Le bon grain et l’ivraie, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

De la lecture des divers commentaires des évènements qui se sont produits au cours du dernier week-end émane un sentiment mélangé emprunt d’une certaine confusion. Devons-nous nous en réjouir ? Sommes-nous sortis de l’impasse qui emprisonnait l’Europe, il y a quelques jours encore ?

Saluons tout d’abord la réactivité, tardive mais bien réelle, des autorités européennes (chefs d’Etat et de Gouvernement et institutions confondues). Elles ont su prendre les mesures qui s’imposaient, même les plus radicales comme la possibilité de prise en pension par la BCE de titres des dettes souveraines de certains Etats. Si cela ne résout pas tout, cela marque l’engagement ferme et effectif que l’on attendait dans un processus de mutualisation des risques visant à doter la zone euro d’instruments de solidarité financière et de gouvernance économique. Il s’agit donc de gestes forts qui constituent un évènement marquant dans l’histoire de la construction européenne. Une fois de plus, l’Union européenne a montré qu’elle était capable d’avancer quand elle était au pied du mur. Ceci est sans prix. L’hypothèse d’un démantèlement de la zone euro doit être actuellement écartée, si les dirigeants européens mettent en œuvre rapidement les dispositions qu’ils ont arrêtées durant le dernier week-end.

Toutefois, le problème, né de l’accumulation de la dette publique des pays de l’Union européenne, demeure. L’accent mis très fortement, sous la menace de sanctions, sur l’assainissement des finances publiques et la surveillance des déficits publics, pour tous les pays de la zone euro, laisse craindre une polarisation excessive sur des politiques d’austérité déjà manifeste dans certains pays. Or tous les économistes savent que l’application conjointe de telles politiques risque, d’abord, de briser la très timide et fragile reprise espérée, ensuite, de déboucher sur une profonde récession. Ceci est confirmé par l’expérience : à chaque fois qu’une telle politique a été appliquée dans un pays, elle a commencé par entraîner un arrêt de la croissance – quand il y avait croissance – ou une récession, et ceci pour des raisons mécaniques, à cause de la diminution de la demande intérieure qu’elle a provoquée. Ajoutons que l’effet sur les recettes publiques de la diminution de l’activité économique vient contrecarrer celui de la baisse des dépenses. Une telle politique ne saurait avoir d’effet positif que si elle permet d’accroître la compétitivité du pays concerné, en général par la dépréciation de sa monnaie, et d’augmenter ses exportations. Dans le cas de la zone euro, le risque de dépression est très élevé car le processus cumulatif produira inévitablement une diminution de la demande intérieure à la zone qui représente une part très importante de la demande extérieure de chacun des pays-membre, donc de leurs exportations.

En outre, il convient de faire apparaître et souligner le caractère souvent injuste et d’une efficacité discutable du kit de mesures d’austérité habituellement proposé pour réduire les déficits et les dettes publiques par le FMI, censé être l’« expert » en la matière. On a pu le constater à plusieurs reprises dans le passé, dans les cas de la crise asiatique, de la Russie au cours des années 90 et de l’Argentine, par exemple. Dans les trois cas, la politique menée a étouffé l’activité économique et cela s’est très mal terminé. Or il n’est pas sûr que cet organisme ait changé significativement ses pratiques et l’on peut s’interroger sur le bien fondé de l’application de la « thérapie de choc », sinon à la Lettonie qui semble faire preuve d’un remarquable stoïcisme dans l’espoir que cela lui permette d’intégrer la zone euro (!), du moins, aujourd’hui, à la Roumanie comme à la Grèce, au moyen de coupes sombres dans les dépenses publiques, les revenus des employés de la fonction publique et les retraites. De surcroît, l’on oublie que l’existence d’un secteur de la fonction publique important peut exercer un effet stabilisateur sur la demande en période de crise. Enfin, si l’application de la « mécanique de la rigueur » est poussée trop loin, il ne faut pas se cacher qu’elle peut engendrer des révoltes sociales de grande ampleur. C’est l’un des principaux risques qui menace la zone euro aujourd’hui.

Par ailleurs, on a tendance à occulter le fait qu’en focalisant l’attention sur la dette publique et la politique d’austérité qui serait nécessaire pour la résorber, on fait oublier que, dans plusieurs pays, c’est la dette privée qui est en cause beaucoup plus que la dette publique. Tel est le cas, par exemple, dans la zone euro, de l’Espagne et de l’Irlande, et, en dehors de la zone euro, de l’Ukraine et de la Roumanie.

Il convient donc de réexaminer sérieusement la stratégie et l’éventail des politiques qui seront mises en œuvre dans le cadre de la future gouvernance économique de la zone euro. Que faut-il donc faire ?

En premier lieu, passer enfin à l’acte en ce qui concerne la lutte contre la spéculation sur les « marchés », en particulier les effets négatifs de la titrisation et des produits dérivés, et contre l’influence perturbatrice des agences de notation. Les mois passent, les discours d’intention se multiplient, puis se diluent dans l’oubli. Et rien ne se fait. Désarmés, les responsables politiques se bornent à parler de « calmer et rassurer les marchés », comme s’il s’agissait d’une divinité que l’on prie ou à laquelle on offre des sacrifices, Mammon moderne, au lieu de prendre les mesures effectives pour les discipliner, les apurer, les réguler et les rendre à leur véritable finalité, le financement des entreprises.

En second lieu, réfléchir à une stratégie de sortie de la crise plutôt qu’à l’application de doctrines qui ont montré leurs graves insuffisances. La politique économique est affaire de doigté, de dosage. Si gouvernance économique européenne, il doit y avoir, c’est de cela qu’il devrait être question et ceci devrait être fait dans le cadre de l’Eurogroupe. La résorption des déficits et dettes publiques ne pourra pas être immédiate. Elle devra se faire progressivement de façon à ne pas étouffer la reprise. Elle devra faire appel à un kit de mesures plus imaginatif que la simple baisse (ou le gel) des dépenses publiques et associant à la stabilisation de celles-ci une augmentation des recettes par une contribution supplémentaire des plus hauts revenus comme aux USA et en Grande Bretagne – en faisant jouer les tranches supérieures de l’impôt sur le revenu ou simplement en rétablissant la progressivité là où sévit la « flat-tax » – sans négliger la soupape que constitue une inflation « raisonnable », comme l’a proposé Olivier Blanchard.

Ce n’est que par une application intelligente de la combinaison de ces mesures, modulées au cas par cas, que, si l’activité économique reprend – en lui laissant le temps de reprendre –, on pourra progressivement résorber l’énorme dette publique. Il faut pratiquer avec justice et les responsables de la politique menée devront prendre garde à l’écueil social et éviter les économies lorsqu’elles pèsent sur les plus démunis, comme, par exemple, l’érosion des retraites ou les coupes dans les remboursements des soins médicaux.

Si l’on ne fait pas tout cela, l’effort accompli au cours du dernier week-end risque d’être inutile. Certes, s’il est mené à son terme, il évitera sans doute l’implosion de la zone euro. Mais, s’il n’est pas accompagné d’une réorientation appropriée de la politique économique, il n’évitera pas que la zone euro, et l’Union européenne dans son ensemble, soient plongées dans une grave crise de déflation.

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51 réflexions sur « Le bon grain et l’ivraie, par Jean-Pierre Pagé »

  1. Comment éviter la déflation?
    En faisant circuler la monnaie!
    Or, les 750 milliards éventuellement promis en cas de nécessité ne circulent guère, car elles ne servent qu’à rassurer les créanciers – et ils génèrent 750 milliards de dettes supplémentaires.
    Tout cela confine au délire, mais il faut constater que beaucoup de créanciers se satisfont désormais du fait de détenir de telles sommes, sans doute pour mieux spéculer mon enfant!
    Au fond, les autres pays, Japon en tête, agissent ainsi depuis un certain temps, et chaque fois que l’effondrement déflationniste menace, de nouveaux milliards seront promis et aussi émis.
    Le hic, c’est que ces sommes n’ont plus de réelle contre valeur!
    Il reste que cela semble chaque fois éviter l’effondrement encore pour quelque temps.
    Quant aux politiques de « rigueur », elles ne s’appliqueront pas avec toute la rigueur rigoureuse préconisée par les experts!
    Car dès qu’elles s’appliqueraient, une nouvelle crise systémique ferait son apparition inévitablement et immédiatement. C’est donc du blabla.
    Les déséquilibres iront croissant, personne ne sait quand tout cela virera en hyperinflation…
    Au fond, une telle politique d’émission monétaire sans contrevaleur réelle ne peut que nourrir des bulles spéculatives.
    Mais ne serait-on pas, au fond, en train de trouver là en un sens un moyen de remettre de l’argent sur la table quand c’est urgent, simplement avec de l’encre et du papier?
    J’avoue ma perplexité devant le fait de devoir constater que cela marche pas si mal pour le moment.
    Au fond, cela maintient vaille que vaille l’économie debout pour un temps…

    1. Messieurs, la situation est définitivement grave!

      Même Johannes oublie son thème fétiche.

      Forcer l’Europe à utiliser la planche à billets n’a été que le moyen pour les anglo-saxons de se faire pardonner de l’avoir inventé. Maintenant, nous sommes tous aussi pourris, alors mieux vaut se taire sur ce sujet.

      Feu vert pour TARP II, et … bonjour hyperinflation.

      La seule solution qui reste, c’est tourner le dos à l’argent et trouver autrechose. Comme cela, ils pourront imprimer tout l’argent monopoly qu’ils voudront, et ils feraient bien d’utiliser un papier moins rugeux… parce-que ils devront s’essuyer le derrière avec. L’argent papier, ça n’engage que ceux qui veuillent bien y croire (encore).

    2. Bonjour Johannes
      S’il n’y a plus de réelle contre valeur, les créanciers ne détiennent pas les sommes mais détiennent des signes écrits sur du papier et agréés par leurs semblables . A partir de là le mouvement d’échanges peut continuer! . Si ca marche alors poussons le système au bout de sa logique pour le détacher complètement du réel jusqu’au plus petit intervenant! Mais alors il faut détruire tout numéraire en espèces!

      Cordialement

  2. En d’autres termes, pour faire simple: « Stop ou Encore? »…

    Malheureusement, on ne voit pas trop la machine économique repartir « comme avant », sur la base d’une croissance supposée éternellement en hausse.
    Toute l’actualité du monde nous crie cette vérité : « ça ne va pas pouvoir continuer comme ça »…

    Alors: « austérité et rigueur » nous mènent droit dans le mur, comme le dit à juste titre votre billet ?
    Certes, et on est d’accord, mais « business as usual » tout autant…
    Et aucune compétence politique ou financière ne semble en mesure d’apporter une solution sérieuse (et non violente…) à cette lancinante question.

    Ne nous reste que le choix d’aller « au moins pire », comme on dit…Reste à déterminer, justement, ce qui serait le « pire »…

  3. Vous avez réfléchis à la Loi de Says ?

    Au fait qu’une entreprise, la structure de base de notre économie, produit d’un côté une valeur en marchandises et de l’autre, un « pouvoir d’achat », sous forme de salaires ?

    Salaires, prix, profits : Ces quantités ne rentrent dans aucune équation, – lorsque manque le principe du *crédit* et a fortiori celui de la création monétaire.

    citation :

    si l’activité économique reprend – en lui laissant le temps de reprendre –, on pourra progressivement résorber l’énorme dette publique.

    Commentaire :

    Selon quelle lois économiques ? Nous ne pouvons résoudre le problème de la surproduction, qui signifie qu’à chaque instant est produit davantage que ce qui peut être vendu.

    L’Allemagne n’a pas réussi à résorber son déficit, par conséquent personne ne le fera.

    1. Je ne suis pas très sûre que toutes les entreprises fabriquent, produisent ce qu’elles vendent,
      Il me semble que tous ces hangards dans lesquels s’entassent des marchandises, déjà prêtes à vendre, seulement pour y être revendues, sont eux aussi dénommés comme « entreprises » ,
      Je suppose que les banques elles-mêmes peuvent très bien être assimilées de ce qualificatif d' »entreprise », comme « entreprises financières »
      Personnellement, je serais assez favorables de remettre au goût du jour par exemple le mot « fabrique » pour désigner les « entreprises » qui fabriquent, et d’autres mots encore, en sorte que l’on comprenne de quoi on parle lorsqu’il s’agit de parler d' »entreprises »

    2. @Cécile: « remettre au goût du jour par exemple le mot « fabrique » » : et « sourd » au lieu de malentendant, « balayeur » au lieu de « technicien de surface », « contremaître » au lieu d’agent de maîtrise ? Mais vous n’y pensez pas ! C’est tout un siècle de progrès que l’on verrait partir en fumée !

  4. Il semble bien que les financiers des « hautes sphères » aient la parade à cette crise, avec l’émission des sommes suffisantes pour renflouer telle ou telle banque.
    Mais comme vous le dites, cet argent n’a pas une contrepartie réelle.
    Jusqu’à quand cette mascarade continuera?

    Vu les intérêts financiers en jeu, vu que l’Europe est encore la première puissance économique mondiale, il semble bien que l’Euro va durer longtemps.
    Ce qui ne sera pas le cas de nos situations à nous…

    1. La contre-partie, mais peut-être je n’ai pas tout compris,
      c’est poursuivre la grande braderie de la protection sociale, et autres privations tels que l’eau, les déchets, l’énergie, la communication, les facultés …..
      bref poursuivre dans la baisse des salaires, et la hausse des factures obligées (hausse des loyers, hausses du gaz, de l’électricité, des transports …)
      C’est vrai que pour les petits éleveurs, les petits commerçants, le plan n’est pas très intéressant, mais pour un roi de l’assurance privée, un roi de la retraite privée, il y a sans doute quelque chose à glaner, …..
      et pour d’autres de nos si grands champions que multinationales, je ne suis pas inquiète non plus, ….

  5. Mais dans l’attente que les solutions que vous avancez aient une quelconque répercussion, il sera sans doute trop tard.

    Il est clair que depuis trois mois, les tergiversations n’ont pas tourné autour de ce qu’il fallait faire, mais plutôt pourquoi on était dans l’impossibilité de le faire. Il fallait dare-dare remanier les traités étouffants qui empêchaient de mener des interventions utiles et efficaces à leur terme. Il fallait permettre une action directe sur les marchés, de contrecarrer la spéculation par les mêmes moyens qu’elle emploie. Cela requérait toutefois des moyens et les traités empêchaient de les libérer. Même aujourd’hui, ce fameux plan de 750 milliards n’est pas garanti et les ‘Special Purpose vehicles’ qu’il nécessite pour sa mise en oeuvre, dénotent des manquements manifestes qui pourraient déboucher sur des procès, annulant ce qui a été entrepris dans l’intervalle.

    Ce n’est qu’après avoir, au mieux, neutralisé, voire jugulé, l’hydre Spéculation qu’on pouvait préconiser les pistes que vous avancez. Il faut du temps. Il faut donc s’assurer d’en disposer. Or ce qui est entrepris ne l’assure malheureusement pas.

    1. Hé oui, en général, il est préférable de commencer par le début. Dans notre situation, il s’agit en effet et en premier lieu de mettre le secteur financier à genoux…

    2. déjà s’occuper de remettre le système financier à sa place,
      (pour le mettre à genoux, l’Irlande aura quelque part sans doute à nous transmettre ….)

    3. Je suis d’accord avec vous sur le fait que le plus urgent (s’il n’y avait pas eu la menace d’éclatement de la zone euro) est de mettre fin aux mécanismes pervers qui ont rendu si nocive la spéculation. Pour moi, aujourd’hui, c’est la première priorité. Peut-être peut-on espérer que Obama (s’il n’est pas trop empêtré dans ses propres problèmes aux Etats-Unis) interviendra là aussi avec son prestige recouvré. Mais c’est là qu’il y a le feu. Depuis le temps qu’on le dit et que l’on ne fait rien !
      Mais ceci ne dispense pas de réfléchir à la politique économique que l’on va mener en Europe. Tel que c’est parti, cela nous conduira tout droit à la catastrophe. Chaque jour, on entend parler d’un pays qui met en place un « plan d’austérité », comme si c’était la panacée ! Avec les mêmes ingrédients : amputation des salaires de la fonction publique, diminution de ses effectifs, érosion des retraites et de certains avantages sociaux (on entend très peu ou pas du tout parler de faire appel aux hauts revenus), même en Roumanie où c’est le déficit privé qui est surtout responsable des problèmes (mais, pour le libéral président « marin » de ce pays, tout ce qui permet de réduire la sphère publique est bon). Il faudrait, quand même, faire preuve d’imagination au lieu de prendre comme des moutons de panurge en copié-collé des mesures standard sans étudier leurs conséquences.

    4. @Jean-Pierre Pagé

      Je suis bien d’accord avec vous, mais qui dicte la teneur de ces plans d’austérité ? Ils visent à rassurer qui, en toute perte qui plus est ?

      Aujourd’hui, il n’est pas possible de réfléchir et de mettre en place des solutions raisonnées, sur un moyen terme, car toute latitude prise est aussitôt sanctionnée par les marchés financiers.

    5. A Nicks 13 mai 14h07
      Je ne crois pas que la réponse « moutonnière » du « plan d’austérité » soit faite pour (et de nature à)rassurer les marchés financiers. Car les financiers savent en général qu’un plan d’austérité mal à propos et mal dimensionné risque d’entraîner la chute de la croissance et la déflation, et donc d’empêcher de rembourser la dette ! Donc, l’excès dans les plans d’austérité et, surtout, leur concomitance, risquent d’entraîner la défiance des marchés financiers. Non, la réponse du « plan d’austérité » est la plus facile, celle qui vient à l’esprit puisqu’il faut diminuer le déficit et la dette, donc couper dans les dépensees, en évitant de chercher plus loin !

  6. « Désarmés, les responsables politiques se bornent à parler de « calmer et rassurer les marchés », comme s’il s’agissait d’une divinité que l’on prie ou à laquelle on offre des sacrifices, Mammon moderne, au lieu de prendre les mesures effectives pour les discipliner, les apurer, les réguler et les rendre à leur véritable finalité, le financement des entreprises. »

    Oui et non. Je ne suis pas persuadé que les politiques considèrent les marchés comme une divinité. En revanche, je suis à peu près certain qu’ils les estiment comme leurs égaux, ce qui suffit déjà amplement à les amputer de toute possibilité d’action à leur encontre.

    L’égalité en droits par ailleurs totalement justifiable – et justifiée – lorsqu’il est question des relations entre citoyens n’a pas lieu de s’appliquer entre États et institutions privées. L’État étant l’émanation institutionnelle du peuple souverain (à ce qu’il paraît du moins), sa préséance hiérarchique sur les marchés devrait aller de soi, si la chute du mur en 89 n’avait pas permis aux néo-libéraux de conclure – un peu vite – à l’hypothèse strictement inverse.

    En considérant l’État comme un agent économique lambda, il ne se trouve plus aucune raison pour que celui-ci puisse imposer ses choix à aucun autre agent économique, comme au sein d’une entreprise où deux salariés de statuts identiques n’ont pas vocation à se donner des ordres l’un à l’autre. Il est par conséquent urgent pour les États de rappeler qu’ils sont les seuls patrons de l’entreprise « monde ». Vaste programme…

    1. Précisément, il serait judicieux qu’on se souvienne qu’un Etat n’est absolument pas une entreprise…

    2. Ce que je veut dire par là est que les responsables politiques sont intoxiqués par ce que l’on leur a appris (à l’université, dans les écoles de management, par les media) : le marché est autorégulateur. Il faut donc le laisser faire. Toute intervention des pouvoirs publics est perturbatrice. Tout ceci est solidement ancré, consciemment ou inconsciemment, dans leur esprit.
      D’où leur « révérence » par rapport au marché. Il faut respecter les mouvements (pour ne pas dire les « décisions ») du marché.

  7. Vous adoptez la logique du soit-disant marché.
    Ce n’est plus recevable.
    La cause du tout c’est justement le soit-disant marché.
    Tant que notre faiblesse laisse espérer au soit-disant marché
    qu’il y a du gras à racler, il le fera. Nos moyens de défense
    ne sont pas à la hauteur et nous sommes condamnés,
    dans cette logique, à parer les coups avec un temps
    de retard. C ‘est la faiblesse bien connue de la défensive.
    Nous ne trouverons pas de solution , et certainement pas
    avec une rigueur déflationiste, par des subtilités d’ ajustage
    à l’intérieur d’une finance guidée par la spéculation.

    Notre grande faiblesse a été de faire appel au
    soit-disant marché pour résoudre le
    déséquilibre des finances étatiques.
    Nous offrons, depuis 20 ans au moins, le paradoxe
    d’avoir des finances publiques exsangues alors
    que la richesse réelle privée est florissante.
    ( Je ne compte pas la richesse artificielle,
    genre multiplication des pains, crée par la finance-
    voir par exemple, les PNB avant et aprés crise
    de l’ Islande.)
    La richesse privée doit participer au buget
    publique,  » faire payer les riches », à hauteur
    de ses moyens par un impôt progressif.
    La concentration de richesse -x% de la population
    posséde y% de la richesse- est LA cause des crises.
    ( Galbraith -1929 ).
    La finance, ramenée à un rôle subordonné, ne doit pas
    participer à l’emprunt. L ‘Etat doit pouvoir
    emprunter directement auprès de la BC.
    La gestion des finances publiques doit être prudente
    et équilibrée. ( sans démagogie.)
    Aucun des peuples européens n’est coupables
    des errements des gouvernements saisis
    par la facilité financière.
    Annexe: pourquoi les « agences de notation »
    ( en réalité des sociétés commerciales aux finances
    plantureuse- en clair, des machines à pognon
    facile) ne jugent pas que les USA et UK sont des
    dangers pour le spéculateur moyen ? WASP ?
    Leur acharnement sur l’ Espagne et le Portugal
    devient méprisant.
    L ‘Europe est la première puissance économique, 30% du PNB mondial.
    L ‘Europe, et la Grande-Bretagne, est la mère culturel et le phare
    du monde moderne.
    Et il faut qu’ elle soit sous la coupe de traders « prépubères » ?

    1. Dans l’époque de la révolution française, il est déjà exprimé qu’une trop grande inégalité des richesses (sa concentration excessive entre quelques mains) est la cause des crises (et autres crimes) et qui va jusqu’à la faillite de la richesse même. Pour imposer ce dire, en être bien compris, il est pris en exemple des personnages et des faits historiques vécus sous les grecs et les romains

  8. « une augmentation des recettes par une contribution supplémentaire des plus hauts revenus comme aux USA et en Grande Bretagne  »

    Vous avez vu jouer ça où…??????????????????

    Merci de m’indiquer l’adresse du théatre, j’y cours.

  9. « Une fois de plus, l’Union européenne a montré qu’elle était capable d’avancer quand elle était au pied du mur »

    Ah bon ? Vous êtes sûr qu’ils n’étaient pas plutôt aux pieds d’Obama ? Style laissez pas tomber l’€uro sinon my fuckin’ dollar va grimper et c’est mauvais pas ma fuckin’ reprise et mes exports ?

  10. En Espagne Zapatero pense écarter les attaques des spéculateurs en leur offrant une politique
    d’austérité sur un plateau: coupes dans les budgets sociaux, et baisse de 5% des salaires de tous les fonctionnaires. Ce faisant il croit éloigner le spectre de la spéculation de son pays. Las il y a
    fort à parier que les marchés vont prendre ces mesures pour un accès de faiblesse, et qu’il vont en demander plus. Tout comme Daladier et Chamberlain à Munich, qui pensaient amadouer Hitler en faisant profil bas, nos dirigeants en préférant le déshonneur, auront au final le déshonneur, mais aussi la guerre.

  11. Quelque part, le capitalisme reprend tous les acquis que nous avions conquis de haute lutte. Cela s’appelle la guerre de classe. Et nous serons obligés de nous défendre effectivement, mais le combat a-t_il cessé dans l’histoire à un seul moment? Avez-vous vécu une ou deux année quelconque sans avoir au moins un truc à négocier, une augmentation à demander…etc., sans avoir un problème à résoudre, une revendication à défendre. la guerre est permanente.

    Eh bien là, dans la période que nous vivons, le bloc de l’est s’étant effondré, le capital s’arrange pour piquer tout le gâteau sans le dire vraiment, états et financiers dans le même sac. Qu’est-ce qui pourrait les désunir dans ce combat. On n’a jamais vu des politiques diriger sans tune!

    Bon, ok, je ne suis pas économiste et je ne connais pas toutes les petites subtilités qui les arrangent, mais je sais qu’ils les pratiquent et cela me suffit pour me battre contre eux. Il y va de l’avenir de ma vieillesse et de la vie de mes enfants…
    Je suis toujours surprise des grandes naïvetés que développent certains commentaires… il faut enfin ouvrir les yeux et voir que justement, c’est parce que nous avons bien résisté dans les 40 dernières années avant la chute du mur, qu’on veut tout reprendre brutalement.

    A quoi sert ce jeu de la terreur à travers le monde, le terrorisme, les guerres irak, afghanistan… à votre avis? On dirait bien que la peur permet de régner, non? Machiavel, on t’a reconnu. Nihil novi sub sole.
    Pour les non initiés: rien de nouveau sous le soleil.

    Bon, alors pour me battre moi, je vais commencer par leur faire une bonne grève du zèle s’ils enlèvent des postes dans le public ou dans le privé… Vous avez remarqué d’ailleurs, c’est déjà le cas, tout le monde travaille au ralenti. C’est une façon comme une autre de résister, jusqu’au moment où il faudra décider l’assaut…pour nous en sortir. Déjà, les plus pauvres payent le prix depuis au moins 20 ans ‘resto du coeur, sdf, don quichotte… et toutes les femmes et leurs enfants qui ne disent rien mais bouffent pas grand chose… les pères se barrent pour survivre!).

    Allons-nous accepter encore longtemps?

    Qui profite d’ailleurs…?

    Je m’aperçois qu’au boulot, autour de moi, il y a plein de petits boursicoteurs anonymes, qui tripotent leurs ordis tous les soirs en douce et qui gagnent des ronds, sur la tête des autres…

    Voilà, il va bien falloir commencer par eux. Les empêcher… Comment on fait. Je vais finir par donner des baffes moi… l’autre jour, à la cantine, ça a été un peu « rude » la discussion.
    Car c’est notre voisin le spéculateur, notre familier, notre « ami » le plus proche parfois… vous voyez ce que je veux dire… les collabos, ça a la particularité d’être partout le relai de leur maître, le FRIC.

    1. Si on met en cause le boursicoteur, il faut aussi parler de l’épargnant, de celui qui a des assurances-vie, etc. On n’en sort pas. C’est le système qui est pourri. Mais pas d’inquiétudes, il ne survivra pas à moins de réintroduire une forte dose de régulation. Les plus révolutionnaires d’entre nous devraient plutôt prier pour qu’ils continuent à appliquer des mesures néo-libérales et même de manière plus franche et honnête, ça se cassera la gueule plus vite.

    2. Superbe ton billet bric à brac,je pense comme toi,c’est la misère, j’ai commencer la grève du zèle .

    3. @ Marc et Moi aussi

      Merci pour vos réactions à mon billet. venez me faire des visites sur mon blog… ce n’est pas toujours de la même veine, mais ça bouge! Et j’ai écrit un roman, pour ceux que ça intéresse, pas un roman guimauve, de plus, je préviens.

      Oui, j’ai bien pensé que ça tournait « responsabilité personnelle » tout ce que je racontais de mon voisin de cantine, mais franchement il m’a énervée à me dire qu’un pote à lui venait de se faire 2500 euros en une nuit!
      Purée, maintenant, je mets des baffes!
      Remarquez, ils vont finir par faire ce qu’ils font tous, se taire et agir en douce si on les baffe…
      Lui, il était nouveau visiblement dans le circuit de l’arnaque… il n’a pas compris que la règle en finance, c’est le secret ou la rumeur…
      Allez, à bientôt… à la prochaine baffe!

    4. Comment imaginez-vous la grève du zèle dans le secteur public:
      – pour les enseignants (avez-vous des enfants à l’école)?
      – pour le secteur hospitalier (avez-vous des parents à l’hôpital?)
      – etc…

    5. à françois le sombre, je ne sais pas
      mais dans l’enseignement du côté des évaluations ….
      (il a tout de même été demandé aux enseignants de primaire d’évaluer des enfants sur un nouveau programme -qui vient d’être mis en place- ,
      donc à des enfants qui n’ont pas eu ce nouveau programme -mais l’ancien dans toutes les classes précédentes de leur scolarité-,
      soit de faire une évaluation qui n’a à peu près aucun sens ….)
      ou encore de base-élève
      (dans les écoles, il y a des registres manuscrits qui sont très bien, nul besoin de base-élève …..)
      du côté de la médecine, peut-être que entre la grippe aviaire, le H1N1 …

    6. Bonjour Bric à Brac Baroque,

      Pas besoin de donner des baffes à ton voisin de table qui déclare s’être fait 2500 euros en une nuit.
      Les boursicoteurs que je vois autour de moi se prennent veste sur veste…
      Le capitalisme dit populaire introduit principalement sous le gouvernement Balladur va les conduire à la ruine. Souvenons nous des privatisations SG, Saint Gobain … avec le beau sourire de Catherine Deneuve en prime.
      10, 15, 20 ans plus tard qu’en reste t’il ?
      Des millions d’actionnaires ruinés avec des portefeuilles qui ne tournent plus ou pire qui moyennent à la baisse persuadés que cela va remonter…
      Cupidité, naïveté…Quid de ces millions de retraités qui ont investis sur EDF/GDF et qui pleurent maintenant de voir leur facture exploser ? Lorsque l’on possède 100 titres la hausse éventuelle de l’action + les dividendes ne compensent pas la hausse de la facture.
      Autour de moi les  »vieux » sont devenus révolutionnaires – les mêmes qui avaint voté NS en 2007 !!
      Mais qui n’ont pas participé aux manifestations du 1er Mai…

      Alors, tant mieux si tel ou telle gagne 3000 euros en une nuit en spéculant.
      Il – elle – aura le plaisir d’investir ses revenus du travail en bourse au moins jusqu’à l’âge de 70 ans car c’est bien jusqu’à cet âge qu’il ou ses enfants devront travailler, si toutefois ils ont encore du travail.
      Et expliquer à ses enfants le pourquoi de la société…

    7. J’ai déjà écrit çà dans un de mes commentaires je ne sais plus où sur ce blog : j’ai remarqué aussi que certaines choses tournaient au ralenti.

    8. @Jeanpaulmichel … et les autres…

      Oui, je sais bien que les pauvres petits actionnaires sont en train de manger leur chapeau, mais en l’occurrence, celui là, à 2500 euros gagnés dans la nuit, il n’avait pas dû investir 1000 euros!

      Je l’avais déjà exprimé dans mon blog, l’actionnariat est la nouvelle arnaque au « petit » du système capitaliste, comme le concept de l’auto-entrepreneur (tu entreprends toi-même de t’auto-exploiter … )est l’arnaque pour le chômeur en fin de droits… mais je ne me trompe pas, certains ont des moyens de boursicoter encore plus, et ils permettent au système de se développer, de craquer, de provoquer la pauvreté, etc.
      Si on m’enlève, comme en Espagne un pourcentage sur salaire, ça va se payer! Il faut que le pouvoir se méfie de ce qu’il va déclencher car à mon avis, ça peut mal finir…
      Du moment qu’on travaille, on mérite salaire, non?
      Je dis ça, mais je suis loin d’être la plus violente, croyez-moi, d’autres que moi déferlerons les premiers…je ne fais que pré-venir ces messieurs du pouvoir et de la finance, car ce blog est, après tout, une des meilleures tribunes au monde!
      Mais je vois que vous tous ici vous le sentez aussi … on nous pousse un peu à bout…non?
      Et c’est peut-être un peu exprès…??? Pour refaire partir la croissance, on liquide et on fait un peu de place, quelques morts, de la canicule ou d’autre chose… ça soulage…
      Arrêtez, je vais devenir cynique, comme eux…. ce que je ne veux absolument pas.
      Car,
      « L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable… » (Verlaine)

    9. @Françoislesombre

      C »est une réponse comme une autre quand on ne peut plus rien d’autre parce que les gens ne se sont pas battus franchement. La grève du zèle, c’est la réponse de la fatigue absolue face aux exploiteurs.
      L’Etat épongera les résultats de cette faillite généralisée. On ne se bat au boulot que lorsqu’on croit encore en la justice. Après, c’est chacun pour soi la plupart du temps si aucun mouvement ne vient fédérer les énergies. Ce mouvement je l’appelle de tout coeur, mais quand je vois l’inertie de ceux qui devraient nous défendre, je dis, préparons la grève du zèle, la grève des mères, la grève de toutes les actions qui font progresser le monde puisqu’il régresse grâce aux affameurs.
      Quoique… dernièrement, j’ai perçu un bon frémissement avec le Front de Gauche, attac, Copernic, NPA,et les autres…voir le lien : http://vimeo.com/groups/43888
      Bon espoir, mais j’attends de voir.
      Chatte échaudée craint aussi l’eau froide…

  12. Par ailleurs, on a tendance à occulter le fait qu’en focalisant l’attention sur la dette publique et la politique d’austérité qui serait nécessaire pour la résorber, on fait oublier que, dans plusieurs pays, c’est la dette privée qui est en cause beaucoup plus que la dette publique. Tel est le cas, par exemple, dans la zone euro, de l’Espagne et de l’Irlande, et, en dehors de la zone euro, de l’Ukraine et de la Roumanie.

    Vous citez très justement l’Espagne et l’Irlande où la dette privée est « explosive ». Mais d’autre pays européens ont une dette privée encore plus importante, en particulier pour les crédits immobilier : Danemark (de loin en tête), Portugal, Pays-Bas…

    Voici un graphique que j’avais réalisé en octobre 2008 sur base des chiffres de la BCE et d’Eurostat.

    Ceci dit, pour vous paraphraser il faudrait ajouter :
    Par ailleurs, on a tendance à occulter le fait qu’en focalisant l’attention sur la dette publique officielle, on fait oublier que, dans plusieurs pays, c’est la dette publique hors bilan qui est en cause beaucoup plus que la dette publique officielle.

    Cette dette publique hors bilan ce sont les engagements de l’état non financés : pensions, soins de santé… qui sont insoutenables vu le vieillissement de la population. Voir cette étude de la SG.

    1. la Société Générale ne ferait-elle pas mieux par commencer de s’occuper de ses affaires ???
      (comme banque, franchement, je déconseille,… peut-être que pour les quidams très riches, c’est intéressant, je ne sais pas, ….. mais pour les petits jeunes, cette banque m’apparaît imbuvable, c’est les rois de taxe pour le plaisir de la taxe , dans ce que je considère moi comme le trop du trop …. )

  13. Les avocats ont pris le Pouvoir !!!
    le monde change, a changé, c’est le droit qui devient la nouvelle donne…
    il n’y aura plus besoin de monnaies,billets, d’Or…. c’est le « droit à » , vous aurez le droit d’avoir du pain, du vin, des jeux , des filles… le droit de vous taire, le droit de bosser, le droit de gueuler et peut être le droit de manifester….

    Bon il me reste un peu de droit à dormir… bonne nuit 🙂

  14. Cette crise commence à me fatiguer, je la suis depuis longtemps, je l’ai même peut-être vue venir… Toujours les mêmes mots, toujours un même constat: une grande pagaille!

    Depuis les Pays-Bas d’où je vous écris, j’ai vraiment l’impression que nous sommes « dirigés » par des rapaces et des spéculateurs. Je le regrette, d’autant plus que je suis à moitié néerlandaise, et ce spectacle de dirigeants perdus dans la complexité de ce monde (économique et financier) m’afflige. Mais cela ne vaut pas seulement pour ce petit pays bien sûr… La société occidentale se délite. Pour nous, ici, une bouée: l’Europe, la civilisation européenne, ses valeurs spirituelles et son héritage gréco-latin, en harmonie bien sûr avec d’autres cultures, source d’enrichissement pour qui veut bien le voir. Allons chercher loin…

    Nous assistons, oui, à la fin d’un monde… à nous d’agir!

    Il faut entre autres se concentrer sur le LANGAGE, comme tout bon postmoderne, décrypter les mots qui ont servi, avec l’avènement du progrès et du monde technico-économique, à façonner notre société moderne. Il faut rechercher les mots oubliés, les réintroduire dans notre vocabulaire. Les mots manipulent notre réalité. Il s’agit maintenant de reprendre ces mots, porteurs de sens (humain), qui nous font du bien, ceux qui sont beaux, ceux qui ont de la valeur, ceux qui ont un SENS véritable, encore une fois, pour nous en tant qu’êtres humains. Back to reality, réalité humaine ordinaire… Il faut rejeter les mots qui ont été vidés de leur substance, détournés, inversés, manipulés, certains néologismes, ceux qui sont décontextualisés, sans perspective, stériles… bref, tous ces mots qui ont été utilisés pour nous convaincre et nous inviter à accepter cette « réalité », qui a failli.

    Comme je le sous-entends souvent, les femmes ont un rôle à jouer dans la réapropriation d’un certain vocabulaire… et je remercie au passage ce blog de m’en donner l’occasion.

    A suivre…

    P.S: Pourquoi les billets se succèdent-ils à cette vitesse? Attention au mot « vitesse »…

    1. Votre réflexion est remarquable, à la fin vous nous mettez en garde sur l’accélération du temps. Nous ne maîtrisons plus rien. Il s’inscrit dans nos destins respectifs quelque chose de terrible et qui a finit par prendre corps dans une formule connue de tous : Advienne que pourra. Je sens que vous abordez un sujet fondamental pour ne pas dire brûlant. Il y a certainement un noyau à décortiquer ; le réel avec toutes ses possibilités profondément enfouit, mais le voici rayonnant et porteur quand l’imagination cherche à prendre le relais. Les mots sont le plus souvent un lointain reflet de cette réalité intérieure, pourtant avec eux on pourrait croire que tout est à portée de mains. Je ne le crois pas, les hommes peuvent disparaître, le langage peut disparaître mais demeurera la Parole offerte que nous n’avons pas su saisir.

    2. L’accélèration du temps profite justement aux pouvoirs en dépossédant du peuple le temps nécessaire à la réflexion, et donc celui de la réaction …. INTERNET et l’outil numérique en générale en sont l’arme principale, à la vitesse de la lumière l’homme et sa pensée se désagrègent au royaume du superflu

    3. La vitesse … Il y a avait d’ailleurs avant hier soir une émission intéressante traitant du sujet chez Frédéric Taddei sur France 3

  15. J.B. Say

    cf « Les grands auteurs de l’économie », p 89 (Jacoud, Tournier, 2006)

    L’idée selon laquelle une production fournit un débouché à d’autres productions pour un montant correspondant à sa valeur peut être présenté comme le résultat d’une simple égalité comptable. Les revenus que l’opération de production conduit à distribuer correspondent en effet à la valeur de cette production.

    (…)

    Divers agents économiques perçoivent en fin de compte un revenu global correspondant au montant de la production. La dépense de ce revenu permet d’écouler la production …

    Production / Empois :

    5000 = cons.intermédiaires (1500) + salaires (2000) + impôts (500) + E.B.E (1000)

    ============

    Tout facteur qui altère la Loi précédente rend le système capitaliste (à la longue, et nous y sommes) NON VIABLE !

    Si vous n’avez pas une EGALITE dans cette loi, vous avez un DESEQUILIBRE : Notamment, Malthus : voit dans l’épargne la source d’une consommation insuffisante pour écouler une production que l’utilisation de cette épargne permet d’augmenter.

    commentaire :

    L’identité de Say s’applique à une économie dans laquelle la monnaie est sans influence sur le réel. Elle n’est que le voile qui masque la réalité des échanges ou, pour reprendre l’image utilisée par Say lui-même, la voiture qui sert à transporter la valeur des produits. L’économie est assimilée à une économie de troc, ce qu’illustre la formule de Say selon laquelle les produits s’échangent contre des produits

    Mais,

    p 100, Keynes :

    Avec le concept de préférence pour la liquidité, il montrera que que les bénéficiaires d’un revenu ne sont pas nécessairement amenés à le dépenser, et donc que la production qui permet de distribuer ce revenu n’engendre pas automatiquement la dépense nécessaire pour l’écouler

    ===========

    Ca ne marche donc pas, c’est tout ! Il y a peut-être un moyen de faire fonctionner ceci, mais y avez-vous réfléchi ? Avez vous trouvé une solution ? Sinon, il est vain d’espérer une reprise, lorsque le crédit s’est tari; Autant espérer qu’un poulet sans tête aille très loin.

    Une autre façon de voir les choses est de considérer la marchandise et de se demander ce qui, dans le prix de cette marchandises, pourra alimenter la DEMANDE GLOBALE ! voilà sur quoi il faut s’interroger, dans le prix d’une marchandise, seul 66% va au salariat, qui constitue la demande principale ! si en plus l’endettement est tel qu’une grand partie sert à rembourser une dette, la demande s’en trouve diminuée d’autant.

    http://www.citations-ses.net/index.php/?q=malthus

    « La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit, c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »

    Robert Malthus – Principes d’économie politique

    ==============

    Le capitalisme est par son principe même, en récession, depuis toujours ! il ne peut fonctionner sans crédit, ou sans économie cliente (coloniale), sans environnement non capitaliste.

  16. http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2010/05/09/il-ny-a-pas-de-modele-allemand/

    Posons-nous la question. Tous les pays du monde pourraient-ils afficher en même temps un excédent de leurs échanges ? Evidemment non, puisque cela reviendrait à afficher un excédent mondial. Un excédent vis-à-vis de qui ? De Mars, de la lune ?

    Les échanges internationaux de marchandises, de services et de revenus sont forcément chacun un jeu à somme nulle. Ce qu’un pays importe, un autre l’exporte nécessairement. Ce qu’un pays verse, un autre le reçoit. Et tout aussi nécessairement, la somme des excédents courants égale très exactement la somme des déficits (1). Bref, il n’y a pas d’excédents sans déficits. Ni vice, ni vertu.

    ============

    Qui va aggraver son déficit pour que la zone Euro puisse afficher des excédants ? Et même si un tel pays existait il faudrait ensuite accepter de s’endetter à notre tour pour lui rendre la pareille. Résultat : 0 la dette ne s’efface pas par la production, elle s’efface en la dénonçant et c’est tout ! Les créanciers du monde entier doivent se rendre compte que les dettes ne seront pas payées. Les agences peuvent déjà inscrire tout le monde à moins 0 !

    Mais certains continuent à raisonner (ou déraisonner) comme s’il existait quelque part un eldorado oublié, un prêtre Jean avec une armée secrète au confins du monde, un Messie, on ne sait pas.

    1. Que les dettes soient payées ou pas importe peu ou pas. Ce qui importe c’est qu’elles existent. Rappelez-vous les cours de récréation de votre enfance, lorsqu’un d’entre-nous en avait marre de jouer, aux billes par exemple, parce qu’il avait tout perdu par exemple, et que les autres lui en prêtaient quelques-unes pour qu’il puisse continuer…c’était surtout parce sans lui, le jeu s’arrêtait ou perdait de son intérêt !!!

      Dur dur de changer de jeu !

  17. Le bon grain et l’ivraie,

    Le bon exemple de conduite des grands pays riches sur les autres,

    Avant que tout cela ne s’écroule, détachons-nous au plus tôt des fausses valeurs de liberté du libéralisme marchand et des fausses images de réussite de ce monde.

    Le sens caché de la crise peut-être bien la révélation d’une plus grande faillite du monde, bien sur cela dérange encore beaucoup de gens, surtout bien les premiers en matière de tout cela.

  18. Il est clair qu’il est impossible de faire des économies dans une société de consommation.
    L’austérité tue la croissance.
    Sans croissance, il n’est pas possible de rembourser ses dettes.
    On tourne en rond.
    D’autre part, celui qui a sa balance commerciale positive c’est au détriment de quelqu’un d’autre.
    L’Allemagne grâce à une politique de rigueur, la Chine en sous payant ses travailleurs, les pays de l’OPEP en exploitant une ressource qui finira par se tarir.
    Quelque part, il faut si on veut être « économiquement vertueux » exploiter quelque chose qui finira par se tarir ainsi va le système industriel depuis ses premiers pas.
    Dans les années 60, il y avait bon mal an 5à 10% de croissance pétrolière, pas de problème et plein emploi, de 1970 à 2005, environ 3% de croissance pétrolière , le monde va vaille que vaille de crise en crise et maintenant avec 0% de croissance pétrolière c’est la débandade!!!
    En matière d’énergie, on me rétorque souvent que le pétrole ne pose pas un problème puisque les énergies renouvelables vont y pallier.
    Objection, c’est sans compter sur le EROEIEROEI qui fait que les énergies renouvelables n’ont pas la même valeur que le pétrole qui est audessus en ce qui concerne la concentration et la qualité.
    Il faut que le long de toute la chaine de fabrication du matériel nécessaire au développement de ces énergies la quantité d’énergie récupérée soit supérieure à celle dépensée dans la fabrication.
    Je pense qu’on en est encore loin.
    Ces énergies sont des flux très dilués qui ne permettent plus une concentration pour être distribué comme c’était le cas avec les énergies fossiles.
    Ces énergies flux sont au départ distribuées et doivent par conséquent être captées et utilisées sur place et de préférence par celui qui en a besoin sur place.
    Il nous faudra créer un nouveau système financier qui devra s’adapter à ce nouveau fait.
    De toutes façons, pour un ouvrier, la seule façon d’augmenter ses revenus aujourd’hui est de réaliser en tout ou en partie ce dont il a besoin pour vivre. Une certaine autarcie!!!
    C’est ce que je veux réaliser dans ma dernière ligne droite en développant les énergies renouvelables.
    Enfin bref, je propose cette réflexion qui est loin d’être exhaustive pour nous aider dans l’élaboration d’idées pour sortir de cette crise et d’élaborer un autre paradigme.
    Car enfin où est le bon grain, où est l’ivraie??

  19. Où est le bon grain ? Où est l’ivraie ? Telle est la question. Il est clair que nous sommes à un tournant de l’Histoire. Avons-nous à faire une « offre de civilisation » ? Avons-nous à inventer un nouveau paradigme ? Un peu de tout cela. Le paradigme fondé sur le marché autorégulateur, l’enrichissement individuel, le libre échange généralisé, qui devait conduire à la mondialisation réussie, a échoué. Les difficultés pour remettre sur pied notre système économico- financier, malmené de toutes parts, tanguant sous l’effet de ses dérives et de ses excès, en témoigne. Les malheurs de la zone euro ne représentent que l’un des aspects des turbulences actuelles. Les Etats-Unis ne sont toujours pas sortis de la crise. Les pays émergents semblent s’en sortir beaucoup mieux. Mais pourvu qu’ils ne reprennent pas nos erreurs ! Il nous faut donc travailler pour sortir de la crise qui est « systémique » selon le terme à la mode, mais juste. Nous ne le ferons pas avec les vieilles recettes.

  20. Quand on recherche continuellement à faire des économies sur toutes choses de plus, voilà donc encore ce qu’il peut se produire de plus coûteux en société comme dans les océans, plus jamais ça merci encore aux poissons et autres espèces de plus en voie de disparition, on n’en gagne bien sur jamais assez de nos jours comme pour pouvoir mieux encore se faire bien voir sur les marchés.

    http://www.dailymotion.com/video/xdac7h_first-moving-pictures-of-bp-s-oil-l_news?start=47

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