Le comploteur comme Moi-Idéal

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’étais en train de travailler à un article qui paraîtra lundi à Paris (édition de mardi) dans Le Monde – Economie, intitulé « Fannie Mae et Freddie Mac entre faillite et nationalisation » et je me demandais (comme j’avais déjà commencé à le faire dans Mr. Paulson joue au chat et à la souris), quel est le plan de bataille du Ministre des Finances américain ? Est-ce qu’il entend intervenir psychologiquement à la veille du 30 septembre (date fatidique pour le renouvellement de la dette de Fannie Mae et Freddie Mac) ? A-t-il décidé au contraire de laisser pourrir la situation ? Etc.

L’édition d’aujourd’hui du Wall Street Journal rapporte un certain nombre de réunions auxquelles Mr. Paulson a participé au cours des récents mois. D’où il appert qu’essentiellement, Mr. Paulson tourne en rond.

Et cela m’a ramené à ce débat qui vous a passionné un moment et où je participe aussi en traînant la patte, l’ayant inauguré à contre-cœur avec Complots et thèse du complot et ayant ensuite dans Pourquoi les financiers qui complotent m’indiffèrent posé la question : pourquoi voulez-vous que soient plus efficaces dans leurs actes, les P-DG de Countrywide, Bear Stearns, IndyMac, Fannie Mae et Freddie Mac, quand ils se réunissent secrètement la nuit que quand ils mènent leur barque dans la journée ?

Et je crois que la réponse se trouve dans ma propre attitude : dans cette conviction que j’avais que Mr. Paulson dispose d’un plan et qu’il le conduit avec détermination alors que ceux qui l’observent de près le voient essentiellement se gratter la tête.

Ai-je moi-même un plan que je conduis avec détermination ? Oui, parfois, pour dix minutes, quand je me réveille à trois heures du matin.

La politique de Mr. Paulson, c’est l’attentisme. Et l’attentisme, ce n’est bien entendu pas une stratégie : c’est laisser tout bonnement le monde décider à votre place. Si ça finit par aller dans la bonne direction – parce que les événements finissent toujours par prendre une forme ou une autre – il sera toujours temps de dire que c’est parce qu’on l’avait voulu ainsi.

Je me souviens avoir un jour vu Mitterand à la télé dire quelque chose du genre (je cite de mémoire) : « On considère toujours que mes décisions furent préméditées, ce qui est rarement le cas. Ce doit être quelque chose dans mon sourire ».

Ce comploteur, sûr de lui, qui planifie tous ses mouvements, qui agit au moment décisif et parvient toujours à ses fins, j’ai aujourd’hui un soupçon : c’est l’envers de nous-même. Mieux : c’est la figure que nous aimerions être, ce qu’en psychanalyse on appelle le Moi-Idéal.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

85 réflexions sur « Le comploteur comme Moi-Idéal »

  1. Relisez-vous posément : selon vous je n’admettrais pas que l’homme ait « une partie sombre constitutive de sa condition. »

  2. « Pour offrir sa faiblesse il faut être très fort » ça me paraît très clair, à l’inverse « ce rapport tensionnel qui produit l’image, c’est à dire l’égo, a besoin d’une surface pour se produire » me paraît plus abscons. Si vous n’aviez l’air aussi sincère je dirais même inutilement, volontairement abscons. Je suppose plutôt qu’en écrivant ainsi vous cherchez plus à vous adresser à l’inconscient du lecteur qu’à sa raison.

    Pour ma part, rétrograde sans doute, je tends à disjoindre le domaine d’usage de la poésie et celui de l’argumentaire raisonné, tant la première s’entend, ainsi dévoyée, à faire passer des vessies pour des lanternes. De surcroît et depuis Sokal et Bricmont notamment, ne pas comprendre une certaine classe de penseurs modernes ne me traumatise guère.

  3. @ yogi… Vous persistez (c’est votre droit le plus légitime) et redites « Selon moi cet égoïsme est une donnée fondamentale, intrinsèque à la vie, et c’est bien justement parce que le capitalisme est le système qui exploite le mieux cette donnée fondamentale, qu’il s’est imposé à ce jour dans la “lutte” que se livrent entre eux les différents systèmes d’organisation des sociétés humaines. Le triomphe du capitalisme “prouve” en quelque sorte l’efficacité de l’égoïsme comme moteur des groupes humains.

    Je vous répondrai que je ne pense pas que les philosophes moralistes (= économistes) étaient machiavéliques. Ils étaient seulement très pessimistes et très ignorants. Mais on ne peut guère le leur reprocher : ils vivaient dans des siècles horribles ou les guerres succédaient aux guerres et où l’anthropologie n’avait pas encore œuvré. Savez-vous que certains croyaient (je caricature un peu mais pas trop…) que les hommes primitifs vivaient seuls, dans leur grotte et que leurs seules relations étaient de guerre avec leur voisins de caverne et de coït bestial avec les femelles.

    Les acquis de l’anthropologie « scientifique » ont démontré que les relations des primitifs entre eux étaient à la fois plus douces et plus complexes. Et ce n’est pas un hasard que ceux qui ont remis en cause les dogmes de l’économisme (que vous relayez, consciemment ou pas) étaient des férus d’anthropologie comme Mauss ou Polanyi (on parle aussi de ces penseurs dans les références que j’ai données). Mais n’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : même dans les civilisations dominées par le don (et le contre-don), l’égoïsme humain est bien présent. Mais il n’est pas sacralisé comme la donnée sur laquelle est bâti le système anthropologique. Si l’égoïsme humain était si dominant, comment expliquez-vous que le capitalisme n’existe que depuis un ou deux siècles dans nos contrées (et s’emploie aujourd’hui a se généraliser mondialement mais pas sans résistance…)

    J’ai pas les références ici mais lisez les pages de Paul sur les relations entre pêcheurs un peu partout dans le monde et vous verrez qu’on peut concevoir des relations humaines avec égoïsme bien compris (chacun sa survie, évidemment) mais combiné avec d’autres sentiments tout aussi humains (solidarité, compassion, fraternité, etc.)

    Ce « côté sombre » dont vous parlez dans vos dialogues avec Catherine existe bien en chacun de nous mais il n’est qu’un des côtés de notre personnalité. Cela vous rassurerait-il de croire que c’est dominant chez tous les humains ? Ce côté est dominant quand on le cultive. Et c’est ce que fait le système capitaliste en vous assurant que vous n’êtes qu’un « homo oeconomicus » égoïste, que c’est normal et même très recommandé. C’est ce que Catherine appelle « socio-culture » et qui nous façonne tous. On peut s’extraire de ce conditionnement mais cela implique de se mettre en marge des valeurs dominantes de notre société (n’est-ce pas Catherine) et c’est souvent fort inconfortable.
    Merci à tous de nous permettre de confronter nos visions fort variées, sans agressivité et dans l’écoute (ou plutôt la lecture) réciproque…

  4. @Alain A : Pour ma part je ne sais pas juger des conditions nécessaires à l’apparition du capitalisme, ni évaluer si celle-ci est effectivement « tardive » dans l’histoire des civilisations.

    Mais permettez-moi d’apporter un bémol à votre appréciation des « sentiments humains » en soulignant que les modélisations de R. Axelrod ont montré qu’un égoïsme bien compris doit nécessairement inclure une part de coopération, car celle-ci statistiquement maximise le gain individuel de l’agent concerné.

    Car enfin, peut-être allez-vous y voir une ultime preuve de mon imprégnation par la doxa économiste, mais aussi regrettable que cela puisse paraître, il me semble bien relever de la pure tautologie, et non d’un dogme, qu’un individu qui pense à sa survie propre avant de penser à celle d’autrui a plus de chances de survivre. Ergo …

  5. @ Whynot 8 septembre 2008 à 22:11

    Je crois qu’il est difficile d’être objectif dans ce débat, car les bases scientifiques qui permettraient de porter un jugement n’existent pas, ce qui est bien sur tout à fait regrettable, et résulte directement de la priorité donnée au « marchand immédiat » par rapport au moyen et au long terme. Personne ne sait vraiment quel est l’impact de l’introduction de matériel génétique nouveau dans un écosystème, alors que ce serait à l’évidence l’indiscutable question préalable à tout débat objectif. L’étude est d’autant plus complexe que l’on ne sait même pas mesurer les conséquences de l’introduction d’organismes supérieurs (insectes, animaux, plantes…) dans un écosystème comme le montrent les réactions de panique à chaque fois que le kudzu d’ici, l’abeille de ci ou le doryphore de la débarquent sans prévenir dans une région au hasard des transports de biens ou de personnes.

    Faute de bases scientifiques, on est donc totalement dans le domaine de l’émotionnel et du passionnel. Il suffit de taper « Monsanto OGM » sur Google pour voir que les anti-Monsanto sont nettement plus actifs que Monsanto lui même. Pour l’anecdote, Monsanto n’a inventé ni les PCB, ni l’agent orange, il a gagné beaucoup d’argent avec, comme bien d’autres, dont Dow pour l’agent orange, et, paradoxalement, comme Greenpeace et ses confrères le font aujourd’hui avec la seule excuse que c’est avec des motivations plus vertueuses.

    Une chose est certaine, la stratégie de Monsanto est criticable : ils ne produisent effectivement des OGM végétaux que pour vendre plus de leurs produits chimiques, et en aucun cas pour améliorer le « sort du pauvre monde ». Mais peut-on le leur reprocher ? Ils font leur travail de capitalistes, et rien, sinon leur invraisemblable irresponsabilité politique, n’empêcherait les Etats de financer des recherches pour mettre au point des semences ayant des caractéristiques comparables, – mais sans obliger à acheter du Roundup -, puis à donner des licences gratuites à tous les semenciers qui souhaiteraient multiplier ces semences.

    Techniquement, le débat est un peu plus compliqué. Un exemple : je me souviens qu’il y a 20 ans on s’inquiétait du fait que l’on mettait des marqueurs sur les gènes que l’on insérait parce que l’on ne savait pas les insérer de façon précise ou l’on voulait, comme on voulait : le gène dit « désirable » était couplé avec un gène codant pour la résistance à un antibiotique. On insérait le tout dans l’ADN cellulaire avec des techniques rudimentaires (en gros au tirait à la chevrotine sur les cellules, et advienne que pourra…). Les cellules étaient ensuite cultivées dans un milieu contenant l’antibiotique dont on avait couplé la résistance au gène. Le tri etait simple : seules les plantes qui avaient le paquet « gène désirable plus gène de résistance à l’antibiotique » se développaient. « Et voila », comme on dit à Los Angeles…. Le problème c’est, entre autres, que ces plantes résistent aux antibiotiques et peuvent transmettre ce gène une fois dans le milieu naturel. On a appris à travailler plus proprement depuis, mais il est vrai que cette pratique a été un facteur aggravant de risque pendant longtemps. Toutefois, quand on sait que l’on commence à avoir une idée sur la façon de « construire » de l’ADN à partir de soupes d’acides aminés élémentaires, on a tout lieu de penser qu’il s’agit d’un problème de recherche, et donc de moyens, pas de principe.

    Le problème de l’hormone rBGH me semble plus simple : aucun moyen analytique ne permet de la détecter dans le lait, et pour cause, c’est une copie conforme de l’hormone naturelle qui provoque la lactation. Certains avancent, peut-être à juste titre que l’injection de ce stéroïde laitier augmente la teneur en Insulin-like Growth Factor 1 (IGF 1 et 2) du lait. Bien. Mais ce taux est très variable suivant le moment ou l’on se situe dans le cycle de lactation des vaches, et, à ma connaissance, personne n’a prouvé que l’injection de rBGH entraine vraiment une augmentation de la sécrétion d’IGF 1 et 2. Et pendant ce temps, dans l’indifférence générale, tous les animaux d’élevage sont joyeusement bourrés d’hormones de croissance dont des études très sérieuses ont démontré les effets néfastes sur les humains en cas de consommation importante de viande, – et entrainé leur interdiction en Europe -. Mais c’est différent, car ces hormones sont utilisées par tous les producteurs non organiques ou naturel, et permettent de maintenir le prix du hamburger à un niveau dérisoire.

    Bottom line, Monsanto a fait beaucoup d’erreurs de communication, personne ne le nie ; elles ont beaucoup nuit aux biotechnologies, qui sont de ce fait l’objet d’un débat passionnel, ET ce d’autant plus que les Etats n’ont pas été à la hauteur de leur responsabilité vis-à-vis du public en refusant d’investir dans les recherches qui auraient permis de dépassionner le débat. Les amateurs d’habitat troglodyte illuminé a la torche ont beau jeu dans ces conditions de crier au loup.

    Mais il ne faut pas perdre de vue ce qui me parait le plus important : en tant que capteur d’énergie solaire, le rendement de la biomasse reste modeste (de 0.1 % pour l’herbe des prairies américaines à 4.9 % pour certaines cultures d’algues en Thaïlande), pour nettement moins de 1% en moyenne. On sait qu’il est perfectible, et que les biotechnologies peuvent être un outil précieux pour gagner du temps dans la recherche de rendements meilleurs.

    Suivant les auteurs, les espèces, les conditions de culture, etc… le rendement limite de la photosynthèse se situerait entre 8 et 15%, ce qui devrait permettre de multiplier à long terme (40 ans et plus) les rendements actuel par au moins 4 ou 5 si les sélectionneurs et les chercheurs consacraient la même énergie à optimiser la photosynthèse que celle qu’ils en ont consacrée par le passé à optimiser « séparément » celle des graines ou des fruits, des troncs et des tiges, ou encore des feuilles, en fonction des utilisations visées.

    L’enjeu n’est pas futile. La production annuelle mondiale de biomasse, est estimée à plus de 100 Giga Tonnes d’équivalent carbone, ce qui représente plusieurs dizaines de fois la consommation annuelle actuelle énergie, et des centaines de fois celle qui est nécessaire pour nourrir une population mondiale de 10 milliards d’individus. Tout laisse donc penser qu’une exploitation rationnelle, prenant en compte les implications écologiques à long terme des pratiques mises en œuvre, au lieu de les négliger totalement comme le font les déforestations massives qui ont lieu actuellement pour produire plus de biocarburants, permettrait de couvrir non seulement les besoins alimentaires, mais aussi les besoins énergétiques maîtrisés et raisonnables d’une population un peu plus nombreuse mais nettement mieux repartie et plus rationnelle dans son approche de la consommation des ressources de la biosphère.

    Si l’on se place dans une perspective strictement énergétique, on admet généralement que le soleil rayonne en permanence 120 000 TW sur la terre, alors que la puissance consommée par les humains est actuellement de l’ordre de 15 TW et ne devrait pas dépasser une cinquantaine de TW même pour 10 milliards d’humains vivant décemment. Il suffirait donc en principe de relativement peu d’espace pour produire l’énergie nécessaire à une consommation humaine « maîtrisée » dans une perspective d’utilisation plus rationnelle de l’énergie si le rendement moyen de conversion de la biomasse atteignait 4 à 5%.

    Dans la mesure ou l’un des facteurs limitant de la production de biomasse est la disponibilité en eau, il serait sans doute judicieux, comme commencent à le faire les Américains ( http://www.livefuels.com/ , http://www.greenstarusa.com/ , http://www.greenstarusa.com/ ou http://www.jcvi.org/research/gos/ par exemple), de viser des cultures d’algues d’abord dans de l’eau douce, puis en pleine mer, dans les eaux tropicales.

    Cela signifie en clair que nos descendants pourraient probablement être bien nourris et vivre dans un monde aussi sympathique que celui dans lequel nous avons la chance de vivre si l’on décidait, – par exemple, mais pas tout à fait par hasard -, de consacrer dès aujourd’hui une fraction des crédits militaires de R&D destinés à sophistiquer nos moyens de détruire la biosphère et ses habitants, à des recherches plus porteuses d’avenir.

    Monsanto est peut-être un affreux capitaliste mais c’est aussi un bien joli bouc émissaire pour éviter de poser le problème en ces termes.

  6. Bonjour

    J’ai toujours envie de réagir (et je le fais donc) lorsque je lis des phrases comme celles ci sur le commentaire de Jean paul Vignal:

    Cela signifie en clair que nos descendants pourraient probablement être bien nourris et vivre dans un monde aussi sympathique que celui dans lequel nous avons la chance de vivre si l’on décidait, – par exemple, mais pas tout à fait par hasard -, de consacrer dès aujourd’hui une fraction des crédits militaires de R&D destinés à sophistiquer nos moyens de détruire la biosphère et ses habitants, à des recherches plus porteuses d’avenir.

    Nous soutenons que nous pourrions financer, sans augmenter la fiscalité, et sans emprunter, tout ce qui serait possible de réaliser pour répondre aux urgences écologiques et humanitaires de notre temps

    Car si une collectivité a : 1) un besoin, 2) la volonté de le satisfaire, 3) les moyens techniques et énergétiques, 4) une main d’œuvre disponible, 5) le savoir-faire, … pourquoi ne peut-elle réaliser ce besoin par faute de financement ? Parce que la monnaie reste conçue comme une réalité matérielle et précieuse, de quantité finie donc rare et épuisable, alors qu’elle ne l’est plus puisqu’elle est dématérialisée

    Au lieu de penser le monde au travers des moyens financiers que l’on estime possible de mobiliser (ou de transférer d’un poste comptable à un autre), on pourrait enfin le penser en fonction des seules vraies questions qui se posent à nous aujourd’hui et nous focaliser sur les solutions dont les limites seraient uniquement fixées par :

    – Les ressources humaines
    – Les ressources naturelles

    Ce qui n’empêche pas évidemment de supprimer les crédits utilisés à ce que Jean Paul Vignal dénonce … sur ce point, je suis évidemment totalement d’accord.

  7. @catherine et @ yogi : si vos échanges comportent parfois de l’incompréhension, il me semble que c’est parce que vous vous situez aux antipodes des manières de penser.

    Votre rationalité Yogi, vous mène à vous appuyer sur des faits scientifiquement prouvés. Mais comme la science a pu avancer en simplifiant la réalité, les systèmes simples qu’elle connaît sont loin de la complexité du réel. Ainsi, la théorie des jeux et en particulier les dilemmes du prisonnier posent un univers où les humains ne communiquent pas directement (seulement par l’intermédiaire… du marché ?) dans des situations très concurrentielles voire conflictuelles et où le compromis n’existe pas. Alors, l’instinct de survie amène très logiquement l’égoïsme à dominer (à propos de jeu favorisant l’égoïsme, cela me fait penser qu’il n’est pas innocent que le Monopoly soit très diffusé et les jeux coopératifs réservés à quelques parents intellos conscients de comment on conditionne leurs enfants…).

    Par ailleurs, dire que l’altruisme est une forme d’égoïsme bien compris ne me conduit pas à le déconsidérer. Certes, si mère Theresa (dont Paul nous parlait il y a peu) est généreuse, c’est parce que cela lui fait plaisir et elle est donc égoïste. Mais si la Terre était peuplée d’égoïstes à la façon de mère Theresa, nous pouvons convenir qu’elle serait bien plus agréable à vivre que celle que nous connaissons aujourd’hui. Les morales (qui selon moi sont des constructions humaines comme toute culture) sont élaborées pour des raisons d’efficacité concrète élaborant un vivre ensemble le plus harmonieux possible. Le malheur est que nous vivons encore avec des morales héritées d’époques ou de rares tribus s’affrontaient dans une monde de pénurie (réelle) et de méconnaissance des lois (mauvais mot mais signifiant plutôt ici contraintes venues d’ailleurs…) physiques, biologiques, psychologiques, sociologiques et anthropologiques. Serait temps que nous utilisions enfin ces connaissances qui s’accumulent pour réfléchir notre vivre ensemble.

    Catherine, vous intégrez toute cette complexité du réel, du vivant, allant jusqu’à la limite de la connaissance : l’influence de l’observateur sur ce qu’il observe (bien compris en physique théorique). Cela rend vos interventions parfois difficiles à saisir à force de complexité. Moi je les lis plus comme de la poésie que comme des raisonnements linéaires (comme le fil que je déroule ici) et je crois que cela m’aide à penser plus juste car c’est un excellent complément à mes travers acquis.

    Bonne journée à tous.

  8. Lu très (trop!) rapidement les messages qui précèdent.

    Cela me renvoie à une réflexion d’un mathématicien logicien (dont je pourrai retrouver le nom mais ma documentation est en France où je ne suis pas actuellement) et qui déclarait en substance ceci par une allégorie: « la condition de l’humanité est comme un navire qui sombre si on l’arrête, on ne peut le mettre en cale sèche pour en faire l’inspection et l’entretien, il faut se débrouiller avec les moyens du bord, pour TOUTES choses sans exception, en flotaison, même s’il s’agit de la carène ».

    Cette situation paraît donc ‘définitive’ dans la vie ici bas.

  9. @ Yogi

    « je le qualifie “d’instable” (au sens de : qui s’effondre lorsqu’il est exposé à des agents étrangers) » : c’est bien essayé, mais la stabilité ou la robustesse d’un système ne se jugent pas en y ajoutant des données, paramètres nouveaux, elles s’évaluent d’après la variation (brutale) de réponse induite par des perturbations, qui sont non pas des agents étrangers mais des variations sur les entrées, sur les paramètres (déjà considérés). Pour évaluer la robustesse d’une matrice, la stabilité d’une fonction, si on ajoute une ligne ou une colonne à la matrice, ou un paramètre à la fonction, alors ce n’est plus la même matrice / fonction qu’on évalue. Je maintiens ce que je disais, et qui se résumerait bien par la formule : « on n’a encore jamais renversé un totalitarisme » de l’intérieur. Hors ces systèmes ont mécaniquement une visée planétaire. La notion de mondialisation, et l’état d’avancement de la chose, ont une grande importance ici. Vous savez ce qu’on dit de l’avant / après chute du mur, …

    Ce n’est que par la voie des conflits internationaux qu’historiquement, on peut dire que le capitalisme a provoqué la chute du totalitarisme. Le phénomène n’est certainement pas, jamais, apparu de l’intérieur. Par contre, on peut dire que le capitalisme a provoqué le totalitarisme, sans que régime du pays concerné ait été renversé et le nouveau régime apporté ou induit par un agent étranger.

    Vous me paraissez tout à fait hermétique à la question de l’organisation d’un système totalitaire. Vos réponses indiquent que vous n’avez jamais trop réfléchi vous-mêmes à ces questions. Vous êtes… un gentil, si on peut dire. Dans la terminologie des fichus Protocoles, disons que ça renvoie aux gens – y compris les gens intelligents, cultivés – bienveillants et raisonnables, qui n’ont pas compris voire jamais pensé que les recettes de la domination fonctionnent bel et bien, pour qui y croit et est résolu à les appliquer. Or, dans la même série, vous avez les théorèmes : 1. la force l’emporte toujours contres les intentions louables ; 2. puisqu’il y aura toujours des salauds pour mener le monde à la baguette, autant que ce soit nous… Cela n’a pas d’intérêt de convaincre des gens de la réalité d’une telle logique, on ne la considère assez sérieusement que si on y réfléchit par soi-même.

    La question de la conspiration m’importe très peu, ce qui importe c’est de comprendre les mécanismes qui relient une conspiration à une masse d’individus pour les embarquer et les maintenir dans le mouvement d’une logique idéologique s’appliquant de plus en plus mécaniquement, imposant sa terreur, les empéchant de s’unir pour changer les choses, … Bref, le phénomène totalitaire et ses mécanismes. Il me semble que je l’ai dit clairement dans mon premier message posté sur ce fil.

    Le fait que ce système ne soit « pas au service d’une caste particulière d’individus » l’exclut des catégories classiques d’aristocratie / oligarchie ou de despotisme. Cela ne contredit pas, bien au contraire, l’idée de totalitarisme. J’avais résumé cette idée en disant que la possession de pouvoir, dans ce contexte, est conditionnée à une fonction (non pas une personne), laquelle est asservie à l’idéologie reine. Par exemple, il est évident qu’un gestionnaire de fonds de pension, d’entreprise donneuse d’ordre, de banque, de banque centrale, … est amené et maintenu à sa place, par les actionnaires ou autres dirigeants anonymes et aveugles, parce qu’il est résolu à faire le genre de choses dont ont peut dire que ça vous met des milliers de chomeurs sur la conscience. Peu importe les volontés individuelles. Par ailleurs, à la limite, ce système est bien plus égalitaire que du vulgaire capitalisme (ce qui, là encore, ne fait qu’aller dans le sens du système totalitaire, non pas de toute autre forme de tyrannie ou de domination sociale), puisque les gens qui se croient capables de gagner en spéculant et qui sont résolus à y consacrer le gros de leur temps (même partant d’une fortune très petite) peuvent gagner ; tandis que les lois du marché sont implacable quand même pour qui ne les veut pas, et n’y croit pas. Idem, pour qui veut monter en politique : étant donné l’absurdité de la logique reine et l’incompétence moyenne de ceux qui la promeuvent, il suffit soit dêtre stupide au point de croire qu’on peut changer signficativement les choses, dans ce contexte, soit d’être ambitieux ; tandis que celui qui veut changer les choses peut toujours courrir. Dans un sens, celui du bon côté du manche, on gagne à tous les coups ; dans l’autre, on perd à tous les coups. Un à un, tout le monde ou presque se résigne. C’est une logique qu’Hitler connaissait parfaitement. Sans quoi il n’aurait pas – bien avant qu’il ne vérifie qu’elle fonctionne à grande échelle, passé un stade – commencé sa carrière en récupérant des types en échec social profond et en les envoyant casser la gueule des étudiants pour faire « sa pub » (le choix de la méthode étant évidemment adapté au type de personnes « à convaincre ».

    Soit dit en passant (je pense à EDVIGE), la capacité d’une élite concentrée à connaitre intimement tous les gens engagés – non pas un panel d’ennemi – en les surveillant, est, avant d’être un moyen de préparation de la répression ou de la terreur, un moyen de manipuler le peuple et chacune de ses parties : scahant ce qu’il veut, ce qu’il craint, … on peut monter les problèmes et les solutions, bâtir la propagande, qui consiste essentiellement non pas à inculquer des idées au peuple mais à lui en emprunter. Naturellement, on passe là dans une forme de totalitarisme plus classiquement fasciste, et c’est une évolution naturelle, il faut croire. Mais dans le cas d’un « totalitarisme de marché », les instruments d’observation et de propagande en question, on les connaît bien et ils sont parfaitement légaux… marketing, sondages de consommateurs, abonnements, publicité, … Chacun sait -il le disait lui-même – qu’Hitler, déjà, s’inspirait de méthodes de propagande empruntées au monde marchand.

    Je ne pense pas du tout que le “totalitarisme de marché”, du moins le système politico-économique globalisé (le limiter au plan français ou même occidental serait stupide – du moins l’empire a ses colonies) dans lequel nous sommes, ait « une redoutable efficacité économique ». Il est, au contraire, d’une inefficacité criante. D’ailleurs, excusez-moi de le dire ainsi, mais il faut subir un préjudice de place important pour en être à ne pas voir ou à oublier qu’une logique du fric pour le fric (ou du marché pour le marché) peut se donner un objectif d’efficacité. Sans parler, plus généralement, des limites de l’individualisme libéral, ce qu’on voit au présent, de partout, c’est du pillage, généralisé, y compris celui des ressources et des savoirs qu’on trouve dans les entreprises privées ; il n’y a pas de volonté d’efficacité à chercher dans un système qui s’affranchit de toute volonté de faire le bien commun et ne se meut que dans une vue d’ultra-court terme. N’oubliez pas la masse de dégâts et la violence des crises que ce système engendre (songez à celle qui se déroule en ce moment), et n’oubliez pas, surtout, que le monde globalisé et le système dont je cause ne se limitent pas, de très très loin, à notre petit occident encore très préservé, monde qui connait lui aussi non seulement d’immenses inégalités, mais une part de misère évidente. Que vous puissiez considérer qu’il génère « des inégalités sociales comme effet de bord », c’est une erreur évidente. Le capitalisme classique ne fait que ça, sans cesse, ce sont deux choses intimement liées ; le pouvoir de gagner du pouvoir d’achat en dormant n’existe que parce qu’il y a des gens qui n’ont que leur force de travail pour se payer à manger, pas de logement à eux, et pas de fonds de commerce. De là à dire que les inégalités en sont une finalité, ce serait abusif (« générer des finalités », je ne sais pas ce que ça veut dire). Mais le totalitarisme, tout particulièrement, mèle la fin et les moyens. Je n’ai pas le temps, et plus très envie, de m’étendre, mais il faut rappeler tout de même que l’essence du totalitarisme est la terreur ; en l’occurrence, il s’agirait de terreur économique (« le besoin est le plus iméprieux des maitres ») ; il est certain que cela (notamment la forme d’isolement des individus que suppose un climat de terreur) suppose des inégalités économiques, qui sont alors des moyens, en quelque sorte. Mais ce n’est pas une fin en soi. C’est le pouvoir que ces inégalités induisent qui en est une. Un capitaliste veut sa rente, pas des pauvres ; il justifiera la pauvreté (même de bonne foi) par un tas de raisons, puisque la condition de prolo, de locataire, d’emprunteur… est à l’évidence génératrice de rente, mais cette condition reste un moyen. Maintenant, je n’ai jamais dit que cette « bonne » vieille condition et son exploitation suffisent à faire un totalitarisme de marchés. Déclinez les choses comme vous voulez ensuite, mais la finalité – unique – d’un totalitarisme de marchés est de faire vivre et de développer indéfiniment le marché, point. Bref, le marché pour le marché, et les effets de bords pour qui le maintient de cette logique arrange. Bien sûr, l’extension sans fin et envers et contre tout du marché fait notamment de cette idéologie mise en oeuvre un moyen de maintenir éternellement le capitalisme, qui est (intrinsinquement) instable, mais ce n’est là qu’un aspect – même si c’est sans doute le mobile majeur de ceux qui ont délibérément développé et promu ce système – c’est bien plus que cela. C’est d’un système de domination totale dont je parle, pas d’une simple exploitation économique, intérieure ou coloniale. Par exemple, dans un capitalisme traditionnel, seuls les prolétaires seraient politiquement et économiquement esclaves, isolés, privés de la liberté d’agir, de s’unir pour changer les choses ; les bourgeois peuvent y écrire des livres anarchistes par conviction, ou se moquer de l’argent, mais ils peuvent aussi et surtout s’unir pour fonder un parti de gauche radicale ou révolutionnaire, le faire vivre, se développer puis remporter des victoires politiques ; ils peuvent aussi et surtout profiter de leur argent pour ne pas penser à l’argent ; dans un totalitarisme de marchés, tous sont esclaves de la logique du marché ; tous sont isolés et également incapables de s’unir Je l’ai écrit déjà deux fois, ils n’ont de pouvoir pour eux, un tel pouvoir que parce qu’ils s’en tiennent à la logique qu’ils ont imposé et qui s’impose. Quant aux prolos, ils sont désormais les masses, pour bonne part des perroquets, « gramophones » (Orwell) de l’idéologie dominante : ils se prennent d’intérêt pour la chose publique, s’investissent dans la politique directement ou indirectement, non seulement en vain mais pour finir, le plus souvent, par hurler avec les loups qui les dominent, fustigeant les rigidités ceci, l’inflation cela, la dette ceci, les impôts cela, louant le risque ceci, la sécurité cela, la réussite individuelle ceci, le libéralisme qu’on est supposé avoir (une illusion magistrale, d’après tous les aspects selon lesquelles je peux en juger) et qui est la seue chose qui fonctionne cela… Ils ne sont plus simplement la populace, comme disait Arendt, bienheureuse de ne pas ajouter à sa condition matérielle minable le fait de danser volontairement au rythme des discours du dictateur, à son ignorance sa force de frappe à l’usage du dictateur, à ses besoins tirraillants de nouveaux besoins incessants, … ça change tout.

    La formule « accueille volontiers une économie du bien-être pour peu que celle-ci génère des activités marchandes » n’a pas trop de sens : la notion d’économie du bien être se rapporte à un ensemble, à un système ; elle part d’une philosophie politique, fondée elle même sur des idéaux, qu’on tacherait de mettre en pratique. Comme le socialisme, le capitalisme. Votre formule est d’ailleurs conforme à l’idée qui précède : on a bien (c’est, du moins, la tendance totalisante en cours) le marché pour le marché, et à la marge ce que le marché permet. Système fondé sur aucun idéal humain et qui fait de tous et de tout des instruments.

  10. @ A-J Holbecq 10 septembre 2008 à 06:58

    Je suis tout à fait d’accord avec cette remarque. Si je parle de dégager des moyens financiers, c’est seulement parce que je suis las d’entendre que l’on ne peut pas tout faire, qu’il faut des priorités, etc… On croit rêver quand on réalise que la plupart des experts fixent le montant des investissements à faire dans le monde pour que chacun puisse avoir à peu près accès à l’eau dans le monde à environ 200 milliards de $, – bien sur absolument introuvables -, et que l’on constate par ailleurs que le cumul des seuls bonus des 25 managers de fonds les mieux payés du monde a été de 14 milliards en 2006, et les bonus de Wall Street encore de 40 milliards en 2007, et que l’on se dit que ce n’est que la partie bling bling de l’iceberg que représente le vertigineux hold-up du système financier sur l’économie réelle. Il faut évidemment replacer les ressources humaines et matérielles au centre des priorités et arrêter d’utiliser comme arbitres ultimes de tout choix humain des critères économiques et financiers totalement biaisés et corrompus par le fait que ces précieuses ressources sont considérées comme essentiellement gratuites, leur cout étant en gros celui de la « valeur ajoutée » qu’il faut pour les « exploiter » ou les maintenir en état de l’être. C’est donc avant tout un problème d’éthique. Quand l’argent remplace la morale et l’ethique, – et finit par en tenir lieu (il est riche, donc il a raison) -, il n’y a plus de vie en société possible.

  11. @samedi :
    1) Votre vision d’un système selon le schéma « entrée-process-sortie » me paraît, si vous le permettez, très limitée et datée, et ne correspond pas du tout à des systèmes évolutifs comme des organismes vivants ou des organisations sociales.

    Pour ceux-ci, la stabilité se juge face à des mutations, des « virus », ou des agents externes qui s’attaquent directement à la structure même du système, bien plus que face à des variations de ses pseudos entrées ou paramètres. Ainsi, je prétends que la chute du Mur est bien venue d’un effondrement « de l’intérieur » de l’URSS (et non d’un « conflit international »), minée par la contagion des concepts promus par le capitalisme voisin et par les résultats obtenus par celui-ci

    2) Le marché est bien d’une redoutable efficacité économique : c’est le capitalisme, sa course à la concurrence et au profit, qui a produit et de loin le plus d’avancées scientifiques, médicales ou technologiques ces derniers siècles. En termes de « pillage et de gaspillage de ressources », c’est le totalitarisme qui l’emporte haut la main.

  12. @ Jean Paul Vignal

    S’il y a quelque chose qui me gêne dans votre discours c’est d’abord la notion de rendement et d’optimisation du rendement Brrrr ! Quand on vante le développement durable et que l’on promeut une économie basée sur l’échange concret et non spéculatif, le mot rendement ne devient-il pas suspect ?

    Le premier mot de Monsanto est le mot Rendement. Toute l’entreprise est structurée autour de ce mot appliqué aux plantes. La pensée peut-elle être au service d’intérêts qui la dépassent, je veux dire peut-on encore penser scientifiquement quand l’on défend une cause et des intérêts ?

    Un blog doit-il être une vitrine commerciale avec un vernis de langage ecologique à caractère professionnel, je veux dire sans l’annoncer  » Ceci est un message à caractère professionnel, ceci n’est pas un message privé » ?

    Ma question par exemple une société comme Goemar qui fait des produits basés sur les algues et défend une approche écologique du monde du pesticide, quand cette société se fait sponsoriser par l’INRA ou Végépolys qui ont outre le mérite de subventionner la recherche agricole défendent les intérets d’un groupe comme Sigmea qui cherche lui à soutenir en tant que lobbyiste l’idée d’un mariage entre culture OGM et non OGM ou par exemple que le groupe Syngenta soit membre de Végépolys, n’y a-t-il pas alors un gout de soufre dans toute société qui fait de la « recherche » bioagricole pour augmenter le « rendement » des plantes ou de la … biosphère ???

    Débat de toujours : peut-on etre défenseur d’avancée scientifique et bénéficiaire de ses retombées économiques ?

    Si Goemar cherche à déposer des brevets sur le vivant ou ses produits en vue d’aliéner une technologie naturelle à ses propres fins, en quelle mesure est elle différente d’un groupe comme Monsanto ?

    La tentative d’édulcorer les agissements criminels d’une société comme Monsanto, alors que vous êtes apparemment défenseur d’une cause écologique et de développemetn durable, me pose de sérieuse question sur votre indépendance par rapport à un tel groupe de pression : ON ne peut à mon sens défendre le développement durable et défendre des empoisonneurs âpres au lucre et profit tous couts confondus c’est-à-dire y compris la santé de la planète toute entière (puisque c’est de cela qu’il s’agit en ce qui les concerne).

    Luur lobbying au niveau du congrès américain, et du parlement européen ne vous semble pas choquant ? C’est-à-dire que des critères de profitabilité immédiate et plantureuse supplante toute idée même d’un développement durable ?

    Vous parlez et vantez le principe de précaution, n’est-on pas dans la complète irresponsabilité en ayant des propos doucereux à propos d’une société comme Monsanto ? N’est-on pas contre ce même principe de précaution ??

    Je n’ai rien contre vous bien sûr, ni rien contre l’idée de défense des sociétés de biotechnologie, ne doit-on pas simplement faire la part des choses entre opinion personnelle et opinion intéressée professionnelle ?

  13. @Whynot : Le contraire de « rendement » c’est « gaspillage ».
    Veillez bien à ne pas laisser certains mots-clés bloquer soudainement chez vous toute réflexion et toute tentative de compréhension pour laisser place à un déballage automatique de clichés. Au hasard : sélection ? marché ?

  14. Well, well well. Merci pour ce commentaire, qui me laisse toutefois un peu perplexe.

    Comme vous l’avez remarqué en l’adressant à « Jean-Paul Vignal », et non à « Jean-Paul », je ne me cache pas derrière un pseudonyme pour dire ce que je pense, tout simplement parce que je crois que la première condition d’une vie saine en société est la transparence. Ce ne sont peut-être pas les « règles » d’Internet, mais ce sont les miennes. Vous évoquez Goemar parce que vous savez sans doute que j’ai collaboré avec ce groupe. Sachez que je n’en ai pas honte, – pas plus d’ailleurs que je n’ai honte d’avoir vanté les mérites de Limagrain des 1969 et de continuer à le faire-, parce que je partageais les convictions de son fondateur, Monsieur René Hervé. Ce qu’il a fait est remarquable, et veritablement novateur. Ce que l’argent en a fait ensuite ne me concerne pas, car lui, comme moi, avons été écarté pour des raisons qui, bien que très différentes sur la forme sont similaires sur la forme : nous avions tous les deux des difficultés à admettre que les impératifs de rentabilité à court terme puissent « mettre à profit » ses remarquables intuitions qui justifiaient parfaitement à mes yeux une politique de prix qui etait indispensable pour survivre dans un univers ou la science officielle refusait de reconnaitre les avancées qu’elle n’a pas initiées, mais ne la justifiait plus du tout une fois cet obstacle péniblement mais surement franchi.

    Pour en revenir à Monsanto, j’ai critiqué des 1989, avec mes modestes moyens, la strategie qui consistait a faire des biotechnologies un instrument au service de la vente de produits chimiques, comme j’ai critiqué toutes celles qui consistaient à augmenter la dependance financiere des agriculteurs grace aux biotechnologies en fixant des prix de vente « pharmaceutiques », – en fonction des benefices supposes-, et non du prix de revient. Cette attitude m’a couté une carriere professionnelle tranquille de chien fidèle du liberalisme avancé, et me permet donc maintenant, je crois, d’avoir une certaine liberte de langage.

    Je suis donc un peu triste que vous me soupconniez de « servir la soupe » aux societes qui font leurs choux gras d’avancées scientifiques qui, si elles etaient utilisees dans un cadre de référence approprié, pourraient ameliorer sensiblement et rapidement la vie de centaines de millions de personnes qui n’ont pas la chance d’etre nés avec une cuillere en argent dans la bouche et de se poser gravement la question de savoir s’il est plus écologiquement correct de rouler en Prius ou Honda Civic Hybride, ou de marcher dans des chaussures fabriqués dans des sweatshops du tiers ou du quart monde.

    Si vous avez lu ma reponse à A-J Holbecq, vous avez sans doute noté que ma motivation n’est pas de défendre Monsanto, – que je refuse simplement de condamner sommairement parce qu’il ne fait jamais que ce que le système actuel lui impose de faire : maximiser le retour sur investissement pour ses actionnaires -, mais de faire en sorte que le profit financier individuel à court terme ne soit pas le fondement de tous les arbitrages et se substitue systématiquement aux valeurs éthiques et morales partagées que je crois etre indispensables au bon fonctionnement d’une société apaisée et donc durable.

  15. Cérémonies du 11 septembre, à Washington et à Shanksville … Voir tous ces agents de la CIA réunis, c’est émouvant … Ces enfants, ados aujourd’hui, qui viennent depuis des années faire semblant de pleurer la mort de leurs parents disparus … sacrée pépinière d’acteurs, n’est-ce pas Whynot ? Vous devriez aller leur cracher à la figure de nous rouler aussi ignominieusement dans la farine depuis des années …

  16. @ Catherine

    Ce que vous dites n’est pas du tout enfantin. Certes, vous êtes confrontée sur ce blog a des gens férus d’économie et ceci, additionné à leur intelligence rationnelle, les rend pessimistes et tristes. Mais vous n’êtes pas seule à penser « positif ». Tenez, aller lire la conclusion du livre de Patrick Viveret « Pourquoi cela ne va pas plus mal ? » et vous comprendrez pourquoi j’ose vous dire « Non Catherine, tu n’es pas toute seule… »

  17. Je m’étais promis de ne pas m’éterniser dans ce débat, partant de l’idée que Paul préfèrerait que le débat sur le thème du complot n’envahisse pas trop son blog (distraie longtemps les participants et réduise leur attention vis-à-vis des autres billets). Par ailleurs, ce billet de Paul portait essentiellement sur un aspect psychologique (et je n’ai pas grand chose à en dire) ; je me suis permis de replacer sa considération dans le contexte (la réalité des complots et de leurs conséquences), mais je ne vais pas m’étendre plus. Alors je m’arrête là pour cet exercice (à moins que je puisse en revenir au sujet tel que posé par Paul).

    J’avoue avoir profité de cet échange, pour définir une problématique particulière – dans laquelle le complot a sa place – et exposer un peu, en quelques messages, ce qu’est le phénomène totalitaire, ainsi que pour remettre en question l’idée – historiquement illustrée plutôt qu’établie, par l’image, nécessairement liée à un contexte et teintée de préjugés liés à une histoire, d’un affrontement de grandes puissances – que totalitarisme et marché, ou capitalisme (qui est autre chose que le marché ou le libéralisme économique) sont des systèmes opposés. Il me semble – et bien des gens ont écrit en ce sens déjà, et les symptomes affluent (prenons la notion de société de marchés, pour n’en citer qu’un (de plus) ici – que le contexte présent a déjà largement démontré que la notion de capitalisme total, ou de totalitarisme de marché, fait sens. Naturellement, elle a ses spécificités et il ne s’agit pas de comparer ce qui n’est pas comparable.

    Pour le reste, Yogi, je ne pense pas que notre échange ait été très productif, mais ce n’est pas bien grave ; on ne peut pas avoir des dialogues intéressants tous les jours, et puis c’est surtout une bonne chose que nous n’ayons pas les mêmes approches, grilles de lecture, … Celle que j’ai employée ici n’est heureusement pas la seule qui anime ma pensée. Je pense que c’est une dimension intéressante, mais je ne voudrais pas (plus) donner l’impression de voir le monde essentiellement par le biais de ce type de lunettes. Je crois d’ailleurs pouvoir dire que je n’ai pas de vision du monde…

  18. @ Paul, et aux autres psychologues maison,

    « c’est la figure que nous aimerions être, ce qu’en psychanalyse on appelle le Moi-Idéal. » (Paul)

    Ce qu’on m’avait dit de ce qu’on appelle « sentiment de toute puissance » me semblait renvoyer notamment au psychotique, ou bien à l’image du nourrisson qui penserait « posséder » entièrement sa mère, à un stade précédant celui où il doit gérer l’angoisse de la séparation (excusez la grossiereté).

    Avant d’être « la figure de ce que nous aimerions être », cette image (du comploteur omniscient, parfait et tout puissant) n’est-elle pas tout simplement, donc, la figure de ce qu’est pour chacun la mère « originelle » sinon idéale ?

    Cette figure toute puissante serait alors projetée sur nous-mêmes, au départ. N’est-ce pas justement parce que la mère, dans l’esprit du nourrisson, est une matrice totale, chose parfaite, omnisciente et toute puissante, qu’il est conditionné à ne faire qu’un avec et donc à projeter sur lui-même (si on peut dire, puisqu’il ne ferait pas la distinction) la toute puissance qu’elle a, à ses yeux ? Le fait que, pour le nourrisson – pour le foetus, à la rigueur (peu importe le stade de développement où cette lecture vaut) – la mère (son corps, pour commencer) est une matrice pure, aussi bien que la terre, l’eau et le soleil en forment une pour la plante, est difficile à remettre en cause… Or, partant de là, la réponse est évidente : le sentiment de toute puissance se projette logiquement sur l’individu, à un stade primaire. Mais au même moment, ou peu après, la différentiation, donc l’épreuve de réalité – et de la liberté – commence. Allez savoir, alors si cette image s’inscrit dans le surmoi – au passage, le « Moi-idéal », est-ce une notion comparable à « l’idéal du moi » ? – ou plutôt que l’idéal tout puissant réside dans le Ça, ensemble de pulsions, parfaites car non contrariées là d’où elles agissent. Ensuite, le moi fera sa cuisine avec lui, entre autres. Cela pourrait aussi bien être, en somme, une figure de « ce que nous sommes constamment menacés de rester » que celle, plus noble, de « ce que nous aimerions être ».

    Le psychotique, comme prix d’une « liberté » fondamentale, animale, consistant à ne pas subir l’épreuve de réalité, et pour prix de la toute puissance qu’il peut éprouver, n’est-il pas aussi esclave de ses démons ? Bref, il me parait assez certain que l’image du comploteur tout puissant renvoie à une figure idéale que chacun est amené à intégrer, mais par « figure que nous aimerions être », il ne s’agit pas d’entendre un voeux conscient – c’est souhaitable, du moins, pour l’individu et pour son entourage, que ce ne soit pas le cas – mais une pulsion ou une image originelle envahissante, gravée en nous par notre statut passé d’animal et d’être entièrement dépendant d’une matrice, image dont on ne peut qu’essayer de se libérer, jamais définitivement sans doute (ce qui est tant pieux, si c’est le corollaire de l’acceptation de notre animalité).

    Je fais ce parallèle avec le couple nourrisson / mère-matrice aussi parce qu’il y a là un aspect qui me parait renvoyer au sujet du complot en tant que mécanisme totalitaire « central ». J’ai évoqué un peu, plus haut, ce point sur lequel Arendt a insisté : le formidable pouvoir sur les masses que confèrerait à un seul individu (à quelques uns) le complot ne vaut précisément, dans le système totalitaire, que dans la mesure où l’élite concernée se fait elle même la première esclave d’une logique idéologique (surhumaine et inhumaine). J’ai employé l’image du pacte avec le diable : il s’agit de dire qu’il existerait un certain moyen de disposer d’une force surhumaine pour dominer tous ses semblables (il en existe d’ailleurs, évidemment – on peut penser par exemple à l’état de toute puissance d’un preneur d’otage, armé) mais le corollaire serait précisément que ce pacte – irréversible sans doute -, prive de sa liberté celui qui use de ce moyen. Le pouvoir (immense) dont il dispose, on peut dire qu’il ne le possède pas, qu’il n’a pas la faculté d’en choisir les applications, puisqu’il ne le possède que parce qu’il se soumet à une logique, qui se moque des volontés et des idéaux.

    Le principe est ici le même, et il s’agit également de recours à des forces essentiellement naturelles, mais il s’agit là, non plus d’un donné, « subi » (reçu) au départ, qui n’est ni bon ni mauvais en soi et n’a pas de destination précise, mais d’une démarche consciente d’un individu (adulte) animé d’intentions maléfiques (les recettes totalitaires ne fonctionnent pas sur le mode de la bienveillance). Intention dont la mise en oeuvre suppose évidemment d’éradiquer toute liberté et de réduire – ramener ? – la société des hommes à un stade organique, comme une fourmilière (dont la reine est un élément tout aussi dénué de liberté que les autres « individus »).

  19. @ Yogi,

    rapidement, tout de même… quant à votre dernier message adressé à moi.

    Sur les sytèmes, tout ce que je disais c’est que par définition, quand vous parlez d’un système, vous l’isolez. Vous listez des phénomènes observables : la réponse, les sorties. Vous listez des paramètres influents (et en excluez d’autres, si vous pouvez démontrer qu’ils n’influent pas sur les phénomènes observés – principe d’exclusion). Enfin, vous écrivez les fonctions qui lient les derniers et les premiers.

    Ne me dites donc pas que c’est dépassé. Cela ne dit rien d’autre que la démarche de modélisation, que vous avez dans toute science, quelle que soit la théorie, l’approche, le domaine et la complexité du système. Et encore une fois, la stabilité et la robustesse sont des caractères intrinsèques. Puisqu’elles se rapportent à un système, donc à un cosmos isolable.

    Vous pouvez très bien avoir des systèmes avec des millions d’inconnues et d’équations, bien sûr (c’est ce que je mets tous les jours dans mon ordinateur, dans le travail qui paie mes factures), mais aussi des systèmes très fortement non linéaires, c’est à dire que les fonctions qui lient les entrées et les sorties dépendent elles-mêmes de l’état des sorties. Cela veut dire que l’ensemble des fonctions qui déterminent le système (ou une partie ce cet ensemble) « mute », pour reprendre vos termes, en fonction de la réponse qu’il a produit. Les entrées pouvant, en retour, être influencées par les sorties. Jusque là, pas besoin de « virus » ou d’agents extérieurs, ce qui revient à changer la liste des paramètres. Vous pouvez avoir des paramètres agissant au conditionnel ; il n’empêche que vous les avez identifiés au départ. Dès lors que vous apportez de nouveaux paramètres, vous changez nécessairement les fonctions, et par définition vous changez de système. Vous pouvez avoir des systèmes inversibles, d’autres pas. Des sytèmes à solutions multiples, ou sans solution. Vous pouvez aussi avoir des réseaux de neurones qui apprennent, … ce qu’ils apprennent et le nombre de neurones lui-même étant évolutif, leur rôle variable, il n’empêche que vous isolez un système. Un neurone apprend, mais un programme n’invente pas une chose qui n’existe pas chez le programmeur. Vous pouvez prendre la nature (un bout) ou une société (certains de ses aspects), ça ne change rien à l’affaire ici.

    La liberté étant la faculté, pour les nouveaux venus (au monde), de créer du nouveau, le totalitarisme peut être extrêmement robuste et stable, indépendamment de son efficacité économique ou de tout autre critère se rapportant au bien être, précisément parce qu’il l’éradique. Une société qui vit dans ces conditions n’est pas tentée de changer de système, d’adopter le capitalisme ou autre parce qu’il serait meilleur, elle ne le peut pas et ne peut plus le concevoir. C’est pourquoi je ne dis que votre conception de l’alternative, de l’enchainement naturel, ne tient pas. Quant à l’extériorité des « perturbations », vous citez comme facteur déterminant le fait de pouvoir observer et juger ce qui se fait dans les pays capitalistes. Il faudrait savoir. Cela dit, à supposer que cela soit une cause réelle, historiquement, cette possibilité nous dit déjà que la société concernée n’était pas ou plus totalitaire.

    Il est tout à fait abusif d’attribuer au capitalisme, et même au marché, une palme pour les avancées scientifiques qu’ils ont engendré. La science a progressé énormément avant le capitalisme, et depuis, pour l’essentiel, ses avancées viennent évidemment du domaine public. Ce qui est logique, puisqu’il n’y a pas d’avancée scientifique conséquente sans progression de la science fondamentale ; or, par définition, la science fondamentale est celle qui n’a pas d’applications encore reconnues, donc elle n’est pas un investissement pouvant être jugé rentable pour un particulier. Au delà de la recherche publique, un tel investissement ne peut être que désintéressé, s’il est décidé par un particulier. Reste que je ne vois pas le rapport entre le développement de la science et l’efficacité économique.

    Le capitalisme a évidemment la palme pour les avancées technologiques. Mais l’efficacité économique se juge par la satisfaction des besoins, pas par la création de nouveaux besoins, et il s’agit de satisfaire ceux du grand nombre, quand on parle d’économie du bien être, notion d’économie politique. On peut dire que la génération d’inégalités – lot du capitalisme – n’est pas nécessairement génération de misère, puisque les inégalités pourraient ne se créer que par le haut. En ce sens, le capitalisme, dans certain contexte, peut avoir une véritable efficacité économique. Ceci hors périodes de crise seulement, et si on part du principe que l’extension constante du domaine marché, qui en est une condition sine qua non, peut être prolongée sans fin sans induire de dégats économiques. Bref, c’est très relatif et pas durable.

  20. Hommage posthume

    La premiere enquete, par Sherman H. Skolnick, decedé en 2006, vient de loin :

     » Le gouvernement américain savait à l’avance qu’il allait devoir affronter une situation critique  »

    par Sherman H. Skolnick, 11 septembre 2001

    Depuis 1958, Monsieur Skolnick travaille à la réforme des tribunaux. Depuis 1963, président fondateur du Comité d’Assainissement des Tribunaux, il a dénoncé nombre de cas de corruption dans certaines instances de la justice et autres, ainsi qu’une série d’assassinats politiques. Depuis 1991, il est régulièrement désigné au sein de maints comités et, depuis 1995, il est le modérateur et le producteur de l’émission d’une heure  » Broadsides  » (Cable TV Show, Cablecast) sur la chaîne publique Channel 21, Chicago, tous les lundis, à 21 heures. Pour tout un large échantillonnage d’articles imprimés, envoyez 5 dollars US ainsi qu’une enveloppe de format commercial [au moins 11 cm x 25 cm], timbrée (3 timbres) et libellée à votre nom à l’adresse suivante : Citizen’s Committee to Clean Up the Courts*, Sherman H. Skolnick, Chairman, 9800 South Oglesby Ave., Chicago IL 60617-4870. Bureau ouvert 7 jours sur 7 de 8 heures du matin à minuit, (773) 375-5741 [DE GRACE, PAS D’APPELS DE ROUTINE]. Avant d’envoyer un fax, appelez, s.v.p.

    * Comité citoyen d’Assainissement des Tribunaux.

    http://www.skolnicksreport.com

  21. @samedi : Brièvement également :

    1) « un programme n’invente pas une chose qui n’existe pas chez le programmeur » : dans la nature et la société si, puisqu’il n’y a pas de programmeur, et en informatique, on commence.

    2) « je ne vois pas le rapport entre le développement de la science et l’efficacité économique » : s’il n’y a pas de science, il n’y a pas de technologie, et s’il n’y a pas de technologie, n’y a pas d’efficacité économique. Par ailleurs IBM, pour ne citer qu’eux, dispose de laboratoires de recherche fondamentale.

    3) « l’efficacité économique se juge par la satisfaction des besoins, pas par la création de nouveaux besoins » : je doute que l’on puisse distinguer entre « vrais besoins » et « besoins créés ». Si dans les « vrais besoins » vous mettez par exemple communiquer, s’informer, ou se distraire, alors le téléphone portable, le lecteur mp3 et l’écran plat, que, j’imagine, vous qualifieriez de « besoins créés », y répondent pleinement.

  22. @ Jean Paul

    IL est évident que je vous prête les meilleures intentions du monde et en tant que particulier vous faites partie de l’intelligentia qui pense à mon sens , en ce qui concerne l’économie, dans le bon sens

    Ce que j’aimerais dire concernant l’éthique financière , je pense qu’on ne peut concevoir une éthique viable durablement qu’en tant que telle que si elle s’inscrit par elle même comme moteur d’un système et non comme une pièce rapportée

    Donc je pense effectivement qu’il y a des modèles libéraux qui se fondent sur autre chose que la maximisation du profit à court terme Toute valeur morale comme la redistribution , l’investissement social, la rétribution du travail , du capital investi etc… ne peut s’inscrire à mon sens que dans le sens d’une satisfaction d’une aspiration naturelle de l’homme
    L’homme est autant un animal âpre au gain , qu’un animal âpre à faire du bien , tant âpre à donner qu’il est âpre à recevoir Les valeurs doivent se fonder sur une réalité économique de satisfaction de besoins autres que les simples besoins primaires ( pyramide de Maslow)

    Maintenant si le problème des subprimes réside fondamentalement dans la non vision des agences de notation de l’environnement macro économique de la conjoncture immobilière qui a précipité individuellement une collectivité d’acteurs , au niveau des techniques de agrobiologique , je me permets de penser que la recherche d’innovations, la course au brevet se fait avec une vue à court terme et que l’ensemble de la problématique de l’environnement n’est pas vue ou considérée comme un système

    LEs dégâts environnementaux produits directement par une société comme Monsanto La dégradation même de toute la chaine alimentaire dont il se font les irresponsables est non seulement scandaleux mais terrifiant !!
    Donc sur cette société personnellement je ne transigerai pas La biotechnologie dans le court termisme c’est une bombe nucléaire qui pend au dessus de toute l’humanité et on ne peut permettre qu’une seule société en monopole ou un secteur comme l’agro alimentaire mette en jeu toute l’humanité or c’est ce qu’il est en train de se passer

    Vous n’avez qu’à faire des courses dans un supermarché pour le savoir L’alimentation est malade ! Ce secteur est devenu débile et nous risquons gros vu que nous mangeons et sommes obligé de faire confiance à cette chaine qui est pourrie jusqu’à la moelle dans la plupart de ses segments

    Le complément alimentaire en pilule ne peut pas remplacer ce qui est détruit par ailleurs c’est un non sens en terme de développement durable et de santé Vous l’avez compris je ne suis pas un partisan de ce secteur à haut risque , ou en tout cas pas tel qu’il se développe actuellement

    Ceci est sans doute une pensée triste ! Malheureusement triste Il y a tant de combat Vive le bio?!

  23. @ Whynot (11 septembre 2008 à 17:46)

    Merci beaucoup pour votre réponse. Franchement, je ne pense pas qu’il puisse y avoir une éthique financière dans les conditions actuelles. Il peut y avoir des individus ayant une éthique qui font de la finance. J’en connais. Ils sont en général rangés dans les placards pendant les périodes euphoriques, et en ressortent pour assumer des abus qu’ils n’ont pas commis, et remettre la machine en ordre de marche quand les turpitudes des uns et des autres créent des situations insupportables et dangereuses pour la collectivité. Sur le fond, comment des professions qui se « goinfrent » littéralement aux dépens de tous leurs contemporains quand ils ont trouvé le bon filon, mais qui ont l’incroyable indécence de présenter la facture à ces mêmes contemporains, – sans jamais bien sur proposer de restituer les sommes abusivement détournées sous forme de bonus personnels -, quand leurs fortunes changent, pourraient-elles avoir une éthique. Comment voulez vous que des gens qui vivent de la rémunération de risques qu’ils se débrouillent toujours pour repasser à plus faible qu’eux puissent se réclamer d’une éthique ? La plupart des religions interdisaient le prêt à intérêt, ce n’est certainement pas par hasard. Dans un système libéral au sens vrai, la seule façon de réintroduire un peu d’éthique dans la finance serait de lui créer une « concurrence », par exemple en réintroduisant le troc sous ses multiples formes. On n’en prend pas le chemin : la marchandisation envahit peu à peu tous les secteurs de la vie sans que personne ne s’en étonne. Plus surprenant, alors que cette marchandisation est le plus souvent unilatérale, – tous les risques pour la collectivité, tous les bénéfices pour les « marchandiseurs » – presque personne ne proteste. C’est moderne, c’est tendance…. L’argent est le critère unique, donc ceux qui en ont la maitrise sont les rois. La route sera longue. Nous avons avec quelques amis réunis essayé de proposer des pistes de réflexion. Paul Jorion a eu la gentillesse de le publier ce papier (Développement durable et dure réalité) ; il n’etait pas parfait, mais il contenait quand même quelques idées. Il n’a cependant pratiquement provoqué aucun débat. Il faudra sans doute que tous les Citibank de la terre fassent faillite pour que l’on commence à réfléchir.

    Pour Monsanto, je suis d’accord avec vous sur le fait que la politique de ce groupe, et plus encore la façon dont il a essaye de l’imposer en force, sur une question qui pose à l’évidence de très nombreux problèmes de tous ordres (moraux, éthiques, scientifiques, techniques etc..) n’est pas acceptable ne serait-ce que parce que cette « légèreté » a eu pour effet de bloquer tout débat sensé sur ce thème qui reste pourtant essentiel. Que cela plaise ou non, la maitrise de la vie est, avec la maitrise de l’infiniment petit et celle du traitement de l’information, une des « nouvelles frontières » de la science, et elle progresse, et progressera, inexorablement, et pas chez Monsanto, qui se contente de gagner de l’argent en commercialisant des avancées scientifiques découvertes ailleurs, mais, paradoxalement d’une certaine façon, dans les laboratoires de recherche fondamentale qui ont survécu, – souvent grâce aux militaires, des gens sérieux dans la mise au point de leurs outils de destruction qui méritent d’être encouragés -, au massacre provoqué par le « pilotage par l’aval ». Cette progression est souvent pour le meilleur, par exemple dans le domaine de la santé, ou dans celui de la production d’aliments. Ce n’est pas en se plongeant la tète dans les sables de l’excommunication de Monsanto qu’on la stoppera, et, surtout que l’on empêchera d’autres abus, par d’autres aventuriers du capitalisme. Chacun sait qu’avoir la tête dans le sable expose même, au contraire, les autres parties du corps à de désagréables surprises. Je regrette que l’on cristallise l’attention sur les abus de Monsanto pour escamoter un débat dont personne ne peut nier qu’il conditionne l’accession plus ou moins rapide du plus grand nombre à un mode de vie acceptable. Le préalable, je l’ai déjà dit je crois dans ce blog, c’est de chercher à savoir le plus précisément possible ce que l’on fait exactement quand on introduit du matériel génétique bricolé dans un écosystème. Ce n’est pas une mince affaire, et trouver les moyens de l’entreprendre est une responsabilité politique que les irresponsables politiques actuels, bradeurs de service public et d’intérêt commun, sont incapables de prendre. C’est ca le problème. Pas Monsanto.

  24. John D. Rockefeller vers 1875

    en 1913 John D. Rockefeller est un des grand participant de la création de la banque centrale des États Unis et un des grands génies de la création du Reserve systeme de 1913, (federal reserve note),cette grande idée qui propulsa sa grande famille dans une dynastie extraordinaire de grand banquier internationaux contrôlent les actions de catégorie (A) que profite aujourd’hui sa grande famille.

    John Davison Rockefeller (8 juillet 1839 – 23 mai 1937) est un industriel et philanthrope américain, fondateur de la famille Rockefeller, qui a fait fortune dans l’industrie du pétrole. Il est le frère de William Rockefeller. Il est considéré comme l’homme le plus riche de l’ère moderne.

Les commentaires sont fermés.