C’est l’argent qui donne de la valeur à l’individu, par Anastasia

Billet invité.

J’ai perdu mon travail et le temps passant, le moral puis avec la fin des allocations de chômage, l’argent. C’est triste à dire, mais c’est en perdant tout revenu que j’ai découvert un autre regard porté sur moi dans mon entourage. C’est ce regard qui est le plus insupportable. Il est instructif aussi. On voit qui a le sens du partage et comme si cela s’inscrivait dans un logique implacable, on constate que la générosité se trouve là où il y a peu d’argent, là où les comptes sont à découvert mais où la richesse du cœur est inépuisable.

Beaucoup de chômeurs sont dans mon cas, avec des dossiers en attente, perdus ou égarés et ils se retrouvent sans le sou car ne peuvent prétendre aux aides sociales.

Certains se regroupent en collectifs et ces mouvements agissent sur place pour interpeler les directions des pôles emploi ou caisses d’allocations familiales, pour faire accélérer les traitements des dossiers.

Les pauvres commencent à bouger, ce n’est qu’un balbutiement mais, certains partis politiques regardent ce phénomène avec intérêt et tentent même des approches de ces collectifs de chômeurs.

Pour revenir à la valeur du travail, mon observation est que je rencontre peu de gens passionnés par leur travail et ceux qui l’ont été ont été surexploités par leur entreprise avant de connaitre le désenchantement.

Comme je vois les choses, c’est qu’aujourd’hui, ce n’est plus l’individu qui donne de la valeur au travail, c’est l’argent qui donne de la valeur à l’individu.

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346 réflexions sur « C’est l’argent qui donne de la valeur à l’individu, par Anastasia »

  1. Albin,

    La Suisse trafique ses chiffres du chômage. Tout y est légal mais le taux réel est à chercher du côté de 3 à 4 fois le taux officiel. En Suisse, est chômeur toute personne qui touche une indemnité dont la durée est limitée dans le temps et qui n’est pas dans un programme d’occupation. Cela laisse très peu de chômeurs possibles. C’est légal et fait que nombre de gens n’ont pas de travail et ne sont pas des chômeurs. C’est légal et fait que des gens touchant des indemnités ne sont pas des chômeurs. Ce n’est même pas vu comme un mensonge, juste comme un ajustement des chiffres à la réalité.

    Ne citez donc pas la Suisse comme modèle sur ce coup là. Je la connais. J’y vis.

    1. Quel est le montant des primes de licenciement en Suisse ?
      0 me semble t’il selon une info reçue récemment et concernant un licenciement effectif.
      Je ne suis pas Suisse mais nombre d’habitants de ma région travaillent en Suisse voisine.

  2. L’un des apanages que le crétin, pour parler poliment, partage avec le bourgeois, est son manque absolu d’empathie, cette « faculté de s’identifier à quelqu’un, de ressentir ce qu’il ressent. » Dit comme ça, dans les mots du dictionnaire, cette faculté a quelque chose de surréaliste : comment diable serait-il possible de ressentir ce que quelqu’un d’autre ressent, puisqu’on n’est pas dans sa peau ? Il y faut une forme particulière d’imagination qui permet de se transposer, en esprit, dans la situation de l’autre. C’est ainsi que, sans quitter sa demeure, il est tout à fait possible de ressentir de vives émotions en apprenant, par les images ou par les mots, des massacres d’animaux qui vivent pourtant loin de soi.

    L’empathie n’est pas innée, elle se cultive, en particulier par la littérature qui imagine des personnages particuliers, dans des situations particulières. Dans la vie, l’on ne rencontrera jamais ni les uns ni les autres puisqu’ils sont fictifs, mais cela n’empêche pas de découvrir des personnages « en train de vivre », le romancier nous donnant à leur sujet des informations qui, dans la vie réelle, ne nous sont jamais accessibles. C’est ainsi que l’on peut « voir le monde » avec les yeux d’un autre et, ce faisant, nous « glisser dans sa peau ». Avec un peu de pratique, empathie et plaisir de la lecture se développent conjointement.

    Faute d’empathie, la vision que l’on peut avoir du monde, d’une situation, d’une personne, d’une classe sociale, etc. ne peut être que partielle et égocentrique. Le bourgeois ne connaît que sa conception « monoculaire » du marché, un point de vue « objectif » juché au faîte de théories économiques abstraites. Cette position ne lui apportant que des avantages, il serait bien bête d’y renoncer sans combattre, ou de l’affaiblir en développant son empathie. Donc l’attitude bourgeoise, de manière générale, se comprend, à défaut de se justifier moralement. Mais le bourgeois se fait crétin, abominable crétin, lorsque, face à une personne en particulier, son défaut d’empathie l’empêche de voir que le savoir-vivre devrait primer sur son égocentrisme. C’est alors qu’il se montre tel qu’il est, parfaitement odieux, sans une once de conscience. Ce genre de personnage est obscène. Même dans les romans et les films ils ne sont pas intéressants, car leur grossier crétinisme est trop connu depuis trop longtemps.

    1. J’ai découvert cette notion essentielle d’empathie très simplement au début de mon adolescence.
      Pourquoi : en étant informé des conditions de vie d’autres populations de part le monde je me suis dit que j’avais peut être de la chance d’être né ainsi et me trouver plutôt heureux par rapport à nombre de conditions de vie dures, voir inacceptables.
      Comment : en essayant d’imaginer quel serait mon comportement si j’étais tout simplement l’autre, car après tout il ne tenait peut être à pas grand chose que ce ne soit le cas.

      Depuis je raisonne régulièrement ainsi « si j’étais lui » « si j’étais dans sa peau, son corps » et cela enrichi mes réflexions et surtout mes appréciations et me rapproche des autres.
      Une ouverture basique à la tolérance, la compréhension et qui débouche sur le rapprochement et l’enrichissement mutuel.

      Les bourgeois dont vous parlez restent béatement assis sur leurs trônes, munis de leurs oeillères, imbus de leurs certitudes, nul doute ne les trouble et en prime ils sont arrogants, méprisants même vis à vis des autres.

    2. @Crapaud rouge

       »L’empathie n’est pas innée, elle se cultive, en particulier par la littérature… »

      Les bourgeois comme vous le dénoncez, sont pourtant bien souvent très cultivés…
      Heureusement que cette qualité ne connait pas de caste comme le prouve le témoignage d’Anastasia,
       »on constate que la générosité se trouve là où il y a peu d’argent, là où les comptes sont à découvert mais où la richesse du cœur est inépuisable ».
      Même chez les animaux ont trouve des traces d’empathie surtout chez les primates

    3. Et tous ces banquiers et politique ne manquent pas de culture tout comme les nazis qui pleuraient sur quelques notes de musique….
      Qu’importe, le soleil se lève sur les bons comme sur les méchants. (Ecclésiaste)

    4. @plouf
      »on constate que la générosité se trouve là où il y a peu d’argent, là où les comptes sont à découvert mais où la richesse du cœur est inépuisable ».
      Il y a fort longtemps, 2 étés d’affilé, je distribuais le courrier (travail d’étudiant vacancier), à cette époque révolue on livrait aussi les billets associés aux mandats-carte.
      Mes lieux de travail étaient des quartiers populaires où l’accueil était convivial et les pourboires généreux étaient la règle. Une fois, durant 1 semaine, je desservais « The » quartier chic : aucun pourboire, pratiquement pas de contact, un autre monde en somme, sans doute trop affairé. CQFD.
      Sans rancune ni amertume, c’est juste un constat.

    5. @Plouf! : « Les bourgeois comme vous le dénoncez, sont pourtant bien souvent très cultivés… » : s’ils le sont comme Sarkozy peut l’être, ça revient à ne pas l’être du tout. J’ai une frangine bourgeoise et agrégée de français : je considère qu’elle n’y connaît strictement rien à la littérature ! Lisez Et je nageai jusqu’à la page, d’Elisabeth Bing, j’ai trouvé ce livre poignant. Il vous fera ressentir les murs qui se dressent dans les têtes, et que la bourgeoisie impute, sous le nom de « blocages », à ceux qui les subissent…

    6. Déjà posté, mais c’est si beau, pour expliquer à tout ceux qui n’ont jamais eut la chance de croiser ce mot ce qu’il signifie. Travaux pratiques….
      Un petit montage réaliste sur l’empathie chez l’animal et chez l’homme « urbain » : « Un jour sur la terre »

  3. « Beaucoup de choses, beaucoup trop parmi tout ce que nous rencontrons dans les galeries et les revues d’art, nous noient dans l’infantilisme. De petites trouvailles sont portées en grande pompe. Des détails intimes, petits et grands, un rot aigre sont identifiés comme des vestiges artistiques. Toute envie est satisfaite tant que cela n’exige pas d’efforts. On confond muflerie avec audace, avec caractère et savoir faire. Ce sont des gamins déguisés en artistes qui dorlotent leurs lubies et qui font des concours de jouets entre eux. Des nains adultes qui ne veulent pas quitter leur bac à sable. En fait, cela ne porte pas grand préjudice à l’art lui-même. Qu’ils s’amusent si ça leur plaît ! Pourquoi pas. Mais je soupçonne que les nains contrôlent la marche du monde – et là cela devient grave. Ils jouent à la guerre. Les nains artistes jouent à la culture. Trouver des petits trucs et détruire en grand, voilà comment s’exprime l’enfant adulte. L’infantilisme régnant est un refuge pour ceux qui fuient devant le surmenage dû à la technique. Pauvre futur. »
    Gottfried Honegger

  4. Albin. Vous auriez voulu qu’on s’intéresse un peu à vous on ne s’y prendrait pas mieux !

    Tant de posts pour répondre à ce lieu commun : les chômeurs sont responsables de leur sort, doivent se débrouiller, ne pas subir, ne rien attendre au sens propre comme au figuré.

    C’est comme si un chômeur était déconnecté de son environnement. Un chômeur, tout seul, peut tout a fait faire ce qu’il faut pour travailler. Mais voilà, il y a un contexte. Hé non, les choses en sont pas isolées. La société individualiste n’est pas encore parvenue à faire des frontières étanches entre les gens. C’est peut-être ce que vous voudriez ou ce que vous auriez voulu.

    Comme vous y aller en disant qu’il ne faut pas « attendre… ». Parce que envoyer des lettres de motivations circonstanciées, argumentées, à propos, renseignées serait « attendre » ? Vous ne devez pas connaître les méandres de la recherche d’emploi : cibler l’emploi exact (il faut coller, voire même « se fondre » pour ne pas dire se confondre aux annonces), trouver les sites pertinents (et surtout les sites cachés), continuer à se former, préparer les entretiens aussi car il faut être informé de tout sur l’entreprise sans y avoir mis les pieds. Il y a internet évidemment et la débrouille pour tout savoir. Il y a le relationnel, etc. Bref, c’est un boulot en soi. Mais voyez-vous, tout cela ne change pas le fait qu’il n’y a pas de boulot pour tout le monde. Selon vous donc, ceux qui n’ont pas de boulot seraient moins compétents, moins courageux, moins débrouillards, moins volontaires, un tantinet faignasses, psychologiquement fragiles (pourquoi pas!). Des handicapés en somme.

    J’ai connu dernièrement quatre entretiens de 2h pour un même poste. Je suis arrivée en finale, mais j’ai perdu. On m’a dit que j’étais très très intéressante et tout un tas de qualificatifs très flatteurs. Durant les entretiens, tout est épluché, dans les moindres détails : on veut savoir qui vous êtes, ce que vous pensez, jusqu’à l’atome, c’est mieux. Dans mon cas, je cherche un boulot à plein temps. Je quitterai à regret celui que j’ai (peut-être), passionnant et utile mais vraiment très peu payé. Pour cette dernière expérience, la même boite m’a appelée le lendemain pour me proposer de monter, clé en main, un dispositif de formation (sur une année). Seulement, ni la préparation ni l’élaboration ne sont pas payées pour, plus tard être payée deux jours par semaine. On vous annonce cela sans aucun sourcillement : c’est aujourd’hui normal. Ha ha, c’est un exemple mais j’en ai plein d’autres en rayon. Quel bonheur !
    La recherche d’emploi, elle, c’est du plein temps, heures sup assurées. Et lorsque vous travaillez, vous y passez vos soirées. « Travailler plus pour gagner plus » est en fait : recherchez du travail, ça vous occupera et vous penserez moins.

    Vous m’avez l’air d’avoir les idées pertinentes pour « arracher » un travail (quel qu’il soit). Bravo !

    Adressez-vous à l’éducation nationale qui cherche désespérément le moyen de minimiser le chômage des jeunes. Ils sont sur le coup, vous pourriez assister à leur réflexion. En tout cas, j’en fais partie et je vous garantis que c’est pas du gâteau, pourtant il y a des gens très bien, du secteur privé compris. Pour quelle raison (diantre), l’école s’est-elle emparée de la question de l’emploi et se sent-elle autant responsable de cela ? Ça n’était pourtant pas sa mission au départ car le problème ne se posait pas.

    Quand les économistes et autres personnes érudites disent que l’on ne peut pas savoir comment tout cela va tourner, avez-vous la même remarque à leur faire que pour les chômeurs ? Sont-ils frappés d’une déficience de pensée ? Pour le moment nous nous écroulons, vous pouvez peut-être convenir que ce n’est pas le moment idéal pour trouver sa place !

    Quant à la capacité de rebond des personnes en 1929, comme y allez aussi. Est-ce un malencontreux hasard ? Mais ce que m’a raconté en son temps mon grand-père ne correspond pas tout à fait à ce que vous dites. Il m’a raconté l’histoire de copains ou collègues qui n’ont pas pu se dépatouiller si facilement que ça, malgré leur courage et surtout un besoin pressant d’assurer le nécessaire vital. Même, certains ont connu des drames épouvantables dont il se souvenait toujours à la fin de sa vie, alors qu’il était bien diminué.

    Enfin est-ce que tous ces nombreux posts, affables le plus souvent, qui vous sont destinés ont changé un peu votre point de vue ? Etes-vous encore en capacité d’apprendre de la vie et des gens ? Notre capacité à remettre en question nos certitudes est plus que nécessaire pour passer la « révolution » de notre société. Celle-là même qu’on nous promet depuis la crise de 1973 : ne faisait-elle pas la Une sur France Inter et partout à l’époque. J’étais petite mais je me la rappelle bien. On nous prévenait de l’épée de Damoclès …

  5. Anastasia vous êtes en passe de battre tout les records du nombre de commentaires sur le bog de paul Jorion.
    Bientôt 300 en 24 heures ……. Le sujet est donc sensible et d’importance.
    Pour vous remercier, je vous offre cette petite chanson brûlante d’actualité :
    « Relax baby be cool »….. Une chanson d’un mec qui brûlait les billets de 500 francs pour provoquer le débat.
    http://www.youtube.com/watch?v=B3wKigp5Bfk

  6. Surtout que beaucoup de gens n’ont pas la même capacité que d’autres afin de pouvoir mieux mettre des maux sur ce qu’ils peuvent parfois subir en plus dans leur quotidien, alors évidemment c’est beaucoup plus facile pour les gens de pouvoir et du marché, de les amener continuellement à se sentir mal faute de ceci ou cela ça fait partie aussi des nombreuses idées reçues du monde.

    Et comme la si bien dit précédemment Simorg, les gens ne sont pas tous inintelligents quand même on a beau vouloir continuellement les traîter et les payer au lance pierre comme du bétail, ils ressentent bien au fond d’eux-mêmes que quelque chose ne tourne plus bien rond, on peut bien sur continuellement blamer individuellement le chômeur chacun dans des box aussi, mais lorsque cela touchera de plus en plus de gens pourrons-nous toujours nous suffir de ce seul discours et jugement de valeur sur eux, la grande peur universelle du monde.

    Est-ce encore les seules valeurs de l’argent, du marché, de la vanité et de l’orgueil au travail qui veut ça ? Les êtres de nos jours ne sont-ils pas déjà suffisamment épouvrés comme ça, non il faut encore conduire le monde vers des mesures toujours plus conditionnelles et brutales pire même à l’égard des moins habiles, le plus grave de nos jours c’est que certains n’arrivent même plus à se mettre au même niveau que d’autres.

    Pourtant ces gens là ne menaçent personne sur l’échelle sociale de ce monde alors pourquoi vouloir toujours juger les chômeurs et monter les gens entre-eux ?

    1. Hé hé ! Oui, c’est aussi le sujet soulevé dans « Montserrat » de Roblès : doit-on tuer quelques personnes pour en sauver des centaines voire des milliers ?

      Et Izquierdo, le chef militaire d’annoncer haut et fort aux quelques personnes « comme tout le monde », pris au hasard, qu’il s’apprête à tuer :

      « … Mais c’est très bien ! Je sais que vous n’avez rien fait.
      C’est pour cela que vous êtes ici.
      Vous êtes innocents ! Vous êtes coupable d’innocence… »

  7. @simorg, albin
    « Pour quelle raison (diantre), l’école s’est-elle emparée de la question de l’emploi et se sent-elle autant responsable de cela ? Ça n’était pourtant pas sa mission au départ car le problème ne se posait pas ».

    Voila bien une question fondamentale et je rajouterais :
    Pourquoi (bigre) s’en prendre aux chômeurs et pas aux entreprises qui nécessitent nos ressources pour fonctionner, complexe de culpabilité ?
    Je considère que l’école doit d’abord et peut être uniquement apporter les connaissances générales aux élèves/citoyens, éveiller leur curiosité, leur capacité de raisonnement, leurs facultés à apprendre, …..
    L’entreprise devrait prendre en charge la formation théorique & pratique à un métier ou alors l’entreprise en partenariat étroit avec une école « métier ».
    Dans de nombreuses disciplines l’école est en retard sur l’état de l’art du métier et parfois aussi, dans des filières innovantes, le cursus n’existe pas encore.

    Ainsi, pionnier dans une techno émergente, j’avais été formé pour partie en entreprise comme nombre de mes pairs. Ensuite il faut constamment apprendre et se maintenir au top niveau. Et là aussi à travers des formations en entreprise, en cours du soir, en alternance, en auto-éducation,…. Ce ne sont pas les formules qui manquent. A chacun cependant d’être volontaire, de chercher les formations, se cultiver et ne pas attendre d’être servi.

    1. @Papimam

      Je suis bien d’accord avec vous concernant les missions de l’école.

      J’ai pu lire quelquefois des reproches concernant les jeunes sortis de l’école et leur peu d’acquis en termes de compétences. C’est complètement idiot évidemment car la compétence ne s’acquiert qu’en situation de travail. L’école ne pourra jamais, mais jamais, préparer aux compétences ou bien il faudrait que l’entreprise soit le lieu de l’école. Et c’est précisément cela dont il s’agit. Les entreprises n’ont toujours pas compris qu’elles sont d’abord un lieu d’apprentissage de la compétence. Mais, contraintes par la concurrence et que sais-je encore, elles veulent un large choix de salariés répertoriés sur catalogue (ou en rayon comme au supermarché), disponibles à tous moments, prêts à être consommés, sans cuisson, immédiatement. Il faut qu’ils soient totalement opérationnels tout de suite. Elles veulent chez les nouveaux employés l’expertise de celui qui travaille chez eux depuis 20 ans (et que l’on a bien évidemment mis à la porte).

      L’école s’est saisie de la question de l’insertion professionnelle parce que c’est une demande publique. Les parents veulent que leurs enfants soient prêts à l’emploi (!), les entreprises idem ; tout ceci à moindre coût, évidemment. On assiste à un déplacement des missions alors qu’elles ne sont pas interchangeables puisqu’elles dépendent d’un environnement particulier pour qu’elles s’exercent.

      La finance a grignoté l’entreprise et surtout ses hommes, elle grignote l’école à présent et par là notre jeunesse, l’avenir. Ceci a de lourdes conséquences en termes de travail sur l’ignorance, sur l’émergence des consciences, sur l’apprentissage de la vie, des valeurs mais aussi du courage et bien d’autres éléments autrement plus précieux qui seront profitables à une société toute entière.

      Pour en revenir aux chômeurs mais aussi répondre aux nombreuses mobilités des actifs, certains ont imaginé le projet d’un statut unique quelque soit l’activité de la personne. Un contrat de travail unique et permanent, « rattaché » à un territoire (la région) quelque soit l’activité de la personne (en formation, en congé mater ou maladie, sans entreprise…) et quelque soit aussi l’entreprise pour laquelle elle travaille. Ce projet avait le mérite de ne pas stigmatiser le chômeur qui serait toujours sous contrat de travail, sans passer par la case pôle emploi, etc. Du côté des entreprises, elles auraient « leur banque de compétences » (hé!) au niveau régional. Il n’y aurait qu’à se servir : On prend on rend on change, c’est le supermarché. Le deuxième aspect me gêne assez dans ce projet bien qu’il présente des avantages certains. C’est une piste pour ce que l’on appelle maintenant « la sécurisation des parcours », tout à fait inapplicable en temps de crise car coûteuse. Néanmoins ce projet épargnerait les multiples cases administratives à chaque changement de situation.

      Le travail est aujourd’hui évalué (en terme d’identité) par rapport à un statut ; c’est un gros problème. Le thème de l’activité d’indépendant, largement débattu ici est vu au travers du prisme du statut. Il est vrai que le mot « travail » n’est pas vieux, il est apparu lors des prémices de l’industrialisation. Est-ce la jeunesse du mot qui créée autant de confusion ? Est-ce le fait qu’il soit lié à l’industrie ?
      A l’occasion d’une mission j’ai fait un « tournée » en brousse en Nouvelle Calédonie. Les z’oreilles, souvent, taclent les « broussards » (ou Kanaks) de fainéants. Or quand on va dans certaines tribus qui ont gardé leur mode de vie ancestral, on remarque qu’ils « s’activent » énormément pour leur collectif. Ils ont des missions à accomplir : culture des ignames, des patates douces, le jardin (sacré chez eux), l’entretien de la « forêt » (à la machette s’il vous plait… extraordinaire), etc, etc. Ils ne se définissent pas comme des travailleurs. On dit qu’ils sont totalement « indépendants » de l’organisation sociale de la nation et aujourd’hui, de l’économie mondiale. Là il n’y a pas d’argent. Du fruit de leur « travail », chacun récolte l’appartenance à sa tribu, question de responsabilité individuelle de son équilibre. C’est tout. Et ceux qui se sont aventurés à travailler à la mine de nickel moyennant un salaire ont exercé un effet perturbateur pour eux-mêmes et pour l’organisation sociale. Les différents niveaux de territoire des activités et leurs différents statuts, dans une économie mondialisée, provoquent de réelles incompréhensions où les vies s’entrechoquent. Mieux vaut être prudent lorsqu’on parle de l’activité de son voisin.

    2. @ Papimam dit : 1 juillet 2010 à 23:25

      « Je considère que l’école doit d’abord et peut être uniquement apporter les connaissances générales aux élèves/citoyens, éveiller leur curiosité, leur capacité de raisonnement, leurs facultés à apprendre, ….. » dites-vous.

      Je partage votre avis et je ne suis pas loin de penser que l’école finit enfin, mais bien trop tard, par souffrir d’un complexe de culpabilité. L’école est coupable de n’avoir pas été capable de donner à tous les possibilités de s’adapter à un monde de plus en plus évolutif et par la-même de plus en plus difficile à intégrer pour ceux qui sont les moins armés et les moins combatifs.

      Quand Alain Bentolila déclare dans le Figaro du 01/07/2010 « Aujourd’hui, mes étudiants français de licence de linguistique sont pour un tiers environ incapables de mettre en mots leur pensée de façon cohérente et explicite » c’est reconnaître l’ampleur du désastre au niveau de la population globale. Heureusement ce sous armement de base n’affecte pas Anastasia qui dispose sur ce plan des moyens pour se défendre et se sortir d’un accident de parcours.

      Par contre on peut légitimement s’inquiéter pour les générations auxquelles depuis 30 ans on distribue généreusement des diplômes qui n’ont plus de valeur. Dans ce domaine, ça n’est pas l’argent qui donne la valeur à l’individu, c’est tout simplement l’individu qu’on a dévalué à la base en lui laissant croire qu’un diplôme et une idéologie de revendication et d’opposition suffisent pour donner de la valeur à ceux qui les portent.

      Les valeurs humaines de base, fondées sur l’apprentissage de l’effort, du dépassement, de la ténacité, du respect des autres et de soi-même, des notions de devoir, de combativité sur soi, telles qu’elles étaient parfois laborieusement inculquées au plus grand nombre par les hussards noirs de la république, donnaient la vrai valeur aux êtres. D’ailleurs ces valeurs là sont universelles et intemporelles. Ceux qui ont eu la chance d’en être gratifiés sont les mieux armés pour s’en sortir dans la vie, que ce soit dans des structures indépendantes ou collectives, dans les organisations publiques ou privées, nationales ou internationales.

      Enfin, au risque de m’attirer les foudres de beaucoup sur ce site, je pense qu’à force d’opposer capital et travail et de dénigrer le capitalisme et l’économie de marché, on ne rend pas forcément service aux travailleurs occidentaux qu’ont incite ainsi à « cracher dans la soupe » de ce qui fait encore marcher le monde. C’est ce système qui nous a amenés là où nous sommes et qui a été adopté par tous les pays qui compteront demain du fait de leur productivité, de leurs richesses naturelles, humaines et autres. Ils s’imposeront d’autant plus que dans nos pays, nous nous laisserons porter par des utopies.

      Ces utopies me semblent être surtout développées par des personnes qui disposent d’une façon ou d’une autre de moyens de survie dépendant de la communauté, laquelle n’existe que par son aptitude à vendre des produits ou services compétitifs, en échanges de ceux qu’elle n’a pas et qu’elle est contrainte d’acheter, notamment l’énergie et les métaux qui font cruellement défaut en Europe.

      Le sens du concret, le réalisme et le pragmatisme, contribuent également à donner de la valeur aux individus, comme à leurs collectivités

    3. @jducac

      C’est bizarre mais en vous lisant, et j’ai également ce sentiment en lisant les commentaires d’Albin et ses doubles, je réalise combien vous mettez de manière quasi nostalgique le capitalisme du côté de l’effort.
      Or – si tant est que le capitalisme ait jamais été moral -, il est quand même étonnant que vous ne regardiez jamais du côté de ce qu’il est devenu.

      Parce qu’en vérité, à quoi assistons-nous depuis cinquante ans, absolument à l’inverse de votre illusion protestante, si ce n’est à une dépravation du capitaliste tel que vous le concevez : travail, effort, risque, compétition honnête. Autrement dit à la lente mais inexorable détérioration des valeurs de la droite traditionnelle.

      A quoi assistons-nous, si ce n’est à l’émergence d’une classe fort différente dans sa manière d’être et de gagner de l’argent de celle à laquelle vous faites bien théoriquement référence. Une classe de dirigeants et de de riches qui aura fait fortune avec l’aide gracieuse d’innombrables avantages fiscaux* et une spéculation absolument perverse devenue la norme, de la manière la plus méprisable qui devrait être selon vous : sans grand risque, aux frais des caisses des Etats.

      Comment diable, jducac, pouvez-vous défendre ce système de division travail/capital qui en toute logique a pu donner naissance à une masse de spéculateurs arrogants, sans culture et analphabètes, plus proche en réalité du parasite que du héros entrepreneur ?

      Ne voyez-vous pas que tombent enfin les masques de ces faux utiles, entre des stars du football partis rhabiller leur vanité aux vestiaires, des Ministres de la République sans vergogne qui lâchent enfin leurs privilèges exorbitants, et des Madame B. découverte alors qu’elle préférait planquée son argent partout pourvu que ce fut hors de notre « chère » France.

      Ah j’oubliais, une classe de riches qui inculque à ses enfants, non l’amour du savoir, mais la gloire du réseau social, pourquoi ne lui demandez pas à elle en priorité : qu’avez-vous fait de nos valeurs intemporelles ?

      *Vous pouvez cliquer si cela vous intéresse vraiment sur le PDF de la thèse de doctorat de Camille Landais :
      « Essais en économie publique : fiscalité, hauts revenus, familles », sous la direction de Thomas Piketty, EHESS, décembre 2008.
      http://www.jourdan.ens.fr/~clandais/index.php?langue=default&choix=recherche

    4. Martine, ne vous fatiguez pas avec notre ami jducac, (fort sympathique dois-je dire, lui au moins a du savoir-vivre), mais il se refuse à voir les travers du capitalisme. Or, vous savez bien, il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Ce qui est terrible, c’est que « le système » prospère aussi grâce à la haute moralité des gens comme jducac, alors qu’on est nombreux ici à rêver de le « saboter » de l’intérieur.

      Mais tenez, j’y pense à l’instant, il me rappelle une anecdote relatée par Primo Levi dans Si c’est un homme. Le célèbre auteur y raconte qu’il a dû faire la leçon à un type qui mettait de l’ardeur dans son travail, alors que sa survie exigeait impérativement qu’il économise ses forces. Eh bien voilà, c’est ça Jducac : il ne veut pas économiser ses forces pour des raisons personnelles, et que « le système » puisse en profiter n’est pas son problème. Il m’est arrivé d’avoir aussi cette attitude, fréquemment du reste, mais je n’en tire aucune fierté.

    5. @ jducac dit : « Les valeurs humaines de base, fondées sur l’apprentissage de l’effort, du dépassement, de la ténacité, du respect des autres et de soi-même, des notions de devoir, de combativité sur soi, telles qu’elles étaient parfois laborieusement inculquées au plus grand nombre par les hussards noirs de la république, donnaient la vrai valeur aux êtres. »

      Ces valeurs-là, ce n’est pas le capitalisme qui les a créées, et c’est justement le capitalisme qui est en train de les détruire, comme il est en train de détruire la nature !

    6. @Crapaud Rouge

      Jducac me donne l’occasion d’écrire certains commentaires.
      Si j’échangeais uniquement avec un genre de batraciens fameux, la conversation serait moins tranchée donc probablement moins intéressante pour les lecteurs. Et puis, qui sait, le doute – vous en parliez plus haut – va peut-être aller croissant avec le développement de la crise… y compris chez les Struthioniformes !
      Mais ne vous en faites pas, je dose mon effort ;]

    7. @Martine : Struthioniformes ? De quels schtroumpfs schtroumpfez-vous ? De cet « Ordre d’oiseaux (ratites) comprenant les autruches. », je présume. Merci pour cette rigolote découverte.

      @jducac : lisez ça, Amazon, de l’autre côté de l’écran, et si vous n’êtes pas convaincu que le capitalisme n’a rien d’autre à proposer que du travail de m***, c’est à désespérer. C’est un article très intéressant pour ce qu’il a de révélateur sur la « face cachée » du capitalisme, le revers de la médaille comme on dit. Il faudra bien, un jour, que la majorité en tienne compte. Ca viendra peut-être quand tous les petits jducac auront la hardiesse d’ôter leurs lunettes à double foyers où ils voient seulement : moi = bien.

    8. @ Martine Mounier dit : 2 juillet 2010 à 18:14 et @ Crapaud Rouge dit : 2 juillet 2010 à 19:29

      Même chez les êtres de bonne volonté, et je vous classe encore parmi ceux-là, il est parfois très difficile d’échanger positivement des idées a priori discordantes afin d’opérer ne serait-ce qu’un tout petit rapprochement, ce qui est mon objectif, sur ce blog comme ailleurs.

      Mais pourquoi, vous êtes-vous donc laissés aller, l’un comme l’autre, à vous en prendre à la personne émettrice d’idées qui vous accrochent ou vous heurtent, en la stigmatisant par de multiples rappels à son pseudonyme ?
      Cherchez-vous à la désigner à la vindicte de la médiocratie ?

      Dans cela, qui est en cause à la base ? Le capital, le travail, le capitalisme, l’éducation, le savoir vivre ou la morale ?

      Je serai ravi de poursuivre nos échanges sur ces sujets délicats, dans un esprit respectueux et positif s’entend. L’honnête parcours accompli en commun avec Martine Mounier antérieurement au sujet du care, me donne espoir.

    9. @Jducac

      Vous posez une bonne question.
      Et bien disons parce que je suis attachée à la qualité de l’échange, à son approfondissement, même dans le cadre forcément limité d’un échange entre internautes. Or, avec une personne qui change sans cesse de pseudonyme, j’ai le sentiment que quelque chose tourne à vide, empêchant la compréhension ou l’incompréhension mutuelle, la mémoire commune et en fin de compte, la rencontre.

      @Crapaud
      Oui, il s’agit de la famille des autruches. Je voulais faire un joli lien rouge comme vous savez si bien les faire mais j’ai encore oublié ce fichu bout de code.

      Bonne soirée à vous deux.

  8. @Crapaud rouge qui ne manque pas d’empathie comme beaucoup sur ce blog, c’est ce qui me plaît ici.

    « J’ai une frangine bourgeoise et agrégée de français : je considère qu’elle n’y connaît strictement rien à la littérature ! »
    C’est un fait, la culture ne protège pas de la barbarie.

    1. @Plouf! : « la culture ne protège pas de la barbarie » : ma frangine étant loin d’être barbare, j’ai d’abord pris ça pour une exagération, puis je me suis rappelé de deux célèbres tortionnaires, Le Pen et Aussaresse, qui sont aussi des lettrés, surtout le second paraît-il. Dans leur cas, je me demande même si la culture ne serait pas un facteur favorisant…

  9. Chère Anastasia,
    Cher Paul Jorion,
    A toutes et à tous, qui commentez et lisez cet article et ses commentaires.

    L’argent est une énergie, un moyen d’échange (parmi d’autres) et doit rester à sa place.
    En faire une finalité, n’est pas éthique et génère que souffrances et guerres.
    Sauf, s’il est bien employé, soit consommé de manière utile (et non en rajoutant la lettre F pour des choses ou actions futiles, qui n’ont aucune réelle importance).

    Comme l’écrit Paul Jorion, dans un des commentaires, l’un des objectifs de tous les prédateurs économiques et financiers, grandes banques internationales, mutlitmilliardaires qui ne savent pas quoi faire d’utile avec leur fortune, petits escrocs et autres maffias de tout calibre, le seul jeu qui vaille à leurs yeux est l’enrichissement personnel.

    Aussi, sont-ils des pauvres en esprit !

    La crise actuelle nous impose de refonder un nouveau système économique, une nouvelle finance.

    Pour survivre, s’épanouir, créer, innover, développer des activités utiles à l’humanité, les peuples vont-ils avoir le courage de dire, une fois pour toutes, non à ces prédateurs ?

    Préfèrent-ils, préférez-vous être, devenir ou rester esclaves des systèmes qui vous asservissent ?
    ou vont-ils, allez-vous prendre en main votre liberté, votre état d’être humain :

    Etre.

    De vraies Femmes, de vrais Hommes, responsables (au sens d’ayant la capacité à répondre… aux expériences de la vie- ce qui est le cas et s’exprime dans vos actions constructives et toutes les potentialités que vous portez en vous, mais qui ne se sont pas encore exprimées).

    Pour ma part, je pense que les êtres humains doivent dire et exiger la fin de ce système spéculateur qui appauvrit le plus grand nombre pour une minorité de nantis.

    Nous ne pouvons pas laisser faire les financiers et dirigeants de société nous dire qu’une « élite d’intellectuels et de financiers » doivent gérer les états et leurs citoyens comme des marchandises, des produits, car ils estiment que l’auto détermination des peuples à gérer leur vie et leur avenir, n’est pas compatible avec leurs intérêts financiers.

    Non ! Leur stratégie de prédation n’est pas compatible avec les intérêts de chacun et de l’Humanité

    Alors, arrêtons ce système devenu obsolète, qui ne repond plus aux intérêts légitimes des peuples et des nations et agissons en supprimant l’économie de dette, qui perdure, et qui nous entraîne dans une dette perpétuelle des particuliers, des entreprises et des états.

    Acceptez de prendre votre liberté, votre autonomie et votre indépendance d’être humain !

    La véritable valeur de l’individu est ce qu’il apporte sur Terre à lui-même, à ses proches et à ses relations sociales et professionnelles.

    La véritable valeur de l’individu est sa contribution positive tant à son épanouissement personnel qu’à celui des autres êtres humains et à la société.

    Soyez donc dignes de contribuer à votre épanouissement comme à celui de toutes celles et de tous ceux avec qui vous êtes en relation, car la véritable valeur de l’individu est dans ce qu’il pense, ce dont il parle, ce qu’il fait concrètement pour créer et développer des activités et des entreprises qui soient porteuses de sens, constructives pour lui et autrui.

    Et comme l’a écrit Anne Herbert du Comté de Marin aux Etats-Unis, un jour sur un coin de table d’un restaurant, une phrase simple et puissante qui se diffuse dans le monde entier comme un étendard pour rassembler toutes les personnes de bonne volonté et qui est un slogan à exploiter pour créer un monde meilleur : Soyez généreux et faites un beau geste !

  10. Courage Anastasia, retrouvez l’estime de vous même, n’ayez pas honte et malgré le peu de moyens essayez de profiter de la vie, la vraie.
    Le travail n’est pas consubstansiel à la nature humaine aujourd’hui encore moins que jamais. Le travail est une torture morale et physique, faut-il rappeller que le mot trouve son origine dans le latin tripalium? Fils de parents indépendants, j’aivu mon père et ma mère s’autoflageler quotidiennement pour accumuler tjs plus et se donner sans cesse plus de travail en réinvestissant dans leur activité tous leurs bénéfices. Ma mère est décédée à 56 ans, le coeur usé. Mon père attend la mort cramponné à son patrimoine, le corps brisé par les souffrances qu’il lui a infligé et ne pouvant profiter de rien car le travail lui a tout pris et ne lui a pas laissé entrevoir ce que la vie aurait pu lui offrir.
    Je travaille , et si mon activité à pu me donner certaines satisfactions et même certains plaisirs elle est devenue une contrainte qui n’a plus d’autre sens que de gagner de l’argent pour vivre et consommer des choses qui ont de moins en moins d’interets. On n’a même plus la satisfaction du travail bien fait car sous l’autorité de responsables toujours plus cons ont doit produire de la merde et arnaquer le client au maximum. Les relations entres collègues sont encore plutôt bonnes mais se dégradent de plus en plus sous la pression de chefs selectionnés pour leur caractère psycho-pathologique.
    Qu’on cesse de stigmatiser les chomeurs en parasites de la société. Ils participent à l’activité économique car les allocations qui leurs sont accordées, ils les dépensent pour vivre. Les cadeaux fiscaux que l’on octoie aux riches ne sont pas réinjectés dans le système, cet argent ne sert qu’a détruire par le biais de la spéculation sur tout ce qui s’échange et se vend. Même nos vies ne sont pour eux qu’une marchandise.Le problème est bien la concentration des richesses. La productivité est telle que l’on pourrait réduire le temps de travail à dix heures semaine. Le travail est une valeur complètement archaique.

    1. Merci Joseph,
      Ce que j’ai décrit, c’est d’une part ce que j’ai ressenti en voyant la pouvoir d’achat diminuer et d’autre part l’image (sous-entendue) que me renvoyait une partie de mon entourage. De cet étau, il est difficile de conserver l’estime de soi mais je tiens bon.
      Je pense à d’autres qui vivent des aléas similaires mais qui ne peuvent ni les exprimer ni avoir un appui comme j’en ai rencontré sur ce blog.
      L’argent ne fait pas le bonheur, il n’y contribue pas non plus, c’est ce que je pense. J’en ai eu tant de preuves.
      Pourtant, notre société a construit une forme de vie ahurissante car les sommes englouties dans le logement avec ce qui gravite autour, loyer, eau électricité, chauffage, assurances, etc ne permettent plus de se nourrir correctement et si cela touche les sans emploi, c’est aussi le cas de nombre de travailleurs.
      Alors, oui il faut un peu de cet argent distribué au peuple au compte-goutte, puis vite évaporé dans les besoins vitaux et les taxes diverses.
      quand le grand plongeon économique arrivera, je me demande qui sera le mieux armé pour faire face à une situation qu’on ne connait pas encore. Les nantis ou les plus démunis? Il y aura peut-être des surprises.
      Heureusement, le ciel, les étoiles, le chant des oiseaux, c’est gratuit… pour l’instant!

  11. Eh Albin!
    @XIX° siècle…

    C’est où l’Amérique du XXI°? La lune du XX° peut-être?
    Vas-y, ou montres moi si tu y es, et sois pas bégueule si t’es rentier de vieilles pensée…
    Tais-toi et rame?

    Hélas!
    Dans une économie de marché qui dirige, par hypothèse comme vous parlez mais en quasi-convulsions comme aujourd’hui, il revient au capital de tenir son rôle, et au minimum de réaliser les investissements qui impliquent en juste place les populations, surtout si les marchés entendent réguler voire contrôler les états!

    Autrement dit, quels sont les territoires qui ne sont pas déjà multi-hypothéqués au sein de la valeur globalisée par les marchés?
    Qui supposez-vous et allez désigner me répondant comme indiens contemporains?

    La supplique d’Anastasia fait description de faits incontestables.
    Juger de tels faits n’est vraiment pas de mise, si cela veut juste dire: « salauds de pauvres ».
    Si le jugement est déplacé, votre propos est anachronique.
    Qui du fort ou du faible peut prétendre désigner l’autre, et qui de l’autre a réellement besoin?
    Il faut tenir compte du nombre pour savoir situer où est la force, raison pour laquelle c’est en juste convention que le faible sollicite à travers l’histoire le fort …
    Pourquoi aujourd’hui le fort manquerait-il à son devoir, ainsi que vous le suggérez? La force aurait-elle par le nombre basculée dans l’ailleurs, celui que vous proposez comme Amérique?

    Peut-être l’erreur fatale du fort d’aujourd’hui qui a fait le fort d’hier:
    Démunir complètement (par la valeur en argent qui est celle des marchés, là où bien des valeurs ne sont pas cotées, tandis que les états reconduisent seulement leur propre financement, là où il y aurait contre-valeur en argent…) le faible d’aujourd’hui…, erreur que vous reconduisez, mais parmi tant d’autres antiques!

    Comme vous faites, c’est la stupide injonction du marchand qui intime aux autres lui fournir quelque chose à vendre avant même gérer quelques commandes, et sans jamais investir dans la création de valeur, l’émigration en serait-elle.
    Sinon, la non moins stupide injonction du rentier qui intime aux autres lui verser les intérêts de sa rente, en exigeant de l’autre qu’il ne soit pas pauvre.

    Et cela nous ramène à l’esprit d’avant la crise que nous traversons, cet esprit qui a conduit à cette même crise….,est-ce vraiment compliqué ce que je présente, de la logique pure, et cela mérite-t-il la lune dont vous faites le doigt qui la montre?

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