Antony Hegarty

L’un des avantages de vivre à Los Angeles – capitale mondiale du cinéma – c’est que certains des démarcheurs qui vous abordent dans la rue le font pour une cause excellente : pour vous inviter à visionner un film venant d’être monté. Il y a un prix minime à payer : une fois le film terminé, remplir un questionnaire suggérant comment l’améliorer avant sa sortie. Et cela aussi vous donne un sentiment d’importance, en faisant de vous en quelque sorte un co-auteur de dernière minute…

L’un des films que nous avons vus par ce moyen au fil des ans est Leonard Cohen : I’m Your Man, un documentaire sur le chanteur sorti en 2005 : un long entretien avec lui assorti d’un concert d’hommage en Australie. Si vous ne l’avez pas vu c’est de la très belle ouvrage, avec des interprètes inquiétants comme Martha Wainwright. Mais ce qui nous a soufflés et dont nous parlions essentiellement en sortant de la salle, ce fut la découverte de Antony Hegarty, du groupe Antony and The Johnsons.

Dans Leonard Cohen : I’m Your Man, Antony chante « If It Be Your Will », si tel était ton bon plaisir, une chanson de soumission abjecte comme « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. Ces chansons là me font plutôt sourire en temps ordinaire mais là, dans la version d’Antony – qui fait pâlir celle du compositeur lui-même – on est pris de frayeur et on pense : « Mon Dieu, il y a vraiment des gens comme ça ! », car au son de sa voix on imagine qu’une telle humiliation volontaire au plus haut degré lui vient naturellement et même si l’on ne se sent pas le talent de l’égaler on ne peut que compatir devant un être humain terrassé par une telle souffrance.

Antony enseigne la différence à ceux qui n’en auraient pas l’intuition : le déchirement ultime que suggèrent, même avant de les entendre, des titres comme « The Atrocities » ou « Hitler in My Heart ». Vous connaissez peut-être Divine, Harris Glenn Milstead (1945 – 1988), le travesti le plus absurde de toute l’histoire du cinéma, interprète entre autres de la mère dans le premier Hairspray (1988), celui de John Waters en personne (qui joue dans le film le rôle hilarant du psychiatre). Que le personnage délirant de Divine puisse inspirer une des plus belles chansons d’amour qui soit est l’un de ces mystères qui, dépassant de manière démesurée l’entendement, vous font penser au miracle.

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51 réflexions sur « Antony Hegarty »

  1. Bonjour,

    Je viens de découvrir Anthony and the Johnsons grâce à leur dernier album.
    Je ne maîtrise pas du tout l’Anglais ou l’Américain chanté et je ne peux donc pas accéder au sens et à la raison des thèmes abordés dans leurs chansons, mais ce que je sais, et ça me suffit, c’est que « One dove » est une des plus belles chansons (déchirante) que j’ai pu entendre ces derniers temps.

    1. @Omicron
      Voici, ci-dessousles paroles et deux traductions, par des voix autorisées, de « If it be your will »
      @Paul
      « Une chanson de soumission abjecte comme « Ne me quitte pas » de Jacques Brel ». Etes-vous certain? Car, qui est Il Celui qui peut « Let your mercy spill On all these burning hearts in hell », (« verser sa miséricorde sur ces cœurs brûlant en Enfer »)? Qui est Celui qui peut « Let the rivers fill, Let the hills rejoice », (Laisser les fleuves déborder,
      Les collines danser leur joie), si ce n’est Celui à qui beaucoup d’hommes et de femmes ont dit depuis longtemps « Que ta volonté soit faire, sur Terre comme au Ciel » ?
      Même si l’on est, comme beaucoup, incapable de croire qu’il y ait dans le ciel autre chose que des étoiles et des galaxies lointaines, on a quand même envie aussi que « s’achève cette nuit » dans laquelle nous vivons tous 24 heures sur 24…

      If it be your Will

      If it be your will
      That I speak no more
      And my voice be still
      As it was before
      I will speak no more
      I shall abide until
      I am spoken for
      If it be your will
      If it be your will
      That a voice be true
      From this broken hill
      I will sing to you
      From this broken hill
      All your praises they shall ring
      If it be your will
      To let me sing
      From this broken hill
      All your praises they shall ring
      If it be your will
      To let me sing
      If it be your will
      If there is a choice
      Let the rivers fill
      Let the hills rejoice
      Let your mercy spill
      On all these burning hearts in hell
      If it be your will
      To make us well
      And draw us near
      And bind us tight
      All your children here
      In their rags of light
      In our rags of light
      All dressed to kill
      And end this night
      If it be your will
      If it be your will.

      Adaptation française de Graeme Allwright

      Si c’est ta volonté
      Si c’est ta volonté
      Qu’une voix soit vraie,
      Si c’est ta volonté
      Que je ne parle plus,
      Que ma voix se taise
      Comme au début.
      Je ne parlerai plus,
      Le cœur en paix, j’attendrai
      Qu’on me demande nu,
      Si c’est ta volonté.
      Si c’est ta volonté
      Qu’une voix soit vraie
      De cette colline brisée,
      Je te chanterai.
      De cette colline brisée,
      Sonneront tes louanges à la volée
      Si c’est ta volonté
      De me laisser chanter.
      De cette colline brisée,
      Sonneront tes louanges à la volée
      Si c’est ta volonté
      De me laisser chanter.
      Si c’est ta volonté,
      Si nous avons le choix,
      Laisse les fleuves déborder,
      Les collines danser leur joie.
      Verse ta miséricorde
      Sur ces cœurs brûlant en Enfer,
      Si c’est ta volonté de nous guérir.
      Attire nous tout près,
      Tes enfants de la Terre.
      Et nous protéger,
      Dans nos guenilles de Lumière.
      Dans nos guenilles de Lumière,
      Vêtus pour tuer.
      Et achève cette nuit
      Si c’est ta volonté,
      Si c’est ta volonté.

      Traduction de Jean Guiloineau

      Si c’est ta volonté
      Si c’est ta volonté
      de ne plus m’entendre parler,
      de ne plus entendre ma voix
      comme auparavant;
      je resterai coi,
      j’attendrai le moment
      que l’on m’ait parlé
      si c’est ta volonté.
      Si c’est ta volonté
      qu’une voix soit vérité,
      depuis cette colline
      je chanterai pour toi.
      Depuis cette colline
      ton éloge par ma voix,
      si c’est ta volonté
      de me laisser chanter.
      Si c’est ta volonté
      et s’il y a le choix
      laisse les fleuves monter
      les collines à leur joie.
      Déverse ta pitié
      sur ces damnés malheureux
      si c’est ta volonté
      que nous soyons heureux.
      Et rassemble-nous
      bien serrés dans nos prières,
      et tes enfants avec nous
      dans leurs haillons de lumière;
      dans nos haillons de lumière
      tous habillés pour tuer;
      mets fin à la nuit passagère
      Si c’est ta volonté

  2. Bonjour M. Jorion,

    Avec Antony and The Johnsons vous nous faites entrer de plain-pied avec le XXIe siècle
    et face à un des enjeux primordiaux auxquels les êtres humains aient jamais été invités
    à débrouiller leurs positions.
    L’inconcevable fragilité, vulnérabilité, ambiguïté, immédiateté, vitalité, puissance du sensible
    et de ses manifestations.
    La musique, le chant, la danse ont une capacité superbe à traverser des barrières coriaces et ancrées
    dans les âges, les tripes, les crânes, les coeurs et de la racine des cheveux, jusqu’au bout des doigts de pieds.
    Merci de nous faire partager ces moments musicaux.
    Bonne journée.

  3. Je n’écoute jamais aucune musique, sauf à la Mi-Aout, mais c’est juste pour couvrir le cris des chats qui miaulent. Quant , Antony Hegarty, je trouve qu’il ne me change pas vraiment de mon quotidien du mois.
    Celà dit, c’est bien que vous aimiez, en général.

    1. Bonjour Petit-Boutien,

      Vous m’avez fait bien rire avec vos chats car j’ai expérimenté, et survécu à ces affreux assauts de crillailleries félines.
      Mais avouez, pour le chanteur… quelle puissance d’évocation !!! n’est-ce pas ?
      …j’en ris encore, merci.
      Bonne soirée.

  4. Décidément, ce blog est plein de surprises

    Merci Monsieur Jorion
    Merci à tous, pour ces moments de pur bonheur

    Vraiment superbe, il y avait longtemps qu’un artiste ne m’avait pas ému aux larmes
    J’avais presque oublié……

    Merci encore
    Bonne soirée à tous

  5. Je suis surpris, surpris et choqué par l’emploi que Paul fait du mot « abject » attribué dans ce contexte à un comportement, certes, un tantinet autoflagellatoire et masochiste. Mais qui l’appliquer à un comportement amoureux, dont la littérature nous a enseigné depuis des siècles qu’il était par nature irrationnel, excessif parfois, impétueux souvent, voilà bien un qualificatif sévère! Où est passé le Paul Jorion Anthropologue, voire Psychologue, observateur attentif et critique des passions humaines? Où est votre compassion, Paul, car cet homme souffre, et il s’exonère (au sens éthymologique et médical) de sa souffrance par la chanson, par l’Art! D’autres eussent passé à l’acte et viré criminels, remplissant ainsi les prétoires de leurs histoires passionnelles…
    L’abjection, c’est ce qui inspire le dégoût, le mépris, la répulsion, partant, une certaine idée de supériorité sur l’être honni.
    Nous ne lui sommes pas supérieurs, simplement, notre cortex cérébral n’est pas la proie de tornades incontrôlées de neuromédiateurs en tout genre…
    Cela dit, merci de m’avoir fait découvrir un artiste… épatant!

    1. Ne vous y méprenez pas : je préfère que Jacques Brel ait écrit « Ne me quitte pas » plutôt que d’être devenu criminel.

      Quand même, « offrir des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas », il faudrait empêcher les gens de tomber aussi bas, vous ne croyez pas ?

    2. Noyé par de violentes vagues d’auto apitoiement,
      Jacques Brel à dû oublier le Congo en écrivant cette chanson…

    3. il faudrait empêcher les gens de tomber aussi bas, vous ne croyez pas ?

      avec un 😉 donc…

      non je ne crois pas. ce qu’il faut faire c’est aider les gens à traverser la période le moins pire possible, les aider à ne pas s’écraser au sol en tombant aussi bas (y a plus bas encore et là ça commence à devenir définitif)
      il y a des bas relativement hideux qui, qu’on le veuille ou non, font partie de l’existence

      « empêcher », ou éviter, parfois je me dis que c’est la meilleure recette pour empirer les choses.

      une fois la pire de ce genre d’épisode passé, on peut se mettre à chercher à comprendre ce qui se passe, histoire d’être un peu moins dupe de soi, de ses désirs, croyances, illusions, doigts dans les yeux, etc…

    4. Mr Jorion, l’amour est plus fort que tout.
      Si vous n’aimiez pas, seriez vous sur votre blog entrain d’essayer de sauver le monde envers et contre tout?
      Vous vous sentez bien seul, nous aussi, parce que nous voulons decrocher la lune, et c’est impossible.
      Jacques Brel exprime ce sentiment, il exagere, mais il est conscient qu’il a perdu ou qu’il cherche un amour qui ne lui appartient plus ou pas.
      Le meme sentiment que Daniel Balavoine evoquait quand il voulait « sauver l’amour ».
      Nous desesperons positivement.

  6. Abjecte, le mot parait excessif. Un grand nombre de chansons, poèmes, films traitent de la rupture affective. Rien de bien nouveau dans cette chanson me semble t il. Pas sûr que ce soit du masochisme que d’être en manque de quelqu’un
    comme d’autres le sont d’une drogue, nous ne sommes pas faits que de sentiments ou d’idées mais aussi d’endorphines ou d’hormones.

    Évidemment, ça n’entraine pas de devoir rester sans paroles et de ne pas remonter la pente, mais l’art ne raconte pas que des histoires belles et roses. Il est dans les pics et les creux.

  7. Il chante un peu comme feu Jeff Buckley. Jolie façon de chanter. Au fait la démission de Lagarde, c’était des « fariboles » selon elle; mea culpa.

    http://www.youtube.com/watch?v=AratTMGrHaQ Jeff Buckley – Hallelujah

    un truc plus péchu et délirant, bonne façon de tourner le dos aux époques de consommation béate tout en gardant un certain dynamisme. Sorry for the cracks of the LP !

    http://www.youtube.com/watch?v=VCmPtx_PcYs Led Zeppelin – Gallows Pole

  8. C’est vrai que ça serait bien d’empêcher les gens de tomber trop bas, ça fait des millénaires qu’on cherche, on a peu trouvé…et puis ça fait probablement partie de la liberté de chacun de faire des plongeons, quitte à se dire après coup(s) qu’on aurait pu se débrouiller pour moins déconner.

  9. Une bien belle abjection ….

    On peut surtout penser que c’est une chanson sur l’inutilité de l’abjection….

  10. Quelle révélation, quelle émotion, quelle voix! Une découverte pour moi.Chapeau bas, Mr Jorion !

  11. Sans doute le mot « abject » est-il un mot trop fort et lorsque je l’ai lu, je me suis dit en un spasme qu’il devait certainement être compris dans une acception philosophique ou psychologique que je ne possédais pas .:-)
    Je prends maintenant mon « Petit Larousse » et je vois une définition qui me convient dans le cas de la chanson de Brel :
    abjection = abaissement moral.
    De la façon la plus neutre possible, on peut parler d’abaissement moral dans la mesure où l’auteur manifeste sa plus totale capitulation.
    D’ailleurs « l’ombre de ton chien » a toujours été de trop pour moi, ça ne passe pas, surtout après « l’ombre de ton ombre » qui aurait pu conclure les paroles !

    Comme je n’ai jamais partagé l’engouement de tous pour cette chanson, ça ne me gêne pas qu’on soit un peu iconoclaste.

    Maintenant, j’aimerais bien avoir la traduction des paroles de « Divine », histoire de me faire ma propre idée 🙂 !

    1. « l’ombre de ton chien, l’ombre de ta main, l’ombre de ton ombre » c’est de Robert Desnos.

    2. Robert Desnos et « l’ombre », c’est plus poétique et moins(?) « abject » que Brel :

      LE DERNIER POÈME

      J’ai rêvé tellement fort de toi,
      J’ai tellement marché, tellement parlé,
      Tellement aimé ton ombre,
      Qu’il ne me reste plus rien de toi.
      Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres
      D’être cent fois plus ombre que l’ombre
      D’être l’ombre qui viendra et reviendra
      dans ta vie ensoleillée.

    3. Bonjour omicron,

      proposition de traduction de :

      Divine

      Adieu chéri
      Chéri, au revoir
      Divine, oh Divine
      Tombant tel une image du temps

      Il était la Mère de l’Amérique
      Il fut mon auto-résolu guru
      Je porte ton gros et gras coeur dans mes mains
      Je tiens ton coeur brûlant dans mes mains
      Une supernova
      Une flamme ardente
      Allumant l’obscurité

      Quelqu’un parla-t-il de Ravissement ?
      Je repense à toi
      Qui avançait malgré tant de douleur
      Qui tend le miroir au nez des imbéciles

      Et je casserai la gueule des insidieux
      qui nous défient !
      Et j’avalerai de la merde,hilare
      sur ma paillasse !

    4. Voici le texte en anglais :

      Divine

      Good-bye baby
      Baby, good-bye
      Divine, oh Divine
      Falling like a picture of time

      He was the Mother of America
      He was my self-determined guru
      I hold your big fat heart in my hands
      I hold your burning heart in my hands
      A supernova
      A flame on fire
      Shining in the darkness

      Did someone mention a Rapture ?
      I turn to think of you
      Who walked the way with so much pain
      Who holds the mirror up to fools

      And I’ll murder the ingrates
      who stand in our way !
      And I’ll swallow shit, laughing
      on my bed of hay !

    5. Merci Domini CB, j’ai tenté d’éliminer quelques rugosités restantes.

      Adieu mon bébé,
      Mon bébé, adieu !
      Divine, oh Divine
      Tombant pareille à l’image du temps.

      Il fut la Mère de l’Amérique,
      Il fut mon gourou auto-proclamé.
      Moi-même : je tiens ton gros cœur gras dans mes mains,

      Je tiens ton cœur qui bat au creux de mes mains
      Une supernova
      Une flamme en feu,
      Brûlant dans la nuit.

      Et si quelqu’un évoque l’extase,
      Eh bien c’est à toi que je pense,
      Qui vivais réconcilié avec qui tu étais
      En dépit de la souffrance.
      Qui tendais aux crétins un miroir.

      Et je ferai la peau aux ingrats
      qui nous barrent le passage !
      Et j’avalerai de la merde, hilare
      sur ma paillasse !

    6. Bonsoir M. Jorion,

      Oui, c’est moins raide et mot-à-mot que le premier jet proposé, merci.
      Le texte en anglais est beau, et la chute inattendue…

  12. bonjour,

    L’alternative pratique aux USA;a Los Angeles la ville des « anges » ?:

    Forum de Los Angeles,

    l’événement en question, une clinique gratuite volante installée pour une semaine dans le stade couvert de basket ball du Forum – en donne une mesure spectaculaire..

    De l’Amazone à Los Angeles

    17/08/2009

    http://www.dedefensa.org/article-de_l_amazone_a_los_angeles_17_08_2009.html

    un constat partagé:

    La confusion des esprits

    Par Jean Zin le Dimanche, 16 août 2009, 12:00 –

    http://jeanzin.fr/index.php?post/2009/08/14/La-confusion-des-esprits

  13. A tous

    A voir sans modération un film de SF Mexicain « SLEEP DEALER » , d’actualité à mon avis .

  14. Jacques Brel était tout a fait conscient de l’abjection qu’il décrivait. L’on pourrait dire que chez lui l’abjection à laquelle peut conduire l’amour était consciente; La grandeur de cette chanson est de l’exposer sans fard comme n’importe quel homme – peut-être pas un économiste – peut l’éprouver.
    Rien dans la vie d’un Brel n’ a été abject, ni mesquin du moins à ma connaissance. Il exprimait bien au contraire dans ses chansons des états d’âme qui n’ont avec la réalité que le fait d’être des vertiges de l’esprit. .Tout la grandeur de cette chanson si populaire, est l’art justement de jouer avec ces sentiments si repandus pour éviter qu’ils ne détruisent la vie.

  15. Très étonnante l’insensibilité de Paul Jorion à la poésie la plus pure, la plus nue… Et plus étonnant encore qu’il ignore l’une des lois fondamentales du Grand Art: la fin justifie toujours les moyens.

    1. Si je ne vous admirais pas, j’aurais l’outrecuidance de vous demander si vous connaissez le conseil qui conclue le « Tractatus logico-philosophicus » de notre ami Ludwig Wittgenstein. Mais comme j’admire votre lucidité économique, je ne vous le demande pas. 😉

  16. La poésie guérit les blessures que fait la raison.
    (Novalis)

    La poésie est le réel absolu. Plus une chose est poétique, plus elle est vrai.
    (Novalis)

  17. @Paul Jorion. Méfiez-vous: c’est dangereux de critiquer les poètes…

    Quand je songe au beau corps où bat ton mauvais coeur
    je donne froidement au souvenir sévère
    la forme sans amour d’une vierge de pierre
    étendue à jamais sur un tombeau de soeur.

    Car j’ai depuis longtemps condamné ta beauté
    au médiocre destin d’une ombre passagère.
    La terre à ton cercueil ne sera point légère:
    quand on blesse un poète on perd l’éternité.
    (O.V. de L.Milosz. Début du poème Le jugement)

  18. Depuis Dante, c’est une vieille ficèle des poètes (des gens susceptibles, selon Horace « Genus irritabile uatum. » Épitres (II, 2, 102)

  19. @Paul Jorion.
    Le poême le plus court du monde:

    « Un hydromel lacrimal lave une feuille vert choux »
    Arthur Rimbaud

    Traduction:
    il pleut sur la salade

  20. Je n’ai pas la memoire des dates, mais je me souviens tres nettement de l’instant ou j’ai entendu le 1er morceau de ce magnifique album « I am a bird now » – je ne sais plus combien de fois cet album m’a rechauffe dans l’hiver qui a suivi…

    @ Paul
    en decouvrant surpris ce post, j’ai repense aussi a ces titres pour ces 2 lignes de paroles
    « …
    Oh I’m scared of the middle place
    Between light and nowhere
    … »

    qui me semblait faire echo avec votre « Parfois, il faut bien le dire, je me sens un peu seul… »

  21. Brel n’est pas un poouuêet, -i l’a cru d’ailleurs avec son Don quichotte – juste un chansonnier c’est d »jà p

  22. C’est déjà pas mal. Le chansonnier parle aux foules sollitaires et dans leur lahgage c’est pourquoi ce
    langage est parfois inupportable. De gros désirs sans fioritures…c’est une question de « classe « ….

    « Pour trouver l’amour à Paris, il faut descendre jusqu’aux classes dans lesquelles l’absence de l’éducation et de la vanité et la lutte avec les vrais besoins ont laissé plus d’énergie. Se laisser voir avec un grand désir non satisfait, c’est laisser voir soi inférieur, chose impossible en France, si ce n’est pour les gens au-dessous de tout… de là les louanges exagérées des filles, dans la bouche des jeunes gens qui redoutent leur cœur. »

    -Stendhal, De l’Amour

    encore de l’insoutenable…

    http://www.youtube.com/watch?v=Y6TfakvrHRE

  23. De fait l’art c’est de grossir le trait, l’art du stabilbos, ce sont des techniques beaucoup plus efficaces que subtiles à l’inverse de ce qu’on nous dit. C’est même ne pas se gêner d’une possible obscénité, sinon ça risque de ne passer…

    Mozart était atteint de la maladie de Tourette parait il.

    Alors Brel et ses chansons sur les vieux, l’amour maso-merdique ou les bourgeois, c’est dans lignée du processus artistique qui se drape d’élégance cruelle pour n’en faire qu’à sa tête.

    Pas très apollinien tout ça.

  24. @ Paul J
    « Parfois, il faut bien le dire, je me sens un peu seul… malgré votre présence à tous, dont je vous remercie. Je synthétise ce que je trouve comme information et je vous le communique. Aucune université n’a besoin de mes services, aucune compagnie ni aucun think-tank non plus, je n’ai pas d’autre titre que « blogueur » et auteur. »

    Vous n’êtes pas seul à connaître cela,

    Je le vis moi même au quotidien depuis plusieurs mois,

    Vous n’êtes pas responsable de cette crise mondiale,

    Le monde aurait davantage besoin d’entendre des gens comme vous,

    Rira bien qui rira le dernier envers autant de gens dans la détresse.
    http://www.youtube.com/watch?v=-3Py6R3W4Ek&feature=related

    Vous n’êtes pas que cela, je vous verrais bien dans tel ou tel poste, dans telle ou telle université, dans tel ou tel orphelinat, dans tel ou tel journal indépendant, dans telle ou telle boite informatique comme programmeur, etc.

    J’attends ce jour ou les grands de ce monde vont bientôt faire dans leur froc, ce jour ou ce ne seront plus du tout
    les petits à qui l’on demandera des explications, je vous en prie ne baisser pas les bras ne leur donner pas raison comme tant d’autres que l’on préfère pousser dans l’abime, dans le désespoir pire même en période de crise, j’en tremble déjà de honte à l’avance …

    La roue tourne pour vous remonter le moral:
    http://www.youtube.com/watch?v=bbcKO92OGNI
    http://www.youtube.com/watch?v=6QbE6Vnwprk&feature=channel
    http://www.youtube.com/watch?v=GUjdGzzgwYs&feature=related

  25. l’ amour n’ est qu’ une histoire de soumissions, c’ est vieux comme le monde …. c’ est bien naïf de ne pas le voir.

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