Le bancor, solution thermodynamique à la crise (suite), par Zébu

Billet invité

Dans un premier billet et de manière très allusive et approximative, je suggérais l’hypothèse que le bancor pouvait être une solution à la crise et ce de manière thermodynamique. L’analogie entre les lois de la thermodynamique et la crise financière actuelle a pu sembler étrange. Et cette réaction n’est pas infondée, tant il semble de plus en plus vérifié que le fonctionnement du système financier actuel n’était qu’un vulgaire village Potemkine depuis presque 40 ans.

En effet, s’il est apparu étrange qu’une telle comparaison puisse être effectuée, ou plutôt que de telles lois physiques puissent être appliquées à un champ aussi inhabituel que l’économie, c’est bien parce que le système financier a quelque part réussi à justifier et légitimer sa sortie de la réalité, qu’on avait fini presque par oublier. Et les lois de la physique de le lui et de nous le rappeler depuis 2006 avec les subprimes. Dura Lex, Sed Lex.

En physique, un système est soumis aux lois de la thermodynamique, dont la plus fondamentale (principe zéro) est la thermométrie, basée sur la mesure de stabilité d’un système et son équivalence à d’autres systèmes, produisant ainsi un étalonnage des systèmes au travers d’un référentiel universel : un thermomètre. Or, tout le projet du système financier a été de pouvoir s’extraire des règles communes aux activités économiques, afin de s’autonomiser, produire ses propres lois puis de les imposer à tous, par le biais d’une globalisation rapide et irréversible. Ceci implique dès lors pour ce système, afin de s’extraire des lois de thermodynamique, de … supprimer l’étalonnage, le thermomètre.

Ce fut fait en 1971, avec la suppression par Nixon de la parité or/dollar, l’or ayant été à de multiples occasions dans l’Histoire le seul étalon monétaire universellement reconnu (la livre sterling abandonna elle aussi définitivement en 1931 sa parité d’avec l’or). D’autres mesures suivirent, comme le Décret Giscard de 1973 sur l’interdiction à la Banque de France de financer le Trésor, interdiction que l’on retrouve dans le traité de Maastricht pour la BCE. Le système financier n’ayant plus de système d’étalonnage, il put ainsi prétendre à son autonomie, c’est-à-dire à la soumission à ses seules lois, créés par lui et pour lui.

In fine, on cessa même juste avant la crise des subprimes de communiquer les agrégats monétaires M3, jugeant qu’il n’était même plus nécessaire de justifier un tel arrimage à la réalité : le système était devenu réellement virtuel. Le langage fut d’ailleurs façonné à sa manière : « bulle financière », « flux financiers », « économie financière », …

Une fois de désarrimage effectué, combattre les deux lois de la thermodynamique devenait dès lors plus facile. Ainsi, le principe premier de la thermodynamique est la conservation de l’énergie et sa transformation : rien ne se créé, tout se transforme. Qu’à cela ne tienne ! Supprimons cette loi stupide et proclamons qu’au contraire tout se crée et que rien ne se transforme : la seule loi véritable est la loi de la croissance infinie, dont l’outil essentiel et presque exclusif est le crédit/dette. Le système financier est alors devenu un démiurge et ses acteurs centraux, à l’instar de Lloyd Blankfein, Pdg de Goldman Sachs, réalisent le travail de Dieu : la création, infinie. Rien de moins … Or, si vous abolissez le premier principe de la thermodynamique, vous en abolissez aussi le second, qui se base sur la transformation de l’énergie, produisant des frottements (de la chaleur) et des désordres, mesurés par l’entropie. Dès lors, puisque tout se créé et rien ne se transforme, il n’existe pas de désordres, donc pas d’entropie. Et s’il s’en crée, c’est que le système financier n’a pas encore totalement achevé son désarrimage au système économique réel.

Peuples du monde, ayez confiance, la fin de l’entropie est pour bientôt et la délivrance est proche : le système financier, basé sur le crédit à volonté, sera demain complètement virtuel.

Fin de la souffrance, alléluia.

Sauf que. Sauf que dans la « vraie vie réelle de tous les jours », les lois de la thermodynamique continuent à s’appliquer. Et qu’à un moment donné la vague des subprimes a fini par rencontrer le mur de la réalité sous forme de falaise de défaillances de remboursement. Dès lors, application de loi I : transformation du crédit privé en dette publique. Puis application de la loi II : désordre = entropie ; un désordre d’abord financier (crédit interbancaire), puis économique, puis social, le tout sur la sommation du dit système financier, autonome, que les dits systèmes réels produisent suffisamment d’effets retours pour rééquilibrer le dit système, qui soudain redécouvrit brutalement qu’il n’échappait pas aux lois thermodynamiques, ainsi qu’à la loi gravitationnelle, « de tout son poids » serais-je tenté de dire : la chute. En guise d’aérofreins, on improvisa diverses choses, comme la réduction des taux d’intérêt du crédit à quasi zéro, puis, devant l’insuffisance devenue évidence, le Quantitative Easing (l’assouplissement quantitatif) et enfin la transmission de l’entropie aux autres systèmes, notamment monétaires et sociaux.

On en est actuellement là et ce depuis fin 2006 – début 2007, soit plus de 3 ans, à utiliser toutes les solutions normales connues et reconnues par le système financier … sans qu’aucune n’ait encore fonctionné à ce jour. Pire pour le dit système, l’entropie transférée au système social menace maintenant de mettre en péril son existence même. La stricte application des lois de la thermodynamique aura pour conséquence finale la destruction du système ayant généré la transformation initiale. Sauf qu’avant que cela n’advienne, d’autres systèmes auront subi l’entropie de plein fouet, notamment les systèmes sociaux, sans aucune certitude sur leur capacité à résister.

L’intérêt du bancor est justement qu’au lieu de nier les lois thermodynamiques, il les applique, et même intégralement. C’est d’ailleurs tout son intérêt, au regard des phénomènes d’entropie.

Ainsi, pour ce qui concerne le principe « zéro », dit de thermométrie, le bancor est le thermomètre absolu puisqu’il n’a pas l’inconvénient, apparemment indépassable, d’être une des monnaies existantes : en tant que monnaie virtuelle et universelle, il permet au principe « zéro » de s’appliquer dans sa totalité. Il permet donc de mesurer la stabilité d’un système local monétaire intrinsèquement mais aussi d’évaluer l’équilibre entre différents systèmes locaux (pluralité de monnaies). Il ne peut pas exister de distorsions de mesure dans la stabilité et l’équilibre dans et entre les monnaies.

Pour ce qui concerne le premier principe de la thermodynamique, le bancor non seulement évalue immédiatement l’équilibre (interne/externe) mais il en restitue intégralement les évolutions ou transformations d’équilibre : à la fois au sein d’un système (prix, notamment) mais aussi entre les systèmes monétaires. Dans le cas de déséquilibres commerciaux par exemple, un pays qui exporte trop se verra compenser en bancor mais avec un taux de crédit négatif, l’incitant ainsi à revenir à l’équilibre commercial. Dans le cas inverse, un pays qui importe trop se verra allouer des bancor en crédit (dont le taux d’intérêt sera variable au regard des sommes générées), lui permettant alors d’investir dans son économie et réduire ses importations pour augmenter ses exportations, afin de revenir à l’équilibre.

Quel est l’intérêt d’accorder une telle importance aux balances commerciales et à leurs équilibres ? C’est Martin Wolf, du Financial Times, qui l’explique : toutes les crises financières qui se sont déclarées depuis 1971 sont advenues par excès de capitalisation de devises de pays, pour se garantir des risques de change, dont l’exact opposé est l’excès d’endettement d’autres pays, le système s’auto-entretenant ainsi pendant un temps, jusqu’à l’explosion, à chaque fois, des bulles ainsi créées : Mexique en 1982, Asie en 1997, etc. De la part d’un économiste si orthodoxe, cela ne peut que frapper.

Cet avis, très récent (04 mai 2010), ne fait que confirmer la nécessité de mettre en place un outil qui permettra ou aura pour objectif d’atteindre l’équilibre des balances commerciales, au travers de la fixation des cours monétaires (crédit/débit, dévaluation/réévaluation). Le bancor peut être cet outil, thermodynamique, donc.

Car l’idée derrière tout ceci est bien de réduire à minima les effets inévitables et irréversibles des transformations qui se produiront dans l’économie mondiale et maintenant globalisée, pour le pire comme pour le meilleur. Ces effets sont l’entropie produite par ces transformations, qui mesure le désordre produit dans chaque système et entre chaque système. Le bancor, en réallouant ainsi, par « découplage direct », les effets des transformations qui adviendront toujours dans les échanges commerciaux pourrait être un « embrayage à bain d’huile » très performant, réduisant voir dans le meilleur des cas, extrême, de pur équilibre et stabilité, annihilant totalement les effets d’entropie. On atteindrait ainsi le fameux troisième principe de la thermodynamique, principe qui ne se vérifie quasiment jamais ou en théorie, où l’entropie disparaît complètement, par absence de frottements lors des transformations (ou par absence de transformations, ou par transformations immédiates). Mais le veut-on vraiment, sachant que l’outrecuidance du système financier actuel était précisément de dépasser (ou de s’en extraire) les lois de la thermodynamique ?

Il me semble néanmoins que le bancor ne serait pas complet si on ne lui adjoignait pas deux éléments, qui lui permettraient de tenir son rôle thermodynamique : les monnaies locales et l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Les premières permettraient au bancor de ne pas avoir à supporter tout le poids de la transmission, au sens mécanique, des transformations et de leurs effets. Car une seule boîte d’embrayage, aussi performante soit elle, ne peut à elle seule être en capacité de jouer ce rôle au niveau mondial. Il pourrait donc être envisagé un découplage des fonctions du Bancor aux multiples niveaux locaux : régions, agglomérations, communes, communautés, etc., niveaux les plus pertinents car les plus proches de l’activité humaine. Chaque bancor local serait ainsi une courroie de transmission des différents échanges commerciaux en différentes monnaies, démultipliant et donc divisant les risques d’entropie qu’aurait eu à supporter un et un seul bancor.

L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix serait quant à elle nécessaire, en complément du bancor, pour supprimer les tentatives des spéculateurs de provoquer des transformations trop importantes, de par les effets de levier engagés par ces paris, induisant ainsi des effets d’entropie qu’aurait à supporter le système du bancor, avec pour conséquence le déréglement d’une mécanique huilée de l’équilibre monétaire optimal. On pourrait utiliser comme image l’intérêt que pourraient avoir certains acteurs de provoquer artificiellement des vagues sur un lac où navigueraient différents esquifs, dans le but d’en faire chavirer quelques uns et de profiter ainsi des remous et du désordre créés pour déstabiliser le système (but à long terme), « aider » les navires coulés à se renflouer par le crédit et … réintroduire ainsi artificiellement l’ancien système financier crédit/dette (objectif à moyen terme), tout en générant de substantiels profits (objectifs à court terme). L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est donc nécessaire à la viabilité à long terme du bancor, afin de contribuer à maintenir la recherche de l’équilibre optimal du système dans son ensemble.

On peut d’ailleurs remarquer que ces outils complémentaires s’intègrent bien dans une nouvelle vision, thermodynamique, du bancor et qu’elles en épousent les lois : stabilité et équilibre, transformation et conservation, entropie.

Enfin, l’utilisation des lois de la thermodynamique comme nouveau paradigme économique aurait de multiples avantages :

– fonder un concept sur des lois physiques, prouvés et éprouvées (l’actualité de ces dernières années le montre bien), en phase avec le monde réel ;

– rendre plus lisible l’explication des phénomènes de crise actuellement en cours (et l’absence de justification et de légitimité de l’existence du système actuel) ;

– rendre plus légitime la mise en place de nouveaux outils comme le bancor, dont on peut aisément anticiper les résistances auquel il devra faire face, résistances politiques mais aussi philosophiques du système financier actuel.

Si, l’Europe, seule entité politique au monde jusqu’à présent à avoir mis en place un embryon de bancor arrive à transformer cet outil monétaire qu’est l’euro en véritable bancor, il y aurait fort à parier que la « vieille culture européenne » retrouve alors une véritable dynamique. Si elle arrive aussi à tendre la main à la Chine qui ne recherche rien d’autre que son propre équilibre, en lieu et place d’une conquête, qu’elle sait illusoire, d’un pouvoir impérial mondial, nous pourrions enfin trouver le chemin d’une rencontre entre le « juste » d’Aristote et « l’harmonie » du Tao, plus de 2000 ans après leurs émergences respectives.

Echanger un monde concurrentiel contre un monde coopératif.

Un tel véhicule ferait à coup sûr des étincelles.

Avanti !!

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78 réflexions sur « Le bancor, solution thermodynamique à la crise (suite), par Zébu »

  1. Juste un mot à l’attention de ceux (il y en a pas mal sur ce blog) qui ne reculent pas devant la lecture de gros ouvrages exigeants : il y en a précisément un (gros ouvrage exigeant) qui est la référence sur la question du rapport physique – science économique, c’est « Plus de chaleur que de lumière » de Philip Mirowski (édition originale en anglais (« More heat than light ») en 1989, traduction française en 2001 chez Economica). Mirowski, critique particulièrement inspiré (et toujours actif) de la science économique et plus particulièrement des néoclassiques, y défend la thèse centrale selon laquelle les économistes de la « révolution marginaliste » de la fin du XIXème siècle (Jevons, Pareto…) se sont directement inspirés des idées et du formalisme de la physique déterministe du XIXème siècle (Joule, Helmholtz…), le concept d’utilité, en particulier, étant une transposition directe du concept d’énergie tel qu’il était pensé à l’époque.

    1. @zébu.

      Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire avant d’écrire le billet N°3, se payer Mirowski de A à Z. Bon courage, et ça vous apprendra à faire le malin.

      Sans rire, j’ai beaucoup apprécié votre 2 billet.

      A+

    2. Merci. Mais là, faut que j’assimile à priori certaines choses et j’avoue volontiers … que je n’aime pas la physique. C’est pour ça que je me venge en écrivant deux billets sur la thermodynamique diront certains … 🙂
      @ Hema : merci mais 2 c’est déjà nettement suffisant. Pour moi comme pour les lecteurs (la thermodynamique tous les jours, à petite dose quand même 🙂 ).
      Cordialement.

  2. Incroyable remontée du dow jones 1h30 avant la fermeture …merci au super oridinateur du gouvernement US…Impressionnant c etait du -10 % un truc comme ça….c est plus un krack a ce niveau là ,à une epoque -3.5 % ,- 5% c etait déjà un Krack!
    http://www.boursorama.com/cours.phtml?symbole=%24INDU

    Faudra surveiller cette nuit en Asie ,demain risque clairement d etre chaud

    1. Le gouvernement US a sans doute effectivement rattrapé le coup pour éviter une panique monstrueuse. D’après ce qui se raconte, la chute serait due à une rumeur selon laquelle les banques européennes étaient à court de liquidités (l’explication de l’erreur d’encodage est à mon avis plus du niveau de la Pravda époque Brejnev). On verra demain.
      Ces derniers jours, c’est en train de s’emballer cette affaire et je ne suis pas sûr que cela soit encore contrôlable. Ils annoncent partout des restrictions budgétaires drastiques au niveau des Etats, c’est clairement l’heure de payer la note de fin 2008.
      Les grecs seront-ils les seuls à ne pas accepter de se faire entuber? J’en doute. Les flics risquent d’avoir beaucoup de boulot prochainement…

  3. @ Zebu

    Le 6 mars sur un autre sujet je m’étais aller à un peu de hors sujet, ça donnait cela :

    « -Hors sujet-

    Une question me revient : Quid des lois thermodynamiques : le truc avec psi et les intégrales qui permet de savoir combien de grammes de gaz bruler pour vaporiser 1L d’eau, l’entropie et tout le tsoin- tsoin (j’ai triplé le module à la fac pour échouer de 2 pt/200 et voila ce qu’il en reste -lol-, ça et le mot -adiabatique-, que je trouve magnifique pour sa sonorité allez savoir pourquoi???) appliquées à l’économie? Aprés tout les individus pourraient être comparés à des atomes qui interagissent et s’échangent de l’énergie (argent)? Quelqu’un aurait il fait des traveaux dans ce sens? J’ai entendu parler vaguement de celà sans jamais avoir de références solides ou me reférrer? Quelqu’un a t il un lien sur le sujet? Si on devait construire un nouveau système, autant qu’il obéisse aux lois que nous enseigne la nature.

    Fin du hors sujet- (je rêve de savoir un jour coller un emoticone sur un blog!!!!) »

    Je vous remercie de vous être penché sur la question, je vais lire vos articles avec enthousiasme. Bonne soirée.

    1. des individus qui s’echangent de l’argent , et des choses, et des sourires, et des fluides corporels, etc.

      Il est evident qu’une societe humaine est en tous points comparables a un paquet d’atomes en interactions. Mais comme nous avons le nez dans le guidon, il nous est forcement difficile de le croire.
      Ainsi quand une armee marche au pas et fonce comme un seul homme sur une cible determinee, on pourrait parler de laser humain, une condensation de Bose-Einstein. Quand l’energie d’un groupe est oriente dans une seule direction, quelle belle efficacite ! On pourrait construire des logements, des ecoles, des creches, des hopitaux ! Ou malheureusement aussi sombrer dans le fascisme. En revanche, la plupart du temps c’est chacun pour soi, c’est l’agitation thermique en somme : pas de logements pour tous, mais pas de fascisme non plus.

      Modeliser les interactions est difficile ! J’imagine un genre de grande unification des interactions entre humains ! Ce serait amusant. On peut prendre l’argent pour commencer : son role entre humains est tres comparable a celui du photon dans l’interaction electromagnetique, c’est un boson d’interaction en somme. Il est cree, et detruit. Il ne sert a rien en soi. Bon, a mediter.

      Il y a des objets et des interactions. Des objets en interaction forment d’autres objets, plus varies que les objets de depart et ces nouveaux objets peuvent encore interagir entre eux et avec les objets de depart. Les interactions apparaissent plus compliquees : les interactions entre deux boules paraissent bien simples a cote des interactions entre deux coliers qui peuvent s’emmeler et faire des noeuds.
      Et ainsi de suite : des molecules, des cellules, des etres multicellulaires, des etre humains cerebres, etc …. dans l’immensite de l’univers.
      C’est un jeu amusant qui donne bien vite le vertige et tant de complexite (au sens des systemes complexes) force l’humilite.

      A cote, le systeme financier et la crise Grecque c’est de la gnognotte !

    2. Comme quoi, je n’étais pas le premier (évidemment) à avoir eu cette ‘intuition’ …
      Welcome to the physique !
      Pour les émoticones : sourire = ‘:’ + ‘)’ et clin d’oeil = ‘;’ + ‘)’ et rigolade (dès fois marche pas) = ‘:’ + 2 ‘)’ et tristesse = ‘:’ + ‘(‘
      Cordialement.

    3. @zebu

      Grâce aux commentaires sur vos articles j’ai aussi découvert Georgescu !! =`:´

      Même si je ne comprends pas tout, j’apprends souvent quelque-chose sur ce blog. Merci a tous.

  4. Bonjour,

    – le role du bancor serait donc de decourager les allemends de trop travailler et d’encourager les Grecques a travailler plus ? un genre de ressort/couplage entre les differents pays qui empeche des vitesses relatives trop importantes.

    – A quand un bancor a l’echelle des individus ? Un genre de salaire unique avec une variation de + ou – moins 2 ou 3 pourcents ? Ah … oui … les individus ne sont pas egaux, il faut de la motivation au travail … Pourquoi alors les nations seraient egales ? Pourquoi l’allemagne devrait attendre la Grece ?

    Je ne comprends pas la logique a l’oeuvre !
    C’est comme avec Lagarde, Ministre de l’economie de droite, qui fait des reproches a l’Allemagne de trop exporter ! C’est incoherent, elle n’a pas vraimeent oeuvrer pour limiter les gros salaires des traders et des PDGs. Si on est un peu rationnel, si un principe d’equilibre macroscopique est defendable, pourquoi ne l’est il pas au niveau microscopique ? C’est de la thermodynamique statistique ca :
    Quelle est une repartition juste des richesses et des revenus au sein d’un groupe d’individus qui permette de maximiser le bien etre ?

    Ce sont les tensions sur la repartition des richesses qui font que le jeu est amusant. Ces tensions ne peuvent pas etre eliminees, ni a l’echelle microscopique, ni a l’echelle macroscopique. C’est ma mere qui me l’a dit. Elles peuvent etre reduites temporairement par quelques regulations bien pensees, mais l’erosion fera son oeuvre. Aucune muraille ne peut resister a ma lime a ongles.

  5. L’analogie thermodynamique est tentante, mais vous oubliez le principal: la notion de système fermé. Pour considérer l’impact des transformations en termes d’augmentation de l’entropie, enthalpie et autres joyeusetés thermodynamiques, il est nécessaire de déterminer si le système que vous considérez est susceptible d’échanger de l’énergie avec l’extérieur. Si oui, il est délicat voire dangereux de chercher à comprendre les lois qui régissent ce système, car ces échanges non modélisés viennent perturber le fonctionnement interne de votre système.
    Dans le cas qui nous intéresse, le système monétaire n’existe à la base que pour permettre l’échange des marchandises et de tout ce qui est susceptible de changer de main avec contre-partie. Or selon l’échelle à laquelle vous vous placez, l’ensemble des marchandises n’est pas forcément un système fermé. A l’échelle de la société humaine, à chaque fois que l’agriculteur moissonne son champ ou le pêcheur tire ses filets, il introduit un nouvel élément – de l’énergie – dans le système. Il ne s’agit donc pas d’un système fermé.

    L’astuce facile consiste à définir cet apport par une loi supplémentaire dans votre système qui intègre dès lors un apport régulier. Mais ne connaissant pas les conditions nécessaires à cet apport, votre modèle va supposer qu’il est éternel et sera donc dépassé quand le filet sera vide car la mer aura été sur-exploitée, ou la moisson compromise par une pollution des sols.

    Une telle thermo-dynamique ne peut s’envisager qu’à partir de l’échelle de la planète. Et encore faut-il utiliser une astuce similaire (mais sans doute plus viable) pour introduire l’apport d’énergie solaire sans lequel rien n’est possible.

    1. En plus de la peche, chasse et agriculture, il y a d’autres sources exterieures de richesse. En fait, je ne sais pas le formuler precisement et je ne suîs pas vraiment sur qu’il ne s’agit pas d’une pure manipulation : que dire du design, de la creativite, de l’art etc ? Comment inserer cela dans un model thermodynamique : est-ce un flux entrant ou simplement des tourbillons a l’interieur du systeme ?

  6. Je comprends que le bancor tendrait vers un équilibre de la balance commerciale de chaque pays (importations = exportations).

    Fini le dilemme de Triffin, le duo Chinamérique… Mais au delà ? Il me semble que le déséquilibre actuel des balances commerciales est loin d’être la seule cause de la crise. Je ne vois pas en quoi cela préviendrait les dérives au sein d’une zone monétaire comme par exemple le surendettement, les bulles immobiliaires (comme en Espagne, Irlande, tous deux dans la zone Euro).

    Peut-on généraliser ce système à différentes échelles, est-ce même souhaitable ?

    Quels seraient les transferts qui passeraient par cette chambre de compensation ? Ce serait réservé uniquement aux banques centrales ? Ou bien aussi aux banques commerciales, aux multinationales…

    Une multinationale pourrait-elle facturer en bancor ? N’y aurait-il pas alors une forte tendance à la « bancorisation » généralisée des échanges comme on voit actuellement la dollarisation de certains pays ? Et donc une perte de « poids » des monnaies nationales au profit d’une dépendance d’une unité de compte suparnationale qui est pourtant définie en terme de panier de monnaies nationales. Cette contradiction systémique ne provoquerait-elle pas alors une instabilité ? Un peu comme les effets leviers ahurissants ?

    Cela pose plus de questions que n’apporte de réponses et puis je méfie de l’analogie avec la thermodynamique qui me semble plutôt relever de la masturbation intellectuelle. 😉

    1. @fujisan

      ça c’est fait ! Y’en faut toujours un et aujourd’hui c’est vous qui vous y coller !

      J’ai remarqué qu’à chaque fois qu’un d’entre nous veut eclairer par un autre angle le domaine de la finance en faisant une analogie avec un autre discipline, le meme argument est avancé : c’est de la masturbation intellectuelle !

      avec Zebu et la thermodynamique, c’est de la masturbation
      avec la psychanalyse , idem
      la sociologie, itou
      la philo, les sciences humaines, kif kif
      la dynamique des groupes et des systemes , rebelotte etc….

      comme si la finance et la monnaie restaient à un endroit des totems sacrés omnipotents.

      Pourtant, on est sur un blog dont l’hote a la particularité de tirer, pour partie, sa force creative dans la pluridisciplinarité et le transdisciplinaire.

  7. Pour continuer l’analyse critique de ce texte :

    « En physique, un système est soumis aux lois de la thermodynamique, dont la plus fondamentale (principe zéro) est la thermométrie, basée sur la mesure de stabilité d’un système et son équivalence à d’autres systèmes, produisant ainsi un étalonnage des systèmes au travers d’un référentiel universel : un thermomètre »

    Ce n est pas du tout spécifique à la température, toute mesure physique se réfère à un étalon par exemple les oscillation du cesium133 pour la définition de la seconde. Il ne s’agit pas de « thermométrie » mais de métrologie.

    « Or, tout le projet du système financier a été de pouvoir s’extraire des règles communes aux activités économiques, afin de s’autonomiser, produire ses propres lois puis de les imposer à tous, par le biais d’une globalisation rapide et irréversible. Ceci implique dès lors pour ce système, afin de s’extraire des lois de thermodynamique »

    Ce n’est pas parce que des systèmes s’autonomisent qu’ils ne respectent pas les « lois de la thermodynamique », je ne vois même pas le rapport. Il n’est démontré nul part antérieurement que ces système devaient suivre les lois de la thermodynamique.

    « e fut fait en 1971, avec la suppression par Nixon de la parité or/dollar, l’or ayant été à de multiples occasions dans l’Histoire le seul étalon monétaire universellement reconnu (la livre sterling abandonna elle aussi définitivement en 1931 sa parité d’avec l’or).  »

    L’or était ce que l’on appelle un étalon, en température il existe aussi un étalonnage, il existe des étalons dans tous les domaines … pourquoi privilégier celui de la température ?

    « Une fois de désarrimage effectué, combattre les deux lois de la thermodynamique devenait dès lors plus facile. Ainsi, le principe premier de la thermodynamique est la conservation de l’énergie et sa transformation : rien ne se créé, tout se transforme. Qu’à cela ne tienne ! Supprimons cette loi stupide et proclamons qu’au contraire tout se crée et que rien ne se transforme : la seule loi véritable est la loi de la croissance infinie, dont l’outil essentiel et presque exclusif est le crédit/dette. »

    Je redis ce que j’ai dit dans mon post précédent, des lois de conservations il en existe également dans de nombreux domaines cela n’a rien à voir avec la thermodynamique (« rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme, c est lavoisier, fin du 18eme siecle, bien avant la naissance de la thermodynamique). D’autre part, il existe de nombreuses grandeurs qui ne se conservent pas, vous n’avez démontré nul part que l’argent devait se conserver et donc ne pas être créé ou détruit, cela mérite quand même discussion. Déjà il est assez simple de comprendre que si le volume d’argent est fixe, comme le volume des biens augmente, alors la valeur monétaire de chaque bien diminue forcément avec le temps.

    1. Quant à moi je ne retiens pas une approche thermodynamique de la monnaie ( fût ce le Bancor ) , mais une approche thermodynamique de l’économie en ce qu’elle créee , échange et « conserve » des biens , richesses et services .

      Et cela renvoie de fait la monnaie à son seul rôle de facilitateur d’échange ( Schyzosophie devrait s’y retrouver) . Avec le Bancor pour donner au politique l’occasion d’arbitrer les flux au moindre dommage pour les peuples .

      Mais qu’on me corrige si ça n’est pas ça , et si je dois repasser mon examen ( au moins l’écrit).

  8. Suite de l’analyse du texte, je découpe en plusieurs posts pour rendre plus lisible :

    « Or, si vous abolissez le premier principe de la thermodynamique, vous en abolissez aussi le second, qui se base sur la transformation de l’énergie, produisant des frottements (de la chaleur) et des désordres, mesurés par l’entropie. Dès lors, puisque tout se créé et rien ne se transforme, il n’existe pas de désordres, donc pas d’entropie. Et s’il s’en crée, c’est que le système financier n’a pas encore totalement achevé son désarrimage au système économique réel. »

    Tout d’abord la chaleur ce n’est pas que des « frottements », quand vous dorez au soleil ses rayons ne frottent pas sur vous, la chaleur représente les échanges d’énergie au niveau microscopique, c’est à dire ceux que l’on ne peut pas quantifier de manière précise contrairement au « travail » qui est quantifiable. D’autre part la création d’entropie n’a aucun rapport avec la transformation de l’énergie, la détente de joule gay lussac ne correspond par exemple à aucun transfert d’énergie, et pourtant l’entropie augmente. Comme la création d’entropie n’a pas de rapport avec la transformation de l’énergie je vois encore moins comment elle pourrait avoir un rapport avec la création ou la transformation monétaire ….

    « Dès lors, application de loi I : transformation du crédit privé en dette publique. Puis application de la loi II : désordre = entropie ; un désordre d’abord financier (crédit interbancaire), puis économique, puis social, le tout sur la sommation du dit système financier, autonome, que les dits systèmes réels produisent suffisamment d’effets retours pour rééquilibrer le dit système, qui soudain redécouvrit brutalement qu’il n’échappait pas aux lois thermodynamiques, ainsi qu’à la loi gravitationnelle, « de tout son poids » serais-je tenté de dire : la chute. »

    La transformation du crédit privé en dette publique est une évidence de l’économie, je ne vois pas l’interêt d’invoquer le premier principe de la thermodynamique la dedans : vous constatez juste que les dettes se conservent mais qu’elle passent du privé au public … De là à faire une analogie avec la conservation de l ‘énergie …
    Si à chaque fois que l’on transforme une dette sous une autre forme cela crée des désordres …. Vous démontrez ça où ?

    je finis là, tout ça pour dire qu’il ne faut pas défendre ce qui peut être une BONNE idée comme le BANCOR avec de mauvais arguments.

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