Rions un peu – Les banquiers (III)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand on prit la mesure de l’ampleur de la crise, la première réaction du public fut que si certains avaient triché il convenait de les punir de manière exemplaire. Il s’agissait là de ce qu’on appelle pudiquement, une « réaction épidermique ».

Il y avait mieux à faire. Les experts se mirent au travail et découvrirent en un rien de temps que pour relancer les affaires, il fallait recourir à une autre méthode, « non-conventionnelle » selon l’expression consacrée, mais plus efficace, consistant à récompenser au contraire les coupables. Alors que les banquiers avaient dû puiser dans leur propre caisse jusque-là pour se récompenser de leurs exploits et que celles-ci étaient dorénavant vides, ce serait le contribuable qui prendrait le relai et les récompenserait à ses propres frais. On appela ces mesures en Amérique, les Plans Paulson et Geithner.

La finance reprit quelques couleurs et du coup, l’économie, qui lui est – comme chacun s’en est maintenant convaincu – tant redevable. Mais il fallait encore parfaire la stratégie.

Les tricheries des financiers avaient donc engendré la crise et il fallait réparer cet aspect-là aussi. Cette fois encore ce serait une approche « non-conventionnelle » qui primerait : on examinerait les comportements qui étaient apparus comme autant de tricheries et on les légaliserait.

C’est le House Financial Services Committee américain, que Willem Buiter, Professeur à la London School of Economics et éditorialiste au Financial Times, qualifie de « filiale à part entière de l’American Bankers Association », qui s’occuperait de la chose. Le HFSC intimida le Financial Accounting Standards Board (FASB) lors de sa séance du 12 mars, le menaçant de représailles de la part du Congrès américain s’il ne s’exécutait pas. Le résultat ne se fit pas attendre : le FASB réécrivit les règles comptables de manière à ce que les banques puissent désormais assigner aux produits financiers des valeurs plus « raisonnables » ou plus « réalistes » que les prix ridicules que leur attribuent les marchés (1).

La bourse ne s’y trompa pas : le 2 avril, les nouvelles mesures à peine adoptées, la « confiance des marchés » se voyait rétablie de manière spectaculaire et les cours bondissaient de 5 % au moins. Les affaires allaient enfin reprendre !

Quand on pense que certains disaient qu’il n’y avait pas de solution à la crise ! Alors qu’elle était si simple qu’un enfant de cinq ans aurait pu y penser !

–––––––––––––––––––
(1) Les nouvelles mesures soulignent d’une manière très intéressante certaines contradictions constitutives des marchés financiers. J’y reviendrai dans un prochain billet – sur le mode sérieux cette fois !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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48 thoughts on “Rions un peu – Les banquiers (III)”

  1. C’est pas compliqué finalement pour résoudre une crise, on a un problème concernant les valeurs des actifs financiers, qu’à cela ne tienne, on change les règles comptables 🙂
    On a un problème de solvabilité et de remboursement, on imprime des billets tout simplement, enfin quoi que maintenant on n’a même plus à se casser la tête à imprimer, il suffit juste de rajouter des zéros sur des comptes informatiques, très facile à faire 🙂
    Franchement, je me demande même pourquoi on se casse encore la tête avec cette crise aussi virtuelle et virtualiste que la pensée américaniste elle même 🙂
    La théorie ne colle pas avec la pratique, et bien réécrivez les règles théoriques afin que dans la pratique tout cela colle à merveille 🙂

  2. @ Michel Giraudet
    Je viens de visionner 1/3 de la 1ere video (tres trop lente à charger pour moi)
    et entièrement la seconde.
    Les cortex gauche et droit du biclown sont très déçus par cette déclaration.
    La diversion est identique à celle du patron du PsUmp …
    les « pays non coopératifs », les « petits paradis fiscaux » sous les cocotiers ou à la marge (Monaco, Liechstentein,..)

    Pas un mot sur la City, les Usa (Etat du Delaware, …), les Antilles, la Suisse, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Belgique, l’Autriche, l’Italie … maintenant la France (sur les Champs Elysées).
    Je comprendrais très bien un discours honnête :
    (1) les commanditaires du G20 (Fed-of-NY, droit-de-veto au FMI, topTopCréanciers en $…) ne veulent pas en entendre parler
    (2) c’est prématuré vu que le 33 LibertyStreet et Brown pensent pouvoir revenir à l’état antérieur

    Eh oui ! … ne pas prendre ses désirs pour la Réalité Prochaine;
    Beaucoup croient même aux miracles.
    Tout de même ! …
    Chinois, Anglo-saxons, Arabes (pétrole, gaz) et plus (si affinité) avancent de concert
    Ne forment-ils pas un front plus puissant que M. Cohn-Bendit et Mme Eva Joly
    De surcroit l’écologie n’est pas une exclusivité des Verts

    La base de la crédibilité ? … parler franc ou se taire, rester dans le factible,
    ne pas faire prendre des vessies pour des lanternes.
    Que ce soit volontaire ou non, une simple maladresse, c’est contreperformant
    Les 99,99% de pigeons ne comprennent déjà pas grand chose. Cela n’aide pas.

  3. en tout cas, le titre conrespond bien a se que vivent les banquiers en se momment,ils doivent rires de bon coeur, et je n’ais pas l’intention de les en privé. Pourtant il faudra bien qu’il se rendent a l’évidence. Leur permettre de cacher les actifs toxique ou de les revaloriser ne change absolument rien aux problème réelle. Faire de l’hyper inflation n’arangera rien non plus et faire comme si rien ne s’était passé encore moins. Du aux resultat des couses, aucun changement n’est en vue, sinon de faire encore monter les enchère d’une reprise qui a mon avis ne viendras pas. Car personnellement je ferais encore moins confiance a un système qui me dit clairement que leur comptes sont truqué. Comme un responsable de banque pourra faire confiance a une banque en sachant que les comptes sont truqué. Qu’elle jouer de poker s’assierait a une table ou ils est clairement indiqué que les cartes sont truqués.

    Il n’y a que les gogos et les analphabéte qui pourrait s’y oser. Hors c’est bien se qu’il ont fait aux G20, ils ont clairement dis que la triche et devenu une necessité pour le biens de l’économie. Je pense que la triche est une necessité pour que certains ne perdent pas leur économie.

  4. Bonjour,

    Cela prend vraiment une tournure étrange cette histoire.
    J’espère que l’on finira par en toucher les limites (sans trop d’éclaboussures).

  5. @ Jean
    Probablement parce que la BCE vient de baisser son taux directeur moins bas que le consensus attendait. L’Euribor 1 an avait surement anticipé une baisse plus forte. Et aussi parce qu’il y a de faibles probabilités pour une prochaine nouvelle baisse. Amha…

  6. C’était prévisible tout cela qu’ils allaient s’en sortir quitte à tuer père et mère …quitte à refaire un 11 septembre rien ne peut stopper la corruption de la city et de wall street ….une pyramyde de ponzi voila le monde en 2009..mais une surprise à leur si beau scénario n’est pas à exclure par trop de cupidité ..cela les perdra un jour vraiment ..par accident..un plus corrompu que les autres vendra la mèche

  7. @dissy

    Quelle mèche ? Ils sont dans une réalité qui n’est pas la notre, mais c’est du hard-ware, ce n’est pas du domaine de la compréhension, mais de ce qu’ils SONT.

    @ crystal

    « Tournure étrange » visible pour nous, qui avons un point de vue sur les coulisses, (par ce blog…) mais pour ceux qui ne voient que la scène, le spectacle n’a rien d’étrange.

  8. Je crois que je perds mon humour, ça ne me fait pas rire…
    A présent je ne crois plus rien de rien de ce que racontent les politiques, et encore moins les soi-disant experts, qui n’ont rien vu venir (est-ce vraiment vrai ?) et qui aujourd’hui sont aux commandes pour trouver des solutions à la crise…
    Je me demande même si on est encore en démocratie. (Existe-t-il vraiment une démocratie ?)
    Bref…
    Après ce G20, si je comprends bien, nous nous dirigeons vers un scénario à priori A, au pire B ?
    Si c’est ça, je me demande bien qu’est-ce qu’ils feront lorsque la crise écologique sera incontrôlable ? Leur planches à billet ou leur capacité à bricoler les lois à leur avantage ne leur servira plus à rien. Evidemment, on n’a pas parlé de tout ça hier…

  9. Pas mal Titus,

    C’est exactement, le genre de réflexion qui as de l’importance « qu’est-ce qu’ils feront lorsque la crise écologique sera incontrôlable ? Leur planches à billet ou leur capacité à bricoler les lois à leur avantage ne leur servira plus à rien ». Est vue les habitudes qu’il ont, je pense qu’il tenteront de survivre comme dans soleil vert (en tout cas l’histoire n’est fait que de choix).

    Mais franchement, en fait toute cette manoeuvre comptable, ne sert qu’a geler aux frais des contribuables des titres toxiques. Mais cela devrait imposer une réduction des flux en circulation si les flux gelé ne sont pas conpensé. Mais je pense qu’il est de toute façon inutile de penser que tout ve repartir sans une révolution technologique.

    Voila, il faut admette que le système n’est pas inffaïble et que comme tous système il devient obsoléte avec le temps.

    Si ont regarder le bon coté des choses, la soustraction des titres toxique porté au passif du bilan dette et autres investissement. Cela stop l’émoragie, jusque là ca marche. Mais comment relancer le système, en y injectant un peut de monnaie. Et ont va recommencer a faire du crédit a fond la caisse pour soutenir les marchées et les échanges ?

    C’est un peut comme au cinéma « elle n’est pas bonne celle la (la prise) ! ont coupe et ont en fait une autre ».

    J’espére que cela sera la bonne et que ce n’est pas un film d’horreur.

  10. Quelles que soient les ruses comptables, il semble bien que les « fortunés » n’aient plus faim de risque, avec ou sans banques! Alors, les circuits financiers resteront gelés dans un premier temps!
    A moins d’y mettre de l’antigel sous forme de monnaie « antigel » ou fondante ou, mieux, anticrise, selon l’idée de Silvio Gesell.
    A ce moment-là, seulemen, les circuits vont dégeler!

  11. Bonjour,

    je crois qu’il est temps de faire péter ce système pourri et de le mettre à mort. J’ai toujours voté à droite, car je crois à la libre entreprise, au droit d’entreprendre. Mais tout ce que je vois aujourd’hui me dégoute.

    Nous assistons à un spectacle répugnant. Notre société se comporte de manière répugnante.

    Pendant que la planète crève de nos abus, pendant que des millions d’être humains meurent de faim et de maladie, pendant que des enfants se retrouvent sans parents dans les pays touchés par le sida, pendant que l’on précarise les jeunes, les vieux, les salariés, toute cette clique de gens qui pètent dans la soie (banquiers, grands patrons, show biz, sportifs, politiques) et qui se vautrent dans l’argent en veulent plus toujours plus. Avidité, cupidité. Mondalisation au moins cher et basée sur l’exploitation permanent de l’autre.

    Qu’on leur enfonce de l’argent jusqu’au gosier et qu’ils en crèvent.

    Mettons fin aux solutions molles.

    Envoyons l’armée à Monaco, boycottons les paradis fiscaux, nationalisons les banques, bridons l’échelle des salaires, supprimons les parachutes dorés, plafonnons les retraites dorées (800000 euros de retraite, est ce bien raisonnable ?) N’achetons plus aux entreprises qui délocalisent. Et nos enfants, quel travail pour eux. Quel hypocrisie : on veut bien de notre pognon pour consommer, mais plus nous donner du travail car trop cher.

    Les patrons français ont du talent ? Ils méritent de gros salaires ? De nombreux français ont du talent et pourront prendre leur place en se contentant de bien moins. Alors s’ils ne sont pas contents, qu’ils se cassent.

    Par ailleurs, il serait temps que le peuple américain se réveille afin de coller une volée de bois vert aux salauds qui leur ont volés leur épargne (les banques), volés leur travail (les grandes multinationales avec la complicité des cabinets d’audit et de consulting).

    Remettons l’humain au centre du système, la construction d’un système plus juste qui donne ses chances à tous, le droit à l’éducation, à une alimentation saine, l’accès à l’énergie, à l’eau, aux médicaments, à la sécurité physique, à la santé, un système qui protège notre terre et qui réoriente notre mode de consommation. Disons non à la compétition à outrance, à la recherche du profit en enlevant le pain de la bouche aux uns pour donner du caviar aux autres.

    Je crois que rien ne changera sans une nouvelle révolution. Car le changement ne peut se faire à la marge.

    A vous lire,

    Gigi

  12. A mon avis ca ne va pas leur faire du mal de rester gelé un certain temps. Parce que là cà a commencé a chauffer.donc je pense qu’une ptite période de convalecence ne fera pas de mal aux secteur banquaires.

  13. Deux questions:

    – On peut se plaindre, avec raison, de la manipulation des normes comptables. S’en indigner, ironiser, ou y voir la énième confirmation du « complot financier ». Mais, est-ce que cela justifie, pour autant, de ne se livrer à aucune analyse sérieuse, argumentée sur des faits, non des présomptions, en séparant l’argument du commentaire, des avancées en matière de régulation émanant du récent G20?

    Je m’étonne de voir ce sujet passer complètement à la trappe. Que les deux dates coïncident, d’accord. Que la manipulation des normes comptables soit, médiatiquement, passée sous silence, d’accord aussi. Mais, est-ce que nous ne faisons pas la même chose, ici, en ne débattant même pas de ces mesures?

    Je pense que les, probablement nombreuses, personnes, disons, « non-expertes » (dans lesquelles je m’inclus), suivant ce blog, auraient apprécié un traitement un petit peu plus précis et circonstancié de ces questions. Notamment parce qu’il y a, dans ce communiqué, mais surtout dans ses annexes, des précisions assez techniques, des dates-butoir, l’intervention d’institutions secondaires, etc… Il me semble un peu court de jeter tout cela à la poubelle sans autre forme de procès.

    Accessoirement, on peut penser ce que l’on veut des politiques, de leur complicité, etc… (je le fais moi-même). Mais, quand même, il semble y avoir eu, au moins, une volonté de la part de certains de réellement agir et d’en sortir avec du concret. Que celui-ci ne soit pas, évidemment, à la hauteur de certaines espérances, ok. C’est l’objet du débat. Mais il me semble que, si la seule réaction des personnes dites « informées », c’est de traiter ces tentatives par des commentaires fatalistes, la énième invocation de l’écroulement « inévitable » du système, ou l’ignorance volontaire de ces, modestes, efforts, eh bien, si j’étais à leur place, je me dirais que ca ne valait vraiment pas la peine de même essayer. D’autant que, en matière d’actions effectives sur le réel, nous ne sommes peut-être pas en mesure de donner tant de leçons.

    – Autre sujet. Je m’interroge, aussi, sur l’usage de plus en plus fréquent, sur ce blog, d’un langage volontairement hermétique, relevant quasiment du langage initiatique ou ésotérique, à laquelle, excusez ma franchise, le commun des mortels n’entrave que dalle. Les prédictions de pythies dans lesquelles il s’agit, semble-t-il, d’extraire des fragments d’informations « révélées » au détour de devinettes à quinze tiroirs, ou dans les entrailles du poisson-référence, façon « topréseaux » & autres néologismes, c’est vite lassant.

    C’est tout à fait le droit de leurs auteurs de s’exprimer comme bon leur semble, évidemment. Mais, franchement, j’aimerais poser la question, à quoi joue-t-on? C’est une version actualisée de la titrisation multi-couche de l’information financière? Est-il réellement impossible de faire l’effort de s’exprimer en langage plus clair et plus compréhensible? Ou est-ce que nous devons nous sentir transis de stupéfaction admirative devant la distillation de ces maigres éléments d’informations en provenance, semble-t-il, de mystérieux émissaires des « topnets »?

    Enfin, bon. Moi, ce que j’en dis, hein… Mais, en tout cas, pour ce qui est de la pédagogie, c’est pas gagné. Je doute fort que cela contribue beaucoup à une meilleure compréhension du sujet « financier » par nombre de gens qui ont déjà du mal à s’accrocher, vu la complexité existante.

    Voilà. Libre à vous de vous gausser de mon ignorance ou de mon éventuelle incapacité à saisir ce qui semble, à certains (mais combien?), être des « évidences ». Mais, là, j’avoue que ça me démangeait quelque peu.

    A vous le micro…

  14. @Gigi: quelle éloquence! Oui, c’est vrai que parfois on peut avoir envie de « faire péter ce système pourri et de le mettre à mort ». Mais je crains que ce ne soit exactement ce qu’ils souhaitent (eux: les détenteurs de monnaie et d’actifs). Afin d’instaurer une « démocratie dictatoriale ».
    La monnaie fondante, c’est calme, et ça embête(je suis polie) vraiment les riches.
    Nous sommes quelques-uns sur ce blog à défendre cette idée, même s’il y a divergence sur certains points.
    Au risque de me répéter: le paiement d’intérêts positifs concentre les richesses, car plus on est riche, plus on est riche. Mais pourquoi prêter sans intérêt? Autant garder son argent. Sauf si la valeur de l’argent diminue avec le temps. Il est alors plus intéressant de le prêter sans intérêt que de le garder.
    Les questions qui se posent sont alors:
    1/ quel est le taux de fonte?
    2/ cette monnaie coexiste-t-elle avec la monnaie actuelle?
    3/ Qui crée la nouvelle monnaie nécessaire à une masse monétaire stable?
    4/ A quoi sert cette nouvelle monnaie créée (crédit social, état, …)?
    5/ Que deviennent les banques dans tout ça?

  15. @ Champignac
    Les avancées du G20, cachées derrières le communiqué émis hier après la fête, sont en effet peu connue et pas encore discutées. A tel point que j’avais pris le raccourci intellectuel m’amenant à penser que derrière les éloquents discours il n’y avait probablement rien… Peut être une intuition ou une habitude… A suivre donc.
    Pour ce qui est des nouveaux styles de langage du blog, je vous suis complètement. Je ne le trouve ni poétique ni même compréhensible et pour moi souvent totalement énigmatique. Si vous n’y aviez pas fait référence je n’aurais peut être pas osé en parler. Ce n’est déjà pas évident de lire du texte en ligne, mais alors s’il n’est plus structuré mais composé de logogriphes, de métaphores ou autre figures de style, cela ne va pas nous aider à progresser. Je suis d’accord avec vous.
    Bon Weekend

  16. Je réagis au message de Champignac

    Comme beaucoup, comme la très grande majorité des lecteurs de ce blog en fait, je suis habituellement un simple lecteur.
    Un lecteur assidu et très reconnaissant, mais un lecteur seulement.
    Et de temps en temps, il me semble utile que l’un de ces simples lecteurs sorte ponctuellement de l’ombre confortable pour exprimer son humble avis sur les débats qui ont lieu ici.

    Sans prétendre être représentatif de quoi que ce soit, je voudrais donc essayer d’expliquer un peu ma relation à ce blog et aux commentaires des billets.

    Tout d’abord, je remercie bien entendu Paul Jorion et Francois Leclerc pour leurs analyses et synthèses. C’est un travail d’utilité publique indiscutable, et je trouve particulièrement important, vu la triste rareté des sites de cette qualité, que ces informations restent accessible à tous, sans tri par l’argent. (Il me semble d’ailleurs que les propos perdraient en cohérence si ce n’était plus le cas.) Je suis parfaitement conscient que cela ne résout pas la question de la juste rémunération des auteurs, mais je vais essayer de ne pas tout mélanger 😉

    La richesse du site tient également aux commentaires. Ma culture économique étant très limité, je m’accroche comme je peux, suis les liens, vais fouiller à droite et à gauche pour essayer de rendre cela plus clair. C’est d’ailleurs souvent la diversité des commentaires, des approches ou des prismes utilisés qui me permet de suivre les discussions. ( A plusieurs reprises, ce sont les références à la science-fiction qui m’ont tiré d’affaire et permis de ne pas perdre le fil 😛 )

    Ceci étant posé, bien souvent je me reconnais dans les interventions d’un « naïf », et reste déçu du peu de réponses ou réactions qui sont faite à ces questions ou remarques. J’apprécie beaucoup la hauteur de vue de certains, et il m’arrive d’avoir l’impression de les suivre parfois dans leurs réflexions, mais j’ai un peu l’impression qu’il y a deux (ou davantage) niveaux de lecture, sinon de lecteurs. Et que la cohabitation de ces différents niveaux n’est pas aisée. Peut être est ce le format du blog et des commentaires qui rend cela difficile. Et pourtant, c’est bien la cohabitation de ces multiples niveaux, combiné avec les différents angles d’approche, qui rend si féconde ma lecture de ce blog.

    J’encourage donc modestement les « naifs » à continuer à se faire entendre, à ne pas lâcher le morceau. Et demande humblement à ceux qui ont une plus grande maîtrise de ces sujets de ne pas délaisser, dans leurs commentaires, le minimum de pédagogie sans laquelle ils ne pourront pas être suivi par une (bonne) partie des lecteurs.

  17. @ Champignac, youenn

    A propos des « interventions d’un « naïf » », je crois que l’absence de réponse à des « questions simples » vient du fait qu’elles portent en général sur des sujets qui ont déjà longuement été débattus et que ceux qui ont participé au débat depuis son commencement ont envie qu’on aille de l’avant et estiment qu’ils n’ont pas de temps à perdre avec ceux qui prennent le train en marche. Trouver ce qui a déjà été dit peut se faire aisément grâce à la fonction « Rechercher » pour autant que le sujet ait été évoqué au cœur d’un billet. La fonction « Rechercher » ne s’applique malheureusement pas aux commentaires.

    Personnellement, je réponds souvent à des questions relatives à des choses que j’ai déjà évoquées : j’offre des rappels, je renvoie à des billets ou à mes livres. Ceci dit quand je vois un message du genre : « Jules Pongron de la Ferté-Hallet pense que la crise des subprimes est due en réalité à l’abandon de l’étalon-or », j’ai la faiblesse de l’ignorer purement et simplement en me disant : « Je ne peux pas reprendre à zéro ! »

    Ceci dit, c’est vrai : des sous-débats très pointus émergent ici ou là mais il me semble qu’il est aisé de les ignorer si ce n’est pas votre tasse de thé. Mais toutes les bonnes volontés sont bienvenues pour mettre ou remettre un peu d’ordre : Etienne Chouard a créé un fichier relatif à notre débat relatif à la monnaie et Daniel Dresse, un fichier relatif à notre débat relatif à la Chine.

  18. Excellente, la video des guignols : on peut aussi se demander encore et toujours pourquoi on a laissé tomber Lehmann Brothers…:) Et aussi comment à l’issue de ce G 20 les chinois ont accepté de payer, les américains sont satisfaits etc….Bref, je vais retourner jouer aux billes dans le jardin de ma maison, dans la banlieue d’une capitale de l’est de l’Europe.

  19. @ Champignac

    Souvent, je me demande, une fois les dés jetés et un billet publié, si j’ai bien eu raison d’écrire ceci, de voir les choses comme cela. Ne me reposant que sur des informations partielles et toutes fraîches sur des sujets qui me sont parfois lointains, et pas seulement géographiquement. Ayant moi-même des difficultés à déchiffrer les évènements, devant la diversité et l’opacité de ce que je rassemble et essaye de rendre intelligible (d’abord pour moi). Le résultat n’est, bien entendu, que ma propre compréhension des choses et, inévitablement, je pêche parfois par approximation, quand je ne fais pas des contresens. J’écris de manière affirmée des choses, sans que le je doute soit en réalité absent (mais le conditionnel a ses limites). Ceci expliquant des phrases et des tournures parfois un peu longues et torturées.

    Ce long détour pour vous répondre, à propos de l’énoncé par le G20 de principes de mesures de régulation, que j’ai analysé comme étant de second rang. N’ayant pas, je crois, été emporté par mon élan. Me disant d’abord qu’il était normal que, dans un document de ce type, le communiqué final, dont chaque terme est pesé, mais qui n’est fait que de mots dans l’attente de mesures précises et de résultats, sur des sujets aussi techniques, fasse l’objet de déclarations vagues et floues. Laissant béant des trous gigantesques s dans les dispositions envisagées. En sens inverse, je suis fatigué et exaspéré devant les déclarations démagogiques et en trompe l’œil que je lis, parfois relayées dans la presse parce que je préfère croire est de la crédulité. En la circonstance, j’ai tranché en m’appuyant sur les épisodes précédents, sur ma compréhension générale de la situation, en me référant aussi aux palinodies que sont les sujets des paradis fiscaux et des rémunérations des banquiers (et autres), que je n’ai pas voulu écarter du reste.

    Ma toute nouvelle science sur certains sujets, notamment concernant la régulation financière, me permet toutefois de vous confirmer ce que j’ai écrit au fil de cette chronique. Pour la partie la plus démagogique des mesures annoncées par ce G20, du type rémunération des acteurs de la finance, il s’agit tout simplement de faire la part du feu, ou de donner des os à ronger, comme l’on dit. La manoeuvre est banale et, je dirais, franchement vulgaire. Pour le reste, il s’agit d’essayer d’introduire des correctifs, pour faire suite à ce qui est appréhendé comme étant un gigantesque et dangereux dérapage, afin qu’il ne se renouvelle pas. Les problématiques du type « reconstruction du capitalisme» étant un habillage. En réalité, les seuls qui ont une approche construite sont les responsables Américains (pris globalement), ce qui peut sembler paradoxal à dire. Ils mettent en avant le risque systémique (pour l’affronter de très près), ne souhaitant aboutir qu’à que des mesures de contrôle, de prévention, des plus grands acteurs financiers, cherchant pour l’essentiel à mettre en place un système de vigies. Sans toucher aux mécanismes fondamentaux du capitalisme financier, qu’ils cherchent à protéger et entourent de leurs attentions, en dépit des frictions, ainsi qu’à leurs croyances idéologiques, auxquelles ils se raccrochent. Les Européens ne forment pas, d’évidence, un bloc homogène et sont animés, derrière cette pitoyable histoire des paradis fiscaux, par une seule idée, ne plus laisser les américains décider seuls, disposer de leurs propres moyens. En fait, cela laisse par avance le champ libre à toutes les turpitudes possibles, dans un système totalement mondialisé et rend leurs efforts assez dérisoires. Les Britanniques ont une approche très américaine, pas par tradition comme il est sommairement dit, mais parce qu’ils sont le siège du deuxième grand centre financier de la planète. La logique qui domine, ce n’est pas celle des pays, des Etats ou des régions du monde, c’est celle des grands centre financiers, qui sont totalement affranchis de ces contingences et qui impriment leur marque décisive au cours des choses.

    Tout ce que je lis et vois, qui est publié car je ne suis pas un « insider « et ne dispose pas de sources cachées, me laisse à penser que ces dossiers de régulation sont encore peu avancés et font l’objet de batailles intenses, de lobbying démesuré (comme cela vient d’être rendu public aux USA à propos de l’adoption de la réglementation FASB 157-e). Et les mesures sont dont on parle sont contradictoires : on parle d’inspecter le « hors bilan » des banques dans les comptes, mais on ne regarde pas sous les jupes des paradis fiscaux. On voudrait instaurer un nouveau mécanisme concernant les fonds propres des banques (afin de les inciter à ne pas évacuer leurs risques à 100% grâce à la titrisation), mais on va leur permettre d’utiliser de nouvelles règles comptables afin de dissimuler les pertes dans leurs bilans. Tout est comme cela, quand on gratte un peu. Vous allez voir la rapidité avec laquelle l’IASB, l’organisme européen homologue du FASB, va réagir. Le compte à rebours a été déjà lancé. Bref, on en sort pas, on est loin d’en être sorti. Ce qui ne signifie pas que rien ne sera fait, mais que tout ce qui sera adopté ne sera pas décisif, sauf à tenter de conforter dans ses errements un système naufragé. Les loups gardent la bergerie.

    Pour revenir au G20, un grand sujet a été escamoté :celui de la réforme du système international, qui va néanmoins être désormais omniprésent. Celui des moyens à adopter pour sortir de la crise a été tranché dans les faits : à chacun de se débrouiller comme il peut, avec ses banques et leurs actifs toxiques, avec sa relance. Relance, c’est le mot qui est employé pour parler de toutes ces mesures destinées à maintenir les économies à flot dans la dépression, sans toujours savoir si la crise sera en U, en L, ou suivant une configuration nouvelle que je suggère, en w (minuscule).

  20. @ François Leclerc
    Marrant ce « w »… à force d’entendre parler de U et de L, récemment un M s’est forcément présenté à mon esprit (un ULM vole-t-il au-dessus des abysses creusées par les bulles?)… Donc une longue liste de « w »… Est-ce si nouveau que ça? Je me souviens vers la fin des années 90, Genève, petits boulots dans la grande distribution. Sur les manchettes des journaux: la reprise! La crise qu’en CH on avait connu au début des années 90 (on est lent, tjs un peu en retard) finissait, c’était la reprise. Et sur les lieux de travail, on ne la voyait pas trop la reprise: signature de nouvelles conventions collectives un peu moins favorables, encore… Au début des années 90, lorsque la crise s’était installée, un prof d’éconopol nous avait déjà parlé de cette idée de « crise permanente »… Et en fait ne dure-t-elle pas depuis, je ne sais pas moi, quelque chose comme 1975-1980? Du moins les conditions de l’écroulement… Et « on » a tenté comme « on » le fait encore de maquiller tout ça, un petit shoot d’adrénaline et le moribond fait des bonds… Pendant ce temps, l’élite internationale (patriofurtive) a décollé… hors d’atteinte?

  21. @IGor milhit

    Le prof d’econopol que vous mentionnez devait être un bien piètre linguiste 🙂

    Il me semble que la chose a déjà été dite sur ce blog, le sens du mot crise implique un état transitoire. La « crise permanente » est un oxymoron. On doit en conclure qu’il n’est pas question de crise mais de changement de référentiel. Plutôt que de l’hypothèse d’une crise, il est question de l’évolution continue et croissante de la paupérisation du plus grand nombre et des mécanismes qui génèrent cette évolution.

    Il y a ici un parallèle à faire avec la notion de risque. Ce terme implique une notion d’incertitude. Ainsi, il n’y a pas à proprement parlé de risque lorsqu’on évoque un système structuré de telle façon qu’il conduise avec certitude à une catastrophe. Tout comme on ne risque pas d’être mouillé quand on se promène sous la pluie, on sera mouillé, c’est une conséquence sans alternative, donc sans risque. Le vrai risque dans ce dernier exemple, serait d’attraper un rhume… 🙂

  22. @ oxymoron, pardon : dissonance

    La crise est permanente, vive l’oxymoron, elle est en w, vive l’alphabet ! Le risque est permanent, il n’en est pas moins risque, au sens de l’incertitude sur ce qu’il produira.

  23. @François Leclerc

    Vous faites fausse route. Mon but n’était pas de dire qu’il n’y ait pas de risque dans la « crise permanente ». Tout au plus de faire remarquer qu’il y ait là un mécanisme linguistique comparable dans l’usage abusif des deux termes, et ainsi qu’on ne puisse pas qualifier de risque un phénomène au seul motif qu’il ne soit pas bénéfique. Comme on ne peut pas qualifier de crise un phénomène si sa condition transitoire n’est pas vérifiée.

    En dernier ressort, cette réflexion me permet de (re)mettre en évidence la chose suivante, à savoir qu’on ne puisse pas formuler de solution pertinente à un problème mal posé. Ce qui est, en définitive, l’essentiel de vos propos à vous ainsi qu’à Paul dans chacun de vos billets depuis de longues semaines, si je ne m’abuse.

  24. @ Paul Jorion (4 avril 2009 à 04:09)

    Je comprends parfaitement votre point de vue mais, réalisme social oblige, je demeure très largement d’accord avec Champignac et Youenn (que je remercie d’ailleurs pour avoir exprimé tout haut ce que je ressens depuis un certain temps).

    Et je pense même qu’en cas d' »appel du pied extraparlementaire » massif (ce qui est envisageable à moyen terme, comme l’exemplifie très bien Gigi), les quelques intervenants de ce blog qui, au lieu d’essayer de s’exprimer le plus clairement possible afin d’être compris par le plus grand nombre et ainsi de diffuser leurs excellentes idées, persistent à les exprimer en employant un langage cryptique truffé de questions et de références à multiples tiroirs, s’exposent à être ignorés (ce qui serait dommage), ou (ce qui est pire) à être assimilés aux responsables des problèmes actuels et balayés comme tels.

    À bon entendeur…

  25. @ dissonance
    j’avais bien lu la chose déjà mentionnée sur le blog… 1 siècle au regard de l’éternité, c’est un peu transitoire. Mais d’accord, votre « évolution continue et croissante de la paupérisation du plus grand nombre… » me va bien, enfin, je veux dire la description…

    c’est quoi un bon linguiste? en fait ce que ce prof d’éconopol disait, c’est qu’on ne reviendrait pas à la situation d’avant. en fait ce prof était un psychologue tout à fait banal. tout le monde sait ça: on ne revient jamais en arrière. ce prof nous disait: le monde auquel vous cherchez à vous adapter a disparu.

    un joueur de mot joue avec quoi au fond? une crise un « état » transitoire? ou un processus? ça existe ça un « état »? dans « l’état » de mes connaissances, expériences, sentiments, perceptions, etc. j’ai de la peine a concevoir qqch de fixe, à peine je trouve un point de repère qu’il s’envole ou se transforme…
    et j’ai le sentiment que ce que l’on nomme crise depuis quelques temps constitue une sorte de dévoilement et accélération de ce chaos, peut-être pas chaos pour tout le monde d’ailleurs…

    bon je vais pas me tirer une balle dans la tête, je risquerais de me louper 😀

  26. Un article du New York Times, illustre bien les relations incestueuses et même la véritable symbiose entre le monde politique et celui de la finance. Larry Summers, ancien Président de Harvard, et qui est le principal conseiller économique d’Obama, a touché 5 millions d’USD en qualité de « managing director » du hedge fund D.E. Shaw, lequel gère environ 30 milliards d’USD. Comme il fait partie d’une équipe qui prône une régulation des hedge funds, il est permis de se demander s’il n’y pas conflit d’intérêts (c’est un euphémisme). Il est probable que la régulation en question risque d’être plutôt laxiste.

    http://www.nytimes.com/2009/04/04/us/politics/04disclose.html?scp=1&sq=summers&st=Search

  27. Cher Paul
    il serait temps que les banques centrales nous entendent; à vous lire, je suis persuadé que vous connaissez Silvio Gesell et ses propositions, sinon, cela voudrait dire que vous auriez trouvé par d’autres voies les mêmes résultats, ce qui, évidemment, me semble parfaitement possible et plausible, car ce qu’ildisait est, malgré tout, tout simplement prélevé dans la réalité des faits, à la différence de la plupart des universitaires qui, eux, confondent toujours les bilans comptables, pur artifice, avec la réalité de la monnaie en mouvement. Ils ont un raisonnement statique du fait qu’ils sont fasciné par la notion « réserve de valeur » de la monnaie, une notion qui fait que la monnaie bloque et refuse d’être au service des transactions à l’exclusion de toute autre fonction. Tant que la fonction « réserve de valeur » reste attachée au numéraire, il n’y pas moyen d’avancer!
    D’autre part, les économistes confondent pour la plupart, et cette confusion découle sans aucun doute de la première compromission autour de la notion « réserve de valeur », « monnaie » en tant que pur moyen d’échange et de transaction et « crédit ».
    Cette confusion est tentante, je l’admets, car le transfert d’une créance est fréquemment accepté et acceptable comme « moyen de paiement » comme la « monnaie »!
    Ceci dit, la distinction doit, à mon sens être maintenue, d’ailleurs, le législateur la fait, seule la « monnaie » (centrale, en billets ou en compte de monnaie centrale bancaire) a le pouvoir libératoire immédiat et solde une affaire sans reste!
    Les transferts de créances nécessitent la vérification que le payeur est effectivement solvable, ce qui n’est pas toujours le cas. En tout cas, une affaire ne sera réglée qu’au moment où tous les transferts, parfois à échéances sur de nombreuses années, sont terminés. Parler de « monnaie » dans ce cas génère de la confusion et ne permet pas de comprendre réellement le fonctionnement de la monnaie.
    Notamment le fait que dans ces opérations, il ne saurait y avoir de création monétaire, même pas un centime!, car le prêteur consomme ou achète en moins exactement ce que l’emprunteur consomme ou achète en plus!
    Somme: nulle!
    Je suis toujours consterné que de telles évidences ne pénètrent pas la faculté!
    Si les universitaires admettaient cela, veiller à une circulation monétaire efficace deviendrait enfin la seule vraie obsession politique nécessaire pour en finir avec cette crise et toutes les crises financières à venir
    Bien amicalement, jf

  28. De Bruno Lemaire

    Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi Johannes en veut tant aux « économistes universitaires » (pourquoi pas, après tout aux économistes tout court ;-). Pour ma part, je m’en prendrai plutôt aux ‘financiers de marché’, ceux qui ont inventé des produits dérivés de produits dérivés de produits dérivés (Merci Black and Scholes 😉 ) afin de rendre , soi-disant, les marchés plus liquides et plus ‘efficients’. On a vu le résultat.

    Par ailleurs, puisque seule la monnaie fiduciaire, soit existe, soit est utile, pourquoi ne pas se rallier à la thèse de ceux qui voudraient que les banques ne fassent que de l’intermédiation et aient donc dans leurs coffres l’équivalent ‘fiduciaire’ de ce qu’elles prêtent. S’il n’y a pas de création de monnaie scripturale, où est le problème.? Et s’il y en a un, parfait aussi. Cette proposition pragamatique – appuyée sur un raisonnement ‘par l’absurde’, avait déjà été proposée à Paul, qui m’a dit y réfléchir, et à Johannes, qui m’a dit que c’était trop ‘radical’ (je n’ai pas bien compris pourquoi: pour les tenants de l’aveuglement des universitaires, cela ne devrait pas poser problème).

    Bravo à Paul pour le succès de son blog. S’il soutenait cette proposition ce serait encore mieux, bien sûr.

    Bon week end à tous, B.L.

    Cher Bruno

    Je vise évidemment tous ceux qui sont formés à l’université et souvent récrutés à prix d’or par les banques pour y faire n’importe quoi!
    Il reste ce que je dis souvent! Les produits dérivés très risqués de ces trente dernières années , dans leur sophistication, étaient devenus nécessaires, car nous aurions eu la crise systémique et les blocages déjà en 1990 ou avant, sans cela! il il fallait, coûte que coût recycler les avoir monétaires via des placements, sans quoi, ces sommes auraient manquées pour les investissements réels bien nécessaires. Les banques, certes, débridées et un peu folles, étaient dans leur « rôle de recyclage » et de bouclage des circuits monétaires via le crédit, où le débiteur est chargé de « consommer » pour le compte du prêteur!
    La crise n’aurait, évidemment, pas atteint l’ampleur des chiffres astronomiques et délirants de maintenant, mais la dérégulation a permis de « jouer après le match pendant trente ans!
    Il me semble que les réserves accumulées de la minorité des milliardaires étaient telles que ceux-ci ont pu, dans un jeu de casino, pendant toutes ces années spéculer sur un mode débridé (grâce aux « techniques » bancaires risqués!) sans vraiment être conscients des risques qu’ils prenaient, ou alors, dans une fuite en avant, ils espéraient pouvoir se retirer des bulles spéculatives successives au bon moment, ou alors, ils s’en fichaient un peu, car, quand on a tellement, on s’amuse!
    Bien évidemment, beaucoup de petits épargnants ont été entraînés dans ces jeux trop chers pour eux, et beaucoup ont beaucoup perdu!
    Il reste qu’il n’y a jamais eu création monétaire pendant ces années-là, sauf les injections centrales, et ce sont les créances (les fortunes) qui se sont accrues selon une courbe exponentielle! par le jeux des intérêts et des intérêts composés, et ,en face, la dette a fait autant!
    Et c’est l’insolvabilité des débiteurs qui a occasionné la crise systémique!
    Aussi, je ne crois pas une minute que les plans de relance actuels vont dégeler le système! Seule la monnaie « antigel » (fondante) pourrait le faire.
    Quant à l’idée d’une « couverture totale » du crédit par de la monnaie fiduciaire, cela impliquerait des stocks de billets gigantesques dans toutes les banques! vous voyez le risque!
    Et cela méconnaît, à mon sens le vrai rôle de la monnaie: celui d’être « présent » le temps de la transaction pour se déplacer ensuite vers la transaction suivante, comme je dis, c’est un mouvement circulaire, alors que les biens, services et capitaux ayant changé de main sont engagés dans un mouvement linéaire de la production vers la consommation et la destructiaon finale.
    L’échange économique se décrit dès lors comme un événement tangentiel situé où la ligne droit touche la ligne circuleire pour s’en éloigner ensuite à nouveau!
    Les choses se passent bien comme je dis: le crédit n’est pas monnaie, et l’emprunteur ne fait qu’acheter à la place du prêteur sans que cela n’augmente la masse monétaire en rien!

    La limite du système, dit Helmut Creutz quelque part, c’est bien « ce que le peuple peut endurer! »
    Bien à Vous, Johannes Finckh

  29. @ Johannes Finckh

    Oui, vous avez raison : je n’ai découvert Gesell que récemment. Ceux qui suivent ce blog depuis au moins un an pourront vous dire que nous avons réfléchi collectivement sur la monnaie et que nous en avons reconstruit patiemment le fonctionnement « en ingénieurs », comme je l’ai un jour dit. Il n’est pas étonnant dès lors que nous ayons abouti aux mêmes conclusions que ceux qui avaient déjà opéré la même démarche. Il est important maintenant que ce savoir se diffuse pour empêcher d’autres ruptures dans sa transmission.

    Le débat que nous avions eu l’année dernière sur le blog m’avait convaincu de l’urgence d’une synthèse et c’est ce qui m’avait conduit à proposer à mon éditeur, Fayard, un livre qui s’intitulerait simplement « L’argent ». Le livre paraîtra en septembre.

  30. @Champignac, Youenn et Paul
    Moi aussi j’en apprends autant des réactions que des « papiers de départ » et c’est pourquoi, même si je ne crois avoir la science infuse, j’ose réagir de temps en temps. Mais j’avoue que certains styles de messages me dépassent. C’est ainsi que j’ai pris le pli de sauter les textes gars dédoublé en deux comiques de cirque (ça y est, je parle comme lui…) car je passe des heures pour tenter de décrypter le quart de ses rébus.

    J’aimerais aussi poser une question aux adeptes de la monnaie fondante, qui semblent se multiplier ces jours-ci sur ce blog. En limitant l’intérêt (a posteriori) au taux d’inflation + un p’tit qqchose pour le risque (réel) de non remboursement de l’emprunt, n’est ce pas suffisant pour inciter les «possédants» à prêter leurs réserves inutiles (si du moins l’inflation tourne autour de 3 ou 4% l’an). Si je demande cela c’est parce que, concrètement, la fonte de la monnaie me paraît une pratique d’une complexité décourageante. Mais il y a peut-être des techniques plus simples que d’aller coller un timbre tous les 3 mois sur ses billets de banque… 😉 .

  31. Je suis ravi de la question posée par Alain A
    Coller des timbres n’est peut-être pas la seule « technique possible ». On pourrait aussi dater les billets tous les ou tous les trois mois avec des machines simples. Les banques ou même les commerces pourraient se charger de cela. Par ailleurs, les banques appliqueront la « fonte » sur les comptes courants assez simplement avec leur ordinateurs!
    imiter a posteriori l’intérêt au taux d’inflation, c’est rai je n’y ai pas réfléchi, mais cela serait au moins aussi complexe, il me semble.
    Il me semble aussi que cela n’empêcherait pas l’usage spéculatif d’un grande partie des liquidités, car, encore une fois, la « non-fonte » garantira au possédant un refuge sûr. De plus, dans une ambiance quasi déflationniste, il faut baisser les intérêts a posteriori proche de zéro, et alors, la trappe aux liquidités s’ouvrirait complètement.
    Chose qui ne se produirait pas avec la monnaie fondante qui, je précise, serait émise en veillant à un indice de prix rigoureusement stable, autant que faire se peut.
    J’espère avaoir (un peu répondu), Johannes Finckh

  32. Hm, sans trop tomber dans le sensationnalisme : a-t-on des informations sur une éventuelle enquête concernant le passage de Bernard Madoff à la tête du Nasdaq ? On parle beaucoup de son escroquerie « familiale » mais pas de l’influence qu’il a eue sur l’économie américaine toute entière. Sachant que le Nasdaq continue à vivre sa bonne vie, il serait intéressant de savoir si des réformes ont été apportées à tout cela (rêvons un peu).

  33. A Alain

    C est drôle, moi je préfère les fêlures du Clown !
    Et tout autant les décryptages de Pierre Yves.
    Le Clown apporte une ambiance propice a l imagination, une atténuation utile de [l’ excessive-inadapted-réaction] immunitaire de la raison, confrontée au vertige de l immensité du monde des possibles-interpretations.

  34. Ce livre de Paul Jorion en gestation « l’argent », c’est une vraie chance pour nous, nous qui demandons que l’ensemble de la monnaie et des moyens de payement scripturaux soient émis par la banque centrale, que le système bancaire commercial ne puisse plus prêter plus que l’ensemble de la monnaie préalablement épargnée ou émise en complément par la Banque Centrale et ensuite mise à disposition auprès des banques commerciales, et enfin que des dépôts à échéance courte ne puisse financer des emprunts à échéance longue par leur constant renouvellement.

    Car l’écoute dont bénéficie Paul Jorion dans les hautes sphères (universitaires, économistes, financiers, banquiers, anciens et nouveaux ministres, sherpas, etc..) enfoncera évidemment le clou sur cette demande citoyenne.

    De deux choses l’une :

    – les lecteurs de son livre (et je parle des catégories ci-dessus) seront déjà acquis aux thèses soutenues par lui-même, ainsi que par H. Creutz et J. Finckh (et quelques autres ?), à savoir que c’est déjà ainsi que ca se passe et que les seuls moyens de payements supplémentaires (lorsque la rotation possible des crédits sur épargne préalable ne suffit plus à nourrir le système économique et spéculatif) sont ceux que la banque centrale doit toujours finir par accorder. Ce livre présentera sans doute pour les décideurs toute une série de propositions complémentaires dans lesquels ils pourront piocher, remettant dans la finance un peu de moralité.

    – Les lecteur de ce livre qui ne seront pas préalablement acquis aux thèses ci-dessus et qui continuent, contre vents et marées, à penser que les banques commerciales créent des moyens de payement scripturaux car c’est leur fonction même, en monétisent des actifs présents ou espérés (c-à-d en monétisant une dette qu’elles acceptent car elles pensent – dans des périodes « normales » – que l’emprunteur remboursera cette dette et les intérêts ce qui permettra « d’effacer » cette dette et de détruire la monnaie du crédit, comme nous le pensons, moi et quelques autres, eh bien, ce lecteur (universitaires, économistes, financiers, banquiers, anciens et nouveaux ministres, sherpas, etc..) se dira peut être : « hé oui, Jorion a raison, il faut modifier le système afin que toute la monnaie soit émise par la Banque Centrale », déjà l’État n’aura plus d’intérêts à débourser sur le financement de la dette future.

    C’est « gagnant-gagnant » tout cela, Monsieur Jorion… continuez

  35. Je doute que l’enfant de cinq ans ne s’intéresse à cette farce, et j’ose imaginer que s’il garde son innocence par la suite, jamais il ne se laissera prendre au jeu de la finance. L’évidence a parfois besoin d’être décortiquée et analysée par ceux qui sont allés trop loin dans la farce, qui ont mis un doigt dans l’engrenage…L’important c’est d’y croire, à la façon des observateurs et critiques sportifs.
    Mais rassurons-nous, il existe beaucoup de gens de par le monde qui ont gardé leur innocence et leur pureté vis-à-vis de l’économie. Pour vivre heureux peut-être vivent-ils cachés…
    Alors oui, c’est une bonne chose que ceux qui croient ou ont cru un jour ou l’autre à cette farce s’appliquent à mettre les choses à plat pour ceux qui n’ont plus le temps ou la volonté de lever la tête du guidon.

    Ceci dit, et c’est bien le principal, on peut se poser la question de savoir quand, dans l’enfance ou plus tard dans la vie, certains basculent dans un jeu qui, si on en expliquait clairement les règles et le cadre, n’attirerait finalement pas grand monde, requins et autres dents longues mis à part. Quand a lieu le virage ? Pourquoi tant de gens se font happer par ce mode de vie ? Pourquoi est-il si difficile à quelqu’un qui s’est engagé dans ce jeu de s’arrêter ?

    Bref les enfants de cinq ans (ou plus pour ceux qui grandissent dans un environnement privilégié et protégé) seraient les plus à-même de trouver les solutions, leur esprit n’étant pas pollué ! Pour qu’un système fonctionne, de manière globale donc, il faut que le cadre et les règles soient compréhensibles par tous…dont les adultes de plus de cinq ans !

    CQFD

  36. Une remarque/question déjà formulée aux partisans de la monnaie fondante (J. Finckh, B. Lemaire, etc.):

    Il me semble que ce modèle ne se contente pas d’empêcher le cumul abusif des ressources par une minorité, mais qu’il remet en cause de manière totale la notion d’épargne. Pouvez-vous confirmer/infirmer?

    Si tel est le cas, le procédé me semble bien moins séduisant qu’il n’y paraît. L’épargne est, pour les plus modestes, comme un amortisseur: Elle leur permet de palier à une rémunération faible en comparaison du coût de la vie, notamment dans des circonstances exceptionnelles (ce qu’on appelle communément les dépenses imprévues).

    Le revenu minimum de dignité (http://www.contre-feux.com/economie/liberalisme-et-services-publics-acte-1.php) me semble à ce titre être un corolaire indispensable (Des précisions sur les modalités seraient les bienvenues). Toutefois, le chiffre proposé de 625 euros mensuels est peut-être économiquement pertinent, mais rationnellement sans doute insuffisant. La question se résume ainsi: Un individu est-il capable de boucler un budget à l’équilibre sur cette base de 625 euros mensuels?

    Il suffit pour répondre à cette question d’étudier quelques cas simples:

    – Cas 1: Individu seul sans enfant, propriétaire ou locataire de son logement (avec les dépenses incompressibles associées à chacune de ces alternatives), qui doit se nourrir 2 à 3 fois par jour, qui nécessite sans doute d’allouer une part de ses ressources à des dépenses de transport, une autre part aux dépenses d’habillage, etc.
    – Cas 2: Individu seul avec enfant(s), avec les mêmes contraintes que précédemment + une part du budget dédiée à l’enfant (aux enfants).
    – Cas 3: Couple sans enfant(s). (Se rapporte à la multiplication par deux du cas 1 dans les colonnes recettes/dépenses).
    – Cas 4: Couple avec enfant(s).

    Je serais tenté de dire que les cas 1 et 3 seraient les seuls à pouvoir espérer parvenir à l’équilibre, et ceci au prix d’une gestion drastique (exit l’éventualité d’un budget loisirs même minimaliste, ou toute autre dépense du même ordre). Ceci s’apparenterait donc à de la survie, contradictoire avec la « dignité » évoquée dans l’intitulé de la mesure. En outre, dans un contexte de monnaie fondante, les dépenses imprévues seraient à exclure.

    Par ailleurs, l’objectif de ce modèle est, si j’ai bien compris, de « forcer » la consommation. Or la logique de consommation toujours croissante implique une production toujours croissante, et par conséquent une exploitation des ressources naturelle toujours croissante, ce qui, me semble-t-il, n’est pas pertinent sous le prisme écologique.

    Gesell est à ce titre victime des mêmes travers imputables à ses pairs Marx et Smith. Son modèle est daté et correspond à la pensée de son époque, inscrite dans le contexte de la révolution industrielle. Or, les impératifs actuels ne sont plus ceux d’alors.

  37. “Depuis que le communisme est mort,

    le capitalisme est tombé gravement malade.

    Pour guérir le capitalisme,

    ressuscitons le communisme.”

    Hervey (;-)

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