L’observatoire du monde financier – Semaine du 21 au 27 juin 2009

Vous vous souvenez sans doute – ou en tout cas vous avez entendu parler – de Mike Milken, un génie de l’invention financière (je ne plaisante pas) qui connut son heure de gloire dans les années 1980 pour son commerce des « junk bonds », la dette-camelote de certaines entreprises américaines. Profitant d’une période faste de l’économie où le risque de défaut compris dans le taux d’intérêt de ces obligations était surévalué, il se constitua une fortune colossale. Ce commerce profitable ayant été dopé par le délit d’initié, il se retrouva en prison un certain nombre d’années (deux sur les dix auxquelles il avait été condamné). Si cela vous intéresse, son aventure est racontée dans un livre captivant intitulé « The Predators’ Ball » par Connie Bruck (1988) ; son rôle d’innovateur de l’ingénierie financière est très bien expliqué par Robert Sobel dans un livre intitulé : « Dangerous Dreamers. The financial innovators from Charles Merrill to Michael Milken » (1993).

Sorti de prison, il créa à l’aide de la fortune qu’il lui restait (ne feignez pas la surprise, SVP) un observatoire de l’économie et une fondation pour la recherche sur le cancer de la prostate (affection qui l’affligea personnellement).

Si je vous parle de lui, c’est qu’il signait hier (en compagnie de Jonathan Simons, le président de sa fondation sur le cancer de la prostate) une chronique du Wall Street Journal intitulée « Illness as Economic Metaphor », la maladie comme métaphore économique, un jeu de mots sur le titre d’un livre de Susan Sontag, datant de 1978, intitulé lui : « Illness as Metaphor ».

La chronique de Milken présente le monde financier comme victime d’une méchante maladie, et sauvé par l’action conjointe de la technologie médicale (lisez l’intervention de l’État – dont le rôle est minimisé) et de son système immunitaire (lisez, l’autorégulation des marchés – placée au centre du processus de guérison). Le patient en convalescence apparente est désormais en observation.

C’est cette notion d’observation qui m’a donné une idée – pas très originale puisque vous me l’avez déjà suggérée ici à de nombreuses reprises : celle d’un observatoire du monde financier en tant que patient en observation.

Milken et Simons sont optimistes : pour eux le patient personnifie la « victime innocente » d’une attaque virale imprévisible. Comme vous le savez, je n’interprète pas le cas de la même manière : il s’agit pour moi d’un goinfre victime des excès de la table qui, aussitôt capable de se redresser sur son lit d’hôpital s’est remis à l’alcool et aux plats en sauce.

Alors voilà : chaque dimanche je relancerai pour la semaine un « Observatoire du monde financier ». Ce qu’il s’agit de traquer, vous l’avez compris, c’est le rôle joué par la technologie moderne dans sa survie (humm… ou collectivisation des pertes), la participation de son système immunitaire et l’observance ou non par lui du régime auquel on l’a mis. À la fin de la semaine, je rédigerai un rapide bulletin de santé qui constituera l’amorce de l’Observatoire de la nouvelle semaine qui s’annonce.

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20 réflexions sur « L’observatoire du monde financier – Semaine du 21 au 27 juin 2009 »

  1. J’ai l’impression que les thérapeuthes prennent le cancer pour un organe vital
    On peut les pardonner vu qu’ ils n’ont jamais vu de patient en bonne santé.

  2. rebonjour Mr jorion.

    c’est incroyable les coincidences. Je formulais une reponse sur le forum ci dessous en prenant l’analogie du médecin soignant le mal du patient. Et boum votre forum. Synchronisme probablement. Une même lumière a du frappé notre esprit au même moment. Mais bon.

    Continuons vous voulez vous cette analogie.

    je vous cite « Milken et Simons sont optimistes : pour eux le patient personnifie la « victime innocente » d’une attaque virale imprévisible. Comme vous le savez, je n’interprète pas le cas de la même manière : il s’agit pour moi d’un goinfre victime des excès de la table qui, aussitôt capable de se redresser sur son lit d’hôpital s’est remis à l’alcool et aux plats en sauce.  »

    Comme vous le savez l’americain moyen souffre d’un sur poid. Il faut bien comprendre ce que cela signifie. Le fait d’absorber trop d’energie oblige le foie a stocker celle-ci sous forme de graisse. Ainsi le sac à dos d’energie stockée à long terme et non transformé immédiatement provoque un déficit de mobilité empéchant bien souvent de gravir les marches d’un escalier sans peine et sans sueur. Le travail physique devient difficile, le coeur s’épuise, les pieds deviennent plats, les genoux se luxent, les hanches s’ankylosent. Le rapport au monde extérieur devient fatiguant, celui-ci n’est plus ressenti comme agréable mais comme pénible. Progressivement le corps s’épuise et perd de son autonomie. Sa liberté diminue. Notre corps est le reflet de notre passé. Il convient me semble-t-il de l’écouter avec la plus grande attention. Un cerveau qui ne se déplace plus ne peut avoir que le point de vue de sa chambre et de ses médecins si attentifs à l’état de chacun de ses organes spécialisés.

    Le système a tout intéret a ce que la maladie se propage. Le groupe y trouve davantage de source de profil mais les individus disparaissent progressivement pour vivre que sous la dépendance d’une fausse parole.

    Le poids de l’argent pour l’argent. Apprenons à macher les mots afin de retrouver leur saveur et ainsi mieux les digérer.

  3. le goitre , c’est le manque d’iode,
    soit une carence ..
    mais le manque d’iode,
    en lien avec le bon fonctionnement de la thiroïde, qui se manifeste par une hypertrophie monstueuse , laquelle révèle le goître
    (j’ajoute que je sais de quoi je parle, mon arrière-grand-oncle avait un goitre)
    n’empêche pas l’intelligence,
    alors que, le dysfonctionnement de la thyroïde à la naissance,
    (sans diagnostique précoce, suivie d’une prise quotidienne d’extrait thyroïdien, pour palier à sa non-sécrétion glandulaire-)
    aboutit à la déclaration d’un vrai handicap -mental- avec une lourde altération de mise en capacité des facultés cérébrales – dont question : lien ??? avec « crétin des alpes »- ???? )

    les excès (addiction au trop du trop de trop puissance trop ) seraient plutôt à prognostiquer (troubles cliniques, dégénérescences organiques …)
    du côté foie, (problème de sang, ascite, délirium trémens…)
    pancréas ( insuline, puis amputations, d’abord les doigts de pieds, etc, etc …)

  4. bulle médicale

    La « bulle médicale »
    http://knol.google.com/k/dominique-dupagne/la-bulle-mdicale/3cicv6vyqos68/6?domain=knol.google.com&locale=fr#view

    péambule :
    « La situation de la médecine est très proche de celle de l’économie des années 2000
    Nous avons connu récemment l’explosion de quelques bulles : internet, immobilière, financière. Les mécanismes qui aboutissent à une bulle et à sa rupture sont connus. La première grande bulle documentée, celle des tulipes, date du 17e siècle.
    Le phénomène de bulle ne touche pas que les biens matériels, il concerne aussi les pratiques, les idées, les théories. Cet article démonte les mécanismes d’une bulle prête à se rompre : la bulle médicale. »

    sommaire :
    « Table des matières
    * Un exemple classique : la bulle immobilière
    * Il existe des bulles immatérielles
    * Un parallélisme étonnant avec la médecine
    * 1) L’augmentation de la valeur de l’objet dure depuis longtemps et semble devoir être sans fin
    * 2) Les experts sont liés aux acteurs financiers
    * 3) Les alertes sont occultées, leurs émetteurs dénigrés
    * Peter Schiff et les « experts »
    * 4) Il est possible de spéculer sur la valeur de cet objet, c’est à dire de tirer un bénéfice lors de sa revente
    * 5) Une opacité croissante du système facilite l’appréciation erronée de la valeur
    * Du soin à la prévention
    * Le Dr Knock invente la médecine moderne
    * La « stabilisation »
    * L’opacité de la science médicale elle-même
    * L’emboîtement
    * 6) L’offre est abondante, mais les prix élevés sont alimentés par la solvabilité des acheteurs, elle-même assurée par un accès facile au « crédit »
    * 7) Un mimétisme collectif pousse chacun à reproduire le comportement général
    * 8) La croyance en l’augmentation de la valeur de l’objet augmente réellement sa valeur.
    * La bulle médicale est prête à éclater « 

  5. Si j’ai bien compris, il s’agit :

    1- de constater que deux mèdecins (A et B) n’ont pas le même diagnostic sur la maladie dont souffre le patient ,voire sur le patient lui même.

    2- de débusquer les turpitudes du mèdecin A qui se contente de maintenir le patient ou ses clones en état de juste survie suffisante pour continuer à percevoir des honoraires .

    La tâche est à encourager et Molière s’y retrouve , avec un bémol :

    Si Diafoirus est toujours là , le malade n’est plus imaginaire .

    Alors tuons Diafoirus ( et les talents pour ça sont tous bons à prendre )… sans oublier le malade ( ce qui ramène au billet qui en appelait aux soldats de l’an 2 ).

  6. Tout médecin établi par le plus nombre de patients préférant d’abord dormir devant la télé ne se révèle pas toujours être d’une meilleure aide pour l’homme qui veut encore sauver la bête de nos jours et à l’image de son monde le premier ?

    Tout médecin n’est pas forcément un Saint homme, tout malade n’est pas forcément malade, toute médecine venant d’ailleurs n’est pas non plus meilleure à suivre pour tous surtout si elle ne vise avant tout qu’à ……………….

  7. Mais cet observatoire est en place depuis longtemps, vous diagnostiquiez même régulièrement de nouvelles métastases.

    (manquerai plus que Soros attaque la livre sterling !)

  8. la patientéle des médecins puisque tel est désormais la dénomination des corps malades,est en pleine phase maniaque désordonnée.
    Donc criarde,histrionique..etc…
    Attention donc à la phase suivante de cette pathologie « bipolaire » qui suit et s’appelle dépression ,c’est à dire,ici pour nous : déflation..Que dis je =
    DESTRUCTION EN PLEIN VOL* (
    *si j’ose dire…)

  9. @ tous:
    Diagnostic: thrombose monétaire: la monnaie est « grégée en trop peu de mains et bloque ainsi la circulation (monétaire);
    d’où multiples infartus économiques et défaillance systémique par choc et collapsus circulatoire;
    remède: une monnaie fluide! (monnaie anticrise)
    jf

  10. Je vous cite Allfeel:
    J’ai l’impression que les thérapeutes prennent le cancer pour un organe vital on peut les pardonner vu qu’ils n’ont jamais vu de patient en bonne santé.

    Vraiment excellente votre remarque c’est tout à fait cela je trouve ! Le plus grave c’est qu’ils veulent d’abord sauver leur monde avec des montagnes de dettes supplémentaires oui c’est vraiment historique je crois, tant de joeurs de pipos ou alors de vrais serpents à sonnettes de première …

    La question qui peut suivre est : Quelle est cette évidence qui les prive encore de saisir cela si l’homme moderne ne s’enfermait pas toujours à fermer les yeux pour le seul amour des richesses acquérir et amasser toujours plus encore et encore jusqu’au même empressement de vie partout ailleurs alors que le monde est déjà si mal en point en pleine décomposition morale hélas nous n’en avons pas encore tout vu de l’obstination bien hypocrite de ces gens là mais jusqu’à quand pourront-ils tromper leur monde avant d’en finir bientôt par se lamenter pour autre chose de plus …

  11. Première proposition thérapeutique(idem de celle des secouristes) :
    –Garder son calme,surtout face aux adversaires(lesquels ,il faut s’en imprégner, sont dans un état de fragilité extrême de par leurs défenses factices et inutiles ) . Essayez cela ,déjà pour au moins une semaine ,-bien entendu que cela se perçoive aussi dans la teneur des propos sur ce blog-..

  12. Soit mais , la médecine préventive,
    soigner le quidam pour une maladie qu’il n’aura pas (ex: prévention contre le tétanos car extrèmement rare , + non pas virus mais bactérie donc les antibiotiques sont efficaces ..)
    ou sans gravité (ex: prévention contre la rougeole, maladie infantile bénigne sous nos climat, subitement devenue gravissime, mortelle …, cela après la coqueluche, qui n’est une maladie grave -sérieuse, voire mortelle- qu’ avant 3 mois, en dehors de toute prévention possible, -à moins de vouloir franchement capitaliser un compte allergie car toute intrusion de protéïne étrangère avant 5 mois, âge normal d’un sevrage allaitement maternelle complet, est allergène, cancérigène et co … )
    cependant que …. calcul de rentabilité … => fermeture des hôpitaux de proximité, … (avec dans le même esprit de la réforme : mieux d’amputer les doigts de pieds des diabétiques que d’essayer de les préserver …. )
    sans dire du baratin-gna-gnan « patients irresponsables » ( « responsabiliser » les patients ou qui = faire payer )
    la grande campagne contre le suposé fléau de la grippe aviaire, puis aujourd’hui celle porcine … ????

  13. Que disiez vous ?

    ……….C’est ce que disent les économistes et on est tenté de les croire……….

    Que disiez vous ?

    « Durant l’année 2010 on retrouvera une croissance, peut-être de 0,5%, c’est ce que disent les économistes et on est tenté de les croire », a dit Eric Woerth.

    « On voit bien aujourd’hui que la régression a probablement pris fin et qu’il y a une inflexion des choses.

    « Les recettes fiscales seront un peu meilleures (…) Nous commencerons l’année prochaine à diminuer les dépenses qui ont concouru à la relance », a-t-il poursuivi.

    Que disiez vous ?????

  14. à tous:
    en ne changeant rien, au niveau de l’émission monétaire, nous aurons une décroissance qui durera facilement 10 an! je prends date!
    Et la Chine et l’Inde n’échapperont plus pour longtemps au plongeon dans lequel nous mmes, le Japon en tête, engagés.
    Le choix: l’hyperinflation américaine ou la déflation un peu partout!
    Génial!
    jf

  15. Je me souviens bien de Milken, à l’époque il faisait la une des journaux comme étant le king de wall street et on lui collait évidemment toute la mythologie américaine libérale du self-made-man travailleur (il allait au boulot en prenant le métro, même tard le soir, blablabla, le Stakhanov US, blablabla). La réalité était moins rose. Il avait ensuite inspiré Oliver Stone pour son film « Wall Street ».
    Cela ne m’étonne pas qu’il n’ait purgé que 2 ans sur les 10 ans de sa condamnation. J’avais plutôt été étonné qu’il soit condamné à la prison. Ce n’est pas habituel pour les aristocrates de la finance.
    Enfin, c’est beau de voir qu’il n’a pas changé… 🙂

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