La comptabilité créative, par Jean-Pierre

Billet invité.

LA COMPTABILITE CREATIVE

La crise financière actuelle l’a démontré : les fonds propres du système bancaire sont largement insuffisants pour couvrir tous les engagements. Une alternative s’impose : soit on diminue ces engagements, soit on augmente les fonds propres. Partout, on tente de réaliser les deux à la fois. Sans trop de succès jusqu’à présent. Il est donc indispensable de trouver d’autres solutions, de préférence expéditives. Dans ce domaine, la créativité va bon train, surtout quand elle ne rencontre aucune critique.

Ainsi, quand il est apparu que les fonds propres des deux géants de la réassurance que sont Fannie Mae (Federal National Mortgage Association) et Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage), avant de les nationaliser, l’état leur a permis de considérer les arriérés de paiements comme acquis et ceci durant une période de deux ans. Après quoi, les deux firmes devront relever leurs provisions et considérer ces arriérés comme pure perte. Grâce à ce stratagème, Fannie Mae et Freddie Mac évitent de sombrer. Bien sûr, la mesure n’est que temporaire : dès 2010 les deux géants devront divulguer la véritable situation de leurs finances.

Puis, comme ce genre de magouille ne pouvait être généralisé, on a assoupli les règles comptables. Ce qui avant devait être estimé à la valeur marchande ou de remplacement, peut aujourd’hui être valorisé à un prix équitable. En clair, au pifomètre. Depuis, les banques s’en donnent à cœur joie et affichent des bénéfices mirobolants alors que l’économie s’effondre de toutes parts. De telles embellies comptables sont difficilement répétitives. A moins qu’on ait pris soin de ne pas embellir l’ensemble des actifs foireux en une fois. Il faut donc trouver un autre stratagème.

Depuis que les banques jouissent de la garantie temporaire de l’état, elles peuvent émettre des emprunts à un taux équivalent à celui des emprunts d’état. Leurs propres obligations, en revanche, s’effritent sur le marché, faute de garantie. Quelques banques ont alors eu l’idée géniale de racheter leurs propres titres à vil prix avec le produit du placement des emprunts garantis par l’état. Elles réalisent de la sorte une fameuse épargne, puisqu’elles ne devront plus amortir ces emprunts.

Cette épargne (la différence entre le prix de remboursement – généralement le pair – et le prix d’achat actuel), les banques la considèrent comme du bénéfice et l’enregistrent comme tel. Ensuite, tout bénéfice non distribué est soit placé sur un compte de réserve, soit ajouté au capital. C’est, bien sûr, la seconde affectation qui est privilégiée. Ainsi, ces banques sont actuellement en train d’augmenter leur capital grâce à l’épargne qu’elles réalisent sur le non-remboursement de leurs dettes obligataires. Cette épargne ne correspondant pas à un profit réellement encaissé, elles se constituent par conséquent du capital à partir de rien. Car on imagine bien que cette différence, elles ne la récoltent nulle part.

Cette nouvelle pratique, que les autorités tolèrent jusqu’à nouvel ordre, va peut-être trouver une nouvelle application. On sait que General Motors est virtuellement en faillite. Or le constructeur d’automobiles américain a été l’un des principaux émetteurs d’obligations, tant aux États-Unis qu’en dehors du pays. La majorité d’entre elles ont été émises par la filiale financière de la firme, la General Motors Acceptance Corporation ou GMAC (se prononce « Gi-Mac »). Toutes les obligations de GMAC cotent largement sous le pair, certaines à moins de 10 % de leur valeur nominale. Il suffirait à GM de racheter toutes ces obligations à ces prix dérisoires et d’enregistrer la différence comme capital. Elle se sortirait d’emblée de l’ornière car cela représenteraient des centaines de milliards de dollars.

On se demande pourquoi les firmes industrielles à la dérive n’ont pas encore opté pour cette solution. Sans doute parce qu’il leur faut de l’argent véritable. Seules les banques peuvent se contenter de sommes fictives apparaissant subitement dans leurs comptes mais n’ayant aucune existence nulle part. Un peu comme leurs dettes toxiques par ailleurs.

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21 réponses à “La comptabilité créative, par Jean-Pierre”

  1. Avatar de johannes finckh

    c’est de la sorcellerie!
    jf

  2. Avatar de leduc

    Il n’y aura pas de miracle.
    C’est comme un canot truffé de trous, on peut bien boucher les trous avec les doigts, il arrive un moment où il faut enlever un doigt d’un trou pour en boucher un autre. Ou comme dit le proverbe c’est déshabiller Pierre pour habiller Paul.
    Créancier ou débiteur, celui qui a émit la dette où celui qui a eu la mauvaise idée de prêter autant d’argent à des sociétés boiteuses, quelqu’un devra subir la perte.

  3. Avatar de scaringella

    Ce qui est surprenant (je rigole) c’est que nous, veritables epargnants ne soyons pas autorises a faire de meme. Puisque le capital/dettes etc des banques est garanti par l’etat, nationalisees donc sans le dire, pourquoi chacun de nous ne pourrait il pas emprunter a la banque (pret garanti par l’etat et donc sans risque pour personne), racheter toutes ses dettes a vil prix et encaisser la difference virtuelle entre ce qui aurait du etre rembourse a l’ancien taux et ce qui sera rembours’e au nouveau taux si bas de la bce, creant un veritable gain entre la valeur future au prix du marche et la valeur actuelle au prix decide par moi-meme, ce qui permet de rembourser le dernier pret, faire disparaitre les dettes precedentes, et ajouter du capital tout neuf au compte de la banque. Le remboursement ultime se faisant par les impots qui servent a payer le dette generale de l’etat qui elle-meme sert a garantir les pret des banques donc celui que chacun pourrait demander a la banque. Le miracle financier est donc possible. Le capital nouveau cree sur le compte de la banque permettrait de rembouser les pret de l’etat qui pourrait rembourser la dette. On voit ainsi que si les puissants/riches avaient deux sous de jugeotte, ils diffuseraient largement ce privilege des seigneurs nos banquiers et le cercle vertueux pourrait redemarrer et ad vitam eternaem, car qui ce soucirait de ces dettes qd en empruntant encore plus tout le monde gagne plus???

  4. Avatar de juillet

    C’est pire que ca :

    1 la banque émet une obligation à un prix relatiement élevé à un GOGO.
    2 la banque fait de mauvaises affaires, sa note se dégrade, le prix de l’obligation baisse.
    3 pour se renflouer la banque emprunte à l’état dans des conditions équivalentes à un état offrant une sécurité maximale.
    4 cet argent sert à racheter l’obligation à son vrai prix soit un prix bas.

    conclusions :

    le différentiel entre le loyer de l’argent au taux d’état et le loyer de l’argent mérité par la banque est directement converti en capital.
    moins bien la banque est notée au moment où elle rachète ses obligations, plus elle s’enrichit.

    si l’on considère que la notation de la banque est méritée, c’est bien l’état qui fait ni plus ni moins que CADEAU de capital gratuit à la banque.
    si l’on considère que la notation de la banque était excessivement pessimiste, puisqu’elle avait implicitement le soutien forcé du contribuable, c’est le GOGO qui a été grugé du montant du nouveau capital tout neuf de la banque.

    La vérité est en fait quelque part entre les deux !

    J

  5. Avatar de TARTAR

    Toutes ces magouilles sont « légales et générales »…
    Quand je pense au mal que je me donne pour avoir une compta d’entreprise (petite) certifiée « honnête et véritable » et gèrer mes « profits » en « bon père de famille »…je me dis que ces contraintes personnelles me coutent trop cher en temps.
    La solution reposante et un peu risquée consiste à faire comme les banquiers et leurs copains politiques stipendiés…entrer ne maffia!
    Restera à protéger ma famille…GOMORRA .

  6. Avatar de Christophe

    Pas très net comme explication à mon sens (mais je ne suis pas comptable)… Est-ce que ce rachat de ses propres obligations n’est pas plutôt une annulation de dette. Je reprends le même principe de calcul que Juillet ci-dessus
    – La sté X émet pour 1 milliard d’obligation à 10%
    – C’est la crise, mais cette sté X peut émettre pour 1 milliard d’oblig à 3%. Les obligs précédentes ne valent plus que 100 millions
    – La sté X rachète ces obligs pour 100 millions et annule la 1ere émission. Ce n’est pas un gain non? même si au final la sté X gagne 900 millions sur le rachat de ses propres obligations

  7. Avatar de Jean-Pierre

    @ Christophe

    C’est exactement de la sorte que c’est justifié. Seulement, les 900 millions n’ont jamais été gagnés. C’est simplement une épargne. Car l’emprunt garanti qui a servi au rachat, lui, devra être remboursé à son tour. Donc, l’argent ayant servi au rachat d’obligations anciennes devra lui aussi être récupéré ailleurs pour permettre le remboursement futur de l’emprunt garanti.

    On aurait pu accepter cette façon d’agir si la société en question avait mis de côté, sur un compte de réserve, le montant de l’amortissement de son obligation. L’obligation disparue, bien sûr que cette somme pouvait être affectée ailleurs. Mais ce n’est pas le cas.

    Avec des procédés pareils, sachez que nous sommes tous millionnaires sans le savoir. En effet, le simple fait de se déplacer, par exemple, à vélo au lieu de prendre sa voiture nous fait « gagner » – selon ce mécanisme – un argent fou, de même que se préparer un petit repas au lieu de se rendre dans le plus chic restaurant de la place, quel gain quotidien, dites donc ! C’est tout bonnement absurde et c’est honteux que les autorités tolèrent de telles pratiques.

    Alors, je vous le demande : quel crédit peut-on encore accorder aux bilans bancaires ? Je réponds à votre place : aucun.

  8. Avatar de Jimmy

    La fuite en avant continue…

  9. Avatar de Crapaud Rouge

    Ces magouilles montrent surtout une chose : que la valeur d’un capital est arbitraire, et que la prétendue « loi de l’offre et de la demande » n’est jamais qu’un procédé parmi d’autres pour lui affecter une valeur numérique. La valeur représente en fait un droit de propriété : on se l’arrache par surenchère quand la propriété en question est convoitée, et il ne vaut plus un clou quand personne n’en veut. Dans tous les cas, la valeur est fictive et provisoire, de sorte qu’il n’est pas aberrant de « considérer les arriérés de paiements comme acquis et ceci durant une période de deux ans ». Ce qui est malheureux, c’est que les riches n’ont d’imagination que pour eux-mêmes, et qu’ils en manquent singulièrement quand il s’agit des autres. (Sauf s’ils peuvent en tirer profit, of course.)

  10. Avatar de JeanNimes

    @ Jean-Pierre

    On peut étendre le raisonnement à tous les billets de Loterie qu’on n’achète pas, chaque semaine… ou tous les paquets de cigarettes qu’on n’achète plus…
    La sobriété est alors récompensée : ce n’est pas immoral !
    Si individuellement on n’a pas plus, on économise, mais collectivement le PIB (dans sa définition actuelle) baisse.
    C’est bien ce qui est en train de se produire…

    C’est le moment de changer le calcul du PIB et d’en venir à une dimension qui intègre la réalité de la richesse aujourd’hui (réduction de l’empreinte écologique, réduction des GES, qualification des personnes, bien vivre, etc.) pour sortir d’une vision comptable-financière dont on voit la fausseté et les illusions qu’elle répand.

  11. Avatar de Yves de Bressy

    Bonjour à tous,
    effectivement le billet prote bien son titre : comptabilité créative…
    Mais tout cela n’est justifié que par la valeur fiduciaire qu’on donne à tout, y compris à nos vies. Effectivement il faut changer le mode de calcul du PIB, mais en réfléchissant on se demande à quoi il sert, ce « PIB ». En quoi ça améliore la vie d’une société de savoir que le PIB ou PNB a augmenté cette année de 1,2 ou 4 % ? Que cela représente-t-il ? Rien, puisque’il ne traduit même pas le degré de confort et de bien être d’une population.
    Si on avait une autre approche de la valeur des choses, on se soucierait peu de variations positives ou négatives de cette évaluation de la richesse des pays. On ne meurt pas de faim quand on récolte un peu moins, si les années précédentes on a stocké le grain en excédent.
    Pourtant aujourd’hui on s’affole non pas d’une baisse du PIB, mais simplement d’une faible hausse. C’est aberrant etb surtout indécent. Dans l’absolu la richesse d’un pays (ou d’un ensemble de pays) déjà riche ne devrait pas augmenter plus que sa population. Or quelle est la croissance démographique de la France : environ 0,15 % par an, alors que celle de l’Europe de l’Ouest diminue. Il n’y aurait donc aucune infamie à voir notre richesse nationale, ou supranationale, stagner voire diminuer. On aperdu le sens des ralités, voilà tout.
    Alors pour en finir avec cette question de PIB, eh bien supprimons-le tout simplement. Mangeons déjà ce qu’il y a dans notre assiette avant de vouloir avaler le repas du surlendemain.
    En Provence pour se souhaiter la bonne année on disait : « à l’an qui vient, et si on n’est pas un de plus qu’on ne soit pas un de moins » (bon, c’est mieux avec l’accent mais internet ne sait pas le faire !).
    Cordialement à tous

  12. Avatar de philippe

    Bonjour, je ne suis pas non plus comptable mais n’est pas la même finalité lorsque nous effectuons un rachat de prêt, immobilier par exemple, à un taux inférieur ? Le seul perdant dans l’affaire est le prêteur en premier ressort. Ce qui ne change rien au fait que ce soit immoral à mon sens puisqu’elles (les banques) utilisent des fonds publics pour un profit privé.

  13. Avatar de Ando

    Sur le principe de base, rien de vraiment choquant. Les entreprises françaises pratiquent régulièrement et depuis belle lurette (dans certaines circonstances bien sûr) des abandons de créance (compte-courant d’associés ou dettes fournisseurs par exemple). Comptabilisés en produits exceptionnels ils viennent gonfler d’autant le résultat de l’exercice, lequel est ensuite remonté dans les réserves. En quelque sorte, constatant un effondrement du cours de l’obligation, le marché a consenti une décote de 90% sur le montant qui devait être initialement remboursé (anticipant sans doute l’incapacité de l’émetteur à rembourser à l’échéance). Ce sont des sommes (les 900 millions) qui ne devront plus être remboursées par la banque. Ce n’est donc pas du capital « constitué à partir de rien » puisque ce non-décaissement incorporé au capital a pour origine du cash physiquement encaissé par la banque lorsque les souscripteurs ont souscrit à l’émission obligataire. Ce n’est pas un gain d’exploitation certes (du PNB si l’on veut), mais c’est bien un non-décaissement (le non remboursement de sommes effectivement perçues). A ce titre, c’est bien un produit exceptionnel qui peut être légitimement comptabilisé comme tel. Plutôt que d’accorder sa garantie aux nouveaux emprunts obligataires émis par les banques, l’Etat fédéral aurait pu tout aussi bien injecter directement du capital en prenant une participation majoritaire ou minoritaire à ce capital. Cela revient au même. Dans les deux cas, l’objectif est le même: renforcer les fonds propres de banques insolvables. Le premier mécanisme (garantie de l’Etat aux émissions obligataires) est simplement plus indirect.

  14. Avatar de Jean-Pierre

    @ Ando

    Certes, on peut toujours enregistrer un montant non déboursé comme un profit exceptionnel, mais de là à le convertir en capital, il y a une marge. Qu’on approvisionne un compte de réserve, d’accord, puisque dans le cas présent, les 900 millions de l’exemple seront de toute façon nécessaires au remboursement de l’emprunt garanti par l’état. Mais on ne peut admettre de former du capital à partir d’un endettement. Qui détiendrait ces nouvelles parts ? La banque elle-même ? Lors du remboursement de l’emprunt garanti, la banque devrait alors procéder à une diminution de capital, sans doute ? Qu’une banque agisse de la sorte pour relever la qualité de ses titres en circulation, on ne pourra jamais le lui reprocher. Mais dans le cas présent, cette pratique est d’autant moins admissible que les banques émettant avec la garantie d’état ont été conviées d’utiliser le produit du placement à des fins de relance de l’activité économique. Malgré leur consentement, quasiment aucune ne respecte cet engagement. Et les autorités laissent faire.

    Je suis bien d’accord avec vous que les états auraient beaucoup mieux agi en nationalisant purement et simplement les banques déficitaires pour les obliger à remplir leur rôle économique, tout comme les banques centrales auraient dû « nationaliser » le marché de l’argent au jour le jour de sorte à ce que toutes les banques aient uniquement leur banque centrale comme contrepartie. On se demande bien pourquoi de telles solutions, aisées et facilement à mettre en place, n’ont jamais été envisagées.

  15. Avatar de Marc

    Plus vous expliquez, moins je comprends. Alors il y a là deux explications…soit je suis bête…c’est possible…soit vous êtes tordus..possible aussi.
    Mais comme les affaires d’argent sont en fait très simple, (C’est dans ma poche ou dans ta la tienne), quand on vous les bidonne au point ou ce n’est plus compréhensible, courrez à l’opposé des beaux parleurs.

  16. Avatar de Ando

    @ Jean-Pierre.

    Bonjour. Je me fais l’avocat du diable. Réserves ou capital cela revient au même au regard des ratios prudentiels (qui n’ont d’ailleurs pas empêché la crise des subprimes…): ces deux postes sont des fonds propres. D’ailleurs, rien n’empêche aucune personne morale (banque ou entreprise) d’augmenter son capital par incorporation des réserves (dans ce cas la répartition du capital reste la même). Evidemment, cela c’est le principe et il n’est pas répréhensible (on m’a prêté 100, que j’ai bien perçu en cash, je dois rembourser ces 100 à l’échéance convenue, une circonstance me permet de ne rembourser que 10, j’ai donc bien économisé 90: c’est bel et bien un profit) . Si les réserves sont insuffisantes la banque peut rembourser son emprunt obligataire venu à échéance par émission d’une nouvelle dette ou par réduction de son capital. C’est théoriquement possible et légal mais je crois que cela ne s’est encore jamais vu s’agissant d’une banque (je l’ai vu pour des PME, pas pour des banques). Si c’est la nouvelle émission obligataire garantie par l’Etat fédéral qui a permis en trésorerie à la banque de racheter sa première dette obligataire avec une décote de 90 on peut dire que cette opération est supposée permettre de relancer l’activité: en rétablissant ses ratios prudentiels, le rapport entre fonds propres et encours de prêts en particulier, la banque se donne de nouvelles marges de manoeuvre pour recommencer à prêter (ceci dit, je crois que le problème de la crise actuelle est plutôt celui de la demande que celui de l’offre: les banques peuvent prêter, mais si personne ne veut plus s’endetter…). Cette solution fait aussi l’impasse sur l’interêt des créanciers, qui perdent 90% de leurs créances. Mais le diable, comme toujours, est dans le détail. Il faudrait auditer les comptes de ces banques pour pouvoir avancer… Dire que les comptes sociaux bancaires sont quelque fois assez bidouillés, même dans des époques pospères, c’est tout à fait exact (de même que quelque fois les comptes de PME, grosses PME et grands comptes). Après, tout dépend de l’ampleur de la bidouille…

  17. Avatar de Jean-Pierre

    @ Ando

    Vous avez parfaitement raison : la procédure est légale. Mais s’il était ausi aisé de redresser son bilan de la sorte pour équilibrer les postes de l’actif au passif, pourquoi seules les banques agissent de la sorte ? Les dizaines de milliards que GM ou Chrysler ou même la grosse centaine qu’AIG a reçu, pourquoi ces firmes-là n’ont elles pas pratiqué de streatagème et sortir par enchantement du désastre financier dans lequel elles se trouvent ? Il est donc clair que cette façon d’agir n’a de sens que d’un point de vue d’écritures comtpables, mais en résout rien.

    Quant à votre affirmation qu’il y a de l’offre en suffisance mais que la demande de crédit fait défaut, je ne partage pas cet avis. Certes, les banques affirment qu’elles sont disposées à fournir le crédit à qui le demande, comme l’exige leur gouvernement suite aux injections et garanties qu’elles ont reçues, mais dans l’intervalle elles ont toutes durcies les conditions, de sorte que plus personne n’est en mesure d’emprunter. D’ailleurs, les innombrables émissions industrielles sur le marché obligataire prouve bien le désarroi des industriels face aux réticences des banques. Elles jouent véritablement un jeu odieux actuellement, empirant la crise en privant les entreprises de leur crédit de caisse indispensable à leur fonctionnement.

  18. Avatar de Jean-Pierre

    @ Marc

    Pas de panique, nous ne sommes ni tordus et vous n’êtes pas un imbécile. On essaie de divulguer les magouilles qui sont opérées dans le milieu financier, rien de plus. Et là, c’est vrai, ils ont l’esprit particulièrement tordu, visant à vous flouer continuellement, de sorte à ce que vos moyens finissent coûte que coûte dans leurs poches.

  19. Avatar de JeanNimes

    @ Jean-Pierre

    Merci pour vos explications et surtout vos questions, que je partage :

    1/ « Je suis bien d’accord avec vous que les états auraient beaucoup mieux agi en nationalisant purement et simplement les banques déficitaires pour les obliger à remplir leur rôle économique, tout comme les banques centrales auraient dû “nationaliser” le marché de l’argent au jour le jour de sorte à ce que toutes les banques aient uniquement leur banque centrale comme contrepartie. On se demande bien pourquoi de telles solutions, aisées et facilement à mettre en place, n’ont jamais été envisagées. »

    2/ « Quant à votre affirmation qu’il y a de l’offre en suffisance mais que la demande de crédit fait défaut, je ne partage pas cet avis. Certes, les banques affirment qu’elles sont disposées à fournir le crédit à qui le demande, comme l’exige leur gouvernement suite aux injections et garanties qu’elles ont reçues, mais dans l’intervalle elles ont toutes durcies les conditions, de sorte que plus personne n’est en mesure d’emprunter. D’ailleurs, les innombrables émissions industrielles sur le marché obligataire prouve bien le désarroi des industriels face aux réticences des banques. Elles jouent véritablement un jeu odieux actuellement, empirant la crise en privant les entreprises de leur crédit de caisse indispensable à leur fonctionnement. »

    En effet, à quel jeu assiste-t-on (nous n’y sommes rien, mais peut-être pas pour rien… qui les a fait rois ?) de la part des banques et des gouvernants ? Ils se renvoient les responsabilités et en contre-partie les fonds publics… en nous disant que les caisses sont vides, que les impôts doivent baisser (alors que les impôts locaux augmentent…), que la reprise est là, demain évidemment, que l’emploi n’est pas bon mais pas catastrophique (3000 privés d’emploi par jour calendaire en France depuis des mois… pas grave), que le gouvernement va nous rendre plus riches grâce au travail le dimanche…

    Allons-nous accepter longtemps ces manipulations, ces mensonges, cette profitation (profits + vols « légaux ») ?

    Le 1er mai en France va renouer avec une tradition de 1947 : tous les syndicats et tous les partis de gauche appellent à manifester. C’est bien au plan politique qu’il faut poser le problème… sinon nous resterons dans l’alternative sommes-nous des imbéciles, sont-ils tordus ?

  20. Avatar de Xavier

    Félicitations pour votre site sans langue de bois !
    Nous partageons visiblement les mêmes points de vue.
    Pour ceux qui ont l’esprit embrumé, l’explication de cette réforme ubuesque dans un style plus direct et plus épuré 😉
    http://www.botraiders.com/index.php?post/2009/04/11/La-fin-du-mark-to-market-je-fais-ce-que-je-veux-avec-mon-bilan

  21. Avatar de Comptabilité

    Une pratique que l’Etat tolère !!!

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  1. Oui, il faut chercher pour trouver des débats importants dans Le monde, mais il y en a: https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/10/04/l-appel-de-quatre-cents-philosophes-nous-declarons-que-l-exploitation-animale-est-injuste-et-moralement-indefendable_6144379_3232.html

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