Questions à Jacques Attali à propos de « La crise, et après ? »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Cher Jacques Attali, j’ai déjà eu l’occasion il y a quelques jours de dire de « La crise, et après ? » (Fayard 2008), qu’il s’agit d’un livre court mais percutant. Je n’évoquerai pas ici l’historique très précis que vous nous offrez du déroulement de la crise et pour lequel vous me mentionnez comme l’une de vos sources d’information. Vous avez également l’amabilité de voir en moi, aux côtés de Martin Wolf, de Nouriel Roubini, d’Andy Xie et de Raghuram Rajan, l’un des cinq visionnaires qui avaient prévu la crise financière et économique actuelle et l’ampleur qu’elle prendrait. Je passerai aussi sur les nombreuses analyses et propositions de remèdes sur lesquelles nous sommes d’accord vous et moi, comme la nécessité de viser des solutions mondiales plutôt que de choisir la voie du protectionnisme ou d’autres formes de repli nationaliste. Je vous poserai plutôt quelques questions sur les sujets où nos points de vue diffèrent.

Marché et état de droit

Vous évoquez la nécessité de rééquilibrer à l’échelle mondiale le pouvoir des marchés par celui de la démocratie et vous lisez dans la crise présente une faiblesse de l’état de droit due au fait que le pouvoir politique est fragmenté, distribué entre une poussière d’états dont le régime est dans le meilleur des cas, la démocratie, alors que les marchés sont, de par leur nature, planétaires. Il est logique que vous appeliez du coup à une gouvernance des marchés à leur échelle : celle du globe tout entier.

Les termes de cette équation supposent que la démocratie est de taille à maîtriser le titan des marchés. Mais disposons-nous de preuves que ce puisse être effectivement le cas ? Pensons par exemple à la capacité des marchés à corrompre le politique : combien de voix dans les élections pourtant « libres » des démocraties sont en réalité achetées directement ou indirectement par ceux qui disposent de la richesse ? Combien de nos dirigeants – élus et autres – agiront-ils avec détermination pour éliminer les paradis fiscaux alors que ceux-ci ont été créés pour leur bénéfice ?

La crise des subprimes a été rendue possible d’une part par les 200 millions de dollars dépensés par le lobby Fire (Finance, Insurance and Real–Estate) pour éliminer le Glass-Steagall Act de 1933 qui prohibait aux banques de dépôt de se livrer à des activités de courtage et à la spéculation, et d’autre part par les dizaines de millions de dollars dépensés par la Mortgage Bankers Association pour imposer les formes de prêts hypothécaires qui devaient conduire à la catastrophe que nous vivons maintenant. La Chamber of Commerce des États–Unis détermine la politique extérieure de ce pays depuis le XIXe siècle. On lui doit, entre autres, le renversement de Mossadegh en Iran en 1953 dont le monde paie encore aujourd’hui les conséquences, et l’occupation actuelle de l’Irak. Si le régime pourtant démocratique de la superpuissance qui joue en ce moment le rôle de gendarme du monde ne lui permet pas de prévenir les interférences des marchés dans la direction de ses affaires, comment peut-on espérer qu’il en irait mieux à l’échelle planétaire ?

Je considère quant à moi, vous le savez peut–être, qu’il existe une disparité essentielle entre démocratie et marchés : la première constitue une invention humaine, née d’un désir de pacification des relations entre les hommes, les seconds demeurent l’expression spontanée de la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous. Ce qui fait défaut à nos démocraties, n’est-ce pas de n’avoir pas encore étendu le principe démocratique aux domaines de l’économie et de la finance, d’avoir laissé en ces lieux des institutions humaines, des plages de sauvagerie ? Bien sûr, un équilibre s’installe – comparable à l’équilibre de la terreur lors des guerres froides – dans un univers de concurrence, mais cet équilibre est instable, ne pouvant survivre que si un contrôle étroit s’exerce à chaque instant. Sinon, dès que la surveillance se relâche, les plus faibles sont éliminés et une poignée de vainqueurs se partagent le terrain pour dicter leurs conditions. La victoire historique des démocraties sur les régimes totalitaires ne découle-t-elle pas du fait que les systèmes qui ne reposent pas sur le consensus s’épuisent en raison d’un coût de la surveillance trop élevé par rapport au surplus créé ? Pourquoi en serait-il autrement en économie ? Quelle énergie ne serait-elle pas libérée si la structure des entreprises cessait de mimer la hiérarchie militaire, si tant de ses ressources n’étaient mobilisées en leur sein dans un combat chimérique contre l’insubordination ?

Crises et cycles

Vous préconisez « d’investir à contre-cycle pour compenser à la fois l’excès d’optimisme et l’excès de pessimisme » mais en évoquant des « cycles » ne vous situez-vous pas déjà dans le camp des optimistes ? Me tournant vers le passé j’y discerne sans doute des crises en grand nombre mais je n’y vois aucun cycle. Je constate en effet que l’inventivité humaine nous a permis d’émerger de ces crises au bout d’un certain nombre – très variable d’ailleurs – d’années, mais s’il existe des recettes bien éprouvées pour créer des crises, comme une disparité scandaleuse des revenus ou l’envahissement des marchés par les spéculateurs, conditions qui furent réunies aussi bien en 2007qu’en 1929, il n’en demeure pas moins que chaque crise est sui generis en raison du progrès technologique intervenu entretemps et le fait que nous soyons sortis indemnes de chacune des précédentes ne nous dit rien du degré de destruction et de chaos qui aura été atteint quand celle-ci entrera dans sa phase finale.

Ne voyons-nous pas en ce moment les autorités financières y perdre leur latin ? Et quand vous évoquez un rôle accru pour le FMI ou la Banque Mondiale, qui nous garantira que leurs politiques seront mieux avisées dans l’avenir qu’elles ne le furent dans le passé, quand leur aveuglement idéologique les conduisit bien souvent à accroître la misère des populations des pays qu’ils guidèrent dans la gestion de leur dette ? Bien sûr, les années ont passé et l’on pourrait espérer que les progrès accomplis par la science économique entretemps assureront que de telles errances ne se reproduiront pas mais, comme vous le savez, le fait que les économistes se sont montrés incapables d’apercevoir la crise qui se profilait à l’horizon n’augure rien de bon. Nous savons même à quel point ils sont aujourd’hui enfermés dans des impasses théoriques, conséquence sans doute de la servilité dont ils ont fait montre vis–à–vis de ceux qui se sont présentés comme les commanditaires de leur savoir et les ont généreusement rétribués pour mener la « science » économique dans telle direction qui servait leurs propres intérêts plutôt que dans telle autre qui pourrait nous aider aujourd’hui.

Vous préconisez à juste titre que les agences de notation relèvent désormais du service public plutôt que d’être rémunérées pour leurs services par ceux qu’elles sont chargées d’évaluer. C’est en effet la voie du bon sens mais cette mesure résoudra-t-elle une question de fond, affectant d’ailleurs au même titre l’ensemble des modèles financiers : leurs modèles d’évaluation ne continueront-ils pas comme par le passé de reposer sur une prétention absurde de maîtriser l’avenir, et ceci quelles que soient les améliorations qu’on leur apporte ?

« Initiés » et accès à l’information financière

Vous évoquez l’avantage indu dont bénéficient les « initiés » dans l’accès à l’information financière et vous semblez appeler de vos vœux une époque de plus grande transparence où « chacun, même le moins formé, pourra un jour calculer des dérivés et confectionner des produits structurés » mais – admettant même qu’il s’agisse là d’un progrès – quel bénéfice une meilleure transparence de l’information financière, obtenue à l’aide d’une surveillance accrue, apportera-t-elle dans le contexte présent de la distribution, non pas des revenus, qui peut être infléchie par la fiscalité, mais du patrimoine ? Un nouveau départ ne réclame-t-il pas nécessairement de remettre les compteurs à zéro pour ce qui touche aux colossales rentes de situation actuelles de ceux qui se sont appropriés au fil des siècles les communs : l’accès aux ressources naturelles, à la terre, à l’eau, aux ressources minières, ou la licence pour eux de polluer et de détruire la planète impunément ? Le caractère sacro-saint de la propriété privée ne doit-il pas être révisé dans les cas où cet a priori menace la survie-même de la planète ?

La spéculation

La spéculation demeure tolérée comme un mal nécessaire, on entend répéter – paradoxalement même encore aujourd’hui – l’argument spécieux qu’elle présente certains aspects positifs, comme d’offrir aux marchés une liquidité que leur est nécessaire. J’ai bien entendu réfuté ce sophisme. Je n’observe que des efforts sporadiques et anémiques de brider la spéculation, aucun de la supprimer. Elle est pourtant responsable des 145 dollars qu’avait atteint le baril de brut en juillet de cette année, envolée de son prix qui entraîna à sa suite celui des céréales et c’est donc bien elle qui provoqua les émeutes de la faim qui secouèrent plusieurs pays du Tiers-Monde, en Afrique, en Asie et même en Amérique avec Haïti. Lorsque le prix du pétrole s’effondre pour atteindre aujourd’hui à la baisse 42 dollars, ce sont les entreprises promouvant les énergies renouvelables qui se trouvent balayées par cette plongée et acculées à la faillite.

Ne croyez-vous pas alors que la spéculation doive être éradiquée et que l’interdiction que je propose des paris sur l’évolution d’un prix devrait être imposée ? Une telle prohibition maintient en place l’ensemble des marchés financiers existant aujourd’hui mais en interdit l’accès aux spéculateurs pour le réserver aux seuls agents économiques légitimes : ceux à qui ils procurent une fonction d’assurance contre des aléas inévitables, climatiques par exemple. Dernière question enfin : les pouvoirs en place dans les régimes démocratiques sont-ils prêts à voter une telle mesure ou bien ne le feront-ils que quand les peuples qu’ils représentent en principe les auront rappelés au sens du devoir par un appel du pied extra-parlementaire ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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78 réflexions sur « Questions à Jacques Attali à propos de « La crise, et après ? » »

  1. « Un appel du pied extra-parlementaire » : j’aime bien la litote. Le contenu des « plans » gouvernementaux et l’action des banques centrales semblent démontrer que les autorités sont complètement déboussolées. Il y a fort à parier que leur activisme sera vain. Le système financier est complètement plombé; la raréfaction du crédit qui en résulte (en dépit des garanties étatiques accordées aux banques commerciales) conduit inévitablement à la dépression. « ça finira mal » comme le répétait le perroquet de Bainville, et les « appels du pied extra-parlementaires » pourraient bien se révéler aussi sauvages que les marchés eux-mêmes…
    Bien courtoisement,

  2. Bonjour Paul ,bonjour a tous
    Je pense que vos questions sont pertinentes,mais il me semble qu’ il n’y aura jamais de solutions ideales,car la nature n’a pas d’etat ideal,et c’est bien ainsi ,on parle d’equite, d’equilibre et en fait la vie est un perpetuel desequilibre. Par la meme il s’agit plus d’une quete de sens ,alors continuons le chemin .Amities

  3. Remarquable analyse, surtout remarquablement bien écrite. Votre écriture est claire comme votre pensée est lumineuse.

    « Partir du réel pour aller vers l’idéal » (Jean Jaures) mais aussi ….. ne pas oublier l’idéal pour transformer le réel ….

    Merci beaucoup Monsieur Jorion.

  4. Production remarquable de clarté logique .
    En français.

    Précisons que « l’appel du pied axtra-parlementaire » débouche évidemment et in fine sur la remise en cause du fameux « droit de propriété » qui fonde notre société.
    Révolution?
    Quel bourgeois est prêt à partager son patrimoine demain pour pacifier le monde?

    Mort de l’imbécile notion de « cycles » et fin de l’école « chartiste ».

    Merci Paul.

  5. Beau questionnement … finalement, vous ne semblez pas tellement d’accord avec JA sur les « solutions » … JA raisonne en scientiste … il « croit » au progrès (technologique) et ceci d’autant plus qu’il fait partie de la génération qui a le plus bénéficié de ce progrès pour l’évolution de sa propre carrière…. normal qu’il croit que le progrès technologique (qui résout tous les problèmes) soit une donnée de base de la race humaine. Autrement il serait obligé d’admettre qu’il a eu la chance de naitre dans la génération dorée (poussée par la croissance des 30 glorieuses) et qu’il ne serait peut-être pas celui qu’il est (l’homme le plus diplômé de France, etc) s’il était né plus tard.

    La croyance dans le progrès technologique est de la même nature que la croyance dans l’existence d’une énergie libre et gratuite ou dans celle du mouvement perpétuel. Le progrès existe bien-sûr, mais il n’est pas prévisible, il n’est pas continu, il n’est pas garanti. Malheureusement, la foi en lui à tendance à le rendre indispensable à notre survie. Ce n’est pas parce que l’on inventé les ordinateurs, Internet, la biotechnologie, etc, que tout à coup, l’énergie est devenue « gratuite ». L’énergie est aujourd’hui peu chère parce que nous la puisons dans le coffre fort d’une banque « naturelle » et ça n’a rien de « magique ».

    J’ai bien apprécié, je dirais même beaucoup apprécié votre réflexion sur les ressources naturelles et la propriété privée. Oui, leur caractère fini et le fait qu’on approche des limites des capacités de leur extraction doit profondément modifier notre rapport à la propriété privée, au moins pour ces ressources naturelles périssables.

    L’exploitation du pétrole au profit des riches n’est pas de la compétition « libre et non faussée », c’est du vol non seulement vis-à-vis de ceux qui n’y ont pas accès aussi aisément mais surtout du vol vis-à-vis de ceux qui n’y ont pas accès du tout, les générations futures.

  6. @ Dominique Larchey-Wendling

    Monsieur,

    Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous écrivez.

    « Le progrès existe bien-sûr, mais il n’est pas prévisible, il n’est pas continu, il n’est pas garanti »…

    « L’exploitation du pétrole au profit des riches n’est pas de la compétition “libre et non faussée”, c’est du vol non seulement vis-à-vis de ceux qui n’y ont pas accès aussi aisément mais surtout du vol vis-à-vis de ceux qui n’y ont pas accès du tout, les générations futures. »

    Bravo.

  7. Merci Paul pour ce lumineux appel à une constitution économique mondiale supra-étatique.

    Puisse Mr. Obama vous entendre. Aura-t-il la liberté et la volonté de vraiment changer la marche du monde, ou est-il l’otage des puissances financières qui l’ont porté au pouvoir ?

    Si les « appels du pied extra-parlementaires », tels que la Grèce les vit actuellement, se déclenchent dans certains points clés du monde, amèneront-ils une action politique démocratique allant dans le sens d’une remise en cause des pratiques en cours, à la construction d’une constitution économique mondiale, ou au contraire seront-ils le prétexte à la mise en place d’une chape de plomb globale, rendue possible sans militarisme excessif grâce aux instruments de propagande et de surveillance mis en place ces dernières décennies ?

    La première option me semble malheureusement peu réaliste.

  8. Vos questions sont très pertinentes, des doutes étant effectivement permis sur la possibilité que le capitalisme puisse s’engager, aussi simplement qu’il suffirait de l’écrire, et même avec brio, sur la voie de telles réformes. Ne doit-on pas s’interroger sur les raisons qui ont aboutit, non pas seulement au déclenchement de la crise, mais surtout à la mise en place progressive de ses constituants ? Afin de mieux estimer s’il n’y avait pas dans ceux-ci une sorte de nécessité dont on peut se demander comment elle pourrait aujourd’hui être contournée, par quoi elle pourrait être remplacée ?

    Les analogies sont trompeuses, mais cette finance devenue immaîtrisable me fait penser à ces avions de combat modernes qui tomberaient comme une pierre s’ils ne disposaient pas de puissantes ressources informatiques les maintenant en vol. Ces dernières sont nécessaires pour que les performances aéronautiques recherchées soient atteintes. Il en est peut-être de même pour le système financier et ses modélisations mathématiques. Comme des machines à fabriquer du risque et à le résoudre en même temps. Des machines à financer de la dette.

    Je ne suis pas sûr qu’il soit désormais possible de se passer de ces machines, sauf à accepter de réduire les performances que l’on en attend, c’est-à-dire les besoins de financement de la dette globale qui s’accroît. Mais si l’on tirait ce dernier petit fil rouge, qu’en découlerait-il d’acceptable ou d’inacceptable ? N’est-il pas plus vraisemblable de penser que des filets de sécurité seront ici ou là tendus, en espérant qu’ils tiendront le coup du prochain choc ?

    Cela me renvoie, sur un tout autre sujet, à ce débat récurrent auquel on assiste depuis plusieurs années. Que ce soit à propos du réchauffement de l’atmosphère ou bien de la pandémie du diabète, par exemple. Comment les combattre ? En s’attaquant à leurs racines connues ou bien en spéculant sur les progrès technologiques afin d’éviter d’avoir à le faire ? En théorisant la fuite en avant ?

    Les honorables et variées théories des cycles, pour revenir à notre économie, ont quant à elles ceci de commun et de rassurant qu’elles anticipent toujours d’une sortie de crise. Après la pluie vient le beau temps. Elles renvoient finalement à l’idée sous-jacente que le capitalisme serait le mode de production ultime de la société humaine, somme toute « naturel », car s’appuyant sur des ressorts humains, et à ce titre indépassable. Qui trouverait en lui-même et tout à la fois les moyens de sa reproduction et de son évolution. La preuve en serait irrémédiablement donnée, à contrario, par l’échec fracassant du socialisme qui prétendait lui succéder.

    Vous avez raison de remarquer combien prédomine une religiosité intellectuelle archaïque et arrogante, ce sont mes mots, lorsqu’il s’agit d’évoquer le « marché » et ses manifestations imprévues, invisibles, etc… Là où dans tous les autres domaines de la connaissance la démarche scientifique tente modestement d’exercer ses droits et ses talents. Comme si l’on touchait dans l’économie et la finance à des phénomènes dont il n’était pas nécessaire de connaître des origines condamnées au mystère. Pour ne pas dire qu’il vaut mieux les recouvrir d’un voile.

    La question restera toujours posée, à défaut d’être résolue, de savoir par quoi remplacer le capitalisme s’il se révèle incapable de construire au moins autant qu’il ne détruit. Avec le temps, la balance semblant pencher bien davantage du côté de la destruction, semble-t-il. A moins que cette interrogation ne puisse déboucher que sur des rêveries, dénoncées comme telles par les mystiques ?

  9. @ dimezzano

    J’aurais du compléter par :

    “Le progrès existe bien-sûr, mais il n’est pas prévisible, il n’est pas continu, il n’est pas garanti … et il ne suffit pas de dépenser plus d’argent dans la recherche et le développement pour qu’il se manifeste. »

    Ceci n’étant une critique de la recherche (je suis moi-même chercheur) mais bien du scientisme qui est une croyance.

  10. Bravo et merci Paul Jorion pour cet article.
    Concernant la question finale, j’ai deux réflexions:

    1) la réponse est évidente. Rares sont au cours de l’histoire les pouvoirs assez intelligents pour avoir lâché du lest avant d’y être forcés. Et lorsqu’ils l’ont fait, c’était pour avoir à lacher le minimum de lest possible.

    2) s’il faut un appel du pied extra-parlementaire pour que les élus fassent ce que veulent les électeurs, sommes-nous encore en démocratie?

  11. Paul, je ne sais pas ce qu’en dira J. Attali mais j’imagine qu’en apparté ce sera quelque chose du genre « Je sais bien que vous avez raison », mais « Je ne PEUX pas écrire autre chose que ce que j’ai écrit ». Et si vous lui demandez pourquoi il dira: « Parce-que je ne peux pas me permettre d’éffrayer à la fois les marchés et les politiques » et aussi « Parce-que je tiens à ma réputation d’homme raisonnable ».
    Nous en sommes là.

    Hans Jonas confiait « à mots couverts » que les solutions politiques à la hauteur de l’enjeu requerraient un mode d’organisation de la communauté politique qui n’était pas « populaire ». Ce qu’on peut traduire par: les démocraties (dissémination de la responsabilité et des capacités à agir) sont malheureusement le plus mauvais système politique quand on doit forcer des changements de cette nature, les régimes autoritaires étant malheureusement, de ce point de vue, beaucoup plus efficaces. C’est pourquoi je suis relativement pessimiste sur l’avenir d’une Europe qui pourrait basculer.

  12. A propos du passage suivant dans le paragraphe  » Marché et Etat de droit ».

    « Je considère quant à moi, vous le savez peut–être, qu’il existe une disparité essentielle entre démocratie et marchés : la première constitue une invention humaine, née d’un désir de pacification des relations entre les hommes, les seconds demeurent l’expression spontanée de la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous. Ce qui fait défaut à nos démocraties, n’est-ce pas de n’avoir pas encore étendu le principe démocratique aux domaines de l’économie et de la finance, d’avoir laissé en ces lieux des institutions humaines, des plages de sauvagerie ? Bien sûr, un équilibre s’installe – comparable à l’équilibre de la terreur lors des guerres froides – dans un univers de concurrence, mais cet équilibre est instable, ne pouvant survivre que si un contrôle étroit s’exerce à chaque instant. Sinon, dès que la surveillance se relâche, les plus faibles sont éliminés et une poignée de vainqueurs se partagent le terrain pour dicter leurs conditions. La victoire historique des démocraties sur les régimes totalitaires ne découle-t-elle pas du fait que les systèmes qui ne reposent pas sur le consensus s’épuisent en raison d’un coût de la surveillance trop élevé par rapport au surplus créé ? Pourquoi en serait-il autrement en économie ? Quelle énergie ne serait-elle pas libérée si la structure des entreprises cessait de mimer la hiérarchie militaire, si tant de ses ressources n’étaient mobilisées en leur sein dans un combat chimérique contre l’insubordination ? »

    Selon moi, la vision du marché véhiculée par les thuriféraires de l’auto-régulation consiste à voir dans l’organisation de la société le prolongement de la nature. Comme la nature, l’organisation sociale évoluerait de manière progressive à l’insu de ses membres. Les meilleures conduites seraient sélectionnées au cours d’un processus n’ayant aucune finalité. Les individus adapteraient leurs conduites à partir de signes de l’organisation sociale. Et ces signes seraient « naturels » à l’instar des éléments naturels qui guidaient la conduite des hommes dans les sociétés agricoles primitives.

    De ce fait, il résulte que la hiérachisation de l’organisation est nécessairement naturelle puisque les plus aptes ont su interpréter les signaux « naturels ». Grâce à eux, la société chemine sur le sentier glorieux de la prospérité et de l’abondance et il est juste que ces individus exceptionnels reçoivent les fruits de leur « travail ». Je pourrais continuer la phrase en balançant les lieux communs que la droite nous ressert sur le caractère confiscatoire de la fiscalité directe progressive, et la nécessité de laisser s’exprimer le « talent » des génies de notre espèce afin que le gâteau à partager soit le plus gros possible.

    En fait, le marché fonctionne que par l’existence d’institutions gérant les signaux. Smith en convenait déjà dans la richesse des nations et il ajoutait que l’égoïsme pouvait être aussi bien le moteur que le ferment de destruction du marché.

    Paul a raison de dire que le caractère sacro-saint de la propriété privée est la cause de l’état de notre planète (et de l’actuel délitement de nos économies, selon moi).
    Néanmoins, ce n’est pas la propriété privée qui est le problème. C’est son utilisation. Locke écrivait que l’appropriation par le travail était légitime sous réserve que la quantité et que la qualité de ce qui était acquis n’entame pas, en quantité et en qualité, ce qui reste aux autres pour mener une existence autonome.
    Or, la rapacité et la vénalité font que ces clauses ne sont pas respectées. Ce n’est que par un travail d’endoctrinement que l’accaparement est justifié. C’est ce qu’expliquait Gramsci : la domination intellectuelle précède la domination matérielle.

  13. @Seregedhel : vous voulez dire par rapport à l’idéal démocratique? Evidemment non, cela est-il d’ailleurs possible? En fait, le sens de ma question est que je me demandais si la crise actuelle ne risquait pas très vite de devenir aussi une crise de régime. Le jour où l’appel du pied extra-parlementaire arrivera, c’est probablement le régime parlementaire (ce que l’on nomme « démocratie » dans nos pays) qui sera aussi en faillite. Comme l’assise du pouvoir parlementaire est essentiellement composée des classes moyennes, il faut donc que la crise ait gravement touché celles-ci (retraites, épargne, valeur de la monnaie, salaires, etc). Dans les années 30, on a vu que cela pouvait aller très vite…

  14. @ antoine et dominique LW

    Vous avez parfaitement raison Antoine. Pour faire face au changement climatique et à la déplétion des ressources rares, l’effort à fournir par la société serait digne de celui d’une guerre. Ce qui n’est pas joyeux d’autant plus que l’on retarde le moment de la prise de conscience par le développement durable « faible ».

    Le développement durable « faible » laisse penser que le progrès technique est la solution. En cela, Dominique a raison et nous baignons encore dans un scientisme digne de Comte.

  15. Cher Paul Jorion,

    Vous faites preuve d’un angélisme qui entre en contradiction avec les politiques des états. Les industriels récupèrent systématiquement les idées écologistes pour imposer un renouvellement complet de leurs produits. En France et en Europe on va interdire les ampoules pour obliger les gens à dépenser dix fois plus pour des ampoules à éclairage industriel fabriquées en Chine elles émettent des radiations électromagnétiques et elles sont bourrées de mercure! Comme elles durent au moins dix ans le marché va très vite s’écrouler. Comme pour les CD, les DVD, les écrans plats, les ordinateurs portables. On se retrouve avec une situation de surproduction et des marchés saturés et bloqués. Mais on a sauvé la planète! L’écologisme est également utilisé pour mettre des taxes partout et pour segmenter le territoire. Les pauvres circuleront dans d’horribles transports en commun, les riches en voitures.

    Les normes automobile aux USA sont très sévères en on va vers le zéro émission. En Europe on a favorisé le carburant qui pollue le plus, le diesel en imposant comme norme les rejets de CO². Résultat on se retrouve immanquablement derrière une fumée de mazout mal pas dépolluée, les particules du diesel sont comme l’amiante. Ce carburant n’est pas adapté à la conduite urbaine, les moteurs cassent avant 100 000 km, les systèmes de dépollution ne fonctionnent pas en raison de la circulation urbaine. Pire, les normes ne sont pas applicables aux utilitaires qui parfois composent 50% de la circulation. Mais on devait soutenir les constructeurs locaux qui se sont tous spécialisés dans le diesel avant 1993 quand on a imposé le pot catalytique pour les véhicules essence. Résultat les véhicules hybrides/essence, c’est à dire l’avenir, c’est totalement compromis en Europe.

    A propos des idées généreuses à destination du tiers monde ou des pays émergents. Ces derniers haïssent l’Europe ou les USA. Les européens et les américains blancs sont devenus minoritaires dans le monde. Nous ne sommes plus en 1960 ou 1970. Ne comptez plus sur les blancs pour aider les autres qui ne pensent qu’à les éjecter voire les exterminer. On a l’exemple de l’Afrique du Sud où les noirs sont en train de se débarrasser de tous les blancs. Dans 30 ans il n’y aura plus un seul blanc en Afrique du Sud. Tout a changé.

    On peut voir la crise actuelle comme une bénédiction destinée à provisoirement casser les prétentions de la Chine. Imaginez qu’en Algérie ce sont aujourd’hui les chinois qui réalisent toutes les infrastructures. Ca limite les relations internationales entre états proches à peu de choses.

    Les plans de relance français finissent dans les caisses allemandes. Or les allemands se sont organisés pour être les exportateurs mondiaux numéros 1. Pourquoi iraient-ils eux aussi faire un plan de relance? Leurs finances sont en ordre. Pourquoi payer pour les mauvais élèves? Pour des français incapables d’autre chose que de gérer le bazar et déficits permanents dans tous les domaines? Le comportement des populations françaises, des plus riches aux plus pauvres, incapables de s’entendre et de s’organiser, les allemands ne veulent pas payer pour eux, dans quel but, maintenir le système que les français eux mêmes refusent de réformer?

    Alors, oui, vous avez théoriquement raison sur tout, le problème ensuite c’est la pratique! Et ça, c’est une autre paire de manches!!!

  16. Merci Paul,
    cet article est fondamental car il expose la problématique actuelle. Celà fait partie des raisons pour lesquelles ce blog fait partie de mon TOP 10. Derrière certains mots se cachent de dures réalités et nous sommes quelques uns à en comprendre la portée. Les esprits libres et indépendants sont rares et précieux, protégeons-les.

  17. « Cher Jacques Attali, vous me mentionnez comme l’une de vos sources d’information. Vous avez également l’amabilité de voir en moi, aux côtés de Martin Wolf, de Nouriel Roubini, d’Andy Xie et de Raghuram Rajan, l’un des cinq visionnaires qui avaient prévu la crise »
    Il faut toujours être sûr de soi pour avancer..

  18. Il faut craindre que Séraphin Lampion ne soit plus lucide que le modèle d’Hergé : les faux-semblants de l »ancien monde » – en ce compris les poncifs relatifs à la démocratie – sont en train de mourir, et tout particulièrement les vertus supposées du marché, que Paul Jorion a déjà anéanties avec élégance. Attali a tenté d’échapper au ridicule en empruntant (en hâte) les thèses d’analystes plus pertinents (dont Paul Jorion : JA est coutumier de l’emprunt); souvenons-nous de ses écrits popotes d’il y a quelques mois à peine… Les « gens en place » (dont JA), qu’ils appartiennent au monde politique, à celui de l’industrie ou de la finance, ou de leurs faire-valoir, voudraient accréditer l’idée qu’en se serrant la ceinture pendant 10 ans, le pékin pourra amortir les énormes erreurs, et les non moins énormes exactions, commises ou tolérées par eux sur les 7 ou 8 ans écoulés. Voilà qui est théoriquement envisageable, mais il est peu probable que ce scénario se réalise. Ce qui signifie que les plus sombres inquiétudes sont autorisées, et la référence aux événements grecs me paraît assez éclairante…

  19. Rachman dans le FT d’hier:

    « Tellingly, Rachman concedes that “International governance tends to be effective, only when it is anti-democratic,” citing the continual rejection of EU expansion when the question is put to a vote. “In general, the Union has progressed fastest when far-reaching deals have been agreed by technocrats and politicians – and then pushed through without direct reference to the voters,” writes Rachman.

    So there you have it – one of the world’s top newspapers, editorially led by chief economics commentator Martin Wolf, a top Bilderberg luminary, openly proclaiming that not only is world government the agenda, but that world government will only be achieved through dictatorial measures because the majority of the people are dead against it. »

    In:
    http://www.infowars.com/?p=6423

  20. « La victoire historique des démocraties sur les régimes totalitaires ne découle-t-elle pas du fait que les systèmes qui ne reposent pas sur le consensus s’épuisent en raison d’un coût de la surveillance trop élevé par rapport au surplus créé ? Pourquoi en serait-il autrement en économie ? Quelle énergie ne serait-elle pas libérée si la structure des entreprises cessait de mimer la hiérarchie militaire, si tant de ses ressources n’étaient mobilisées en leur sein dans un combat chimérique contre l’insubordination ? »
    Oui, sans aucun doute. Pourtant, on doit encore être loin du point de rupture qui nous conduirait vers plus de démocratie en entreprise. Les lois Auroux n’y ont rien fait. Les expériences que j’ai eues en entreprises m’ont en effet montré que la brutalité et l’agressivité l’emportaient. La peur de l’exclusion du groupe joue à plein. La peur de perte de compétitivité est exploitée à fond pour faire taire toute vélléité démocratique dans l’entreprise. Les supposés désirs des clients aussi. Dans les périodes de forte évolution (et de chômage), le fait est que nous sélectionnons les personnages agressifs pour nous diriger. Question de manque de repères, d’un affaiblissement du sens de discernement et urgence du vide à combler. Le beau projet qu’on appelait ergonomie dans les années 70 s’est assèché et Christophe Dejours pourrait confirmer chaque année son observation de « Souffrance en France ».
    D’un autre côté, les coopératives meurent bien souvent du fait de leur difficulté à récompenser les efforts et à résoudre les conflits. Les jalousies (désir mimétique) minent alors ces entreprises démocratiques.
    Une solution serait peut-être de faciliter fortement la création d’entreprises en supprimant l’IS, la TP et les cotisations sociales (mis à part la retraite – voir par exemple le projet, par répartition, de compte épargne individuel unifié de Bozo et Picketti) . Les impôts seraient alors reportés sur les impôts directs sur les revenus (tous les revenus) et les impôts indirects sur la consommation. Pour négocier en entreprise comme ailleurs, il faut être prêt à s’en aller, c’est l’idée directrice d’une recherche d’équilibre un peu meilleur employeur/employé.

  21. « Un nouveau départ ne réclame-t-il pas nécessairement de remettre les pendules à l’heure pour ce qui touche aux colossales rentes de position actuelles de ceux qui se sont appropriés au fil des siècles les communs : l’accès aux ressources naturelles, à la terre, à l’eau, aux ressources minières, ou la licence pour eux de polluer et de détruire la planète impunément ? Le caractère sacro-saint de la propriété privée ne doit-il pas être révisé dans les cas où cet a priori menace la survie-même de la planète ? »

    Si tu entres dans la vigne de ton prochain, tu pourras à ton gré manger des raisins et t’en rassasier; mais tu n’en mettras point dans ton vase.
    Si tu entres dans les blés de ton prochain, tu pourras cueillir des épis avec la main, mais tu n’agiteras point la faucille sur les blés de ton prochain.

    Les terres ne se vendront point à perpétuité ; car le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme étrangers et comme habitants.

  22. Désolé pour le post inutile, mais a mon humble avis vous avez ici écris votre meilleur billet. en tout cas celui qui me plait le plus. merci

  23. 3 questions un tantinet critiques à Paul
    1. Vous dites « …la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous ». Ceci n’est-il pas une erreur anthropologique ? Les études sur ce que nous appelons « les sauvages » ne montrent-elles pas souvent des sociétés assez pacifiques pratiquant un communisme primitif en leur sein et respectant la nature comme mère féconde et pourvoyeuse de toutes richesses ? La « guerre de tous contre tous » n’a-t-elle pas été inventée par les philosophes économistes pessimistes des XVIIème et XIIIème siècle, les Hobbes, Mandeville et même Rousseau qui ne voyaient que la coercition pour empêcher les loups humains de s’entredévorer ? Adam Smith lui-même, malgré sa foi, n’a-t-il pas été influencé par ces visions pessimistes de ceux qui, par un retour de balancier exagéré, ont remplacé le « Aimez-vous les uns les autres » par « Remplaçons la guerre de tous contre tous (invention très moderne) par le doux commerce » ?
    2. Vous dites aussi : « Lorsque le prix du pétrole s’effondre pour atteindre aujourd’hui à la baisse 42 dollars, ce sont les entreprises promouvant les énergies renouvelables qui se trouvent balayées par cette plongée et acculées à la faillite ». Cela se passe-t-il déjà ainsi aux USA ? En Europe, il me semble que le temps de réaction toujours lent fait que le politique, les médias dominants et le grand public commencent seulement à enregistrer la baisse inéluctable des énergies fossiles. Les primes se mettent en place, les bons conseils fleurissent partout et le citoyen moyen se sent un âme d’écologiste du quotidien. Les start-up alternatives fleurissent et leurs carnets de commandes s’allongent. Mais il est vrai que les imbéciles de spéculateurs investissent moins dans ces entreprises car, eux, croient que le cours du pétrole est à 42 E pour 10 ans… Encore une bonne raison de stériliser les spéculateurs…
    3. Enfin, est-ce votre bonne éducation qui vous fait dire «appel du pied extra-parlementaire» plutôt que «coup de pied au cul des planqués en politique » ?

  24. On parle de spéculation, de morale, d’entreprises « durables » vouées à disparaître. BMW a survécu à la deuxième guerre mondiale, Volkswagen a été créée par Hitler lui-même…et continue de prospérer. Où voyez-vous un lien entre morale et économie ?

  25. Monsieur Jorion bonjour,

    « Pensons par exemple à la capacité des marchés à corrompre le politique : combien de voix dans les élections pourtant « libres » des démocraties sont en réalité achetées directement ou indirectement par ceux qui disposent de la richesse ? Combien de nos dirigeants – élus et autres – agiront-ils avec détermination pour éliminer les paradis fiscaux alors que ceux-ci ont été créés pour leur bénéfice ? »
    « Dernière question enfin : les pouvoirs en place dans les régimes démocratiques sont-ils prêts à voter une telle mesure ou bien ne le feront-ils que quand les peuples qu’ils représentent en principe les auront rappelés au sens du devoir par un appel du pied extra-parlementaire ? »

    Je cite, en vrac, Aristote dans l’éthique à Nicomouk :

    « Il peut sembler qu’il [le bien suprême] dépend de la science souveraine et au plus haut point organisatrice. Apparemment c’est la science politique. »

    Loin de moi l’idée d’utiliser ces propos comme des postulats, mais il me semble, comme cela a été dit à plusieurs reprises sur ce blog, qu’il faudrait profiter de ce que la bête soit blessée pour agir.

    Donc : ne pensez-vous pas que les défauts que l’on attribue à l’économie découlent totalement du dysfonctionnement de nos démocraties ? Et qu’il faudrait, par priorité, s’occuper de la politique avant l’économie ?

    Votre « appel du pied extra-parlementaire » me pousse à croire que si, et même que vous avez déjà certaines remèdes en tête.

    De nombreuses personnes de par le monde se posent ces questions et proposent des solutions, mais malgré l’essor de l’internet, je ne pense pas qu’il soit possible de les fédérer on-line !

    Il faut donc une voix qui s’élève, une voix calme, sereine, pour nous expliquer comment on pourrait s’y prendre pour changer notre démocratie et donc je l’espère nous redonner une motivation, un sens…

    Merci

  26. « Dernière question enfin : les pouvoirs en place dans les régimes démocratiques sont-ils prêts à voter une telle mesure (l’interdiction des paris sur l’évolution des prix) ou bien ne le feront-ils que quand les peuples qu’ils représentent en principe les auront rappelés au sens du devoir par un appel du pied extra-parlementaire ? »

    @ Paul : L’appel du pied ne peut être « parlementaire » :

    La démocratie n’est pas une fin en soi, mais un moyen. Or les banques « Tirelire » et « Coffre-fort » ont déjà une activité légale que le législateur leur a confié « démocratiquement » , elles utilisent alors légalement tous les moyens pour s’enrichir. Tout ce qui est légal a valeur en démocratie : Si Tirelire et Coffre-fort étaient illégales, ces aimables boutiques seraient sous le coup de la répression des fraudes.

    Chez Tirelire, le PDG était directeur de cabinet d’un ancien premier ministre, chez Coffre-fort, tout le staff connait les salons de Matignon et la froideur moderne du paquebot de Bercy puisqu’ils y ont « travaillé », comprendre : Ils ont déjà vendu aux politiques leurs travaux d’expertises financières avant de se reconvertir dans la banque …

    La démocratie ne peut générer un « contre-pouvoir » qui encadrerait l’activité des spéculateurs de Tirelire et Coffre-fort : Sans le législateur, Tirelire n’est rien. Sans Tirelire, le politicien ne finance plus aucun lobby puisque son intérêt bien compris se voit entravé par la chute de ses recettes fiscales …

    Alors une banque a-t’elle vocation a enrichir d’anciens serviteurs de l’Etat ?
    L’Etat n’a-t-il pas intérêt à voir lui aussi des bulles spéculatives exploser tous les records de bénéfices et augmenter d’autant son gain par l’impôt ?

    Et de feindre lorsque les catastrophes arrivent, que sa responsabilité n’est pas en jeu, que la « Puissance Publique » sera toujours là pour sauver ce qui est légal soit toutes les banques Tirelire et Coffre-fort qu’il a lui même autorisées …

  27. Bonsoir à Paul et aux autres.
    Attali nous montre encore de quoi sa pensée découle, d’une sorte de déisme extrapolé au politique, soupoudré d’une vision élitiste du monde. Le monde d’en bas doit faire confiance à une caste appatride, mieux à même de penser pour la planète entière. Attali est extrêmement dangereux en ce sens qu’il croit promeut un seul et unique modèle de gouvernance, au final inaccessible à la démocratie, qui ne fera que pulvériser les droits individuels. L’on constate bien, empiriquement, que plus un pouvoir est global plus il est oppressant, les grands ensembles politiques sont toujours plus autoritaires et autocratiques que les petits, on y observe souvent un détachement confisquatoire du pouvoir. L’exemple de la cohabitation des espèces vivantes nous montre combien la collaboration à toute les échelles structurelle est fructueuse et surtout nécessaire, combien un système dynamique est plus fort lorsqu’il est fractionnaire et collaboratif.
    Attali est après tout tellement réactionnaire, il semble découvrir un monde trop chaotique et multiple, il ne veut pas qu’il échappe à l’élite occidental, il nous propose rien d’autre que le même modèle que celui d’aujourd’hui, celui de l’hyper puissance bureaucratique américaine, il se doit de proposer de le renouveler avant l’effondrement.
    N’en déplaise à Attali le nouvel ordre mondial fantasmé se transforme bien souvent en désordre absolue, il n’y a pas d’équation fondamentale…

  28. L’état de « droit »…?
    Les textes fixent la morale (car nul n’est censé ignorer la Loi) mais le faible ignore que certaine forme de vol est autorisé par le droit.
    Donnez au plus humble l’arme du prédateur il s’en servira au mépris de son ancienne éthique.

    Ainsi va le monde de dictatures en démocraties.

  29. Pauvre Attali.
    Ça c’est bien une raison pour laquelle je ne m’approcherais jamais de près ou de loin de la politique. Quoi que vous fassiez, vous finissez toujours par vous en prendre plein la gueule à un moment ou à un autre. Je me premets ici de contredire certain d’entre vous en replacant le résumé de wikipedia sur le livre ‘la voie humaine’ de cet hauteur :

    Le déséquilibre des forces entre marché et démocratie, en faveur du marché, conduirait à une précarité croissante des choses, des idées et des gens. Ce projet propose comme moyens d’action pour lutter contre la précarité généralisée :

    * La gratuité des biens essentiels : (nourriture, logement, connaissance, santé) : « Il faut que des choses et des services échappent aux marchés, cessent d’être échangés contre de la monnaie, il faut que du travail ne soit plus vendu, mais devienne libre et volontaire, créateur à la fois de richesse et de plaisir pour celui qui l’accomplit comme pour celui qui en bénéficie »[1].

    * La responsabilité : « Pour renforcer la démocratie face au marché et inviter les citoyens à exercer leurs droits, il faudrait pouvoir remettre en cause le principe de la délégation de pouvoir, la représentation, et aller vers une démocratie directe, permanente, sur mesure, en tous lieux, dans toutes les organisations publiques ou privées où des décisions collectives doivent se prendre ; en y associant tous ceux qui y sont concernés, soit parce qu’ils y habitent, soit parce qu’ils y travaillent, soit parce qu’ils en sont les usagers, soient parce qu’ils seront d’une façon ou d’une autre affectés par leur devenir. » [1]

    * Le savoir : « Chacun doit avoir les moyens […] de l’apprentissage, de la curiosité, du savoir en soi […] »[1]

    J’aurais volontier mis des passages du livre, mais je ne l’ai pas sur moi.
    Evidement, on peu reprocher le manque de propositions concrètes et l’inapplicabilité des mesures. Mais ne pouvons nous pas en faire de même pour nos interventions sur ce blog ?

    Peut-être est-ce une erreur de sa part de penser que le libéralisme actuel pourrait coexister avec le monde idéal qu’il préconise. Mais à croire certain d’entres vous, Mr Attali serait un élitiste réactionaire assoiffé de richesses personnels. Tout de même… Je pense que c’est aller un peu vite en besogne.

  30. Bonjour,

    « interdire la spéculation sur les prix »

    Est à coup sur une idée habile, on pourrait imaginer facilement une réglementation qui corrigerait les dérives sans imposer la fermeture des marchés. Elle créerait une réorientation des produits de l’économie vers les acteurs productifs et l’État. Une forme de « révolution » qui ne dirait pas son nom, à mise en œuvre rapide, tout en limitant les risques de « blocages ».

    Appliquée à la spéculation sur les matières premières cela pourrait se traduire dans une réglementation simple: impossibilité de revente du même stock plusieurs fois, obligation de revente par fractionnement à plusieurs clients pour aller au plus vite (limitation du nombre de reventes) vers l’entreprise de transformation ou le consommateur final. Cela semble contrôlable et applicable rapidement.

    Pour les produits dérivés je crois qu’elle correspondrait à une interdiction complète (à voir ?).
    La suppression des moyens de couverture sur le cours des matières premières étant moins utile dans un marché non spéculatif. Mais ce marché rendu moins spéculatif devrait tout de même être suffisamment stable (là aussi, à voir).

    Je ne parlerai pas des autres formes spéculatives actions et autres…

    L’application de l’interdiction spéculative sur les prix me semble très complexe à mettre en œuvre lorsque l’on parle de parité des monnaies.
    Comment interdire l’achat de devises au privé ?
    Cette forme de spéculation me semble pourtant profondément contre-productive puisqu’elle « pompe » directement « à la source » sur les économies des états !
    Il me semble que cette interdiction de spéculer sur le prix des monnaies n’est envisageable que sur la base de la création d’une monnaie mondiale unique.
    Qui dit monnaie mondiale unique dit; gestion mondialisée, centralisée, de son émission et du marché monétaire et de la finance…
    (une fixation définitive des taux des changes reviendrait au même puisqu’il faudrait un outil commun de décision d’émission et de gestion monétaire…)

    Donc, une organisation démocratique; mais… corruptible et contrôlable par des lobbys (impossible d’y échapper la corruption est un risque est inhérent à toute organisation humaine).

    Il faudra pourtant bien en passer par là; les réponses apportées par les pouvoirs politiques aux grands problèmes que rencontre l’humanité son très en deçà des enjeux, on ne peut que constater leur inadéquation, et chaque jour qui passe le constat n’est que plus criant. On assiste à un effondrement financier dans un contexte de réchauffement climatique insoutenable sur le moyen terme (très court en fait 50, 100ans ?), de surpopulation, de disparition programmée des principales ressources naturelles(là aussi à 50-100 ans) et des espaces cultivables. Pour chaque chaque État isolé, la seule solution c’est relancer la croissance, pour; plus de consommation plus de production, plus de pollution, accélération de la consommation des ressources naturelles…

    Je vois trois problématiques interdépendantes dont le traitement passe impérativement par une gestion mondialisée et si possible démocratique (à nous de mettre en place les gardes fous les contrôles et les appels du pied extra-parlementaires):

    -La gestion des ressources planétaires
    Les ressource naturelles, (pétrole,cuivre, etc…) mais aussi les ressources vivrières (par ex: l’agriculture n’a rien à faire dans l’économie de marché; la vente au plus bas prix d’un bien comme une voiture ou un téléphone portable bénéficie de la concurrence qui pousse à l’innovation, et c’est extra, bravo. Pour ce qui touche à la nourriture, c’est une grave catastrophe sur les plans: transports (carbone), santé(mélamine), condition animale, pollutions agricoles, autonomie nutritionnelle(famines, graines stérilisées génétiquement), impact diététique etc…).
    Ajoutons la gestion de l’espace terrestre et maritime, la préservation de notre biotope et bien sur nos biens les plus précieux, l’air, l’eau…

    – La gestion humaine
    Santé, nutrition, pauvreté, déplacement de populations, contrôles des naissances, conflits…

    – La gestion économique et financière
    Redistribution des richesse, maitrise de la croissance, équilibrage des économies, base financière stable et sûre…

    Ces trois « pôles » interdépendants ne me semblent plus administrables efficacement au niveau des états isolés et concurents. De plus un pourvoir démocratique, centralisé qui ne traiterait que d’une seule de ces questions n’auraient pas toute les clefs pour apporter les solutions suffisamment globales.
    Je milite donc plutôt pour une gouvernance mondiale, démocratique, ayant à charge de réglementer les trois pôles dont j’ai parlé, à transcrir dans la loi de chaque pays par les différents parlements (par exemple sur le modèle européen) ceci afin d’assurer un futur « vivable » à l’humanité.

    Quoi qu’il en soit les appels du pied extra-parlementaires me semblent, pour l’heure, devoir porter sur des demandes de réponses rapides à cette crise qui s’installe et non sur la mise en place d’un nouveau système à long voir très long terme.

    MM. Jorion et Attali que ne créez vous un comité d’experts internationaux affin d’exiger que les mesures indispensables soient prises rapidement pour éviter aux peuples de payer lourdement les abus des spéculateurs que vous dénoncez ?
    Ou considérez-vous que les gouvernement apportent actuellement des réponses suffisantes ?

    N’est-il est pas temps d’unir vos efforts et de parler d’une même voix ?

  31. @ Alice

    Pourquoi ne pas citer vos sources ?

    Si tu passes dans la vigne de ton prochain, tu pourras manger du raisin à ton gré, jusqu’à satiété, mais tu n’en mettras pas dans ton panier.

    Si tu traverses les moissons de ton prochain, tu pourras arracher des épis avec la main, mais tu ne porteras pas la faucille sur la moisson de ton prochain.

    Deutéronome 23 (24-25)

  32. @Archimondain
    Je n’ai pas non plus le texte sous les yeux, cependant il faudrait y adjoindre le « plan Attali », de la commission qu’il présida, pour enfin nous convertir aux joies du libéralisme. Attali représente ce que d’aucun appel une jolie caution de gauche, particulièrement mise en avant dans notre vielle Europe sociale démocrate, qui, avec quelques compagnons de routes (chroniqueurs politiques, BHL , etc… ) tente de se refaire une virginité. Oui, le monde qu’il a contribué a façonner s’effondre sous ses yeux et il tente, par de jolie intention, ne nous convaincre qu’il a compris la leçon, qu’il n’y reviendra plus, « Et après » comment se refaire. Mais que dit-il donc, quelles sont ses propositions réalistes? L’interrogation de Paul Jorion au sujet des techniques spéculatives est à ce sujet pertinente, Attali nous propose un monde meilleur par la fin, mais le début c’est surtout de ne rien changer, mais d’accentuer ce processus fort de concentration de pouvoir, de gestion globalisé, de domination bureaucratique que nous connaissons aujourd’hui. Il veut UNE instance internationale qui fera le bien pour nous tous. Cette instance sera sensé tout rendre gratuit et biens de tous, comme les ressources naturelles, l’eau tiède et je ne sais quelle bonté divine…
    C’est très beau mais inquiétant et irréaliste. Il faut avoir à l’idée que les forces qui dominerons un espace globale et unique risque de ne pas être celles de la médiation comme de la négociation. Paul Jorion le dit tout simplement par la phrase: « les seconds demeurent l’expression spontanée de la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage », en ce sens expérience est mère de toute les sagesses.
    Ce que nous attendons donc d’un esprit comme Attali c’est aussi de remettre en cause le système sous son angle globalisé, car les maux attribués aux marchés le sont car ils sont globalisés, dominant, aucune représentation démocratique ne peut y avoir prise, c’est là l’avantage qu’a pris le capital, il n’as plus de front permettant de négocier les règles.
    A mon sens un nouveau monde passe par une déconcentration totale des pouvoir en place, peut être la fin d’un empire, et Attali ne semble pas l’entendre de cette oreille la.

  33. Désolé pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, mais comme Attali a 5 amis visionnaires qui lui sont reconnaissants j’ai pensé que ca pourrait les interesser

    The Financial Times, one of the most respected and widely read newspapers on the planet, features an editorial today that openly admits the agenda to create a world government based on anti-democratic principles and concedes that the term “global governance” is merely a euphemism for the move towards a centralized global government.

    For years we were called paranoid nutcases for warning about the elite’s plans to centralize global power and destroy American sovereignty. Throughout the 1990’s people who talked about the alarming move towards global government were smeared as right-wing lunatics by popular culture and the media.

    Now the agenda is out in the open and in our faces, the debunkers have no more ammunition with which to deride us.

    A jaw-dropping editorial written by the Financial Times’ chief foreign affairs commentator Gideon Rachman entitled ‘And now for a world government’ lays out the plan for global government and how it is being pushed with deceptive language and euphemisms in order to prevent people from becoming alarmed.

    http://www.ft.com/cms/s/0/05c36962-c594-11dd-b516-000077b07658.html?nclick_check=1

  34. Ne pourrait-on ajouter au tableau que vous évoquez sur les spéculations la baisse des ventes chez les constructeurs automobiles français, – 7% le mois dernier, ce qui a entrainé une mise au chomage technique d’une grande partie du personnel.

    Je n’ai entendu aucune corrélation entre la flambée du prix du pétrole l’été dernier suivie d’un assèchement des crédits à la consommation et cette chute de l’achat des voitures neuves.

    Et pourtant, les français sont fanatiques quant il s’agit de leurs voitures. Ils la bichonne, elle fait l’objet de toute leur attention.

    Voyez comme il est difficile de mettre en place du co-voiturage en campagne dans des zones où il serait pourtant le bienvenu. Lorsqu’on habite à la campagne, difficile de prendre les transports en commun. Lorsqu’ils ne sont pas inexistants, ils sont très chers. De grands bus sont la plupart du temps vides, trois trains le matin et quatre ou cinq le soir pour revenir de la grande ville. Le reste du temps, rien. Et pourtant, chaque village ces deux trois dernières années a rivalisé pour faire construire des zones pavillonnaires sécurisées.

    Tous ces néo-ruraux qui s’y sont installés ont bien été obligés de prendre leur voiture pour aller travailler en ville. Mais entre le crédit de la maison et tous les autres crédits à la consommation, pas de quoi acheter une nouvelle voiture.

    Merci Paul pour cette vision éclairante.

    Je me demandais pourquoi ces dernières années les constructeurs automobiles avaient autorisé les gros 4×4 a avoir des vitres tintées. Depuis la crise je crois que j’ai compris que les propriétaires de tels engins ont tellement peur de la manière dont ils ont acquis les sommes qui leur permettent d’acheter de tels engins qui consomment des 20/25L au 100Kms qu’ils ne veulent pas qu’on les dévisage, qu’on risque de les reconnaitre au cas où les choses tourneraient mal pour eux.

  35. Voici un consensus post crise de certains oracles qui pourrait vous intèresser

    « Ils ont toujours su que l’économie s’effondrerait. Que prèdisent-ils pour la suite? »
    (1) Traduit d’un texte paru le 07/12/2008 Par Jeff Vandam
    ______________________________________________________________________________________
    Diseuse de bonne aventure : Gerald Celente fondateur du Trends Research Institute, propriétaire du site collapseof09

    TRACK RECORD
    Prédictions du crash de 1987 , de la crise monétaire asiatique de 1997
    Il a annoncé en 2007 que les États-Unis allaient se diriger en 2008 vers la « version économique du 9 / 11 ».

    PREVISIONS ACTUELLES
    « Les produits vont être moins cher à acheter, mais devinez quoi? Vous allez avoir besoin de plus d’argent pour les acheter parce que votre dollar aura moins de valeur. Il n’y a pas d’exercice ou de politique monétaire qui puisse sauver tout cela. Vous ne pouvez pas sauver la situation en imprimant plus d’argent.  »
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    Diseuse de bonne aventure :Nouriel Roubini , professeur à la NYU , président de RGE Monitor

    TRACK RECORD
    NR a prédit cette crise en 2006, pointant du doigt la crise du logement , les chocs pétroliers, et les taux d’intérêt

    PREVISIONS ACTUELLES
    «On se dirige vers une récession mondiale. Je m’attends à connaître la pire récession américaine des 50 dernières années. Je m’attends à ce que les Etats Unis connaissent un taux de chômage de 9 % ».
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    Diseuse de bonne aventure : Peter Schiff
    Président de Euro Pacific Capital

    TRACK RECORD
    Il a publié la preuve du Crash à venir dans un ouvrage paru en Février 2007 sous ces termes: « Comment faire pour profiter de l’effondrement économique à venir ? ». Peter Schiff affirmait en Aout 2006: ‘recession is on the corner’-à voir aussi: la video sur u tube « 8/28/2006-Peter Schiff Predicts The US Economic Collapse With Unbelievable Accuracy »

    PREVISIONS ACTUELLES
    «Je prédis que l’économie s’effondrera. Le plus grand risque, est que le gouvernement ait tenté de résoudre le problème en faisant exactement ce qu’il est en train de faire, et qu’il n’ait pas agi à temps avec des mesures concrètes. Il va créer une autre Grande dépression, mais encore pire, car le coût de cette fuite coûtera plus cher et les effets seront vains.  »
    ______________________________________________________________________________________
    Diseuse de bonne aventure : Richard Russell
    Fondateur de l’indice Dow Theory Letters

    TRACK RECORD
    Il a prédit le point bas de 1974 ; il est sorti du marché avant les crashs de 1987 et 2000.

    PREVISIONS ACTUELLES
    « Tant que nous pouvons tenir le Dow Jones au-dessus de 7470, je pense que la situation laisse place à un peu d’espoir. C’est le niveau à mi-chemin entre le boom du marché en 1982 et lors de son èclatement en 2007. Je suppose qu’il va exploser ce niveau. La plupart des baisses des marchés connues jusqu’alors ont anéanti plus de 50 pour cent d’un marché haussier.  »
    ______________________________________________________________________________________
    Diseuse de bonne aventure : Barry Ritholtz
    Chef de la direction et directeur de la recherche de Fusion IQ , propriètaire du blog Big Picture

    TRACK RECORD
    Il a prédit le ralentissement èconomique actuel l’an dernier.

    PREVISIONS ACTUELLES
    « En Mars, les chiffres du premier trimestre seropublié, et c’est potentiellement un problème. Il s’agira juste de battre le consensus. Mais si les revenus continuent de baisser et que vous vous retrouvez avec de fortes contractions, qui serre trop fort les entreprises, alors c’ est un S & P à 400 ou 500 points. Je ne pense pas que ce soit probable, mais c’ est quelquechose qui peut arriver.  »
    ______________________________________________________________________________________
    Diseuse de bonne aventure : Jeremy Grantham
    Co-fondateur et président de LLC OGM

    TRACK RECORD
    Il averti de la bulle mondiale en avril 2007.

    PREVISIONS ACTUELLES
    « Je pense que cette pèriode de volatilité prendra fin bientôt et sera remplacé par un type de marchè qui ressemblerait plus à celui de 1974, où vous obtiendrez amèrement de manière résigné votre régime alimentaire régulier avec son flow de mauvaises nouvelles. »
    ______________________________________________________________________________________

    Par Jeff Vandam. Publié le 7 décembre 2008_
    (1) http://nymag.com/news/intelligencer/52772

  36. J’ai suivi le lien mentionné par Val dans son commentaire et j’y ai trouvé un monsieur très courroucé qui m’apprend qu’on ne jure que par moi à Saint-Germain-des-Prés. Sous sa plume, ça n’a pas l’air d’être un compliment mais je ne suis pas aussi regardant : coqueluche de Saint-Germain-des-Prés ! mazette !

  37. Très bon billet de Paul, limpide, précis et incisif, sans doute l’un de ceux qui résume le mieux sa critique du capitalisme réellement existant (tout comme il y avait eu une critique du socialisme réellement existant.)
    Et, j’allais dire, presque comme d’habitude, nous retrouvons cette façon subtile de
    mener son combat dans le siècle en s’efforçant de rester sur la plan intellectuel s’épargnant alors tous les procès d’intention, gaspilleurs d’énergies. Il préfère lutter pied à pied, sans concessions pour montrer toute la pertinence de ses vues en réfutant point par point et sans complaisance les vues de ceux avec lesquels pour une raison x ou y il pourrait se montrer complaisant s’il n’avait pas cette indépendance d’esprit qui le caractérise et que lui confère un parcours atypique en marge des sphères du pouvoir politique et économique.

    SI Paul avait été médecin nous pourrions dire qu’il a fait le bon diagnostic
    de l’état alarmant du malade (l’économie-monde) et qu’il propose les quelques mesures indispensables
    pour le remettre sur pied, sous peine de rechute encore plus grave.
    Rien d’excessif, d’utopique là dedans, si ce n’est qu’à situtation exceptionnelle il ne peut y avoir que des remèdes radicaux.

    Puisse Monsieur Attali entendre les critiques et surtout en tirer quelques conséquences en termes d’engagement politique. Il ne doit plus se contenter d’une position d’intellectuel arbitre. La crise est là. Il doit s’engager politiquement. Ses positions publiques doivent être claires. S’il pense avoir dans le passé pris des positions erronnées il doit le dire, ne serait-ce que pour donner toute crédibilité à ses positions présentes.

    Les critiques de Paul Jorion sont des critiques de fond. Elles méritent réponse sérieuse. Monsieur Attali de par la position privilégiée qu’il occupe a une responsabilité particulière dans la mesure où il la possibilité de rencontrer et de discuter avec la plupart des personnages clés du pouvoir, en France, et ailleurs. Il ne peut pas tout évidemment, mais il peut déjà beaucoup plus que la plupart d’entre nous, s’agissant, au moins, d’influer sur les décisions de certains politiques. Pour le reste, comme dit Paul, si rien n’est fait, l’extra-parlementaire s’exprimera !!

    Comme disait aussi feu Réné Dumont, précurseur de l’écologie politique, notre à venir c’est : « l’utopie ou la mort » !
    Une utopie, j’entends, basé sur une analyse sérieure et rigoureuse des faits et à partir de laquelle est proposée des perspectives nouvelles. Réné Dumont était ingénieur agronome et force de constater que nombre de ses « prédictions » se sont révèlées justes. Sur la question de la souveraineté alimentaire. Sur celle des limites de l’industrialisation de l’agriculture. Sur celle des limites naturelles au développement. Paul Jorion en qualité d’anthropologue, d’ingénieur financier, de penseur, et tout simplement d’homme sensible et qui se sent concerné par les affaires du monde, voit loin lui aussi. Sa chance, notre chance est qu’il allie expertise technique du monde financier (le coeur du système actuel) et pensée de ce système. Or qui dit pensée d’un système, implique une capacité à l’observer – par la pensée — en surplomb et donc en circonscrire précisément les limites, pour en proposer une réforme, afin que s’accomplisse une mutation.

    L’idée selon laquelle le mode d’organisation économique capitaliste ressortit à une hiérarchie toute militaire
    est un argument introuvable dans les quelques livres très critiques du captalisme parus ces dernières années.
    La logique intrinsèque des marchés est d’instrumentaliser l’économie pour servir sa cause, autrement dit la cause de quelques uns, de certaines catégories de privilégiés. Réformer les institutions politiques n’a donc aucun sens si celles-ci ne font pas de la question de l’économie une chose politique à part entière et non pas une sphère autonome dans laquelle le politique n’a le droit de faire des incursions que de manière superficielle et sporadique.

    Toute la question du partage équitable entre fruits du travail et du capital résulte évidemment de l’absence de démocratie au sein de l’univers économique. Les syndicats existent mais leur existence même prouve qu’ils exercent une pression toute extérieure, à la marge du système. La chose politique n’est donc pas intégrée aux processus de décision relatifs à la production, à la consommation. L’économie de marché demeure donc ce taureau fou érigé devant Wall Street, tout un symbole ! L’économie est une force brute indomptée, seulement combattu par des hommes un peu plus téméraires lors des crises sociales. L’animal n’a pas été domestiqué. Et s’il l’est c’est pour en faire un soldat de la guerre économique. L’économie de marché suppose le conditionnement des esprits et des corps pour accepter les inégales et impitoyables règles du jeu.

    La démocratie laissée aux portes des entreprises, c’est le point aveugle, inaperçu, et pour cause, des analyses éculées qui lient mécaniquement marché et démocratie.
    D’aucuns, comme Attali, continuent de penser que la démocratie et ses intitutions sont à même de réguler les marchés.
    C’est une profonde erreur d’analyse. La chute du mur de Berlin devait nous assurer un avenir radieux, celui du monde libre de toute tentation « socialiste ». Or, qu’à-t-on vu ? Un accroissement insupportable des inégalités à l’échelle de la planète et au sein même des pays dits riches. De veilles démocraties occidentales, poutant nullement menacées par un ennemi extérieur, qui a disparu avec la disparition de l’Union sovivétique, sombrer peu à peu dans l’idéologie sécuritaire ou même adoptant des politiques belliqueuses et liberticides sous pretexte d’une menace terroriste, laquelle n’aurait pourtant jamais pris un tel essor s’il n’avait fallu maintenir à tous prix un mode de vie érigé summum de l’existence humaine : le mode de vie américain. Bush avait même cru bon d’enfoncer le clou et de dire qu’il n’était pas négociable. Bref, les démocraties occidentales dans leur ensemble, car réglées sur le tempo américain et l’idéologie du marché ami intemporel de la démocratie, a été incapable de faire face aux défis qui la minaient de l’intérieur. Au final, le capitalisme s’est révélé de plus en plus totalitaire.

    Or ces défis, ce sont justement ceux que met en avant Paul Jorion qui peuvent se résumer en défi épistémoloque, écologique et défi social. Le défi intellectuel englobe tous les autres, et la question de la transparence et des agences de notation n’est pas la moins révélatrice.

    Or à quoi sert en effet d’avoir les plus beaux outils de contrôle si ceux-ci s’appliquent à une analyse superficielle et déphasée de la réalité globale ? Mesurer l’état d’un marché, comme son nom l’indique, ne fera qu’analyser le marché. Or tout le problème c’est que le marché pose lui-même problème. AInsi, s’agissant de l’écologie, tant que les ressources non renouvelables n’auront pas été soustraites, en amont, à la logique marchande court-termiste, le système continuera sur sa lancée de lutte concurentielle dévastatrice. Que les marchés soient libres et non faussés ou non ne change rien à l’affaire si la logique prédatrice constitue toujours leur moteur de l’économie. Dilapider l’eau, la biodiversité, polluer, détruire les éco-systèmes résulte d’une concurrence effrénée pour s’accaparer des ressources qui se sont constituées en autant de marchés « libres et non faussés ». A cet égard Paul met le doigt sur la question cruciale de la propriété. C’est évidemment là un sujet tabou pour les libéraux orthodoxes. Le marché des droits à polluer issus de Kyoto était certes une façon d’introduire cette problématique, mais il semble qu’on ait pris le problème dans le mauvais sens puisqu’il s’agit d’échanger des titres de propriété pour réduire une externalité négative dégagée par l’activité industrielle — le CO2 — plutôt que d’accorder une valeur positive à la terre, aux éléments naturels non renouvelables et de nous en faire payer le prix, et le cas échéant des prix tellement prohibitifs qu’il ne nous viendrait même plus à l’idée d’en user et abuser. Rester dans une logique d’externalités négatives revient seulement à repousser le problème du coté du marché, avec toutes les faiblesses que nous lui connaissons. Pressions, corruption, illimitation.

    La concurrence libre et non faussée est une contradiction dans les termes. Une concurrence exprime toujours un rapport de force : elle n’est donc jamais faussée. Toute force obéit à un principe d’économie. Elle va donc là où la mène la pente naturelle, autrement dit celle que lui fournit clé en main le capitalisme de marché épaulé par le système parlementaire.
    Qu’on y songe, que serait une concurrence non faussée ? Selon la théorie libérale ce serait une économie où les agents capitalistes connaîtraient à tout moment l’état du marché et seraient capables de connaître les intentions de chacun des acteurs de manière à pouvoir anticiper rationnellement leurs décisions respectives. Nous savons depuis longtemps que cette façon de voir les choses n’a rien de réaliste puisqu’elle suppose à la fois
    l’existence d’agents rationnels soustraits à toutes les motivations inconscientes, sociales qui déterminent en grande partie les choix des divers agents économiques. Cela est si vrai que le néo-libéralisme — celui instruit des pensées de Hayek –, a lui-même fait le deuil de cette idée de marché tranparent à lui-même. Et celui-ci d’en tirer toutes les conséquences : il fait mine de se référer à la concurrence libre et non faussée mais cette concurrence est en réalité une concurrence pleinement assumée dans son aspect inégalitaire et prédateur. Le néo-libéralisme, via par exemple la théorie des coûts de transaction de Williamson de justifier la susbstitution des liens de commandement et la formation d’oligopoles pour limiter les coûts inhérents aux incertitudes du marché, et de faire appel, en aval, à une sous-traitance qui, elle, est mise en concurrence. Nous savons ce que concrètement cela signifie : la concurrence des systèmes sociaux. Une division du travail à l’échelle internationale qui répond à des impératifs purement financiers.

    Lorsque les Etats eux-mêmes s’enquièrent d’établier une concurrence saine ils ne font le plus souvent que déshabiller Pierre pour habiller Paul. L’union européenne s’est montrée experte en la matière. Elle rétablit une concurrence au profit du secteur privé mais au bout du compte, même si le prix peuvent baisser (et encore pas toujours !) la qualité des services diminue pour tout le monde, où alors il faut payer plus, et donc être un privilégié économique.

    Que dirait-on d’un médecin qui utilise un scanner dernier cri et qui pour finir prescrirait à son patient une bonne saignée, comme du temps de Molière ?! Il me semble que dans le domaine économique, nous en soyons encore à ce stade …

  38. Là je ne suis pas fier de vous mais pas du tout…

    «Je considère quant à moi, … blablabla … l’expression spontanée de la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous. »

    La guerre de tous contre tous n’a rien à voir avec le SAUVAGE mais est le fait du civilisé. L’homme sauvage vie en bande tribale dont les membres coopérent intimement pour le bien de tous. Et ces bandes coopérent entre elles pour le bien de la tribu toute entière et les tribus unient en confédération font exactement la même chose.

    La guerre de tous contre tous ça c’est la manière civilisée. La compagnie A cherche à anéantir la compagnie B. Le seigneur A cherche à voller les terres du Seigneur B. L’entrepreneur cherche à exploiter ses esclaves-à-gages (employés) et leur verser le salaire le plus misérable possible. L’entrepreneur cherche à roulé ses clients. Les politiciens s’entre déchirent et ont recour à toute les bassesses pour s’accaparer le pouvoir et le garder.

    Vous faites de la projection monsieur Jorion…

  39. Merci beaucoup pour ce superbe texte, Paul. Ce n’est pas parce que la nature humaine est complexe et toujours fondamentalement brutale qu’il faut se résigner au nom du réalisme à laisser une minorité faire n’importe quoi, – parfois au mépris des lois et des réglementations existantes -, du moment que ce n’importe quoi soit financièrement profitable à très court terme. Pour caricaturer, je doute qu’une société dans laquelle un voleur de mobylette est condamné à une peine de prison ferme quand il est pris, pendant qu’un « responsable » économique conserve tous ses avantages acquis même quand il a fait perdre des centaines de millions à ses actionnaires, et leur emploi à ses collègues salariés, par orgueil, par bêtise ou simplement par impéritie, puisse aller bien loin sans imploser, particulièrement quand les pertes sont toujours épongées par la collectivité, et les gains repartis entre une minorité d’initiés. Est-il naïf par exemple de demander tout simplement que l’on refuse de laisser fonctionner plus longtemps des bourses hyper spéculatives, dont la valeur globale varient de +/5 % par jour dans l’indifférence générale, et empêchent ainsi la mise en place de toute mesure de relance économique efficace parce qu’elles en détruisent par avance la valeur réelle ?

  40. Certains d’entre vous entreprennent de m’enseigner l’anthropologie et me tancent vertement : certaines populations du Tiers-Monde que je vise apparemment quand j’évoque l’« homme à l’état sauvage », ne pratiquent pas la guerre de tous contre tous.

    Non, le mot « sauvage » n’appartient plus – et ceci depuis la fin du XIXe siècle – au vocabulaire de l’anthropologie et quand j’utilise ce vocable, je ne renvoie à aucune population contemporaine, ni ayant même existé aux temps historiques ! Quand je parle de l’« homme à l’état sauvage », il s’agit toujours d’une référence au mythe inventé par Thomas Hobbes au XVIIe siècle pour renvoyer aux temps hypothétiques où l’homme est animal mais pas encore « homme » : l’expression appartient au vocabulaire philosophique et non anthropologique. La « guerre de tous contre tous » définit pour Hobbes l’état de nature.

  41. @ Paul Jorion

    Bonjour Paul,
    je suis en general assez d’accord avec vous mais la je ne peux vous donner raison.

    Vous dites de la spéculation: « Elle est pourtant responsable des 145 dollars qu’avait atteint le baril de brut en juillet de cette année, envolée de son prix qui entraîna à sa suite celui des céréales et c’est donc bien elle qui provoqua les émeutes de la faim qui secouèrent plusieurs pays du Tiers-Monde, en Afrique, en Asie et même en Amérique avec Haïti. Lorsque le prix du pétrole s’effondre pour atteindre aujourd’hui à la baisse 42 dollars, ce sont les entreprises promouvant les énergies renouvelables qui se trouvent balayées par cette plongée et acculées à la faillite. »·

    J’ai l’impression qu’à travers cette phrase vous dites que la spéculation est responsable d’émeutes de la faim.
    Soyons clairs. Dans des pays où les revenus sont bas, quand vous achetez un service, vous acheter surtout le prix de l’essence (en gros aux USA le prix du taxi c’est surtout le taux horaire du chauffeur et en haiti, le prix du taxi c’est surtout le prix de l’essence). Et le prix du brut est extremenent bas. même à 150 ou même à 300$ le baril, le prix du brut est extrement compétitif par rapport aux bénéfice qu’il procure. Son prix gravement sous estimé est un avantage à court terme que nous paierons très cher.

    Vous pouvez consulter le site de Jean Marc Jancovici suivant http://www.manicore.com/documentation/esclaves.html
    Vous verrez très facilement de quoi il s’agit.

    Un prix élevé de l’énergie est quelque chose de normal. Ce qui n’est pas normal c’est un prix bas de l’énergie comme ce que l’on voit depuis 3 ou 4 générations. Tout le monde dit que les trajectoires de developpement que nous avons ne sont pas soutenables et on s’étonne quand ça s’écroule …

    La maitrise du prix de l’énergie est qq chose de vital pour nous tous (haitiens compris). Pour les Haitiens ce qui se passe change peu de chose il crevent la dalle. Ce qui est sur c’est qu’on les a encourager à se developper sur un mode de vie ou l’énergie est bon marché alors que c’est une situation qu’il n’ont jamais connu et tout d’un coup on tente de changer de modele. Je sais que vous souhaitez trouver ou creer une sorte de constitution pour la finance. Mais si on exclut le (vrai) cout de l’energie dans la demarche ne passe t on pas à côté d’une partie essentielle du commerce?

    Ce que j’essaie d’expliquer c’est que un litre d’essence (1$) fournit beaucoup plus service qu’une personne pendant une journée. Je peux vous fournir les ordres de grandeurs; je vous jure que c’est à se dresser les cheveux sur la tete.

    Si le commerce est considéré comme un echange de service, je vois mal comment en exclure le prix de l’energie.

  42. Monsieur Jorion,

    « Il faut donc une voix qui s’élève, une voix calme, sereine, pour nous expliquer comment on pourrait s’y prendre pour changer notre démocratie et donc je l’espère nous redonner une motivation, un sens… » (Je me cite dans mon précédent message !)

    Bon a priori vous n’avez pas envie d’être cette voix !? Je trouve ça dommage.

    Donc si j’ai bien compris on continue avec le cocktail analyse, musique et…ex nihilo ?

  43. @ Brankignol

    Le 10 à 15h14 je citais exactement le passage RACHMAN que vous découvrites à 22h58.
    Synchronicité retardée?
    Ou bien les grands esprits boivent aux mêmes sources.

    Ce texte exprime nos craintes il suffit de voir ce qui se passe dans les rues de Barcelone Bologne qui suivent Athènes.
    En tous cas nous sommes OK pour lire PJ..
    LOL

  44. @ Thelast (but not least?) : je ne comprends pas très bien votre raisonnement, et y vois même la pointe d’une contradiction. Vous justifiez d’une part la spéculation, en minimisant son impact sur le coût de l’énergie (« un prix élevé de l’énergie est quelque chose de normal » vous dites), et 3 lignes plus bas, vous insistez sur la nécessité de maîtriser le prix de l’énergie : « La maîtrise du prix de l’énergie est quelque chose de vital pour nous tous ». Comment maîtrisez-vous le prix de l’énergie si ses variations reposent sur une spéculation effrénée sans gardes fous? Vive le pétrole à 500 € le baril?

    Pour ma part, le prix « juste » de l’énergie (si tant est qu’on se résigne à utiliser des énergies non-renouvelables qui ont un prix par opposition au solaire), c’est une équation avec le temps des hommes qui la produisent et la destruction de matière premières qu’entraîne cette production.

  45. Miroir…

    Nous ne vivons plus que par et pour la consommation. (De nouveau et juste par plaisir : http://carfree.free.fr/index.php/2008/02/02/lideologie-sociale-de-la-bagnole-1973/)
    Même nos réflexions, nos analyses, nos critiques concernent principalement le système de consommation. C’est normal diront certains, c’est le monde dans lequel nous vivons ! Oui, mais c’est un peu vite oublier que la majeure partie de la population mondiale ne vit pas ce système de la même manière que nous. Et c’est aussi oublier que ce système n’apporte plus de sens à nos vies, quoiqu’on en dise ! Quand notre vie se résume à : travailler pour consommer, consommer et critiquer la société de consommation, je me pose naturellement la question de notre évolution ! Avons-nous réellement évolué ? Pourquoi n’a-t-on pas le cran de se regarder dans un miroir ? Dès la naissance nous sommes immergés dans le système de consommation. Puis vient la période scolaire, durant laquelle l’idée de réussite, d’une réussite standardisée est continuellement mise en valeur, où l’apprentissage et la connaissance n’ont pour seul objectif que l’avenir professionnel, et le temps extra scolaire est quasi totalement centré autour de la consommation. La peur s’installe, il faut à tout prix penser à son avenir ! Et l’habitude est prise (donnée ?) de ne pas porter ses réflexions au-delà du socialement correct. Et enfin c’est le temps du travail (Travail, du bas latin VIe siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, instrument de torture à trois poutres…Une poutre dans chaque œil, soit ! Mais la troisième ?), où la compétition et la consommation font loi, et le temps disponible et consacré à une réflexion autre, « « « « philosophique » » » », disparaît totalement. Et c’est la retraite ! Le Saint Graal ! Et là encore nous sommes poussés à la consommation. Mais il y a tout de même quelques rebelles parmi nos joyeux retraités, qui profitent de ce temps « libre » pour avoir des pensées libérées du système de consommation…Mais leur voix a plus de mal à se faire entendre maintenant qu’ils sont vieux ! Ils n’ont plus l’énergie nécessaire, ou tout simplement pas le courage d’avouer qu’ils aient pu être aveugles pendant tant de temps.

    Miroir, miroir, dis-moi que je suis le plus beau et que mon mode de vie est le meilleur qui soit ! Dis-moi que les autres habitants de cette terre qui vivent différemment sont sous-développés ou au mieux en voie de développement ! Dis-moi surtout, ô miroir, que la preuve que je ne me trompe pas est que j’essaie d’offrir la même vie à mes enfants…en mieux ! Dis-moi encore, mon beau miroir, que si je suis doté d’un télencéphale hyper développé, c’est pour m’en servir et pas pour perdre mon temps, donc mon argent, à des réflexions stériles ! Et s’il te plaît, gentil miroir, pourrais-tu, quand tu me renvoies mon image, lisser un peu l’arrière-plan et enlever ces images, ces représentations de la misère humaine, de la famine et autres détails, et ce afin que ma pensée ne soit pas perturbée, que je puisse fournir le meilleur de moi-même !

    Bon, c’est pas tout, le temps c’est de l’argent ! A part ça je vais bien. Et vous ?

  46. Analyse intéressante, et certains commentaires ne le sont pas moins.
    Je reste néanmoins persuadé qu’il est vain de cogiter sur la finalité de cette crise, et du meilleur moyen de moraliser le monde de l’après crise. Ca ne se passera pas comme ça.
    Certes, cinq « visionnaires » officiellement reconnus, cela parait peu… Mais en réalité, beaucoup redoutaient ce qui s’est produit, clairement ou à mots couverts.
    Et j’ai personnellement beaucoup de mal à croire que, par aveuglement ou dogmatisme, les dirigeants de ce monde -je parle des tenants ultimes de la finance, pas des politiques qui ne sont que leur pantins- se soient laissés surprendre, aveugles et sourds.

    Oui, cette crise était prévisible, pour ne pas dire inéluctable. Sans l’allumette subprime, elle aurait eu lieu quand même, juste un peu plus tard.

    La progression linéaire n’était pas tenable : raréfaction des matières premières, montée des pays émergents. « Ils » l’ont clairement laissé se produire. « Ils » en avaient les moyens.

    Pour quelle finalité ? Je l’ignore. Mais il est clair que cela se terminera au moins par une perte de démocratie.

    Car « l’appel du pied extra-parlementaire » peut déboucher sur quoi ? Sur un « Ok, bon peuple, on va vous écouter » ? Quelle utopie !

    La révolution française a conduit au régime de la terreur, puis à Napoléon. Ce scénario n’est donc pas le plus souhaitable.

    Mais quelle place reste-t-il à l’optimisme ? Je me sens spectateur d’un film dont je ne pressens pas une fin heureuse….

  47. Paul,

    Toute la subtilité (peut être cachée) ou l’ambiguïté de votre position me paraît condensée dans le titre de votre premier paragraphe.

    Son titre « état de droit » est l’exacte définition des états que l’on appelle « démocraties » mais ne saurait se superposer à celui de démocratie que vous utilisez ensuite dans tout le corps de texte.

    Vous démontrez ainsi subrepticement que nos états occidentaux gouvernés par le marché (et dont le principe de fonctionnement en la matière se résume à l’inscription dans le droit des concepts toujours plus nombreux et inacceptables des « avantages comparés ») ne sont pas des démocraties.

    Ceci est évidemment une proposition encore sacrilège, et le terme vrai d’  « incompatibilité » est remplacé dans le texte par celui de « disparité » qui est plus acceptable, suggérant l’acceptation de la notion d’états déjà démocratiques, mais dont la démocratie « économique » peut être améliorée.

    Je ne pense pas possible la réforme interne du système , car reconnaître cet antagonisme c’est s’exclure de fait de toute gouvernance de niveau suffisant pour aller vers la démocratie de façon naturelle et progressive.

    Cela supposerait de garder son analyse suffisamment masquée pour atteindre le pouvoir et ensuite garder le contrôle d’une action défavorable à l’establishment financier.

    Il me semble que l’histoire récente des USA a démontré qu’il est désormais impossible de prétendre atteindre le pouvoir: le cas auquel je pense est celui de Howard Dean qui portait à mon sens cette capacité, et qui s’est vu brutalement disqualifié par son propre parti lorsque, lors de la campagne de fin 2004, le masque n’a pas pu cacher suffisamment le danger que sa pensée représentait pour le marché, jugement porté dans son parti, à priori « progressiste ».

    Il n’est pas indifférent de noter que ce fut précisément à partir des doutes émis sur la sincérité de l’enquête sur le 11 septembre à partir de son interview du 2 décembre 2003 sur la radio NPR?.

  48. @ Jason
    A votre avis qui sont-« ils »?
    Est-il concevable que cette immense « erreur » ait été scénarisée jadis, quelque-part par quelqu’un dans un but de domination?
    Genre « ordo ab chao »?
    Ou bien tout ceci ne résulte-t-il que de l’évolution naturelle massacrée par les lois du hasard?

  49. @fab

    Votre texte me plait beaucoup…

    « Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant, puis c’est la nuit à nouveau. »
    S.B.

    Je vais bien merci, je vis, sans plus, mais sans heurts. Je cultive mon jardin…

    En attendant des jours pires.

  50. @MICHAUD
    @ Jason

    Qu’est-ce qui pousse celui qui à amassé de quoi vivre 10 vies à souhaiter égaler celui qui à de quoi en vivre 100 et envie celui qui à de quoi en vivre 1000 ?

    Si ce n’est une conception idéologique du monde et de la puissance individuelle, je ne serais pas étonné que ces grands mégalomanes aient des vues sur nous et notre destin.

    Au choix:
    – contrôle du nombre d’êtres humains par peur de l’avenir
    – élimination du risque d’être dépossédés de leur fortune (fardeau…) par la mise en place des structures adéquates (nouvel ordre mondial)
    – croyance en une race supérieure de bergers qui se doit de contrôler le troupeau
    – on assiste à une guerre des clans
    – …

    Pour ma part je crois qu’un nouvel étage de pouvoir se met en place, les anciennes structures G7-8-15-20, FMI, Banque mondiale, ONU, OMC ne suffisent plus. Maintenant que les plaques économiques américaine, asiatique, européennes sont en place on va assister à l’arrimage du dernier étage de la fusée. Sa mise en œuvre se réalisera selon la stratégie préparée du choc par la crise. Quand on a bien eu peur, la structure infernale, antidémocratique, réductrice dés libertés, favorisant l’élite devient une raisonnable planche de salut, et personne (si tout va bien) ne doute que la nouvelle organisation n’est que le reflet de l’élan des hommes de bonne volonté qui vont travailler mains dans la mains après le chaos…

    Au final on aura une belle structure aux allures démocratiques qui pilotera la finance et l’économie mondiale.
    Comme un gouvernement composé d’un seul ministère qui ne gouvernerait que l’économie pour libérer de tout contraintes et entraves sans autre préoccupation.
    Si on n’y prend part, cela se fera sans nous et contre nous, la fenêtre de tir c’est de profiter de « l’effet de choc » pour doubler les « sauvages » et assurer la démocratie et la multipolarité de ce futur gouvernement du monde.

    Entre big brother ultra démocratique et libéral et le big brother staliniste et ultra étatique le chemin n’est pas large…

    Mais c’est le seul !

  51. Pour être plus précis s’agissant de Hobbes. Ceci est une précision et ne remet pas en cause la clarification faite par Paul.

    L’Etat de nature et l’Etat Leviathan sont en perpétuelle compétition. Il n’y a pas un « avant « et un « après » l’éclair de la raison qui brille dans la nuit et qui conduit à l’institutionnalisation du « Pacte » et dans le même mouvement, du Droit en tant qu’Institution. Bref l’Etat de nature ne désigne pas un Etat prépolitique qui serait révolu pour certains et pas pour d’autres.

    Quand Hobbes utilise l’expression Etat de Nature il a en vue une description de la condition humaine telle qu’elle est ici-bas (hic et nunc) et il prétend à une véritable description anthropologique. L’Etat de Nature et l’Etat de Droit SE SUPERPOSENT. Leviathan et Behemoth se livrent une guerre perpétuelle.

    La Tradition parlait de Loi naturelle mais pas d’Etat de nature.
    [La différence entre les deux, c’est que quand je pars de la Loi naturelle j’accorde une priorité au Devoir sur le Droit, alors que quand je pars de l’Etat de Nature je ne peux qu’accorder une priorité du Droit sur le Devoir. In fine, c’est parce que pour lui -et nous à sa suite-, s’il n’y a pas de Devoir naturel parfait il y a en revanche un Droit naturel parfait fondé sur la peur de la mort violente/du fait d’autrui. Locke mettra avant la peur de la mort la peur de crever de faim, et même, plus radicalement « la peur de la peur ». Ceci définit notre « modernité » politique. Hobbes est ainsi le premier théoricien moderne des Droits de l’Homme, le premier auteur authentiquement libéral, donc.].
    En fait la Tradition utilisait aussi le concept d’Etat de Nature, mais quand Hobbes parle d’Etat de nature il rompt avec la Tradition qui n’utilisait l’expression que pour l’opposer à l’Etat de Grâce, expression qui désigne dans la théologie chrétienne l’état de l’Homme avant la Chute. Par là on voit que la théorie de l’Etat de Hobbes présuppose la constitution par lui d’une nouvelle anthropologie en rupture avec la pensée classique et médiévale, qui a été rendue possible/pensable par le progrès de la « science » de l’époque associée à une conception « mécaniste » de l’univers. L’anthropologie matérialiste de Hobbes est exposée dans le « De Corpore ». L’Etat est la « Machina Machinarum ».
    Du point de vue de Hobbes, le « sauvage » n’existe pas. Le « civilisé » non plus. Il n’y a à chaque instant que des « corps » qui eux existent bien et qui sont soumis à ces deux forces.

  52. Mon grand père à 98 ans. Je lui ai parlé de la crise…
    Au début il ne me croyait pas. Il m’a juste posé une question: les gouvernants sont-ils toujours aussi ignares et arrogants? IGNARES / ARROGANTS… Tout est dit.

  53. Alex dit : 10 décembre 2008 à 17:34

    «  »(….)L’on constate bien, empiriquement, que plus un pouvoir est global plus il est oppressant, les grands ensembles politiques sont toujours plus autoritaires et autocratiques que les petits, on y observe souvent un détachement confisquatoire du pouvoir. L’exemple de la cohabitation des espèces vivantes nous montre combien la collaboration à toute les échelles structurelles est fructueuse et surtout nécessaire, combien un système dynamique est plus fort lorsqu’il est fractionnaire et collaboratif.(….) » »

    Tout à fait bien dit.

    S’il existe depuis toujours des éléments « globaux » et naturels: eau, feu, terre, air, biomasse, etc, dont un enfant comprend l’existence, l’universalité et la permanence « globale » au delà de la variété humaine, on peut poser la question à J. Attali et Paul: pourquoi la grande échelle serait-elle « meilleure » que la petite? Un fonctionnaire de la commission européenne de passage dans ma région et à qui j’avais posé cette question ne sut ou ne voulut pas me répondre.
    Pourquoi y aurait-il plus de justice à la grande échelle que dans la petite? En réalité, dans notre structure mentale, l’expression: plus grande échelle, sous entend « forcément » meilleure de la « petite ». On oublie les – PROPORTIONS – en toutes choses, les paliers, les minimas et les maximas, etc. C’est toute la grave erreur de l’ « Europe » dont on voufrait faire artificiellement une « nation ». L’Europe prééxiste aux nations, c’est déjà, en principe, une culture. Que veut-on greffer artificiellement là-dessus? Même chose pour la mondialisation alias globalisation.

    Pour faire très raccourci, on peut dire que la globalisation, c’est la poursuite de la construction du socialisme à une autre échelle grâce à l’ « outil » du capitalisme. Les multinationales et les empires financiers transnationaux perpétuent l’essence du socialisme. Socialisme invivable plus on veut en augmenter la taille et le nombre. Tout les malentendus sont réunis dans ce que l’on nomme la globalisation.
    On a oublié que le premier prototype de globalisation fut l’Urss. Sinistre grisaille qui ne tint pas 72 ans (72 ans de trop).

    Par ailleurs, tant que les pays du Sud resteront pris en tenaille entre, d’une part, les exigences des exportations dictées par les pays riches qui, en plus, fixent les prix, et font toutes leurs questions et toutes leurs réponses économiques… ce qui a ruiné les cultures vivrières traditionnelles des pays du Sud en général, et d’autre part, les agressions gravissimes à leur environnements dictés indirectement, mais absolument, par les « exigences » découlant, donc, de la globalisation…

    Non et non!! C’est par une économie de développement régionale et nationale, en mettant la charrue après les bœufs, et en créant et contrôlant sans concession par le pays ou les régions l’argent du pays et/ou des régions qu’une vraie porte de sortie juste et sécurisate, s’ouvrira à tous au lieu de la prison qui ne dit pas son nom de la mondialisation dévastatrice.

    Oui! Je sais! J’ai entendu à peu près toutes les objections fallacieuses contre cette « régression ». Mais c’est la globalisation qui est une régréssion! Elle détruit partout les équilibres humains et naturels au lieu de les préserver pour les développer selons leur potentialités et non les exigences actionnariales des bilans financiers qui ont toujours été prioritaires sur la Justice et l’humain. Assez!

  54. « Ne croyez-vous pas alors que la spéculation doive être éradiquée et que l’interdiction que je propose des paris sur l’évolution d’un prix devrait être imposée ? »

    Et ben didon, l’espoir fait vivre !

    Si attali avait un tant soit peu le souci de l’argent bizarrement acquis, il n’aurait pas été conseiller de mitterand pendant
    si longtemps.

    Le fait est que durant les deux septennants de mitterand ….
    « la valeur des actions et autres participations dans le portefeuille des ménages sera passée de 452 milliards de francs en 1980 à 5390 milliards en 1995, et l’ensemble de leurs actifs financiers de 2 905 milliards à 14 356 milliards » » selon Jacques Marseille dans son livre « du bon usage de la guerre civile en France  » .

    PS : pour répondre à A , @A :
    bien évidement que l’on peut être de gauche et être riche ( je ne suis pas allergique aux riches) ,
    mais l’on peut aussi avoir les lettres sans avoir l’esprit.

    Manifestement, l’homme de gauche qu’est a-ttali n’a pas ENCORE su dépasser sa culture d’homme riche ,
    ne comprenant pas à quel point il est choquant de s’arranger pour ne point voir TOUTE la réalité du pauvre.
    Pour un homme politique de « gauche », habiter Neuilly alors que le quota de logements sociaux n’y est pas respecté, collaborer avec sarkozy alors que sa prédictature s’installe de plus en plus , c’est être un homme d’idées dépassé par ses propres actes.

    Après la crise?
    http://vazimonga.over-blog.com/article-2981169.html

  55. C’est en Anglais mais ca se passe de commentaire
    (D’un autre prix nobel même si je sais qu’ils ne sont pas respectés par tous les visionnaires)

    Behind the debate over remaking US financial policy will be a debate over who’s to blame. It’s crucial to get the history right, writes a Nobel-laureate economist, identifying five key mistakes – under Reagan, Clinton and Bush II – and one national delusion.

    No. 1: Firing the Chairman
    No. 2: Tearing Down the Walls
    No. 3: Applying the Leeches
    No. 4: Faking the Numbers
    No. 5: Letting It Bleed

    http://www.vanityfair.com/magazine/2009/01/stiglitz200901

  56. Bonjour et merci Shiva,

    Mais mon message a été dépassé par des dizaines d’autres, des nouveaux sujets…Pour résumer, j’ai vraiment du mal à comprendre l’intérêt de cet étalage de connaissances…sans but concret…
    Et pourtant Monsieur Jorion dans un de ces nouveaux sujets cite Aristote. N’est-ce pas ce même Aristote qui disait à son coiffeur :
     » Tout art et toute recherche, de même que toute action et toute délibération réfléchie, tendent, semble-t-il, vers quelque bien. »

    Et quelques années plus tard :

    « Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté. »
    Albert Einstein (cité par P.Barret dans un autre post)

    Voila ! Voila ! J’aurais aimé un peu d’action ! Un peu de concret ! Mais non, ça doit être ça la politique : on se met au pied d’un arbre et on palabre pendant des heures…Aristote lui-même n’était-il pas un péripatéticien ?
    Quant à ceux qui imagineraient une espèce de théorie du complot, mêlée à un nouvel ordre mondial, je ne poserais qu’une seule question : pensez-vous réellement qu’il existe sur cette terre des personnes capables de réfléchir au moins autant que vous et d’agir…en même temps, et si oui, selon vous, quel est leur jugement sur vous ?

    Bon, je vais jeter un oeil sur le blog de l’Académie française, il paraît que c’est trash !?

  57. @fab
    Je n’imagine pas de « théorie du complot », expression volontairement ridiculisante dont on se trouve rapidement affublé dès que l’on dit, en substance, telle Anne Roumanoff dans ses radio bistrot « On ne nous dit pas tout… »
    Je n’imagine pas non plus que le citoyen lambda a les moyens de tout savoir, même avec Internet…
    Et je n’imagine pas non plus que les dirigeants de ce monde sont des imbéciles, qui se sont laissés surprendre par cette crise.
    Ce que l’on ne sait pas, on est obligé de le déduire, en essayant de s’appuyer sur des raisonnements logiques et des faits cohérents.
    Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais souvent, l’actualité n’est ni logique, ni cohérente…et ça ne semble pas déranger les journalistes.
    Il y a qq mois, on nous expliquait que la spéculation n’avait qu’une faible part dans les 150$ du baril, fallait s’habituer, et s’attendre à 200$…aujourd’hui, alors que la demande mondiale n’a encore que très peu régressé, les mêmes nous disent que c’est normal, c’était la faute aux vilains spéculateurs.
    Et nous, on doit se contenter de ça…et ne surtout pas imaginer autre chose, sinon, paf : théorie du complot !
    Tenons nous en à la logique, et la logique n’est pas de penser que les hauts tenants de la finance sont des imbéciles qui ont vu arriver cette crise sans réagir, sans rien tenter pour l’éviter, en se mettant la tête dans le sable.

  58. @Jason: « Et je n’imagine pas non plus que les dirigeants de ce monde sont des imbéciles, qui se sont laissés surprendre par cette crise. »

    Je n’écarterais pas totalement cette hypothèse.

  59. @ Shiva,

    J’aime aussi ce que vous écrivez !
    Quel est le sens de « Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant, puis c’est la nuit à nouveau. » ?
    Quand vous écrivez « Entre big brother ultra démocratique et libéral et le big brother staliniste et ultra étatique le chemin n’est pas large…Mais c’est le seul ! », pensez-vous que cette unique solution passe aussi par BB ?
    …D’où viennent « vos » bergers ?

    @ Jason,

    Je vous cite : « Mais quelle place reste-t-il à l’optimisme ? Je me sens spectateur d’un film dont je ne pressens pas une fin heureuse…. »

    Je partage votre vision, c’est pour ça que j’avais écrit : “Il faut donc une voix qui s’élève, une voix calme, sereine, pour nous expliquer comment on pourrait s’y prendre pour changer notre démocratie et donc je l’espère nous redonner une motivation, un sens…”. J’aurais aimé que cette voix se fasse entendre dans le monde réel, par tous…pour que nous puissions réinventer une nouvelle démocratie et par là retrouver une nouvelle « foi » !

  60. Voila j’ai des chiffres plus precis:
    un litre d’essence genere une fois brulée dans un moteur environ 3kwh d’energie mécanique. cela represente l’energie mécanique de 30 personnes (100w d’energie utile) pendant une heure.

    Autrement dit: pour 1,5€ vous avez le travail que feraient 3 personnes pendant 10 heures.

    Cela me donne l’impression que dans les produits manufacturés que nous achetons, nous ne paierions que la main d’oeuvre.
    quand on achete une voiture, on paie de la main d’oeuvre, des outils, du metal et du plastique. les outils sont fait avec de la main d’oeuvre et du metal. et le metal est fait à partir de main d’oeuvre et de forte consommation d’energie. Quand au plastique, il est fait de petrole (qui vaut 150€ les 160 litres) et de main d’oeuvre. Si l’energie autrement dit le petrole ne vaut rien, ou quasi rien, on ne paierait dans ce qu’on achete que de la main d’oeuvre.
    Tout en faisant fi des ressources naturelles.

    C’est à dire que dans tout ce qu’on achete on ne paierait que la main d’oeuvre et pas une ressource non renouvelable representant une part majeure du travail exécuté ?

    Pourquoi le prix de l’energie ne rentre t il pas en compte dans les échanges ?

  61. Merci de votre article, désolé, je n’aurais pas l’élévation intellectuelle de la plupart de ceux qui vous appellent Paul. Je voudrais juste énoncer deux ou trois vérités toutes simples.
    On s’en prend tous de façon véhémente aux financiers, spéculateurs de tout poil, de préfénce anglo-saxons, leur prêtant une grande perversité dans la démarche. Mais regardons un peu ce que nous leur demandons depuis près de 30 ans :
    Nous avons confié la marche du monde à l’OMC, mais quoi de plus bête qu’un commerçant (j’en suis un, qu’ils me pardonnent) Trouver un endroit où l’on peut acheter 1 pour revendre 10 (ou 100 !) ailleurs, quelle intelligence faut-il à celà ?
    Depuis 30 ans nous avons cessé de chercher, de produire. Nous avons trouvé un esclave à l’échelle de la planète – la Chine – qui accepte de produire, de polluer sans rechigner et à vil prix et qui en plus a la maladresse de convertir (Bretton woods oblige) toute la richesse ainsi amassée, dans la monnaie d’un pays à la dérive (sauf sur le plan de l’armement) depuis tout ce temps. Les détenteurs de pétrole, peu nombreux (tribus bédouines ou dictateurs) font de même.
    Alors que voulez vous que nos braves financiers de la City ou de Wall street fassent de ces sommes colossales dont personne, chez eux, n’a nul besoin ? Et bien ils n’ont qu’une solution : Inventer toute ces usines à gaz, qui aujourd’hui nous mènent droit dans le mur.

    Regardez, nous-même, comme nous sommes riches d’une richesse factice. Enfant, dans mon village, en Bretagne, il y a 50 ans (malheureusent !) il y avait un chemisier. Il employait dans son sous-sol 5 ou 6 couturières du lieu, et ses chemises on pouvait les acheter dans les merceries du canton. Il me semble que mon père devait bien travailler une semaine, pour s’en offrir une. Il a fermé depuis longtemps. Aujourd’hui votre chemise « made in china » elle vous a coûté combien, une heure de travail ? Votre ordi, votre lecteur de DVD … Tiens, les denrées de base, elles ne cessent de monter. Malgré tout, tout cet excédent, qu’en faire ? Et bien nous aussi, nous allons le porter à cette énorme machine financière, censée générer à son tour d’autres profits. On va vite s’apercevoir aujourd’hui qu’elle s’apparente plus à un trou noir intergalactique.
    Alors ne faudrait-il pas ramener le travail à ces couturières depuis longtemps disparues. Nous réapproprier l’idée du bien-être par le travail. Mais cela suppose un gigantesque appauvrissement collectif : La chemise 10 jours de travail, la voiture 2 ans de travail… Sommes-nous prêts à cela ?
    Et pourtant derrière cet énorme effort il y aurait une regénérescence de nos sociétés. Sinon, il y aura bien, de toute façon appauvrissement et effort, souffrance. Mais ce sera l’effort et la souffrance de la guerre, comme les ont connus les générations passées.
    L’échelle de cette relocalisation existe aujourd’hui et c’est une formidable chance : C’est l’EUROPE ! Mais cela ne veut pas dire égoïsme et repli sur soit. Cela veut dire que d’autres entités régionales apparaîtront, avec les mêmes objectifs que le notre. Et tout ceci dans un respect mutuel, bien loin de l’indifférence et du mépris actuels de ceux à qui nous demandons de produire en élucubrant sur ce monde nouveau que nous avons créé et où le travail n’a plus sa raison d’être.
    Désolé de la longueur du propos
    Bien à Vous
    LM
    m

  62. @fab

    Le BB cela pourrait être nous, individuellement et collectivement, disons, une conscience de la rotondité et de la finitude terrestre, la fin (provisoire) des grands espaces et des conquêtes aveugles. L’idée couramment et universellement rependue des interdépendances vitales, Dionysos prenant le pas sur Apollon…

    Nous devrions en être à travailler à l’éveil de nos lointains cousins simiesques…
    Au lieu de cela l’humanité semble tout faire pour précipiter sa propre destruction.

    Gaïa a-t-elle accouché à cheval sur une tombe ?

    Je fais une troisième tentative pour poster cette chanson de George Harrison.

    Voyez-y ce que bon vous semble; un petit jeu sur votre pseudo, une allégorie des business angels qui se sont brulés les ailes, l’humanité après les trente glorieuses, les five fab de M. Attali dans 15 ans…

    A vous de voir 😉

    http://www.dailymotion.com/video/x58ke1_george-harrison-when-we-was-fab_music

  63. Monsieur Paul,

    – Vous faites parti du club des 5 , ayant prévu la crise. J’observe tout de même en effeuillant les blogs que beaucoup de pékins avaient le même sentiment, sans en prévoir de calendrier très précis il est vrai.

    Et je dois vous avouer que moi-même, assez crasse en économie, j’ai toujours été effrayé par les rendements boursiers astronomiques rapportés aux gains de productivité et à l’augmentation de richesse . Par ailleurs l’endettement des ménages et ceux des états -malgré les explications et fûtées de ceux pensant que la dette des états est un épouvantail – , ne m’ont jamais paru sains.
    Mais ce sont là des reflexes de mentalité paysanne française, probablement. Reste que j’ai le sentiment obscur de ne pas avoir eu complètement tort.

    Je lis votre article et suis plus moins d’accord avec :

    1) L’idée d’une extention des principes démocratiques au domaine des marchés est séduisante mais concrètement je ne vois pas ce que cela veut dire et vous ne l’expliquez pas.

    En amont de votre raisonnement ne surestimez vous pas l’état de droit et la démocratie ? ce sont des notions précieuses mais enfin ça fonctionne plus ou moins bien …
    Ensuite le ‘pouvoir’ est-il de même nature que le ‘marché’ ? Et la notion de fonctionnement démocratique a-t-elle un sens ou une pertinence quelconque dans les mécanismes de marché ?
    Vous viendrait-il à l’idée d’introduire l’état de droit dans un match de foot pour résoudre les violences stadières ou les sifflets contre la marseillaise ?

    Mais encore plus en amont que tout cela, je vous rappelle que le commerce … et donc le marché … sont eux mêmes, en eux-mêmes, une formidable avancée contre la violence et les rapports de force basés sur la violence.

    2) Dans votre paragraphe ‘Cycle et crises’ vous doutez de l’impartialité ou de la compétence des acteurs majeurs de l’économie . Soit , mais enfin si l’on veut faire quelque chose, améliorer et réguler , il faut bien que ce soit, à priori, les plus experts qui s’en chargent … ou bien alors il faut en charger l’Etat lui-même -c’est peut-être ce que vous suggerez ?- … mais dans ce cas , les mêmes préventions peuvent valoir … car on ne peut vraiment pas dire que les Etats aient vu venir quoique ce soit, ni qu’ils aient fait preuve de grande clairvoyance dans leur tripatouillage permanent de la monnaie et des déficits.

    3) dans votre paragraphe sur les ‘initiés’ … vous en profitez pour aller jusqu’ au souhait que de toute façon , il faudrait au préalable ‘remettre les compteurs des patrimoines à zéro’ . Formellement l’idée n’est pas illogique mais enfin c’est une idée bien vague, qui assimile d’ailleurs cette problématique à un jeu (on refait la partie!) … et qui ne résoudra rien, en ce sens que l’inégalité est une production naturelle de toute société sur le long terme, quand bien même serait distribué le même patrimoine à chacun, au départ de la ‘partie’ .

    Vous finissez en remettanten cause l’idée même de propriété privé : ce n’est pas que cela me dérange beaucoup compte tenu que ma richesse personnelle est assez famélique, mais enfin votre formation de socio-anthropologuo-historien devrait vous rappeler que la frontière entre ce qui relève de la propriété privé et ce qui relève du collectif , peut varier considérablement suivant les sociétés , mais ne fait jamais disparaître l’un des termes.

    Ensuite d’autres questions plus profondes émergent alors comme celle de la Liberté et l’autonomie et celle du Pouvoir et de la contrainte du collectif.

    D’ailleurs vous les sentez bien ces questions là … et pour justifier cette remise ne cause de la soi-disante « sacro-sainte » propriété, il vous faut mélanger la problématique de la crise financière économique actuelle avec celle des problèmes écolos de la planètes !!!
    (Mais je ne dis pas que le problème Gaia ne soit pas aussi celui d’un certain modèle économique)

    4) La spéculation …
    C’est une tarte à la crème à laquelle je souscris volontier , en vous laissant le soin d’en regler les détails techniques.
    Le seul souci que j’ai , est de savoir ce que vous considerez comme relevant de la spéculation , ou comme relevant d’une simple course au profit excessif, ou encore relevant de la rémunération naturelle anormale face à une prise de risque … bref quelle spéculation … ?

    De toute façon c’est un peu tardif puisque qu’à présent et pour de nombreuses années la sécurité va devenir la qualité première de tout placement : la prise de risque sera laissé à des spécialistes contrôlés et les profits seront préemptés bourgeoisement par les institutions financières privées ou publiques … (Ils sembleraient que les banques qui ‘survivent’ – en France, du moins- sachent déjà très bien profiter des aides qu’on leur offre compulsivement)

    5) Enfin, ça et là dans vos textes, l’idée que la mauvaise répartion des fruits du travail ou des profit est à l’origine essentielle de la crise, apparaît de façon insistante.
    Je ne dis pas que cela soit faux, mais enfin c’est une idée un peu simplette même si elle est gentille. Cela serait merveilleux que l’efficacité économique rejoigne de façon aussi magique une certaine morale sociale.
    Un peu comme si la relance économique par l’augmentation des salaires était toujours la bonne façon de faire …

    D’ailleurs si cette idée était exacte, elle supposerait qu’un partage équitable des richesses nées virtuellement de n’importe quelle bulle economico-financière , n’aurait -magiquement- aucune sanction !!!

    J’aurais donc envie de vous dire : relisez le texte d’Allais autour duquel vous et vos contributeurs ont longuement débattu !
    Tout part de l’accumulation de dettes en une pyramide logique et cohérente d’un point de vue comptable mais qui fait peser sur notre réel actuel un risque considérable puisque l’écroulement de cette pyramide revient à ce que les dettes du futur viennent de façon prématurée frapper à la porte du présent en réclamant trop tôt leur remboursement. Pyramide couronnée par la technique de la titrisation.

    Ensuite viennent les allumettes de la polique d’argent facile de la fed, puis la bulle immobilière, puis les sub-primes, puis l’irresponsabilité totale du secteur bancaire tant concernant les dirigeants qui ne maitrisaient plus leur outils et leur gestion des risques, que des exécutants obsédés par quelques primes personnelles. Sans parler de la dilution et la diffusion des dettes irrecouvrables …

    J’ajouterais que les déficits constants et répétés des Etats , que l’on soit en période de vaches grasses ou maigres, rognent à présent considérablement leurs marges keynésiennes de manoeuvre.

    Mais enfin ce n’est pas à vous que je vais expliquer tout cela …

    6) Finalement j’observe que chacun profite de la crise pour promouvoir ses petites idées plus ou moins farfelues (je ne pense pas à vous) . En attendant qu’on sache comment et qui paiera concrètement la partie insolvable de cette immense dette qui doit trouver ses victimes, les commentaires sont ouverts à tous.

    J’observe également que les remèdes sont on ne peut plus classiques et paraissent même de nature identique au poison lui-même … et que le jour ou la confiance dans la capacité des états à rembourser leur dette (même si c’est globalement à nous même) sera entamée , alors là ce sera la fin totale des haricots.

    7) A moins que ce ne soit l’occasion , non pas de changer névrotiquement de système économique (ou de faire semblant) , mais d’inverser quelques priorités de notre vie quotidienne et de revenir à des valeurs un peu plus réelles … et effectivement alors, de changer de modèle de société.

    Oui finalement c’est surtout la bulle idéologique de la consommation comme but de la vie qu’il va falloir crever , pour revenir à la vraie valeur des choses : la qualité de vie.

    Mais de toutes façons, les changement géo-climatiques vont nous offrir une seconde chance. Forcée, cette fois là. A nous de la maîtriser ou pas.

    Voilà monsieur Paul ma contribution à votre contribution à la contribution de Jacques.

  64. @ oppossum

    On m’oppose toujours le même passage chez Maurice Allais, celui qui conduit à une discussion relative aux réserves fractionnaires, vous évoquez un autre aspect, beaucoup plus intéressant, que je ne pense pas avoir évoqué ici, celui de la concordance des maturités pour les actifs et les passifs. La raison pour laquelle je n’en parle pas est parce que c’est assez technique dans la mesure où il faut une bonne base en théorie financière pour en comprendre les tenants et les aboutissants et que le format du blog ne s’y prête pas : il y a toujours des lecteurs qui sont là pour la première fois. J’ai fait allusion aux stratégies fondées sur l’absence de concordance ou « short funding » dans Comment fonctionnent les SIV :

    Le principal désastre associé jusqu’ici au « short funding » avait été la débâcle des Caisses d’Épargne américaines de 1989 (« Savings and Loans » ou « thrifts » – les « économes »), dont coût à l’époque pour le contribuable américain : 140 milliards de dollars. Dans un livre publié il y a quinze ans, Franco Modigliani, Prix Nobel d’économie, écrivait avec Frank Fabozzi : « On ne trouve jusqu’ici aucune indication qu’une nouvelle règlementation soit en préparation qui requerrait le genre de politique d’investissement qui aurait prévenu la tragédie des vingt dernières années, à savoir qui imposerait la concordance des maturités [entre fonds prêtés et sources de financement] ! »

  65. Monsieur,

    Le site a retiré l’en-tête de chaque paragraphe dans ma contribution ci-dessus, ce qui la rend à peu près incompréhensible.

    Voici ma contribution une nouvelle fois, j’espère avec les en-têtes.

    Monsieur,

    Texte intéressant avec beaucoup de points de convergence, mais je souhaiterais commenter quelques éléments.

    ***Nouriel Roubini***
    N’avez-vous pas l’impression que depuis quelques mois, depuis qu’il est « arrivé », reconnu dans le monde entier, qu’il a beaucoup tempéré son discours ?
    Mon impression est qu’il n’ose plus mettre en danger cette reconnaissance, qu’il s’est rangé.

    ***marchés… la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous***
    Je ne comprends pas l’équation marché = guerre. Il me semble qu’un marché est justement le contraire de la guerre. Les hommes consentent à échanger, non à simplement prendre. Un consensus peut se former. Les marchés peuvent être très injustes, inégalitaires, mais ils sont réformables, alors que la guerre…
    Croyez bien, je ne préconise pas les marchés dans leur forme actuelle, mais il me semble que c’est brouiller le débat que de les assimiler à la guerre.

    ***chaque crise est sui generis***
    Avec du recul (et après avoir lu, par exemple, Galbraith, ISBN 01402.38565), on constate que les crises financières tournent toujours autour du crédit/dette et que le progrès technique n’est que de la poudre aux yeux. Une couche de complication destinée à masqué des phénomènes fondamentaux qui n’ont pas changé depuis des siècles. Les CDO/CDS en sont l’exemple même.

    ***Le caractère sacro-saint de la propriété privée***
    Difficile de la remplacer, mais nous pouvons limiter les moyens mis à sa disposition, ex. réformer la notion de personne morale, réfléchir à la notion d’intérêt (revenu du capital).

    Plus généralement, l’idée de mettre sur pied des réformes mondiales me semble dépassée. Cette crise va nous plonger dans une déflation profonde. La mondialisation se termine (voir l’indice Baltic Dry Index) et les organisations internationales auront bien de mal à se maintenir. Je crains aussi pour l’UE, sauf à imaginer un retour à cinq (F, D, Benelux).

    Je le pense car cette crise est triple (environnement, énergie et économie/finance) où les trois éléments nous arrivent en ordre inverse, c’est-à-dire d’abord la finance qui non seulement nous privera des moyens de mettre sur pied de nouvelles sources d’énergie, mais qui est déjà en train de tailler des croupières à la production future du pétrole (références à la demande).

    Bref, vous le voyez, beaucoup de points de convergence (aussi avec Oppossum ci-dessus).

    Salutations cordiales,
    F. Bartsch

  66. @opossum

    …car on ne peut vraiment pas dire que les Etats aient vu venir quoique ce soit, ni qu’ils aient fait preuve de grande clairvoyance dans leur tripatouillage permanent de la monnaie et des déficits…

    >> Les états ont cessé depuis longtemps de gouverner le monde, ce sont les grands financiers et les grands capitaines d’industrie qui s’en chargent.
    – L’élection américaine est basée sur le « financement de campagne => retour d’ascenseur »,
    – le complexe militaro-industriel contre lequel Eisenhower mettait le monde en garde usurpe maintenant le pouvoir de façon ostensible, conformément à ses craintes,
    – plus près de chez nous, la comission européenne n’est pas élue, elle dirige pourtant l’europe et établi ses lois sans en rendre compte aux peuples…et sous quelles influences ?
    – Ne parlons pas des relations de notre cher président qui est à lui seul un cas d’école en matière de dépendance.

    La philosophie prévalente a probablement été : « tant qu’on gagne, on joue, et dès qu’on perd, ce sera un tel chaos que l’on pourra mettre en place de nouvelles règles qui assoieront définitivement notre mainmise sur l’économie mondiale. Les populations et les gouvernements, en plein désarroi, les avaliseront sans broncher ».

    Que sont qq milliards temporairement perdus face à cette perspective de contrôle établi et pérennisé ?

    @thelast :

    Calculer le prix théorique de l’énergie à partir d’une unité de travail « être humain » est un raisonnement bien étrange. Pourquoi pas l’unité « boeuf » ou « cheval », elles sont historiquement tout aussi légitimes, non ?

    En plus, je crois que vous faites complètement fausse route. Je suis intimement persuadé que LA solution, pour un changement durable de société passe par une énergie…gratuite !

    Je vois votre sourire: bien sûr, aujourd’hui, à l’ère du pétrole, c’est une douce utopie. Mais projetons dans un demi-siècle, et imaginons un monde ou l’énergie est abondante et ne coûte presque rien (grâce, par exemple, à une technologie dérivée de l’actuelle Z-machine des laboratoires Sandia, ITER ayant été depuis longtemps abandonné, rasé et transformé en zone résidentielle) :

    – L’énergie étant directement ou indirectement un substitutif à la matière, les matières premières cesseraient d’être des enjeux spéculatifs ou guerriers,
    – Production, conditionnement et transports pourraient être automatisés à bas coût, permettant ainsi l’acquisition des biens et denrées par le plus grand nombre,
    – L’activité économique serait principalement centralisée autour de la mise en oeuvre de cette énergie illimitée, c’est à dire de l’industrie et des services, qui par nature, offrent moins de champs spéculatifs que les matières premières,
    – Bref, la valeur de toutes choses s’en trouvant affectée, la propriété privée s’en trouverait de fait dévalorisée, et la spéculation n’aurait plus de raison d’être, et ce sans avoir à règlementer.

    Dans ce monde utopique, seule la surpopulation serait -à priori- un problème. Mais on voit que dans nos sociétés modernes, les foyers nantis font peu d’enfants. Si toute la population était nantie, on pourrait raisonnablement penser que le seuil de natalité n’excèderait naturellement pas celui du renouvellement.

    A l’inverse, dans un monde ou l’énergie devient chère, comme la période que nous venons de vivre, la spéculation fait un bond, et touche tout le secteur primaire. Elle crée des inégalités majeures (populations entières qui n’y ont pas accès) et devient la source des déséquilibres internationaux.

    Le bas coût de l’énergie est donc la clé du monde paisible de demain, si on veut qu’il existe et qu’il le soit (paisible).

    Mais pour le monde d’aujourd’hui, désolé, j’ai pas de solution…il va falloir se résoudre à passer par une période très difficile…et éviter les mauvais desseins que l’on nous prépare…

  67. @ Jason

    J’ai pris l’unité « homme/jour » car elle me semble plus simple à apprécier.
    On peut parler d’une voiture de 120 chevaux ca n’impressione personne. a vrai dire on sait que c’est beaucoup mais c’est tout.
    Quand on dit qu’une voiture est vraiment écologique elle ne consomme que cinq litres aux 100. on pourrait dire ma voiture est vraiment écologique elle ne fournit que le travail de 150 personnes par heure de fontionnement (en roulant à 100km/h).
    Je trouve qu’on se trouve mieux et qu’on est plus à même de comprendre l’ampleur de la chose.

    Bien evidemment si l’energie était gratuite beaucoup de choses seraient plus simples. Malheureusement je vois mal aujourd’hui comment vous le mettriez en oeuvre.

    Vous dites « L’activité économique serait principalement centralisée autour de la mise en oeuvre de cette énergie illimitée ». C’est justement que les quantités d’énergie ne sont pas illimités que cela pose problème. Il y en a beaucoup mais on en consomme énormément et de façon déraisonnée. En gros on vit bien haut dessus de nos moyens énergétiques.

    Produire de l’énergie est extremenent compliqué et les rendements globaux sont en général mauvais.
    Iter n’existe pas. C’est un projet et il n’est qu’en phase préliminaire de construction. Et que je sache c’est un laboratoire; pas une centrale. Personne n’est en mesure de vous confirmer si ca va marcher dans 50 ans. De nombreux problèmes technologiques fondamentaux existent et ils ne seront peut etre pas solubles. Bien evidemment il vaut mieux essayer de le faire sinon on est sur d’être dans une impasse; mais nous ne sommes pas sur de pouvoir le faire fonctionner un jour. Rien n’est garanti.

    D’où ma question: Pourquoi le prix de l’energie ne rentre t il pas en compte dans les échanges ?
    Doit on laisser la porte ouverte à l’auto régulation ou fixer un prix élevé pour inciter fortement à une utilisation raisonnée ?

  68. Il est tout de même incroyable de polémiquer, en 2008/2009, avec une personne reconnue comme vendeur d’armes, plagiaire, et aux livres pleins d’approximations, d’à peu-près. Et tout simplement méconnaisseur des sujets qu’il évoque dans les ouvrages qui portent sa signature.

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