California Dreamin’

Quand il fait froid comme aujourd’hui, il y a toujours quelqu’un pour me demander si la Californie ne me manque pas. En gros, non : l’atmosphère était beaucoup trop sinistre quand nous sommes partis, le 30 avril de l’année dernière : une atmosphère de fin du monde. L’hiver a aussi été catastrophique là-bas, avec de nombreux glissements de terrain et des inondations, comme à Palm Springs… dans le désert.

Mais il y a des endroits qui me manquent, des endroits dont j’ai déjà parlé : la librairie « beat » City Lights à San Francisco, le quartier Haight-Ashbury, dans la même ville, Telegraph Avenue, à Berkeley, Venice Beach à Los Angeles, et Big Sur, au Sud de Monterey. Oui, je sais : des endroits qui furent les hauts-lieux de la culture hippie, après avoir été, le plus souvent, les hauts-lieux de la culture beatnik, dix ans auparavant.

Ils hantèrent ces lieux mythiques et on ne les a pas encore entendus ici, alors les voilà, « Ladies & Gentlemen : The Mamas and the Papas ! »

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18 réflexions sur « California Dreamin’ »

  1. Aujourd’hui à la place des flowers, on a facebook : 300 millions d’utilisateurs qui ont volontairement mis là dedans leur vrai nom, leur boulot, leurs amis. Ca ressemble à la secte de Jim Jones en géant. Espérons que ça ne finisse pas pareil. Malheureusement, que font les patrons de tels réseaux sociaux une fois qu’ils ont fait le plein de noms etc ? ils revendent le fichier au premier venu qui pourra inonder ces gentils utilisateurs de pubs bien ciblées. Le boss de facebook avait essayé de le faire mais ce fut un tollé. De quoi vit-il aujourd’hui, ce bonhomme, à part de l’espoir d’une nouvelle tentative de vol ?

  2. Je suis assez surpris que Venice beach vous manque :), j’y etais encore dimanche avec des amis en visite, et je n’aurais pas pense que l’ambiance actuelle puisse vous manquer. Il y regne effectivement toujours un parfum de marginalite, mais a chaque fois que j’y passe je ne peux m’empecher de ressentir une sorte de malaise tant le lieu regroupe tous les cliches de la californie.
    En revanche Big Sur manque a quiconque ne peux y passer tous ses week end, ahh Big sur

    1. @piotr:

      Oui et j’ai eu un remord, j’aurais du écrire révolutionnaire. Car des femmes en politique, il n’y en a que trop, et dans des partis réac.

      En revanche qu’y a-t-il de plus fascinant qu’une femme révolutionnaire, depuis Eve, depuis le film de Ken Loach sur la guerre d’Espagne, depuis l’homme révolté de Camus, qui n’est pas la femme révoltée. Or ce sont les femmes qui ont fait 1789, enfin, selon Tulard & Cie, pas seulement, mais elles étaient là lorsqu’il fallait motiver les hommes pour aller se rassembler, le matin. Ensuite d’obscurs meneurs ont continué mais qu’aurait été 1789 sans les femmes ? peut-être rien !

      Arundhati Roy : « She is on her way », en parlant de :

      “Another world is not only possible, she is on her way. On a quiet day, I can hear her breathing.”

      La vérité ne sort pas de la bouche des enfants, au contraire, de la bouche de mon neveux ne sortent que des stéréotypes, il a déjà tellement intégré les normes qu’ils est la première victime.

      Autre image, Julia qui se débarrasse de ses vêtement dans un geste comme si elle abolissait une civilisation, dans « 1984 ». C’est typique…

      Actuellement, la conclusion de mes raisonnements est que nous devons planifier l’économie, car il n’y a pas le choix… S’ils veulent continuer à gouverner, autant accompagner le changement sinon ils le subiront. Le jour du test approche. Un jour un gouvernement populaire prendra le pouvoir après une brève épreuve de force, et c’est peut-être sous l’empire de Sud Rail que nous vivrons.

  3. c’est vrai que c’etait beau ces chansons, cette atmosphère, cet univers. un reve !!
    UN reve…un reve californien finalement détruit par la finance de new york et le pétrole texan.
    Mais il reste quelque chose…
    Il reste les chansons , les reves, les earth ship, précurseur de l’écologie, l’informatique de berleley, précurseur du libre et de linux.
    Quand aux autres Gates, Google, Bush, … On ne sait pas encore si leur bilan est positif ou non.
    On verra bien si on a un billet de Marouane Chamack à venir..

  4. Pour moi la Californie c’est surtout Frisco. C’est aussi la ville la plus « européenne » des Stats : des gens marchent sur des trottoires…
    Mais au niveau du son c’est surtout « America » dont le paradoxe veut qu’ils se fondèrent en Angleterre leurs papas étant de joyeux occupants des forces US en Albion..

  5. A tous et surtout à Monsieur Jorion,

    ce que j’adore ici, c’est qu’on a tous envie de (re)faire les choses sérieusement sans se prendre exagérément au sérieux…

    Et ca c’est formidable 😀

  6. Ben nous en France on avait…Richard Anthony, grand repreneur des Mamas and the Papas, pas si mal d’ailleurs mais rien à voir avec les originaux. mais c’est la preuve que le groupe lui-même n’était ni connu ni diffusé sur la radio publique et les commerciales, domaine réservé des « requins » franchouilles de la chanson.

  7. Le boardwalk de Venice et son Cadillac Hotel à partir de $130 la nuit où vous ne dormirez pas une minute vu le tapage des homeless, des wackos sans parler des trailers pourris garés juste en face, devant l’océan… Et si vous avez pu dormir l’aspirateur vous réveillera à 7.00 am! Bonjour la décroissance hippie, c’est plutôt l’arnaque à chaque planche du front de mer, oui! Et en plus tout est totalement décrépi! Quelle horreur!Quelle abomination! C’est la que le monde occidental s’arrête…

    You were right coming back home a.u.b.

  8. Oui, aujourd’hui Haight-Ashbury ou Telegraph sont peuplés de vos enfants, qui s’essayent vaguement a surfer la vague hippie et rebelle en avouant que le dollar qu’ils mendient devant Starbuck ou Gap, c’est pour boire une biere.

    Le vrai coeur de la « Bay Area » c’est devenu Oakland. San Francisco et Berkeley se sont trop embourgeoisés. La région est toujours tres agréable a vivre et reste tres progressiste et innovatrice dans beacoup de domaines, y compris sociaux.

  9. En réponse a Paul:

    Mission était encore…Mission il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui c’est LE quartier Bobo de SF. Bien sur il subsiste encore quelques « blocks » populaires, plutot sur Valencia d’ailleurs. Mais c’est toujours un quartier spécial avec ses fameuses peintures murales, ses restaurants bars et clubs de tout genre. San Francisco s’est vraiment embourgeoisé dans les années 90, comme toutes les grandes métropoles occidentale (heu..bon ..ok sauf Détroit). Le prix des loyers a forcé les gens qui gagnent moins a déménager sur la « East Bay », ce qui a entrainé le renouveau d’Oakland, ville énorme, qui est redevenue pour San Francisco ce que »Brooklyn » est pour Manhattan.
    Houla, je perd mon francais moi 🙂

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