Le syndrome Bisounours – ou La démocratie est-elle soluble dans la crise économique ? Par Olivier Brumaire

Billet invité.

2010 déploie à peine ses ailes. Beaucoup d’analystes ayant annoncé la crise sont (très) pessimistes sur le devenir économique à court terme. Bien entendu, leur impact reste à ce jour limité, le système médiatique restant en phase « autoprotection » et limitant leurs possibilités d’expression.

Pourtant, un bref regard rétrospectif sur l’année 2009 suffit à embrasser l’étendue du vide des actions ayant suivi la « pire crise depuis 1929 » – voire peut-être la pire « crise » tout court, qui captera sans doute pour elle-même ce seul terme à l’avenir.

Bien entendu, tous les discours (y compris quasi marxistes), toutes les rodomontades, tous les coups de menton, toutes les gesticulations nous aurons été imposés – quel dommage que nos dirigeants ne soient pas des éoliennes, cela aurait été un début d’alternative à la déplétion pétrolière…

2009 restera probablement pour des générations d’historiens un magnifique cas de sociologie de la pathologie politique, de l’inaction camouflée en « reforme », de débats incongrus régulièrement lancés pour détourner notre attention (bien que la Perse soit revenue sur le devant de la scène, nous en sommes bêtement restés à « comment peut-on être Français » – attention, le manque de lecture nuit gravement à votre réflexion, et peut provoquer des maladies graves…), de communication à la place de l’action, se résumant dans la formule « dire, c’est faire ». Mais après tout, on a aussi les hommes politiques qu’on mérite en démocratie.

Ont donc défilé les boucs émissaires (les paradis fiscaux, les banquiers, les traders, …), mais bien entendu, jamais les politiques définissant ou ayant défini les règles du jeu de notre économie mondialisée et hyper-financiarisée, profitant à une seule infime minorité, ayant transformé l’Homme en coût salarial à réduire d’urgence, politique ayant emporté dans sa logique court-termiste le consommateur qui soutenait la croissance passée (mais n’est pas Henry Ford qui veut, même avec 3 grandes écoles dans son parcours « d’élite »).

Comme cela était prévisible, vu ses réseaux d’influence et son idéologie ayant irrigué la caste que Thorstein Veblen nommait si bien « la classe de loisir », aucune reforme sérieuse n’a été entreprise sous la pression du lobbying de la Finance, qui a déjà renoué avec son arrogance, et, pire, ses pratiques néfastes et suicidaires, savonnant la planche pour des problèmes à très court terme, bref une re-crise en lieu et place d’une reprise.

Or, force est de constater que nous sommes toujours dans la phase de déni, première phase du deuil de notre (illusoire et non durable) prospérité passée, bâtie à coups de traites sur la société, sur les autres pays, sur la planète, bref, sur l’avenir.

Quand on regarde beaucoup de réactions récentes – « Les Islandais seront responsables », « Un défaut des États-Unis est impossible », « La probabilité de mouvements populaires est très faible », « La Chine est obligée de soutenir les États-Unis », etc. – on constate finalement que ce déni s’alimente d’une analyse en « poursuite de tendance ». Cela fait 60 ans que les États-Unis et le dollar dominent la planète « donc » cela continuera, le pétrole coule à flots « donc » ça continuera, nous vampirisons depuis toujours sans trop de problèmes la planète « donc » ça peut continuer.

Sans doute que, quand une tendance dure très longtemps par rapport à une vie humaine, notre esprit a-t-il du mal à concevoir que les choses puissent changer brutalement, ou, si nous le savons, imaginons-nous que cela surviendra toujours plus tard, car face à une perspective difficile avec peu de solutions, « nous ne croyons pas ce que nous savons » comme l’a écrit Jean-Pierre Dupuy.

C’est ainsi que les meilleurs esprits scientifiques ont prêté et prêtent encore à un État dont 12 % de la population vit de bons alimentaires (35 millions…), qui est en train de perdre 2 guerres (et probablement bientôt 3), voit certaines de ses régions en faillite, a 20 % de sa population au chômage, n’a aucun moyen de relancer ni investissement, ni consommation, ni exportations, est drogué au pétrole au début du pic pétrolier, et enfin, annonce tranquillement 9 000 Md$ de déficits dans les 5 ans qui viennent ? Mais pas de problème, c’est écrit AAA dessus… Connaissez-vous la notion de soutien abusif et ses conséquences naturelles ?

Or la deuxième phase d’un deuil est malheureusement la colère.

Comment réagira un peuple lorsqu’il réalisera qu’il aura été berné par ses dirigeants politiques, par les médias, par des économistes « en vue » complices ? Comment réagira une jeunesse dont le seul avenir se réduira à un choix entre le chômage et du travail précaire destiné à rembourser les dettes de leurs parents, a fortiori dans un contexte de rationnement des ressources ? Comment réagira la première génération, droguée depuis sa prime jeunesse au matérialisme, à la gloriole éphémère, à la croissance et la consommation de produits inutiles, quand elle comprendra que son destin sera de vivre bien moins confortablement que la génération précédente, et pire, pour le maintien des standards de vie de ladite génération, cupide et irresponsable ?

Comment réagiront les Chinois et les Indiens – 2 milliards d’humains bâtis de la même chair que la nôtre, avec les mêmes espoirs et les mêmes rêves que les nôtres – qui ont moins de 30 voitures pour 1000 habitants, quand on leur expliquera qu’il n’y aura pas assez de ressources pour en construire plus et qu’ils devront continuer le vélo, quand les 4×4 et les 900 voitures pour 1000 habitants des États-Unis rouleront encore ?

Comment ne pas imaginer que se lèveront des leaders nocifs, à visée totalitaire, jouant sur les peurs, excitant les jalousies, flattant le nationalisme et la xénophobie, réduisant les libertés et acquis sociaux tissant le lien sociétal – nous en discernons et vivons déjà les prémices…

Qu’opposera alors un système démocratique qui finira discrédité si nous ne changeons pas RAPIDEMENT les choses ? Car le compteur est enclenché, les mécanismes souterrains sont à l’œuvre. Les tensions s’accumulent, et un jour, brutalement, la faille glisse, le tremblement de terre emporte tout et détruit ces murs et cette société que l’on pensait si solide.

Une nouvelle politique de Civilisation est à construire, en sortant de la pensée « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Des réformes urgentes, finalement pas si difficiles, doivent être entreprises. Rapidement. Très rapidement. L’heure des débats d’experts est terminée, le bateau prend l’eau, peu importe que votre cabine ne soit pas encore inondée. Chaque pays n’agit qu’en fonction de ses intérêts et de celui de son peuple, penser le contraire est d’une naïveté confondante. Guérissons-nous au plus vite de ce « syndrome Bisounours ».

La génération de mes parents est la première à ne pas avoir connu la guerre.

Il nous appartient à chacun, au plus vite, avec nos moyens, de faire en sorte que cela ne soit pas la dernière…

Olivier Brumaire est l’auteur du livre Une crise de Transition, librement téléchargeable sur reformons-le-capitalisme.fr

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170 réflexions sur « Le syndrome Bisounours – ou La démocratie est-elle soluble dans la crise économique ? Par Olivier Brumaire »

  1. Une mesure facile à mettre en place pour limiter le poison de la spéculation serait de diminuer l’effet de levier effarant de mise sur ces marchés. En effet, typiquement on spécule sur 100 en apportant 10 on a donc un effet multiplicateur de facteur 10. En remontant ce niveau à disons 50 on limite l’effet de levier en le divisant par 5 il me semble que ce serait une mesure facile à prendre et que cela diminuerait fortement la spéculation à tout crin !

    1. Josuah…

      Cette mesure facile à mettre en place ne l’est que parce-que vous vous refusez de tenir compte de la perspective complète. La spéculation est rentable (pour quelques-uns). La spéculation avec effet multiplicateur 10 est plus rentable (pour quelques-uns) que celle à effet multiplicateur 2.

      Pour le dire avec un autre exemple, prenez la Formule 1… si on peut imposer les mêmes règles à tous, on peut limiter la puissance des moteurs à x chevaux, et le écuries tenteront d’optimiser d’autres variables. Mais n’oubliez pas que le but est et reste de gagner la course… si on ne peut éviter qu’une écurie utilise un moteur de x+5 chevaux… aucune écurie va se limiter volontairement à un moteur de x chevaux tant qu’elle est obligée de participer à la course et que l’inversion n’est rentable que pour celui qui monte sur le podium et encaisse un prix. Aucune ne renoncera à essayer de gagner.

      C’est pour cela qu’une mesure qui handicape unilatéralement celui qui la prends ou ceux auxquels on peut l’imposer… n’est jamais facile à mettre en place.

      Pour limiter la course aux moteurs de x chevaux… il faut éviter que ceux avec des moteurs à x+5 chevaux puissent participer. Pas de limitations possibles sans protections pour faire valoir le règlement de la course.

  2. En dehors des effets « éoliens », que pensez-vous de l’intervention de Bruxelles concernant l’immixtion de l’état Français dans les délocalisations en Turquie prévues par Renault ?

    1. Je pense que « l’organisation de Bruxelles », bien loin non seulement d’un idéal européen intégré, a perdu tout pied avec ses origines – la « préférence communautaire » date de 1957, mais les anglo-saxons ont réussi a torpiller la vision économique de l’Union (heureusement, reste une vision politique, qui en ces temps de réduction nationale des libertés nous protège encore un peu).

      Alors oui, pour défendre le droit à délocalisation, il y a toujours des volontaires. Pour défendre notre droit à crever de ces minables illusions libre-échangistes aussi, du coup.

      Par contre, pour défendre notre droit à défendre notre modèle de société – ou plus simplement notre droit de contribuable à ne pas éponger les pertes de ces aventureux, il n’y a plus grand monde…

      Et même sans aspect de morale, mais quand comprendront-ils qu’un ouvrier en moins, c’est un chômeur en plus, mais aussi un consommateur en moins, donc la croissance en moins…

      Ah, qu’elle était bien la France, au temps béni de la prime à la casse…

    2. Il faut protéger le travail contre les délocalisations, par Maurice Allais, prix Nobel d’économie

      « Tout libéraliser amène les pires désordres », constate le prix Nobel d’économie Maurice Allais, qui se définit comme « libéral et socialiste », préoccupé à la fois par « l’efficacité de la production » et de « l’équité de la redistribution des richesses ». Il est « fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières », tonne-t-il, car le commerce international est un moyen et non une fin en soi : le « chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. » Déplorant la quasi unanimité en faveur de la mondialisation qui prévalait avant la crise, Maurice Allais dénonce « un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent », et rappelle que malgré ses demandes répétées, les médias ont toujours refusé de donner la parole au seul Nobel d’économie français.

      La suite sur Contreinfo

      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2956

      Un cadre qui a du liquider son entreprise et aujourd’hui au chômage.

  3. Bonsoir,

    « dommage que nos dirigeants ne soient pas des éoliennes, cela aurait été un début d’alternative à la déplétion pétrolière… »
    J’ai bien aimé. Je la replacerai.
    Vous parlez des boucs émissaires. Il y a aussi les « grands chefs », qu’on appelle les « porte paroles » que j’ai eu l’occasion de parodier http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2009/02/05/cherche-porte-parole.html
    Le syndrome Bisounours, je l’avais déjà dénoncé dès les premiers signes de redressements
    http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2009/05/12/la-bonne-nouvelle-et-la-mauvaise.html

    Je n’oublierai pas de placer mon nounourse sur l’oreiller, c’est promis.

    Bonne nuit, les petits.

  4. Re-bonjour,
    à lire toutes ces réactions j’ai l’impression qu’il est temps pour ce blog de faire son « big bang », c’est à dire de provoquer la réaction en chaîne, salvatrice, de vecteur d’influence vers le plus grand nombre. Que pourrait-on devenir :
    – un journal ?
    – une banque ?
    – un mouvement politique ?

  5. Le problème des participants de ce blog est que ceux qui y participent sont probablement des personnes à la recherche d’un emploi, malheureusement. Je fais le pari que pour chacun d’entre eux, dès qu’ils auront trouvé un job , ils auront aussi vite oublié ces vents de révolution passé devant le blog de Paul Jorion pour retrouver leurs vieux et vrais réflexes de consommateurs et individualistes … Ils se diront « Après tout, ce n’est plus mon problème puisque je réintègre le système » …

    Matés et zombis comme le système nous a fait .. Une machine efficace et sans pitié et surtout très productive

    Triste !

    1. « coucou », je ne sais pas si vous avez raison, parce que par exemple maintenant je n’ai même plus envie d’en trouver un, job. Par contre à force de fréquenter ce blog, et d’autres, je renseigne ceux qui travaillent, j’aime bien les décourager 🙂 . Ca fait peut-être partie des solutions, se débrouiller, devenir improductifs, s’abstenir ? Miguel Benassayag dit « la connaissance c’est l’action », il y a peut-être un fil à tirer par là ?

    2. Vous êtes injurieux!
      Je travaille mais çà marche pas fort!

      M’enfin tous les excellentes idées exposées ci-dessus ne peuvent déboucher, être appliquées et transformées en textes législatifs, sans passer par un « appui » politique de haut niveau avec accès aux média…suite à un « coup » quelconque!
      Espérons que coup en question ne nous anéantira pas.

      Or,La plupart des personnages politiques (de tout bord) connus sont d’assez gros « possèdants », ils sont peu enclins à un changement…et déjà trop satisfaits du système pour risquer quoi que ce soit

    3. Je suis dans le même cas qu’Anne.
      Je n’en cherche même plus (enfin presque), de toute il n’y a pas d’annonce qui corresponde à mon profil, et quitte à me faire virer dans 6 mois, autant ne pas commencer ça m’évite désillusions et frustrations.
      J’ai grandi avec la certitude qu’en travaillant bien à l’école et en aillant de bonne notes je trouverais un travail si j’en cherchais… ça fait 8 ans que je passe d’un travail précaire au chaumage et j’en peu déjà plus…
      J’aime pouvoir me projeter dans l’avenir.
      Mais je comprend très bien ce que tu dit car ça m’ait arrivé, de trouver du travail et d’oublier mes idées de révoltes. De toute façon, si demain tout le monde retrouve du travail, c’est que le système ne vas pas si mal que ça non?

    4. Bonne remarque « Coucou », mais pour ma part c’est faux ! J’ai la chance d’avoir du travail, en indépendant et de pouvoir de mon petit atelier passer du temps (trop parfois) sur ce blog entre autre, à écrire ou à lire, à réaliser de petits schémas, à mettre en parallèle deux ou trois informations… Mes revenus ne sont pas mirobolants, je consomme peu, je ne me plaints pas non plus et mes enfants encore petits pas d’avantage. Je suis sûrement un privilégié du point de vue de certains, mais j’ai organisé de longue date mon environnement pour m’autoriser aujourd’hui une certaine liberté.
      Je m’attends tous les jours au pire et me satisfais le soir venu qu’il ne soit pas arrivé.
      Carpe Diem.

  6. « Beaucoup de penseurs, de bloggeurs d’horizons variés
    ( […], Peyrelevade, […], même Patrick Artus … »

    Bizare de citer des banquiers ou ex. en tout cas fonctionnaires
    ou ex !
    Ce matin à France-Culture, Michel Pébereau.
    Compte rendu rapide.
    Sur la forme:
    Langue de bois magnifique. Il débite du concept, comme
    un charcutier débite du boudin au moment des cochonailles.
    Mais, c’était sans odeur et sans saveur; rien pour
    accrocher l’esprit, aucune invite à l’imagination.
    L’ autre invitée, Clémentine Autain, a parlé d’endormissement.
    Langue de bois hypnotique conviendrait bien pour caractériser
    la phraséologie.
    Sur le fond : circulez, y’a rien à voir et pas grand’chose
    pour les neurones.

    Obscénité salariale, primes, bonus et autres avantages:
    C’ est normal et justifié. Il s’agit de récompenser des
    hommes ( Clémentine Autain: « pas de femmes ») aux
    resultats de très hauts niveaux. Ils le méritent, et c’ est bien
    dans les normes ( normes: banquiers US) acceptées.
    D’ ailleurs, d’autres, qui ne sont pas banquiers font pire
    et l’opinion publique l’accepte. (Autres: fixation sur
    les entraineurs de foot)
    Crise et responsabilité: c’est la faute à l’absence de liquidité
    et à de petites erreurs de gestion (= prise de risques excessives).
    Intarissable sur certains détails de technique financière:
    Le groupe qu’il préside prête maintenant autant sinon plus
    aux PME qu’avant la crise etc… Certains projets de financement
    sont risqués ( projets TPE-PME non viables) , pas question
    que la banque , qu’il a l’honneur etc… , prennent des risques.
    Le devoir d’une banque c’est de gérer le risques sur les marchés
    actions…. Un risque bien pesé rapporte beaucoup.
    On sent peut-être à tord qu’entre une multitude supposée de quémandeurs
    à la solvabilité future incertaine et le grand jeu excitant du casino, il n’y a pas
    photo…

    Finalement, un banquier n’est pas compétent pour
    entrevoir des solutions qui ne soient pas la simple
    reconduction des errement antérieurs.
    ( en mieux, faut pas les prendre pour des minables intellecuels ).
    L’ absence et le déni concernant l’endettement excessif
    obligé par une répartition inéquitable des gains (= salaire faible+TVA élévée
    et actionnaires gavés+ID faible) est la marque d’une incompétence
    à sortir de sa sphère étroite de banquier.

    conclusion???:

    De ‘NingúnOtro’ le 29 novembre 2009 à 15:35 :
     » C’est pour cela que le jeu ne sera avorté que quand ceux qui prendront
    en mains la solution du problème ne seront pas des banquiers
    et ne se trouveront pas sous l’influence directe ni même indirecte de ceux-ci. »
    Pour ce cas particulier: conclusion vérifiée. C’est mon opinion.

  7. « Comment réagiront les Chinois et les Indiens – 2 milliards d’humains bâtis de la même chair que la nôtre, avec les mêmes espoirs et les mêmes rêves que les nôtres – qui ont moins de 30 voitures pour 1000 habitants, quand on leur expliquera qu’il n’y aura pas assez de ressources pour en construire plus et qu’ils devront continuer le vélo, quand les 4×4 et les 900 voitures pour 1000 habitants des États-Unis rouleront encore ? »

    Et pourquoi réagiraient-ils, uhm ? Si la Chine continue de se développer, eh bien les chinois s’enrichiront et s’achèteront des voitures, et à priori des voitures made in China. Quant aux ressources – naturelles – nécessaires, elles sont là et bien là. Ne pas oublier que le verre est à moitié plein, pas seulement à moitié vide ! (je parle du pétrole…) Et je crois avoir lu ici ou là que l’accès aux matières premières constituait l’un des objectif majeur de la Chine.

    L’Empire du Milieu poursuit sa route, méthodiquement.
    Ils avaient d’abord besoin d’infrastructures, mais pour cela ils avaient d’abord besoin d’argent, de beaucoup d’argent. Et grâce à notre consumérisme mesquin – le besoin d’acheter, mais pas cher ! – la Chine possède désormais de bien belle réserves ! De quoi acheter des terres, des matières premières… Car là sont les véritables richesses du monde au XXI ème siècle.

    Par contre je ne comprends pas trop à quoi l’auteur de cet article – par ailleurs excellent – fait allusion à propos de l’esprit Bisounours. Que je sache, les américains sont toujours en guerre, la France sombre dans un nationnalisme quelque peu nauséabond, idem pour l’Italie, le Chili vire à droite, etc. Où est l’esprit Bisounours ..? Je ne le vois guère DANS LES FAITS.

    Je crois plutôt que les sociétés occidentales prennent peur, car elles comprennent petit à petit qu’elles ne resteront pas très longtemps très « riches »…

    1. merci !

      Vince, où les chinois vont-ils trouver l’acier de la carosserie, le nickel des batteries, le cuivre des fils, et, accessoirement, juste le pétrole, sachant que nous sommes aux alentours du pic de production, il n’y aura jamais PLUS de pétrole produit tous les ans…

      Pour l’esprit Bisounours, je voulais parler de l’angélisme à ne pas voir le sproblèmes arriver, y compris les nauséabons que vous signalez.

      Avez vous entendu des propos comme ceux de Paul à la télé, à la radio (sauf BFM 5 minutes par semaine lol), dans la bouche d’un ministre ou d’un député ? Et donc dans la bouche de M. tout le monde ?

    2. Je vous conseille de suivre les cours de Jean Marc Jancovici donnés sur le site de l’Ecole des Mines Paris Tech.
      8 séances vidéo téléchargeables de 2 heures avec une pause entre les deux; c’est un peu long mais il faut ce qu’il faut si on veut avoir les bonnes info; ça remet les idées en place pour envisager l’avenir…..

    3. @ Vince.
      Le verre est à moitié vide certes, mais la moitié qui reste à « vider » ne pourra pas l’être aussi facilement que la première (viscosité, arrivée d’émulsion, nécessité de consommer beaucoup d’énergie, …) et surtout pas avec une augmentation du débit pour satisfaire les exigences de croissance rêvée : il va même y avoir une forte baisse de débit … et donc de la croissance.

      Quant à la croissance, exponentielle, pour des choses bien réelles, contenues dans un volume fini (notre Terre), c’est tout bonnement impossible, mathématiquement et physiquement.

      Les chinois, les indiens, les africains, tous les autres qui rêvent de notre façon de vivre au fond de leurs chairs, nous les avons mis devant un fait accompli : on a tout « mangé » le pétrole facile ! Leur rêve n’est plus possible énergétiquement.

  8. Première réforme, la démocratie directe et tant pis pour les failles de réseaux ou certaine fraudes, qui risque rien n’a rien, de plus le citoyen qui manque de bagages culturel sur certains sujets (comme moi en économie) peut toujours se renseigner sur le blog de PJ ou sur les média citoyens journalistes (il y en a des bons) avant de voter, alors moi je ne vois aucune raison de ne pas passer à la vitesse supérieur en terme de démocratie, évidement les politiciens seront contre vu les intérêts qu’ils y ont et vont certainement brandir les épouvantails de la peur.

    Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour obtenir un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre.
    Benjamin Franklin

  9. dans tout systeme,l’exponentiel est explosif ou implosif,le logarithme n’est pas si mal mais voué à l’immobilisme,
    le meilleux ,de loin,est un attracteur étrange,synonyme d’auto-similarité et de durabilité
    donc le nouveau systeme doit s’y apparenter
    une cooperative y ressemble
    bruno,le troll étrange du non-profit

    1. le meilleux ,de loin,est un attracteur étrange,synonyme d’auto-similarité et de durabilité

      C’est simplement (si je peux dire) le système vivant Ben oui, on est tous fait de poussière d’étoiles non?
      Et c’est cela qu’il faut copier

  10. C’est tout de même curieux ce manque d’imagination chez certains …
    Je ne dis pas, bien sûr que tout aille bien, et que le système , de par la réalité de nos micro-comportements (malgré nos discours … à moi comme à vous) , ne ne déglingue pas un peu.

    Mais enfin, ici, dans nos pays européens, j’ai parfois l’impression d’un manque de réalité un peu symptomatique d’un enfant gâté. Hé quoi ! regardons un peu l’histoire : il me semble que bien des populations ont affronté des situations autrement plus dramatiques que la nôtre , non ? , et sans avoir aucun de ces atouts dons nous disposons sans même nous en rendre compte.
    Vous allez -peut-être- m’objecter le reste du monde . Soit , nous l’avons bien aidé à se dézinguer … mais enfin n’avons nous pas une vision complètement déformée avec cette manie en forme de mauvaise conscience de vouloir absolument que le reste du monde accède à notre niveau de vie ? Le bonheur passe-t-il nécessairement par le seuil que nous imposons aux autres du seuil de pauvreté ?

    Et enfin cette façon de voir l’apocalypse complète parce qu’il va falloir se serrer la ceinture et probablement se passer du fatras inutile de produits qui polluent notre être ! C’est dramatique : on va avoir moins, rouler moins vite et moins loin, on va devoir faire attention : c’est la fin du monde !
    Quant au reste du monde , il sera libéré de notre emprise destructrice et reviendra peut-être à un développement à une vitesse plus humaine …. : mais , damned ! les PIB vont baisser !!!

    Bon je dis ça pour rire, of course.

    1. « on va avoir moins, »
      Parce que vous êtes certain d’avoir encore quelque chose.
      Moins que quoi ?
      Moins que rien ç’est combien ?

      « rouler moins vite et moins loin, »
      Parce que vous êtes certain de pouvoir encore rouler et pour aller où ?

      « on va devoir faire attention »
      Parce que en ce moment vous ne faites pas attention ?

  11. Total, 1ère capitalisation du CAC40 :
    2007 : Bénéfices env 8Mds€, année exceptionnelle selon Total,
    une prime exceptionnelle (env 1500€) est attribué aux salariés
    en janvier 08.
    2008 : Bénéfices env 12Mds€,année exceptionnelle selon Total,
    une prime exceptionnelle (env 1500€) est attribuée aux salariés
    en janv 09.
    2009 : année difficile dit-on, ils feront à peine comme 2007.
    Pas de bonus aux salariés, direction intraitable sur les négos
    salariales. Depuis des années la part des salaires est la portion
    congrue des budgets, les augmentations collectives ou individuelles
    se situant dans l’épaisseur du trait des graphiques budgétaires.

    Depuis des années la part réservée aux dividendes est augmentée,
    part revenant pour l’essentiel à des investisseurs étrangers.
    Je suis scandalisé par cette masse énorme d’argent qui ne rentre
    pas dans l’économie Française, ni par les salaires (donc pas par
    les différentes charges & impots non plus), ni par les dividendes
    (ou si peu). Pour une entreprise qui se targue d’une devoir sociétal,
    hmmmm….

    Depuis quelques années, à chaque publication de resultat annuel
    de ce groupe, des voix s’élèvent pour demander une imposition
    exceptionnelle sur ces bénéfices, bénéfices qui soit dit en passant
    ont déjà été soumis à impotS… Je trouvais ces rengaines très
    démagogiques, presqu’imbéciles.

    Aujourd’hui, je me demande s’il ne serait pas logique de taxer plus
    lourdement ce type d’entreprise, qui sont plus des pompes à finances
    que des pompes à pétrole…

    Pas cette année bien sûr, mais lorsque les pays européens seront
    contraints de lever des impots parcequ’ils sont étranglés par la
    crise, Total ne pourra plus exercer l’odieux chantage qu’il exerce
    sur la France : Pas d’impots ou on s’en va… Pas d’impots ou votre
    indépendance énergétique fout le camp !

    Ah, les lobbies………….

    1. Pour paraphraser Georges Marchais : je propose une loi qui concerneraient les impôts sur les bénéfices. Au delà de quatre milliards, je prends tout. Évidemment, le reste à partager équitablement entre salariés (surtout eux) et actionnaires et investissement

    2. Cette masse d’argent va dans les achats de titre actions comme bons des états, ou bien dans les bulles de l’immobilier, en fait cette masse d’argent va dans l’improductif

  12. Les salariés des entreprises distribuant de gros dividendes se font doublement e***** : d’abord, une large part de leurs efforts vont directement dans la poches des actionnaires, et et une large part de leur impot sur le revenu dans la poche des gros preteurs de l’Etat – c’est à à dire les intérêts de la dette.

  13. Bonsoir,

    nos parents n’ont pas connu de guerre, mais la guerre commerciale mondialisé est en cours, la guerre des puissances économiques supranationales, et donc le feux sacré n’est pas le patriotisme mais la cupidité, un mécanisme tragique, un cancer, un vers parasite.

    L’autre guerre qui sert aussi à la premiére, c’est l’ennemi interieure en guerre sociale en guerre culturelle ou religieuse , et le pouvoir infiltré tient là un excellent dérivatif alibi pour sa lutte contre le terrorisme et tout ce qui y ressemble de loin, tout n’est pas dis sur ce théme dans nos « infos » de peur de ne pas remuer l’eau qui stagne, l’épisode de l’équipe de Tarnac ou bien la miniémeute du plateau de Poitier centre traduit bien un gros gros malaise en devenir chez les jeunes de plus en plus nombreux à descendre l’escalier social, pendant que d’autres fanfaronnent éhontement.
    Ce site devrait d’ailleurs être fermé car il donne trop d’argumentaires à ces jeunes. Par bonheur les RG (ex..) ont pris la peine depuis un certain temps déjà de rafler toute la doc permettant de fabriquer des engins explosifs, plus rien dans les bibliothéques de France et de Navarre sur ce que l’ont appelle « la poudre ».

    Cordialement

  14. Bravo pour vos livres !
    C’est une excellente idée d’avoir rassemblé tous ces graphiques et dessins humoristiques. Rien de tel pour donner envie d’approfondir ces sujets.

  15. @Vince
    « Quand aux ressources – naturelles – nécessaires, elles sont là et bien là. Ne pas oublier que le verre est à moitié plein, pas seulement à moitié vide ! (je parle du pétrole…) »

    Vous semblez oublier un petit détail: le eroei, the énergy return on energy invest.

    Un puit de pétrole est un torchon que l’on tord, le débit d’eau dans le seau augmente jusqu’à un maximum puis décroit pour enfin s’annuler.
    Vous savez très bien que pour sortir les dernières gouttes il est nécessaire de réaliser de violents efforts.
    Il en va de même pour le pétrole, personne ne sait ce qu’il faudra consommer d’énergie pour extraire la deuxième moitié.
    Cette deuxièmepartie devrait être réservée à la construction d’un développemnt encore valable dans 1000 ans (les chinois en sont très loin)
    Pour se faire, il sera nécessaire de supprimer l’intérêt financier en créant des monnaies libres sans intérêts (la fin d’un monopoly n’est pas si grave qu’on veut bien le prétendre)

    Tant que l’industrialisation et par conséquent l’emploi (indépendant ou salarié) seront toujours considérés dans le conscient collectif comme étant la seule manière de se socialiser, il n’y aura pas d’issue.
    Les citoyens doivent apprendre à se prendre en charge d’abord au niveau de leur pensée, et devenir des prosommateurs.

    « Et grâce à notre consumérisme mesquin – le besoin d’acheter, mais pas cher ! – la Chine possède désormais de bien belle réserves ! De quoi acheter des terres, des matières premières… Car là sont les véritables richesses du monde au XXI ème siècle. »

    Ce n’est pas là que réside les véritables richesses du monde du 21 eme siècle mais bien dans le savoir, le savoir faire le savoir être.
    Savoir pour résoudre le problème de la déplétion pétrolière qui a été mentionné plusieurs fois dans cette discution.

    1. Plus de pétrole, plus de nourriture.
      Pétrole cher, nourriture hors de prix (voir « Pétrole Apocalypse » de Yves Cochet)
      La crise du système capitaliste et la désindustrialisation des sociétés occidentales va avoir des conséquences dramatiques en terme d’emploi et de niveau de vie mais une menace bien plus grande pèse sur nos têtes, les ressources alimentaires.
      Dégradation et stérilisation des sols, baisse de la biodiversité, surconsomation et pollution de l’eau, déforestation….. De bien sombres perspectives (bien plus inquiétantes que le pourcentage de CO2 dans l’atmosphère…. , histoire de faire hurler les réchaufiste)

  16. @ Michel

    Je précise : je vois les matières premières comme les seules véritables richesses « financières » pour le 21ième siècle, et plus globalement toutes les ressources naturelles, ce qui – malheureusement – attirera la convoitise. Evidemment la véritable richesse est ailleurs, mon billet n’avait rien de très philosophique.

  17. Sinon, ce que vous dîtes dans votre constitution est un très bon début, mais après certains restent flous comme le nombre maximum d’heures travaillées par semaine.

    1. @l’ Albatros, je ne suis pas sûr que fixer un nombre d’heures dans une constitution soit une bonne idée.

      On peut éventuellement fixer une échelle, un éventail de rémunérations, dire que la rémunération maximale ne doit pas dépasser X fois la rémunération médiane, ou la plus basse rémunération, dire que telle ou telle allocation doit permettre telle ou telle chose. Si on considère qu’être en bonne santé exige d’avoir tant de calories par jour, on peut mentionner un minimum de 2500 calories, de « bonnes calories », pourquoi pas. Mais sur une chose aussi fluctuante que des heures travaillées, franchement, je n’y crois guère. Comme je ne crois pas non plus au « travail statistiquement moyen », je suis cohérent 😉 B.L.

    1. Oui, Gu, écrivez vite pourquoi, tant qu’il vous reste des bras. Comme je n’ai pas encore lu ce projet de constitution, cela m’aidera à aller à l’essentiel. B.L.

    2. Ne le prenez pas mal, mais tout ce que j’y vois choque mes principes humanistes hérités des lumières et de la révolution française, ce qu’on appelle le libéralisme. C’est un projet où l’État croit savoir ce qui est bon pour ses sujets, et il le leur impose par la contrainte : règles de rémunération, interdictions diverses. Le plus choquant c’est « l’intérêt général passe avant l’intérêt particulier ». Cette phrase semble anodine : personne n’aime les égoïstes qui ne se soucient que de leur intérêt. Le problème, c’est qu’en plaçant le projet collectif au-dessus de tout, on n’abolit pas l’egoisme mais on aboutit aux pires régimes politiques. Il y a aussi une confusion (d’ailleurs très répandue) entre démocratie et libéralisme. La plupart des gens aujourd’hui confondent les deux : pour être libres, il faut vivre dans une démocratie! Mais ce n’est pas si simple. Tocqueville avait déjà mis en garde contre le risque de tyrannie de la majorité. La majorité toute-puissance, c’est la négation des libertés individuelles, des minorités. La déclaration d’indépendance des US et la déclaration des droits de l’homme de 1789 (pas les suivantes) avaient identifiés les principes libéraux fondamentaux : droit de propriété, liberté de choisir ses valeurs et croyances et de diriger sa vie, et responsabilité individuelle. C’est la protection de l’individu contre toutes les formes d’oppression, qu’elles émanent d’un tyran, d’un parlement ou d’un roi.

    3. Gu Si Fang,

      Le capitalisme financier ne menace-t-il pas les libertés individuelles ?

      Toute société, y compris libérale, fonctionne avec des règles, je ne vois pas en quoi une constitution pour l’économie serait attentatoire aux libertés individuelles. A moins que vous pensiez à la liberté de s’enrichir au delà de toute mesure : l’exercice d’une liberté pour quelques uns au détriment de celle du plus grand nombre qui ne peut exercer cette liberté. Sérieusement, une constitution pour l’économie avec notamment l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix et l’interdiction des stock-options est-ce de nature à vous priver de votre liberté ? La minorité des super riches qui parasite le système mérite-t-elle qu’on se penche sur ses états d’âme ? Le doit d’avoir un vie décente vaut-il moins que celui d’avoir la liberté de s’enrichir sur le dos des autres ?

      Droits individuels et intérêts général ne sont pas nécessairement antinomiques. D’ailleurs tout un courant du libéralisme, le libéralisme économique, prétend qu’il y va de l’intérêt général que chacun poursuive sont intérêt individuel. C’est une loi non écrite mais dans la pratique c’est ainsi que les libéraux abordent l’économie réellement existante. Or cette façon de concevoir l’intérêt général est un échec cuisant car l’économie et la finance sont ne peuvent s’autoréguler. Il faut donc des règles. Une constitution économique qui spécifierait par écrit quelques principes n’est donc pas une idée absurde. CQFD

    4. « C’est la protection de l’individu contre toutes les formes d’oppression, qu’elles émanent d’un tyran, d’un parlement ou d’un roi. »

      Vous avez oublié la ploutocratie. Comment protège-t-on l’individu face à cette oppression? Ce n’est pas le libéralisme qui va nous aider, lui qui est né pour servir les intérêts des ploutocrates (qui avaient une facheuse tendance, à une époque, à se faire plumer par les aristocrates).

    5. @ Pierre-Yves

      L’expression « capitalisme financier » a une origine marxiste et un sens mal défini. Pour savoir de quoi on parle, disons par exemple : le capitalisme actuel. Vous demandez s’il es juste et légitime. En tant que libéral, je vous réponds qu’il l’est plus qu’un régime communiste, mais qu’il a de gros problèmes. En particulier, le droit de propriété et la responsabilité sont tout simplement bafoués dans le domaine de la monnaie et la finance. Lorsque certains acteurs peuvent légalement empiéter sur la propriété d’autrui et sont irresponsables en cas d’erreur, leur « liberté » devient une licence. La licence de spolier… Ce n’est donc pas la liberté en tant que telle qui pose problème, mais le fait que notre propriété n’est pas respectée. Rétablissez la propriété et la responsabilité dans la finance et vous n’aurez plus à vous plaindre de la liberté des banques.

    6. P.S. J’ajoute que mon point de vue sur le capitalisme actuel – et ça vous surprendra peut-être – n’est pas si éloigné de certains commentaires marxistes. Nos institutions financières illiberales ont pour conséquence un accroissement des inégalités, une instabilité de l’économie, l’apparition d’une oligarchie financière, etc. Il n’y a pas beaucoup de sujets où je suis d’accord avec les marxistes donc ça valait la peine de le signaler 😉 Mais si je partage le diagnostic, en revanche, il y a désaccord sur les remèdes, comme par exemple cette « constitution économique ».

    7. @ Gu Sifang

      En évoquant la licence dont ferait preuve le capitalisme actuel en certain de ses secteurs vous admettez implicitement que la liberté s’exerce dans un cadre bien précis, qu’elle ne saurait donc être purement formelle.

      Le capitalisme financier, c’est une forme de capitalisme dont la logique d’ensemble est orientée par la logique court-termiste de la finance qui en constitue le coeur. Cette définition n’est pas spécifique au marxisme, de nombreux auteurs de sensibilité très différentes y font référence. Elle a aussi l’avantage de ne pas faire du capitalisme un concept hors du temps, en montrant son caractère évolutif.

      Concernant le droit de propriété, mon analyse est sensiblement différente de la votre : c’est d’avoir trop bien respecté le droit de propriété, notamment celui des détenteurs des « actifs pourris » que cette crise financière a été aggravée, laquelle a débouché in fine sur une crise économique.
      Il y a eu des malversations, des tromperies sur la marchandise, des Madoff, c’est entendu, mais d’une manière générale le système n’a pas spolié au sens juridique du terme. Il ne s’agit donc pas des excès d’acteurs financiers individuels qui auraient simplement manqué du sens des responsabilités. Il s’agit d’acteurs individuels qui sont allés dans le même sens car le système — y compris juridique — m leur donnait toute liberté pour agir comme ils l’ont fait. Or cette « liberté » ou licence, comme vous voudrez, d’où vient-elle ?

      Elle procède du mouvement de dérégulation de la finance qui s’est peu a peu accentué depuis une trentaine d’années. Donc de l’absence de certaines règles qui étaient à même d’empêcher que survienne le problème.
      Faute de règles la sphère financière s’est déconnectée de la sphère de l’économie dite réelle où d’authentiques marchandises ou services sont échangés. Relire le billet de Paul à ce sujet : « La dimensionnalité de la monnaie ».

      Bref, la constitution pour l’économie — et non pas « constitution de l’économie » comme je l’ai écrit par erreur dans la dernière phrase de mon commentaire précédent –, lancée par Paul Jorion vise précisément à éviter la licence que vous évoquez. En interdisant les paris sur la fluctuation des prix, tout l’édifice du marché de la dette, autrement dit la titrisation, ainsi que les produits dérivés « assuranciels » qui y sont liés et ont permis de gruger toute une classe d’emprunteurs sans en assumer les conséquences, n’a tout simplement plus lieu d’être. Autant prendre le problème à sa source.

    8. @ Pierre-Yves

      Je ne pensais pas à Madoff, qui est un épiphenomène, mais aux lois qui régissent l’ensemble des banques. Je regarde donc, dans ces lois, les dispositions qui permettent aux banques de violer les droits de propriété d’autrui. Je pense que ces lois sont injustes, mauvaises. Vous semblez plutôt définir le capitalisme financier en termes de valeurs : préférence pour le profit personnel, rapide, et aussi élevé que possible. Vous pensez que ces valeurs sont mauvaises. Quand je parle de violation dubdroit de propriété, vous devez penser que je parle chinois : de quoi s’agit-il? Toutes les banques ou presque ont agi légalement. Où est le problème? Le problème, c’est la création monétaire. Il n’y a jamais eu de bulle ni de crise financière sans création monétaire. Or, et c’est là que ça devient intéressant, il n’y a jamais beaucoup de création monétaire sans des lois qui la facilitent, l’encouragent. Ce sont les lois qui permettent aux banques centrales et aux banques de créer de la monnaie : cours forcé, garantie des dépôts sont les plus importantes. En clair : le papier-monnaie non convertible en métal imprimable à volonté, et la banque à réserves fractionnaires. Pour avoir une idée de ce que serait un système monétaire et financier où le droit de propriété est respecté, je vous recommande le petit livre « Etat, qu’as-tu fait de notre monnaie? » facile à trouver sur Google. Cdt.

    9. @ Paul Jorion

      Mon avatar dit « Je suis un cochon de capitaliste », vous demandez pourquoi. Tout simplement parce que le libéralisme et le capitalisme correspondent à mes valeurs. « Cochon de… » traduit une perception commune de ces valeurs dans les médias, que je trouve caricaturale et que cette formule tourne en dérision. Enfin, et c’est le plus important : c’est la tirelire de mon fils 😉

    10. @ Gu Si Fang
      « Je regarde donc, dans ces lois, les dispositions qui permettent aux banques de violer les droits de propriété d’autrui. Je pense que ces lois sont injustes, mauvaises. »

      Voici qui devrait vous rassurer:

      Yes, It’s Okay To Walk Away From Your Mortgage

      As many Americans begin to realize that it will be many years (if not decades) before their houses are worth what they owe on them, the idea of walking away from your mortgage is going mainstream.

      Not surprisingly, the mortgage industry is doing everything it can to prevent this, including telling homeowners that they have a « moral obligation » to pay.

      But do they?

      Is it okay to walk away from your mortgage for no other reason that it doesn’t make financial sense to keep throwing your hard-earned money away?

      There’s no universal answer here, but in most cases, the answer is « Yes, it’s okay to walk away. » Importantly, the reason is not that « Wall Street deserves it » or « We’ve got to teach the banks a lesson » or any of the other retribution logic being thrown around these days. The reason is that you and your lender engaged in an arms-length transaction in which both parties balanced competing interests and spelled out their obligations in a clear, signed contract. And unless that contract states that you have a « moral obligation to pay, » you don’t have a moral obligation to pay.

      Specifically, when you borrowed money to buy your house, you engaged in a business transaction. The bank or mortgage-lender evaluated the risk of the transaction and concluded that it would was a risk worth taking. To protect its money, the lender also required that you pledge the house as collateral, and it required you to have some equity in the house as an additional cushion. In the event that you didn’t pay, the lender retained the right to seize the house, sell it, and pay itself off before you got your equity. The lender loaned you the money because it concluded that this was a smart business decision.

      You, meanwhile, also made a business decision. You decided to borrow money to buy your house even though it meant risking your equity, home, and credit rating.

      And now it turns out that both of you made a bad decision.

      Source et vidéo (américain): http://finance.yahoo.com/tech-ticker/yes-it%27s-okay-to-walk-away-from-your-mortgage-403924.html

    11. @ fujisan

      Il y a effectivement des saisies mais je ne pensais pas à ça. Une banque qui saisit une maison quand l’emprunteur ne paie pas n’est certes pas très charitable, mais elle est dans son droit. Je visais la création monétaire et les lois qui la rendent possible : le cours forcé, les réserves fractionnaires, le prêteur en dernier ressort, la garantie des dépôts. Ces lois sont en contradiction flagrante du droit de propriété, même si ça ne saute pas aux yeux.

  18. « Un défaut des États-Unis est impossible »

    Juste une question beotienne.
    Il se passe quoi si les US (et l’UE et le japon pour faire bonne mesure) font défaut sur leur dette, ou décident tous les trois de supprimer leur endettement par hyper inflation concertée ?

    Dans la vie à notre niveau, nous ne pouvons pas faire défaut sur nos dettes parce que l’Etat est le garant du système. Si vous ne payez pas vos dettes, vous êtes sanctionnés.

    Dans la vie au niveau des états, si un petit (l’Islande ?) fait défaut, les gros le sanctionnent financièrement et économiquement. Ou alors en lui déclarant la guerre (moins en vogue depuis un siècle et des poussières).

    Mais dans la situation actuelle ou ce sont les gros qui sont endettés ?

    Imaginons que demain, communiqué de presse des gouvernements US, européens et japonais qui déclarent qu’ils récusent leur dette. Il se passerait quoi ?

    1. Comment procéder à une remise à zéro des compteurs n’est pas une question que les économistes que nous avons l’habitude d’entendre ont celle de traiter !

      Dans un premier temps, le système financier mondial s’effondre, puis l’économie. Les investisseurs sont ruinés, qu’ils soient grands établissements financiers ou petits épargnants.

      Il est alors urgent d’avoir un plan B. Il faut partir de celui-ci pour, dans le contexte qu’il créerait, répondre à votre question.

  19. Je ne sais plus trop pourquoi il est question d’énergie et de pétrole dans la discussion. Mais j’ai une question à ce propos, le pétrole va probablement manquer mais on parle très peu du gaz, je crois avoir lu que ces réserves étaient gigantesques et au moins disponibles pour des dizaines d’années…
    le pétrole sera le charbon du XXI siècle et le gaz l’équivalent du pétrole ? Et le charbon ?

  20. Je continue à être provocateur…

    Si vous faites ça, les établissements financiers sont ruinés SAUF si vous les autorisez à diffuser le défaut sur les obligations. L’établissement à une créance de X sur l’Etat, et, normalement, une dette de X à un particulier.

    L’Etat fait défaut, l’établissement a une perte de X. Ou il coule, ou vous l’autorisez à annuler sa dette à X.

    Très concrètement, vous dites aux détenteurs indirects d’obligations qu’ils ne seront pas remboursés – appelez-ça impôt exceptionnel révolutionnaire. 🙂

    Vous pouvez voir ça soit comme du vol (mais alors, l’impôt est du vol) et une défaut sur sa parole, soit une mise à contribution « fiscale » des possédants d’assurance vie et autres SICAV.

    Vous ne pouvez pas non plus faire passer ceci pour un cataclysme fatal, car, l’Etat « n’existant pas », il n’y a que des personnes physiques, et qu’au total des dettes correspond un total de créances.

    Après vous regardez seulement le nombre de créanciers et le nombre de débiteurs, et, généralement, les plus nombreux gagnent… (au moins en démocratie réelle)

    La chose se complique quand les personnes ne sont pas du même pays, mais bon, quand le débiteur en défaut a la bombe atomique, ça limite les risques. (quoique…)

    Espérons que nous éviterons néanmoins ces extrémités pénibles et trouvons d’autres solutions…

  21. @Olivier Brumaire

    Deux remarques: 1) j’ai critiqué votre manque de propositions, à tort, mais je ne connaissais pas votre blog. Je vais donc tenter de réparer cela, en allant vous rendre visite
    2) Bravo pour votre humour.

    Cela étant, j’attends avec intérêt les quelques pages que vous allez – un jour – écrire sue l’émission de monnaie scripturale intempestive que certains – dont je suis – déplore. J’ai commis quelques réflexions sur le sujet, ainsi que sur la contrainte exorbitante que nous impose le tristement fameux article 104 du traite de 1993.

    J’ai d’ailleurs tenté dernièrement de faire le point sur l’extravagance des théories monétaires tentant d’expliquer les bizarres variations des agrégats monétaires M1, M2 et M3 relativement à la base monétaire, dite encore monnaie centrale. Les discussions sur l’argent ont encore de beaux jours devant eux. Si chacun pense qu’il faut une réforme monétaire, voire une solution, les leviers pour le faire ne sont pas toujours placés au bon endroit.

    Ainsi, sur la création, ou non création scripturale, de simples réflexions de bon sens ont du mal à passer.

    En partant de simples statistiques, et en se limitant à l’agrégat « le plus liquide » (DAV plus monnaie fiduciaire) (statistiques qu’on peut, et que l’on doit, toujours critiquer, c’est vrai):

    Le ratio entre l’agrégat M1 et la monnaie centrale (y compris la monnaie-fiduciaire, la monnaie-papier) a évolué en France, entre 1999 et 2006 (chiffres banque de France, entre 3,9 – le plus bas, et 5,5, le plus haut).

    D’après les derniers chiffres de Natixis, il se situerait actuellement autour de 4,9.

    Sur le plan théorique (multiplicateur ou diviseur monétaire), il pourrait aller jusqu’à 6,5 ou 6,8.
    Il y a donc encore de la marge, soit pour contraindre les banques à ne pas émettre trop de prêts au delà de leurs ratios prudentiels habituels, soit pour indiquer à la Banque Centrale qu’elle n’est pas assez sévère.

    Cordialement, Bruno Lemaire.

    1. Merci

      Il est vrai que j’ai découvert et relu 5 fosi l’article 104. C’est hallucinant.

      quand on parle de libre circulation des capitaux dans un traité européen, j’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’une liberté INTRA communautaire.

      Mais qu’on est mis dans un tel traité une liberté identique avec les pays tiers, il faut avoir un sérieux grain OU être payé très cher…

      Donc demain on est en guerre, mais on a interdiction de supprimer les échanges avec le pays tiers !!! Des dingues…

      Bon, on peut discuter aussi de la profonde stratégie de faire une liberté des capitaux intra communautaire sans harmonisation fiscale préalable…

  22. Toutes ces réformes ne serviraient qu’à prolonger la dictature économique.
    Changer les mentalités?
    Changer de jeu, abolir l’économie et son diktat, cela ce n’est pas les dirigeant(e)s qui le feront, pourquoi le feraient-ils(elles)?
    Cela s’appelle encore révolution, on dira communisation.
    Les sociaux-démocrates font partie eux aussi de ce qu’il faut dépasser, politique, finance, argent, pouvoir, classes, états : TOUT DOIT DISPARAITRE.

    1. Il est certain que les privilégiés n’ont pas un intérêt énorme à ce que cela change. a moins de penser à un peu plus long terme, certains peuvent préférer la réforme à la révolution.

      Donc il faut persuader les « élites », ou du moins les « possédants », qu’il vaut mieux abandonner certains de leurs privilèges que de se voir couper la tête. Ce qui n’est pas nécessairement bon pour les coupeurs de tête. La révolution française, à ce qu’il me semble, n’a pas amené les « classes laborieuses » au pouvoir, en dépit des massacres de la Terreur. Les « bourgeois » s’en sont bien sortis.

      B.L.

  23. @Olivier Brumaire, Pour répondre à votre question formulée dans le titre de votre message « La démocratie est-elle soluble dans l’économie ? » la réponse est oui, elle est dissoute :

    1/ Le parti politique ne diffère pas d’une entreprise dès que le militant de base comprend que ses élites n’ont d’autre choix que de faire carrière soit d’être payés. On remarquera les pirouettes des politiciens pour cumuler mandats et traitements en reniant leurs propres déclarations. Je rappelle que le politicien est bien souvent mieux traité que le français moyen, d’après l’INSEE au delà des quelques 3000 euros net par mois, vous faites parti des salariés les mieux payés de France. On dit bien souvent que les politiciens exercent leur art pour le pouvoir et la démocratie, ajoutons-y l’argent puisqu’ils feront parti du haut du tableau de l’INSEE.

    2 / Le parti politique n’a de choix que de gagner une part de l’électorat, sinon l’Etat et ses contribuables ne rempliront pas ses caisses. On peut se demander l’utilité sociale des campagnes électorales lorsque celles-ci empruntent au langage publicitaire ses slogans et ses campagnes de com’. Mais à ce stade, il devient logique de rétribuer grassement avec nos impôts des instituts de renoms pour créer de toute pièce la République des Sondages.

    3/ Paradoxe d’un début de siècle médiatique : nous payons sous la contrainte la république des sondages qui nous modèle. Comment un peuple qui a découvert les droits de l’homme et dont la constitution stipule : « Nulle contribution ne peut être établie que pour l’utilité générale. Tous les citoyens ont le droit de concourir à l’établissement des contributions, d’en surveiller l’emploi, et de s’en faire rendre compte » (art 20) reste inapplicable puisque les politiciens sont devenus professionnels ? Leur profession avouée nous rappellent-ils est de comprendre les « Nous le Peuple » puis d’y mettre un trade mark celui de leur parti politique. Opération réussie :la démocratie s’est fait dissoudre dans un business plan aussi immortel que le capitalisme.

  24. @communisation

    cà va, çà va… on a déjà donné dans le panneau. Mais il est vrai que « l’économie sociale de marché » est une version renouvelée de la « ferme aux animaux » ! Il faut faire avec – mais vraiment avec – il n’y a pas de lendemains qui chantent, ni d’ « avenir radieux »!

  25. @ Bruno Lemaire

    J’ai tenté, il me semble, de dire quelque chose de similaire il y a quelques mois, mais je ne saurais retrouver dans quel billet et par quel commentaire (je citais le Tao dans la Pléïade ). L’idée principale est qu’un groupe social, disons petit bourgeois classe moyenne, pourrait – aujourd’hui face aux dangers et en alliance avec d’autres groupes – faire avancer les transformations permettant de ne pas ne pas tout perdre pour tous, et finalement se retrouver « révolutionnaire » dans sa volonté de transmettre un héritage humaniste profond. Mon « dada » c’est le pressentiment d’un nouveau féodalisme relayé par par les ceux qui font leur place dans l’économie sociale en assurant leur gagne-pain sur le malheur des autres.

  26. – Bien d’accord avec Paul, les élites s’évertuent à détourner l’attention des sujets de fonds, ceux qui sont à la base des enjeux de civilisation auxquels nous sommes confrontés. De ce fait, nous vivons un énorme gâchis car nous plaçons nos derniers atouts, mais hélas nous les gaspillons et c’est tragique. La chaise musicale des boucs-émissaires est grotesque, c’est une faillite complète des médias, avec le triomphe du simplisme sur l’analyse de fond. A ce petit jeu-là, les médias risquent fort bien de se retrouver eux-mêmes pris au piège, traités de boucs-émissaires au dernier round pour avoir détourné l’attention des vraies questions quand il fallait se les poser. Tronquer le réel est le dernier tour de passe-passe pour continuer comme avant, c’est pathétique.

    « David Fridley, Scientifique au Laboratoire national Lawrence Berkeley, dit, “[le secrétaire à l’énergie Stephen Chu] sait tout ce qu’il faut savoir au sujet du pic pétrolier, mais il ne peut pas en parler. Si le gouvernement annonçait que le pic pétrolier menaçait notre économie, Wall Street s’effondrerait. »
    ( http://www.fogcityjournal.com/wordpress/2009/09/29/preparing-for-peak-oil-how-our-lives-will-change-forever/ )

    – D’un point de vue général, je reste convaincu que la crise actuelle trouve son origine dans notre confrontation au plateau pétrolier depuis 2004. Jeff Rubin soutient que le monde rentre en récession quand le baril atteint des prix à trois chiffres. Plus précisément, on dit que l’économie mondiale rentre en récession quand le coût du pétrole atteint 4,5% du PNB mondial (au dessus de 80$ le baril). Le prix actuel est donc un compromis entre les nécessaires dépenses pour exploiter du pétrole devenu cher, et le prix que l’économie mondiale est prête à accepter pour fonctionner. L’accélération de la croissance introduisit les trente glorieuses, la fin de l’accélération de la croissance introduisit les trente piteuses et maintenant nous flottons entre deux eaux, c’est la fin de la croissance avant le début de l’accélération de la décroissance. Nous sommes aux limites de la croissance (The Limits To Growth).

    « Oily Origins of the Economic Crisis »
    ( http://www.sublimeoblivion.com/2009/02/18/oily-origins-of-the-economic-crisis/ )

    – L’idée classique veut que le pic pétrolier corresponde à la moitié de la production mondiale, mais ce n’est pas automatique, car la technologie peut accélérer la production sans pour autant développer le potentiel de production total. En outre, il faut avoir à l’esprit que sur le versant décroissant, l’énergie nette va chuter plus rapidement que l’énergie brute (cfr. Courbe de Hubbert Nette), et en plus l’offre destinée aux consommateurs des pays non-producteurs va chuter encore plus rapidement que l’énergie nette, car les pays producteurs vont cannibaliser l’offre mondiale disponible. Certains disent que d’ici, 20 ans on pourrait consommer de moins de la moitié de ce que nous consommons maintenant …

    « The Net Hubbert Curve: What Does It Mean? »
    ( http://netenergy.theoildrum.com/node/5500 )

    – Sinon, qui connait les TEQs (Tradable Energy Quota) ( http://teqs.net/ ) ? Cette méthode aurait pu être un bon moyen d’anticiper le pic pétrolier et de luter contre le RCA en freinant notre appétit énergétique mais cela ne pourra plus être qu’un moyen pour rationner les consommateurs-citoyens en période de pénurie. On n’y coupera pas je crois.

    1. Le pic pétrolier est en effet un problème crucial. Cependant les « preuves » avancées pour montrer que l’origine de la crise résulte du peak oil sont insuffisantes. Par exemple, dans le lien que vous proposez « Oily Origins of the Economic Crisis », le graphe « Exponential rise in oil prices » n’est absolument pas crédible dans la mesure n’importe quelle courbe ferait l’affaire ! Dans un autre billet (lequel?) Paul a bien expliqué que le pic pétrolier se jouait sur le moyen terme, la crise que nous observons est financière, même si la raréfaction du pétrole agrave les choses.

    2. @lemar. Je reste sur mon impression que c’est la fin de l’abondance en pétrole qui met en difficulté le système économique mondiale, et cela même si un Big Crash nous pendait au nez avec ou sans Peak Oil.

      Voici quelques autres sources …

      « Oil Caused Recession, Not Wall Street » by Tom Therramus
      http://oil-price.net/en/articles/oil-caused-recession-not-wallstreet.php

      « Temporary Recession or the End of Growth? » by Richard Heinberg
      http://www.postcarbon.org/article/40503-temporary-recession-or-the-end-of

      « Colin Campbell predicts credit crunch due to peak oil 2005 »
      http://www.youtube.com/watch?v=lDNMjV6sumQ

      Bon, en fin de compte, ce n’est pas le plus important, car ce qui compte c’est d’agir comme si le Peak Oil avait lieu ici là-bas et maintenant, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on en prend pas le chemin.

    3. Je suis tout à fait d’accord avec vous Peak

      Prenons le graphique « Oil and gaz liquids 2004 scenario », http://www.fogcityjournal.com/wordpress/2009/09/29/preparing-for-peak-oil-how-our-lives-will-change-forever/ la croissance des années soixantes est de l’ordre de 5 à 10%, si elle avait pu se prolonger, nous consommerions quatre fois plus d’énergie aujourd’hui (il suffit de continuer la courbe exponentielle)
      En 73, deux ans après le pic sur le sol des états unis, voilà l’ OPEP et toutes les conséquences sur notre économie.
      D’autre part si je me souviens, c’est en 71 que Nixon a supprimer la liaison du dollar et de l’or, une façon de faire payer le pétrole importé par le reste du monde (les véritables économiste aprécieront)
      A partir de là, nous n’avions plus que 2 à 3% de croissance pétrolière avec pas mal de soubressauts.
      Aujourd’hui nous avons 0% et on recherche toujours la même politique de plein emploi que dans les années soixantes alors qu’a cette époque on culminait à 5 à10%.
      Cherchez l’erreur!
      Je suis tout à fait d’accord avec le fait que le pétrole est l’élément principal dans la crise sytémique que nous connaissons aujourd’hui.
      Cela se traduit par un jeux de chaise musicale en excluant les plus faibles, mais comme la vie évolue en partant de ses déchets, j’ai bon espoir

  27. J’ai observé cela au sein des organisations qui peinent à trouver des solutions à leurs problèmes internes: on multiplie les discours, on édite une phraséologie officielle, on lance des appel qui sonnent le creux, mais il n’a y pas d’action salvatrice. Il faut bien se rendre compte, au prix d’affronter la méduse de face, que l’ensemble de la classe politique a échoué. Ce constat d’échec doit se faire au niveau collectif. Ce sera un premier pas vers la guérison.

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