Le travail

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Pourquoi le progrès technologique et l’accroissement global de la richesse des nations qu’il implique condamnent-ils pourtant tout un chacun à travailler toujours davantage ? Sera-ce toujours le cas ?

Il y a deux aspects à cette question : le premier est pourquoi ne travaillons-nous pas moins alors que bien des crises résultent d’une surproduction ? et l’explication ici est politique, et le second aspect est pourquoi ne permettons-nous pas à certains de ne pas travailler ? et la raison ici est socio-psychologique. La première question pourrait être résolue sans que la seconde le soit et inversement.

Commençons par le premier aspect : pourquoi ne travaillons-nous pas moins ? La raison est politique : aucune part de surplus ne peut se dégager qui puisse être utilisée à ce que nous travaillions moins, parce que si elle apparaissait, elle serait immédiatement partagée entre investisseurs et dirigeants d’entreprises. La raison, je l’ai déjà mentionnée : c’est parce que le surplus créé se partage entre les intérêts que touche l’investisseur (le capitaliste) et le profit que touche le dirigeant d’entreprise (le patron). Et, je l’ai montré aussi, c’est le rapport de force entre eux qui va déterminer où vont se situer les taux d’intérêt (le « loyer de l’argent »), et par conséquent aussi, le profit qui n’est que la différence entre le surplus qu’a permis l’utilisation du capital comme avances , et les intérêts. C’est alors le dirigeant d’entreprise qui partage ce profit entre lui et ses employés, selon le rapport de forces qui prévaut cette fois entre eux.

Il n’y a donc pas de place où pourraient se créer les réserves qui permettraient soit que chacun travaille moins, soit que certains n’aient plus même besoin de travailler. Si une réserve de ce type se constituait, elle serait immédiatement partagée entre investisseurs et dirigeants d’entreprise et l’on pourrait dire que c’est exactement ce que l’on constate, car comment expliquer autrement le fait qu’au cours des années récentes, les investisseurs se soient toujours enrichis davantage (considérant un rapport de 15 % annuel comme la norme) et les dirigeants d’entreprise également ? Parce que l’organisation de notre société en investisseurs, dirigeants d’entreprise et employés – où les investisseurs s’affrontent aux patrons, et les patrons aux employés mais sans confrontation entre investisseurs et employés – ne permet pas que se dégagent des réserves qui permettraient à ces derniers de travailler moins voire pas du tout. Tous ceux qui travaillent en entreprise ont eu l’occasion d’entendre leur patron leur expliquer le mal qui est le sien à défendre leurs intérêts contre les exigences des actionnaires. Ces exposés engendrent généralement du scepticisme, voire même des ricanements, or la chose est vraie : les patrons représentent les intérêts des salariés vis–à–vis des capitalistes, leurs salaires dépendent du profit, c’est–à–dire de la part du surplus que le patron sera parvenu à soustraire aux investisseurs et toutes réserves qui auraient pu servir à alléger le travail des employés a préalablement été partagée entre capitalistes et patrons.

La raison pour laquelle nous n’admettons pas que certains ne travaillent pas est que nous sommes prisonniers d’une fuite en avant. Nous inventons de nouvelles choses et nous voulons les posséder. Nous ne choisissons pas de laisser travailler les plus productifs et de permettre aux moins productifs de ne rien faire. Pour cela nous devrions les payer pour ne rien faire, mais à cela nous répugnons parce que les milliers d’années au cours desquelles nous avons travaillé, nous ont inculqué une éthique du travail qui nous incite à croire que ne pas travailler est un péché : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Du coup, si nous payions quelqu’un à ne rien faire, nous aurions le sentiment d’encourager le vice et de décourager la vertu.

Il ne s’agit pas simplement de religion et même ceux pour qui leur travail représente un plaisir et qui ne perdraient rien à ce que d’autres ne travaillent pas ont tendance à penser de cette manière. C’est parce que nous avons intériorisé le travail comme une nécessité à laquelle chacun doit s’astreindre et, si l’on y pense, il vaut mieux pour notre santé mentale qu’il en soit ainsi : s’il en était autrement, le travail serait uniquement vécu comme ce qu’il est souvent : comme un long calvaire. Cette intériorisation a si bien fonctionné que quand nous sommes privés de travail : quand nous sommes au chômage, nous nous sentons diminués socialement, inutiles, un fardeau pour les autres et déprimés. Nous percevrions du coup ceux qui seraient payés à ne rien faire et qui en seraient heureux comme des gens qui s’appliquent d’autres règles que les gens ordinaires, autrement dit, nous les percevrions comme des pervers.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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55 réflexions sur « Le travail »

  1. La condition humaine c’est la pauvreté . Le travail est la manifestation et la conséquence de cette pauvreté , le lien vivant et concret entre nous et le monde, nous et les autres. C’est sans doute une priére et une communion. C’est sans doute ce qui nous donne la paix .

    La soif de richesse , de gloire et de domination prive de cette joie profonde ; à partir du moment où le monde et les autres sont perçus comme des marchandises , la notion de travail perd de son sens comme toutes les autres notions : le langage devient insignifiant, la vie perd son sens, et c’est le malheur qui vient , individuel et collectif ; l’humanité se perd .

    Il n’est que d’observer les efforts que nous déployons pour éviter de travailler. Nous aurions mieux fait de laisser le pétrole sous nos pas. Parce que le travail est comme l’eau et le feu , comme la roche : on ne peut le vaincre.

  2. Sur ce rapport entre banquiers-financiers et entreprises, on a eu un reportage fort intéressant ici sur les cartes de crédits à la consommation. Au Québec, on recevrait en moyenne 2,8 offre de crédit par mois. Même en ces temps de crises, le crédit pleut. On explique qu’un achat avec une carte de crédit (carte de prêt à la consommation à 18% d’intérêt) ici coûte 2% aux détaillants . Les financiers financent à même ces prélèvements dans l’économie leur programme multi-points pour stimuler l’achat avec cartes de crédits. PLusieurs commerçants commencent à se plaindre du procédé. N’ayant pas droit de charger des frais pour la carte de crédit dans leur entente, certains offrent de plus en plus un rabais de 2 % si payé avec carte-débit (bancaire) ou comptant.

    N.B. J’explique pour les Européens: quand on rembourse le solde de sa carte de crédit avant la date d’échéance, il n’y a pas de frais pour le client, bien que le détaillant lui a payé 2%. Le crédit devient à 18 % d’intérêt dès qu’il est ren retard. Évidemment, c’est la tentation de dépenser ce qu’on a pas qu’on traîne dans nos poches. Ici en Amérique sans une carte de crédit, pas de cote de crédit, et donc de réputation de crédit. Difficile d’avoir un prêt ou une hypothèque sans une cote de crédit…

    Pour ceux que le phénomène du crédit à la consommation en Amérique intéresse, ce reportage est à voir
    http://www.radio-canada.ca/emissions/la_facture/2008-2009/

    Il est fabuleux et révélateur qu’aucun organisme bancaire ou de crédit n’a voulu accepter l’invitation des journalistes à venir commenter leur pratique.

    Le pouvoir bancaire ou de l’investisseur est assez fabuleux quand on y pense dans la donne…

  3. @Jonathan Livingston

    En France, des puissances commerciales ont compris l’enseignement nord-Américain, et voici quelques années que tous supermarchés proposent leur carte de paiement, avec possibilité de crédit, dans l’espoir que les consommateurs empiètent sur cette zone.

    La législation Française limite le taux d’intérêt. L’agio bancaire a un maximum, pour ne pas rappeler qu’on pourrait y voir de l’usure. Je ne crois pas que les choses aient législativement plus dégénéré ces dernières années.
    Pourtant, autant en Europe, qu’au Japon où je suis observateur, on nous l’a montré en exemple le modèle économique Étasunien.

    Les comportements des populations ont été en partie façonnés par une Histoire. L’inertie européenne joue favorablement dans ce cas.

    Moins favorablement ? … pour défaire les pensées, par rapport à ce que devrait être l’organisation optimum du potentiel « production humaine » reposant sur l’ensemble des individus.

    Qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit toujours d’un combat d’influence entre les classes, le tout réactualisé, et avec une classe moyenne en appauvrissement constant, mais tout-à fait apte à réfléchir, aussi bien, sinon mieux que l’élite en possession des gouvernes, puisque ne sentant pas la contrainte du formatage : « société à conserver, absolument »

    Jonathan, la classe moyenne nord-américaine ( autour de vous ) peut-elle être plus réactive, à votre avis, pour bouleverser un ordre imposé, mais absurde, se révélant de moins en moins fonctionnel ? Ceci étant la principale révélation de cette crise, pour tous citoyens, y compris les plus dubitatifs.

  4. Je m’étonne en passant, qu’aucune femme ne soit montée au créneau ici pour faire remarquer qu’une femme au foyer ne travaille pas ! ha ha ha !
    S’il était encore nécessaire de le prouver, le travail est donc obligatoirement rémunéré.

  5. Il est convenu que le bonheur de l’espèce humaine se mesure essentiellement à l’aune du PIB per capita. Le champ de l’économie politique (la création et la répartition des richesses) est ainsi promu au rang de préoccupation première. Et la dépense de consommation est supposée étalonner la satisfaction du pékin. Quiconque bouffe 400 kg de hamburgers par an au volant de l’une de ses trois bagnoles est donc plus heureux que celui qui picore 100g de riz par jour devant son pousse-pousse. Celui-ci rêve légitimement d’une tranche de rosbif et d’un moteur à explosion ; celui-là attend la pilule miracle qui vaincra son obésité.
    Autant dire que pour la répartition des richesses, il y a encore du pain sur la planche…
    Quant à la production de ces mêmes richesses, les capitalistes ont assimilé la thèse marxienne des rendements décroissants. Pour produire davantage, il faut davantage de capital, et l’accumulation de capital entraîne la baisse du taux de profit. En foi de quoi, sur le dernier quart de siècle (environ), on a substitué l’emprunt au capital des entreprises. L’effet de levier a ainsi dopé le rendement des capitaux investis, ainsi que la rémunération des managers, merci pour eux, et ce de façon extravagante. Au prix d’un accroissement fantastique de la prise de risque, et d’un écrasement tendanciel des salaires. Comme l’observe Paul, il faut méchamment faire suer le burnous pour obtenir un retour régulier sur le capital de 15%, quel que soit le secteur d’activité (la métallurgie, les services financiers, les high tech ou le nougat de Montélimar). Devraient donc logiquement se multiplier les faillites d’entreprises et le servage salarial (jusqu’à l’avènement des « appels du pied extra-parlementaires » induits par la thèse jorionienne ).
    Voilà : les hommes s’épuisent de plus en plus à produire de plus en plus de biens, inaccessibles à la plupart d’entre eux, et superflus pour ceux qui peuvent les acquérir (à crédit…). Pour cela, ils épuisent les ressources de la planète, et les producteurs, associés aux banquiers, siphonnent l’épargne financière de ceux qui ont trimé pour l’accumuler. Il doit y avoir un bug quelque part…
    Peut-être que les prémisses (consommation = nirvana) sont suspectes…

  6. @ Fab

    Tu écris : « Sincèrement, je ne comprends pas votre [ celle de Paul] obstination à ne voir le monde que sous l’éclairage économique. »

    Je le pense à moitié car Paul écrit dans son billet :
    « La raison pour laquelle nous n’admettons pas que certains ne travaillent pas est que nous sommes prisonniers d’une fuite en avant. Nous inventons de nouvelles choses et nous voulons les posséder. »

    Le thème de la consommation affleure à peine et aurait mérité que Paul s’y attardât plus longtemps. Penser le travail est inséparable d’une réflexion sur la société de consommation et sur le positivisme qui l’accompagne. Je pense que Paul est d’accord sur le premier point. Toutefois, et là nos avis se rejoignent, concevoir une autre société passe nécessairement par une réflexion limitant le rôle de l’économie.

    L’alternative est la suivante : soit on change de société, soit on garde la même mais il n’existe pas de milieu et toute autre solution ne serait que du replâtrage.

  7. Venant tard à ce billet, j’aimerais répondre à plusieurs ce qui n’est guère possible.

    Je crois que l’éthymologie du mot travail est: tripalium, ce qui veut dire instrument de torture. Tout est expliqué dans la racine de ce mot!

    Quelqu’un à encore évoqué que c’est le temps qui demeure la dimension essentielle du travail, ce qui est absolument vrai, au point qu’il y a bien une « unité » (d’ailleurs à plusieurs dimensions) temps-travail. C’est le principal moteur du progrès technologique et technique. Mais malgré le progrès technique faramineux, nos mentalités n’ont presque pas changées. Avec leur « boulet au pied » nos mentalités demeurent dans un archaïsme assez stupéfiant, même quand on est « hyper cultivés ».

    Exemple: il y a quarante ans, M. et Mme Dupont, qui ont 4 enfants, achètent une machine à laver. Ainsi Mme Dupont voit sa « journée » hebdomadaire de corvée de lavage du linge familial raccourcie, passant de 9 ou 10 heures à même pas 2 heures par semaine. Madame Dupont, qui aime la musique, est ravie, elle peut passer ainsi une journée agréable et créative pour elle, étant libérée de cette corvée du linge. Vraiment, vive le progrès! Mais M. Dupont se creuse la cervelle pour trouver des « corvées de remlacement » à son épouse, car il supporte très mal de la voir aller à une chorale le jeudi (ancien jour de lessive) et certains autres jeudis aller en sorties de visites organisées sur des thèmes musicaux par une association de musique que M. Dupont considère personnellement comme « sa » rivale auprès de Mme Dupont… Voilà donc un shéma du fonctionnement de notre société…

    Enfin: « tu gagneras ta vie à la sueur de ton front » nous colle à la peau à tel point qu’il est inimaginable pour nous que le progrès matériel puisse nous libérer de quoique ce soit. Car sur le front du travail tout comme sur le front de l’argent, tout le monde se renvoie les « chagrins » et les « pleurs », et les mouchoirs, pour essuyer la sueur et les larmes. Imbéciles que nous sommes.

    Les profits générés par les machines vont dans les poches déjà pleines des propriétaires des machines gorgés et repus d’argent. La redistribution pour les chômeurs est simplement un casse-tête fallacieux et entretenu qui sert à maintenir le spectre de la peur et ainsi, nous rampons. Vouloir résoudre le problème du chômage par l’ « emploi », le sacro-saint emploi, est une chimère. Une – vraie – chimère qui n’est pas sortie du XIXème siècle. Car pourquoi cherche-t-on à travailler si ce n’est pour avoir un revenu?? C’est donc de – revenus – dont il s’agit, et non pas d’emplois! Confusion fatale! Et il est pénible d’entendre doctement exprimé la nécéssité de l’emploi par des cervelles qui sortent des grandes écoles…

    Je le répète de façon volontairemment provoquante: le chômage doit être le but à atteindre par l’affranchissement du travail, et d’abord le travail quantitatif d’exécution qui n’est plus du tout d’actualité. Les revenus produits par les machines ayant remplacé les travailleurs comme les tehniciens qui étaient payés et ne le sont plus (pourquoi?) (1) peuvent servir à leur subsistance, car les propriétaires des machines s’enrichissent de toute façons, chômage ou pas. Les revenus obtenus grâce à l’automatisation des machines contribueraient comme jamais à la consolidation de la solvabilité de tous. Les gains de productivité sont tellement supérieurs, qu’ayant complètement marginalisé le problème du chômage, il y a largement de quoi payer ceux qui, d’ailleurs, ont contribués à l’élaboration de la génération industrielle qui les a remplacé. Quel remerciement! Vous avez contribué à l’automatisation, maintenant qu’on a cette automatisation vous êtes virés!

    La mondialisation est venue embrouiller à souhait l’écheveau des problèmes aigus (pourquoi aigus?) du travail dans le monde. Mais la mondialisation étant devenue circumplanétaire, les horizons sont bouchés. Il est plus que grand temps de s’occuper de répandre le progrès « à l’arrière » des fronts de la competitivité « mondialiste » délétère qui, d’ailleurs s’effondre maintenant sous nos yeux. L’ « arrière », c’est à dire les nations elles-mêmes qui sont ravagées, ou sur le point de l’être.

    Pourquoi donc alors les inventions successives créent-elles le progrès? Le progrès aiguillé par la compétition et le lucre il est vrai, mais ce qui compte, c’est ce que nous faisons du progrès. Or on voit bien que celui-ci, pour l’essentiel, est complètement confisqué par la puissance financière qui en détient, en premier et en dernier lieu, les clés. Il y aura les sacro-saints crédits ou pas… Non seulement la puissance financière détient les clés du progrès, mais elle en interdit l’accès, ou seulement sous son strict contrôle… Jusqu’au progrès des armements si les « contradictions », induites par le sytème financier, s’avèrent « insolubles »… Pas d’argent en temps de paix, mais flot ininterrompu d’argent pour financer les guerres. Mystère insondable!!

    D’innombrables propos sur le travail constituent un bêtisier de choix. Tout le monde sait (en principe) que quelqu’un qui fait ce qui l’intéresse et le motive est bien plus créatif que n’importe qui. Tous ceux qui créent quelque chose reconnaissent qu’ils ne comptent même pas leurs heures. Leur occupation leur suffit amplement, certains ne changeraient pas pour un empire. Mais bien entendu je ne parle là que d’une minorité. C’est surtout pour souligner que ceux qui parviennent à se hisser dans une activité qui apporte du sens à leur vie, ont des chances, non négligeables, de « changer » de vie. Ce qui est la Vie tout court.

    L’on se rend bien compte aujourd’hui qu’il ne restent que quelques gros, très gros vérrous à faire sauter coûte que coûte. Ce sont des vérrous particulièrement bien gardés par des forces capables de faire sauter la planète pour ne pas lâcher prise, ne pas lâcher leur emprise sur le monde entier. Les plus grands espoirs et les plus grands expoirs sont permis dorénavant. Car il n’y a aucune raison valable pour ne pas mettre le progrès matériel à la tête de nos préoccupations et projets. L’idée de progrès, cette fois doit intégrer le progrès dans l’environnement et l’écosystème, c’est cette intégration obigatoire, fut-ce au pris de reculades technologiques qui se révèleront vite n’être qu’apparentes au vu de leur bienfaits « obligatoires » par leur nature même.

    Or, je le dit en résumé, mais c’est exactement la marche à suivre: nous avons entrepris le progrès aiguillonnés par la contreinte écrasante du travail (ce fut le sort historique de 90% des humains) et ce progrès est pour nous libérer des corvées et du travail quantitatif et stérile – et non pas, en remplacement, pour s’endetter à vie – comme tant d’entre nous. Le progrès est le vainqueur obsolu du travail et accompli progressivement notre idéal qui est de ne pas travailler, d’avoir des revenus et trouver un sens accru à la vie ce que permet le progrès. Le progrès doit nous permettre d’avoir les revenus créés par les machines qui ont remplacé les ouvriers. Car comme le progrès industriel se génère d’une génération insudtrielle à la suivante, tous ceux qui ont contribué à l’élaboration du progrès technique permettant l’automatisation remplaçant les ouvriers et la pénibilité de leurs travail doivent reccueillir les fruits de leurs travail, tout simplement.

    (1) Pourtant ils ont contribué à l’élaboration de l’augmentation extraordinaire de la productivité et ses gains

  8. 1- le travail, c’est la nécessité liée à la condition mortelle de l’homme. La reproduction du travail est la réponse au carctère fragile du vivant. Je crois que c’est Arendt qui disait que Locke était parvenu à confondre travail et oeuvre et quand on parle de travail aujourd’hui, on se réfère encore à ce sens de réalisation et d’accomplissement par lequel on s’affranchit de la nécessité.

    2-le travail est inséparable de la technique et des sciences. Depuis l’OST, le travail est l’objet d’une rationalisation scientifique dont la finalité est la maximisation de son efficience. Ce qui est acquis par l’accumulation de biens, on le perd par l’émiettement du travail : on ne sait pas qui fait quoi, dans quel buts …

    3-la religion selon Durkheim est la totalité du social hypostasiée. La monnaie et le travail s’inscrivent dans ce cadre et c’est certainement la raison pour laquelle le travail est si valorisé.

    4- la valorisation du travail implique la marchandisation des rapports sociaux car seul l’activité marchande est considérée comme travail. Tout ce qui relève du don ou qui s’incrit hors du cadre marchand tend à être englobé par l’économie.

    5- travail et double langage : le travail doit être la condition de l’autonomie et la source d’un progrès pour la collectivité. Or, le travail n’assure en rien l’accès à des moyens de vies conformes à des standards qui n’ont de cesse de s’élargir.

  9. @Rumbo: « Le progrès doit nous permettre d’avoir les revenus créés par les machines qui ont remplacé les ouvriers.  »

    Le problème est politique. A l’époque de Pericles, seuls les hommes libres étaient des citoyens et cela est logique car seul un homme libre peut être un vrai citoyen. Qu’est-ce qu’un homme libre? C’est un homme qui ne travaille pas. A cette époque, l’esclavage permettait ainsi la démocratie. A la révolution française, lorsque la démocratie revint au premier plan, on en vint ainsi à n’accorder le statut de citoyen qu’à ceux ayant certains revenus de rente. Car seul un homme libre peut être citoyen et un homme libre ne travaille pas. Tout cela est logique. Puis les travailleurs exigèrent que l’on réduise leur temps de travail. On le leur accorda après moultes luttes et à très grand regret car ce temps libre offert aux travailleurs les rendit un peu plus citoyens. Les travailleurs exigèrent alors le droit de vote, car ils pensaient de plus en plus en citoyens, en hommes libres. On dut aussi le leur accorder à grand regret. M

    on accorda le droit de vote aux travailleurs, mais cela n’en fit pas des citoyens quoi qu’on en dise, juste des machines à voter à durée déterminée, car pour être citoyen il faut du temps libre. Puis le temps libre des travailleurs augmentant, ceux-ci devinrent de plus en plus des citoyens. Mais le pouvoir en place n’a pas aimé cela alors il fallut augmenter

  10. Oups, je continue…

    Mais le pouvoir en place n’a pas aimé cela alors il fallut augmenter le temps de travail d’une manière ou l’autre. Et on inventa le désir de consommation effrené et la baisse du pouvoir d’achat et la télévision. Et voilà le travailleur demandant du « travailler plus pour gagner plus ». Et pour ceux qui restaient au chômage, on les détourna autant que possible de la citoyenneté. On en fit des chercheurs d’emploi pour éliminer leur temps libre.

    L’ennemi du pouvoir c’est le temps libre du peuple car alors il cesse d’être esclave et fait de la politique.

  11. Peut-être que le débat gagnerait en clarté en distinguant :

    – travail concret : celui que les humains réalisent quand ils transforment la matière ou qu’ils créent de nouveaux outils conceptuels… il a la double propriété de donner satisfaction quasi immédiate au producteur et reconnaissance de soi tout en créant une valeur d’usage ;

    – travail abstrait : celui qui est payé dans le cadre des rapports sociaux capitalistes, soumis à l’exploitation de la survaleur, exploitation croissante sous la pression de la baisse tendancielle du taux de profit due à l’accumulation du capital productif (cristallisation du travail vivant dans le travail mort que représentent les machines). Ne se valorise que dans l’échange de la marchandise contre de l’argent, en dehors de toute reconnaissance du salarié.

    Ce travail abstrait est abstrait parce qu’il perd toutes ses qualités autres que celle d’avoir un prix, fonction du temps, il est ainsi de plus en plus homogène et moyen pour tous les salariés, indépendamment des qualités mises en œuvre par le salarié : seul compte sa durée définie dans le contrat (léonin) salarial.

    Bien entendu le capitaliste qui achète la force de travail (abstrait) a intérêt à ce que la durée du travail soit la plus longue possible, la plus intense et la plus qualifiée possible, puisqu’il va la payer au temps et au prix moyen !

    S’il trouve moins cher ailleurs, c’est mieux encore : « remplacer un Yankee par trois Chinois » (Le Capital, Marx, 1867)

    N’est-ce pas que cela éclaire le débat ?

  12. @ Moi :
    « L’ennemi du pouvoir c’est le temps libre du peuple car alors il cesse d’être esclave et fait de la politique. »

    On peut aussi considérer que le premier acte politique de votre vie était le moment où vous avez dû négocier votre salaire devant votre DRH. Tandis que votre liberté réelle ne s’apparente qu’au temps libre qu’il deigne vous octroyer.

    Comme Rumbo, je considère que l’objet d’une société technicienne est de supprimer le travail humain. Le progrès dans la bouche du politique est d’alors de faire croire que les boulots supprimés dans tel ou tel secteurs trouveront autant d’équivalent en nombre d’emploi dans le secteur des nouvelles technologies, biotech, du droits des affaires, du management et autre. Pour un politique : Progrès = Nouveaux emplois. Dans la réalité : Progrès = Suppression méthodique des tâches dédiées aux humains afin d’augmenter le profit.

  13. Je rajoute à ce qu’expliquent Rumbo et Bertrand

    La société crée en permanence de nouveaux besoins … la première des choses à faire pour sauver la planète serait d’interdire la publicité.

  14. J’approuve Bertrand et je rectifie sa pensée : l’objet d’une société technicienne n’est pas de supprimer le travail humain mais de le rendre superflu et il y a là une contradiction avec la logique de la dynamique de la marchandisation dans le cadre de la globalisation.
    D’une part, on crée de nouveaux besoins et de nouvelles frustrations, d’autre part, le développement technologique et la division internationale du travail suppriment de fait des emplois alors que la place du travail est sur-valorisée.

  15. @JeanNimes: pour un grec ancien, tout travail concret ou abstrait serait dégradant. Je cite Wikipédia: « Les Grecs distinguent deux grands groupes de tâches, l’une désignée par le terme ponos qui regroupe les activités pénibles exigeant un effort et un contact avec la matière considérées comme dégradantes. Les autres, identifiées comme ergon (œuvre), sont associées à des arts, tous particuliers, ne pouvant faire l’objet d’une commune mesure : le travail. L’idéal grec se trouve au contraire dans le digne loisir qui permet l’entretien du corps (gymnastique) et de l’esprit (science comme contemplation du vrai), et surtout la participation aux affaires de la Cité. »

    @Bertrand: « On peut aussi considérer que le premier acte politique de votre vie était le moment où vous avez dû négocier votre salaire devant votre DRH. »

    Non, la négociation de mon salaire avec un DRH n’est pas un acte politique, c’est un acte commercial. Il n’impliquait pas la Cité mais seulement ma personne. Par contre, lorsque les syndicats négocient les salaires avec le patronat, c’est un acte politique.

    @Stilgar: tout à fait, la suppression de la publicité serait un très bon début.

  16. @Moi :
    Lorsque vous signez un « contrat commercial » avec votre DRH, ce contrat est borné par le droit. Un patron a toujours besoin du législateur pour définir le temps de travail auquel vous êtes astreint. Le droit n’est pas forcément là pour vous « défendre », il précède le marché. Lorsque vous étiez étudiant, un diplôme d’Etat en poche, le législateur vous a autorisé à le présenter à un DRH parce que ce diplôme est légal, c’est déjà de la politique. A tel point que le politique lorsqu’il s’attache à prévoir les niches d’emplois à venir, promulgue de nouveaux « diplômes ». On voit là d’ailleurs tout son intérêt utilitariste : garantir la croissance par l’emploi et trouver une utilité à ses administrés. Lorsque vous allez travailler, la boucle est bouclée : le produit de votre travail s’inscrit dans l’intérêt utilitariste des politiciens (actuels et de ceux qui les ont précédé) et du capital, pour votre « bien ».

  17. Le beau-fils de Marx a écrit un truc très bien là-dessus – Le droit à la paresse –

    La société salariale, puis la société salariale de consommation, et maintenant la « société salariale de précarisation du pouvoir d’achat » satisfont égalitairement au plaisir de domination de l’autre : chacun en effet y trouve l’occasion d’assouvir son ressentiment à être dominé en dominant l’échelon du dessous. Au-delà de la production, la subordination est la fonction latente du travail. Ce sont des choses qui ne se disent pas, mais souvent les employé(e)s des services sociaux en tout genre « tournent à l’aigre », et tant pis pour ceux et celles qui devront ramper pour leurs bonnes grâces …

    Abandonner la société du travail et la remplacer par une société de « l’ouvrage » et de « l’action » serait, pour chacun, l’épreuve consistant à se grandir par soi-même et non en exerçant « le pouvoir sur l’autre ». Bien évidemment, les chefs de la gauche et des syndicats, ne revendiqueront pas « le pouvoir sur soi pour tous » et dériveront les énergies vers le « pouvoir d’achat ».

    Dans une société sado-maso, se respecter est une perversité.

    L’échec des SEL en Belgique, conduit au système des titres services, lesquels, limités au repassage et au nettoyage pour des particuliers, produisent des services équivalents, mais avec comme valeur ajoutée l’instauration d’une chaîne de commandement parasitaire. Comme l’indique le dernier rapport de la Cour des Comptes , les sociétés de titres services ne créent pas les emplois stables espérés, c’est parfaitement logique, elles vivent de la gestion de la précarité ! Budget annuel des titres services: un milliard d’ Euro.

  18. Je suis étonné que personne n’ait mentionné le dernier livre de JM Jancovici : « C’est maintenant ! ». Je lis ce blog depuis quelques mois déjà et n’interviens pas car mes compétences en matière d’économie et de finance sont plus que rudimentaires. Cependant, j’aime suivre ces discussions car Paul Jorion, et d’autres contributeurs, parlent du coeur du système, et placent l’humanité et la planète au centre de leurs reflexion. Jancovici dirait qu’ils ont compris que ce qui est vraiment important ce sont « le bois et le poisson » (l’homme et les ressources naturelles), et non les coquillages (argent, monnaie d’échange).
    Je me permets de citer quelques passages de ce livre, par ailleurs contestable sur bien des points, en particulier un soutien sans faille au capitalisme et aux grands partis, et à son désintérêt pour la justice sociale.
    Jancovici :
    « L’argent ne se mange pas. Ce dont notre survie dépend de manière cruciale, ce ne sont donc pas des revenus monétaires, mais de ressources naturelles, et plus globalement des services écologiques rendus par la nature. »
    « Vous croyez acheter un poisson ? Illusion d’optique ! Vous payez en fait le salaire du pécheur, celui du charpentier qui a construit le bateau, ainsi que celui du banquier qui a prêté de l’argent au pécheur pour qu’il achète son bateau. Tout ce beau monde ne fait que profiter d’un poisson qui est apparu tout seul dans l’océan sans que personne y soit pour quoi que ce soit. L’économie ne consiste qu’à acheter des heures de travail et des rentes à des gens qui ont transformé des ressources naturelles ou qui se trouvent en être les propriétaires du moment, mais qui ne les ont pas créées. En vérité ces ressources sont gratuites pour tout le monde. Leur prix n’est que le salaire de leur extraction, ou du consentement à s’en défaire quand l’Histoire a fait de vous leur propriétaire. »
    Un peu plus loin, toujours sur le travail :
    « Et, plus sage que sage notre énarque indique au roi que au moment où il y a suffisamment de gens pour construire les pirogues et nourrir tous le monde, il est bon de s’en tenir là en ce qui concerne les prélèvements sur la nature, et que le reste du temps doit être occupé à faire des choses qui n’impliquent pas de prédation. »

    Alors, pour compléter la réponse de Paul Jorion à sa question initiale
    « Pourquoi le progrès technologique et l’accroissement global de la richesse des nations qu’il implique condamnent-ils pourtant tout un chacun à travailler toujours davantage ? Sera-ce toujours le cas ? »
    il me semble que la réponse tient essentiellement dans le fait que nous confondons le « bois » et les « coquillages ».

  19. @Bertrand: je suis d’accord avec ce que vous dites mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Ce n’est pas parce que le cadre est politique que ce qui se situe dans ce cadre l’est aussi. Exemple: le cadre légal du mariage est politique mais je ne vois pas en quoi le fait que je souhaite me marier avec telle femme est politique. C’est privé.

  20. Merci Lemar de parler du dernier bouquin de Jancovici, je finis de le lire…
    Il ne serait pas inutile non plus de lire son précédent « Le plein SVP » édité en 2006 ou bien d’aller suivre l’une de ses conférences, ici par exemple chez SPIE :
    http://storage02.brainsonic.com/customers2/entrecom/20080227_Spie/session_1_fr_new/files/index.html
    ou l’ensemble de ses cours (16 h) donnés à l’école des Mines :
    http://www.ensmp.fr/ingenieurcivil/SitesIC/Balado/Climat_som.html

    On peut ensuite critiquer bien des points de son discours et de ses idées (sur le nucléaire entre autres…), mais il est salutaire de prendre conscience de notre dépendance aux énergies fossiles et accessoirement au mythe de la croissance en terme d’exploitation des matières premières non renouvelables, fossiles et minérales ou même renouvelables (à l’échelle humaine) comme le sont les poissons et les forêts par exemple.

    C’est bien grâce à une énergie abondante et gratuite (comme Janco le dit, personne ne paye le prix du litre de pétrole détruit, mais le travail qui va autour pour finir dans notre réservoir), que notre travail pénible a diminué, que nous pouvons produire des tas de trucs en quantité industrielle, que nous pouvons délocaliser nos logements (à 20, 50 100 ou 200 km de son travail), délocaliser nos loisirs et même la fabrication de nos bidules à l’autre bout de la planète…
    Dès lors, une stagnation dans la « production » journalière de pétrole (85 millions b/j) entraîne une augmentation de son prix de vente (à 147$ en juillet 2008). On peut ainsi se demander si ce poids financier (rappelez vous les réactions des marins pêcheurs ou des infirmières l’année dernière…), n’est pas pour qq chose dans la Crise actuelle…

  21. Lemar dit :
    5 février 2009 à 12:44

    «  »Alors, pour compléter la réponse de Paul Jorion à sa question initiale
    « Pourquoi le progrès technologique et l’accroissement global de la richesse des nations qu’il implique condamnent-ils pourtant tout un chacun à travailler toujours davantage ? Sera-ce toujours le cas ? »
    il me semble que la réponse tient essentiellement dans le fait que nous confondons le « bois » et les « coquillages » »

    –>Mais la réponse est surtout la pratique de l’intérêt, en plus, qui confine à l’usure. L’accumulation des intérêts, plus d’innombrables frais financiers se retrouvent dans les prix. Et je ne parle pas des indidents de remboursement, mêmes rattrapés (et qui seront de moins en moins rattrappés!) à cause du phénomène usuraire qui en découle, que doivent payer tous les acteurs économiques qui remboursent (de plus en plus éternellement) leur dettes

    Ceci est un phénomène financier majeur gravissime, et même létal, qui sape et dissout progressivement les sociétés rendues prisonnières, et même prisonnières définitives, sans qu’on le leur annonce… Il est inutile de « réformer » le système financier si nous sommes obligés, d’une manière ou d’une autre, de continuer à passer par le crédit et les dettes. Les dettes doivent être suprimées, car tout le potentiel productif existe bel et bien, il fonctionne, les compétences sont bonnes en général, les solutions existent pour se dégager tout de suite de la dette, qui est une dette fantoche, un spectre totalement artificiel pour susciter notre crainte et notre peur. Les dettes à intérêts sont inutiles, sauf à emprunter de l’argent déjà épargné. Car l’important, c’est que nous avons le – bois- et les – poissons -. C’est la possibilité de produire, et nous l’avons, et nous sommes avertis, sans appel, que notre environnement avec lequel nous sommes intimement mariés devra dorénavant intégrer que le – vrai – progrès, qui est celui s’intégre sans dommages à l’environnement et à l’écosystème.

    À quoi servait donc le Jubilé, tous les cinquante ans, dans l’ancienne Tradition hébraïque, où l’on procédait à l’annulation des dettes? Pourquoi ne pas s’en inspirer? Car nous vivons une véritable régréssion!

    Il y a beaucoup de choses sur ce blog et l’on ne peut que s’en réjouïr et complimenter ceux grâce auxquels ces échanges se font. Ceci dit, le système financier actuel qui, même sans aller chercher midi à quatorze heures, a démontré et surdémontre qu’il est le creuset de zones d’ombre, induisant toutes les attitudes, ruses, pièges, voire coupe-gorges pour détrousser le maximum de monde, une masse amorphe, dont je fais partie, qui paraît désemparée à l’idée qu’il faille renverser le moloch (ou le molosse, comme on voudra).

    La sentence d’aujourd’hui c’est: je possède, donc je détermine et je domine. Alors que la sentence véritable est: je produis, donc j’ai. Autrement il faut « expliquer » le sens du travail… Je crois de plus en plus que la majorité des « démocrates » marchent à côté de leurs chaussures, et nous avec… par mimétisme débile…

  22. @ Rumbo,

    Je suis totalement d’accord avec votre conclusion. Le problème vient du mimétisme, que j’appelle accoutumance. A priori, sauf cataclysme, c’est mission impossible pour faire apercevoir un bout de réalité à tous les drogués. Même chose pour la dette : nous sommes capables d’assimiler que la dette des pays en voie de développement est un bel outil pour les maintenir à leur place et les exploiter, mais quand cette dette nous concerne…plus rien ! Mais il est tellement vrai que dans ce merveilleux monde économique la dette crée la consommation…et toute la belle logique économique de notre société ! Et c’est là où je suis un peu moins d’accord : certes la dette est « un spectre totalement artificiel pour susciter notre crainte et notre peur », mais l’édifice de la fiction économique est fragile. Supprimez la dette et l’édifice s’écroule…chose qui ne serait pas pour me déplaire, mais j’aurais préféré que les cerveaux (endoctrinés par l’économie) se concentrent sur les solutions à envisager en cas d’effondrement…

    Courage !

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