L’actualité de la crise: un magistral contresens, par François Leclerc

Billet invité

UN MAGISTRAL CONTRESENS

C’est en direct que nous assistons à ce que les historiens qualifieront plus tard de l’un des plus magistraux contre-sens de toute l’histoire contemporaine. Les uns après les autres, pressés par la BCE, le FMI, l’OCDE et la Commission de Bruxelles, les gouvernements européens s’enfoncent dans la crise en mettant progressivement en oeuvre de rigoureux plans de réductions budgétaires, qui ne peuvent en réalité, pour toute garantie et résultat, qu’ouvrir la voie à une dépression économique de longue durée, ainsi qu’à une éventuelle remise en cause de la zone euro.

Ils tentent ainsi de se présenter comme les meilleurs pourfendeurs des déficits publics, présentés comme étant la cause de tous les périls, tout en continuant de se refuser à prendre à bras le corps l’état du système bancaire européen, qui donne pourtant tous les signes d’un nouvel accès de faiblesse, appelé à être le vecteur du rebondissement systémique de la crise quand elle se manifestera brutalement.

Enfermés dans leurs contradictions et leurs choix de départ, ne voulant pas affronter la nécessité d’une restructuration en profondeur du système bancaire, à laquelle ils ont préféré substituer un soutien financier de la BCE devenu permanent, les gouvernements européens sont en train de créer les conditions du rebondissement de la crise actuelle, face auquel ils vont se retrouver fort démunis.

Symboliquement, ils viennent à la fois de décider au G20 de desserrer les contraintes de renforcement des fonds propres des banques du Comité de Bâle, et de resserrer en Europe celles qui vont peser sur l’économie, assignant aux pays les plus fragiles des objectifs irréalistes qui mènent tout droit à la restructuration de leur dette. Et, par voie de conséquence, à une déstabilisation du système bancaire européen qu’ils cherchent à protéger par ailleurs. Une belle réussite en perspective, ainsi qu’une illustration de la clairvoyance et de la maîtrise dont ils font preuve. Ou plutôt des contradictions dont ils sont l’expression.

Les banques sont en effet à nouveau atteintes, ou vont l’être. En raison de leur important portefeuille d’obligations souveraines des pays sur la sellette, qui dans l’immédiat sont dévalorisées sur le marché secondaire à cause de la hausse de leur rendement, et pour lesquelles le risque grandit de devoir demain consentir d’importantes décotes (on parle de 50%), conséquence de la restructuration inévitable à venir de la dette de leurs débiteurs. Elles sont également fragilisées dès maintenant, finançant à terme de plus en plus court leurs opérations à long terme de prêt, au risque d’être pris dans un effet ciseaux.

Qu’expriment les tensions qui ne cessent de grandir sur le marché interbancaire, mesurées par le taux de l’Euribor qui grimpe inexorablement, ainsi que le succès de la dernière opération de dépôts des banques auprès de la BCE – qui a atteint dimanche soir dernier le montant record de 350,9 milliards d’euros – si ce n’est à nouveau le refus des banques de prendre des risques en se prêtant mutuellement, car elles sont dans l’incapacité, en raison de l’opacité régnante, de les mesurer ?

L’exposition réelle au risque des banques fait en effet l’objet de toutes les supputations, comme la politique d’acquisition des obligations d’Etat de la BCE, dont on ne connaît après coup, semaine après semaine, que le montant global. Le monde financier est pris au piège de sa propre absence de transparence. Les analystes ne s’interrogent d’ailleurs plus sur les raisons de cette défiance qui s’installe pour la seconde fois, considérant que les autorités européennes ne sont pas parvenues à enrayer la crise actuelle et s’attendant à la voir rebondir.

Les gouvernements allemand et britannique viennent de promettre des larmes et du sang, après la décision du G20 finance de ne plus attendre la reprise de la croissance pour engager le désendettement, la consolidation fiscale dit-on plus élégamment. Ne pouvant en raison de sa coalition avec le FPD augmenter les impôts, la chancelière Angela Merkel a annoncé vouloir s’en prendre à ce qu’elle appelle « la dépense », proposant notamment des coupes dans les budgets sociaux et des licenciements dans la fonction publique.

Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, donne le la dans le journal économique français la Tribune en résumant la pensée stratégique profonde qui sévit à Bruxelles : « Sans assainissement budgétaire, de nouvelles turbulences financières ne peuvent être évitées, et une croissance durable est peu probable ». Il poursuit  : « Sans réforme, l’Europe risque de s’enfoncer dans un lent déclin », proposant de modifier la fiscalité et le système de sécurité sociale des pays européens afin de les rendre « plus favorables à la croissance de l’emploi » et de « simplifier le cadre réglementaire pour permettre aux entreprises de grandir ». Enfin, il réaffirme la nécessité d’une « gouvernance économique en Europe » passant par un renforcement de « la surveillance budgétaire a priori ».

La réunion des 17 et 18 juin prochain des chefs d’Etat européens, en prélude au G20 des 26 et 27 juin de Toronto, va s’efforcer de mettre l’Europe dans cet ordre de marche et de bataille, afin d’y faire bonne figure. Non sans de très forts tiraillements et divergences entre les partenaires, notamment le binôme du moteur franco-allemand, présenté comme toujours fringuant alors qu’il est à bout de course.

Si nous avions encore besoin d’être convaincus que toute l’agitation de ceux d’en haut n’est qu’une dérisoire pantomime, la rafale de réunions européennes et internationales qui a débuté aujourd’hui à Bruxelles va nous en donner l’occasion. Les gouvernements vont s’engager dans la voie étroite et pentue de la réduction des déficits budgétaires, maniant le bâton et laissant de côté les carottes. Utilisant comme paratonnerre des règles budgétaires communes assorties de présentations préalables des budgets nationaux, d’alertes et de punitions en cas de manquement pour les pays « laxistes »- une fois qu’ils seront parvenus à les adopter – pour se réfugier ensuite, navrés, derrière la nécessité de les appliquer.

Ils vont également tenter d’achever la construction d’une énième structure chargée de la gouvernance européenne, écartant la Commission au profit de la réunion des chefs d’Etat et d’un hypothétique secrétariat de ceux-ci, concentrant leurs discussions sur la délimitation d’un sinueux tracé de frontières entre la souveraineté de chacun et la collégialité de tous. Tout en esquivant soigneusement la seule question qui vaille: un gouvernement économique, certes, mais pour suivre quelle politique ?

Ils sont également parvenus à se mettre d’accord sur le mode de fonctionnement du « véhicule spécial » chargé de gérer financièrement le plan de stabilisation européen, résultat de savants compromis avec les Allemands, dont il semble ressortir qu’en contrepartie de l’abandon de procédures de décision qui créaient une course d’obstacles permanente, les Etats ne garantiraient les prêts qu’au pro-rata de leur participation à ceux-ci, éloignant le spectre des euro-obligations impliquant une forme de mutualisation des dettes.

Le FMI a de son côté donné aux gouvernements européens un cadre, afin de les inciter à prendre sans tarder des décisions, dont il a résumé les principes dans un document remis aux ministres des finances de la zone euro. « Les gouvernants doivent prendre des mesures déterminées pour parachever le projet d’union monétaire. La crise actuelle de la zone euro résulte de politiques budgétaires non viables dans certains pays, de retards dans la réparation du système financier, de progrès insuffisants pour établir la discipline et la souplesse nécessaires à un fonctionnement sans anicroches de l’union monétaire, et d’une gouvernance déficiente de la zone », a-t-il tranché.

Il a aussi appelé, afin de faire repartir la croissance, à l’adoption de réformes comme l’assouplissement des règles du marché du travail, la libéralisation des services, et la suppression des entraves à la concurrence entre sociétés européennes. « Le problème de longue date de la croissance anémique de la zone euro doit maintenant être résolu », a-t-il conclu en donnant ses dernières directives.

Le retour à la croissance pourrait, si ses désirs devaient être exaucés, être le prétexte à la réalisation de ce qui n’avait pu encore être accompli, dans le domaine de la santé avec le lancement de plans de santé privés par exemple, ou dans celui des pensions avec les retraites par capitalisation. Pour le moins un paradoxe, vu la crise financière, mais toutes les occasions sont bonnes à saisir. Une conception de la relance clairement destinée à ne satisfaire que ceux qui auront les moyens de s’asseoir autour de la table.

Pour les plus démunis, les ministres des affaires sociales de l’Union européenne, qui viennent de se réunir à Luxembourg, ne sont pas en reste d’idées et viennent de mettre au point un plan d’action avec pour objectif de sortir 20 millions de concitoyens de la pauvreté ou de l’exclusion, en dix ans. Des indicateurs ont été définis, afin de déterminer la population menacée de pauvreté ou d’exclusion. Suivant celui qui est retenu – niveau de revenus ou autres approches qualitatives et quantitatives – entre 80 et 120 millions d’Européens (des 27 pays de l’Union) seraient aujourd’hui dans ce cas de figure. 80 millions de personnes, dont 19 millions d’enfants, représentent 16 % de la population de l’Union européenne. Le plan adopté a pour « ambitieux objectif » de sortir de cette situation entre un quart et un sixième des personnes en détresse d’ici à 2020, ce qui n’a pas été considéré comme réaliste par tous les participants à la réunion. Mais d’ici cette échéance, combien de nouveaux pauvres auront rejoint ceux qui ont été dénombrés à l’heure actuelle ?

Un train peut en cacher un autre : derrière la dépression économique qui vient à nous, en application d’une politique toute tendue vers un objectif qui ne sera pas atteint, une autre promesse se dessine, toute aussi biaisée. Celle de la réalisation de courageuses réformes de structure, conditions nécessaire à un retour d’une croissance présentée comme une fin en soi, indéfinie dans ses contours comme dans son moteur. Celle également d’un accroissement des inégalités sociales, qui en découlera.

Mais l’implosion n’a pas encore produit tous ses effets…

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331 réflexions sur « L’actualité de la crise: un magistral contresens, par François Leclerc »

    1. @blob,

      Merci pour ce lien, quasiment tout est dit dans ce discours d’adieu.
      1994-2010, il apparait qu’au niveau des décideurs internationaux et nationaux, il y ait un sérieux retard à l’allumage. Il me semble tout de même qu’il y aurait ici (et dans biens d’autres endroits) une base solide pour un programme politique suffisamment clair, et par la même, très mobilisateur. (un peu dérangeant pour certains, certes , mais, on ne fait pas d’omelette…. )

      Cordialement,

  1. @ Dup
    Georges Ugeux souffle dans ce sens (blog le monde finance ) , l’alignement par le bas avec les pays émergents….et se fait tackler dans les commentaires.

    @Phil89 : votre remarque sur le Japon rejoint ce que proposait vers 1976 Jean Gimpel, historien des cycles multi-séculaires, un peu pressé d’en finir avec les US à l’époque, mais disant en substance
    « sachant que c’est inéluctable, préparez vous y en douceur plutôt qu’en guère civile »

    @Icare, DidierF
    vous cherchiez Solon, annulateur des dettes.
    Van Rompuy peut-il faire illusion dans un tel rôle en 2010 et exorciser l’Europe de ses dettes ? Au moins une nanoseconde !

    1. Comparer Van Rompuy et Solon? Why not!

      De même l’infusion de tilleul et le Guronsan, Antoine Pinay et Gracchus Babeuf*, le toucher rectal et l’opération à cœur ouvert…

      * »Si le peuple est souverain, il doit exercer lui-même tout le plus qu’il peut de souveraineté ».

    2. Merci pour l’information.

      Pour van Rompuy (?), mon ignorance est totale. Les rares échos que j’en ai eu datent de sa nomination. Depuis, il a disparu de mon radar.

  2. « Le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel pressent le président de la Commission européenne José Manuel Barroso d’envisager une interdiction à l’échelle de l’Union européenne des ventes à découvert sur les actions et emprunts d’Etat.

    Le président français et la chancelière allemande pensent en particulier qu’il est impératif d’améliorer la transparence des positions à découvert sur les actions et les obligations, surtout pour les obligations souveraines. »

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/06/09/97002-20100609FILWWW00328-regulation-proposition-de-paris-et-berlin.php

  3. À chaque fois que je reviens sur l’influence du manque d’éthique et sur l’égoïsme viscéral des dirigeants et des décideurs, je déclenche chez l’un ou l’autre une crise de rage que mon interlocuteur voudrait m’attribuer à sa place. Personnellement, je regrette le manque d’éthique, l’hypocrisie et le respect des conventions qui consiste à ne pas cracher dans la soupe. Mais, comme il ne s’agit pas du tout de ma soupe et que je ne suis pour rien ni dans sa préparation ni dans sa consommation, je peux dire ce que je pense des décideurs et de ceux qui les tiennent en otage, ainsi que de ceux qui les suivent pas à pas, comme des caniches. La rage n’est pas chez moi, elle est chez celui qui se sent concerné ! Hier, j’ai vu sur ARTE une émission où on met en parallèle le discours sécuritaire du président français et les instructions données à la police dans leurs confrontations avec les délinquants. Ils sont révoltés de la profondeur abyssale qu’il y a entre les discours et les instructions puisqu’on leur demande de se laisser canarder sans sortir leurs armes ! Ceci n’est qu’un exemple simple de la duplicité du pouvoir qui se moque de nous. Ce n’est pas pour rien que le représentant de la nation provient d’une famille où on a fait de la publicité ! Quel rapport entre la publicité et la réalité ? Aucune, ce n’est qu’une façon de vendre sa salade sans se préoccuper du reste ! Et bcp de choses sont à l’avenant. Comment voulez-vous qu’il nous arrive de bonnes choses lorsqu’on est gouverné ainsi ?
    Alors, vous allez encore demander : quelle solution ? D’abord rappeler aux gens l’importance de l’éthique dans la vie publique et dans la vie tout court. Est-ce pour certains un rappel inutile ou incongru ?

    1. Senec
      Si l’on pouvait, peut-être, s’entendre sur certains aspects de votre approche exclusivement morale, et non pas éthique puisque se voulant universelle, le nouvel exemple que vous donnez là me paraît plus que douteux et même pour moi carrément disqualifiant.

      En effet ce n’est pas sur la sécurité que le double langage sarkozien est le plus insupportable.

      D’abord parce que sa politique répressive est appliquée jusqu’aux limites de ce que notre constitution autorise, et même bien au delà si l’on en croit les chiffres des gardes à vue, l’abus des jugements en comparution directe, la chasse aux sans papiers, les contrôles au faciès, la limitation du droit de rassemblement, les multiplications des fichiers policiers, le contrôle du net, les caméras partout, l’usage abusif des armes non léthales contre tout citoyen un peu récalcitrant ou toute manif un peu véhémente, le traitement dégradant infligé à dessein aux détenus…

      J’arrete la liste…Toutes les associations de défense des droits de l’homme ont dénoncé tout cela, comme toutes les institutions publiques ou privées intéressées à cette matière, quant elles ne sont pas supprimées…
      Et tout ce que vous trouvez à dire, c’est que nos policiers seraient scandaleusement limités dans l’usage de leur flingue! Et qu’en plus on nous cacherait cette infamie, car en contradiction avec les tantras sécuritaires sarkoziens! Alors que cela signifie juste que son obsession sécuritaire s’arrête encore là où elle pourrait produire l’insurrection! Tout en n’ayant jusque là produit qu’un accroissement de la violence tant pour les citoyens, que pour les forces de l’ordre…

      Voilà Monsieur ce que m’inspire votre post. Il s’en exhalent de fort pestilentielles senteurs, qui émanaient déjà discrètement de vos premières contributions.

      Au plaisir de ne pas vous relire.

  4. Mercredi 9 juin 2010 :

    Les banques européennes ont parqué un nouveau record de liquidités auprès de la BCE.

    Les banques implantées en zone euro ont parqué un nouveau montant record de liquidités auprès de la Banque centrale européenne (BCE), selon des chiffres annoncés mercredi qui reflètent une nervosité persistante sur le marché monétaire.

    Les établissements ont eu recours en masse à la facilité de dépôt au jour le jour, déposant 364,58 milliards d’euros mardi, soit quelque 3 milliards de plus que la veille. La BCE rémunère ces placements au taux de 0,25 % seulement.

    Comme après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers en septembre 2008, les banques – échaudées par la crise de la dette en zone euro – ne se prêtent pratiquement plus entre elles.

    Boursorama

    Les banques européennes ne se prêtent plus d’argent entre elles ?

    Ah bon ?

    Pourquoi ?

    Les banques européennes ne se font plus confiance entre elles ?

    Ah bon ?

    Pourquoi ?

  5. Bonjour « La commission Attali propose un effort massif d’économies » : il ne semble pas d’accord avec ce billet et ce blog…….. car Attali est cité comme un ami en idées ici…… alors ?

    1. Attali a beaucoup d’opinions et d’avis, certaines en accord avec les nôtres d’autres pas…..

  6. L’Histoire jugera, un jour, que la charte inaugurée en 1776 et 1789 fut le début d’un nouveau pouvoir qui supporte encore moins que le précédent d’être contesté parce qu’il comptait bien sur le secret pour imposer ses vues au travers de propos apaisants et libérateurs. Que cette révolution fut une escroquerie du même acabit que l’escroquerie de la crise financière ne peut que confondre de plus belle ceux qui s’en réclament comme d’un label incontestable. Le droit fut instauré « pour chacun » de devenir riche et de pouvoir acheter le pauvre grâce à ce nouveau pouvoir qui était jusque-là refusé aux simples riches dont on se méfiait à juste titre. Il va sans dire que lorsque je parle d’éthique, il s’agit bien de l’éthique chrétienne et d’aucune autre puisque les autres ne visent, c’est facile à vérifier, qu’à favoriser le groupe, la survie du groupe ou l’oppression de tous par ce groupe, quoi qu’il en soit dit, hypocritement. Jusqu’à cette époque, il y avait un pouvoir qui pouvait faire appel aux banquiers et aux financiers et les récuser quand on le voulait, ce qui assurait un certain équilibre. Depuis, ce ne fut plus le cas. Ils étaient devenus à la fois le pouvoir et l’organisateur du pouvoir par la puissance financière désormais irrécusable qui était devenue la leur.
    Tout le reste n’est que littérature conventionnelle sous couvert de propos conformes et lénifiants.
    Beaucoup de vent et peu de charité. Le pharisianisme n’est pas mort. Il triomphe !

  7. Les banques espagnoles seraient en difficulté sur le marché interbancaire.

    Les banques espagnoles n’arrivent pas à se financer sur le marché interbancaire international, en raison de l’aversion croissante au risque des entités financières provoquée par la crise de la dette, selon le journal Cinco Dias de mercredi.

    « Aucune entité étrangère ne nous finance sur l’interbancaire », a déclaré au journal un dirigeant non identifié d’une banque espagnole de taille moyenne, également non identifiée.

    « Depuis plusieurs semaines, personne n’émet de dette, même avec l’aval de l’Etat. Santander et BBVA, banques à la solvabilité reconnues, ne peuvent pas placer de bons », a assuré un autre dirigeant, également anonyme.

    Le marché interbancaire est extrêmement tendu, les banques étant très réticentes à se prêter entre elles.

    Comme après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers en septembre 2008, les banques – échaudées par la crise de la dette en zone euro – ne se prêtent pratiquement plus entre elles.

    Cette aversion au risque menace d’asphyxier le crédit, ce qui est potentiellement dangereux pour l’économie.

    Les banques de la zone euro profitent en masse de la facilité de dépôt au jour le jour auprès de la Banque centrale européenne, préférant cette rémunération basse (0,25 %) mais sûre, plutôt que de prêter à d’autres banques.

    « Personne n’a confiance en personne, même s’ils peuvent obtenir de meilleures rémunérations auprès d’autres banques », a déclaré à Cinco Dias un autre dirigeant, également anonyme.

    L’Espagne est sous la loupe des marchés en raison des craintes pour ses finances publiques (le déficit public a explosé à 11,2 % du PIB en 2009), propulsant le rendement des obligations d’Etat espagnoles à des niveaux très élevés, et en raison de l’importance de sa dette privée.

    Les Echos

  8. Bart va rassurer les marchés !
    Mais, pourquoi cet achat soudain d’or ? Certains se préparent-ils un échange de billets ?
    Meilleure soirée à tous !

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