La situation s’améliore aux États–Unis !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Vous avez dû le voir : la nouvelle est partout, la situation s’améliore dans l’immobilier résidentiel américain – qui est à l’origine de la crise, je vous le rappelle. La vente de nouvelles maisons individuelles a augmenté de 4,7 % en février par rapport à janvier ! La reprise est très clairement visible sur le graphique.

© Thoughts from the Frontline Weekly Newsletter

Ah non, je n’ai pas de loupe. Petite remarque en passant, les 4,7 %, c’est sans tenir compte des ajustements saisonniers. Si on tient compte de la saisonnalité – comme on avait l’habitude de le faire jusqu’ici – le chiffre est moins bon : – 2,9 %.

Mais la bourse ! Vous avez vu la bourse ! Et on n’a encore rien vu : quand la « cote-au-marché » (mark-to-market) sera relâchée (au premier trimestre, à titre rétroactif : il y a urgence) le 1er avril, alors que le FASB (Financial Accounting Standards Board) ne statue officiellement sur la question que le lendemain (1), et que les entreprises pourront mentionner à nouveau des chiffres plus raisonnables que ceux que détermine le marché, l’économie va faire un de ces bonds !

–––––––––––––––––––––––––
(1) A noter que l’organisme international correspondant au FASB : l’International Financial Reporting Standards est furieux. Il rappelle dans un communiqué que le G20 a recommandé que de telles mesures ne soient prises que dans la concertation.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

41 réflexions sur « La situation s’améliore aux États–Unis ! »

  1. On peut lire en introduction à l’article de Galbraith traduit sur Contrinfo, la petite phrase suivante et sur laquelle parait reposer tous les espoirs:
    « Reste la question du financement. Pour lui, le rôle central des USA dans les relations internationales devrait leur assurer le soutien de l’étranger et leur permettre de lever les fonds requis. »

    Une nouvelle galéjade typique d’un ethnocentrisme US mais que ne partage peut-être pas tout le monde ?
    Que ce soit la Chine suite à la polémique sur le $ et dans le camp occidental-même l’Allemagne, la France et plus largement l’UE peu enthousiastes à partager l’effort d’un plan de relance face à une crise dont les USA sont jugés seuls responsables, etc etc…

    Il est bien sympathique Jimmy K. mais il semble manquer singulièrement de sens politique, voire de réalisme ! Encore un de perdu pour Obama…
    Pour tout dire, je trouve Galbaraith tout bonnement hallucinant d’aveuglement, de décalage et d’ignorance de l’état d’esprit du Reste Du Monde. (sans parler des « restes du monde »)

  2. @Champignac
    Cher Pacôme, je vous prise ne confondez pas Champignac avec Champagnac, surtout en pleine crise de désespoir (l’humour en est la politesse n’est-il pas ?): cela vous fera le même effet qu’un verre de vin sur une fricassée de coprins noir d’encre…
    @beaucoup
    A propos de désespoir je ne comprends pas celui de bon nombre d’entre vous. Quoi, vous imaginiez que les maîtres du monde allaient abandonner leurs positions sans combattre? mNon, ils vont utiliser leurs armes (de destruction massive de la lucidité humaine). Casser le thermomètre quand la fièvre monte n’est encore qu’une parade assez bénigne. Craignez la colère de dieux de la finance : leur mépris du vulgus nous réserve encore bien des surprises…

  3. Blob,
    « Mot de la fin

    La manipulation financière fait partie intégrante du nouvel ordre mondial : elle constitue un puissant moyen d’accumuler de la richesse. Dans le cadre des ententes politiques actuelles, les responsables de la politique monétaire servent tout à fait délibérément les intérêts des financiers au détriment des travailleurs, entraînant un bouleversement économique, du chômage et la pauvreté généralisée.

    Cet article se concentre sur la façon dont la manipulation financière a servi à faire éclater la structure des dépenses publiques des États-Unis.

    De manière plus générale, la restructuration des institutions et des marchés financiers mondiaux (combinée au pillage d’économies nationales) a permis l’accumulation de richesses personnelles immenses, dont une partie a été amassée grâce à des transactions strictement spéculatives.

    Cette fuite critique de milliards de dollars émanant de l’épargne des particuliers et des recettes fiscales étatiques paralyse le rôle de l’État en ce qui a trait aux dépenses et incite à l’accumulation d’une dette publique qui ne peut plus être financée par l’émission d’instruments de créance libellés en dollars américains.

    Nous assistons au transfert frauduleux et à la confiscation de fonds de pension et d’économies de toute une vie, à l’appropriation frauduleuse des recettes fiscales pour financer les sauvetages bancaires, etc. Afin de comprendre ce qui s’est passé, il faut suivre la trace de l’argent transféré électroniquement pour découvrir où il est allé. C’est la criminalisation du système financier qui est en jeu : l’« escroquerie financière » d’une ampleur inouïe.

    Le système monétaire, intégré au processus budgétaire de l’État, a été déstabilisé et la relation fondamentale entre le système monétaire et l’économie réelle est en crise.

    La création monétaire « à partir du vide » menace la valeur du dollar américain en tant que monnaie internationale. De même, le financement d’un déficit budgétaire colossal par le biais de créances libellées en dollars américains est compromis en raison des taux d’intérêts extrêmement bas. Aussi, l’épargne des ménages est minée par les taux d’intérêts près de zéro.

    Il est question dans cet article d’un aspect fondamental d’un processus de débâcle financière mondiale qui évolue.

    Le Système international de paiements interbancaire est en crise et les perspectives économiques sont terrifiantes. Aux États-Unis, au Canada et au sein de l’Union européenne, des faillites se déclarent à un rythme alarmant. Les nivaux nationaux d’exportation ont chuté et atrophié le commerce international et des rapports des économies asiatiques indiquent une hausse massive du chômage. En Chine, dans le bassin de la rivière des Perles dans le sud de la province du Guangdong, où l’économie repose sur l’exportation industrielle de produits usinés, quelque 700 000 travailleurs ont été mis à pieds en janvier (China Morning Post, 6 février 2009) ; au Japon, la production industrielle a chuté de plus de 20 % depuis décembre ; dans les Philippines un pays de 90 millions d’habitants, les exportations ont dégringolé de plus 40 % en décembre.  »
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12865

  4. >Coca

    Je ne vois absolument pas où vous voulez en venir: il me semble que beaucoup de gens ici constatent ce transfert, sans doute frauduleux vers les très riches. Et? Quel est le rapport avec le pipo monumental de la soit disante reprise américaine?

  5. Sur le fond :

    – bah les chiffres de février sont revenus au niveau de novembre et janvier a été particulièrement mauvais… Donc aucun rebond.

    – Je suis sûr que dans ces ventes (et pour tous les mois de vente) il y a beaucoup de spec houses vendus à des prêtes nom (émanation des promoteurs)…

  6. Blob,
    Je vais être plus précis: La manipulation financière suppose la manipulation des chiffres et donc celle des opinions.
    Chacun peut constater un virage de 180° entre le sens de votre commentaire du 29 mars à 15h45 qui
    appuyait l’affirmation de ce post au sujet de l’amélioration de la situation aux Etats-unis et celui de votre commentaire du 30 mars à 9h29 qui reconnaît le «pipo monumental de la soit disante reprise américaine ».
    Alors, soit vous avez des avis contraires suivant la parité des jours, soit vous êtes ironique (comme ThierryDorée 30 mars à 4h38) une fois sur deux.

Les commentaires sont fermés.