Une société sans profits monétaires ni monnaie, par Jean-Paul Lambert

Dans la série « billets invités », une « solution d’ingénieur » ou une utopie (les expressions sont-elles synonymes quand il s’agit de sociétés ?). Qu’en pensez-vous ?

Une société sans profits monétaires ni monnaie, par Jean-Paul Lambert

Je déteste échanger des banalités. A peine monté, mon dernier auto-stoppeur m’a gâté : « Une société sans profits monétaires et même sans monnaie, vous en avez déjà entendu parler ? » Il se doutait bien que non.

« Si vous me dites ce que vous faites je vous expliquerai ça bien mieux. »

Entrepreneur… je préfère le taire. J’invente. J’invente que je suis inventeur, et dans la foulée, un projet de machine à laver, le linge ou la vaisselle. Mais attention : sans eau. Elle fait vibrer les objets. Les molécules ajoutées par l’usage – la saleté – se détachent et sont aspirées.

Eh bien, dans une société sans profits et sans monnaie, j’irai à la banque, comme aujourd’hui, sauf que cette banque-là ne fournit plus d’argent.

Elle fournit des accès.

Et d’abord accès aux informations. Elle a raflé localement toutes les informations sur les stocks des entrepreneurs, gérés depuis trente ans déjà sous forme de codes-barres. Elle a enquêté sur les ressources locales, dont ils ont abandonné l’exploitation ou auxquelles on n’a jamais pensé. Elle fonctionne en réseau avec toutes les autres banques, si bien que je peux tout de suite savoir les fournitures qu’il y a partout. Du plus proche au plus lointain, toujours, elle recense toutes les machines, compétences et locaux disponibles, les brevets, dont on ne tire plus de profits monétaires, et les expériences passées et présentes dans tous les domaines, pour copier ou améliorer. Je n’ai plus à me soucier des prix. Seulement de savoir où c’est, de combien je peux disposer.

Les codes-barres, je connais. On peut encore pousser leurs performances.

Je pianoterai ce dont j’ai besoin, ça entrera dans « un panier d’hypothèses ». Un panier technique. Création assistée par ordinateur, ça se fait déjà. Je vais brancher sur « vibrations », « séparation », « aspiration » – pas « lavage », surtout pas ! La machine va proposer des synthèses pratiques et me signalera des associations possibles avec d’autres entreprises. Elle contrôlera la compatibilité des machines et des matériaux, corrigera en fonction de l’avancement du projet, calculera les recyclages. Elle est capable, par exemple, de me préconiser des isolants particuliers ou même un matériau bio qui ne va pas vibrer comme du métal. Elle va me renvoyer à des textiles déjà plus aptes que d’autres pour effectuer mes expériences.

La banque applique à toutes les fournitures des codes prudentiels pour contrôler leur renouvellement, prévenir des dangers.

Quand mon panier technique est fin prêt, deuxième fonction : elle m’accorde l’accès à tout ce dont j’aurai l’usage. A deux conditions.

Première condition. Qu’il y ait un profit pédagogique.

Pédagogique ?

Oui, car toutes les entreprises sont désormais traitées comme des expériences – ou comme des écoles. Entretenir et augmenter les savoirs et savoir-faire est considéré comme aussi important que proposer des produits et services. Mon projet d’entreprise ne sera accepté que s’il situe clairement ce qu’on y fait dans une gamme de recherches, enjeux et défis. Il doit tenir la collectivité informée de ce qui s’y fait pour que chacun puisse y apporter ses compétences et expériences et en acquérir de nouvelles. N’importe qui doit pouvoir impromptu les transmettre sur place à tous ceux qui viennent participer. La joie d’apprendre et de faire, ça s’organise. Il va falloir que je dise comment mon entreprise s’y prend.

Fini, le travailleur bête et discipliné… Je ne demande pas mieux. Il coûte cher.

Deuxième condition. Le profit usologique.

Usologique ?

…Parce que mon engin va changer l’écologie des usages existants. L’énergie nécessaire pour vibrer sera compensée par celle qu’on économise pour fabriquer et faire tourner les machines classiques : ça, le panier technique l’a déjà calculé. Mais les modifications de l’environnement ? De la domotique ? De l’hygiène ? Mon projet relève de l’anthropologie du « propre »…! Il sera donc (il a dit « donc » !) aussi jugé sur sa capacité d’ouvrir ou approfondir encore la discussion sur des sujets de société, qui sont, comme je sais, au cœur du politique…

Soit… Mais les ci-devant travailleurs, s’il n’y a plus d’argent, comment ils vont faire pour acheter ?

Ils n’achètent plus ! Ils ont accès !! Ac-cès.

La banque, toujours elle, distribue des cartes d’accès. Je n’ai plus besoin de savoir combien il y a dedans ! Elle ne se vide plus : elle se remplit. Rem-plit.

Elle se remplit d’informations sur ce à quoi elle a déjà permis d’accéder.

Nota bene : elle est anonyme, cette carte. Anonyme !! C’est elle qu’on surveille, pas moi. Surveillance toute statistique, pour ne pas vider les rayons et renouveler les fabrications en amont. Passés certains seuils, comme il faut qu’il y en ait pour tout le monde, ça n’entre plus dans cette carte-là. Mais celui qui n’en a pas encore pris peut me tendre la sienne. En attendant le retour à la normale, le système signale d’autres accès : remplacez les haricots par des lentilles, les oranges par des kiwis.

Plus l’accès sera facile et moins les usagers stockeront. Adieu la surconsommation qui venge de l’ennui du boulot ou compense le manque de reconnaissance sociale. Et voilà mon bonhomme qui encense l’esprit de cette économie-là. Esprit d’entreprise, d’expérimentation, de recherches tous azimuts. Tous chercheurs, tous artistes…

Mais on arrive bientôt. S’il pouvait mieux m’expliquer, vite : car on ne peut tout produire sur place ? Eléments de réponses :

1. Le recensement des ressources locales par les banques diminuera ce genre de besoins. 2. La mise en réseau de toutes les banques facilitera la solution, et l’étude collective de matériaux qui ne rendent plus dépendant d’une seule origine. 3. La solidarité remplace la concurrence. 4. L’abolition de la monnaie empêchera les pays riches de siphonner les ressources, la Corée du Sud d’acheter Madagascar. 5. …

…La gare. Vous avez tout compris, continuez tout seul ! Et salut.

Au retour, pas un auto-stoppeur. Je me sentais bien seul avec ce que j’avais compris. J’ouvre la radio. Tombe juste sur l’augmentation du prix des matières premières. Qu’est-ce qu’on en a à faire, de leurs cours ? Plus de monnaie, plus de profits et plus de paris sur la rareté et l’abondance… Il y en a combien, où…? Code et point barre.
__________

Je continue d’y réfléchir. La carte d’accès individuelle, par exemple, est-elle encore bien nécessaire ? Pourquoi…? Les dispositifs « prudentiels » ? Comment on les établit ? Pardon : les expérimente. Qui fait ça ? Leur expérimentation impose-t-elle le retour de l’Etat ou d’instances internationales directives ?

Vous m’aidez ?

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84 réflexions sur « Une société sans profits monétaires ni monnaie, par Jean-Paul Lambert »

  1. @Christian-Br

    La conscience d’espèce ? J’ai eu l’impression en lisant Brieuc, qu’il pensait à sentiment spontané, et se répandant sur l’humanité comme une maladie.

    Si on appelle ceci, avancée de la civilisation et éducation, je comprends. Si c’est autre chose, je vois pas du tout de quoi il s’agit.

    Je reviens à mes observations japonaise comme expérimentation de société à forte densité de population, dans un endroit où les frontières ne peuvent pas vraiment être repoussées ( modèle imparfait ).

    De plus la pensée asiatique, n’a pas eu le même berceau de développement que les civilisations issues des religions monothéistes ……… Ni africaines, mais l’Afrique est ce qu’il y a de plus riche, 250 000 ans de sapiens sapiens, malheureusement sans registre écrit jusqu’à la civilisation Égyptienne, pour nous faire observer l’évolution des relations inter-ethnies, se partageant certes, sur un large territoire, mais avec des franges communes entre les zones d’influence ……….. Les premiers équilibres de mondialisation ???

    Japon :
    La surpopulation a réglé ses comptes de manière plus violente dans le passé. L’effort d’éducation de toute la population, sans discrimination de sexe, niveau social, commence en même temps que la poussée industrielle.
    La fin de la violence interviendra après la chute du régime militaire.

    Nous avons donc un peuple assez discipliné, c’est vrai, éduqué sur beaucoup de bases, ayant la possibilité d’accès à l’ensemble des postes de la société ( ça se discute ! ) ce qui donne une forme d’uniformisation des moyens de subsistance.

    Au bilan, une grande sécurité matérielle et physique : peu de vol, peu de crime.

    Les yakusas ne sont pas la camora : on évite d’abimer le territoire, même si toute mafia présente toutes les failles de la pensée capitaliste ( concentration des richesse, la seule limite pour la pègre organisée, sont celles de l’imagination … ou de sa propre morale basée sur l’expérience du terrain ).

    Mais la société a les défauts de ses qualités :
    -Éduquée, mais dans le « moule » rabotant les personnalités, les émergences.
    -Solidaire de façon « obligatoire », les poussées de charité spontanée sont rares.
    -Tous les biens sont accessibles, en particulier aux enfants dont les parents, mûs par le devoir envers la société, se sont ruiné bien des plaisirs de vivre en travaillant durement, offrant à leur descendance, à la fois richesses, et exemple qu’on ne veut pas perpétuer. En allumant la télévision, il semble y avoir autre chose, que la tête de papa qui rentre ( quand il rentre ) du travail, avec une face ayant enregistrée toutes les frustrations de la journée.

    Le Japon ne ressemble pas systématiquement aux caricatures qu’on s’en fait, mais souvent ça colle.

    Au bilan :
    -Peu de délinquance.
    -Le pays propre. Entretenu.
    -On travaille sans se plaindre ( on se plaint après, on reste humain )
    -Société un peu anesthésiée, ayant perdu une motivation maximum.
    -Obligation de vivre avec son voisin en bon accord.
    -Conscience du bien collectif inculqué par l’éducation, mais le recyclage d’objet étant payant ( comme tout au Japon ) les premiers virages des montagnes, lorsque l’on quitte les villes, servent à se débarrasser des vieilles machines à laver.
    -Tous les biens matériels sont disponibles et financièrement accessibles, ce qui fait que dans ces virages de montagne, on trouve aussi des machines à laver en parfait état de marche.
    -Si on demande à un jeune salary-man qu’elles sont ses motivations dans la vie, il répond « l’argent », pas le jardinage. Normal, il y a tout juste la place de poser les maisons à 90 cm ( c’est la législation pour éviter la transmission par incendie ) de celles de leurs voisins.
    -La maison type à une base de 40 mètres carrés, garage intégré, et trois niveaux avec des escaliers plutôt raides, ce qui ne donne pas envie de recevoir des amis chez soi, ni d’y passer ses week-ends sans ordinateur ou télévision. Plutôt sortir, pour aller … vers les magasins … ou à son travail.
    -Les zones urbaines très larges, semblent saturées, et sont dans l’obligation d’être très bien organisées.

    En conclusion, puisque l’expérience bolchévique n’a convaincu personne, le modèle social-solidaire Japonais, bien que dans une société extrêmement conservatrice ( ça pense assez fort idée de droite, ici ), dans une démocratie apparente, mais sans la moindre notion de sens politique partagé, est le meilleur exemple de répartition des biens que je connaisse, posé sur une population au nombre significatif.
    La provision des bons du trésors américains détenue dans les mains japonaises, ne témoigne pas en faveur d’une égalité absolue, puisqu’elle l’est ( possédée ) de seulement quelques-uns.
    La perfection n’est pas pour demain !

    De plus, il ne faut jamais perdre de vue qu’il n’y a pas de fin. Le monde est toujours en mutation, y compris le Japon.

  2. Bonjour,

    Quel entrain ce matin avec la musique proposée par pj ! Yiiiiiha ! Quant à la « conscience d’espèce », j’ai déjà félicité blf pour son exposé, mais j’ai oublié de lui préciser qu’il y a un autre gars qui en parlé il y a quelques siècles ! Vu comme on lui a réglé son sort avec 3 clous, attention ! Il va falloir parler fort pour se faire entendre, en tous cas plus fort que ceux qui ont la conscience d’espèces, sonnantes et trébuchantes !
    Quant à M. Lambert, bien que j’attache une grande importance à la carotte, seule assurance anti-dérapage possible, mais dont le « choix » est indépendant du projet, je veux bien jouer ! Alors je commence, s’il vous plaît : où ?
    Quant à M. Di Girolamo, dont j’apprécie l’investissement dans le concret, sur la ligne de crête, je lui souhaite bon courage dans son tour de france. Peut-être même qu’il pourrait embarquer M. Lambert avec lui, pour donner un angle d’attaque aux interventions des citoyens rencontrés, par exemple !?
    Quant à son intervention (toujours M. DG) sur l’auto-censure (hop, je remets un p’tit coup d’alison krauss…pour finir), je suis tellement d’accord avec lui, que je me décide à poster le message que j’ai écrit hier soir…

    Bonsoir,

    Drôle de temps aujourd’hui. Les utopistes se sont pris un orage et le soleil ne se lève pas franchement sur les accros du capitalisme. Drôle de temps ! A priori : pas d’utopie sans chaos, et le chaos ça fait peur, donc pas d’utopie. Que nous reste-t-il ? Le mieux est que chacun reste chez soi à l’abri à analyser. Les chinois vont continuer à n’en faire qu’à leur tête, pas comme nous, on réussira peut-être à mettre un bâton dans la roue des gros méchants capitalistes qui espérons-le en profiterons pour redevenir de doux agneaux et, avec un peu de chance, on trouvera une espèce jusque-là inconnue qui raffole des gaz à effets de serre et qui non seulement les digère à merveille mais en plus les transforme en une nourriture suffisante et multivitaminée pour le tiers-monde. Elle est pas belle la vie ?
    Il paraît même qu’on s’autorise à penser (dans les milieux autorisés *) qu’on pourrait utiliser l’énergie dégagée par la réflexion des humains pour résoudre à la fois la crise des énergies et le réchauffement climatique ! A la condition que la quasi-totalité de la population mondiale se mette à penser…ce qui du coup résoudrait le problème auquel nous sommes confrontés à l’heure actuelle !

    Tout ça pour dire que je ne comprends toujours pas où tout cela nous mène. Sauf à imaginer que la réflexion est purement égoïste et que le seul but en essayant d’améliorer le sort de l’humanité est de se trouver une occupation, de donner à sa vie un sens à la hauteur de l’estime que l’on a de soi. Mais ça ne peut pas être ça. Alors qu’est-ce ? La réflexion sans la finalité de l’action a-t-elle un sens ? Si oui, et si non aussi d’ailleurs, pourquoi être sectaire ? « La crise que nous vivons à l’heure actuelle est une crise économique, le problème vient donc de l’économie et la solution sera économique » ! Ca me fait penser au trou de la sécu : « Je suis malade, j’ai tel symptôme, il me faut donc tel médicament pour guérir ». A ce rythme-là, dans 10 ans on vaccinera les foetus contre la grippe…aviaire ! Alors qu’en Chine par exemple, il doit sûrement encore exister des villages reculés où quand on est malade on ne paye pas le docteur ! Ah les cons ! Enfin bref, j’ai du mal à comprendre. Il faut que je relise un peu les classiques, qui ont sûrement dû se poser toutes ces questions et peut-être même d’autres, allez savoir : la vie a-t-elle un sens ? La consommation peut-elle et/ou doit-elle être une finalité ? Chaque chose que nous faisons, chaque acte de consommation doit-il avoir un sens ? Chacune de mes actions doit-elle être jugée en fonction de son incidence sur la société ?…

    Mais le danger est bien là : certains peuples, quasiment analphabètes comme leurs pieds, et en tous cas fortement manipulés pour ne pas réfléchir, pas trop, pardon juste assez, pourraient avoir des sursauts ! C’est fou ! On leur pompe le sang, on leur coupe la tête, après la leur avoir vidée, on les lie pieds et poings, et…ils bougent encore ! Ah les cons !

    Sur ce, bonne nuit à tous, je vais faire dormir mon neurone.

    PS : à propos de neurone, je compte ouvrir bientôt la bnp, banque de neurones populaire, dont l’objectif serait de faire des dons aux étrangers en voie de développement afin de les aider et de leur donner une chance d’avoir un avenir aussi radieux que le notre, ou tout au moins, pour ceux qui me rétorqueraient qu’on n’a pas à se plaindre, de pouvoir asseoir leur supériorité sur d’éventuels quarts-mondistes.
    Alors, à votre « bon coeur », m’sieurs dames.

    * « « Mais on s’autorise à penser dans les milieux autorisés » alors ça les milieux autorisés c’est un truc vous y êtes pas vous hein. Vous êtes même pas au bord, vous êtes pas du tout. Le milieu autorisé c’est un truc, c’est un endroit autorisé où y’a plein de mecs qui viennent pour s’autoriser des trucs ; mais y’a que le milieu qui compte. Et là d’dans y’a une poignée de connards qui tournent en rond en s’autorisant des trucs : « qu’est-ce tu fais là ? Ben j’sais pas j’vais p’t’être m’autoriser un truc mais c’est vachement gonflé j’hésite. » » (Coluche, définition du milieu autorisé).

  3. @Fab

    Vous avez raison de poser la question à quoi ces utopies nous mènent ?
    Je dirais que, bien que nous sachions tous que les chances de voir appliquer l’une d’entre elles de notre vivant (enfin en ce qui me concerne avec mes 67 ans) est très faible, elles ont néanmoins l’avantage de faire connaître – par comparatif – ce qu’est notre système économique et « démocratique » actuel, et de faire travailler les neurones 😉 des lecteurs.

    Elles nous ont forcé aussi à tenter d’imaginer les « étapes intermédiaires » ( ce n’est pas incompatible avec l’idée qu’une société véritablement plus juste ne peut émerger que du chaos de celle ci) . Notre groupe de réflexion a fait une proposition (sous la maitrise d’oeuvre de Philippe Derudder initiateur de l’idée qui suit) qui pourrait tout à fait être appliquée dès maintenant si nous le voulions, et qui est un premier pas vers une autre société économique (qu’elle soit distributiste, abondanciste, écosociétaliste ou autre). Je vous laisse juge de L’Espace Complémentaire Sociétal dont vous trouverez la proposition développée sur http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS (c’est la proposition simplifiée que je quote ci dessous)

    Le système marchand actuel répondant à la logique du marché est confronté à des limites que sa seule logique empêche de dépasser:
    • Malgré une croissance constante, le chômage reste à un niveau élevé, les plus pauvres dans le monde sont plus nombreux et plus enfoncés dans la misère que jamais auparavant.
    • La précarité, la marginalisation et l’exclusion qui en résultent génèrent une fracture sociale grandissante..
    • La seule réponse du système se trouve actuellement dans une croissance forte, mais les effets d’une telle croissance sont d’une part amputés ou annihilés par l’amélioration constante de la productivité, et d’autre part incompatibles avec les exigences écologiques auxquelles l’humanité est confrontée.
    • Toutes les analyses s’accordent à dire que les modes de production et de vie des pays industrialisés ne sont pas transposables à l’ensemble de la planète.

    Alors que faire ?

    « La critique est aisée, mais l’art est difficile ». Des visions de sociétés plus idéales ont déjà fleuri ça et là, mais comment incarner l’Utopie (au sens noble du terme) sans sauter du train en marche ? Il n’est pas nécessaire d’être bien grand devin pour prévoir qu’il n’y aura bientôt plus de gagnant puisque riches et pauvres sont embarqués sur le même vaisseau Terre, que le vaisseau souffre, craque, prend l’eau dangereusement et entraînera sans distinction, s’il vient à sombrer, matelots et capitaine, passagers de premières et passagers clandestins.

    Nous proposons un trait d’union, une démarche de réconciliation, un pacte fondé sur la reconnaissance de ce qui est, dans le respect mutuel du choix de chacun. Il ne s’agit pas de remplacer un système par un autre.
    Concrètement, cela se traduit par l’introduction d’un espace économique nouveau, (complémentaire au système économique existant) que nous appelons « ECS » (Espace Complémentaire Sociétal). Son originalité ? Sa vocation n’est pas la recherche de l’équilibre ou du profit financier mais celle du « bénéfice sociétal »

    La vocation de l’ECS : résoudre, indifféremment de leur coût financier, les problèmes humains et écologiques que la seule logique capitaliste libérale est incapable de traiter par la nature même du droit des entreprises et des systèmes comptables, et orienter les modes de production et de vie vers un modèle soutenable au niveau planétaire.

    Cet « espace » a vocation prioritaire de créer des activités qui n’existent pas encore, en particulier les services qui font cruellement défaut pour permettre à tous une vie digne sur une planète respectée. Le champ est donc immense, ouvert à l’expression des besoins que révèlera une enquête nationale, et qui susciteront des vocations chez beaucoup de personnes qui aujourd’hui cherchent un travail à reculons, ne se reconnaissant pas dans la logique du système actuel; sans parler de celles qui ont déjà un projet sociétal mais qu’elles ne peuvent mettre en œuvre parce qu’il n’est pas « rentable ».

    Précisons encore un point d’une grande importance. Le projet que nous allons décrire est conçu pour une mise en œuvre nationale, parce que le porter au niveau européen dès à présent risquerait fort de le voir s’embourber à jamais. Nous voulons miser sur la valeur d’exemple qu’une réalisation de ce genre, dans notre pays, pourrait avoir sur le reste du monde. Ne voyez donc à aucun moment le désir de nous replier frileusement derrière nos frontières. Nous ne visons pas à créer un décalage par rapport aux autre pays de l’Union européenne et du monde pour en tirer un avantage concurrentiel quelconque. Nous souhaitons que les autres nations, à commencer par celles qui composent l’Union européenne, s’engouffrent dans la voie ainsi tracée ce qui permettrait d’après nous de répondre de façon appropriée, efficace et rapide aux grands enjeux de notre temps.

    Voici donc le projet rapidement esquissé et résumé en 18 points, d’une structure nommée « Entreprise à Mandat Sociétal »

    ++++++

    1. Les objectifs prioritaires sont:
    – Proposer un emploi épanouissant et bien rémunéré à tous ceux qui veulent travailler dans ce secteur.
    – Favoriser tout ce qui permet de diminuer dès maintenant la pollution domestique, industrielle et agricole, de limiter l’utilisation de la matière dans la production (recyclage, matériaux nouveaux à meilleures performances à base de ressources renouvelables)
    – Identifier et lister l’ensemble des points qui posent un problème écologique et humain présent ou probable dans l’avenir, dans notre mode de vie, et mettre en regard les solutions possibles, porteuses d’amélioration de qualité de vie, indifféremment de leurs coûts comptables ou financiers.
    Les activités découlant de ces objectifs entrent dans le cadre d’un nouvel espace économique, dit sociétal, c’est-à-dire entièrement dédié à la résolution des problèmes humains et écologiques qui se posent.

    2. Les Entreprises à Mandat Sociétal (EMS) ne répondent pas à la logique de profit financier mais à celle du bénéfice sociétal. Elles sont régies par un statut juridique spécifique inspiré de la société coopérative.

    3. Les EMS n’ont pas de capital ; les investissements nécessaires à leur activité sont financés par une émission monétaire nationale en « Unités Monétaires Sociétales ( UMS) », monnaie créée par l’Etat au niveau des besoins. Elle est : permanente (ce n’est pas une monnaie de crédit), électronique, nominative, gratuite (elle ne peut produire d’intérêts), non spéculative, non convertible en devises étrangères mais a cours forcé (toute personne, physique ou morale, sur le territoire national, doit les accepter en paiement. 1 UMS = 1 euro)

    4. Au départ, la masse monétaire en « Unités Monétaires Sociétales» à mettre en circulation est déterminée par l’estimation des besoins que révèlera l’enquête nationale préalable. L’Etat, par le biais du Trésor Public, émet des bons du trésor spéciaux en UMS, sans intérêt ni échéance, qu’il vend à la Banque de France. Cette dernière ouvre un compte en « Unités Monétaires Sociétales» du même montant, à partir duquel les banques peuvent s’approvisionner selon les besoins dont elles ont connaissance, grâce aux prévisions qui leur ont été données, tant en capital qu’en exploitation. Par la suite, c’est l’équilibre entre la masse monétaire et la valeur de la richesse réelle créée par l’activité sociétale qui déterminera s’il est nécessaire d’injecter plus de monnaie ou d’en retirer.

    5. Les émissions d’Unités Monétaires Sociétales ont lieu à l’occasion:
    – de la constitution, de l’entretien et du renouvellement du capital des EMS
    – du paiement des frais généraux et salaires sociétaux des EMS non rémunérées (celles dont l’activité est offerte gracieusement aux usagers)
    – du paiement de la part des frais généraux et salaires sociétaux non couverts par les recettes des EMS partiellement rémunérées (celles dont l’activité est partiellement facturée aux usagers)
    – de la couverture des déficits annuels d’exploitation des EMS lorsque la poursuite de leur activité est décidée en raison de leur valeur sociétale.

    6. Les Unités Monétaires Sociétales ainsi créés se retrouvent au crédit des comptes des entreprises (EMS + fournisseurs des EMS du secteur marchand traditionnel) et au crédit des comptes courants des particuliers (salariés des EMS, mais aussi salariés des entreprises traditionnelles qui, ayant des recettes en Unités Monétaires Sociétales, les utilisent pour leurs dépenses. C’est ainsi que les Unités Monétaires Sociétales circulent dans l’ensemble de la société.

    7. L’excès d’Unités Monétaires Sociétales est régulé par une « Contribution à l’Equilibre Monétaire » (CEM), qui fonctionne comme une « taxe à la consommation » sur les productions et services sociétaux. Elle est adaptable éventuellement suivant une « note sociétale » attribuée aux produits et services issus des EMS. Elle est instituée afin d’équilibrer le plus finement possible la masse monétaire en Unités Monétaires Sociétales.

    8. Les critères définissant ce qui rend une activité « sociétale » sont déterminés démocratiquement par la Nation. Le statut d’EMS peut être attribué, par une procédure d’agréement, tant à un travailleur indépendant qu’à une organisation de plusieurs personnes réparties dans plusieurs établissements.

    9. L’EMS commence son activité en constituant le «capital» nécessaire à cette activité (terrains, locaux, matériel etc…). Elle n’a pas besoin d’argent pour ce faire. Elle choisit un organisme bancaire parmi les banques commerciales existantes, et lui remet une copie du dossier d’agrémentation qui comporte une estimation chiffrée qui lui servira de référence pour « commander » les fonds nécessaires à la banque de France et régler directement les fournisseurs au fur et à mesure de l’avancement des travaux.

    10. Une EMS est évaluée par rapport à ses objectifs sociétaux et non ses résultats financiers. C’est pourquoi la procédure d’agrémentation précise entre autre les éléments du « bilan d’activité» qui permettront de déterminer à la fin de la première année la position de l’EMS par rapport aux objectifs prévus. Par la suite, l’EMS présente un bilan prévisionnel en complément du bilan d’activité de l’exercice achevé, pour fixer les objectifs d’évaluation de l’exercice à venir. Les bilans sont constitués par un compte d’exploitation contrôlé par un cabinet comptable, servant principalement à aider la gestion bancaire et le contrîole des flux monétaires, et un rapport qualitatif d’activité sociétale reprenant les éléments d’appréciation qualitatifs dans la forme et selon les modalités prévues. Les éléments qualitatifs sont appréciés par sondage auprès des bénéficiaires de l’activité de l’EMS.

    11. La rémunération des personnes travaillant sous le statut d’EMS est en Unités Monétaires Sociétales. Le salaire varie à l’intérieur d’une fourchette de 1 à 3

    12. Les personnes physiques et morales, sous statut d’EMS bénéficient d’exemptions fiscales et de prestations sociales visant à leur offrir un contexte sécurisant leur permettant de focaliser toute leur attention sur leur mission au lieu de chercher à se constituer une épargne / patrimoine pour se mettre à l’abri des aléa de la vie. Ces avantage n’occasionnent aucune charge supplémentaire puisqu’ils qu’ils sont financés par création d’Unités Monétaires Sociétales

    13. Lorsque les entreprises qui ne sont pas sous statut d’EMS sont réglées en Unités Monétaires Sociétales, en tout ou partie d’un achat, elles traitent ce règlement comme s’il avait été réglé en devises.

    14. C’est le système bancaire actuellement en place qui est mandaté par l’Etat pour gérer les comptes en Unités Monétaires Sociétales. Pour l’exécution de ce mandat, les banques facturent des honoraires au Trésor Public selon un barème national

    15. Les EMS et leurs salariés se fournissent en priorité auprès d’autres EMS mais quand elles ont recours au secteur marchand elles règlent leurs achats en Unités Monétaires Sociétales.

    16. Les entreprises, tant du secteur sociétal que du secteur marchand traditionnel, peuvent régler indifféremment en euros ou en Unités Monétaires Sociétales l’ensemble de leurs dépenses, (salaires, fournisseurs, impôts et taxes…)

    17. Certaines entreprises, très dépendantes d’approvisionnements à l’importation, peuvent se retrouver périodiquement avec une proportion d’Unités Monétaires Sociétales trop importante, puisque l’UMS n’est pas une devise. Sur justification, elles demandent alors au trésor public la conversion en euros des UMS «en trop». De même, les personnes dont les revenus sont uniquement en UMS, peuvent demander au Trésor public la conversion d’une partie de leurs UMS en euros, pour un déplacement ou un achat en dehors des frontières nationales.

    18. Dans les premières années, le temps que ce nouveau secteur se développe et s’organise, la fiscalité générale continuera à s’appliquer au secteur traditionnel. Il conviendra ensuite de revoir globalement la philosophie fiscale en fonction du nouveau paysage socio économique qui se dessinera.

    ++++++

    En conclusion

    A ceux qui après cette lecture se demanderaient encore comment « l’Etat paiera », nous leur rappelons qu’il créera les Unités Monétaires Sociétales à hauteur des besoins, comme le font les banques actuellement sur une simple demande de crédit, à la seule différence que l’Etat, lui, n’a pas besoin de se « facturer » son propre argent et donc enrichit son peuple au lieu de l’appauvrir par le jeu de l’intérêt. Trop simple pour être vrai? Oui, c’est simple ! La seule mise en œuvre de cet espace économique complémentaire permettrait, sans opposer les intérêts des uns et des autres, sans aller prendre dans la poche des uns pour payer les autres, de résoudre en quelques années seulement tous les problèmes majeurs auxquels se heurte l’humanité. Ce qui nous sidère en réalité, c’est de voir combien l’homme butte sur un problème imaginaire, celui qu’il crée lui-même en rendant artificiellement rare un argent qui n’a plus aucune limite. Cette rareté n’est en fin de compte que le reflet de la « pauvreté de conscience » qui pour le moment enferme l’homme dans une logique de « sauve qui peut », de gestes désordonnés et inappropriés, qui au lieu de le sauver, l’entraînent vers le fond.

    Une solution est là, à portée de main et oui, il suffirait d’un claquement de doigts, autrement dit de le vouloir. C’est tout. Mais c’est cela qui est difficile. Alors regardez juste au fond de vous-même en cet instant. Etes-vous plus sous l’impression que « c’est impossible » ou plus sous celle de vouloir rendre le projet possible? Puisse la mémoire de Théodore Monod nous rappeler tous que « l’utopie est simplement ce qui n’a pas encore été essayé! »

  4. L’intervention de Christian-BR…
    Bravo, on s’y colle quand?
    Qui accompagne?
    On concentre le débat uniquement sur la faisabilité, d’accord?

    Une question: dans le cas de disette généralisée, qui menace, on va voir des émeutes de la faim et sortir les tickets… L’accès aux ressources par codes barre et carte d’accès ne résout-elle pas plus facilement et avc plus de justice le risque d’émeutes de la faim? Ne peut-elle se substituer immédiatement et bien plus souplement aux tickets?

  5. @Stilgar
    C’est un peu inévitable, mais les sujets et intervenants passent très vite à la suite sur ce blog, pour vous permettre de bénéficier d’une dynamique de commentaires renouvelés et constructifs, alors que tout ce que vous avancez, peut encore être contesté, et amélioré, dans des propositions sur lesquelles vous avez déjà passé beaucoup de temps, on s’en doute.

    Le fil commence à être très enterré, ici.

    Pour embrayer sur un autre type de société, quelle transition ? :

    La crise économique actuelle ne va pas laminer l’humanité. Une des prochaines, qui sera plus spécifiquement agricole pourrait faire un bien meilleur travail pour labourer jusqu’au fond celle-ci.
    Et cette crise agricole, dont certaines personnes sont conscientes, n’est pas la crise agricole déjà présentée par les médias communs, qui préconisent des moyens de préventions qui vont encore augmenter les maux : traiter l’agriculture en renforçant les techniques issues du capitalisme, faisant croire que ce sont les remèdes les plus sûrs, parce que les plus modernes.

    Le capitalisme appliqué de plus en plus à l’agriculture !!
    Les nouveaux chercheurs en places d’investissement, qui quittent les positions purement financières, pour se rabattre sur ce qu’ils trouvent, vont permettre d’accélérer le mouvement.

    La catastrophe, ce sera l’appauvrissement des sols, qu’on a tout-à fait les moyens techniques d’arrêter dés aujourd’hui, avec, par exemple semis directs, alternance plus rapprochée des cultures dans le temps et sur l’espace … je ne développe pas ici, plus personne ne lit.

    L’INRA, en France, qui a longtemps méprisé ce problème, sous la pression des grandes firmes chimie, s’est enfin retournée, pour mieux l’envisager.

    Les Etats-Unis, avec des céréaliers ( pas des idiots de paysans du tout ) ayant avalé du boniments à la Monsanto pendant des années, voient bien leurs terres se vider de tous ses éléments nutritifs … et en plus, pour produire des alcools à destination des moteurs. On est en pleine logique capitaliste dont même les médiocres observateurs auront compris où elle conduisait.
    Parmi ces céréaliers US, certains sont déjà leaders pour expérimenter ces méthodes de semis directs.

    Quelle technique va réussir à remplir la plus grande surface en terres agricoles ?? Monoculture OGM type investissement Bill Gates en Argentine ?? Ou retour vers l’exploitation de la terre à un niveau familiale, diversifié, et renouvellement biologique du sol, ce qui s’est toujours fait avant l’apparition de l’homme sur la terre, produisant, à titre d’exemple, les forêts équatoriales, rien que ça.
    Demandez à un investisseur d’arriver aux mêmes résultats en débarquant, déchu, de Wall Street, malgré son attaché-case plein de cash.

    Si les efforts ne sont pas poussés dans cette direction, éviter la gestion des sols sur la logique des profits rapides, je vous promets une crise qui sera le terreau pour installer un autre modèle de société. Le votre amélioré ? Celui sur lequel d’autres auront planché ???

    Ce qu’une crise n’aura pas accompli, comptez sur sa cousine pour parachever… à suivre.

  6. L’écosociétalisme (par exemple), n’est pas plus utopique que la démocratie, et n’est pas plus éloigné de nos sociétés que celle-ci.

    Son principal mérite est de supprimer le phénomène d’accumulation capitalistique et permet de respecter la permanence du monde (en respectant son exigence de réversibilité) que le capitalisme, s’il pouvait être poussé à son développement ultime, détruirait inéluctablement, et à courte échéance.

    Il possède également à mon sens le mérite de permettre globalement un « ancrage territorial » aux décisions économiques, favorisant à la fois la diversité, l’équilibre et le sens des responsabilités des sociétés.

    Les principaux obstacles à son avènement (ou à une variante) sont à mon sens les suivants:

    1)Il remettrait radicalement en cause l’échelle des valeurs entre individus dans les sociétés mondialisées.

    2)Le point de confort matériel moyen atteint par les couches dirigeantes du monde entier se situe au bien au delà du niveau que l’on peut lui prédire dans un tel système avec le développement scientifique et technologique actuel, et une population mondiale voisine de l’actuelle.

    3)Il en est probablement de même pour la classe moyenne des populations « démocratiques occidentales ».

    4) Il permettrait une vraie alternative à la mondialisation actuelle!

    Les choses évoluent cependant rapidement :

    S’il est illusoire d’espérer une remise en cause des deux premiers points, le confort matériel médian (et non moyen comme l’outil truqué du PIB par habitant qui voudrait faire croire que la répartition des revenus suit une courbe de Gauss, alors qu’il s’agit d’une distribution à longue traîne) a commencé à baisser dans le monde occidental , et le mouvement va s’accentuer fortement avec la baisse de production du pétrole.

    C’est principalement la formidable impulsion économique donnée par le pétrole qui a servi depuis 50 ans de « substitut explicatif » à la « supériorité » du capitalisme et a pu faire accroîre que la formidable croissance monétaire (basée sur l’intérêt et stimulée par tous les leviers mis en place pour démultiplier son effet) pouvait s’appuyer sur une expansion parallèle des contrevaleurs dans le monde réel, et que les banques centrales pouvaient gérer cette situation en interdisant la nécessaire inflation de rattrapage.

    Ce que l’on appelle la « crise » actuelle, n’est que le raidissement déclenché par le noyau dur capitaliste (parfaitement conscient du problème) pour sauvegarder le statu quo et éliminer de la table de partage les plus faibles des bénéficiaires, mais qui révèle en même temps sa nature fondamentalement destructrice à une part toujours plus grande de citoyens « démocratiques » occidentaux qui découvrent l’imposture, mais n’ont aucun moyen démocratique d’y remédier.

    Il reste donc à inventer un processus qui donnerait sa chance à la démocratie, par exemple un déjà connu :

    Le tirage au sort des représentants des peuples ?

  7. Toutes les réflexions et propositions quant à l’organisation alternative de la société sont les bienvenues ; mais elles se heurtent toutes au principe d’une démocratie représentative de vote par alternance et de médias écervelés c’est à dire donnant à manger des faits désordonnés dans le cadre d’une fausse neutralité ; on passe sans transition de 1000 morts à gaza au dernier modèle de brosse à dent.

    Il faut rappeler qu’EN DEFINITIVE ce sont la masse anonyme des votants qui détiennent la clé ; et que par conséquent s’ils ne disposent pas d’espaces publics de réflexion et d’information , tirage au sort des représentants , écosociétalisme ou autre proposition auront du mal à s’imposer !

    Non la clé est dans la communication, l’information et l’outil politique participatif (impliquant le numérique des citoyens) .

    Les blogs et internet ne touchent qu’une minorité de citoyens et encore , il suffit de lire les commentaires pour parfois se décourager .
    On ne peut pas effectivement descendre du train en marche ; il faut en construire un autre assez désirable pour que le premier devienne un mirage et s’auto détruise tout seul ; ce travail ne pourra s’entreprendre entre intellos ou au sein des partis politiques , mais dans les villages dans les quartiers selon des procédure qui restent à inventer et expérimenter.

  8. Bonjour,

    Notre système est basé sur la consommation : en ayant une vision positive, on peut dire qu’elle est le moteur de l’humanité, ou au moins de nos sociétés occidentales ; sinon, on peut la décrire comme un voile nous masquant « notre réalité de mortels ». Et c’est le fait de retirer ce voile -sans le remplacer- qui m’inquiète avec les solutions alternatives (Plus je pense, plus j’ai de « chances » de prendre conscience de qui je suis…etc*).
    Qui maintient ce voile ? Y a-t-il des décisions prises volontairement sur le choix du voile, sur son maintien, sur les moyens utilisés pour qu’il perdure ? Et si oui, qui prend ces décisions ? Existe-t-il une gestion mondiale des différents voiles ? Ou n’est-ce le fait que de nos politiques qui se passeraient le relais, une sorte de responsabilité universelle dépassant la gestion administrative de chaque état, à chaque nouveau mandat ? Je ne sais pas ! Mais il me semble que les choix ne peuvent être faits que pour le bien-être de l’humanité, ou en tous cas pour assurer sa survie. Alors oui, nos politiques sont « manipulés » par la finance, les lobbies, mais cela n’est « admis » que parce que ces orientations servent le bien commun ! J’ai beaucoup de mal à l’admettre au quotidien en observant le monde, mais je le redis, c’est la seule hypothèse plausible !

    Existe-t-il une alternative à ce niveau ? Celui qui la trouve sait en tous cas qu’il aura à sa disposition des alternatives économiques, clés en main. Merci et félicitations.
    J’imagine que l’inventaire des différents « voiles » existants ou ayant existé sur Terre a dû être fait…Peut-être y en a-t-il un qui pourrait « coller » à nos sociétés … ?

    * A dessein !

  9. « Pour embrayer sur un autre type de société, quelle transition? »
    Elle ne sera pas choisie mais imposée par « ce qu’on appelle la crise », qu’il vaudrait mieux voir comme l’affleurement du vice de construction du système, à savoir tout conditionner à l’obligation de faire des profits monétaires – qui font de « la libre entreprise » un oxymore de première grandeur.
    Le motif « d’un pas de côté » universel pourrait donc être fourni par la volonté d’en finir avec les profits monétaires, qui font rebondir « le capitalisme » de bulle en bulle.
    « Il est difficile de résoudre un problème avec la même forme de pensée qui l’a engendrée ». C’est d’Einstein.
    Encore faut-il avoir un modèle réellement alternatif à proposer.
    Nous pouvons en dresser une sorte de portrait-robot.
    – Il doit être audacieusement assorti de techchniques qui soient à la hauteur des problèmes de gestion d’aujourd’hui. Penser monnaie, c’est penser hélice à l’âge des fusées. Notre mode de pensée économique a trente ans de retard sur l’introduction des codes-barres et de la création d’entreprise assistée par ordinateur.
    La substitution des codes-barres à la monnaie permet une gestion objective et un accès aux richesses par zone de proximité (par aires de plus en plus larges). N’attendez pas de voir des queues se former aux portes des magasins et des bourgeois aller à la soupe populaire pour y penser.
    – Il doit repartir de ce qui est à la base de chaque nouvel élan civilisationnel, politique, technique, philosophique : la recherche de la maîtrise de leurs usages par les usagers: interdite dans le système actuel, où ce dont nous faisons usage, la transformation des besoins de base en usages locaux, est filtré par les profits qu’on en fait.
    Le fait de disposer inconditionnellement d’un droit d’accès aux produits et services qui résultent du travail donne le droit de choisir les produits et services dont nous avons l’usage, et donc d’exiger que soient d’ABORD satisfaits les usages vitaux ou les plus pertinents, et d’imposer des façons de les satisfaire qui ne soient humiliantes pour personne. Je regrette qu’aucun d’entre vous n’ait aperçu ce retournement (qui est celui du travail en don) dans le texte d’appel et que la discussion ait aussitôt dévié et avec une certaine arrogance rétrovisuelle sur la carotte et le bâton et l’échelle des revenus.
    – La mise en perspective expérimentale de toutes les entreprises.
    J’ai vu passer ci-dessus la désignation des responsables par le sort. C’est la tarte à la crème régulièrement emplafée sur la figure des tenants de la délégation de pouvoir par élection. Aussi vaine que d’opposer « la nature de l’homme » à toute tentative de sortir du pétrin.
    Dans la mesure où on entreprend à titre expérimental, c’est L’EXPERIENCE ELLE-MEME qui doit décider. Les expérimentateurs, qui se sont engagés pour réussir, sont assez grands zenfants pour voir que l’expérience capote ou bat de l’aile! Désignés par le sort ou par l’élection, ils seront toujours portés à cacher les difficultés, et attendre le prochain tirage au sort ou la prochaine élection pour confier le bébé au suivant. Et les électeurs auront toujours l’attitude des actionnaires qui attendent leurs dividendes les mains forcément pures, puisqu’ils n’en ont pas, le système électoral (ou l’actionnariat) les leur ayant coupées. Au lieu de douter que « les gens » aillent au travail, imaginez plutôt qu’il faudra les empêcher de se surmener dans des activités qu’ils auront choisies. Ce que la plupart d’entre nous, qui écrivons sur cette liste, ont la chance de connaître : ne pas compter son temps, rester curieux, s’enthousiasmer pour un débat, faire partie d’une association, etc., sera offert à tous.
    Le texte d’appel à l’origine de ce débat enchaîne tous ces aspects.

    On peut très bien dire, comme « FAB », que notre système actuel est « basé sur la consommation ». Et protester aussitôt contre ce qui « voile » ce fait. Mais épingler le fait et développer le scandale que c’est de le voiler… voile que cette consommation est asservie aux profits monétaires, au salariat, aux revanches que les salariés s’offrent en achetant des « signes » de hauteur sociale… Au lieu de plaindre les pauvres consommateurs sur leur « base », retirons à cette base ses motifs : les profits monétaires, l’accumulation chrématistique.
    « Di Girolamo » touche un point sensible. L’exemplarité de certaines initiative est-elle vécue à la hauteur de ce leur exemplarité? Je fréquente les milieux écolos, où le ton est à « plus alternatif que moi tu meurs ». Tous ont en commun quelque chose qui leur échappe: le désir de se réapproprier leurs usages. Mais ils disent « vie » à la place, et les voilà partis dans « leur » vie, exemplaire, sainte, etc.

  10. @ Jean-Paul Lambert,

    Hola ! S’il vous plaît, pourriez-vous relire mon précédent message…et essayer de le comprendre !!!

    Merci

  11. Désolé @Jean Paul, je vais vous refaire le coup du « je ne crois pas ». Pas en l’égalité de générosité de chacun quant-à ses efforts à offrir aux autres. Vous vous placez encore dans la situation d’un monde parfait, humains plus ou moins égaux sur leur assimilation philosophique, sans névrose, se contentant de ce qu’ils auraient compris être suffisant.

    L’exemple Japonais est significatif, c’est la raison pour laquelle je me suis permis de l’avancer.
    L’expérience se base sur un groupe humain, sur un archipel, ayant suffisamment pour sa subsistance, et quelques années d’organisation culturelle :
    -Les obligations morales inculquées par l’éducation, envers la société, exonère d’initiatives personnelles. Vous en aurez tout de même, mais moins que dans une société plus dure, où celles-ci sont plus passionnées, suscitées par une motivation extrême d’échapper à son sort.
    -La facilité à acquérir des biens, donne autant de lassitude, que de gaspillage. Les générations ayant connu les restrictions d’après guerre pensaient très différemment.
    -Par contre, la qualité du service professionnel, n’a rien à voir avec ce qu’on trouve en occident : pas vraiment de chaleur humaine dans l’échange, mais pas de complainte à émettre par rapport au service rendu. S’agit-il du résultat de l’éducation sans souffrance inutile ??

    Toujours au Japon, le don est obligatoire, sans être obligatoire, c’est votre sensibilité au regard des autres, qui vous pousse à vous impliquer.
    Par exemple, les professeurs du primaire et secondaire, sont fortement incités à encadrer les activités sportives du week-end. Certains le font avec plus de plaisir que d’autres. Si tous pouvaient vraiment choisir, beaucoup resteraient devant leur télé, et la télé japonaise n’est pas moins crétinisante qu’ailleurs.

    « La carotte et le bâton » très peu fonctionnels avec quelques personnes, généralement ces personnes que vous envisageriez pour faire tourner votre société parfaite, marchent très bien avec d’autres, de manière empirique, et je suis le premier embarrassé à m’entendre convenir, ce qui ressemble à une apologie de l’esprit fasciste. L’équilibre des sociétés s’est toujours située entre les deux.

    Sinon, la crise de société est la seule entrée vers un système alternatif radicalement transformant, d’accord.
    Du chaos et de la révolution, ne sortent que des régimes autoritaires, mais on y est déjà ou presque, pas la peine d’aller le remplacer par la même chose.
    On ne choisira pas sa crise. Celle qui arrive ne va pas renverser les habitudes de pensée, il faudrait une prise de conscience plus profonde. La crise agricole qu’on pourrait très bien éviter, bouleverserait beaucoup mieux, par l’ampleur de l’hécatombe, y compris dans les pays dits riches, en Europe.
    Sans le catalyseur de crise suffisemment puissante, nous allons dériver du système actuel. Le pouvoir à diffusion pyramidale ne peut que gagner du temps dans le maintien de ses privilèges. Une démocratie imposée par la pensée produisant en réseau, est la suite de l’histoire, parce que plus créative et plus magistrale.

    Je crois la remarque de @Bernard très judicieuse, à propos ( entre autres ) des exclusivités offertes depuis 50 ans, par les ressources pétrolières, donnant un net avantage matériel, à un ensemble d’apparatchiks.

    Ce ne sont ni la monnaie, ni les profits matérialisés en monnaie le problème. Ça en est la gestion et son exclusivité de gestion. Une monnaie représentative de valeurs et circulant, avec propriété publique reconnue des sols et des ressources énergétiques, c’est aussi une utopie, mais c’est l’organisation actuelle, si le monde était vraiment aussi parfait que ce que vous le souhaiteriez, y compris dans votre modèle.

  12. Patrick Villeret dit qu’il est bien plus difficile de gérer une société d’abondance qu’une société de la rareté ; la pauvreté ne se pose pas le problème du sens , le travail s’impose de soi même comme un état ; la richesse complique et dresse des voiles pour reprendre l’expression de Fab ; ça se complique encore plus quand 225 personnes possèdent l’équivalent richesse de milllions d’autres et que beaucoup sont dans le dénuement absolu.

    Je ne crois pas que , au cours de l’histoire , sur le plan de la morale et du sens , l’homme ait changé ( nous ne sommes pas meilleurs); mais ce qui a changé c’est le contexte qui du fait même de l’expansion et domination humaine sur la planète , s’est tendu ; cette tension , ce resserement , ça c’est nouveau et ça révèle notre condition : nous ne sommes pas faits pour la richesse mais pour la pauvreté (qui n’est pas la misère) ; le travail politique du siècle consiste à lever ce voile et à s’organiser en fonction de cette nouvelle donne.

  13. @ Di Girolamo, Bonjour,

    Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris votre dernière phrase :  » le travail politique du siècle consiste à lever ce voile et à s’organiser en fonction de cette nouvelle donne ». Dites-moi si je me trompe : votre idée est que les politiques prennent sciemment la décision d’informer le public que la consommation n’est pas indispensable à sa vie ? Si c’est le cas, pourriez-vous s’il vous plaît relire mon avant-dernier message sur ce même fil (19/01 à 15h46) et me donner votre sentiment à son sujet.

    Merci

  14. Fab

    Difficile de se comprendre ! Déjà parfois soi même !

    « Notre système est basé sur la consommation : en ayant une vision positive, on peut dire qu’elle est le moteur de l’humanité, ou au moins de nos sociétés occidentales ; sinon, on peut la décrire comme un voile nous masquant “notre réalité de mortels”. Et c’est le fait de retirer ce voile -sans le remplacer- qui m’inquiète avec les solutions alternatives  »

    Le constat qui s’impose à nous est que dans tous les domaines (sociaux , écologiques..) nos société fondées sur la recherche de la richesse matérielle , ça ne marche pas : bilan négatif et plus qu’inquiétant : seuls qquns s’enrichissent et de plus on bousille la planète. Lever le voile c’est tout simplement faire comprendre ça(vraiment) à LA MAJORITE NUMERIQUE DES CITOYENS ; la recherche de solutions alternatives (et sans doute locales / Un local mondialisé) s’imposera d’elle même.
    Ce qui est inquiétant ce n’est pas de retirer le voile, mais la réalité elle même ; la réalité c’est que nous sommes arrivés à un moment de l’histoire humaine où nous ne POUVONS plus nous voiler la face : nous sommes mortels , le monde est fini , le vivre ensemble ne peut pas se fonder sur la recherche de la richesse matérielle et la consommation , il faut ( nécessité vitale)refonder ce vivre ensemble .

    Concernant nos dirigeants politiques (sauf exception(s) ), ce sont les plus mal placés pour avancer d’eux mêmes dans ce sens . C’est la base qui doit prendre l’initiative et impliquer « nos politiques  » parce qu’on a besoin de tout le monde .

    A mon avis tout cela ne se fera pas spontanément ; quand je dis « le travail politique du siècle consiste à lever ce voile et à s’organiser en fonction de cette nouvelle donne. » c’est la même chose que de dire , il faut créer un outil politique participatif de recherche et développement sociétal.

  15. @ Di Girolamo,

    Avec les constats que vous faites je suis d’accord. Avec votre idée et votre volonté de créer un outil politique participatif, je suis d’accord.

    Mais sur le fait de retirer le voile sans contrepartie…je ne suis pas convaincu ! J’essaye de m’expliquer de nouveau ! Nous avons atteint un niveau de mécanisation qui nous permettrait de fabriquer « le strict minimum vital » sans grand besoin de travail humain. Que se passerait-il donc si on enlevait du quotidien la course au profit, à la consommation, à la réussite dont les exemples nous sont donnés, volontairement, pour entretenir la machine, par tous ceux qui font la une des journaux : en économie, politique, sport, star système…tout ??? Qu’impliquerait, individuellement, le fait de se retrouver avec du temps libre, du vrai temps libre pour l’esprit : pas de divertissement par le travail ou par la télé ? Ne pensez-vous pas qu’une prise de conscience individuelle s’imposera fatalement, avec les interrogations et les peurs qui l’accompagnent ?
    Cette prise de conscience, je l’ai faite et j’imagine que je ne suis pas le seul (je n’ai cependant aucune idée du nombre, de la proportion !). Mais elle reste enfermée en moi, prisonnière : les autres ne veulent pas l’entendre ! Et même s’ils le font et, dans le « meilleur des cas » suivent également la même réflexion pour aboutir à la même prise de conscience, ils se retrouvent eux aussi isolés, avec cette « réalité » prisonnière de leur pensée : the show must go on disait the voice ! Tant qu’il y a un courant collectif on s’y laisse entraîner…

    Donc, que se passerait-il selon vous si cette prise de conscience s’imposait individuellement -et- se répandait à toute la population (c’est à dire si le courant s’arrête) ?

    C’est là où je disais : attention ! Danger ! Les pulsions animales vont reprendre le dessus ! Enfin, il me semble…Mais je comprends néanmoins que le sujet puisse déranger, et qu’il soit plus facile de se laisser aller dans le courant…C’est dommage en tous cas que ceux qui connaissent les différentes sociétés humaines, présentes ou passées, n’apportent pas leurs connaissances et conclusions sur le sujet.

    Bonne journée.

  16. @ fAB

    « Les pulsions animales vont reprendre le dessus !  » fatalement par le force des choses , spontanément ;
    seul un effort , un travail collectif peut contrer cela .

    « Nous avons atteint un niveau de mécanisation qui nous permettrait de fabriquer “le strict minimum vital” sans grand besoin de travail humain »
    Est ce bien sûr ? C’est grâce au pétrole( essentiellement ) que cette efficience industrielle , notamment agricole a permit cette « libération » ; je mets libération entre guillemets parce qu’elle a un prix et ce prix est maintenant bien trop élevé : il se fait au prix de l’épuisement des ressources(notamment le pétrole) de la dégradation des terres , du dérèglement climatique et ….De l’exploitation éhontée des ressources des pays pauvres (afrique notamment ) .

    Lever le voile n’est pas proposer le retour à l’âge de pierre parce qu’effectivement personne ne suivra ; c’est changer de mode d’organisation sociétale ; un seul exemple l’agriculture :passer d’une agriculture mécanisée et chimique (qui libère du temps pour aller faire du ski ) à une agriculture mécanisée et ingénieuse utilisant à nouveau le plus possible la ressource renouvelable du travail manuel ( qui crée du travail assez épanouissant et jouissif permettant de ne pas avoir besoin d’aller faire du ski )
    Cette nouvelle agriculture reposant elle même sur un nouvel aménagement du territoire , la création de « cités écologiques  » autonomes en énergie et production des besoins primaires .

  17. Lever le voile… Ne serait-ce pas l’étymologie exacte du terme Apocalypse ? 🙂
    La fin de la société de consommation serait donc l’apocalypse ?

    Plus sérieusement ne serait-il pas envisageable qu’il n’y ai aucun voile ? Nous avions la religion, nous avons la consommation, qu’aurons nous ? Le levé du voile serait-il la fin de l’histoire ?

    L’homme seul face à lui même serait-il face au néant ?

  18. Bonsoir,

    Greg dit :

    « Le levé du voile serait-il la fin de l’histoire ? »
    Pas nécessairement mais l’idée de vouloir éviter de violentes « perturbations » mérite réflexion !

    « L’homme seul face à lui même serait-il face au néant ? »
    Ca me semble évident.

    Di Girolamo dit :

    « “Les pulsions animales vont reprendre le dessus ! ” fatalement par le force des choses , spontanément ;
    seul un effort , un travail collectif peut contrer cela . »

    Avez-vous une idée de ce travail collectif dont vous parlez, dans ce cas précis ? C’est ce que j’appelais un nouveau voile, une nouvelle religion…

  19. Di Girolamo dit:

    « Toutes les réflexions et propositions quant à l’organisation alternative de la société sont les bienvenues ; mais elles se heurtent toutes au principe d’une démocratie représentative de vote par alternance et de médias écervelés ».

    Je suis en complet désaccord au moins avec la formulation de votre point de vue, et ceci pour deux raisons:

    La première est que la phrase semblerait indiquer que la gouvernance par alternance est une garantie de démocratie qui se heurterait, comme les médias, à un défaut « opportuniste », du type « tête en l’air ».

    Il me semble que les les épisodes désolants du référendum européen, aux Pays Bas en France et en Irlande montrent bien qu’il n’y a possibilité d’alternance que dans le périmètre de ce que le peuple est autorisé à penser « utilement » c’est à dire traduire dans le réel institutionnel, et que toute sortie du cadre:

    – soit n’est pas prise en compte quand il s’agit d’une consultation référendaire (on ne peut tout de même pas diffamer le peuple dans son entier), ou ignoré par les médias s’il s’agit d’un personnage non médiatique.

    – soit le discrédit (ou lynchage) médiatique de son auteur s’il s’agit d’un individu ou groupe isolé mais ayant accès à la tribune publique.

    La seconde raison est que l’on peut dire beaucoup de chose des médias, mais certainement pas qu’ils sont écervelés. Ils me semblent même faire preuve d’une redoutable logique calculatrice (et d’une non moins grande efficacité) pour éviter que le moindre coin du voile ne se lève devant une audience dès que celle-ci devient notable.

  20. @fab
    L’image du voile qui recouvre l’humaine condition est issue de la philosophie indienne et se nomme Maya .
    Maya est avant tout ignorance.
    On peut avancer que l’homme occidental du 21ieme siècle ne différencie guère en celà de ses illustres ancêtres.
    mikl

  21. @ Bernard,

    Je ne suis pas certain d’avoir bien compris toute votre argumentation mais il me semble que vous dites exactement la même chose que Di Girolamo ! Le vote par alternance dont il parle ressemble à l’impasse dont vous parlez dans le cas du référendum : donner le sentiment qu’il n’existe que 2 voies possibles ! Droite ou gauche, chacune son tour ! Tout ce qui s’en écarte est soumis au « discrédit », au « lynchage », ou est « diffamé » ! Et faire preuve d’une logique calculatrice quand vous parlez des médias peut se traduire par un manque de structure cérébrale : ils sont écervelés !
    Vous dites donc la même chose. Et maintenant ? Yes we can, ou bien ?

  22. @ fab
    Disons que le propos de la philosophie indienne et du Bouddhisme à sa suite est d’ offrir la promesse d’un éveil (prise de conscience) à l’existence mondaine et son lot d’illusions.
    Le voile qui nous empêche de comprendre le sens de nos joies et souffrances, les philosophes de ces temps passés l’ont nommé Maya.
    Reconnaitre Maya c’est une prise de conscience minimale qui conduit éventuellement à l’éveil, aprés de longues méditations je suppose.
    Une grande différence avec nos écoles de pensée occidentales qui croient dur comme fer à l’existence éternelle de toute chose ainsi que des créations toutes humaines.
    Mikl

  23. @ madar michael,

    Merci. Je vais y réfléchir à tête reposée…sur l’oreiller. C’est une bonne nouvelle ! Je me doutais de l’existence de telles prises de conscience, de l’existence d’au moins une façon pacifique de lever le voile ! A méditer donc… Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles le dalaï lama n’est pas partout en odeur de sainteté ???

    Bonne nuit.

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