BFM Radio, le 22 mars 2010 – Quand des questions d’argent se posent dans un couple

Chacun sait que quand des questions d’argent se posent dans un couple – comme celui de la Grèce et de l’Allemagne en ce moment – les reproches les plus inattendus viennent crever à la surface, le fruit parfois de longues années de ressentiment. La raison de la querelle, ce sont bien entendu les « plaies d’argent » – comme on avait l’habitude de dire autrefois – mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y ait rien de vrai dans les reproches qui sont adressés. Bien au contraire : des vérités profondes s’y cachent généralement.

Du côté des Grecs on reproche essentiellement aux Allemands leur égoïsme. Les Grecs – dans le rôle de l’épouse – disent : « Si tu refuses d’ouvrir ton porte-monnaie, je connais un gars qui n’attend qu’une chose : que je lui saute dans les bras ! » Le petit nom du gars en question, c’est FMI, un nom doux plus sympathique que « Fonds Monétaire International ». « Eh bien, vas-y donc, répond Mme Merkel dans le rôle du mari, va le retrouver ton FMI : en fait, j’espérais que tu me dises ça ! »

Les reproches de l’Allemagne sont beaucoup plus fournis. Elle dit, par la voix d’un parlementaire proche du milieu des affaires et d’un autre, un Démocrate Chrétien, qui espère sans doute que Jésus ne l’entend pas quand il dit ça : « Vends tes bijoux si tu as tant besoin d’argent : toutes ces îles vides qui ne te servent à rien, et où des Allemands seraient eux ravis de prendre des coups de soleil, vends-les leur donc ! » Ou bien, quand les beaux-parents européens font remarquer à l’Allemagne, toute faraude de donner le bon exemple en travaillant très dur, que plus rien ne marcherait si tout le monde faisait comme elle : exportant à tout crin et ne payant pas correctement ses salariés, l’Allemagne répond, par la bouche du Financial Times Deutschland : « Pour que je vous achète quelque chose, il faudrait encore que vous ayiez quelque chose à vendre ! » et ici, je cite l’article : « Que devrions-nous acheter au Royaume-Uni ? Les services de courtiers en devises qui attaquent l’euro ? Des financiers de “private equity” qui désossent des entreprises traditionnelles locales ? Des spécialistes de dérivés de crédit qui parient sur le défaut de paiement de la Grèce ? »

Oui, des mots très durs sont échangés dans ces moments de colère. Mais les plus durs sans doute ont été entendus le jour où la querelle a éclaté, accompagnant le qualificatif de « buveur d’huile d’olive », quand le Frankfurter Allgemeine s’indigna : « Les Allemands devraient-ils travailler à l’avenir jusqu’à 69 ans – plutôt que 67 comme maintenant –, pour que les Grecs profitent de leur préretraite ? ». Les Allemands voulaient sûrement dire que ce serait injuste mais dans ce reproche, on a entendu aussi un aveu : qu’ils n’aiment pas le travail autant qu’ils le prétendent et que, comme le meilleur Indien proverbial, qui est un Indien mort, pour les Allemands comme pour les Grecs, le meilleur travail est celui qu’on arrête de faire.

Partager :

95 réflexions sur « BFM Radio, le 22 mars 2010 – Quand des questions d’argent se posent dans un couple »

  1. L’idée de l’interdiction d’une certaine forme de spéculation “nocive”, qui fait son chemin parmi les citoyens (et certainement parmi les politiques, dont beaucoup connaissent ce blog), rencontrera certainement des résistances de haut niveau (en gros une minorité qui a intérêt – ou qui croit avoir intérêt – à ce que les choses ne bougent pas). Mais on peut être optimiste sur le fait qu’un jour une telle mesure soit adoptée.
    Par contre, concernant l’aide à la Grèce, ce ne sont pas seulement les dirigeants, banques, industriels qui y est opposée, mais aussi les citoyens : on n’est plus dans la configuration habituelle de rapport de force citoyens contre élites ; les Allemands sont unis et une aide semble donc compromise.
    La situation commence à se radicaliser, les grecs accusent les Allemands de profiter de l’euro faible au dépend des pays du sud (pays dits exportateurs mécaniquement favorisés par rapport aux pays dits importateurs), les accusent également de spéculer sur la dette Grèce (si c’est vrai c’est grave ! – cf. l’article de libération ce jour) – et je me demande même s’ils ne sous-entendent pas en fait que les Allemands spéculent contre l’euro (ce qui serait un bon calcul à court-terme seulement).
    Il y a quelques jours, je ne sais plus quelle personnalité (instrumentalisée ?) affirmait que les Grecs pouvaient vendre leurs petites Iles pour se renflouer, et aujourd’hui je lis plus haut que les Grecs demanderaient aux Allemands de rendre l’or spolié durant la 2nd WW.
    Bref, çà ne va pas du tout dans ce couple, obligé de vivre sous le même toit (l’euro) – et une réconciliation “sous l’oreiller” est improbable.

  2. Mais qui est responsable dans cette famille Européenne?(depuis 1981…)

    Nos chefs d’états(les 16 de la zone euro)?
    Nos 1- ministres des finances?
    Nos chers députés de Bruxelles?
    La BCE?
    Eurostat?
    Les diverses commissions européennes?,etc…

    Bref!ils ne savaient pas?Idiots ou coupables?(les deux sont cumulables…)
    Maintenant,il faut assumer ses devoirs et revoir sérieusement la politique financière de la zone euro
    au lieu de se disputer inutilement

    1. Je pense que quand les couples s’entre-déchirent ainsi, ils ne pensent pas ce qu’ils disent. C’est en tout cas ce qu’ils doivent penser.
      Mon père me disait qu’il y a 2 sortes de mariages – les mariages de raisons & les mariages par amour.
      Celui-ci est un mariage de raison. Donc, des compromis sont possibles quand le couple devient partenaire, quand le couple se complète.
      Je ne suis pas de ceux qui attendent que le couple se déchirent pour ramasser les miettes, ou influencer et l’un et l’autre pour me taper soit la femme soit le mari.
      S’il faut donner des conseils, guider voire même écouter, c’est bien le moment de le faire car on n’a tout à gagné.
      La Grèce devrait proposer des vacances au peuple allemand à prix très préférentielle si l’Allemagne se décider à les aider financièrement.
      😉

  3. Dans l’ensemble on a du mal a comprendre pourquoi l’Allemagne irait sauver la peau des grecs, sachant qu’elle (a) va avoir du mal a sauver la sienne.

    Les Etats sont tous en crise, il semble logique que ce soit une instance supranationale (le FMI) qui agisse a ce niveau la.

    Un peu trop d’excitation des deux cotés, la peur peut être car le courage c’est affronter les difficultés sereinement.

    1. De Gaulle a déjà exprimé son point de vue en cas de crise.
      En gros: Sur une question fondamentale, un peuple ne se trompe pas. Les partis politiques font leur petite cuisine. Les français sont des veaux. Ne rien attendre des autres pays et compter uniquement sur son labeur. L’or est la seule référence monétaire juste.
      Mais tout cela se vend mal politiquement, ce qui explique les déceptions de Churchill, de Gaulle, et même Thatcher….

    1. On paiera de toute manière, il ne faut pas se faire d’illusion alors autant le faire de manière intelligente plutôt que forcée…D’ailleurs puisque tout le monde en parle, vous ne croyez pas qu’on a déjà tous payé pour la réunification allemande ? CAR SI on part du postulat que l’Euro est sous évalué pour l’Allemagne, nous avons bien Tous payés…

  4. Il apparait que si le problème Grec n’est pas réglé au sein même de l’Europe, il va s’étendre aux autres pays, donc la rigueur va s’imposer partout. Ma question est : l’Allemagne elle va les trouver où ses clients futurs ?
    Au Usa ? il ne me semble pas que ce soit le retour de la consommation là bas.
    En Asie ? mais si l’Asie vend moins ?
    Donc imposer la rigueur finira par se retourner contre l’Allemagne.
    L’ Allemagne montre soit disant l’exemple avec ses retraites à 67 ans, vous en connaissez des Allemands de cet âge qui travaillent toujours ? Où est ce des mots plus que des réalités ?
    De plus l’Allemagne a un vrai soucis avec la démographie.

    1. Si l’on se promène dans le métro aux heures de pointe, on voit dans les grandes villes allemandes de nombreuses personnes d’un ”certain” âge allant travailler.
      Ce n’est pas la majorité mais il y en a suffisamment pour que cela se remarque.

      Quant à l’âge c’est un faux problème dans le sens ou les gouvernements ne veulent plus payer de retraite. Via le jeu des décotes et autres pénalités, ce qui nous attend tous et plus sûrement nos enfants c’est d’être au minimum vielliesse après…41/42 voire 43 ans de rude labeur.

    2. Perso,
      comme je reste à penser
      qu’il doit être réfléchi de la retraite en rapport de l’espérance de vie
      (laquelle est statistiquement directement proportionnel au niveau de vie, les pauvres ne font pas de vieux os)
      et qu’il convient aussi de bien penser que certains métiers peuvent être à priori assez incompatibles avec certaines des petites décrépitudes souvent générées de la vieillerie,
      ( la médecine progresse, mais il reste que le poids des ans n’est pas toujours si mince qu’il faille l’occulter comme s’il n’en était rien )

      je ne comprends rien à la logique de ces réformes sur l’âge de la retraite, sinon je les qualifierais de cyniques
      (les réformateurs savent-ils ou ignorent-ils de la pénibilité qui existe de travail à la chaine, ont-ils un jour seulement manier un mateau-piqueur … ???
      de mes proches, deux sont morts, qui venaient à peine de dépasser les quarante ans, deux autres avant leurs soixante, les quatres n’ont pas seulement connu un jour de la retraite, elle n’aurait pas pourtant été bien grosse, puisque leurs salaires n’étaient pas de ministres cependant que leurs boulots quant à lui était bien usant, harassant, pénible )

  5. Bonsoir !

    D’après certains, Thyssen Krupp aurait finalisé un accord avec la Grèce , qui accepterait la livraison du 1 er ( Le papanikolis) des 4 sous marin Type 214, commandé en 2004.
    Alors que jusqu’à récemment, La grèce avait refusé de receptionner ce sous – marin , et les trois suivant, les navires présentant des défauts importants de conception et réalisation, non conforme au cahier des charges….
    Va comprendre Charles ….!!!!
    Le plus drôle, est que l’accord stipulerait que la Grèce “aurait” passé commande, pour 2 exemplaires supplémentaires ….Donc 3 + 2 = 5 ….Et non 4, d’après la commande initiale….
    Au delà du fait que la Grèce est dans le chocolat, je ne puis m’empêcher de penser qu’il y a quelquechose de très pouvoir politique germanique, au niveau de la pression exercée à l’attention de la Grèce …. Attention au réveil des grecs ( les “vivants”)…. ca va swingger!!!
    A suivre….

  6. M’enfin se petit différent dans la famille européenne arrive à point pour le dollar. C’est sûrement cela le nouvel ordre mondial, créer du désordre pour y remettre de l’ordre 🙂

  7. Angela Merkel : une aide du FMI pour la Grèce doit être envisagée.

    L’Union européenne devrait envisager de laisser la Grèce recourir à une aide financière du Fonds monétaire international, a déclaré lundi la chancelière Angela Merkel, soulignant ainsi de nouveau la réticence de l’Allemagne à venir au secours de son partenaire européen.

    “Je le dis très explicitement, à mon avis l’aide du FMI est une question que nous devons envisager et dont nous devons continuer à discuter”, a déclaré la chancelière, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse avec le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, après une réunion des deux responsables à Berlin.

    Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, qui vont se réunir à Bruxelles en fin de semaine, ne prendront pas de décision sur une aide financière pour la Grèce, a-t-elle toutefois indiqué.

    Investir

  8. Bonsoir,

    mon commentaire semble ne pas être passé, probablement un soucis technique, alors je repose ma question car elle me turlupine depuis peu. Réagissant sur la phrase de M. Jorion écrivant que l’Allemagne ne payait pas correctement ses salariés, chose que je lis et entend un peu partout, je me demande sur quoi se base-t-on cette affirmation ?

    Merci d’avance.

  9. La colère des allemands est fondée, mais ils y mettent aussi une bonne part d’ethnocentrisme, comme souvent dans leur histoire. La Grèce ne peut fonctionner comme l’Allemagne, mais les allemands exigent que tous adoptent “le modéle allemand”. Cela ne peut marcher. C’est la raison pour laquelle l’idée d’une Europe unie restera une représentation chimérique. Imposer aux européens l’euro sans créer préalablement une union politique était une faute lourde – que nous payerons. Et en ce qui concerne spéficiquement la Grèce: l’immense majorité des allemands est contre une aide pour la Grèce. Merkel n’agira pas contre cette volonté, d’autant plus qu’il y aura bientôt des partielles en Allemagne (en Rhénanie) où le CDU est en mauvaise posture.

  10. Assez de ces zones monétaires, ces mariages forcés, ou arrangés!…
    Que les pays sachent se découpler (n’en déplaise à Jacques Attali) de ces monnaies homogénéisantes (dollars, euros, faudrait-il y ajouter bientôt le yuan?) entropie accélérées du monde pour les ravages de tous et le chômage en prime, les revenus KO par les banques et les forfaitures des États. Que les sociétés reprennent leur droit régalien de création, d’émission et de contrôle monétaire pour des monnaies reflétant – enfin – les réalités économiques et sociales des pays et nations qui devront – enfin – cultiver leurs atouts, favorisant leur propre marché et par là, pouvant enfin se prendre en charge dans les échanges internationaux et y trouver leurs VRAIS intérêts. Autrement dit le sens de la vie retrouvé, ou trouvé.

    On peut voir avec grand intérêt ce site ci-dessous.
    Car on y arrivera tôt ou tard, mais ce serait mieux d’y arriver, sans passer par des tribulations progressives (voire soudaines) collectives. Francois Leclerc fait ici un excellent travail de dépiautage des données et des éléments dans l’actualité. Il en découle qu’il ne faut pas vraiment continuer à prendre pour référence les agissements, les attitudes, les égarements d’un personnel politique et financier qui, se gobergeant sur le dos des sociétés productrices, ruinent leurs propres sociétés. Là où est leur intérêt, là est leur “patrie”. Il faudrait, en agissant collectivement par ailleurs, leur couper l’herbe sous les pieds en ne s’occupant plus d’eux.

  11. n’oublions pas: ce que l’allemagne exporte dans le sud de l’europe, les allemands le consomment l’été en vacances, faute de méditerranée chez eux… alors, au fond, les allemands envoyent la marchandise là où ils vont la consommer l’été.

  12. ” Quand des questions d’argent se posent dans un couple ”

    Et dans toute dispute de plus sur la crise, il y a tout ceux qu’on oublie de voir aussi c’est-à-dire en fait nos enfants, les premiers touchés surtout les enfants des autres bien loin des yeux.

    On cause, on cause mais qui pense encore à eux en Afrique comme partout ailleurs et oui le monde des adultes a gravement failli je crois ils ont beau à voir des masters et sortir de l’ENA !

    Pendant ce temps là bien sur l’Oncle Sam, préfére sans doute encore jouer et s’enivrer plus longtemps au Casino, ah si seulement la plupart des enfants du monde ne pouvaient pas toujours être touchés les premiers par le monde si ” sérieux ” et si ” responsable ” des adultes.

    ” Jérémie s’il te plaît arrête de te lamenter, je vois bien que c’est déjà la crise pour toi tout en bas, mais ce n’est pas non plus une raison valable pour vouloir crier plus fort aux oreilles de Maman ”

    ” Maman n’est quand même pas aussi idiote sourde et aveugle que l’Oncle Sam tout de même ”

    ” Jérémie ne pleure plus tu vois bien que la crise ne touche pas encore intégralement le monde ”

    ” Jérémie s’il te plaît arrête de pleurer ou de te plaindre sinon tu n’aura plus droit à ton petit bateau sur l’eau ”

    ” Tu ne voudrais quand même pas faire grand cas plus longtemps de ton sort de quoi aurais-l’air devant les gens du métro, boulo, dodo ”

    ” Jérémie ne pleure plus ou gare à la prochaine correction, tu veux bien s’il te plait arrêter d’avertir les gens avec tes jérémiades va donc faire tout de suite tes devoirs comme le Monsieur si exemplaire à la télévision ”

    ” Tu vois bien quand même que Maman n’est pas aussi bête et folle que le Croque Mitaine ”

    Sur ce l’enfant continua à pleurer mais fallait-il voir aussi de temps en temps la tête un peu folle de sa mère avec une poussette grillant feu rouge après feu rouge au passage des clous.

    ” Jérémie ne pleure plus “

  13. Tout cela me rappelle un documentaire sur Arte où l’on apprenait que les Allemands ont déménagé en Chine… des hauts fourneaux ! C’est tellement énorme que je me demande encore si je n’aurais pas rêvé ce souvenir, ou s’il s’agissait d’une fiction destinée à nous impressionner.

    1. Bonjour Grenouille Verte…

      Je n’ai pas pu résister…amicalement.

      Je n’ai pas vu ce documentaire sur le déménagement en Chine de Hauts Fourneaux.
      Mais j’ai assisté de mes propres yeux, lorsque j’étais adolescent, au déménagement en Chine des hauts fourneaux des usines de LONGWY.
      Ce n’était pas un rêve, ce fut la réalité.
      Ils furent soigneusement démontés pièce par pièce, vis par vis et (ré)assemblés je ne sais plus dans quelle province chinoise.

      La Lorraine ne s’en est quasiment jamais remise du moins la partie que l’on appelle le ”Pays-Haut”.
      Heureusement qu’il y a le Luxembourg à côté car sinon nous serions totalement sinistrés…
      Les enfants de mineurs et sidérurgistes sont devenus employés de banque, traders…
      Triste reconversion d’une région française dépendant totalement de la finance, celle là même qui il y a déjà 30 ans avait largement influé sur la crise de la sidérurgie.

    2. Mittal a fait plus simple…il a repris du matériel récent et ne l’a même pas déplacé.
      Entre temps il y a eu une contraction de la demande..
      C’est ptê’t pas gagné non plus, le monde change de plus en plus vite.

  14. “La Grèce ne sera pas abandonnée si nous voyons qu’elle a besoin de l’aide de la zone euro”, a déclaré M. Junker, Premier ministre et ministre du Trésor du Luxembourg, devant la commission économique du Parlement européen à Bruxelles.

    Mais au moins deux des 16 pays de la zone euro refusent de proposer des garanties de prêts à la Grèce, a-t-il ajouté, ce qui rend “tout à fait possible” selon lui la situation où un pays de la zone euro en difficulté obtiendrait une aide financière du FMI en complément de celle d’autres pays de la zone euro, qui fourniraient le plus gros de l’effort.

    Tempsreel.nouvelobs

    Ce mensonge de Jean-Claude Juncker est scandaleux :

    “Mais au moins deux des 16 pays de la zone euro refusent de proposer des garanties de prêts à la Grèce”, a-t-il ajouté.

    En réalité, les 16 pays de la zone euro NE peuvent PAS proposer des garanties de prêts à la Grèce, puisque c’est interdit par le traité de Lisbonne.

    Je recopie l’article 125 du traité de Lisbonne :

    “Un État membre ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un autre État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique.”

  15. Il serait salutaire de se dispenser des réponses clichés sur le “caractère national” des uns et des autres! C’est de la foutaise de ceux qui n’ont rien à apporter de constructif au débat!
    Il y a des éléments de l’histoire sociale, économique et politique qui produit ses conséquences, mais il y a surtout une absence de volonté de convergence en Europe, au niveau des décideurs politiques.
    “Les allemands”, cela ne veut rien dire, et il est certain que les “allemands” consommeraient davantage si les perspectives dans le pays étaient meilleures.
    De plus, contrairement à ce que j’ai lu ici, la réunification est loin d’être digérée pour l’Allemagne, car le chancelier Kohl n’avait rien trouvé de mieux à faire qu’endetter lourdement l’état allemand pour la financer, ce qui fait que la dette publique a fait un bond de 60 à 90% du PIB en 1991 et ensuiteen peu de temps.
    En quelque sorte, Kohl a généré des revenus rentiers via la dette, et les restructurations de l’Est allemand traînaient en longueur, car, comme toujours, les investisseurs pouvaient se contenter de laisser le peu de l’appareil industriel estallemand, confronté à une monnaie surpuissante (le DM, puis l’Euro), s’effondrer pour le racheter ensuite pour une bouchée de pain.
    Il se rejoue, au niveau de l’Europe maintenant, le même scénario très capitaliste.
    Les autres pays d’Europe pourvus d’une monnaie trop forte (le sud notamment et évidemment donc la Grèce) ne seront pas compétitifs (comme ne l’était pas l’Est del’Allemagne), et les industriels les plus prospères et exportateurs pourront acquérir pour trois fois rien tout ce qui peut les intéresser.
    Pour prévenir un tel scénario, il me semble qu’une mise en faillite ordonnée de certains pays, avec émission d’une monnaie adaptée à leurs besoins (et non pas avec une monnaie trop forte qui asservit) seraient la réponse la plus convenable pour rétablir les équilibres à moyen terme. Et la Grèce ne pourra éviter de mettre de l’ordre dans son système fiscal où il y a trop de fraude et trop d’économie sousterraine.

  16. Même pas un an et ça sent bon sa patine historique, les discours sur le travail assomment et qu’il faut lutter encore et encore contre les silences qui désossent leurs discours: de toute façon c’est avec un air encore plus crétin qu’on en ressort, l’envie de traduire en justice leur auteur: le canard enchaîné du 18 juillet 09 rapportait les propos de notre ministre de l’économie Lagarde tenus 5 jours plus tôt tenus devant les députés: ” cette tradition de fainéantise qu’on retrouve au XIX ème siècle chez de nombreux auteurs. Paul Lafargue, dans son livre “le droit à la paresse”, recommande à l’homme de ne travailler que trois heures par jour, et de passer le reste du temps à fainéanter et à bombancer” . Et le “dernier avatar de ce droit à la paresse, c’est la loi sur les 35 heures, ultime expression de cette tendance historique à considérer le travail comme une servitude”. Et la ministre de regretter que la France soit “un pays qui pense (reresic), alors qu’il faut cesser de penser, de tergiverser et se retrousser simplement les manches”.

    1. “Et la ministre de regretter que la France soit « un pays qui pense (reresic), alors qu’il faut cesser de penser, de tergiverser et se retrousser simplement les manches” : c’est malheureux que le bon sens, “se retrousser les manches”, soit mis à contribution pour justifier la plus grande stupidité: “cesser de penser”.

Les commentaires sont fermés.