Questions à Jacques Attali à propos de « La crise, et après ? »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Cher Jacques Attali, j’ai déjà eu l’occasion il y a quelques jours de dire de « La crise, et après ? » (Fayard 2008), qu’il s’agit d’un livre court mais percutant. Je n’évoquerai pas ici l’historique très précis que vous nous offrez du déroulement de la crise et pour lequel vous me mentionnez comme l’une de vos sources d’information. Vous avez également l’amabilité de voir en moi, aux côtés de Martin Wolf, de Nouriel Roubini, d’Andy Xie et de Raghuram Rajan, l’un des cinq visionnaires qui avaient prévu la crise financière et économique actuelle et l’ampleur qu’elle prendrait. Je passerai aussi sur les nombreuses analyses et propositions de remèdes sur lesquelles nous sommes d’accord vous et moi, comme la nécessité de viser des solutions mondiales plutôt que de choisir la voie du protectionnisme ou d’autres formes de repli nationaliste. Je vous poserai plutôt quelques questions sur les sujets où nos points de vue diffèrent.

Marché et état de droit

Vous évoquez la nécessité de rééquilibrer à l’échelle mondiale le pouvoir des marchés par celui de la démocratie et vous lisez dans la crise présente une faiblesse de l’état de droit due au fait que le pouvoir politique est fragmenté, distribué entre une poussière d’états dont le régime est dans le meilleur des cas, la démocratie, alors que les marchés sont, de par leur nature, planétaires. Il est logique que vous appeliez du coup à une gouvernance des marchés à leur échelle : celle du globe tout entier.

Les termes de cette équation supposent que la démocratie est de taille à maîtriser le titan des marchés. Mais disposons-nous de preuves que ce puisse être effectivement le cas ? Pensons par exemple à la capacité des marchés à corrompre le politique : combien de voix dans les élections pourtant « libres » des démocraties sont en réalité achetées directement ou indirectement par ceux qui disposent de la richesse ? Combien de nos dirigeants – élus et autres – agiront-ils avec détermination pour éliminer les paradis fiscaux alors que ceux-ci ont été créés pour leur bénéfice ?

La crise des subprimes a été rendue possible d’une part par les 200 millions de dollars dépensés par le lobby Fire (Finance, Insurance and Real–Estate) pour éliminer le Glass-Steagall Act de 1933 qui prohibait aux banques de dépôt de se livrer à des activités de courtage et à la spéculation, et d’autre part par les dizaines de millions de dollars dépensés par la Mortgage Bankers Association pour imposer les formes de prêts hypothécaires qui devaient conduire à la catastrophe que nous vivons maintenant. La Chamber of Commerce des États–Unis détermine la politique extérieure de ce pays depuis le XIXe siècle. On lui doit, entre autres, le renversement de Mossadegh en Iran en 1953 dont le monde paie encore aujourd’hui les conséquences, et l’occupation actuelle de l’Irak. Si le régime pourtant démocratique de la superpuissance qui joue en ce moment le rôle de gendarme du monde ne lui permet pas de prévenir les interférences des marchés dans la direction de ses affaires, comment peut-on espérer qu’il en irait mieux à l’échelle planétaire ?

Je considère quant à moi, vous le savez peut–être, qu’il existe une disparité essentielle entre démocratie et marchés : la première constitue une invention humaine, née d’un désir de pacification des relations entre les hommes, les seconds demeurent l’expression spontanée de la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous. Ce qui fait défaut à nos démocraties, n’est-ce pas de n’avoir pas encore étendu le principe démocratique aux domaines de l’économie et de la finance, d’avoir laissé en ces lieux des institutions humaines, des plages de sauvagerie ? Bien sûr, un équilibre s’installe – comparable à l’équilibre de la terreur lors des guerres froides – dans un univers de concurrence, mais cet équilibre est instable, ne pouvant survivre que si un contrôle étroit s’exerce à chaque instant. Sinon, dès que la surveillance se relâche, les plus faibles sont éliminés et une poignée de vainqueurs se partagent le terrain pour dicter leurs conditions. La victoire historique des démocraties sur les régimes totalitaires ne découle-t-elle pas du fait que les systèmes qui ne reposent pas sur le consensus s’épuisent en raison d’un coût de la surveillance trop élevé par rapport au surplus créé ? Pourquoi en serait-il autrement en économie ? Quelle énergie ne serait-elle pas libérée si la structure des entreprises cessait de mimer la hiérarchie militaire, si tant de ses ressources n’étaient mobilisées en leur sein dans un combat chimérique contre l’insubordination ?

Crises et cycles

Vous préconisez « d’investir à contre-cycle pour compenser à la fois l’excès d’optimisme et l’excès de pessimisme » mais en évoquant des « cycles » ne vous situez-vous pas déjà dans le camp des optimistes ? Me tournant vers le passé j’y discerne sans doute des crises en grand nombre mais je n’y vois aucun cycle. Je constate en effet que l’inventivité humaine nous a permis d’émerger de ces crises au bout d’un certain nombre – très variable d’ailleurs – d’années, mais s’il existe des recettes bien éprouvées pour créer des crises, comme une disparité scandaleuse des revenus ou l’envahissement des marchés par les spéculateurs, conditions qui furent réunies aussi bien en 2007qu’en 1929, il n’en demeure pas moins que chaque crise est sui generis en raison du progrès technologique intervenu entretemps et le fait que nous soyons sortis indemnes de chacune des précédentes ne nous dit rien du degré de destruction et de chaos qui aura été atteint quand celle-ci entrera dans sa phase finale.

Ne voyons-nous pas en ce moment les autorités financières y perdre leur latin ? Et quand vous évoquez un rôle accru pour le FMI ou la Banque Mondiale, qui nous garantira que leurs politiques seront mieux avisées dans l’avenir qu’elles ne le furent dans le passé, quand leur aveuglement idéologique les conduisit bien souvent à accroître la misère des populations des pays qu’ils guidèrent dans la gestion de leur dette ? Bien sûr, les années ont passé et l’on pourrait espérer que les progrès accomplis par la science économique entretemps assureront que de telles errances ne se reproduiront pas mais, comme vous le savez, le fait que les économistes se sont montrés incapables d’apercevoir la crise qui se profilait à l’horizon n’augure rien de bon. Nous savons même à quel point ils sont aujourd’hui enfermés dans des impasses théoriques, conséquence sans doute de la servilité dont ils ont fait montre vis–à–vis de ceux qui se sont présentés comme les commanditaires de leur savoir et les ont généreusement rétribués pour mener la « science » économique dans telle direction qui servait leurs propres intérêts plutôt que dans telle autre qui pourrait nous aider aujourd’hui.

Vous préconisez à juste titre que les agences de notation relèvent désormais du service public plutôt que d’être rémunérées pour leurs services par ceux qu’elles sont chargées d’évaluer. C’est en effet la voie du bon sens mais cette mesure résoudra-t-elle une question de fond, affectant d’ailleurs au même titre l’ensemble des modèles financiers : leurs modèles d’évaluation ne continueront-ils pas comme par le passé de reposer sur une prétention absurde de maîtriser l’avenir, et ceci quelles que soient les améliorations qu’on leur apporte ?

« Initiés » et accès à l’information financière

Vous évoquez l’avantage indu dont bénéficient les « initiés » dans l’accès à l’information financière et vous semblez appeler de vos vœux une époque de plus grande transparence où « chacun, même le moins formé, pourra un jour calculer des dérivés et confectionner des produits structurés » mais – admettant même qu’il s’agisse là d’un progrès – quel bénéfice une meilleure transparence de l’information financière, obtenue à l’aide d’une surveillance accrue, apportera-t-elle dans le contexte présent de la distribution, non pas des revenus, qui peut être infléchie par la fiscalité, mais du patrimoine ? Un nouveau départ ne réclame-t-il pas nécessairement de remettre les compteurs à zéro pour ce qui touche aux colossales rentes de situation actuelles de ceux qui se sont appropriés au fil des siècles les communs : l’accès aux ressources naturelles, à la terre, à l’eau, aux ressources minières, ou la licence pour eux de polluer et de détruire la planète impunément ? Le caractère sacro-saint de la propriété privée ne doit-il pas être révisé dans les cas où cet a priori menace la survie-même de la planète ?

La spéculation

La spéculation demeure tolérée comme un mal nécessaire, on entend répéter – paradoxalement même encore aujourd’hui – l’argument spécieux qu’elle présente certains aspects positifs, comme d’offrir aux marchés une liquidité que leur est nécessaire. J’ai bien entendu réfuté ce sophisme. Je n’observe que des efforts sporadiques et anémiques de brider la spéculation, aucun de la supprimer. Elle est pourtant responsable des 145 dollars qu’avait atteint le baril de brut en juillet de cette année, envolée de son prix qui entraîna à sa suite celui des céréales et c’est donc bien elle qui provoqua les émeutes de la faim qui secouèrent plusieurs pays du Tiers-Monde, en Afrique, en Asie et même en Amérique avec Haïti. Lorsque le prix du pétrole s’effondre pour atteindre aujourd’hui à la baisse 42 dollars, ce sont les entreprises promouvant les énergies renouvelables qui se trouvent balayées par cette plongée et acculées à la faillite.

Ne croyez-vous pas alors que la spéculation doive être éradiquée et que l’interdiction que je propose des paris sur l’évolution d’un prix devrait être imposée ? Une telle prohibition maintient en place l’ensemble des marchés financiers existant aujourd’hui mais en interdit l’accès aux spéculateurs pour le réserver aux seuls agents économiques légitimes : ceux à qui ils procurent une fonction d’assurance contre des aléas inévitables, climatiques par exemple. Dernière question enfin : les pouvoirs en place dans les régimes démocratiques sont-ils prêts à voter une telle mesure ou bien ne le feront-ils que quand les peuples qu’ils représentent en principe les auront rappelés au sens du devoir par un appel du pied extra-parlementaire ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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78 réflexions sur « Questions à Jacques Attali à propos de « La crise, et après ? » »

  1. Alex dit : 10 décembre 2008 à 17:34

    «  »(….)L’on constate bien, empiriquement, que plus un pouvoir est global plus il est oppressant, les grands ensembles politiques sont toujours plus autoritaires et autocratiques que les petits, on y observe souvent un détachement confisquatoire du pouvoir. L’exemple de la cohabitation des espèces vivantes nous montre combien la collaboration à toute les échelles structurelles est fructueuse et surtout nécessaire, combien un système dynamique est plus fort lorsqu’il est fractionnaire et collaboratif.(….) » »

    Tout à fait bien dit.

    S’il existe depuis toujours des éléments « globaux » et naturels: eau, feu, terre, air, biomasse, etc, dont un enfant comprend l’existence, l’universalité et la permanence « globale » au delà de la variété humaine, on peut poser la question à J. Attali et Paul: pourquoi la grande échelle serait-elle « meilleure » que la petite? Un fonctionnaire de la commission européenne de passage dans ma région et à qui j’avais posé cette question ne sut ou ne voulut pas me répondre.
    Pourquoi y aurait-il plus de justice à la grande échelle que dans la petite? En réalité, dans notre structure mentale, l’expression: plus grande échelle, sous entend « forcément » meilleure de la « petite ». On oublie les – PROPORTIONS – en toutes choses, les paliers, les minimas et les maximas, etc. C’est toute la grave erreur de l’ « Europe » dont on voufrait faire artificiellement une « nation ». L’Europe prééxiste aux nations, c’est déjà, en principe, une culture. Que veut-on greffer artificiellement là-dessus? Même chose pour la mondialisation alias globalisation.

    Pour faire très raccourci, on peut dire que la globalisation, c’est la poursuite de la construction du socialisme à une autre échelle grâce à l’ « outil » du capitalisme. Les multinationales et les empires financiers transnationaux perpétuent l’essence du socialisme. Socialisme invivable plus on veut en augmenter la taille et le nombre. Tout les malentendus sont réunis dans ce que l’on nomme la globalisation.
    On a oublié que le premier prototype de globalisation fut l’Urss. Sinistre grisaille qui ne tint pas 72 ans (72 ans de trop).

    Par ailleurs, tant que les pays du Sud resteront pris en tenaille entre, d’une part, les exigences des exportations dictées par les pays riches qui, en plus, fixent les prix, et font toutes leurs questions et toutes leurs réponses économiques… ce qui a ruiné les cultures vivrières traditionnelles des pays du Sud en général, et d’autre part, les agressions gravissimes à leur environnements dictés indirectement, mais absolument, par les « exigences » découlant, donc, de la globalisation…

    Non et non!! C’est par une économie de développement régionale et nationale, en mettant la charrue après les bœufs, et en créant et contrôlant sans concession par le pays ou les régions l’argent du pays et/ou des régions qu’une vraie porte de sortie juste et sécurisate, s’ouvrira à tous au lieu de la prison qui ne dit pas son nom de la mondialisation dévastatrice.

    Oui! Je sais! J’ai entendu à peu près toutes les objections fallacieuses contre cette « régression ». Mais c’est la globalisation qui est une régréssion! Elle détruit partout les équilibres humains et naturels au lieu de les préserver pour les développer selons leur potentialités et non les exigences actionnariales des bilans financiers qui ont toujours été prioritaires sur la Justice et l’humain. Assez!

  2. « Ne croyez-vous pas alors que la spéculation doive être éradiquée et que l’interdiction que je propose des paris sur l’évolution d’un prix devrait être imposée ? »

    Et ben didon, l’espoir fait vivre !

    Si attali avait un tant soit peu le souci de l’argent bizarrement acquis, il n’aurait pas été conseiller de mitterand pendant
    si longtemps.

    Le fait est que durant les deux septennants de mitterand ….
    « la valeur des actions et autres participations dans le portefeuille des ménages sera passée de 452 milliards de francs en 1980 à 5390 milliards en 1995, et l’ensemble de leurs actifs financiers de 2 905 milliards à 14 356 milliards » » selon Jacques Marseille dans son livre « du bon usage de la guerre civile en France  » .

    PS : pour répondre à A , @A :
    bien évidement que l’on peut être de gauche et être riche ( je ne suis pas allergique aux riches) ,
    mais l’on peut aussi avoir les lettres sans avoir l’esprit.

    Manifestement, l’homme de gauche qu’est a-ttali n’a pas ENCORE su dépasser sa culture d’homme riche ,
    ne comprenant pas à quel point il est choquant de s’arranger pour ne point voir TOUTE la réalité du pauvre.
    Pour un homme politique de « gauche », habiter Neuilly alors que le quota de logements sociaux n’y est pas respecté, collaborer avec sarkozy alors que sa prédictature s’installe de plus en plus , c’est être un homme d’idées dépassé par ses propres actes.

    Après la crise?
    http://vazimonga.over-blog.com/article-2981169.html

  3. C’est en Anglais mais ca se passe de commentaire
    (D’un autre prix nobel même si je sais qu’ils ne sont pas respectés par tous les visionnaires)

    Behind the debate over remaking US financial policy will be a debate over who’s to blame. It’s crucial to get the history right, writes a Nobel-laureate economist, identifying five key mistakes – under Reagan, Clinton and Bush II – and one national delusion.

    No. 1: Firing the Chairman
    No. 2: Tearing Down the Walls
    No. 3: Applying the Leeches
    No. 4: Faking the Numbers
    No. 5: Letting It Bleed

    http://www.vanityfair.com/magazine/2009/01/stiglitz200901

  4. Bonjour et merci Shiva,

    Mais mon message a été dépassé par des dizaines d’autres, des nouveaux sujets…Pour résumer, j’ai vraiment du mal à comprendre l’intérêt de cet étalage de connaissances…sans but concret…
    Et pourtant Monsieur Jorion dans un de ces nouveaux sujets cite Aristote. N’est-ce pas ce même Aristote qui disait à son coiffeur :
     » Tout art et toute recherche, de même que toute action et toute délibération réfléchie, tendent, semble-t-il, vers quelque bien. »

    Et quelques années plus tard :

    « Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté. »
    Albert Einstein (cité par P.Barret dans un autre post)

    Voila ! Voila ! J’aurais aimé un peu d’action ! Un peu de concret ! Mais non, ça doit être ça la politique : on se met au pied d’un arbre et on palabre pendant des heures…Aristote lui-même n’était-il pas un péripatéticien ?
    Quant à ceux qui imagineraient une espèce de théorie du complot, mêlée à un nouvel ordre mondial, je ne poserais qu’une seule question : pensez-vous réellement qu’il existe sur cette terre des personnes capables de réfléchir au moins autant que vous et d’agir…en même temps, et si oui, selon vous, quel est leur jugement sur vous ?

    Bon, je vais jeter un oeil sur le blog de l’Académie française, il paraît que c’est trash !?

  5. @fab
    Je n’imagine pas de « théorie du complot », expression volontairement ridiculisante dont on se trouve rapidement affublé dès que l’on dit, en substance, telle Anne Roumanoff dans ses radio bistrot « On ne nous dit pas tout… »
    Je n’imagine pas non plus que le citoyen lambda a les moyens de tout savoir, même avec Internet…
    Et je n’imagine pas non plus que les dirigeants de ce monde sont des imbéciles, qui se sont laissés surprendre par cette crise.
    Ce que l’on ne sait pas, on est obligé de le déduire, en essayant de s’appuyer sur des raisonnements logiques et des faits cohérents.
    Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais souvent, l’actualité n’est ni logique, ni cohérente…et ça ne semble pas déranger les journalistes.
    Il y a qq mois, on nous expliquait que la spéculation n’avait qu’une faible part dans les 150$ du baril, fallait s’habituer, et s’attendre à 200$…aujourd’hui, alors que la demande mondiale n’a encore que très peu régressé, les mêmes nous disent que c’est normal, c’était la faute aux vilains spéculateurs.
    Et nous, on doit se contenter de ça…et ne surtout pas imaginer autre chose, sinon, paf : théorie du complot !
    Tenons nous en à la logique, et la logique n’est pas de penser que les hauts tenants de la finance sont des imbéciles qui ont vu arriver cette crise sans réagir, sans rien tenter pour l’éviter, en se mettant la tête dans le sable.

  6. @Jason: « Et je n’imagine pas non plus que les dirigeants de ce monde sont des imbéciles, qui se sont laissés surprendre par cette crise. »

    Je n’écarterais pas totalement cette hypothèse.

  7. @ Shiva,

    J’aime aussi ce que vous écrivez !
    Quel est le sens de « Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant, puis c’est la nuit à nouveau. » ?
    Quand vous écrivez « Entre big brother ultra démocratique et libéral et le big brother staliniste et ultra étatique le chemin n’est pas large…Mais c’est le seul ! », pensez-vous que cette unique solution passe aussi par BB ?
    …D’où viennent « vos » bergers ?

    @ Jason,

    Je vous cite : « Mais quelle place reste-t-il à l’optimisme ? Je me sens spectateur d’un film dont je ne pressens pas une fin heureuse…. »

    Je partage votre vision, c’est pour ça que j’avais écrit : “Il faut donc une voix qui s’élève, une voix calme, sereine, pour nous expliquer comment on pourrait s’y prendre pour changer notre démocratie et donc je l’espère nous redonner une motivation, un sens…”. J’aurais aimé que cette voix se fasse entendre dans le monde réel, par tous…pour que nous puissions réinventer une nouvelle démocratie et par là retrouver une nouvelle « foi » !

  8. Voila j’ai des chiffres plus precis:
    un litre d’essence genere une fois brulée dans un moteur environ 3kwh d’energie mécanique. cela represente l’energie mécanique de 30 personnes (100w d’energie utile) pendant une heure.

    Autrement dit: pour 1,5€ vous avez le travail que feraient 3 personnes pendant 10 heures.

    Cela me donne l’impression que dans les produits manufacturés que nous achetons, nous ne paierions que la main d’oeuvre.
    quand on achete une voiture, on paie de la main d’oeuvre, des outils, du metal et du plastique. les outils sont fait avec de la main d’oeuvre et du metal. et le metal est fait à partir de main d’oeuvre et de forte consommation d’energie. Quand au plastique, il est fait de petrole (qui vaut 150€ les 160 litres) et de main d’oeuvre. Si l’energie autrement dit le petrole ne vaut rien, ou quasi rien, on ne paierait dans ce qu’on achete que de la main d’oeuvre.
    Tout en faisant fi des ressources naturelles.

    C’est à dire que dans tout ce qu’on achete on ne paierait que la main d’oeuvre et pas une ressource non renouvelable representant une part majeure du travail exécuté ?

    Pourquoi le prix de l’energie ne rentre t il pas en compte dans les échanges ?

  9. Merci de votre article, désolé, je n’aurais pas l’élévation intellectuelle de la plupart de ceux qui vous appellent Paul. Je voudrais juste énoncer deux ou trois vérités toutes simples.
    On s’en prend tous de façon véhémente aux financiers, spéculateurs de tout poil, de préfénce anglo-saxons, leur prêtant une grande perversité dans la démarche. Mais regardons un peu ce que nous leur demandons depuis près de 30 ans :
    Nous avons confié la marche du monde à l’OMC, mais quoi de plus bête qu’un commerçant (j’en suis un, qu’ils me pardonnent) Trouver un endroit où l’on peut acheter 1 pour revendre 10 (ou 100 !) ailleurs, quelle intelligence faut-il à celà ?
    Depuis 30 ans nous avons cessé de chercher, de produire. Nous avons trouvé un esclave à l’échelle de la planète – la Chine – qui accepte de produire, de polluer sans rechigner et à vil prix et qui en plus a la maladresse de convertir (Bretton woods oblige) toute la richesse ainsi amassée, dans la monnaie d’un pays à la dérive (sauf sur le plan de l’armement) depuis tout ce temps. Les détenteurs de pétrole, peu nombreux (tribus bédouines ou dictateurs) font de même.
    Alors que voulez vous que nos braves financiers de la City ou de Wall street fassent de ces sommes colossales dont personne, chez eux, n’a nul besoin ? Et bien ils n’ont qu’une solution : Inventer toute ces usines à gaz, qui aujourd’hui nous mènent droit dans le mur.

    Regardez, nous-même, comme nous sommes riches d’une richesse factice. Enfant, dans mon village, en Bretagne, il y a 50 ans (malheureusent !) il y avait un chemisier. Il employait dans son sous-sol 5 ou 6 couturières du lieu, et ses chemises on pouvait les acheter dans les merceries du canton. Il me semble que mon père devait bien travailler une semaine, pour s’en offrir une. Il a fermé depuis longtemps. Aujourd’hui votre chemise « made in china » elle vous a coûté combien, une heure de travail ? Votre ordi, votre lecteur de DVD … Tiens, les denrées de base, elles ne cessent de monter. Malgré tout, tout cet excédent, qu’en faire ? Et bien nous aussi, nous allons le porter à cette énorme machine financière, censée générer à son tour d’autres profits. On va vite s’apercevoir aujourd’hui qu’elle s’apparente plus à un trou noir intergalactique.
    Alors ne faudrait-il pas ramener le travail à ces couturières depuis longtemps disparues. Nous réapproprier l’idée du bien-être par le travail. Mais cela suppose un gigantesque appauvrissement collectif : La chemise 10 jours de travail, la voiture 2 ans de travail… Sommes-nous prêts à cela ?
    Et pourtant derrière cet énorme effort il y aurait une regénérescence de nos sociétés. Sinon, il y aura bien, de toute façon appauvrissement et effort, souffrance. Mais ce sera l’effort et la souffrance de la guerre, comme les ont connus les générations passées.
    L’échelle de cette relocalisation existe aujourd’hui et c’est une formidable chance : C’est l’EUROPE ! Mais cela ne veut pas dire égoïsme et repli sur soit. Cela veut dire que d’autres entités régionales apparaîtront, avec les mêmes objectifs que le notre. Et tout ceci dans un respect mutuel, bien loin de l’indifférence et du mépris actuels de ceux à qui nous demandons de produire en élucubrant sur ce monde nouveau que nous avons créé et où le travail n’a plus sa raison d’être.
    Désolé de la longueur du propos
    Bien à Vous
    LM
    m

  10. @fab

    Le BB cela pourrait être nous, individuellement et collectivement, disons, une conscience de la rotondité et de la finitude terrestre, la fin (provisoire) des grands espaces et des conquêtes aveugles. L’idée couramment et universellement rependue des interdépendances vitales, Dionysos prenant le pas sur Apollon…

    Nous devrions en être à travailler à l’éveil de nos lointains cousins simiesques…
    Au lieu de cela l’humanité semble tout faire pour précipiter sa propre destruction.

    Gaïa a-t-elle accouché à cheval sur une tombe ?

    Je fais une troisième tentative pour poster cette chanson de George Harrison.

    Voyez-y ce que bon vous semble; un petit jeu sur votre pseudo, une allégorie des business angels qui se sont brulés les ailes, l’humanité après les trente glorieuses, les five fab de M. Attali dans 15 ans…

    A vous de voir 😉

    http://www.dailymotion.com/video/x58ke1_george-harrison-when-we-was-fab_music

  11. Monsieur Paul,

    – Vous faites parti du club des 5 , ayant prévu la crise. J’observe tout de même en effeuillant les blogs que beaucoup de pékins avaient le même sentiment, sans en prévoir de calendrier très précis il est vrai.

    Et je dois vous avouer que moi-même, assez crasse en économie, j’ai toujours été effrayé par les rendements boursiers astronomiques rapportés aux gains de productivité et à l’augmentation de richesse . Par ailleurs l’endettement des ménages et ceux des états -malgré les explications et fûtées de ceux pensant que la dette des états est un épouvantail – , ne m’ont jamais paru sains.
    Mais ce sont là des reflexes de mentalité paysanne française, probablement. Reste que j’ai le sentiment obscur de ne pas avoir eu complètement tort.

    Je lis votre article et suis plus moins d’accord avec :

    1) L’idée d’une extention des principes démocratiques au domaine des marchés est séduisante mais concrètement je ne vois pas ce que cela veut dire et vous ne l’expliquez pas.

    En amont de votre raisonnement ne surestimez vous pas l’état de droit et la démocratie ? ce sont des notions précieuses mais enfin ça fonctionne plus ou moins bien …
    Ensuite le ‘pouvoir’ est-il de même nature que le ‘marché’ ? Et la notion de fonctionnement démocratique a-t-elle un sens ou une pertinence quelconque dans les mécanismes de marché ?
    Vous viendrait-il à l’idée d’introduire l’état de droit dans un match de foot pour résoudre les violences stadières ou les sifflets contre la marseillaise ?

    Mais encore plus en amont que tout cela, je vous rappelle que le commerce … et donc le marché … sont eux mêmes, en eux-mêmes, une formidable avancée contre la violence et les rapports de force basés sur la violence.

    2) Dans votre paragraphe ‘Cycle et crises’ vous doutez de l’impartialité ou de la compétence des acteurs majeurs de l’économie . Soit , mais enfin si l’on veut faire quelque chose, améliorer et réguler , il faut bien que ce soit, à priori, les plus experts qui s’en chargent … ou bien alors il faut en charger l’Etat lui-même -c’est peut-être ce que vous suggerez ?- … mais dans ce cas , les mêmes préventions peuvent valoir … car on ne peut vraiment pas dire que les Etats aient vu venir quoique ce soit, ni qu’ils aient fait preuve de grande clairvoyance dans leur tripatouillage permanent de la monnaie et des déficits.

    3) dans votre paragraphe sur les ‘initiés’ … vous en profitez pour aller jusqu’ au souhait que de toute façon , il faudrait au préalable ‘remettre les compteurs des patrimoines à zéro’ . Formellement l’idée n’est pas illogique mais enfin c’est une idée bien vague, qui assimile d’ailleurs cette problématique à un jeu (on refait la partie!) … et qui ne résoudra rien, en ce sens que l’inégalité est une production naturelle de toute société sur le long terme, quand bien même serait distribué le même patrimoine à chacun, au départ de la ‘partie’ .

    Vous finissez en remettanten cause l’idée même de propriété privé : ce n’est pas que cela me dérange beaucoup compte tenu que ma richesse personnelle est assez famélique, mais enfin votre formation de socio-anthropologuo-historien devrait vous rappeler que la frontière entre ce qui relève de la propriété privé et ce qui relève du collectif , peut varier considérablement suivant les sociétés , mais ne fait jamais disparaître l’un des termes.

    Ensuite d’autres questions plus profondes émergent alors comme celle de la Liberté et l’autonomie et celle du Pouvoir et de la contrainte du collectif.

    D’ailleurs vous les sentez bien ces questions là … et pour justifier cette remise ne cause de la soi-disante « sacro-sainte » propriété, il vous faut mélanger la problématique de la crise financière économique actuelle avec celle des problèmes écolos de la planètes !!!
    (Mais je ne dis pas que le problème Gaia ne soit pas aussi celui d’un certain modèle économique)

    4) La spéculation …
    C’est une tarte à la crème à laquelle je souscris volontier , en vous laissant le soin d’en regler les détails techniques.
    Le seul souci que j’ai , est de savoir ce que vous considerez comme relevant de la spéculation , ou comme relevant d’une simple course au profit excessif, ou encore relevant de la rémunération naturelle anormale face à une prise de risque … bref quelle spéculation … ?

    De toute façon c’est un peu tardif puisque qu’à présent et pour de nombreuses années la sécurité va devenir la qualité première de tout placement : la prise de risque sera laissé à des spécialistes contrôlés et les profits seront préemptés bourgeoisement par les institutions financières privées ou publiques … (Ils sembleraient que les banques qui ‘survivent’ – en France, du moins- sachent déjà très bien profiter des aides qu’on leur offre compulsivement)

    5) Enfin, ça et là dans vos textes, l’idée que la mauvaise répartion des fruits du travail ou des profit est à l’origine essentielle de la crise, apparaît de façon insistante.
    Je ne dis pas que cela soit faux, mais enfin c’est une idée un peu simplette même si elle est gentille. Cela serait merveilleux que l’efficacité économique rejoigne de façon aussi magique une certaine morale sociale.
    Un peu comme si la relance économique par l’augmentation des salaires était toujours la bonne façon de faire …

    D’ailleurs si cette idée était exacte, elle supposerait qu’un partage équitable des richesses nées virtuellement de n’importe quelle bulle economico-financière , n’aurait -magiquement- aucune sanction !!!

    J’aurais donc envie de vous dire : relisez le texte d’Allais autour duquel vous et vos contributeurs ont longuement débattu !
    Tout part de l’accumulation de dettes en une pyramide logique et cohérente d’un point de vue comptable mais qui fait peser sur notre réel actuel un risque considérable puisque l’écroulement de cette pyramide revient à ce que les dettes du futur viennent de façon prématurée frapper à la porte du présent en réclamant trop tôt leur remboursement. Pyramide couronnée par la technique de la titrisation.

    Ensuite viennent les allumettes de la polique d’argent facile de la fed, puis la bulle immobilière, puis les sub-primes, puis l’irresponsabilité totale du secteur bancaire tant concernant les dirigeants qui ne maitrisaient plus leur outils et leur gestion des risques, que des exécutants obsédés par quelques primes personnelles. Sans parler de la dilution et la diffusion des dettes irrecouvrables …

    J’ajouterais que les déficits constants et répétés des Etats , que l’on soit en période de vaches grasses ou maigres, rognent à présent considérablement leurs marges keynésiennes de manoeuvre.

    Mais enfin ce n’est pas à vous que je vais expliquer tout cela …

    6) Finalement j’observe que chacun profite de la crise pour promouvoir ses petites idées plus ou moins farfelues (je ne pense pas à vous) . En attendant qu’on sache comment et qui paiera concrètement la partie insolvable de cette immense dette qui doit trouver ses victimes, les commentaires sont ouverts à tous.

    J’observe également que les remèdes sont on ne peut plus classiques et paraissent même de nature identique au poison lui-même … et que le jour ou la confiance dans la capacité des états à rembourser leur dette (même si c’est globalement à nous même) sera entamée , alors là ce sera la fin totale des haricots.

    7) A moins que ce ne soit l’occasion , non pas de changer névrotiquement de système économique (ou de faire semblant) , mais d’inverser quelques priorités de notre vie quotidienne et de revenir à des valeurs un peu plus réelles … et effectivement alors, de changer de modèle de société.

    Oui finalement c’est surtout la bulle idéologique de la consommation comme but de la vie qu’il va falloir crever , pour revenir à la vraie valeur des choses : la qualité de vie.

    Mais de toutes façons, les changement géo-climatiques vont nous offrir une seconde chance. Forcée, cette fois là. A nous de la maîtriser ou pas.

    Voilà monsieur Paul ma contribution à votre contribution à la contribution de Jacques.

  12. @ oppossum

    On m’oppose toujours le même passage chez Maurice Allais, celui qui conduit à une discussion relative aux réserves fractionnaires, vous évoquez un autre aspect, beaucoup plus intéressant, que je ne pense pas avoir évoqué ici, celui de la concordance des maturités pour les actifs et les passifs. La raison pour laquelle je n’en parle pas est parce que c’est assez technique dans la mesure où il faut une bonne base en théorie financière pour en comprendre les tenants et les aboutissants et que le format du blog ne s’y prête pas : il y a toujours des lecteurs qui sont là pour la première fois. J’ai fait allusion aux stratégies fondées sur l’absence de concordance ou « short funding » dans Comment fonctionnent les SIV :

    Le principal désastre associé jusqu’ici au « short funding » avait été la débâcle des Caisses d’Épargne américaines de 1989 (« Savings and Loans » ou « thrifts » – les « économes »), dont coût à l’époque pour le contribuable américain : 140 milliards de dollars. Dans un livre publié il y a quinze ans, Franco Modigliani, Prix Nobel d’économie, écrivait avec Frank Fabozzi : « On ne trouve jusqu’ici aucune indication qu’une nouvelle règlementation soit en préparation qui requerrait le genre de politique d’investissement qui aurait prévenu la tragédie des vingt dernières années, à savoir qui imposerait la concordance des maturités [entre fonds prêtés et sources de financement] ! »

  13. Monsieur,

    Le site a retiré l’en-tête de chaque paragraphe dans ma contribution ci-dessus, ce qui la rend à peu près incompréhensible.

    Voici ma contribution une nouvelle fois, j’espère avec les en-têtes.

    Monsieur,

    Texte intéressant avec beaucoup de points de convergence, mais je souhaiterais commenter quelques éléments.

    ***Nouriel Roubini***
    N’avez-vous pas l’impression que depuis quelques mois, depuis qu’il est « arrivé », reconnu dans le monde entier, qu’il a beaucoup tempéré son discours ?
    Mon impression est qu’il n’ose plus mettre en danger cette reconnaissance, qu’il s’est rangé.

    ***marchés… la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous***
    Je ne comprends pas l’équation marché = guerre. Il me semble qu’un marché est justement le contraire de la guerre. Les hommes consentent à échanger, non à simplement prendre. Un consensus peut se former. Les marchés peuvent être très injustes, inégalitaires, mais ils sont réformables, alors que la guerre…
    Croyez bien, je ne préconise pas les marchés dans leur forme actuelle, mais il me semble que c’est brouiller le débat que de les assimiler à la guerre.

    ***chaque crise est sui generis***
    Avec du recul (et après avoir lu, par exemple, Galbraith, ISBN 01402.38565), on constate que les crises financières tournent toujours autour du crédit/dette et que le progrès technique n’est que de la poudre aux yeux. Une couche de complication destinée à masqué des phénomènes fondamentaux qui n’ont pas changé depuis des siècles. Les CDO/CDS en sont l’exemple même.

    ***Le caractère sacro-saint de la propriété privée***
    Difficile de la remplacer, mais nous pouvons limiter les moyens mis à sa disposition, ex. réformer la notion de personne morale, réfléchir à la notion d’intérêt (revenu du capital).

    Plus généralement, l’idée de mettre sur pied des réformes mondiales me semble dépassée. Cette crise va nous plonger dans une déflation profonde. La mondialisation se termine (voir l’indice Baltic Dry Index) et les organisations internationales auront bien de mal à se maintenir. Je crains aussi pour l’UE, sauf à imaginer un retour à cinq (F, D, Benelux).

    Je le pense car cette crise est triple (environnement, énergie et économie/finance) où les trois éléments nous arrivent en ordre inverse, c’est-à-dire d’abord la finance qui non seulement nous privera des moyens de mettre sur pied de nouvelles sources d’énergie, mais qui est déjà en train de tailler des croupières à la production future du pétrole (références à la demande).

    Bref, vous le voyez, beaucoup de points de convergence (aussi avec Oppossum ci-dessus).

    Salutations cordiales,
    F. Bartsch

  14. @opossum

    …car on ne peut vraiment pas dire que les Etats aient vu venir quoique ce soit, ni qu’ils aient fait preuve de grande clairvoyance dans leur tripatouillage permanent de la monnaie et des déficits…

    >> Les états ont cessé depuis longtemps de gouverner le monde, ce sont les grands financiers et les grands capitaines d’industrie qui s’en chargent.
    – L’élection américaine est basée sur le « financement de campagne => retour d’ascenseur »,
    – le complexe militaro-industriel contre lequel Eisenhower mettait le monde en garde usurpe maintenant le pouvoir de façon ostensible, conformément à ses craintes,
    – plus près de chez nous, la comission européenne n’est pas élue, elle dirige pourtant l’europe et établi ses lois sans en rendre compte aux peuples…et sous quelles influences ?
    – Ne parlons pas des relations de notre cher président qui est à lui seul un cas d’école en matière de dépendance.

    La philosophie prévalente a probablement été : « tant qu’on gagne, on joue, et dès qu’on perd, ce sera un tel chaos que l’on pourra mettre en place de nouvelles règles qui assoieront définitivement notre mainmise sur l’économie mondiale. Les populations et les gouvernements, en plein désarroi, les avaliseront sans broncher ».

    Que sont qq milliards temporairement perdus face à cette perspective de contrôle établi et pérennisé ?

    @thelast :

    Calculer le prix théorique de l’énergie à partir d’une unité de travail « être humain » est un raisonnement bien étrange. Pourquoi pas l’unité « boeuf » ou « cheval », elles sont historiquement tout aussi légitimes, non ?

    En plus, je crois que vous faites complètement fausse route. Je suis intimement persuadé que LA solution, pour un changement durable de société passe par une énergie…gratuite !

    Je vois votre sourire: bien sûr, aujourd’hui, à l’ère du pétrole, c’est une douce utopie. Mais projetons dans un demi-siècle, et imaginons un monde ou l’énergie est abondante et ne coûte presque rien (grâce, par exemple, à une technologie dérivée de l’actuelle Z-machine des laboratoires Sandia, ITER ayant été depuis longtemps abandonné, rasé et transformé en zone résidentielle) :

    – L’énergie étant directement ou indirectement un substitutif à la matière, les matières premières cesseraient d’être des enjeux spéculatifs ou guerriers,
    – Production, conditionnement et transports pourraient être automatisés à bas coût, permettant ainsi l’acquisition des biens et denrées par le plus grand nombre,
    – L’activité économique serait principalement centralisée autour de la mise en oeuvre de cette énergie illimitée, c’est à dire de l’industrie et des services, qui par nature, offrent moins de champs spéculatifs que les matières premières,
    – Bref, la valeur de toutes choses s’en trouvant affectée, la propriété privée s’en trouverait de fait dévalorisée, et la spéculation n’aurait plus de raison d’être, et ce sans avoir à règlementer.

    Dans ce monde utopique, seule la surpopulation serait -à priori- un problème. Mais on voit que dans nos sociétés modernes, les foyers nantis font peu d’enfants. Si toute la population était nantie, on pourrait raisonnablement penser que le seuil de natalité n’excèderait naturellement pas celui du renouvellement.

    A l’inverse, dans un monde ou l’énergie devient chère, comme la période que nous venons de vivre, la spéculation fait un bond, et touche tout le secteur primaire. Elle crée des inégalités majeures (populations entières qui n’y ont pas accès) et devient la source des déséquilibres internationaux.

    Le bas coût de l’énergie est donc la clé du monde paisible de demain, si on veut qu’il existe et qu’il le soit (paisible).

    Mais pour le monde d’aujourd’hui, désolé, j’ai pas de solution…il va falloir se résoudre à passer par une période très difficile…et éviter les mauvais desseins que l’on nous prépare…

  15. @ Jason

    J’ai pris l’unité « homme/jour » car elle me semble plus simple à apprécier.
    On peut parler d’une voiture de 120 chevaux ca n’impressione personne. a vrai dire on sait que c’est beaucoup mais c’est tout.
    Quand on dit qu’une voiture est vraiment écologique elle ne consomme que cinq litres aux 100. on pourrait dire ma voiture est vraiment écologique elle ne fournit que le travail de 150 personnes par heure de fontionnement (en roulant à 100km/h).
    Je trouve qu’on se trouve mieux et qu’on est plus à même de comprendre l’ampleur de la chose.

    Bien evidemment si l’energie était gratuite beaucoup de choses seraient plus simples. Malheureusement je vois mal aujourd’hui comment vous le mettriez en oeuvre.

    Vous dites « L’activité économique serait principalement centralisée autour de la mise en oeuvre de cette énergie illimitée ». C’est justement que les quantités d’énergie ne sont pas illimités que cela pose problème. Il y en a beaucoup mais on en consomme énormément et de façon déraisonnée. En gros on vit bien haut dessus de nos moyens énergétiques.

    Produire de l’énergie est extremenent compliqué et les rendements globaux sont en général mauvais.
    Iter n’existe pas. C’est un projet et il n’est qu’en phase préliminaire de construction. Et que je sache c’est un laboratoire; pas une centrale. Personne n’est en mesure de vous confirmer si ca va marcher dans 50 ans. De nombreux problèmes technologiques fondamentaux existent et ils ne seront peut etre pas solubles. Bien evidemment il vaut mieux essayer de le faire sinon on est sur d’être dans une impasse; mais nous ne sommes pas sur de pouvoir le faire fonctionner un jour. Rien n’est garanti.

    D’où ma question: Pourquoi le prix de l’energie ne rentre t il pas en compte dans les échanges ?
    Doit on laisser la porte ouverte à l’auto régulation ou fixer un prix élevé pour inciter fortement à une utilisation raisonnée ?

  16. Il est tout de même incroyable de polémiquer, en 2008/2009, avec une personne reconnue comme vendeur d’armes, plagiaire, et aux livres pleins d’approximations, d’à peu-près. Et tout simplement méconnaisseur des sujets qu’il évoque dans les ouvrages qui portent sa signature.

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