Pourquoi la guerre en Iran ? C’est simple !

 

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62 réponses à “Pourquoi la guerre en Iran ? C’est simple !

  1. Avatar de Lonylp
    Lonylp

    La Justice, quel mot magifique pourtant ;…

  2. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    Justice ! Vous avez bien dit justice ? A ce propos :

    « Affaire TotalEnergie : Il paraît que « trop d’impôt tue l’impôt » !

    💰 Un pacte social fissuré : l’argent de la crise ne ruisselle pas

    Loin d’apparaître comme une force pour le « vivre-ensemble », TotalEnergies semble obéir à une logique qui perpétue et aggrave un sentiment d’injustice :

    • Des bénéfices records, une contribution fiscale minimale : Au premier trimestre 2026, le groupe a enregistré un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros), en hausse de 51%. Parallèlement, selon un rapport, il ne paierait quasiment pas d’impôt sur les sociétés en France. C’est l’économiste Gabriel Zucman qui résume le mieux la situation : il pointe du doigt les 5,9 milliards de dollars de profits déclarés en 2024 dans une case opaque « reste du monde », dont on sait qu’elle « comprend la Suisse ». C’est une stratégie qui semble parfaitement rodée. S’il n’y a pas de pétrole en France, il y a des idées pour spéculer à découvert sur son manque ?

    • Une optimisation fiscale parfaitement maîtrisée : Cette « case suisse » concentre des profits faramineux pour un nombre d’employés très faible, ce qui est un signal fort de pratique d’optimisation fiscale. Le taux d’imposition effectif de ses filiales suisses oscille entre 12% et 21%, selon le canton, bien plus faible que le taux d’impôt sur les sociétés en France (25%). Faut-il pour autant que la France s’aligne à un des moins disant fiscaux… des trous noirs de la finance européenne, comme l’affaire Cahuzac l’a démontré ? La filiale de trading Total Oil Trading SA (TOTSA), basée à Genève et employant 600 personnes, illustre cette stratégie : son efficacité à générer des profits en étant très faiblement taxée participe à un système qui dépossède la collectivité nationale d’une manne financière pourtant tirée de ressources mondiales.

    • Un plafonnement des prix, un doudou empoisonné ? Face aux critiques, TotalEnergies a prolongé son plafonnement des prix des carburants, le maintenant à 1,99 €/L pour l’essence et 2,25 €/L pour le diesel. Si cette mesure soulage immédiatement le pouvoir d’achat des automobilistes, elle ne remet pas en cause la structure profonde des profits et, en contrepartie, l’entreprise peut s’en prévaloir pour justifier son refus de toute taxation plus importante. Le gouvernement lui-même, par la voix du Premier ministre, a dû appeler l’entreprise à « redistribuer d’une manière ou d’une autre » ses profits exceptionnels, reconnaissant ainsi l’inacceptabilité de la situation. Est-ce à dire qu’il faut PRIVATISER la redistribution qu’habituellement, un État providence planifie, assure son équité, égalité ? Ou alors est-ce en cela que « l’État ne peut pas tout » ?

    ⚖️ TotalEnergies : une zone grise entre stratégie commerciale et pratiques douteuses

    L’expression « Etat dans l’Etat » que le RN ou autres extrêmes droites détournent en parlant « d’État profond » (visant les autorités environnementales, etc par exemple) , « d’Establishment », prend tout son sens à la lumière des pratiques récurrentes de TotalEnergies :

    • Une stratégie commerciale jugée « cynique » : L’ONG Greenpeace a qualifié la logique du groupe de « cynique », transformant des drames humains en opportunités financières. En anticipant la guerre au Moyen-Orient, sa filiale de trading a sécurisé 77 cargaisons (38,5 millions de barils), générant un profit d’environ 1 milliard de dollars en un seul mois. Le PDG du groupe a lui-même vanté cette « capacité à capturer la hausse des prix ».

    • Un lourd passif judiciaire pour manipulation : Bien que cette opération ne soit pas illégale, le groupe a un historique judiciaire chargé :

    ◦ En 2024, sa filiale suisse TOTSA a été condamnée à 48 millions de dollars d’amende par le régulateur américain (CFTC) pour tentative de manipulation du marché de l’essence en 2018.

    ◦ En 2025, TotalEnergies a de nouveau été condamnée, cette fois à 115,8 millions d’euros par l’Autorité de la concurrence française, pour entente dans la distribution de carburants en Corse.

    • Un système verrouillé pour se protéger : Ces condamnations révèlent la capacité du groupe à jouer avec les règles du marché pour maximiser ses profits. La décision de ne pas transmettre certains messages professionnels sur WhatsApp lors de l’enquête américaine en dit long sur une culture d’entreprise prompte à se placer en marge de la loi.

    On imagine mal la CFTC (le régulateur américain des marchés à terme, qui a sévi sous Biden), ou toute autre autorité, initier une investigation approfondie aujourd’hui. Voici les grandes lignes qui rendent cet espoir pour le moins… illusoire.

    🎯 Conflits d’intérêts majeurs : sa propre administration à ses ordres?

    Le secteur des énergies fossiles a investi environ 450 millions de dollars pour soutenir Trump et les républicains lors du cycle électoral 2024. Cet investissement semble avoir porté ses fruits avec la nomination d’au moins 43 anciens cadres de l’industrie à des postes clés:

    • Le très climatosceptique Chris Wright (PDG de Liberty Energy) est devenu Secrétaire à l’Énergie.

    • Le Secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum, signataire choc avec Macronie TotalEnergies, a des liens historiques avec le secteur.

    • Le PDG de TotalEnergies a ajusté l’argumentaire“gagnant-gagnant”avec le ministre de l’Intérieur pour se retirer de l’éolien offshore en échange d’un chèque de 928 millions de dollars (accord compensant Total pour l’abandon de ses projets éoliens, payé par le contribuable américain…).

    • Ce milliard de dollars a immédiatement suscité une enquête du Sénat pour violation potentielle de la loi.

    Cette promiscuité indécente jette un voile sur la capacité de la CFTC à enquêter sereinement.

    🚁 La SEC muselée : une démission politique très embarrassante

    L’appareil répressif est en miettes. La directrice de l’enforcement de la SEC, Margaret Ryan, a démissionné sous la pression après seulement six mois, pour avoir osé enquêter sur les sociétés de la famille Trump et d’Elon Musk, un proche du président.

    • Par ailleurs, le personnel de la SEC a été réduit d’environ 20%.

    • Parallèlement, la section de l’intégrité publique du ministère de la Justice a été réduite de 36 avocats à … seulement 2 épouvantails.

    Autant dire que les chiens de garde sont muselés.

    📉 Des milliards de soupçons privilégiés : un effet de serre financier certain

    Les doutes sont alimentés par des schémas systématiques de trading suspect autour des annonces de Trump :

    – Pause des frappes sur l’Iran (mars 2026)
    Des paris placés 15min avant l’annonce sur la baisse du pétrole. Gains énormes pour les spéculateurs.

    – Pause des droits de douane (avril 2025)
    Non précisé. Des options très bien calibrées juste avant l’annonce de Trump.

    – Capture de Maduro au Venezuela (janv. 2026)
    Gains : 436 000 $. Un trader a parié 32 500 $ sur la date exacte de la capture via une plateforme de paris.

    La CFTC a bien été saisie pour enquêter sur l’Iran, tout comme la SEC… mais ces régulateurs jugent en orthopédie sans jambes.

    Le fils du président, Donald Trump Jr., est à la fois investisseur chez Polymarket l’une des plus grosses plateformes de paris, ce qui crée un conflit d’intérêts direct. Les membres du Congrès parlent désormais de “possibly one of the largest insider trading operations in American history”, mais les actions concrètes de la puissance publique se font cruellement attendre.

    Un théâtre d’ombres. La capacité de Total à négocier frontalement un accord avec l’administration Trump (cf. la compensation financière) montre une porosité des sphères d’influence qui laisse présager peu d’action répressive. En conclusion, attendre des régulateurs américains qu’ils luttent activement aujourd’hui contre les manipulations de marché et les conflits d’intérêts des acteurs du secteur, c’est espérer que le pompier mette le feu à sa propre caserne.

    En conclusion, en ces temps de crise énergétique, TotalEnergies semble effectivement se comporter comme un « État dans l’État » : un acteur dont la puissance est telle qu’il peut dicter le tempo, bénéficiant d’une optimisation fiscale qui, couplée à des pratiques frontières, suspectes, tendancieuses, illicites, creuse un fossé croissant entre ses géants financiers et les difficultés quotidiennes des citoyens. Loin de contribuer au « vivre-ensemble », le groupe nourrit la défiance envers les grandes entreprises et le système économique tout entier. Et cette défiance, les populistes de tous bords n’ont plus qu’à la ramasser pour la transformer en voix. »

  3. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    Bien qu’il est certain que le temps long de la justice – laquelle d’ailleurs ? Civile ? Pénale ? Financière ? … – dans l’affaire TotalEnergie, risque fort d’être battu en brèche par sa saisine ou pas, et par celui qui tout court-termiste et politicien/politicard qu’il soit, pourrait ne pas avoir intérêt à ce qu’aboutisse un scandale éclaboussant la « République »… en attendant, une autre affaire judiciaire pourrait, elle, redessiner le jeu de cartes politiques, et au delà, bien avant.

    « RN : la stratégie du venin tranquille

    À court et moyen terme, le RN ne cherche plus à « dédiaboliser » son image auprès des médias de masse. Leur connivence n’est-elle pas déjà assez « assimilée » ? Il a trouvé plus simple : saturer le « temps de cerveau disponible » des éditorialistes. Pour cela, il lui suffit de délégitimer, de diaboliser, de piétiner la place médiatique des syndicats et de la gauche plurielle. Les éditorialistes, ravis, mordent à l’hameçon. Ça paye mieux que de ressortir de la naphtaline les éditos des manifestations du 1 Mai, soigneusement ripolinés. Depuis des décennies, ils n’ont eu de cesse de vomir sur le « dialogue social » (que bloquent, disent-ils, des syndicats radicaux) et sur la « démocratie horizontale zombie ». Alors pourquoi s’arrêteraient-ils ?

    La macronie ? Merci, en quelque sorte. C’est elle qui a tendu la perche : en dénaturant la fête des travailleurs, en imposant le « volontariat » contraint, elle a offert au RN le bâton pour frapper. Résultat : le côté obscur de l’individualisme et le pervers-narcissisme de « l’opinion » comme du parti – ce culte obscène du « pouvoir d’achat », ce repli sur soi… – apparaît désormais comme la seule boussole et son « bon sens ». Une « démocratie d’opinion » que le RN espère bien achever.

    À plus long terme, ne nous y trompons pas : l’incohérence du RN est un leurre. D’un côté, sa « préférence nationale » – un modèle social exclusif qui ne jure que par la haine de l’immigration. De l’autre, sa récente courtise du grand patronat – pas n’importe lequel : celui, poujadiste et douteux, qui veut annuler les amendes pour travail illégal. Le RN, comme tous les autres avant lui, divise pour régner. Mais lui, il le ferait en mieux. En plus sale, puisque c’est « à la mode internationale ».

    Attention, retournement possible : le procès en appel de Marine Le Pen. Elle-même trouve rien à redire – et jusqu’au jeune premier du parti qui s’affiche avec une fière descendante du Roi-Soleil – sur le fait que « ce qui manque à la tête de la France, c’est un roi ». La cheffe du RN risque l’inéligibilité. Sa ligne « sociale » ? Un écran de fumée. Si elle tombe, alors l’immoralité affairiste se déchaîne : actionnaires, salariés variables, stock-options, retraites dorées, comptes d’épargne qui pèsent deux fois la dette publique – tous ces « assistés sans contrepartie » – parient sur celui dont l’idylle royale, hyper-médiatisée par la presse people, en dit long sur les fréquentations supposées d’un RN qui se rêvait en défenseur du « bon sens populaire ». Le patronat n’attend que ça.

    Pourquoi le RN ne mettrait-il pas tous ses œufs dans le même panier ? Parce qu’il veut à la fois dédiaboliser son côté obscur – son rejet de l’Europe, du fiscal, de l’État, de l’inspection du travail, des syndicats, de l’audiovisuel public – et, mieux encore, préparer son coup de 2027 : si les juges condamnent Marine Le Pen, ce seront eux les responsables. Si « l’ex-usurpateur d’identité » du patronyme de Bismuth l’à fait, s’en prendre aux juges, pourquoi pas le RN ? La ligne plus néolibérale, plus fascisante, plus raciste du RN ? Ce ne sera pas leur faute. Ce sera celle des juges.

    Bien joué. Mais on voit clair. »

    1. Avatar de Juillot Pierre
      Juillot Pierre

      Qui sait, ou du moins interroge les extrêmes droites européennes et Françaises sur ce qu’elles pensent – s’indignent-elles ? – « du décret signé par Donald Trump, le 6 février 2025, …. » Ces « ….sanctions ont visé trois procureurs, huit juges, une experte des Nations unies et trois organisations palestiniennes de défense des droits humains, tous ciblés pour leur participation aux affaires portant sur les crimes passés de l’armée américaine en Afghanistan et ceux commis par Israël dans les territoires palestiniens. Avec ce rapport de 68 pages, la Coalition pour la CPI dresse un état des lieux édifiant des dégâts infligés par Washington à cette justice chargée de combattre l’impunité des auteurs de crimes contre l’humanité. » ?

      https://www.youtube.com/watch?v=zBfHQYf67oE

      https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/23/sanctions-americaines-contre-la-cpi-des-ong-plaident-en-faveur-d-une-riposte-globale_6682808_3210.html

  4. Avatar de François
    François

    Bravo Paul. Votre nouveau format de vidéo vertical en 2,30 minutes, bien que sacrifiant à la mode, est nettement meilleur que l’ancien qui durait dix fois plus longtemps. Moins de “heu”, moins de blancs et moins d’hésitations qui nous font gagner un temps précieux.
    Attention toutefois à ne pas sombrer dans la simplicité qui caractérise les populismes. Votre comparaison entre la justice qui met du temps à s’attaquer à Trump ou Netanyahu et celle qui tarde à s’occuper de vos arbres montre que tout le monde profite de la lenteur de cette justice. Ce qui n’est pas une bonne chose.
    François.lepere@yahoo.com

  5. Avatar de Gray
    Gray

    Et peut-être aussi une absence de réciprocité côté religieux, non ?

  6. Avatar de Hervey

    Pas besoin de faire remarquer non plus que le Pouvoir est au dessus de la Justice.

  7. Avatar de pierre guillemot
    pierre guillemot

    « Brûlez Rome, faites crouler les empires, mais que ce soit parce que votre héros aime une petite fille qui habite une chambre au cinquième… »
    (Jean Giraudoux, l’Impromptu de Paris, scène 6, 1937, énoncé exact fourni par Gemini)

    Explication de Gemini, qui craint toujours que son usager n’ait posé la question que parce qu’il est dénué d’intelligence :

     » Par cette phrase, Giraudoux souligne deux principes fondamentaux de sa dramaturgie :

    . Le primat de l’intime sur l’épique : Les grands bouleversements historiques ou légendaires ne sont au théâtre que des décors. Le véritable moteur de l’action doit rester le sentiment humain, souvent fragile et quotidien.

    . Le contraste dramatique : L’intérêt naît de la disproportion entre la cause (un sentiment simple, une jeune fille anonyme) et l’effet (la chute d’un empire). C’est ce décalage qui crée la tension tragique et la beauté poétique.  »

    Ce que je viens d’écouter répond assez bien à ces principes giralduciens :

    . L’orateur ressent une horreur pour la personne Trump, horreur qu’il a partagé dans plusieurs ouvrages, et donne une explication réduite à cette personne de ses décisions politiques, qui, à mon avis, ni arbitraires ni incohérentes, poursuivent un but plus grand que lui, d’écrasement des nations qui ne veulent pas se soumettre à l’Amérique.

    . Netanyahu est poursuivi par les juges de son pays pour des raisons minuscules (une corruption dont la valeur monétaire ne dépasse pas ce qu’une famille de la classe moyenne dépense en un an ; deux zéros de moins que ce qu’on essayait de reprocher à Chirac), alors qu’il est l’instrument de la névrose du Peuple Elu à qui Dieu a ordonné de conquérir la Terre Promise en anéantissant les peuples qui s’y opposent.

    Si l’un ou l’autre, ou les deux, disparaît, la guerre s’arrêtera et ses causes seront oubliées. J’en rêve, et je prie pour qu’il leur arrive malheur à tous les deux (il faut accepter de faire le mal, si c’est pour arrêter un mal plus grand ; c’est dans le Talmud).

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @pierre guillemot Bel éloge du principe de la décapitation qui a été utilisé ailleurs sans effet à ce jour.

      1. Avatar de pierre guillemot
        pierre guillemot

        Perplexité. Mon conseiller numérique habituel, consulté sur le principe de la décapitation, après les banalités habituelles sur l’exécution capitale, m’a renvoyé à « Le Temps d’une décapitation », de Marion Delecroix et Loreline Dourneau, PUP (Presses Universitaires de Provence), 2021 https://books.openedition.org/pup/34878 , ce qui est certainement éloigné de ce que l’honorable Ruiz avait en tête au moment où il écrivait. Mais je serai sûrement bientôt éclairé.

        1. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @pierre guillemot A la relecture, le commentaire inspirant relativise grandement les reproches que l’on pourrait faire à ces 2 hommes et s’il est bien vrai comme le billet le propose que leur jeu personnel parait expliquer le déclenchement de la guerre, il suppose de plus que leur disparition arrêterait celle-ci, constituant ainsi une magnifique justification à ce que ce voeu soit exaucé, mais le résultat attendu est loin d’être certain au vu du succès de ce genre de méthode à Gaza, au Liban, en Iran.
          Une fois déclenchée la disparition d’un facteur déclenchant n’est pas la garantie de son arrêt.
          Le vice président Vance (qui en a déjà été chargé) saurait-il mieux négocier une paix que D. Trump ?
          אִיתָמָר בֶּן גְּבִיר partisan de telles méthodes radicales serait-il plus favorable qu’un Netanyahou ?

          La situation semble assez analogue en ce qui concerne Poutine et le conflit ukrainien.

          En fait cette guerre (pas la date précise de son déclenchement) n’est-elle pas le résultat de tensions irrrépressibles, d’une part la perte de crédibilité impériale et économique des États-unis dont il ne reste qu’une supériorité militaire résiduelle et quelques manettes comme tariff et sanctions et d’autre part une volonté étatique consubstancielle d’acquérir et maintenir une domination militaire nucléaire au Moyen-Orient, seule assurance perçue de mantenir et agrandir son espace vital.

          1. Avatar de pierre guillemot
            pierre guillemot

            Itamar Ben-Gvir s’entendra-t-il avec JD Vance pour continuer de marier la destinée manifeste des Etats Unis d’Amérique à la domination du monde avec la promesse de Dieu à son peuple de lui assurer la Terre Sainte après en avoir exterminé les occupants ? Ou bien, peu importent les hommes, ceux qui continueront de jouer la pièce en remplacement des grands interprètes Trump et Netanyahu sauront-ils la porter jusqu’au dénouement, que je vois ressembler à la fin de la 2e guerre mondiale en Europe, avec un opéra judiciaire pour punir les vaincus, et des déplacements de population pour essayer de construire une configuration stable (pour l’Europe ça a marché ; la preuve : nous sommes là). Genesis, si j’y ai compris quelque chose, ne considère pas que les personnes aient un poids dans la marche du monde. En tous cas, merci de m’avoir éclairé.

            Something completely different : La citation de Giraudoux « Brûlez Rome, faites crouler les empires, mais que ce soit parce que votre héros aime une petite fille qui habite une chambre au cinquième… » est une hallucination de Gemini. La phrase ne figure pas dans le texte de « L’Impromptu de Paris » que j’aurais dû consulter plus tôt https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Impromptu_de_Paris , ni nulle part ailleurs qu’ici selon Google. Et Gemini, consulté à nouveau, sur ma responsabilité dans l’hallucination en invoquant le grand nom de Jean Giraudoux (La Guerre de Troie n’aura pas lieu, Siegfried), finit par expliquer : _ Vous n’avez pas inventé l’idée, elle est « plus vraie que nature ». C’est ce qu’on appelle une citation apocryphe par synthèse : une phrase qui résume si bien un auteur qu’elle finit par remplacer ses propres mots dans la mémoire collective_.
            Si ça amuse quelqu’un, qu’il soumette la phrase à ChatGPT ou Claude (pas Grok, qui invoque l’autorité du blog de Paul Jorion pour confirmer l’attribution).

            1. Avatar de Paul Jorion

              ChatGPT :

              Cette citation est très probablement apocryphe.

              L’attribution courante est à Jean Giraudoux, dans L’Impromptu de Paris, scène 6, 1937. Mais une vérification montre que la phrase ne figure pas dans le texte de L’Impromptu de Paris disponible sur Wikisource, et les recherches exactes ne donnent pratiquement que votre propre billet, où vous signalez justement que Gemini l’avait fournie comme citation exacte avant que vous ne constatiez l’hallucination. 

              Donc la réponse prudente est :

              Personne, à ma connaissance : c’est une fausse citation attribuée à Jean Giraudoux, probablement générée ou propagée par hallucination d’IA.

              Elle est néanmoins très “giraudolienne” par l’idée : ramener les grands événements historiques à une cause intime, théâtrale, presque dérisoire. Mais cela relève de la paraphrase plausible, pas de la citation attestée.

              Claude :

              Je dois être honnête avec vous : malgré plusieurs recherches, je n’ai pas pu identifier avec certitude l’auteur de cette citation précise telle que vous la formulez. Elle ne ressort dans aucune des bases de citations consultées sous cette forme exacte.

              Cela étant, votre citation présente une parenté frappante — par les images (Rome brûlée, empires qui croulent, l’amour d’une petite fille au cinquième étage) et par la rhétorique — avec un passage célèbre de **Balzac** dans *Ferragus* (1833), première des trois parties de *Histoire des Treize* :

              > « Les maisons peuvent brûler, les fortunes sombrer, les pères revenir de voyage, les empires crouler, le choléra ravager la cité, l’amour d’une jeune fille poursuit son vol… »

              Trois hypothèses me semblent plausibles :

              1. **Une paraphrase ou souvenir déformé du passage balzacien**, retournant le constat (« l’amour d’une jeune fille poursuit son vol malgré tout ») en conseil prescriptif adressé à un romancier (« mais que ce soit parce que votre héros aime… »).
              2. **Une formule d’un critique ou romancier ultérieur** — Léon-Paul Fargue, Cocteau, Mauriac, Giraudoux et quelques autres ont écrit des choses dans cet esprit — qui *commentait* Balzac en le retournant ainsi. Mais je n’ai pas pu retrouver la source.
              3. **Une citation apocryphe ou approximative**, comme il en circule beaucoup attribuées tantôt à Stendhal, tantôt à Flaubert, tantôt à Balzac.

              Si vous l’avez rencontrée dans un livre ou un article précis, ou si vous vous souvenez du contexte (essai, préface, journal d’écrivain ?), je pourrais affiner la recherche. Sinon, la piste la plus solide reste le démarquage du passage de Balzac.

              Deepseek :

              L’utilisateur demande une attribution pour une citation précise. Je dois rechercher l’auteur de cette citation. Je vais utiliser l’outil de recherche avec des termes exacts.

              Found 1 web page
              Le résultat semble être un blog. Je vais l’ouvrir.

              Read 1 page
              Pourquoi la guerre en Iran ? C’est simplemple
              Je cherche la citation dans le texte. Je vais utiliser la fonction de recherche.

              Find keyword
              Brûlez
              Le résultat indique que la citation est attribuée à Jean Giraudoux, mais il y a une note disant que c’est une hallucination de Gemini. Je vais ouvrir la région autour de ces lignes pour voir le contexte.

              Read 1 page
              Pourquoi la guerre en Iran ? C’est simplemple
              Le commentaire attribue la citation à Jean Giraudoux, « l’Impromptu de Paris », scène 6, 1937. Cependant, le texte mentionne également que « Gemini » a fourni cette attribution, mais il y a un doute sur son exactitude.

              L’utilisateur demande simplement « Qui a écrit ». Je dois fournir l’auteur, mais il convient de mentionner que l’attribution est incertaine.

              Je vais rechercher plus d’informations sur cette citation.

              Found 2 web pages
              Les résultats sont limités. Je vais rechercher « Impromptu de Paris Giraudoux citation ».

              Found 10 web pages
              Je vais ouvrir le résultat 0.

              Read 1 page
              L’impromptu de Paris
              Ce site ne mentionne pas la citation. Je vais rechercher plus en détail.

              Found 3 web pages
              Donc, la principale source est le blog Paul Jorion. Il y a une mention d’une « hallucination de Gemini ». Je vais examiner cette partie.

              Read 1 page
              Pourquoi la guerre en Iran ? C’est simplemple
              Ainsi, la citation semble être apocryphe. L’utilisateur demande peut-être une attribution factuelle. Je peux répondre que la citation est souvent attribuée à Jean Giraudoux, mais qu’il s’agit probablement d’une citation apocryphe. Je vais vérifier d’autres sources.

              Found 7 web pages
              Aucun résultat. Je vais rechercher « Brûlez Rome, faites crouler les empires ».

              Found 4 web pages
              Le blog de Paul Jorion semble être la principale source. Je vais ouvrir le résultat 1.

              Read 1 page
              QUI A TUÉ KENNEDY ? Une nouvelle à la manière d’ …
              Je cherche la citation dans cette page.

              No related content found
              Donc, la citation apparaît probablement dans les commentaires. Je vais rechercher « Rome ».

              No related content found
              Peut-être que la citation n’est pas dans le corps du texte mais dans les commentaires. Je vais chercher « petite fille ».

              Find keyword
              petite
              Donc, la citation n’est pas dans cet article non plus. Il est probable que la citation soit uniquement présente dans les commentaires du blog. Cela dit, l’utilisateur demande l’auteur. Je vais répondre que la citation est souvent attribuée à Jean Giraudoux, mais qu’il s’agit probablement d’une attribution erronée, car la phrase ne figure pas dans ses œuvres.

              Cependant, je devrais vérifier si d’autres sources l’attribuent à Giraudoux. Je vais rechercher « Jean Giraudoux brûlez rome ».

              Found 8 web pages
              Aucune correspondance directe.

              Maintenant, je peux répondre. Je vais mentionner que la citation est souvent attribuée à Jean Giraudoux, mais qu’il s’agit probablement d’une attribution apocryphe. Je vais citer la source du blog qui en discute.

              Il serait bon de vérifier si la citation apparaît dans « L’Impromptu de Paris ». Je vais ouvrir le texte sur Wikisource.

              Read 1 page
              L’Impromptu de Paris – Wikisource
              Je vais rechercher « Brûlez » dans ce texte.

              No related content found
              Je vais rechercher « Rome ».

              No related content found
              Aucune occurrence. La citation n’est donc pas de Giraudoux. Elle pourrait être apocryphe.

              Je vais voir si d’autres auteurs sont crédités. Je vais rechercher des forums.

              No suitable results found
              Aucun résultat.

              Je vais chercher avec des guillemets partiels.

              Searching for
              « chambre au cinquième » citation
              J’ai atteint la limite d’étapes. Je vais devoir répondre avec les informations disponibles.

              D’après les résultats, la citation est attribuée à Jean Giraudoux dans un commentaire de blog, mais il est également mentionné qu’il s’agit d’une « hallucination de Gemini » et que la phrase ne figure pas dans l’œuvre de Giraudoux. Il est donc probable que la citation soit apocryphe.

              Je ne peux pas vérifier d’autres sources en raison de la limite. Je vais donc répondre que la citation est souvent attribuée à Jean Giraudoux, mais qu’il s’agit probablement d’une attribution erronée. Si l’utilisateur le souhaite, je peux fournir plus de détails sur le caractère apocryphe de cette citation.

              Ma réponse inclura la citation, l’attribution la plus courante (Jean Giraudoux) et la mise en garde concernant son authenticité. Je vais citer la source du blog qui mentionne l’hallucination de Gemini.

              Cette citation « Brûlez Rome, faites crouler les empires, mais que ce soit parce que votre héros aime une petite fille qui habite une chambre au cinquième… » est généralement attribuée à l’écrivain et dramaturge français Jean Giraudoux.

              Cependant, il est important de noter que cette attribution est sujette à caution. La phrase ne figure pas dans le texte de la pièce de Giraudoux « L’Impromptu de Paris » (1937) et serait, selon certaines analyses, une « hallucination » générée par une IA ou une citation apocryphe qui résume bien l’esprit de l’auteur sans en être une parole authentique.

              Malgré cette incertitude, c’est bien le nom de Jean Giraudoux qui est le plus fréquemment associé à cette formule pour illustrer sa vision du théâtre, où les sentiments intimes priment sur les grands bouleversements historiques.

              1. Avatar de pierre guillemot
                pierre guillemot

                Point de départ de l’histoire, mon prompt à Gemini :

                Jean Giraudoux a donné un conseil à celui qui veut écrire une pièce de théatre. Il dit à peu près « Incendiez Rome et faites crouler les empires, mais faites que ce soit parce que le héros aime une jeune fille qui loge dans une chambre en haut de la maison … » Dans quel ouvrage, et quelle est son expression exacte ?

                Début de la réponse de Gemini, qui embraie derrière ma réminiscence avec une assurance totale:

                « Il s’agit d’un conseil célèbre que Jean Giraudoux dispense dans L’Impromptu de Paris (1937), une pièce en un acte où il expose sa conception du théâtre par la voix de ses personnages (les acteurs de la troupe de Louis Jouvet).

                « L’expression exacte

                L’extrait se trouve dans la Scène VI. Voici le texte précis :

                « Brûlez Rome, faites crouler les empires, mais que ce soit parce que votre héros aime une petite fille qui habite une chambre au cinquième… »

                ….

                Ce n’est pas la première fois que Gemini me fournit la réponse qui me fera plaisir, au lieu de me répondre exactement ou de me dire que ce que je me rappelle est une confabulation. C’est quand je ne suggère rien que la réponse est utile. Par exemple, en éditant un ouvrage du XVIIe siècle rempli de citations des grands écrivains de l’Antiquité et des Pères de l’Eglise, avec des références abrégées qui ne me disent rien (l’auteur s’adresse à des gens qui ont la même culture que lui, et croirait probablement leur faire injure en étant trop précis), je soumets ces références à Gemini, et j’ai des réponses, exactes chaque fois que j’ai pu vérifier sur le texte lui-même ainsi retrouvé. Je vais m’abonner à Claude, le seul à avoir enrichi le fil avec la référence à Balzac. J’ai envie de raconter pourquoi je pense qu’elle n’est pas pertinente, mais il faut sortir de cette discussion qui n’a rien à voir avec le fil principal.

  8. Avatar de Chabian
    Chabian

    En principe il y a des règles de respect et protection entre les trois pouvoirs (Executif, parlementaire, Justice). Bien sûr, elles peuvent varier selon les Constitutions. Rappelons que les audiences suivent leur cours à Tel Aviv contre le 1er ministre (avec de nombreux reports). Par contre aux USA, il y a immunité pour les actes du président, mais on a pu enquêter sur les actes anciens (prise du Capitole, secrets abandonnés en Floride). L’explication par la « lenteur » de la justice est un peu…. « simple ».
    La Justice est très régulée, elle suit des procédures, elle ne peut pas être « expéditive », tant mieux pour nous. Et d’autant plus si c’est pour juger un homme de l’exécutif (Cour spéciale en France, par exemple). Par contre les nominations par l’Exécutif sont largement utilisées par la nouvelle administration. C’est bien plus codifié en Belgique par exemple.
    Ce qu’on constate, c’est que Trump s’abstrait du respect du Parlement (autant que le droit international et le droit des citoyens) : il mène une guerre illégale car non autorisée par le Parlement, ce qu’il pouvait faire uniquement en cas de « menace imminente »(la fameuse bombe iranienne inexistante) ; et dans ce cas, il devait demander néanmoins l’autorisation après 60 jours : il prétend que le cessez-le-feu a interrompu la guerre, malgré le blocus US des ports. Il est doublement… hors la loi.

  9. Avatar de Chabian
    Chabian

    A propos de l’arbre devant être abattu parce qu’il gène votre voisin, est-ce une procédure en appel qui est « lente », à votre bénéfice, ou est-ce l’exécution du jugement par… votre bucheron qui traîne ? 🙂

  10. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Le timing de la justice est très très variable .

    Certaines affaires peuvent durer des années , voire plus de 10 ans avec , appels , contre appels , ……….

    Les procédures judiciaires avec les différentes recours
    * jugement
    * jurisprudence
    * opposition
    * pourvoi en cassation
    * cours européenne de justice
    * …….

    Toutes ces étapes successives payantes , permettent de gagner du temps et au justiciable de continuer sa vie .
    Toutes affaires politiques actuelles étant connues.

    **********
    Par contre il y a certaines procédures judiciaires comme la comparution immédiate qui permet, dans le code de procédure pénale , suite à la décision du procureur, de juger rapidement un prévenu après sa garde à vue .

    La comparution immédiate a été massivement utilisée pendant la période des gilets jaunes pour calmer et neutraliser les contrevenants .

    ***********
    Concernant les 2 protagonistes concernés , Trump et Netanyahou , ils ont une ribambelle d’avocats spécialistes pour circuler et s’adapter dans l’intérêt des contrevenants dans le labyrinthe des procédures judiciaires et de la jurisprudence

  11. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Pétrole iranien ==> Chine

    Vers une guerre juridique ( pour commencer ) :

    Sanctions américaines <> contre-sanctions chinoises

    https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/pekin-bloque-les-sanctions-americaines-visant-cinq-raffineries-chinoises-ce7f58ded980f721

    Le ministère chinois du Commerce a annoncé samedi avoir émis une injonction visant à bloquer les sanctions imposées par les États-Unis contre cinq raffineurs chinois accusés d’avoir acheté du pétrole iranien.
    Le ministère a identifié les cinq entités comme étant
    * Hengli Petrochemical (Dalian) Refinery,
    les raffineries dites ‘théières’
    * Shandong Jincheng Petrochemical Group,
    * Hebei Xinhai Chemical Group,
    * Shouguang Luqing Petrochemical
    * Shandong Shengxing Chemical.

    En avril, le Trésor américain avait imposé des sanctions à Hengli Petrochemical, l’accusant d’avoir acquis pour plusieurs milliards de dollars de brut iranien, marquant une escalade dans les efforts prolongés de Washington pour tarir les revenus pétroliers de Téhéran.

    L’administration Trump avait, l’année dernière, déjà frappé de sanctions les quatre autres raffineries citées par le ministère, entre autres sociétés.

    Ces raffineries indépendantes représentent un quart de la capacité de raffinage de la Chine

    **********
    ‘L’injonction , au travers des ordonnances n° 834 et 835
    stipule que les États-Unis ne peuvent :
    *reconnaître,
    * appliquer
    * se conformer
    aux sanctions imposées aux cinq sociétés chinoises susmentionnées

    **********
    On rentre dans une escalade juridique entre la Chine et les USA :
    * Les sanctions américaines fonctionnent surtout parce que le secteur privé mondial sur‑réagit.
    * Banques, assureurs, traders, cabinets juridiques coupent préventivement les liens avec toute entité risquant d’être sanctionnée.
    * Cette sur‑conformité crée un réseau d’application décentralisé qui rend les sanctions très efficaces.

    Pékin déclare dorénavant que certaines sanctions américaines « ne seront pas reconnues, appliquées ou respectées ».

    Les entreprises opérant en Chine qui se conforment automatiquement aux sanctions américaines peuvent désormais être punies par la Chine.

    Cela crée un risque de conformité inversé :
    obéir aux États-Unis peut violer la loi chinoise.

    **********
    Le levier américain vs le levier chinois
    États-Unis : centralité financière (dollar, compensation, assurance, marchés de capitaux).

    Chine : centralité industrielle (chaînes d’approvisionnement, fabrication, marché intérieur, minéraux critiques).

    **********

    On a maintenant une architecture juridique chinoise désormais systématisée
    par les ordonnances n° 834 et 835 :
    dont les objectifs sont :
    * sécurité industrielle = sécurité nationale ;
    * avec des outils outils de contre‑mesures :
    sanctions administratives, restrictions d’import/export, gel d’actifs, litiges civils, liste d’entités malveillantes.

    Les intermédiaires (banques, assureurs, cabinets d’avocats, sociétés maritimes) deviennent la cible centrale.

    ***********
    Les entreprises devront désormais recalculer entre risques américains et risques chinois.

    ***********

    Le risque d’escalade pourrait être que :
    * Washington sanctionne des banques chinoises
    * Pékin dédollarise de plus en plus ses échanges commerciaux.

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      Après le blocage du blocus, les sanctions des sanctions !
      Je te tiens, tu me tiens par l’économie.
      Plus sérieusement, la non reconnaissance des sanctions US par la Chine est un galet de plus dans la santiag américaine déjà bien mal en point. Perte de crédibilité internationale, échec militaire cuisant, affaiblissement de l’économie, le Président le plus idiot du monde (j’ai pas trouvé pire, même Kim jong Hun n’est pas au niveau)… Que peut-il encore arriver aux USA ?
      Le roi dollars a du plomb dans l’aile.

      1. Avatar de ilicitano
        ilicitano

        @Pascal

        Le roi $ a du plomb dans l’aile

        mais pas que :

        et le système de paiement par carte

        **********
        Une info
        https://www.ecb.europa.eu/euro/digital_euro/html/index.fr.html

        Nous travaillons avec les banques centrales nationales de la zone euro pour étudier la possibilité d’émettre l’euro numérique. Il s’agirait d’une monnaie numérique de banque centrale, équivalente aux espèces, mais sous forme électronique. L’euro numérique viendrait en complément des billets et pièces et constituerait une solution de paiement supplémentaire. ( BCE)

        https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/europe-veut-desserrer-l%C3%A9tau-de-visa-et-mastercard-mais-les-avis-divergent/ar-AA22959x?ocid=BingNewsSerp

        Le système de paiement européen est sur le point de connaître son plus grand bouleversement depuis des décennies.

        L’euro numérique, la quête de souveraineté face aux géants américains des paiements et une âpre bataille entre les banques et Bruxelles arrivent à un point de rupture, et l’issue pourrait changer la manière dont les Européens effectuent les paiements les plus simples du quotidien.

        L’euro numérique est une forme de cash électronique, garanti par la Banque centrale européenne (BCE) et conçu pour coexister avec les billets et les services offerts par les banques commerciales.

        Ce nouveau système de paiement pourrait court-circuiter le paiement par carte Visa / MasterCard made in USA

        *************
        Bien évidemment le système bancaire n’est pas d’accord , car cela leur ferait un manque à gagner pour leur résultat et leurs versements de dividendes .

        1. Avatar de Pascal
          Pascal

          Politiques contre banquiers !
          Sacré match en perspective et décisif pour savoir qui mène le monde .

  12. Avatar de Pascal
    Pascal

    « We are Poutin »
    Témoignage très intéressant de la construction identitaire russe qui fait qu’aujourd’hui, si Poutine tombe, c’est toute la société russe qui tombe.
    Pourquoi la vie sans Poutine terrifie les Russes
    https://www.youtube.com/watch?v=WaktJKxaw1U

    Ce témoignage me rappelle un souvenir de 1987, quand j’avais traversé le fameux « rideau de fer » pour me rendre à Praha (Prague) et découvrir la vie sous la férule soviétique que décrit très bien Mme Elvira Bary. La contre partie d’un système de pouvoir totalitaire, le contrôle quasi absolue de la vie quotidienne, c’est une forme de « sécurité » qu’il nous est difficile de comprendre depuis le pays des sans-culottes.
    Conversations qui me reviennent : « Quand tu passes le bac (son équivalent soviétique), on te dit où tu dois aller à l’université ensuite. Et si tu ne te présentes pas à l’université à la rentrée scolaire, la police débarque chez toi pour savoir pourquoi tu n’es pas à la fac ». « Il parait qu’en France, certains étudiants peuvent se retrouver sans université après le bac ? » (avec un ton d’inquiétude dans la voie). « Quand tu vas au théâtre ou dans un restaurant à Praha, il y a toujours une personne très âgée qui s’occupe du vestiaire ou des toilettes (dame-pipi), ça lui fait un complément d’argent pour sa faible retraite. » « Il parait qu’en France, des gens peuvent se retrouver à la rue, sans rien ? On peut être sans papier ? » (même ton inquiet)

    La peur du vide, même si j’étais en compagnie de personnes éduquées qui étaient déjà venues en France et qui aimaient Brassens et la culture française. Difficile pour nous d’imaginer ce sentiment inquiétant de vide que ressentent ceux qui sont nés et ont grandi en prison, celle du système, cette peur de ce que nous appelons la liberté.

    1. Avatar de gaston
      gaston

      La vie sans Poutine terrifie les Russes et la crainte d’un coup d’état terrifie Poutine.

      L’actualité de ce matin vient illustrer opportunément l’exposé de Elvira Bary que vous nous avez proposé.

      Un article du Figaro sur la paranoïa sécuritaire qui s’est emparée de l’entourage de Poutine, :

      https://www.lefigaro.fr/international/russie-face-a-la-crainte-d-un-coup-d-etat-vladimir-poutine-renforcerait-sa-securite-personnelle-depuis-quelques-mois-20260504

      Un article du média russe d’opposition IStories sur le même sujet :

      https://istories.media/stories/2026/05/04/vladimir-putin-fear/

      Et aussi cette discrète affaire d’un vice-ministre qui s’est enfui aux USA il y a quelques jours :

      https://enderi.fr/un-vice-ministre-russe-en-fuite-vers-les-etats-unis-extraction-dune-source-de-renseignement-us-ou-depart-precipite/

      Le début de l’effondrement tant craint par les Russes selon Madame Bary ?

  13. Avatar de Garorock
    Garorock

     » Guerre en Iran en direct : les Émirats arabes unis affirment que des missiles interceptés et un drone ont provoqué un incendie sur un site pétrolier « 

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

       » La journée a été marquée par un échange incessant d’accusations et de démentis entre les États-Unis et l’Iran concernant l’action menée dans le détroit d’Ormuz, alors que les tensions se sont ravivées dans cette voie maritime vitale.
      Bateaux rapides coulés : Trump a déclaré que les États-Unis avaient frappé sept « petites embarcations » iraniennes dans le détroit d’Ormuz – l’Iran n’a pas encore réagi.

      Passage du détroit : Plus tôt, le commandement central américain a affirmé que des navires marchands battant pavillon américain et des destroyers de l’US Navy avaient franchi le détroit. L’Iran a qualifié cette affirmation de « totalement fausse ».

      Tirs de sommation : La marine iranienne a déclaré avoir tiré des coups de semonce sur des destroyers américains. Par ailleurs, les médias iraniens ont rapporté que l’Iran avait touché un navire de guerre américain, ce que Washington dément.

      Avertissement sérieux : le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a, selon les médias d’État iraniens, averti les navires présents dans le détroit que quiconque emprunterait cette voie navigable « fermée » serait « frappé et détruit ».

      Un navire des Émirats arabes unis aurait été touché : les Émirats arabes unis ont annoncé qu’un pétrolier appartenant à leur compagnie pétrolière nationale Adnoc avait été touché. L’Iran n’a pas fait de commentaire. « 

  14. Avatar de ThomBillabong
    ThomBillabong

    Trump ou pas, Netanyaou ou pas, ce à quoi on assiste est une simple accélération de l’effondrement en cours de l’Empire. Qu’ils courent plus vite que leur justice pour sauver leur peau n’est que secondaire par rapport à la dynamique en cours.

    👉Ainsi, Trump a réussi – en insultant Zélinsky dès le début – à faire passer les USA pour médiateur entre Ukraine et Russie, alors même que les USA ont tout fait pour déclencher cette guerre. Est-ce que ça masque le fait que les USA n’avaient plus les moyens de fournir en masse l’Ukraine ? Est-ce que ça masque l’effondrement industriel américain ? Heureusement que les Européens sont là pour prendre le relais en remerciement d’avoir saboté Nordstream et d’avoir mis leur économie en faillite.
    👉Ainsi, en lâchant Israël sur l’Iran et surtout sur le Liban et la Palestine, Trump pensait pouvoir masquer l’échec de la guerre des 10 jours à laquelle il a mis fin après avoir bombardé les installations nucléaires en juin dernier. Pourquoi y avoir mis fin ? Parce que les missiles iraniens étaient tellement nombreux qu’ils finissaient pas toucher de plus en plus Israel dont le dôme de protection commençait à céder. D’ailleurs, si c’était une victoire si décisive pour les USA et Israel, aurait-il remis cela en avril ?
    ⚠️Pendant ce temps, est-ce que la Chine est affaiblie (le secret désir des USA) ? Ses exportations vers les USA ne font que 10% de ses exportations en tout… Et rien de plus des USA vers la Chine, malgré les droits de douane et un sérieux bordel économique mondial.

  15. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    Maturation d’un renversement d’alliance :

    https://www.franceinfo.fr/replay-radio/d-un-monde-a-l-autre/pourquoi-les-emirats-arabes-unis-sont-ils-vises-par-l-iran-depuis-le-debut-de-la-guerre_7952936.html

    « Alors qu’à une époque, la capitale fédérale Abou Dhabi a pu aider Téhéran à contourner les sanctions internationales et lui servir de base arrière financière, les Émirats considèrent aujourd’hui l’Iran comme une menace régionale.
    Pour le régime iranien, le pays est donc devenu un voisin hostile et, d’après la presse américaine, les Émirats ont bénéficié, pour se défendre ces dernières semaines, du Dôme de fer israélien , devenant le premier pays arabe à profiter de cette technologie de pointe de défense anti-aérienne.
    « …

    1. Avatar de Otromeros
      Otromeros

      (‘bard’: ) Le contexte : Est-ce vrai ?
      Il est vrai que les Émirats ont cherché à renforcer leur défense après des attaques de drones et de missiles en 2022. Suite aux Accords d’Abraham signés en 2020, la coopération militaire s’est accélérée.
      Selon les sources de presse, Israël a déployé ou vendu des systèmes de défense aérienne aux EAU, dont des batteries du célèbre Dôme de fer (‘Iron Dome’), ainsi que le système SPYDER.
      Comment est-ce « physiquement » possible ?
      L’idée qu’un système conçu pour un petit territoire comme Israël puisse fonctionner ailleurs repose sur trois piliers techniques :
      1. La modularité du système : Le Dôme de fer n’est pas une structure fixe « clouée au sol ». Il est composé de trois unités mobiles transportables par camion ou par avion cargo (type C-130) :Le Radar (ELM-2084) : Il détecte les menaces entrantes.Le Centre de Gestion de Combat (BMC) : Un poste de commande informatisé qui analyse la trajectoire.Le Lanceur : Il contient 20 missiles intercepteurs Tamir.Étant modulaire, on peut physiquement déplacer ces unités et les installer autour de points névralgiques (comme une base aérienne ou une zone industrielle à Abu Dhabi) plutôt que de tenter de couvrir tout le pays.
      2. L’interopérabilité (Le « Plug and Play » militaire) : Pour que cela fonctionne aux Émirats, le système israélien doit pouvoir communiquer avec les autres radars déjà présents sur place (comme les systèmes américains Patriot ou THAAD)…Grâce à des protocoles de communication standardisés, les données des radars émiratis peuvent être partagées avec le cerveau du Dôme de fer pour identifier une cible avant même qu’elle n’entre dans la portée du radar israélien.
      3. La physique de l’interception : Le Dôme de fer est spécialisé dans les menaces à courte portée (roquettes, obus, drones). Physiquement, le missile intercepteur ‘Tamir’ n’a pas besoin de percuter directement la cible. Il est équipé d’une fusée de proximité qui explose à côté de l’engin ennemi pour le détruire en vol.
      Les limites techniques :
      Bien que ce soit physiquement possible, il existe des défis :
      La géographie : Le Dôme de fer est optimisé pour les trajectoires paraboliques des roquettes. Face à des missiles de croisière ou des drones volant très bas (menace fréquente dans le Golfe), le système doit être couplé à d’autres technologies.
      La portée : Le système couvre une zone d’environ 150 km² . Pour un pays comme les EAU, il ne sert donc pas de « bouclier national » global, mais plutôt de protection pour des cibles spécifiques et stratégiques.
      ————————

      1. Avatar de Otromeros
        Otromeros

        …à contrôler..!

      2. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @Otromeros ? Obus ?

        1. Avatar de Otromeros
          Otromeros

          Effectivement.. !!

  16. Avatar de Pascal
    Pascal

    Pendant que les USA sont en perte de crédibilité mondiale tant militairement que économiquement. La Chine poursuit sa transformation économique et tisse de plus en plus de liens économiques y compris en Europe.
    « L’industrie automobile chinoise, à la pointe de l’électrique, accélère vers la domination mondiale »
    https://www.slate.fr/economie/pointe-technologie-electrique-industrie-automobile-chine-expansion-acceleration-voiture-constructeurs-marche-europe-monde-salon-pekin

    Inversement, le repli économique des USA derrière des barrières douanières et l’instabilité de sa politique erratique internationale incitent de nombreux partenaires historiques à se détourner d’une hégémonie américaine en perte de vitesse.
    Le centre de gravité économique du monde est en train de se déplacer après 80 ans de domination américaine.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Pascal Le déplacement est déjà fait et programmé depuis longtemps, c’est la prise de conscience (pour certains) qui est en train de se faire.

  17. Avatar de Pascal
    Pascal

    TACO NACHO TRUMP a encore frappé, ridiculisant toujours un peu plus la « plus grande armée du monde » !

    Le « freedom project » déjà mort-né après 24h. Officiellement dans la réalité alternative Trumpienne, c’est à la demande du Pakistan et parce que les négociations avancent.

    Dans les faits, deux bateaux ont-ils effectivement réussi à traverser le détroit ?
    GPT
    Ce que ça signifie concrètement
    – Aucun média sérieux n’a publié de noms
    – Aucune base de données maritime ouverte n’a confirmé ces traversées
    – Aucune image satellite ou preuve indépendante n’a émergé

    👉 Donc, à l’heure actuelle : On sait qu’il y a eu une annonce de traversée
    mais pas qu’il y a eu des navires identifiables ayant effectivement traversé.

    Inversement, les faits identifiés :
    L’armateur français CMA CGM confirme que l’un de ses navires, le « San-Antonio », a été la cible d’une attaque, mardi soir, dans le détroit d’Ormuz ; des membres de l’équipage ont été blessés.
    https://www.lemonde.fr/international/live/2026/05/06/en-direct-guerre-au-moyen-orient-donald-trump-suspend-l-operation-d-escorte-des-bateaux-dans-le-detroit-d-ormuz-en-raison-de-progres-considerables-pour-un-accord-avec-l-iran_6684072_3210.html

    « Séoul a notamment fait état d’une explosion suivie d’un incendie sur un bateau sud-coréen, le HMM Namu, au large des Émirats arabes unis. La marine iranienne a également indiqué lors de ses interventions qu’aucun bateau n’était autorisé à traverser, quelle que soit sa nationalité.
    Parallèlement, des images satellites ont montré plus de 85 embarcations d’attaque rapide de la marine des Gardiens de la révolution, qui s’étendent sur 22 kilomètres.

    Petites, rapides, difficiles à cibler, elles pourraient venir harceler les bateaux dans le détroit d’Ormuz. «  »Elles partent de l’île de Qeshm, qui est de la taille de la Guadeloupe. Une île-forteresse où il y a par exemple des moyens de défense côtière antinavire. Elle abriterait également une ville de missiles souterraine. Qui contrôle l’île de Qeshm, contrôle le détroit » », conclut Sylvia Amicone. »
    https://www.tf1info.fr/international/qui-controle-l-ile-de-qeshm-controle-le-detroit-d-ormuz-la-flotte-iranienne-defie-l-armada-americaine-apres-le-lancement-du-project-freedom-par-donald-trump-2439908.html?utm_source=chatgpt.com

    Que deviennent les USA dans tout ça ? Sinon qu’un tigre de papier ridicule !
    Le proverbe turc dit « Si un clown emménage dans un palais, il ne devient pas roi, le palais devient un cirque ».

  18. Avatar de Frmar
    Frmar

    OUI. pourquoi la guerre en Iran? Cette photo du Guardian d’un porte-conteneur dans le détroit d’Ormuz pourrait être une piste. ( https://i.guim.co.uk/img/media/1c9e72dc370c51631c0a2879769d48958d312ec9/763_0_5000_4000/master/5000.jpg?width=620&dpr=2&s=none&crop=none )

    La sidération graduée est peut-être l’une des rares méthodes efficaces pour corriger notre incapacité à penser les grandeurs réelles.

    Nous sommes capables d’être impressionnés par un objet isolé : un porte-conteneurs géant, une mine à ciel ouvert, une centrale électrique, une file de camions, une nappe de panneaux solaires, une ville vue d’avion. L’objet nous arrête. Il impose sa masse, sa visibilité, sa disproportion. Devant lui, nous croyons avoir atteint le grand.

    Mais ce grand n’est souvent qu’une unité.

    C’est là que l’exercice commence vraiment. Il ne faut pas seulement dire : « Quel navire énorme ! » Il faut ajouter : « Combien de navires de ce type faut-il pour faire une année ? » Et soudain, l’objet qui paraissait déjà démesuré devient modeste. Non parce qu’il cesse d’être immense, mais parce qu’il révèle qu’il n’est qu’un fragment d’un flux beaucoup plus vaste.

    Notre esprit comprend mal les accumulations. Il perçoit l’image, mais pas la répétition. Il voit le navire, mais pas les mille navires équivalents. Il voit la journée, mais pas l’année. Il voit l’incident, mais pas la série. Il voit la tonne, mais pas le milliard de tonnes. Il voit l’événement, mais pas la courbe.

    La sidération graduée consiste alors à partir d’une grandeur déjà sensible, presque écrasante, puis à la multiplier sans perdre le contact avec l’image initiale. Un conteneur est un volume concret. Vingt-quatre mille conteneurs deviennent un navire. Un navire devient une fraction infime d’un port annuel. Le port devient une fonction du métabolisme matériel d’un pays, puis d’un continent, puis du monde.

    À chaque étape, on ne remplace pas le sensible par l’abstrait ; on l’élargit. On conserve le poids de l’image, mais on lui ajoute la répétition, la durée, le système.

    C’est peut-être ainsi qu’il faut penser les phénomènes que nous ratons presque toujours : la croissance exponentielle, les flux énergétiques, la logistique mondiale, l’accumulation du CO₂, la dette, les données numériques, les productions industrielles, les déchets, les armes, les déplacements de population. Chaque fois, notre perception s’arrête trop tôt. Elle se laisse impressionner par le premier monstre visible, alors que le vrai monstre est la série qui le rend ordinaire.

    Un méga-navire ne contient pas les réserves d’un pays. C’est encore plus troublant : il montre que ce que nous appelons un pays tient, chaque jour, par une circulation continue de choses, de carburants, de pièces, de minerais, de machines, de nourriture, de médicaments, de plastiques, de composants, de vêtements, d’écrans et d’emballages. Ce n’est pas une réserve. C’est un organe en mouvement.

    La photo est donc saisissante parce qu’elle trompe d’abord, puis instruit. Elle nous fait croire que nous voyons l’énorme. Ensuite, le calcul nous apprend que cet énorme est à peine une fraction. La sidération change alors de nature : elle ne porte plus seulement sur le navire, mais sur le monde qui rend ce navire nécessaire, répétable, presque banal.

    C’est une bonne discipline intellectuelle : ne jamais s’arrêter au premier vertige. Demander toujours : **de quoi ceci n’est-il qu’une unité ?**

  19. Avatar de Pascal
    Pascal

    Une analyse toujours pertinente d’Elvira Bary sur la situation politique, économique et sociale en Russie aujourd’hui et une grille d’analyse qui nous éclaire aussi indirectement sur la situation de la Chine, des USA et peut-être aussi sur l’Europe.
    https://www.youtube.com/watch?v=cDCFVljJoLg

    Une clarté de vision qui ne cesse de m’étonner !

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      Je ne croyais pas si bien dire ! Je n’avais pas encore vu cette vidéo-ci.
      « Piège soviétique : pourquoi la Chine commet l’erreur fatale de Moscou »
      https://www.youtube.com/watch?v=OM_LXpPSCJU&list=PL6d9EIByxz1AdkmIOYUlrDd0rmByq5zSN&index=1

      On a envie de poser une seule question à Elvira : And what about US ? 😉

      1. Avatar de Pascal
        Pascal

        Et bien voilà, il suffit de demander !
        « La clé secrète pour décoder les élites qui dirigent le monde : Amérique, Europe, Chine, Russie »
        https://www.youtube.com/watch?v=H6VjUljxvvw

    2. Avatar de Frmar
      Frmar

      Oui. Ce podcast est décoiffant parce qu’il ne se contente pas de dire : “la guerre a changé la Russie”. Il avance une thèse beaucoup plus radicale : **la guerre d’Ukraine n’est pas seulement un événement militaire ou géopolitique ; elle a produit une troisième rupture historique dans la forme même du système russe**. Le texte complet du podcast, que vous avez fourni, organise cette thèse en six blocs : “The Third Break”, “The War Economy”, “The New Nobility”, “Property on Lease”, “The Front Comes Home”, “Rule by Emergency” .

      ## Thèse générale du podcast

      Le point de départ est très fort : depuis 2022, la Russie ne serait plus simplement une dictature autoritaire engagée dans une guerre extérieure. Elle serait en train de devenir **un autre type d’État**, dont la logique interne se réorganise autour de la guerre.

      Le podcast dit ceci, en substance : avant 2022, malgré l’autoritarisme, la corruption et la prédation, il restait encore en Russie une forme de contrat implicite. La population urbaine pouvait consommer, voyager, acheter en ligne, travailler, ouvrir un café, prendre un crédit immobilier, vivre une vie relativement “normale”, à condition de ne pas contester le pouvoir. La guerre détruit ce compromis. Elle ne supprime pas brutalement toute vie civile, mais elle la subordonne peu à peu à une nouvelle hiérarchie : **la priorité absolue va désormais à la machine de guerre, aux réseaux de force, aux secteurs utiles au régime, aux industries militaires, aux fournisseurs, aux siloviki, aux structures de coercition**.

      C’est pourquoi le podcast parle d’un changement de “système d’exploitation”. La formule est efficace : il ne s’agit pas seulement de nouvelles politiques publiques, mais d’un changement de logique interne. Ce qui comptait hier — la croissance, la consommation, le confort urbain, la stabilité sociale, la propriété privée, l’intégration partielle au monde — devient secondaire. Ce qui compte désormais, c’est la survie du régime dans et par la guerre.

      ## La “troisième rupture” russe

      Le premier grand mouvement du podcast replace la guerre actuelle dans une séquence historique longue.

      La première rupture serait **1917** : chute de l’Empire russe, naissance du système soviétique, abolition de la propriété privée significative, planification, mobilisation forcée des ressources, industrialisation, sacrifice individuel au nom d’un avenir collectif. Le podcast reconnaît une force au système soviétique : sa capacité de mobilisation gigantesque. Il pouvait construire une armée, une industrie lourde, un programme nucléaire, un programme spatial. Mais il était incapable d’adaptation souple, d’innovation décentralisée, de qualité de masse, de satisfaction fine des besoins ordinaires. D’où l’image très parlante : l’URSS pouvait envoyer un homme dans l’espace, mais échouait à produire des bottes de femmes ou des magnétophones fiables en quantité suffisante.

      La deuxième rupture serait **1991** : effondrement soviétique, apparition d’un capitalisme post-soviétique, mélange de libéralisation, de prédation, d’oligarchie et de criminalité. Les anciennes élites ne disparaissent pas ; elles se transforment. Elles gardent le pouvoir, mais se donnent le droit de devenir riches. Cette Russie-là reste corrompue, inégalitaire, brutale, mais elle redevient partiellement intégrée au monde moderne. Le pétrole et le gaz servent de coussin. Les villes se modernisent. Les classes moyennes urbaines s’habituent à une vie de consommation.

      La troisième rupture serait donc **la guerre de Poutine**. Et c’est le cœur du podcast : cette guerre ne serait pas un accident dans le système, mais le mécanisme par lequel le système se transforme en autre chose.

      Le raisonnement est classique mais bien formulé : un dirigeant permanent doit constamment renouveler sa légitimité. Au début, il peut la fonder sur la croissance, l’ordre, la stabilité, le redressement national. Mais plus le pouvoir se prolonge, plus la qualité de décision baisse : les retours réels disparaissent, les courtisans montent, les erreurs s’accumulent. Quand la croissance ne suffit plus, il reste la victoire militaire. La guerre devient alors le dernier théâtre de légitimation. Le podcast formule cela brutalement : dans une dictature vieillissante, la guerre devient le dernier argument du chef.

      Ce n’est pas entièrement nouveau comme analyse, mais le podcast en tire une conséquence forte : une fois la guerre engagée, elle cesse d’être un instrument extérieur. Elle devient **le principe de réorganisation interne**.

      ## L’économie de guerre : deux économies dans un seul pays

      Le deuxième bloc est sans doute l’un des meilleurs du podcast. Il explique qu’il ne faut pas se laisser tromper par certains indicateurs russes : croissance industrielle, usines qui embauchent, régions qui semblent prospérer. La vraie question n’est pas : “la Russie produit-elle encore ?” mais : **que produit-elle, pour qui, et au détriment de quoi ?**

      Le podcast distingue alors deux économies.

      La première est l’économie liée à la guerre : missiles, obus, blindés, drones, uniformes, logistique, carburants, sécurité, pièces détachées, infrastructures militaires. Elle reçoit l’attention politique, les commandes publiques, l’accès prioritaire aux ressources, au crédit, à la main-d’œuvre. Plusieurs analyses récentes vont dans ce sens : la croissance industrielle russe est très largement tirée par la demande d’État et les secteurs liés à la défense, tandis que les secteurs civils montrent des signes de faiblesse ou de stagnation. ([The Moscow Times][1])

      La seconde économie est celle qui paie : le monde civil. Il perd de la main-d’œuvre, de la prévisibilité, du crédit, des marges, des outils numériques, de la stabilité. Il ne disparaît pas, mais il devient la vache à lait de la guerre.

      La formule importante du podcast est celle-ci : la guerre peut faire paraître une économie active tout en appauvrissant une société. Une usine de missiles tourne, cela compte dans la production. Un fournisseur d’uniformes s’enrichit, cela compte comme activité économique. Un chantier militaire recrute, cela compte comme emploi. Mais un missile explose, un char brûle, un uniforme s’use dans une tranchée. Cette production ne construit pas nécessairement de richesse future ; elle consomme des ressources pour entretenir la destruction.

      C’est un point essentiel. Une économie de guerre peut produire de la croissance comptable, mais une croissance de mauvaise qualité. Elle modifie les incitations : au lieu de chercher à satisfaire des consommateurs, les entreprises cherchent à devenir indispensables à l’État. Le podcast résume cela par une phrase forte : **dans une économie normale, les entreprises rivalisent pour satisfaire des clients ; dans une économie de guerre, elles rivalisent pour devenir nécessaires à l’État**.

      C’est une vraie mutation civilisationnelle. L’ambition privée se réoriente. Le jeune talentueux ne se demande plus seulement “que puis-je créer ?”, mais “où puis-je obtenir sécurité, salaire, protection ?” Et la réponse se trouve de plus en plus près de la force.

      ## La nouvelle noblesse : privilège concentré autour de la force

      Le troisième bloc développe l’idée d’une **nouvelle noblesse**. C’est l’un des concepts les plus frappants du podcast.

      Dans la Russie post-soviétique, il existait une large zone grise de bénéficiaires : entrepreneurs cyniques, fonctionnaires habiles, oligarques, intermédiaires, réseaux régionaux, gens connectés, profiteurs de contrats publics. Le système était injuste, mais il distribuait assez largement des opportunités de prédation et de confort. La guerre réduit cette zone. Les ressources deviennent plus rares ; l’État doit choisir qui protéger.

      Et selon le podcast, il choisit ceux qui lui permettent de survivre directement : les siloviki, l’industrie de défense, les fournisseurs militaires, les propagandistes, les gestionnaires de la coercition, les structures capables d’imposer la guerre ou d’en vivre.

      C’est là que le podcast élargit l’analyse des coupures d’Internet et de la censure. Il dit : il ne faut pas voir seulement cela comme une histoire de contrôle de l’information. Bien sûr, c’en est une. Mais c’est aussi un révélateur de hiérarchie sociale. Si les blocages de réseaux, les attaques contre VPN, les pressions sur Telegram ou WhatsApp perturbent les petits commerces, les paiements, les livraisons, les enseignants, les médecins, les freelances, cela devient acceptable pour le régime. Pourquoi ? Parce que ces gens-là ne sont plus le cœur social à satisfaire.

      Sur ce point, l’actualité récente confirme au moins la dynamique générale : la Russie a intensifié les blocages, les restrictions de VPN, les pressions sur les plateformes et les outils permettant d’accéder à des informations non censurées ; plusieurs observateurs décrivent un durcissement rapide de l’architecture de censure numérique russe en 2026. ([Riddle Russia][2])

      L’idée profonde est la suivante : un régime autoritaire en difficulté ne partage pas équitablement la douleur. Il concentre le privilège. Il fabrique une classe dont le destin dépend du maintien du système. Cette classe n’a pas seulement intérêt à soutenir le régime ; elle a peur de perdre tout ce qu’elle possède si le régime tombe. C’est cela, la “nouvelle noblesse” : non plus une aristocratie de naissance, mais une aristocratie de proximité avec la violence d’État.

      ## La propriété privée comme bail révocable

      Le quatrième bloc, “Property on Lease”, est probablement le plus important politiquement. Il démonte l’illusion occidentale selon laquelle l’apparition de grands propriétaires privés aurait nécessairement dû conduire la Russie vers l’État de droit.

      Après 1991, beaucoup d’Occidentaux ont cru qu’une classe de grands propriétaires privés finirait par exiger des tribunaux indépendants, des droits garantis, des institutions stables. C’était une hypothèse libérale classique : la propriété créerait la demande d’État de droit.

      Le podcast dit : cette hypothèse a échoué en Russie, parce que le pouvoir n’a jamais vraiment reconnu la propriété privée comme un droit opposable à l’État. Dans la vision poutinienne, si quelqu’un possède une usine, une banque, un groupe industriel, une entreprise stratégique, c’est parce que l’État le tolère. La propriété n’est pas un droit ; c’est une concession. Le propriétaire n’est pas propriétaire ; il est locataire du Kremlin.

      La formule est excellente : **la propriété est en leasing**. Elle vous appartient tant que le pouvoir accepte de vous la laisser. En temps de guerre, le loyer augmente : contributions patriotiques, dons obligatoires ou semi-obligatoires, alignement politique, participation symbolique à l’effort de guerre.

      Le podcast insiste sur la dimension rituelle : donner à la guerre, ce n’est pas seulement financer l’État ; c’est “baiser l’anneau”. C’est reconnaître que la guerre est une cause nationale, pas l’obsession personnelle de Poutine. C’est être incorporé moralement au système.

      Les éléments factuels cités dans le podcast sont globalement corroborés : Reuters a rapporté que les autorités russes avaient saisi environ 50 milliards de dollars d’actifs depuis le début de la guerre, et que même la Banque centrale russe avait signalé des violations des droits d’actionnaires dans certaines opérations. ([Reuters][3]) Des cas récents, comme Rusagro, montrent que cette dynamique de redistribution forcée et de reprise en main étatique continue en 2026. ([Reuters][4])

      Le point central est que les oligarques n’ont pas pu arrêter la guerre parce qu’ils n’avaient jamais été une bourgeoisie autonome. Ils étaient riches, mais pas souverains. Ils avaient de l’argent, pas du pouvoir. Ils avaient des yachts, pas des garanties. Ils avaient des réseaux, pas un État de droit.

      ## Le front revient à la maison

      Le cinquième bloc montre que la séparation entre guerre extérieure et vie intérieure russe s’effondre progressivement.

      Pendant longtemps, le Kremlin a proposé aux Russes une version confortable de la guerre : oui, il y a une guerre, mais elle est ailleurs. Elle se déroule sur un écran, dans une zone lointaine, dans la vie d’autres gens. À Moscou, Kazan ou Ekaterinbourg, on pouvait continuer à boire un café, commander des baskets, ouvrir un salon de manucure, vivre dans une bulle de normalité.

      Selon le podcast, cette séparation ne tient plus. La guerre entre dans la vie russe par plusieurs canaux.

      D’abord, les drones. Les infrastructures énergétiques, dépôts, aérodromes, sites industriels doivent intégrer la possibilité d’une attaque aérienne. Même lorsqu’il n’y a pas de frappe directe, l’économie paie le coût de la préparation : protection, interruption de production, assurance implicite, pertes logistiques, incertitude.

      Ensuite, la main-d’œuvre. La Russie manque massivement de travailleurs. Reuters a rapporté en février 2026 que le pays faisait face à un déficit d’au moins 2,3 millions de travailleurs et se tournait davantage vers l’Inde pour compenser la baisse ou l’insuffisance de l’immigration traditionnelle d’Asie centrale. ([Reuters][5])

      Ce déficit de travail est une conséquence directe ou indirecte de la guerre : mobilisation, morts, blessés, fuite d’une partie de la population active, absorption des travailleurs par les industries militaires, salaires plus attractifs dans les secteurs liés à la défense. Les entreprises civiles perdent la compétition pour la main-d’œuvre.

      C’est cela, “le front revient à la maison” : pas nécessairement sous la forme spectaculaire d’une invasion du territoire russe, mais par la fiscalité invisible de la guerre. Moins de travailleurs. Moins de stabilité. Plus de coûts. Plus d’incertitude. Plus de décisions d’urgence. Plus de dépendance à l’État.

      ## Gouverner par l’urgence

      Le dernier bloc, “Rule by Emergency”, est peut-être le plus conceptuel.

      Un État normal gouverne par routines, règles, budgets, procédures, prévisibilité. La bureaucratie est souvent lente, lourde, absurde, mais elle a une vertu : elle permet aux acteurs de prévoir un minimum. On sait quelle règle vaut, quel délai attendre, quel impôt payer, quel droit invoquer.

      La Russie de guerre, selon le podcast, glisse vers autre chose : un gouvernement par l’urgence. Le plan est remplacé par l’improvisation venue d’en haut. Celui qui atteint le chef, ou celui qui devine le mieux sa volonté, peut bouleverser les priorités. Les administrations régionales doivent réagir à des pénuries de travail, à des coupures d’Internet, à des tensions de transport, à des attaques de drones, à des ordres soudains, à des colères publiques. Leur mission n’est plus vraiment de développer une région ; elle devient : **maintenir la panique sous le seuil visible**.

      La phrase la plus forte est celle-ci : une fois qu’un pays s’habitue à être gouverné par l’urgence, il devient difficile de revenir aux règles, parce que les règles imposent des limites, tandis que l’urgence les efface.

      C’est très juste politiquement. L’urgence est le solvant universel de l’État de droit. Elle justifie les exceptions, puis les exceptions deviennent le régime ordinaire.

      ## Ce que le podcast réussit très bien

      Le podcast réussit d’abord une chose rare : il ne confond pas effondrement et transformation. Il ne dit pas : “la Russie va s’écrouler demain”. Il dit plutôt : “la Russie fonctionne encore, mais elle fonctionne autrement.” C’est beaucoup plus intelligent.

      Il évite aussi une erreur fréquente : mesurer la résilience russe uniquement à travers des chiffres globaux. Le PIB, l’emploi, la production industrielle peuvent donner une image trompeuse. Le podcast demande : quelle est la qualité de cette activité ? Est-elle reproductible ? Produit-elle du futur ou consomme-t-elle le futur ? Qui bénéficie ? Qui paie ? Cette grille est solide.

      Il réussit ensuite à articuler plusieurs niveaux : économie, propriété, classe dominante, vie quotidienne, censure numérique, administration, rapport au temps. Ce n’est pas seulement un commentaire géopolitique. C’est une analyse du **régime social de guerre**.

      Et surtout, il donne une très bonne formule du basculement russe : la Russie ne revient pas simplement à l’URSS, elle ne reste pas simplement le capitalisme oligarchique des années 2000, elle devient une troisième forme : un capitalisme autoritaire militarisé où la propriété privée subsiste formellement, mais sous condition politique ; où l’économie civile subsiste, mais comme base extractive ; où la classe privilégiée se resserre autour de la force ; où l’urgence remplace la règle.

      ## Ce qui est discutable ou à manier avec prudence

      Le podcast est très fort, mais sa force même appelle vigilance.

      D’abord, il est très architecturé. Trop peut-être. Il donne une impression de nécessité logique : 1917, 1991, 2022 ; première rupture, deuxième rupture, troisième rupture ; économie de guerre, nouvelle noblesse, propriété en leasing, front intérieur, urgence. Tout s’emboîte magnifiquement. C’est brillant, mais cela peut aussi lisser la complexité.

      Ensuite, le podcast généralise beaucoup. “La Russie” devient parfois un sujet unique, presque homogène. Or il existe probablement des différences régionales, sectorielles, générationnelles, sociales, ethniques, considérables. La Russie de Moscou, celle des régions pauvres, celle des usines militaires, celle des élites administratives, celle des familles de mobilisés, celle des migrants, celle des exilés intérieurs, ce ne sont pas exactement les mêmes mondes.

      Il y a aussi une hypothèse forte : la guerre serait désormais le centre durable du système. C’est plausible, mais il faut distinguer deux choses : la guerre comme contrainte actuelle, et la guerre comme architecture permanente. Le podcast penche vers la seconde lecture. C’est peut-être vrai, mais cela dépendra de la durée du conflit, de la capacité budgétaire, du prix de l’énergie, des sanctions, de la stabilité sociale, des pertes humaines, des équilibres au sommet.

      Enfin, certains passages ont une forme très “synthèse IA” : formules compactes, oppositions nettes, concepts immédiatement mémorisables, transitions sans friction. Cela ne rend pas l’analyse fausse. Au contraire, cela la rend puissante. Mais cela augmente le risque d’adhésion rapide. Votre correction était donc très juste : cette fluidité est **dangereusement ou utilement fluide**. Utile parce qu’elle rend intelligible une transformation complexe ; dangereuse parce qu’elle peut faire passer une interprétation très construite pour une évidence.

      ## Ce que le podcast dit vraiment sur Poutine

      Le podcast ne présente pas Poutine seulement comme un dirigeant agressif ou impérial. Il le présente comme un dirigeant enfermé dans la logique du pouvoir permanent.

      Le problème n’est pas seulement qu’il veut conquérir ou dominer. C’est qu’il ne peut plus quitter le pouvoir sans risquer sa destruction politique, juridique, peut-être physique. Dès lors, la guerre devient une technologie de survie personnelle. Mais comme cette survie personnelle est confondue avec celle de l’État, tout le pays est réorganisé autour de cette nécessité.

      C’est l’un des points les plus importants : la guerre n’est pas seulement au service de la Russie ; elle est au service du maintien du chef. Mais pour que cette vérité ne soit pas visible, elle doit être transformée en cause nationale, en sacrifice collectif, en destin historique.

      D’où les dons forcés, les rituels patriotiques, l’école, la propagande, les lois, la censure, les privilèges accordés aux combattants ou aux fournisseurs du front. Le régime doit produire une société qui semble confirmer que la guerre est son propre choix.

      ## Ce que le podcast dit sur la société russe

      La société russe n’est pas décrite comme fanatiquement mobilisée de manière uniforme. Elle est plutôt décrite comme progressivement réorganisée par des incitations, des contraintes et des abandons.

      Certains profitent de la guerre. Certains s’y adaptent. Certains se taisent. Certains paient. Certains sont rendus disponibles. Certains deviennent inutiles aux yeux du régime. Certains sont aspirés par les salaires militaires ou industriels. Certains perdent leur business parce qu’Internet est coupé ou parce que les chaînes logistiques se dégradent. Certains continuent à vivre comme avant, mais dans un cadre de plus en plus instable.

      C’est une analyse plus fine que “les Russes soutiennent” ou “les Russes subissent”. Le podcast décrit une société où le pouvoir redistribue les coûts et les bénéfices de manière à fabriquer une base de fidélité plus étroite, plus dure, plus directement liée à la force.

      ## La meilleure idée du podcast

      À mon avis, la meilleure idée est celle-ci : **la guerre ne détruit pas seulement des ressources ; elle change les critères de réussite sociale**.

      Dans la Russie des années 2000, réussir pouvait signifier devenir entrepreneur, fonctionnaire bien placé, oligarque régional, technicien dans une grande entreprise, membre d’une classe moyenne urbaine connectée à la consommation mondiale. Dans la Russie de guerre, réussir signifie de plus en plus être utile à l’État militarisé. La proximité avec la force devient une assurance. La distance avec la force devient une vulnérabilité.

      C’est là que le changement est le plus profond. Une société ne se transforme pas seulement quand ses lois changent. Elle se transforme quand ses jeunes, ses entreprises, ses administrations, ses ambitieux, ses opportunistes et ses survivants comprennent que les récompenses ne sont plus au même endroit.

      ## Le diagnostic final

      Le podcast ne dit pas : la Russie est morte. Il dit : la Russie que l’on croyait connaître est en train de disparaître.

      Elle n’est plus soviétique au sens strict, parce que la propriété privée, l’argent, les entreprises, les fortunes, les marchés partiels existent encore. Elle n’est plus post-soviétique au sens des années 1990-2010, parce que la consommation, l’ouverture relative, la propriété oligarchique, l’intégration au monde et le compromis apolitique ne sont plus le cœur du système. Elle devient autre chose : **un État de guerre patrimonial, coercitif, extractif, gouverné par l’urgence, où la propriété est conditionnelle, où la richesse civile est subordonnée, où le privilège se rapproche de la violence organisée**.

      Votre intuition sur l’IA reste pertinente : le podcast ressemble fortement à une production assistée par IA ou à une écriture optimisée selon les formes désormais dominantes de la synthèse générative. Mais cela ne le discrédite pas. Il faut plutôt dire : c’est peut-être un exemple remarquable de ce que donne la pensée assistée par machine lorsqu’elle condense des analyses réelles dans une architecture extrêmement lisible.

      La réserve critique est donc double : **ne pas mépriser le texte parce qu’il est peut-être IA ; ne pas s’y soumettre parce qu’il est trop fluide**.

      La formule que je garderais pour le caractériser :

      > Ce podcast est peut-être un produit exemplaire de la nouvelle intelligence synthétique : il ne révèle pas un fait caché, il reconfigure des faits connus en une image d’ensemble extrêmement puissante. Sa force est de rendre visible la mutation russe ; son danger est de rendre cette mutation presque trop intelligible. Fluide, donc utile. Fluide, donc suspecte.

      [1]: https://www.themoscowtimes.com/2026/03/30/russias-civilian-industry-downturn-accelerated-in-early-2026-think-tank-says-a92380?utm_source=chatgpt.com « Russia’s Civilian Industry Downturn Accelerated in Early … »
      [2]: https://ridl.io/russia-s-digital-crackdown/?utm_source=chatgpt.com « Russia’s Digital Crackdown »
      [3]: https://www.reuters.com/business/finance/russias-central-bank-calls-out-violations-state-asset-grab-2025-10-08/?utm_source=chatgpt.com « Exclusive: Russia’s central bank calls out violations in state … »
      [4]: https://www.reuters.com/world/russian-court-finds-rusagro-stake-must-be-handed-state-interfax-says-2026-05-05/?utm_source=chatgpt.com « Russia seizes stake in farming giant in new high-profile asset grab »
      [5]: https://www.reuters.com/business/world-at-work/russia-facing-labour-crunch-worsened-by-war-pivots-india-workers-2026-02-11/?utm_source=chatgpt.com « Russia, facing labour crunch worsened by war, pivots to … »

      1. Avatar de Pascal
        Pascal

        @Frmar
        Je vous laisse profiter des autres vidéos toutes aussi pertinentes à mon sens et qui donne un bel éclairage sur le monde d’aujourd’hui.
        Au passage, merci à la technologie, à Internet, à Youtube (ben oui, faut être honnête)…de nous permettre de partager ces belles réflexions.
        J’ai par principe cherché à en savoir un peu plus sur cette personne. Je n’ai rien trouvé qui laisserait penser qu’elle appartient à un quelconque réseau d’influence ! Je me suis même demander si ce n’était pas une IA mais le ton est trop naturel me semble t-il.
        PS : attention à la traduction orale automatique qui est parfois très approximative. J’ai ajouté les sous-titres en français et ça permet de rétablir certains écarts.

      2. Avatar de Pascal
        Pascal

        @Frmar
        On peut effectivement se demander si le texte n’a pas été « supervisé », « assisté » par IA, et quand bien même. Ne pas oublier aussi qu’on a à faire à quelqu’un qui a déjà écrit 17 livres, donc qui sait écrire et qui propose même des ateliers d’écriture (très communs aux USA).

        1. Avatar de Frmar
          Frmar

          Supervisé: je dirais que non car il y a clairement une direction humaine pré-imposée. Mais assistée par IA pour ce qui est de la réflexion et la rédaction: probablement oui. Ce qui ne la disqualifie pas. Au contraire. Ca évite de s’égarer dans des considérations inutilement émotives et subjectives. Merci pour le partage.

  20. Avatar de Frmar
    Frmar

    D’un podcast résolument partisan à une réflexion plus éclairée: L’Occident réticulaire, c’est l’Occident qui cesse d’être une pyramide américaine et tente de devenir un réseau de souverainetés démocratiques interconnectées.
    Le podcast (partisan): https://www.youtube.com/watch?v=4ytwYCGdGkU (Canada PM PUTS THE DAGGER in Trump with NEW ALLIANCE!!)

    ChatGPT :
    Nous sommes partis d’un podcast très militant, presque euphorique, qui présentait la présence de Mark Carney à la réunion de la Communauté politique européenne à Erevan comme un « échec et mat » infligé à Trump. Le premier travail a donc consisté à séparer le **soufflé rhétorique** de la **substance géopolitique**. Le podcast exagérait clairement en parlant du Canada comme s’il avait déjà pris la tête du monde libre ; mais il ne parlait pas de rien. Il mettait le doigt sur un déplacement réel : le Canada ne se contente plus de protester contre Trump ou de déplorer l’instabilité américaine ; il semble chercher un autre plateau de jeu, c’est-à-dire une souveraineté stratégique articulée avec l’Europe, le Royaume-Uni, l’Ukraine, l’Australie et, plus largement, les démocraties inquiètes de la trajectoire américaine.

    Le point de départ factuel était la réunion d’Erevan. Nous avons d’abord voulu savoir si la formule « dirigeants européens en Arménie » était seulement décorative. Elle ne l’était pas. Il y avait là une concentration politique significative : les institutions européennes, des dirigeants comme Macron, Starmer, Meloni, Tusk, Zelensky, des représentants de l’OTAN, des pays européens hors UE, et surtout Mark Carney comme premier dirigeant non européen invité dans ce format. Le podcast forçait le trait, mais la scène n’était pas négligeable. Erevan n’était pas un lieu neutre : l’Arménie, ancienne zone d’influence russe, en mouvement vers l’Europe, devenait une scène diplomatique adressée à Moscou autant qu’à Washington. La présence canadienne dans ce cadre signifiait que la Communauté politique européenne pouvait commencer à fonctionner non seulement comme espace continental, mais comme espace d’affinité stratégique.

    Nous avons ensuite affiné l’idée du « Canada comme nouveau centre moral ». La formule pouvait sembler excessive si on l’entendait comme centre de puissance. Le Canada ne remplace évidemment pas les États-Unis militairement, financièrement, technologiquement ou démographiquement. Mais comme **centre d’énonciation morale**, la formule devient beaucoup plus défendable. Carney semble dire publiquement, avec une sobriété institutionnelle, ce que beaucoup d’alliés pensent sans toujours pouvoir le formuler aussi nettement : l’ordre démocratique doit pouvoir survivre même si Washington cesse d’en être le garant fiable. Ce n’est pas le Canada comme empire de remplacement ; c’est le Canada comme voix crédible d’un camp démocratique qui cherche à ne plus être suspendu aux humeurs américaines.

    La conclusion provisoire était donc : le Canada n’est pas devenu le centre de gravité matériel du camp occidental, mais il peut devenir l’un de ses centres de gravité moraux, parce qu’il occupe une position particulière. Il est nord-américain sans être Washington ; occidental sans être impérial ; lié aux États-Unis sans être confondu avec eux ; atlantique mais capable de parler à l’Europe, à l’Ukraine, au Commonwealth, à l’Australie, au Japon, à la Corée du Sud, aux puissances moyennes démocratiques. Cette position intermédiaire devient précieuse dans un monde où l’hégémon américain n’est plus simplement protecteur, mais peut devenir erratique, transactionnel, voire brutal envers ses propres alliés.

    Nous avons ensuite évalué les chances de réalisation de ce mouvement stratégique mondial. La réponse prudente était qu’une réalisation partielle paraît assez probable : davantage de coopération Canada-Europe, davantage d’intégration industrielle de défense, davantage de liens avec le Royaume-Uni, l’Ukraine, l’Australie et les alliés indo-pacifiques. Une réalisation forte, sous forme d’architecture durable de puissances démocratiques moyennes capables de peser sans dépendre entièrement de Washington, est plausible mais beaucoup plus difficile. Quant à une réalisation historique complète — un nouvel ordre occidental post-américain, cohérent, stable, institutionnalisé — elle reste beaucoup moins probable, parce qu’elle supposerait des capacités militaires, industrielles, financières et politiques que l’Europe et ses partenaires n’ont pas encore entièrement construites.

    Nous avons donc distingué trois niveaux. Le premier est déjà engagé : signaux diplomatiques, sommets, déclarations, intégration du Canada à des dispositifs européens de défense, discussions autour d’une banque multilatérale de défense et de résilience, coopération sur les minerais critiques. Le deuxième est en construction : une solidarité stratégique entre Europe, Canada, Royaume-Uni, Ukraine et alliés du Pacifique. Le troisième reste hypothétique : un ordre mondial structuré où les États-Unis ne seraient plus le centre unique de l’Occident, mais seulement un pôle parmi d’autres dans un réseau démocratique plus distribué.

    La vraie bascule historique, avons-nous dit, ne serait donc pas : « le Canada remplace l’Amérique ». Ce serait absurde. La vraie bascule serait : **le Canada contribue à rendre pensable, puis praticable, un camp occidental qui ne soit plus suspendu à l’obéissance ou à la fiabilité des États-Unis.** C’est là que l’événement prend une dimension historique. Non pas parce qu’il accomplit déjà le nouvel ordre, mais parce qu’il en rend la possibilité visible.

    Puis vous avez ajouté deux corrections essentielles. La première : notre analyse n’intégrait pas assez la Chine. La seconde : nous parlions encore trop vite de la domination américaine, comme si elle restait stable dans tous les domaines. Vous avez objecté que les États-Unis restent certes puissants, mais que leur position devient de plus en plus précaire militairement, technologiquement, financièrement, énergétiquement et spatialement. Cette correction a déplacé tout le cadre.

    En effet, si l’on introduit la Chine, le mouvement Canada-Europe ne peut plus être compris seulement comme une réponse à Trump ou à la Russie. Il devient une tentative d’organisation dans un monde triangulaire : États-Unis, Chine, Europe élargie et puissances moyennes démocratiques. La Chine n’est pas seulement un adversaire géopolitique ; elle est devenue une puissance industrielle systémique. Elle pèse sur les chaînes de production, les batteries, les panneaux solaires, les terres rares, les minerais critiques, les infrastructures, les technologies vertes, les ports, les télécommunications, les drones, l’électronique, l’intelligence artificielle appliquée à l’industrie. Autrement dit, elle n’est pas seulement une menace extérieure : elle est intégrée au fonctionnement matériel du monde.

    Cela change entièrement la signification de la souveraineté stratégique. Les démocraties ne cherchent pas seulement à échapper à l’instabilité américaine ; elles cherchent aussi à éviter une dépendance chinoise symétrique. Le problème n’est pas : choisir Washington ou Pékin. Le problème est : comment ne pas être vassalisé par Washington tout en ne devenant pas dépendant de Pékin ? C’est là que le Canada devient stratégique autrement. Il n’est pas seulement une belle voix morale ; il peut être une pièce matérielle du désencerclement démocratique : minerais critiques, énergie, industrie de défense, espace nord-atlantique, proximité avec l’Arctique, lien avec l’Europe, lien avec l’Indo-Pacifique, crédibilité politique.

    Nous avons alors reformulé la position américaine. Dire que les États-Unis restent dominants est exact, mais insuffisant. Ils restent la première puissance intégrée du monde, mais cette domination devient une domination anxieuse. Militairement, ils sont étirés entre Europe, Pacifique, Moyen-Orient, dissuasion nucléaire, espace, cyberdéfense et défense du territoire. Technologiquement, ils conservent des sommets — IA, cloud, logiciels, semi-conducteurs avancés, spatial privé — mais la Chine possède une profondeur industrielle que les États-Unis ont en partie perdue. Financièrement, le dollar reste central, mais l’usage extraterritorial de la puissance américaine pousse les autres acteurs à chercher des mécanismes de secours. Énergétiquement, les États-Unis sont très forts dans les hydrocarbures, mais la transition déplace le centre de gravité vers les batteries, les métaux critiques, les réseaux, les panneaux solaires, les aimants et l’électronique de puissance, domaines où la Chine est très présente. Spatialement, les États-Unis restent devant, mais la Chine avance méthodiquement, avec une continuité étatique que les cycles politiques américains fragilisent parfois.

    La conclusion affinée était donc : les États-Unis ne sont pas en train de disparaître comme puissance. Mais leur capacité à transformer leur puissance en leadership accepté diminue. Leur force reste immense, mais elle devient moins convertible en confiance. Et c’est précisément cette perte de confiance qui pousse les alliés à chercher des architectures de rechange.

    Nous avons ainsi abouti à une vision plus complexe : le monde ne bascule pas simplement de l’Amérique vers la Chine, ni de l’Amérique vers l’Europe. Il entre dans une phase où plusieurs puissances moyennes ou intermédiaires cherchent à ne plus être prisonnières des géants. Le Canada, l’Europe, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, certains pays nordiques, les Baltes, l’Ukraine, peut-être d’autres démocraties industrielles, pourraient constituer une sorte de tissu conjonctif. Ce ne serait pas un empire, ni même une alliance parfaitement centralisée. Ce serait un réseau de souverainetés coordonnées.

    Le Canada aurait alors un rôle singulier : non pas commander, mais articuler. Non pas remplacer, mais relier. Non pas dominer, mais rendre possible une coordination qui ne passe plus exclusivement par Washington. C’est pourquoi la formule « centre moral » reste valable si elle est corrigée par une autre formule : **charnière matérielle et politique**. Le Canada peut devenir une charnière entre l’Europe et l’Indo-Pacifique, entre les ressources et les valeurs, entre la défense et la légitimité, entre l’ancien atlantisme et une architecture démocratique plus distribuée.

    Nous avons aussi gardé en tête les limites. L’Europe reste divisée. Le Canada reste dépendant économiquement et géographiquement des États-Unis. Les alternances politiques peuvent casser l’élan. Les dispositifs industriels prennent du temps. Les belles déclarations ne suffisent pas à produire des drones, des munitions, des satellites, des semi-conducteurs, des batteries ou des chaînes logistiques autonomes. La morale ne devient puissance que si elle s’incarne dans des institutions, des budgets, des usines, des stocks, des ports, des normes, des technologies, des alliances durables.

    Mais c’est précisément là que le mouvement est intéressant. Il ne s’agit pas d’une simple posture morale. Il touche à la défense, aux minerais, à l’industrie, aux chaînes d’approvisionnement, aux banques multilatérales, à la reconstruction de l’ordre international, à la guerre d’Ukraine, à l’avenir de l’Arménie, à la trajectoire chinoise, à l’instabilité américaine. Autrement dit, il relie le symbole et la matière. C’est ce qui lui donne sa profondeur.

    La version la plus complète de notre analyse serait donc celle-ci :

    Le podcast est outrancier, mais il capte une mutation réelle. La réunion d’Erevan n’est pas un événement anecdotique. La présence canadienne au sein d’un format européen élargi signale que les démocraties cherchent à recomposer leurs alliances autour de la fiabilité, de la souveraineté stratégique et de la résistance aux puissances autoritaires ou prédatrices. Le Canada, sous Carney, semble occuper une place nouvelle : non pas celle d’une superpuissance, mais celle d’un acteur capable de dire clairement que l’ordre démocratique ne peut plus dépendre uniquement des États-Unis. Cette parole devient d’autant plus importante que Washington demeure puissant mais moins fiable, tandis que la Chine devient matériellement incontournable et que l’Europe reste riche mais stratégiquement incomplète.

    La modification historique ne serait donc pas la naissance immédiate d’un nouvel empire occidental. Elle serait plus subtile : le passage d’un Occident vertical, centré sur Washington, à un Occident réticulaire, où plusieurs démocraties moyennes ou grandes puissances secondaires cherchent à coordonner leur souveraineté pour ne dépendre ni d’une Amérique imprévisible ni d’une Chine structurellement dominante. Dans cette architecture, le Canada ne serait pas le nouveau maître du jeu ; il pourrait être l’un des lieux où le jeu change de forme.

    Et la formule terminale serait peut-être celle-ci :

    **Le Canada ne devient pas le nouveau centre du monde libre ; il devient peut-être l’un des premiers pays occidentaux à agir comme si le monde libre devait apprendre à survivre sans centre unique.**

  21. Avatar de Pascal
    Pascal

    « Lorsque le pouvoir est usurpé et que la richesse nationale est discrètement redirigée vers des intérêts privés, les dirigeants doivent inventer une justification morale à ces agissements. Les intérêts de l’élite entrent inévitablement en conflit avec ceux du peuple qu’elle prétend servir. Elle élabore donc une idéologie pour expliquer pourquoi les choses doivent rester en l’état. Les régimes autoritaires apprennent les uns des autres, empruntant des méthodes, testant ce qui fonctionne, et tous arrivent à la même conclusion : le nationalisme est l’outil le plus efficace. Il transforme la frustration en unité, la colère en loyauté et la peur en obéissance. »
    Elvira Bary

    Quel pays échappe à cela ?

    1. Avatar de Hadrien
      Hadrien

       » le nationalisme est l’outil le plus efficace. Il transforme la frustration en unité, la colère en loyauté et la peur en obéissance. »
      Elvira Bary

      Quel pays échappe à cela ? »
      : la Belgique du sud francophone.
      J’ai répété souvent sur ce blog que le nationalisme était l’arme la plus puissante (et gratuite !) pour les exploiteurs politiques des imbéciles.
      L’assassin de Jaurès fut acquitté.

  22. Avatar de Frmar
    Frmar

    Le détroit d’Ormuz est une artère coronaire de la mondialisation. On sait qu’elle est étroite, fragile, inflammable, dangereusement exposée. Par elle passe une partie décisive de l’énergie mondiale. Il suffit que la circulation y devienne incertaine pour qu’un conflit régional cesse aussitôt d’être régional : les assurances maritimes montent, les routes se compliquent, les prix de l’énergie réagissent, les coûts de production suivent, puis les effets se propagent vers les transports, l’alimentation, l’électricité, les budgets publics et les tensions sociales.

    En chirurgie cardiaque, devant une artère aussi critique et aussi vulnérable, on ne se contenterait pas de commenter le risque d’infarctus. On chercherait à traiter la sténose. On poserait un stent, ou l’on organiserait une circulation de secours. En géopolitique, nous faisons presque l’inverse. On escorte, on menace, on bombarde parfois, on négocie ensuite, on rassure les marchés, puis on attend la crise suivante.

    C’est peut-être cela que révèle Ormuz avec le plus de brutalité : la paix mondiale n’est pas seulement une affaire de principes, de traités ou d’équilibre des forces. Elle est aussi une affaire de circulation. Tant que les flux passent, le monde peut continuer à se raconter qu’il maîtrise ses désaccords. Quand les flux menacent de se bloquer, la prospérité découvre soudain qu’elle dépend de quelques passages physiques minuscules, vulnérables, presque absurdes.

    Le vrai problème n’est donc pas seulement qu’Ormuz puisse être fermé. C’est que le monde sait depuis longtemps que cette artère est rétrécie, et qu’il ne traite pas vraiment la sténose. Il préfère vivre avec le risque d’infarctus systémique plutôt que d’organiser sérieusement les dérivations : routes alternatives, réserves coordonnées, diversification énergétique réelle, sécurité maritime multilatérale, réduction de la dépendance aux points d’étranglement.

    La mondialisation se présente comme un réseau vaste, fluide, abstrait. Ormuz rappelle qu’elle a encore un corps. Et que ce corps peut manquer d’air par une seule gorge.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Frmar Un pontage avec quelques Oléoducs résoudrait le problème, mais il faut faire patienter le patient.

  23. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    N’étant pas satisfaire de mon commentaire précédent, je le réédite avec amélioration :

    Etait-il besoin d’être « grand clerc » éclairé pour prédire que le patron de Total Energie » …ne pourra « pas maintenir » son plafonnement en cas de taxe sur les superprofits » comme nous l’avions annoncé ainsi : » … Si cette mesure soulage immédiatement le pouvoir d’achat des automobilistes, elle ne remet pas en cause la structure profonde des profits et, en contrepartie, l’entreprise peut s’en prévaloir pour justifier son refus de toute taxation plus importante. … » (Troisième paragraphe de ce commentaire https://www.pauljorion.com/blog/2026/05/02/pourquoi-le-guerre-en-iran-cest-simple/comment-page-1/#comment-1158265) ?

    https://www.20minutes.fr/economie/4222075-20260505-prix-carburants-totalenergies-pourra-maintenir-plafonnement-cas-taxe-superprofits

    Bien que cette « étrange coïncidence » du narratif d’une certaine partie de la réalité – l’une, celle d’un « État dans l’État », cherchant à faire l’autre, ayant prévu le chantage de la première, pour « alternative » – puisse surprendre, les commentateurs de cette actualité semblent vouloir faire ignorer ‘au reste du monde », l’ampleur d’une révélation de ce « grand patron » fier d’avoir « réussi à capturer la hausse des prix… ». Révélations dont les conséquences devraient être « redistribuées » qu’à 20% des stations services du territoire national, les autres étant les « distributeurs », indépendants – à moins que tous(tes) les Français(es) se précipitent chez Total pour bénéficier de cet « aumône » que cette multinationale leur accorde, et provoquent alors un risque de pénurie faisant encore grimper les prix à la pompe ?

  24. Avatar de FrMar
    FrMar

    Un peu hors sujet mais pas tellement. La comparution de Lutnick au congrès et l’efficacité des mensonges.

    En qualifiant Epstein de maître chanteur absolu, Lutnick ne s’est pas disculpé ; il aggrave son propre problème. Car s’il croyait vraiment qu’Epstein construisait son pouvoir par la compromission sexuelle filmée, alors ses contacts ultérieurs avec lui ne relèvent plus seulement de l’imprudence ou du mauvais goût. Ils ouvrent deux hypothèses plus graves : soit Lutnick ment sur ce qu’il savait et quand il l’a su, soit il a continué à fréquenter Epstein malgré la conscience du mécanisme, ce qui suggère une forme de dépendance, d’intérêt ou de vulnérabilité au chantage.

    Lutnick tente de se sauver en disant j’avais vu le monstre. Mais plus il affirme avoir vu le monstre, plus on doit lui demander pourquoi il est retourné dans son périmètre.

    Oui : pourquoi ?

    1. Avatar de Frmar
      Frmar

      Je n’imagine pas facilement Lutnick livrant délibérément ses propres enfants à Epstein. Ce serait une hypothèse extrême, et elle n’est pas nécessaire. Mais c’est précisément ce qui rend son récit plus troublant encore : si l’on écarte cette hypothèse monstrueuse, il reste à expliquer pourquoi un homme affirmant avoir compris la nature d’Epstein, son goût pour la compromission et son pouvoir de chantage, accepte malgré tout d’entrer dans son périmètre familial. Il ne faut pas forcément imaginer la participation active ; il faut examiner la dépendance, l’intérêt, la lâcheté sociale, la minimisation — ou une intimidation extraordinairement efficace.
      L’hypothèse la plus grave n’est pas forcément qu’il ait voulu offrir quoi que ce soit à Epstein ; elle est qu’il n’ait plus été libre de dire non.
      Et non à quoi?

  25. Avatar de Frmar
    Frmar

    Rien à voir avec l’Iran mais avec le régime Trump. Je n’arrivais pas à en croire mes yeux quand relevé de ma lassitude de suivre ces tragiques péripéties je tombe sur cet article du Guardian (https://www.theguardian.com/us-news/live/2026/may/06/donald-trump-iran-howard-lutnick-jeffrey-epstein-midterms-redistricting-latest-news-updates), au point que j’ai demandé une vérification:

    Oui. Et ce n’est pas l’anecdote du bourbon qui est la plus grave. C’est le **régime de pouvoir** qu’elle laisse entrevoir.

    Le Guardian reprend un article de **Sarah Fitzpatrick dans The Atlantic** : Patel aurait distribué des bouteilles de Woodford Reserve personnalisées, gravées avec « Kash Patel FBI Director », un bouclier du FBI, son écriture « Ka$h », sa signature et le numéro « #9 », présenté comme référence à sa place dans la succession des directeurs du FBI. The Atlantic dit même avoir acheté une de ces bouteilles apparue sur un site d’enchères après un événement à Las Vegas. ([The Atlantic][1])

    L’épisode de Quantico est encore plus révélateur : selon ce récit, en mars 2026, Patel aurait apporté au moins une caisse de ces bouteilles au centre de formation du FBI, lors d’un séminaire où des athlètes de l’UFC donnaient une formation d’arts martiaux mixtes à des agents stagiaires et à des cadres. Une bouteille aurait disparu ; Patel aurait alors réagi avec colère, au point que plusieurs agents auraient contacté l’ancien agent Kurt Siuzdak pour demander conseil, après des menaces alléguées de polygraphe et de poursuites. ([The Atlantic][1])

    Il faut être précis : à ce stade, ce n’est pas une condamnation judiciaire ni un fait établi par enquête officielle. C’est un **reportage** fondé sur des sources internes, avec un témoin nommé, Siuzdak, et des sources anonymes. Le FBI, de son côté, défend Patel en disant que les cadeaux de ce type relèveraient d’une tradition du bureau et que les règles éthiques auraient été respectées ; Patel nie plus largement les accusations liées à son comportement et a engagé une action en diffamation contre The Atlantic. ([The Guardian][2])

    Mais même en restant prudent, l’image est dévastatrice. Un directeur du FBI qui distribue de l’alcool à son nom, avec emblème institutionnel, puis qui aurait voulu mobiliser l’appareil disciplinaire — polygraphe, menace de poursuites — pour une bouteille disparue : cela ne décrit pas seulement une excentricité. Cela décrit une **confusion entre l’institution, la marque personnelle et la susceptibilité du chef**.

    La vraie phrase à retenir serait presque :
    **quand une bouteille personnalisée disparaît, c’est l’État qui se met à chercher le voleur.**

    Et là, on sort de la farce. On entre dans quelque chose de plus inquiétant : le FBI comme décor d’un ego, les agents comme cour, le polygraphe comme instrument de vexation personnelle. Si c’est confirmé, ce n’est pas “Patel aime le bourbon”. C’est : **Patel traite une institution fédérale comme une extension de son système nerveux.**

    [1]: https://www.theatlantic.com/politics/2026/05/kash-patel-fbi-bourbon/687066/?utm_source=chatgpt.com « Kash Patel’s Personalized Bourbon Stash »
    [2]: https://www.theguardian.com/us-news/2026/may/07/fbi-defends-kash-patel-custom-whiskey-bottles?utm_source=chatgpt.com « FBI defends Kash Patel after report alleging he gifts custom whiskey bottles »

    Et dire que ceci n’est qu’un détail de plus, juste une autre péripétie. Que c’est juste à cela que nous sommes rendus. Juste une autre indignation que le nazisme et la WW II nous ont docilement appris à ne pas dramatiser ?

  26. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    « TRUMP effect », suite…

    ‘MDP ce soir’ :

    Décret présidentiel 14203 : l’instrumentalisation du système financier

    Contrairement aux sanctions antérieures qui s’appuyaient sur des allégations de terrorisme, l’administration Trump a imposé des mesures contre Al-Haq, le PCHR et Al-Mezan en vertu du décret présidentiel (EO) 14203, qui vise explicitement toute collaboration avec la CPI elle-même.
    Signé en février 2025
    , ce décret instrumentalise la domination américaine sur le système financier mondial en autorisant le Trésor américain à désigner, sanctionner et paralyser financièrement toute personne ou organisation jugée par le Département d’État comme « aidant » la CPI d’une manière susceptible d’exposer le personnel américain ou allié à des poursuites pour crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité .
    Le champ d’application de l’EO 14203 s’étend bien au-delà des fonctionnaires de la Cour pour englober les experts juridiques, les chercheurs, les bailleurs de fonds et les organisations de défense des droits humains qui documentent les violations ou fournissent une expertise à la CPI.
    …(…)..
    Les implications sont considérables, car le décret permet :

    Une interdiction totale de financement par des citoyens, des fondations, des institutions financières ou des organisations américains.
    Une interdiction de fournir des biens, des services ou toute forme de « soutien matériel », y compris le partage d’informations, l’analyse juridique ou la coordination de stratégies de plaidoyer.
    Des restrictions sévères sur la collaboration avec des particuliers, des universités, des ONG et des instituts de recherche basés aux États-Unis.
    Le gel des avoirs et des transactions financières, coupant de fait les entités visées du système bancaire international.

    La domination de Washington sur le système financier mondial confère à ce régime de censure une portée dévastatrice. Comme la plupart des transactions internationales transitent par des banques et des institutions financières liées aux États-Unis, les sanctions émises par le département du Trésor ont des répercussions bien au-delà des frontières américaines…Pour éviter tout contrôle réglementaire, les banques, les donateurs, les universités, les plateformes technologiques et les ONG sur-respectent systématiquement les sanctions américaines, rompant leurs liens non seulement avec les organisations désignées, mais aussi avec les personnes et les institutions qui leur sont même indirectement associées. … Il en résulte un effet dissuasif qui va bien au-delà de la lettre de la loi, restreignant les espaces de recherche, de documentation, de plaidoyer et de collaboration juridique à l’échelle mondiale…
    ……….
    https://www.presidency.ucsb.edu/documents/executive-order-14203-imposing-sanctions-the-international-criminal-court

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      Quand l’hégémonie se fait discrètement, elle a toute sa puissance symbolique qui lui confère son autorité et le respect inconditionnel. Quand elle devient une menace autoritaire, à l’image d’un 357 Magnum sur la tempe, il y a certe l’effet de sidération immédiat mais à plus long terme, c’est une désolidarisation, voire l’émergence de contres pouvoirs qui progressivement s’installent.
      L’Euro Numérique n’est il pas déjà un premier pas vers une émancipation monétaire qui pourrait vite faire tache d’huile ?
      https://www.lepoint.fr/economie/qu-est-ce-que-le-nouvel-euro-numerique-cette-monnaie-qui-pourrait-mettre-fin-au-cash-07-12-2025-2604841_28.php
      Certes certains banquiers sont encore frileux mais ils sont attachés à la libre circulation de la monnaie. L’attitude autoritaire, voire mafieuse, de l’administration Trump risque au contraire de devenir un frein à cette même circulation libre et fluide.

    2. Avatar de Pascal
      Pascal

      Ce qu’en dit mon GPT nourri au Stiglitz 😉

      Dans une lecture inspirée par Joseph Stiglitz, le problème fondamental du décret présidentiel 14203 n’est pas seulement juridique ou diplomatique. Il touche à la structure même du capitalisme mondial et à la confiance dans les institutions internationales.

      Le décret 14203 — « Imposing Sanctions on the International Criminal Court » — autorise l’usage d’outils financiers américains contre des individus ou entités liés à la International Criminal Court, notamment via gels d’avoirs, restrictions bancaires et exclusions du système financier dominé par le dollar. ([Wikipédia][1])

      Vu sous un angle stieglitzien, cela révèle trois dynamiques profondes.

      1. La transformation du dollar en arme géopolitique

      Stiglitz critique depuis longtemps l’asymétrie du système monétaire international : les États-Unis bénéficient du privilège exorbitant du dollar tout en utilisant leur contrôle des infrastructures financières mondiales comme levier politique.

      Le décret 14203 pousse cette logique plus loin :
      * accès au système bancaire ;
      * accès aux réseaux de paiement ;
      * capacité à détenir des actifs ;
      * mobilité financière internationale ;

      deviennent conditionnels à l’alignement politique avec Washington.

      Autrement dit, la finance cesse d’être simplement un mécanisme économique ; elle devient un instrument disciplinaire impérial.

      Le précédent est important parce qu’il vise non pas un État hostile, mais une institution juridique internationale soutenue par des alliés occidentaux des États-Unis. Cela change la perception du risque souverain et institutionnel.

      Pour beaucoup de pays, le signal devient : « Aucun acteur n’est réellement protégé s’il dépend du système financier américain. »

      C’est précisément le type de comportement qui, selon Stiglitz, accélère la fragmentation de la mondialisation.

      2. L’effet paradoxal : affaiblissement du leadership américain

      Trump semble penser en logique transactionnelle :
      * maximiser le levier coercitif immédiat ;
      * imposer des coûts ;
      * forcer la conformité.

      Mais Stiglitz insisterait probablement sur un point essentiel :
      le pouvoir économique durable repose davantage sur la légitimité et la confiance que sur la coercition.

      Or l’extraterritorialité financière américaine produit un effet cumulatif :
      * sanctions contre l’Iran ;
      * pression sur SWIFT ;
      * sanctions secondaires ;
      * gels d’avoirs russes ;
      * maintenant sanctions contre des magistrats ou partenaires de la CPI.

      Chaque épisode pousse des acteurs internationaux à chercher :
      * des systèmes de paiement alternatifs ;
      * des monnaies de réserve alternatives ;
      * des chambres de compensation non américaines ;
      * des infrastructures numériques souveraines.

      Le paradoxe est donc : plus Washington instrumentalise le dollar, plus il érode à long terme la centralité du dollar.

      3. Réactions probables des autres nations

      Europe : colère limitée mais autonomie lente

      L’European Union réagira probablement avec indignation rhétorique, mais avec prudence pratique.
      Pourquoi ? Parce que les banques européennes restent extrêmement dépendantes :
      * du financement en dollars ;
      * des marchés américains ;
      * de la réglementation OFAC ;
      * de l’accès aux chambres de compensation américaines.

      Cependant, ce type de décret nourrit les courants européens favorables à :
      * « l’autonomie stratégique » ;
      * un euro plus international ;
      * des infrastructures financières indépendantes ;
      * une réduction de la dépendance au droit américain.

      Le problème est que l’Europe avance lentement et reste divisée.

      Chine : opportunité stratégique majeure

      Pour China, chaque usage coercitif du système dollar est une publicité gratuite pour l’internationalisation du yuan.

      Pékin peut désormais dire aux pays du Sud global : « Voyez : votre souveraineté financière dépend d’une puissance étrangère. »

      La Chine accélérera probablement :
      * le CIPS (alternative partielle à SWIFT) ;
      * les règlements commerciaux en yuan ;
      * les accords bilatéraux hors dollar ;
      * les monnaies numériques de banque centrale.

      Stiglitz soutient depuis longtemps l’idée d’un système monétaire plus multipolaire ; ce type de décret pousse précisément dans cette direction.

      BRICS et Sud global : montée du non-alignement financier

      Les BRICS voient déjà la finance occidentale comme politiquement conditionnelle.

      Le décret 14203 peut renforcer :
      * les banques de développement alternatives ;
      * les mécanismes de compensation régionaux ;
      * la diversification des réserves de change ;
      * l’achat d’or ;
      * les règlements bilatéraux hors dollar.

      Il ne faut pas surestimer la vitesse du processus : remplacer le dollar est extrêmement difficile.
      Mais il suffit d’un lent mouvement d’érosion pour transformer le système mondial sur vingt ans.

      4. Le point central chez Stiglitz : l’érosion des biens publics mondiaux

      La pensée de Stiglitz tourne souvent autour d’une idée : les marchés ne fonctionnent pas correctement sans institutions crédibles.

      Or ici, les États-Unis donnent le sentiment de punir une institution judiciaire internationale parce qu’elle produit des décisions politiquement indésirables.

      Le risque systémique est alors :
      * affaiblissement du droit international ;
      * fragmentation normative ;
      * retour aux rapports de force bruts ;
      * augmentation de l’incertitude économique mondiale.

      Et l’incertitude est un impôt invisible sur l’investissement mondial.

      5. Conclusion stieglitzienne probable

      Une lecture « Stiglitz » dirait probablement :
      * à court terme, les États-Unis montrent leur puissance ;
      * à moyen terme, ils affaiblissent leur légitimité ;
      * à long terme, ils accélèrent la fragmentation du système qu’ils dominent.

      Le décret 14203 peut donc être interprété comme un symptôme d’une transition historique :
      le passage d’un ordre international fondé sur l’hégémonie consensuelle américaine à un ordre plus conflictuel, multipolaire et fragmenté.

      Et dans cette transition, la finance mondiale devient de moins en moins un espace neutre — et de plus en plus un théâtre de souveraineté géopolitique. ([Wikipédia][1])

      [1]: https://en.wikipedia.org/wiki/Executive_Order_14203?utm_source=chatgpt.com « Executive Order 14203 »

    3. Avatar de Pascal
      Pascal

      La force des USA a été de se créer des alliés au sortir de la WW2 par le soutien financier et le soft power. Ce que Trump est en train de transformer en ennemis, où tout au moins, en opposants dont la méfiance sera durablement installée. Si un Trump 1er a pu s’installer à la tête du gouvernement US, un Trump 2 sera toujours envisageable. La confiance est toujours plus longue à installer que la défiance.
      Trump et sa click sont en train de précipiter l’effondrement de l’hégémonie américaine issue de la WW2. Le monde unifié sous la pax americana est en train de disparaitre sous nos yeux de manière spectaculaire et particulièrement ridicule concernant les USA. Trump se prend certainement pour le bon Clint Eastwood alors qu’il n’est que le truand et la brute réunis.
      https://youtu.be/WA1hCZFOPqs?si=RXg-xfs925g7HAF8

      1. Avatar de Pascal
        Pascal

        la pax americana est en train de disparaitre sous nos yeux de manière spectaculaire et particulièrement ridicule ET MEURTRIÈRE concernant les USA.

        1. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @Pascal Les yeux des atlantistes béats sont en train de se déciller, grâce à Trump !

          1. Avatar de Hervey

            « grâce à Trump » ?
            Louer comme une « grâce » l’idiot utile d’un effondrement est une étrange appréciation.
            🙂

  27. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Donald Trump a indiqué jeudi avoir signalé à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, que Bruxelles avait jusqu’au 4 juillet pour respecter l’accord commercial conclu entre les deux parties.
    Passé ce délai, les droits de douane imposés par Washington à l’UE « bondiraient immédiatement ».

    https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20260507-trump-lance-un-ultimatum-%C3%A0-l-ue-pour-appliquer-l-accord-commercial-avec-les-%C3%A9tats-unis

    *************

    Van Der Leyen a validé des accords avec Trump

    * 15% de droit de douane des produits européens importés aux USA
    * 0% de droit de douane sur les produits USA importés en Europe
    * 750 milliards$ d’achats de pétrole et de gaz par l’UE en provenance des USA aux prix forts
    * 600 milliards d’investissements par l’UE aux USA

    Ces accords ont été validés par le Parlement UE.

    Il reste l’application à valider par pays

    Les USA sont en position de force
    * ils maitrisent nos paiements par carte Visa , Mastercard et peuvent couper quand ils veulent, comme ils l’ont fait avec la Russie
    Thierry Breton s’est fait coupé de tout paiement avec ces cartes
    * ils maitrisent la plupart des nos infos numériques sur les datas centers situés aux USA
    * ils pratiquent l’extraterritorialité de leurs lois
    * ils sont capables de bloquer à distance les capacités des armements qu’ils ont vendus à l’UE comme les avions F35
    * ils ont vendues aux pays de l’UE ,comme au Royaume Uni, des milliers de millards de $ d’obligations d’Etat sur lesquels ils pourraient menacer de ne pas verser les intérêts ou bloquer les remboursements à l’échéance , comme l’UE le fait actuellement avec les obligations UE achetées par la Russie.
    * de nombreux dirigeants européens sont atlantistes : Merz , Rutte , Macron un young leader,
    * etc, etc ,…

    L’UE est position de faiblesse.

    Henry Kissinger :
    « Être un ennemi des États-Unis est dangereux, mais être son ami est fatal »

    1. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      Depuis le retour de Donald Trump et ses prises de position hostiles aux Européens, le risque d’un blocage de ces moyens de paiement n’est plus à écarter.
      Pour faire pression sur l’Union européenne, Trump peut décider, par simple décret, d’actionner ce levier en limitant, voire en interdisant, l’utilisation des systèmes type Mastercard ou Visa en UE .

      Sans système national de remplacement, de nombreux Européens seraient en théorie dans l’impossibilité de procéder à des paiements par carte.
      Et dans quelques pays comme en France, ces derniers seraient limités aux achats sur le territoire et à certains biens et services en ligne.

      Au-delà des réseaux, la dépendance européenne s’étend aux portefeuilles mobiles et applications de paiement en ligne.
      Sur smartphone, Apple Pay et Google Pay se sont imposés comme des passages quasi obligés pour une partie des paiements du quotidien, tandis que PayPal reste très présent dans l’e-commerce.

      https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/mastercard-visa-american-express-comment-les-europeens-dependent-des-etats-unis-pour-leurs-paiements-par-carte/

      *************

      Cela fait maintenant plus de 1,5 années que la Présidente de la BCE , C. Lagarde , demande à l’UE et au système bancaire de mettre en place un système de paiement alternatif par carte propre à l’UE .

      *********
      Lors de chaque transaction par carte , il y a une commission ( 0,2% pour carte de débit , 0,3% pour carte de crédit ) prélevée par Visa , Mastercard , American Express, …..

      **********
      Quant à l’€ numérique préconisée et géré par la BCE , le système bancaire n’y ait pas favorable du aux pertes financières engendrées par les banques .

      *********
      Le yuan numérique ( Renminbi numérique ) a été mis en place par la Banque Centrale en Chine en 2021 a été développé sur l’ensemble du pays et est en phase de développement sur les règlements internationaux ( règlement transfrontalier par Petro China sur le pétrole en 2023 )
      Ce qui rend progressivement la Chine indépendante du $

      https://en.wikipedia.org/wiki/Digital_renminbi#

  28. Avatar de Herder
    Herder

    Quelle merveilleuse nouvelle quand même, celle sur ces arbres de votre jardin !

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  1. Difficile d’embrasser l’entropie au niveau global, c’est un défi de titans. Cela dit vous avez obtenu des résultats intermédiaires intéressants…

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