Le monde du sport lâche Trump

Si on ne parle pas beaucoup de sport sur le Blog de PJ (en fait pratiquement pas du tout), ce n’est pas parce que ça ne compte pas dans la vie des gens, c’est parce que je n’y connais pas grand-chose. M. Donald Trump est en train de découvrir le fait que ça compte à ses dépens.

Tandis que même la toute-puissante US Chamber of Commerce n’a pas été capable d’avoir sa peau, ni pendant sa campagne présidentielle, ni depuis qu’il est président, le monde du sport aura peut-être plus de chance. Vous allez voir pourquoi.

Alors que Trump fulminait une fois de plus, cette fois contre les joueurs de football américain qui mettent un genou en terre durant l’hymne national pour protester contre les brutalités envers les Noirs, mais pas seulement ça, également contre une nouvelle réglementation visant à réduire les lésions cérébrales chez les joueurs, suggérant qu’une baisse d’intérêt constatée chez les supporters est due à une moindre violence du sport, une des super-vedettes du basket-ball américain, LeBron James, a twitté : « Pauvre con (U bum)… aller à la Maison Blanche était un honneur jusqu’à ce que tu te pointes ! »

James faisait allusion au fait que Trump avait retiré son invitation à un autre joueur de basket-ball, Steph Curry, après que celui-ci avait annoncé qu’il n’irait pas, une tactique classique de Trump, qui avait dissout son Conseil du monde des affaires après que ses membres les plus influents avaient démissionné.

Trump imaginait pourtant rouler sur du velours, la plupart des dirigeants de la N.F.L. (National Football League) étant Républicains, et parmi les plus gros donneurs de la campagne présidentielle. Mais tout Républicains qu’ils soient, ils ont décidé au moins de ne pas ignorer les chiffres : les trois quarts des footballeurs professionnels américains sont Afro-américains. La réponse au Président de Roger Goodell, Directeur de la NFL, et champion autrefois de football américain, basket-ball et baseball, excusez du peu, mérite d’être reproduite en entier :

La NFL et nos joueurs faisons preuve du meilleur de nous-mêmes lorsque nous contribuons à créer un sentiment d’unité au sein de notre pays et de notre culture. Nul meilleur exemple que l’admirable réponse de nos clubs et de nos joueurs lors des affreux désastres naturels que nous avons subis au cours du dernier mois. Des commentaires fauteurs de division comme ceux-ci, témoignent d’un manque de respect malencontreux envers la NFL, envers notre grand sport et l’ensemble de nos joueurs, et d’une incapacité à comprendre l’extraordinaire force en faveur du bien que représentent nos clubs et nos joueurs au sein de nos communautés.

S’en prendre au monde du sport parce que nombre de ses dirigeants sont ses potes, aura peut-être été l’erreur fatale de M. Trump. Il aura négligé qu’il faut évaluer ses forces en termes relatifs et non absolus : sur le terrain où il se croit le maître absolu : Twitter, LeBron James a autant de followers que Donald Trump.

Partager