LES BÉNÉFICES DE LA VIVISECTION, par Zébu

12 avril 2012 par Paul Jorion | Print LES BÉNÉFICES DE LA VIVISECTION, par Zébu

Billet invité

« La Grèce sortira de la récession en 2013. Mais la croissance du PIB grec sera globalement nulle sur l’ensemble de cette année, selon de nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI) (…) ».

En entamant sa cinquième année de récession, la Grèce peut donc raisonnablement espérer un avenir radieux, lequel sera nul mais non récessif. Reste que son optimisme retrouvé se doit d’être tempéré par les prévisions au long cours du même FMI, qui s’annoncent aussi fiables que des prévisions météorologiques pour dans un an. « En décembre, il [le FMI] estimait que le PIB chuterait de 3,0% en 2012 après un recul de 6,0% en 2011 et que la croissance atteindrait 0,3% en 2013. ». Si en deux mois et demi donc les dites prévisions évoluent de +0,3% à 0%, que dire dès lors de ce que sera la réalité fin décembre 2012 : une croissance ‘globalement nulle de -1,5%’ ?

Si le terme ‘laboratoire‘ se définit à la fois par « un lieu où se préparent, s’élaborent des choses » et à la fois par un « local pourvu des installations et des appareils nécessaires à des manipulations et des expériences effectuées dans le cadre de recherches scientifiques », force est alors de constater que ce qui se trame en Grèce relève autant de la manipulation qu’à des recherches sur le phénomène (‘phainomenon’, en grec) de croissance comme pourraient les pratiquer les chasseurs d’éclairs : en espérant être au moment et à l’endroit où il se produira. Pour le moment, la foudre qui frappe la Grèce n’a rien à voir avec la croissance mais bien plutôt avec la récession, qui contrairement au dicton, a frappé le même endroit plusieurs fois.

L’aspect scientifique des expérimentations pratiquées laisse donc à désirer mais le corpus de données s’accumule et permet de constituer petit à petit, certes un peu trop lentement au goût des cobayes, un indéniable terreau fertile d’où surgira une économie enfin sortie de sa gangue politique, laquelle vient sans cesse perturber les résultats que l’on attend d’elle.

« Les plans d’austérité imposés à la Grèce exigent notamment la suppression de 150 000 postes dans la fonction publique en trois ans. Dans les hôpitaux, ils ont eu pour conséquence des coupes dans les budgets de 40% depuis 2009, des fusions entre établissements, des réductions d’effectifs. L’approvisionnement en médicaments connaît des ruptures régulières, du fait d’impayés. Et face à cela, la demande a augmenté – d’un quart entre 2009 et 2010 –, puisque nombre de personnes ne peuvent plus payer les services de la médecine privée. Même au sein des hôpitaux publics, l’accès est limité pour des raisons financières, puisqu’un tarif minimum de 5 euros est fixé par acte, hors cas d’urgence vitale. ».

Des situations qui génèrent par ailleurs la possibilité de comparer avec des expériences menées sur d’autres terrains dans le monde avec les mêmes modes opératoires, ce qui facilite ainsi les avancées scientifiques en la matière et évite de fâcheuses distorsions d’évaluation dues aux paramètres contextuels de réalisation de chaque expérience. Comme pour les capacités d’anticipation et d’adaptation des scientifiques (dont les évaluations sont maintenant connues), l’expérience qui se déroule sous nos yeux en Grèce a pour objectif de permettre d’évaluer les conditions de réplicabilité de la suppression de la croissance dans les pays dits ‘avancés’, sur un territoire suffisamment vaste comme l’est celui de l’Union européenne.

Certes, de nombreux autres pays sont aussi concernés par le protocole ainsi élaboré mais aucun n’est cependant autant avancé comme peut l’être la Grèce, au vu des résultats obtenus et malgré la modification contrainte du cadre même de l’expérimentation, puisque celui-ci a dû être récemment restreint à 47% quant à sa surface d’endettement afin que l’expérience même puisse continuer à se dérouler.

Un tel acharnement dans la conscience professionnelle à tirer, coûte que coûte, les enseignements d’une recherche scientifique mérite non seulement le profond respect pour une telle abnégation, face à des données et des conditions d’expérimentation si rétives, mais aussi quelques éclaircissements. Car s’il s’agit certes de faire œuvre de science, les docteurs de la Foi Libérale du Saint Tribunal de l’Immaculée Troïka font aussi œuvre de salubrité, pour les corps comme pour les âmes.

Car c’est bien d’un combat contre le mal dont on parle. Les Grecs seraient en effet atteints d’une langueur qui nuirait gravement à leur santé économique. Pire, ils ne seraient rien moins que (dans le désordre) : fainéants, fraudeurs, dépensiers (à crédit), mais aussi menteurs et même ingrats, eu égard à la solidarité que les pays européens leur ont octroyé sans compter.

Un crime capital, qui vaut bien donc la mort économique, l’essentiel pour les Grecs n’étant plus de ce bas monde mais bien de sauver leurs âmes qu’une saine récession réitérée viendra purifier.

A force, ils finiront bien par abjurer leur foi en l’Europe …

Fainéants ?

Les grecs travaillaient en moyenne 42,3 heures par semaine en 2010 quand en Allemagne on y travaillait 35,7 heures. Mais comment serait-ce donc possible ? Tout simplement parce que 6,4% des Grecs seulement travaillent à temps partiel quand 26,2% des Allemands travaillent à temps partiel (alors même que les durées moyennes à temps plein sont quasi équivalentes entre les deux pays). Et contrairement à ce qui est annoncé, si 35 annuités permettaient de partir à la retraite, l’âge moyen de sortie  du marché du travail en 2008 était de 61,4 ans, contre … 61,7 ans en Allemagne (où pourtant l’âge légal de départ à la retraite est de … 65 ans), sachant que les politiques ont ‘ajusté’ les structures d’âge de départ à la retraite entretemps (40 annuités en 2015 pour la Grèce).

Fraudeurs ?

‘Les’ Grecs, accusés de frauder massivement le fisc, ont des exemples à suivre en l’occurrence : « Allemagne: la fraude fiscale institutionnalisée » et « La fraude, sport national français ». Ne serait-ce que concernant la fraude en France, celle-représenterait ainsi 60 milliards d’euros chaque année, soit 50% de plus que la charge de la dette publique en France en 2010. Un ‘sport national’ pratiqué donc à haute dose dans de nombreux pays européens et dont les Grecs n’ont pas le monopole bien qu’ils aient inventé les Jeux Olympiques, sans oublier de préciser que ‘les’ Grecs ne sont pas tous évidemment égaux dans cette pratique là, les armateurs ayant élevé les sports nautiques au rang d’art fiscal.

Dépensiers ?

Si l’on parle de l’État grec, il est certain que la propension à l’endettement est vite devenue une addiction au crédit et ce particulièrement … depuis mars 2004, date de la prise de fonction du gouvernement néo-libéral Karamanlis. Entre début 2004 et fin 2009, date d’arrivée au pouvoir du Pasok, la dette publique en pourcentage de PIB sera passée de 98,6% à … 129,3% en 2009. Ou la saine gestion libérale au pouvoir.

En passant, certains records appartiennent aussi à d’autres pays européens, notamment à l’Irlande qui en 2010 dépassa les 30% de son PIB en déficits publics, ou même à l’Allemagne, premier pays européen pour le montant de sa dette publique (plus de 2 000 milliards d’euros). Enfin, puisque l’on parle des Grecs, leur endettement privé qui a explosé entre 2000 et 2008 afin d’acheter (à crédit) plus de produits importés … européens, le niveau d’endettement par rapport au Revenu Brut Disponible y est très inférieur à ceux que l’on constate pour le Royaume-Uni par exemple (plus de 150%).

Menteurs ?

A de multiples reprises, les gouvernements grecs ont effectivement menti, afin d’occulter aux yeux des institutions européennes les réalités quant aux déficits publics et budgétaires du pays. Sauf que l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001 respectait alors les critères émis, notamment les 3% de déficit budgétaire puisque les gouvernements précédents avaient intégré les coûts de dépenses militaires (qui furent d’ailleurs ‘sanctuarisées’ dans les budgets afin de préserver le remboursement des contrats des pays européens) à la livraison et non à la date de contrats, lesquels furent conclus avant l’entrée de la Grèce dans la zone euro.  Il en résulta ainsi un léger dépassement (3,07% en 1999), dépassement outrepassé par différents pays quelques années plus tard et qui valurent à la France et l’Allemagne notamment en 2004 une procédure menée par la Commission Européenne pour déficits excessifs. Or, suite à la montée en charge de la ‘crise grecque’ avec l’arrivée au pouvoir en 2009 d’un nouveau gouvernement qui modifie les évaluations de déficits, l’Ecofin (Conseil européen des ministres des finances) demanda à Eurostat un rapport sur les raisons de telles ‘défaillances’ et ‘tromperies’ de l’État grec, que les institutions européennes ‘découvrent’ alors. Eurostat rend son rapport en janvier 2010, dans lequel il montre que si les gouvernements grecs successifs ont bien ‘maquillé’ les statistiques concernant les déficits, il reste que dès novembre 2004, Eurostat avait bien dans un premier rapport identifié 11 infractions, puis à 5 reprises de 2005 à 2009. Pire, la Commission Européenne a sollicité au Conseil des pouvoirs accrus en terme de contrôles statistiques, lesquels ne furent pas pleinement attribués par ce même Conseil à Eurostat, respectueux qu’il était des ‘prérogatives’ nationales. En résumé, non seulement les gouvernements européens connaissaient la situation régulièrement ‘redressée’  des comptes grecs mais ceux-ci refusèrent d’octroyer les outils nécessaires à un contrôle réel sur les statistiques fournies par ces mêmes gouvernements grecs, régulièrement épinglés par Eurostat. Lorsque l’Ecofin de novembre 2009 ‘découvre’ les chiffres corrigés du nouveau gouvernement grec, il ‘découvre’ ainsi une réalité qu’il a pris grand soin d’enterrer. Les gouvernements européens (et non les institutions européennes) ont donc été pleinement responsables du pourrissement de la situation concernant la Grèce, gouvernements qui font maintenant cher payer leur propres irresponsabilités politiques aux Grecs, en octroyant chichement leur solidarité. Quant aux prêteurs qui octroyèrent des crédits à la Grèce pendant près de 5 ans et de manière croissante, force est de constater qu’ils furent soit analphabètes car ils ne savaient pas lire les rapports (publics) d’Eurostat, soit étaient de vilains spéculateurs, pariant en connaissance de cause sur la montée des taux d’intérêt versés sur la dette publique, ce qui ne manqua pas d’arriver dès le début 2010.

Enfin, non contents d’avoir cautionné par leurs silences les dérives passées, les gouvernements européens considèrent aujourd’hui les Grecs comme des ingrats, au regard des plans ‘d’aide’ apportés à plusieurs reprises, ‘aides’ qui leur rapportent par ailleurs à chacun de substantiels intérêts. Le prix de la solidarité s’indexe ainsi sur l’irresponsabilité passée des (futurs) prêteurs …

§

Le laboratoire libéral d’hier a donc fonctionné à plein rendement, offrant aux scientifiques qui dirigent les expérimentations des résultats quasi inespérés, au regard des très faibles investissements de départ : crise sanitaire, explosion du chômage, récession pluriannuelle, préservation des contrats d’armements (européens), triplement à minima de l’endettement des ménages (pour consommer des produits importés européens), baisse des salaires, suppression massive de postes de fonctionnaires, augmentation de 30% en 5 ans de la dette publique par rapport au PIB, multiplication exponentielle des intérêts reversés aux prêteurs (privés européens), terreau favorable pour une spéculation débridée sur les marchés financiers, augmentation de 5 annuités pour l’âge de départ de la retraite (afin de relancer les retraites par capitalisation), privatisations massives de pans entiers d’activités économiques, évasion fiscale préservée et fuite des capitaux dans des paradis fiscaux (pour les plus riches seulement) et last but not least, gouvernement d’unité nationale dirigé par un premier ministre ‘technicien’ qui appliquera à la lettre les ‘ajustements’ complémentaires nécessaires.

§

A dire vrai, il faut bien avouer que ce laboratoire est une mine d’argent et un puits sans fond d’enseignements qui permettent d’ores et déjà d’être appliqués, avec certes des succès divers mais de manière inéluctable, comme le progrès, dans d’autres contrées européennes. Ce laboratoire de demain n’est donc pas une vaine promesse que de vagues théories libérales viendraient conceptualiser pour aujourd’hui : ce sont, de fait, des données objectives, sur lesquelles nous pouvons compter.

Mieux, elles donnent un sens aux réalités en cours, elles refondent des croyances en perte de vitesse grâce à des politiques ajustées structurellement à l’austérité, elles nous relient (‘religion’) entre nous et nous permettent de partager ce précieux bien commun d’hier, d’aujourd’hui et de demain : la crise.

(à suivre …)

 

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110 commentaires

  1. [...] Blog de Paul Jorion » LES BÉNÉFICES DE LA VIVISECTION, par Zébu. [...]

  2. gibus

    C’est du Naomie Klein au second degré ! Mais le bouquin est un pavé de près de 700 pages, vous là tout est synthétisé en une centaine de lignes. Remarquable !

    • zébu

      @ gibus :
      Merci pour la comparaison (flatteuse) mais je m’en juge indigne. D’autant que si sa thèse est remarquable par la description, clinique, des politiques ultra-libérales menées dans le monde (en ce sens, la ‘vivisection’, copiright PJ, en cours en Europe et notamment en Grèce n’est qu’une prolongation de ce qui est essayé depuis … le FMI et la Banque Mondiale), je m’en écarte car selon moi, on devrait plutôt parler de ‘stratégie du chaos’, ce qui est en quelque sorte, j’en conviens, un oxymore. Car la stratégie du choc induirait soit la création d’un choc pour ensuite appliquer les dites stratégies, soit la ‘capitalisation’ de ses effets pour les appliquer. Dans les deux cas, cela induit de pouvoir maitriser les dites politiques et un tant soit peu les effets, voir les causes.
      Or, il me semble que c’est pas (ou plus) du tout le cas, les dits ‘stratèges’ s’étant transformé entre-temps en apprentis-sorciers, fouillant dans les entrailles de leurs victimes les dites stratégies en même-temps qu’ils produisent la vivisection.
      Il n’y a qu’à voir l’impréparation, les contre-effets produits remettant en cause les dites stratégies, les impasses, etc. pour identifier ceci plus comme une ‘stratégie du chaos’ que comme une ‘stratégie du choc’, à savoir feindre d’être l’instigateur d’une chose qui vous dépasse (et de loin, tant sur la maitrise que par son niveau de complexité). A moins d’être le maître du chaos (?), je ne vois pas comment on pourrait parler de stratégie quand on constate que les politiques menées mènent aussi à leurs propres fins.
      En cela, il me semble qu’il existe un aspect idéologique et inconscient (cf. autre billet) des dits ‘acteurs’ de la ‘stratégie’ que sa thèse n’intègre pas.
      Il me semble que cela est dû à la date de parution de l’ouvrage : 2007. A cette date là, la crise des subprimes n’avait pas encore commencée. Et l’on constate qu’il y a un ‘avant’ et un ‘après’, y compris sur les dites ‘stratégies’ et ‘acteurs’.
      On peut difficilement parler de ‘corporatisme’ quant au capitalisme quand ses membres mêmes mènent une politique qui conduit … à la fin de la corporation ! A moins d’intégrer des mécanismes qui permettent justement de comprendre cette transformation.

      • Moi

        @zébu: « mènent une politique qui conduit … à la fin de la corporation  »

        Espérons que ce ne soit pas comme attendre Godot…

        Sinon, toujours dans le théâtre de l’absurde, y’a pas que « les capitalistes qui mènent à la chute du capitalisme », y’a aussi « les anti-capitalistes qui s’opposent à ce que les capitalistes mènent à la chute du capitalisme ».

        Une chatte n’y retrouverait pas ses petits…

      • zébu

        @ Moi :
        La nuance est de taille et a été élaguée très certainement à dessein : « les anti-capitalistes qui s’opposent à ce que le système économique s’effondre dans son ensemble, sur la tronche des plus faibles uniquement ou prioritairement », ce qui n’est pas (toutàfait/dutout/pasvraiment, au choix) la même chose.
        Prenons l’exemple de l’effondrement du système économique soviétique.
        A la lueur des enseignements tirés de l’Histoire, qui a eu raison : Eltsine, qui voulait l’effondrement de ce système ou Gorbatchev, qui voulait le transformer et éviter son effondrement (sur la tronche des plus faibles uniquement ou prioritairement) ?
        On ne parle pas de ‘tabula rasa’. Mais bien de ‘domus rasa’.
        D’autant plus qu’à l’inverse du système soviétique, y a pas (encore) d’autres systèmes dans les cartons …

      • gotoul

        La crise de 1929 fut aussi « l’oeuvre » du monde de la finance ; résultat : un chaos général et quasi planétaire. C’est pourtant ce même monde de la finance qui en a le plus profité. Les USA par qui la crise est arrivée sont ressortis très regonflés de cette période et sont devenus les maitres du monde.
        Leur suprématie commence à être égratignée … Alors pourquoi ne pas essayer la stratégie du chaos pour secouer tout ça et remettre toutes les pendules à l’heure US ?

      • zébu

        @ gotoul :
        vous oubliez que sans Roosevelt, les US n’en seraient sans doute pas là où ils ont été … et qu’ils auraient tout à fait pu suivre les chemins empruntés par d’autres pays, en ces mêmes circonstances.

      • Moi

        @zébu:
        « A la lueur des enseignements tirés de l’Histoire, qui a eu raison : Eltsine, qui voulait l’effondrement de ce système ou Gorbatchev, qui voulait le transformer et éviter son effondrement (sur la tronche des plus faibles uniquement ou prioritairement) ? »

        Penses-tu que l’ère Eltsine soit une période où il n’y avait aucun système politique? En admettant même que l’Etat russe ce soit complètement effondré (ce qui n’est pas arrivé, loin s’en faut), aurait-ce été une situation sans système politique? Bien sûr que non, l’état de nature n’existe pas, même conceptuellement (ce que Hobbes décrivait c’est une situation de guerre civile généralisée, de libre concurrence pure et parfaite, c’est-à-dire le libéralisme capitaliste et non pas un chaos).

        Donc, pour en revenir à ta métaphore, si ce que la Russie a vécu entre Gorbatchev et Eltsine c’est le passage du communisme réel à un capitalisme sauvage (le Far-West quoi), serais-tu en train de dire que l’effondrement du capitalisme nous mènerait au communisme sauvage? A moins que tu n’aies voulu dire que l’effondrement du capitalisme nous mènerait au capitalisme sauvage?

        Quand je disais que tout ceci était absurde…

      • zébu

        @ Moi :
        « serais-tu en train de dire que l’effondrement du capitalisme nous mènerait au communisme sauvage? » : non.

        « A moins que tu n’aies voulu dire que l’effondrement du capitalisme nous mènerait au capitalisme sauvage? » : non plus.

        « Quand je disais que tout ceci était absurde … » : tout ceci, c’est possible (cf. notre ami william).
        Tes questions, oui, en tout cas.

      • Moi

        @zébu: Mes questions sont absurdes? Tu me cites l’exemple russe pour me montrer les effets délétères sur les pauvres de l’effondrement du capitalisme et mes questions sont absurdes?

        Et vu que tu me sors assez régulièrement l’histoire du « si les banques pètent, c’est les pauvres qui vont en baver le plus », tu peux bien expliquer comment et pourquoi… C’est vrai quoi, moi je croyais que c’étaient les bourgeois qui flippaient d’en arriver là, mais non que tu nous dis, c’est les chômeurs et les clodos qui doivent se faire du mauvais sang. Alors je suis étonné. Explique-nous donc ce qu’il se passerait avec l’effondrement du système économique capitaliste.

        Une piste: c’est pas plutôt la métaphore argentine avec les patrons qui doivent quitter le pays à la sauvette que tu aurais dû citer?

      • zébu

        @ Moi :
        Parce que l’exemple russe, en soit déjà limité dans ses effets puisqu’un autre système économique a ‘pris le relais’ (et évidemment pas par solidarité), ne serait pas un exemple de ce qu’un écroulement d’un système économique pourrait donner sur les populations ? D’après toi, qui en as le plus ‘profité’ ? Les apparatchiks ou les prolétaires, ceux qui bénéficiaient principalement des rares avantages laissés par le système soviétique (école gratuite, soins gratuits, …) ? L’espérance de vie n’a-t-elle pas baissée (ce qui n’arrive qu’après une catastrophe humanitaire ou une guerre), en moyenne et forcément pour les plus pauvres ?
        Quoi, ce n’est ‘suffisant’ pour toi, pas assez ‘significatif’, alors même que si on résonne dans le cadre d’un effondrement d’un système économique devenu PLANETAIRE (et pas uniquement contenu dans un pays ou même un bloc de pays restreint), on imagine très bien ce que ceci pourrait produire ?
        Il te faut quoi, un dessin ?

        « si les banques pètent, c’est les pauvres qui vont en baver le plus », tu peux bien expliquer comment et pourquoi… » : aucun souci. Ce qui semble clair à tous ne l’est à l’évidence pas pour toi et j’y reviendrais sur tes raisons propres.
        Tout simplement parce qu’avec ne serait-ce qu’un petit bank run, ce sont les prolétaires, ceux qui n’ont que leurs salaires qui seront les premiers concernés, parce qu’ils n’auront pas les mêmes avantages que peuvent procurer certains actifs que possède justement la bourgeoisie, entre autres : or, terrains, immobilier, etc.
        Et que dans un écroulement, ce sont ceux là qui gagneront, pas les prolétaires. Et c’est exactement ce qui s’est produit lors de l’effondrement du système économique soviétique où ce furent évidemment les apparatchiks qui titrèrent leurs épingles du jeu, tant par leurs positions d e pouvoir (relatif), symbolique, que parce qu’ils avaient un accès restrictifs aux actifs.

        « Explique-nous donc ce qu’il se passerait avec l’effondrement du système économique capitaliste. » : je pense que tu le sais très bien. Ce ne sera pas la grande niveleuse, celle que tu appelles apparemment de tes voeux, tant ta frustration est grande de ne pas pouvoir mettre tout le monde à égalité, alors autant souhaiter le grand effondrement, celui qui mettra justement tout le monde dans la merde certes, mais au moins tout le monde égalitaire.
        La grande faucheuse.
        Je n’ai jamais rien vu de plus faux. Pas un seul exemple dans l’Histoire n’étaye cette thèse.
        C’est tout simplement du millénarisme.
        L’exemple de l’effondrement de l’empire romain le montre (bien que celui-ci se soit déroulé sur une durée très longue, permettant d’amortir considérablement les effets d’un tel effondrement, sans compter la persistance de l’empire romain d’orient), l’effondrement du système économique soviétique aussi. Mais ni l’empire romain, aussi puissant fut-il dans l’antiquité, ni l’empire soviétique n’ont possédé la puissance du système actuel : il est tout simplement mondial. Les effets en seraient au niveau de sa puissance. Et n’auraient rien de la tabula rasa que tu nous vends. Entre parenthèses, la fameuse tabula rasa de la révolution russe se fit en premier lieu au détriment des millions de koulaks russes, morts de faim, d’abord.
        Belles perspectives, Komrad Moi que tu nous vends, prioritairement aux plus faibles …

        « Une piste: c’est pas plutôt la métaphore argentine avec les patrons qui doivent quitter le pays à la sauvette que tu aurais dû citer? » : faux.
        Le système capitaliste ne s’y est jamais effondré.

      • Moi

        @zébu: « ne serait pas un exemple de ce qu’un écroulement d’un système économique pourrait donner sur les populations ?  »

        Non, parce que l’important n’est pas l’écroulement, mais ce qui prend immédiatement la place du système qui s’effondre. La situation russe n’était pas la situation en Argentine qui n’est pas la situation en Russie en 1917 qui n’est pas la situation en Europe après la chute de l’Empire romain. En Argentine par exemple, les pauvres ont immédiatement vu leur situation s’améliorer lorsque leur économie a touché le fond et que beaucoup de patrons se sont enfuis laissant place à la politique de gauche de Kirchner.
        En bref, les russes n’ont pas tant soufferts de l’écroulement du communisme que des quelques années du capitalisme sauvage auquel Poutine a mis un terme.

        « Et que dans un écroulement, ce sont ceux là qui gagneront, pas les prolétaires. »

        Ce n’est pas évident du tout. Et me ressort pas à nouveau l’exemple russe à l’appui de cette thèse puisque les prolétaires russes ont souffert du capitalisme, pas tant d’un écroulement de leur économie communiste.

        « la fameuse tabula rasa de la révolution russe se fit en premier lieu au détriment des millions de koulaks russes, morts de faim, d’abord. »

        La dékoulakisation se fait dans les années 20. Ces millions de mort sont causés par le communisme, pas par un effondrement de l’économie tsariste basée sur le servage. Tu mélanges allègrement les conséquences d’un effondrement économique (forcément très éphémère) et les conséquences d’un système économique.

        « L’exemple de l’effondrement de l’empire romain le montre »

        Montre quoi? Tu penses que le serf regrettait son ancienne condition d’esclave?

        En résumé: un effondrement économique, même soudain, n’est pas si problématique. La longueur de la période de désorganisation est inversement proportionnelle à l’intensité de celle-ci. Au pire, on a une période de complètement désorganisation mais très brève qui laisserait la place à des nouvelles formes d’organisation économique (que l’on ait déjà un système clé-en-main préparé avant l’effondrement ou pas, ça ne change rien à ce niveau). Ce sont ces nouvelles formes qui sont importantes.
        Les exemples d’effondrements économiques sont légion dans l’histoire pour le démontrer (invasions étrangères, guerres civiles, grandes catastrophes naturelles, etc). Au bout de quelques jours et même sans aide extérieure (cas de communautés isolées ou de grands ensembles s’effondrant), les humains se regroupent au niveau local et se réorganisent pour survivre.

  3. Macarel

    Pour le FMI l’augmentation de l’espérance de vie pose un grave problème.

    Désolé pour ceux qui ne lisent pas l’espagnol, mais cet article est très instructif.
    Titre de l’article: « El riesgo de que la gente viva más de lo esperado » ou « Le risque que les gens vivent plus que ce qui est prévu »

    Heureusement une expérience de coupe drastique dans les budgets de santé en Espagne,
    va permettre d’expérimenter des mesures visant à faire baisser cette espérance de vie.

    De toute façon pour le monde de la finance, l’on vit trop vieux. Or le vieux pensioné à la retraite plombe les profits…

    • Macarel

      La même préoccupation du FMI, mais en anglais cette fois…

      Décidément dans ce système c’est bien l’homme le problème…

      • jducac

        @ Macarel 12 avril 2012 à 12:58

        Décidément dans ce système c’est bien l’homme le problème…

        Non, c’est l’énergie qu’il faut dépenser pour entretenir la vie qui pose problème. Lorsqu’il n’y a plus d’énergie à consommer, il n’y a plus de vie possible. Plus il y a, au sein de l’humanité, de personnes qui consomment de l’énergie sans participer à son extraction, plus cela devient difficile de vivre.

        Or, l’extraction d’énergie se mesure à la valeur utile du travail fourni. Sachant que travail et énergie s’expriment dans la même unité, kWh ou tep par exemple. Il en résulte que les populations les plus âgées et les plus jeunes, qui ne travaillent pas, sont celles qui pèsent le plus sur la capacité de survie des communautés. Il en est de même pour toutes celles qui ne sont pas directement productives, si elles sont trop nombreuses par rapport à celles qui produisent.

        C’est pour cela que, pour compenser l’allongement de durée de vie, il faut d’autant plus allonger le temps de travail que l’on est moins compétitif, c’est-à-dire moins performant en termes d’efficacité énergétique.

        Ça n’est pas une question de droite ou de gauche, de capitalisme, de libéralisme, de communisme ou de toute autre organisation politico économique, c’est une brutale question de physique.

      • Il en résulte que les populations les plus âgées et les plus jeunes, qui ne travaillent pas, sont celles qui pèsent le plus sur la capacité de survie des communautés.

        Et bien au boulot alors Jducac, puisqu’il s’agit de vous précisément ! Et arrêtez donc de passer votre temps sur votre ordinateur et internet, vous savez combien ça consomme d’électricité, vous qui ne fournissez plus aucun travail et vous contentez de consommer l’énergie que d’autres produisent, mettant ainsi en péril la survie des communautés !

      • ploucplouc

        On vit plus vieux parce que l’on travaille moin physiquement parlant.Si vous voulez une régression a la Cro-magnon faite. J écrivais ce texte étant nul en orthographe mon ordinateur m’indiquait que moin cela n’existe pas de beau présage pour l’avenir?

      • zébu

        @ Julien :
        Ouch, le jducac se fait snipper à chaque sortie …
        Ou peut-être que les vieux à la retraite (à 75 ans) pourraient pédaler sur des dynamos géantes pour produire de l’énergie.
        Et ça les maintiendrait en forme !!

        Problème résolu.

        Au suivant …

      • jducac

        @ Julien Alexandre 12 avril 2012 à 14:10

        vous qui ne fournissez plus aucun travail et vous contentez de consommer l’énergie que d’autres produisent, mettant ainsi en péril la survie des communautés !

        Dès lors que je fournis une activité intellectuelle tournée vers les autres, je produis gratuitement de l’utilité, je participe à un service de lien, de réflexion, d’émission, de brassage et de critiques constructives d’idées, ce qui permettra à notre communauté d’appartenance de trouver son meilleur chemin vers le futur.

        Cela me semble bien plus utile que de regarder passivement un film à la télé, ou de maintenir mon cerveau en état, par la lecture, les mots croisés, les sudokus etc… où là, je ne serais que consommateur.

      • @ jducac

        Dès lors que je fournis une activité intellectuelle tournée vers les autres, je produis gratuitement de l’utilité,

        2 ans d’intenses réflexions pour en arriver à postuler que le « spermatozoïde est capitaliste », en effet, c’est une activité « intellectuelle » intense et certainement utile. « Tournée vers les autres » est sans aucun doute une formulation un tantinet malheureuse pour quelqu’un qui ne s’écoute que lui-même disserter en étant son propre et unique référent, mais soit.

        Cela me semble bien plus utile que de regarder passivement un film à la télé, ou de maintenir mon cerveau en état, par la lecture, les mots croisés, les sudokus etc… où là, je ne serais que consommateur.

        Il faudrait savoir, vous nous dites que le problème c’est l’énergie, et là comme par magie, ce n’est plus un problème pour vous qui n’en produisez aucune, au prétexte que vous publiez des commentaires sur un blog. Newsflash : vous n’êtes plus qu’un consommateur d’énergie et vous n’en produisez aucune.

        Vous voulez vous rendre réellement utile ? Ecoutez donc la proposition de zébu :

        Ou peut-être que les vieux à la retraite (à 75 ans) pourraient pédaler sur des dynamos géantes pour produire de l’énergie.
        Et ça les maintiendrait en forme !!

        Problème résolu.

        Là, vous produirez de l’énergie. Mais bon, vous n’êtes plus à un paradoxe près ;)

      • Al

        @ Jducac

        Vous commettez une erreur de logique toute simple je crois… Vous confondez production d’énergie et travail….
        Par exemple… la fabrication (et donc le travail) de tout un tas de produits (la quasi totalité lorsque ils ne servent pas les besoins primaires) coûte de l’énergie bien plus qu’elle n’en produit …

        Vous pensez qu’il n’y a qu’un seul levier sur lequel on peut agir… la durée du temps de travail…
        Mais si vous augmentez la durée du temps de travail de N.Sarkozy ou de M.LePen… ça ne nous fera pas plus d’énergie… au contraire…

        Vous ne faites aucune différence entre quantité et qualité… c’est étrange…

      • Macarel

        @Jducac
        Quand je pense au temps et à l’énergie consacrée à produire des choses inutiles, voire nocives, je me dis que l’on pourrait permettre à bien des gens de vivre et même vivre mieux.
        Le problème est aussi moral et politique.
        Voulons nous tout transformer en marchandise, ou l’humain a-t-il encore une place dans tout ça ?
        Maintenant si vous pensez qu’il n’y a pas assez d’énergie pour permettre à tous de vivre, alors allez jusqu’au bout de votre logique, et préparez les futurs holocaustes.
        Pour ma part je suis effectivement convaincu que l’énergie est limitée, mais qu’il nous faut changer nos modes de vie gaspilleurs, devenir plus sobres, frugaux, et ainsi chacun pourra vivre à la place qui est la sienne.
        Car si pour certains l’homme est le problème, pour d’autres il peut être la solution.

      • Pierre-Yves D.

        jducac

        Dès lors que je fournis une activité intellectuelle tournée vers les autres, je produis gratuitement de l’utilité, je participe à un service de lien, de réflexion, d’émission, de brassage et de critiques constructives d’idées, ce qui permettra à notre communauté d’appartenance de trouver son meilleur chemin vers le futur.

        Puisque vous admettez l’importance de la gratuité je ne vois plus ce qui vous retient désormais de dire que le fondement de la société n’est pas la concurrence mais la philia.
        Ce qui est valable pour le domaine intellectuel, le don, l’échange, le partage, doit bien pouvoir s’appliquer au domaine économique. Ou alors l’économie est-elle un domaine tellement à part, qu’elle ne saurait participer des liens solidaires inhérents à la constitution de l’humanité.

        La conversion serait-elle imminente ?

      • zébu

        @ PYD :
        C’est plus jducac, là, c’est pierreducac :
        « Pouvez-vous le faire ? »
        « Oui, je peux le faire ! »

      • jducac me rappelle un film hollandais, Karakter, qui avait gagné en 1997 l’Oscar du meilleur film étranger.

        Le héros (très pauvre) est le fils illégitime d’un homme (très riche). La vie du héros est parsemée d’embûches, il sort triomphant d’incroyables épreuves pour échouer quand même à chaque fois devant le but. Il finit par deviner que la source de ses échecs, c’est son père. Il le confronte, et son père lui dit qu’il est très fier de lui : oui, c’est lui qui a accumulé ces obstacles, pour lui forger le caractère (d’où le titre du film). Le héros – qui n’a manifestement aucun sens de l’humour – abat alors froidement son père.

        jducac est ici pour nous forger le caractère. Heureusement, notre sens de l’humour est au contraire proverbial.

      • Karakter, c’est le remake de Darth Vador / Luke Skywalker dans la guerre des étoiles ;)

        Jducac/Darth Vador : « Blog, je suis ton père »

        Blog de Paul Jorion/Luke Skywalker : « Ah oui ? Prouve-le moi, prête-moi les clés de ta voiture ! »

      • PS : mon père est mort, sans quoi je le soupçonnerais d’être jducac.

        re-PS : un soupçon me vient : serait-ce l’un de mes fils qui serait jducac ?

      • vigneron

        Vador Jduc ? M’fait plutôt penser à un R2.D2 bon pour la réforme, bloqué en mode repeat, repeat, repeat,repeat, repeat….
        repeat, repeat, repeat…
        repeat.(coup de grâce – presse hydraulique si possible)

      • vigneron

        Cela dit faut kamême ben avouer qu’il trônera à tout jamais au firmament dans le petit musée des horreurs du blog jorionien. Ça on pourra pas lui enlever. Hors-concours. On fera signer sa compression par un faux César et on la posera sur un beau piédestal d’albâtre, marmoréen quoi…

      • taratata

        @ Macarel
        J’entends encore Viviane Forrester ( quoi qu’on pense de son livre  » l’horreur économique  » ) dire à une émission en 1996 , date de la parution de ce livre :  » ILS (les financiers , le monde économique) n’ont tout simplement plus besoin de vous , de nous. »

      • @jducac
        Vous ne voulez pas comprendre que pour créer de la rente financière il faut de l’énergie et des matières premières en plus du travail des indépendants artisans et salariés, quand une ressource importante qui est le pétrole n’a plus de croissance, et bien il y a problème.
        Que vont faire les rentiers à votre avis?
        Ils feront tout leur possible pour garder leur privilège en décrêtant la rigueur ou l’austérité, mais qu’ils le veuillent ou non, il n’y aura pas de relance du système et à terme la rente financière se détruira d’elle même.
        Pourquoi?
        Parce que la rigeur et l’austérité (même en Chine) vont suivre la disponibilité décroissante du pétrole,
        Cela risque de durer quelque temps voir quelques décennies, mais je ne pense pas que les gens vont rester de marbre sans réagir.
        De plus en plus d’associations se créent, les gens se rencontrent et réfléchissent ensemble comme sur ce blog, ils n’auront pas d’autre choix que de créer la rente énergétique.
        Faire mieux en consommant moins d’énergie et forcément en travaillant moins et d’une autre manière.

        Sachant que travail et énergie s’expriment dans la même unité, kWh ou tep par exemple. Il en résulte que les populations les plus âgées et les plus jeunes, qui ne travaillent pas, sont celles qui pèsent le plus sur la capacité de survie des communautés.

        J’ai 63 ans, je travaille encore à plein temps et aujourd’hui, j’ai dépensé plus d’énergie que ma belle mère et mes petits enfants réunis.
        Arrêtez donc de tout mélanger et de considérer que quelqu’un qui travail produit de l’énergie, c’est tout le contraire.

      • octobre

        Pauv’ jducac. Prenez de la graine du côté d’un Raymond Aubrac. Ça nous changera de la France, avec son impensable discours d’aigris et de revanchards à l’heure de l’apéro. Et des petits colleurs d’affiches opportunistes qui viennent sur le blog à Jorion. Vous ne lisez pas ? : ça on savait.

      • jducac

        @ michel lambotte 12 avril 2012 à 20:23

        J’ai 63 ans, je travaille encore à plein temps et aujourd’hui, j’ai dépensé plus d’énergie que ma belle mère et mes petits enfants réunis.
        Arrêtez donc de tout mélanger et de considérer que quelqu’un qui travail produit de l’énergie, c’est tout le contraire.

        L’essentiel, c’est que nous nous comprenions et arrivions à nous mettre d’accord sur la façon de prendre les choses. Je vous demande de faire cet effort. De mon côté, je vais faire l’effort d’expliciter au mieux ma façon de voir. Si vous voyez une faille dans ma démarche de pensée, merci de m’aider à la corriger. Cela aura consommé de l’énergie, mais nous aurons progressé vers la mise en évidence de la vérité.

        Tout organisme vivant a besoin de consommer de l’énergie nutritive pour maintenir sa propre machine en vie. Il faut aussi à l’homme, de l’énergie mentale, c’est-à-dire, l’espoir d’arriver à vaincre les difficultés de la vie.
        Même au repos, à ne rien faire, il faut un apport et une assimilation d’énergie pour maintenir la vie. Même les hommes les moins actifs ne peuvent pas vivre sur terre que d’amour et d’eau fraiche, il leur faut s’alimenter à partir d’éléments nutritifs issus de la flore et de la faune qui constituent ses apports en énergie. (Pierre Yves D, il ne s’agit pas de nier le rôle très utile de la philia qui est nécessaire, mais de reconnaître que cela ne suffit pas)

        Quand un homme travaille, il consomme plus d’énergie qu’au repos. Il utilise alors l’énergie qu’il a stockée dans son corps, pour fournir des prestations ou des biens à ses semblables, en échange d’argent, lequel est équivalent à de l’énergie. En effet, l’argent n’est pas de l’énergie mais il y donne accès en échange de travail livré sous forme de prestations ou de biens. Dans ma façon de voir, l’argent est une pseudo-énergie, puisque c’est lui qui fait fonctionner l’homme au sein de son environnement économique. Dans le même ordre d’idée, je crois que Paul Jorion dit que l’argent est un artéfact.

        Dans notre civilisation, pour avoir de l’argent il faut travailler, et quand on a de l’argent on peut faire travailler des hommes et des machines d’assistance, lesquelles ont aussi besoin d’être alimentées en énergie vraie, pas de la pseudo-énergie.

        Mais avec la même quantité d’argent, on n’a pas accès partout à la même quantité d’énergie vraie. Cela dépend en grande partie du coût du travail, donc du coût de la vie à l’endroit où on l’extrait et de la valeur du travail notamment, des méthodes et moyens employés pour l’extraire.

        Extraire l’énergie nutritive dans de grands territoires, permettant l’usage de moyens adaptés à l’agriculture intensive, présente un net avantage par rapport à ce qu’on peut extraire dans des petites surfaces, en zones de montagne, par exemple.

        Extraire cette énergie à partir d’une main d’œuvre qui ne travaille que 35h par semaine et qui en sus de ses propres besoins subvient à la vie de nombreuses personnes improductives (jeunes, vieux, chômeurs, emplois à très faible valeur ajoutée) présente un handicap par rapport à un endroit où on travaillerait 40h par semaine et durant 45 ans de vie active. Ça n’est pas une question de philia mais de rendement énergétique donc de physique.

        On peut faire la même analyse en ce qui concerne l’extraction des énergies fossiles et des énergies renouvelables et même nucléaires.

        C’est à mon avis par ce type d’approche qu’il faut analyser les problèmes concernant l’Europe Occidentale, et plus particulièrement celle du Sud où il n’y a plus de réserves fossiles.

      • Encore sur Internet Jducac ? Vous êtes incorrigible… J’espère que vous êtes en train de pédaler pour produire l’énergie que vous consommez alors que votre valeur productive énergétique est nulle depuis votre retraite oh combien trop anticipée. Les gens honnêtes et consciencieux vous diront que bien souvent donner l’exemple est le meilleur moyen de faire passer une idée. Donnez l’exemple, éteignez votre ordinateur et retournez donc au travail ou à défaut abstenez-vous de consommer l’énergie produite par les autres. Quelle formidable illustration de vos préceptes ce serait, n’est-ce pas ?

      • jducac

        @ Julien Alexandre 14 avril 2012 à 11:27

        Donnez l’exemple, éteignez votre ordinateur et retournez donc au travail ou à défaut abstenez-vous de consommer l’énergie produite par les autres.

        Même si je ne suis pas génial, et si mes neurones sont un peu engourdis, c’est peut être en produisant et émettant des stimuli/poils-à-gratter que je suis le plus utile. C’est au récepteur d’en juger et d’en faire éventuellement usage. Ce type de production m’a permis de gagner ma dose d’énergie pour vivre en activité, puis en retraite. Aujourd’hui ils sont gratuits. C’est du bonus délivré au titre de la philia.

      • @ Jducac

        Même si je ne suis pas génial, et si mes neurones sont un peu engourdis, c’est peut être en produisant et émettant des stimuli/poils-à-gratter que je suis le plus utile. C’est au récepteur d’en juger et d’en faire éventuellement usage. Ce type de production m’a permis de gagner ma dose d’énergie pour vivre en activité, puis en retraite. Aujourd’hui ils sont gratuits. C’est du bonus délivré au titre de la philia.

        Mais pas du tout, jducac, votre raisonnement va à l’encontre de toute votre théorie : consommer peu et travailler beaucoup. Là, vous consommez beaucoup d’électricité et vous n’avez aucune productivité, vous ne travaillez pas, vous êtes en retraite, vivant du travail des autres pour assurer vos revenus et de l’extraction d’énergies pour vous permettre de venir jouer les poils à gratter sur un blog. Est-ce cela l’expression du nouveau concept dans votre champ lexical qu’est « l’utilité » ?

        Dois-je en déduire que poster des messages sur un blog est un travail comme un autre ? Si je passe mes journées jusqu’à ma retraite à ne rien faire d’autre que poster des messages sur internet, suis-je « utile » et ai-je donc le droit de consommer l’énergie produite par les autres ?

        Quel changement de paradigme jducac ! C’est fascinant la souplesse de gymnaste dont un individu peut faire preuve pour éviter de reconnaître les contradictions et l’inanité de son discours ;)

      • Al

        @ Julien Alexandre

        Je vous trouve injuste Julien…. Voyez, Jducac fait tout de même quelques efforts, il reconnait lui-même qu’il n’est pas « genial »… et qu’il a du mal à faire mouliner ses neurones…

        « … je ne suis pas génial, et si mes neurones sont un peu engourdis… »

        … c’est déjà un début… il ne faut pas demander aux gens des choses dont ils sont incapables…

        Avant, il se présentait comme la conscience objective du Blog de P.Jorion… et aujourd’hui, il l’avoue… il n’est que du poil-à-grater… ça prend du temps mais je le trouve sur la bonne voie…
        Et vous, vous voudriez qu’il en soit tout de suite à reconnaitre ses erreurs de logique… qu’il avoue sa mauvaise fois…
        Mais un enfant ne marche pas seul du jour au lendemain, voyons… il faut être patient…

        Jducac est notre petit enfant à tous et nous devrions tous nous extasier devant ses progrès… aussi lents soient-ils…

        Moi, je vous dis bravo Jducac… et je suis fier de vous… et surtout, ne vous inquiétez pas, on va vous aider à les « désengourdir » vos neurones… Y a pas de raison que vous restiez à la traine… Nous, on ne laisse personne sur le bord du chemin…
        On est une équipe, on n’abandonne jamais un camarade…

      • jducac

        @ Julien Alexandre 14 avril 2012 à 13:52

        C’est fascinant la souplesse de gymnaste dont un individu peut faire preuve pour éviter de reconnaître les contradictions et l’inanité de son discours

        D’accord pour la souplesse. Par contre je me sens moins en phase pour « les contradictions et l’inanité » qui sont une question appréciation. Pour moi, il est tout à fait normal de travailler beaucoup et bien tout en consommant le moins possible quand on est dans la phase productrice de la vie. En travaillant plus près de 70h que de 35h par semaine, et en faisant de mon mieux (encore la philia) je n’ai pas mauvaise conscience de ce que j’ai fait sur ce plan, durant ma période d’activité.

        Cela m’est difficile d’évaluer si la valeur des stimuli que je délivre sur le blog est supérieure à la valeur de l’énergie que je consomme en les émettant. De mon point de vue, ce serait plutôt le cas puisque je le fais de mon plein gré et que, de plus, j’ai à cœur d’apporter systématiquement une contribution financière. Mes remarques et mon point de vue ne me semblent pas inutiles puisque je les exprime. Sans quoi, je serais vraiment idiot. De plus je m’efforce toujours, sauf maladresses, de respecter ceux auxquels j’en fais part. Il y a beaucoup de philia derrière ce que je fais sur le blog de Paul Jorion.

      • @ jducac

        Cela m’est difficile d’évaluer si la valeur des stimuli que je délivre sur le blog est supérieure à la valeur de l’énergie que je consomme en les émettant.

        Je n’aime pas laisser mon prochain dans la difficulté, aussi je me propose de vous aider à résoudre cette équation au demeurant extrêmement complexe.

        - Valeur énergétique consommée par jducac pour s’écouter parler sur le blog de Paul Jorion sans jamais tenir compte de la moindre objection ou proposition de convergence tout en prétendant faire le contraire = plusieurs milliers de kWh par an, produits par des gens actifs qui cotisent en plus pour payer jducac qui a pris sa retraite bien tôt alors qu’il souhaite désormais que tout le monde travaille 70h par semaine jusqu’à ce que mort s’en suive.

        - Valeur des « stimuli » émis par jducac = expression ressassée du paléo-libertarianisme = poil à gratter. Par acquis de conscience, souci d’honnêteté et équilibre de traitement, j’ai pris la peine de vérifier la valeur exacte de cette précieuse utilité. Je vous laisse découvrir le résultat ICI.

        Je vous laisse calculer la différence et voir où se trouve le déficit pour pouvoir en tirer les conséquences. Respectueusement et philiatiquement vôtre.

    • Charles A.

      La demande grandissante dont font l’objet les actifs sûrs
      — pour l’essentiel des titres d’État — et leur offre limitée
      pourraient avoir des retombées négatives sur la stabilité financière mondiale,
      d’après les analyses présentées dans la dernière édition du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (FMI).
      http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/survey/so/2012/pol041112af.pdf

  4. Bruno

    Les grecs travaillaient en moyenne 42,3 heures par semaine en 2010 quand en Allemagne on y travaillait 35,7 heures.

    Et les Français, en moyenne 39,3 heures… (de mémoire, source insee)

    • ThomBilabong

      Avec quel taux de productivité ? Huu ?

      • Bruno

        Effectivement, c’est toute la question… C’est ainsi une question de niveau d’investissement, que ce soit dans le matériel ou dans l’éducation.

      • ThomBilabong

        Et de la productivité sur quoi, d’abord ?

        Est-ce que les grecs ont besoin de développer une industrie aussi performante que celle de l’Allemagne ou de la France ?

      • zébu

        @ ThomBilabong :
        De la productivité sur le capital !
        Allemagne, grosss production …

      • vigneron

        Zeb, OCDE, 2005, « Réformes économiques 2005, Note par pays: Grèce »… voir graphique évolution Pib en Ppa 2000 par hab grec par rapport à la référence Us depuis 1960. Quatre périodes : 1960/75, 75/80, 80/95 et 95/2005… après…
        http://www.oecd.org/dataoecd/0/18/34503930.pdf

      • zébu

        @ Vigneron :
        Oui, les stats de la même OCDE que j’ai fourni montrent bien la progression de cette productivité du travail (bien plus que la moyenne européenne) mais pas suffisamment pour arriver au même étiage. Comme le dit l’article de Marianne, la faute non pas aux grecs et à leur travail (moins ‘fainéants’ que les portugais, les polonais par exemple … mais aussi pas très loin des espagnols ou des japonais !) mais à la structuration de l’économie (bien moins d’industrie financière : comparaison par exemple avec le Luxembourg, l’Irlande et les USA, par exemple) mais aussi à des problèmes structurels, lesquels ont fortement à voir avec la fiscalité et la monnaie :
        « La Grèce a incontestablement des problèmes, mais ils n’ont rien à voir avec le travail des Grecs. On peut rapidement, sans prétendre à l’exhaustivité, évoquer :
        Une évasion fiscale des hauts revenus, largement rendue possible par la libéralisation financière dans la zone Euro. On constate d’ailleurs aujourd’hui une baisse des comptes bancaires en Grèce au profit des banques de Chypre…
        La surévaluation de l’Euro a des effets dramatiques sur la Grèce se voit concurrencée dans les activités touristiques par des pays comme la Turquie, la Tunisie ou encore la Jordanie, et qui perd une partie des revenus qu’elle tirait de l’affrètement de la flotte de commerce (revenus en dollars…).
        La politique allemande au sein de la zone Euro a d’ailleurs aggravé cette situation dans le domaine commercial. La balance courante de la Grèce (le déficit commercial) s’est brutalement aggravée depuis 2005 et a atteint en 2007 14% du PIB. »
        A noter : le déficit de la balance courante qui s’aggrave brutalement depuis le gouvernement Karamanlis (2005).

        « La législation grecque sur la protection de l’emploi est une des plus strictes de la zone OCDE, et cela contribue peut-être à la faible mobilité de la main-d’oeuvre et à la persistance de taux de chômage élevés parmi les femmes et les jeunes.
        Mesures prises : La règle qui limitait à 2 pour cent des effectifs par mois les licenciements collectifs dans les moyennes entreprises a été abolie. Les dispositions applicables aux petites entreprises ont été durcies.
        Recommandations : Rapprocher les coûts de licenciements élevés des cadres et des employés de ceux des ouvriers. Veiller à ce que l’emploi à temps partiel ne fasse l’objet d’aucune discrimination. »

        Sûr qu’avec cette ‘mise à niveau’ souhaitée par l’OCDE, la Grèce est devenue ‘championne’ … du chômage !!!

      • Bruno

        Est-ce que les grecs ont besoin de développer une industrie aussi performante que celle de l’Allemagne ou de la France ?

        L’industrie représente 28% du PIB allemand, 14% du PIB français…

        Et je crois 8% du PIB grec, mais n’en suis pas sûr.

      • ThomBilabong

        Vu que la place industrie est déjà prise par les allemands, on ne voit pas très bien à quoi servirait une deuxième Allemagne industrielle !! Avec une seule, on a déjà du mal à écouler la production et il faut un euro bien élargi pour que les autres pays achètent du berlinois, alors avec 2 !!!

      • Bruno

        « Production berlinoise » pour tout le monde, du côté de la zone euro, si cela vous fait plaisir, fort bien :) . Mais on finance comment? ;) Il y a un minimum « à assurer », du côté de l’économie réelle, en contrepartie…

  5. Ardéchoix

    Effectivement ça à l’air de bien fonctionner .

    Le taux de chômage en Grèce a atteint en janvier un nouveau record à 21,8% contre 21,2% en décembre, a annoncé jeudi le service de la statistique Elstat, confirmant que les mesures d’austérité et la crise de la dette continuent de peser sur le marché du travail.
    ATHENES (Reuters)

  6. titi

    Précieux et précis…

  7. Léoned

    J’ai adoré ce ton, disons, « légèrement » ironique !

    Encore un excellent article !

  8. Laurent Tirel

    merci et bravo pour ce billet

  9. toff de aix

    eh ben…un texte, que dis-je un texte, un pavé, un brûlot, que dis-je un ARGUMENT à opposer à tous les partisans du « TINA », et dieu sait qu’il y en a!

  10. Rick

    La métastabilité est la propriété pour un état d’être stable cinétiquement mais pas thermodynamiquement.
    (Une foule immobile peut être constituée d’individus mobiles.)
    Pour que le système puisse atteindre l’état du minimum absolu de l’énergie correspondant à l’état d’équilibre thermodynamique, il faut lui fournir une quantité d’énergie appelée Énergie d’activation.
    ( Une politique d’ajustement tendra à minimiser la mobilité des individus)
    La rétroaction peut avoir un effet variable (la rétroaction est parfois positive, parfois négative) selon les conditions et notamment selon le délai de transmission (paramètre important) et l’inertie du système, ce qui induit des effets très variés (cycle, comportement chaotique, etc.).

  11. ou comment on adapte le prix des ressources et des biens en fonction du pouvoir d’achat des peuples:
    exemple: prix moyen (en $) de l’essence: toronto: 3,28; berlin: 6,42; paris: 6.52; houston: 2,56
    bangkok: 3,04; santiago: 3,76; benos aires:2,32
    autre exemple: en Espagne (Barcelone) la bouteille de gaz de 27kg (13,5kg utile) est à 11€
    en France il faut compter 25€ . la main d’œuvre est surement la cause de ce différentiel vu que tout est automatisé.
    enfin pensez-vous qu’un indien qui gagne 12 000 a 20 000 roupies par mois (180 à 320euros) puisse acheter un PC portable, une automobile ou une télévision si les prix pratiqués étaient ceux de l’occident.

    • Jacques

      C’est la même chose même dans notre pays , prix des produits d’une chaine de supermarchés dont je tairai le nom ,plus cher à Cannes( secteur résidentiel) qu’à Lyon .

  12. DidierF

    Il y a effectivement de quoi être amer. Vous me rappelez la récension d’un livre écrit par un certain Shiller, prof d’économie et coauteur d’un indice immobilier US. Dans ce livre, il est considéré que les financiers vivent une période d’hostilité tout à fait exagérée et que le capitalisme peut apporter beaucoup de bien à l’humanité si on le laisse agir. Vous répondez à cette thèse.

    Je suis horrifié et nous ne voyons que le début des conséquences de ce chaos.

  13. ploucplouc

    Résultat de toute ces politiques ignoble baisse de l’espérance de vie comme sous Elsine en Russie ou l’espérance de vie était tomber à 52 ans. C’est çà l’Europe en plus plus besoin de payer de retraite tout bénef.

  14. Jérémie

    « La Grèce sortira de la récession en 2013 »

    Les pauvres seront mieux traités en 2012,

    Les morts ressusciteront d’entre les morts en 2013,

    Les chiens pareillement mieux nourris dans les chenils,

    Alors beaucoup de libéraux et d’experts se diront tous entre-eux.

     » Vous savez ce pauvre fou qui intervient de temps en temps, et bien lui il n’y croit pas du tout à la si folle reprise des choses avec confiance, tant d’aveuglement, en vérité tout ceci et cela ne dupe plus grand monde, surtout lorsque toutes choses se verrouillent graduellement dans les premières sociétés de notre temps  »

    Le monde en sursis redoute forcément ce moment, comme sans doute tout homme et toute femme de bon sens lucide dans la vie, alors pour la première fois il dit la chose :  » Je vous en prie pas tous les jours j’annonce autre malheur,
    relisez les écritures sans trop tarder pour les petits  »

    Hum le monde ne s’en portera pas réellement mieux en 2013, car la vie dans un tel monde de chiffres et de rentiers, et encore comparable à un homme ou une femme attendant bien gentiment son heure.

    Et puis d’ailleurs si tout le monde devait en finir dans une vue bien plus irréelle, trompeuse et illusoire de
    la chose, comment donc pourraient-ils se permettre longtemps de vous la faire à l’image, et cela même au sein d’une plus grande structure pyramidale sur tout le genre humain sur terre.

    Pour que le monde puisse réellement changer, il faudrait déjà que tout homme et toute femme ne recherche pas plus
    à gravir la si folle échelle sociale de notre monde dans la concurrence, car au final et à l’approche de 2013 que voyons-nous de moins grave dans les premières conduites pseudo-humaines ?

    Je me réjouis quand même un peu, que tout le monde ne tombe pas plus longtemps dans le panneau, il est vrai que cela en devient de plus en plus dur à avaler pour beaucoup. Des chiffres rien que des chiffres, des choses rien que de vaines choses illusoires dans les têtes, je crois surtout que la terre se mettra bien plus à trembler autre part.

    Tout juste seulement quelques autres gouttes d’euphorisant pour les marchés qui …… ?

  15. Clive

    Excellent billet…
    Etant en phase de reconversion professionnelle, le laboratoire grec pourra aussi être utile pour observer les secteurs d’activité et les métiers qui survivent à la récession…
    Histoire de…

    • ploucplouc

      Il n’y a besoin de laboratoire les gens vont crever merci pour eux

      • Tikarol

        pompes funèbres donc ?

      • ploucplouc

        les suicides augmentent en Grèce merci l’Europe.Il faut qu’ils apprennent a ce battre debout.

      • zébu

        @ ploucplouc :
        C’est ce qu’ils font. Ils se suicident même debout.
        Quant à ‘l’Europe’, merci les allemands, les français, les anglais, les suédois, les …
        ‘On’ en a tous profité.
        Y compris jusqu’aux intérêts versés sur les rendements d’ass-vie.

      • vigneron

        Le taux de suicide qui augmente en Grèce ? Oui bon ben faut converger un peu en Europe quoi… au moins sur ça. C’est vrai quoi, z’avaient l’air de quoi avec leur taux de 3 suicides pour 100 000 habitants ? C’est digne d’Haïti des scores pareils. Pourraient au moins essayer de rattraper la France à 16 pour 100 000. On leur demande pas de faire aussi bien que la Finlande à 19 pour 100 000 non plus.
        Allez ! comme les italiens à 5 pour 100 000 et on vous débloque, sans justifications ni paperasses, les 20 milliards de fonds structurels que vous avez pas consommés… dépêchez vous, après 2013 c’est perdu.

      • zébu

        @ Vigneron :
        Koskenkorva … plus près de toi, mon pôle.

  16. Jean-Claude

    «Le programme n’est peut-être pas populaire, mais il n’y a pas d’alternative», a affirmé Jorg Asmussen, l’une des éminences de la BCE…

    http://www.newsring.fr/economie/627-fmi-bce-bruxelles-laide-de-la-troika-est-elle-empoisonnee/8863-les-emissaires-de-la-troika-bouscules-au-parlement-europeen

    • Saule

      «Le programme n’est peut-être pas populaire, mais il n’y a pas d’alternative», a affirmé Jorg Asmussen, l’une des éminences de la BCE…

      L’alternative c’est de rapatrier la richesse nationale de la Grèce planquée dans les paradis fiscaux.
      Et d’envoyer la Troika en orbite .

      Le programme est pire qu’impopulaire, il est criminel. Il tue.

    • G L

      Puisque le médecin a prescrit les bons remèdes – il n’y a pas d’alternative – la Faculté en déduit que si le malade en meurt c’est que le malade n’est pas conforme à ce qu’il devrait être. Que certains voisins s’inquiètent et demande des compte au médecin est peut-être un bon début, d’autant plus que nombreux sont ceux qui devraient se sentir menacés par l’épidémie.

      Chiche qu’on change d’hôpital ?

  17. Jean-Claude

    Des suites à l’affaire Sergueï Aleynikov, en conflit avec ses employeurs chez Goldman Sachs.

    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/04/12/aux-etats-unis-le-vol-de-code-informatique-n-est-pas-un-vol_1684171_651865.html#xtor=RSS-3208

     » M. Aleynikov ne pouvait être condamné pour vol de secret industriel ni pour espionnage industriel, tels qu’ils sont définis par la loi américaine. En effet, note la cour, le vol de propriété industrielle n’est établi que s’il « prive la victime de son utilisation ». « 

    • G L

      “We decline to stretch or update statutory words of plain and ordinary meaning in order to better accommodate the digital age”, the judges wrote.
      (« Nous refusons d’étendre ou de remettre au goût du jour dans le but de mieux les adapter à l’époque du numérique les termes de textes de lois ayant un sens clair et banal » a dit le juge.)

      J’imagine que ce n’est pas le dernier épisode de l’affaire en question mais si ce qu’a dit ce juge devait être à l’origine d’une mise à jour des lois pour qu’elles prennent en compte « the digital age » ça risquerait d’être assez rigolo!

      Ceci dit je doute qu’on puisse emmener une copie des plans de la machine qu’on utilisait dans une entreprise sous le prétexte que l’entreprise peut continuer à utiliser cette machine. D’après l’article de Wired il me semble que ce que le juge conteste c’est que le délit (reconnu par le condamné) corresponde aux lois sur lesquelles s’appuie le jugement précédent (Code Not Physical Property, Court Rules in Goldman Sachs Espionage Case.) L’ex-condamné avait écopé de huit années de prison, ce qui est beaucoup au vu de la nature réelle de son crime qui avait été qualifié d’espionnage…

  18. daniel

    Guide illustré du libéralisme.
    Des faits, des chiffres, du recul pour confirmer les tendances,
    des erreurs rectifiées, de la sauce pour lier le tout. Exemplaire.

    Quand ce sera notre tour, il faut espérer que les prescripteurs
    libéraux ( Bruxelles, FMI, syndicat banquier ) se heurteront
    à une Résistance. Ils ne sont forts que de notre désunion
    et de l’indifférence de ceux qui se croient préservés.
    Comme le dit Raymond Aubrac, l’indignation doit faire tache d’huile.
    Ici, nous savons. C’est inestimable, et certainement une responsabilité.
    J’espère que nous saurons nous unir. Ce qui nous différencie est faible
    face à l’importance de l’enjeu.

    Agir en « contre » , aussi légitime que ce soit, n’est pas suffisant.
    L’ étape suivante est la mise sur pied d’une idéologie de substitution.
    Les buts sont évidents. On pourrait l’appeler Jorionisme.

    • Jérémie

      Agir en « contre » , aussi légitime que ce soit, n’est pas suffisant.L’ étape suivante est la mise sur pied d’une idéologie de substitution. Les buts sont évidents. On pourrait l’appeler Jorionisme.

      Pourquoi les êtres veulent-ils toujours plus de choses lorsque cela fait de plus en plus mal ?

      Je ne suis pas de l’enseignement mondial, ni même de Paul, Pierre ou Jacques, je n’ai qu’un seul livre tout poussièreux dans la vie.

      Ce que j’essaie simplement de dire et à mon modeste niveau, c’est que même les plus nobles constructions sociales des uns et des autres n’y changeront peut-être strictement rien surtout dans un tel monde bien pipé. Si ça se trouve à l’autre bout du globe, les gens ne savent même pas que j’existe. Nous vivons bien en réalité dans l’une des époques les plus tragiques de l’histoire humaine. Vous croyez vraiment qu’une idéologie de substitution pourra mieux éviter le dérèglement climatique à temps surtout au regard du tout machinal terrestre. Je vous le redis nous ne sommes pas que de vulgaires machines biologiques, organiques, nous sommes bien plus que cela à mon avis.

      En réalité deux sortes de citoyens existent dans le monde, les premiers et les derniers selon les premières écritures un peu moins malsaines que les premiers écrits marchands de la terre, oui il y a bien les plus estampillés, et puis tous ceux et toutes celles qui en reviennent bien déjà dans leur vie, et cela quelque soit les premières croyances visibles ou pas des uns et des autres.

      Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi une autre idéologie de substitution n’a jamais vraiment pu nous éviter de voir graduellement la chose se faire ? Avons-nous vraiment besoin d’autres idôles libérales et socialistes, alors que le tout commerce des choses sur terre, n’a jamais peut-être rendu l’homme aussi ceci et cela.

      Voulez-vous pour moi aussi, que Paul devienne ma première idôle. Je crois surtout que le plus préférable serait de prévenir davantage les petites gens de sortir au plus tôt de la très grand tour infernale, ce qu’apparemment ne semble pas mieux piger tous ceux et toutes celles qui gagnent encore très bien leur vie dans les premières hauteurs pyramidales de ce monde en sursis.

      Je vous le répète le pire matériel est à venir, alors à quoi servira-t-il aux êtres de lutter davantage contre des moulins à vent. Bien évidemment la toute petite voix de Jérémie est inacceptable à entendre pour la plupart de mes contemporains, et qui bien sur ne voudront jamais accepter l’impensable, ça je peux bien le comprendre. Pour ça que la plupart ne comprennent plus grand chose à la chose, quelles seront les autres calamités ?

      Ne vous êtes-vous jamais demandé, pourquoi les premiers dirigeants commerciaux du monde éprouvent de plus en plus la crainte d’employer des gens à risque ou moins en mesure de mieux faire fonctionner  » Ad vitam æternam  » et plus infernalement le tout commerce mondial ? Ne serait-il pas plutôt préférable de vivre au mieux le restant de nos
      jours et cela les uns envers les autres, oui leurs buts premiers sont principalement évidents.

      Et pourquoi pas le Jérémisme pendant qu’on y est, oh comme tout m’attriste dans la matrice, en plus il n’y a pas beaucoup de femelles et de veuves fortunées sur le blog. Alors pourquoi pas plutôt vivre au jour le jour comme hippie n’ayant pas du tout les cheveux longs.

  19. Rick

    Bande de looser! Arrêtez de pigner et entrainez-vous à la spéculation grâce à KRABOTT !
    http://www.krabott.com

  20. Au sud de nulle part

    Merci Zébu pour pour la démonstration et pour toutes ces munitions aussi précises que précieuses. Je bookmarke et je ressors aussi souvent que nécessaire car la pensée unique libérale a encore de beaux restes. A ce sujet, permettez vous de reprendre in extenso des extraits de votre billet car pourquoi changer les termes des arguments dès lors qu’ils sont déjà parfaitement formulés?

  21. Rick

    Serions nous mis devant le choix entre l’aliénation au marché et la guerre pour réguler d’une autre manière ?

  22. [...] partage ce post très intéressant de Zébu sur le blog de Paul Jorion, que je vous conseille vivement si vous ne le connaissez [...]

  23. Dr Georges Clownet

    Prophétie auto-réalisatrice au niveau microscopique puisque blog un jour, blog toujours.

    Vous prenez des lettres, comme, P J V Z voir X et Y puis vous agitez. Plus vous agitez, plus ça prend du volume et en fait plus ça baisse. Un simple regard régulier donne la tendance, qui fait du surplace. Puis, depuis peu un cavalier blanc arrive in extremis et remet les compteurs à zéro. Mais combien de temps, le manège tournera. On ne sait pas. Et comme les cordonniers sont les plus mal chaussés, ils comprennent trop tard. Moralité, on ne choisit pas sa famille, ni ses amis, mais on devrait.

    A bientôt.

  24. Merci pour ce billet ! Je partage les résultats de l’ »expérience grecque » chez okeanews (l’actualité de la Grèce depuis Athènes, en français) et cela fait du bien de voir encore des espaces ou les mythes du grec fraudeur, tricheur, glandeur sont remis en cause.

    Aujourd’hui, un ami me raconte qu’il n’est pas payé depuis 6 mois, mais il … continue à aller bosser pour ne pas perdre ce contrat qu’il est si difficile de retrouver ensuite. Une amie, elle, a décidé de quitter son travail de 40h/semaine payé 445€/mois : elle dépense trop dans les transports et la nourriture sur son lieu de travail pour que cela reste rentable. Baissé à 560€ en novembre dernier, elle est loin des 760€ de fin octobre. La décision a été difficile, mais elle a finalement pris le risque. Elle rejoindra la file des demandeurs d’emploi à 359€/mois (pdt un an).

    Ces exemples sont le résultat d’une expérience qui, espérons le, pourrait prendre un tournant le 6 mai prochain, date des prochaines élections (retardées et pas anticipées comme on le lit partout, elles auraient du se tenir fin février), les 2 grandes familles (au sens propre comme au sens figuré) pourraient être dans l’incapacité de gouverner. D’autant que la jeunesse grecque va sans doute, pendant ces fêtes de pâques, profiter des réunion familiales pour mettre la pression sur leurs parents et grands parents pour qu’ils ne votent pas pour le PASOK ni ND.

    Je me suis permis d’ajouter ce billet d’utilité publique en intégralité chez okeanews ici. Si cela pose un pb, merci de me le faire savoir !

    • zébu

      Au contraire, merci !! (pour l’intégration et votre blog : un des blogs francophones de références sur l’information concernant la crise en Grèce, avec celui de Panagiotis Grigoriou)

  25. fnur

    A vrai dire, je ne vois pas en quoi c’est une politique libérale qui a été menée. Les libéraux souvent se méfient de la dette comme de la peste et gèrent leurs comptes avec méfiance. Il s’agit plutôt d’une politique n’importequoitiste où enjeux électoralistes, incompétence, connivences et graissages de patte ont donné ce résultat. Juste de la malhonnêteté et de la stupidité qui savent s’infiltrer dans tous les milieux, dans toutes les idéologies, dans toutes les religions, dans toutes les sciences, les métiers… J’en ai vu des de gauche qui était largement dans ce spectre et de droite non, et lycée de Versailles.

    • zébu

      @ fnur :
      je suis surpris : « Les libéraux souvent se méfient de la dette comme de la peste et gèrent leurs comptes avec méfiance »
      A ce titre là, c’est exactement l’inverse qui s’est produit en Grèce, avec le gouvernement Karamanlis. Malhonnêteté, stupidité, incompétence, connivences, graissages, certes, des deux bords, mais ceci n’a rien à voir avec une ‘politique’ mais bien plutôt des pratiques.
      Or, dans les faits, c’est bien une ‘politique’ qui a été conduite, de concert certes avec la prévarication, qui a conduit ce pays là il en est, avec une idéologie très particulière.

      • fnur

        Eh bien ça prouve que les gestionnaires de la Grèce n’étaient pas des libéraux, avec la rigueur que ça implique, juste des mafieux corporatistes politicards à courte vue et opportunistes.

        Le constat est généralisable à une bonne partie des autres pays.

        On voit ça dans bon nombre de mairies de France ou de syndicats vérolés, sans compter la justice infiltrée de lobbyistes. Faut arrêter avec la gauche, les purs, la droite, les fachos, ou l’inverse, les staliniens.

        Ras le fion de ces catégorisations factices qui puent l’ignorance des faits du terrain. Allez vous infiltrer dans des municipalités et vous verrez que de droite ou de gauche, ce sont toujours des salam malekoum opportunistes, quelque soit l’étiquette, pauvres ou riches.

      • zébu

        @ fnur :
        « ça prouve que les gestionnaires de la Grèce n’étaient pas des libéraux, avec la rigueur que ça implique » : tu délires, là, j’espère … ?
        Va demander aux grecs si le gouvernement Karamanlis n’était un gouvernement libéral.
        Demandes-toi aussi si le gouvernement Ballamou n’en n’était pas un, lui non plus, ou si celui-ci n’en n’est pas un …
        Le discours libéral est justement celui de faire croire aux citoyens qu’il ‘gère’ mieux les finances que la gauche. Or, les faits prouvent non seulement qu’ils ne les gèrent pas mieux mais pire encore !
        La recette libérale : réduction des ‘dépenses’ mais surtout … des recettes fiscales !! (et on sait bien où cette perte de recettes va).

      • Rosebud1871

        @fnur 12 avril 2012 à 23:59
        Alikoum salam ; dans votre éthique quête dutouspouripareil, vous avez bien raison : qu’ils s’en aillent tous.

      • yOoN

        Mais t’as le droit d’être de droite. On est bien d’accord qu’il s’agit de pratiques et d’intérêts et de rapports de force à l’œuvre. La question au fond est : malgré ce qui semble nous faire diverger dans les termes droite/gauche, tu ne défends pas en fait une certaine façon de remettre le quidam, l’homme de la rue, l’humain comme sujet de l’économie (politique) ?
        La droite vie une crise idéologique que la gauche a vécue, enfin c’est comparable je dirais et surtout elle s’est cru plus maline et a fini par abandonner toutes ses valeurs (pour faire simple).
        Mais les termes du débat sont fallacieux, l’enjeu en ce moment est plus de faire en sorte qu’on puisse encore à l’avenir continuer à « s’écharper » politiquement en tant que citoyens avec toujours comme horizon commun l’intérêt général dans le cadre de nos valeurs.
        Il faut bien comprendre que le libéralisme consiste en une perte de souveraineté de l’État et donc du peuple qu’il est sensé représenter et défendre les intérêts.

        EDIT : juste pour ton information c’est As-salâm ‘aleïkoum qu’on dit, et ça veut dire « que la paix soit sur toi » en gros. Je ne suis pas sur que cela traduise ce que tu voulais dire, bien loin du summum d’ignominie que tu tentais de signifier. Juste une petite anecdote : un épicier près de chez moi est un vieil arabe qui passe son temps devant le foot à la tv. Et en discutant avec lui j’ai appris qu’il était égyptien et docteur (8 ans d’étude), qu’il a dû il y a bien des années quitter son pays et sa famille sous la menace d’emprisonnement que son refus de se taire concernant les conditions de travail que lui instaurait les politiques ne lui permettant pas de faire son travail lui promettaient, c’est même plus concret il a cherché à agir et rassembler et il a dû fuir ! Mais encore ce parcours est fréquent car malgré tout et malgré nous la France véhicule encore à travers le monde ce trésor plus précieux que toutes les mines d’uranium et d’or réunis, une idée universelle, une pensée, un territoire promis à tous les opprimés de ce monde. Moi je me sens sens français parce que je me sens responsable de la transmission de ces idées mais passons. Mais la morale n’a rien d’heureux, il n’a jamais trouver de poste de médecin, ses enfants ne veulent plus le voir, s’il a ouvert cette épicerie c’est contraint. Les flics lui pourrissent la vie et en écoutant cet homme je crois avoir bien plus compris ce qu’était la France d’aujourd’hui.
        Ben sur le type de gauche que je suis te fais la morale mais pas du tout au niveau où tu veux la réduire. La Morale ce n’est pas que les Lumières c’est aussi les Moralistes français que Nietzsche aura idolâtré. C’est l’exigence à son propre égard.

      • Moi

        @fnur: « Eh bien ça prouve que les gestionnaires de la Grèce n’étaient pas des libéraux, avec la rigueur que ça implique »

        Ni plus ni moins que Staline ou Brejnev n’étaient communistes, avec l’amour du peuple que ça implique. Faudra-t-il bientôt commencer à parler de « libéralisme réel » pour bien le distinguer du libéralisme parfait qui n’existe que dans les cerveaux des libéraux?

      • fnur

        zébu

        Ils se disaient peut être libéraux, mais ils étaient avant tout incompétents, tout comme Sarko, tout comme probablement le sera Méluche que j’aimerais bien voir à la tête de l’état, juste pour rigoler 5 ans. Staline se disait communiste, l’était il ?

        Que vous agitiez un drapeau, blanc ou rouge, n’a aucun intérêt, sauf pour agiter les foules. Les élections passées, le petit jeu des intérêts de couloir reprennent.

        Gauche ou droite, en France ou en Grèce, la dette n’a cessé de croitre, donc rien de libéral dans tout ça, juste des petits fanions colorés qui s’agitent au vent.

        Berruyer met l’accent sur ce problème de dette, il est de gauche ou de droite ?

        Le banquier qui ne vous accorde pas un prêt immobilier au delà d’un certain montant, car vos revenus sont insuffisants, il est de gauche ou de droite ? Un mauvais gestionnaire est un mauvais gestionnaire, peu importe son étiquette de vitrine et sa couleur. La prévarication n’a pas de couleur.

        YOon

        Ben je vais dans des pays arabes, et phonétiquement, ils me disent salam malekoum, et je leur réponds malekoum salam, et çà fonctionne.

        « il n’a jamais trouver de poste de médecin », ah ouais, et pourquoi ? A cause du libéralisme ?

        Pourquoi des médecins des pays de l’est, j’en ai rencontré, ou du Maghreb travaillent en France, mais bien moins payés que leurs collègues français, si universalistes ? La faute aux libéraux ?

        Vous croyez que les députés de gauche crachent sur leurs indemnités et revenus. En Grèce, les même de gauche, vous avez vu leur train de vie ? Pendant qu’une partie croissante de la population fait les poubelles.

        Hitler était de droite ou de gauche ? Libéral ? Alors qu’il a réquisitionné les fortunes des juifs qui en avaient. Les membres du PC soviétique ou chinois actuel, drapeau rouge, prévarication à tous les étages, ils sont libéraux ?

        Quant à Nietzsche, c’est plutôt par delà de la morale, et chacun de droite ou de gauche se revendique de ses quelques talents lyriques, et que ça ne va d’ailleurs pas beaucoup plus loin. A se demander si Nietzsche n’est pas passé à côté d’une carrière de musicien.

        « Mais t’as le droit d’être de droite. » Ou il a vu ça ? En 2007 j’ai voté Sego en me bouchant le nez, pour éviter Sarko qui n’est ni de droite, ni de gauche, mais du parti de ses potes, tout comme bon nombre de la gôche, et en dernier ressort de son propre parti, si jamais la justice en creusant les archives découvrait des trucs pas clairs, sait on jamais… Son prédécesseur est un précédent.

        Sego présidente, aurait été amusant aussi. Elle a d’ailleurs, elle aussi eu quelques anicroches avec les prudhommes, travailleurs, travailleuses… : http://www.rue89.com/2008/05/21/les-dessous-du-proces-de-segolene-royal

      • fnur

        Au fait, une question à 2 balles, quel est le gouvernement qui a le plus privatisé ces dernières années, de gauche ou de droite ?

      • zébu

        @ fnur :
        mais la question n’est pas là !!! la question est celle des politiques appliquées !
        ‘gôche’ ou ‘droite’, sachant qu’à droite c’est encore pire question et gestion et prévarication.
        Où ai-je parlé de gauche/droite ?

      • fnur

        « sachant qu’à droite c’est encore pire question et gestion et prévarication. »

        C’est l’un des charmes de la France, on a l’une des droites les plus c… du monde, surtout ces derniers temps, le tout assorti parfois du joli blabla Guaino. Cependant de Gaulle était de droite et quand même pas si mauvais.

        Il y a des pays ou la droite n’est pas si mauvaise gestionnaire.

        Quant au libéralisme, il y en différentes sortes, comme le christianisme, l’islam ou le bouddhisme.

        Quand quelqu’un préconise d’en finir avec le monopole des taxis parisiens, c’est libéral et nécessaire.

        JF Kahn a pas mal écrit sur les diverses forme de libéralisme, dont « l’ultra libéralisme » actuel est une contrefaçon.

  26. G L

    Dès les XVIIème et XVIIIème siècles il a déjà été procédé à une série d’expériences édifiantes sur les pauvres anglais !

    « Fainéants, fraudeurs, dépensiers (à crédit), mais aussi menteurs et même ingrats » (sans parler de leur penchant pour la boisson et d’autres perversions que vous devinerez sans que je les explicite) ils l’étaient en effet eux aussi, ces pauvres anglais pour l’amélioration du sort desquels de multiples tentatives ont du être faites avant de trouver finalement la solution que nous connaissons tous. Ces expériences en vraie grandeur sont connues sous les noms de enclosure, poor laws, Speenhamland et j’en passe car ça c’est étalé sur une période longue et très agitée.
    Note: comme les classes moyennes étaient peu nombreuses il me semblerait plus exact de parler de « non-riches » que de « pauvres ». En effet « pauvreté » suggère à notre époque une situation anormale (même quand elle n’est pas exceptionnelle) alors que l’état de pauvreté me semble bien avoir été le sort de la majorité des anglais de l’époque concernée…

    Si ce qu’on vous a enseigné sur l’histoire de l’Angleterre de cette époque se résume aux expressions enclosures et poor law, ce qui était mon cas, je peux vous assurer que la lecture de La grande transformation de Karl Polanyi – qui décrit entre autres quelles sont les expériences concrètes qui ont servi de justifications aux théoriciens du marché et de la libre concurrence – vous paraîtra jeter une lumière aussi perçante que riche d’enseignements sur cette sombre histoire, un période que les théoriciens du néo-libéralisme ont tout intérêt à laisser dans l’ombre et que les marxistes semble avoir interprété un peu trop schématiquement.

    • yOoN

      Merci !
      En même temps combien de marxistes ont lu Marx ? Et combien de libéraux ?
      Et encore ouvrir un livre soit, le lire ok, mais y instaurer un rapport critique et d’appropriation…
      Si nous pouvions nous définir comme aminimés par l’irreductible volonté de savoir ça se verrait, la volonté de puissance n’a nullement besoin de vérité ou de savoir, ni d’ailleurs de justice d’égalité ou toutes ces idées qui reviennent à admettre qu’être humain n’est nullement naturel mais relève d’un apprentissage et d’un combat quotidien contre soi-même.

  27. Bonjour à Zebu et à tous les amis et contributeurs du blog de Paul Jorion,

    C’est ainsi, et merci pour votre billet. Après un court séjour à Paris, me voilà depuis hier de nouveau dans le bocal du laboratoire, autrement dit, en Grèce… en zone occupée. Je voudrais juste préciser que cette expérience qui se déroule sur nous ici, ayant – comme vous analyser fort justement – pour objectif de permettre d’évaluer les conditions de réplicabilité de la suppression de la croissance dans les pays dits ‘avancés’, est en train de « réussir », pour l’instant en tout cas. Par contre, la suite peut ne pas s’avérer aussi prévisible. Je voudrais juste souligner un seul aspect : une facette de « l’expérience » consiste à nous accabler par des mesures dites d’austérité (en réalité il s’agit d’une mise à mort des nos univers réels et symboliques), à un point inimaginable. Justement c’est « l’inimaginable » qui tétanise l’action, et empêche une réflexion plus créative, donc plus efficace également dans la lutte et l’invention du sens et par conséquent du nouveau réel.

    Des mesures accablantes, souvent contradictoires déferlent au quotidien à un tel point, que pour beaucoup de gens, le simple « traitement » de cette « information » devient impossible. Ainsi certains se détournent des médias, et ceci, pas seulement en réaction à la pensée parfois trop unique et contrôlée qu’ils véhiculent. Et lorsque ce choc ne suffit pas, il y également la répression et « l’infiltration de la peur » à tous les niveaux. Évidemment, l’avènement de ces « arts appliqués » de la bancocratie n’est pas une construction si « solide » et ainsi, elle doit reposer sur certains leviers qui peuvent rappeler une systématisation totalitaire, pour ne pas dire par un univers concentrationnaire à l’échelle d’un pays, comportant en somme les germes de son autodestruction, ce que les laborantins savent aussi très bien.

    Sur Athènes il fait beau ce vendredi-saint pour les orthodoxes, il y en a, qui ont quitté la ville pour rejoindre leurs familles à la campagne, car Pâques est une grande fête et ces moments festifs, instaurant une certaine coupure sont plus précieux que jamais. Les départs sont bien moins nombreux « qu’avant », comme tout était différent « avant », selon une expression très en vogue chez nous. Entre temps, les citadins vont bénéficier du potager familial, se projeter un certain « retour à la terre qui ne ment pas », autre petite chimère sous les Cariatides et autres jeunes filles de la « grande crise ». C’est enfin assez drôle, en prenant hier notre version méta-balkanique du RER athénien sur une portion parallèle à la rocade autoroutière depuis l’aéroport, j’ai remarqué que les voitures roulent beaucoup moins vite que le train, désormais. Voir tous ces… concitoyens dans leurs autos, parfois grosses cylindrées fabriquées chez Madame Merkel, rouler comme du temps des 2CV, c’est très drôle en tout cas.

    Mais ce n’est pas, je crois un phénomène issu de la parousie soudaine de la décroissance, mais de la « restructuration ». Comme en plus je viens de lire dans les colonnes du « Monde » que l’Inde veut faire construire 20 kilomètres d’autoroute par jour sur cinq ans, je comprends alors mieux.

    Encore bravo pour votre billet

    nouvelles de la « zone occupée » – Athènes… vendredi 13 !
    greekcrisisnow.blogspot.com

    • zébu

      Merci. Je réagis juste à une partie de votre commentaire : « Évidemment, l’avènement de ces « arts appliqués » de la bancocratie n’est pas une construction si « solide » et ainsi, elle doit reposer sur certains leviers qui peuvent rappeler une systématisation totalitaire, pour ne pas dire par un univers concentrationnaire à l’échelle d’un pays, comportant en somme les germes de son autodestruction, ce que les laborantins savent aussi très bien. »
      Ce refermement, renfermement sur soit est un des aspects qui m’inquiète le plus et qu’à mon sens, il faut traiter en premier avant toute chose.
      Cela suinte dans les reportages d’étienne dans les chroniques d’un hiver européen et dans d’autres. D’abord, ce renfermement des individus. Puis, de la nation sur elle-même. Puis, des autres sur eux-mêmes (finalisation du processus). Nous ne pouvons plus communiquer : avec nous-mêmes, entre nous, avec les autres.
      C’est cette ‘rupture de communication’ qui permet l’aspect totalitaire de la chose, un univers dont on fait immédiatement sentir que vous ne pouvez pas sortir, sauf si vous en avez les moyens (financiers) ou pour partir définitivement (fuir).
      C’est comme un mur de Berlin.

      • Vous avez raison, je pense néanmoins, que cet enfermement n’est pas encore « total », car il se heurte aussi à d’autres processus sociétaux qui lui sont contradictoires. « Attendons pour voir » comme on dit parfois en Grèce, mais l’attentisme n’est pas la meilleur manière d’action en politique et pas seulement. La « tectonique des plaques à travers la société » grecque demeure mouvante, celle des « marchés » également. Soyons courageux !

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