L’effet « Obama » n’a pas eu lieu

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Ceux qui espéraient un effet « Obama » sur les marchés financiers doivent déchanter : l’indice DJIA a perdu, en deux séances, 9,7 %, soit la dépréciation la plus brutale qu’ait connu la bourse de New York depuis le krach d’octobre 1987. Le CAC 40 a perdu lui, 8,2 % de sa valeur sur ces deux journées.

Le VIX, notre baromètre de la confusion des marchés, qui s’était récemment refait une petite santé, a subi aujourd’hui une rechute sérieuse, remontant à 63,68 soit un gain de 16,7 % par rapport à hier.

Quant au TED qui mesure la confiance dans les prêts interbancaires, il est pratiquement stationnaire à 2,08 %, encore près du double de son niveau du début septembre, et près de sept fois son niveau de vitesse de croisière, avant que le tarissement du crédit n’intervienne dans les premiers jours d’août 2007.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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54 réflexions sur « L’effet « Obama » n’a pas eu lieu »

  1. On s’inquiète.
    Quelqu’un a-t-il des nouvelles de Jean Bayard ? Comme il n’intervient plus sur le Blog , je me demande s’il n’est pas retourné a l’Hopital pour ses problèmes de coeur.
    – Jean, comment vous portez-vous ?
    Si vous êtes a l’hopital, courage…

  2. Lu sur le blog de Loïc Abadie : « Les 100 milliards de hausse de la base monétaire de la FED sont dérisoires face à la bulle de dette privée qui pèse plus de 40 000 milliards de $. La taille de cette bulle réduira à néant tous les efforts des gouvernements pour relancer l’inflation : Nous sommes bien dans un contexte typiquement déflationniste, quoi qu’en disent l’immense majorité des experts (…) Ceux qui croient que les problèmes seront réglés dans 2 mois viendront simplement grossir les rangs déjà bien fournis des victimes de la crise. La montagne de dette aux USA (357% du PIB US), essentiellement privée est intacte (…) Elle a mis plus de 20 ans à se construire, ce n’est ni en 2 mois, ni en un an qu’elle va être résorbée ! La « montagne de liquidité » injectée dans le système est en fait un petit monticule… »

  3. Marc Faber
    http://macedoniaonline.eu/content/view/4299/52/

    Did you see this crisis coming ?

    Marc Faber: It was quite clear we had a credit bubble. I had been warning about that for years and not only in the mortgage sector. But what surprised even me was that AIG would almost disappear and that UBS shares would fall under $17.20.

    A credit bubble has been growing for 25 years.

    The situation worsened in 2001 in the United States when the central bank lowered the interest rate from 6.5 per cent to an unheard of one per cent in 2003. This ultra-expansive monetary policy led to a credit growth that was five times higher than growth of the economy. A bubble growth and later the crash were the logical consequences.

    swissinfo : You are known for swimming against the tide of conventional wisdom. But you are right in line with the prevailing pessimism.

    Marc Faber : Not quite. I’m even more pessimistic than most (laughs). Look at it like this, between 1980 and 2007 people saved from their capital gains and not their income, as their income was spent. That was fine while property and shares increased in value every year. Today these people are highly indebted and are only beginning to save more by putting the brake on their consumption.

    That’s how every economy goes to the dogs – with or without injection of capital by governments. With the best of wills, I do not see a single catalyst that could lead to a new bull market in the world. The current situation is possibly worse than the global economic crisis of 1929. And that is thanks to Alan Greenspan and Ben Bernanke. These two gentlemen must account for massive errors.
    (…)

  4. OBAMA (USA), SARKOZY (EU) et STRAUSS KAHN (FMI) sont déterminés, puissants et complémentaires. Ils feront tout pour mettre au pas les voyous de la finance qui ont tenté de briser une société performante et démocratique.
    De toute façon, ils savent trés bien que l’Etat est le dernier rempart contre cette Mafia ultralibérale.
    Si ils hésitent à leurs régler leur compte, il sera trés difficile de gagner cette bataille qui s’annonce très dure
    .
    Vu la situation de marasme, c’est une lutte pour la survie de la démocratie et la défense des droits élémentaires des citoyens
    .
    Les Ultralibéraux Evangélistes ayant perdus les élections, il faut vraiment profiter de cette occasion pour remettre de l’ordre dans le système.

    Nb: l’abandon de poursuite pénale contre Eliot Spitzer qui avait mené une belle bataille contre cette racaille est également une bonne nouvelle.
    Pareil pour les conclusion de l’enquête sur Strauss Kahn
    Les Evangélistes ont souhaité mélanger la politique et la vie privée, ils ont perdu à plate couture…il est grand temps de casser le bunker qu’ils ont construit.

  5. L’effet Obama a été important avant les élections.
    C’est la plus forte hausse du marché avant des élections (et la plus forte baisse directement après).
    Il va falloir encore s’attendre à beaucoup de volatilité sur les actions comme durant les années 30.
    Ce qui me fait soucis sont effectivement les problèmes de dettes (carte de crédit, immobilier encore etc) et les CDS. Malgré plusieurs entretiens téléphoniques avec des dirigeants de grands établissements bancaires au sujet des CDS, je n’arrive pas à me rassurer. On me dit que le net est très faible et que c’est uniquement le notionnel qui est élevé (like a zero sum game!)….et le risque de contre-partie ??
    Enfin tout cela est à lire sur mon blog. Bon week-end

  6. Le plus vraisemblable pour la purge des excès de dette reste le scénario en deux temps que je privilégie depuis le début de cette crise : déflation / deleveraging dans une première phase, inflation par flambée des déficits publics et surendettement des états dans un second temps. Les deux phases contribuant à résorber la dette en excès : liquidation réelle dans la première phase, dilution dans la seconde.

    Ce sera un processus long (une décennie au moins), pendant lequel les économies resteront fragiles après la grosse crise des premières années.

    Quelques articles sur le deleveraging et la déflation :
    – Article de contre info (en français)
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2227
    – Article du washington post
    http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/10/06/AR2008100602961.html?hpid=topnews
    De plus en plus d’analystes parlent de déflation ces derniers temps…beaucoup essaient de nous convaincre que nous devrions y échapper. Mais c’est un signe qui ne trompe pas à mon avis.

    Les recherches sur le terme « deflation » dans google explosent depuis quelques semaines (octobre 2008)…alors que jusqu’ici tout le monde ne voyait la crise qu’à travers les « subprimes » ou l’inflation, le mot deflation oublié depuis des décennies commence à réapparaître.

    Loic Abadie Comprendre la deflation.
    http://tropicalbear.over-blog.com/pages/Comprendre_la_deflation-770777.html

  7. Loic Abadie ecrit :

    Je partage les points suivants avec les inflationnistes :

    – Nous sommes face à une crise du crédit d’une ampleur exceptionnelle et au moins aussi importante que celle de 1929 (en fait nettement plus importante).
    – Les états préfèrent largement l’inflation à la déflation et essaieront de tout faire pour contrer la déflation.
    – Les déficits publics vont fortement augmenter avec la crise en cours (moins de recettes, des dépenses supplémentaires pour faire face aux problèmes liés à la crise).

    Et pourtant, je suis totalement déflationniste (en première partie de crise), voici pourquoi :

    – Essayer, ce n’est pas réussir. Pour reprendre l’expression de Mike Shedlock :  » faith in the fed is the last bubble « .
    J’y ajouterai  » faith in the government is the last bubble  » (la foi dans les capacités d’action des gouvernements est la dernière bulle).
    Les inflationnistes ont en effet une foi absolue dans les capacités de creation monétaire et d’endettement des gouvernements. Celle-ci est en réalité limitée par deux points essentiels : la dette privée et les taux longs.
    Il faudrait aujourd’hui environ 8 ans d’inflation à 10% pour ramener la dette totale US à un niveau acceptable (sous les 180% du PIB). Toute tentative gouvernementale de relancer l’inflation déclencherait une forte hausse des taux longs, ce qui dynamiterait encore plus vite la montagne de dette privée en excès et précipiterait son effondrement : Les dirigeants ne peuvent pas se le permettre.

    – La déflation d’actifs est déjà largement vérifiée dans les faits (voir le tableau en haut de l’article) et le processus de deleveraging a résisté à toutes les actions entreprises jusqu’ici par les gouvernements pour l’enrayer.

    – Sur la dette publique US maintenant, elle va augmenter, cela est clair…tout comme la dette publique japonaise pendant les années 90. Mais nous partons d’un niveau bas comme je l’explique ici :

    Dette publique et marge de manoeuvre des autorites US (Billet du 14 septembre 2008).
    http://tropicalbear.over-blog.com/article-22805419.html

    En particulier, les engagements de l’état en matière de retraite n’engagent que ceux qui sont assez naïfs pour y croire (et certainement pas l’état) vu qu’ils ne seront jamais respectés : ce n’est pas de la vraie dette !
    Ce qui a flambé au cours des dernières décennies, c’est la dette privée (déflationniste), pas la dette publique.
    La capacité de l’état à transformer de la dette privée en dette publique pour contrer la déflation est très limitée : quand les marchés diront  » stop  » au gouvernement via une hausse des taux longs sur les bons du trésor, celui-ci ne pourra que s’incliner (sinon les conditions de crédit se durciraient encore plus, ce qui ne ferait qu’amplifier la déflation au final).

    L’expansion de la dette totale ces dernières années aux USA était de 4000 milliards de $ par an environ (FED, stat Z1- flow of funds). Aucun gouvernement au monde n’a les capacités de remplacer ce flot qui se tarit actuellement et d’empêcher ainsi l’installation d’une crise déflationniste.

    Pour moi les gouvernement US et européens sont en fait totalement désarmés face à la déflation à venir.

    Loic Abadie : « Comprendre la deflation. »
    http://tropicalbear.over-blog.com/pages/Comprendre_la_deflation-770777.html

  8. Cela fait pas mal de temps que je surfe régulièrement sur le site de Loïc Abadie dit l’ours tropical…J’aimerai cependant émettre une critique quant à ce site (non ce n’est pas sur le graphisme désastreux…éhé). Je m’appuierai pour ce faire sur une distinction établie par Paul dans son billet « comprendre la crise ».

    Paul y distingue deux façons d’analyser l’économie :

    1/ « la science » économique incarné par Bernanke.

    2/ l’économie politique dont Paul est un brillant représentant.(si,si Paul j’insiste).

    Je crois que le site de l’ami Abadie incarne la « science économique » version « petit porteur »…ce qui est amusant c’est que l’on y retrouve le même aveuglement aux mécanismes (politiques , sociologiques) et conséquences (idem) de la spéculation…Je voudrais donner un exemple concret :

    Un intervenant belge régulier, Luc, y racontait ces derniers jours ses espoirs de gains sur les actions d’Arcelor Mittal, il envisageait une hausse…Au-delà du fait que les bourses ont fortement baissé ces deux derniers jours (oup’s), il est assez fascinant de remarquer que pas un seul instant le jeune Luc ne s’est soucié du sort des ouvriers belges (ses compatriotes) qui tout au long des prochains mois vont se retrouver au chômage technique à cause de la décision de baisser la production (apparemment il n’habite pas la région de Liège…)

    Dans le même ordre d’idée, on peut se référer à un post de Loïc concernant les racines de la crise (19 octobre), son « analyse » se concentre essentiellement sur la confiance et donc la perte de conscience du risque et…sur la psychologie des foules…

    Aucune mention de l’avidité et de la cupidité des banquiers de Wall street. Pas un mot concernant le transfert vers les actionnaires de près de 30% de la part des salaires qui appauvrit les « consommateurs » et entraîne la nécessité pour maintenir un certain niveau de vie de recourir au crédit. (paradoxalement, il est le premier à critiquer le recours massif au crédit pour maintenir le taux de croissance…!!!!) etc.

    La seule explication que j’ai pu trouver à un tel déni, est qu’il est difficile de s’enrichir sereinement (je crois qu’Abadie est d’ailleurs très clair quant au but de son blog, on ne pourra pas lui reprocher son manque d’honnêteté) tout en étant conscient de participer de mécanismes dont les conséquences se révélent dramatiques pour certaines populations. J’évoquais les ouvriers belges d’Arcelor Mittal, mais l’on peut aussi penser aux égyptiens, marocains, camerounais, ivoiriens, indonésiens, sénégalais malheureux acteurs des récentes émeutes de la faim…

    Cet aveuglement nécessaire va d’ailleurs très loin puisque qu’à la fin de son post sur « la cause racine de la crise », Abadie envisage une simple épuration du système et la création de nouvelles bulles lorsque la confiance sera à nouveau à son apogée, je cite :

    « L’humanité a toujours fonctionné comme cela, par cycles alternant excès d’optimisme et de pessimisme. Cela ne changera pas à l’avenir.
    Au niveau individuel, nous pouvons détecter et nous protéger des excès par une connaissance des comportements de foules et des cycles économiques. Au-delà de ce niveau individuel je ne pense pas qu’une prévention durable contre les excès associés aux cycles soit possible : c’est le cycle lui même qui conduit les foules à faire sauter les barrières à chaque fois.
    Peut être que je suis trop fataliste ? »

    clairevoyance concernant l’apparition et le déroulement de la crise ? Oui.

    Cependant ce gentil gentil petit soldat du capitalisme me fait froid dans le dos…

    Du soldat au bourreau…

  9. Bonjour,
    tout à fait d’accord
    Les petits-porteurs sont tout aussi aveuglés par le gain à court terme…c’est le système qui veut cela.
    J’en veux pour preuve ce que je constate tous les jours tout près, lici, à juste à côté, à savoir:
    Retrait des épargnants-petits-porteurs de leur argent d’une grande banque de la place, retrait engendré par la peur de faillite et ainsi de perte finale de leur épargne.
    Le pire dans tout cela c’est que ces mêmes petits-porteurs déplacent ces montants sur une banque en ligne et que font-ils ? Je vous le donne en mille:
    Il achète des actions de la grande banque qu’ils viennent de quitter, dans le secret espoir de faire un gain sur son redressement !!!
    c’est totalement contradictoire. Cette banque en ligne a annoncé il y a deux jours sur les ondes d’une radio étatique que le volumes de transaction à l’achat sur le titre de la grande banque de la place représentait 20% du volume total des transactions. Nous sommes dans l’ère de l’homo sapiens sapiens cupidus et non dans l’ère de l’homo sapiens sapiens investus
    Bonne journée
    si vous voulez connaître les noms des établissements contactez-moi depuis mon blog

  10. @ ghostdog et crofin

    Il y a quelques minutes a peine, Loic repondait a une critique semblable a la votre :

    Ce blog a pour modeste objet de proposer quelques conseils aux épargnants (stratégies individuelles) pour passer au mieux la crise en cours. Pas de proposer un projet de société ou une théorie politique (même si il m’arrive de « déborder » un peu du sujet).

    Le problème est que toute l’économie, y compris l’économie réelle est concernée par la bulle de crédit… Il n’y a aucune séparation dans les faits entre « actifs toxiques » et « économie réelle », vu que l’économie réelle vivait dans un surrégime artificiel permis par la bulle de crédit : Les faillites (qui arriveront de toutes façons) affecteront directement les activités liées à l’économie réelle (ça a déjà commencé).

    Les conséquences classiques de l’implosion d’une bulle de crédit à grande échelle sont des choses malheureusement inévitables dans ce contexte : chômage en forte hausse, chute de la consommation et du pouvoir d’achat, faillites, réactions de colère des foules (espérons qu’elles ne seront pas trop fortes).

    On ne passe pas sans douleur d’une société droguée au crédit et qui vit au dessus de ses moyens à une économie assainie. Je n’ai pas de solution miracle, et je ne pense pas qu’il y en ait. Les politiques peuvent simplement accompagner le mouvement et répondre aux urgences et aux problèmes sociaux les plus graves, et surtout préparer l’après-crise par des réformes adaptées…à condition qu’ils soient conscients de l’ampleur de cette crise (???).

    Loic Abadie

  11. J’ai cru comprendre que le délai entre la date de l’élection et la prise de fonction réelle du président américain avait été racourcie lorsque Roosevelt était arrivé au pouvoir pendant la grande dépression. Mmmm si ca continue comme ca, le camarade Obama devrait également prendre fonction encore plus tôt parce que à ce rythme là, il n’y aura ni 100 jours, ni état de grâce, l’économie aura sombré d’ici 2 mois. Va falloir bien plus qu’un effet élection Obama pour remettre tout cela en place m’est avis

  12. Cher Benoît,

    Je n’ai jamais remis en question l’honnêteté intellectuelle de M. Abadie, bien au contraire, pour avoir beaucoup parcouru son blog, je reconnais qu’il a toujours très précisément posé les objectifs de son blog, qu’il n’a jamais caché ses sympathies de droite ( il appelé à voter pour M. Sarkosy), bref, je respecte ses opinions et c’est pourquoi je n’interviens jamais sur son blog, car mes propos dans ce contexte seraient HS.

    Cependant cela n’empêche pas de souligner les défaillances de ses « analyses » de fond qui en rapport avec l’article de Paul « comprendre la crise », s’apparente à épouser les postulats du raisonnement qu’il décrit comme « la science » économique en opposition à l’économie politique.

    IL me semble important de bien marquer cette DIFFERENCE IDEOLOGIQUE car cela me semble être UN des enjeux FONDAMENTAUX, non seulement de la résolution de de cette crise, mais aussi de ses racines.

    Paul cite très justement par ailleurs, ( et ici je ne fais que reproduire bêtement son analyse) les mots de Buffet que je paraphrase ici de mémoire :  » Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner « .

    Benoît, je ne peux que vous renvoyer à l’excellent article de Paul, dont mes piètres gesticulations ne reflètent aucunement la justesse d’analyse.

    Si je me suis permise d’intervenir c’est surtout parce que le blog de M.Abadie est pour moi représentatif de cet aveuglement et que je considère comme criminel…

    Je crois que l’on parle assez justement de crise de civilisation, j’entends aussi par là, une déshumanisation des individus…

    Le gentil blog de M. Abadie illustre à mon avis cette déshumanisation, et c’est pourquoi il me semblait important de le souligner…

    C’est sur ces points précis que je suis prête à discuter avec tout contradicteur…

    Bonne fin d’aprem, Ben ! :°)

  13. @Ghostdog,

    Pour ma part, étant comme de nombreux d’entre vous un fidèle de ce blog, de celui de Loic, de contreinfo et autre site « non politiquement correct », je pense que tu te trompes de bataille et que les deux blogs sont complémentaires.

    Quand je dis tu te trompes de bataille, je fais référence au fait que Loic est clair, son objectif n’est pas de sauver le monde mais de « Il est simplement là pour tenter d’anticiper et prévoir les tendances les plus probables sur l’économie et les marchés financiers et s’en protéger, ou pourquoi pas en tirer parti 🙂 , pas pour proposer un quelconque projet politique ou social. »
    voir : http://tropicalbear.over-blog.com/120-index.html
    Donc pas d’opposition entre les deux sites.

    Je ne considère pas non plus qu’il est aveugle. Maintenant son choix de ne pas faire de politique pourrait être remis en cause.
    Je te suivrais plus sur l’aveuglement du Luc, qui lui représente plus l’archétype du petit spéculateur qui se fera plumer à la fin.

    Il (Loic) semble même assez réaliste et j’aurais plutôt tendance à le suivre dans son fatalisme :
    « On trouvera aussi sur ce blog des conseils pour se protéger contre cette crise qui risque malheureusement d’avoir des conséquences sociales très dures.

    Au niveau collectif, il est trop tard pour agir…par contre individuellement on peut encore se protéger ! »

    Dans d’autres articles de son blog, il écrit même que si la crise devait être beaucoup plus dure que prévu (faillite d’états, etc…) , il y aurait d’autres sujets de préoccupation que d’essayer de préserver nos petites économies.

    Alors on peut ne pas être d’accord avec son affirmation « Au niveau collectif, il est trop tard pour agir » mais pour l’instant je n’ai vu nulle part d’alternative réaliste car les alternatives que je considère pour ma part réalistes ne sont pas « gentilles » mais pas du tout. Connais-tu une révolution où aucun sang n’a été versé ?

  14. Il reste à Obama a imiter l’archonte Solon qui au VIème siècle avant notre ère proclama la sistachie « soulagement du fardeau » c’est à dire l’abolition des dettes des citoyens pauvres d’Athènes qui les liaient à l’oligarchie qui régnait à cette époque, et qui complètée par une réforme politique audacieuse leur permit de participer activement aux délibérations concernant la vie de la Cité.
    Les historiens datent de cette époque la naissance de la démocratie dans ce pays puis dans le monde sous la forme connue actuellement.
    DES CITOYENS ENDETTÉS MASSIVEMENT NE PEUVENT ÊTRE DES CITOYENS RÉELLEMENT LIBRES car ils sont dépendants de ceux qui leur promettent au moyen des fétiches marchands de compenser leur servitude.

  15. Il n’y a pas de sciences économiques, il y a des sciences intérieures à des branches économiques, financières, monétaristes, etc. Mais: « sciences économiques » est une expression pour « en imposer » dans les « chaumières »…

    bob dit : 7 novembre 2008 à 10:24
    OBAMA (USA), SARKOZY (EU) et STRAUSS KAHN (FMI) sont déterminés, puissants et complémentaires. Ils feront tout pour mettre au pas les voyous de la finance qui ont tenté de briser une société performante et démocratique.
    De toute façon, ils savent trés bien que l’Etat est le dernier rempart contre cette Mafia ultralibérale.
    Si ils hésitent à leurs régler leur compte, il sera trés difficile de gagner cette bataille qui s’annonce .

    D’abord laissons à Obama le temps de reprendre son soufle et de faire ses preuves, je ne l’associerais pas aux deux autres, il vient à peine d’arriver. Au sujet de N. Sarkozy et de D. Strauss-Khan, il faut d’abord rappeler que tout homme, quelqu’il soit, à la liberté absolue de pouvoir changer d’avis. N. Sarkozy l’a déjà fait (bien obligé!) sous la pression des événements, lui qui, il y un an, faisait les louanges des prêts hupothécaires dont il voulait faciliter l’introduction en France… Nous ne savons pas encore, à ce stade, pour qui il roule. Quant à D. Strauss-Khan, on ne connaît pas toute la dimension « internationale » du personnage avant qu’il soit à la tête du FMI, ni vraiment à présent quelle stratégie il induira au FMI. Cette institution du FMI me paraît très dangereuse, et elle l’a été. Le « très chrétien »(?!) Michel Camdessus fut à la tête du FMI de 1987 à 2000, jamais, pendant ce temps les plus pauvres dans le monde entier n’eurent tant à souffrir, n’eurent tant de victimes, il devrait être inculpé. Michel Rocard, parlant de la présente crise il y a une semaine environ, dit bien lui à la radio, haut et fort, que Milton Friedmann (s’il n’était pas décédé il y a peu) devrait être traduit en justice sous l’inculpation de crimes contre l’humanité.

    Le FMI est, ni plus ni moins, le bras de transmission idéal pour les milieux financiers transnationaux pour avancer encore plus sur le chemin du mondialisme, c’est à dire tout le contraire de la liberté. La crise actuelle leur donnant une occasion unique d’imposer presque directement la mondialisation-globalisation, car cela risque d’être présenté comme la « seule » solution pour sortir de la crise, n’est pas ce qu’on déjà fait entendre les tenants du dit: « nouvel ordre mondial »? Les pays ont déjà à peu près abandonné leur souveraineté, surtout leur souveraineté financière, la principale de toutes les souverainetés dans le contexte actuel.

    Pourquoi est-ce si difficile de réaliser des système financiers différents de celui auquel nous sommes soumis? C’est que les milieux bancaires, en particulier transnationaux, constituent un impérialisme international de l’argent. Ils craignent par desus tout, je l’ai dit et je le redis, la réussite de tel ou tel système, juste et fécond pour la société, dans tel ou tel endroit, car l’exemple ferait traînée de poudre et tout le mode comprendrait très vite.

    Il ne faut pas attendre après les milieux financiers internationaux, et que tous, puissions démontrer qu’un autre système, d’autres systèmes financiers sont de bons serviteurs qui ne nous volent pas, au contraire. Et ainsi, nous ne seront plus les serviteurs forcés du système financier menteur, voleur, etc, actuel.

  16. Je rejoins l’analyse de Ghostog.
    Il est tout à fait légitime de comparier les blogs de Paul Jorion et Loïc Abadie.
    Si l’on part du postulat qu’il existe bien une économie poltique — que donc l’économie a de façon inhérente une dimension politique — je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas avoir un avis, politique, sur le contenu du blog de Loïc Abadie. Son blog distille un certain nombre d’informations et, clairement son public cible est l’investisseur, petit ou gros.

    Toute perspective sociale et politique y est éludée de façon à conforter le petit ou gros porteur dans sa conviction que l’investissement en bourse est une activité sans implications politiques et sociales. Bref, Abadie occupe une position très politique, il n’est pas neutre, et à ce titre nous pouvons sans gêne le critiquer, d’autant plus que fort de sa notorité sur l’internet francophone il contribue à véhiculer une certaine idéologie, celle d’un marché qui ne devrait sa faiblesse qu’aux errements de la psychologie des foules. Ce genre de positionnement doit être combattu car il maintient le statu quo.

    Je suis d’accord aussi pour dire que le petit porteur qui ne s’interroge pas sur la nature et le fonctionnement de la bourse relativement à un certain contexte politique est également fautif. Dans cette crise chacun doit prendre ses responsabilités et voir plus loin que le bout de son nez.

    Bref, il ne suffit pas de dire que la situation est grave comme Roubini Abadie le LEAP et d’autres le font.
    Cela est nécessaire bien entendu mais s’arrêter là est démobilisateur. Je préfère cent fois l’approche de Paul qui permet de prendre un certain recul devant l’horrifique tableau. Car c’est de loin que l’on en voit mieux les contours, les défauts, la petitesse. Bon sang, que tous ces cassandres sortent un peu de leur cadre !

  17. @Rumbo
    Je suis assez d’accord avec votre analyse en particulier concernant la ligne directrice du FMI dirigé à l’époque par Camdessus; ça me rappel d’ailleurs qu’à l’époque ou j’étais encore lycéen en 2de, dans une dissertation d’Histoire-Géo, je m’étais permis de tirer à boulet rouge sur un article du Point qui vantait la politique soit disant humaniste du FMI envers les pays Africains; j’avais eu droit à un zéro pointé bien que mon argumentation était étayée par une volumineuse bibliographie économique mais discrètement partisane; j’avais consciemment oublié un détail: la Prof était d’un autre avis politique. Ceci dit on a tous vu les résultats de cette politique « humaniste » en Afrique
    .
    Pour revenir à notre sujet, je pense, que DSK à de fortes compétences économiques et qu’il n’est pas ultralibéral, donc, un espoir est possible au FMI
    S’agissant de Mr Sarkozy, j’ai l’impression qu’il est animé d’une volonté pragmatique, et qu’il sent le vent du boulet (encore un boulet)
    Et puis Mr Obama, c’est l’Amérique dans toute sa splendeur, il n’est pas de gauche mais il est démocrate et métis, donc il devrait, grâce à son charisme et ses compétences, faire bouger les lignes.
    De toute façon, je suis instinctivement persuadé qu’une cohésion entre Obama, Sarkozy et DSK peut et doit se faire; Il parait maintenant presque évident, que ce cataclysme peut évoluer vers une crise de type 1929, si les Etats ne collaborent pas en toute intelligence pour intervenir dans les affaires économiques.
    Et si il y a crise de type 1929, il y aura tout ce que cela implique après. L’Histoire a tendance à se répéter assez souvent car les principes de causalité sont assez immuable dans le temps. Une sorte de modélisation mathématique probabiliste des événements…

  18. Pierre Yves !!! MERCIIIIIIIIIIIII, vous avez illuminé ma soirée…je veux dire par là que je commençais à douter sérieusement de mes capacités d’expression tant les réponses à mon commentaire étaient complétement à côté des points que je soulignais…

    Je suis heureuse de constater que vous avez lu l’analyse de Paul  » comprendre la crise »…

    Je me suis sentie un peu moins seule ce soir…et je dois avouer que le dernier post de Paul avec la sublime chanson de Ferré m’avait un peu achevée…

    Bonne soirée Pierre Yves…au plaisir de converser avec vous…

  19. Rumbo,

    « ils savent trés bien que l’Etat est le dernier rempart contre cette Mafia ultralibérale »

    Ne pensez-vous pas tout de même que l’Etat en venant en aide aux établissements en difficulté, y compris par le biais de la recapitalisation, de la nationalisation, loin d’être un rempart, est en train de renforcer un capitalisme d’Etat ?

    Le capitalisme a toujours vécu en symbiose plus ou moins étroite avec l’Etat, les Etats. La crise actuelle pouvait, pourraît encore être une excellente occasion pour reprendre la main et domestiquer le cheval fou du capitalisme. Je me demande quelle vision de la crise ont ces hommes que vous citez. Difficile de savoir qu’elle est leur degré actuel de compréhension de la crise. Paul nous dit bien dans son livre que la crise n’a pas totalement surpris le gouvernement US.

    Certes le capitalisme a besoin de l’Etat pour ne pas aller tout droit au chaos social, mais l’intervention de l’Etat se pratique dans des conditions tellement laxistes et sans transparence qu’il semble manifeste que c’est beaucoup plus le capitalisme qui se sert de l’Etat pour servir ses intérêts plutôt que l’Etat qui, en intervenant, contribue au bien commun.

    Qu’en est-il maintenant des conseillers d’Obama ? On nous dit qu’il y a parmi eux beaucoup d’anciens de l’équipe Clinton. Or s’il est une période pendant laquelle le néo-libéralisme a fait florès c’est bien sous l’ère Clinton, grand partisan du libre échange, intérieur et extérieur. Stiglitz quand il était à la banque mondiale en a été le témoin privilégié. Qui conseille DSK ? Si ce sont toujours les mêmes cercles d’experts on risque de tourner en rond. Nous n’avons plus qu’à espérer que la lumière jaillira dans ces esprits à la faveur de quelques rencontres improbables avec des personnalités convaincues et convainquantes externes au milieu intellectuel dans lesquels ils sont plongés en permanence. La vigilance citoyenne comptera aussi beaucoup, car action étatique ne veut pas dire forcément action pour le bien commun.

  20. Je suis heureux d’avoir contribué a ouvrir ce débat Jorion / Abadie, et je comprends les positions critiques exprimées, meme si certains termes employés par ghostdog me paraissent excessifs et inutilement blessants, par exemple : « aveuglement criminel », « du soldat au bourreau… »
    Sans préjuger de la facon dont Loic pourrait les ressentir, ces termes-la, moi-meme en tant que lecteur (reconnaissant) du Blog et du livre de Loic je me suis senti offensé et j’ai du me retenir alors de ne pas répondre sur le meme ton polémique. Comme quoi… les mots peuvent vite se dresser entre nous…

    « LES MOTS SONT DES FENETRES, OU BIEN ILS SONT DES MURS. Introduction a la Communication non violente. » Marshall B. Rosenberg, Editions La Decouverte. Préfaces de Charles Rojzman et Arun Gandhi

    Diversifier mes sources de reflexion et d’analyse :

    Bien plus que la Lettre de LEAP a laquelle je suis abonné, le livre de Loic et son site m’aident a comprendre la crise et les prochaines annees. Pour moi, il repond a des questions nombreuses que je me pose auxquelles Paul ne repond pas. Les deux hommes sont « mes deux meilleurs experts ». Humainement, je me sens assez proche d’eux egalement.

    Pour le reste, et je veux parler ici du plan éthique, je me sens moi-meme suffisamment « structuré » et « bati par ma propre histoire », pour ne pas avoir besoin de faire appel a des conseillers. J’ai ma propre boussole interne. Et si la boussole de Paul et celle de Loic different quelque peu (du moins sur leurs conclusions, car pour le reste, qu’en savons-nous ?), qui sommes-nous pour porter des jugements cinglants (moraux) sur les personnes ? N’y a-t-il pas deja assez de procureurs ?
    Amicalement.

    PS – Qu’advient-il de notre ami Jean Bayard ?

  21. Je rejoins Benoît pour apprécier d’avoir contribué à lancer un débat J – A, surtout, je l’avoue, parce que cela m’aide aussi à faire le ménage dans la tête.
    Je crois que le site de Loïc Abadie n’est utile, en complément de celui de Paul, que pour épauler son analyse de la gravité de la situation : c’est pas si évident d’y croire quand les médias nous bassinent l’inverse à longueur de journée (quoique cet excellent article
    Mais, comme le disent GhostDog et Pierre-Yves, il est aussi aussi politique puisqu’il prône, d’une certaine façon certaine, la spéculation. Et derrière mes mots (trop) gentils envers le belge Luc, se dissimule certainement – mais je le découvre – de la colère : ce gaillard doit être un buveur de Jupiler ( Hé, ho, y’a un bail que je suis sevré ).

  22. Crise financière :
    Union sacrée pour sacrée arnaque
    par Éric Toussaint sur CADTM (3 novembre 2008) :
    http://www.cadtm.org/spip.php?article3845

    Le sauvetage des banques et des assurances privées réalisé en septembre-octobre 2008 constitue un choix politique fort qui n’avait rien d’inéluctable et qui plombe l’avenir à plusieurs niveaux décisifs.

    Tout d’abord, le coût de l’opération est entièrement porté à charge des pouvoirs publics, ce qui entraînera une augmentation très importante de la dette publique |1|. La crise capitaliste actuelle, qui durera au moins plusieurs années, voire une dizaine d’années |2|, va entraîner une réduction des recettes de l’État alors qu’augmenteront ses charges liées au remboursement de la dette. En conséquence, les pressions pour réduire les dépenses sociales vont être très fortes.

    Les gouvernements d’Amérique du Nord et d’Europe ont remplacé un échafaudage branlant de dettes privées par un écrasant montage de dettes publiques. Selon la banque Barclays, les gouvernements européens de la zone euro vont émettre en 2009 de nouveaux titres de dette publique pour un montant qui devrait atteindre 925 milliards d’euros |3|. C’est une somme colossale, sans compter les nouvelles émissions de bons du Trésor par les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, le Canada, etc. Pourtant, récemment encore, il y avait un consensus des mêmes gouvernements pour réduire la dette publique. Les partis de droite, du centre et de la gauche traditionnelle ont tous appuyé la politique de sauvetage favorable aux grands actionnaires sous le fallacieux prétexte qu’il n’y avait pas d’autres solutions pour protéger l’épargne de la population et le fonctionnement du système de crédit.

    Cette union sacrée signifie le transfert de la facture à la majorité de la population qui sera invitée à payer pour les frasques des capitalistes sous différentes formes : réduction des services que l’État fournit à la population, pertes d’emploi, baisse du pouvoir d’achat, augmentation des contributions des patients pour les soins de santé, des parents pour l’éducation des enfants, réduction des investissements publics… et une augmentation des impôts indirects.

    Comment sont financées actuellement les opérations de sauvetage qui sont en cours en Amérique du Nord et en Europe ? L’État apporte de l’argent frais aux banques et aux assurances au bord de la faillite, soit sous forme de recapitalisation soit sous forme d’achat des actifs toxiques des entreprises concernées. Que font les banques et les assurances avec cet argent frais ? Essentiellement, elles achètent des actifs sûrs pour remplacer des actifs toxiques dans leur bilan. Quels sont les actifs les plus sûrs en ce moment ? Les titres de la dette publique émis par les États des pays les plus industrialisés (bons du Trésor des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, de la Belgique…).

    La boucle est bouclée : l’État donne de l’argent aux institutions financières privées (Fortis, Dexia, ING, banques françaises, britanniques, nord-américaines…). Pour ce faire, les États émettent des titres du Trésor public qui sont souscrits par ces mêmes banques et assurances, qui sont restées dans le secteur privé (car l’État n’a pas demandé que le capital qu’il apporte lui donne droit à prendre les décisions, ni même à participer aux votes) et qui font de nouveaux profits en prêtant l’argent frais qu’elles viennent de recevoir des États |4| à ces mêmes États en exigeant bien sûr un intérêt maximum…

    Cette énorme arnaque en cours bénéficie de la loi du silence. L’omerta est de mise entre les principaux protagonistes : gouvernants, banquiers voleurs, assureurs voyous. Les grands médias se gardent bien d’analyser jusqu’au bout le mécanisme de financement des opérations de sauvetage. Ils s’attardent sur des détails : l’arbre qui cache la forêt. Par exemple, la grande question que se pose la presse en Belgique à propos du financement de la recapitalisation de Fortis qui passe sous le contrôle de BNP Paribas est la suivante : combien vaudra l’action Fortis en 2012 quand l’État qui s’en est porté acquéreur pourra la revendre ? Bien sûr, personne ne peut répondre sérieusement à cette question, mais cela n’empêche pas la presse d’y consacrer des pages entières. Cela permet de détourner l’attention. La philosophie et le mécanisme de l’opération de sauvetage ne sont pas analysés. Il faut espérer que grâce à l’action conjuguée des médias alternatifs, des organisations citoyennes, des délégations syndicales et des partis politiques de la gauche radicale |5|, cette grande arnaque sera comprise par une partie croissante de la population et dénoncée. Ce ne sera pas facile, tant le bourrage de crâne est considérable.

    Au fur et à mesure de l’aggravation de la crise naîtra un profond malaise qui se transformera en défiance politique à l’égard des gouvernements qui ont réalisé ce type d’opération. Si le jeu politique se poursuit sans grand bouleversement, les gouvernements de droite en place aujourd’hui seront remplacés par des gouvernements de centre gauche qui poursuivront une politique sociale-libérale. De même, les actuels gouvernements sociaux-libéraux seront remplacés par des gouvernements de droite. Chacun à leur tour, ils critiqueront la gestion de leurs prédécesseurs en affirmant qu’ils ont vidé les caisses de l’État |6| et qu’il n’y a pas de marge de manœuvre pour des concessions aux demandes sociales.

    Il n’y a rien d’inéluctable en politique. Un autre scénario est tout à fait possible. D’abord, il faut affirmer qu’on peut parfaitement sauver l’épargne des citoyens et le système de crédit d’une autre manière. On peut assurer la protection de l’épargne de la population grâce à la mise sous statut public des entreprises de crédit et des assurances au bord de la faillite. En d’autres mots, il s’agit de les étatiser ou de les nationaliser. Cela signifie que l’État qui en devient propriétaire assure la responsabilité de leur gestion. Afin d’éviter que le coût de cette opération retombe sur l’écrasante majorité de la population qui n’a aucune responsabilité dans la crise, les pouvoirs publics doivent faire payer ceux qui sont à l’origine de celle-ci. Il suffit de récupérer le coût du sauvetage des entreprises concernées en prélevant un montant égal sur le patrimoine des grands actionnaires et des administrateurs. Évidemment, cela implique de prendre en compte l’ensemble de ces patrimoines et pas seulement la partie issue des sociétés financières en faillite.

    L’État doit également entamer des poursuites légales contre les actionnaires et les administrateurs responsables du désastre financier, afin d’obtenir à la fois des réparations financières (qui vont au-delà du coût immédiat du sauvetage) et des condamnations à des peines de prison si la culpabilité est démontrée. Il faut aussi prélever un impôt de crise sur le grand capital afin de financer un fonds de solidarité pour les victimes de la crise (notamment les chômeurs) et pour créer de l’emploi dans des secteurs utiles pour la société.

    De nombreuses mesures complémentaires sont nécessaires : ouverture des livres de compte des entreprises avec droit de regard des organisations syndicales, levée du secret bancaire, interdiction des paradis fiscaux en commençant par l’interdiction faite aux entreprises d’avoir quelque transaction ou actif que ce soit avec ou dans un paradis fiscal, taxe progressive sur les transactions en devise et sur les produits dérivés, instauration du contrôle sur les mouvements de capitaux et sur les changes, arrêt net de toute nouvelle mesure de déréglementation/libéralisation des marchés et des services publics, retour à des services publics de qualité… L’aggravation de la crise remettra à l’ordre du jour la question du transfert de secteurs industriels et des services privés vers le secteur public, de même que la question de la mise en œuvre de vastes plans pour la création d’emplois.

    Tout cela permettrait de sortir de cette grave crise par le haut, à savoir en prenant en compte l’intérêt des populations. Il s’agit de réunir les énergies pour créer un rapport de force favorable à la mise en pratique de solutions radicales qui ont comme priorité la justice sociale. »

    Éric Toussaint.

    __________________
    Notes :

    |1| Du côté des gouvernements et de la Commission européenne pourtant chargée de veiller au respect des normes de Maastricht, on évite soigneusement le sujet. Quand des journalistes deviennent vraiment insistants, ce qui est très rare, on leur répond qu’on n’avait pas le choix.

    Il faut aussi préciser que plusieurs gouvernements réalisent tout comme les banques faillies, des opérations hors bilan ou hors budget afin de dissimuler le montant exact de leurs obligations en terme de dettes publiques.

    |2| On peut la comparer à la crise dans laquelle le Japon s’est débattu à partir du début des années 1990 et dont il sortait à peine quand cette crise l’a touché de plein fouet.

    |3| Selon Barclays, cette somme se répartirait comme suit : 238 milliards pour l’Allemagne, 220 milliards pour l’Italie, 175 milliards pour la France, 80 milliards pour l’Espagne, 69,5 milliards pour les Pays-Bas, 53 milliards pour la Grèce, 32 milliards pour l’Autriche, 24 milliards pour la Belgique, 15 milliards pour l’Irlande et 12 milliards pour le Portugal.

    |4| Bien sûr, l’argent frais apporté par l’État ne sera pas uniquement utilisé pour l’achat de titres du Trésor, il servira également à de nouvelles restructurations bancaires ainsi qu’au profit direct des banques.

    |5| Espérons qu’on pourra compter également sur des parlementaires faisant leur boulot et sur des journalistes qui dans les grands medias voudront réellement analyser de manière critique la manière dont le sauvetage bancaire est réalisé jusqu’ici.

    |6| Ils pourraient dénoncer cela ou tenter d’agir dès maintenant au sein des institutions parlementaires. S’ils ne le font pas alors qu’il est évident qu’ils savent parfaitement que la dette publique va fortement augmenter, c’est qu’ils partagent l’orientation choisie. De fait, ils ont choisi l’union sacrée qu’ils rompront à l’approche des élections.

  23. Oufti dit :
    8 novembre 2008 à 09:10

    Tout à fait d’accord avec vous au sujet du site de Loïc Abadie. Quant à l’excellent article: La finance et l’économie réelle
    À propos du livre de Michel Husson, Un pur capitalisme, article paru dans POLITIQUE n°56 : octobre 2008, par Gabriel Maissin. Alors là!! Si il y a bien une approche qui justifie à 200% le CRÉDIT SOCIAL (ou ARGENT SOCIAL, c’est pareil) c’est bien celle-là!!

    Franchement nous nous laissons gangrèner sytématiquement par les effets toxiques, jusqu’à une dose létale, par le « fluide » rendu artificiel, d’une marchandise virtuelle de commerce que le droit, la « loi », protège comme une propriété, mais propriété accumulée à l’infini tout en étant nominative. C’est incroyable cette infirmité, ce gâtisme, qui nous frappe devant l’argent et la satisfaction artificielle qui en découle. En résumé, je dirais: « je suis propriétaire absolu de l’air que je respire, de l’eau que je bois, je peux même m’en faire une réserve qui dépasse plusieurs fois mes besoins, mais jamais, jamais, je ne peux le faire en en privant mes concitoyens et les autres habitants de la planète ». Or l’argent est vécu ainsi à l’époque même de l’automatisation galopante de la production des biens et des services (1) Notre cerveau semble programmé ainsi: accumuler jusqu’à crever sous le poids (ou d’indigestion) de l’accumulation en faisant crever le maximum des autres…

    Comment faut-il s’y prendre pour que la « respiration » économique passe dans les mœurs et que l’antidote aux poisons d’argent soit mis au point? On comprend la profondeur de la crise « civilisationnelle » qui nous frappe de plein fouet en si peu de temps. Mais, de rares en somme, tel que votre serviteur, lorsque qu’il y a encore dix-huit mois, parlaient devant des portes fermées, des esprits tout occupés de promotions politiques, commerciales, etc, (des vétilles quoi!) de cette situation latente et proche, l’on était écartés d’un revers de la main méprisant, à la limite insultant, les mêmes aujourd’hui, cherchent à se mettre en position de donneurs de leçons…

    Je crois que tous ceux qui exercez un vrai métier (la liste serait trop longue, mais tous les vrais métiers, de la main et du cerveau, sont faciles à s’imaginer), votre impact et votre saine prégnance va se développer dans la proportion où l’anti pollution financière pourra s’exercer pour le bonheur et la santé de tous.

    (1) on sait maintenant que le monde physique ne le permet plus, il siffle la fin de la récréation, simplement un argent juste, normal et naturel permettrait de s’adapter tellement mieux, et de rester « mariés » pour l’essentiel avec l’environnement et l’écosystème en ayant une bien plus grande capacité de nous insérer dans les forces naturelles: solaires, géothermiques, électro-magnétiques, etc, que nous ne connaissons pas assez, et de loin, courbés que nous acceptons d’être sous la férule du monde exclusivement financier.

  24. Pierre-Yves D. dit :
    8 novembre 2008 à 00:25
    Et Paul

    Tout occupé ci-dessus avec l’article de Gabriel Massin sur le livre de Michel Husson, je n’ai pas tout de suite lu votre précédent message.

    Mais c’est bien aussi à peu près ce que je dit. Il s’agit de la continuation d’une combinatoire État-banques, ou banques-États. Je vois que l’État, les États, sont, en sous-main, des instruments, gardes chiourme ou pères fouettards, pour canaliser et remetre en ordre un sytème financier qui a tourné complètement (au sens où un plat à tourné). Plus ou moins 25 années de libéralisme quasi absolu, plus notre ignorance, donnent la situation où nous allons. Vingt-cinq ans c’est très largement une génération! C’est grave! Car la dérive délétère a bien fait en sorte que la, ou les générations suivantes n’aient pas, ou n’aient plus les points de repères des précédentes. Je parle de celles qui ont été progressivement marginalisées et déclarées: obsolètes, par les tenants d’ « idées » qui, pourtant, allaient devenir obsolètes bien plus vite! Mais la « nature humaine » est ainsi faite qu’une poignée d’années suffisent dans la vie humaine, à écarter toute vision, tout réflexe naturellement sain, de paysan ou de marin, sur le long et même le moyen terme (ne parlons même pas du court terme), pour seulement garder sauf les bases et le socle, nécessaires à la vie.
    L’histoire, en France, du Crédit Agricole est édifiante à ce sujet. Ce fut la stratégie de prêts faciles à une myriades de petits exploitants agricoles, à partir du début des années cinquante, dont la plupart n’ont pu rembourser les prêts que les « sirènes » leur avaient vendus. Le Crédit Agricole (qui avait un statut de coopérative je crois, je ne sais pas s’il l’a toujours, peu importe) devint ainsi l’un des principaux propiétaires fonciers… Les agriculteurs et leurs enfants allèrent à l’usine, etc, je ne peux ici relater tout cette histoire que vous devez connaître pour l’essentiel.

    J’ai beaucoup circulé dans mon travail dans le quart Sud-Est de la France où j’habite, et bien dans beaucoup de bourgades rurales alors en déclin et dépopulations, le plus beau bâtiment, archi-moderne pour l’époque, et bien c’était le Crédit Agricole, tandis qu’à la mairie c’était le – manque de crédits – pour les maisons de vieux, les crèches, les hopitaux, les stades, etc.

  25. A propos de LEAP (plusieurs fois cité dans vos commentaires), j’ai relevé une grosse erreur d’analyse au sujet des présidentielles américaines parue dans le GEAB n°27 du 15 septembre 2008 :

    L’analyse de sept facteurs électoraux décisifs liés à la configuration de la campagne présidentielle américaine (choix des vice-présidents, contexte économique et stratégique, état d’esprit actuel de l’opinion publique US,… ), à l’historique des conditions de « mise sur orbite présidentiable » des deux candidats, ainsi qu’à l’état de dysfonctionnement de la machinerie électorale des Etats-Unis, conduit LEAP/E2020 à estimer qu’il n’y a désormais plus d’incertitude significative sur le nom du futur président des Etats-Unis qui sera élu en Novembre prochain. L’élection est programmée et le
    programme fonctionne parfaitement. Le gagnant sera donc John McCain.

    En-dehors de facteurs hautement improbables (décès ou scandale personnel de très grande ampleur), LEAP/E2020 anticipe l’entrée prochaine de John McCain à la Maison Blanche car l’incertitude n’est plus de mise du fait de la convergence d’une série de 7 facteurs électoraux décisifs :

    1. Barak Obama a été créé pour une tâche qu’il a déjà effectuée : éliminer Hillary Clinton de la course à la Maison Blanche
    2. L’actualité « fabriquée » joue à plein en faveur de John McCain
    3. Le facteur racial joue à plein contre Barak Obama
    4. Le facteur militaire joue à plein en faveur de John McCain
    5 Les Américains, traumatisés par la désagrégation accélérée de la puissance de leur pays, sont à la recherche de sauveurs rassurants (« héros » ou « mamans »)
    6. Le facteur Palin neutralise la « jeunesse » d’Obama et garantit le vote de « droite » de McCain (ses deux principales faiblesses)
    7. Les dysfonctionnements de la machinerie électorale US joue à plein en faveur de John McCain

    Analysons ci-après chacun de ces facteurs…

  26. Le debat existe sur le blog de Loic Abadie depuis longtemps.
    Ci-dessous une autre reponse de Loic :

    Je ne « souhaite » pas la crise systémique. Elle est simplement pour moi un fait acquis depuis longtemps, et totalement inévitable aujourd’hui… Je ne peux rien faire « pour » ou « contre » cela. Juste anticiper et m’adapter à cette nouvelle donne.
    J’ai été raisonnable pendant des années, je n’ai pas vécu au dessus de mes moyens comme beaucoup l’ont fait, et j’ai épargné beaucoup en prévision de ce qui allait arriver. Donc je n’ai pas l’intention de laisser mon épargne être détruite par la panique d’une génération d’inconscients qui ont perdu toute capacité à évaluer le risque.

    J’emets un voeu.

    Que ceux qui ont le jugement expeditif lisent d’abord le livre ecrit par Loic Abadie : La crise financiere en 2008-2010. Leur jugement ne pourra qu’en etre plus mesure. Et leur regard sera sans doute moins manicheen.

    Loic Abadie est avant tout un enseignant remarquable (c’est son metier, d’ailleurs). Il rend intelligible l’economie, meme a ceux qui n’y comprenaient rien auparavant. Il redonne ses lettres de noblesse au bon sens et donne des outils a la reflexion personnelle de chacun. Il ne donne pas a juger, il donne a comprendre.

    Et last but not least : une fois cette lecture effectuee, vous vous plongez dans les livres de notre cher Paul Jorion, et… tout devient lumineux !

    Merci, Loic. 😉

  27. Vieille prophétie :

    ‘I believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standing armies. If the American people ever allow private banks to control the issue of their currency, first by inflation, then by deflation, the banks and corporations that will grow up around the banks will deprive the people of all property until their children wake-up homeless on the continent their fathers conquered.’
    Thomas Jefferson 1802

  28. @Pierre Yves

    Pourquoi certain pensent que l’Etat doit intervenir massivement maintenant ?

    Pourquoi et comment l’Amérique des années 20-30 ultralibérale et impérialiste a mis en place une politique d’Etat social de 1933 à 1960?

    Si on se réfère à la crise de 1929:
    – de 1925 à 1929: dérégulation totale de l’économie + spéculation par endettement massif + états coloniaux hyper-impérialistes

    – 1929 -1933: effet domino sur l’économie réelle + aucune intervention de l’Etat + mesures protectionnistes telles que la loi Hawley-Smoot = collapsus des sociétés et des populations aux USA et en Europe

    – 1933 : mise en place du New Deal = intervention massive de l’Etat (soit 4 ans après l’effondrement)

    Le résultat de ce retard de reprise en main par l’Etat:

    – 1933-1939: aggravation du collapsus social et économique aux USA + émergence des dictatures en Europe

  29. Eric Toussain, cité par Etienne Chouard:

    l’État donne de l’argent aux institutions financières privées (Fortis, Dexia, ING, banques françaises, britanniques, nord-américaines…). Pour ce faire, les États émettent des titres du Trésor public qui sont souscrits par ces mêmes banques et assurances, qui sont restées dans le secteur privé

    Je rajoute que les montants qui aboutissent dans les bilans banques, en passifs (capitaux propres), vont permettre à celles ci de créer plus de monnaie de crédit (les créances qui sont des actifs), cette monnaie aboutissant à un moment du circuit dans la poche d’épargnants qui vont pouvoir, contre intérêts, les prêter à l’Etat en achetant des titres de la dette publique … la boucle est bouclée.

    Tiens, Christian Gomez ( http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=ChristianGomez ), un banquier responsable (oui, il en existe), écrit à propos de la création monétaire privée (bancaire)

    Par ailleurs, ce système aux origines historiquement frauduleuses distord indûment la répartition des revenus, car le privilège de création monétaire crée une rente, qui n’est pas différente conceptuellement des gains qu’obtiendrait dans son activité une association de faux-monnayeurs qui achèterait des biens et/ou des actifs sur le marché ou prêterait à d’autres personnes avec la monnaie fabriquée.
    Vouloir modifier cette situation, c’est d’abord vouloir rendre le pouvoir de création monétaire, et la rente qui lui est attachée, aux seules autorités monétaires et, in fine, à l’Etat, qui retrouverait ainsi la plénitude de son pouvoir «régalien»; ensuite faire en sorte que tous les types d’investissement soient financés par de la «vraie» épargne, c’est- à-dire que le crédit bancaire soit financé par des dépôts d’épargne à maturités fixes sans aucune transformation possible des échéances pour éliminer tout germe d’instabilité.

  30. @Benoît,

    Une question, avez-vous lu l’article de Paul sur laquelle s’appuyait mon intervention ? ( comprendre la crise par Paul Jorion).

    votre post (Benoit dit :8 novembre 2008 à 12:07) ne me semble pas le confirmer, puisque dans ce débat auquel je reste bien sûr, toujours ouverte, il s’agissait avant tout de comparer deux façons d’analyser l’économie. Je vous avoue ne pas comprendre votre entêtement à ne pas répondre de façon argumenté à la critique que j’ai émise.

    1°) dans cet article Paul établit une distinction entre (pseudo) « science » économique et économie politique.

    2°) Cher Benoît, pouvez-vous me démontrer en quoi les analyses de M. ABADIE ne peuvent être assimilées à l’acception Jorionienne de « science » économique ?

    3°) Comme Paul le démontre dans cet article, la façon d’analyser la crise selon l’une ou l’autre « école » a des conséquences sur le plan politique et social, mais aussi sur la réapparition des crises.

    4°) quelle est la pertinence du post de M. Abadie « la cause racine » quand on le compare à l’article pré-cité ? Quels arguments vous semblent le mieux décrire et identifier les mécanismes à l’oeuvre actuellement ?

    Bien , je ne peux, pour la troisième fois, que vous renvoyer à la lecture de l’article de Paul !

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2216

    Peut-être pourrons-nous alors envisager de discuter sérieusement, car pour le moment vos commentaires, sans vouloir vous offenser, me semblent totalement hors-sujet, en ce sens qu’ils ne répondent absolument pas aux points précis que j’ai soulevé.

    En effet, j’aime aussi beaucoup mon boulanger qui fait de l’excellente baguette, cependant si celui-ci commence à émettre des propos qui me semblent erronés, ou dangereux, je ne me priverai pas de lui faire remarquer et de les dénoncer…

    je terminerai sur le choix des termes criminels et bourreau.

    La spéculation a des conséquences criminelles, je vous conseille pour cela de cesser d’acheter des ouvrages comme ceux de M. Abadie et de prendre un billet d’avion et d’aller vous promener dans les pays listés dans un de mes commentaires sous l’étiquette  » émeutes de la faim », vous avez le choix en ce moment…

    Le terme bourreau me semble tout à fait approprié au contraire. M. Abadie est un être cultivé, intelligent, qui semble tout a fait à même d’analyser les conséquences de ses actes, or il choisi déliberement, d’occulter la dimension meurtrière du système capitaliste, il l’écarte d’une revers de main, soigneusement caché derrière les concepts fumeux de  » psychologie des foules » et autres « confiance ». Oui, mon cher Benoît, il a du sang sur les mains…les ordres sont peut-être passés par mail…cela n’empêche pas la réalité d’exister tout au bout de la chaîne…

    Mais cela on ne veut surtout pas le voir, pas l’entendre, et dans votre cas pas le lire…c’est vrai que cela rend les courses aux Carrefour beaucoup plus supportable…

    J’en parle d’autant plus sereinement que je ne m’exonère pas de cette position. Je suis née et je vis à Babylone, du bon côté de la frontière, avec le bon passeport…Cependant si je dois mettre mes mots au service d’une « cause » , ce ne sera certainement pas pour un « club de petits porteurs »…

    Je sais, Benoît, je sais, je n’ai pas le monopole du coeur…

    ici il ne s’agit pas de charité …mais de justice.

  31. @ Bob

    Je ne dis pas qu’il ne faut pas nationaliser les banques. Je ne dis pas que l’Etat ne doit pas intervenir rapidement.

    Si vous m’avez bien lu, je dis simplement que cela doit se faire sous certaines conditions.
    L’Etat est en position de force pour imposer ses vues au secteur bancaire, il doit donc agir fermement, je vous rejoins tout à fait.
    Le problème c’est qu’une nationalisation soi peut recouvrir des pratiques très diverses avec parfois des finalités opposées.

    Rappelez-vous, tout près de nous, aux USA, Freddie Mac étaient des entités quasi étatiques, crées d’ailleurs dans les années 30, mais ce sont bien elles qui garantissaient les prêts hypothécaires à l’origine de la crise des subprimes.

    En France, il n’y a pas si longtemps, lorsque les « socialistes » gouvernaient le pays, c’est bien Le Crédit Lyonnais, une banque nationalisée qui s’est livré à des opérations risquées. En 1993 elle fut ainsi en quasi-faillite après des investissements massifs dans la célèbre major holywoodienne dénommée Metro-Goldwyn-Mayer. Pas vraiment du social ! Un rapport parlementaire avait alors dénoncé le système des avances et prêts à risques faits aux spéculateurs, notamment dans le domaine immobilier — déjà !– qui anticipaient la plus-value envisagée sur ces opérations immobilières.

    L’intervention de l’Etat doit viser des objectifs bénéfiques pour l’ensemble de la collectivité. Nous sommes d’accord.

    Le dilemme de la situation actuelle c’est que le temps presse mais qu’en même temps il faut pouvoir faire les choses de façon la plus transparente, démocratique qui soit, dans le meilleur des cas avec un débat public. A cet égard fut emblématique le refus du par le Congrès américain de la première mouture du plan Paulson. Ce débat houleux était légitime — pour le coup l’économie devenait politique !! — mais en même temps c’est tout l’édifice financier étatsunien qui était menaçé de collapsus si des décisions n’étaient pas prises très rapidement. Je ne suis pas spécialiste des questions financières mais d’un point de vue logique on peut s’interroger. Et si effectivement on avait attendu trop longtemps et que tout l’édifice s’était écroulé. Que ce serait-il passé ? Cela n’eut-il pas été une occasion rêvée pour refonder de fond en comble les régles du capitalisme financier ?
    On aura jamais la réponse, et c’est sans doute heureux tant le risque était grand qu’il en eût sorti un chaos. Mais, à chaque étape de l’évolution de la crise on peut refaire le même raisonnement ! A chaque fois, a postériori on pourra dire, il valait mieux faire ceci ou cela, pour éviter le pire. C’est peut-être le cas, mais on peut tout aussi bien tenir le raisonnement inverse et dire au conraire que, à chaque fois, on a raté une bonne occasion pour prendre des mesures radicales. Les demi-mesures ne faisant qu’approndir la crise. On peut encore dire aussi que, effectivement, d’un certain point de vue, de bonnes mesures sont prises, qu’à l’échéance d’un ou deux ans, cinq ans même, elles permettront de faire repartir la croissance.

    Mais ces mêmes mesures ne pourraient-elles pas être celles-là mêmes qui alimenteront une crise plus profonde encore. Je pense bien entendu à la crise écologique. Imaginons que les USA pour sortir le pays rapidement de la crise se lancent dans une course éperdue au forage pétrolier en Alaska ou encore qu’ils développent les biocarburants à tout va !!

    Pour revenir sur la question de la nationalisation, celle-ci revient à penser la question de l’économie administrée.
    Or, qui dit administré, dit pouvoir politique qui dirige une administration. Quel degré d’autonomie est laissée à cette administration ou à ses délégués dans les banques nationalisées ? Cette question me semble cruciale.
    ON en revient toujours à la question de fond qui est celle du rapport entre économie et démocratie.
    Ne faut-il pas surtout s’attacher à démocratiser l’économie à tous ses niveaux plutôt qu’à l’administrer avec tous les risques que sus-mentionnés que cela comporte ?

  32. @ Pierre-Yves,

    L’Etat est en position de force pour imposer ses vues au secteur bancaire.

    N’exagérons rien. Ne prenons pas (encore) nos désirs pour des réalités.

    Disons plutôt que la révélation au grand jour de l’imposture financière et le début de prise de conscience de celle-ci par les peuples, ont QUELQUE PEU desserré l’emprise des financiers sur l’État, c’est-à-dire sur nos représentants politiques.

    Ces derniers, qui sont mondialement inféodés à (voire possédés par) ceux qui financent leurs réélections successives sous une forme ou une autre, semblent UN PEU PLUS en mesure de ruer dans les brancards et de TENTER de mettre en place un système plus juste et plus contrôlé.

    Mais auront-ils SUFFISAMMENT de latitude pour le faire ? Et auront-ils seulement le DÉSIR de réagir et de secouer le joug ? Là est toute la question pour nous autres, qui n’avons pas le pouvoir d’agir concrètement au-delà des limites virtuelles de ce blog et autres supports d’expression assimilés.

    Et au vu des mesures récemment prises en France (qui n’obligent les banques à rien et ne renforce que symboliquement leur contrôle par l’État), il est permis d’en douter.

  33. Chers amis , nous avons signé des traités européens qui s’imposent à tous. Les états peuvent preter de l’argent aux banques mais pas les nationaliser ni les administrer avec l’argent du contribuable.Il y a distorsion de concurrence et cela n’est pas acceptable vis à vis de nos partenaires européens.Alors qu’est-ce qu’on fait ? On sort de l’Europe,de l’Euro et on dévalue? Ou on va plus loin dans le droit européen, dans la régulation bancaire européenne avec une Banque Centrale Européenne Unique?

  34. @ Ghostdog,
    @ Fracture,
    @ Oufti,

    Et bien, que répondre aux attaques de ces personnes qui sans me connaître peuvent juger de mon équité, de ma loyauté ou de ma compassion ou non envers les autres ? Je lis vos commentaires, pardon, je m’instruis de vos récriminations, et j’apprends ! Dois-je m’insurger ? Non, car moi je reconnais que je suis encore un élève dans cette crise. Vous avez tant de propos, de connaissances et de commentaires souvent discriminatoires à faire que je n’ai que de la tristesse pour vous. Vous êtes sûrement des personnes qualifier dans une activité particulière, mais aucune de vous n’a le pouvoir de faire changer les choses. Alors SVP, soyez un peu plus humble et respectueux envers les autres.

    @ Paul Jorion,

    Je suis désolé de devoir écrire, et pour la deuxième fois seulement, un commentaire, et de la sorte, sous votre blog que j’apprécie particulièrement. Je vous prie de m’en excuser.

    @ Pierre-Yves D. ,

    Je ne peux dire qu’une chose, merci. J’aime vous lire.

    Luc, l’intervenant belge régulier du blog de Loïc Abadie, qui n’aime pas la bière mais qui aime un peu trop le bon vin ;o)

  35. Vous connaissez cette prière :

    – Mon dieu, faites que je sois assez sage pour accepter ce que je ne puis changer, assez courageux pour changer ce qui peut l’être, et assez éclairé pour voir la différence entre les deux. »

    Voici la même prière exprimée dans le langage de la responsabilité individuelle:

    – Je ferai en sorte d’être assez sage pour accepter la personne que je ne puis changer, assez courageux pour changer celle que je puis changer, et assez éclairé pour comprendre que cette dernière n’est autre que moi ! »

    Luc

  36. Je suis un peu éberlué par la nouvelle suivante et, si je me demande évidemment quel est l’intérêt réel d’une telle requête en annulation, je me demande aussi ce que déclencherait dans la société américaine la preuve apportée, après-coup, qu’aucun des deux candidats (littéralement adorés par des millions de personnes) ne soit éligible en droit…

    La Cour suprême des États-Unis doit statuer sur l’inéligibilité de Barack Obama

    http://www.voltairenet.org/article158426.html

    Les 9 et 12 septembre 2008, Maître Philip J. Berg, avocat à Lafayette Hill (Pennsylvanie) a délivré en nom propre une sommation au sénateur Barrack Hussein Obama et au Democratic National Committee (DNC) pour les enjoindre de prouver le lieu de naissance et la nationalité du candidat.

    À l’issue du délai légal, ni le sénateur Obama, ni le DNC n’ayant répondu, ils sont réputés en droit avoir « admis » les hypothèses de Me Berg.

    Selon Me Berg, le sénateur Obama n’est pas né le 4 août 1961 à l’hôpital Kapi’olani pour enfants d’Honolulu (Hawaï), mais au Coast Province Hospital de Mombosa (Kenya), alors territoire de la Couronne britannique. Après le remariage de son père avec une Indonésienne, Lolo Soetoro, et leur installation en Indonésie, en 1967, Barack Obama a obtenu la nationalité indonésienne. Il a été enregistré comme tel, sous le nom de Barry Soetoro, à l’école Saint-François d’Assise de Jakarta. À l’âge de 20 ans, il a effectué un voyage au Pakistan, alors interdit d’accès aux ressortissants états-uniens, et y est entré avec son passeport indonésien.

    Or l’article 11, section I, de la Constitution des États-Unis stipule que seuls les citoyens nés sur le territoire US sont éligibles à la présidence.

    Au regard du Code électoral US, le contrôle de l’éligibilité s’effectue a posteriori, rien n’interdit donc à M. Obama de se présenter au suffrage des États, même si son éventuelle élection doit être invalidée. La cause introduite par Philip J. Berg devant la Cour de Philadelphie a donc été rejetée par le juge R. Barclay Surrick de Pensylvannie, le 24 octobre. Le magistrat a considéré que la plainte du citoyen Berg n’est pas recevable, car il ne peut pas arguer d’un préjudice tant que Barack Obama n’est pas élu.

    Le greffier du juge Surrick a rejoint le cabinet Sidley, Austin, qui emploie l’épouse du sénateur Obama. Étrangement, la grosse du jugement (c’est-à-dire le document original) porte les signes d’une transmission par fax depuis un autre fuseau horaire, laissant supposer que le texte a été rédigé dans un autre État, puis transmis par fax et signé par le juge Surrick.

    Quoi qu’il en soit, estimant que le sénateur Obama et le DNC ont d’ores et déjà violé plusieurs dispositions du Code électoral, l’avocat a saisi la Cour suprême des États-Unis (Berg v. Obama, n° 08-cv-04083).

    Le Parti républicain s’est abstenu d’intenter la moindre procédure contre M. Obama de peur d’ouvrir une polémique en retour sur l’éligibilité de son propre candidat, John McCain. En effet ce dernier est né au Panama, dans la zone du Canal louée aux États-Unis. Cette zone bénéficie d’un privilège d’extra-territorialité, mais ne constitue pas pour autant un territoire des États-Unis.

    http://www.voltairenet.org/article158426.html

    Mon commentaire :

    Un jour (lointain, sans doute), les citoyens du monde accepteront peut-être l’idée d’élire comme chef un étranger.
    (Je n’évoquerai pas (pas cette fois 😉 ) l’autre idée, pourtant connexe, de le désigner par tirage au sort.)

    Il est même possible qu’ils découvrent alors, contre tout ce que leur instinct leur suggère fortement, que des étrangers sont souvent de bien meilleurs chefs, plus impartiaux, plus désintéressés, que les locaux.

    Si j’en crois mes auteurs préférés (Hansen, Manin, Finley, Rosanvallon…), les cités grecques faisaient souvent appel à un étranger pour écrire leur Constitution — le rigoureux Dracon était dans ce cas, il me semble.

    Je me souviens également que de nombreuses républiques italiennes ont fait appel (vers le Moyen-âge) à des étrangers pour gérer leurs cités en proie aux luttes intestines : c’étaient des podestats. Les règles qui tenaient ces magistrats totalement à l’écart de la vie de la cité (pour éviter qu’ils ne deviennent proches des citoyens et, par-là, juges et parties, pour qu’ils restent le plus désintéressés possibles) sont d’une rigueur tout à fait surprenantes et ont été décrites, par exemple, par Pierre Rosanvallon dans ses derniers ouvrages (passionnants) sur la démocratie.

    Cette querelle à propos de l’étrangeté (« étrangèreté » ?) des candidats à la présidence US me paraît donc particulièrement mesquine. Pourtant, si ce reproche juridique s’avère fondé, les conséquences pourraient être… draconiennes.

    Qu’en pensez-vous ?

    Amitiés.

    Étienne.

  37. @ Etienne Chouard

    Me Berg a été immédiatement débouté. L’information de voltairenet est fausse : c’est de l’alarmisme pur et simple, il faudrait qu’ils retirent ce billet ou le démentent.

  38. @pierre yves
    Espérons que chacun fasse son boulot correctement; à notre niveau on ne peut pas en dire grand chose de plus…

  39. @ Paul Jorion

    Oui et il semble y mettre en ligne l’ensemble des documents (notamment toute la correspondance avec la Cour suprême des États-Unis) sur cette affaire : U.S. Supreme Court No. 08 – 570

  40. Bonsoir à tous,

    Quelques précisions sur le réseau Voltaire dont je me méfie comme de la peste ou du choléra …

    L’association d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’origine (la défense de la laïcité et la lutte contre l’extrême-droite, je les avais croisé dans des manifs, des gars et filles très sérieux).

    Le réseau Voltaire aujourd’hui c’est un méli-mélo inextricable qui réunit des fachos, des illuminés (meyssan) et qui balance de l’intox’ à tour de bras pour fan de complot…

    Bref, ce site est aussi crédible qu’un vieil épisode d’X-files, une sorte de produit dérivé toxique…pour la pensée…

  41. @ serfix

    Il s’agit d’une combinaison : certaines décisions dépendent de nous, certaines non, parce que nous faisons partie de processus collectifs beaucoup plus vastes que nous-mêmes dont certains peuvent réagir à notre impact et d’autres, non.

    En me tournant vers le passé, je m’aperçois que je faisais partie de processus collectifs où mon impact était sans effet bien plus souvent que je ne l’imaginais au moment même, et que ma liberté était alors en réalité très restreinte voire même nulle. Je serai toujours reconnaissant à mon psychanalyste de m’avoir un jour interrompu alors que je m’accablais de reproches, en tonnant : « Mais non ! Ce n’est pas vous : c’est le monde ! »

  42. @ ghostdog

    Réseau Voltaire ou pas, il y a bien une affaire « Berg vs Obama » en instance devant la Cour suprême des États-Unis concernant l’inéligibilité d’Obama pour « non-qualification » (naissance en dehors de États-Unis, en l’occurrence au Kenya) : U.S. Supreme Court No. 08 – 570

    En gros : La demande initiale de Berg a été rejeté avant l’élection présidentielle ; néanmoins le 30 octobre 2008 la Cour suprême des États-Unis a fixé la date butoir du 1 Décembre 2008 pour qu’Obama, la DNC (le parti démocrate) et de tous les co-défendeurs répondent à « ses demandes de pièces » (writ of certiorari) ; la Cour décidera ensuite de l’examen ou non de cette affaire « au fond ».

    http://translate.google.fr/translate?u=http%3A%2F%2Fwww.obamacrimes.com%2Findex.php&sl=en&tl=fr&hl=fr&ie=UTF-8

    Donc, affaire à suivre…

  43. @ Luc van Mulders / Serfix

    Cher Luc,

    J’ai ete indigne par les attaques injurieuses et meprisantes a l’egard de Loic et a ton egard. Quelle honte ! Quand on y pense, te prendre toi comme tete de turc, toi qui est si gentil et plein de bonne volonte, toi toujours plein de scrupules lorsque tu oses proteger ton epargne a la baisse. Ah… ils ne prennent pas grand risque a t’attaquer, les procureurs anonymes ! … Et les insultes de ghostdog a l’egard de Loic, « bourreau »… (ci-dessus, 7 nov. 14:11) , « criminel »… (ci-dessus, 7 nov. 15:49), … non mais !!!
    Elle (car c’est une dame, « ghostdog ») en a meme encore rajoute a sa 4eme intervention (oui 4eme, quel acharnement dis donc !) (ci-dessus, 8 nov. 15:43), en osant ecrire, sur un ton condescendant a mon egard :

    « Oui, mon cher Benoît, il [Loic Abadie] a du sang sur les mains… »

    N’en jetez plus, Madame ou Mademoiselle Ghostdog, la coupe est pleine !

    Savez-vous chere Madame que cela s’appelle de la diffamation ? Peut-etre pensez-vous que vous exprimer sous couvert d’un pseudo sur internet vous dispense de la responsabilite de vos propos ? Peut-etre bien que oui, d’ailleurs… Alors, c’est bien calcule de votre part ! Mais, du coup cela vous ote le credit moral dont vous vous drapez pour juger autrui. Pour regarder les autres de haut.

    Cher Luc, toi tu ne te caches pas. Tu as un blog sous ton nom, tu y parles de toi, de ta famille (il y a meme des photos), de ton souci pour la collectivite et pour le monde. Tu n’agresses personne. Tu ne diffames personne. Tu es responsable de tes propos. Tout comme Loic Abadie.
    Moi-meme, je n’ecris pas sous un pseudo. Plusieurs fois, j’ai signe mes interventions sur le Blog de Paul Jorion de mon nom complet : Benoit Perrin. Les habitues le savent. Il m’arrive de parler de moi, du pays ou je vis, de mon experience.

    Loic est instituteur de CP dans une Zone d’Education Prioritaire de l’Ile de la Reunion, ou il essaie d’aider les gamins a apprendre a lire et a avoir un minimum de chance de s’en sortir. 70 % des parents de ces gamins sont au chomage.
    Moi, je vis sur les bords du Mekong, parmi les Thais et les Laotiens (Laos : un tiers de la population a ete tuee par les Americains pendant la guerre du Vietnam, et encore aujourd’hui chaque jour des enfants sautent sur les mines). Alors chere amie Ghostdog, vous pouvez vous les garder vos lecons de morale sur le tiers monde et sur le quart monde !!! Ici, on ne lit pas le Monde Diplomatique, figurez-vous !
    Non mais !

    Cher Luc…
    Tes deux reponses expriment bien ce que tu es : gentil.
    J’ai beaucoup aime ton second message :

    « Je ferai en sorte d’être assez sage pour accepter la personne que je ne puis changer, assez courageux pour changer celle que je puis changer, et assez éclairé pour comprendre que cette dernière n’est autre que moi ! ”

    Beau, et profond. Merci. Mais tes accusateurs n’en ont cure…

    Je te l’avoue, j’ai peur pour les annees qui viennent : de la colere a la haine… De la recherche de coupables a la designation de boucs emissaires…, brrrr, oh sinistre memoire du XX eme siecle.

    Avec toute ma sympathie,
    Benoit Perrin.
    PS – Je regrette que Paul ne soit pas intervenu sur le Blog pour reprouver ces exces de langage, ou au minimum signifier qu’il souhaitait que le debat demeure dans le cadre de la civilite. Je me sens un peu seul, en ce moment.

  44. @ Benoit

    Il y a deux niveaux à mes efforts pour ramener un peu de calme sur le blog quand les esprits s’échauffent : ce que j’écris ici et les courriels que j’échange avec vous. Vous me communiquez votre adresse mail et cela me permet de calmer le jeu en coulisses quand cela me semble nécessaire.

    Rassure-toi : je communique avec Ghostdog et Luc et moi avons eu plusieurs échanges à propos de ce qui s’est passé hier. Il n’y a pas feu en la demeure !

  45. @benoît,

    Vous vous sentez seul parce que vous l’êtes (je ne savais pas que Disney avait ouvert un parc d’attraction en Thaïlande…), vous vous complaisez à hurler au bouc émissaire, à la haine et aux propos diffamatoires…vous êtes dans l’hystérie émotionnelle, quand je me place dans une discussion rationnelle.

    Vous me fatiguez Benoît, je vous renvoie à des textes, à un débat DE FOND et vous me parler du gentil Loïc, du gentil Luc…et de la méchante ghost dog.

    Je n’ai pas de temps à perdre avec ces enfantillages et je crois que si Paul n’est pas intervenu pour me « calmer », c’est tout simplement parce que mes propos s’inscrivaient dans une réflexion large (à côté de laquelle vous passez complètement) et que pas un seul instant le but de ces commentaires n’étaient de s’en prendre à des personnes mais de souligner les divergences fondamentales entre les deux analystes ( PJ et L.A) et leurs conséquences.

    D’ailleurs de ce point de vue ( CELUI DU FOND), je crois que Paul a clairement exposé sa position en reprenant à son compte la phrase de Lacan.

    Sur ce je quitte ce blog, et me contenterai à l’avenir de ma lecture des posts de Paul, de ses ouvrages ainsi que du Monde Diplomatique, de contreinfo, de la décroissance, du plan B etc. Lecture dont je sais ne pas avoir à rougir.

    Et puisque pour vous semblez être si attaché au caractère personnel (qui selon moi n’a rien à faire dans ce salon virtuel, puisqu’il s’agit d’y échanger des idées), vous pouvez prendre contact avec Paul, qui vous transmettra mes coordonnées.

    Vous pourrez ainsi déverser directement dans ma boîte mail vos pleurnicheries sans encombrer inutilement le blog de notre hôte.

    Cordialement,

    le chien fantôme qui disparaît maintenant

  46. Benoit est un chevalier des temps modernes et je le remercie de son aide.

    Les gens changent, en fonction de leurs choix personnels. Paul ne veut pas essayer de modifier le comportement des autres, et il a raison, car c’est soi-même qu’il s’agit de changer pour essayer de faire la différence.

    La responsabilité individuelle, c’est le pouvoir d’un seul.

    @ ghostdog,

    Un acte chevaleresque c’est de te dire de rester sur ce blog, mais tu as fait un choix et je le respecte. J’ai moi-même écrit que je quittais le blog de Loïc Abadie suite aux écrits ici sur moi car on l’impliquait lui. Mais bon, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… ;o)

    Luc

  47. C’est quoi la question déjà… On se demande si le vent va changer de bord parce qu’on a changé la figure de proue sur le navire corporatiste militaro-industriel étazunnien ?

    On se demande si ce navire va nous entrainer par induction (comme il le fait depuis belle lurette) loin des récifs vers des eaux plus clémentes ?

    Guy

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