« Le capitalisme n’est pas parfait » déclare Angelo Mozilo

J’ai débattu ces jours derniers de deux thèmes : le retour de Fannie Mae et Freddie Mac à la une de l’actualité (Où l’on reparle de Fannie Mae et Freddie Mac) et Ce que révèlent les situations anormales, à savoir les vraies règles du jeu qui apparaissent alors en surface. On retrouve ces deux thèmes traités aujourd’hui ensemble à la une du Wall Street Journal. Le sous–titre de l’article est une citation d’Angelo Mozilo, le patron de Countrywide, le numéro 1 du prêt au logement américain : « Le capitalisme n’est pas parfait ». L’article de James Hagerty débute ainsi : « Depuis la Grande Crise, le secteur du prêt au logement américain a toujours inclus une bonne dose de socialisme. C’est une chose qu’on a parfois perdu de vue dans la frénésie du boom immobilier récent, à l’époque où Wall Street procurait encore avec enthousiasme les capitaux à prêter. Maintenant que la partie est jouée, le rôle du gouvernement est à nouveau en pleine expansion ». Et Hagerty ajoute : « En dépit de la confiance américaine dans la loi du marché, les politiciens agissent depuis toujours comme si l’immobilier résidentiel était trop important pour qu’on le laisse exposé au plein souffle des forces du marché ».

La Federal Reserve Bank garantit le crédit des banques commerciales américaines. Les douze Federal Home Loan Bank (FHLB) régionales, créées en 1932, jouent le même rôle pour les Caisses d’Épargne. Elles bénéficient elles aussi de la garantie « AAA » du gouvernement des États–Unis. Les FHLB sont des coopératives et les caisses d’épargne membres obtiennent d’elles du financement en échange de la mise en garantie de divers instruments de dette en leur possession, typiquement des prêts au logement titrisés en Residential Mortgage–Backed Securities (RMBS).

En août de cette année Countrywide a doublé la somme qu’elle emprunte à la FHLB d’Atlanta, le montant total de sa dette vis-à-vis d’elle se montant désormais à 51 milliards de dollars. Washington Mutual, la principale Caisse d’Épargne américaine, a de son côté emprunté 31 milliards de dollars aux FHLB. Le total des sommes empruntées aux FHLB en août et septembre s’est monté à 163 milliards de dollars. Pour pouvoir prêter ces sommes, les FHLB ont dû elle–mêmes emprunter davantage sur le marché des capitaux, leur dette croissant de 21 % en deux mois. Leur dette totale se monte maintenant à 1,15 mille milliards de dollars. La plupart des titres qu’elles ont émis pour se procurer ces sommes viennent à échéance en 2009. Si l’argent prêté aux Countrywide, Washington Mutual et aux autres n’est pas rentré dans les caisses à cette date, l’ardoise sera passée à Oncle Sam – qui la présentera bien entendu à son tour aux contribuables américains.

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