Le visible et le caché

Bien que certains des arguments avancés dans ce débat engagé sur les conspirations me laissent perplexe, je ne crois pas qu’il soit vain ou sans intérêt. Il m’intéresse à deux titres : parce qu’il teste ce que doit être une explication, et parce qu’il m’obligera éventuellement – et pourquoi pas ? – à revoir entièrement la manière générale dont j’envisage les choses, en m’obligeant à privilégier le caché par rapport au visible dans les affaires humaines. Mais il en va de lui apparemment comme de la race humaine : trois pas en avant, deux pas en arrière. Tentez tout de même de conserver à l’esprit qu’il s’agit de déterminer si oui ou non un certain nombre de questions se posent et, si oui, de les résoudre.

Nous sommes chacun d’entre nous représentatif d’une des positions possibles dans ce projet que je considère périphérique mais certains d’entre vous, manifestement, central. Peut être la tâche est-elle illusoire et dans ce cas il est bon de le démontrer, mais elle ne consiste en aucun cas à disqualifier l’adversaire théorique en le désignant comme fou aux autres participants du débat : si votre argumentation est bonne, elle doit convaincre, c’est la règle du jeu.

Si nous ne pouvons pas nous y tenir, je clôturerai ce débat.

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76 réflexions sur « Le visible et le caché »

  1. L’interprétation « classique » du célébrissime « Escamoteur » de Jérome Bosch, veut que le benêt qui « avale des crapauds » par le « passer muscade » de l’escamoteur cacherait le double jeu du tire-laine qui lui coupe la bourse au même instant : le barnum autour du 11 septembre correspondrait donc à cette figure de la diversion, à ceci près que le petit groupe du tableau prendrait aujourd’hui l’ampleur d’un Mahabarattha dessiné par Dubout (1905-1976).

    La signification du mur qui constitue la presque totalité de la toile de fond du tableau n’est pas évidente ; bien entendu, elle correspond à l’idée « qu’y a-t-il derrière ? Mais ce derrière est devant ! William Franger, à propos du « jardin des délices », nous a montré que le deuxième sens est consubstantiel à la peinture de Bosch, (ajoutons que le crapaud recraché par le benêt et sur la table, mais aussi la muscade tenue en main par l’escamoteur sont, pour le moins, deux psychodysleptiques, ce que le peintre ne pouvait pas manquer de savoir).

    Si je m’autorise cette diversion un peu « précieuse », c’est que je crois l’affaire d’importance, non pas relativement à l’effondrement des deux tours (trois), mais à l’effondrement du réel dans cette affaire -J’attends le prochain ouvrage de Paul avec impatience –

    Je reviens au tableau. Allez, allez, un Flamand, givré génial, comme Jérôme Bosch ne nous livre pas un commentaire au niveau d’un prof de morale de seconde d’athénée ; l’escamoteur n’est pas celui qu’on croit, et gna gna gna…

    Je choisis plus ! Car enfin, rien ne nous dit que l’escamoteur et le tire-laine soient complices. Certes de fait, de visu au minimum, ils tirent partis l’un de l’autre, mais nulle entente explicite n’est nécessaire ! Pour faire court, que je suppose ou non une entente, à ce stade je suis au-delà du mur: dans une phase de construction de la « réalité ».

    Revenons à la figure de la dame « en face de lune », (celle qui nous regarde de face, les yeux bien ouverts et la main posée sur le bras de celui lui qui a les yeux fermés) et dont la main apposée confirme que son regard s’adresse à celui, quelle invite, à son égale, et suppose déjà éveillé : c’est-à-dire « nous tous » qui regardons le tableau! Le propos de Bosch, n’est donc pas de dire « voici comment ça se passe », mais comment imagines-tu comment ça se passe ; le mur rappelle cependant qu’il « y aller voir derrière », mais la construction du tableau rappelle qu’il y a plusieurs niveaux.

    Mes considérations sont un peu fumeuses, toutefois, elles me semblent renforcer l’intérêt du contre-argument de Sam di sur la vitesse de la chute des tours (violation apparente de la conservation du moment d’une force). Il serait impératif que son argument, totalement inédit, soit discuté par les associations d’ingénieurs ayant faits les calculs inverses, comment les mettre en contact ?

    De même, lorsque Yogi objecte que le pré positionnement d’explosif était « impossible » il conviendrait de retrouver ( et de vérifier) la source d’une information (parue en 2002) selon, laquelle les deux tours ont été fermés pendant quelques jours pour des raisons techniques, ce qui n’était jamais arrivé auparavant (deux étages ont été clos pendant une période plus longue).

    Je sais, le 11 septembre est enseveli dans le palimpseste du « copié collé internet », c’est notre réel.

    Un point toutefois ; est-il rationnellement possible, à partir des documents disponibles (vidéo « de chute d’écoulement » de substances très lumineuses à partir des deux tours, photos satellite de zone chaudes quelques jours après l’effondrement ( écartons s.v.p., la photo des pompiers penchés sur une zone rétro éclairée supposée être une flaque de métal en fusion), ces traces, ces « tekmeria » analysées par des méthodes sophistiquées de température de couleur, etc. permettent-elles de conclure que les températures des substances en question ne peuvent que correspondre bien la température de fusion de l’acier, et pas de l’aluminium ??? Ces questions précises auraient dû être « à la une » des journaux depuis longtemps (lol) .

    Dans ce cas, il y aurait bien eu, très vraisemblablement, usage d’explosif ! Mais ceci, ne signifierait pas qu’il ait eut complot, entente préalable comme dans le cas du tire-laine et de l’illusionniste.

    Un « réel proche » est qu’il nous faille attendre sept ans, pour que la « réalité » de ces questions pointe leur nez dans le mainstream média, juste le temps qu’il faut pour que le palimpseste impose sa réalité, et merde !

  2. Peut-on, à propos du 11 septembre, travailler sur les affects ? L’appel à une raison pacifiée et sereine suffira-t-il ? Les dynamiques d’affects retrouveront-elles un nouvel équilibre, par quel chemin ?

    Je ne sais pas si j’exagère, mais j’ai l’impression que le 11 septembre active un « schisme » entre gens raisonnables, ceux qui disent oui et ceux qui disent non au complot. Je ne crois pas non plus que l’affaire sombrera à terme dans l’anecdote et l’oubli. Enfin, je ne sais pas vraiment, est-ce que métaphoriquement, dans le « corps social » les affects non résolus ressurgissent également comme symptôme ?

    Les débats sur le 11 septembre semblent ne plus être guidés que par les affects que chacun y attache en fonction de sa personnalité propre (personnellement je me rassure en pensant que l’équipe Bush aurait été incapable de réussir un pareil coup si elle l’avait voulu).

    Pour des centaines de milliers d’esprits, l’État est devenu un pouvoir occulte seulement pensé comme une « démonologique », la contagion s’étend, ramasse tout ce qui traîne dans les tiroirs, par exemple que le premier Pearl Harbor avait été voulu (Robert STINNETT, Day of Deceit. The Truth about FDR and Pearl Harbour, Free Press: New York 1999).

    Je ne vois pas la possibilité d’un débat rationnel qui puisse être mené à l’échelle utile ; de plus, un petit comité n’aurait pas les moyens de réunir les éléments matériels et les protocoles expérimentaux nécessaires à l’exercice de la raison. N’espérer le salut que par la raison raisonnable ne serait-il pas illusoire ? Que faire d’autre, alors qu’en écologie, en économie comme en politique, nous sommes constamment submergés par les effets d’une multitude de farces monumentales. Après les vagues dévastatrices, nous aurons droit à une série de mesurettes « sérieuses » : autant nous habituer (en complément de nos efforts de sérieux) à rire de nous même tout de suite ! Pour le prochain tour, un progrès d’une relative efficacité serait peut être, qu’en miroir ou par effet de pendule, nous ayons appris à nous moquer de nous même lorsque nous cédons à la tentation de prendre les banquiers tout à fait au sérieux !

  3. @samedi et paul

    Je tombe sur le beau calcul, à la méthodologie duquel je souscris en gros, de @samedi montrant que l’énergie d’un bloc entier de 15 étages tombant en chute libre de la hauteur d’un étage ne pourrait être retenu par les étages du dessous, et sur la réaction de soulagement manifeste de Paul.

    Malheureusement tout corps tombant en chute libre de 3, 74 m, ne peut atteindre 36,59 m/s mais plutôt 8 m/s (c’est bien heureux pour les spectateurs des JO qui auraient eu de la peine à voir l’arrivée des perchistes sur le tapis!

    Cela divise donc l’énergie à absorber par 20 environ, et démontre l’inverse de la thèse!

    D’ailleurs un autre problème est la crédibilité de l’hypothèse initiale: il faudrait admettre, à un instant donné, une « descente » ( forcément en flambement, coordonné sur l’ensemble des piliers du « core ») de cet étage, sous sa charge nominale, et n’ayant absorbé qu’une quantité négligeable de l’énergie en question

    On ne peut l’envisager que si on avait eu à cet étage un pic de température intéressant l’ensemble de la structure centrale au moment de la chute, et n’agissant qu’à cet étage. On aurait dû avoir une vue sur la source de chaleur.

    A mon sens, l’explication rationnelle de la chute des tours reste à trouver !!

    L’Amérique est encore dans la caverne de Platon!

  4. Dédicace @ jlm

    « There’s a sign on the wall
    But she wants to be sure
    ‘Cause you know sometimes words have two meanings
    In a tree by the brook
    There’s a songbird who sings
    Sometimes all of our thoughts are misgiven. »

    Ceci est la réponse d’un ingénieur-structure du nom de Robert Plant

  5. @ catherine
    J’ai du mal à vous suivre. Vous dites : « Un nouveau-né ne porte en lui aucun gene de bien ou de mal ». Ceci est un jugement ou un affect car on n’en sait rien. Donc ce n’est pas la vérité à vous suivre. Ou bien est-ce qu’une hypothèse ne résulte pas d’un jugement ou d’un affect et peut déboucher sur la vérité ?

  6. jlm dit :
    18 septembre 2008 à 10:15

    «  »Je ne vois pas la possibilité d’un débat rationnel qui puisse être mené à l’échelle utile ; de plus, un petit comité n’aurait pas les moyens de réunir les éléments matériels et les protocoles expérimentaux nécessaires à l’exercice de la raison. » »

    Sans doute que si. Les investigations de Antony Sutton dont j’ai su l’existence assez longtemps avant l’apparition d’internet.

    (pour ceux qui comprennent l’anglais)

    ou encore

    Rappel : Antony Sutton était de formation complètement agnostique, mais son honnêteté a été plus forte semble-t-il. Heureusement

    Quant à ce lien, il vient d’un site que j’ai connu il y a presque 7 ans. Mais c’est un peu comme souvent. C’est à dire un « catalogue » où se trouve du bon et du mauvais, du vrai et du faux. C’est là que les auteurs de ce site ont laissé voir leur « faiblesse », car ils ont pris le train en marche avec le rôle de la finance, de la monnaie et leur traitement qui n’est évoqué ici que maladroitment, il y a seulement un ou deux ans… Mais il y a énormément de liens dans ce site « géant ». Précision, ce n’est pas parce que je transmets un site que j’en suis un partisan. Je fais comme l’indique Saint Paul dans (je crois) une lettre aux Théssaloniciens : « Examinez toute chose et prenez ce qui est bon »

    Catherine dit :
    18 septembre 2008 à 12:00

    «  »(….) quitter cette schize sociale complétement artificielle et stérile entre pro et anti qui sert décidément bien ce pouvoir, ne trouvez-vous pas? » »

    Tout à fait!! Il est nécéssaire et sain, à mon avis (et d’autres heureusement), de se sortir de cette dialectique mortifère d’opposition tel que, par exemple (et entre autres) nous y entrainerait Samuel Hutington avec son « choc des cultures » : monde musulman contre occident, terrorrisme contre démocratie, etc, etc. , ce qui ne signifie pas d’ailleurs qu’il faille, comme les pacifistes de sinistre mémoire qui déclaraient autefois : « plutôt rouges que morts! ». Il ne faut pas être pacifistes mais activement PACIFIQUES.

    Je vais essayer, très vite, de ne pas m’embrouiller, ni embrouiller les autres en simplifiant au maximum.

    Si la loi du bien et du mal existe et s’exerce ici bas d’une manière ou d’une autre de façon omniprésente, il y a donc des pôles d’opposition dans chaque objet, dans chaque personne humaine. Ainsi chaque pôle d’opposition est composé LUI-MÊME de deux pôles d’opposition (au minimum). Dans une opposition, deux parties (ou pôles) sont opposées et sont donc chacune d’elles composées de bien et de mal s’opposant. Ainsi que l’écrivit Hermann de Kerserling, chaque homme est à la fois bon ET mauvais dans une même personne humaine. Ainsi une opposition binaire est forcément à la base une opposition quaternaire. A est contre B, mais dans A il y a: A versus B, et dans B il y a : B versus A. Ce qui fait quatre pôles, et ainsi de suite. Le système binaire devient vite une prison. Le « bon » dans A ne s’oppose pas au « bon » dans B et inversement. Tandis que le mal dans A peut s’opposer au mal dans B et inversement, ou s’associer avec lui, voire dans le meilleur des cas s’annuler mutuellement. Mais ce sera toujours le mal qu’on peut dialectiser jusqu’à l’anéantissement. Depuis plus ou moins 250 ans l’humanité a payé très très cher, dans le sang et les cendres, la ruine et la misère le fait de s’être fait prendre comme dns un filet par cette « philosophie délétère et mortifère », soigneusement entretenue dirait-on. Cela semblerait se confirmer aujourd’hui. Tout les jours. Jusqu’à la plus grande échelle.
    Allons nous continuer à nous y prêter?

  7. Jacques,

    J’ai parlé de deux origines qui nous font être ce que nous sommes.

    L’héritage biologique , celui de nos chromosomes , contre lequel nous ne pouvons rien, c’est celui qui nous fait être grand, petit, noir, blanc, porteur ou non d’une aberration, et puis l’héritage socio-culturel, qui nous détermine dans nos affects, nos pensées, nos jugements etc…

    Quand on nait, on ne » sait « rien c’est un fait patent, « l’enfans » ou » l’infans  » je ne sais plus comment ça s’écrit, c’est celui qui ne parle pas.

    Tout doit être appris. L’idée du bien et du mal est absente, la conscience n’étant pas encore élaborée.

    La conscience est une construction faite d’images qui assemblées deviendront des symboles, jusqu’à ce que l’enfant ait ce sentiment d’être UN parmi les autres,lieu d’où naissent les premières angoisses existentielles.

    Si l’enfant « savait  » en poussant le premier cri, il serait déjà « humanisé » pourrait-on dire un peu rapidement, or on sait que ce processus du savoir ne s’acquiert que par AUTRUI , sans ces autres nous serions à l’image des enfants-loups.

    Je vous rejoins donc tout à fait sur la deuxième partie de votre proposition puisqu’elle appuie la position paradoxale de l’homme que je relevais à savoir, ces autres, nous en avons besoin pour nous humaniser, pour devenir homme parmi les hommes.

    Intériorisés, tous ces autres vont créer notre personnalité c’est à dire nos affects, nos jugements, nos pensées, notre savoir, etc….c’est notre posture humaine, nous pouvons la déplorer, c’est ce que fait Yogi, en parlant de la partie sombre diabolisée, mais nous ne pouvons pas la récuser, car elle nous constitue, non, nous ne sommes pas des Dieux, nous ne sommes pas le TOUT.

    Mais , paradoxe, tout en étant nécessaire d’abord, l’affect empêche ensuite, voile la vérité car cet affect est lui même un masque, un écran , et pourtant sans lui, il n’y a pas de raison de différencier un événement plutôt qu’un autre.
    J’espère que c’est clair mais j’ai un doute et je suis prise par le temps.

    Il faut faire tomber le masque en quelque sorte, le masque se dit justement personae en latin, personnalité pour nous, c’est une nécessité dans un premier temps mais qui empêche la compréhension, la vérité ensuite , et dont il faut se débarrasser pour voir ce qu’il y a derrière.

    Et l’on ne peut s’en débarrasser qu’en connaissant tous ses aspects, tous ses moindres recoins, tous ses travers, tous ses stratagèmes, tous ses coups tordus!

    Je suis désolée, je crains que ce soit obscur, que ça fasse écran justement je n’ai plus le temps là tout de suite, mais dites-moi surtout n’hésitez pas, j’essaierai de clarifier si c’est nécessaire pour vous et surtout quand j’aurai un peu plus de temps.

  8. @ Bernard (18 septembre, 11h13),

    merci pour la correction. Je ne m’en veux pas trop, car j’étais fatigué, comme je le suis encore ce soir, malheureusement. Et le plus important est sans doute d’avoir lancé ce petit débat d’experts.

    Effectivement, si je ne me plante pas de nouveau, sur mon coin de table, on aurait une vitesse de 8.57 m/s et non 36.59 m/s, soit 18.2 fois moins d’énergie cinétique. De là à dire que ça contredit la thèse, on n’y est peut-être pas : 18.2 ne fait pas les 128 que je trouvais, mais 7 fois moins. Il faut aussi admettre que les gradients thermiques en vertical devaient être très élevés, et donc qu’un faible nombre d’étages ont du encaisser l’essentiel de l’énergie, au dessous du point de rupture.

    Quant à l’hypothèse d’une rupture de tous les éléments porteurs d’un étage simultanément, vous avez raison aussi. Mais il faut bien prendre un point de départ (on pourrait très bien avoir un « plan de rupture oblique », …), et il se trouve que la rupture a bien commencé, dans les faits. Il faut voir aussi la structure de l’étagement, qui semble plaider pour cette hypothèse (à rediscuter, bien sûr). D’après les simulations faites par les équipes qui ont émis le rapport cité, la température n’était pas élevée dans tous l’étage, à tout moment, au niveau de la zone de crash, mais cela ne suffit pas à infirmer l’hypothèse d’une « amorce de rupture « horizontale ». J’arrête là pour ce soir, je passais en coup de vent.

  9. @ Bernard (suite),

    je reviens un peu sur mon début de réponse. Pour le moment je n’ai pas de raison d’écarter la thèse en question.

    Pour rappel : dans l’approche que j’avais suivi, le ratio de 128, qui passe à 7 après correction, désigne le nombre d’étages nécessaires, au dessous de l’étage rompu, pour absorber sans rompre (non pas sans déformation plastique) l’énergie cinétique des 15 étages du haut chutant sur la hauteur d’un étage.

    Mais je considérais que les étages sollicités sont à 20°C, ce qui est évidemment très optimiste. Du fait des gradients thermiques verticaux logiquement très importants, il n’y a pas besoin d’une chute initiale de 3.74 pour rompre le premier étage du dessous. Pour que la « cascade de dominos » commence, une hauteur de chute d’un tiers d’étage aurait sans doute suffit.

    La deuxième question que vous souleviez, concernant la pertinence d’un scénario de départ correspondant à l’effondrement de tout un étage au même moment, me parait d’autant moins problématique. La longueur du « pont », distance entre le « core » et les structures porteuses de la périphérie, faisait dans les 20 m, un peu plus. Imaginez que le pont se met en « parapluie » – si, par exemple (et les simulations ont montré quelque chose du genre) la structure périphérique s’est déformée, se repliant vers l’intérieur, au point de ne plus porter et de laisser la charge essentiellement sur le « core » : ça ferait une flèche inouïe, vue cette longueur, pour que l’extérieur descende d’un mètre environ avant que tout l’étage ne cède. Par ailleurs, il n’y a pas du tout besoin d’un flambement d’ensemble – hypothèse farfelue, puisqu’il faudrait une répartition d’efforts simultanée qui relèverait du miracle -, encore moins d’un flambement simultané de toutes les structures porteuses verticales, pour apporter cette rupture de l’étage. Vue la structure de l’étagement, il y a eu sans doute combinaison de différents modes de défaillance, en particulier dans la rupture du premier étage : beaucoup de fluage ; flambement par-ci, notamment sur la périphérie ; rupture en flexion par-là au niveau des raccords pont / « core », … Et certains de ces évènements, les premiers, se sont produits avec un décalage sans doute important dans le temps.

    Mais la thèse, ensuite, tient toujours (calculs à affiner, et à vérifier bien sûr), si on peut dire le premier étage (ou le « plan » de rupture), avant de rompre, ne s’était pas déjà affaissé globalement de deux mètres environ… or, c’est une hypothèse assez absurde.

  10. @ Catherine

    Un extrait de mon livre « Principes des systèmes intelligents » (Masson 1990 : 101) :

    Une conception encore plus proche de celle dont il est dit ici qu’elle préside à l’apprentissage – à la constitution d’une mémoire pour un système intelligent -, se trouve dans la philosophie chinoise. Chuang-Tzu (369-268 av. J.-C.) attachait une importance considérable à l’opposition entre choses vraies, shih, et les choses fausses, fei. Dans cette perspective, une vie humaine peut être envisagée comme la « cristallisation linguistique » dans la personne, des choses qu’elle considère vraies et de celles qu’elle considère fausses :

    « Chuang-Tzu considère qu’en faisant les discriminations caractéristiques des shih (ceci / vrai / affirmer) et des fei (pas-ceci / faux / nier) conflictuels des différentes écoles philosophiques, nous faisons quelque chose d’analogue aux choix que nous faisons quant à l’endroit où vivre, qui seront nos amis, quelle sera notre alimentation, etc. Nous ne manifesterions cependant pas notre inclination vers une école ou vers une autre à moins que nous n’ayions déjà d’une certaine manière un préjugé favorable vis–à–vis de ce choix. La nature de ce préjugé, selon Chuang-Tzu, est dû à des discriminations passées et aux choix qui sont fondés sur elles. Nous développons un esprit soumis au préjugé dont le contenu est un système linguistique que nous appliquons dans notre perspective. En acceptant des distinctions et des choix linguistiques, nous inclinons à en faire d’autres et nous tissons graduellement la toile jusqu’à ce que nous ne puissions finalement plus opérer de distinctions que d’une seule manière. En fin de compte nous aboutissons à un système élaboré de shih et de fei que nous ne pouvons plus évaluer indépendamment » (C. Hansen, Language and Logic in Ancient China 1983 : 94).

  11. Oui, merci Paul, c’est un trés beau texte.

    Il y a cette belle parabole de Chuang -Tzu que je vous envoie en retour, de mémoire.

    Chuang -tzu rêva qu’il était un papillon et il ne savait plus, à son réveil, s’il était un homme qui avait rêvé qu’il était papillon ou un papillon qui rêvait en ce moment même qu’il était un homme…

  12. Profond et ayant beaucoup de « dimensions » le passage de Chuang-Zu.

    Salvador Dali que je connaissais surtout comme philosophe et épistémoloque hors pair (il fut, en quelque sorte mon maître) se demandait en ragardant la Voie Lactée, qui était le plus grand des deux? Lui, ou la Voie Lactée?

  13. Faute de réponse, combien de question nous reste-t’il?
    Question d’ordre physique:

    Pourquoi la structure extérieur n’a pas joué son rôle de compensateur (gouttière mobile) pour résorber l’impact en façade?
    Pourquoi le noyau central tressé et compartimenté a t’il cédé?
    Pourquoi l’essentiel de l’incendie ne montre aucun signe de température suffisante pour une fusion de l’acier (fumée noire et individu présent et en vie près des « foyers » massifs de l’accident »)?
    Pourquoi 9 secondes avant l’impact de la seconde tour y’a t’il un vrombissement dans le soubassement de l’immeuble?
    Pourquoi trouve t’on des températures résiduelles de près de 2500°C deux jours après l’effondrement au tréfond des décombres?
    Pourquoi est il encore d’actualité de mélanger l’effet d’explosion et l’effet de fusion dans les explications d’effondrement?
    Pourquoi ne reste t’il pas plus d’acier dans les décombres, de pan entier de la structure affaissée?
    Pourquoi cette masse fluide des décombres s’échappe des tours, effet d’une vaporisation des matériaux, non d’une combustion pendant leurs effondrement?
    Pourquoi les deux tours mettent chacune près de 10 secondes à s’effondrer, temps et vitesse quasi égale à un objet en chute libre sur la même distance d’un peu plus 415 mètres?
    Pourquoi deux immeubles s’effondrent sur eux même dans une translation quasi identique, sans résistance des matériaux?
    Pourquoi un immeuble atteint d’un incendie à peine perceptible s’effondre 8 heures plus tard dans le même schéma de translation, vitesse et rejets de matériaux vaporisés?

    Questions Financières et stratégique:

    Pourquoi y’a t’il eu de massifs « put » sur le marché autour de american et delta airlines pendants les deux jours précedents l’attaque et cela sans éveiller un seul soupçon des « gendarmes » de la bourse?
    Pourquoi 2 mois avant le 9/11, un acteur puissant s’est porté acquéreur (bailleur) des deux tours avec comme originalité, la souscription d’une assurance particulièrement étoffée sur les questions d’actes terroristes?
    Pourquoi le lieu crée par l’administration Clinton, siège de l’intelligence Américaine destiné à surveiller les marchés,s’est vu disparaitre dans l’effondrement surprenant de la tour 7 à 15 heures?
    Pourquoi l’agence allemande chargée de restaurer les données retrouvées sur les disques durs endommagées dans les décombres, son travail accompli, a rédigé un commentaire clair signifiant l’évidence de multiple délits d’initiés? Puis s’est plongé dans un mutisme absolu.
    Pourquoi fut-il urgent de dégager les décombres du terrain, jeté sans espoir de retour en eaux, pourtant le lieu de ce qui aurait du être l’enquête scientifique la plus précise de la décennie?

    Pourquoi aucune des mises en gardes, résultats d’enquêtes d’intelligence stratégiques faite par des états amis n’ont été entendu par les dirigeants?
    Pourquoi pendant cette mâtiné, l’essentiel des forces aériennes étaient lancées dans une manœuvre qui en de nombreux points comportait trait pour trait les événements réels qui se déroulait?
    Pourquoi l’interception des chasseurs a échoué?
    Pourquoi, après les agressions un seul avion civil fut il autorisé à voler?
    Pourquoi aucun mandat international d’arrestation fut édité à l’endroit d’un seul individu pourtant accusé médiatiquement d’être l’organisateur des attentats?
    Pourquoi un pays entier a soutenu une action de guerre envers un pays souverain, sans preuves de responsabilité de ce pays dans l’organisation de cette meurtrière agression, encore jusqu’à aujourd’hui?
    Pourquoi en 8 ans, aucun individu significatif n’a été arrêté?

    Question d’ordre classique sur le plan historique?
    Le poids du sang dans l’histoire reste un marqueur utile afin de juger de l’état mental d’une société. Y a t’il un équilibre, sorte d’application du talion entre les décès du 9 septembre 2001 et les décès qui ont suivi, présenté comme l’effet trouvant sa cause dans ces attentats?
    En cas d’asymétrie, les effets sont toujours dévastateurs pour ce qui est présenté comme le débiteur de cette équation morbide.

    Est il utile de s’écarter d’une démarche d’analyse factuelle pour s’orienter vers un questionnement ontologique sur la véracité, l’origine du réel ect? N’est ce pas un dévoiement sans objet?
    Afin de rejoindre l’auteur brillant de ce blog, j’avancerai qu’un changement de paradigme est nécessaire dans l’exercice de la justice sociale et je doute qu’il se satisfasse ad vitam aeternam de l’oubli, de l’à peu près une fois encore.

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