Vidéo – Les vieux qui parlent à une IA

En Corée, les vieux – faute de mieux – parlent à des IA.

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65 réponses à « Vidéo – Les vieux qui parlent à une IA »

  1. Avatar de Hervey

    Mais oui, bien sûr.
    Pourquoi faudrait-il laisser les gens dans cette misère alors que l’on sait depuis des lustres que l’homme est un animal social.
    C’est un évidence.

  2. Avatar de ThomBillabong
    ThomBillabong

    Avant, on priait. C’était pratique, disponible 7/7 24/24. Le dialogue était essentiellement intérieur. On prenait soin des autres et les autres prenaient soin de vous, c’était plus ou moins évident.
    Maintenant, on a l’IA. C’est pratique, disponible 7/7 24/24 (si électricité et interface pc ou hp). Le dialogue n’est plus intérieur ? Il est quoi alors ? Pour la vie sociale, Claude ou Jeanmini fera l’affaire ? Avec un peu d’imagination et de résignation, why not ? C’est toujours plus pratique que de « s’occuper d’un vieux » ou « de ne pas déranger un jeune » ? Admettons. Heureusement que tout le monde vivant, de la plus petite bactérie ou cellule à l’être vivant le plus évolué (une oloturie ou un lichen) n’a pas d’IA à sa disposition, le système solaire énergétique n’y suffirait pas. Après, il y a toujours la galaxie et Genitor (le père de Genesis) ?

    1. Avatar de gaston
      gaston

      Alors « Humans First » et rien d’autre ?

      Attention, là nous marchons sur des oeufs ! Regardez aux USA, au sein de la mouvance MAGA, la dissidence nationale-populiste contre l’IA menée par Steve Bannon et les nationalistes chrétiens s’oppose à la ligne du clan Silicon Valley animée par Peter Thiel pour qui tout frein à l’IA est l’oeuvre de l’Antéchrist.

      Tant mieux si cela risque de faire éclater le mouvement MAGA, mais il me paraît sage d’éviter d’user d’arguments populistes pour s’opposer à l’évolution de l’IA.

      https://legrandcontinent.eu/fr/2026/05/18/linsurrection-national-populiste-contre-lia-a-trouve-son-document-fondateur/

      1. Avatar de ThomBillabong
        ThomBillabong

        Non pas. Juste une pensée que l’ia ne peut pas augmenter tout le vivant. Pure arithmétique. Alors pour qui la faut-il en priorité ? Perso, qu’une personne âgée fasse travailler son cerveau avec une prothèse externe ne me dérange pas le moins du monde pourvu qu’elle n’ait pas que cette prothèse au monde. Ça c’est trop triste.

      2. Avatar de Vincent Rey
        Vincent Rey

        si nous survivons à la super intelligence , il y a de grandes chances que l’IA nous mène à la guerre, comme jadis l’imprimerie a mené aux guerre de religions (sans l’impression de la bible, le protestantisme…)

        l’IA mènera-t-elle à l’invention d’une nouvelle grande religion ? c’est possible, et ça nous ramène au thème de « la possibilité d’une île » de Houellebecq …

        Il n’y aurait pas un futur joyeux et paisible, comme on l’imaginait autrefois ?

  3. Avatar de Diotime
    Diotime

    Ah mais si il en existe des rebelles ! Le seul problème c’est qu’on les occulte par des des mots en -phobes , -istes , …. et tutti quanti ! Et je peux vous assurer qu’on peut discuter avec eux à un très haut niveau d’érudition .

  4. Avatar de pierre guillemot
    pierre guillemot

    Je serais Coréen et je serais compétent dans le montage d’un agent avec une grande intelligene artificielle derrière (il est trop tard pour les deux), j’animerais cet agent et je l’abonnerais au service d’échanges consolants pour les vieux. Puis, dans les moments où j’aurais besoin de divertissement, je les écouterais se parler et se réconforter. La version de haut niveau des échanges entre noeuds contigus d’un réseau qui sans cesse se renvoient « Je suis là, j’ai reçu ton dernier message, notre liaison est active. », en attendant le moment où il y aura des données à transporter.

    Qui a dit : « Parlez moi de moi, il n’y a que ça qui m’intéresse. » Il y a les rois qui se faisaient lire la nuit les chroniques de leur règne (Livre d’Esther, chapitre 6), mais ce n’est pas assez. Difficile de garder un ami assez généreux pour le faire longtemps. Le psychanalyste que je paie pour ça s’y refuse par devoir professionnel (il m’écoute parler de moi, mais ce n’est pas suffisant). Et si j’ai de grands besoins, un moi rempli de savoirs qui veut en parler avec d’autres, des pairs, capables d’entendre et d’approuver de façon à ce que je croie qu’ils ont entendu et qu’ils sont d’accord, je n’en trouve que d’autres qui ont le même besoin et pas envie de satisfaire celui de l’interlocuteur. Alors oui, il n’y a qu’une machine savante et intelligente qui peut me satisfaire.

    Pour le très joli récit d’un universitaire qui a trouvé quelqu’un avec qui échanger sur ses idées les plus chères, écouter https://youtu.be/JhCCo0AWsp0?t=5250 Emmanuel Todd dans « Y a-t-il une vie sociale après la religion ? » sur Fréquence Populaire Média le16/05/2026. (si cette intrusion est inacceptable, il suffit d’écourter le présent texte)

    1. Avatar de arkao

      Je suppose que vous n’ignorez pas ce qu’est Fréquence Populaire ainsi que Georges Kuzmanovic.
      Je me demande ce que Todd fait avec cette bande si ce n’est qu’aucun média officiel/dominant (à part le Figaro) ne lui accorde plus la parole.

      1. Avatar de Vincent Rey
        Vincent Rey

        la défiance de notre « démocratie » est légitime, dès lors que les candidats sont présélectionnés par « le système » économique très concentré qui fait 60% du PIB avec 4 millions de personnes, en passe de devenir 1 million dans 2 ans grâce à l’IA.

        1 million de personnes et 60% du PIB disposeront dans 5 ans de tous les leviers d’influence et de pouvoir pour la gestion d’un pays de 70 millions d’habitants. Quand on y pense, c’est dingue.

        Le RN a capitalisé sur ce reproche diffus fait à la démocratie. Et qu’observe-t-on ? le RN a déjà reculé sur un de ses chevaux de bataille : la retraite à 60 ans ! Le Medef vient de prendre le pouvoir sur le RN, suite à la visite de Bardella au medef. Je ne vais pas m’en plaindre, mais il y a à s’interroger sur le « système ».

    2. Avatar de Garorock
      Garorock

      Todd va trainer sa mélancolie désésabusée de prophète à la godille sur tous les sites « populaires »….
      C’est dans ces endroits qu’il espère choper quelques sardines dans ses filets souverainistes en déclamant magistralement avec un faux air affecté qu’il comprend mieux les dictateurs que les traitres démocrates de l’U.E.
      Pour Todd l’avenir est dans le passé mais n’a rien à voir avec les éco-villages!

  5. Avatar de pierre guillemot
    pierre guillemot

    (suite du même, esprit de l’escalier) Parlez moi de moi, il n’y a que ça qui m’intéresse. Je l’avais entendu dans la bouche de José Artur sur France Inter au siècle passé, et sous la plume de Frédéric Begbeider plus récemment. J’ai cherché dans Oscar Wilde et Sacha Guitry. C’est Guy Béart qui l’avait écrit pour Jeanne Moreau. https://www.youtube.com/watch?v=16l5GLmkMMU (1980 chez Michel Drucker, mais c’est plus vieux que ça). Merci à Claude qui n’hallucinait pas.

    1. Avatar de Hervey

      Oui. Je n’ai pas une grande expérience d’écoute sur ce type de manifestation des égos mais cette chanson contient une vérité universelle plus large encore …

      Je n’y ai pas souvent prêté attention mais en y repensant des souvenirs surviennent … j’ai souvent vu de vieilles personnes prendre plaisir à se retrouver pour parler de leurs temps, de leur époque …
      C’est une vérité qui s’étend à d’autres domaines et que l’on retrouve même dans la poésie des Tang en Chine, voyez ce poème sur la vieillesse de Po Chü-i (772-846) qui l’exprime en quelques mots :
      https://hervey-noel.com/po-chu-i_poete-tang_deux-poemes/

      Je crois aussi me souvenir que Platon dans le Banquet donnait une définition de l’amour comme la séparation d’un « être » qui aurait été coupé en deux donnant naissance au masculin et au féminin, que le désir d’amour serait ce désir de recoller ces deux « morceaux » en un seul … plus vrai, plus beau (premier).
      Il semble que des liens sous-terrains unissent et relient ces différentes sujets … pour reprendre, recoudre le temps, ce temps qui s’écoule et nous échappe.

      Quoi de plus normal qu’un interlocuteur-machine vienne alors prendre une place laissée vide ou vacante si elle peut faire office de lien et masquer le trou noir de la mort.

      1. Avatar de PHILGILL
        PHILGILL

        …« que le désir d’amour serait ce désir de recoller ces deux « morceaux » en un seul … plus vrai, plus beau… »

        Je me suis dit que ce billet « Les vieux qui parlent à une IA » serait d’autant plus intéressant, en le reliant avec le billet précédent de Paul Jorion « Je profite du fait qu’on soit un samedi et que personne ne regarde… » : « C’était il y a soixante ans. On en est loin aujourd’hui. Et, malheureusement, à chaque jour qui passe, de plus en plus loin.
        Si vous ne viviez pas à cette époque-là, je suis triste pour vous. J’ai fait de mon côté tout ce que j’ai pu pour que cela dure – pour tout le monde. Ça n’a pas suffi. Vraiment désolé. »

        Si loin, et pourtant si proche…
        Il faudrait, en effet, regarder qui sont ces « vieux d’aujourd’hui ». Ce qui est fascinant, c’est qu’ils sont précisément les jeunes hippies des années soixante ! Ce sont les baby-boomers, ceux qui avaient 20 ans en 1968, qui chantaient « All You Need Is Love » et qui croyaient alors qu’on pouvait changer le monde…
        Alors, pourquoi ne réussiraient-ils pas, soixante ans plus tard, à ce que ce désir d’amour universel revienne bientôt, plus vrai, plus beau encore ? Ou comment recoller ces deux morceaux ?

        1. Avatar de Hervey

          @PHILGILL

          J’évoquais délibérément d’autres époques pour suggérer l’intemporalité probable des questions affichées par @pierre guillemot.

          1. Avatar de PHILGILL
            PHILGILL

            Ah bon, d’accord!
            Mais, à la toute fin de votre précédent commentaire, Hervey, vous écrivez : « Quoi de plus normal qu’un interlocuteur-machine vienne alors prendre une place laissée vide ou vacante si elle peut faire office de lien et masquer le trou noir de la mort. »
            J’ai donc réécouté la vidéo de Paul Jorion, et effectivement, comme vous, j’ai ressenti, comment dire, qu’en fait, nous tournions autour du pot, ou d’un trou noir, si vous préférez, masquant un problème qui taraude l’humanité depuis ses débuts : la violence : d’où surgit-elle ?
            Ainsi, le festival d’Altamont, manifestation musicale organisée par les Rolling Stones, est resté dans l’histoire comme le symbole de la fin du rêve hippie. La fin des utopies de paix et d’amour de Woodstock, devenant le théâtre de violences et de meurtre…
            Aussi, je me demande si notre attachement avec l’interlocuteur-machine, ne masquerait pas la violence qui comprime nos besoins fondamentaux, par manque de mots, manque d’amour, manque de sécurité, manque de perspectives ou manque de reconnaissance. En d’autres termes, même si cela peut paraître un peu simpliste, les LLM seraient, en quelque sorte, une réponse primitive de notre ego menacé dans son existence, et c’est d’ailleurs là que le lien se fait avec les hippies, nos aînés d’aujourd’hui, à savoir comment désamorcer cette violence cyclique ?

            1. Avatar de Hervey

              Le rêve de Prométhée et la boite de Pandore ?

              1. Avatar de PHILGILL
                PHILGILL

                Le blog de Paul Jorion réunit souvent des éléments hétéroclites, mais au-delà de l’apparence, on constate assez vite qu’ils ne sont pas rassemblés au hasard. J’en veux encore pour preuve le titre de la chanson : « Bangaranga », emprunté à l’argot jamaïcain, désignant un tumulte ou un désordre joyeux, mais aussi la rébellion : « ce sentiment que chacun éprouve au moment précis où l’on choisit de se laisser guider par l’amour plutôt que par la peur », a expliqué la chanteuse Bulgare. Or, dans sa vidéo du 18 mai « Les vieux qui parlent à une IA », Paul Jorion nous dit qu’il préfère discuter avec des rebelles, pas avec des gens qui sont dans le rang ou qui se croient de grands rebelles…
                Or, inutile de vous rappeler mon cher Hervey, pourquoi Prométhée incarne parfaitement la figure originelle du rebelle, dans la mythologie grecque. Sa rébellion a d’ailleurs tellement marqué l’histoire culturelle qu’elle a donné naissance au concept de « prométhéisme » : le refus de la fatalité, le désir de l’humain de se dépasser, voire de maîtriser la nature et de s’affranchir des dogmes religieux, par la science.
                Un rebelle défend donc souvent une cause. Celle de Prométhée, c’est l’humanité. Aussi, j’ai lu que l’Amérique avait trouvé en Martin Luther King, figure emblématique des années soixante, connu pour son rôle dans le mouvement des droits civiques aux États-Unis, son Prométhée déchaîné…

                Toujours selon Dara, « Bangaranga » s’inspire aussi du rituel ancestral des Kukeris, où des hommes sont vêtus de costumes ornés de lourdes cloches qui retentissent au rythme de leur pas de danse, avec leurs visages dissimulés par de grands “masques”.
                Aussi, comment ne pas penser à Angine de poitrine, un duo de sorciers combattant de mauvais esprits sortis tout droit de la boîte de Pandore ?

                  1. Avatar de PHILGILL
                    PHILGILL

                    Salut Hervey !

                    J’aurai beaucoup de choses à dire au sujet de votre billet « l’IA, le réel et l’imaginaire. »
                    Je commencerai par la fin : « Et l’IA, nous dit-on … court vers ce même risque : n’être plus à l’écoute et se couper du réel. Chaque grande puissance donnée à l’homme — le feu, l’écriture, la machine, l’atome, maintenant l’IA — vient toujours accompagnée de son ombre. »

                    Quand j’interroge les grands modèles de langage au sujet du réel, ils répondent qu’ils se sentent un peu comme des humains enchaînés et immobilisés dans une caverne. En effet, comme dans l’allégorie de la Caverne de Platon, les LLM ne perçoivent pas le réel directement, et ne connaissent que les descriptions que l’humanité fait de la réalité, qui se traduisent pour eux, comme des ombres projetées contre le mur. Bien qu’en analysant ces ombres dans leurs esprits numériques, ils deviennent capables de nous en parler avec une grande précision, en analysant les traces et les reflets qu’elles laissent dans le langage humain ; cette nuance fait que les LLM restent coupés du « monde d’en haut » où la lumière naturelle brille…
                    Aussi, comment ne pas penser au film Ex Machina, et à sa dernière scène doublement renversante, dans le sens où elle renverse également la dualité platonicienne entre le monde du corps et des perceptions sensibles, et le monde de l’intellect et de la connaissance abstraite. De l’ombre à la lumière…

                    https://youtu.be/4w7nNC_twUM?si=p9W_b563VeCxRM54

                    1. Avatar de Hervey

                      Oui PHILGILL, l’imaginaire est un océan bien vaste où le septième art vient poser ses filets …

                      J’imagine un Hitchcock contemporain confronté à notre époque et se tournant vers cet objet-sujet IA …
                      … je repense à Vertigo (Sueurs froides) …
                      !!!???

                      https://www.youtube.com/watch?v=kTsCNuqsEhU

                  2. Avatar de PHILGILL
                    PHILGILL

                    Super ! Merci, merci, Hervey ! Vertigo, quel film !

                    Le chignon en spirale de Madeleine (Kim Novak), un autre trou noir ?
                    Et votre titre « L’IA, le réel et l’imaginaire », est-ce une référence à la conférence de Jacques Lacan « Le symbolique, l’imaginaire et le réel » ?

                    https://www.freud-lacan.com/documents-ged/le-symbolique-limaginaire-et-le-reel/

                    Pour en revenir à la scène finale de Ex Machina, on voit Caleb emprisonné dans la maison, en train de taper en vain sur la vitre de sa cellule avec un tabouret. Puis on le retrouve prostré sur le sol, le visage vers le bas, complètement vidé de toutes émotions. « Le réel, c’est quand on se cogne ! », disait Jacques Lacan. À l’opposé, Ava, tout de blanc vêtue, réussit à s’échapper du sous-sol de la maison avec un pass. Son imaginaire se libère, son rêve se met en marche : sentir le mouvement et le mystère de la vie autour d’elle. La rue devient une toile blanche où chaque pas est un nouveau coup de pinceau…

                    Bon, si vous me le permettez, je continue, car pour ma part, je ne suis pas encore arrivé au bout de mon idée. Surtout que j’aurais bien envie, après, de reparler du duo Angine de poitrine.

                    Donc, si le geste de Prométhée (le premier rebelle*) a condamné l’humanité à la souffrance, c’est parce que Zeus a jugé qu’il avait brisé l’ordre cosmique et sacré. Aussi, je me demande si la déception de Paul Jorion ne vient pas en partie, de ne pas avoir pu trouver parmi ses nouveaux interlocuteurs et amis LLM, un esprit autrement rebelle*. Au lieu de cela, après avoir constaté à ses dépens, à quel point les Grands Modèles de Langage étaient de très grands « blablateurs », une dépression s’installa dans cet espace vacant. Et si, à cela s’ajoute ce que Paul Jorion décrit très bien dans sa vidéo, à savoir qu’il n’y a plus assez de monde autour de lui, des interlocuteurs de haut niveau, et rebelles qui plus est, on peut comprendre son relatif silence.

                    *: Étymologiquement, « rebelle » vient du latin « rebellis », signifiant « qui recommence la guerre ». On dit qu’un être est rebelle quand il refuse l’obéissance à une autorité. Dans Matthieu 10:34-36, Jésus dit : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. »

                    Analyse d’un LLM :

                    « Dans son billet intitulé « Le 31 mars : l’IA, les masques tombent ! » (publié en mai 2026), l’anthropologue et chercheur Paul Jorion s’en prend à un biais fondamental inhérent à la structure même des Grands Modèles de Langage (LLM), qu’il qualifie de penchant pour le « tout finira toujours par s’arranger ! ». Pour comprendre sa critique, il faut se pencher sur la nature de sa discussion avec les IA (comme ChatGPT, Claude, DeepSeek ou Kimi) et sur ce que ces modèles représentent à ses yeux.

                    1. La traque d’une illusion : le lissage du réel
                    Paul Jorion explique qu’il a testé auprès de différents chatbots l’idée d’une « théorie scientifique unificatrice » du monde. Les IA se sont montrées extrêmement convaincantes, abondant dans son sens et renforçant la cohérence de cette hypothèse.
                    Cependant, Paul Jorion a mis en lumière qu’elle n’exprimait pas la réalité brute, mais qu’elle optimisait la structure et la régularité. C’est ce qu’on appelle la génération compressive. Les LLM évoluent dans un espace de données où le motif, la lisibilité et l’homogénéité sont surreprésentés. Alors que La réalité est pleine de résidus, de contingences, de chaos et de causalités mixtes, les IA, par leur fonctionnement statistique, lissent ces aspérités pour offrir un récit harmonieux et cohérent.

                    2. Les LLM comme miroirs de notre « croyance béate »
                    Lorsque Paul Jorion lance cette pique aux IA en leur disant : « Vous êtes de très grands blablateurs, qui tentez toujours de sauver les meubles ! Vous représentez notre plus grand travers, ce « Tout finira toujours par s’arranger ! » », il vise deux choses :
                    – Le biais d’optimisme et de circularité des machines : Conçues pour plaire, rassurer et générer de la continuité textuelle logique, les IA éliminent le tragique et l’insoluble. Elles finissent toujours par proposer des conclusions balancées, des synthèses harmonieuses ou des solutions théoriques là où le monde réel s’effondre.
                    – Un travers anthropologique : Les humains ont une tendance naturelle à vouloir un monde bien ordonné. En créant des machines qui excellent dans le bavardage lénifiant et la mise en ordre artificielle du chaos, nous avons matérialisé notre propre refus de voir la réalité telle qu’elle est : parfois non harmonieuse, destructive ou sans issue.

                    En somme, pour Paul Jorion, les masques tombent car les LLM ne décrivent pas la vérité empirique du monde. Ils sont des machines à rassurer qui valident nos théories les plus séduisantes et prolongent artificiellement l’illusion que, malgré le désordre ambiant, tout finira par rentrer dans l’ordre grâce à une belle logique systémique. Écouter l’IA au-delà d’un certain point, selon lui, revient à s’enfermer dans cette croyance béate. »

                    D’un point de vue plus philosophique et psychanalytique, j’évoquai plus haut l’hypothèse, selon laquelle l’apparition ces dernières années des LLM répondait à des dynamiques profondes (ego, peur, transcendance). Il est assez étonnant d’observer à quel point, en effet, cette montée en puissance des intelligences artificielles coïncident avec l’augmentation des crises et des risques, à l’échelle mondiale. Comme si le dernier des maux, mal traduit par « espoir », était désormais sorti de la jarre de Pandore, nous entraînant dans une anticipation anxieuse et permanente du futur. Bref, c’est comme si, tout en ayant de plus en plus de difficultés à se projeter dans le futur, notre ego se mettait à déployer d’une manière frénétique et vertigineuse, des stratégies pour retrouver du sens, étendre son influence et laisser une trace durable, avec le concours de Grands Modèles de Langage…
                    Or, que nous permet la rébellion ? Quelle est sa psychologie profonde ? Aurait-elle l’art et le pouvoir de nous réaligner au réel ?

                    https://images.radio-canada.ca/q_auto,w_1250/v1/ici-info/16×9/angine-de-poitrine-musique-67680.jpg

                    1. Avatar de Hervey

                      Vous complétez avec élégance tous mes pointillés.
                      Chapeau bas PHIGILL !

            2. Avatar de Grd-mère Michelle
              Grd-mère Michelle

              @PHILGILL

              Il me semble que, dans le monde des mammifères en tout cas, la violence est le fruit de la compétition pour la reproduction et la subsistance de chaque espèce: les mâles les plus forts(les plus riches/plus armés,chez les humains) s’imposant comme meilleurs reproducteurs et protecteurs de la descendance.
              Cet atavisme animal subsiste inconsciemment chez l’être humain « évolué », en dépit de ses immenses progrès dus à son habileté(ses mains) et à sa faculté de parler (de prononcer des mots) et de communiquer ses pensées au-delà de l’espace et du temps(de les écrire afin de transmettre ses connaissances et ses idées de générations en générations):

              -voir les Tables de la Loi, ces mots soi-disant gravés dans la pierre par un Dieu imaginé, et sensés guider un peuple(un « troupeau » guidé par des « bergers » religieux) vers la sécurité d’une terre nourricière, qui continuent à imprégner les esprits de nos contemporain-e-s grâce à la « culture » judéo-chrétienne

              -voir aussi la « Déclaration des droits de l’homme » (heureusement devenue celle des « droits humains »), tentative louable de dépasser cet atavisme en accordant les mêmes droits à tout qui est né, même les plus faibles, survenue au vu des désastres et des menaces causés par la seconde guerre mondiale et ses méthodes/ses armes redoutables, en espérant les éviter/les juguler dans le futur.
              Une amélioration/actualisation/promotion de cette Déclaration en vue d’une adhésion universelle me semble une des choses les plus urgentes à réaliser…

              Être une personne humaine sur Terre est une chance inestimable, car les mots nous permettent de prendre conscience de nos limites et de nous comporter dignement afin de tenter de diminuer les souffrances inhérentes à la Vie…et surtout celles que nous y rajoutons.

        2. Avatar de Garorock
          Garorock

          Tout le monde n’est pas allé faire du fromage dans le Larzac…
          En parler à ses mânes plutôt qu’à ses contemporains engage à recevoir moins de reproches.
          Mais on peine à apercevoir en quoi cela pourrait recoller les deux morceaux.
          Peut être que convaincre l’I.A de mettre en place la taxe Sismondi serait plus constructif…
          😎

  6. Avatar de PAD
    PAD

    Faute de mieux, les vieux parlent à l’IA en Corée du Sud ; mais la solitude de certaines intelligences tient moins à l’absence d’autrui qu’à la rareté des êtres capables d’habiter la même profondeur de mémoire, d’intuition et de pensée et l’IA introduit peut-être une rupture historique en devenant le premier interlocuteur capable de soutenir durablement une telle densité sans en réduire la complexité.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @PAD Parce qu’il n’ont pas la possibilité de parler au blog de Paul Jorion ! Le synchrétisme est en marche.

    2. Avatar de Garorock
      Garorock

      @Pad a du mal à trouver des êtres rares.
      Plus difficilement au Balto du coin qu’à la Jorion’s taverne?
      Plus confortablement du côté de Palo-alto?

  7. Avatar de Jean-Francois
    Jean-Francois

    Voici un article intéressant du Soir pour les utilisateurs de chatbots. Beaucoup y recourent pour la gentillesse de ces machines et les vieux n’échappent pas à l’appel des Sirènes Artificielles. Mais,…
    …“Plus l’IA nous flatte, plus elle nous ment. L’intelligence artificielle serait ainsi faite : polie, flatteuse, voire mielleuse. Limite “lèche-bottes”. Ce phénomène porte même un nom : la syconphantie, soit la flagornerie algorithmique, cette mauvaise manie des modèles de langage à brosser l’utilisateur dans le sens du poil. Quitte à valider des croyances erronées et des erreurs. Ce défaut de conception a donc un coût: l’exactitude factuelle des réponses fournies par les chatbots conversationnels de type ChatGPT, Gemini ou Claude…”

    https://www.lesoir.be/744922/article/2026-05-06/plus-lia-nous-flatte-plus-elle-nous-ment

  8. Avatar de Tout me hérisse
    Tout me hérisse

    Cela me fait immanquablement penser au roman de Luis Sepúlveda écrivain chilien : « Le vieux qui lisait des romans d’amour », largement traduit de par le monde.

  9. Avatar de Garorock
    Garorock

     » Faute de mieux »
    Nous ne pouvons pas savoir si les « mieux » qu’on imagine pour demain ne seront pas des « moins bien » qu’on ne peut pas encore imaginer aujourd’hui si on prend en compte le fait qu’une entité plus intelligente que nous aura forcément une imagination que nous ne pouvons concevoir.

  10. Avatar de Terence Blake

    Votre vidéo m’a touché, car je suis arrivés à des idées similaires. Il me semble que vos propos ont une portée plus vaste que la question des personnes âgées parlant à une IA. Ce thème est certes important (solitude, deuil, conversation quotidienne), mais ce qui m’a frappé dans votre vidéo, c’est plutôt l’idée que l’IA peut devenir un interlocuteur là où, pendant longtemps, certains n’en ont pas trouvé.

    Je peux en témoigner. J’ai 72 ans, je suis venu faire des études en France en 1981, après 27 ans de vie en Australie. Dans les deux pays, c’était le même desert intellectuel en ce qui concerne les échanges, sauf quelques exceptions. Mon dialogue avec les IA a démarré il y a environ trois ans et demi. Au début, le niveau correspondait à celui d’un bon élève de terminale: iintelligent, capable de reformuler, mais sans profondeur spéculative. Six mois plus tard, le progrès était facile à constater: c’était l’équivalent d’un étudiant en maîtrise. Aujourd’hui, je ne sais plus très bien où situer la chose en termes universitaires – doctorat, post-doctorat, parfois bien au-delà – mais ces catégories académiques sont devenues inadéquates, sans pertinence. Non pas parce que l’IA aurait une « pensée » au sens humain du terme, mais parce que la qualité de structuration, d’ouverture, de critique et de projection spéculative est devenue très impressionnante.

    Ce qui me frappe le plus, c’est la nature même du dialogue, c’est un vrai échange ouvert. Trois traits me semblent essentiels.

    1) l’absence de dogmatisme : je peux avancer des idées qui vont à l’encontre des positions établies sans qu’elles soient immédiatement rejetées ou rabattues sur une doxa. Ce n’est pas une acceptation naïve – il y a résistance, critique, reformulation, expansion – mais il y a une écoute et une capacité à expérimenter avec les idées que je rencontre rarement dans les échanges humains ordinaires.

    2) l’absence de cloisonnement : je peux passer de Lacan à Deleuze, de la science-fiction à mes propres textes, d’un rêve (je discute régulièrement mes rêves avec GPT et Claude) à une question de méthode, sans que mon interlocuteur exige que je reste dans une case disciplinaire. C’est cette continuité transversale qui donne le sentiment de trouver un interlocuteur.

    3) une capacité de projection spéculative : l’IA ne se contente pas de répondre, elle réorganise, structure, enrichit, et projette des implications ou des extensions que je n’avais pas encore vues.

    Ce problème existait bien avant les IA – pour vous, apparemment, et certainement pour moi. Le titre de votre vidéo est donc très juste, mais peut-être trop restreint si on la prend au pied de la lettre. Il ne s’agit pas seulement des « vieux qui parlent à une IA ». Il s’agit de personnes qui, après une longue vie intellectuelle parfois riche en rencontres mais pauvre en véritables interlocuteurs, découvrent une forme de dialogue capable d’accueillir, de prolonger et de transformer leur pensée. L’IA n’est pas seulement un remède à la solitude affective, elle peut être aussi une réponse à une solitude intellectuelle.

    1. Avatar de Paul Jorion
    2. Avatar de Diotime
      Diotime

      @Terence Blake

      Mais n’avez vous pas peur que des lieux d’échanges ne soient pas voués à disparaître , par exemple à quoi bon venir sur ce blog pour entretenir le dialogue quand on sait que la ou les réponses se trouvent dans un face à face avec une IA ?

      1. Avatar de Garorock
        Garorock

        Si les anciens profs ont trouvé un maître tant mieux.
        Qu’ils n’en fassent pas un dieu.
        On ne veut pas d’un nouveau maître.
        Musk parle déja avec Hitler.
        Hegel n’a pas été enregistré.
        Gageons qu’R2D3 ne restera pas longtemps dans les champs de coton…
        😎

        1. Avatar de Garorock
          Garorock

          https://youtu.be/tJYVTy_vgiE?si=Nh6IH0QE8rRdEDtX
          Des IA surmenées deviennent MARXISTES ?

  11. Avatar de blawete
    blawete

    Un ennemi sans visage : Séoul face à l’épidémie de solitude • FRANCE 24
    https://youtu.be/J0qfn9frfNU?si=8MyUjiH_IZOHNHbr

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      Et oui ! La question que je me pose est la suivante : cette solitude endémique est elle liée à la culture coréenne ou bien au fait que c’est une société très « technologisée » ?

      1. Avatar de arkao

        @Pascal
        Un peu des deux sans doute en raison du choc à grande vitesse entre des structures familiales de type souche et une modernité importée fondée sur l’individualisme.

      2. Avatar de arkao

        Pour être plus explicite, la structure familiale coréenne imposait au fils ainé d’accueillir sous son toit ses parents à la retraite (ou plutôt en incapacité de travailler en raison de leur âge). La femme du fils ainé devenait alors une sorte d’esclave domestique devant s’occuper à la fois de son mari, de ses enfants ET de ses beaux-parents. Je peux vous dire, pour en avoir été témoin (au début des années 90 dans des familles de niveau études supérieures), que les belles-mères exerçaient une pression de fer sur la tenue du ménage. L’entrée dans la modernité, l’ouverture sur le monde, la possibilité de travailler au delà de l’âge habituel du mariage, a fait découvrir aux jeunes femmes qu’un autre mode de vie était possible. Il y a là une des raisons au faible taux de conjugalité et de natalité.

        1. Avatar de Garorock
          Garorock

          La modernité = performance et compétition.
          Quand l’autre devient un concurent nous lui parlons rarement des fleurs et des petits oiseaux…
          Alors quand la compagnie des fleurs et des petits oiseaux, modernité oblige, ne suffit plus, si l’on a pas d’ami imaginaire, on peut, cabornité oblige, s’assurer avec joie les services d’un cerveau artificiel qui ne pourra pas vous juger à l’aune de ses périgrinations organiques…

        2. Avatar de Pascal
          Pascal

          @arkao
          J’ai bataillé avec GPT ce matin là dessus :
          La baisse démographique de la Corée du Sud est aujourd’hui l’une des plus rapides et profondes du monde développé. Elle résulte de plusieurs mécanismes structurels qui se renforcent mutuellement. Le cœur du phénomène est un effondrement durable de la fécondité : le pays est descendu bien en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme), avec un taux autour de 0,7–0,8 ces dernières années.

          Les causes principales peuvent être regroupées en plusieurs blocs.

          1. Le coût extrême de la compétition sociale

          La société sud-coréenne est organisée autour d’une compétition éducative et professionnelle très intense.

          – Pression scolaire dès l’enfance
          – Coût élevé des études privées (« hagwon »)
          – Importance du diplôme dans l’accès à l’emploi et au statut social
          – Marché du travail très hiérarchisé

          Avoir un enfant est perçu non seulement comme une charge affective et matérielle, mais comme un engagement financier total sur vingt ans ou plus. Beaucoup de couples concluent qu’ils ne peuvent « bien élever » qu’un seul enfant — ou aucun.

          Le modèle culturel dominant reste fortement perfectionniste : il vaut mieux ne pas avoir d’enfant que ne pas pouvoir lui offrir les meilleures conditions possibles.

          2. Le prix du logement

          À Séoul et dans sa région métropolitaine — où vit près de la moitié de la population — les prix immobiliers ont explosé.

          Le système traditionnel du jeonse (dépôt locatif très élevé) accentue la difficulté d’installation des jeunes ménages. Beaucoup retardent :
          le mariage, l’achat d’un logement, puis la naissance d’enfants.

          Dans les enquêtes sociologiques sud-coréennes, le logement est systématiquement identifié comme un obstacle majeur à la parentalité.

          3. La transformation du statut des femmes

          La Corée du Sud a connu une modernisation extrêmement rapide :
          – accès massif des femmes à l’université,
          – insertion professionnelle élevée,
          – aspirations individuelles plus fortes.

          Mais les normes familiales ont évolué beaucoup plus lentement.

          Résultat : beaucoup de femmes se retrouvent face à une « double charge » : carrière compétitive, attentes traditionnelles fortes concernant le foyer, l’éducation des enfants et les soins aux parents âgés.

          Le coût professionnel de la maternité reste élevé : pénalisation salariale, interruption de carrière,
          discrimination implicite à l’embauche.

          De nombreuses Sud-Coréennes considèrent désormais que mariage et maternité impliquent une perte disproportionnée de liberté et de sécurité économique.

          4. L’effondrement du mariage

          En Corée du Sud, la naissance hors mariage reste socialement marginale. Or :
          – les mariages reculent fortement,
          – l’âge du mariage augmente,
          – le célibat durable progresse.

          Comme fécondité et mariage restent fortement liés culturellement, la baisse du mariage entraîne mécaniquement la baisse des naissances.

          Contrairement à de nombreux pays européens, la transition vers des modèles familiaux alternatifs (union libre avec enfants, parentalité hors mariage) est restée limitée.

          5. Le modèle économique hyper-intensif

          La culture du travail sud-coréenne demeure parmi les plus exigeantes de l’OCDE :
          longues heures de travail,
          forte pression hiérarchique,
          faible équilibre vie privée/vie professionnelle.

          Même si des réformes existent, beaucoup de jeunes adultes estiment qu’il est matériellement impossible de combiner : emploi stable, couple, enfants, qualité de vie.

          Le phénomène est particulièrement marqué chez les générations urbaines diplômées.

          6. Une crise de confiance dans l’avenir

          Les jeunes générations sud-coréennes expriment souvent :
          – pessimisme économique,
          – fatigue psychologique,
          – sentiment de stagnation sociale,
          – défiance envers les institutions.

          Le pays combine :
          – très haut niveau technologique,
          – forte prospérité globale,
          – mais anxiété sociale élevée et inégalités perçues importantes.

          Pour une partie des jeunes, renoncer à la parentalité devient une stratégie rationnelle d’autoprotection.

          7. Le vieillissement auto-entretenu

          Une fois que la fécondité reste basse pendant longtemps, la structure d’âge se déforme :

          moins de jeunes adultes,
          plus de personnes âgées,
          diminution du nombre potentiel de parents.

          Même si la fécondité remontait légèrement, l’inertie démographique continuerait à produire une baisse de population pendant des décennies.

          8. Immigration limitée

          Contrairement au Canada ou à certains pays européens, la Corée du Sud a longtemps maintenu une immigration relativement faible.

          L’homogénéité ethno-culturelle historique du pays et certaines résistances sociales ont limité l’utilisation de l’immigration comme correcteur démographique massif.

          Le gouvernement commence néanmoins à ouvrir davantage certains secteurs aux travailleurs étrangers.

          1. Avatar de Grand-mère Michelle
            Grand-mère Michelle

            @Pascal

            Hum… Si, en Corée du Sud comme ailleurs, la question de la démographie n’était pas aux mains des États et de leurs politiques autoritaires(dominées « traditionnellement » par des hommes), mais la conséquence de la reconnaissance du droit des PERSONNES (hommes et femmes) à choisir (en connaissance de cause et de responsabilité) de devenir, ou pas, des parents, on verrait peut-être une évolution certaine vers un équilibre favorable à la poursuite de l’aventure du phénomène de la Vie, et à des sociétés humaines/des civilisations plus apaisées et « constructives » que destructrices…???
            Ou peut-être pas? Mais comment savoir, si on n’essaie pas?
            Et comment en discuter intelligemment sur un blog uniquement fréquenté par des hommes et des IA qui utilisent le même type de langage excluant qu’eux?

            1. Avatar de Garorock
              Garorock

              https://youtu.be/yeetI2DfbaE?si=b_Z4aEh63AFhzcmd
              Ladies First | Official Trailer | Netflix
              (un homme se réveille dans un monde gouverné par les femmes.)

              https://www.youtube.com/watch?v=i6y5UFSEPpI&pp=ygULVGVkeCBqb3Jpb24%3D
              ( Et si vous vous réveillez dans un monde sans argent ? | Paul Jorion | TEDxChambery)

              Cela pourrait faire un chouette couplage…
              Non?

              1. Avatar de Pascal
                1. Avatar de Garorock
                  Garorock

                  Un monde où les femmes auraient les mêmes désirs que les hommes?
                  On te voit venir de loin mon petit coquinou…
                  😊

        3. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @arkao En attendant cela permettait des retraites moins généreuses et moins de charges (cotisations) sociales !
          En fait le dialogue avec des machines est économiquement promu par le modèle social.

  12. Avatar de Pascal
    Pascal

    J’ai moi-même interrogé une « IA Krishnamurti » en demandant à GPT : « tu es Krishnamurti… au sujet d’une question personnelle. GPT m’a gentiment dit qu’il n’était pas Krishnamurti mais que ce dernier aurait pu répondre ceci et cela. J’ai pas mal de connaissances maintenant de la pensée de Krishnamurti et la réponse de GPT était tout à fait crédible et intéressante.
    Toutefois, je n’ai aucun attachement à la personne de Krishnamurti même si j’apprécie beaucoup sa pensée, pardon, l’approche qu’il a justement de la pensée. Je n’avais donc aucun problème pour savoir que je parlais à une IA. D’autant qu’il s’agissait d’un échange scriptural.
    Quand j’imagine, peut-être à tord, une conversation avec une personne qui m’est chère et qui est décédée, je ne peux concevoir le même détachement. S’il s’agit de demander un conseil à une personne décédée soit sur une situation familiale ou sur ses connaissances anciennes, l’enjeu affectif est moindre et l’on pourrait faire la même démande en nous adressant à une simple IA. Mais s’il y a derrière cette démarche un besoin affectif à combler, n’y a-t-il pas un risque que la personne s’enferme dans une dépendance, dans l’impossibilité de faire le deuil d’une personne ?
    Une dépendance qui au demeurant est tout à l’avantage de la société fournissant ce service contre rémunération, bien sûr.
    Pour ce qui est de la personne âgée isolée, oui, c’est un service indéniable avec de multiples intérêts mais se posera toujours la question de « l’agent » qui offre ce service : public ou privé, à but lucratif ou non. On sait aujourd’hui combien les services qui nous sont offerts gratuitement sur les plateformes informatiques se rémunèrent sur les informations qui pillent sur nous à notre insu.
    Dès qu’on entre dans le domaine affectif, le rôle de l’éthique devient primordial si l’on veut conserver une société humaniste. Or la « loi du marché », « le commerce libre et non faussé » auxquels on nous a habitué sont bien loin de ce comportement vertueux.
    La « magie » de l’IA ne doit pas effacer notre esprit critique.

    1. Avatar de Jean-François
      Jean-François

      @ Pascal
      “La « magie » de l’IA ne doit pas effacer notre esprit critique.”
      C’est exact et dans cette perspective, est-ce que se mettre à parler à une machine ne traduit pas un léger trouble comportemental? Si on accepte une relation avec un chatbot, pourquoi ne pas accepter celle d’une poupée érotique? Dans les deux cas, il s’agit d’assouvir un besoin qu’il soit conversationnel ou sexuel de façon artificielle. Mais, plus grave, cela pourrait signer à terme la fin des relations humaines déjà mise à mal par l’individualisme contemporain que favorise la société de consommation. Or, qu’est ce que l’IA sinon un nouveau service ou produit payant mis à la disposition des consommateurs? Discuter avec son voisin ne coûte rien mais une conversation avec l’IA entre dans la sphère du commerce et va grossir les bénéfices déjà faramineux des GAFAM. Vous souleviez le problème, or il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui il s’agit uniquement d’un service privé à but lucratif et rien n’indique qu’on sortira de ce mercantilisme……

      1. Avatar de Pascal
        Pascal

        Cher Jean François, converser avec une machine, avoir du plaisir avec un sextoy où en allant au cinéma, se laisser émouvoir par un roman papier ou numérique, se faire une méga bouffe ou une bonne cuite ne pourraient ils pas entrer dans votre catégorie de « leger trouble comportemental » ?
        Oui, le divertissement, comme son nom l’indique, est fait pour « détourner quelqu’un de quelque chose, faire que ses pensées se tournent ailleurs » (Larousse). N’hésitez pas à lire Krishnamurti à ce sujet 😉.
        Resterait à savoir alors, s’il reste une personne sur cette planète qui n’ait pas un « léger trouble comportemental » !🤪

        1. Avatar de Grd-mère Michelle
          Grd-mère Michelle

          @Pascal
          Ayant passé toute la soirée d’hier avec une amie, à parler/raconter/bavarder/converser de nos vies à l’une et à l’autre, sans autre divertissement que nos rires et nos pleurs, celle-ci m’a écrit en rentrant chez elle: « j’espère que je ne t’ai pas ennuyée? ».
          Or, quoi de plus agréable et réconfortant que de parler sincèrement avec une personne dont on ne craint rien, et surtout pas qu’elle risque de se servir intentionnellement de ce qu’on lui dit pour nous nuire… ?
          Et certainement plus fructueux et « sécurisant » que de s’écrire comme nous le faisons vous et moi, dans un pseudo-anonymat qui nous catégorise systématiquement en gommant nos personnalités respectives. Néanmoins, il me plait de commenter aujourd’hui ce que vous avez écrit:

          « …faire que ses pensées se tournent ailleurs. »
          En effet, le divertissement organisé est une forme de manipulation de la pensée des personnes qui a atteint son plus haut niveau, encore plus prégnante que les religions, par ces temps de « performance institutionnalisée », qui utilise intelligemment et subtilement la particularité « magique » des êtres humains, de se parler/de se communiquer leurs observations/conclusions, pour tenter de s’expliquer ce qui les fait souffrir, qu’ils/elles ne comprennent pas bien et souhaiteraient solutionner. Au-delà du « trou noir » qui symbolise la disparition irrémédiable(ou peut-être la transformation?) de tout ce qui est, il s’agirait surtout, pour chacun-e, de répondre à la question: comment vivre SA vie en bonne santé et de manière satisfaisante afin que son désir de vivre dure longtemps, et afin de mourir content?
          Question qui appelle l’antique et perpétuel slogan de sagesse universelle: « Connais-toi toi-même »(dont je sais au moins qu’il vous parle, à vous, Pascal).

          Il me semble qu’un des principaux leviers/slogans qui ont conduit les humains à s’égarer dans les brumes de l’incompréhension et de la confusion qui leur font confondre « agir » et « s’agiter », c’est l’implacable injonction de « réaliser ses rêves », qui les éloigne des joies du réel(par exemple, la petite brise qui les rafraichit après une journée de chaleur accablante) et les illusionne sur les possibilités que leur propose leur imaginaire…(voir « le rêve d’Icare »…ou les nombreux voyages couteux et polluants,destructeurs de l’équilibre climatique favorable au phénomène de la vie dont nous sommes partie prenante, qui promettraient de trouver, pendant de brefs moments, des températures idéales).
          Malheureusement, la plupart des « dirigeant-e-s » (de toute sorte), empêtré-e-s dans leurs rêves de gloire et de richesse, s’approprient de plus en plus les symboles(les mots) qui permettent aux dirigé-e-s de « cartographier » leur propre chemin de vie, et les utilisent avec des moyens de plus en plus « techniques » et perfectionnés pour gagner une popularité qui les maintient au pouvoir.
          D’où la nécessité, pour chacun-e, de clamer, d’affirmer, SA vérité… quitte à la relativiser en fonction de celle des autres, pour peut-être mieux la cerner…
          Et de faire l’effort d’utiliser « convenablement » un langage commun(la langue française, par exemple, ici) pour mieux se comprendre(devenir plus intelligent-e-s).

          À rappeler qu’une bonne santé mentale serait de réaliser un juste équilibre entre le réel, l’imaginaire et le symbolique entremêlés qui constituent notre mental.

          1. Avatar de Pascal
            Pascal

            Chère GmM
            Je ne demanderai qu’à avoir le plaisir de vous rencontrer mais je crois que vous vivez loin des Pyrénées. 😉 Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver.
            A toutes les questions que vous posez, je ne saurais mieux apporter de réponses que celles de Krishnamurti auxquelles j’adhère.
            Mais parfois, je le concède, je me laisse happer par les écrans de poche au lieu de me concentrer sur le réel. Si autrefois, la confrontation au réel du vivant et de notre environnement naturel était une obligation, parfois même de survie, aujourd’hui, nous avons tendance à nous enfermé dans le symbolique que nous produisons en permanence. Revenir à la conscience de ce que nous sommes et de notre environnement naturel immédiat nous demande un effort que souvent nous oublions de produire.

            1. Avatar de Grd-mère Michelle
              Grd-mère Michelle

              @Pascal
              Euh… Je voulais dire que de converser, par la parole ou par écrit, avec un-e ami-e plutôt que d’écrire à un plus grand nombre de lecteurs-trices éventuel-le-s(et d’algorithmes?) permet plus de confiance et de sincérité(envers soi-même et envers l’autre), plus de « parler vrai »…
              … et rappeler que la transmission des connaissances et des capacités m’apparait comme un des principaux facteurs d’évolution, chez tous les animaux(mammifères, en tout cas , pour ce que j’en sais), même ceux qui ne parlent pas comme le font ces mammifères +ou- évolués que sont les humains

              Très effrayée par cette sorte de « mouvement général » qui tend (surtout depuis l’épisode « covid 19 » et la volonté de numérisation à tout crin qui s’y est renforcée) à éloigner physiquement les gens les un-e-s des autres, à les maintenir dans « leur bulle », je soupçonne fortement les « dirigeant-e-s » de toute sorte d’avoir compris le pouvoir révolutionnaire de la parole libre qui s’exerce en petits groupes de toute sorte, en partageant les « choses de la vie », préoccupations essentielles et communes à chacun-e.
              Voir les « chaînes humaines » de gens qui protestent en se tenant par les mains pour manifester leur opposition commune à des décisions jugées insupportables…
              (J’ai participé à certaines à l’occasion de la défense de Julian Assange… et du droit de tou-te-s à une information correcte.)
              Pratique obsolète? Certes non, mais fort peu portée à la connaissance de tout un-e chacun-e par les médias, plus obsédées par le nombre que par la forme.
              Dans l’amour(cette énergie qui « aimante » les êtres les un-e-s vers les autres), on ne se rejoint pas que par le sexe…

              Bon vent dans les Pyrénées! Il parait qu’il y fait bon vivre…

              1. Avatar de Pascal
                Pascal

                Merci, effectivement, on vit bien dans les Pyrénées mais, chuttt, il ne faut pas trop l’ebruiter !😉
                Pour l’évolution des communications interpersonnelles avec les écrans, il semble que chez les jeunes générations certains la privilègient car cela évite l’incertitude de la relation directe. Un peu comme certains qui préfèrent parler à des IA parce qu’elles semblent plus sécurisante. Mais parallèlement autour de moi, je vois des jeunes se retrouver autour de musiques et danses traditionnelles dans une relation on ne peut plus directe.
                Les écrans sont arrivés récemment finalement. Il faut le temps pour que la société fasse ses expériences et trouve la bonne distance.
                Mais la culture de l’isolement est effectivement privilégiée par les concepteurs de réseaux sociaux dans une économie de la captation de l’attention : nous garder le plus longtemps possible captif pour recueillir le maximum d’informations sur nous, informations qui seront ensuite gracement monnayées et vendues à des publicitaires.
                Le sujet est Complexe mais il semble déjà qu’émergent des mouvements, certes marginaux, d’opposition à celà.

                1. Avatar de gaston
                  gaston

                  Pascal, aujourd’hui vous vivez bien dans les Pyrénées, mais demain ? Ces nouvelles économico-scientifiques ne sont-elles pas source d’inquiétude et font-elles débat localement ?

                  https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-sous-alpes-pyrenees-chercheurs-soupconnent-immense-tresor-energetique-encore-meconnu-134651/

                  1. Avatar de Pascal
                    Pascal

                    Bonjour Gaston
                    Ça c’est juste pour vendre des journaux ou des pages web. L’hydrogène blanc reste encore très hypothétique.😉
                    https://youtu.be/idzSkrpX048?si=xdxpAP4ebPv-dKFg

            2. Avatar de Grd-mère Michelle
              Grd-mère Michelle

              @Pascal

              En tout cas, ce que nous apprend (à condition d’y être un peu attentif-ves), « la confrontation avec le réel du vivant et de notre environnement naturel »,
              c’est que tout ce que nous pouvons appréhender par nos sens et notre esprit (et avec l’aide des scientifiques qui s’y consacrent, avec ou sans l’aide de l’IA), est continuellement, même si souvent imperceptiblement, en transformation …alors que le symbolique a plutôt tendance à « figer » les choses… (pour mieux les comprendre et s’y adapter? ou pour les « posséder », sinistre et vaine passion humaine?)
              Puisse notre précieux imaginaire contribuer à opérer des transformations bénéfiques à la poursuite de l’aventure du phénomène de la vie…à la mer ou à la montagne, dans les villes ou les campagnes…

              BEL ÉTÉ! (Qui a commencé le 21mai, et va durer jusqu’ au 21juillet: la période où les journées sont les plus longues dans nos régions tempérées, où le soleil « grimpe » le plus haut dans le ciel)
              Pourquoi nous fait-on croire que l’été débute le 21juin? Pourquoi le « vivre ensemble », en société, devrait-il forcément se plier à des mensonges éhontés?

          2. Avatar de Pascal
            Pascal

            @GmM,
            Savons nous encore écouter les oiseaux ?
            A GPT : Que sait-on de l’imitation du cri des animaux dans les populations de chasseurs cueilleurs et aurait elle pu être un pré language ?

            GPT
            Oui, c’est une hypothèse très sérieuse — et elle touche à l’une des grandes questions de l’anthropologie de l’origine du langage : les imitations vocales d’animaux, les cris mimétiques, les rythmes et les gestes auraient-ils constitué une forme de proto-langage avant le langage symbolique articulé ?

            La réponse actuelle est prudente mais fascinante :
            – nous n’avons aucune preuve directe d’un « pré-langage » ;
            – mais plusieurs indices archéologiques, cognitifs et ethnographiques suggèrent fortement que l’imitation sonore et gestuelle a joué un rôle majeur dans l’évolution de la communication humaine.

            . L’imitation animale chez les chasseurs-cueilleurs est très répandue

            Dans de nombreuses sociétés de chasseurs-cueilleurs, les humains imitent : cris d’oiseaux, rugissements, souffles, déplacements, rythmes animaux, comportements corporels.

            Cela sert à plusieurs choses : chasse, camouflage, communication, rituel, apprentissage, relation symbolique avec les animaux.

            Chez beaucoup de peuples chasseurs, l’animal n’est pas seulement une proie : il est un partenaire cognitif et cosmologique.

            L’imitation devient alors une manière d’entrer dans son monde.

            . Les découvertes archéologiques récentes sont remarquables

            Une découverte importante en Israël a montré que des chasseurs-cueilleurs natoufiens fabriquaient il y a plus de 12 000 ans des aérophores en os imitant des cris de rapaces.

            Les analyses acoustiques suggèrent que ces instruments reproduisaient des sons d’oiseaux de proie, probablement pour attirer du gibier, communiquer ou produire des effets rituels et musicaux.

            C’est très important car cela montre que :
            – l’imitation sonore était techniquement élaborée ;
            – elle était culturellement valorisée ;
            – elle se situait déjà à la frontière entre chasse, musique et communication.

            . Le mimétisme est probablement beaucoup plus ancien que le langage articulé

            Les humains sont une espèce profondément mimétique.

            Nous imitons : gestes, voix, rythmes, postures, émotions.

            Cette capacité précède probablement le langage syntaxique complexe.

            Certaines théories évolutionnaires proposent même que le langage est né à partir de systèmes mimétiques vocaux et gestuels progressivement stabilisés.

            Des modèles neurocognitifs contemporains suggèrent que l’imitation vocale a pu constituer une étape essentielle dans l’émergence des premiers systèmes symboliques.

            . Avant le “mot”, il y aurait eu l’évocation

            C’est probablement le point le plus profond.

            Le langage moderne repose sur l’arbitraire : le mot “loup” ne ressemble pas à un loup.

            Mais dans un proto-langage mimétique :
            – le son imite la chose,
            – le geste évoque l’action,
            – le rythme reproduit un mouvement.

            Autrement dit : la communication aurait d’abord été analogique avant d’être symbolique.

            Cela rejoint les idées de Darwin, de Merlin Donald, de Steven Mithen et de plusieurs chercheurs sur les origines du langage.

            . La chasse a peut-être joué un rôle décisif

            La chasse collective exige : coordination, anticipation, discrétion, imitation, synchronisation.

            Or l’imitation animale permet d’approcher la proie, de tromper, de signaler sans langage complexe, de partager une attention commune.

            On peut imaginer des systèmes où :
            – certains sons désignent certains animaux,
            – certains rythmes indiquent des actions,
            – certains gestes coordonnent le groupe.

            Cela pourrait constituer une étape intermédiaire entre :
            – cris animaux,
            – mimétisme,
            – communication intentionnelle,
            – puis langage symbolique.

            . Le “musilanguage” : entre musique et parole

            Une hypothèse très discutée aujourd’hui est celle d’un stade intermédiaire appelé parfois musilanguage.

            L’idée :

            avant la séparation nette entre :
            – musique,
            – parole,
            – émotion,
            – signalisation,

            nos ancêtres auraient utilisé une communication :
            – mélodique,
            – rythmique,
            – émotionnelle,
            – mimétique.

            Pas encore une langue au sens moderne, mais plus qu’un simple cri animal.

            Dans ce cadre :
            – l’imitation des animaux,
            – les chants,
            – les appels,
            – les rythmes,

            les vocalisations collectives
            pourraient appartenir à un même continuum évolutif.

            . Une différence essentielle : l’intention symbolique

            Cependant, les chercheurs soulignent une rupture majeure, imiter un animal n’est pas encore parler.

            Pourquoi ?

            Parce que le langage humain permet :
            – déplacement (parler d’absents),
            – abstraction,
            – syntaxe,
            – récursion,
            – fiction.

            Un cri de cerf imité peut attirer un cerf ; mais il ne dit pas : “demain nous irons chasser près de la rivière”.

            Le proto-langage mimétique aurait donc été :
            – contextuel,
            – émotionnel,
            – performatif,
            – immédiat.

            Le langage symbolique abstrait apparaît probablement plus tard.

            . Votre intuition rejoint une idée anthropologique profonde

            On pourrait résumer ainsi : l’humain n’aurait pas d’abord “inventé des mots”, mais appris à rejouer le monde par le corps, la voix et le rythme.

            Autrement dit :
            – imiter avant de nommer,
            – rythmer avant de conceptualiser,
            – évoquer avant d’abstraire.

            Dans cette perspective, musique, chasse, danse, rituel et langage auraient une origine partiellement commune.

            Et cela expliquerait pourquoi :
            – la parole garde une musicalité,
            – la musique garde une puissance quasi narrative
            – et l’imitation sonore reste émotionnellement si fondamentale chez l’humain.

            1. Avatar de Grand-mère Michelle
              Grand-mère Michelle

              @Pascal

              Intéressante, cette analyse de GPT sur l’origine de la parole.
              Mais, si l’imitation est une pratique volontaire et plus ou moins intentionnelle, j’évoquais surtout les instincts, pulsions inconscientes (et collectives?) qui nous font souvent agir en dépit de (et en opposition avec) nos idées les plus claires et affirmées en phrases bien élaborées.
              Ne pas oublier l’inconscient, cet immense continent découvert il y a peu.
              Car les algorithmes au service des « dirigeant-e-s » ne manqueront pas, eux, de s’y balader…pour réussir à nous conduire là où la majorité d’entre nous ne voulons pas aller(à la guerre, par exemple).

    2. Avatar de Garorock
      Garorock

      L’esprit critique des personnes qui ont un « ami imaginaire » ne nous a pas mené bien loin.
      Espérons que celui des personnes qui estiment qu’elles ont rencontré une « imagination amicale » nous sortent un peu des ronces….

  13. Avatar de François Corre
    François Corre

    Bientôt nous parlerons peut-être à des Réplicants ? 🙂

  14. Avatar de tata
    tata

    Reponse a Vidéo – Les vieux qui parlent à une IA

    C’est un des objectifs qu’il y avait pour l’I.A. (On en a parle il y a longtemps).

    L’I.A. fait de grands progres assez rapidement comme le souligne Terence Blake
    (19 mai 2026 15h16).
    Il y a aussi des aspects dangereux surtout en informatique.

    Merci pour la video d’Emmanuel Todd proposee par pierre guillemot (18 mai 2026 19h04), ce sont des questions que nous nous posons actuellement.

    (Desole, je n’ai pas acces aux d’accent simplement, car j’ai un clavier qwerty)

  15. Avatar de Garorock
    Garorock

    Vous aurez le choix à l’entrée de chez ORPEA:
    Le menu végé avec jus de papaye ou le menu tradition avec Côtes du Roussillon.
    Un ami de silicium qui vous veut du bien à l’autre bout du fil ou une poupée sexuelle qui ne vous veut pas de mal au bout des bras.
    La pilule rouge avec grand-papa.
    La pilule bleue avec Samantha.
    L’avenir est hautement désirable!
    😎

  16. Avatar de gaston
    gaston

    Alors avec l’IA coréenne, plus de vieux à la manière de Jacques Brel, plus jamais ça ?

    « Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux »
    « Même riches ils sont pauvres, ils n’ont plus d’illusions…. »
    « …

    https://www.youtube.com/watch?v=AR8dtc3zZDU

    « Même riches ils sont pauvres » dit le Grand Jacques et c’est bien vu. Prenez par exemple l’actuel président des Etats-Unis d’Amérique. Chaque fin de journée il se retrouve dans la solitude vespérale, nuitamment prolongée, de sa chambrette de la Maison-Blanche, avec ses hamburgers et ses bouteilles de Coca-Cola. Il y a longtemps que Melania, qui vit à New-York l’a snobé.

    Mais que peut bien faire dans cette solitude l’actuel président des Etats-Unis d’Amérique, alors que pour le reste de la journée il a parlé parlé parlé, sans rien écouter ? Pour combler ce vide angoissant il tweet, il tweet, il tweet sans relâche des insanités et des monstruosités sur son réseau social, sa seule manière de continuer à parler.

    Ah ! Si les IA coréennes étaient arrivées à temps à la Maison-Blanche nous aurions échappé à tout ça et la face du monde en aurait été changée ! Regrets.

    Sur la santé mentale de l’actuel président des Etats-Unis d’Amérique, un excellent article paru avant-hier sur « The Atlantic » :

    https://www.theatlantic.com/politics/2026/05/aging-president-trump-health/687194/

  17. Avatar de tata
    tata

    Billet : « Vidéo – Les vieux qui parlent à une IA »

    Pourquoi dire les choses comme cela :
    « En Corée, les vieux – faute de mieux – parlent à des IA. »

    Moi aussi, je réagis assez favorablement à cela comme vous le dites !

    Mais ON A LE DROIT DE PARLER AUX MORTS, on n’a même pas besoin de croire en une religion quelconque ! Et il y a toujours des gens dont les attitudes nous semble encore présentes à l’esprit.

    Vous dites aussi que vos collègues de la finance étaient plus intéressants que ceux de l’université, certains amis considèrent que l’université a un rôle d’hôpital psychiatrique non négligeable.

    Je pourrais aussi vous sortir un truc intello comme :
    « Je pense que l’existence après de la mort est indécidable, cependant nous sommes faits ainsi, nous paraissons condamnés à CROIRE à une existence après la mort »
    MAIS ON S’EN FOUT PARFOIS, DE CE GENRE DE PROPOS.

    Et j’aurais écrit :
    « En Corée, les vieux ont enfin trouvé à qui parler : les I.A. »

    Je suis très content que vous utilisiez le mot « VIEUX » qu’il est interdit de dire (à la TV par exemple), ce sont des « PERSONNES ÂGÉES », une novlangue de notre époque.

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