BFM Radio, le lundi 11 janvier à 10h46

Le bon modèle, ou faudrait-il dire le moins mauvais ?

On me pose la question des modèles financiers : « Qu’est-ce qui s’est passé ? » et je sais que des réponses ont été apportées – dont la plus célèbre est celle de Nassim Taleb dans son « Cygne noir » : qu’on n’aurait pas tenu compte de la véritable distribution des données que l’on obtient. C’est à mon avis, beaucoup trop court : j’ai débuté dans la recherche en finance en 1990, et à cette époque déjà, cette question était en voie d’être réglée. Il y a donc autre chose.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? » Je vais vous parler d’un modèle dont je me souviens : un modèle qui calculait la rentabilité de crédits hypothécaires aux États-Unis. C’était un modèle très compliqué, avec au moins vingt variables et chacune de ces variables avait une valeur bien spécifique qui résultait dans certains cas du calcul d’un nombre très important de données économétriques. Quand je dis « toutes ces variables », c’était « toutes ces variables, sauf une. Parce que la dernière, on ne savait pas comment l’évaluer. Alors, on la laissait bien tranquille : on lui avait attribué un jour une valeur et depuis, on n’y touchait plus. J’ai voulu voir ce qui se passerait si on changeait sa valeur et c’est très simple : le résultat partait dans tous les sens.

Vous connaissez le geste de celui qui veut voir d’où vient le vent : on mouille l’index et on le brandit au-dessus de sa tête. Notre modèle avait une précision chronométrique – sauf pour une de ses variables – et à celle-là on lui attribuait sa valeur au pifomètre. Et nous étions parmi les meilleurs : cette banque est une de celles aux États-Unis qui s’en est le mieux tirée.

Vous avez entendu parler du modèle de Black-Scholes, utilisé pour calculer le prix d’une option financière ? Il a été mis au point dans les années soixante-dix. Myron Scholes a reçu le Prix Nobel d’économie pour ça, et Fischer Black l’aurait partagé avec lui s’il n’était pas mort prématurément. Or le modèle était faux depuis le jour de sa naissance et chacun le savait : il donne des volatilités différentes selon le prix d’exercice, on appelle ça le « smile », le sourire. Ce qui n’a absolument aucun sens : c’est comme si on vous disait : « Voilà un modèle qui calcule la consommation de votre véhicule. Il donne des résultats assez différents selon le sexe du conducteur, mais c’est un excellent modèle ! » Qu’est-ce que vous diriez ? Or c’est exactement la même chose. Est-ce que ça a empêché que l’on utilise le modèle de Black et Scholes ? Pas le moins du monde : on a inventé une volatilité-bidon, qu’on a appelé la « volatilité implicite », pour tenir compte de l’erreur du modèle. C’est tout !

Le problème des modèles financiers, c’est qu’on n’utilise pas nécessairement un bon modèle : on utilise le meilleur qu’on a. Et la différence entre les deux peut être énorme. Bien entendu, la finance n’est pas la seule à faire ça : c’est une vieille habitude aussi en « science » économique. Et certains iront jusqu’à dire qu’on fait parfois la même chose en physique. Personnellement je n’irai pas jusque-là, bien entendu.

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61 réflexions sur « BFM Radio, le lundi 11 janvier à 10h46 »

  1. « Personnellement je n’irai pas jusque-là, bien entendu. » Voilà une conclusion bien irénique (ironique) pour un effort de discrédit réussi des modèles économiques et s’appliquant naturellement à toute autre discipline. Les physiciens qui vous écoutent, Paul, ont dû sentir le vent du boulet…

    1. Ben oui, l’économie est fondamentalement une science humaine … pourquoi vouloir essayer de la modéliser ? (faudrait un modèle par être humain … donc pas utilie) certainement pas avec les mathématiques (rappellez-vous la faillite de LTCM avec ses prix Nobels dont Mr. Scholes himself et autres génies) … certains ne veulent pas le comprendre ! Parlez de Black & Scholes aux traders en options du CBOE et ils répondront ‘well … interesting’ … so what ?? Ah oui, au passage il n’y a pas de prix Nobel de mathématiques mais cela c’est une autre histoire lol …

    2. J’ai vu tellement de modélisations de systèmes physiques se prendre les pieds dans le tapis que j’en suis venu à leur accorder une fiabilité aussi aléatoire que celle du modèle conçu pour votre voiture.
      Lorsqu’on modélise un système complexe tout repose sur le choix des variables et des paramètres qui sont nombreux (puisque c’est complexe)… Comme, de plus, tous les systèmes complexes sont susceptibles d’être influencés même par l’effet papillon et que les papillons sont eux aussi très nombreux sur terre (malgré les pesticides) on a pas beau jeu…!
      Pour les financiers c’est beaucoup plus simple, si j’ai bien compris…. Ce qu’il ne peuvent obtenir en suivant les règles, ils l’obtiennent en changeant les règles. Succès garanti ! On frise le 100% ! Quel bon sens ces financiers!!!

      Remarque: C’est d’autant plus simple qu’ils disposent de tout l’argent qu’ils veulent (et pour cause!). Et avec de l’argent on va là où on veut.

    3. La différence fondamentale est que la physique entend expliquer le monde avec les outils et les mesures qu’elle possède à un instant donné.
      Un bon physicien se doit donc de donner les imprécisions de son modèle, et admettre qu’il peut être remis en cause du jour au lendemain.
      L’économie et les sciences non « exactes » comme on les qualifie vont au delà de cela et qualifie d’irréfutable des modèles, qui ne sont en fait que des identification de certains phénomènes très microscopiques.
      De là passer à la prédiction, les sciences économiques ont un loin chemin d’acquisition de compétences à faire avant d’imaginer les appliquer

    4. l’effet papillon dont on parle tellement est toujours pris à contre-sens :
      Lorenz explique en réalité que l’on est obligé de le démentir car :

      Si un seul battement d’ailes d’un papillon peut avoir pour effet le déclenchement d’une tornade, alors, il en va ainsi également de tous les battements précédents et subséquents de ses ailes, comme de ceux de millions d’autres papillons, pour ne pas mentionner les activités d’innombrables créatures plus puissantes, en particulier de notre propre espèce.

      Si le battement d’ailes d’un papillon peut déclencher une tornade, il peut aussi l’empêcher.

      Un principe que le physicien reconnait est le principe d’Heisenberg

      Sur les marchés cela se traduisant en faisant un parallèle au smile.

      A partir du moment où l’on observe un système on modifie ce système.
      Le fait de spéculer en observant et en étant influencer par sa compréhension du marché n’est pas neutre.

  2. Pour l’anecdote, il ne faut pas confondre dans le même opprobre le pifomètre et la technique du doigt mouillé. Cette dernière est une excellente technique de mesure de la direction d’un vent faible, très sensible, et d’une précision convenable dans les situations où on l’utilise.

    Pour une utilisation rigoureuse des unités pifométriques, il faut se référer à la norme officielle :
    http://www.lbt-blt.be/fr/faq/Norme_AFNOR_UNM-00-001.pdf
    😉

    1. Sauf lecture incomplète de ma part, il me semble qu’il manque dans cette liste des unités pifométriques l’unité « à la tête du client » qui peut s’appliquer au monde politique, au monde professionnel, etc.

  3. s’en prendre avec une telle désinvolture au modèle sacré qui sert à valoriser les futures, les warrants, les options, les bons de souscriptions est un crime que les traders, spéculateurs et autres financiers ne vous pardonneront jamais;
    déclarer les économistes incompétents, bon, c’est drôle, passe encore; mais là, toutes les bornes sont dépassées;

  4. De la même façon et pire encore.
    Les « ministres des finances » et les économistes officiels partent toujours et obligatoirement de prémisses fausses.
    Leurs raisonnements sont « coincés » dans le schéma économique local ou mondial « avec reprise » tout simplement parce qu’ils ne peuvent survivre dans un environnement sans reprise.
    Demander à une « raie » comment elle envisage son avenir sur le pont du bateau.

    1. Nassim Taleb dit : « Demander à une dinde de Noël comment elle envisage son avenir la veille de Noël »

      NB C’est bien sûr aussi applicable aux scientifiques, chercheurs et autres spécialistes qui s’imaginent que leur discipline « indispensable » a un avenir radieux … tant que la paie tombe tous les mois.

  5. J’ai entendu ,je ne sais qui parler à juste raison de »drôle de crise « de la même façon que les débuts de la 39-45 furent qualifiés en France de « drôle de guerre ».Quelque chose s’ est passé mais (relativement peu )en ont ressenti les effets et peu imaginent que nous n’en serions qu’aux prémices…Il y a un consensus réel ou feint pour parler effectivement de reprise.

    1. Cette analogie historique fait effectivement raison: de la même manière que cette guerre d’hier, déclarée mais pas encore réellement engagée, la drôle de crise actuelle n’a pas encore produit tous ses effets sociaux. En particulier en France, par opposition à d’autres pays, où elle se fait plus nettement ressentir déjà (Etats-Unis, Espagne…).

      Un autre phénomène contribue à cette drôle de sensation. Celui d’une société qui a pris l’habitude d’être à deux vitesses, celle d’en haut ayant tendance à ignorer celle d’en bas, par égoïsme ou bien par peur de la rejoindre ! On ne voit la crise que quand elle vous touche. Le déni fait ses ravages souterrains, mais les apparences sont sauves. Pour combien de temps ?

  6. « Le problème des modèles financiers, c’est qu’on n’utilise pas nécessairement un bon modèle : on utilise le meilleur qu’on a. Et la différence entre les deux peut être énorme. Bien entendu, la finance n’est pas la seule à faire ça : c’est une vieille habitude aussi en « science » économique. Et certains iront jusqu’à dire qu’on fait parfois la même chose en physique. Personnellement je n’irai pas jusque-là, bien entendu. »

    Pire encore, Paul… puisqu’on doit utiliser le meilleur qu’on à, je combinerais bien avec le commentaire de TARTAR (Demander à une « raie » comment elle envisage son avenir sur le pont du bateau.) pour dire qu’on utilisera toujours le modèle qui promet le meilleur futur possible à celui qui décide du modèle, même s’il en connait d’autres qui promettent un futur meilleur à quiconque d’autre.

  7. Mouuais, pour ce qui est du domaine de la physique, on verra sans doute dès cette année-ci la confirmation de l’existence du boson de Higgs (à votre santé!), nommé un peu injustement ainsi, car ce sont en réalité deux vieux copains de Paul qui ont prévu son existence dès 1964, à l’aide d’une feuille de papier et d’un crayon (et peut-être d’une craie et d’un tableau noir). Ce qui serait, on l’avouera, un véritable triomphe de l’esprit et surtout, la confirmation de la validité d’un modèle (dit standard).

  8. Bonjour Paul,

    Je renvoie à la lecture du merveilleux livre de René Guénon « Le règne de la Quantité et les Signes du Temps » dans lequel il démontre la vaine tentative de restreindre tout objet d’étude à la seule quantité. Il inclue tout naturellement les physiciens dans sa critique ! Et, bien sûr, selon lui, la qualité (dans le sens de l' »Essentiel ») ne peut être mesurée, ce qui rend caduc dès le départ les conclusions des sciences « modernes ».

    Par ailleurs, je retrouve depuis quelques jours le site « contreinfo » fermé… Avez-vous eu des nouvelles de Mr Philippe Barbrel ? Je vais finir par m’inquiéter pour lui..

  9. Sur les « meilleurs » modèles.

    Pendant toute ma carrière à HEC, j’ai tenté de dire à mes étudiants que « la carte n’est pas le territoire », c’est à dire que le « modèle n’est pas la réalité », tout en suggérant que l’on avait parfois besoin de cartes, ou de modèles. Quant à savoir comment distinguer un modèle d’un meilleur, ou moins bon modèle, c’est bien difficile Tout dépend de ce que l’on cherche.

    La seule carte véritable serait le territoire à l’échelle 1 pour 1, ce qui n’a pas de sens. On est donc obligé de « simplifier ». Un « bon » plan de Paris pour les cinéphiles n’aurait pas beaucoup d’intérêt pour l’amateur de pizzas, et encore moins pour l’amateur d’antiquités.

    Alors, qu’est ce qu’un bon modèle en finance: est-ce un modèle descriptif, un modèle normatif, un moddèle qui permet de faire de gros bénéfices aux dépens des crédules?

    Lors de mon passage à Harvard, il y a très très longtemps, dans les années 1970, avant donc l’instauration du modèle de Black et Scholes, je m’étais déjà opposé à un modèle plus rudimentaire (avec moins de variables, celui du MEDAF), et écrit 2 ou 3 cahiers de Recherche sur le sujet. Cela ne m’a valu que l’opprobre de ceux qui l’avaient mis au point, dont là aussi quelques futurs prix Nobel, Sharpe, Markowitz, Modigliani, Miller et quelque menu fretin 😉 .

    Pourtant tous ces modèles étaient alléchants, au moins comme miroirs aux alouettes, ils semblaient indiquer comment gagner à coup (et coût) sûr (ou presque) en misant « astucieusement » sur la volatilité des cours de bourse. Black et Scholes ont simplement compliqué la donne, pour cacher derrière des développement mathématiques très complexes (en passant du niveau Math Sup au niveau doctorat de Maths) la pauvreté intrinsèque des réflexions économiques sous-jacentes.

    Cordialement,

    Bruno Lemaire.

    1. Heu… non. Et oui.

      La carte n’est pas le territoire est un des arguments massue pour destabiliser en PNL. Soit la méthode empirique la plus amboutie de manipulation.

      Quant à parler « modèle », les Stats en sont emplies.
      Mais doivent « écrémer » les cas extrèmes afin de garder une « certaine » crédibilité face à des lois qui ont extrapolé le naturel.
      Saint Pareto, prions pour votre 20/80.

      Mine de rien, et entre nous, nous devons avoir une convergence innée indépendante de l’acquis.
      Globallement humains, lorsque l’on regarde bien.

    2. « Pourtant tous ces modèles étaient alléchants, au moins comme miroirs aux alouettes, ils semblaient indiquer comment gagner à coup (et coût) sûr (ou presque) en misant « astucieusement » sur la volatilité des cours de bourse. »

      Voilà un bon résumé des modèles mathématiques utilisés en finance « gagner à coup sûr en misant astucieusement ». Les économistes influant dans les sphères du pouvoir ont d’autres modèles. D’ailleurs, lorsque les économistes de l’Etat utilisent des modélisations mathématiques pour optimiser les taxes et les subventions imposées par le législateur, ces modèles, in fine, essayent de palier à la voracité des modèles mathématiques des financiers eux-mêmes, puisque le gain produit par l’équation financière ne sera pas taxé ! Ce qui est un comble : partant du principe que l’enveloppe de vol des modèles financiers se gaufre lamentablement, on peut supposer que les économistes de l’Etat avec leurs taxes et autres subsides décidés en dehors de tout modèle viable seront bien embêtés. Il faudra taxer le contribuable à 100% pour légitimer le modèle mathématique de l’économiste, connexe à celui de la « haute finance » ! Ce modèle mathématique est celui de l’esclavage des nations au grand capital …

    3. Ce que vous nous décrivez ressemble plus à une » martingale »,ce qui nous renforcerait dans l’idée que les marchés financiers sont de casinos.

  10. Au XXI° siècle nos « systèmes » sont optimisés!
    Optimisés signifie qu’ils sont à peu près « surs » jusqu’à la fin de la garantie décennale dans le bâtiment.
    Signifie qu’il y a juste assez de lits d’hôpitaux pour les saisons sans pandémie et
    Que les budgets privés et publics n’aggraveront pas trop le déficit tant que l’histoire continuera de ne pas faire de vagues.Ou bien comme dirait Fuku que ce serait une histoire sans histoires.
    Il y a un refus « mental » de pousser les abaques aux limites…les limites ne sont pas politiquement correctes.
    Pas de bol, la ponzification générale qui était censée ne pas se voir éclate au nez des décideurs car il y a des « bulles », tellement de bulles que nous allons vivre dans la mousse.
    Et dans la mousse les optimisations reposent sur du vent.

    1. Et quoi de mal à vivre dans la mousse, AH…??? Si l’on y est préparé.

      Peut-être que mon idée de nous concerter à 5 en privé n’était pas si idiote… 5 et plus si affinité.

  11. Vos allusions douteuses a la climatologie sont assez irresponsables.
    Ce n’est pas parce que la climatologie reprend des technique de rétromancie bogdanovienne et de cherry-picking, couplée a l’abus de modélisation invalidées par les faits mais validées par un consensus d’experts prompt a virer les critiques et terroriser les revues, qu’il faut mélanger cette science bénie avec l’infernale pseudo-science économique.

    et il se peut même que l’économie officielle ne soit pas totalement dans l’erreur sur certains sujets.

    sinon a propos des modèles économiques…

    je me souvient que nos modèles prédictif de décision ne marchaient qu’avec les banques centrales…
    les seuls entités économiques qui respectaient les théories économiques.

    je me souviens aussi dans un outils d’analyse de bilan, que tout les ratios officiellement importants étaient non significatifs et que seuls certains ratios oubliés avaient une capacité a informer de l’état de santé de la compagnie.

    finalement dans un monde instable, les fous sont les seuls a être prévisibles, et les seules choses
    qui laissent transpirer notre folie sont celles que personne n’estime importante.

    quand au paramètre secret des modèles financiers, ne serais-ce pas le paramètre de corrélation général.
    je me souvient d’un actuaire genre financio-sceptique qui me disait que en cas de crise, tout les corrélation sont à 1. et que donc que la notion de risque répartis et de variable indépendantes n’a plus de sens.

    rien ne sers de diluer les risques sur plein d’emprunts dans un CDO si tous dépendent de la même bulle immobilière et de la même crise économique.

  12. http://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_%C3%A9conomiques#L.27.C3.A9conomie_est-elle_une_science_.3F
    L’économie est-elle une science ?
    « En fait, même si comme Léon Walras, de nombreux économistes ont eu l’ambition de trouver une définition commune à tous les modèles économiques, et de découvrir des lois capables d’expliquer et de prévoir l’ensemble des comportements des acteurs économiques, l’économie ne peut être définie comme une science exacte (selon la définition de Karl Popper) en raison de son caractère fondamentalement autoréférentiel : la connaissance d’une loi modifie le comportement des acteurs économiques qu’elle est censée décrire ».

    1. Et comme les dirigeants politiques sont convaincus que les annonces pessimistes sont autoréalisatrices ils font des annonces sur-optimistes.
      Pas du tout autoréalisatrices cette fois.
      Les faits sont têtus.
      Les faits sont incorrects.

      Ceci dit il semble que de plus en plus de « journalistes économiques corrects » réussissent à publier des papiers relatant des faits déprimants ; est-ce à dire que les faits deviennent gênants?

  13. Sinon,

    Je vous conseille la lacture des articles de Roland Benabou à Princeton ( http://www.princeton.edu/~rbenabou/papers.html ) qui arrive a produire de modèle de croyance qui semble expliquer certains errements et même l’existence de deux modèles culturels distinct bistables, américains et européens, avec des oppositions Etat gras/maigre, redistribution ou pas, déisme ou théisme, croyance en la justice du monde ou en sa médiocrité.

    l’idée est de partir de l’hypothèse observée que l’on est capable de s’illusioner sur le monde afin de ne pas souffrir, ou même de garder assez d’illusion pour avoir la force de se battre.

    après il y a des cycles de modélisation ou ce gens votent ou décident en groupe, ils payent, puis doivent redécider s’il croient ou pas a ce qu’ils voient…
    il y a même des variantes du modèle pour les organisation hiérarchisées, pour la croyance entre état gras ou maigre, marché ou coordination… il a du développer sont coprus de papiers

    il ya même des prévision comme quoi des phases de grand changement, par exemple une période de progrès scientifique, où le travaill est récompensé par rapport a la rente, le système bascule en mode américain.
    idem avec des immigrations qui stratifient ou cloisonnent la société…

    criticable mais intéressant

    1. @Alain,

      votre présentation critique des modèles, ainsi que le site que vous indiquez, est tout à fait intéressante. Je vais encore devoir travailler 😉 là dessus, à mon âge 😉 B.L.

  14. Le meilleur modèle proposé par Paul Jorion ( mais en propose-t-il un ) est il bon ?

    J’avais déjà réagi en disant quelque part que je préférai les projets aux modèles et aux logiciels .

    Quand le projet est bon , les modèles et logiciels ( utiles sinon nécessaires) peuvent se contenter d’être les meilleurs , car ils sont sous tutelle .

    1. @juan nessy j’abonderai dans la justesse de votre réflexion : quand le projet est bon, par exemple celui qui garantirait une plus value en terme de bien commun, les outils de mesure de cette valorisation « sociétale » auront été définis en cohérence avec la finalité susvisée, quand bien même elle serait (et elle l’est) complexe.

    2. Je crains que les choses ne soient pas aussi simples.

      Il ne suffit pas qu’un projet affiche des objectifs ambitieux pour qu’il soit pertinent s’agissant de viser un bien commun.
      Toute modélisation économique met en rapport des moyens et des fins. Je ne vois donc pas d’opposition réelle entre le modèle et le projet, si ce n’est qu’un projet propose explicitement de viser une fin.

      Comment garantir « une plus value en terme de bien commun » si l’on a pas en tête un modèle qui permet d’appréhender comment les choses ont fonctionné jusqu’ici , et, partant, permettant d’appréhender comment les choses pourraient fonctionner autrement qu’elles n’ont fonctionné jusqu’ici ?

      Il y des modèles qui se contentent de décrire seulement ce qui se passe dans la réalité. Ces modèles sont indispensables, car ils permettent de mettre en lumière les insuffisances, voire les contradictions à l’oeuvre dans un système, contradictions qui se lisent en creux dans l’incomplétude des modèles existants de la « science économique ». Et puis, il y a des modèles qui envisagent une autre économie possible. Paul fait sienne les deux types démarches, lesquelles sont en réalité complémentaires, la première étant le préambule de la seconde.

      Rien n’empêche ensuite les politiques de reprendre à leur compte les raisonnements du modèle proposé.
      Quant à la question de savoir si le modèle — en gestation — proposé par Paul Jorion est le bon ou pas, il n’appartient qu’à tous de le réfuter, si nous nous en sentons capables. Paul n’attend que cela, c’est ce qui le stimule et lui permet d’avancer plus vite. En ce qui me concerne je comprends la démarche de Paul, son blog comme, un projet à part entière. Bien entendu c’est celui de Paul Jorion, mais comment pourrait-il en être autrement ? Si autant de gens le lisent et s’y intéressent c’est, pour le moins, qu’il a quelque chose à apporter, non ?

      Du temps de Mao un débat récurrent faisait rage entre d’un coté les partisans du tout politique — « les rouges » –, et de l’autre les experts, ou économistes, qui raisonnaient en termes de modèles. Mao s’identifiait bien entendu au « rouge », Deng Xiaoping était du temps de Mao dans le camp des experts, ce qui lui valut d’ailleurs, par deux fois, d’être mis à l’écart du jeu politique où il occupait des la révolution des fonctions de premier plan.
      Bref, les deux extrêmes doivent être rejetées : le volontarisme du tout politique tout comme l’expertise se suffisant à elle-même, mènent toutes deux aux désastres.

      Comprendre, expliquer les choses c’est la base même de l’action. La politique bien comprise ne peut s’en passer.

  15. @ Paul,

    « Voilà un modèle qui calcule la consommation de votre véhicule. Il donne des résultats assez différents selon le sexe du conducteur, mais c’est un excellent modèle ! »

    C’est plutôt marrant comme comparaison, mais malheureusement dans ce cas très précis, il est tout à fait possible que la consommation varie selon le sexe du conducteur, je dirais même que c’est la réalité constaté en moyenne ! Je dirais au pif que les femmes consomment moins que les hommes au volant 😉

    1. La voiture consomme moins quand une femme conduit?
      Bien sûr , elle est timorée alors elle n’enfonce pas la pédale à fond!
      Elle ne sait pas ce que c’est que le couple…et c’est dommage parce qu’elle ferait encore des économies…si elle savait exploiter la courbe de couple dans les bonnes plages de régime.

  16. Sur les modèles et « la carte n’est pas le territoire »

    @Yvan, Bertrand (et peut être à d’autres 😉 )

    En fait, avant la PNL, la locution « la carte n’est pas le territoire » – locution que, pour ma part, je n’ai jamais utilisé pour manipuler, c’est plutôt le contraire puisque, sous ma plume ou dans ma bouche, c’était plutôt pour incier mes lecteurs ou auditeurs à prendre du recul – ette locution, donc, empruntée à la sémantique générale découverte dans un roman de Science-Fiction dans les années 1950, le monde des non-A (logique non binaire).

    Juste un commentaire supplémentaire, si nécessaire. Demandez vous toujours à quoi sert le modèle que vous utilisez, et si vous savez vraiment l’utiliser. Pour le reste, à chacun de faire son choix.

    Cordialement,

    B.L.

    PS. Il peut parfois y avoir une alliance objective entre les créateurs de modèle et les utilisateurs, pour manipuler l’opinion. Mais je crois assez peu aux complots organisés, c’est plutôt l’occasion qui fait le larron, et les lobbyings le reste (même si j’aime bien les films de Gibson ou de Redford dans lesquels un complot planétaire meance les honnêtes hommes)

    1. J’ai déjà cité Korzybsky au sujet des logiques non A ou des tétravalences.
      Notre monde social ne comprend que la bivalence simplificatrice ; il ne joue pas au Boole.

    2. Mr Tartar ! La femme est timorée ? Et peut être aussi: le nègre est naïf, le juif avide, le gitan voleur ….Un peu de tenue ! Ce genre de réflexion date un peu. Je sais qu’on est peu entre mecs ici, mais faites un effort …

    3. L’important est que j’ai incidemment pu vous faire réagir. Important pour vous, cela ne devait, ne doit et ne devra rien me rapporter comme intérêt quelconque ici ou ailleurs.

      Je suis en effet quelqu’un à fuir.
      Pour les intéressés.

      Il parait que Paul Jorion écrit des bouquins… Et les vend 😉

  17. Le bon modèle économique , c’est celui qui semble le plus pertinent à un moment donné, c.àd. le plus utile à l’explication et à la capacité prédictive.Les auteurs de ces modèles restent,au niveau de leur lexique ou de leur comportement effectif, dans la normalité généralement admise, normalité qui exclue l’accumulation des extrèmes.Cf. Mandelbrot et ses modèles itératifs.

  18. Merton et black ont inventés, entr’autre, une martinguale -les gens bien
    disent un modèle- infaillible. Le prix dit Nobel d’ économie les a
    récompensé pour cette invention de branquignolles crédules.

    Avec l’aide de copains, dont Scholes, Meriwether et Mullins, ils avaient
    fondés LTCM, un hedge-fund spéculatifs à levier spéculatif avec 15%
    de rendement garanti et sans risque.
    Citation:
     » Imaginez un casino: Meriwether y rentre. Deux types à l’entrée
    lui proposent la martinguale infaillible et de partager les gains.
    Il y croit. Il prend néanmoins dans sa manche, à tout hasard,
    un des croupiers. »
    ( Meriwether était un courtier , qui avait quitté Salomon Brothers
    suite à une affaire trouble avec des obligations d’Etat.
    Mullins était un ex vice président de la banque fédérale. ( Fed ?) )

    Avant l’écroulement, avec un fond de 3 milliards, ils ont joués pour
    150 milliards et ils brassaient – le sous-jacent- 1250 milliards de dollars.

    Les souscripteurs – droit d’entrée de 10 millions de dollars bloqués pendant
    3 ans- étaient pour partie des particuliers de la branche qui y investissaient
    leur bonus et salaires délirants.
    Ils ont été sauvés par des copains ( FED et Treasury) et ont même récompensés
    par une prime, une misére: quelques millions de dollars.

    La faillite de LTCM est la peuve que la science économique de haut niveau,
    ( universitaire etc…) est une machine politique destinée à apauvrir les pauvres
    et à rendre les riches fous et immoraux.

    Plus généralement, les marchés sont fondés sur l’opacité et la dissymétrie
    d’informations. Si tous les intervenants avaient les mêmes informations
    le marché serait limité aux transactions physiques et donc grandement illiquide.
    Le bourseux est un pigeon qui ne le sait pas.
    La cause fondamentale de toutes ces crises et bulles n’est pas technique
    elle est dans le sens moral d’un groupe qui a perdu ses repères.
    N’ oublions pas qu’un « sauvetage » à Wall-Street crée indirectement
    des morts ou de la souffrance ailleurs par FMI-TREASURY et BM-TREASURY interposés.

    Toutes les informations, sauf la fin, sont tirées de
    ‘Lettre ouverte aux gourous de l’économie
    qui nous prennent pour des imbéciles’. Albin Michel. 1999.
    Auteur : illisible sur mon exemplaire [ myopie sélective et début d’ Alzheimer.]

  19. Les quants qui fabriquent des modèles d’évaluation des risques savent parfaitement que ceux-ci sont relatifs et vulnérables. Il ne s’agit jamais que d’hypothèses et les données sur lesquelles ces hypothèses se fondent sont des données historiques, par définition relatives et incomplètes. Elles valent pour le passé mais pas nécessairement pour l’avenir.

    Le problème, c’est que d’une manière ou d’une autre, on ne peut pas se passer de modèles d’évaluation des risques à partir du moment où l’on cherche agir dans un univers incertain. Et tout univers est incertain. Donc les quants sont perpétuellement pris dans une sorte d’équivoque, de nœud gordien. D’une part, ils ne croient pas en la fiabilité absolue des modèles qu’ils fabriquent, mais de l’autre, il faut bien qu’ils y croient un petit peu pour agir. Ils sont conscients du danger qui consiste à être prisonnier d’une croyance mais ils ne peuvent pas faire autrement.

    Ajoutons à cela que l’outil mathématique et probabiliste n’est pas neutre et innocent. Il contribue également à donner une fausse certitude. Il permet plus ou moins d’évaluer ce que l’on ne sait pas mais par définition, laisse hors champ l’incertitude radicale, c’est-à-dire ce que l’on ne sait pas qu’on ne sait pas. Et cette incertitude radicale repose sur le fait que chacun agit en fonction de ce que fait le marché, c’est à dire de ce que font tous les autres et réciproquement. D’où le caractère systémique et réflexif de toute intervention sur un marché. Un modèle évalue un risque, mais ce faisant, il modifie du même coup la nature du risque qu’il est censé évaluer car son application a obligé d’autres à réagir par rapport à lui.

    En d’autres termes, et pour reprendre l’exemple de Paul, l’application du modèle de consommation de la voiture change le sexe du conducteur. Sitôt qu’il a calculé la consommation d’une voiture conduite par un homme, c’est une femme qui se retrouve au volant.

    Comme le dit bien Frédéric Lordon dans un passage saisissant : « C’est la modification radicale de la configuration des interactions entre opérateurs, exprimée notamment par la variation brutale du degré d’hétérogénéité (ou d’homogénéité) des comportements, qui produit le changement de régime, et la transformation qualitative de la densité de probabilité en vigueur.
    …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
    Si le probabilisme objectif fait profondément fausse route et que seule l’hypothèse – ou la méta-hypothèse – du probabilisme immanent est la bonne, il en résulte une conclusion dévastatrice pour toutes les tentatives d’estimation de la Value-at-Risk. Le caractère « émergent », et par suite contingent, de lois de probabilité a en effet pour déplorable conséquence de rendre celles-ci… indéterminées, et donc inconnaissables ex ante ! Certes, les hypothèses usuellement retenues par le probabilisme objectif se montrent convenablement fiables en régime « normal ». En revanche, quand font-elles collapsus pour muter brutalement, sous l’effet de quelle sorte de mécanisme ou d’événement, et quelles formes aura la nouvelle densité de probabilité surgissant de cette « transition de phase », ce sont des questions vouées à rester impénétrables. De même que la chouette de Minerve s’envole au crépuscule, ces questions-là ne trouvent réponse qu’au coeur de la crise – c’est-à-dire trop tard. Les modèles VAR rejoignent donc les « garanties  » de la liquidité au magasin des accessoires bizarres, rayon « parapluie pour beau temps ». Ils disent des choses à peu près utiles et fiables quand tout va bien, mais sont soudainement frappés d’incapacité au moment où l’on aurait vraiment besoin d’eux. »

    1. Comme quoi il est intéressant d’introduire le facteur anthropologique dans la formule.
      Un « attracteur » de plus, mais non nul.

  20. EN parlant e modèle, Paul Krugman (Lire ci-dessous) vente à Hong kong celui calqué de l’Europe en comparaison à celui des US lequel, ce dernier, les amènera à la ruine, en tout cas à ses dire. Je crains malheureusement, que ce qu’il compare et qui fait la différence entre les deux modèles ne fait que fondre comme peau de chagrin au fil des difficultés financières des états européens pour se résoudre à terme, à celui d’outre-atlantique….

    Le prix Nobel Paul Krugman vante la « réussite économique » de l’Europe :

    Le prix Nobel américain d’économie Paul Krugman, le 22 mai 2009 à Hong Kong
    © AFP Mike Clarke
    Le prix Nobel américain d’économie Paul Krugman a opposé lundi « la réussite économique de l’Europe » aux parlementaires américains républicains affirmant que la réforme de la santé voulue par le président Barack Obama conduira au naufrage économique des Etats-Unis.
    « La véritable leçon que nous donne l’Europe est en fait le contraire de ce que les conservateurs affirment: l’Europe est un succès économique, et ce succès montre que la social-démocratie fonctionne », écrit M. Krugman dans sa chronique régulière publiée dans le New York Times.
    « Aux Américains qui l’ont visité: Paris avait-il l’air pauvre ou arriéré ? Et Londres, et Francfort ? », demande M. Krugman, qui milite fermement en faveur de l’adoption aux Etats-Unis d’une réforme du système de santé qui le rapprocherait de celui de l’Europe, où « les dépenses sociales sont largement plus élevées ».
    « Les statistiques confirment ce que nos yeux peuvent voir », ajoute-t-il.
    La croissance moyenne du PIB américain a atteint en moyenne 3% par an depuis 1980 (« quand notre politique prenait un virement marqué à droite, contrairement à l’Europe ») contre 2,2% pour les quinze pays de l’Union européenne d’avant l’élargissement de 2004, reconnaît M. Krugman,
    Cependant, « depuis 1980, le PIB par tête – soit ce qui sert à mesurer le niveau de vie – a augmenté a peu près au même rythme en Amérique et dans l’UE : 1,95% par an ici contre 1,83% là-bas », ajoute-t-il.
    L’économiste regrette « le dogme économique en vigueur » aux Etats-Unis, « chez de nombreux démocrates aussi bien que chez tous les républicains, par essence » selon lequel « une social-démocratie à l’européenne ne peut être qu’un désastre absolu ».

  21. Bonsoir,

    aprés vous avoir lû, je comprend maintenant un peu mieux les arriéres pensées des uns et des autres lorsque j’assistais à des discussions pour savoir si l’économie était une science exacte ou bien une science humaine.

    cordialement

  22. Bonsoir à tous et toutes.

    Une krugmanerie qui vient de sortir :
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/01/11/paul-krugman-prix-nobel-americain-vante-la-reussite-economique-de-l-europe_1290344_3222.html#ens_id=863164
    « Le prix Nobel américain d’économie Paul Krugman a vanté lundi « la réussite économique de l’Europe » pour contrer les arguments des parlementaires républicains convaincus que la réforme de la santé voulue par Barack Obama conduira au naufrage économique des Etats-Unis. Cette réforme vise à fournir une couverture santé à au moins 31 millions des 36 millions d’Américains qui en sont dépourvus. »

    « L’EURO, UNE « ERREUR »
    L’économiste regrette « le dogme économique en vigueur » aux Etats-Unis, « chez de nombreux démocrates aussi bien que chez tous les républicains, par essence », selon lequel « une social-démocratie à l’européenne ne peut être qu’un désastre absolu ». En matière d’avancement technique, l’Internet à haut débit « est tout aussi répandu en Europe qu’il l’est aux Etats-Unis, et il y est beaucoup plus rapide et bien moins cher », »
    « Dans une deuxième chronique intitulée « Europe’s OK; the Euro isn’t » (« L’Europe va bien, pas l’euro »), Paul Krugman nuance néanmoins son enthousiasme en soulignant qu’il a toujours considéré la création de l’Euro comme une « erreur ». « Il est important de le rappeler car, si je pense que l’Europe s’en sort mieux que ce que les Américains imaginent, cela ne signifie pas que tout ce qu’ils font est bien », conclut-il. »

    Si un « prix nobel » prend comme référence que le net est moins cher… vous ne trouvez pas, vous, que l’argument est « un peu » court…

    Certes, l’Euro est pour lui une erreur : ça a participé au tuage du dollar. Tout bêtement.

    1. Aparté.
      Si l’Europe ,fabriquée à l’envers avec une monnaie unique avant monnaie commune, avait été une erreur (voulue) sa monnaie serait l’Erro.

  23. @daniel
    la « lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles » est du chroniqueur Bernard Maris
    « On peut tout dire en économie » dit-il comme dans une analyse , il y est permis de ne pas être prévisible . Il passe les modèles à la moulinette avec un plaisir iconoclaste un peu trop marqué . Lui-même dem

  24. @ Paul jorion

    « Le problème des modèles financiers, c’est qu’on n’utilise pas nécessairement un bon modèle : on utilise le meilleur qu’on a / … / Et certains iront jusqu’à dire qu’on fait parfois la même chose en physique. Personnellement je n’irai pas jusque-là, bien entendu.  »

    On a pourtant eu le système de Ptolémée, puis celui de Galilée, puis celui d’Einstein, puis…

    A chaque fois, c’était le meilleur et non le bon. Pour quelles raisons n’en serait il pas de même aujourd’hui? Aurions nous tout trouver?

  25. Pour Black-Scholes, on oubli fréquemment Robert Merton le 3eme larron du prix Nobel (et le matheux de l’équipe), probablement le père de la finance mathématicienne d’aujourd’hui (cf. wikipedia, notons qu’il a été au board du fameux LTCM). « Le problème des modèles financiers, c’est qu’on n’utilise pas nécessairement un bon modèle » : certes, c’est pour ça qu’on met les mauvais chiffres ! « The wrong number in the wrong formula to get the right price » dixit R.Rebonato en parlant de la volatilité. Il n’y a rien de miraculeux et le model de B&S aussi pauvre soit il est une référence parce qu’il reste relativement abordable analytiquement, et qu’on en connait tous les défauts. Un model reste un model, c’est aux analyste & praticiens ensuite de savoir le gérer.

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