Messieurs qu’on nomme « grands », empêchez le retour des émeutes de la faim !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Dans un entretien ce matin avec Marie Charrel (pour Le magazine Capital, numéro du mois de mars), elle me posait la question : « inflation ou déflation ? », et je lui répondais bien entendu : « Les deux, mon commandant ! ». Les deux parce que, d’une part, l’économie en chute libre entraîne une baisse du prix des matières premières, alors que, d’autre part, l’insolvabilité globale du secteur bancaire oblige(ra) les États à faire fonctionner la planche à billets.

L’inflation, c’est loin d’être idéal en raison de la quasi-impossibilité d’ajuster les salaires à des taux d’intérêt qui prennent l’inflation en compte, mais bon, cette fois-ci on fermera les yeux puisque cela apurera les dettes des ménages et des entreprises, et punira par priorité les investisseurs : épargnants et actionnaires, et que ces derniers en particulier ne sont pas en ce moment en odeur de sainteté. Quant à la déflation, c’est catastrophique pour l’économie puisque plus personne n’achète sachant que tout sera à coup sûr meilleur marché demain.

Prix du riz

Mais les forces inflationnistes et déflationnistes sont en train de se renforcer toutes deux, chacune pour ses raisons propres, et ce type de tension est extrêmement dangereux parce qu’elles s’exerceront plus ici et moins là, accroissant l’instabilité générale. Comme si l’on avait besoin de cela en plus !

Donc sur ce plan inflation / déflation, les choses se présentent mal d’emblée et ceci, avant même qu’on ait parlé des ravages que la spéculation est capable d’exercer au sein de ce paysage déjà passablement sinistré. Rappelez-vous du début de l’année dernière et des émeutes de la fin provoquées dans le Tiers-Monde par la spéculation sur le prix des céréales sur les marchés à terme : quelles mesures a-t-on prises pour empêcher que cela ne se reproduise : rien, nada !

Pour le moment, cela va de soi, on n’a rien à craindre puisque les économies s’effondrant, le prix des céréales baisse et les spéculateurs allant là où le vent les pousse, encouragent la baisse générale, mais attendez que les prix aient l’air de reprendre du poil de la bête – éventuellement comme un simple effet de l’inflation contrant les pressions déflationnistes – et vous allez voir les spéculateurs pousser les prix à la hausse – alors même que pendant ce temps-là les économies continueraient même de se dégrader. Préparez-vous à assister à un tel massacre !

Prix du blé

Parce que les non-commerciaux des marchés à terme de matières premières sont toujours présents à l’appel : non, ils n’ont pas été mis hors d’état de nuire, et comme les autres marchés où ils pourraient encore sévir, je veux dire investir, se réduisent comme peau de chagrin, ils sont dans les starting-blocks.

Rappel des épisodes précédents : les non-commerciaux sont les acheteurs et les vendeurs de contrats qui sont présents sur les marchés à terme des matières premières alors qu’ils n’ont rien à y faire, n’ayant aucune marchandise à vendre, ni aucune dont ils pourraient prendre livraison. Sur le marché du pétrole on les reconnaît au fait qu’ils n’ont pas de citernes, sur le marché des céréales au fait qu’ils n’ont pas de silos : pas de silos qui contiendraient du grain à vendre ou qui pourraient contenir du grain dont ils prendraient livraison. Les non-commerciaux sont présents sur ces marchés pour une seule raison : pour spéculer, pour parier sur la hausse ou sur la baisse du prix. La seule justification qu’ils avancent pour parasiter l’économie de cette manière, c’est qu’ils apporteraient de la liquidité aux marchés. J’ai réglé le compte à cette vieille lune l’année dernière (La crise – 2008 : pp. 159-163 et ici) en montrant que les spéculateurs sont toujours du mauvais côté du marché du point de vue de la liquidité, c’est–à–dire qu’ils en bouffent plutôt qu’ils n’en ont à offrir, et je suis ravi de constater que sur ce point-là au moins j’ai été entendu.

Prix du maïs


On m’assure, à voix basse, que ce que j’écris ici est lu en haut lieu. Si c’est le cas, j’en profite pour écrire ce qui suit en caractères gras : les non-commerciaux étant toujours présents sur les marchés à terme des matières premières, rien n’a été fait qui puisse empêcher une nouvelle flambée des prix sur le marché des céréales au moindre signe de redressement de leur prix et rien n’a donc été fait pour prévenir le retour des émeutes de la faim. Messieurs qu’on nomme « grands », interdisez l’accès des non-commerciaux (spéculateurs) aux marchés à terme des matières premières tant qu’il en est encore temps !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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99 réflexions sur « Messieurs qu’on nomme « grands », empêchez le retour des émeutes de la faim ! »

  1. @Loïc Abadie

    Concernant les ressources ,notamment le pétrole , il n’est pas idiot de dire qu’on a exploité le plus facile et que plus les années vont avancer plus il faudra de pétrole pour extraire 1 l de pétrole. Et ça c’est un vrai problème .

    Concernant le dérèglement du climat , je ne vois pas de propagande mais plutôt beaucoup de confusion ; normal que les médias s’emparent d’un sujet qui peut faire de l’image; c’est pourtant un problème plus que sérieux ; je partage assez les positions de jancovici qui met en garde contre le caractère peu scientifique des journalistes et des politiques ; allez vous promener sur son site si ce n’est déjà fait.
    Le problème climatique est un problème majeur et trè inquiétant ; la meilleure manière d’évacuer ce problème c’est d’en parler beaucoup , souvent , n’importe comment .

    Fin de l’énergie facile et dérèglement du climat ne vont pas arranger nos affaires agricoles et alimentaires ; je ne vois qu’une solution contre la famine : remodeler le concept ville campagne , repositionner nos sociétés dans une nouvelle ruralité , cela ici chez nous comme ailleurs. Former des paysans et des ingénieurs agricoles , faire une révolution foncière et distribuer des piochons aux traders.

  2. Monsieur Jorion dit :

    « Je crois que Loïc Abadie et moi pourrions nous mettre d’accord sur la formulation suivante :

    « La spéculation est un élément crucial de la solution individuelle du problème.
    L’interdiction de la spéculation est un élément crucial de la solution collective du problème ». »

    Monsieur Abadie, si vous en êtes d’accord, à vous la main pour une proposition de solution technique (cf. Fab, 22:07).

    Paix sur terre aux hommes de bonne volonté…surtout s’ils se donnent la main.

  3. D’ailleurs puisque Di Girolamo a cité Jancovivi

    je vous propose de lire une de ces articles sur son site, qui concerne la croissance

    « Combien de temps pouvons nous prolonger les tendances ? »
    http://www.manicore.com/documentation/impasses.html

    vous verrez c’est très interessant… On peut citer cette phrase qui résume pas mal de choses….
    « plus la croissance est forte, et plus nous allons vite vers « la fin ».

  4. @ Loic Abadie

    « La capacité d’auto-organisation des systèmes complexes ». C’est exactement la pensée de Friedrich Von Hayek à laquelle vous vous rattachez en effet.

    Bien que vous vous en défendiez, c’est encore un idéalisme, ou encore une utopie réalisée. Vous le savez sans doute, Friedrich Von Hayek a oeuvré tout sa vie pour que sa conception de la société et de l’économie triomphe. A soir de sa vie, au début des années 90, il se montra fort satisfait par la tournure qu’avait prise l’économie mondiale : le péril « socialiste » avait disparu de l’horizon !
    Les décennies keynésiennes dont vous parlez ce sont pourtant celles qu’Hayek a vu d’un bon oeil, certes sans doute pas parfaites, mais suffisamment proches de son système de pensée pour qu’il pût dire que l’intervention des Etats avait évolué dans le bon sens. Reagan avait bien dit : « l’Etat c’est le problème ». Margaret Tchatcher avait brandi un livre de Hayek pour dire en substance : « mon programme c’est ça ! ». Et Clinton, Bush et bien d’autres de part le monde d »emboiter le pas, jusqu’à la crise qui nous occupe aujourd’hui.

    D’autre part, tout ramener à la capacité d’auto-organisation des systèmes complexes, c’est rapporter les faits humains au niveau de l’analyse biologique ou physique. Les sociétés, les économies font système, mais ces systèmes, si ils s »insèrent dans l’ordre biologique et physique, ne s’y confondent pas. Le fait humain — les anthropologues, et moult penseurs, vous ne diront mieux que moi, émerge de son substrat biologique et physique.
    L’analyse systémique est un outil d’analyse, mais elle n’épuise pas l’humain, y compris la compréhension rationnelle des faits humains.

    L’auto-organisation des systèmes complexes selon Hayek (lequel rapporte l’auto-organisation de la société à celle de l’économie) fait des humains de simples éléments d’un système, voire de divers systèmes qui nous incluraient totalement. Pourtant, par nos pensées, nos actions, nos interactions (qui dépassent la somme des interactions individuelles), nous sommes capables de redéfinir les moyens et buts des dits systèmes, c’est donc que ces derniers relèvent d’un niveau d’analyse proprement humain avec tout ce que cela comporte de psychologie, philosophie, sociologie, anthropologie, politique, etc …

    Mais on aboutit alors à un paradoxe : la pensée qui circonscrit le fait humain en ayant recours à l’auto organisation des systèmes complexes, qui pose donc que la meilleure organisation sociale et économique possible, la plus « réaliste » donc, fut d’abord un courant de pensée spécifique tout à fait identifiable dans l’espace et le temps de l’histoire humaine. C’est une pensée qui combat l’idéalisme mais se révèle elle-même un idéalisme, à mon sens aussi dangereux que l’utopie socialiste dans sa version totalitaire, car il ne s’avoue pas comme tel. C’est un réalisme, certes, mais naturaliste. D’où sa tendance manifeste à promouvoir un certain darwinisme social.

    Pour résumer, toutes les sociétés humaines, économies, sont des constructions, et il y a autant d’auto-organisation, en tant que systèmes datés historiquement, dans l’auto-organisation de l’utopie libérale que dans celle de l’utopie socialiste.

  5. @ Loïc et Paul

    On ne peut pas arriver à faire boire un âne qui n’a plus soif…
    Le problème vient de nos dirigeants qui continuent à verser de l’eau sans arrêt dans l’abreuvoir… On ne peut pas reprocher à quelqu’un qui a compris cela de se munir d’une bouée de sauvetage pour éviter la noyade… Je suis d’accord avec vous Loïc…
    Par contre on peut reprocher à certains de se munir d’un yacht disproportionné pour survivre tout en sachant pertinemment que beaucoup vont mourir noyés, et là je suis d’accord avec vous Paul…
    Loïc, vous préconisez la bouée (pragmatisme) ou l’arrêt du remplissage de l’abreuvoir (idéalisme)…
    Paul, vous préconisez la bouée pour tout le monde (pragmatisme) en empêchant certains de se munir d’un yacht disproportionné pour payer les bouées des moins nantis (idéalisme)…

    A titre personnel, sachant que ceux qui commandent l’arrivée d’eau ne sont pas près de s’arrêter et que ceux qui possèdent les yachts ne sont pas près pour le moment de les lâcher , je vais juste continuer à faire ce que je fais déjà depuis un petit bout de temps, conseiller le plus possible de gens de se mettre sur quelque chose qui flotte…

    @+

  6. @ ghostdog
    Bien vu. La spoliation de l’outil de production des matières premières agricoles , c’est plus fort que la spéculation sur les marchés à terme des matières premières agricoles.Les fonds souverains qui achètent ou louent les terres, c’est plus fort que les opérateurs du marché de Chicago.Ces fonds paient cash.Ce n’est pas la conséquence de la croissance anarchique du crédit.C’est quand meme de la spéculation.

  7. Je pense également que l’idéalisme ne peut mener qu’à la catastrophe, le communisme me parait en être exemple parlant, qui partant d’une bonne intention, d’un schéma bien ficelé sur le papier, finit dans le désastre de la corruption parce qu’oubliant a mon sens la motivation des comportements humains.
    Je pense que l’impulsion de ces comportements trouve sa source dans l’égoïsme et se matérialisent avec le prisme de la moralité. Mère Thérésa s’est consacré aux autres probablement parce que la vue de la misère lui était insupportable. L’énergie qu’elle a mis a cette tache montre a mon sens son égoïsme banal et sa moralité exceptionnelle.

    Après l’acceptation comme seule religion de « la main invisible » de tonton Adam et après 20 ans sans aucune alternative idéologique, l’individualisme a été encouragé mais c’est l’amoralité qui s’est imposé.

    Le système même plus régulé n’aurai pas empêcher le désastre. Rien dans le système ne peut a mon sens être considérer comme scandaleux. Ni la création monétaire par les banques sous le système fractionnaire, ni les spéculateurs (y compris sur les matière premières) qui permettre a un producteur de se débarrasser du risque de variation des prix entre le moment ou il investit et le moment ou il commence a mettre ses produits sur le marché, …
    Quelque soit le système, il sera facile en mettant un minimum de bonne volonté de faire faillite ou de se ruiner. Le phénomène générationnel l’emporte a mon sens sur le reste. La distance qui nous sépare aujourd’hui des dernières crises majeures a créé l’excès de confiance qui va précipiter la prochaine. Confiance qui a permis aux hommes d’accepter de s’endetter et par là, d’accepter des salaires qui représentent cette répartition des richesses inadéquate. Quelques eussent été les règles, cela n’aurait pas changé grand chose. Bref, du Kondratieff.

    Quand à la réflexion sur les règles à mettre en place aujourd’hui, le débat est probablement stérile. Il y a des règles qu’il ne sert a rien d’imposer, comme le dit Loïc dans son blog, il se sert a rien d’interdire la baignade sur une plage qui a vu 3 nageurs se faire croquer par un requin. 1/ personne n’a envi de s’y baigner et 2/ les requins sont partis depuis longtemps.

    Ca va être froid, ca va être sombre et ca va être long. A la sortie, nous auront pris la claque que nous mettait notre mère quand notre moralité n’étais pas la hauteur de ses attentes. La mémoire rafraîchi, le monde marchera droit, jusqu’à ce que nos petits enfants oublient la leçon.

    Comme on dit a New-York : « épargne ? ca fait très XIX siècle, non ? ». Ca mérite bien une petite baffe. Je crains qu’elle soit monumentale.

  8. heu !!! je me suis trompé
    je voulais dire:
    avec 3 % de croissance par an
    en 2100 la production mondiale sera 16 fois supérieure à celle de l’an 2000

    Bien sûr et non 1600 fis j’espère que tout le monde aura compris

  9. Aïe aïe aïe, c’est beau , ça flamboie , c’est le carnaval humain , le val de la carne ! de la chair ,de l’incarnation , de l’incarnat ,ça brule et ça craque de partout ,des gerbes d’étincelles jaillissent vers le ciel qui n’en peut , c’est volcanique comme à l’origine ,fluide et dévastateur , mais aussi créateur de nouvelle terres , jusqu’à la fin des temps quand tout rejoindras l’immensité cosmique disperser aux vents solaires , pour errer , jusqu’à être aspirer par quelques trou noir , ou ça coaguleras à nouveau et patatras tout recommenceras ,l’égoisme et les paris aussi car l’homme est joueur joyeux ou angoisser , risque tout ou calculateur ,effrayant ou effrayer , pauvre mouche coller au plafond , exécutant sans cesse la danse macabre , qui le conduit inexorablement à retrouver le sol dont il est issu , après quelques tours et virevoltes .
    ps: je sais cela n’apporte pas de pierres à l’édifice , pardonner m’en ,mais c’est ,ce que tout ce débat ,fort intéressant au demeurant génère chez moi ,à tous amis inconnus ,merci pour votre coexistence .

  10. De simples seuils suffiraient à « brider » la spéculation et à maitriser dans une certaine mesure l’évolution des prix – mais j’imagine que ce n’est pas dans l’intérêt du monde de la finance, ni celui des gros producteurs friands de pesticides et d’OGM. Imaginez que le prix du blé ne puisse varier de plus de 1 % par mois. Mon Dieu, quelle horreur !
    Plus sérieusement, je considère l’envolée des matières premières en 2007 comme un avertissement de ce qu’il pourrait se passer quand la dégradation des conditions climatiques associée à la folie du biocarburant pèseront lourdement sur les capacités de production.

  11. Pour résumer les éternelles joutes verbales Paul / Loïc :

    Paul nous aide à penser le monde tel qu’il faudra le reconstruire sur les ruines de celui que nous voyons s’effondrer…
    Loïc nous aide justement à ne pas rester dans l’édifice et être enseveli sous les décombres.

    Le monde n’a jamais eu besoin de penseurs « ruinés » et oublie vite les « héros » morts individuellement dans le sacrifice des masses à un prétendu bien collectif (deux fois ça suffit).

    Survivre d’abord, puis enseigner aux autres ce que nous avons appris et faire en sorte qu’il faille cette fois-ci plus de quatre générations pour tout oublier.

  12. “Je crois que Loïc Abadie et moi pourrions nous mettre d’accord sur la formulation suivante :

    « La spéculation est un élément crucial de la solution individuelle du problème.
    L’interdiction de la spéculation est un élément crucial de la solution collective du problème ».”

    Non, l’interdiction de la spéculation n’est pas un « élément crucial de la solution collective » pour moi. On ne soigne pas une maladie en traitant un symptôme. Au contraire (j’ai déjà eu l’occasion de le dire) elle aboutirait à un système totalitaire de type communiste. Parce que nous spéculons tous à chaque achat de bien patrimonial, à commencer par un acte banal comme l’achat d’une maison qui comporte toujours une part de pari sur les prix (décision de rester locataire ou d’acheter). Supprimer la spéculation, c’est supprimer le marché (au moins pour tout ce qui concerne les actifs patrimoniaux).

    Donc je reformulerai comme ceci :

    « La limitation de la production de crédit via un changement de système monétaire (qui limitera naturellement et sans contraintes les excès de la spéculation), et l’interdiction constitutionnelle des déficits publics est un élément crucial de la solution collective au problème ».
    Un autre élément crucial serait que les états cessent de dérégler le système économique en prenant de l’argent aux plus raisonnables pour récompenser les plus inconscients et cessent leur expansion incessante (la part des dépenses publiques dans le PIB a pratiquement doublé dans le PIB en 60 ans dans la plupart de nos économies, ce qui contredit les idées reçues, totalement fausses, sur le thème d’une supposée « démission des états » ou d’un supposé « néolibéralisme » qui n’a jamais existé), pour en revenir à un niveau d’intervention normal (environ 1/3 du PIB).
    La crise en cours s’en chargera de toutes façons vu que si ils continuent leur fuite en avant, les états ne trouveront plus personne pour financer leur boulimie.

    Dernier point : « petit état » ne signifie pas pour moi « état faible » ou « absence d’état ». Il faut des règles, et l’état doit être en mesure de faire les faire respecter.

    Dernier point : « Petit état » ne signifie pas pour moi « absence d’état » ou « état faible ».

  13. @ Loïc Abadie,

    Tout est relatif ! Vous considérez la spéculation comme un symptôme et vous avez raison ! Je considère l’excès de production de crédit comme le symptôme d’un autre mal ! A priori certains sur Terre considèrent également notre incessant besoin de performances comme le symptôme d’un mal plus « profond »…Mais ne serait-il pas raisonnable de trouver une solution -dans l’urgence- au moins en ce qui concerne les matières premières alimentaires vitales ? De la même manière qu’on cherche à faire tomber une forte fièvre chez un enfant…avant de se lancer dans la recherche et la thérapie du mal profond !

    Bonne journée.

  14. @Loic qui dit :

    « La part des dépenses publiques dans le PIB a pratiquement doublé dans le PIB en 60 ans dans la plupart de nos économies »

    Y incluez-vous la part croissante que le remboursement de la dette y occupe ? Sans ce remboursement, même l’état français pourrait-être à l’équilibre…

    Mais ce problème serait alors résolu par votre 1ère proposition (qui consiste si je comprend à mettre en place un système bancaire rothbardien)

  15. Je ne comprend pas pourquoi certain disent que l’inflation est préférable à la déflation pour la population :

    Commentaire de A du 22 janvier à 12h37 :
    « L’inflation sera le moindre mal car elle permettra de diminuer le poids des déficits publics et de la dette privée. Elle corrigera une mauvaise répartition des revenus. »

    Commentaire de Alain du 22 janvier à 16h35 :
    « Quand Loïc dénonce le Keynesianisme, je pense qu’il redoute surtout l’inflation consécutive qui mettra en difficulté les spéculateurs de son genre. Il est donc contre l’Etat qui songe quand même à sauver une partie de la population de la misère et va s’endetter pour cela. »

    Je fais sans doute une erreur de raisonnement mais pour moi c’est la déflation qui est positive pour la population car elle entraîne une baisse des prix à la consommation alors que dans le même temps on a un maintient des prestations sociales (RMI, allocations familiales, retraites, …), à l’inverse en période d’inflation les prix à la consommation augmentent alors que dans le même temps les prestations sociales se maintiennent pour la plupart au même niveau ou en tout cas suivent l’inflation avec un fort décalage.

    Merci à ceux qui m’expliquerons où je fais erreur.

  16. @Loic Abadie: « d’un supposé “néolibéralisme” qui n’a jamais existé »

    Tout comme le véritable communisme n’a jamais existé, vous diront les communistes. Mais discute-t-on de la réalité, les politiques libérales réelles, ou de l’idéal théorique (qui par définition est toujours parfait, qu’il soit libéral ou autre)?

  17. @ Loic Abadie

    Si la part des dépenses publiques a augmenté, c’est pour compenser — dans les pays développés — les dégâts sociaux occasionnés par la mise en place du système néo-libéral. Ce sont aussi des subsides versés aux entreprises capitalistes pour faire face à une concurrence internationale très vive. Le néo-libéralisme n’a jamais existé ? En voici résumées les principaux aspects :

    1. La dérégulation du marché des capitaux.
    2. L’action du FMI pour ouvrir des marchés, au prix parfois de douloureux ajustements structurels, c’est à dire des coupes claires dans les dépenses sociales des pays concernés. (voir La grande illusion de Stiglitz)
    3. Les nombreuses privatisations intervenues à partir des années 80
    4.Le capitalisme actionnarial qui se substitue au capitalisme du compromis social qui avait prédominé de l’après-guerre jusqu’à la fin des années 70

    Tous ces points réunis cela donne une mise en concurrence généralisée des systèmes économiques et sociaux,
    l’accroissement vertigineux des inégalités, et un processus qui mènera finalement l’insolvabilité des plus pauvres, puis des classes moyennes, et aujourd’hui une insolvabilité générale.

    Bref, ce sont des lois et des règlements qui ont présidé à la mise en place de ce système, les politiques keynésiennes n’ont fait qu’accompagner le mouvement général vers la libéralisation telle que définie plus haut.

  18. @Pierre-Yves D. : « Si la part des dépenses publiques a augmenté, c’est pour compenser – dans les pays développés – les dégâts sociaux occasionnés par la mise en place du système néo-libéral. »

    Oui, sauf que le système n’est pas néo-libéral mais capitaliste simplement. Au XIXè on acceptait ces dégats sociaux, pas au XXè, d’où l’inflation de l’Etat.

  19. Les spéculateurs ont bons dos!
    Si le prix des matières premières va augmenter ce n’est pas à cause des spéculateurs mais parce que le secteur a pendant trop longtemps souffert de sous-investissements.
    Parce que pendant 30 ans on a méprisé l’agriculture c’est l’heure des comptes!
    Quand l’offre est inférieure à la demande les prix grimpent,et quand,comme aujourd’hui,l’offre baisse encore plus vite que la demande ,les prix ne peuvent qu’augmenter.
    Vous parlez des spéculateurs qui aujourd’hui tirent les prix vers le bas,mais d’autres spéculent sur une hausse ceux qui a pour effet de contenir la baisse.
    Quand les prix grimpent vous accusez la spéculation,quand il baisse vous accusez la spéculation!Une position confortable mais intellectuellement intenable.
    Si vous pensez pouvoir interdire le marché aux « non-commerciaux » alors vous n’avez pas compris la finalité des marchés à termes.Ils permettent aux producteurs et aux consommateurs industriels de se couvrir contre le risque de prix,et ce sont les spéculateurs qui portent ce risque et se le « refile » entre eux.
    Sans spéculateurs les marchés à termes ne peuvent pas fonctionner!
    Ceci dit il est évident que la spéculation tire les prix mais en règle général c’est la queue de la comète,et les prix en tendance reflète bien(tant bien que mal)l’offre et la demande.Et le régulateur n’est pas impuissant il peut limiter l’effet de levier des opérateurs et ainsi brider la spéculation.
    Quels sont vos propositions?Le contrôle des prix…Que les politiques fixent le prix du soja,du blé ou du coton.

  20. après la glisse, Loïc choisit la rente, alors que Paul souhaite remettre les spéculateurs à leur place : le territoire du casino et de la loterie pour les comportements addictifs !
    « voila que ça rente, voila… »
    Tony Truand le « haïssable »

  21. « Contrôle des prix »…

    Je suis très « Greenspanien » (le dernier 🙂 ?) sur ce point :

    Soit on laisse les prix se fixer librement, soit on accepte les queues d’attentes devant les magasin et les surproductions pourrir sur pieds.

    Une voie du milieu reste a définir, mais sera a mon avis une usine a gaz difficilement applicable.

  22. @Bru: Il y a déjà plein de marchandises pour lesquelles les prix ne sont pas libres (et depuis des lustres) et sans files d’attente devant les magasins.

  23. @Chris

    En cas de déflation les prix baissent, et les salaires aussi, ce qui rend le crédit de plus en plus lourd à supporter.
    Les banques s’enrichissent d’autant puisque le montant des remboursements reste le même et que le pouvoir d’achat d’une unité monétaire augmente (baisse des prix). En déflation on s’enrichit en gardant ses sous, sous son matelas ou en le prêtant, on s’appauvrit en remboursant un emprunt. Il vaut mieux attendre avant d’acheter, ne pas investir, ne pas produire.
    J’achète pour produire lorsque j’ai transformé j’essaie de vendre un sous produit à un prix déprécié, donc je mange mes marges et baisse les salaires.

    l’État à terme abaisse aussi les prestations indexées sur les prix.

    En cas d’inflation il faut au contraire vite dépenser car la monnaie perd de sa valeur en permanence et contracter des prêts que l’on rembourse à son banquier en « monnaie de singe » qui lui; fait un peu la tête…

  24. @Bru: l’essence et les cigarettes par exemple. Jusqu’il y a peu (les directives européennes ont parfois un peu changé la donne) : le pain, l’électricité, l’eau, les médicaments, etc. Pratiquement tout quoi.

    « Il est fort rare que le prix soit parfaitement libre, ne serait-ce que pour des raisons fiscales, mais aussi pour des raisons politiques (plus grande force pour le contrôle des prix que contre).

    Les gouvernements imposent souvent des « prix plancher », indirectement par des taxes, ou directement par des règlementations : SMIC imposant un prix minimum du travail, législation anti-dumping, action d’achat public de denrée dont le prix chute « trop » (exemple : la politique agricole commune). L’objectif de ses politique est généralement d’assurer une garantie de revenu aux vendeurs ; plus rarement, il peut s’agir de limiter ou rationner la consommation (exemple : politique anti-tabagique).

    Inversement, les biens considérés comme de première nécessité, notamment la nourriture et le logement, sont souvent soumis à des règlementations qui en fixe un « prix plafond », ou l’augmentation maximum qu’on peut leur appliquer chaque année. L’objectif est alors, inversement, d’assurer que les consommateurs peuvent se payer le bien. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix

  25. @Moi,

    Je ne partage pas ta vision du contrôle des prix. Le fait que le gouvernement multiplie par 4 le prix d’un produit en le taxant, n’ai pas un contrôle des prix. Pour le cas le plus flagrant on peut noter le carburant, le prix est libre, puis taxé par l’état. Le pain ? l’électricité ? l’eau?? les médicaments ??? Je n’ai pas l’impression que le prix de ces biens soit fixé par les gouvernement, taxé ou subventionné nous sommes d’accord.

  26. Wiki

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix
     »
    Dans une économie centralement planifiée, les prix n’ont pas la même importance. L’appareil productif peut s’en passer (au lieu de chercher à maximiser la valeur ajoutée de sa production comme il le ferait dans une économie de marché, un producteur peut se voir attribuer un quota de matières premières et un objectif de production). Quand ils existent (pour des biens de consommation finale, notamment, ainsi que pour des biens importés ou exportés), ils sont fixés autoritairement par les pouvoirs publics à un niveau considéré comme politiquement souhaitable, mais ils ne sont pas directement connectés aux décisions d’allocations des matières premières ou d’objectif de production, qui sont fixés par ailleurs. Il peut en résulter une pénurie (file d’attente et marché noir), si le prix est inférieur à l’utilité pour les consommateurs, ou des excès de production (dans le cas contraire). De plus, il apparait des subventions implicites, pas toujours cohérentes avec les choix officiels de priorité (un bien prioritaire mais moins moins cher à produire que son prix officiel est en fait taxé, alors qu’un bien non prioritaire mais dont le coût excède son prix officiel est subventionné) ni avec les besoins de la population.

    Dans certaines situations (comme dans une économie de guerre), ou dans certains systèmes interventionnistes (économie planifiée), les autorités recourent au « contrôle des prix », ou du moins de certains prix pratiqués sur le marché, ou encore influent sur l’offre (protectionnisme, subvention…) ou la demande (rationnement).
    « 

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