemment prolonger le fonctionnement des réacteurs a 40, voir 60 ans… raisonnement imparable.
    D’autant que construire de nouveau réacteurs supposerait d’avoir des sites disponibles (donc de démanteler des réacteurs existants – ce qu’on ne sait pas faire) ou d’en ouvrir des nouveaux (l’acceptation par les populations concernées est loin d’être acquise).
    Un changement radical d’orientation pourrait être choisi, abandon du nucléaire, énergies renouvelables, etc… Plusieurs scénarios ont été proposés, mais les technocrates qui nous gouvernent n’envisagent pas s’être trompés depuis 50 ans.
    Ça ressemble fort à une fuite en avant, avec effet de cliquet…

  4. De quoi j’me mêle !

    C’est parce que la centrale de Fukushima a été coupée du réseau électrique par un tremblement de terre et que les moteurs diesel qui auraient du fournir l’électricité permettant l’arrêt d’urgence des réacteurs ont été noyés par le tsunami que ses réacteurs ont été détruits. Ces diesels sont censés ne jamais servir et en même temps être en mesure de démarrer au quart de tour puis permettre de refroidir les réacteurs jusqu’à ce que le réseau soit rétabli.

    En 2014 EDF a classé de la manière suivante les diesels de secours (un peu plus de 200 au total) de ses centrales: «état correct» aucun, «état à surveiller» 42,9 %, «état inacceptable» 13,2% comme le détaille la note technique d’EDF: http://journaldelenergie.com/wp-content/uploads/2016/03/Bilan-EDF-2014-DIESELS-SECOURS-2015.pdf (c’est un document interne, pas folichon à lire mais cependant tout à fait lisible.)

    Bien sur il y a 2 groupes diesel par réacteur donc beaucoup de groupes dans chaque centrale et en plus un groupe de « secours ultime » mais ça donne nettement l’impression d’une installation qu’on a voulu au départ très redondante mais qu’on a ensuite trouvé trop coûteuse à maintenir dans état de fonctionnement réellement satisfaisant…

    Une fois que les groupes diesels ont été correctement installés l’organe de sécurité nucléaire indépendant (ASN) ne s’en occupe plus:

    [i]L’Autorité de sûreté nucléaire a déclaré au Journal de l’énergie ne pas avoir connaissance de ces bilans de fiabilité. «L’ASN n’a pas à se prononcer sur cette méthodologie car elle relève de la maintenance préventive dont la responsabilité incombe à EDF», a expliqué la responsable de la Direction des centrales nucléaires à l’ASN, Anne-Cécile Rigail. «On ne peut pas mettre un agent ASN derrière chaque agent EDF», a conclu Mme Rigail.[/i]

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