35 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 4 décembre 2009 »

  1. Je pense en effet que la distinction entre économie de marché et capitalisme est fondamentale, il serait d’ailleurs intéressant de creuser pourquoi des historiens comme Fernand Braudel font facilement cette distinction alors que ce n’est pas (ou peu) le cas pour les économistes, il serait sans doute temps de remédier à cette lacune (peut-être le sujet d’un prochain ouvrage?). Sur cette distinction, je pense que des auteurs comme Proudhon (vous avez d’ailleurs écrit une postface à son manuel de spéculateur à la bourse) ou Silvio Gesell (encore moins connu) peuvent toujours être d’une brûlante actualité. Bien à vous et merci pour vos brillantes analyses.

  2. Bravo, très bonne synthèse très claire du libéralisme, de ses limites et des risques qu’il fait courir au capitalisme.

  3. Bonjour M. Jorion

    Je lis ce blog depuis peu de temps, et je vous remercie pour son existence.
    Votre démarche me semble hautement salutaire dans ce paysage de désolation qu’offre à notre vue la société occidentale depuis l’avènement du libéralisme économique et politique. Celà est advenu grâce aux thèses de Friedman et Hayek appliquées par Reagan et Thatcher notamment.
    Que les gouvernements français aient pu suivre ce mouvement me démoralise depuis des années, mais le pire est que le peuple ait pu écouter ces sirènes et aller dans leur sens en les portant et en les maintenant au pouvoir (il serait d’ailleurs très intéressant pour notre culture que quelqu’un écrive sur blog un sujet sur le rôle de propagande que peut jouer la télévision dans cette hypnose collective).
    Je ne suis pas un intellectuel, loin de là, je fais partie de la classe laborieuse, mais je sens de manière intime et profonde que vous allez vers ce qu’il nous faut pour que l’espoir renaisse dans cette société, c’est à dire une voie possible pour sortir de ce libéralisme mortifère qui nous anéanti.
    Encore merci pour ce que vous êtes tous ensemble en train de créer.

  4. le libéralisme, ( dans sa version béate, ultra, ordo, anarcho …. ) … est une uchronie … (Chronos mange ses enfants …. ) …
    en bref, dans ma logique à moi, ….. il est fatalement suicidaire … (et donc je ne comprends évidemment pas les capitalistes, ….. sauf à leur égard , de me poser cette question – qui certes laquelle à priori ne résout rien- : où s’arrête la sincérité ?, où commence l’hypocrisie ? …)

    après, sur le comment s’en sortir de la crise actuelle, …. ( .. il en a déjà fallu des guerres, sans doute parfois pour moins que ça … ) …. et de réfléchir en vue de légiférer autrement, de la loi de l’échange ….. ( ne peut-on dire d’une autre philosophie, d’une autre politique …. car, il de tout cela, il en concerne aussi de l’usage de notre temps …. lequel réfère à notre Liberté, – laquelle n’est pas libérale…., mais ni non plus de son contraire ….. – …. )
    il importe vraiment, (et je vous remercie …) de décrire … de la crise et co …. (car c’est un fait qu’ avant de prescrire de quoi que ce soit, il faut déjà comprendre et s’entendre de quoi on parle …. )

    donc encore merci …

  5. Il faudrait peut-être inventer un système qui implique une nouvelle conscience tournée vers l’éthique. Et non retourner en arrière, l’expérience faisant que la nature humaine jouit à tous les temps des vices acquis, qui auraient tout comme le virus H1N1, intérêt à muter et à redoubler de virulence. Le système capitaliste avant sa mutation vers le liberalisme puis vers l’ultra-liberalisme est à mon sens un virus souche trafiqué en laboratoire en période de guerre froide. Il plaçait déjà le principe du libre profit en réponse au totalitarisme communiste. Il était dès lors une stratégie diabolique et fourbe qui s’est enrichi de toutes connaissances à des fins pernicieux et matériellement spéculatifs. Où se situe la bifurcation? Le vaccin n’est donc pas de réinjecter le vice mais de se dire que l’on en est définitivement immunisé. Et que coûte que coûte il ne faut pas “retourner à l’endroit où l’on a prit la mauvaise direction”. Parce qu’il s’y préparerait là encore bien pire! Ne faisons pas d’un système une mode. Ce serait encore une nouvelle dérive. Du mouvement hippie est née en ces dernières années le “hippy chic”. Profit quand tu nous tiens!

  6. Merci Philippe Laure pour votre beau commentaire. J’ajouterais à la responsabilité de la publicité dans cette propagande la fascination morbide que l’on décèle dans nombre de publicités et titres de presse (y compris, voire plus encore, presse internet).

  7. Paul a déjà écrit:
    «  »Il n’existe en effet pas de rapport immédiat entre capitalisme et économie de marché. Le premier, comme il a été dit, est un principe de partage du surplus où les capitalistes dominent, alors que le second est un système assurant la circulation des marchandises, système fondé sur un double principe : celui du profit, autrement dit de la revente d’un bien à un prix plus élevé que celui auquel un marchand l’a lui-même acquis, et de la limitation du taux de profit par la concurrence, qui assurerait que ce taux soit automatiquement ramené au niveau le plus bas de la rentabilité.
    Le capitalisme s’exerce au plan de la production tandis que l’économie de marché est un mode d’organisation de la distribution. Ils portent donc sur deux moments distincts du processus économique : le capitalisme s’exerce au niveau du « marché primaire », l’économie de marché ne portant elle que sur les « marchés secondaires ». Une marchandise est, dans un premier temps, produite. Elle accède alors à son marché primaire. Son premier prix comprend, outre les coûts de production, le surplus proprement dit qui se répartit entre les intérêts perçus par le fournisseur des avances, à savoir le capitaliste, et le profit qui revient à l’entrepreneur, une fois déduite la part du surplus revenant aux salariés. La marchandise ayant été mise à la disposition des marchands, ceux-ci l’acquièrent et se chargent de sa distribution sur un « marché secondaire ». Ils percevront en sus de leurs frais, leur propre part de profit : le bénéfice commercial. La concurrence – pour autant que son bon exercice puisse être assuré par la puissance publique – est censée maintenir ce profit au niveau de rentabilité le plus bas possible. » »

    Et cette idée est développée par Paul aujourd’hui. Il faut donc impérativement signaler ceci.

    Le tripartion: capitalisme – économie de marché – libéralisme, se trouve déjà expressément démontrée et surtout rendue opérationnelle par les découvertes expérimentales de Clifford Hugh Douglas (1879-1952).
    Précision immédiate obligatoire, Clifford Hugh Douglas a été, hélas, minoré par Keynes sans doute parce que Keynes était l’homme de la City, tandis que Douglas avait soigneusement démonté le mécanisme de formation des prix industriels et démontré que les salaires des producteurs ne pouvaient, en aucune façon, acheter toute la production… D’où le crédit… aux effets calamiteux; ces preuves non démontrées fausses, déplurent fortement à la City….
    Douglas et Keynes se connaissaient très bien et se cotoyaient, avaient des rapports courtois et étaient exactement contemporains. Mais Keynes, grand théoricien, avait l’audience de la City ce qui lui a valu son « aura » financier mondial. Seulement Keynes n’avait pas les capacités concrètes et opérationnelles de Douglas. Ce dernier, grand praticien économique du terrain industriel et des grands travaux, ayant été en plusieurs endroits du monde directeur dans l’industrie aéronautique, dans le domaine des chemins de fers, travaux publics et ponts et chaussées, mais dont les découvertes expérimentales ne convenaient pas aux grands milieux bancaires de la City qui firent tout pour passer Douglas aux oubliettes… Jusqu’à presse la patte graissée pour taire les propositions de Douglas pourtant intéressant tout le monde. Car s’il s’était agi d’une chimère de plus, les milieux bancaires l’aurait oubliée aussitôt. Mais leur sourde advsersité et leurs efforts pour disqualifier Douglas, pour maintenir leur seul contrôle sur l’économie et plus que l’économie, pour maintenir leur profits et le malheur de tous, est une indication sans faille du sérieux des principes techniques du Crédit-Social de Douglas.
    En Australie et en Nouvelle-Zélande sont demeurés nombre de personnes favorables au Crédit-social, il s’y trouve même une ou plusieurs écoles, au Canada, et maintenant en Amérique Latine, des dispositions au Brésil sont sur cette voie, et en Afrique Noire, des avancées notables ont lieu.

    Vu que la « City » maintenant a fait faillite en entraînant le monde avec elle avec toutes les incertitudes à la clé, c’est le moment urgent de regarder Douglas à la loupe, d’autant plus qu’il se trouve être le dénominateur commun, connu ou inconnu d’ailleurs, de maint chercheurs de Justice en économie et en finance. Or la technique ne triche pas, toutes les sciences le prouvent, la vérité ne contredit jamais la vérité, le vrai ne se contredit pas non plus. Pourquoi la monnaie y échapperait?

    Donc le point le plus important et décisif trouvé expérimentalement par Douglas est la discrimination, salubre entre toutes, des deux principaux courants de la monnaie: la monnaie de production (capitalisme) et la monnaie de distribution (économie de marché), quant au libéralisme il se trouve apaisé et satisfait car la concurrence, assainie et non sauvage dans un sytème monétaire et financier devenu sain, y est atisée sur le mode essentiellement commercial en faveur des clients. Dans cette approche monétaire et financière de Douglas, le seul « résidu étatiste », mais nécessaire (1), est que la création monétaire et son émission est dévolu à, disons, à une Banque centrale représentative de la société (2), tandis que les banques commerciales fonctionnent avec une couverture monétaire de 100%-monnaie et n’émettent plus de monnaie. Cette Banque centrale, ou organisme de création et d’émission monétaire, est une entité représentative de la société civile productrice d’un espace économique donné. À travers cet organisme, la société poductrice a l’assurance que la monnaie accomplisse sa mission à 100%, donc soit traitée et organisée pour que les biens produits aillent, sans chicanes, aux destinataires qui sont l’ensemble des consommateurs y compris l’État. C’est pour eux que cet organisme financier de création monétaire fonctionne. Ce n’est pas pour rien qu’il y eu cette réflexion historique de V. Molotov qui fut ministre des affaires étrangères de la défunte Urss, référence entre toutes comme grand apparatchik du parti communiste de l’Urss, je cite sa réflexion de mémoire, mais le sens y est: « Nous savons tout du Crédit Social, c’est la seule méthode dont nous craignons l’application en Occident ». En effet, Douglas avait réalisé l’égalité financière: production-finance-distribution, déterminée par la demande de distribution de biens de base réels; le principe de subsidiarité enfin en marche. Avec l’expérimentation de Douglas, aucun producteur, aucun travailleur ne se constate dépouillé de la valeur qu’il crée. Tout le marxisme se voyait ici l’herbe coupée sous ses pieds. Venant de Molotov, cette réflexion en dit très très long! En résumé, il s’agit là un pouvoir d’achat réel et non entamé par rien, sans prendre dans les poches de personne, basé sur les capacités de productions d’un espace économique donné.

    On peut déjà voir ceci sur le blog français du Crédit Social:

    http://credit-social.over-blog.com/article-sommet-de-copenhague-40550653.html

    et pour ceux qui possèdent l’anglais:

    http://douglassocialcredit.com/

    (1) la monnaie de distribution, c’est comme l’oxygène indispensable compris entre un maxima et un minima nécéssaire à notre métabolisme et, en tant que monnaie, cela ne relève pas du marché, tandis que la monnaie du capitalisme peut relever du marché pour autant qu’il s’agisse vraiment du marché. Acheter une cravatte ou un ordinateur relève du marché où le capitalisme peut parfaitement investir, mais préserver l’eau, l’environnement et l’écosystème, etc., où encore une consultation de médecin, ne relève pas du marché, à moins que le marché accepte, selon les circonstances, un cahier des charges strict ayant force de loi.

    (2) comme le serait, par exemple, un ministère de la Justice, d’autres désignations peuvent être trouvées et utilisées, mais ceci est secondaire à ce stade.

  8. qui peut m’expliquer ce soudain miracle?A ce point je suppose qu’il y a magouille ?

    http://fr.news.yahoo.com/80/20091204/tbs-etats-unis-les-entreprises-licencien-3213331.html
    Grosse surprise aux Etats-Unis. Selon les chiffres officiels du département du Travail présentés ce vendredi, le taux de chômage a reculé à 10% en novembre, essentiellement grâce à un rythme des destructions d’emplois qui a fortement décru (11.000 licenciements nets). C’est le chiffre le plus bas depuis le lointain décembre 2007, période considérée désormais comme l’entrée en récession des Etats-Unis. Les analystes paraient de leur côté sur un scénario totalement différent : 125.000 suppressions d’emplois et un taux de chômage de 10,2%. Le rapport mensuel du ministère, s’il ne signe pas le retour des Etats-Unis à la création nette d’emplois, est incontestablement le meilleur publié depuis presque deux ans. C’est également une bonne nouvelle pour l’administration du président Obama, qui a fait du retour à l’emploi un de ses objectifs majeurs et étudie actuellement des nouvelles mesures en ce sens, en dépit d’un budget qui limite ses marges de manouvre. yahoo + figaro

    1. Y’a des chômeurs en fin de droits qui ont dû sortir de la comptabilisation.
      C’est bien simple, je pense possible si on reste à ce niveau de destructions d’emploi, que les USA se retrouvent au bout d’un an avec 2 ou 3% de chômeurs dans les statistiques et des millions de gens sans emploi dans la rue.
      Tout ceci montre que ce sont les précaires (15-20% de la population) qui ont trinqué jusqu’à présent. La classe moyenne n’a pas encore été touchée et c’est seulement à ce moment-là que les choses deviendraient sérieuses. Mais pour ça, il faudrait revenir à un niveau de destruction d’emploi important (car là ça atteindrait les emplois de la classe moyenne, la couche des emplois précaires étant déjà perdue).

      Même phénomène en Europe, à ceci près que dans beaucoup de pays ces précaires continuent à être aidés et restent donc dans les statistiques.

  9. Le libéralisme est bien sûr un système politique (idéologie) qui essaye de réduire au maximum le pouvoir de l’état. Mais ce n’est pas son seul objectif. En effet, le libéralisme a l’ambition de « libérer » l’homme ! La liberté d’un homme s’arrête là où commence celle de l’autre : le libéralisme défend donc le référendum, la libre entreprise, la liberté de parole, l’euthanasie, l’avortement… Beaucoup de libéraux ont été étiquetés de populistes pour cette raison-là. Moi, personnellement, je défends toutes ces « valeurs ».Par contre, je ne défends pas les dérives du libéralisme au niveau de l’état !… A mon sens, les politiciens ont été élus dans l’intérêt général et pas pour défendre leurs propres intérêts, pouvoirs ou libertés. Ils doivent corriger les dérives de certains individus ou sociétés vis-à-vis des autres. Or, on constate chez les ultralibéraux ou néolibéraux qu’ils défendent leurs propres intérêts, ainsi que ceux des banques et grosses sociétés, souvent au détriment de la population. D’ailleurs, on peut constater la même attitude chez les socialistes… Personnellement, je défends un libéralisme social (qui protège aussi les plus faibles) mais, malheureusement, on est loin du compte avec les partis libéraux actuellement au pouvoir !…

  10. Encore merci Paul pour vos analyses dont je fais la propagande autour de moi.

    « Baisse surprise du chômage aux Etats-Unis » titre le journal Le Monde avec 11 000 suppressions seulement ce qui n’est pas une baisse, mais au mieux une hausse modérée ou une quasi-stagnation.

  11. @enrique Le Monde (qui est devenu le porte parole de la pensée unique)parle du taux de chomage tombé
    de 10.2 à 10.0 je pense?
    Comme écrit plus haut je me demande ou ce trouve ce mois ci le ‘truc’?Probablement que l’on ne compte plus les chomeurs de longue durée qui ne sont plus comptabilisés dans ce chiffre(vu que plus indemnisés) mais dans le second ‘underemployed’ qui lui passerait de 17.5 à 17.3 pct ….ce qui ne change finalement pas grand chose….mais tombe comme par miracle le jour ou Obama annonce un prochain plan emploi voté très vite soit avant Noel(les élections arrivent en nov 2010 et il y a deux partielles en février)….le prix Nobel de la ..guerre devient de plus en plus créatif dans ses tripotages de stats….à moins qu’Obama ne vienne d’engager un cadre de Pole Emploi ou de l’Insee des gens aussi très doués en manip de statistiques….le pire c’est que Wall Street puisse croire à ce genre de chiffres..sont’ils vraiment si stupides ou bien de grands naifs?Le DJ à 20.000 pts début novembre chiche ?? lol

    1. Le vrai taux de chômage aux USA se rapproche actuellement plutôt de 20% (30 millions de personnes). En effet, les catégories suivantes sont exclues du chiffre de chômage officiel de 10.2 % :

      – les personnes qui cherchent un emploi depuis plus d’un an

      – les étudiants qui ont terminé leurs études et qui cherchent pour la première fois un travail

      – tous ceux qui travaillent part-time mais qui désirent travailler plus

  12. Bonjour,
    Cela fait un temps que je fréquente des forums tel qu’Agoravox. L’esprit jeune, on le sent, c’est de dire « l’argent pue ».
    J’ai fait le travail inverse. Et s’il n’y en avait pas ou qu’il ne serait plus donné pour compenser un travail.
    Exercice amusant, par l’intermédiaire du bénévolat: http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2005/10/11/en-avoir-ou-pas.html
    une autre fois, à la méthode des grands patrons: http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2009/09/04/tous-a-un-dollar.html
    D’autres parlent par l’intermédiaire de se trouver en occident ou en orient. Ce qui me parait complètement faussé. La France ne serait plus en occident….!!! Amusant.
    La Chine, l’Inde peuvent très faire partie de l’occident en ayant copié.
    Quel est votre avis?

  13. A mon avis, l’économie n’est pas une science. Elle propose, comme son voisinage la psychologie ou la sociologie, des inventaires d’observation pour classifier et apprécier un phénomène donné placé dans un contexte déterminé. Mais l »économie est considérée comme science, et c’est pour cela qu’elle est constamment source d’erreurs et de dérives. Je pense que cette discipline mérite d’être modulée, modernisée en quelque sorte. D’ailleurs, je suis un train de préparer une publication sur ce thème.

  14. @Paul
    Au sujet de la problématique de la « sainte trinité » que vous évoquez, je pense qu’elle soit suffisamment vaste pour ne pas pouvoir se contenter d’un commentaire, elle mérite un développement un peu plus conséquent que je tenterai de vous faire parvenir d’ici peu.

    Ici, je ne m’attarderai que sur un point, sous forme de question: Lorsque vous évoquez la concurrence, mes cheveux se dressent sur la tête. Mais, histoire de ne pas vous faire de procès d’intention, je me demande si vous avez exprimé là vos propres considérations sur le sujet ou avez seulement présenté la manière dont la concurrence est envisagée par le libéralisme?

  15. L’article du Monde dit :
    « Les destructions d’emplois sont presque tombées au point mort, avec 11 000 licenciements nets, soit dix fois moins qu’en octobre. Ces chiffres sont nettement meilleurs que ce que prévoyaient les analystes, qui tablaient sur 125 000 suppressions d’emplois en novembre et un taux de chômage de 10,2 % inchangé par rapport à octobre. »

  16. @Paul Jorion :

    J’ai bien noté , dans votre oraison hebdomadaire , l’appel aux petites mains économistes ou pas , pour rentrer dans le concret des propositions qui fassent projet ; ça m’a foutu un coup de cafard , car je ne suis plus capable dans les délais impartis , que de jouer les candides , que Monsieur Eric Besson aurait tôt fait d’assimiler aux piliers de comptoirs bien français dont les brèves ont fait la fortune de Jean Marie Gourio .

    J’ignore comment vous pensez organiser la construction de ce projet ambitieux qui doit refaire un sort à la trilogie ( 1,2,3 dirait Giscard ) Capitalisme- économie de marché- libéralisme , et si vous vous incluez avec votre blog dans un réseau plus vaste . Ou s’il se situe dans le champ d’une commande politique qui ne serait pas malvenue alors que l’Europe et Monsieur Barnier , vont enfin devoir écouter ce que les peuples qui ont dit non au TCE , ne veulent pas voir revenir par le traité de Lisbonne .

    Avant de céder la place aux jeunes bâtisseurs , juste une sensation de candide :

    l’ambition est immense donc justifiée . La méthode doit être à l’aune de l’ambition , qui n’est pas moins qu’un essai de réécrire les concepts qui assurent notre existence et la survie . Je ne pourrai vous suivre en particulier , si vos travaux et ceux de vos semblables ne sont pas validés « in itinere » par une onction démocratique .

    Et une vieille supplique : l’économie ne se résume pas au marché et ça m’agace un peu que l’on ne sache prononcer « économie » qu’en ajoutant  » de marché » .

    Mais je suis sur que vous appréciez trop Aristote pour faire fi des étymologies grecques.

  17. Bonjour à tous,

    @Paul Jorion
    Je suis bien triste de ne pas pouvoir voir vos vidéos chaque semaine…
    même lorsque je télécharge en .flv ou mp4 l’audio manque !!!
    Alors serait-il possible de ne mettre en téléchargement QUE l’audio de vos
    interventions ?
    Beaucoup de vos fidèles lecteurs sont peut-être de le même cas que moi
    (connexion internet extrêmement lente…)
    Merci,
    Ordjoun.

    1. Ordjoun, si vous téléchargez en .flv ou mp4… et que vous êtes capable de voire le vidéo intégralement, sachez que l’audio est une partie du même fichier et qu’il ne peut donc pas manquer. Ce qui se passe est que vous disposez du codec appropriée pour décoder la partie vidéo, mas pas de celui pour l’audio.

      Mettant en téléchargement des fichiers exclusivement audio, ils seraient moins lourds, mais sachez que vous devrez quand-même vous assurer d’avoir le codec appropriée.

    2. Bonjour NingúnOtro ,

      Merci de me répondre 🙂
      Sauf que j’ai d’autres videos en .flv et mp4 sur mon ordinateur,
      et l’audio passe très bien….

      Et aussi,que je peux voir ET entendre Paul Jorion sur Seesmic
      mais juste qqls secondes… Voir 1 minutes maximum,
      ensuite impossible cela bloque…
      (connexion lente)

      Enfin quoi qu’il en soit l’idéal serait d’avoir la possibilité
      de ne télécharger QUE l’audio.
      L’image dans ce cas n’étant pas indispensable.

      Voilà si l’administrateur du site ou Paul pouvait en tenir compte
      pour les vidéos suivantes…

      Cordialement,
      Ordjoun

  18. @enrique c’est une erreur du Monde le taux passe à 10.0 pct ..selon bloomberg..mais j’ai un début d’explication…en plus de la sortie massive des chiffres de novembre de nombreux chomeurs plus indemnisés(mais toujours bien chomeurs)52.000 emplois ‘temporaires’ sans doute pour le shopping du black friday…et de nombreuses embauches dans le secteur ..public (tiens tiens)des gens qui ont c’est possible juste travaillé quelques heures ou jours,cela sera le cas avant le 24 décembre aussi pour le shopping de Noel..je pense aussi que ce chiffre manipulé est un cadeau de ..Noel aux américains afin encore une fois de faire remonter la confiance et leur moral..le message est clair:vous pouvez dépenser le marché de l’emploi va repartir…mais bon tout le monde sait qu’un chomeur ne consomme pas ou le strict minimum…être au chomage c’est pas grave en soi,ce qui est grave c’est d’y rester 1 an ou plus ….d’être totalement découragé que l’on ne cherche même plus (mais on est hors stat)…le tout corrigé des  »variations saisonnières » chiffre qui peut aussi être révisé à la baisse cette fois dans un mois ou deux mais le mal(bien?)aura été fait et l’effet d’annonce,la nouvelle manière de faire de la politique de nos jours, car ensuite personne ne vérifie si les dites annonces sont suivies d’effets(plus de journalisme d’investigation,pensée unique,facilité de reprendre l’AFP)..etc…c’est plutot pathétique comme situation il faut vraiment être désespéré dans l’administration Obama pour tomber si bas …sans parler de son annonce hier pour lui envoyer des idées de nouveaux emplois …..

  19. la Pravda étasuniène vient d’annoncer une baisse du taux de chômage, de quoi nous faire sourire. A en entendre les médias dévoués au pouvoir, cela sentirait le retour proche au plein emploi et à la croissance. (Beaucoup d’autosatisfaction à la tête de l’Etat). Et cette annonce arrive juste avant Nöel comme par hasard. Ca sent la manipulation…

  20. Il me manque quelque chose (il y a quelque chose que je ne comprends pas) pour … réfléchir en avant …

    Dans tous les messages,
    il y a celui de Rumbo, qui m’éclaire un peu de la question que je me pose ….
    et celui de Dissonance, qui lui aussi m’interpelle parce qu’il dit franco, qu’il manque quelque chose, que cela est gros ….

    Franchement, de ce je regarde de l’économie, (concrètement, niveau basique, celle que je constate de vivre au quotidien, type : privatisation de l’eau => augmentation de la facture d’eau …. ) je ne vois pas que cela puisse marcher , elle n’a pas de sens .

    Un peu plus du tiers de notre budget , c’est le loyer, dont je précise qu’en dépit de la crise immobilière, ils continuent d’augmenter
    (je ne connais pas le taux de TVA sur le loyer, mais elle apparaît dans les charges de copropriété locative, -ex sur chaque salaire, gardien, artisans ….. sans jamais ni aucune exonération de charge, ni possibilité de déduction d’impôt …
    par contre il a des impôts associés,
    la totalité de la taxe d’habitation, -laquelle est calculée pour toute habitation, locative ou non- qui est en sus -un peu comme un genre de 13 éme mois mais à l’envers puisque il s’agit d’une note à règler , plus ou moins féroce –
    mais comprise de la somme à règler de la quittance de loyer, car déductibles ou comptés en charge
    -au moins un bon petit pourcentage de la taxe foncière (ex: la taxe ordure ménagère), …. et autre déductible ?? ( sous l’ intitulé « taxe locative » )
    Ce qui relève du marché captif ( eau, assurance, transport, tél … électricité -laquelle est sur nos factures, taxée vers les autour de 30%, …. ) représente tout de même une bonne facture …
    Après il faut bien bouffer, se chausser, s’habiller …
    et ensuite nous faire des sermons sur la liberté du marché, la concurrence libre et non faussée … (de qui on se moque ??? … )

    Je veux bien que dans l’immobilier, il y est des frais, des frais et des frais ….,
    mais je ne m’étonne pas
    -que les agriculteurs , que la sidérurgie, les machine-outils, et co …. se vaporisent comme peau de chagrin ….
    (aujourd’hui, et ce n’est pas si vieux : -lorsqu’elle est, l’allocation logement peut-être créditée directement sur le compte du propriétaire, -l’assurance pour loyer impayé -un marché pourtant récent – est déductible ….. )
    -ni, non plus de la crise de l’immobilier …
    ( d’ailleurs,
    -j’interprète la campagne vaccinale contre la grippe, ou l’obligation européenne -qui est en cours- de l’observance d’une couverture vaccinale contre la grippe – soit au moins un vaccin par an, compté entre 8 à 10 € le vaccin, ce qui représente très vite un beau chiffre- me semble … un peu … -je ne sais pas comment dire-, sinon d’ avec une sonorité de chant du cygne ….
    -et je n’ose même pas parler de la taxe carbone ,dont il y aurait aussi beaucoup à dire …, …
    -mais combien j’adorerais lire un pamphlet intitulé  » de l’art de jeter de l’argent par les fenêtres » …. qui propose, non seulement la poudre de Perlimpinpin, mais aussi le tutti quanti et toute la panoplie… , pour servir de ce faire )

    Une de mes questions serait :
    -est-ce que les capitalistes savent de quoi ils investissent ?? à quoi ça sert, à quoi ça peut servir ??? qu’est-ce qu’on dit en faire ??? qu’est-ce que l’on n’en dit pas mais qui peut-être en sera fait ??? …
    ou est-ce qu’ils sont irresponsables, ils se moquent complètement de ce quoi servent leurs placements, car ils croient au Père Noël Capitaliste ….. -trad : plus ça gagne, mieux c’est… – (c’est là que mes cheveux se dressent sur la tête, car si cela est, alors soit les capitalistes sont irresponsables, et la loi du marché est pervertie -soit les capitalistes ne sont pas irresponsables, ils savent de quoi ils investissent, et je ne vois pas, sont-ils malades ??? …. )
    -ou la même, mais sous une autre forme : Pourquoi, n’est-il pas utilisé de toutes nos technologies de traçabilité, (que presque – déjà, sans dire à combien se monte le puçage des services ou objets marchants, sinon que c’est un sacré marché- il en faudrait traçabiliser les personnes …. -cela bien évidemment… sous une option secret bancaire, secret défense, secret médical, secret ….) pour suivre de l’usage de l’argent

    L’autre, (mais déjà que j’ai un esprit embrouillé, et qu’en plus, je ne sais pas exactement comment dire de ce qui me turlupine) serait que, comme le calcul ne tombe pas droit (comment supposer que les consommateurs achètent la production, alors déjà -sans parler des capitalistes qui prennent leurs dividendes parfois usuriers, ni des banques, ni …….- soit étant donné de la valeur ajouté -avec en sus des taxes à la valeur ajoutée- cela m’apparaît impossible … à moins que de cela , il en soit voulu c-a-d d’une résolution collective , -je ne sais pas trop, mais je dirais- que non seulement une redistribution de la donne, mais plus encore, … ( et de voir que nous en sommes encore de construire des incinérateurs ??? … )
    ou dit autrement : est-ce que les politiques ??? … (savent ou ne savent pas compter ??? … et s’ils savent compter, peuvent-ils croire au Père Noël Capitaliste ??? -celui de la liberté du marché, de la concurrence non faussée…- … ? )

  21. Cécile dit :
    5 décembre 2009 à 02:55

    «  »Il me manque quelque chose (il y a quelque chose que je ne comprends pas) pour … réfléchir en avant … » »

    L’un des « non-dit » de l’économie est ce problème monétaire qui « coiffe » sous la même appellation: euro, dollar, yuan, yen, peso, etc., et les investissements (centaines de milliers, million, milliards, de dollar, euros, etc.), et les revenus de tout un chacun, salaires, traitements, marges bénéficiaires du commerce de détail, des PME, PMI, artisanat, etc.
    C’est comme dans un circuit de courses où: formules-1, berlines, camionettes, camions, limousines, et d’innombrables mobytettes déglinguées et vélos rouillés, même des trotinettes, faisaient tous la course en même temps. Les formules-1 à peu près seules (intitulées par ex. CAC 40, Dow Jones, etc.) déterminent la « moyenne »…Les laissés pour compte sont innombrables, car ils subissent la loi des formules-1 dont les critères ne s’appliquent, bien sûr, qu’aux formules-1 et sont totalement inadaptées aux camions et aux 2 roues utilitaires…

    La grande élucidation de Clifford Hugh Douglas est d’avoir discriminé deux circuits de base formant les prix de ventes, partant, d’avoir mis au jour la monnaie de production (capitalisme) et la monnaie de distribution (économie de marché) désignant ainsi les prix de vente ainsi composés de deux parties principales. Ce qui donne une structure des prix de vente comme suit: la partie A étant composée des salaires versés aux personnes pour leur consommation et la partie B étant composée par les frais de rémunération du capital engagé dans la production. Donc 2 secteurs principaux: A+B, forment le prix de vente. La partie A est aux premières loges de l’économie de marché, la partie B relève des investissements. Il y a donc un circuit court de rotation rapide qui est le circuit A, en bref ce sont les salaires qui repartent tout de suite dans la consommation, c’est le plus déterminant, urgent, brûlant même, pour ne pas dire à présent frustrant, et un circuit long, de rotation lente, qui est le circuit B, en bref ce sont les frais de rémunération des investissements effectués dans l’industrie et toutes les activités économiques, une partie du secteur B sert à investir de nouveau et une autre partie de ce même secteur B sert à la rémunération des actionnaires. Douglas a trouvé expérimentalement que JAMAIS les salaires du travail, donc le secteur A, ne pourra JAMAIS acheter A+B (quelque soit la politique, quelque soit le gouvernement), et le prétedu pouvoir d’achat des travailleurs sera TOUJOURS inférieur en valeur monétaire à la valeur monétaire de toute la production. La réponse entendue souvent est: mais les actionnaires consomment bien eux? (sous-entendu comme si les actionnaires pouvaient acheter la partie de la production que ne peuvent acheter les salariés). Grave erreur, et même erreur fatale, démentie par les faits. Bien sûr que les actionnaires consomment, et, certains, même beaucoup. Mais des actionnaires peuvent avoir plusieurs maisons et propriétés dans les endroits les plus huppés du monde, châteaux, yachts, jets privés, suites, etc., de même, ils ne pourront jamais banqueter plusieurs fois par jours, ni plonger dans plusieurs piscines luxueuses à la fois, ni s’habiller comme 10, ni manger comme 10, ni élever des enfants comme 10, etc. Donc les riches, pour autant qu’ils consomment personnellement davantage que les autres réinjectent bien dans le circuit A beaucoup d’argent, mais leur pouvoirs d’achat personnel, pour considérable qu’il soit, ne suffit pas, et de très loin, à « éponger » toute la production (dit au passage, pourquoi veut-on tant exporter alors?), et la production est à présent automatisée dans une grande proportion toujours croissante.

    Les revenus salariaux du travail (secteur A) n’attendent que d’avoir la plus value réelle de leur travail productif, inclu la part très réelle, transformée en revenus, à laquelle ils ont droit dans la production automatique. Car les producteurs ayant participé à l’élaboration, de générations en générations, à l’automatisation croissante aujourd’hui dans la production, on voit bien que tout le capital d’inventions et de mises au point est à peu près « confisqué » par les seuls actionnaires. Or ces derniers ne seraient rien sans les progrès techniques qui sont, au final, une œuvre collective; bien entendu une fois que l’inventeur et le capitaliste qui a avancé les fonds ont été pleinement récompensés, est-il besoin de le préciser.

    Donc la réforme financière à effectuer est aisée de façon à ce que A et B puissent acheter A + B . Car actuellement A ne peut absolument pas acheter A + B (ni B tout seul d’ailleurs) et le très vicieux recours au crédit pour accéder à la consommation est une escroquerie bancaire gigantesque et dramatique dans ses conséquences, particulièrement perverses, même létales. Les capacités de productions, dont on sait que les progrès doivent maintenant être déterminés par la préservation de l’environnement et de l’écosystème qui sont des éléments hors marché, sont les conditions de progrès authentiques, elles permettent un reflet financier EXACT et adéquat. Ce sont là les propositions de Douglas. Quand on les relis aujourd’hui, elles n’ont pas pris une rides bien au contraire. On est surpris de voir à quel point elles sont centrales dans nos sociétés prétendument « modernes », mais qui ne le sont pas. Le sytème financier en est resté à l’ère pré-industrielle, c’est pour ça que rien ne marche plus. Vous imaginez une charge de cavalerie sous Napoléon gérée par ordinateur? C’est à ce type d’absurdité que nous en sommes arrivés à cause du sytème financier qui n’a pas suivi les progrès.

    1. « Les capacités de productions, dont on sait que les progrès doivent maintenant être déterminés par la préservation de l’environnement et de l’écosystème qui sont des éléments hors marché … »

      Que dire alors du marché du CO2 ?

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