La société du spectacle, par Denis Monod-Broca

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Les flancs des autobus parisiens portent des affiches annonçant la sortie du film « Annabelle 2 ». À côté d’une image montrant quelque chose comme un mannequin dans un cercueil, un slogan en gros caractères est censé susciter l’envie des spectateurs potentiels d’aller voir le film. Ce slogan dit : « Jamais on n’était allé aussi loin dans la terreur ».

Je n’en reviens toujours pas ! Je n’en reviens pas de lire cette publicité, littéralement terrorisante, sur les autobus parisiens. La terreur devenue un argument publicitaire ! Comment est-ce possible ? Et en outre à l’heure où la lutte contre le terrorisme est présentée comme la priorité des priorités… à l’heure où on s’interroge sur le moyen de déradicaliser tous ces jeunes fascinés par la terreur… Certes c’est du cinéma, mais les mots sont les mots, et ils disent ce qu’ils veulent dire. Je serais le dir’com’ de Daech j’adopterais aussitôt un slogan aussi adéquat : « Jamais on n’était allé aussi loin dans la terreur ».

On conçoit, écrit, imprime, affiche un tel slogan et personne ne bronche.

La terreur fait vendre. Rien d’autre ne compte.

Nous sommes devenus fous.

Partager

78 réflexions au sujet de « La société du spectacle, par Denis Monod-Broca »

  1. La terreur pour du faux ne fait peur à personne quand le vrai terrorisme est le véritable spectacle qui doit sidérer les gens.
    Si je ne Mabuse (revoir ce film de Fritz Lang) « Il faut terroriser l’âme humaine jusqu’en son tréfonds par des crimes énigmatiques et apparemment gratuits. Des crimes qui ne profitent à personne et dont l’unique but est de propager la terreur. Car l’ultime vocation de ces crimes est d’instaurer le règne absolu du crime. Un état d’insécurité totale et d’anarchie, bâti sur les idéaux brisés d’un monde voué à sa perte. Quand les hommes seront sous l’emprise de la terreur, quand le chaos sera la loi universelle, alors viendra le règne du crime. » (1933).

  2. Je compare la publicité à du harcèlement, voire quelque chose d’obscène.
    Les publicités destinées aux famille (les pizzas) à la télé sont des sommets du ridicule et celles pour les assurances (vous savez le couple lui avec une barbe, elle blonde ou brune) des insultes à l’intelligence la plus élémentaire.
    Celles impliquant des enfants ou, et des animaux, des presque crimes.
    Mais je vous rassure, tout ça est normal et c’est moi qui ai un problème.
    Mad world!

  3. La terreur, socio-économique en occident, est le principal outil de la soumission. « Jamais on n’était allé aussi loin dans la soumission », pourront peut-être raconter plus tard à leur petits-enfants terrorisés par une telle absence de c… chez leurs aïeux, les spectateurs de cette époque, ceux d’Annabelle 2 en particulier.

  4. Peut-être ce type de cinéma a-t-il pour but d’exorciser la peur du réel.
    Après tout, il y a bien des films où l’on gagne sur l’écran des guerres qu’on a perdu sur le terrain.

    1. Mon papier porte sur le slogan publicitaire, pas sur le contenu du film.

      Cela dit, la comparaison est pertinente : il y a du mythologique et du sacrificiel dans le cinéma moderne. Ce n’est pas rassurant.

      1. Saperlipopette ! mon intuition ne m’aurait donc pas trompé quand j’ai appelé l’ultralibéralisme libertarien une « religion féroce », et les von Mises, Hayek, Friedman et autres « prix Nobel d’économie » : « prêtres d’une religion féroce ». Et j’ai parlé aussi de « satanisme » à leur propos, en croyant que ce n’était qu’une image !

        Mais si ça se trouve, et que ce gars n’est pas aussi givré qu’il en a l’air, tout ça est en réalité bien vrai. Comme quoi, on ne serait jamais assez complotiste, la réalité est toujours bien pire 😀

      2. Pour affranchir la société du divin, certains pays dont la France en 1905ont institué la séparation de l’église et de l’Etat .

        Plus tôt les grecs ( au moins eux ), via les prémices de la démocratie ,et Montesquieu via les prémisses du fondement des Lois, avaient donné des forces à la séparation de la force brutale ( dont guerrière) et de l’Etat .

        Il reste à instituer la séparation du marché ( des marchands surtout ) et de l’Etat .

      3. @adoque
        Qu’il existe des énergumènes élitistes pour se « faire des films » en montant des cérémonies bizarres en l’honneur de Satan, c’est possible voire même probable.

        J’ai deux versions à vous proposer :
        – Leurs vaticinations n’ont pas la moindre importance, car Satan, tout comme Dieu, n’existe pas (athéisme)
        – Leurs vaticinations n’ont pas la moindre efficacité, car Jésus le Christ est vainqueur du mal (christianisme)

        Choisissez celle que vous voulez… la conclusion est la même 🙂

        Concernant la haute finance, comme tout autre sujet d’importance, l’analyse des mécanismes et des actes CONCRETS est beaucoup plus éclairante que de s’attacher aux éventuels fantasmes des uns et des autres.

        Pas besoin de se rabattre sur la solution Elie (1 Rois 18:40) tout de suite 😀 !

      4. @ adoque

        L’interview de ce Ronald Bernardi est glaçante, terrifiante… mais comment démêler le vrai du faux ?

        Je ne crois pas à ce groupe de 8000-8500 personnes dirigeant le monde et organisé comme une société secrète.

        Il y a des ultra-riches, il y a des tout-puissants, certains d’entre eux commettent des atrocités. Il en est certainement ainsi. L’argent est une idole pouvant mener ses adorateurs aux pires extrémités. Ça aussi on le sait bien, depuis Moïse et le veau d’or. Il vaut mieux mettre sa consciente au congélateur quand on entre dans ce milieu de la finance de l’ombre et qu’on en fait son métier. Ça aussi on le comprend. Le capital est devenu, devant canons, bombes, missiles… la plus redoutable des armes. Force est de le constater désormais. Pour autant, cette référence au protocole des sages de Sion est scabreuse, c’est le moins qu’on puisse dire. Cette désignation d’un petit groupe qui serait capable et coupable de tout n’est pas convaincante. Et puis toutes ces considérations sur la religion, sur les religions, sur Satan et Lucifer, sont bien peu cohérentes.

        On est loin du sujet du départ du billet, la terreur comme thème publicitaire, mais cela montre, s’il en était besoin, à quel point tout tourne, dans la vie, dans la culture, dans l’histoire des hommes, dans notre actualité, autour de la violence et autour des moyens pour y échapper et/ou la contenir.

      5. Comment peut-on être assez sot pour linker pareille arnaque ?
        Pas une blague, pas un fake, une arnaque pure et simple.
        1) Pas le début du commencement d’un semblant d’élément de preuve.
        2) Comment et pourquoi les tout-puissants en question se laisseraient-ils dénoncer par l’illuminé batave et sa clique sans les faire taire, d’une façon ou d’une autre ?
        3) C’est du pognon pour mener leur croisade qu’ils demandent, en plus de la crédulité des neuneux. Leur « Bank of Joy », montée dans le Sud-est asiatique avec les généreuses donations des neuneux, pour abattre la Bête est manifestement un scam de la pire espèce.

      6. Quoi ? Les riches n’auraient besoin ni d’un complot, ni de rites sataniques pour assurer leur pouvoir ? Nous leur laisserions la liberté de nous ent..ber, comme cela, à la face du monde ? C’est mal nous connaître, vigneron ! nous provoqueraient-ils en pleine lumière par leurs agissements détestables, notre colère serait sans bornes et notre vengeance, terrible !

    2. Rien à voir. Goya faisait entre autres références à la guerre civile qui déchirait l’Espagne et plus généralement aux processus d’autodestruction engendrés par les guerres civiles et les révolutions. De plus il ne peignait pas pour épater la galerie mais pour exorciser ses démons. Les « peintures noires » n’ont été dévoilées au public qu’après sa mort. Tant au niveau du style que la thématique elles annoncent le 20ème siècle.
      La beauté n’a jamais terrorisé personne.

      1. «La Beauté n’a jamais terrorisé personne »…
        La Beauté du Diable sans doute, le Saturne halluciné de Goya bouffant son niard si, sans aucun doute.
        C’est si difficile d’ouvrir les yeux et d’arrêter de penser de travers ?

  5. Déradicaliser. C’est intéressant comme mot. On se croirait dans Orange Mécanique.
    Sinon je crois pas que le jeune terroriste soit fasciné par la terreur. Je crois qu’il a un message politique à nous faire passer. Un message politique qu’on se refuse à entendre parce que sinon on serait bien dans la merde, on serait obligé de se remettre en question et de réaliser que ce monstre Etat Islamique c’est notre petit Frankenstein. De quoi se sentir con.

    Y’a un exemple que j’aime beaucoup rappeler, parce qu’il dit à quel point on peut être abruti. C’est l’exemple Coulibali.

    Y’a un peu moins de dix ans, si ma mémoire est bonne, ce type avait réussi à tourner un petit documentaire dans sa prison avec des camarades de détention. La france avait été choquée par les conditions de détentions déplorables qui étaient les leurs quand Envoyé Spécial en avait fait un sujet, puis le week end suivant la France était passé à autre chose. Rien à foutre objectivement, sorti de l’indignation collective pour se donner bonne conscience, ils pouvaient bien crever dans leur taule.

    Sauf que perdu, le type avait pas été entendu, il a du en avoir gros sur la patate et se demander comment on pouvait prétendre être le pays des drois de l’homme et un jour il revenait se rappeler à nous on venant semer la terreur.

    Est ce qu’on s’est dit un jour « Putain on l’a cherché, on aurait du l’entendre et s’occuper du problème »? Jamais. Parce que c’était beaucoup plus facile d’en faire un monstre et de se lancer dans une guerre contre le terrorisme. Une guerre superbement efficace comme en atteste la répétition des attentats un peu partout en europe.

    D’ailleurs Valls qui dit « Comprendre c’est déjà pardonner alors on va faire la guerre parce qu’on est des hommes » c’est la société du spectacle. C’est le refus de penser, la préférence pour la petite phrase, la petite déclaration qui choque et qui lui donne l’air d’avoir une paire. Puis les médias qui commentent ça à la seconde, qui en font des tonnes, entretiennent la terreur pour le compte de Daesh, joue le jeu de la propagande, ça compte aussi. Infiniment plus qu’un blockbuster hollywoodien à la con. Alors oui y’a quelque chose de fou dans le fait de ce center sur l’affiche du bus pour pas voir le versant politique de l’affaire et affronter notre responsabilité commune.

    Si le pays s’était donné la chance de comprendre ces attaques, on aurait peut être trouvé des solutions moins connes que la fiche S, l’état d’urgence et la guerre contre le terrorisme. Surtout qu’on avait l’exemple américain de 2001 pour nous mettre en garde.

    Déradicaliser c’est bien, mais je suis sûr que si on se souciait de nos vrais problèmes, on pourrait faire mieux. On pourrait éviter la radicalisation et offrir un avenir à ces gens à la place. De quoi être à la hauteur de nos prétentions. Mais bon, on s’en fout, dans notre monde suffit de faire semblant. Alors pourquoi se faire chier, autant continuer à nourrir la bête immonde.

    1. Slogan sur l’affiche française de « Taxi driver » en 76:
       » Dans chaque rue il y a un inconnu qui rêve d’être quelqu’un. C’est un homme seul, oublié, qui cherche désespérément à prouver qu’il existe  »
      Peu importe le flacon…

    2. « Sinon je crois pas que le jeune terroriste soit fasciné par la terreur. Je crois qu’il a un message politique à nous faire passer ».
      Je dirais plutôt qu’il y a chez le « jeune terroriste » une volonté de puissance, et un narcissisme de mort, qui culminent dans son auto-destruction sacrificielle. Le message politique est absolument nul. C’est une caricature de surhomme qui dépasse sa propre terreur en l’injectant dans le corps social tout entier. Son seul message est « soyez soumis à la terreur que l’on ma infligée et qu’à mon tour je vous inflige, de manière décuplée ».

  6. Jamais on n’ était allé aussi loin dans notre choix comme représentant, élire le fou du roi pour diriger le plus grand empire…! Oui,il n’y a plus de doute hélas, nous sommes belle et bien devenus fous.

    1. A la lecture de votre première phrase, j’ai commencé mentalement à corriger. Macron n’est pas exactement le « fou du roi », il en est plutôt un conseiller, devenu « roi » à son tour. Même si certes, il est non pas le « fou », mais plutôt le mignon des principaux intérêts financiers et économiques. Et puis la France n’est pas le « plus grand empire »…

      … Ah mais en fait vous parliez de Trump ! Comme il est facile de comprendre de travers à la première lecture 🙂

      Une seule réserve, une fois mieux compris ce que vous disiez. Ce n’est pas « notre » choix dont vous parlez. Notre choix fut d’élire Macron, de préférence aux dix autres candidats. Le choix d’élire Trump, c’est un autre peuple qui l’a fait.

      Je ne pense pas que nous soyons « fous » – et pas davantage les Américains d’ailleurs. Ils se sentent bloqués, comme nous. Ils ont choisi de ruer dans les brancards – à tous risques – nous avons choisi de continuer docilement sur le même chemin – à nos risques et périls également.

  7. Bonsoir,

    De mon point de vue, nous en sommes encore à la Préhistoire de l’humanité, le mot même de démocratie a perdu son sens originel, les principes en application sont: « tricherie, mensonge , corruption(s), cynisme et … bonne conscience ».

    Les médias de publicité continue et totalitaire, aux mains de millionnaires, diffusent la « Pensée unique » cette Culture Réelle élaborée par la nébuleuse des Prédateurs Financiers & Spéculateurs bancaires, qui détiennent les pouvoirs de la décision parce que disposant des richesses dont la multitude est dépossédée, tant sur le plan économique, que politique et culturel.

    Cette pensée esclavagiste peut se résumer en trois éléments:
    -1- : Tout pour ma gueule – TPMG [la voracité sans fin, le profit et la propriété sans limite],
    -2- Il n’y a pas d’alternative, TINA en anglais « there is no alternative »,
    -3- LSEB « la soupe est bonne ».

    Nous avons laissé échapper la possibilité d’un processus constituant, avec +61 % de bulletin blancs et nuls ajoutés à l’abstention l’Assemblée nationale ne représente qu’une petite minorité de la population , et nous avons aidé à l’installation de la « macronnerie générale » , pour perpétuer la domination d’une oligarchie monarchique mise en place sur le trône de la
    Monarchie Élective selon la volonté des Maîtres du Monde ».

    En attendant, la Barbarie technologique fait régner sa loi.

  8. N’importe quoi. Bouh maman j’ai cré cré peur !
    Autrement plus préoccupant toutes les niaiseries, mièvreries, fadeurs sentimentales, romans à l’eau de rose que nous déversent en quantité incroyable et au quotidien ; la télévision, les réseaux sociaux, les galeries d’art, les musées etc, toute cette production / fabrication pour individus refoulés et malheureux à qui on interdit de s’exprimer ou d’avoir une position sur leur propre folie et qui, quoi qu’il advienne, finiront par se boucher les yeux et les oreilles devant l’impérieuse nécessité de voir et d’écouter : c’est à dire une école d’impuissants et de pleurnicheurs.
    Écouter au moins ce qui se passe dans le corps, à partir de l’intérieur, l’incroyable bouillonnement. Les morts vivants ne fabriquent que du tiède et du froid.

  9. «  Les morts vivants ne fabriquent que du tiède et du froid. »

    L’éducation des masses pourrait se résumer à cette injonction:
    « Soyez tièdes ! »

    Bien sûr, c’est formulé de manière plus attractive, mais en substance, toujours, depuis belle lurette: « mettez votre conscience au congélateur, votre vie sera plus confortable ».

    Et ce ne sont pas les « prêtres », d’une grande diversité, qui manquent pour nous (con)former à cette a_humanité.

    « a » privatif, faut-il le préciser.

  10. Vous évoquez deux choses distinctes ici : l’affiche en elle-même, et, le slogan publicitaire. Car le slogan est rajouté pour la « campagne » de sortie du film. A vous lire, on dirait que vous êtes choqué par l’un et l’autre.
    Au passage, j’en profite pour saluer le « regard » d’Annie Le Brun porté sur le spectacle « journal d’une apparition » de Desnos présenté cette année au Parvis Avignon. Je pense à cela car Desnos fut, entre autre, rédacteur publicitaire et critique de cinéma (dont il avait une idée toute personnelle).
    Annie Le Brun (Amie du blog) était inscrite en tout petit dans le programme, à la ligne « remerciements ». En tout cas, chapeauuuu ! On ne ressort pas pareil d’un tel spectacle.
    « Comme le film, le poème est le lieu des fusions et des confusions les plus ardentes » écrivait Desnos qui refusant catégoriquement un cinéma littéraire, intelligent, mettant de côté les instincts et passions de l’homme.

  11. Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait là de quoi fouetter un chat.

    Il y a une différence essentielle entre la terreur, et les films ou romans ou bédés de terreur. Les histoires à faire peur… ne servent qu’à cela justement. On les plante d’ailleurs – c’est une convention non explicite – seulement dans des contextes suffisamment irréalistes pour permettre justement de jouer. Jouer à se faire peur. Des revenants, des démons qui vous possèdent, des zombies, etc, etc.

    Personne ne tolérerait un film de terreur qui décrirait un groupe armé poursuivant des gens et les rassemblant dans une prison pour les tuer au gaz et brûler leurs corps. Même chose pour un groupe armé poursuivant des gens pour massacrer parmi eux les hommes et réduire les femmes en esclavage sexuel.

    Parce que tout ça, hélas, ce n’est pas irréaliste du tout, c’est bien trop réel pour qu’on puisse jouer avec (Juifs sous les Nazis, Yézidis sous les Djihadistes, respectivement)

    L’exploitation commerciale de films à faire peur, d’ailleurs probablement bêtas et « grosses ficelles », c’est peut-être désagréable, mais ce n’est pas grave.

  12. Les Litanies de Satan

    Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
    Dieu trahi par le sort et privé de louanges,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Ô Prince de l’exil, à qui l’on a fait tort
    Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,
    Guérisseur familier des angoisses humaines,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,
    Enseignes par l’amour le goût du Paradis,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Ô toi qui de la Mort, ta vieille et forte amante,
    Engendras l’Espérance, — une folle charmante!

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut
    Qui damne tout un peuple autour d’un échafaud.

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui sais en quels coins des terres envieuses
    Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi dont l’oeil clair connaît les profonds arsenaux
    Où dort enseveli le peuple des métaux,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi dont la large main cache les précipices
    Au somnambule errant au bord des édifices,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os
    De l’ivrogne attardé foulé par les chevaux,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui, pour consoler l’homme frêle qui souffre,
    Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui poses ta marque, ô complice subtil,
    Sur le front du Crésus impitoyable et vil,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Toi qui mets dans les yeux et dans le coeur des filles
    Le culte de la plaie et l’amour des guenilles,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Bâton des exilés, lampe des inventeurs,
    Confesseur des pendus et des conspirateurs,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Père adoptif de ceux qu’en sa noire colère
    Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,

    Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

    Prière

    Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs
    Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
    De l’Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence!
    Fais que mon âme un jour, sous l’Arbre de Science,
    Près de toi se repose, à l’heure où sur ton front
    Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront!
    — Charles Baudelaire

  13. Donald Trump vs la société du spectacle – La fameuse coupe de cheveux de Donald Trump, qu’il entretient avec un soin extrême, est très révélatrice du personnage : reliquat des années 70, ex-beau gosse de cette époque, quelque peu globe-trotters à coup de jets privés, collectionneur de jolies pépés et amateur de Play-boy, des casinos, hôtels de luxe et palmiers. Bref, c’est la Big Nostalgy (make America great again !). Il se trouve que le président américain doit être d’abord un parfait acteur, une super-star et un super-héros des temps modernes, capable d’interpréter chaque jour les milles et un scénarios qui lui sont soumis par la Maison Blanche, qui doivent imprimer chaque jour les millions de cerveaux américains. Sauf que là, il y a un beug. Mauvais casting pour la production américaine, qui se retrouve avec un personnage complètement décalé, qui s’est trompé d’époque. Et on ne peut pas le virer. C’est la panique à bord !
    Bon, consolons-nous. En France, on a un super acteur, qui a déjà montré l’étendue de ses incroyables talents : footballeur, chef de guerre, Napoléon ou De Gaulle (au choix), gentil animateur de centre aéré pour jeunes de banlieue, banquier (non, ça c’était avant), start-upeur, Sauveur de la planète (« make the planet great again »), et en même temps….
    Vive la démocratie !

  14. Michel Desmurget a dit quelque chose de la relation entre émotions fortes et publicité, entre autres, dans son livre puis dans son cycle de conférences « tv lobotomie ». A voir

    Et j’crois même que Guy Debord a twitté quelque chose là dessus, ou alors je confonds…

  15. @ adoque ;

    Des vidéos parlant de ces sujets il y s’en trouvent à foison sur le net.
    Ce dont ce monsieur parle était le sujet du film de Stanley Kubrick , Eyes wide shut, ce qui veut dire les yeux complètement fermés.
    Nous sommes appelés à avoir une vision des choses mais il en existe d’autres et nous n’aimons pas les voir parce que c’est par trop dérangeant.
    Sans infirmer ou confirmer, j’apprends à considérer le doute comme une porte battante qui s’ouvre et se ferme sans cesse et qui me permet d’apprendre davantage.
    Néanmoins je dois bien dire que je n’ai pas la réputation d’être quelqu’un de facile parce que les gens vivant les yeux grand fermés m’agacent et que je leur dis.

  16. Quand j’étais enfant dans les années cinquante, on parlait de réclame, on faisait la réclame de tel ou tel produit en mettant en évidence ses qualités qui étaient démontrées ou non par son usage.
    Puis est venu le temps de la publicité qui montrait l’évidence de la qualité des produits, il s’agissait de publier la notoriété fausse ou non reconnue du produit.
    Puis est venu le temps du marketting où il s’agissait de mettre en évidence une meilleure façon de vendre n’importe quelle cammelotte.
    Alors aujourd’hui qu’on fasse la pub pour la terreur me semble normal, cela me fait même rire.
    Vous avez dit croissance… bein oui, elle est partout

  17. Je reviens au slogan publicitaire.
    Il m’est arrivé de parler avec des gens issus de l’immigration (monde arabe) de terrorisme ; leur réaction n’a rien à voir avec la nôtre. Et ils ont leurs raisons pour parler comme ça.
    Que ce soit ici en occident ou au ailleurs (Moyen-Orient, autres pays arabes, Egypte, Maroc, …, des gens peuvent ou ont pu parler de cette terreur même si comme mentionné plus haut, elle prendra des formes très différentes suivant où on est né.
    Les politiques d’austérité en Europe, j’y fais souvent allusion ont littéralement bousillé des individus. Ailleurs ce sera la mise à sac de pays entiers (Irak mais on peut penser à un pays comme la Grèce plus près de chez nous), la torture (Guantánamo), l’exil.
    Les gens risquent à l’avenir de réagir de moins en moins, car tout est fait (la seconde partie de la vidéo proposée par adoque le mentionne) pour qu’il leur soit montré que leur réaction est vaine, qu’elle qu’elle soit (c’est peut-être discutable mais il y a un travail énorme à fournir qui devra se faire sur des générations). De plus et ça rejoint le thème de la publicité en général, le message distillé par celle-ci (par cette forme de propagande) est que tout va bien, que tout est là pour nous satisfaire. Or ce message est complètement tronqué, nous en avons plus ou moins tous fait l’expérience. Quant aux autres qui ne l’ont pas encore faite cette expérience, ils sont prêts, ce n’est pas la seule raison évidemment, à risquer leur vie sur les routes de l’exil.

  18. « Pour de vrai pour pour de rire »…

    Pas directement sur le sujet « société du spectacle », je réagissais sur le propos de Denis Monod_Broca http://www.pauljorion.com/blog/2017/08/21/la-societe-du-spectacle-par-denis-monod-broca/#comment-625398 et sur celui d’Octobre…

    Il s’ensuit un recentrage sur la « société du spectacle » et plus précisément sur l’écart entre la comédie, le « cinéma », leurs dérivés (pub) et la réalité.
    Jacquot propose une alternative, un choix, amenant « à la même conclusion »… j’aimerais savoir laquelle.
    Paul Jorion nous indique avoir anticipé/observé, avec sa distanciation coutumière: « religion féroce », « satanisme » http://www.pauljorion.com/blog/2017/08/21/la-societe-du-spectacle-par-denis-monod-broca/#comment-625427

    Que ce soit « pour de vrai ou pour de rire », que Dieu existe ou pas, idem pour Satan, ce que j’observe, c’est que nous n’avons besoin ni de l’un ni de l’autre pour constater « les mécanismes et les actes CONCRETS »(Jacquot)…
    qui nous éloignent de « l’Humanité », nous faisant manquer le but.

    « Pour de rire » est bien commode, en se disant que les violences, parce que mises en scène, ne sont que des exutoires. La réalité, comme le souligne notre hôte, est bien pire. Ce sont nos tiédeurs qui, sous l’apparence de tolérance, permettent la disparition de la lumière, cette lumière qui devrait, voire aurait dû, créer cette émancipation vers l’Humanité.

    Les plus grands prédateurs ne sont pas obligatoirement/uniquement « les élites de la haute finance » (ce qui pourrait passer pour du fantasme ou du complotisme) mais les ingénieurs d’âmes, capables de fédérer, d’obtenir le consentement, la conformité, de la majorité.
    L’expérience de Milgram pourrait être revue avec Moïse:
    « il est confortable de se soumettre à une autorité cohérente ».
    D’autres ont emboîté le pas, dont Paul de Tarse (« soyez soumis aux autorités… ») faisant le jeu des puissants…
    mais surtout, démotivant les nouveaux venus sur la planète de choisir la vie plutôt que la destruction, choix qui passe par l’effort constant du doute intérieur, personnel… potentiellement inconfortable.

    Il m’apparaît qu’il faudra passer par l’obscurité pour pouvoir apprécier quelque petite lueur, si tant est qu’on puisse, à ce stade, ranimer la flamme.

    1. La conclusion que je pointais est que peu importe que l’on croie au Ciel ou qu’on n’y croie pas, les vaticinations et fantasmes de quelques-uns qui se considèrent « satanistes » n’ont pas d’importance en elles-mêmes.

      Ce sont les actes concrets, les processus et les situations concrètes favorisées ou organisés par tel ou tel qu’il faut étudier, car c’est cette étude qui permettra de les comprendre, et le cas échéant ouvrira une chance de les changer.

      Si tel ou tel se pique de « satanisme », cela n’ajoute ni ne retranche rien à ses actes. Ce sont eux qui comptent, pas les éventuels divertissements sociaux plus ou moins ridicules choisis par quelques élitistes.

      J’ajouterais qu’il me paraît assez probable que parmi les humanistes les plus respectés et les chrétiens les plus apparemment insoupçonnables se trouvent quelques loups féroces. Et en sens inverse que parmi les esprits portés à la spéculation oiseuse au point de s’intéresser au « satanisme » s’en trouvent plusieurs qui soient plus ridicules que dangereux et au fond pas de si mauvais diables.

      Ce n’est pas l’habit qui fait le moine, comme dit l’adage 🙂

      1. Merci Jacquot pour ces précisions !
        Nous sommes bien d’accord.

        Pas besoin de se piquer de quoique ce soit, pour commettre, voire, « à l’insu de son plein gré » d’agir, même sans habit, comme un moine… ou un anti-moine 😉

      2. Huh divertissements sociaux dites-vous ? Ce qui s’apparente à une secte est selon vous un divertissement ? Ce n’est pas pour des cacahuètes que les sectes sont interdites quand même !
        Il me semble que vous balayez vite le sujet. Et évaluer hypothétiquement un ratio bons et mauvais diables relève de la recherche d’antidépresseur.

      3. Il me semble quand même que les religions ou assimilées et toutes les diverses pratiques portent en elles des buts et des objectifs qui se traduisent en actes.

      4. Le terrorisme le plus apparent trouve se construit dans des lieux religieux.
        Mais la délinquance des jeunes n’est pas que dans les banlieues. Ça c’est pour se rassurer que de penser cela. La violence à l’école par exemple, ne s’exprime pas uniquement dans le 93 ou autres quartiers chauds comme on dit. Ce point ne me semble pas vraiment intégré par les gens. Tant qu’on a l’impression que c’est circonscrit, et qu’il suffit de mettre des alarmes et des clôtures, c’est une classe sociale contre une autre. Mais….

  19. La pub (image ou slogan) est dans la transgression (et depuis longtemps : le diable illustré pour vendre « la chaleur charbon » dans les années 50, sinon avant). Toute transgression est bonne à prendre (Benneton). Ce faisant, elle peut nous dire le vrai. Deux pubs des années ’80 qui m’ont scandalisé jadis. Une femme à genoux à demi nue (pub lingerie) illustre notre domination masculine indéniable mais invisible. « Sortez du lot, gagnez au Lotto » en dit long sur l’abscence d’ascenseur social. Ce n’est pas le slogan qui choque, c’est la réalité qui va avec. Et +1 à JC. Le problème du terrorisme, c’est le mépris de classe concrétisé maintenant dans les banlieues et la fin du rêve capitaliste.

    1. « Le problème du terrorisme, c’est le mépris de classe concrétisé maintenant dans les banlieues et la fin du rêve capitaliste. »
      Si c’était que ça… franchement, ce serait trop simple.

  20. @Armelle
    « Huh divertissements sociaux dites-vous ?… »

    C’est que nous sommes entraînés (plusieurs sens du terme… avec des entraîneurs actifs) à considérer ces choses comme banales, « divertissantes » !

    Guère d’autre impact que le consentement à la disparition de l’espèce qui a raté son humanité. Une paille !

    Il y a effectivement urgence pour que, in extremis « on » parvienne à sauver quelques graines… saines…

  21. @Denis Monod-Broca
    « Je ne crois pas à ce groupe de 8000-8500 personnes dirigeant le monde et organisé comme une société secrète. […] »

    Il n’est pas nécessaire que xxxx personnes soient organisées en société secrète; l’ensemble des valeurs qui les motive suffit largement.
    Tout comme il n’est pas nécessaire non plus qu’ils adhèrent à un quelconque protocole.

    Mais, si vous le voulez bien, retournons l’argument:
    est-il nécessaire qu’un (autre) groupe s’organise pour mettre en place « un nouveau monde » ?
    L’ensemble des valeurs (bien différentes de celle du groupe de xxxx)
    peut-il suffire ? ou pas ?

  22. @Denis Monod-Broca
    « On est loin du sujet du départ du billet, la terreur comme thème publicitaire, … »

    C’est vrai, mais précisément, ce (genre de) billet n’a-t-il pas pour objet d’appeler le hors-cadre, plus précisément de tenter de remonter aux causes du constat ?
    Après tout, reprenant le personnage de Moïse, n’était-il pas, comme les publicitaires contemporains, un grand acteur, faisant spectacle, impressionnant des foules, pour obtenir leur consentement, leur consommation de ses produits (ou de ceux produits « d’en haut »… autorité supérieure) ?

    Les produits qu’il vendait correspondaient-ils à ce qu’il avait décrit ‘pub’_liquement ? Ses biens et services étaient-ils moins (ou plus) frelatés que ceux d’aujourd’hui ?

    Est-il opportun de se demander si, à travers la «  »civilisation judéo-chrétienne » », l’humanité n’aurait pas subi une tromperie fondamentale ? agissant profondément sur nos ressorts les plus intimes…

    1. « Est-il opportun de se demander si, à travers la « »civilisation judéo-chrétienne » », l’humanité n’aurait pas subi une tromperie fondamentale ? agissant profondément sur nos ressorts les plus intimes… »

      Je crois que c’est exactement le contraire, je crois que notre capacité, certes imparfaite mais cependant bien réelle, à voir les choses comme elles sont, objectivement, à nous voir tels que nous sommes, nous vient en droite ligne de la pensée hébraïque. Je crois que c’est elle qui nous permet d’échapper, même si ce n’est que par moments, à la tromperie de la pensée magique, à la superstition, aux fausses idoles, en un mot à la certitude !

      « Croire en Dieu c’est douter de lui tous les jours » disait le grand rabbin Sitruk.

      Le grand enseignement de la bible n’est-il pas de se méfier de toutes les idolâtrie ?

      N’est-ce pas par le doute que la connaissance progresse ?

      Une théorie scientifique ne mérite-t-elle pas ce qualificatif que si et seulement si elle est réfutable ?

      Le doute ! tout est là ! mais que c’est difficile !

      Je crois que la tromperie fondamentale de la « pensée moderne » est de refuser cela ; et ainsi, au nom du refus de la superstition religieuse, de nous y replonger.

      1. Denis Monod-Broca dit :
        23 août 2017 à 20 h 51 min

        Je plussoie et replussoie, mdrr, bien vu.
        Merci à vous.

      2. Je posais la question « Est-il opportun…? », justement, faisant l’exercice que vous préconisez, celui du doute !

        Mais, à vous lire, dites-moi si je me trompe, « la pensée hébraïque » serait référence absolue, à laquelle on ne pourrait appliquer le doute.
        Pourquoi s’interdire de se demander si la Bible ne se protège pas elle-même, en incitant à « la méfiance de toute idolâtrie »? N’est-elle pas elle-même source d’idolâtrie ?
        Est-elle irréfutable ?

        En poussant un peu (!!!) ne peut-on pas imaginer que le grand trompeur n’est pas diable, mais dieu ? ou ce que les hommes, à commencer par les rédacteurs de la bible (*), en ont fait ?

        J’observe que les religions, les idéologies offrent toutes du « prêt à penser », allant précisément à l’encontre du doute personnel.
        Pourquoi ne pas se demander quelle est la qualité de la nourriture spirituelle délivrée ?
        A mon sens, poser cette question est pleinement justifiée alors que l’Humanité montre qu’elle manque son but.

        (*) de toute évidence, on y trouve multitude de bons conseils… commandements, ce qui n’exclut pas la présence, possible, de poison.

      3. @ adoque

        Il ne faut pas idolâtrer la bible, bien sûr, vous avez raison. Elle est d’ailleurs en permanence lue, relue, traduite, retraduite, interprétée, réinterprétée… comme nul autre texte.

        Il y a une difficulté fondamentale : être certain des vertus du doute, c’est affirmer une certitude, et c’est donc, sur ce sujet-là, s’interdire le doute…

        Comment faire ? Comment sortir de cette contradiction de départ ?

        A chacun de voir, non ?

        Mais s’interdire cette référence, nier cette origine, croire qu’on trouve en soi-même, par soi-même, lucidité et objectivité est, je crois, une terrible erreur.

      4. « Je crois que c’est exactement le contraire, je crois que notre capacité, certes imparfaite mais cependant bien réelle, à voir les choses comme elles sont, objectivement, à nous voir tels que nous sommes, nous vient en droite ligne de la pensée hébraïque. Je crois que c’est elle qui nous permet d’échapper, même si ce n’est que par moments, à la tromperie de la pensée magique, à la superstition, aux fausses idoles, en un mot à la certitude !

        « Croire en Dieu c’est douter de lui tous les jours » disait le grand rabbin Sitruk.

        Le grand enseignement de la bible n’est-il pas de se méfier de toutes les idolâtrie ? »

        Faut être croyant pour sortir une telle affirmation. Ca tombe bien, denis a démarrer par « je crois ». Ouf ! Sinon quelques arguments pour venir étayer votre croyance ? Ben non suis-je bête, la croyance, la foi ne se prouve pas.

        Mais je mets en collector cette très jolie perle :

        « Le grand enseignement de la bible n’est-il pas de se méfier de toutes les idolâtrie ? » Avoir transformé l’Idolatrie ultime en méfiance envers l’idolatrie, je dois dire que j’adore !

      5. Il n’y a qu’une seule chose qui me fait voir tel que je suis,
        LA FORÊT !
        Ecoute la forêt, elle te dira qui tu es et quel est ton rôle.

      6. Bonjour Michel,

        Tu vas bien ? Dis j’ai pas compris, c’est à moi que tu cause avec le coup de « Je s’appelle Bébé Groot ! » ou au petit rabbin Troisbidule ?

      7. @ Cloclo

        « « Le grand enseignement de la bible n’est-il pas de se méfier de toutes les idolâtrie ? » Avoir transformé l’Idolatrie ultime en méfiance envers l’idolatrie, je dois dire que j’adore ! »

        Votre phrase est-elle une façon détournée de me faire remarquer que j’avais fait une faute d’orthographe, ayant oublié un « s » à « idolâtries » ?

        Sur le fond, vous avez tort de vous moquer. Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cette « Idolâtrie ultime ». Elle est pure invention de votre part. Le procédé est connu : ne pas critiquer l’autre sur ce qu’il dit mais sur ce qu’au préalable on a prétendu qu’il disait. Ayant inventé cette Idolâtrie ultime il vous est en effet facile de descendre en flamme ceux qui, selon vous, y croiraient. Ça rend la discussion difficile…

      8. Denis Monod-Broca

        Bah la figure de l’antéchrist est bien un concept de chez nous non ?

        Je suggère cette vidéo (en allemand sous-titres anglais : arh !)
        La deuxième, celle intitulée « The Antichrist – A Separate Path of the Occident? (2013) »
        http://www.ikgf.uni-erlangen.de/videos/book-launches/

        A noter que de telles figures n’existent pas en orient.

        Vous évoquez la superstition… ou magie ? C’est un peu différent mais à ce propos, la Chine a mis de côté le versant divinatoire dans la pratique de ses arts mantiques ou « petits chemins ». De ses deux composantes initialement indissociables – divination et principe cosmique -. la divination fut oubliée en raison notamment d’échanges entre les lettrés/experts et des érudits/devins, et, de ses liens actuels avec l’occident. Les fondements de leur culture comportent incontestablement un principe divinatoire, canonique qui plus est. Michael Lackner ajoute que les chinois « ne se rendaient même pas compte du naturalisme ancré dans l’entièreté du « Classique des mutation ».
        Mais il y a deux Chines, l’une officielle et l’autre non.

        Goethe affirmait qu’ « … à cause de la position canonique éminente du « Classique des mutations » qui servait à l’origine des objectifs divinatoires, et de leurs pratiques des arts mantiques chinois, la Chine peut être désignée de civilisation divinatoire par excellence notamment en raison des textes canoniques existants en matière de divination. »

        Pourtant il n’existe pas de faux prophète ni de figure tutélaire équivalente qui pourrait soutenir des croyances ou rites tels que nous pouvons en avoir en occident.

        Et puisque la Chine est souvent à l’honneur ici et que vous vous demandiez si « L’ensemble des valeurs (bien différentes de celle du groupe de xxxx) peut-il suffire ? ou pas ? »

        Pour les chinois, la liberté ou libre arbitre, par opposition au destin en tant que quelque chose de déterminé, réside dans le fait de suivre ou non « le bon comportement » (étant entendu que la question de la liberté est peu débattue toujours selon Michael Lackner)

      9. Bonjour DMB,

        Vous faire remarquer qu’il manque un S, non, ce n’est pas dans mes moyens orthographiques habituels croyez-moi ! (Là ça va, vous me comprenez bien ?)

        Pour le reste, comment dire, primo vous posez une question assez limpide, il me semble, en soulignant : « Le grand enseignement de la bible ». Deuxio, « le grand enseignement de la bible », mon cher DMB, si on peut parler ainsi à son propos, mais je suis peut-être passé à côté hein, je vais pas chipoter, les livres pour grands enfants attardés c’est pas franchement mon rayon, c’est surtout et uniquement, amha, l’adoration ultime et exclusif d’un seul d.ieu dont les 4 lettres YHVH font couler beaucoup d’encre et perdre beaucoup de temps comme maintenant encore… D’où ma phrase en réponse à votre question mon cher DMB. Et ce n’est certainement pas la proposition que vous avancez qui répond à votre question, et si vous collez votre raison/approche du réel sur ce genre de bouquin à la noix ceci explique cela à mon sens !

        Alors si vous pouviez ne pas trop déblatérer dans le vent, en avançant des artifices rhétoriques discursifs pompeux et sans objet je vous remercie d’avance.

  23. Pub modérée au cul des bus RATP pour l’épisode 2 d’un biopic sur Robespierre (pas de Terreur !) :
    Une tête dans son panier d’osier et un slogan : « On n’était jamais allé aussi loin dans l’Erreur »

  24. @vigneron
    « Comment peut-on être assez sot pour linker pareille arnaque ? »

    Excellente entrée en matière !
    ça y est, je suis en condition pour lire avidement vos arguments !
    Vous aurez remarqué qu’il apparaît que je suis assez facile à convaincre…

    Allez-y ! jouez !

    1. Moi quand non seulement on me balance au menu des complots planétaires d’arrière-boui-boui au goût de mille fois vu mais encore qu’on m’agrémente le tout d’un appel à souscription citoyenne destination « Banque de la Joie » dont le zozo aux cuisines et au crachoir est aussi un des fondateurs et des administrateurs, je me contente pas d’y gerber, j’y fous le rifle au bazar batave.
      https://bofjoy.net/faq.html#bankaccount

      1. Bon. Il a initié la création de cette banque de la joie, le nom fait pouffer.
        Mais alors, cet homme aurait la malhonnêteté de raconter n’importe quoi pour faire la pub de cette banque d’après vous ?
        C’est ça la réclame des banquiers maintenant ?

      2. Ça s’appelle des escrocs par secte. En même temps je les excuse volontiers, la sottise est une ressource inépuisable, avec ou sans capitalistes, avec ou sans banques. Ce serait trop ballot de gaspiller l’inépuisable, pas vrai ?

      3. « Ouvre le lien et la comprenette, et ferme le reste »

        Heu c’est à moi que vous vous adressez Vigneron ?
        Oui vous m’avez dit un jour que vous n’aviez pas à être pédagogue.

        Je dois faire l’effort de lire en anglais ce qui me prend du temps car mon niveau n’est pas fluent. A moins que vous n’ayez le souci pédagogique que j’apprenne l’anglais, vous pourriez, parfois faire une p’tite synthèse ou une introduction

        Enfin vous pourriez, prendre le temps, parfois, d’explicare non sans vous offusquer des circuits cerveautiques différents des vôtres ?

        Sinon, à la lueur de votre lien, c’est quoi c’est qui ce type ? Il fait de la pub satanique ?

      4. Ok, bonne chance dans la vie Armelle, vous semblez bien conformée pour en représenter une belle, de ressource inépuisable.

      5. Ben armelle, 4 mois immergée aux US en 76 vers 16 ans et pas en mesure de suivre un lien en anglais ? Vous avez roupillé ou quoi durant votre séjour ? En France, l’enseignement des langues est franchement à la ramasse purée.
        Mais bon on est pas tous égaux devant les langues, moi c’est la langue de boeuf sauce gribiche ma préférée, pour le reste Google Translate. Tiens, d’ailleurs en IA, on fanfaronne, gagne au jeu de Go mais question traduire multi langues pffffff ça se traîne grave…

      6. cloclo

        Comme tout il faut pratiquer régulièrement n’est-ce-pas ? Alors on oublie et puis il y a les termes professionnels et tout le toutim.
        ça me demande un effort…. et …. du temps. Les lectures sont abondantes je trie. Ouais non j’ai préféré lire la page des pedigrees de cette joyeuse équipe bancaire.

        Pour moi, ce sera une bouillabaisse merci. Je veux dire avec les poissons requis, pas les poissons de substitution.

  25. @Denis Monod-Broca
    « Mais s’interdire cette référence, nier cette origine, croire qu’on trouve en soi-même, par soi-même, lucidité et objectivité est, je crois, une terrible erreur. »

    Je plussoie 😉
    C’est même très dommageable qu’une grande majorité de personnes, croyantes ou non, de culture judéo-chrétienne, ne l’ont quasiment jamais lue.

    Il n’est, pour moi, pas question d’en écarter la lecture sous quelque prétexte ou raisonnement que ce soit !

  26. @Michel Lambotte

    « LA FORÊT !
    Ecoute la forêt, elle te dira qui tu es et quel est ton rôle.
     »

    C’est quasi-magique… et pourquoi pas ?

    « rôle »
    au premier degré, qui n’a rien de péjoratif: « plantez des arbres ! » 😉

  27. vigneron,
    Vous êtes tout à fait remarquable, ayant dans votre carquois toutes les flèches pour flinguer, en premier ceux qui le méritent avec arguments irréfutables et, accessoirement le quidam qui ne dispose pas de toute la jurisprudence ce qui l’amène à s’égarer.
    Mais il faut quand-même le flinguer pour préserver la pureté.

    Il me vient donc cette interrogation:
    « Comment se fait-il que vous ne soyez pas le modérateur en chef de ce blog ? »

  28. Merci pour l’article, sa lecture est très agréable.
    Ah quel fardeau ces identifications. Les ressentiments fréquents que nous nourrissons envers notre pays laissent deviner que nous n’avons pas digéré les cailloux dans la soupe droits de l’homme. Nos oripeaux des grandeurs, incrustés au corps, ont du mal à se fossiliser.
    Je ne suis allée qu’une fois en Amérique, quatre mois à 16 ans en Arizona, mon frangin m’avait inscrite à l’école. Heu, comment dire, en fait j’ai halluciné complet. A 16 ans les filles parlaient de mariage et imaginaient leur belle robe blanche catalogue à l’appui, les propos racistes en plein repas de gens comme il faut, le salut et signe de croix avant les cours devant la photo de Nixon, les armes qu’on déposaient à l’entrée, etc, etc, etc. Ah la douche mazette !! J’étais complètement sonnée, surtout par la vie des femmes et ses perspectives. Enfin, ce que j’en ai perçu à un moment où l’engagement politique me paraissait une voie prometteuse. Et comme point d’orgue, de retour à Paris, au temps où une pluie permettait de s’engouffrer dans une salle de cinéma au hasard, à n’importe quelle heure, je me suis pris dans la gueule « l’Amérique interdite ». Alors là c’était l’hallu.
    Mais, ce voyage choc m’a permis de mettre en regard, au fond, à l’époque, ma propre vision de la France.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *