L’immobilier américain, encore et toujours…

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La Banque des règlements internationaux s’est donc décidée à mentionner la catastrophe imminente dans le domaine du crédit immobilier commercial américain (centres commerciaux, bureaux, hôtels, immeubles à appartements, cliniques, etc.). Je suis allé vérifier à quelle époque j’avais personnellement mentionné cette tempête à venir pour la première fois. C’est dans un billet datant de juin de l’année dernière, billet au titre prémonitoire : Vous reprendrez bien un peu de finance à l’ancienne ? et, à quelques jours près, dans une chronique pour Le Monde –Economie, au contenu cette fois prémonitoire : États-Unis : de bien curieux remboursements où je proposais une hypothèse qui passait alors pour farfelue :

Si le parallèle avec Countrywide a un sens, il s’agit alors simplement pour les dix banques ayant aujourd’hui remboursé l’argent du TARP [P. J. : le plan de sauvetage américain] de nettoyer consciencieusement la caisse avant de mettre définitivement la clé sous la porte. Lorsque les trillions à nouveau perdus seront examinés, les quelques milliards détournés in extremis par leurs dirigeants, passeront, c’est à parier, relativement inaperçus.

Mais à tout seigneur, tout honneur, Nouriel Roubini mentionnait déjà la possibilité d’un effondrement de l’immobilier commercial américain en… février 2008.

Le fait que l’immobilier commercial aille mal ne signifie évidemment pas que l’immobilier résidentiel aille bien pour autant. On s’en est amèrement souvenu aujourd’hui : aucun des économistes consultés par Bloomberg ces jours derniers n’avait imaginé la chute de 30 % qui a été constatée en mai dans la vente des logements de construction ancienne – représentant 92 % du parc immobilier résidentiel, la construction neuve constituant elle les 8 % restants. Le chiffre avancé par les économistes était d’une chute probable de 19 %. Depuis le début de la crise, l’écart entre leurs prévisions et les chiffres réellement observés est tellement large qu’on se demande pourquoi ces prévisions continuent d’être mentionnées.

Le plan de relance américain incluait une prime à l’achat d’un logement d’un montant maximum de 8.000 dollars. La promotion s’achevait au 30 avril pour la signature et le 30 juin pour le versement – échéance qui vient d’être reportée au 30 septembre – et on imaginait naïvement aux États-Unis que le marché de l’immobilier poursuivrait sur sa lancée. Las !

Autre promotion, difficile à chiffrer, et qui elle – pour une fois – vise à venir en aide aux lampistes : le prêt automatique dont bénéficient désormais les chômeurs pour le paiement des traites de leur crédit immobilier, et qui ne devra être remboursé qu’au moment où ils auront retrouvé un emploi… en espérant que ce moment vienne, ce qui ne sera pas le cas bien entendu pour un certain nombre d’entre eux. Note amusante : le coût de ce programme devait être couvert par la taxe sur les opérations financières prévue par le « financial overhaul », le projet de réglementation du secteur financier. Mais le sénateur républicain Scott Brown n’aimait pas cette taxe et son vote est indispensable… fi des esprits chagrins, on trouvera bien les sous ailleurs !

L’optimisme relatif observé récemment à propos de l’immobilier américain se nourrissait du fait que le prix du logement s’était stabilisé au cours des derniers mois. Le comportement passé de ce marché aurait cependant dû rappeler que toute subvention dont il bénéficie se trouve automatiquement répercutée dans le prix des maisons. Il en a été ainsi dans le passé de la détaxation des intérêts versés, ainsi que de toute baisse du taux d’intérêt due à l’intervention bienveillante des Government–Sponsored Entities, Fannie Mae et Freddie Mac. L’incitation étant arrivée à son terme fin avril, le prix moyen d’un logement ira inéluctablement se resituer 8.000 dollars au-dessous de son niveau à cette date.

Quant à Fannie et Freddie, affectées depuis 2008 à la fonction de puits sans fond, à savoir chargées d’absorber – aux frais du contribuable américain – toutes les pertes essuyées sur les crédits titrisés par leurs soins – on tremble à la pensée de l’année 2012, quand leur générosité prendra fin et que la vérité des prix reprendra ses droits. À moins qu’on ne leur offre à ce moment-là la rallonge d’un « trillion » de dollars qui leur sera alors nécessaire… plombant d’autant les finances d’un État fédéral déjà très profondément au-dessous de la ligne de solvabilité.

En 1962, les Américains dans leur ensemble possédaient 80 % de la valeur des maisons dont ils étaient propriétaires en titre – et ceci en moyenne, c’est-à-dire en incluant les propriétaires à part entière : dont la maison n’est pas grevée d’un crédit hypothécaire. Le chiffre est tombé aujourd’hui à 38 %, et la plongée n’est pas en passe de s’arrêter. Près des deux tiers de ces « propriétaires » sont donc en réalité locataires de leur banque – un propriétaire, comme on le sait, parmi les grippe-sous les moins tendres.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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85 réflexions sur « L’immobilier américain, encore et toujours… »

    1. Sans compter la vraie raison de cette catastrophe. Faut-il être a ce point désespéré pour aller chercher du pétrole à 9000m de fond et creuser encore entre 1 et 2Km de plus sous la surface.
      Sachant que en réalité, sur les autres puits du même genre, le rendement n’est pas au RDV, la production décline très vite et le stock estimé extractible doit être revu a la baisse d’un facteur 10.
      Voila pourquoi une telle prise de risques par BP. C’était quitte ou double, et pas seulement pour eux.

      L’histoire retiendra sûrement cette date comme celle du pic pétrolier. J’en met ma main au feu.

    2. excusez moi mais je crois que c’est pas 9000 métres de profondeur mais 1500 ou 2000 m, 9000 c’est la profondeur des plus grandes failles.

      Cordialement

    3. Ybabel, tu sembles ne pas être trop loin de la vérité… malheureusement.
      Car vu les moyens financiers qui m’ont permis de fournir des équipements sécurisés aux Norvégiens pour leurs plateformes…
      La plateforme BP pour sa mise en exploitaion coutait 500 000 dollars par jour…

      Il y a un commentaire qui me « gène »…fortement.
      « c’est simplement par cupidité »
      C’est une découverte..???

      Welcome, guy. In your new own world where you can find freedom with no limit as killing everybody around you.
      Et on s’étonne de la propagande qui pousse à la virtualisation..???
      Just a training…

    4. Pour ce que Obama nomme le désastre sans précédent, Buffalo Bill sort la grosse Berta. Clinton propose de faire dégager BP et de confier à l’armée une explosion qui boucherait tout…
      Cela me rappelle la pose de vis dans le bois « à l’américaine »…
      Mais il évoque la proposition d’une bombe atomique, mais se déclare opposé.
      Froid dans le dos, car c’est admettre sans doute la miniaturisation de la bombe (je peux me tromper car je n’y connais pas grand chose, mais c’est autant leur faute que la mienne…)

      Mais puisqu’il est techniquement possible de tout faire sauter pour arrêter la contamination du pétrole, ce serait pas possible sur le chemin d’envoyer aussi l’armée faire sauter Wall Street avec ses produits toxiques ?

      http://rawstory.com/rs/2010/0629/bill-clinton-we-blow-oil-well/

    5. Clinton ne dit pas qu’il faudrait utiliser une bombe atomique mais qu’il y est opposé, il dit qu’une bombe atomique n’est pas du tout nécessaire puisqu’on peut utiliser un explosif conventionnel.

      Charles A., c’est la deuxième fois en deux jours que vous faites dire à des gens des choses très différentes de ce qu’ils disent. Hier, souvenez-vous, c’était Greenspan.

  1. Merci pour cette information.

    Savez vous si on peut se procurer des renseignements fiables pour les différents pays européens ?

  2. Euh

    Un trillion de $ = 10 millions de ménages à 100 000 $ chacun.

    Il y en a, de la place, dans la bulle !

    Si les mêmes ménages dégagent, dans un futur heureux, 10 000$ de surplus par an, ils mettront 100 ans à revenir à la ligne de flottaison. C’est cinq fois trop (20 ans serait le max raisonnable).

    La fonte des actifs associés (qu’on qualifiera de « toxiques ») sera-t-elle donc dans les proportions que suggèrent ce type de proportion?
    (perte des 4/5ème, reste 1/5eme) ?

    On peut réserver les places pour le feu d’artifice ?

    1. June 14 (Bloomberg) — The cost of fixing Fannie Mae and Freddie Mac, the mortgage companies that last year bought or guaranteed three-quarters of all U.S. home loans, will be at least $160 billion and could grow to as much as $1 trillion after the biggest bailout in American history.

    2. Méfie toi des trillons américains Timiota,ils n’existent pas en finance européenne (les milliers de milliards soient billions font déja suffisamment peur).

    3. Otto di dacte. Ravi de te revoir.

      Pourquoi crois-tu que nous avons tout intérêt à un écroulement franc et massif..??
      (comme l’avait souhaité l’enf.. de soros en début 2009)

    4. Timiota…
      Repose sur la tête de chaque Français une dette à rembourser de 60 000 Euros… Au bas mot, car les dettes des collectivités hors états sont mimines…à leur échelle.
      Mais les petits ruisseaux font les grosses crues.

    5. @ Otto

      On parle bien de 10^12 dollars = « one trillion » = »a thousand billion »,
      et en français, = « un billion » = « mille milliards »
      (de mille sabords).
      En revanche , j’ai laissé un facteur 10 trainé, mais la supposition de de 10 millions de ménage était en fourchette haute, et celle de 100000 $ en fourchette basse.

      Je vois les interrogations que PJ a posé plus bas à 00:42. C’est vrai que une « application numérique » de « l’Argent mode d’emploi » sur ces sous là serait éclairante…. c’était mon but de la susciter.

      Un peu comme des idées à la Jancovici, les règles de trois sont des avertisseurs utiles si on a mis les trois bons termes et qu’on sait dire « stop » au Ponzi en puissance qui vous propose le deal de trop.

  3. « Près des deux tiers de ces « propriétaires » sont donc en réalité locataires de leur banque »

    Pas tout à fait, car ces « locataires » doivent tout de même payer taxes et entretenir l’immeuble. Sans oublier qu’il semble que des banques décident de ne pas saisir certains biens invendables, pour que le « locataire » continue à payer les charges à leur place. Il n’y a pas de petits profits pour les banques « propriétaires ».

    1. Vous venez de mettre en lumière une grande vérité : tous les accédants à la propriété d’un bien immobilier qui ont recours au crédit sont de fait locataires d’une banque, du moins tant qu’ils n’ont pas remboursé la totalité de l’emprunt (principal et intérêts).
      Cette vérité est soigneusement dissimulée.

      Il ne faudrait pas en déduire que les banques nous possèdent…

  4. « Le comportement passé de ce marché aurait cependant dû rappeler que toute subvention dont il bénéficie se trouve automatiquement répercutée dans le prix des maisons. » : de sorte que ça ne sert à rien de l’aider, c’est ça qui est terrible, et qui vaut sans doute pour d’autres marchés, genre travaux d’isolement, panneaux solaires, etc. Dès que l’état met du fric sur le tapis, les vendeurs se ruent comme les piranhas de l’aquarium de Monaco…

    1. C’est même à se demande si l’AGCS (accord général sur le commerce et les services) avait réussi à aller jusqu’au bout… (soit : libéralisation de TOUS les services de l’état), si, donc, l’état ne représentant plus rien, il aurait été capable de soutenir une quelconque activité de l’économie réelle…

      A réfléchir…

      Serpents ourumbounious…

    2. il fallait simplement laisser les prix s’écrouler et trouver un nouvel équilibre..cad un rapport au salaire de l’emprunteur ‘normal’…tant que les prix seront maintenus élevés artificiellement rien ne repartira jamais …

    3. C’est la même chose avec les primes à la casse des bagnoles. Z’avaient déjà vu que les « balladurette » et « jupette » ne changent rien sur le LT…

    4. A propos de l’Etat français et des « économies d’énergie » et du fameux « développement durable », un conseil de lecture : LE SENS DU VENT. Notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables. Editions de l’Encyclopédie des nuisances. Avril 2010.

    5. @dissy : certes, mais le but de l’aide n’était pas de maintenir des prix élevés, (aide aux vendeurs), mais de fournir une aide aux acheteurs. Les prix étaient artificiellement élevés, mais pas volontairement.

  5. Si aux US le prix de l’immobilier baisse, je peux vous assurer que celui de Paris ne baisse pas, monte au contraire. Certains agents immobiliers m’expliquent que des appartements s’achètent cash aujourd’hui, et s’explique par le transfert des liquidités menacées par l’inflation vers le plus sûr placement de la pierre.

    1. comme l’argent en banque ne rapporte plus rien ….qui a encore confiance en une banque ?Même Siemens va créer sa propre banque ‘just in case’…..

    2. Pour cette raison, mon meilleur ami vient d’acheter quelques châteaux et négocie en ce moment même quelques îles grecques et espagnoles, et rêve de la Corse.

  6. Le problème avec vous Paul, c’est que lorsqu’on sort en ville « nos » hypothèses passent toujours pour farfelues…..
    Enfin, il faut le noter, de moins en moins chez ceux qui veulent bien se donner la peine d’observer un petit peu autour d’eux.
    On passe simplement pour un oiseau de mauvaise augure.
    Je ne m’adresse plus qu’avec prudence aux superstitieux, on ne sais jamais, le sort des chouettes n’est pas enviable dans les campagnes Berrichonnes….

    1. Celui qui annonce la mauvaise nouvelle est très souvent considéré comme responsable de la mauvaise nouvelle.

      A ce sujet une vieille histoire indienne (Sioux, Cheyenne, comme vous le sentez)

      Le chef réunit la tribu et dit : j’ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise.
      Je commence par la mauvaise : cette année nous n’aurons que de la merde à manger et la bonne nouvelle : il y en aura pour tout le monde.

    2. Réponse courante :
      « Pourquoi se faire des soucis, de toute manière on ne peut rien y faire » ou « tu ne peux rien y faire ».
      Bref, attendons que ça vienne.

    3. Didier, les vrais génies ne touchent que très rarement des droits d’auteurs, surtout dans cette « discipline »…..
      Les oreilles de Coluche trainaient dans les bars de Saint-Ouen!

  7. Bonjour.
    Je rejoins le commentaire de réveil,chez moi également (Bayonne 64)les prix repartent à la hausse ainsi que les volumes de ventes.De plus les délais de ventes diminuent également de façon plus franche dans le neuf que dans l’ancien.
    Je tenais à poster ce commentaire afin de vous demander votre avis Mr JORION sur les perspectives de l’immobilier en France.
    Comment expliquer ce redémarrage de l’immo dans un tel marasme économique?
    Pourquoi pas un prochain billet sur l’immo Français?
    Sincères salutations et milles mercis pour la qualité de vos billets.

    1. Peut-être un « stone-run », une dernière flambée de panique avant l’effondrement final? De toute façon, la pierre valant ce que l’acheteur potentiel est capable de payer, elle finira par suivre les autres actifs.

    2. Vous êtes élevé au rang de « médium »…
      Félicitations, fils Jorion. Cela vaut presque ce grade que j’ai reçu de « Master »…

      Ceci dit, cela me foutrait un peu les boules vu toutes les conneries que peuvent sortir les « analystes ».

    3. Immobilier valable ( j’entends par là ne pas acheter n’importe quoi ) ou assurances vies ???
      ou actions ??? En définitive le plus gros risque pour placer ses économies il est où ? Faites vos jeux, messieurs Dames, rien ne va plus..

    4. Investissez dans les fumoirs à gens bons qu’on bayonne.
      Ou, comme vous êtes prés de l’Espagne en garrots à gorille.
      « Basque je le vaux bien » placardé sur la porte.

  8. L’immobilier comme l’or c’est une valeure refuge pour ceux qui ont de l’argent, ces achats immobilier sont ils pour des primo accédant, des familles ou pour des investisseurs ?

    1. D’ailleurs, au départ de la flambée des loyers, avec toutes ces agences immobilières qui fleurissaient jusque dans les petits bourgs, et que donc il fallait bien payer, pour moi, cela deviendrait un problème
      et donc je me demandais comment pourrait ce résoudre ce problème,
      c’est bien gentil de jouer les maisons, l’immobilier, mais qu’est-ce que ça fait quand on arrête le jeu, à l’annonce du coup de sifflet de la fin de la partie
      je m’inquiétais de ce que la destruction de l’immobilier par la méthode forte certes brutale, féroce, cruelle des bombardements pouvait ce concevoir comme une solution simple, efficace, radicale
      pour stopper ce jeu, ruiner cette frénésie d’investir dans la pierre pour investir dans la pierre et faire monter les prix, pour faire monter les prix et de s’en remplir les poches de jusque là et même par dessus
      (sauf que si je regarde le Liban, avec son roi du béton élu président, ce n’est pas si simple non plus, la destruction met probablement quelques joueurs de l’immobilier sur la paille, et les rabat très probablement à se raviser de quelques certitudes, …
      mais avec la reconstruction du pays par son si bon roi du béton, grand élu président, grand reconstructeur du Liban au bon et grand bénéfice de sa propre petite entreprise, bien évidemment à régler à très grands frais au compte de l’endettement du pays ….
      depuis le Liban a été une nouvelle fois démoli, il y a bien eu quelques assassinats ….)

  9. Marx, la crise et les petits Mickeys Stéphane Wuille, l’Echo

    Oui, il existe encore des intellectuels qui adhèrent à la théorie marxiste. Il faut dire que les crises à répétition que connaît le système capitaliste ces dernières années, leur donne du grain à moudre.

    C’est notamment le cas de David Harvey. Ce géographe de formation a développé une perspective marxiste de la géographie. Professeur au département d’anthropologie à l’université de New York il publié divers ouvrages dont The Limits to Capital en 1982.

    Dans la vidéo ci-dessous, David Harvey avance son explication des crises successives du capitalisme. Il souligne, entre autres, que le problème réside dans le pouvoir excessif du capital. « Le capitalisme ne résout jamais ses crises, remarque-t-il également, il les déplace géographiquement. »

    Si j’ai choisi de poster sur le site de L’Echo, le discours du professeur Harvey, ce n’est pas parce que je partage son point du vue. Loin s’en faut. Mais il me semble toujours intéressant de confronter les points de vue, aussi éloignés soient-ils..

    Sans compter que dans cette vidéo, l’allocution prononcée en avril dernier par David Harvey est accompagnée tout du long par de petits Mickey,de dessins humoristiques qui valent le détour.

    Et voici même, une critique documentée de la théorie de David Harvey, que mon collègue Pascal a trouvé sur le net:

  10. « Près des deux tiers de ces « propriétaires » sont donc en réalité locataires de leur banque – un propriétaire, comme on le sait, parmi les grippe-sous les moins tendres. »

    ok , les banques possèdent .Mais qui possèdent les banques ?.

    Et puis perte de biens , perte de libertés, pour aboutir à quoi ?

    N’y a t’il pas eu un temps où les hommes du commun ne possédaient que ce que les seigneurs voulaient bien leur donner ?

    Sur ce site , vous pouvez chercher Bush, Fillon, Sarkozy , Marc Ladreyt de Lacharriére etc…

    http://www.capet.org/

    Bizarre, hein ?

  11. Billet très intéressant.
    Pour l’Europe, je ne suis pas dans le secret des dieux mais le fait que l’immobilier n’a ( officiellement, càd à l’annonce) pas baissé ou très peu, ne peut pour moi qu’indiquer une seule chose : comme aux States, le marché est soutenu par le couple état-banques, et on ne risque pas d’atteindre de sitôt une quelconque « vérité des prix » car si ce secteur « s’effondre », c’est tout le reste qui va suivre. Too big to fail. Comme avec les banques, on ne se situe plus dans une logique économique, mais politique, au sens de défense des intérêts de certaines corporations. Le « libéralisme » n’est qu’une utopie vaseuse, psychologiquement aussi trompeuse et addictive que l’utopie communiste.

    1. Pas seulement, tout le système bancaire repose sur l’immobilier à travers les cautions logement où les hypothèques, jouez le à l’américaine version subprimes et vous achevez le système, ce serait le troisième coup porté à l’édifice .

    1. Explicite, fille.
      Sinon, tu vas faire du franc-tireur comme je peux le faire ici sans le faire exprès.

      Si tu es juste là pour ne rien apporter, il vaut mieux ne pas intervenir.

    2. Par exemple ? C’est quoi le bon ? C’est quoi le mauvais ? Soyez claire, Claire ! Blague à part, il me semblait que ce blog n’avait pas vocation à être le théâtre d’une lutte sans merci entre les bons et les mauvais (avec un vainqueur à la fin) mais plutôt un lieu de discussion ou chacun est le bienvenu du moment qu’il tente d’être constructif. Pour ma part, je suis chaque fois surpris de la qualité des interventions des forumeurs réguliers. Même si je ne suis pas forcément d’accord avec eux.

    3. Je pourrais vous répondre complètement, mais ce serait donner toute ma pensée. En admettant que je sois une intellectuelle constituée mais non connue, qu’en serait-il de mes droits d’auteurs dans ce cas. Ca c’est un morceau de la réponse (quoique j’ai plutôt tendance à être généreuse de mes idées, comme certains savent.) Un autre morceau, c’est vous-même qui l’avez : à la sortie de la conférence de l’autre jour (rue des Francs-Bourgeois), certains d’entre vous ont noté l’indécision des participants à donner des directions, des leviers d’action. C’est que vous-mêmes savez que, si la solution semble s’approcher, elle n’est pas encore dans vos mains. Donc le bon et le mauvais n’ont pas encore été correctement filtrés, analysés, sur ce blog, pour donner des réponses adéquates aux questions qu’il se pose. Et puis, une autre partie de la réponse est que je suis prudente. BFM radio dispense quel genre de philosophie d’après vous ? Pensez-vous que BFM radio soit une radio douce avec la vérité, qu’ils sont de ceux qui mettent à l’aise la liberté d’expression, en général ? Paul Jorion y travaille, y prononce des élocutions. Depuis que je cherche des personnes sérieuses, des intellectuels que je pourrais estimer -tout en ayant mes idées-,, des mouvements d’idées où je pourrais apporter mes notions, j’ai vu plusieurs fois des personnes qui jouent double-jeu, critiquent le système actuel parce c’est un job comme un autre, dans le système actuel. Je trouve aussi le journal Marianne extrêmement tortueux… Donc, je continue à consulter ce blog, en visiteuse extérieure, et parce que j’y lis ici et là des idées qui me plaisent, en attendant des réponses à ces autres questions… Pour conclure pour cette fois, je trouve que la fable du roi Midas résume beaucoup de choses et je la conseille à la méditation de Paul Jorion, s’il ne l’a fait : il y a un bon et un mauvais or. Le mauvais, c’est celui du roi Midas tant qu’il pense que l’or (les richesses) serait tout (il voulait que tout ce qu’il touche se transforme en or). Le bon or, par contre, c’est celui qui apparait lorsque le roi Midas se délivre de ce voeu : dans la rivière Pactole, en s’y lavant les mains, il se délivre du voeu que la richesse soit toutes choses, et c’est là que le bon or apparait… Pour l’instant, je me bornerai à ces considérations, afin de dissiper le trouble tout en le précisant, parce que je lis des choses intéressantes et M. Jorion me reste sympathique, à priori ; et je lis aussi des contributions dans les commentaires qui m’intéressent, quoique d’autres me choquent. Ce n’est que depuis peu que je lis ce blog. Le clash contre Elkabach m’a assez plu, et c’est depuis ce moment que je suis venue le lire. Pour la suite je verrai point par point. Voilà. Parce que je suis intellectuellement parcimonieuse et prudente. Economiquement, à mes yeux, un des bons scénarios serait la re-chute grave des places financières, suivie d’un refus populaire de renflouer une deuxième fois, suivi d’une réorganisation saine.

    4. Je rajoute Claire, un point dont tu ne fais pas mention tout aussi important que les objections et précautions que tu cites dans ta réponse un vieux proverbe : « L’enfer est pavé de bonnes intentions ».
      Je veux dire par là que RIEN ne peut te garantir le résultat de tes attentes même pas la plus grande sincérité des participants à une action…

      Personnellement, je préfère participer mais si on doit me trahir, je préfère partager que garder pour moi mes idées sinon elles font quoi sinon mourir encore plus vite quant au terme intellectuel, il me fatigue, la culture c’est bien, l’imagination, la créativité, l’innovation, c’est mieux.

      Bienvenue aux idées fraîches, c’est de cela dont nous avons le plus besoin, repenser autrement qu’à travers la poussière des siècles et des livres.
      Je ne peux me résoudre à croire que tout a déjà été pensé et dit et qu’il ne reste plus qu’à en débattre sans en sortir,
      Je me refuse à croire qu’il n’y a pas un autre chemin inexploré dans l’âme humaine pour aller de l’avant.

    5. Claire,

      La critique est toujours intéressante, quand elle est argumentée, ce qui est votre cas. 🙂

      A propos de BFM. Les billets de Paul sur BFM contredisent totalement le discours boursier et à court terme de cette radio. C’est justement cela qui est intéressant. C’est un peu comme si le Figaro donnait une fois par semaine carte blanche à Mélanchon pour faire son éditorial.
      Rêvons un peu. Le système financier est remis à plat. BFM se reconvertit en radio culturelle. C’est tout le bien que je souhaite à cette radio subversive sur les bords !

      Pour gagner les batailles — des idées — il ne faut pas avoir peur de l’adversaire idéologique et donc à l’occasion aller sur son terrain et, pourquoi pas, instiller le doute dans l’esprit des « idiots utiles » qui jouent en bourse sans guère en percevoir les implications politiques et sociales. La démocratie c’est porter la contradiction partout où l’on peut.

      « Economiquement, à mes yeux, un des bons scénarios serait la re-chute grave des places financières, suivie d’un refus populaire de renflouer une deuxième fois, suivi d’une réorganisation saine. »

      C’est précisément la conclusion qui s’est imposée lors du débat rue des Francs-bourgeois faute d’une réaction des banquiers et des décideurs, et des politiques représentant les grands partis.
      Sur ce point je n’ai pas perçu de désaccord, mis à part le représentant du modem, très modéré.

    6. Il y a sur ce blog des choses claires et des choses pas claires.

      Un(e) intellectuel(elle) doit il(elle) penser dans le seul espoir de dépenser ?

      Heureusement que le mec (la meuf) qui a inventé le feu ne connaissait pas les droits d’auteur(e)s….

    7. « un des bons scénarios serait la re-chute grave des places financières, suivie d’un refus populaire de renflouer une deuxième fois, suivi d’une réorganisation saine »

      Oui, comme le dit Pierre-Yves, nous sommes beaucoup à penser que seul un effondrement est en mesure de faire naitre un vrai changement.

      Néanmoins, j’ai des doutes sur la possibilité d’une réorganisation « saine », dans la mesure où elle s’effectuera probablement dans un chaos économico-social provoqué par l’effondrement. Il va y avoir des batailles qui ne seront sans doute pas sereines, auxquelles il faut se préparer.

    8. C’est quoi une intellectuelle ? Parce qu’à mon avis la bonne définition c’est le doute, car logiquement plus on en sait plus on se rend compte de ce que l’on ne sait pas . Donc l’humilité devrait être la première vertu de l’intellectuel à moins qu’il ne s’agisse que de jouer sur les apparences comme notre monde s’évertue si bien à le faire. _

    9. @ Claire,
      « ce serait donner toute ma pensée » : Donner sa pensée, c’est pas la vendre (surtout qu’il n’y a pas d’acheteurs sur ce blog) mais « toute » votre pensée ? Vous croyez ça possible ? Je lis ici souvent des utilisateurs du « totolitarisme », la prétention de faire des totaux rayon conceptuel. Alors pour la « votre pensée » il a bien dû vous arriver d’avoir des pensées étranges, vite repoussées, venues Dieu sait d’où (Tiens, envoyées par le Diable) mais inincorporables comme étant « votre ».
      Ensuite ce votre, vautrons nous y encore un peu, ce que ne permet pas votre « ma » tout autant possessif.
      Il y a des gens possédés par des pensées, d’autres qui s’imaginent les posséder… « leur pensée ». Euh… leurres pensées.
      Vient alors « mes droits d’auteurs ». On trouve sur le net le cours de M. Compagnon sur « Qu’est-ce qu’un auteur ? 9. La propriété intellectuelle. » Une bonne lecture.
      Le plagiat n’est pas neuf mais la notion psychologique de vol d’idée est une invention du 19ème, liée à l’extension infinie du droit de propriété et de sa rémunération infinie.
      Le nouveau droit à l’image est lié à l’utilisation commerciale des icônes pipolisées à des fins d’enrichissement personnel, et la notion très idéologique de vie privée est devenue une niche de marché.
      Ce foutu capitalisme n’en finit pas d’ordonner le clivage privé/public selon ses normes profitables. Et de fabriquer des modes de pensées « normales » comme dit Jorion today, puisque l’autre mode de production de pensées dit socialiste est une peau de chagrin.
      Vous êtes en droit de réclamer la suppression de votre image prise sur la place de la Concorde qu’un touriste japonais a mis sur flickr.com, parce que votre patron ou votre mari (c’est parfois voisin) vous croyait à Maubeuge à c’t heure là. Cf. google street. Et 6.000.000 de caméras au UK c’est pour protéger la vie publique.
      « Le bon et le mauvais »
      Vous ne précisez pas bon pour qui, mauvais pour qui.
      Vous savez sans doute que vouloir le bien d’autrui mène à l’occasion à persécuter cet autrui ; tout enfant dont les braves parents veulent leur/son « bien » l’apprend.
      « personnes qui jouent double-jeu ».
      Un psychologue état-unien a réussi à trouver plus d’une centaine de personnalités chez un individu avec le concept (vide) de « personnalités multiples ». On attend le Guinness suivant.
      « d’autres me choquent » Freud a martelé que dans son job les interprétations qu’il refilait et étaient reçues comme les plus révoltantes, étaient les plus justes. Un blog est autre chose mais ne pas se limiter parfois à l’affect et analyser de quoi il retourne pour soi dans l’effroi doit permettre des bascules, sinon à quoi bon « causer » et causer quoi alors ?
      « parcimonieuse et prudente intellectuellement ». C’est la position du rentier bon père de famille. La frilosité est antinomique de l’aventure. Siddhârta était bien peinard aussi jusqu’au jour où…
      « J’espère que le bon l’emportera ». ça c’est l’incidence du Hollywood movie.

    10. @ Claire

      Étrange irruption, sur ce blog si libre, de la morale qui aime la censure (« Il y a du bon et du mauvais sur ce blog. J’espère que le bon l’emportera.[…] le bon et le mauvais n’ont pas encore été correctement filtrés, analysés, sur ce blog »), de la pureté éthique qui juge du haut de son sérieux sans faille (« Depuis que je cherche des personnes sérieuses, des intellectuels que je pourrais estimer »), du regard idéologique de la réalité politique par le petit bout de la lorgnette (BFM, Marianne), de la critique constipée au foisonnement d’idées qu’il y a sur ce site (« En admettant que je sois une intellectuelle […] qu’en serait-il de mes droits d’auteurs dans ce cas? » ou « Pour la suite je verrai point par point » ou « je suis intellectuellement parcimonieuse et prudente »).

      Et tout ça pour finir par dire une lapalissade qui montre bien que ce blog n’a pas grand besoin de vos idées « d’intellectuelle constituée »: « Economiquement, à mes yeux, un des bons scénarios serait la re-chute grave des places financières, suivie d’un refus populaire de renflouer une deuxième fois, suivi d’une réorganisation saine. »

  12. « En 1962, les Américains dans leur ensemble possédaient 80 % de la valeur des maisons dont ils étaient propriétaires. Le chiffre est tombé aujourd’hui à 38 % »

    Cela s’appelle l’effet de levier. Les ménages jouent avec l’argent des autres. Comme les banques.

    C’est particulièrement vrai en Floride et en Californie. Dans ces deux états, la loi sur la faillite personnelle prévoit ce qu’on appelle les « non-recourse loans ». Lorsque la saisie d’une maison ne permet pas de rembourser toute la dette d’un débiteur défaillant, le reste du prêt est effacé. Il n’a plus de dette. Les banques dans ces deux états sont donc contraintes par la loi d’être moins grippe-sou qu’ailleurs. Cela n’a pas empêché ces deux états d’avoir les plus gros problèmes de prêts hypothécaires. Pourtant, on peut se demander pourquoi les banques en Floride et en Californie prêtaient avec aussi peu de garanties. C’est que les banques, plus encore que les ménages et les entreprises industrielles, ont un statut de responsabilité très très limité.

    C’est ainsi que les banques ont un énorme effet de levier (environ 3% de fonds propres pour 97% de crédit) : un ratio qui n’existe nulle part ailleurs. Les entreprises américaines, un levier relativement faible (2/3 de fonds propres pour 1/3 de crédit bancaire). Beaucoup de ménages sont entre les deux. Les garanties publiques et les procédures de faillite jouent un rôle important dans ces différences.

  13. Je suis toujours étonné de lire, sous votre plume comme sous celle de tant d’autres, que les injections de crédit (ici à propos de Fannie et Freddie) sont faites « aux frais du contribuable ».
    Or ce n’est pas le contribuable qui donne les sous, ce sont les marchés. Le contribuable est censé leur rembourser plus tard leurs prêts, mais il ne le fera pas, ou le fera très peu. Ce sont les marchés, c’est-à-dire les épargnants, qui paieront la note à la fin. Ce sont les rentiers que les crises euthanasient.

    1. Les épargnants ont renfloué les grandes banques ? Les épargnants financent en ce moment Fannie Mae et Freddie Mac ?

      Pouvez-vous nous expliquer par quel mécanisme ?

    2. Il y a une grande difference entre le système financier américain et européen, mais en Europe, l’epargne d’un pays influence la capacité de crédit de ce pays…

    3. Pierre, l’épargne n’est que la contre partie de la promesse de payer une dette. C’est ainsi que le système fonctionne et c’est là justement que se trouve le problème : la partie non remboursable de la dette celle qui provient des bulles justement devrait voir sa contre partie en épargne disparaître, ce que le système veut à tout prix éviter. Pour l’instant seul les capitalisations boursières ont fait plus ou moins ce travail : je prends un exemple à Société générale value 142 e elle en vaut 33 e aujourd’hui, à 142e c’était un prix de bulle non un prix reflétant la réalité, en bourse cela s’est ajusté mais cela n’est pas encore suffisant.
      Au nom de quel principe doit on garder de l’argent qui ne provient pas de la réalité mais d’une bulle né du crédit et dont la contrepartie le paiement à venir ne sera jamais au rendez vous .?
      C’est de cela dont il faut se défaire pour que le système reparte, et c’est cela que la finance veut à tout prix évité en pleurant sur les petits épargnants alors que c’est elle à travers ses bilans et hors bilan qui détient la majeur partie de cette dette, de plus entre nous il faut mieux perdre
      aujourd’hui et vivre mieux demain que garder contre vent et marée ce que l’on a aujourd’hui et mal vivre demain.
      Le système a besoin d’une faillite organisé ou non, mais il en a besoin, une grande lessive, une grande purge et la reprise en main de leur vie par les peuples au lieu de dormir devant la bêtise télévisuelle, de s’engraisser en mangeant de la M, tout en étant bêtement heureux d’avoir une assurance vie pourrie de déficits des états parce qu’on n’a pas osé augmenter les impôts et faire payer les riches parce que l’on n’a pas osé le partage parce qu’on est revenu au 19ème…
      Quoi qu’au 19ème on était plus libre mine de rien…

    4. Et pour finir Pierre, le système aujourd’hui il fait tout pour sauver les rentiers c’est justement là où cela ne va pas. plutôt que de les faire payer en restructurant toutes les dettes : on rajoute de nouvelles dettes qu’on vend soit aux banques soit au marché comme vous dites MAIS qui sont à payer par le contribuable d’où les hausses de taxes partout et les suppressions massives de l’état providence parce que dans cette belle histoire d’amour entre le peuple et la finance, c’est plus aujourd’hui mais moins que demain que tu dois payer mon cher contribuable nos erreurs.

    5. Lors des crises financières passées – l’effondrement de la bourse en 1987, les conséquences du défaut de paiement de la Russie en 1998 – la Fed a pu utiliser sa baguette magique et disperser les nuages sur les marchés. Mais cette fois-ci, la magie ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce que le problème des marchés n’est pas seulement celui d’un manque de liquidité. Il y a également un problème fondamental de solvabilité.

      KRUGMAN (Paul), Professeur à l’Université de Princeton, « After the money’s gone », New York Times, 14 décembre 2007.

    6. Un petit exemple:
      Mon frère est un rentier très riche et il me prête (l’état) de temps en temps de l’argent que je dois lui rembourser avec intérêt, mais moi je peux aussi aller emprunter de l’argent chez les autres (états) en disant que j’ai un frère riche dans ma famille…..:-)

    7. @tous,
      je ne suis pas économiste, mais il me semble que nous observons depuis trois ans une fuite en avant généralisée. Les banques couvrent les faillites des particuliers (subprimes 2007) puis les États les banques, aujourd’hui des groupes d’États (UE, FMI) couvrent les États. Le garant de dernier ressort sera-t-il la Confédération intergalactique ? se demandait il y a peu Lenglet, de La Tribune.
      J’entendais Thierry Guerrier introduire un débat (C dans l’air, France 5) suivant l’adoption du plan de 450 milliards par l’UE. « On a cassé la tirelire », disait-il. Quelle tirelire ? Cet argent est pour l’instant fictif. Il sera peut-être demain celui de prêteurs inconscients. Mais ce ne sera pas (ou très peu) celui des contribuables.
      Toutes ces bulles ne se dégonfleront pas par la vertu (la rigueur). Elles crèveront. Les banques, les fonds de pension et autres assureurs perdront leurs fonds propres, des riches perdront, mais surtout, surtout, les tondus seront les épargnants. C’est dans les plans Epargne-retraite, les SICAV et autres contrats d’assurance-vie que se cachent les obligations d’États (ou même les actions BP !).
      Les rentiers perdront, parce que c’est toujours comme ça. Qui paie les dettes de Philippe le Bel ? Les victimes de l’inflation (« dénaturation » de la monnaie) et les prêteurs, juifs et lombards. Qui paie la note de la faillite de Law ? Les prêteurs, les épargnants petits.
      Dans son étude sur le Système de Law, feu Edgar Faure a fait remarquer que la chaîne des faillites avait redistribué les cartes, en servant quelques couches sociales tels les cultivateurs endettés. On peut imaginer que la purge servira les jeunes, peu épargnants, au détriment des seniors, ce qui ne sera pas forcément un mal…

    1. Lire et relire Balzac, toute la Comédie Humaine,tout y est dit des grandeurs et misères de l’argent et de la dette. Et il avait payé pour en tout savoir…
      Une couche de Flaubert (l’Éducation et Bovary) plus un nappage de Zola et fermez le ban! Pouvez oublier Aristitote, Smith, Marx, Keynes, Hayeck, Schumpeter et Jorion…:-)

    2. Dans la maison Nucingen, il y a toute le spéculation d’aujourd’hui, l’outil informatique et les télécommunications en moins.

  14. Visiblement dans les milieux syndicalistes, tous s’accordent à dire qu’il va y avoir du mouvement de masse et cette fois-ci du reconductible, avec j’espère un blocage de l’économie. Mais tout le monde est si frileux qu’il pourrait faire chaud.

  15. Je ne sais pas comment cela s’est passé aux Etats-Unis à l’époque, mais en France, au début des années 90, la chute de l’immobilier a justement commencé par l’explosion de la bulle sur les marchés de l’immobilier d’entreprise. L’immobilier de logement a suivi. Il est possible que la crise de l’immobilier commercial aux Etats-Unis se répercute en Europe d’abord sur les bureaux et les surfaces commerciales puis sur le résidentiel, avec une vrai baisse des prix. Celle-ci n’a pas encore vraiment eu lieu, tant le caractère de valeur refuge soutient le marché immobilier actuellement.

  16.  » on tremble à la pensée de l’année 2012  »

    Malheur ! Malheur ! sur notre folle civilisation.

    Un malheur ne vient jamais seul. [François Rabelais]

    Pourvu que Jérémie n’en rajoute pas trop une couche de plus.

    Les malheurs sont souvent enchaînés l’un à l’autre.[Jean Racine]

    Il n’y a pas au monde de pire malheur que la servitude. [Sophocle]

    Les malheurs qui ne nous tuent pas nous grandissent.[Louis Pauwels]

    Malheur à ceux qui se croient des sages et s’estiment très malins. [Isaïe]

    Malheur aux gens qui n’ont jamais tort ; ils n’ont jamais l’esprit [C.J de Ligne]

    L’égoïsme consiste à faire son bonheur du malheur de tous. [Henri Lacordaire]

    L’homme porte en lui la semence de tout bonheur et de tout malheur. [Sophocle]

    Tu supportes des injustices ; console-toi, le vrai malheur est d’en faire. [Démocrite]

    C’est un malheur du temps que les fous guident les aveugles. [William Shakespeare]

    Pour qui s’y est préparé et s’y attend le malheur n’a rien de déconcertant. [Sénèque]

    Il est malheureux, celui qui n’entre pas dans les illusions de son époque. [Jules Renard]

    Aucune nation n’aime à considérer ses malheurs comme ses enfants légitimes. [Paul Valéry]

    Les hommes veulent tout avoir, et ils se rendent malheureux par le désir du superflu. [Fénelon]

    Plus savants et puissants, les hommes sont aujourd’hui plus malheureux que jamais. [André Maurois]

    Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres est qu’ils veulent leur bien.
    [Vauvenargues]

    Malheur au monde à cause des scandales ! Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! [Saint Luc]

    Je suis très fort, en affaires. Le malheur, c’est que les autres le sont encore plus que moi.
    [Francis Blanche]

    En espérant que cela ne dure pas trop des années, sinon c’est sur cela va davantage solliciter les caisses de santé un peu partout dans le monde.

    L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.
    [Blaise Pascal]

    Le plus malheureux des gouverneurs est celui qui fait le malheur de ses administrés.
    [Omar Ibn Al-Khattäb]

    Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus. Quelquefois les deux en même temps, le même jour. [Woody Allen]

    Tomber a été inventé pour se relever. Malheur à ceux qui ne tombent jamais. [Félix Leclerc]

    C’est l’abus de nos facultés qui nous rend malheureux et méchants. [Jean-Jacques Rousseau]

    N’ai-je pas raison de me lamenter sur ce que l’homme a fait de l’homme ? [William Wordsworth]

    Dans tout homme il y a du bon et du mauvais en espérant les mauvais résultats de plus
    ne pousse pas trop la majorité du coté du mauvais que du bon.

    On dit encore que plus les hommes sont heureux et moins ils sont poussés à se laisser aller aux lamentations à la colère comme à la vengeance.

    Lorsque les armes se taisent, leur bruit est remplacé par les lamentations des morts, relayées par les soupirs des survivants. [Moses Isegawa]

    Le bonheur repose sur le malheur, le malheur couve sous le bonheur. Qui connaît leur apogée respective ? [Lao-Tseu]

    Il y a un temps pour tout, un temps de pleurer, un temps de rire, un temps à se lamenter et un temps de danser. [La Bible]

    Dans une famille on est tous tributaire les uns des autres. Le malheur de l’un fait le malheur de tous. [Germaine Versailles]

    Certaines femmes font le malheur de dizaines d’hommes. D’autres s’acharnent sur un seul : ce sont les femmes fidèles. [Marcel Achard]

    Le moyen de supporter le malheur, c’est de voir quelqu’un de plus malheureux que soi. [Thalès]

    Les malheureux devraient se réjouir de leur excellent estomac au lieu de se plaindre, quant il y a tant de millionnaires gastralgiques. [Jean Anouilh]

    Mais c’est un plus grand maheur que de vouloir laisser voir cela dans les yeux d’un autre.

    L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux. [Fiodor Dostoïevski]

    Les mauvaises langues sont plus redoutables que les armes.[Alexandre Griboïedov]

    Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur. [Lao-Tseu]

    Le pire des malheurs en prison, c’est de ne pouvoir fermer sa porte. [Stendhal]

    En se résignant, le malheureux consomme son malheur. [Honoré de Balzac]

    L’expérience du malheur nous apprend à secourir les malheureux. [Virgile]

    C’est déjà un malheur d’être le premier à annoncer un malheur. [Eschyle]

    Malheur à vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ![St Luc]

    Vivre les malheurs d’avances, c’est les subir deux fois. [René Barjavel]

    Plus le malheur est grand, plus il est grand de vivre.[Prosper Crébillon]

    Un homme est la somme de ses propres malheurs.[William Faulkner]

    C’est dans le malheur qu’on reconnaît les vrais ami(es). [Euripide]

    Ceux qui ont toujours été malheureux ne le sont point. [Bias]

    Ne révèle pas aux autres le malheur qui te frappe. [Pindare]

    On devient moral dès qu’on est malheureux. [Marcel Proust]

    La bravoure ne cède pas devant le malheur. [Publius Syrus]

    Les malheureux ont toujours tort. [F.-J. Desbillons]

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