L’actualité de la crise: une écrasante montagne et un gigantesque trou, par François Leclerc

Billet invité.

UNE ECRASANTE MONTAGNE ET UN GIGANTESQUE TROU

Si les enjeux n’étaient pas ce qu’ils sont, incommensurables, les atermoiements qui se multiplient actuellement en deviendraient presque risibles. Dans l’actualité immédiate, on pense à la Grèce et l’inimaginable histoire qui nous est racontée, échappant des doigts de tous ceux qui auraient du la retenir. L’image même d’une période qui se termine, d’une construction amenée à se déliter.

Sur tous les sujets essentiels, la même profond indécision prévaut, le même surplace se poursuit. Que ce soit à propos de la régulation financière, où rien de significatif n’est toujours réellement entamé, ou bien de la relance de l’économie et de l’emploi, à propos de laquelle les gouvernements oscillent entre incantations et résignation. Où allons-nous  ? Ils ne le savent pas, ce qui peut nous chagriner, et nous non plus, ce qui est plus embêtant.

Une crise financière et économique mondiale majeure est survenue sans crier gare, et l’on constate avec effarement que les artisans initiaux du désastre prétendent poursuivre leurs jeux dangereux (pour les autres), faisant avec arrogance barrage aux réformes, tandis que les représentants pourvus de la légitimité du pouvoir apparaissent – n’ayons pas peur des mots – comme les marionnettes d’un théâtre de la dérision et de l’absurde. Mettant en scène leurs déplacements et déclamant leurs discours avec comme unique viatique l’irrésolution de leur propos.

Après avoir proclamé la fin des idéologies – afin de mieux faire prévaloir la leur, toute empreinte d’une religiosité de pacotille dont le cours a chuté – ils sont désormais face à leur propre impuissance, jamais en panne de discours mais ne pouvant pas sortir de leur texte.

Une seule chose semble désormais leur importer, tel un dernier refuge qu’ils ne peuvent abandonner, l’expression d’une ultime cohérence : la traque impitoyable contre l’ennemi public n°1, le déficit du même nom. Les fortes résolutions ne manquent pas, dont on verra à l’usage ce qui en subsistera, lorsqu’il faudra les appliquer. Car la croissance économique faisant faux-bond, c’est avec les seules restrictions budgétaires qu’ils vont devoir remplir la mission. Quitte à, pour certains, s’accrocher à la perspective illusoire d’un accroissement de leurs exportations. Calcul qui repose, dans le cas des Etats-Unis, sur l’idée folle qu’il serait possible d’inverser les flux commerciaux avec les pays émergés afin qu’ils deviennent positifs en net.

Pour le coup, suite à la crise financière et économique, dans lesquelles nous venons à peine de nous installer, on pénétrerait, ce scénario respecté, dans une crise sociale majeure dont il faudra alors se donner les moyens politiques. Parions que devant cette perspective, le surplace va autant que possible durer, présenté au nom d’une sagesse dont nous serons appelés à ne pas douter. Mais jusqu’à quand ? et à quel prix quand même ?

Même si cela va prendre un petit peu de temps, le système capitalisme est en train de s’effondrer de lui-même, à l’image de ces immeubles que l’on aide à s’écrouler et dont la chute paraît, tout du moins au début, très lente. En retard sur les prévisions de ceux qui ont assisté, à vrai dire tout aussi surpris, à l’écroulement du système qui se revendiquait du socialisme et dont on pensait qu’il allait lui aussi éternellement durer. Après avoir rompu dans la révolution avec le capitalisme, puis entamé avec lui une farouche guerre froide puis une fausse compétition.

Il ne sort au final que des vaincus de l’affrontement Est-Ouest. Personne, en effet, ne les a poussés ni l’un ni l’autre pour les faire tomber. Tel que dans le rêve décidément prémonitoire de Nabuchodonosor, roi de Babylone, ils se sont révélés être des colosses aux pieds d’argile. Leurs contradictions secondaires ont pris le pas sur leurs contradictions principales, aurait pu depuis sentencieusement conclure le Président Mao. Poursuivant sur cette lancée, on pourrait même remarquer que le socialisme s’est révélé impossible dans un seul pays – pour faire référence aux discussions de l’époque – et que le capitalisme est en train de périr après s’être étendu à tous.

L’épisode que nous sommes en train de vivre, la crise de la dette, n’est pas seulement diffusé en Europe. On ne suit pas assez, de ce point de vue, la situation du Japon. Fort de sa puissance exportatrice, ce dernier a su financer sa colossale dette publique par ses propres moyens – avec le concours de son épargne, mais celle-ci commence à se tarir – et des artifices financiers, dont les effets ne sont pas davantage inépuisables. Enfin, on va prochainement beaucoup parler de la plus importante de la reine de toutes les dettes, celle des Etats-Unis, un simple calcul montrant qu’elle a atteint des proportions telles qu’elle peut plus être remboursée (qu’elle est devenue perpétuelle). Mais, pour revenir à l’Europe, on y assiste actuellement à un bien curieux spectacle.

Les pays de la zone euro viennent de s’engager dans un nouveau petit jeu. C’est à qui va montrer du doigt le déficit du voisin (son partenaire commercial), pour le dénoncer et le sommer, afin qu’il soit efficacement combattu, d’entrer en dépression économique. Un jeu fort dangereux, vu le poids des échanges économiques au sien de la zone. Tout se passe comme si les plus prospères rêvaient qu’ils allaient tirer seul leur épingle de ce fragile jeu de mikado. Tandis que la Commission de Bruxelles, réduite depuis longtemps à l’impuissance, place ses derniers espoirs dans un « renforcement de la surveillance dans la zone euro » (oubliant au passage un Royaume-Uni laissé à ses affres !) et pour le reste s’en remet à Dieu, même s’il s’appelle FMI.

Craignant une nouvelle campagne de déstabilisation de l’euro, les dirigeants Européens (Jean-Claude Trichet vient de les rejoindre) partent en croisade contre les spéculateurs armés de CDS nus. Ils n’iront pas bien loin, car ils ne disposent pas de la clé permettant de fermer la porte de leur arsenal. Celle-ci se trouve à Washington, actuellement confiée au Sénat des Etats-Unis d’Amérique, qui peine à dégager les contours d’une indulgente réforme bipartisane des produits dérivés. Enfin, pour couronner le tout, il ne vient même plus à l’idée de quiconque ne serait-ce que de modestement envisager l’étude d’une initiative européenne de relance économique. Tout semble indiquer qu’il ne reste plus qu’à courber le dos.

Une vérité s’impose, à ce stade de la crise, qu’il est difficile d’énoncer. On ne voit pas comment, faute d’approfondissement de celle-ci, où ses acteurs pourraient trouver les ressources d’initiatives de rupture. S’interroger sur ce qui y fait obstacle, c’est admettre sans même avoir à chercher plus loin qu’ils sont partie prenante d’un système dont ils ne peuvent se désolidariser. Ces deux logiques pour l’instant s’affrontent, doit-on s’interdire d’espérer que la première crée quelques surprises ?

Parmi les descriptions actuelles possibles de la crise, il en est une qui, plus que tout autre, témoigne de la totale irrationalité du système. Le meilleur du monde, était-il prétendu sans appel. Nous sommes face à une écrasante montagne et un gigantesque trou. La montagne est bâtie de capitaux à la recherche des meilleurs rendements, ou bien de refuges, c’est selon. Leurs détenteurs sachant désormais que la recherche des premiers peut être périlleuse, tandis que celle des seconds devient plus hasardeuse, car de moins en moins sûrs. Comme si le capitalisme financier, réglant un problème, en avait crée un autre. Les Etats, devenus impécunieux pour le sauver, n’étant plus ces havres où se réfugier lorsque se lève la tempête. Quant à lui, le gigantesque trou qui est à côté de la montagne est constituée par la dette publique, une fois intervenu le massif transfert des pertes du système financier que les gouvernements ont décidé d’assumer.

Le bon sens voudrait que l’on bouche le trou en creusant dans la montagne. C’est d’ailleurs ce que l’on fait d’une certaine manière, mais en procédant de telle sorte l’on creuse plus le trou que l’on ne le bouche, contribuant à faire grossir la montagne. Le système financier a été sauvé sans frais, ou presque, il n’est pas dans ses habitudes de procéder de même avec ses débiteurs ! Devant cet obstacle insurmontable, car aboutissement d’une logique interne dont il ne saurait être question de sortir, des esprits éclairés ont alors proposé que le FMI s’engage à son tour dans une politique de création monétaire. Ce qui aurait deux conséquences : 1/ les Etats pourraient bénéficier de conditions de prêts plus avantageuses que sur les marchés. 2/ On combattrait le mal par le mal en augmentant encore la taille et le volume de la montagne des capitaux. Cela n’a pour l’instant suscité aucun écho et peut-être restera lettre morte. C’était pourtant la meilleure des mauvaises idées possibles !

Alors, comment échapper à cette implacable logique ? En premier lieu, en reconnaissant la faillite du monétarisme et des solutions monétaires de régulation du système capitaliste. Condamnées à laisser ouverts pendant longtemps – de leur propre dire – les guichets de distribution des liquidités aux établissements financiers (ne fermant que des facilités accessoires), les banques centrales sont figées dans un immobilisme qui exprime parfaitement celle-ci. Abandonner les mirages monétaristes signifierait instaurer – horrible terme – des réglementations interdisant des pratiques financières parfaitement identifiées et dont la nocivité n’est plus à démontrer. De fil en aiguille, il deviendrait alors indispensable de reconfigurer le système financier, afin qu’il soit au service de l’activité économique humaine (la production et la répartition des biens et des services nécessaires à l’épanouissement de l’espèce dans son environnement). Puis, de démanteler la machine à fabriquer de la dette, que le système ne serait plus de toute façon en mesure de financer, ayant perdu ses instruments miraculeux. Ce qui supposerait, enfin, d’envisager la rémunération des individus en la dissociant, au moins partiellement, de l’activité sociale que l’on appelle travail.

Un fil de ce genre, une fois commencé à être tiré, ne demanderait qu’à l’être davantage… Permettant aussi de réfléchir à ce qu’une autre globalisation, reposant sur d’autres fondations faites de coopérations et de solidarités, pourrait apporter. Ou bien à trouver un nouveau moteur écologique à cette croissance dont on pressent qu’il faut la calculer autrement.

Tout cela est bien beau, mais ne réglerait pas nos actuels gros problèmes de dette publique! L’approche d’une taxation des transactions financières, pourtant un élément de solution, n’a pas l’heur de plaire au FMI, qui a reçu du G20 mission de rapporter à ce sujet en avril prochain. La taxe semble cumuler tous les inconvénients, à entendre ses nombreux opposants. Elle serait très difficile à mettre en oeuvre (sempiternel argument). « Plutôt facile à éviter » nous a appris cette semaine Dominique Strauss-Kahn devant le Parlement européen. En utilisant, a-t-il doctement expliqué mais sans plus de précision, des produits complexes spécialement conçus à cet effet. Enfin, argument plus retors, son rendement risquerait de décroître, car sa perception aurait pour conséquence de diminuer le volume de l’activité financière, et donc de restreindre son assiette (ce qui est précisément son objectif, rétorquent ses partisans).

D’autres mécanismes plus à tiroirs pourraient être élaborés pour financer la dette publique à moindre coût et la rembourser en douceur, qui supposeraient entre autre la mise en place de régulations astreignantes des marchés financiers, à commencer par le plus volumineux, celui des changes. L’idée étant de restreindre les opportunités financière afin que les investisseurs se concentrent sur les obligations d’Etat, dont les taux baisseraient en raison de la demande et faute de meilleures opportunités. Des reconfigurations d’importance seraient certes nécessaires, mais qui peut aujourd’hui vraiment croire qu’elles pourront être évitées, sauf à faire preuve d’une grande ingénuité ou d’une forte et illusoire obstination ?

Mais demain sera un autre jour.

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157 réflexions sur « L’actualité de la crise: une écrasante montagne et un gigantesque trou, par François Leclerc »

  1. jeu + oie.
    Excellente analyse.
    En particulier sur les monétaristes. J’ai cru (quelques temps) qu’une version monétariste, même ‘light’, avec Volcker allait pouvoir donner une bouffée d’oxygène et permettre de donner du temps pour remanier ensuite l’ensemble.
    De fait, il n’en a rien été. Et ce, en l’espace de deux mois seulement (qui se souvient de la Volcker Rule maintenant ?) …
    Idem pour la (brève) proposition du FMI sur les DTS, qui effectivement aurait pu être la meilleure des plus mauvaises solutions, le temps qu’une ‘bonne’ solution émerge.
    Or, même cela n’a pas été ‘autorisé’ (je dis cela en conscience) par les marchés.
    C’est donc que rien ne doit changer et que les marchés ne permettront pas que cela change tant qu’ils existeront tels qu’ils sont constitués.
    Enfin, concernant une taxe financière, il n’est pas étonnant que DSK y soit ‘opposé’ (on ne dit pas ‘opposé’ en novlangue : on dit ‘ce n’est guère applicable en l’état’. En l’état de quoi ? L’état gazeux ?). Il l’était déjà quand la proposition de taxe Tobin a failli passer en France en 2000 je crois (il a réussit un extremis à empêcher qu’une telle proposition soit votée à l’Assemblée Nationale par les partis de gauche et les verts).

    « c’est admettre sans même avoir à chercher plus loin qu’ils sont partie prenante d’un système dont ils ne peuvent se désolidariser. » : tout à fait d’accord. Consciemment ou non, les acteurs de cette ‘pièce de théâtre’ font partie du problème et non de la solution. Les représentants élus, notamment.

    « Ce qui supposerait, enfin, d’envisager la rémunération des individus en la dissociant, au moins partiellement, de l’activité sociale que l’on appelle travail. » : êtes-vous partisan d’une critique de la critique de la valeur ou plutôt partisan d’un ‘revenu universel’ (ou appeler ça comme vous voudrez) ?

    Cordialement.

    1. @ F. Leclerc :
      En réponse à votre réponse (hum), sur le revenu universel, franchement …
      Pourriez-vous nous faire un billet sur le revenu universel, parce que franchement, wikipedia, c’est très bien, mais là, je voudrais quand même avoir l’avis de quelqu’un qui a vécu (et qui a voyagé, ce qui compte double) : pour savoir ce que vous en pensez, ‘dans les angles’.
      Par avance, merci.
      PS : car j’avoue craindre une phobie de ce RU, vu que je suis tombé sur un site qui annonçait tout de go que ‘tel que le disait Friedman, il faut créer un revenu universel’. Et là, mon neurone ne fonctionne plus. Fonction ‘active defense’. D’où l’intérêt d’avoir votre avis (et me forcez pas à dire s’il vous plait).

    2. J’ai déjà eu l’occasion de faire référence à mon séjour au Brésil, pour parler du programme gouvernemental de la « Bolsa Familia » (la bourse de la famille).

      Celui-ci concerne environ 11 millions de famille, soit environ le quart de la population, qui garantit à celles-ci un revenu minimum avec comme condition que les enfants soient scolarisés. Il ne s’agit donc pas strictement d’un revenu universel, mais d’un programme à l’ampleur à ma connaissance sans équivalent dans le monde. Lancé par le Président Fernando Henrique (Cardoso), il a été repris et largement étendu par Lula. Il a sorti de la totale pauvreté – et de la faim – des dizaines de millions de brésiliens.

      Le très respecté sénateur de Sao Paolo Eduardo Suplicy (du Parti des travailleurs) présente la « Bolsa familia » comme l’amorce de son projet de « Renda basica de cidadania » (le revenu de base des citoyens), qui devrait selon lui être attribué de la naissance à la mort à chaque citoyen, sans aucune conditions, afin d’être en mesure de subvenir à ses besoins élémentaires. Une loi, non appliquée, a même été voté à son initiative par le Sénat Brésilien. L’absence de toute condition, notamment de ressource, mise à sa délivrance étant considéré comme l’application du principe intangible selon laquelle la société devrait à ses membres un soutien minimum durant toute leur existence.

      L’article de Wikipédia sur le sujet est assez complet et bien fait, pour ceux que je sujet intéresse et cherchent une entrée en matière: http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle

      Je me situe personnellement proche de ce qu’a expliqué sur ce sujet André Gorz  : http://ecorev.org/spip.php?article508

    3. @ F. Leclerc :
      Merci s’il vous plait.
      Il me suffit que vous évoquiez vos connaissances brésiliennes en la matière, notamment le PT. Tant il est vrai que le revenu universel est AUSSI utilisé par les friedmaniens (je ne cauchemardais donc point sans raisons), ou par Christine Boutin.
      Concernant Gorz, à priori, il a déclaré vers 2007 je crois que s’il avait connu les critiques de la critique de la valeur avant, il l’aurait fait sienne (ou l’aurait intégré). C’est pour ça que je vous posait la question, parce que de multiples références y sont liées. C’est compliqué pour le mono-neurone que je suis.
      En tout cas, merci, je vais essayer de creuser.

    4. Zébu,
      connaissez vous le mouvement Utopia? sur le revenu universel, mais aussi la place du travail, la remise en question de l’idéologie de la croissance et de la consommation…Très inspirée de Gorz, et de Dominique Meda

  2. Tout cela me fait penser à la fin de fight club mais en slow motion …
    Where is my mind ?
    Where is my mind !

  3. Cessons d’être impressionnés par la puissance finacière!
    Soit, j’ai raison, et ce que je propose pourrait marcher en obtenant suffisamment d’opinions favorables et une majorité de spécialistes en faveur d’une telle solution, et il devrait être possible d’imposer les décisions politiques qui conviennent, soit, je n’ai pas raison, et il faut le démontrer!
    Mais cette lâcheté de refuser le débat, de ne pas répondre à une idée innovante, par crainte qu’elle pourrait déranger les puissances financières, on se fait complice de celles-ci, car, au fond, on leur « prête » je ne sais quoi parce que riches! « Ils », les puissants capitalistes, n’en voudront pas! Et alors? Ils ne sont quand même pas la majorité! Si les économistes cessaient de se faire les complices de la perversité capitaliste – et les marxistes sont tout autant complices que les keynesiens et les monétaristes!, on aurait vite fait de changer!
    Car préconiser de fausses solutions est pire que ne rien faire, car cela discrédite toujours davantage la possibilité d’en finir avec le capitalisme!
    Si mes idées (celles de Silvio Gesell) ont de la consistance, ce que je sais, j’en suis certain, il n’y a pas de raison de se contenter d’un « je ne pense pas que » et nia nia nia!
    Il ne suffit pas d’interdire ou d’anéantir la spéculation comme ici préconisé, cela est certain, car nous laissons alors encore de toute façon l’arme de destruction massive de l’économie, à savoir le déclenchement d’une violente déflation (ou hyperinflation) entre les mains des puissances financières, et nous gagnerions quoi?
    Un effondrement économique e surtout social et politique, et on recommencerait comme avant!
    Nous assistons aux délires qui accusent l’Allemagne et sa puissance exportatrice, ainsi que la Chine, comme « responsables » des blocages!
    Des telles polémiques sont porteuses de grandes violences et de grands affrontements commerciaux dévastateurs!
    Le critères de Maastricht n’avaient jamais été appliqués, l’Euro est un nonsens économique et avait bridé l’Europe ces dix dernièr années!
    Pour l’Allemagne, l’Euro est fortement sousévalué quand il est surévalué pour le Sud de l’Europe, cela semble évident!
    Si nous ne changeons pas de signe monétaire comme je le préconise, le SMT, qui en finirait avec toutes les formes de spéculation en une nuit, ayons au moins le courage de revenir à des monnaies nationales qui permettraient de salutaires ajustements des taux de change et permettraient aux pays moins exportateurs de respirer. Les traités débiles, dictés contre la olonté de peuples, il suffit de s’asseoir dessus!
    Quant à la Cine, qui maintient sa monnaie trop faible, il me semble que ce sont les riches chinois et le gouvernement qui ne font pas confiance dans le développement de leur propre pays pour maintenir ainsi l’immense majorité du peuple chinois dans la misère et le dénuement, alors que l’équilibrage des échanges leur permettraient une consommation intérieure digne de ce nom!
    On peut considérer que les ouvriers chinois sont les esclaves des américains et aussi bientôt les nôtres tant qu’il produisent des biens et services en échange de quasiment rien (les dollars tout juste imprimés!)
    Au fond, les exportateurs travaillent et produisent pour exporter, autrement dit, la population sur place souffre. Cela s’applique aussi en partie à ‘Allemagne et au Japon, où les consommations intérieures sont bridées.

    1. Voilà une déclaration enflammée et digne de votre entêtement ! J’admire d’autant plus votre ténacité que je suis incapable de suivre le même fil plus de quelques semaines. Chez moi, l’enthousiasme et le courage ne tiennent pas plus que la neige au soleil, j’y peux rien, je suis comme ça. (C’est d’ailleurs un miracle que ce blog m’intéresse depuis bientôt un an…) Vous voyez qu’ainsi nous sommes aux antipodes l’un de l’autre, en deux positions extrêmes et difficiles à tenir. Ne pensez-vous pas que le mieux serait d’atteindre à une position médiane ? En ce qui me concerne, j’y ai renoncé, – trop vieux pour changer -, mais, si ce n’est pas votre cas, je ne saurais trop vous conseiller d’élargir le champ de vos préoccupations. Tous les chemins mènent à Rome, ne l’oubliez pas…

      Bien cordialement

  4. il y a aussi le rêve de Paul Jorion lorsqu’il débarque en France, non pas celui d’une mort à crédit, mais des enfants mourrant de faim. Evidemment de quoi surprendre les journalistes d’ARTE à l’époque et même avant, pourtant la lucidité de ce rêve et l’analyse freudienne qui en découle donnent du crédit à votre pessimisme digne d’Arthur. Il ne restera que la pestilence pour faire comprendre et réagir, bien après le stade de l’écoeurement.

  5. Rectification à mon post plus haut, concernant DSK et la taxe Tobin.

    Ce n’était pas en 2000 mais bien en 1998, dans la nuit du 15 au 16 octobre, DSK avait été ‘réveillé’ et s’était déplacé à l’Assemblée Nationale de voter un texte sur ce type de taxe :
    http://www.monde-diplomatique.fr/1999/08/CASSEN/12363#nh3 (selon des sources du Canard Enchaîné me semble-t-il).

    Par ailleurs, excellent article de Bernard Cassen du Monde Diplo, avec une petite remarque sur le contrôle des changes, que le FMI vient de promouvoir comme une des solutions (temporaires, allons donc !) dans certains cas ou pays, comme l’Ukraine par exemple :
    « Et qui, sinon les gardiens de l’orthodoxie libérale, s’élèvera contre des mesures plus draconiennes, comme le contrôle des changes, dont la Malaisie ou Taïwan ont récemment montré l’efficacité ? »

    Ce texte est d’août 1999. A l’époque, il y avait des possibilités et des intentions de mettre en place cette taxe. A l’époque, la majorité des gouvernements en Europe étaient ‘de gauche’, socialistes ou sociaux-démocrates ou travaillistes.
    Plus de 10 ans plus tard, on vient maintenant parler de cette même taxe Tobin !!

    N’était-ce pas une occasion unique alors de ‘réguler’ le capitalisme ?
    N’y a-t-il pas là une explication, partielle, de la désaffection des citoyens envers les partis dits ‘de gauche’, quant à leur volonté réelle de réguler la finance ?
    M. DSK n’était-il pas à cette date à la meilleure place pour promouvoir un tel outil et ne s’y est-il pas néanmoins opposé ?

    Est-ce le même DSK qui vient ‘sauver’ la Grèce ?
    Et qui reviendra un jour en ‘sauveur’ ‘une France délabrée en 2012 ?

    Tout ceci n’est-il pas à proprement parler hallucinant ?

    1. « N’y a-t-il pas là une explication, partielle, de la désaffection des citoyens envers les partis dits ‘de gauche’, quant à leur volonté réelle de réguler la finance ? » : si, évidemment ! Ces « partis dits ‘de gauche’ » ayant renié leur « âme », on ne peut pas même voter pour eux à titre symbolique.

  6. Extrait :
     »Par exemple, il y a quelques années, on a concédé les sociétés d’autoroutes ; en 2030, elles reviendront dans le giron de l’Etat. Je suggère qu’on inscrive dès maintenant que leurs recettes seront affectées au financement des retraites. »

    Mort de rires, avec des idées comme celles-là les retraites sont sauvées !!
    En 2030, le pic pétrolier sera atteint depuis belle lurette, le pétrole coutera si cher que les autoroutes seront en faillitte. Peut-être est-ce pour cette raison qu’elles reviendront dans le giron de l’Etat ?

    En 2030, qui pourra se permettre de payer le carburant à un prix exorbitant et payer en plus des péages qui le seront tout autant ?

    On a du souci à se faire…

    1. En fait , on peut très bien prévoir ( c’est même vraisemblable ) que les véhicules sur les autoroutes auront enfin d’autres ressources énergétiques , pour la plupart .

      Ce qui rend l’argument de JA risble ( on ne peut pas tout savoir , mais pour ça il faut avoir été « dedans » comme ces cons de fonctionnaires « opérateurs » ) , c’est qu’en bon gestionnaire » , non pas forcément du réseau , ce qu’elle sait faire aussi , mais des intérêts des actionnaires , une société concessionnaire n’investit plus rien , et n’entretient pratiquement plus rien dans les deux ou trois années précédant la date fin de concession .

      Moyennant quoi l’Etat retrouve son patrimoine concédé un temps , dans un état qui l’oblige à investir massivement et à surgonfler les charges d’entretien dans les cinq premières années , au moins .

      Il se passera donc au moins 7 à 10 ans avant que l’Etat péagiste puise espérer commencer à engranger un bénéfice net .

    2. Couvrir les autoroutes de panneaux solaires et produire le courant nécessaire à faire fonctionner des véhicules loués « au trajet ».
      L’état rachète (ou confisque c’est selon) les concessions aux sociétés d’autoroute et fait payer (ou pas) la location au Km.
      Bien avant 2030, juste après le chaos de 2014 en mettant en oeuvre le TMO (travail mensuel obligatoire), don involontaire de chaque citoyen à la collectivité.
      Bon, çà c’est fait.

    3. @ Juan nessy :
      Vous plaisantez ?
      « et n’entretient pratiquement plus rien dans les deux ou trois années précédant la date fin de concession . »
      Vous voulez dire ‘dans les deux ou trois années SUIVANT la concession, ils n’entretiennent pratiquement plus rien’ …
      ‘Concession’ : me fait penser aux concessions qu’on octroyait aux conquistador pour exploiter les indiens …

    4. Juan Nessy

      D’autres énergies enfin….

      Vous voulez sans doute parler des moteurs à « eau » ou hydrogène qui ne seront jamais produits en masse, ou de l’électricité qui a pour énergie primaire principale le charbon :
      Pas de quoi garnir la moindre autoroute en tous cas.

    5. @Thomas :

      Ce dont je suis certain c’est qu’il y aura encore des  » choses  » qui se déplaceront sur ces axes , de tailles , de vitesse , de source d’énergie sans doute différentes . Ce sera d’ailleurs une des difficultés organisationnelles à règler .

      Je sens aussi venir que se déplacer (personnes et biens ) deviendra de plus en plus onéreux . Il y aura donc une interrogation démocratique sue l’accès à la possibilité de se déplacer . Le sujet du péage et de la nature des déplacements qui y seront soumis , est donc un sujet de puissance publique ( il l’est encore et devra le rester ) . Tiens on retouve le capitalisme ….

    6. Et je m’en voudrai de ne pas souligner au passage que l’on retrouve …la Région , en tant qu’acteur fort de la politique des transports .

      Région , transport , Capitalisme : qui prétend que la Région ça ne sert à RIEN ?

      Il ne s’agit après tout que de la liberté de se déplacer …..

  7. Bonjour
    Sur le vrai,le faux et le contingent:
    Dans les années 80 il y avait eu une panique sur le sucre en france et les particuliers s’étaient rués dessus pour n’en point manquer. En fait il y avait pléthore et insuffisance de lieu de stockage; donc, un des principaux intervenants, connaissant bien son monde et son affaire, s’était arrangé, dans un restaurant où il savait qu’il serait épié par les journalistes, pour chuchoter soi disant discrètement à son interlocuteur, autre homme d’affaires réputé, mais de sorte que les journalistes présents puissent l’entendre, qu’il était très inquiet sur la pénurie de sucre qui menaçait. Phrase répétée entre connaisseurs qui allait d’oreille d’initié à oreille d’initié ( mais pas de druide),déclencher la panique et le mouvement d’achat massif qui résolvait et la surproduction et le problème du stockage qui fut ainsi simplement transféré aux particuliers bernés et craintifs…
    (Il y eut un film approché de cette histoire avec Jean Carmet, Gérard Depardieu et Michel Piccoli.)

    Donc Johannes Finck a raison de douter de l’efficacité de quelque interdit que ce soit! Les malins mettront immédiatement des think tanks de juristes et financiers au travail et ils contourneront l’interdit en quelques jours pour continuer à …. se sucrer!
    Nous avons tous construit , enfants, des châteaux de sable sur la plage…. Certains ont perduré dans la croyance mirifique et construit des lignes Maginot plus tard avec le succès que l’on sait!
    Bon week end à tous.

  8. En Suisse aussi , pays de montagnes , on commence à penser à des  » concessions  » :

     » …Selon une étude réalisée en 2009 par Helvéa , société de conseils en courtage ( de la banque Pictet) Près de 2000milliards FS (1 363 milliards d’Euros) de fonds étrangers seraient cachés dans les coffre-forts suisses dont la moitié venant de ressortissants européens ( Allemands 130 milliards € , Français 61 milliards € ) De l’argent qui n’est pas déclaré et échappe aux fiscs des états nationaux … » => ?

    « – pour les nouveaux clients : lever du secret bancaire

    – pour les anciens clients : pas de dénonciation nominative , mais « taxe punitive  » de 15 à 20 %sur l’argent placé . »

    En tous cas, si l’Europe a besoin de 191 milliards on sait où les trouver : il suffit d’envahir la Suisse .

  9. -1 : le sytème chinois s’il existe , est-il une illustration d’un système concurrent ?

    -2 : Si ,comme je le crois, personne ne sait bien où l’on en est et où l’on souhaite aller, 2 solutions :

    2-a: la situation est trop grave pour être traitée dans le temps suffisant : tout pète et ça saigne à tous les étages mais surtout les plus bas ; ça s’est déjà produit ( révolution française , révolution russe pour les plus médiatisées ).

    2-b : les dirigeants mondiaux acceptent de se donner le temps de trouver ensemble des parades ( et pas une seule) pour voir ce que  » la situation » conduit de fait à faire naître , en assurant vaille que vaille la survie de leurs ouailles : toute la panoplie des remèdes anciens ou nouveaux même contradictoires sera utilisée sur quelques années . Mais il y aura de la frugalité partagée dans l’air , pour que ça ait une chance de se faire .

  10. Merci à Steve de m’encourager ainsi, je poursuis donc.
    Il y a néanmoins un moyen simple et infaillible de parvenir à la fin de la spéculation, justement!
    Effectivement, toute spéculation passe par la case « monnaie liquide » (ou placements très liquides). Dès lors, si on fait en sorte que le placement liquide soit coûteux, on peut tordre le cou à toute forme de spéculation.
    D’où la proposition du signe monétaire marqué par le temps (SMT), autrement dit, comportant un coût imputé à tout détenteur de monnaie liquide. Cette mesure se réprcuterait immédiatement aussi sur les placements très liquides, car la banque devant disposer des fonds dès qu’ils seraient sollicités, et ce risque l’oblige à répercuter un coût équivalent sur tous les comptes courants (un peu moins que le billet sans doute, mais quand même).
    A ce moment-là, la spéculation impute au spéculateur un risque réel, celui de rester assis sur ses liquidités sans pouvoir les placer opportunément, car les détenteurs de biens durables seraient incités à les garder sous peine d’avoir à gérer le risque liquide.
    Le but visé par cette mesure est double:
    1) Réduire les détentions liquides thésaurisées
    2)Agir efficacement sur les taux d’intérêt du crédit, car toutes les liquidités excessives auront tendance à se placer au mieux sur des comptes d’épargne plus longue, désormais disponibles pour la distribution de crédits bon marché du fait de leur abondance. Naturellement, l’épargne serait peu ou pas rémunérée, mais le crédit serait, en conséquence, bon marché et permettrait un désendettement aisé des plus endettés, y compris des états.
    La sécurité accrue pour l’épargnant remplacerait le rendement, actuellement beaucoup trop élevé, du fait du risque de la perte.
    Par ailleurs, du fait de la rapide circulation du SMT, la quantité circulante, réellement circulante et jamais thésaurisée, serait faible.
    D’autre part, du fait du coût périodique de la détention liquide, la banque centrale sera chargée de restaurer la quantité circulante tout aussi périodiquement, de sorte que l’indice de prix serait rigoureusement stable.
    L’inflation serait nulle, la déflation combattue par la possibilité ainsi nouvellement acquise de la banque centrale de toujours savoir quelle quantité circule réellement. Je rappelle qu’actuellement, la BC ne peut savoir comboien circule, même si les estimations de la Bundesbank de juin 2009 révèlent que 90% de la monnaie liquide émise ne circule pas actuellement, au point que l’on pourrait dire que 90% des billets (notamment les billets de 500 et de 200 euros) sont inutiles pour animer l’économie.
    Alors, vous voyez, il existe une solution pour sortir définitivement du capitalisme, il faut simplement que les penseurs économistes acceptent de se pencher sur cette façon de voir au lieu de se contenter de promouvoir constamment des théories compliquées sans queue ni tête.
    Les choses sont plutôt simples, mais c’est peut-être cette simplicité même qui fait que la majorité des spécialistes ne voient pas la solution et s’arc-boutent sur des positions sans aucune pertinence pratique.
    Quand on me répond, « je ne pense pas que cela marche », je constate surtout le « je ne pense pas! » de l’objecteur. Je suis tout prêt à renoncer à ces idées si, enfin, quelqu’un était en mesure de les démolir réellement, au lieu de m’opposer un silence comme s’il s’agissait d’un tabou enfreint.
    Que les « capitalistes » soient contre serait plutôt un encouragement à y aller voir, mais nous vivons une époque servile qui fait que même des penseurs critiques se comportent comme soumis au grand capital!
    Analyser comme le fait François Leclerc et comme le fait Paul Jorion, c’est effectivement très éclairant, et je prends volontiers appui sur leurs analyses impeccables, mais il faut faire un pas de plus en pensant la monnaie elle-même, comme Paul a commencé à le faire dans son livre « l’argent, mode d’emploi ». Mais il est sensible qu’un dernier chapitre, celui qui concerne le statut de la « réserve de valeur », reste à écrire ou à reécrire!
    Car il suffit d’un raisonnement très simple pour compredre que le signe monétaire ne peut être à la fois ce qui s’échange contre tous les biens et les services et ce qui se soustrait arbitrairement à son usage quand cela chante à son détenteur – pour des périodes parfois très longues.
    Emettre la monnaie actuelle par les BC, c’est comme construire des routes interdites à la circulation!

  11. F L dit qu’une solution possible serait un approfondissement de la crise, susceptible de mener à la rupture du lien entre pouvoirs politiques/puissances financières; ils vont les lâcher quand la pression sociale deviendra trop forte … la digue du Sénat Américain cèdera alors pour laisser place à des mesures draconienne de régulation, qui jusqu’à maintenant ( alors que bien légères) sont tuées dans l’oeuf par ces sénateurs infectés par les lobbies toxiques.
    Bien, ils vont chercher à éviter ça je suppose …
    Alors ils vont inventer quoi pour éviter ça? des conflits, des tensions géopolitiques majeures avec conflits locaux en pagaille … afin de maintenir coûte que coûte leur système … et pourquoi pas, le renforcer. A ce jeu, les US sont plutôt en bonne position non? C’est sur ce terrain là qu’ils risquent bien de nous emmener.
    Un tel scénario devrait être observé de près, afin d’alerter à temps les opinions mondiales avant que les esprits ne soient infectés par l’introduction sourde d’une telle option.
    N’oublions pas que le pouvoir de l’argent et le pouvoir politique n’ hésiteront pas sur les moyens pour garder et renforcer leurs positions de suprématie sur les peuples.
    Et c’est une hypothèse …. mais enfin, regardons l’histoire, et les dominants n’ont pas changés.

  12. Horst Koehler, ancien directeur général du FMI et actuel Président de l’Allemagne, vient de déclarer au magazine allemand Focus: « le moment est venu de penser à l’impensable. Nous avons besoin d’un mécanisme pour faire face de manière organisée à l’insolvabilité, non seulement des entreprises mais également des nations », précisant bien qu’il n’avait pas en tête la Grèce spécialement.

    1. Bonsoir François,

      Imaginons qu’à l’issue d’une réunion mondiale des ministres des finances…du G20…, il soit déclaré que les Etats ne rembourseront pas leur dette ou en suspendront le remboursement pour une durée indéterminée.
      Les créanciers seraient ruinés assurément.
      Qu’en serait-il pour les particuliers ? A mon avis les porteurs de Sicav obligataires, contrats en assurance-vie verrraient la valeur de leurs contrats ramenée à zéro. Je me trompe ?
      Quelle conséquence positive y aurait-il d’auto-annuler les dettes ? Toutes les dettes ? Quid des dettes des particuliers provenant d’un achat immobilier par exemple ?

      Il me semble intéressant d’explorer les diffférentes alternatives possibles car je mesure mal l’aspect positif d’une telle décision et surtour ses conséquences.

  13. D’après le Fonds Monétaire International, en 2014, quelle sera la dette publique par rapport au PIB ?

    La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

    La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

    La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

    La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

    La dette publique des Etats-Unis sera de 112 % du PIB.

    La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

    La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

    La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

    La dette publique du Japon sera de 239,2 % du PIB.

    C’est à la page 30 :

    Fonds Monétaire International

    Etant donné ce surendettement des Etats occidentaux, les dirigeants politiques pourront choisir de provoquer une hyper-inflation, ou alors une guerre, ou alors un défaut de paiement coordonné.

    Si ils choisissent un défaut de paiement coordonné, il pourrait avoir lieu à la fin d’un G20, par une déclaration commune de tous ces Etats surendettés. Ce serait une catastrophe pour leurs créanciers.

    Mais ça aurait l’avantage de remettre tous les compteurs à zéro.

    1. ce défaut de paiement coordonné ne manquerait pas de panache!
      Mais cela resterait quand même risqué, car les dettes publiques ne sont pas les seules dettes, et les créanciers de l’état sont aussi bien les petits épargnants que les très fortunés.
      Mais, au fond, pour la France par exemple, la dette publique, 95% du PIB, soit environ 1900 milliards d’euros partis en fumée, cela implique que les avoirs financiers diminuent d’autant, soit passent de 15000 milliards à 13000 milliards environ, soit un certain allègement de la rente du capital :environ 4% de 1900 milliards en moins à payer, soit environ 100 milliards d’allègement budgétaire pour la dette publique, c’est appréciable!
      Mais, les créanciers se vengeront sans doute…

  14. Vous mentionner un article qui donne une perspective historique sur la poussée de la montagne,
    ,ach, si Thomas Mann vivait encore, serait-elle magique à ses yeux ?

    Je vous recommande la lecture ( juste sorti en poche ) d’un roman en vers de Christof Ransmayr: « La Montagne volante »(2008 ) ou le récit initiatique de la découverte et la recherche d’une montagne alors inconnue dans l’Himalaya par deux frères irlandais alpinistes …La notre ne vole pas encore…

    Debt Dynamite Dominoes

  15. Demandons aux banques d’annuler les dettes de tous le monde. Ils nous doivent bien cela depuis le temps qu’ils en profitent. Certes une solution naïve, mais je n’en vois aucune de plus drôle. Happy end !

  16. Annuler toutes les dettes auprès des banques?
    Cela reviedrait àannuler toute l’épargne financière, y compris les livrets A, les petites économies de chacun. Dans ce cas, les plus gros débiteurs se retrouveraient remis à flot, par contre, cela aurait des conséquences dramatiques pour la suite, car le système bancaire n’y résisterait pas un jour!
    Imaginons la panique où chacun n’aurait plus à sa disposition que ce qu’il peut obtenir de liquidités.
    Quand bien même les avoirs seraient « garantis » jusqu’à 70000 euros, il serait impossible, sauf à imprimer ou inscrire sur les comptes bancaires des banques auprès de la banque centrale tout ce qui avait été « annulé » ainsi .
    La perte de cofiance, base du crédit, serait complète et totale.

    1. Je ne vois pas à qui faire confiance, ma proposition était une boutade sans réel fondement. Mais ce qui est presque sûr, c’est qu’il y a plus de gens avec des dettes et sans épargne que l’inverse. L’homme est un parasite pour l’homme, l’ultra libéralisme une plaie pour la planète, la finance la gangrène qui alimente la folie parasitaire. Alors voir les banques jouer au Titanic … quel beau spectacle Hollywoodien en perspective. Je préfère les coopératives d’intérêts communs. Le retour du kolkhoze se précise de jour en jour, c’est vrai qu’il peut n’utiliser que peu de ressources énergétiques et pourait se suffire à lui même dans les mauvaises passes. Bref, une future victoire du communisme…postmortem

    2. @ Johannes

      Je suis tout à fait d’accord avec vous et j’admire votre obstination qui est loin d’être de l’entêtement absurde.
      Ne croyez vous pas que la solution réside dans l’établissement d’une alternative à côté du capitalisme tournée vers un développement encore valable dans mille ans? (moi aussi je suis obstiné)
      A mes yeux, cette alternative peut recouvrer mille et une facettes.
      Pour l’instant, je réfléchi et travail dans mon temps libre à un nouveau concept « Agriculture durable de proximité »
      Ce serait tout à fait possible dans le cadre de votre SMT
      A mes yeux, il ne fait aucun doute que la critique du système capitaliste va de paire avec la critique du système industriel.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=9311#comment-65914
      En ce qui me concerne, je suis beaucoup plus à l’aise avec le système industriel qu’avec le système financier.
      Je vous invite à consulter mon site:
      http://users.cybernet.be/Michel.Lambotte/
      A la suite de toutes les informations supplémentaires que j’ai pu receuillir depuis la construction de cette machine, j’ai le projet de transformer ce site en « Agriculture durable de proximité ».

  17. je cite François Leclerc :
    « … une crise financière et économique mondiale majeure est survenue sans crier gare, et l’on constate avec effarement que les artisans initiaux du désastre prétendent poursuivre leurs jeux dangereux (pour les autres), faisant avec arrogance barrage aux réformes, tandis que les représentants pourvus de la légitimité du pouvoir apparaissent – n’ayons pas peur des mots – comme les marionnettes d’un théâtre de la dérision et de l’absurde. Mettant en scène leurs déplacements et déclamant leurs discours avec comme unique viatique l’irrésolution de leur propos. »

    donc, c’est la synthèse fulgurante de notre présent, à chaque seconde qui passe, nous sommes coincés, étranglés dans cette forme d’entropie, cette puissante inertie, cette mascarade politico-médiatique, et les vents de la sédation du spectacle viennent dorloter nos neurones comme des narcotiques et autres puissants dérivatifs.
    La mort du capitalisme est un leurre, elle est derrière nous, sans cesse il se relève, ressuscite.

    1. … une crise financière et économique mondiale majeure est survenue sans crier gare…

      Non, elle s’époumonait à « crier gare » mais les économistes en place avaient enfoncé la touche « muet » et ceux qui ne connaissaient de la situation que ce que les économistes avaient à en dire, n’entendaient bien entendu rien.

      Mais non : « la crise n’est pas survenue sans crier gare » !

    2. Je voulais dire aux oreilles de tous ceux qui ne pouvaient rien entendre venir. Sans aucun doute en raison du silence assourdissant des dévots plongés dans leurs neuvaines !

    3. Le fanatique est un orateur, sourd comme un pot. [Khalil Gibran]

      Il ne faut jamais gifler un sourd. Il perd la moitié du plaisir. Il sent la gifle mais il ne l’entend pas. [Georges Courteline]

      Au royaume des sourds, les aveugles sont muets. [Jacques Sternberg]

  18. Citoyens esclaves ou citoyens libres?
    Jusqu’à quand les citoyens de base vont-ils rester soumis à l’oligarchie financière qui contrôle la majorité des media, des gouvernants, des secteurs clé de l’économie?. La Haute Finance est arrivée au pouvoir par le vote de lois ultra-conservatrices friedmaniennes depuis 1980. Quelles lois et règlements faut-il faire passer pour que le financement de l’économie redevienne un service public?

  19. àmiche lambotte,
    merci pour votre soutien, j’ai regaedé votre film et vous souhaite bon courage!
    Le SMT serait parfaitement utilisable localement et régionalement, mais il faudrait obtenir un soutien public et officiel, car tout ce qui fonctionne comme monnaie a besoin d’une validité incontestable et universelle, sans quoi, cela ne dépasserait pas le « jeu à la marchande »!

    1. « Validié incontestable et universelle… » on pourrait même ajouter immédiate .

      C’est bien pour ça que les idées iconoclastes ne sont jamais véritablement promues par leurs auteurs .

    2. Merci johannes

      @ Juan nessy

      Tout à fait, mais aujourd’hui les choses vont tellement vite que le iconoclastes pourraient voir leurs idées réalisées de leur vivant.

    3. que faire de plus pour promouvoir mes idées?
      Je sais, autant qu’il est possible de le savoir, que le SMT marcherait très bien. Les quelques expériences du passé avaient toujours marché, mais il faudrait que les économistes ayant les titres nécessaires se penchent dessus, afin d’appuyer politiquement cette chose.
      J’ai rédigé un texte de 90 pages qui expose en détail comment on pourrait faire, je l’envois à qui veut.
      Il me reste encore quelques exemplaires de Silvio Gesll aussi que j’enverrai à qui veut à mes frais et gratis! Me contacter à johannes.finckh@wanadoo.fr

    4. Alors gardez et entretenez la petite flamme jusqu’à ce qu’elle devienne le seul recours évident .

      Travaillez à trouver un bon commercial , un bon chef d’atelier et un bon leader ( politique pourquoi pas ) d’ici là .

    5. @ johannes finckh dit : 21 mars 2010 à 13:43
      Je veux bien vous soutenir dans votre action mais il faudrait me montrer comment on peut épargner pour faire une grosse acquisition, par exemple un logement.

      Le SMT impose-t-il l’appel au crédit à 100%, sans apport personnel ?

  20. Est ce que l’on ne sous estime pas la part des états dans la durée de leurs dérives ?
    Nos états gèrent quand même près de 50% des PIB et assurent toute la régulation.

    Cet article de l’AFP concernant la Grèce (et nous proportionellement) indique quand même une dérive :

    AFP 21/03/2010, Grèce : le pléthorique secteur public au centre de la crise de la dette
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ea14f9d07f4561bbba2a430cbce32bb4

    Quelques extraits:
    – « Nous avons évalué le nombre de fonctionnaires à 1,2 million de personnes incluant les employés contractuels, la Fédération des fonctionnaires le porte à 700.000 et le ministère des Finances parle de 800.000 personnes »

    – « Des femmes de ménages et des attachés de presse au ministère des Finances reçoivent un salaire double par rapport à leurs collègues des autres ministères, …au parlement, les employés travaillent 12 mois mais reçoivent 16 mois de salaires, …les fonctionnaires obtiennent des primes pour bien se vêtir et se présenter à l’heure au travail », assure-t-il.

    – Des études ont montré à plusieurs reprises que le secteur était un refuge de corruption, principalement dans les bureaux du fisc, les services urbains et les hôpitaux publics.

    – « La fonction publique grecque est le domaine où la crise est la plus évidente », a déclaré à l’AFP, Théodore Pelagidis, professeur d’économie à l’Université du Pirée. Mais la cause du problème, selon lui, est « la manière dont l’économie est organisée et qui est déplorable: le pays a appris à vivre aux frais des fonds de l’Union européenne, des recettes de la marine marchande et du tourisme ».

  21. @ eza

     » Bref, une future victoire du communisme…postmortem »

    Lorsque deux chiens de faïence campent continuellement sur une même position en x et en y que se disent-ils dans une même idée fixe :

     » Je ne pourrais avancer que si l’autre ne se trouve plus devant moi, vivement qu’il tombe alors
    le premier comme ça ce sera encore la doctrine que je préfère suivre qui l’emportera sur l’autre  »

    L’autre qui m’empêche d’avancer se trouve forcément sur une même case devant moi, chacun sa propre conception de l’évolution des chiens de faïence en société.

  22. Quand le capital nous quitte parce que les surplus nous quittent.

    Les limites à la croissance ne sont-elles pas l’illustration du basculement d’un mode en ‘rétroaction positive’ à une mode en ‘rétroaction négative’ sur les surplus (tangibles et virtuels) ? Il y a pas si longtemps les surplus garantissaient encore les surplus de demain, mais maintenant la baisse des surplus hypothèque les surplus de demain. C’est la disponibilité qui est en cause, et celle-ci dépend de la part des surplus d’hier que nous avons investie pour avoir des surplus aujourd’hui.

    La baisse des surplus entraine une inflation qui réduit le pouvoir d’achat. Cette baisse de pouvoir d’achat entraine à son tour une insolvabilité surtout pour ceux qui ont spéculé sur la croissance future. L’insolvabilité croissante engendre une baisse de la disponibilité du capital et pousse à l’endettement qui n’est qu’une manière de postposer le problème tout en l’aggravant. La chute des surplus pousse les investissements à se tourner vers le passé (renflouer) au détriment du futur. Résultat des courses, la croissance future fond à vue d’oeil et n’arrive plus à soutenir la pyramide de Ponzi qu’est devenu le capital financier ces dernière décennies (cfr. The Great credit Contraction (google) / Colin Campbell predicts credit crunch due to peak oil 2005 (youtube)).

    A ce stade nous rentrons dans l’économie des rendements décroissants, réduire coûte proportionnelement plus cher que maintenir, ce qui reduit davantage la rentabilité et le pouvoir d’achat et augmente l’insolvabilité. Le cercle non vertueux de la décroissance est enclenché. La seule parade est de s’en rendre compte pour prendre les mesures appropriées, telles que se donner les moyens de dégager des surplus pour les investir dans le futur tout en apprenant à partager de façon équitable ce qui peut encore l’être.

    NB. Je suis tombé sur Youtube sur un documentaire que je conseille vivement, surtout le 3ème.
    Addicted To Money And Power(David McWilliams)Who Killed The Economy(Ep.1)
    Addicted To Money And Power(David McWilliams)NoWhere To Hide(Ep2)Witnessing The Fallout
    Addicted To Money And Power(David McWilliams)Green Bubble Scam(Ep3)Another Bubble To Be Popped

  23. J’ai acheté hier matin le petit livre d’André-Jacques Holbecq « Argent dettes et banques » qui vient de sortir.
    Je m’y suis plongé avec ravissement pour retrouver l’analyse, déjà évoquée, sur la création monétaire par les banques.

    Le lecteur a pu consulter ici le petit dialogue originellement confectionné en commentaire du Blog JEAN PEYRELEVADE « La Refondation du Capitalisme » (Rédigé par : Hadrien le 11 mars 2010 à 18:19), qui rendait compte du phénomène, et de la difficulté qu’avait Paul Jorion à admettre les critiques à ce sujet (Rapportées par : Hadrien le 13 mars 2010 à 19:33), d’où l’échange non moins instructif (Rapporté par : Hadrien le 13 mars 2010 à 19:43).

    L’auteur du petit livre sus-dit relève le même obstacle chez Paul Jorion qui, citant Schumpeter (« Bank notes and checking deposits eminently do what money does; hence, they are money »), commente ainsi la version française dans son récent « L’argent, mode d’emploi »:
    – Schumpeter écrit:  » billets de banque (sic, il s’agit probablement d’une erreur de traduction, le contexte suggère qu’il s’agit de monnaie bancaire) et dépôts en banque font en tous points ce que fait la monnaie, partant ils sont de la monnaie. »
    Ajoutons: comment, d’ailleurs, pourrait-il en être autrement dès l’instant où la monnaie scripturale des dépôts est convertible en billets. Ne dit-on pas que « l’argent n’a pas d’odeur »?

    La thèse de Jorion est « savoir s’il vaut mieux considérer que la monnaie bancaire, constituée de reconnaissance de dette, constitue à proprement parler de la monnaie ou s’il s’agit d’un produit sui generis…Je rappelle que je défends la seconde position sur la base du fait que les reconnaissances de dette étant soumises à un risque de non-remboursement valent toujours moins que leur valeur nominale, et tout particulièrement en période de crise, comme aujourd’hui. »
    L’ennui, c’est qu’en adoptant sa propre définition dans l’échange ci-dessus référencé, nous avions rapidement enfermé Paul Jorion dans ses propres et nouvelles contradictions, et le tout fut finalement censuré par ce dernier.

    Les banquiers disent souvent que le crédit n’est qu’une marchandise que vend la banque, dont elle attend paiement avec bénéfice pour elle, comme tout commerçant.

    Mais la différence repose sur:

    1/ le mode de paiement de cette marchandise par l’emprunteur: forcément différé

    2/ le mode d’encaissement par la banque: destruction monétaire jusqu’à extinction de la dette, en ne gardant que l’intérêt.

    Le 2/ montre bien qu’il y a un acte de création monétaire, sans quoi l’acte symétrique de destruction ne serait pas nécessaire. Le 1/ en donne la raison: l’emprunteur n’est pas solvable dans l’immédiat.

    Cette création monétaire n’ayant pour seule limite théorique que le taux de réserve fractionnaire, en pratique le taux prudentiel effectif, on conçoit l’effet multiplicateur sur les flux en circulation.

    Ce que l’on ne comprend pas chez Jorion, c’est quelle raison psychologique lui fait refuser le terme de création monétaire immédiate. Pour justifier sa position, il s’appuie sur l’égalité comptable que l’on pourrait « débobiner »…
    Personne ne nie l’égalité comptable d’un passif et d’un actif, mais bien le « débobinage », car l’emprunteur n’a pas son bilan solvable à moins de rendre le bien, produit de son achat!

    On dira que c’est, aprés tout, le cas de toute entité économique qui investit, et qu’il ne s’agit là que d’un fait bien banal. Mais la situation spécifique de la banque est d’être le noeud auquel aboutissent tous les fils du réseau. C’est aussi de là qu’elle tient son importance stratégique…et ses revenus.
    C’est précisément ce qui s’est rèvélé pour la crise des « subprime »…où l’on s’est aperçu que cela remettait en cause la situation comptable de banques ou d’institutions financières qui devenaient elles-mêmes non solvables par des biens fortement dévalués dans l’entre-temps. Elles étaient donc théoriquement en faillite, n’eut-ce été l’intervention de l’Etat…

    L’Etat intervient en dernier recours, puisque , dit-on, il ne peut faire faillite (car c’est nous tous). Mais on voit là l’absurdité (pas pour tout le monde…) de confier la création monétaire à quiconque d’autre que l’Etat lui-même!
    André-Jacques Holbecq en vient à la même conclusion, qui était déjà la sienne dans « La dette, une affaire qui marche… » en 2008.

    Les bénéfices de cette dernière solution sont par ailleurs multiples: d’une part l’Etat dispose alors à sa guise des taux d’intérêts réels (et pas seulement de ceux de la banque centrale), en fonction de ses objectifs économiques dans l’intérêt général. D’autre part, le produit éventuel de ces intérêts échappe à toute cupidité privée, source d' »écrasantes montagnes et gigantesques trous »!

    C’était aussi la conclusion à laquelle était déjà parvenu le programme du Conseil National de la Résistance de Mars 1944, intitulé « Les jours heureux » et qui vient d’être réédité sous ce titre en version commentée (Editions La découverte). A lire.

    1. Je suis heureux de noter que vos différences puissent s’exprimer .

      Une remarque d’homme du peuple : une fois exprimées sur trois lignes vos visions sur l’argent et la monnaie , et en quoi elles divergent , ce serait bien que vous puissiez lister en moins d’une page en quoi elles conduisent à des remèdes différents à une liste de questions fondamentales évoquées ici ( et ailleurs ) sur laquelle vous soyez d’accord .

      Autrement , comme il m’est déjà arrivé de l’écrire , vous allez tous nous lasser .

      Et j’irai tout cafter à Dany , Luc et quelques autres .

    2. Pour répondre par les propositions que vous attendez, une seule suffit, celle de Maurice Allais:
       » Toute création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création de monnaie bancaire »

      S’il ne s’agissait que d’adopter des définitions de la monnaie (Schumpeter ou autre), cela importerait peu. Mais la vraie question posée (et la seule qui importe) est: comment le prêt bancaire conçu entre des mains privées se traduit-il dans l’économie réelle? Etant donné la convertibilité immédiate du prêt en argent, biens ou services, on a bien multiplication de flux qui sont non solvables, si l’on « débobine » les comptes comme le suggère Paul Jorion!

      En d’autres termes, on met en circulation dans l’économie réelle qui une nouvelle voiture, qui un appartement, etc. dont l’équivalent travail n’a pas été encore accompli. S’il ne peut pas l’être à terme, le systême tout entier peut s’écrouler car le « débobinage » ne se fait pas sans dépréciation des biens (même hypothéqués) déjà consommés; quant aux services, ils sont généralement non restituables.

      C’est bien ce qui s’est passé dans la crise des « subprime », qui a fait connaître Jorion pour l’avoir dénoncée. Il en est donc parfaitement conscient, et je ne vois dans son entêtement à considérer tout cela comme une mécanique financière légitime entre des mains privées, qu’une coquetterie iconoclaste.
      On conçoit qu’un pouvoir d’une telle incidence économique ne saurait être laissé entre des mains privées pour lesquelles, de surcroît, il constitue une source de revenus considérables ponctionnés au détriment de l’Etat, c’est à dire nous tous. A preuve, la comédie de la dette, qui n’existerait plus si les intérêts déjà versés l’avaient été à l’Etat lui-même!

    3. @ Hadrien :

      Merci de la limpidité de l’expression .

      Faute , provisoirement peut être ,de position en regard , aussi ramassée de la part de Paul Jorion , deux échos de ma part :

      1- En quoi l’Etat vous parait une entité d’avenir ? Peut -on substituer « puissance publique » à  » Etat » dans votre texte ? Quels process (s) pour se prémunir vis à vis de l’Etat contre des dérives comparables à celles en oeuvre dans des mains privées .

      2- J’aimerais bien connaître la vision décapante de Schyzosophie sur votre texte .

  24. Qui vote pour de l’idée d’attribuer des lopins de terre à tous ceux qui ont du temps libre ou pas de travail et qui seraient prêts à mettre ce temps à profit pour faire fructifier la terre (dans le cadre de jardins communautaires par exemple) ?

    L’Etat pourrait acheter à prix fort des terres aux paysans (qui souffrent déjà bien assez), réquistionner des espaces publiques et les mettre à disposition pour offrir une perspective à tous ceux qui ont perdu leur emploi. L’exemple de Cuba ou ‘Comment Cuba a survécu au pic pétrolier’ est en la matière une source d’inspiration.

    En Belgique, il y a une expérience embryonnaire qui va un peu dans ce sens-là, c’est peut-être précurseur de quelque chose de plus grand.
    http://www.rtbf.be/info/belgique/wallonie/mouscron-distribue-des-poules-pour-reduire-les-dechets-191852

  25. Pour redescendre de certaines haute sphères théoriques, Jacques Sapir évoque ici une voie alternative un peu plus concrète et prospective pour améliorer le sort des classes populaires et moyennes en France, basée sur un repli national temporaire et protectionniste :

    ( http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3010 )

    Moi je me demnade si nous n’aurons l’explication, l’épreuve de force, l’épreuve de vérité avec l’Allemagne au moment où la spéculation fiancière se déchaînera en Europe. Etre acculée ne me semble pas être la méilleure situation pour vouloir changer les allemands.

  26. « une autre globalisation, reposant sur d’autres fondations »
    Pourquoi forcement une globalisation? Une réduction de la mondialisation qui a contraint les salaires européens à la baisse semblerait plus logique. Un marché européen se protégeant de la concurrence par des droits de douane, comme il le faisait lors de la période des 30 glorieuses, est une meilleure solution.

    L’économie ne peut fonctionner efficacement que si elle est contrôlée par un pouvoir politique. Ce pouvoir existe en Europe, il n’existe pas au niveau mondial. Attali, qui a vu ce problème, appelle à un gouvernement mondial. Ce n’est pas réaliste.

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