Incorporer les termes de l’avenir, par Cédric Chevalier

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Dans son billet hebdomadaire de ce lundi 15 mai, Jacques Attali nous explique interroger régulièrement ses interlocuteurs de la manière suivante : « En quelle année vos enfants auront-ils votre âge d’aujourd’hui ? ». La question sous-jacente que se pose, que nous pose Attali  est « Suis-je responsable du monde dans lequel vivront mes enfants quand ils auront l’âge que j’ai aujourd’hui ? ». Pour lui, nous devrions tous être obsédés par cette question, c’est-à-dire par l’impact de nos actes sur l’avenir de nos enfants, par l’avenir du monde dans lequel ils vivront, nous poser la question fondamentale : « en quoi [mes] actes amélioreront-ils le monde dans lequel vivront les générations suivantes ? ». Et cette obsession de l’avenir et des générations futures devrait accaparer davantage encore les dirigeants politiques.

Ce dont nous parle Attali, c’est de responsabilité, avec un grand R. Mais pas une responsabilité du lendemain ou du surlendemain, ni même une responsabilité se limitant au seuil de notre mort. Non, il s’agit ici d’une responsabilité qui s’étend à nos descendants les plus proches et qui se projette au-delà, à très long terme, vers la postérité, vers le futur lointain. S’agirait-il d’une forme de responsabilité inhumaine ?

Etymologiquement et philosophiquement, la responsabilité est en quelque sorte la capacité à et la volonté de « répondre de ses actes », devant autrui, et devant soi-même. Si autrui m’interroge sur mes actes, il me demandera : « Qu’as-tu fait ? Que m’as-tu fait ? ». Si je m’interroge moi-même sur mes actes, je me demanderai : « Qu’ai-je fait ? Que me suis-je fait ? ». La responsabilité est un lien éthique et réflexif entre deux êtres humains différents (ou moi-même à deux moments différents). Dans Le Principe Responsabilité, le philosophe Hans Jonas a étudié en détail ces deux archétypes de la responsabilité évoqués par Attali : celle des parents, totale, envers leurs enfants, et celle du chef d’Etat, du dirigeant politique, tout aussi totale mais d’une manière différente, envers ses concitoyens. Dans son maître-ouvrage, Jonas imagine que les représentants d’une Humanité loin dans le futur, qui auraient à subir les conséquences de nos actes présents, puissent nous interroger, nous demander des comptes, nous mettre face à notre responsabilité. Ce cas de figure est à moitié théorique et à moitié pratique : même si le lien de réciprocité éthique semble irrémédiablement impossible entre deux individus de deux générations qui ne se sont jamais connues, l’Histoire montre bien que chaque génération subit ou profite des actes de ses prédécesseurs, parfois extrêmement lointains dans le passé. Ainsi, la Belgique existerait-elle si Napoléon avait gagné la bataille de Waterloo ? Les USA seraient-ils francophones si la France avait gagné les guerres coloniales du Nouveau Monde ? Et dans le futur lointain, l’Humanité jouira-t-elle d’une biosphère aussi accueillante qu’aujourd’hui si nous ne mettons pas en œuvre une transition écologique sociétale et ne limitons pas le dérèglement climatique ?

La maxime philosophique dégagée par Hans Jonas actualise d’une certaine manière celle d’Emmanuel Kant et se résume comme suit : « Agis de manière telle que les conséquences de ton action soient compatibles avec le maintien d’une vie authentiquement humaine sur Terre ». Elle prend acte de notre capacité récente de suicide technologique, qui ajoute une profondeur temporelle inédite à la question éthique ancestrale du « Que faire ? Que dois-je faire ? ». Désormais, il ne s’agit plus seulement de mener la vie bonne ici et maintenant, jusqu’à ma mort, en laissant éventuellement des héritiers, des monuments ou un souvenir glorieux à la postérité. Auparavant, jamais je ne pouvais menacer l’existence du futur lointain, même si j’en avais la volonté. Désormais, mes actes, nos actes collectifs, produisent des effets à très long terme, menaçant potentiellement l’existence des générations futures, de l’espèce humaine toute entière.

Le texte d’Attali a donc le mérite de nous réinterroger sur la capacité (ou non selon ses constats empiriques personnels) de nous projeter dans le temps long du futur.

Ce texte peut aussi nous permettre de prendre conscience que derrière toutes nos lamentations actuelles pour cette « faible capacité de projection dans le futur », nous sommes quand même peut-être la génération humaine la plus dotée à ce niveau, par rapport à nos ancêtres dont la survie ne laissait aucune place à la projection dans le futur, si ce n’est pour les quelques privilégiés, princes et autres nobles, désirant impacter la postérité.

Aujourd’hui, peut-être plus que jamais dans l’histoire, les représentants ordinaires de l’espèce humaines se projettent dans le futur (ils le font davantage qu’avant et ils se projettent plus loin que ceux du passé qui le faisaient). La projection dans le futur n’est plus réservée à une petite élite comme au temps des pharaons. Voyons le verre à moitié plein donc, même si la projection totale de l’Humanité dans le futur reste nettement insuffisante pour relever les défis qui nous occupent.

Un ingénieur de chez Thalès, qui produit notamment des équipements pour les satellites et navettes spatiales, me confiait récemment dans une conversation informelle sa réflexion sur le long terme.

Selon ses recherches personnelles et son expérience professionnelle, il n’y aurait pas d’obstacle technique rédhibitoire à long terme à la mise en orbite de colonies spatiales. Moins confiant sur la colonisation d’exo-planètes, il reconnaît que les caractéristiques de celles-ci pourraient ne pas coller à nos anatomies. Mais dans l’espace, on peut théoriquement contrôler tous les paramètres écosystémiques dans une station en orbite (on peut générer par exemple la gravité terrestre par simple rotation de la station). 

Je lui ai demandé : pour quoi faire ? Qui a envie de vivre dans une boîte de conserve en orbite ? Pourquoi ne pas nous limiter à 10 milliards sur Terre dans un développement durable « fort » ?

Pour lui, c’est impossible : nous avons un esprit de conquête, de colonisation, un esprit de curiosité effrénée. C’est un donné de l’espèce pour lui. Nous voudrons coloniser l’espace dès que possible.

Mais il estime en même temps qu’il faudrait des milliers d’années pour que l’Humanité réussisse un projet de colonisation spatiale, et que les générations présentes pensent et travaillent toute leur vie au profit des générations futures, chaque génération étant le maillon d’une longue chaine tendue vers un but à très long terme.

Je lui ai rétorqué alors que, pour mettre en œuvre ce projet sur plusieurs millénaires, il faudrait que l’espèce humaine (et la société et l’individu) soient capables de se projeter à un terme très éloigné. Pour mener à bien la conquête de l’espace, il faudrait mobiliser des millions de personnes, des milliards de dollars, durant des millions d’heures, durant des millénaires, soit accaparer une part considérable des ressources planétaires et humaines. Impossible sans l’accord de la majorité. Or certaines expériences de psychologie appliquée ne sont pas rassurantes quant à la capacité des individus à sacrifier un bénéfice présent pour un bénéfice futur. L’argument classique des environnementalistes qui invite à « songer à ses petits-enfants et s’engager dans l’action environnementale » a peut-être une certaine validité à l’horizon de quelques générations. Mais à plus long terme, même nos descendants pourraient ressembler à de parfaits inconnus pour nous, et n’entraîner aucune contrainte éthique sur nos actes actuels.  Nous sommes apparemment très loin d’être suffisamment dotés au niveau de la responsabilité à long terme.

Pour franchir cette frontière spatiale ultime, le manque d’anticipation du futur est rédhibitoire. Sur le chemin vers ce rêve fou, il y a donc un conflit a priori entre deux « donnés » apparents chez l’Humain : l’esprit de colonisation, de conquête, de curiosité et l’incapacité à tenir compte du futur. Il est déjà difficile de tenir compte d’un certain futur de son vivant, et encore plus difficile d’un futur après son vivant.

Le problème est le même pour le développement durable fort. Même si nous décidions de rester sagement sur la planète et d’étouffer notre « esprit de conquête », encore faudrait-t-il que nous soyons capables pour cela de nous projeter très loin dans l’avenir ! En effet, comment sinon faire accepter ce que beaucoup de citoyens et de politiciens ressentent comme des renoncements inacceptables, dans une politique suffisamment ambitieuse de transition écologique sociétale ?

La question de l’augmentation de notre capacité à incorporer le futur dans notre fonctionnement devient dans tous les cas incontournable. Comment imaginer des récompenses « post-mortem » suffisantes, que ce soit pour la colonisation différée de l’espace ou une existence stationnaire sur notre planète ? A partir du moment où l’on prend acte de la tendance actuelle à la dégradation inexorable de la biosphère, et que ce soit pour les techno-optimistes ou les techno-pessimistes qui acceptent ce constat, la capacité individuelle et sociétale de projection dans le futur devient une condition sine qua non de survie de l’espèce (sur Terre ou dans l’espace). Pour les techno-optimistes qui refusent le constat de risque existentiel, il reste malgré tout nécessaire d’incorporer en l’être humain le long terme, pour réaliser le rêve optionnel de la colonisation spatiale.

J’ose une hypothèse : si d’une part le techno-optimisme implique la colonisation de l’espace, si la colonisation de l’espace est un projet qui nécessite plusieurs millénaires de préparatifs, si un projet de plusieurs millénaires nécessite une intégration poussée du très long terme chez les individus, les sociétés et l’espèce entière ; si d’autre part, le techno-pessimisme exige le maintien d’une biosphère habitable à long terme et une intégration tout aussi poussée du très long terme ; si, dans les deux cas, l’échec de la cohabitation sur Terre nous force à nous exiler dans l’espace, transformant un désir facultatif dans un cas, et un refus a priori dans l’autre, en une nécessité identique de cette colonisation, alors n’avons-nous pas dans tous les cas de figure l’impérieux devoir de préserver la biosphère et l’espèce humaine durant plusieurs millénaires, au moins ?

Finalement, les techno-optimistes, y compris ceux qui doutent du péril qui ronge la biosphère, par sécurité, et les techno-pessimistes, qui admettent ce péril, ne devraient-ils pas s’unir pour protéger cette biosphère dès aujourd’hui, peu importe le projet qu’ils font pour l’Humanité à très long terme ? Face à l’incertitude, doit-on choisir aujourd’hui de « brûler notre navire terrestre » et sauter dans le vide ? Face à l’exigence démocratique, ne peut-on laisser à chaque frange de l’Humanité, les techno-optimistes et les techno-pessimistes, le soin de se déterminer ? L’une voulant demeurer en harmonie sur Terre, l’autre désirant conquérir l’espace ? Une partie de l’Humanité a-t-elle le droit d’hypothéquer les intérêts existentiels d’une autre par pari sur l’avenir ?

Une nouvelle question apparaît. Si le maintien de la biosphère et la conquête de l’espace impliquent l’intégration du très long terme, comment générer des citoyens qui en sont soucieux ? Il nous faudrait un citoyen qui accepterait de vivre et travailler aujourd’hui pour que des vaisseaux décollent dans 5000 ans, ou pour que la biosphère soit encore viable dans 5000 ans.

Comment faire ? Revenons à mon interlocuteur ingénieur chez Thalès. Il m’a dit qu’il fallait « fabriquer » ces citoyens, via l’éducation. Soit une solution de type « software » pour l’espèce humaine, pour reprendre une analogie informatique.

J’ai ensuite ajouté, par souci d’inventaire logique, et sans me prononcer sur le bien-fondé éthique, qu’on pouvait aussi « fabriquer » de tels citoyens via la génétique. En pratique, et bien que cela soit difficile à établir formellement, certaines expériences de psychologie pourraient laisser penser que les individus diffèrent génétiquement quant à leur capacité a priori de différer une récompense et supporter une punition sensorielle. Nous ne serions pas égaux en la matière. Cette solution serait donc de type « hardware ».

Poursuivons cet inventaire entre nous.

La méditation, solution intermédiaire (software qui agit profondément sur le hardware, c’est-à-dire notamment le câblage cérébral et la régulation hormonale), pourrait aussi créer des citoyens plus à même de contrôler leurs pulsions, de tenir compte du long terme, et de s’inscrire dans un « grand tout » historique au profit de l’Humanité et de la Biosphère.

Autre solution à ajouter à l’inventaire, à nouveau sans jugement éthique a priori : des drogues adaptées pourraient aider les citoyens et les dirigeants à mieux réfléchir au long terme (en neutralisant provisoirement leurs pulsions à court terme).

Enfin, en généralisant l’option de l’éducation, on peut imaginer n’importe quel dispositif culturel (une religion par exemple selon Christian de Duve, feu prix Nobel belge de médecine) qui pourrait créer les mèmes adéquats et leur diffusion au sein de la noosphère humaine, pour que les valeurs individuelles et sociétales s’alignent avec les intérêts du long terme.

Et d’autres solutions existent peut-être ?

En simplifiant les choses, soit nous sommes bloqués par l’inné et la manipulation génétique, tout aussi détestable qu’elle nous paraisse, pourrait devenir une nécessité pratique pour survivre ; soit nous pouvons nous en sortir en agissant uniquement sur l’acquis et il nous faudra, au moyen de dispositifs socio-culturels adéquats, « fabriquer des subjectivités réflexives, autonomes et responsables », c’est-à-dire des citoyens à même de préserver l’espèce. Toute situation intermédiaire est également envisageable.

Néanmoins, il ne faudrait pas instrumentaliser le bonheur humain présent au seul profit du futur. Quel sens à une existence uniquement vécue pour un autrui futur jamais rencontré ?

Une porte de sortie à ce problème serait de creuser davantage notre psyché afin de trouver aujourd’hui, ce qui déjà en nous, incorpore le très long terme, sans préjudice du bonheur présent. On peut dès à présent élargir la palette des « donnés » humains que nous souhaitons activer. Comment faire pour incorporer dans l’Humain (dans sa chair et/ou son esprit) le souci du long terme, sans le priver de son incarnation dans le présent ? Ne sommes-nous qu’inscrits dans le présent ? Mais comment expliquer alors les pyramides, la momification, les actes de courages suicidaires à toutes les époques, les sacrifices de la Résistance, les existences consacrées à un futur plus heureux ? On ne peut résoudre ce paradoxe qu’en reconnaissant l’existence d’affects humains fondamentaux qui l’inscrivent de toute éternité dans la postérité la plus lointaine : le désir d’immortalité, de gloire dans une version extrême, la volonté de laisser une trace, de transmettre, dans une version plus modérée, sont également des « donnés » humains. Ne pourrions-nous pas réveiller ces désirs afin qu’ils s’expriment utilement en faveur du long terme ? Ne pourrions-nous pas souhaiter des dirigeants politiques soucieux d’une gloire immortelle, pour avoir contribué à la survie de l’Humanité ? Et désirer des citoyens soucieux de laisser une trace, de transmettre, pour contribuer au bonheur des générations futures ?

Je pressens que parmi tous nos donnés humains, nos affects, il va nous falloir jouer subtilement, en arbitrant chacun pour trouver un équilibre favorable au long terme sans hypothéquer le présent. Il s’agit d’exister au présent et de laisser exister autrui dans un présent futur.

Comme dans un orchestre : tous nos instruments sont là, graves, aigus, à corde, à percussion, à vent. On peut obtenir une cacophonie de basses, assourdissante, des crissements aigus insupportables ou bien choisir la voie du milieu, la tempérance chère aux Grecs et parvenir à créer la subtile harmonie !

Serons-nous capable d’incorporer en nous les termes de l’avenir ?

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151 réflexions au sujet de « Incorporer les termes de l’avenir, par Cédric Chevalier »

  1. Bonjour et merci pour cet excellent billet.
    L’analyse est très claire, tout comme la réponse que l’on peut apporter à la question finale.
    20 millions d’âmes errantes ont en pleine connaissance de cause apporté leurs suffrages à M. Attali ès-qualités.
    La situation n’est pas encore irrémédiablement compromise mais elle est devenue critique.
    Il va falloir rapidement réagir afin -comme vous l’écrivez fort justement – de « jouer subtilement, en arbitrant chacun pour trouver un équilibre favorable au long terme sans hypothéquer le présent. Il s’agit d’exister au présent et de laisser exister autrui dans un présent futur. »
    Renaud Bouchard

    1. à Renaud Bouchard,18 mai 2017,15h09
      Vous confondez les « 20 millions » de « suffrages » qui ont
      récemment « erré » avec des suffrages estampillés Jacques
      Attali.Cette confusion me semble assez grave.Et elle ne
      permet pas d’inviter cet homme,dont on dit qu’il ne dort que 3 heures par nuit,au minimum d’humilité indispensable à tout un chacun.

    2. 1 Etablir notre responsabilité quant à nos actes passés est déjà très difficile (il faut parvenir à établir que les conséquences pour lesquelles on demande réponse aient été connues en temps voulu).

      2 Connaître la totalité des conséquences de nos actes présents est impossible.

      Alors bon courage pour jouer subtilement ! L’emploi du terme jouer est particulièrement révélateur de la dimension aléatoire et peu sérieuse de la proposition.

  2. Bonjour,
    Faudrait dire à cet ingénieur qu’il est urgent qu’il redescende sur terre.
    Quant aux manipulations génétiques envisagées je préfère ne jamais voir cela.
    Quant à notre responsabilité à long terme, je poserai trois questions portant sur les problématiques contemporaines que nous connaissons tous.
    1) le saviez vous (environnement, réfugiés, accessibilité des ressources naturelles indispensables, corruption …) ?
    2) qu’avez vous fait ? Rien
    3) qu’auriez-vous pu faire ?

  3. Dans la représentation du monde qui est la mienne , et dont je bassine la plupart des lecteurs depuis que j’écris sur ce blog , l’avenir ( plus ou moins lointain ) est la dernière composante de nos deux cycles d’apprentissage que nous parcourons avant l’âge  » adulte » :

    – le premier entre 0 et 10 ans ( en gros) avec une confrontation à « passé » , « hors temps » , « présent » , « avenir » ( et dans cet ordre .

    – le second entre 11 et 20 ans ( en gros) avec même confrontation et dans le même ordre .

    C’est un peu comme si notre « câblage » psychique nous faisait faire et réviser des gammes pour nous amener à cette nécessité d’être en capacité de nous projeter dans l’avenir .

    Cette vision révèle aussi que nous ressortons de cet apprentissage avec des inclinations préférentielles pour deux seulement de ces quatre items (tout en ayant un minimum de compréhension pour les deux « bâclés » ), et que « l’avenir » n’est pas forcément inclus dans les deux heureux élus par une bonne part des individus .

    En général l’histoire a baptisé  » leaders » celles et ceux qui ont une inclination forte sur l’item  » avenir » .

    1. Quid des aborigènes dont le langage n’applique pas de temps aux verbes (du moins pour ce que j’ai retenu de reportages et/ou lectures lointaines, n’hésitez pas à préciser ou à contredire si ma mémoire/compréhension a été défaillante)?

      1. Je ne connais pas vraiment le cas que vous évoqué , ni son contexte . Je n’ai donc pas de réponse toute faite .
        Ce qui importe c’est de connaître le mode de confrontation au monde et aux autres dans ces vingt premières années .

        Nota 1 : bien que la vision dont je parle extrapole parfois ce qui vaut pour l’individu à la société où il baigne ( c’est ainsi qu’on a pu écrire que les allemands , comme les japonais , comme les américains blancs étaient orientés « présent ») , j’en reste pour mon compte à l’individu .

        Nota 2 : les deux tendances privilégiées que l’on a développé dans les deux premiers parcours ne sont pas « fossilisées » à vie , mais peuvent évoluer , le plus souvent pour des raisons non « intellectuelles » : vieillissement , choc psychique violent ( mort d’un proche , état de guerre …)

        Nota 3 : la notion de « rapport à un état du temps » privilégié pour un peuple, est à passer à la moulinette des métissages de toutes natures , de l’uniformisation du bain « informations » et « formations ». On aurait tort de croire pourtant que la mue se fait très vite , et d’imaginer que la culture « globalisée » , diraient certains , produit automatiquement un individu standard dans le monde entier . Car je trouve pour ma part que les individus d’où qu’ils soient , même et surtout dans « le même bain » , ont une capacité extraordinaire à « créer » de nouvelles différences ( ce que j’appelle , dans mon cinéma , le « hors temps » qui crée l’inouï)

    2. Sur « l’issue » du futur à mettre en avant pour « donner de l’espoir » et du cœur au ventre , j’en suis arrivé à penser que ça n’est pas forcément un nouveau pari qui a besoin d’être gravé dans le marbre ( pour autant que le marbre ait un avenir) .

      Les ? sans réponses claires sont ce qui fait notre nature humaine . Rien n’est écrit d’avance et la Responsabilité est là : Ecrire ensemble le projet social viable pour aujourd’hui et l’avenir « appréhendable » , sans actes aux conséquences irréversibles .

      C’est cette écriture ( qu’on l’appelle Constitution ou autrement) qui fonde la Responsabilité humaine , en en déterminant les règles ( même provisoires) et les sanctions ( les + et les -), opposables à chacun ….de son vivant .

      C’est elle , démocratique ,qui , à l’encontre des solutions qui n’en sont pas que vous avez égrenées , enseigne à chacun l’avenir choisi avec l’autorité supportable et juste .

      PS : je vous livre une prise de tête plus ou moins méditative ancienne ,qui voulait me rendre frère de Prométhée et complètement « antidrogue »:

      « J’ai peur de mourir par hasard ,
      Sans souffrir ou conscience de choir,
      Victime jusqu’au bout de l’affreuse contrainte
      D’une nature bonasse qui , en croyant bien faire,
      M’imposerait l’injure d’une inquiétude éteinte,
      Privé de l’aiguillon des fraternelles serres
      De l’aigle qui toujours m’a charogné le cœur .

      Jamais je ne vendrai la conscience au « bonheur » . »

      « 

    3. @DUP :

      Merci .

      Le texte que vous m’envoyez ne mentionne pas cependant que cette langue brésilienne ignore le futur , au moins le futur proche .

      Au travers de cet article ,on peut reconnaître la présence du passé , du présent et de l’avenir , mais sur une « plage » limitée soit deux générations pour le passé et beaucoup plus bref pour le futur . Le  » hors temps  » selon ma conception semble s’y exprimer par les suffixes de « désir » .

      Le tout semble traduire la difficulté de disjoindre le temps et la distance . Les conditions de mode de subsistance et de climat n’y sont sans doute pas étrangère .

      Notre langue , comme notre histoire ( nos tempéraments avançait Montesquieu ) ne sont pas sans lien avec la géographie .

      La pauvreté globale de cette langue dans son expression des temps , ne préjuge rien de bon dans la survie de ce peuple .

      1. c’est surtout sur l’hypothèse citée à la fin comme quoi la langue structure et conditionne les capacités de concevoir le monde que je voulais insister. Peut être utile pour nuancer votre théorie à laquelle je ne comprend pas grand chose je dois l’admettre.

      2. Bien évidemment nos langages nous structurent ….et réciproquement .

        Je ne lis pas le portugais , mais j’imagine que c’est l’apport et le contact avec « l’extérieur » , qui peut éviter une fin pour inadaptation , ou parfois la précipiter .

        Je n’ai jamais été bon pédagogue .

      3. ah la pauvreté globale de cette langue dans l’expression des temps…

        Histoire de temps de Jacques Attali (bon y a des mauvaises langues qui…)
        Paru aux Editions Fayard 1982 (332 pages)
        Il est encore des tribus d’Afrique pour lesquelles la mesure du temps se définit par une fonction quotidienne: départ des bœufs (matin), retour des bœufs (soir), ou des régions de Madagascar où « le temps (de la cuisson) d’un riz » est donné comme mesure de temps. Ces peuples, ces régions restent comme les témoins des attitudes millénaires des hommes en regard de l’Occident qui, lui, a apprivoisé, maîtrisé, puis traqué le temps.

        Résultat on n’a plus le temps, et c’est de l’argent. Sinon pour Ladurée, voir macarons aussi.

      4. @Rosebud :

        La mesure d’une durée ou d’un espace de temps , ça n’est pas notre rapport au temps tel que je l’évoque .

        Rapport que ,d’une certaine façon, toutes les civilisations possèdent ,car c’est notre câblage d’homo sapiens qui est comme ça .Les animaux aussi d’ailleurs , mais nous aurions l’avantage sur eux que notre plus grande complexité neuronale nous a rendu plus prolifique dans la relation au  » hors temps » .

        Il reste ,comme Attali et pas mal d’autres avant lui ont pu le dire , que le temps  » maitrisé » , sans doute plus que l’argent , est une des expressions du Pouvoir ( de la  » Maitrise ») .

        Le handicap de nos pouvoirs actuels , c’est de n’avoir plus un « récit » sur l’avenir , pour les « légitimer » par « le droit de nature » , l’incarnation divine , et bientôt non plus la « réussite matérielle » des marchands quand la « Propriété » aura fini de rentrer dans le rang .

        C’est en découvrant notre nouvelle façon de rendre l’avenir accueillant que nous redéfinirons le Pouvoir .
        Et réciproquement .

        Rien n’est écrit . Pas même le Pouvoir .

      5. J’ai dit « portugais » mais c’était peut être bien de l’espagnol . J’étais encore au Brésil alors que l’article semble situé au Mexique .

      6. ça raconte juste l’histoire d’une femme issue d’une tribu mexicaine qui à gagné un super-cross en sandales et en jupe, voyez la photo du podium.

  4. Le corollaire de l’esprit de conquête et de colonisation, c’est la compétition et la soumission de l’adversaire ou la destruction mutuelle. Compter là dessus c’est postuler que la solution , c’est la problème.

    De l’autre côté, ceux qui veulent aller dans le sens de la modération afin de préserver des conditions viables dans le futur seront nécessairement marginalisés par ceux qui la refusent en vertu de la loi du plus fort qui en la circonstance est celui qui a la plus grande capacité de destruction.

    Le paradoxe est que les peuples qui se projettent virtuellement le plus loin dans le futur sont ceux qui l’hypothèquent le plus tandis que les peuples « primitifs » qui vivent dans l’instant présent ne font pas peser de menace existentielle à l’espèce.

  5. Tout au long de la lecture de cet intéressant exposé philosophique je n’ai pas arrêté de penser à/aux religions, si variées sur terre, mais ayant toute une projection dans l’avenir, sur la « bonne conduite » à tenir pour soi-même et le rapport aux autres (du cercle proche au plus grand cercle).

    Dans nos religions « occidentales » (en fait toutes d’origine moyen-orient) monothéistes on nous motive en nous « promettant le paradis » éternel… etc. Dans les religions asiatiques il en va assez autrement car il n’y a pas de réincarnation, pas de paradis, pas de dieu (sf si on considère que dans le bouddhisme les pratiquants le vénère comme un dieu), mais un respect du au souvenir et la vénération des générations antérieures. Dans les religions africaines traditionnelles il s’agit plus du rapport au présent, et à la peur de « dieux » mauvais esprits divers (comme aussi en Asie) qui vont détruire votre vie ou celle de vos proches.
    Ainsi nous sommes quand même en général dans le présent, partout sur terre, le futur étant projeté à partir d’une bienséance, d’un bon comportement, pour soi principalement, sa renommée, celle de ses descendants… familiaux.
    Ceux qui pensent à l’avenir de leurs enfants concernant la politique, l’économie, le climat, répètent en quelque sorte… mais rare sont ceux qui pensent à un avenir où leur chair (ou sa prolongation par la génération) ne serait pas concernée, donc un futur très proche à maximum 50 ans voire 100 ans.
    Alors se mettre à inciter les humains à penser à la planète sur un plan théorique où leur chair ne serait plus concerné, me parait très idéaliste.
    Quand j’ai commencé à trier mes déchets et pensé à faire un compost début des années 2000, je ne projetais pas la planète dans un futur irréel. En fait je ne pensais qu’à un présent et futur proche, réalisable, où rien du tout en fait dans l’avenir, juste me sentir une Citoyenne du monde englobée dans un monde percevable immédiatement, où que ce soit sur la planète (autant les enfants d’Afrique ou d’Asie où on voit ces énormes tas d’ordures où ils vivent).
    Ce n’est pas comme l’Histoire ou la préhistoire que l’on peut appréhender sur des millions d’années.

  6. Il semble donc que la conquête de l’immortalité ou du moins l’extension de la durée de vie à des niveaux géologiquement représentatifs soit le préalable à quelque responsabilité à long terme que se soit. Technologiquement, on en est pas forcément plus éloigné que de la colonisation spatiale ou du contrôle « démographo-ecosystèmique » Une fois obtenue ne restera plus qu’a imposer la régulation démographique en la proposant en échange du renoncement aux capacités reproductrices. Quoiqu’il en soit l’espèce aura disparu dans tous les cas de figure.

  7. Cette question attalienne est d’essence utilitariste: comment parvenir au bonheur? Se rajoute une problématique jorionienne: comment ne pas faire de cette planète le paradis perdu? Ces deux approches peuvent sembler se contredire si par bonheur on entend assouvissement pulsionnel, mais il me semble que bonheur et survie sont intimement liés, c’est ce que l’on souhaite aux générations futures. Par l’éducation, c’est ainsi que nous parvenons au développement software et malware accompli, les objectifs se réalisent, la survie doit en constituer le premier objectif. Il y a donc là un dilemme, apprendre à chacun à s’en sortir, seul ou avec tous? Les enjeux du développement durable ont largement sont abordés dans les entreprises et les écoles, avec une prise de conscience collective bien marquée dans beaucoup de nos comportements et habitudes, sans que le système économique soit pour autant remis en cause, et que se situe là la première grosse déficience de solidarité. La transition écologique avec Hulot et la croissance économique avec Le Maire ne vont pas vers de la décroissance, alors que si par croissance on entend pib c’est la distribution des richesses qui motivent la production, pour satisfaire des plaisirs et/ou besoins, de trouver le bonheur. Les épicuriens le disent, le bonheur se ressent d’abord dans la simplicité, la frugalité. Retrouver ce bonheur authentique, éthique et individualiste, solidaire et en accord avec les éléments, constitue en fait le meilleur moyen de permettre un avenir à notre espèce. Utilitarisme donc, mais réactualisé, ressourcé, renouvelé, concentré sur l’intérêt général et décentralisé à chaque individu sensible de toute espèce, sans quoi bien sûr la consommation finira de nous détruire et la vie avec.

  8. Que nous soyons des destructeurs n’est bel et bien plus a prouver mais le voir comme un fatalisme est extremement triste…
    Si c’est le cas, autant nous laisser les moyens de nous autodetruire le plus rapidement possible… je suis deja terriblement honteux d’etre « humain » alors l’idée que nous ne changerons jamais…
    Comme dit plus haut si la solution est le probleme…

    De plus je resort de cet article avec la mechante impression d’incapacité de sorti du cadre (un peu plus large que le systeme socio-economique) necessaire au vrai changement de direction !
    La solution de manipulation genetique revient au meme que le transhumanisme ! Je n’y vois pas un tabou mais simplement un choix de direction… nous savons tres bien ce qui suivra ce choix. Si nous ne sommes pas capable de prendre le controle sur nous-meme et que nous encourageons le depassement sur des dizaines de generations successives, que nous restera-t-il « d’humain » ?

    Ce n’est que la suite logique du systeme capitaliste d’ailleurs…

    Hormis une bonne cure de « ralentissement » a TOUS les niveaux a laquelle on ajoute bcp de philo (les asiatiques nous prouvent d’ailleurs depuis des siecles que d’autre chemin plus sain sont possibles).
    Si nous quittons notre planete sans avoir « appris » alors nous detruirons plus et encore.
    Dans cette perspective, meritons-nous de survivre alors que nous ne faisons qu’aneantir ??????

    1. Très judeo-chrétien comme analyse. En quoi la destruction est elle Le mal, si ce n’est par un préjugé culturel/religieux ? Pour un gros milliard d’Hindouistes Shiva est à la fois le destructeur et le créateur, tout à la fois craint et adoré. Pour la science il n’y a que transformation énergie-matière et vice-versa. Je ne sais pas à quels asiatiques vous vous référez mais entre Indiens et Chinois on a déjà un bon paquet de monde qui sont loin d’être des modèles de ralentissement! Les quelques Sadhus vraiment respectueux de la création au point de vivre totalement nu que j’ai pu croiser en chair (et surtout en os) ne m’ont pas parus si différent que certains zonards SDF citant Shakespeare avec lesquels j’ai pu partager un  » à l’ail et un coup de rouge » sur un banc dans nos villes.

      1. Je pensais au chinois principalement (confucianisme/taoisme).
        Et je ne dis pas que ce sont des modeles parfaits biensur, simplement plus durable que notre facon de penser/faire.

        Pour la vision judeo-chrétienne, je n’ai jamais dit bien ou mal ! Mais si le but de l’humanité est bel et bien de prendre la place de dieu (toujours aucune notion de bien/mal), alors j’espere un minimum de sagesse du nouveau dieu…
        la vie existait avant nous et existera après mais prendre qq instants pour demonter qqch et vouloir le reconstruire ensuite doit a un moment ou l’autre nous enseigner pourquoi il ne faut pas tout demonter !
        Nous pouvons choisir de nous faire du mal a nous-meme mais il est assez triste de detruire les autres… (vision tres capitaliste bizarrement «winner takes all» sauf que les autres ne jouent pas).

        Et le fais de detruire n’est pas obligatoirement negatif ! C’est l’intensité de la destruction qui pose probleme

      2. Vous ne pouvez échapper à vos valeurs culturelles, vous n’avez pas dit bien ou mal mais tout jugementt de valeur repose là dessus pour nous occidentaux. De même votre honte d’être humain : pêché originel etc.. Ce sont des choses qui sont en nous que nous ayons une activité religieuse ou pas. Il est parfois très difficile de se comprendre avec des gens qui sentent en terme de pur et impur comme les Hindous par exemple et c’est dans ces moment là qu’on se rend compte de la profondeur à laquelle sont installées ces valeurs religieuses dans notre conception du monde : bien au delà d’une quelconque pratique religieuse et même d’une quelconque foi. Dans le bus ou le train en Inde une des première choses que vous demande les gens c’est votre religion, je répondais souvent chrétien et un ami qui voyageait avec moi lui, disait souvent : j’en ai pas (et il me disait à moi : mais qu’est ce que tu raconte? on t’as jamais vu à la messe). Dire chrétien facilitait la communication car l’autre situait mieux mon système de valeur et quelque part c’était le but de sa question. Dire aucune religion éveillait plutôt la suspicion.
        Pour en revenir au sujet, la responsabilité implique que l’on soit jugé et un jugement implique des valeurs. Comment demander au chauffeur de bus Indien d’être responsable quand il vous dit : moi je ne fais que tenir le volant et pour le reste… (il lève le doigt au ciel). Du coup on était content quand il faisait un arrêt au milieu de nulle part pour brûler un encens sur un autel en bord de route. Chacun sa façon d’être responsable et non pouvait lui reprocher le moindre fatalisme. 😉

      3. Dup 20 mai 2017 à 13 h 57 min
        Il n’y a pas qu’en Inde, j’ai lâché aussi mon vide du ciel face à l’incompréhension totale à laquelle on peut avoir affaire chez des gens un peu éduqués puisqu’on échange en english. Alors moins éduqué, ça ne peut être que pire. En 72 certains afghans voyant passer les hippies (barbus) imaginaient qu’ils allaient en pèlerinage en Inde. Quand au chauffeur de bus, seul avec son mécano, pour faire Kabul Kandahar Hérat en un peu plus de 24 h il tenait avec des joints + les arrêts prières nombreux : Inch Allah ! Voilà ce à qui arrive sans syndicats et sans État. Pour la kyber pass, le bouche à oreille disait d’être sur le toit du bus, et vu le cimetière de camions et bus avant la frontière Paki, c’était judicieux.

  9. À force d’expérience et de méditation, l’homme sera en paix avec lui, l’esprit et la nature. Il n’aura plus à penser au futur, le passé sera un souvenir.
    Sauf erreurs humaines, les actes posés au présent ne pourront qu’être bonnes pour l’avenir.
    Merci pour ce billet.

    P.S. Ce que nous pensons impossible est en réalité une chose que nous désirons pas.

  10. « Ce dont nous parle Attali, c’est de responsabilité, avec un grand R. »

    Une responsabilité comme lorsqu’il batifolait à la BERD ou lorsqu’il utilisait le copier-coller pour écrire ses bouquins ? Ah oui je vois bien de quelle responsabilité on parle alors.

    Mon dieu, on va aller loin avec tous ces gens profiteurs au dernier niveau qui se pavanent pour la galerie et font leur effets sur tous les simplets de la terre afin in fine d’alimenter leur compte en banque. C’est sur, on va aller loin…

    Si ça, ça passe la censure ici, je recopie mille fois « Non CloClo, tu es mauvais langue car monsieur Julien Alexandre n’est pas le mari de Madame Anastasie » 😀

      1. course, course, course,
        Course à pied, course à pied, course à pied, pied, pied,
        Pied-à-terre, pied-à-terre, pied-à-terre, terre, terre,
        Terre de Feu, Terre de Feu, Terre de Feu, Feu, Feu,
        Feu follet, feu follet, feu follet, -let, -let,
        Les chinois, les chinois, les chinois – noix –noix,
        Noix de coco, noix de coco, noix de coco, -co-co-co,
        Cocotier, cocotier, cocotier, -tier, -tier,
        Tiers-état, tiers-états, tiers-états, -ta, -ta,

      2. T’as tout faux, t’as tout faux, t’as tout faux faux faux
        Faut qu’on s’bouge, faut qu’on s’bouge, faut qu’on s’bouge, bouge, bouge
        😉

  11. A part le plaisir de se poser des questions, ce qui est bien réel, je ne me retrouve nulle part dans ce billet.

    Il y est question de notre biosphère (que nous restions, ou bien que nous partions d’ailleurs) que comme quelques chose d’extérieur à nous, dont nous pourrions soit maitriser la course, soit nous passer.

    C’est totalement illusoire.

    Nous sommes la Terre, nos vaisseaux sanguins sont dans le même état que les rivières, et nos poumons dans la même situation que l’atmosphère.

    Notre fonctionnement biologique intègre 3,5 milliards d’années d’évolution, dans une interdépendance de chaque instant avec sa planète qui lui apporte en permanence de nouveau « problèmes » et de nouvelles « solutions ».

    Un tel couple ne se sépare pas comme ça, ne se met pas sur « pause » et l’homme embarqué sur sa fusée embarque quoiqu’il arrive une complexité qui a un besoin vital de la complexité de la Terre pour tenir le coup.

    Malheureusement, les hommes ont autant de mal à accepter le fait qu’ils sont terriens, que le fait qu’ils sont mortels.

    Quand à la capacité de l’homme à être « responsable » en restant sur place….. Qui sommes nous, avec notre temps libre et nos frigos et nos ordi, pour en parler ?

    (sur une Terre où il y a une gamelle pour cinq, et où chacun de nous protège jalousement la sienne…)

      1. Responsabilité suppose quelqu’un pour répondre à quelqu’un d’autre comme indiqué ici. On ne sera responsable que dans le cas ou on aura réussi à sauver l’espèce, sinon mis à part un hypothétique dieu, qui viendras nous demander des comptes? Une IA peut être? La question posée en terme de responsabilité et d’exigences morale et des plus biaisée. Peut être faudrait il plutôt la poser en terme de sens de l’existence et de vanité (dans les deux sens du terme : inconséquence et orgueil) ?

      2. Moi qui suis chef neuneu chez neuneuland & Cie, j’aime bien une petite histoire simplette mais sympa qui montre que prendre ses responsabilités c’est pas un truc très compliqué en fait, ni qui demande un changement énorme, ou un effort intense, c’est juste un truc qui implique de passer par l’autre avant.

        Voilà en quelques images, toujours plus profitable qu’un long texte amha :

        https://www.youtube.com/watch?v=rZWVjymnbNw

      3. @Clo Clo :

        Ce que montre cette vidéo ce n’est pas de la responsabilité , c’est de l’empathie (reptilienne , nourrie des expériences passées ).

        @DUP :

        Il n’y a pas de Responsabilité « à terme » , et en particulier hors de notre période de vie .

        Pour qu’il y ait Responsabilité , il faut :

        – une règle commune établie démocratiquement , appréhendant au mieux les quatre temps qui me sont chers et excluant les risques irréversibles , dans l’environnement qui est le nôtre .

        – Une force à disposition de la Règle capable de sanctionner les refus de la Loi .

        – Une sanction immédiate , du vivant du fautif transgressant la Loi .

        La première responsabilité , c’est d’établir la Loi au plus éclairé et humain possible , puis de la respecter , puis de la faire évoluer .

      4. Si l’on donne aussi une version positive à l’application de la Règle , la sanction d’une application astucieuse de la règle , pourrait s’appeler le Mérite .

        ( c’est pour vérifier si Jducac nous lit toujours ) .

      5. juannessy

        En fait « les grandes cuillères » illustrées par clo clo sont extraites d’un conte derviche dans lequel un roi veut apprendre à ses sujets à apprendre en passant par plusieurs phases dont la vidéo montre l’aboutissement.
        Apprendre par l’expérience et non par « une obsession de vouloir comprendre » à partir d’opinions qu’une personne se fera d’une école ou d’une théorie. Laquelle obsession maladive empêche le développement de la vie profonde de la compréhension liée à la mémoire du vécu.

      6. Juannessy : Qui pourra énoncer des lois pour protéger un futur dont on ne sait rien? Condamner quelqu’un aujourd’hui parce que ses actes conduisent à un réchauffement et qu’il nous tombe dessus une glaciation surprise c’est pas très orthodoxe ma foi 😉 Il faudrait connaître le futur pour pouvoir rendre justice au nom de ce dernier.

      7. @Armelle :

        Je n’ai pas dit autre chose .

        L’empathie est le résultat cumulé et inconscient d’un apprentissage .

        La Responsabilité , ça n’est pas l’empathie . C’est plus que ça .

      8. En plus court , l’empathie ( la philia , pour désespérer Paul Jorion ),ne suffit pas à nos paris sur l’avenir .

      9. Tout dépend de quelle responsabilité on parle.

        Dès lors qu’on admette une notion comme le déterminisme (ce qui est relativement répandu dans les idéologies dites « de gauche », me semble-t-il), la notion de responsabilité individuelle prend de fait un caractère particulièrement relatif, chaque individu étant alors le produit complexe d’influences qui lui sont peut-être exclusivement extérieures. « Je suis ainsi, je me comporte de telle manière non pas parce que je l’ai décidé mais parce que le monde et l’histoire m’y ont conduit » peut-on alors affirmer.

        La responsabilité vaut par ailleurs essentiellement pour l’esprit cartésien se croyant absolument maître de ses choix par l’exercice de son libre-arbitre conscient, ce qui a été largement remis en cause tant par la psychologie en général que par les sciences neuro-cognitives dont, me semble-t-il, Jorion a produit un commentaire relativement fourni ici ou dans ses bouquins (voir ici par exemple).

        Dès lors, en appeler à la responsabilité individuelle de chacun ou adresser sa lettre au père noël, même combat, mais il semble qu’Attali se soit fait une spécialité de ce genre d’exercices depuis plusieurs décennies.

        Reste le social engineering, cette forme manipulatoire d’éducation de masse qu’on pourrait assimiler au dressage d’une colonie de fourmis… Joyeuse perspective s’il en est.

        Enfin se pose la question du temps, cette notion inventée au choix pour caractériser un mouvement ou pour matérialiser l’angoisse humaine envers la mort… Dans un pur soucis d’objectivité, il faudrait sans doute demander leur avis aux cailloux, je suppose.

      10. @DUP :

        J’avais loupé vote dernier écho :

        Il ne s’agit pas de rendre justice par rapport à un futur inconnu .

        Il s’agit de rendre justice par rapport à l’avenir estimé et désiré , toujours actualisé des nouvelles certitudes et de la volonté de la majorité .

        Sanctionner , dans mon propos , ne veut pas dire « guillotiner », mais mettre hors d’état de contrevenir à la règle par ses actes , et répondre de la plus ou moins grande gravité de ceux ci , « personnellement » , « en responsabilité ».

        Ça n’est rien d’autre que la définition de la place de la Justice .

      11. @DUP : en suite de votre écho de 17h12 parvenu plus tard :

        Si vous ignorez le temps , et confondez responsabilité individuelle ( ou collective d’ailleurs ) avec l’individu ( ou la collectivité) , on va avoir de la difficulté de communication .

        La responsabilité c’est répondre de ses actes et de leurs impacts devant la loi rendue par la justice .

        La justice ne juge pas un individu dans son être ( elle n’est justement pas ni l’éthique , ni la morale ) mais dans ses actes , au moins depuis l’abolition de la peine de mort .

        Comme il n’y a pas peuple sans Constitution , il n’y a pas société sans Justice ( ou la Barbarie) .

      12. @Clo Clo :

        Il faudra bien qu’un jour Mowgli devienne Tarzan .

        @Thomas :

        Un peu court et sybillin , je ne suis donc pas sur de comprendre .

        Mais  » je refuse la prétention » sonne comme sa propre négation .

        Pour ce qui est de refuser de parier , il n’y a pas vraiment le choix , sauf à refuser de vivre .

      13. Dissonnance,

        « Dès lors qu’on admette une notion comme le déterminisme (ce qui est relativement répandu dans les idéologies dites « de gauche », me semble-t-il), la notion de responsabilité individuelle prend de fait un caractère particulièrement relatif, chaque individu étant alors le produit complexe d’influences qui lui sont peut-être exclusivement extérieures. « Je suis ainsi, je me comporte de telle manière non pas parce que je l’ai décidé mais parce que le monde et l’histoire m’y ont conduit » peut-on alors affirmer. ».

        Pour le croyant que je suis, ce mot me vient à l’esprit: prédestination.

      14. déterminisme responsabilité, prédestination.
        Ces termes courent en français et dans les langues proches avec sans doute à peu près la même aire de signification. Mais allez dans un pays où le système de caste fonctionne en sous-jacent de la plus grande démocratie du monde, et ils seront traduisibles avec beaucoup d’ambigüités.
        Difficile de ne pas reconnaître qu’il existe des déterminations sociales (voir Marx entre autres) et individuelles (voir Freud entre autres). Mais c’est tendanciel car des exemples concrets existent qui semblent contrevneir aux règles de répétition, de re-production. Et de ces déterminations, voire surdéterminations, en faire prédestination montre une certaine foi interpellable tout de même au cas par cas. Clair que dans un monde où la science et ses effets ont bouleversé une certaine forme d’immobilité (instable pourtant) et de reproduction sociale (avec ratés) pendant des siècles, la question de la liberté est devenue incontournable ce qui n’implique pas qu’elle soit sans borne ni limite. La responsabilité, en dehors des pourparlers quotidiens, de revendication ou de dénonciation sur le marché entre ego des échanges sociaux, n’a de consistance que référé au droit qui en définit le cadre du général au particulier. Et quand l’affaire est obscure il y a recherche de la vérité pour attribuer les responsabilités. En extra il y a même la responsabilité suprême https://en.wikipedia.org/wiki/Act_of_God mais ce qui me fait toujours marrer c’est le couple erreur humaine/défaut matériel. Comme si un défaut matériel n’était pas aussi une erreur humaine, mais dont la source reste indéterminable au su du nombre parfois colossal des petites mains participantes.

      1. Et…il semble que rien, même parmi les plus hautes instances européennes, ne puisse remédier à ce mal. L’Ukraine me semble être un bon exemple de cette incapacité à éradiquer le nazisme.

  12. L’avenir de Nicolas Hulot ?
    Hulot a eu quelques formules curieuses ce soir au JT
    Il a l’intuition « que les clefs du succès dans la nature c’est la diversité et que c’est vrai en politique ».
    Je ne sais pas quelles notions culturelle de succès courent dans la nature ?
    « Deux mots ont été prononcés au Conseil des Ministres : liberté et loyauté ».
    Amha c’est une définition retreinte des deux, mais pourquoi pas.

    Le plus étonnant, que le journaliste ne relève pas c’est « je fais rentrer le court terme dans leur logiciel ». Lapsus complètement inconscient qu’aucun des deux ne corrige. Je souhaite à Hulot plus long terme qu’à Léon Schwartzenberg.
    Source : http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-jeudi-18-mai-2017_2186403.html

    1. J’accorde le bénéfice du doute à Hulot (plutôt que de perdre 5ans même si on fait avancer un peu les choses c’est toujours ça de pris, je suppose que c’est ça logique et elle est respectable). Mais pour Macron j’ai vraiment du mal à croire qu’il appuiera Hulot le moment venu. Je ne me risquerai pas sur ce terrain avant le remaniement post législative tellement ça sent le coup fourré.

  13. La chronique d’Attali, à lire votre résumé, ne paraissait pas aller bien loin. Fallait-il la reprendre à nouveau et la prolonger ?
    La question sur l’age de nos enfants est un sophisme : nous les avons vers 20-35 ans, ils nous suivent de ce délai. Effectivement, comme nous vivons bien plus vieux qu’auparavant, nous pouvons nous soucier de ce qui arrivera à nos enfants, nos petits-enfants, et même vaguement leurs enfants (qui naîtront dans dix ans, ou plus, et vivront la fin du siècle). Mais après ? Ce n’est plus imaginable, et donc sans empathie.
    Notre humanité est immature, qui ne le sait ? Immature par rapport à nos progrès technologiques, « trop » rapides.
    Un recours à une « religion » nouvelle et humaine pour restaurer des interdits fictionnels, des limites, une manipulation des esprits ? Ce serait une défaite. Et puis, notre XXe siècle n’a-t-il pas donné en ce sens ? Donnons une 2e chance au socialisme, si nous en avons les forces. J’en doute.

  14. Souvent les fictions sont plus éloquentes que les grands discours théoriques. Revoyons Wall-e https://www.youtube.com/watch?v=pvMCeLQiCDk et lisons L’Ere du Levant https://iatranshumanisme.com/2016/06/04/anne-fremaux-lere-du-levant/ . La sottise de la fuite dans l’espace et l’horreur du transhumanisme et du post-humanisme s’y font SENTIR avec force et peuvent aider les adeptes du déni à enfin réaliser ce qu’on pourrait nous préparer.

    1. Ah je dois dire que l’article/manifeste de votre lien intitulé « être mutant » vaut son pesant de cacahuètes. Je n’ai pas regardé qui est à l’origine de ce site mais il mérite une petite visite au monde métamorphique dont « Les Mutants sont les observateurs de l’histoire finissante des hommes, mais les acteurs conscients de l’évolution buissonnante du vivant.
      Nous sommes l’origine du futur. »

  15. Bonsoir.
    On peut, dans une certaine mesure, prédire queqlues futurs. Et donc incorporer, raisonnablement, certaines probabilités s’y rapportant à des projections diverses.
    Mais par définition l’avenir est inconnaissable (comme son nom l’indique).
    Vouloir incorporer des termes inconnaissables à quoi que ce soit relève donc de la pensée magique. Ce qui ne veut pas dire que certaines visions ne se réalisent pas.
    Cordialement.

  16. « Comment faire pour incorporer dans l’Humain (dans sa chair et/ou son esprit) le souci du long terme, sans le priver de son incarnation dans le présent ? Ne sommes-nous qu’inscrits dans le présent ?  »

    Comment se projeter dans l’avenir sans un solide point d’appui dans le présent… avec le corps.
    Or que constate-t-on chez les lycéens pratiquant l’EPS (éducation physique et sportive) depuis plusieurs années au regard de la finalité et des trois objectifs du BO ?

    Je note que la réussite et l’efficacité sont citées en premier, avec, lisant le développement du premier objectif, une priorité au goût de l’effort et à la compétition. L’accent est donné sur ces points me disaient des profs d’EPS alors que je m’étonnais du curieux rapport au corps des jeunes, à savoir, le sans corps. Comment serait-il alors possible d’incorporer… les termes d’un avenir ?
    En effet, je sollicitais les profs d’EPS quand j’ai commencé à faire faire quelques exercices de respiration et de concentration pour surmonter le stress des examens ou lorsque les jeunes sont très agités. Beaucoup ont peur du silence, des pensées qui défilent ou s’étonnent qu’un son qui vibre dans le corps. Malgré cela, ils sont en demande.
    L’incarnation dans le présent dont vous parlez me semble un point faible dans l’éducation laquelle ne développe pas au mieux la (R)esponsabilité. Pour l’éducation nationale, le corps est avant tout un outil de compétition…

  17. La seule philosophie réellement radicale qui change le monde commence par notre assiette : nous sommes ce que nous mangeons, faites comme moi, devenez végétarien. A chaque repas végétarien strict que vous ferez après avoir lu ce message, vous ferez plus pour le monde sensible qu’en payant ces putains d’éco-taxes du gouvernement Macron. L’idéologie du WWF et de la banque Rothschild n’est pas écologique, c’est de l’éco-blanchiment. Il suffit de s’informer sur le site de Hulot pour se rendre compte de la supercherie : Rien ne les changera, alors « idéaliser son assiette » est la meilleure alternative ! Bon appétit.

    1. bonjour,

      personnellement, à 45 ans, j’ai radicalement changé mon régime alimentaire qui ne comprend plus aucune viande….

      C’est une prise de conscience, par rapport à plusieurs éléments que je ne détaillerai pas. Mais je ne fais aucun prosélytisme par rapport à mon entourage sur le sujet car c’est justement une prise de conscience individuelle.

      1. @Juannessy,
        En Inde, les citoyens discutent sur le fait d’obliger certaines villes au régime végétarien strict. C’est l’éthique qui peut prendre le pouvoir.

      2. Paul Ricœur ( puisque il revient dans l’actualité) vous répondrait qu’entre Pouvoir et Ethique , il y a la Justice .

        Et je suis bien d’accord avec lui .

  18. Migrer sur une autre planète est une projection de l’esprit, ce même esprit qui vit dans un corps physique et matériel mais qui ne veut pas en prendre réellement conscience avec toutes les conséquences qui y sont reliés.
    L’espèce humaine par définition est d’abord, sur terre, une espèce animale dépendant exclusivement des ressources de la planète c.à.d. pour l’essentiel, eau, air et terres arables de qualité adéquate.
    L’esprit « libre » vit sans contraintes physiques, mais incarné cette liberté disparaît et l’esprit est soumis aux impératifs matériel sans compromis possible. Les règles d’existences terrestres sont tout autre qu’une vision spirituelle évanescente.
    La principale particularité dans les règles de fonctionnement de la biosphère terrestre est que nous formons un « tout » avec toutes les autres espèces animales, végétales et minérales. Cette assemblement hétéroclite que l’on appelle « biodiversité » constitue le moteur qui régit le maintien de notre mince espace de vie sur la planète, eau et air propre, etc.
    L’équation est simple à comprendre, tant se porte la biodiversité tant se portera l’humain, pour l’instant le bilan est négatif tant qu’au maintien de cette biodiversité
    L’espèce humaine « corps et esprit » consomme 1.6 fois les possibilités terrestres, dit autrement, nous consommons le capital et ce qui le régénère.
    Le ratio 1.6/1 doit passer à .9/1 le plus rapidement possible sinon c’est la disparition de toutes les espèces.
    La diminution des activités humaines est la seule solution à ce problème. Les technologies existantes sont amplement suffisantes et performantes pour effectuer cette diminution sans atteintes à une qualité de vie acceptable, pour ce qui est du niveau de vie de certains individus, c’est autre chose.
    La recherche de nouvelles technologies, propre à la pensée magique des petits esprits, ne fait que retarder des prises de décisions urgentes et amplifie encore davantage l’épuisement des ressources, si nous attendons encore davantage même les technologies existantes seront inutilisables.
    C’est seulement quand l’esprit humain aura vraiment compris, intégré et appliqué ces règles de fonctionnement terrestre qu’il pourra prétendre à la survie de l’espèce Humaine.

    1. Merci Alain pour ce commentaire.
      Mon opinion personnelle est la même que la vôtre. Je pense que nous sommes nés au sein de cette Biosphère, qui est comme notre matrice, notre Terre-Mère (Edgar Morin), et que c’est ici que nous sommes le mieux. Il est facile de constater a contrario à quel point toute tentative de nous en échapper implique des efforts et des dégâts considérables (quelqu’un a écrit « L’enfermement planétaire » qui exprime bien la chose).
      J’émets de sérieux doutes personnels quant à notre capacité effective de « coloniser l’espace ».

      Néanmoins, scientifiquement, je ne peux écarter l’hypothèse d’une colonisation effective de l’espace. Je n’ai aucune preuve rédhibitoire à présenter. Au contraire, même au sein de la Biosphère (qui n’est pas habitable en tout point), l’être humain a démontré son extraordinaire capacité à se mouvoir dans des environnements mortels pour son organisme, en créant des « micro-environnements » confinés autour de son corps pour se maintenir en vie (scaphandre, sous-marin, avion, combinaisons et masques respiratoires, etc.). Sur cette base, on ne peut certainement pas écarter a priori la possibilité qu’il parvienne à faire de même à très long terme dans l’espace (voire sur une planète pas trop éloignée des conditions de la nôtre).

      Enfin, démocratiquement, je ne peux pas écarter l’hypothèse de colonisation de l’espace si elle est souhaitée par une partie de la population humaine dans le futur (comme c’est déjà le cas au présent). Qui suis-je pour prétendre savoir ce qui est bon pour mes congénères ? C’est justement le nœud de mon argumentaire. Inversons la charge : qui êtes-vous, vous mes congénères qui détruisez la biosphère et/ou aspirez à coloniser l’espace, pour me priver de ma liberté de rester sur cette Terre, et priver nos descendants de cette même liberté ? Voilà la question que je pose (moi qui souhaite que l’espèce humaine demeure sur cette planète le plus longtemps possible. Rien n’empêche qu’une branche de l’espèce se spécialise dans l’existence harmonieuse avec la planète, optant pour la sobriété, la stationnarité circulaire, la modération, et qu’une autre branche se lance à l’assaut des confins spatiaux, optant pour l’audace, la conquête, etc.

      D’ailleurs, n’est-ce pas ce qui s’est toujours produit dans l’Histoire ? L’espèce n’est-elle pas un mélange d’individus qui se répartissent sur le continuum de la contemplation stationnaire jusqu’à la conquête en mouvement ?
      Il y a toujours eu des casaniers et des explorateurs.

      J’ai l’intuition également que notre futur dépend de l’équilibre entre ces tendances humaines. Chacun doit jouer son rôle.

      Moi je suis un casanier mais je m’adresse aux apprentis sorciers : ne détruisez pas ma planète ! (c’est aussi dans votre intérêt !)

      1. Je ne suis pas specialement casanier mais c’est exactement ce que je voulais exprimer maladroitement au dessus…

        Qui sommes-nous pour juger que le reste du vivant nous « appartient » !

        La solution ne pourras par contre pas advenir si l’humanité se divide en 2 sur cette question !
        La gourmandise des uns detruira les autres… (nous le vivons deja).
        Ca me rappelle le cours de philo sur la maniere de voir la société de Platon…
        Le prof : vision tres autoritaire.
        Moi : le probleme c’est que si on oblige pas les philosophes a prendre le pouvoir (dont ils ne veulent souvent pas), les sophistes le feront et la corruption commence. Et la Democratie commence à disparaitre !

        P-e simpliste mais pas loin de la réalité je pense.

      2. D’autres parlent de nomade et de sédentaire , en avançant que la « globalisation  » paradoxalement , marque le summum du nomadisme , et sa fermeture : la terre .

        Le propre du nomadisme c’est l’échange : communication , amours , achats , croyances .

        Le super nomadisme pourrait être le trans-humanisme . Une illusion .

        Il va falloir que nous apprenions à être sédentaires sur notre planète finie , en restant nomades (sans doute de plus en plus virtuels ) .

      3. @Clo Clo :

        Se vivre comme une île , c’est d’une certaine façon reconnaître l’attrait potentiel d’un ailleurs , et ça développe parfois ( voire les british , les corses et quelques autres isolés marins ) des tendances à l’obsidionnite favorisant des solutions expéditives et dites pragmatiques , sinon de corps expéditionnaires .

        En même temps , la nature sphérique de notre île rend la cohabitation plus jouable .

  19. N’est-ce pas étonnant, deux femmes (Annie et Armelle) pour nous rappeler que nous sommes aussi fait de chair et d’os ? A méditer messieurs… quand on parle « d’incorporer les termes de l’avenir ».

    Cédric, tu poses la question essentielle de comment transformer une société : par l’autorité de l’Etat (au risque de l’autoritarisme), par la science (au risque du transhumanisme, qui est aussi un autoritarisme), par la spiritualité (au risque de l’inquisition), par l’Education (au risque de l’embrigadement d’enfants soldats à la Daesh) ?
    Quand tu dis : « On ne peut résoudre ce paradoxe qu’en reconnaissant l’existence d’affects humains fondamentaux qui l’inscrivent de toute éternité dans la postérité la plus lointaine : le désir d’immortalité, de gloire dans une version extrême, la volonté de laisser une trace, de transmettre, dans une version plus modérée, sont également des « donnés » humains. » S’il est indiscutable que l’humain dispose d’affects fondamentaux, il me semble que ceux que tu énumères ressemblent plus aux affects des « gens de pouvoir » (Pharaon, Roi, Président, PDG…)

    La très grande majorité de l’humanité s’est contentée, depuis des lustres, d’avoir comme affect principal, sa propre survie individuelle en assouvissant tant bien que mal ses besoins fondamentaux. Mais il est vrai que cette grande part de l’humanité ne semble pas avoir d’Histoire (sauf peut-être un peu depuis Les Annales). Même le Facteur Cheval n’avait pas de projet d’éternité ni de transcendance en réalisant son œuvre. Les gravures rupestres étaient vraisemblablement l’œuvre de personnalités spécifiques dans la structure clanique de l’époque et leur sens nous échappe encore. Que dire de la promesse du « Paradis céleste  » en échange d’une vie terrestre de soumission ? N’était-ce, là encore, qu’un argutie du pouvoir d’une minorité ?

    Ce que je vois et entends de plus en plus autour de moi, ce sont des personnes comme Annie qui choisissent le changement par le bas, le changement par soi-même. C’est aussi une réappropriation du Pouvoir par chacun de nous. Et il y a dans cette dynamique un véritable changement de paradigme. Plutôt que d’attendre une hypothétique prise de conscience de l’oligarchie, ou la prochaine Révolution sociale, mettre en œuvre une évolution des consciences et en premier lieu, de la conscience de soi.

    Je ne sais pas si cela répondra à la question que tu poses, Cédric, mais cette dynamique populaire est belle et bien à l’œuvre.

    1. Elle est belle , c’est sur .

      A l’œuvre , peut être .

      Efficace , faut voir , et apparemment Paul Jorion a plusieurs fois exprimé à la fois ses encouragements pleins de sollicitude , mais son peu d’espoir dans les seuls colibris .

      Et je suis bel et bien de son avis .

    2. Merci Pascal pour ce beau commentaire.

      – Je distinguais effectivement, d’une part, désir de gloire et d’immortalité qui concerne surtout une certaine élite à toute époque (politique, artistique, intellectuelle, scientifique, militaire, etc.), moins la plupart des gens (mais songeons malgré tout à ces représentants des classes les plus populaires qui se damnent pour participer à la télé-réalité et devenir « quelqu’un » à partir de rien) et, d’autre part, désir de laisser une trace et de transmettre, qui selon moi s’adresse à n’importe qui. Le simple fait de faire des enfants s’inscrit à mon sens au moins inconsciemment dans le désir de laisser une trace et de transmettre. Je pense donc bien mettre le doigt, intuitivement, sur un affect fondamental humain, qui s’exprime évidemment différemment sur un continuum, en fonction des individus et de leur situation, un affect qui est une sorte de projection de soi après sa propre mort.

      – Bien sûr, chaque piste de changement que j’évoque recèle sa part d’enfer comme vous le signalez. Mais je pense que la voie de la méditation est bien la moins « invasive », la moins « dénaturante » pour l’être humain et la plus susceptible de respecter et créer des individus autonomes, réflexifs, responsables et … heureux. La méditation, c’est bien le changement par le bas, en soi, que vous appelez. Le « soyez le changement que vous voulez voir advenir dans le monde » de Gandhi. La vrai méditation pousse l’individu à acquérir de puissants anticorps contre l’embrigadement de quelque nature que ce soit.
      Vous parlez d’incorporer et de réaction féminine de chair et d’os (elles qui donnent la vie), je pense que justement, la méditation est une pratique corporelle avant tout (je l’ai découvert en la pratiquant, moi qui croyant qu’il s’agissait d’une pratique mentale, de l’esprit, c’est tout le contraire. La méditation est donc un des plus anciens moyens pour incorporer une conscience corporelle et mentale plus élevée, plus à même selon moi d’intégrer le long terme et la responsabilité.

      1. Votre malice vous handicape, relisez, ça se mélange dans votre phrase, ce n’est pas ça.
        Si l’on fait toutes choses en consciences et reliées, nous arrêtons ces sottises, juste cela.
        Attention to your mind, it brakes.

      2. Un peu mon neveu qu’il freine, et des 4 fers. Mettre en doute le réel et les relations de cause à effet c’est le premier pas, ensuite on s’attaque à l’égo, pour finir on a un cerveau bien propre. C’est comme celà qu’on monte des sectes ou qu’on fait enfiler des vestes de TNT à des esprits qui ont cédé à ce genre de chants de sirène.

      3. Oh alors là vous aller bien loin à défaut de freiner il s’emballe.
        Mettre en doute le réel, S’attaquer à l ego .
        Rien est justement retranscrit de ma démarche.
        Gros bisous

      4. Et en plus en vous répondant je fais des fautes d’orthographe, car vos accusations sont un tantinet pertinentes bien que ici Grandement ridicule.
        Ne craignez rien tonton

  20. « Suis-je responsable du monde dans lequel vivront mes enfants quand ils auront l’âge que j’ai aujourd’hui ? », interroge l’essayiste de triste réputation Attali.

    Evidemment oui, collectivement et individuellement nous sommes responsables du devenir de l’humanité.

    Mais qu’un conservateur comme Jacques Attali ose tenter venir faire une leçon de moralisation à la terre entière, c’est une preuve supplémentaire que le cynisme de ces gens n’a plus de limites.

    Si ces nihilistes nous parlent de science fiction, de conquête spatiale et d’éventuelles colonisations extraordinaires, c’est qu’ils n’ont finalement plus de solutions pour l’ordinaire des terriens.

    99% des hommes sont détruits, au titre de l’enrichissement perpétuel du 1 % restant, La Planète est détruite chaque jour un peu plus, noyée dans les boues rouges de l’anarchie capitaliste et la mauvaise foi des biens pensants de l’espèce d’Attali, et les progressistes pourtant hésitent encore à se plonger dans l’étude sérieuse de la Révolution.

    Le blocage fondamentale de notre monde en voie d’implosion est idéologique.

    Sans révolution socialiste à court terme, l’humanité est menacée d’être emporter par une catastrophe littéralement historique.

    Léon Trosky et son optimisme révolutionnaire résumait le sens du combat pour le socialisme :

    « L’homme socialiste maîtrisera la nature entière, y compris ses faisans et ses esturgeons, au moyen de la machine. Il désignera les lieux où les montagnes doivent être abattues, changera le cours des rivières et emprisonnera les océans. Les idéalistes nigauds peuvent dire que tout cela finira par manquer d’agrément, c’est pourquoi ce sont des nigauds. Pensent-ils que tout le globe terrestre sera tiré au cordeau, que les forêts seront transformées en parcs et en jardins ? Il restera des fourrés et des forêts, des faisans et des tigres, là où l’homme leur dira de rester. Et l’homme s’y prendra de telle façon que le tigre ne remarquera même pas la présence de la machine, qu’il continuera à vivre comme il a vécu. La machine ne s’opposera pas à la terre. Elle est un instrument de l’homme moderne dans tous les domaines de la vie. »

    Voilà à quoi il faut travailler, et le leg à apporter à nos enfants et nos petits enfants, et les enfants de nos petits enfants. Mais pour le faire il faut arrêter de rechercher des dérivatifs dans les étoiles.

    Nos enfants actuellement ne rêvent même plus d’étoiles, mais de la guerre des étoiles, matraqués qu’ils sont par l’idéologie dominante, invariablement et inconditionnellement défendue par Attali et les chiens de garde de son espèce.

    Marx écrit dans son Capital:

    « …La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur …» (Le Capital livre 1- chapitre XIII).

    Aussi essayons d’être clair, la besogne n’est pas de rechercher de nouveaux et hypothétiques espaces de vie pour nos enfants, mais de vite nettoyer la Planète de la pollution et des souillures capitalistes.

    « Crise écologique », « crise alimentaire », voire « crise sociale », ces expressions sont utilisées en boucle par les idéologues au service du capital et par ses agents dans le mouvement ouvrier, afin de masquer qu’en réalité, c’est de la crise du mode de production capitaliste, à son stade suprême de développement dont il est question. Effectivement, l’impérialisme pourrissant mène l’humanité toute entière à la catastrophe.

    Marx et Engels n’ont jamais expliqué que le développement de la production et de la productivité du travail en soi allait permettre mécaniquement à l’humanité de résoudre les questions fondamentales qui assaillent les larges masses. Pour eux, la condition nécessaire pour que l’humanité passe à un stade supérieur de développement en intégrant les acquis du mode de production capitaliste était d’en finir avec l’aliénation du travail par le capital. En clair, qu’à l’échelle mondiale, il était nécessaire que le prolétariat prenne le pouvoir et exproprie le capital. Ce sont les fondements du combat pour le socialisme.

    Vous voulez offrir un avenir pour vos enfants, apprenez les à aimer la révolution et le socialisme !

  21. « Vous voulez offrir un avenir pour vos enfants, apprenez les à aimer la révolution et le socialisme ! »

    Mouai,
    Les enfants de qui ?
    Me priver de donuts et de TV ?
    Me priver de jet lag aux antilles ?

    Les épuiseurs ne sont pas les épuisés. D’ailleurs les épuisés ont la sagesse de se noyer en méditerrannée pour ne pas nous envahir.

    Vous voulez offrir un avenir aux autres, apprenez la coopération, la parcimonie et l’a-domination

  22. Francois dit :
    19 mai 2017 à 16 h 24 min
    « Vous voulez offrir un avenir pour vos enfants, apprenez les à aimer la révolution et le socialisme ! »

    Mouai,
    Les enfants de qui ?
    Me priver de donuts et de TV ?
    Me priver de jet lag aux antilles ?

    Ce ne sont pas les enfants qui sont comme ça depuis trente ans, c’est les parents !

      1. Et bien camarade, puisque vous me semblez être un gros malin, c’est à vous de vous faire une opinion, et de faire le tri entre les bons trotskystes et les moins bons !

        Vous croyez vraiment que le trotskysme consiste à se soumettre au premier populiste venu ?

      2. « Face à Macron, mobilisation générale ! », nous conseillent nos camarades trotskistes anglais !

        « …les élections législatives des 11 et 18 juin prochains sont très ouvertes. La puissante dynamique de la France insoumise, qui a porté Mélenchon à 19,6 % des voix, peut se poursuivre et s’amplifier. La France insoumise doit mener une campagne offensive, radicale et qui affiche clairement son ambition de l’emporter… »

        Ajoutent ces trotskistes de la « tendance marxiste révolutionnaire » qui se sont fait une spécialité, de faire de l’entrisme, dans les vestiges de ce que fut les partis staliniens.

        A juste titre, cette divergence de vue entre trotskystes français et trotkistes anglais sur le mouvement France insoumise peut surprendre.

        Le camarade Rosebud1871 fait preuve d’une belle initiative à mettre en ligne le site de ce groupe, et de s’interroger ouvertement sur l’orthodoxie marxiste des uns et des autres.

        Qu’il ne me tienne pas rigueur si je me permets de venir alimenter sa réflexion.

        La position de principe historique du marxisme quant aux élections bourgeoises c’est le vote de classe:

        « … Que partout, à côté des candidats démocratiques bourgeois, soient proposés des candidats ouvriers, de préférence parmi les membres de la Ligue, et dont on devra favoriser l’élection par tous les moyens possibles. Même là où il n’existe pas la moindre chance de succès, les ouvriers doivent présenter leurs propres candidats … » (Engels & Marx, « Adresse du comité central », mars 1850)

        Inutile de développer donc et de souligner que la France insoumise est un mouvement populaire, plus que spécifiquement ouvrier. Nos camarades anglais font donc il me semble une entorse à la doctrine lorsqu’ils semblent vouloir soutenir et pousser à la victoire de Mélenchon.

        Au delà de ses vicissitudes et de ses turbulences sans nombre, au cours de l’histoire, le trotskysme s’est fait connaitre essentiellement à travers la tactique du front unique ouvrier. Étonnant donc que sur leur site, les camarades anglais n’y fassent jamais allusion.
        Sans doute un oubli ! Ou plus sûrement peut-être, l’expression chez eux d’un flottement idéologique, qui non seulement leur fait prendre un populiste pour un communiste en France, flottement qui peut aussi les amener à ne pas être complètement immunisé, vis à vis d’une propagande chauvine dans leur propre pays.

        Je m’explique. On sait que le mouvement ouvrier britannique, à la base, s’est exprimé nettement pour le Brexit. Aucune difficulté donc pour lui de coller à sa bourgeoisie sur ce terrain.
        Même bourgeoisie qui ne cache pas qu’elle verrait d’un bon œil, à présent qu’elle est affranchie, de voir se développer une crise existentielle en Europe.
        De là à imaginer les trotskistes anglais, user de leur petite influence, pour pousser en avant des candidats ouvertement critiques vis à vis de Bruxelles en France. Sans verser dans le complotisme, on peut quand faire travailler sa matière grise.

        Bref, je ne crois pas que ces camarades de Ken Loach se soient montré très inspiré à s’immiscer dans cette compliquée politique française, sans avoir préalablement consulté leurs camarades du NPA, qui eux sont un peu plus catégorique vis à vis du cas Mélenchon :

        « … Le populisme de gauche ne constitue pas une alternative crédible au populisme de droite. Dénué de pouvoir réellement émancipateur, incapable de dépasser l’imaginaire autoritaire et productiviste et de contester radicalement les dominations (des hommes et de la nature), le populisme de gauche mène « le peuple » qu’il prétend construire dans une impasse autoritaire qui affaiblira les mouvements sociaux et citoyens et profitera au bout du compte au duo pervers du néolibéralisme et du despotisme… »
        ( Le populisme de gauche ne constitue pas une alternative crédible au populisme de droite. Thomas Coutrot, économiste, militant altermondialiste, co-auteur du Manifeste des économistes atterrés. Blog Anti-K. NPA).

        A lutte Ouvrière, on est encore plus catégorique:

        « …Un nationalisme exacerbé.
        En choisissant « la France insoumise » comme slogan de campagne, Mélenchon a d’emblée choisi de se placer sur le terrain du nationalisme et du souverainisme, suggérant ainsi que tous les Français, de Patrick Drahi patron de SFR à l’intérimaire sous-payé qui installe la fibre dans les immeubles, auraient les mêmes intérêts. Pire, au fur et à mesure qu’il progressait dans les sondages, Mélenchon est allé jusqu’à interdire la présence des drapeaux rouges et la reprise de l’Internationale dans ses meetings. Cela lui a même valu les hommages, intéressés mais significatifs, du vieux Le Pen, à la pêche aux voix pour sa fille dans l’entre-deux-tours.

        Ce délire cocardier n’est ni nouveau ni anodin. C’est le PCF qui commença, dès 1936 et surtout dans la période 1944-1947, à remplacer le drapeau rouge du mouvement ouvrier par le drapeau bleu-blanc-rouge de la patrie, celui des batailles de Verdun et des conquêtes coloniales. Ce changement symbolisait sa participation ou son soutien à des gouvernements mis en place pour sauvegarder l’ordre bourgeois, en désamorçant la combativité des travailleurs dans des périodes de crises politiques. En remplaçant méthodiquement depuis plusieurs décennies la devise « prolétaires de tous les pays, unissons-nous » par l’amour de la patrie, et « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » par le « voter utile », les dirigeants des partis socialiste et communiste ont pavé l’accès des idées du Front national à la conscience – ou plutôt l’inconscience – des classes populaires.

        Comme d’autres, dont le Front national, Mélenchon n’a cessé de rendre l’Union européenne (UE) et la Banque centrale européenne (BCE) responsables de tous les maux dont souffrent les travailleurs, à commencer par les suppressions d’emplois et l’austérité. La sortie de l’UE qu’il laisse entrevoir est largement une posture (…)
        En promettant de supprimer la directive européenne sur les travailleurs détachés, sans contester par ailleurs le droit des patrons à fixer le montant des salaires et les conditions de travail, à embaucher des intérimaires ou des sous-traitants, Mélenchon distille le poison de la division dans la tête des travailleurs. Quelles que soient les contorsions pour la nuancer par la suite, sa déclaration à l’été 2016, selon laquelle « les travailleurs détachés volent le pain des travailleurs d’ici », fait directement le jeu du Front national.(…)

        S’il a adopté, comme tous les candidats, une posture antisystème et trouvé les mots pour l’incarner, Mélenchon s’est employé à apparaître tout au long de sa campagne comme un dirigeant politique responsable des « intérêts de la France ». Si Mélenchon s’est dit prêt à renverser beaucoup de choses, la Constitution, la Ve République ou les traités européens, il n’a jamais envisagé, et pour cause, d’imposer la moindre mesure coercitive aux grands groupes industriels de ce pays. Prétendre redonner le pouvoir au peuple sans l’enlever des mains des grands bourgeois qui le possèdent relève de l’enfumage… » (Mélenchon, insoumis aux intérêts des travailleurs lutte de classe n°184 – mai-juin 2017)

        C’est ainsi que sur ce blog se développe une discussion très intéressante entre les tenants de l’enfumage permanent et les tenants de la révolution permanente. Si certains peuvent traduire en anglais cette discussion et la faire parvenir à nos camarades outre-manche , ils illumineront Londres et les camarades CloClo et Roseburd .

      3. Marx n’était pas marxiste, Trotski pas trotskiste. Les deux sont morts et enterrés depuis longtemps. Tout est dit ! Le reste sont des commentaires sur des commentaires, en boucle, à l’infini des paroisses et des individualités, des querelles byzantines sur le sexe des anges d’une nullité destiné à paralyser sans fin ceux qui tombent dans leurs toiles. Donc, sans aucun intérêt pour les vivants en mouvement. Plus profitable est de lire le Petit Prince, oui assurément.

      4. Cloclo.

        Pense ce que tu veux, mais soit assuré que tu trouveras toujours un bolchevique-léniniste pour s’opposer, par tous les moyens, à ton mouvement, méthodiquement construit, pour maintenir le prolétariat prisonnier de la Nation, cette défense de la patrie qui par le passé aura fauché tant d’ouvriers vivants !

        Trotsky s’écrit avec un Y !

        « … Dans « Le Mouvement syndical en France: 1871-1921 » (ouvrage de 1982), l’auteur parle de « l’usage français » pour le choix de l’orthographe Trotsky. Une simple recherche sur google et google books montre la prédominance pour « Trotsky » qui, si elle n’est pas écrasante en français, n’en demeure pas moins nette. Et si « Trotsky » était une « orthographe ancienne », je ne pense pas que Jean-Jacques Marie l’aurait utilisée pour sa biographie qui, elle, date de 2006. Autre chose : un texte de Daniel Bensaïd (trotskiste lui-même, et a priori bien informé) qui utilise la forme « Trotsky ». On peut également mentionner, pour attester du caractère usuel et prédominant de la forme en Y, ce site, celui-ci et encore celui-ci qui, par ailleurs, permet de voir de manière plus distincte la signature, avec un « Y » très reconnaissable (ne parlons même pas du cercle Léon Trotsky de Lutte Ouvrière : les trotskystes eux-mêmes emploient la forme en Y). (Wikipédia)

        Il n’y a que les anti-communistes primaires qui écrivent « trotski » avec un i . Raison de plus pour marquer une nette défiance vis à vis de cette France insoumise vulgaire « dégage », et irrespectueuse « écorcher un nom c’est retirer une humanité », cette France insoumise qui croit déjà que tout lui est dût !

      5. CloClo 20 mai 2017 à 14 h 11 min
        Mais non, mais non, regardez nos fondateurs de religion, de philosophies, etc. morts et enterrés mais bien vivants par effets de transmission. Dans mon souvenir Marx a dit qu’il n’était pas marxiste quand il a lu un ouvrage de vulgarisation de sa « pensée » traduite en Français. J’ai oublié par qui. Il y a eu aussi l’élévation en concept du marxisme façon Althusser différenciant un Marx hégélien puis un Marx marxiste ; toutes les disciplines ont affaire à ce genre de problématique visant à cerner ce qui fait bascule d’un trajet théorique, point de rupture, nouveauté. Et c’est avec ce genre d’outil que se qualifie, droite, gauche, réformiste, révolutionnaire, centriste etc. Donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain

      6. Du calme Eninel, tu montes en pression assez facilement, on dirait un bon petit croyant auquel on dirait du mal de son prophète, mais mon grand bolchevickque, suffit de consulter la page wiki avec un i comme trotski :

        https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Trotski

        Ou avec un Y ou comme tu veux, m’en cogne, aucun intérêt. Il est clapsé depuis un baille le Léon, c’est pas lui qui va venir se plaindre hein ?

      7. Rosebud, (au fait en passant, prendre l’expression argotique du clito comme pseudo y a un sens ou pas du tout ? Bref),

        Personnellement je ne suis pas pour la catégorisation ni des gens, ni des idées. On touche très vite aux limites de l’exercice et cela n’apporte pas vraiment de connaissances contrairement à l’idée répandue, pire cela engendre souvent des erreurs graves d’appréciation. Les classifications sont artificielles et fragiles, on peut le voir tous les jours en politique.

        Au fait pour Eninel, je ne suis pas du tout un nain soumis.

      8. @CloClo.

        « …Du calme Eninel, tu montes en pression assez facilement, on dirait un bon petit croyant auquel on dirait du mal de son prophète… »

        Comment ne pas courir au secours d’un prophète désarmé ?

        Et en effet, en ce moment tout militant de gauche ne peut être qu’un peu à cran ! Prêche bien celui qui prêche sans parti !

        Moi j’ai le parti du prolétariat, et j’observe que sa fraction la plus combative et comme une bonbonne de gaz actuellement.

        Penses-tu passer les voir bientôt et leur dire: « Du calme les gars, vous montez en pression assez facilement,on dirait des bons petits incroyants du libéral macroniste triomphant ! »

    1. Comment est ce qu’on apprend à aimer ( à soi même et aux autres ) ?

      Si l’on apprend par les contraires , il faut aller aux Antilles pour y retrouver l’histoire du capitalisme , qui , selon Marx y est né au XVI ème siècle ainsi qu’aux « Amériques » .

      ( soumis au visa de Schizosophie ) .

      1. Comment est ce qu’on apprend à aimer ?

        En aimant soi même.

        Il y a un mimétisme chez nos enfants en construction. Ils aiment ce que nous aimons.

    2. Mais c’est vous deux, CloClo et Roseburd1871, qui êtes des sacrés, des sacrés faux culs !

      Initialement nous prenons langue et nous échangeons sur la pertinence du programme économique du mouvement FI. On est pas entrain de parler du sexe des anges, on parle concret.

      Et puis vlan, le camarade Roseburd1871 nous met en ligne le positionnement pro-mélenchon d’un groupuscule, histoire d’essayer de prouver que certains marxistes sont un peu moins psycho-rigide que d’autre, que certains préfèrent la modernité à la naphtaline.

      Pour alimenter la discussion, j’apporte des éléments prouvant que la modernité est peut-être de mon côté, et patatras le camarade CloClo me ferme sèchement la porte au nez, et son compère Roseburd1871 vient, comme d’habitude, nous assommer avec ses formules pseudo-philosophiques à deux balles:

      « …nos fondateurs de religion, de philosophies, etc. morts et enterrés mais bien vivants par effets de transmission… »

      Le marxisme n’est pas une religion, c’est une méthode d’investigation de la réalité qui permet de mettre en porte à faux les mensonges des faiseurs de bonnes aventures.

      Pour ne pas répondre des faits: la vacuité du programme économique de la FI, vous tentez de faire passer vos détracteurs pour des moines. Vous êtes des sacrés faux culs, vous êtes sans doute très astucieux, mais de quoi on besoin les travailleurs dans l’adversité, d’habilité sémantique ou d’une doctrine économique juste et viable ?

      « …c’est avec ce genre d’outil que se qualifie, droite, gauche, réformiste, révolutionnaire, centriste etc. Donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain… »

      Comme vous le dite si bien camarade Roseburd1871, face à l’Etat capitaliste, armé de pied en cap d’une idéologie culpabilisante anti-ouvrière, les travailleurs ont besoin d’un outil idéologique, d’une doctrine conséquente reposant sur l’expérience et la vérité, et cette outil c’est le marxisme.

      Ne pas jeter le bébé avec l’eau -sale- du bain, c’est non pas rejeter par principe une doctrine, chercher à laisser croire que tout corpus d’idées est forcément le propre de la religion, mais apprendre à différencier les bonnes doctrines et les mauvaises.

      Le problème avec Mélenchon c’est qu’il est entrain de foutre le bébé « socialiste » à la poubelle, sous prétexte qu’il n’est pas à son goût, et qu’il est entrain de lancer au visage de la jeunesse et du prolétariat travaillant en France, l’eau sale de l’obscurantisme idéologique d’avant le socialisme scientifique.

      Il faut aller au fond des choses. Il faut décortiquer les programmes économiques bourgeois et le programme de transition qui doit aider le prolétariat à s’émanciper idéologiquement des charlatans.

      1. Eninel 21 mai 2017 à 11 h 39 min
        « Le marxisme n’est pas une religion »

        C’est pour ça que je cherche pas à convertir.

      2. Rosebud1871
        « …C’est pour ça que je cherche pas à convertir…. »

        En es-tu si sûr ? Toute affirmation potentiellement a comme objet de convaincre, de convertir le dubitatif.
        Nous n’avons pas les mêmes croyances, voilà tout !

  23. « …Vous voulez offrir un avenir pour vos enfants, apprenez les à aimer la révolution et le socialisme !… »
    Enfin un peu d’humour !

  24. @Armelle
    « Apprendre par l’expérience et non par « une obsession de vouloir comprendre » à partir d’opinions qu’une personne se fera d’une école ou d’une théorie. Laquelle obsession maladive empêche le développement de la vie profonde de la compréhension liée à la mémoire du vécu.

    Voilà, c’est très proche de ce que j’évoquais ici:
    http://www.pauljorion.com/blog/2017/05/18/incorporer-les-termes-de-lavenir-par-cedric-chevalier/#comment-616603

    Ce « labeur » exige une humilité naturelle, l’esprit se développant sur le vécu.
    Une application à titre d’exemple: la science physique a besoin d’expérience(s), soit de travail sur la matière. C’est ce qui peut amener à la construction de théories valides.

  25. Intégrer durablement en soi les germes d’avenir, cela signifie concrètement pouvoir pénétrer consciemment dans des « mondes » qui depuis l’avenir agissent dans le présent.
    Une telle pénétration libre et consciente dans ces mondes s’appelle Initiation. Il ne s’agit pas dans le sens entendu ici d’un quelconque rituel, tradition ou acte formel extérieur, mais bien d’une transformation du noyau intérieur de l’être humain qui lui permet d’accéder à ces réalités « suprasensibles », dans des formes supérieures d’éveil de la conscience.
    Tant que les êtres humains voudront à ce point demeurer imprégnés de superstitions grossièrement matérialistes (notamment la croyance naïve en l’absence de l’existence de mondes suprasensibles ; ou la croyance, plus naïve encore, en l’absence d’une vie consciente après la « mort » et/ou avant la naissance, ce qui est réfuté par les faits eux-mêmes, dès qu’un être humain pénètre ne serait-ce que quelques instants dans ces sphères) , ils se barreront eux-mêmes l’accès à ces sources d’où jaillissent les véritables courants de vie et d’avenir.

    Ignorer ces réalités, c’est dans le fond demeurer aveugle et devoir se limiter à formuler des spéculations (c’est-à-dire vivre dans des mondes virtuels), certes bien intentionnées, mais totalement stériles quant à leurs effets.

    Le véritable enjeu actuel pour l’avenir (y compris social et économique) est donc le suivant : se décider ou non, à avancer avec le plus grand sérieux sur le chemin de l’Initiation… pas seulement pour soi mais aussi et surtout pour les fruits escomptés pour l’avenir de l’humanité.

    1. Stéphane
      Des commentateurs, comme vous, ici, semblent se tourner vers une « spiritualité » ou autre recherches de vérité intérieure, par le retour à soi, pour une réalité plus grande, le développement de la conscience, …, et ainsi accorder l’intérieur et l’extérieur, s’ouvrir à une autre compréhension du monde, du temps, de l’espace. Et ce que vous décrivez pourrait s’apparenter, dans nos repères actuels, à la transfiguration dans nos contrées, au non agir de l’Orient, au sentir des indiens de l’ouest, au culte des ancêtres du pacifique, etc.
      En quelque sorte, s’harmoniser pour qu’émerge une autre perception du monde, et, avec elle, une autre organisation sociale, des petits et grands collectifs, intégrant la nature, l’univers. Dites-moi si je me trompe.

      Pour le moment, force est de constater que nous faisons face à la déconstruction d’un monde, emmenant avec elle celle de l’équilibre de la nature.
      Néanmoins, le principe de justice et la loi d’Aristote ne prennent aucune ride dans cette recherche « hors cadre ». J’entends ceux qui appréhendent que les transformations intérieures opéreront un basculement vers la sphère sociale, conduisant vers une justice et une loi renouvelées. Et face à l’impuissance actuelle au niveau politique, ce chemin paraît le plus adéquat dans la mesure où elle est directement accessible.

      Mais je ne pense pas pour autant qu’il ne faille pas agir sur le champ politique et compter sur une transformation par actualisations de l’intérieur vers l’extérieur. Il faut, là, mettre tout en œuvre pour mener des actions, élaborer des lois ou en tout cas diffuser celles qui nous paraissent souhaitables et bonnes, de toute urgence, en sortant d’un certain attentisme. S’engager politiquement, syndicalement, en prenant la parole, sont des actes incontournables car il n’y a pas d’un côté les « spirituels » et de l’autre les « ouvriers » du monde social.

      1. La suite naturelle de l’humilité (dans l’initiation au sens de Stéphane) est la générosité.
        Elle passe par le verbe qui n’est rien sans l’action.
        D’aucuns diront que le verbe est déjà action…

      2. Bonjour Armelle,
        Merci de compléter le message que j’avais ébauché, en y ajoutant une autre face, tout aussi nécessaire que complémentaire.
        Ma pratique professionnelle consiste précisément à oeuvrer dans le champ économique et social (accompagnement d’entreprises en création ou en développement, qui sont innovantes dans le domaine social (dimension participative, nouvelles structures juridiques et de gouvernance,…), environnemental, financier (réalisation de plans financiers d’entreprises à faible rémunération du capital (ou pas de rémunération du tout !) …). Il s’agit souvent de projets pilotes en vue de préparer en effet ensuite des changements législatifs. Je rencontre quasi quotidiennement des personnalités passionnantes (chefs d’entreprise, bénévoles, responsables d’ONG, citoyens…) engagés dans ces directions très pratiques et concrètes et j’ai la chance de pouvoir collaborer avec celles-ci en tant que conseiller, accompagnateur et développeur de projets.
        Je tire le fondement de ma force d’action, de structuration et de discernement, non seulement des connaissances « classiques » des réalités « matérielles », qu’il est en effet indispensable de maîtriser de mieux en mieux, mais aussi de savoirs « initiatiques », qui sont tout aussi précis et précieux que les premières formes de connaissance.
        Avec vous, je reconnais qu’il serait tout à fait insuffisant, dans un certain sens, de se borner à de seules connaissances ou activités relatives à des réalités spirituelles (c’est bien ce qui fait la faiblesse et le caractère illusoire de toutes sortes de cheminements « spiritualistes » unilatéraux) ; l’action et la connaissance engagées dans le monde « sensible » sont incontournables. Puissent-elles toutefois puiser à des sources supérieures de sagesse.

    2. Depuis le passage de l’examen du permis de conduire , je n’ai suivi aucun chemin d’Initiation .

      Ça ne m’a pas manqué et ça ne me manque toujours pas .

      1. Juannessy
        « Ça ne m’a pas manqué et ça ne me manque toujours pas . »

        Ceci m’évoque immédiatement, en substance:
        « Je n’ai pas eu besoin de Dieu dans mes équations »
        (Einstein, sauf erreur)
        🙂

    3. C’est drôle, il y a pas très loin de chez moi, à l’entrée d’un village la photo de la tête du marquis Macron avec écrit en dessous SUICIDE SOCIAL. Comme quoi les gens peuvent être lucides.

    4. Allons-y alors
      Vers…. les champs morphiques, la mémoire de l’eau, la thermodynamique de l’évolution, l’agriculture biodynamique, les transmutations biologiques à basse énergie… et j’en passe et des meilleures.
      Ceci dit, je suis en grande partie d’accord avec votre commentaire.
      Les ingrédients qui constitueront le futur sont là mais la plupart ne s’en rende pas compte, seulement quelque uns commencent à penser comment faire un plat représentatif de ces éléments.
      L’énergie de la cuisson étant bien entendu l’énergie solaire.

  26. L’avenir de l’humanité… Rien que ça… Il faut bien un philosophe et un ingénieur de Thalès pour se donner la légitimité de pouvoir en parler, et d’avoir l’arrogance de le projeter dans les étoiles.

    Pas de quoi sodomiser une drosophile dirait Giono, qui dans un de ses textes, démontrait qu’on n’est pas capable de faire le tiers de ses prouesses avec la pesanteur.

    Giono, justement: « Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. « .

  27. Juan

    Dire que nous sommes responsable c est prétendre concernant notre niche écologique que nous avons peu ou prou une compréhension de la chose…cela est loin d être prouvé ! Nous n acceptons aucune part de mystère, ni autour de nous, ni en nous mêmes => casse pipe assuré !

    1. La responsabilité n’existe effectivement que si l’on prétend pouvoir accéder à une forme de représentation efficace de l’espace et du temps . Sinon , ce n’est qu’un songe creux vaguement ésotérique .

      Ce pari là ce sont en grande partie les astronomes et ingénieurs grecs qui l’ont permis et « théorisé » .

      La démocratie et son aptitude à actualiser sans cesse ses informations ,permet de garder ce pari le plus pertinent possible .

      Il ne faut pas confondre mystères et magie ou abêtissement .

      Les mystères sont ,et chaque nouvelle avancée en pose de nouveaux ( j’ai déjà cité ici « Introduction aux mystères » de Misha Gromov ).

      Ce qui nous fait « homme » c’est la recherche de la « vérité » dans la « réalité » mystérieuse . Ce pari fonde la Responsabilité .

      La responsabilité ne se pose que devant les hommes , le vivant et la matière . Pas devant les mystères .

      1. Tout ça confirme mon impression que nous allons de croyance en croyance comme un aveugle qui bâtit sa carte du monde avec ses oreilles en hurlant toute les cinq minutes et à chaque fois qu’ il se cogne  » ça y est j y suis j ai compris  » mais c est un peu pitoyable, non ? Ce réacteur greffé sur la brouette nous empêche d être simplement là , parmi les autres êtres vivants. ..

      2. @Thomas :

        9a pourrait se concevoir , mais , manque de pot , l’histoire montre que lorsqu’on » se contente d’être là » , on ne l’est pas longtemps .

        Individuellement et collectivement .

        Et de plus , pas toujours en bon état , ni « en bonne harmonie » .

    2. Tout le monde n’a pas la chance d’étouffer sous les particules et autres joyeusetés dans les rues de Paris ! Même à Tokyo l’air est moins preneur de tête, c’est dire !

      1. Une internaute, franco-japonaise, témoignait revoir les étoiles à Tokyo. Une nouveauté (!) consécutive aux mesures de régulation lumineuse mise en place à la suite de Fukushima…

      2. @Armelle,
        En filigrane, l’hygiène public dans une grande ville (qualité d’air et suppression de la pollution biologique et des nuisances sonores) sont les coulisses de la démocratie. C’est souvent dans l’urgence que l’hygiène public dans les villes a été imposée par le pouvoir en place sans attendre « l’exercice de la démocratie », quand le pollueur devient intolérable.

      3. @Sapristi :

         » Nécessité » ( c’est le cas de le dire ) fait Loi .

        Montre moi comment tu gères les espaces publics , je te dirai qui tu es .

    3. D’accord avec vous Thomas.
      Se mettre à quatre pattes dans son potager pour comprendre l’agro-écologie est le début de l’humilité et de la sagesse.
      Faites-le, vous le comprendrez très rapidement.

      1. Bin ça fait juste 25 ans que j élève des brebis, j habite à 1km du premier voisin et j ai un potager j ai accueilli quelques milliers de personnes autour de la sensibilisation au vivant donc je sais pas ce que je doit comprendre, Michel, mais soit j ai déjà compris, soit je suis vraiment pas rapide. 🙂

  28. Lu le deuxième billet sur le thème annoncé d’Alex Toulet .

    Il raccourcit l’appréhension de l’avenir à notre capacité à connaître , comprendre , intégrer les informations actuelles , et à en déduire la nouvelle organisation nécessaire pour parer au désastre déjà visible .

    Cela revient à redouter que la démocratie actuelle soit non seulement incapable de prendre en compte l’avenir , mais également les informations présentes .

    Cette approche me parait plus prometteuse , car elle met sur le billard le véritable outil utile pour la recherche et rédaction des solutions : la démocratie , ou le pouvoir au dessus des désirs , phantasmes , forces , intentions… particuliers .

    Et effectivement la démocratie est malade .

    Et l’on connaît le poison .

    PS : Sur la prévision du moment où le barrage va s’écrouler :

    le propre de la science , c’est de reconnaître et circonscrire ses incertitudes . En matière de génie civil par exemple , cette reconnaissance des limites de la connaissance , passe par l’application de ce qu’on appelle un coefficient de sécurité . C’est ainsi que longtemps , en matière de béton armé , on reconnaissait ce fait en appliquant un coefficient de 3 entre la contrainte réelle à supporter relativement à la contrainte prise en compte dans les calculs du modèle .

    Un ingénieur digne de ce nom , aura depuis longtemps fait évacuer la vallée du barrage dès que le coeff commence à descendre vers 1
    ( car à 1+€ ça tient , mais à 1-€ ça craque ). Le problème , c’est que ça n’est pas lui qui décide , et qu’il y a toujours un marchand élu ou pas pour dire : Mais si , ça va tenir , on sait bien que vos calculs ne sont que des théories .

  29. « le propre de la science , c’est de reconnaître et circonscrire ses incertitudes . En matière de génie civil par exemple , cette reconnaissance des limites de la connaissance , passe par l’application de ce qu’on appelle un coefficient de sécurité . C’est ainsi que longtemps , en matière de béton armé , on reconnaissait ce fait en appliquant un coefficient de 3 entre la contrainte réelle à supporter relativement à la contrainte prise en compte dans les calculs du modèle . »

    L’humilité de la science, ce serait son caractère réfutable. En d’autres termes, on baigne dans l’expectative de l’erreur, jusqu’à ce qu’elle soit reconnue. Le père d’Arthur KOESTLER a fait fortune en vendant des savons radioactifs. Lors de la découverte, on pensait que ça avait des vertus thérapeutiques. Comme disait Lavoisier  » Rien ne se perd, tout se transforme ». D’une vertu médical, on arrive à donner le cancer.

    1. Je n’ai pas eu l’occasion de vendre des savonnettes en béton armé .

      Si le cas du nucléaire montre effectivement la nécessité d’un contrôle de la science , comme du reste, par une entité supérieure , on notera que la reconnaissance des erreurs par les scientifiques est quand même plus rapide et sincère que de la part d’un banquier ou d’un élu . Einstein a été le premier à dire « houlala! » .

      Sur le fond de la remarque , c’est la raison pour laquelle j’évoque toujours , en parlant du pouvoir démocratique et de la projection dans le futur , la notion de refus des irréversibilités .

      C’est aussi le sujet du principe de précaution qui pourrait bien revenir dans les débats .

      1. L’empathie est mise à toutes les sauces, la véritable empathie est la reconnaissance que l’on ne peut se mettre à la place d’autrui et que l’on reconnaît sa différence et qu’on la comprend. Ego avec ego et pas ego contre ego.
        La projection de nos actes sur les générations futures est une fuite face à nos difficultés actuelles. Elles restreignent nos libertés et le sentiment d’humanité ou de justice nous impose un changement de fonctionnement social et l’ordre ancien résiste.

        Nos descendants humains seront différents de nous mais nous devons préserver leur capacité de choix comme nous devons préserver la nôtre. Amen, il est très tard, je m’exprime probablement mal; tant pis. La conquête spatiale attendra un peu, ne soyons pas présomptueux en imaginant que nous traçons toutes les trames de l’avenir, il existe des régressions et des essors brutaux.
        Une tâche énorme nous attend dans le temps présent, pensons à nous, à nos contemporains et les générations futures pourront s’appuyer sur nos actions ou s’ y opposer suivant les circonstances.

  30. « Parmi les choses que les gens n’ont pas envie d’entendre, qu’ils ne veulent pas voir alors même qu’elles s’étalent sous leurs yeux, il y a celles-ci: que tous ces perfectionnements techniques, qui leur ont si bien simplifié la vie qu’il n’y reste presque plus rien de vivant, agencent quelque chose qui n’est déjà plus une civilisation; que la barbarie jaillit comme de source de cette vie simplifiée, mécanisée, sans esprit; et que parmi tous les résultats terrifiants de cette expérience de déshumanisation à laquelle ils se sont prêtés de si bon gré, le plus terrifiant est encore leur progéniture, parce que c’est celui qui en somme ratifie tous les autres. C’est pourquoi, quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant: « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants? », il évite de poser cette autre question, autrement inquiétante: « A quels enfants allons-nous laisser le monde? »  »

    Jaime Semprun, L’abîme se repeuple

  31. @ Armelle

    « Stéphane
    Ah oui ? Intéressant. Et où faites-vous ça si ça n’est pas indiscret ? »

    En ce qui concerne le volet professionnel de mon activité (conseil et accompagnement d’entreprises, ainsi que développement de projet…), je travaille au sein d’une fédération d’entreprises d’économie sociale et solidaire (dont je ne préciserai pas le nom ici !).
    En ce qui concerne le volet lié à la connaissance de réalités suprasensibles… cela n’est pas lié à mon employeur mais à ma quête individuelle.

  32. Juan

    Regardez les jardins autour de vous ou la TERRE vue du ciel….nous ne laissons aucune place à autre chose que ce que nous contrôlons.

    Y a vraiment de la marge de progression pour redonner la place de respirer à tout le reste…

    1. Ps les seules zones naturelles protégées et respectées sur la planete sont des no man s land militaires……comme le corridor coréen. .

    2. C’est vrai , mais la première fois de ma vie où j’ai pris l’avion pour revenir en France de là où j’étais , qu’est ce que j’ai trouvé que mon pays , cultivé comme il l’était , était beau . C’est peut être moins vrai aujourd’hui avec l’agriculture intensive plus ou moins mono .

      Ce que vous évoquez doit être en principe organisé dans le cadre des planifications territoriales . Les outils ne manquent pas . La traduction sur le terrain , et le respect de ce qui a pu être parfois intelligemment pensé , c’est autre chose depuis la décentralisation et surtout la liberté confondue avec le libre arbitre de l’individu .Le handicap à surmonter , c’est de ne pas commencer par se servir et considérer ce qui n’est pas urbain comme « le reste » ( un peu , longtemps comme le Massif central dans la géo-économie du pays ).
      Autrement dit il faudrait penser le tout avec tous ses « habitants » animaux , végétaux , dans leur « environnement » .

      Réduire les seules zones protégées aux terrains militaires de toutes tailles , me parait abusif ( surtout si comme à Canjuers , où on s’entrainait au tir au canon de 155 ) . Dans le genre , nous avions pu par contre montrer avec la Frapna , que les zones les plus riches en faune et flore , de la Haute-Savoie , c’était …les talus et dépendances de la RN 506 à l’amont de Chamonix . Parfois les « îlots » constitués par les terrains enfermés dans les boucles d’échangeurs abritent de petites merveilles pourvu qu’elles aient des aptitudes endogènes .

  33. Désolé mais nous vivons la 6 ème extinction. Le fait que la drosera ou le papillon machin ait été aperçu au bord de l ‘A 72 n’y change rien (Même si ça fait plaisir)

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