La banque américaine et un mot qu’on n’emploie plus beaucoup

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Mr. Gerry Pasciucco, à la tête d’AIG Financial Products, le département en charge des Credit–Default Swaps (CDS) qui précipita la chute du plus gros assureur au monde, rappelle aux contribuables que tous ces contrôles tatillons sur les bonus, et autres broutilles, ne feront qu’allonger l’addition qu’ils auront à régler in fine.

Les banques américaines ayant bénéficié de l’aide de l’État ne se sentent plus de joie : Bank of America pénalise désormais certains achats par carte de crédit de frais de 10 $ ou plus, Citigroup vous propose des prêts instantanés de 5.000 $ au taux défiant toute concurrence de 30 %.

Mr. Neil Barofsky, chargé par le gouvernement fédéral de vérifier les comptes de ces mêmes banques déclare au Financial Times : « J’espère que nous ne trouverons aucune banque qui ait trafiqué son bilan, mais rien n’est moins sûr ».

Le mot qu’on n’emploie plus beaucoup, c’est « déshonneur ». Rappelons-nous ce que César dit à Marius à propos de la petite Zoé : « L’honneur, c’est comme les allumettes : ça ne sert qu’une fois ».

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

49 réflexions sur « La banque américaine et un mot qu’on n’emploie plus beaucoup »

  1. @ybabel,

    Lyncher ceux qui ont abusé de ta confiance… ben c’est un peu dans la nature des choses, non ?

    Non ce n’est pas dans la nature des choses mais dans la nature humaine. Pourquoi ne pas tout simplement acheter une a deux boite d’oeuf et a chaque réumoin de politiciens ou de banquiers leur faire une bonne salve. Je pense que cela aura surement plus d’impacte médiatique et que cela sera plus sains que le lynchage ou le chantage au retrait.

    Si le but est de montrer votre colère, les oeufs c’est le top.

  2. Non.
    Les oeufs, je risque d’aller en prison ! lol
    Le retrait, c’est l’exercice de mon pouvoir. Je ne force personne à faire de même. Je le fais pour être en accord avec moi même. Et personne ne me convaincra du contraire !
    Parce que l’argent en banque participe du capitalisme, de l’exploitation de mon prochain (au taux que me rapporte mon épargne), participe indirectement au casino de la finance, et encore indirectement au financement de la guerre en Irak, et aussi au commerce d’arme et blanchiment d’argent, a cause de tout ces circuits opaques ou circule l’argent.
    Pourquoi ?
    parce que quand je dépose mon argent en banque, il appartient a la banque. Elle me donne une reconnaissance de dette, mais elle fait ce qu’elle veut de mon argent.
    Je refuse cette déresponsabilisation.
    Je veux pouvoir dire a quoi va servir et ou va aller mon argent.
    Et je peux le faire en le retirant des banques…
    Ca ne veut pas dire, grand peureux que vous êtes, que le monde va s’écrouler a cause de moi.
    Ca ne veut pas dire non plus que je le retire de l’économie et que je le brûle comme Gainsbourg…
    Ne confondez pas please.
    Je retire le pouvoir que j’ai donné a certains pour le reprendre.

    Pas besoin de lynchage, pas besoin d’oeuf non plus.

    Je ne fais pas de propagande, j’explique mon choix puisqu’il le faut (apparemment).
    Mais la rigueur, que ca vous plaise ou non, vous n’y pouvez rien !

  3. Destabiliser les banques par retrait de liquide si ca induit une panique bancaire, et un effet domino au niveau européen puis mondial, quel sera notre pouvoir de revendication et nos perspectives de changement?
    Je ne dis pas qu’il n’y en a pas mais vu que ce sont les memes qui vont reconstruire le système avec nos économies
    on sera bien avancé.

  4. Marcel Pagnol, un bien bel artiste.

    la trilogie « Marius », « Fanny » et « César » a été écrite de 1927 à 1935.

    une bien belle époque où pour résumer, on pourrait dire : « c’est pas l’hélice qui tourne, c’est le bateau »

    l’ignoble Maître Panisse aurait-il pu vendre des subprimes à des pôvres Monsieur Brun qui n’y connaissaient pouic mais dont l’envie était plus forte que la raison ?

  5. Ce sont les vacances de printemps, l’heure de la récréation où les idées bourgeonnent où la nature se laisse aller aux excès les plus débridés, pourquoi pas nous joindre comme d’habitude à ces printemps de révoltes où chaque bord politique peut revendiquer le sien : celui de Prague ou de Paris en mai, celui des œillets, celui des roses, l’orange la bleue ou la rouge… !

    Après la romance, parfois les chants, les danses et les transes et puis il y a toujours un banquier ou un ministre des finances ou du trésor pour recompter, pour déchanter pour relancer, bof la routine quoi !

    Curieux sur ce blog de trouver judicieux de paniquer « nos banques », je dis volontairement « nos » pour ces banques de dépôts, chez qui le français moyen dépose son salaire et son épargne qui sont depuis longtemps intégrées au corps social et au corps économique des petits épargnants, des artisans et PME, celles qui irriguent le tissu économique de base.

    Curieux sur ce blog d’encourager l’acte de soustraire une part importante de liquidités (1 Md€) dont on a nul besoin immédiat au détriment de ceux qui ne pourraient recevoir la pension qui les fait vivre au quotidien en une démarche d’un égoïsme coupable.

    Curieux sur ce blog de vouloir ajouter à la crise de liquidité interbancaire qui eut les conséquences que l’on connait ; crise financière de Wall Street en crise économique de Main Street pour vouloir finir en crise Live Street par un bank runs!

    L’honneur pourquoi pas après tout, même chez les banquiers (qui auront pour celles « nationalisées » vu leur conseil d’administration renouvelé avec des dirigeants issus de l’administration) ses banques sauvées de la banqueroute par l’Etat et qui tentent de gérer au mieux l’argent public (oui, cela fait mal !) ; soit pour produire des profits qui reviendront au contribuable (nationalisées) ou pour rembourser leurs dettes à l’Etat (pour celles aidées avec prêts).

    L’honneur perdu des banques en cette semaine post pascale il n’est jamais trop tard pour tenter de le reconquérir.

  6. Désolé. Il est impossible de tout filtrer : « l’idée géniale » de Gibello dont vous avez bien voulu débattre, d’où vient-elle ?

    Poser la question, c’est évidemment y répondre : enquête faite, de notre « grand ami » de la démocratie, Lyndon LaRouche. Pour qui roule-t-il ? Je reprends ce que j’ai déjà dit :

    Les motivations de LaRouche sont difficiles à interpréter : il s’agit soit
    ––– 1. d’une des variétés de l’extrême-droite
    ––– 2. d’un effort de déstabilisation d’initiative russe. Seule constante en effet dans le discours de Larouche, les conclusions auxquelles il aboutit coïncident avec les intérêts de l’Union Soviétique jusqu’en 1989 et avec ceux de la Russie depuis (il abandonne brutalement son jargon marxiste-léniniste en 1989 pour invoquer plutôt Platon et Schiller).
    ––– 3. d’un attrape-mouches de tous les extrémismes contrôlé en réalité par les autorités américaines (dans ses deux autobiographies successives, Larouche renvoie au même incident comme 1. s’expliquant par le fait qu’il est alors téléguidé par le FBI, mission qu’il aurait acceptée pour parer à un danger pour la sécurité nationale – dans la version de 1974 ; ou 2. s’expliquant par la force de sa conviction marxiste-léniniste – dans la deuxième version, de 1988).

  7. Je n’ai pas trop de certitudes pour juger du bien fondé, ou non, de l’idée de Gibello.
    Cette idée peut avoir l’avantage de faire viser le public exactement là où c’est important et où ça peut porter vraiment. Même si c’est sans tact ni diplomatie. N’oublions jamais que les méfaits de la finance ne sont que violence, et quelle violence! Mais c’est une violence en col blanc. C’est uniquement pour ça qu’on reste (inutilement) poli et que cette violence put durer si longtemps. Cette idée peut avoir le mérite de modifier, enfin, l’angle de tir d’ « artillerie » contre les politiques, car le politique est en aval. Il serait grand temps de s’en apercevoir! Ainsi ça peut être une façon, abrupte mais efficace, de s’apercevoir que les politiques ne sont que des leurres (et bien payés) permettant de dévier les vrais problèmes de fond qui sont – en amont – du politique, c’est à dire dans la finance, dans la banque et dans la monnaie.

  8. @Rumbo
    Les banques éthiques développent un autre modèle économique
    ou l’éthique n’est pas un nouveau concept marketing mais un mode de fonctionnement.
    Placer une partie de son épargne dans ce type d’établissement est plus constructif que de chercher a destabiliser le système financier. En choisissant les banques les plus responsables on peut obliger les autres a le devenir.
    La première banque éthique alternative européenne verra le jour en 2010.
    Née de la fusion de la Nef (France), la Banca popolare etica (Italie) et
    Fiare (Espagne), cette banque adoptera le statut de coopérative
    européenne.
    http://www.altergauche26.ouvaton.org/breves.php?id_breve=11

  9. Allfeel dit :
    14 avril 2009 à 22:23

    Oui, merci du lien que je ne connaissais pas.
    Mais j’étais au courant de projets de banques éthiques. C’est un très bon pas dans la bonne direction. C’est un exemple à citer. La réalisation de ce projet peut, effectivement, induire des attitudes salubres complètement opposées à celle, par exemple, qu’indique le lien mis ci-dessus par Paul (14 avril à 22.10) et qui « parle de lui-même » et dont les effets étaient devenus insupportables socio-économiquement. Mais il y a encore peu de temps, quand on dénoncait des choses comme ce qu’on lit dans ce lien de l’Expansion, l’on était prestement écartés d’un revers de la main, souvent très méprisant.

    Bien sûr, un changement positif dans les mécanismes bancaires dans le sens de l’économie réelle et concrète et non plus de l’économie purement financière, amènera beaucoup d’eau au moulin des tenants des banques éthiques. C’est à dire des mécanismes bancaires, dont les critères de la – création monétaire – ne seront plus l’émanation de la quasi seule stratégie financière des banques, mais du souci premier et obligé (s’il le faut constitutionnellement) de reflèter en toute rigueur les réalités économiques vitales et basiques qui sont celles de la production des biens et des services en vue de garantir un vrai pouvoir d’achat réel pour tous de ces biens et de ces services produits. Un pouvoir d’achat non entamé comme à présent en profondeur par les intérêts bancaires et d’innombrables frais financiers. En d’autres termes, dit rapidement et bien considéré tout ce qui a déjà été dit sur ce blog (jusqu’à la polémique) mais qui n’a pas clos cette question qui butte sur les faits, une création monétaire qui ne crée plus de l’argent-dette, mais de l’argent-pouvoir d’achat.

  10. Paul Jorion /13-04-2009, 22:01;

    Et que proposez-vous pour réintégrer ds le jeu économique cette denrée devenue rare (l’honneur), mais qui vous parait nécessaire (votre mot de « malheureusement »), si tant est que le jeu économique à lui seul soit suffisant, mais nécessiterait peut être l’ensemble des facettes de l’anthropologie?

  11. @Eugène et à tous…

    La clé, ce sont nos enfants…

    Nous avons fait une partie de mille bornes hier soir avec notre fils, alias Toto 11 ans, et profité de ce moment agréable pour débattre en famille… Les enfants enregistrent tout ce qui se passe autour d’eux sans rien dire. Ils ont cette capacité rare à être sur tous les fronts. Ils ont surtout cette simplicité qui leur est propre à interpréter les évènements !

    Utopie pour les uns, espoir pour les autres : à quand une réelle représentation des générations aux plus hautes instances de l’état et de la société… Pour plus d’huMilité, d’Equité, de créaTivité, de dIgnité, de Sincérité, de Sérénité et de bEauté…

    Une société véritablement métisse et non potiche…

    Donnons-leur la parole car à ce jour, nous n’avons aucune leçon à leur donner, leur ayant sans doute déjà tout pris ! Nous ne sommes que de piètres Madoff ! :)))

  12. @ Philippe Soubeyrand,

    Bien sûr, mais, les madoff avant de tomber sont les idoles de nombreux « enfants » qui se destinent à faire carrière ds la finance!

  13. @ Paul Jorion,

    J’attends votre réponse (mon message 15-04-2009; 15:19). A moins que vous n’en ayez pas ….

  14. @Eugène: la proposition principale de Paul Jorion est une constitution pour l’économie qui contiendrait l’interdiction des paris sur les prix.

  15. @ Moi,

    Merci je sais, mais çà ne répond pas à la question.

    Tant que tu laisses au pouvoir des individus sans aucun sens de l’honneur, tu peux être assuré qu’ils contourneront les règles, fussent-elles relatives à une interdiction de paris sur les prix!
    Il y avait ds la remarque de Paul une forme de désespérance, d’une part comme si la sphère financière attirait le contraire des individus qu’il faudrait pour la piloter, la surveiller etc; et d’autre part mais c’est un peu le même problème, comme s’il n’y avait plus de politiques en situation de pouvoir imposer cette interdiction des paris!

  16. @ tous, et à toutes fins utiles pour ceux qui pensent qu’il faut sortir de ces cadres imposés qui nous ont conduit là où nous en sommes;

    rappel: honneur= ‘timé’ en grec

    la timologie constitue un chapitre complet de l’axiologie au sein de la théorie de la médiation…

    Si donc vous ne savez plus où chercher, ni ne savez pourquoi l’honneur semble disparu chez certains décideurs, vous pouvez toujours aller voir là: http://pagespro-orange.fr/bcc/Axiologie.htm (au 11ème § de cette page rebutante par son caractère « concentré de concepts » ne figurant dans aucun dictionnaire; puis pour les détails de la théorie, dans la seconde partie du T2 (« de la Personne de la Norme ») du traité d’épistémologie des sciences humaine de Jean Gagnepain appelé « Du Vouloir Dire »

  17. à Bertrand
    Annie Lacroix-Riz dénonce dans « Le choix de la défaite » ce qu’elle appelle la synarchie, les « synarches » n’ont pas été ni particulièrement, ni outre-mesure inquiétés, …(quelques uns tout de même et pas seulement ….. )

Les commentaires sont fermés.