Pourquoi les riches se comportent si mal ?, par Tata

Billet invité

À cette question, de nombreux messages ici en font le constat, je vous propose la réponse suivante qui peut paraître bien provocante, j’en conviens :

Parce qu’il devient très difficile d’être heureux lorsqu’on est riche !

J’ajoute d’ailleurs qu’il semble beaucoup plus facile de l’être lorsqu’on estime que l’on va le devenir… Il peut sembler décourageant, voir exaspérant à certains, de se préoccuper encore des riches, mais l’influence de chacun sur notre avenir commun dépend malheureusement assez fortement de nos pouvoirs respectifs (les groupes se constituant et s’identifiant souvent en fonction de leurs capitaux respectifs). Alors pardonnez-moi d’offenser probablement certains d’entre vous, croyez au moins qu’il s’agit d’éclaircir un paradoxe que nous sommes condamnés à dépasser un jour (le bourgeois et le citoyen étant en chacun d’entre nous ?).

On pourrait évoquer une modélisation sociologique, les riches étant les plus ghettoïsés, leur capital permettant, en outre, un grand conservatisme et une herméticité au questionnement de leur statut. Mais arriverions-nous jusqu’au bonheur ? Je n’en sais rien…

Alors par quel biais une telle affirmation peut-elle trouver sa légitimité ? N’étant alors pas né, je ne peux vous fournir d’anecdotes personnelles sur les années 60 comme Paul Jorion, mais je peux tout de même vous parler d’un mouvement en sciences humaines, en psychologie plus exactement, qui a pris son essor aux Etats-Unis à cette période. L’enjeu était avant tout de redéfinir un cadre pouvant relier nos émotions, nos pensées et nos comportements et de comprendre les interactions permanentes qui se produisent. Cette approche a acquis une place plus importante aujourd’hui à travers la notion de « schéma » (un des précurseurs était un Français nommé Pierre Janet).

Mais revenons à des idées très simples, celles des années 60, qui nous suffiront ici. Parmi les émotions de base, il y a la joie et la tristesse. Ces deux émotions ne sont pas opposées mais les pensées associées le sont : le gain et la perte. La joie étant provoquée par le fait d’estimer avoir effectué un gain et la tristesse, vous l’aviez deviné, par celle d’estimer perdre quelque chose. Cette estimation est bien sûr complètement relative à l’individu, chacun ayant ses propres notions de gains et de pertes et celles-ci pouvant évoluer. Nous pouvons par exemple être très heureux de donner quelque chose, donc de perdre cette chose, car on obtient ainsi une plus grande estime de soi ou alors on obtient le plaisir ou la reconnaissance du bénéficiaire. Nous pouvons aussi être très tristes d’avoir obtenu quelque chose que nous convoitions depuis longtemps car ceci sous-entend une perte, par exemple le fait même que cette quête soit terminée.

Cela peut se compliquer encore, comme déjà évoqué implicitement : comme nous sommes dotés d’empathie, nous pouvons nous mettre à la place des autres et éprouver, par exemple, une tristesse plus importante qu’une personne faisant face à une lourde perte. Même si la liaison entre ces deux émotions et ces deux concepts prend de nombreuses formes, cette liaison semble très solide. Partons maintenant du postulat qu’il vaut mieux ne pas être triste pour être heureux (ce qui est discutable… ) ! Le riche, s’il souhaite une certaine lucidité sur sa situation, est constamment confronté à la perte et peut très rarement réaliser un gain. D’où la formation de comportements contraires au bien commun. Je m’explique…

D’abord, sa richesse ne lui permet plus la jouissance de l’obtention d’un bien matériel. Avoir un deuxième yacht ne représente qu’un gain très restreint si l’on n’en a pas l’usage et peut signifier plutôt une perte d’argent. Le fait même d’avoir l’argent correspondant au bien peut suffire à s’en estimer détenteur. Mieux, l’argent représente un bien plus intéressant puisqu’il correspond à plusieurs biens matériels, un gain matériel correspond alors à plus d’argent. Bref, les biens matériels ne sont plus vecteurs de gain.

Devant cette situation, certains d’entre eux vont tout de même mettre en place une stratégie d’assujettissement à ce type de gain matériel et vont se perdre dans l’obtention de produits matériels de plus en plus inaccessibles. Ceux-là n’ont plus le souhait de la lucidité de leur situation…

En revanche, si le riche souhaite simplement conserver sa richesse, ce qui peut s’avérer complexe, alors il n’obtient aucun gain ! Il n’est confronté qu’à la possibilité d’une nouvelle perte, il peut tout de même estimer comme gain de n’avoir pas eu de perte (une stratégie d’évitement de la tristesse engendrée par la perte matérielle) ! Réjouissant…

Reste la possibilité d’obtenir quelque chose qui n’est ni matériel, ni monétaire, quelque chose de plus délicat qu’on pourrait appeler l’augmentation de l’estime de soi ou de l’amour propre. Un truc pour tout le monde, engendré par notre regard sur nous-même en interaction avec celui des autres. Paul Jorion nous parlait de la notion d’honneur au Moyen Âge lors de son passage au Canada, cela en fait partie me semble-t-il. Mais là, les riches ont un désavantage énorme, s’ils souhaitent toujours être lucides sur leur propre situation…

À partir d’un certain degré de richesse, il devient déraisonnable de penser que celle-ci a été créée par sa propre activité, elle ne peut malheureusement correspondre qu’au travail d’autres personnes (je ne vous apprends rien, j’espère !). Même si vous avez une idée géniale, celle-ci ne représente qu’une part restreinte de l’activité nécessaire à la richesse associée. Accepter une telle réalité est en soi déjà une prouesse car elle engendre une perte de la légitimité que l’on supposait dans le regard des autres (cette notion de légitimité peut prendre des contours très étonnants. Par exemple, on peut estimer « les autres » comme incapables d’évaluer la valeur de notre action et interpréter leur « soumission » comme une légitimation). Le riche, sans avoir commencé quelque nouvelle activité que ce soit, est finalement confronté à une perte de l’estime de soi qui incombe à son propre statut.

Alors quelles stratégies reste-t-il ?

Une stratégie compensatoire consiste à effectuer des donations, des bonnes œuvres ou des initiatives économiques réelles. Ceci ne doit en rien constituer une perte matérielle réelle puisque, sinon, ce serait aussi synonyme de perte de la stratégie mise en place… Cela permet de satisfaire son estime au présent mais ne peut effacer le futur qui perdure et la perte qui s’annonce encore.

Deux stratégies d’évitement apparaissent aussi assez clairement. Pour ne pas se lever le matin en pensant que l’on va dépenser pendant cette journée ce que d’autres obtiendront peut-être durant une année, il devient nécessaire que cette pensée n’ait pas l’occasion de s’expliciter sur une durée très longue. Un moyen mis en œuvre est de n’accorder son intérêt qu’à un monde très restreint qui promeut en permanence des valeurs, parfois très belles, mais cachant de façon permanente la cruauté de cette situation. On se perd alors dans des codifications, des protocoles si complexes qu’ils permettent d’y passer tout son temps ou d’exclure des discours plus problématiques.

La stratégie la plus problématique reste à venir et est peut-être le point crucial auquel nous sommes confrontés. Il s’agit d’éviter que son amour propre ne dépende de l’estime des « autres ». Il est ainsi possible de diminuer considérablement la perte engendrée par cette situation de richesse qu’on ne peut légitimer par le regard d’autrui. Mais cette stratégie suppose une perte importante d’empathie. Ne plus pouvoir se mettre à la place des autres est dramatique quant à nos capacités de définir une notion de bien commun.

Ce texte n’est pas une théorie ! La perte et sa tristesse associée semblent au cœur de la problématique de la richesse. On pourrait aussi parler de l’anxiété produite par la possibilité de la perte. Beaucoup d’émotions considérées comme « négatives » sont peut-être produites par la richesse… Si les riches ne semblent pas malheureux, alors quelle stratégie ont-ils mise en place ? Tout ce texte n’a pour but que de poser des questions : l’état de richesse nous pose problème de façon très concrète aujourd’hui, il faudra bien un jour en comprendre les conséquences.

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106 réflexions sur « Pourquoi les riches se comportent si mal ?, par Tata »

  1. Souvent, qui s’enorgueillit le plus facilement de son gain
    s’attriste d’autant plus profondément de sa perte.

    Savoir gagner, comme savoir perdre, cela ne s’apprend pas à l’école ?

  2. Je vous laisse psychologiser seul…

    Rien que cette récupération :
    « À cette question, de nombreux messages ici en font le constat »
    montre bien la manipulation.

    1. Vous pensez que, dans le blog de Paul Jorion, la plupart des messages
      nous expliquent que les riches se comportent très bien actuellement?

    2. @ tata,

      Je profite du commentaire abscons d’Yvan pour vous demander d’éclaircir un peu votre première phrase tout aussi incompréhensible pour moi (pour le reste je vous suit).

      Vous écrivez:
      « A cette question, de nombreux messages ici en font le constat, je vous propose la réponse suivante (etc) »
      =
      – de nombreux messages font le constat « à cette question »?
      – de nombreux messages font le constat (que) je vous propose la réponse?
      …pardon mais je suis perdu.

      Je ne veux pas chercher la petite bête mais comprendre quel est votre point de départ. Auriez-vous fait vous même le constat que de nombreux messages posaient la question? J’ai pour ma part l’impression que les messages constatent souvent que les riches se comportent mal, sans se poser la question du pourquoi.
      Une question que vous avez raison de poser, même si certains des commentateurs vous reprochent de ratiociner.

    3. Je comprends mieux le problème… Effectivement, je me suis mal exprimé à
      ma première phrase… Dans ce blog, beaucoup estiment le comportements des
      riches préjudiciable au moins actuellement. Pour que cette potentielle frustation
      n’engendre pas seulement de colère, on peut s’occuper du pourquoi.

      Pour Yvan: Comme vous écrivez beaucoup, je vous ai lu plus d’une fois et comme
      vous vous intéressez à beaucoup de sujets, j’ai été étonné.

  3. « Patience est mère de toutes les vertus. » Très utile en bourse… et en amour ! Surtout avec les italiennes… 🙂

  4. Si quelqu’un connaît un riche qui veut mettre en place une « stratégie compensatoire » qu’il me verse rapidement 200 ou 300 ooo€, ça suffira à mon bonheur en attendant la crise et, lui, cela lui fera tellement de bien…

    1. Bonsoir,

      La vérité n’existe pas sans le mensonge, ni la richesse sans la pauvreté (dans le sens aussi de celui qui est riche en argent est pauvre dans un autre domaine) et nous pourrions établir tout un inventaire à la prévert.

      Si cet article est dépassé pour certain, sûrement est-il utile pour d’autres, alors pourquoi le dénigrer?

      Tout le monde n’est pas au même niveau (c’est l’intérêt de l’article), mais pour ceux qui sont plus avancés, c’est du temps perdu que de commenter négativement ou ostensiblement.

      Cependant, il faut aller plus loin maintenant dans les expériences, cela fait plus de deux siècles que l’on se pose les mêmes questions et que l’on y a répondu, il va falloir évoluer!

      C’est pour cela que je continu mon chemin maintenant!

      Merci
      Pascal

    1. Ce sont des travaux très intéressants qui décrivent de façon
      beaucoup plus vaste l’univers des riches. Le propos ici n’est
      pas sur ce monde particulier mais sur ce qui pourrait l’engendrer.

    2. Edifiant, navrant.

      On se réjouit régulièrement qu’un certain ridicule ne tue pas, en voyant cette vidéo, on le regrette……….dommage, cela obligerait à d’avantage de raison.

      Cela me fait penser à l’histoire d’un des enfants de Marie-Antoinette. Par deux fois il fût trahit:

      Si lors de la Révolution, le fait d’appartenir à l’aristocratie le condamnait , le fait d’être avant tout un petit d’homme aurait du suffire à l’épargner, quand bien même il l’ignorait lui même.

      Il ne fût pas reconnu comme tel.

      Lorsque son petit coeur, desséché, précieusement conservé, après moult tribulations fût retrouvé. .Il fût exposé dans une chapelle au regards de « ses sujets ».

      La valeur réelle de ce petit coeur tenait dans le fait de battre dans la poitrine du petit d’homme. De faire circuler le fluide vital dans l’enveloppe miraculeuse du corps. Le petit d’homme n’étant plus, ce coeur se devait de retourner en poussière.

      Au contraire de cela, il fût conservé, exposé, comme un objet de vénération, petit morceau de viande séché, reliquat précieux, symbole mortifère d’une royauté déchue.

      Une fois encore le petit prince était renié dans sa dignité première de petit d’homme.

      Durant sa courte vie, personne ne le reconnut , ni ne l’aima pour ce qu’il était en vérité. Lui même l’ignorait. Faute d’avoir été établit, instruit, dans le respect de sa véritable noblesse, sa véritable royauté. Son appartenance au genre humain, elle seule nous oblige .

      Quand la valeur ajoutée occulte la valeur première des êtres et des choses, c’est la mort de tout.

      Affligeant.

    3. Désolé sven, je n’ai pas supporté cette horreur plus de 2 minutes.
      Mon instit préféré aurait dit en son temps :  » à aligner contre un mur et à fusiller avec des zwatchgas steins » (des noyaux de prunes).

  5. Messieurs, hormis en ce qui concerne les domaines
    purement techniques, où vous paraissez exceller ;
    pour le reste, c’est du vol en rase mottes.

  6. Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume … Prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.
    Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez rendu visite ; j’étais en prison et vous êtes venu vers moi.
    Je me réjouis en suivant tes préceptes, comme si je possédais tous les trésors.
    Tes préceptes sont pour toujours mon héritage, car ils sont la joie de mon coeur.
    Children , how hard is it for them that trust in riches to enter in the kingdom…Inherit the kingdom prepared for you from the foundation of the world : For I was an hungred and ye gave me meat : I was thirsty and ye gave me drink : I was a stranger and ye took me in : Naked, and ye clothed me : I was sick and ye visited me : I was in prison and ye came unto me.
    I have rejoiced in the way of thy testimonies, as much as in all riches.
    Thy testimonies have I taken as an heritage for ever : for they are the rejoicing of my heart.

    Keskecé ? un medley d’évangiles et de psaumes , hé oui Paul JORION ayant cité la Genèse dans son dernier billet, ça a réveillé la grenouille. Et mon ami l’émir me rappelle que RIBA, l’interdiction du prêt à intérêt peut se trouver dans le Coran.

    Quant aux autres, les pauvres, dont certains ne semblent pas malheureux, quelles stratégies ont ils mis en place ?

    1. @ Anne
      « Quant aux autres, les pauvres, dont certains ne semblent pas malheureux, quelles stratégies ont ils mis en place ? »

      Tout simplement en vivant ensemble et simplement, si l’argent ne fait pas le bonheur il y contribue, mais quand il n’y en a pas il faut faire sans jusqu’à un certain point c’est ce qui détermine l’acceptation de la masse à la pression, passer un cap cela « casse » et la révolte gronde.

    2. Pour compléter le medley:

      Alors un homme riche dit, Parlez-nous du Don.
      Et il répondit :
      Vous donnez, mais bien peu quand vous donnez de vos possessions.
      C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez véritablement.
      Car que sont vos possessions, sinon des choses que vous conservez et gardez par peur d’en avoir besoin le lendemain ?
      Et demain, qu’apportera demain au chien trop prévoyant qui enterre ses os dans le sable sans pistes, tandis qu’il suit les pèlerins dans la ville sainte ?
      Et qu’est-ce que la peur de la misère sinon la misère elle-même ?
      La crainte de la soif devant votre puits qui déborde n’est-elle pas déjà une soif inextinguible ?
      Il y a ceux qui donnent peu de l’abondance qu’ils possèdent — et ils le donnent pour susciter la gratitude et leur désir secret corrompt leurs dons.
      Et il y a ceux qui possèdent peu et qui le donnent en entier.
      Ceux-là ont foi en la vie et en la générosité de la vie, et leur coffre ne se vide jamais.
      Il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.
      Et il y a ceux qui donnent dans la douleur, et cette douleur est leur baptême.
      Et il y a ceux qui donnent et qui n’en éprouvent point de douleur, ni ne recherchent la joie, ni ne donnent en ayant conscience de leur vertu.
      Ils donnent comme, là-bas, le myrte exhale son parfum dans l’espace de la vallée.
      Par les mains de ceux-là Dieu parle, et du fond de leurs yeux Il sourit à la terre.
      Il est bon de donner lorsqu’on vous le demande, mais il est mieux de donner quand on ne vous le demande point, par compréhension ;
      Et pour celui dont les mains sont ouvertes, la quête de celui qui recevra est un bonheur plus grand que le don lui-même.
      Et n’y a-t-il rien que vous voudriez refuser ?
      Tout ce que vous possédez, un jour sera donné ;
      Donnez donc maintenant, afin que la saison du don soit la vôtre et non celle de vos héritiers.
      Vous dites souvent : « Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent ».
      Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages.
      Ils donnent de sorte qu’ils puissent vivre, car pour eux, retenir est périr.
      Assurément, celui qui est digne de recevoir ses jours et ses nuits est digne de recevoir tout le reste de vous.
      Et celui qui mérite de boire à l’océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre petit ruisseau.
      Et quel mérite plus grand peut-il exister que celui qui réside dans le courage et la confiance, et même dans la charité, de recevoir ?
      Et qui êtes-vous pour qu’un homme doive dévoiler sa poitrine et abandonner sa fierté, de sorte que vous puissiez voir sa dignité mise à nu et sa fierté exposée ?
      Veillez d’abord à mériter vous-même de pouvoir donner, et d’être un instrument du don.
      Car en vérité c’est la vie qui donne à la vie — tandis que vous, qui imaginez pouvoir donner, n’êtes rien d’autre qu’un témoin.
      Et vous qui recevez — et vous recevez tous — ne percevez pas la gratitude comme un fardeau, car ce serait imposer un joug à vous-même, comme à celui qui donne.
      Élevez-vous plutôt avec celui qui vous a donné par ses offrandes, comme avec des ailes.
      Car trop se soucier de votre dette est douter de sa générosité, qui a la terre bienveillante pour mère, et Dieu pour père.

      Khalil Gibran, Le Prophète ~ Le Don

  7. La disproportion engendre la difformité.

    Nos sociétés sont difformes.Nous vivons dans des sociétés de la représentation et de la valeur ajoutée.

    Certains souffrent d’un manque d’envergure, d’autres souffrent d’en avoir trop et phagocytent la vie des autres.

    Le besoin de richesse est un reliquat des temps primitifs, celui qui possède est admiré, il en impose (bétails , femmes , terres……etc).Le but attirer l’autre ,le mâle se pare de toutes sortes d’attributs ,la femme aussi, le but la séduction.

     » Le riche », le puissant il peut, il a les moyens , il a le pouvoir ,,il attire autour de lui comme un pot de miel attire des mouches, ceux qui cherchent à récupérer un peu de poussière d’or a son contact . Echapper à sa condition humaine ordinaire, être un demi-dieu à défaut d’être un dieu . S’élever au dessus des autres en se hissant sur leurs épaules , se prendre ainsi pour un géant.

    Il en va ainsi avec toutes les richesses . Certains accumulent le savoir au point de ressembler à des bibliothèques ambulantes , ils n’en font rien, ils savent cela leur suffit. Leur angoisse: rencontrer quelqu’un qui en sache d’avantage.

    D’autre n’ont de cesse que d’avoir l’objet high tech qui vient de sortir, être le premier, ou du moins dans le peloton de tête. Exister à défaut de savoir être.

    L’angoisse être un has-been , cela doit nous venir de la maternelle. Le problème c’est le regard social des autres. Nous sommes conditionnés pour être admirable à défaut d’être aimé pour soi.

    Cela vient du culte de la personnalité. Des individus se relayent dans le temps travaillent sur un sujet quelconque, puis vient celui qui fait aboutir le travail de ceux qui l’ont précédés. Quel nom retiendra-t-on ?

  8. En bref, un riche perd forcément son savoir-vivre ?

    Et il n’est plus un être singulier car il pressent que ce qu’il désire est vu au prisme du prix et non de son propre choix de jouissance.

    Statistiquement, disons…

  9. Ce genre de psychologie semble toujours analyser des comportements opposés à ce qui serait normal.
    Je n’ai jamais bien compris ce qui serait vraiment normal dans l’ombre de ce genre de textes.

    1. Pour la liaison entre tristesse et perte, il y a un coté très « normal »:
      allez enlever un jouet à un enfant!

      Je me suis focalisé dans les exemlpes sur des cas où les apparences
      semblait prouver le contraire (une perte était cachée par un gain de moindre
      importance pour la personne).

  10. Non, ce texte est assez juste, à mon sens. personnellement j’ajouterais la notion de « sécurité » à la rhétorique.

    Exemple: si la finance ne veut pas de « régulation », c’est par peur de perdre ce qui est connu (le système dans lequel elle évolue depuis un certain temps) ce qui est considéré comme « sécurité ». Laissons la « sécurité » et offrons en plus, la valorisation du rôle de la finance dans la construction de la société ► elle est celle qui apporte la « sécirité » au reste (aux humains, aux échanges, aux valeurs etc…).

    Bien sûr, cela nécéssite un regard d’égalité et sur les humains : pas d »échanges fructueux sans la « sécurité » de la considération d’autrui.

    Cela demande de sortir du « combat » :vainqueur/vaincu, du système » je me valorise en dévalorisant autrui ».

    Au passage, on pourrait d’un commun accord discuter du consensus de l’or comme valeur, celui-ci était « contaminé » ai-je appris, depuis la seconde guerre mondiale : ce serait une base morale à l’entrée du système de la finance dans sa valorisation.

  11. Bonjour à tous

    Voici une histoire: un enfant demande à son grand père: « Dis, ça sert à quoi l’argent? »

    le grand père prend l’enfant et le place près d’une fenêtre:  » Que vois tu? »
    « La rue, les arbres, des oiseaux, d’autres enfants et d’autres grand pères! »

    Puis le grand père prend une pièce d’argent qu’il fait bien briller et la place devant les yeux de l’enfant
    « Et maintenant que vois tu? »
     » je vois mon reflet dans la pièce d’argent! »

    Eh bien voilà à quoi sert l’argent: On ne voit plus que soi même! »

    Cette histoire est certes réductrice mais elle constitue une bonne mise en garde préliminaire , une défense, à l’apprentissage des différents usages et modes de gestion de l’argent.

    Maintenant sur le sort qui échoit aux riches: plus un cercle s’aggrandit, plus le centre s’éloigne de la périphérie. Si on transpose à un organisme vivant, un unicellulaire, la communication avec l’extérieur se fait par la membrane cellulaire: vous comprenez bien que si la cellule grandit le noyau s’éloigne forcément de la membrane et que tout échange d’infos noyau /membrane se trouve ralenti, réduit et à partir d’un certain point déformé par la quantité de matière les séparant.
    Un riche agglutine de plus en plus de matière humaine autour de lui simplement parce qu’il constitue aussi une source d’approvisionnement: de ce fait il est petit à petit isolé du monde extérieur et les infos qu’il en reçoit sont de plus en plus « perturbées » .
    Il n’est donc pas judicieux, à mon sens, d’introduire des jugements moraux – donc de valeur et ponctuels tant dans l’espace que dans le temps- pour qualifier le comportement « des riches. »
    (D’autant plus que tous nous savons qu’il y a aussi « des pauvres » qui se conduisent mal)

    Par ailleurs, l’actualité nous montre aussi que si un riche totu à coup voulait se mettre à distribuer sa fortune aux pauvres, il y a tout un tas de gens autour qui s’empresserait de l’en empêche par tous les moyens y compris l’internement pour folie ou irresponsabilité.

    Il y a un mécanisme d’exclusion débouchant sur un certain enfermement aux deux extrémités de la courbe. Et dupoint de vue de l’expérience du bonheur intime, les effets de cet enfermement sont les mêmes!
    Se retrouver uniquement en compagnie de nos très semblables est un enfermement dans le même: ses conséquences sont parfaitement énoncées dans le mythe de Narcisse: la mort. De lEtre sinon du corps.
    Au fait qu’est ce qu’un riche? une définition purement comptable pourrait être:
    quelqu’un qui peut vivre des intérêts de ses intérêts.

    Bonne journée.

  12. Je crois que ce que j’ai lu de plus intelligent sur les riches, deux pages de pur génie sur la notion de vide et d’éloignement mais aussi sur les ravages du capitalisme financier, sur la nocivité et l’absurdité criminelle d’un système prédateur, je l’ai lu dans Les Raisins De La Colère de Steinbeck.
    Attention, à ne pas confondre avec le film de Ford, pitoyable contrefeu hollywoodien, stupidement et grossièrement édulcoré.

    Le livre est vraiment ce que j’ai lu de plus génial sur le démontage de cette machine infernale qu’on appelle financiarisation. Et contrairement à ce que dit le film, l’action se situe avant la grande crise. Ce n’est pas, comme le sous-entend le film, à cause de la crise(qui n’a pas encore frappé) que ces millions de familles sont jetées à la rue mais à cause des banques qui les ont expropriées à dessein pour concentrer les terres et faire jouer la mécanisation à fond sur d’immenses domaines.

    A lire et à relire absolument. Aussi indispensable que la relecture des Misérables pour comprendre la mise en place d’un système socialement oppressif.

  13. Il existe encore une troisième forme de rapport sinon « à l’argent », du moins « par l’argent », et celle-ci nous ramène pour la seconde fois à l’argent tel qu’il existe en puissance par sa simple possession en sa qualité de réserve de valeur. En effet, je peux jouir comme Onc’ Picsou de ma relation directe à l’argent en m’y baignant, mais je peux également en jouir en me représentant les autres m’imaginant m’y baignant.

    Dans la relation « fétichisée », on a affaire à un rapport à deux termes entre un individu et l’argent qu’il possède, alors que dans la relation que j’envisage maintenant, on a affaire à une relation à trois termes, d’un sujet à un ou à plusieurs autres et où l’argent joue le rôle d’un élément intermédiaire entre lui et ces autres. Dans la relation à deux termes et dans le cas où il s’agit d’un individu à qui l’argent ne manque pas, on a affaire à quelqu’un se représentant une ou plusieurs autres personnes pensant à lui comme à l’heureux propriétaire de cette fortune.

    Nous obtenons nous, possesseur d’argent, une jouissance comme l’envers de l’envie qu’éprouve un autre pour notre fortune. La jouissance résulte ici du fait d’être l’objet des pensées d’un autre et le moyen qui a permis cette captation, c’est l’argent. En fait nous avons réussi à capturer les pensées d’autrui, nous les avons forcées à se concentrer sur nous : il est à proprement parler « captivé » par nous, en raison de cet argent que nous possédons et pas lui et qui fait qu’il nous envie. L’argent a acquis ici un pouvoir équivalent à celui d’une drogue, non pas sur moi, possesseur de cet argent mais sur celui qui est conscient du fait que je le possède.

    Les lecteurs familiers de l’œuvre des philosophes G. W. F. Hegel, Alexandre Kojéve, de celle du psychanalyste Lacan, de l’un des trois ou des trois à la fois, auront reconnu là le « désir du désir », l’un des aspects de la dialectique du maître et de l’esclave, comme on a pris l’habitude d’appeler en français ce dont Hegel parlait lui comme de la relation du « Herr » et du « Knecht » : du maître et de son serviteur (Hegel [1807] 1941 : 161-166 ; Kojève 1947 : 11-34). Il s’agit du désir de reconnaissance : non pas mon désir de l’autre, dans le cadre d’une relation duelle, une relation à deux termes, ni de son désir envers moi, là aussi une relation duelle, mais de mon désir de son désir portant sur moi ou sur mes appartenances, une relation ternaire cette fois, à trois termes dont je suis à la fois le premier et le troisième. La femme ne désire pas son amant, elle n’est pas amoureuse de lui, mais elle désire le désir de son amant pour elle : c’est du fait d’être objet d’amour pour lui qu’elle est amoureuse (Lacan 1966 : 268, 343). Et de la même manière, non seulement j’aime mon or mais j’aime encore davantage penser à tous ces malheureux qui ne peuvent s’empêcher de penser à moi et mon or.

    L’argent, mode d’emploi, Fayard 2009 : 113-115

    1. Ce qui rappelle la théorie du désir mimétique de René Girard:

      « Nous empruntons nos désirs. Loin d’être autonome, notre désir est toujours suscité par le désir qu’un autre – le modèle – a du même objet. Ce qui signifie que le rapport n’est pas direct entre le sujet et l’objet : il y a toujours un triangle[5]. À travers l’objet, c’est le modèle, que Girard appelle médiateur, qui attire ; c’est l’être du modèle qui est recherché. René Girard qualifie le désir de métaphysique dans la mesure où, dès lors qu’il est autre chose qu’un simple besoin ou appétit, « tout désir est désir d’être »[6], il est aspiration, rêve d’une plénitude attribuée au médiateur. En cela, et toujours contrairement au besoin, il a un caractère infini. »

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Girard

    2. La femme ne désire pas son amant, elle n’est pas amoureuse de lui, mais elle désire le désir de son amant pour elle : c’est du fait d’être objet d’amour pour lui qu’elle est amoureuse (Lacan 1966 : 268, 343). Et de la même manière, non seulement j’aime mon or mais j’aime encore davantage penser à tous ces malheureux qui ne peuvent s’empêcher de penser à moi et mon or.

      Oups! le rapprochement des deux phrases n’aurait pas déplu à un Léotaud, ou tout autre misogyne définitif…

      «Les hommes aiment, les femmes se laissent aimer.»
      [ Paul Léautaud ]

      «Aimer, c’est préférer un autre à soi-même.»
      [ Paul Léautaud ]

      « Chaque fois qu’une maîtresse me quitte, j’adopte un chat de gouttière : une bête s’en va, une autre arrive »
      [ Paul Léautaud ]

      Et aussi plus dans le discours du texte, mais à contrepied bien sur: « C’est un talent de savoir se moquer de ce qu’on n’a pas »

    3. Je rejoins cette idée.

      c’est surtout le pouvoir qui fait le riche.
      Je gagne tant (alors que les autres gagnent moi)
      J’ai un poste de cadre sup
      J’ai une villa à saint trop
      j’ai une porsche
      J’ai de belles copines

      Mais toi tu n’es pas si bien placé dans la société, et donc tu n’as pas autant d’argent…
      Bref je suis plus important que toi.

      S’il n’y avait pas ce pouvoir associé à l’accumulation d’argent, il n’aurait pas toute cet importance.

    4. Estelle : Est-ce que j’ai bien mis mon rouge à lèvres?
      Inès : Fais voir. Pas trop bien.
      Estelle : Je m’en doutais. Heureusement que (elle jette un coup d’oeil à Garcin) personne ne m’a vue. Je recommence.
      Inès : C’est mieux. Non. Suis le dessin des lèvres; je vais te guider. Là, là. C’est bien.
      Estelle : Aussi bien que tout à l’heure, quand je suis entrée?
      Inès : C’est mieux; plus lourd, plus cruel. Ta bouche d’enfer.
      Estelle : Hum! Et c’est bien? Que c’est agaçant, je ne peux plus juger par moi-même. Vous me jurez que c’est bien?
      Inès : Tu ne veux pas qu’on se tutoie?
      Estelle : Tu me jures que c’est bien?
      Inès : Tu es belle.
      Estelle : Mais avez-vous du goût? Avez-vous mon goût? Que c’est agaçant, que c’est agaçant.
      Inès : J’ai ton goût, puisque tu me plais. Regarde-moi bien. Souris-moi. Je ne suis pas laide non plus. Est-ce que je ne vaux pas mieux qu’un miroir?
      Estelle : Je ne sais pas. Vous m’intimidez. Mon image dans les glaces était apprivoisée. Je la connaissais si bien… Je vais sourire: mon sourire ira au fond de vos prunelles et Dieu sait ce qu’il va devenir.
      Inès : Et qui t’empêche de m’apprivoiser? (Elles se regardent. Estelle sourit, un peu fascinée) Tu ne veux décidément pas me tutoyer?
      Estelle : J’ai de la peine à tutoyer les femmes.
      Inès : Et particulièrement les employées des postes, je suppose? Qu’est-ce que tu as là, au bas de la joue? Une plaque rouge?
      Estelle (sursautant) : Une plaque rouge, quelle horreur! Où ca?
      Inès : Là! là! Je suis le miroir aux alouettes; ma petite alouette, je te tiens! Il n’y a pas de rougeur. Pas la moindre. Hein? Si le miroir se mettait à mentir? Ou si je fermais les yeux, si je refusais de te regarder, que ferais-tu de toute cette beauté? N’aie pas peur: ii faut que je te regarde, mes yeux resteront grands ouverts. Et je serai gentille, tout à fait gentille. Mais tu me diras: tu. (Un temps)
      Estelle : Je te plais?
      Inès : Beaucoup! (Un temps)

      Jean-Paul Sartre, Huis clos.

    5. Ce désir quasi obsesionnel avait été bien décrit par Alfred Adler disciple de Freud : « la Compensation »,
      http://psychoweb.dnsalias.org/index.php/post/la-Compensation-Narcissisme-et-culte-de-la-consommation
      Ici paul Jorion nous parle de la richesse, de l’argent mais se besoin compensatoire peut se retrouver dans la réussite, le pouvoir, la passion amoureuse etc … devenant un phénomène addictif
      Ce mécanisme compensation à été intégrer par Jacques Fradin à son modèle NeuroCognitiviste et Comportementale comme un mécanisme d’autorégulation venant compenser un comportement hypo fonctionnel ( l’évitement de l’interdit ou du tabou de Freud)
      http://www.ime-belux.eu/asp/formation_pro/l1b.asp?doc_id=244
      c’est une grille de lecture plus biologique de la névrose.

      Ne nous y trompons pas, nous sommes tous concernés à différents degrés !

  14. quel difference , sur le fond , entre quelqu’un qui desir le regard de l’autre sur son or , et quelqu’un qui est heureux car il a des millions de lecteurs . Nous sommes tous des narcissiques en puissance .

    la prochaine etape serait d’etre heureux sans etre dependant du regard de l’autre .

    Un grand dependant du regard de l’autre devant l’eternel .

    Voir les dix etats du bouddhisme :

    L’enfer: C’est une condition où l’on est dominé par la souffrance et le désespoir, par une pulsion de destruction de soi et des autres.
    L’avidité: Dans cet état, on est dominé par les désirs et l’insatisfaction. On en veut toujours plus.
    L’animalité: L’animalité est un état dans lequel on redoute le fort et l’on maltraite le faible. La capacité de faire la différence entre ce qui bien et ce qui ne l’est pas n’existe plus.
    La colère: C’est une condition caractérisée par le désir de toujours surpasser et dominer les autres.
    L’enfer, l’avidité, l’animalité et la colère constituent les quatre mauvaises voies.
    La tranquilité ou état d’humanité: Etat de quiétude marqué par la capacité à porter des jugements raisonnables, à contrôler ses désirs et à se sentir en harmonie avec son environnement. Dans « le véritable objet de vénération » (L&T v1, p.47), Nichiren Daishonin écrit: « La tranquillité est l’état d’Humanité ».
    Le bonheur temporaire: Condition où l’on est plein de joie lorsqu’on est libéré de la souffrance, qu’on a atteint un but ou réalisé un désir.
    L’étude: Condition dans laquelle on recherche un état durable de satisfaction et de stabilité par la réforme et le développement de soi.
    L’absorption ou éveil personne: Etat dans lequel on s’efforce consciemment de comprendre la vérité ultime de la vie et d’étudier la vie de l’amériolation de soi en observant directement les phénomènes de la nature.
    L’état de bodhisattva: Condition caractérisée par la compassion et le désir de sauver les autres de la souffrance.
    L’état de bouddha ou boddhéité: C’est le plus élevé des dix états. C’est un état où l’on est accompli en tant qu’être humain et parfaitement libre. frances. A l’intérieur de chacun de ces dix états, se trouvent à l’état latent les neufs autres. Ainsi, l’enfer contient en lui tous les états, de l’enfer à la boddhéité. D’un point de vue bouddhique, la vie n’est jamais statique, mais en flux constant, dynamique, et passe à chaque instant d’un état à l’autre.

  15. J’ai l’impression que vous oubliez la joie que nous envions tous aux (plus) riches (que nous) :
    celle d’offrir plus de facilité à ses enfants. Non nécessaire, mais suffisante, àmha.

    1. Bon sang mais c’est bien sûr!
      Rajoutez y la satisfaction de leur offrir beaucoup plus qu’aux enfants des autres, avantage concurrentiel incontournable, en le prenant bien sûr dans dans la poche de ces derniers pour optimiser l’écart, et le bon père de famille pourra prétendre au paradis ou à un nirvana bien mérité!

      L’aveuglement justificateur bourgeois dans toute sa magnificence.

    2. C’est peut être plus lié à la diminution de l’anxiété quant à leur avenir…
      D’autre part, c’est nous qui décidons de transmettrs ce qui nous paraît
      être un gain ou pas, c’est un apprentissage.

  16. « L’argent est le maître incontesté des sociétés humaines. » Simmel

    Bonheur ou malheur ? La réponse se trouverait dans l’utilisation que l’Homme en fait. Élément destructeur, l’argent bien employé peut aussi contribuer au comportement moral et à la civilisation. L’Homme devra maitriser ses pulsions à l’égard de l’argent et faire preuve de sagesse et de vertu pour espérer vivre heureux.

  17. L’argent et la sexualité sont les vrais mystères de la vie! La vanité et l’ambition sont les mystères irréels!
    (Peter Altenberg, 1859-1919)

  18. Le professeur Choron, à propos de Frédéric Dard: « Qu’est-ce qu’il fout de son fric, ce pauvre con? Il trempe une langouste tous les matins dans son café au lait? »

  19. Pour développer la réflexion autour de cette question fascinante, je recommande un film italien de la grande époque, le chef-d’oeuvre de Luigi COMENCINI – LO SCOPONE SCIENTIFICO, ou en français « L’Argent de la Vieille Dame ».
    C’est une réflexion impitoyable et, sans l’humour du film, serait insoutenable !

  20. « Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. »

    (Sitting Bull.Sagesse amérindienne)

  21. pour Vince : vous avez raison, la richesse est une notion relative : « mieux vaut avoir les bourses en action que des actions en bourse ».

    1. Certes certes… Mais faute des premières on peut se contenter des secondes. N’oublions pas le rôle premier de l’argent, la COMPENSATION.
      Dans votre exemple on pourrait considérer que l’on compense une illiquidité réelle par une liquidité un chouïa virtuelle…
      L’argent console de vivre.
      Mais j’échangerais pas mon joli air et mes airs de rien contre un paquet d’actions Air Liquide…

  22. @ Tata

    Les riches ne se comportent pas plus mal que nous autres, car les riches ce sont nous autres, à cette seule différence près qu’ils ont de l’argent, et donc un pouvoir qui peut se faire sentir, en mal ou en bien ou indifféremment.
    Ce que font les riches c’est exactement ce que nous ferions nous à leur place, d’où la sérénité que peut apporter la rélexion philosophique suivante que nous n’avons pas besoin, nous, de faire fortune, car ce que nous ferions ceux qui sont déjà riches le font pour nous, à notre place.
    Donc, repos et paix mes amis, vivons la vie, cultivons notre petit jardin, car il y a de tout chez les riches, comme chez les classes moyennes et chez les pauvres. Un seul être humain est partout, et depuis touours.
    Cependant, un problème trouble cette approche philosophique et volontairement ataraxique, et c’est quand la concentration des richesses devient telle que trop de monde se voit de plus en plus privé des moyens de mener une vie décente, c’est-à-dire, s’éduquer, se marier, élever enfants et les éduquer à notre tour.
    Et voilà où doit entrer en jeu la réflexion encouragée par Messrs Jorion, Leclerc et les invités et intervenants du blog…

    1. Lorsque j’ai souhaité parler d’amour propre vers la fin, je précisais que les « riches » n’ont pas seulement du pouvoir mais doivent aussi trouver une légitimation de celui-ci ou trouver une stratégie associée.

  23. Intéressant. Le plus cocasse c’est qu’on est (presque) toujours le riche d’un autre, et que si l’on reprend la lecture de votre texte avec cette perspective…il reste juste. Cette morosité ambiante est une expression de la crise de civilisation : on commence sérieusement à en avoir marre de se gaver pour se gaver. Et ainsi, si l’on regarde « les riches » avec de moins en moins d’envie, voire même si on ne les regarde plus, ils risquent d’être réellement malheureux ! Tous les espoirs sont donc permis.

    1. Ces estimations de gain et de perte sont personnelles, d’où la relativité
      possible du propos. D’un point de vue politique, nous sommes quand même
      amené à définir des seuils, me semble-t-il.

    2. Il n’empêche qu’un enfant de smokey mountain pourrait se poser les mêmes questions que vous à propos de n’importe lequel d’entre-nous. Et c’est cette manière dont il regarde le riche, et dont nous nous regardons nos riches, qui garantit – pour le moment- la survie du système capitaliste. C’est en ça que je trouve votre regard intéressant, utile.

  24. @ Sven
    Je rejoins votre remarque, il y a un excellent petit texte de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon dans Le Monde du 14 juillet qui résume bien la situation des très riches, je ne m’inquiète pas pour eux et comme disait un certain Pierre Dac, « quitte à pleurer, je préfère pleurer dans une Rolls que dans le métro »….

  25. Et aussi René Girard dans le « désir mimétique ».
    Mais en fait ce qui est le plus excitant ce n’est pas tant la richesse que le pouvoir.
    L’un procurant l’autre et réciproquement.
    Banque Vs politique.
    Discrétion recommandée à moins que le lobbying ne soit institutionalisé et légalisé un jour.
    Public Joke.

  26. Un Savetier chantait du matin jusqu’au soir ;
    C’était merveilles de le voir,
    Merveilles de l’ouïr ; il faisait des passages,
    Plus content qu’aucun des sept sages.
    Son voisin, au contraire, étant tout cousu d’or,
    Chantait peu, dormait moins encor ;
    C’était un homme de finance.
    Si sur le point du jour parfois il sommeillait,
    Le Savetier alors en chantant l’éveillait,
    Et le Financier se plaignait,
    Que les soins de la Providence
    N’eussent pas au marché fait vendre le dormir,
    Comme le manger et le boire.
    En son hôtel riche demeure il fait venir
    Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,
    Que gagnez-vous par an ? — Par an ? Ma foi, Monsieur,
    Dit avec un ton de rieur,
    Le gaillard enjoué Savetier, ce n’est point ma manière
    De compter de la sorte ; et je n’entasse guère
    Un jour sur l’autre : il suffit qu’à la fin
    J’attrape le bout de l’année :
    Chaque jour amène son pain.
    — Eh bien ! que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
    — Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
    (Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)
    Le mal est que dans l’an s’entremêlent des jours
    Qu’il faut chômer ; on nous ruine en fêtes.
    L’une fait tort à l’autre ; et Monsieur le curé
    De quelque nouveau Saint charge toujours son prône sermon.
    Le Financier, riant de sa naïveté,
    Lui dit : « Je vous veux mettre aujourd’hui sur le trône.
    Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
    Pour vous en servir au besoin. »
    Le Savetier crut voir tout l’argent que la terre
    Avait, depuis plus de cent ans,
    Produit pour l’usage des gens.
    Il retourne chez lui ; dans sa cave il enserre
    L’argent et sa joie à la fois.
    Plus de chant : il perdit la voix
    Du moment qu’il gagna ce qui cause nos peines.
    Le sommeil quitta son logis,
    Il eut pour hôtes les soucis,
    Les soupçons, les alarmes vaines.
    Tout le jour il avait l’œil au guet ; et la nuit,
    Si quelque chat faisait du bruit,
    Le chat prenait l’argent. À la fin le pauvre homme
    S’en courut chez celui qu’il ne réveillait plus.
    Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
    Et reprenez vos cent écus.

    La Fontaine, Le savetier et le financier

  27. mais où est donc passé Spinoza ?
    Dans sa volonté de subsister (persévérer dans son être), le riche adhère à sa communauté et ses valeurs
    La puissance confondue avec le pouvoir et la capacité à endurer la souffrance -des autres- pour tenir sa position -sociale et morale.
    La norme de notre société -capitalistico-virile- (voir Christophe Dejours) valorise le fort, le sadique et donne le pouvoir à celui qui parvient à faire taire son empathie.
    quand norme sociale et névrose personnelle s’associent à ce point il devient très facile de rationaliser la cupidité, le sadisme en réussite.
    Impossible alors de désirer changer les normes sans détruire les bases morales sur lesquelles Le Fort a bâti son estime de soi.
    Analyse super facile pour moi qui n’ai aucune possessions mais déplore que mes propriétés -capacités- soit toujours sous estimées

    1. Agata the blues.

      Ne déplorez pas ce qui fait votre orgueil , et non votre vanité! Non pas vos propriétés comme vous dites, mais de n’en point être reconnue par ceux qui ne jugent pas utile d’en tirer profit. Ne sacrifiez pas votre noblesse à l’envie des p opuleux misereux aux talents sonnants et trébuchants…
      Je vous conjure de vous contenter de notre respect, inestimable car précisément non trébuchant…;-)

  28. @ Tata

    Le sujet de votre billet est donc celui-ci : « Le riche, s’il souhaite une certaine lucidité sur sa situation, est constamment confronté à la perte et peut très rarement réaliser un gain. D’où la formation de comportements contraires au bien commun ». Autrement dit, ces comportements seraient la conséquence de l’exposition du riche à la perte plus qu’au gain.

    Je crois qu’il manque un « lemme » à votre raisonnement qui, complet, serait le suivant : « Le riche, s’il souhaite une certaine lucidité sur sa situation, est constamment confronté à la perte et peut très rarement réaliser un gain. D’où la formation de comportements contraires au bien commun QUI NE FONT QUE CONFRONTER LE RICHE, ENCORE PLUS A LA PERTE PLUTOT QU’AU GAIN ». Sans l’ajout de ce « lemme », on ne comprendrait pas pourquoi ces comportements, en plus d’être antisociaux, sont, comme vous le suggérez aussi votre billet, « auto-destructeurs » et pourquoi la richesse constitue un « malheur » pour celui qui la possède.

    Il faut comprendre que :
    + on a affaire ici à un riche, déjà saturé de richesses ;
    + perte et gain, « de deuxième niveau » s’entendent matériellement ou symboliquement, tandis que ceux, de « premier niveau », ne sont que matériels.

    Votre billet aurait gagné en clarté, si les six comportements dégagés avaient fait l’objet d’une tentative de définition.

    En voici une (je suis l’ordre de présentation dans votre billet) :

    1) La fuite en avant : accroître indéfiniment sa richesse et ce, de deux manières :
    + la spéculation : perte matérielle ;
    + l’acquisition de biens de plus en plus inaccessibles : perte symbolique ;

    2) L’avarice : conserver sa richesse sans la faire fructifier : perte matérielle ;

    3) L’individualisme pur et dur : se croire seul à l’origine de sa richesse : perte symbolique ;

    4) La mauvaise conscience : donner mais sans respecter l’esprit du cycle du don : perte symbolique ;

    5) La ghettoïsation : s’enfermer dans sa caste : perte symbolique ;

    6) L’autisme : vivre reclus tel Howard Hugues : perte symbolique.

    1. vous abordez le cote negatif , que serait le coté positif :

      1) jouir de sa richesse , en etre heureux
      2) créer une fondation (tel bill gates) pour faire profiter les autres de sa richesse
      3) faire don de sa richesse a un autre (charles quint)
      4) trouver la vrai richesse (esperons qu’elle existe) en soi
      5) faire don de cette nouvelle richesse

    2. Ok, sauf que autisme me paraît un peu déplacé voire outré en l’occurrence. Pour Hugues, au delà de l’aspect purement pathologique et phobique de sa peur des contaminations, j’y verrais plutôt une sorte d’Hubris du contrôle absolu qui guette et frustre le riche ou plutôt le surriche.
      Pensez donc! Un gars qui faisait enquêter sur ses futures proies starisasées ou starisables avant de les inviter à dîner…

      Mais quand même, Ava Gardner…

    3. @ perceval78

      Le côté positif ? Pourquoi pas ?!

      Voyons voir :

      « 1) Jouir de sa richesse, en être heureux ? 4) Trouver la vrai richesse (espérons qu’elle existe) en soi ? 5) Faire don de cette nouvelle richesse ? »

      Lisez, à titre exemplatif : http://www.lalibre.be/actu/international/article/596394/les-milliardaires-russes-entre-inconfort-et-vulgarite.html et http://www.lalibre.be/actu/international/article/595876/la-liberte-incomplete.html

      D’où il ressort que les millionnaires et milliardaires russes :

      + , concernant votre point 1 : vivent en permanence dans l’ « inconfort psychologique » : car sachant leur fortune très malhonnêtement acquise ; car conscients de la haine que la majorité des russes nourrissent à leur égard ; car craignant, à tout moment de voir leur fortune confisquée « au bénéfice d’un favori du Kremlin » et de voler en prison.; ce qui les amène, par grégarité, à s’isoler « ensemble dans des cités luxueuses, entourés de remparts infranchissables et gardés par des armées de vigiles (…) » ;

      + concernant votre point 2 : n’ont aucune vraie richesse en eux: « perte définitive des dernières notions de civilité et de bon goût » ; « besoin quasi physiologique d’extérioriser leur réussite, ce qui est pour eux l’unique moyen de s’affirmer dans leur sentiment de supériorité » ; « souvent dépourvus d’une véritable personnalité » ; « ne dépensant leur argent que pour acquérir des accessoires de toutes sortes, censés fabriquer une image digne de leur statut »;

      + concernant votre point 3 : n’ayant aucune richesse intérieure, ne peuvent faire don de rien de positif à leur progéniture et à la jeunesse en général : « La majorité des jeunes rêvent à des professions qui leur semblent plus lucratives, et surtout à celles qui leur promettent une carrière foudroyante » ; aspirent au luxe étalé en permanence devant leurs yeux ; « affichent presque tous une indifférence vis-à-vis de tout ce qui concerne la politique » : « état d’esprit parfaitement traduit par cette boutade (…) . « Voter ? Mais pour quoi faire ? Ce n’est quand même pas pour ça que nous sommes devenus libres. » ».

      « 3) Faire don de sa richesse à un autre (charles quint) ? »

      C’est beau mais tellement rare !

      « 2) Créer une fondation (tel bill gates) pour faire profiter les autres de sa richesse »

      C’est beau aussi et moins rare ! Mais, c’est sujet à maintes critiques portant sur les intentions réelles du fondateur et les véritables fins qu’il poursuit.

  29. Et cette prégnante tristesse qui ne sait dire adieu malgré les méritissimes efforts de notre très cher Président pour déghettoïser nos « riches » compatriotes et les protéger de leurs angoisses par son bouclier fiscal, coûte que coûte…

    Il est vrai qu’il vaut mieux, dans ces conditions, tenir sa promesse électorale de plafonner la perte de richesse des nantis que celle faite à des « minus habens » pour leur permettre d’accéder à la propriété… Un « juste » milieu pouvant constituer à proroger les dispositifs Besson pour faire semblant de vouloir maintenir un semblant de « classe moyenne » et maintenir un niveau satisfaisant (pour les banques) de demandes de prêts, quitte à plafonner ensuite les loyers parce qu’on ne peut quand même pas se permettre une pression sur les salaires dans une conjoncture aussi délicate.

  30. Et en plus, si on en croit les échos dont la presse fait actuellement ses choux gras, la richesse (extrème il est vrai) semble ne pas garantir une relation particulièrement sereine avec sa progéniture. Quand richesse rime avec viellesse, bonjour tristesse !

  31. Personnellement, j’aurais plutôt tendance à inverser le « problème », ou plutôt la situation. La richesse n’est alors plus une cause, mais un symptôme, si j’ose dire. Symptôme de quoi? D’un choix de préférence orienté vers soi-même plutôt que vers les autres.

    « Les riches, au fond, ne sont jamais qu’une minorité de pauvres qui ont réussi », comme dirait Desproges.

    Une autre manière de le dire pourrait être : si personne n’est parfaitement égoïste ou altruiste, les riches sont peut-être un peu plus égoïstes que les autres.

  32. Pourquoi les riches se comportent si mal ?

    Parceque c’est dans leur nature ! Tous les systemes ont été essayés et aucun n’a jamais fonctionné parceque à un moment donné, ils sont infiltrés par des déviants caractérisés par leur absence totale de conscience et de scrupule, et qui prennent le contrôle de ces systemes en manipulants les « autres » sur le plan émotionnel : ce sont les psychopates (4 % de la population) analysés dans 2 ouvrages de référence : Ponérologie politique (interdit pendant 30 ans) et The mask on sanity (1941). Le mal à une génèse et s’explique de façon scientifique.

    Vous avez vu Américan Psycho ? C’est exactement ça.

    1. Merci pour ce point absolument essentiel, car c’est la pierre d’achoppement de tout système politique « idéal ». Les neurosciences sont aussi sur la piste de cette « anempathie » qui frappe un petit pourcentage d’individus. Il est trop tôt pour en tracer l’origine, plus ou moins génétique ou environnementale, mais une détection serait possible, avec un gros pb éthique sur les conséquences à en tirer (cf le tollé récent sur la détection des enfants caractériels).

      Ici se retourne l’hypothèse de Tata : mal se comporter est un moyen d’accès à la richesse (via le pouvoir sur les autres), plutôt que le contraire.

      Sans généraliser : on peut se retrouver riche sans avoir intrigué pour ça (héritiers, artistes, sportifs…).

    2. salut Lulu,

      J’ai LU American Psycho (qui est un très très très grand livre, la meilleure critique post -reagganienne sous forme de roman, parce que le film est d’une nullité crasse, pauvre Brett Easton Ellis) et je ne suis absolument pas d’accord avec vous.

      En fait je ne crois pas que Patrick Bateman soit devenu riche parce qu’il était psychopathe mais le contraire…Et je pense que c’est toute la thèse du livre, démontrer que la richesse à outrance, la déconnexion de la réalité, le sentiment de toute-puissance qu’entraîne l’argent ( le bon patrick est un trader !) conduisent à la folie.

      C’est parce qu’il est riche, qu’il est devenu un psychopathe. D’ailleurs, Bateman appartient à la jeunesse dorée américaine, ce n’est absolument pas le self-made man, parti de rien. Mais pour le savoir, il faut avoir lu les roman précédents d’Ellis…

      désolée, mais Ellis est un de mes auteurs contemporains préférés…

    3. 1941? Belle date pour l’édition de ce genre d’ouvrages! Et la bosse des maths de Le Gall ou le criminel né de Lombroso? Et la phrénologie ça vous aurait plu? Un zeste d’eugénisme humaniste pour faire le compte ? Plus une pincée de tri sélectif aux bacs à sable des maternelles pour faire plaisir à Sarko pour relever le fumet? On vous sert ça mon ptit!

  33. They were careless people, Tom and Daisy—they smashed up things and creatures and then retreated back into their money or their vast carelessness, or whatever it was that kept them together, and let other people clean up the mess they had made.
    F. SCOTT FITZGERALD, The Great Gatsby

  34. ou encore

    L’ambition déplaît quand elle est assouvie,
    D’une contraire ardeur son ardeur est suivie ;
    Et comme notre esprit, jusqu’au dernier soupir,
    Toujours vers quelque objet pousse quelque désir,
    Il se ramène en soi, n’ayant plus où se prendre,
    Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre.
    CORNEILLE, Cinna, Acte II, sc.1

  35. Bonjour Tata et merci pour ce biellet qui offre un nouvel angle d’analyse à la situation actuelle.

    Cependant vous vous concentrez beaucoup sur la perte éventuelle partant du postulat qu’un riche à plus à perdre qu’a gagner…
    Vous omettez le gain suprême qui motive beaucoup de « riche » au delas d’un certain seuil : Le pouvoir.

    Le pouvoir est la plus grande forme de reconnaissance qu’un riche puisse espérer de la part de ses pairs. Et il me semble que c’est le dernier gain qui puisse les rendre heureux et qui explique également bien de choses dans le mode de fonctionnement de nos sociétés.

    1. Il faut tout de même réussir à considérer le pouvoir comme un gain.
      Imaginez que ceux que vous « dominez » ne vous aime pas vraiment.
      Peut-être que cela demande une perte préalable d’emphatie.

    2. Oui d’accord avec la perte d’empathie, c’est peut-être justement la raison pour laquelle il y a un tel fossé entre les « élites » et la population générale.
      Mais ce que je voulais dire, c’est qu’il y a des riches heureux : Ceux qui ont le pouvoir en plus de l’argent. Et que ceux qui sont « triste » ce sont ceux qui n’ont pas le pouvoir.
      Je caricature, mais malheureusement cela ressemble un peu trop à ce que l’on peut observer (lutte de pouvoir, jeu politique, collusion d’intérêts….)

  36. @ Cedric
    Heureusement que tout est relatif et que tout le monde n’a pas la même conception de ce qui est enviable :
    Vous dites
     » c’est surtout le pouvoir qui fait le riche.
    Je gagne tant (alors que les autres gagnent moi)
    J’ai un poste de cadre sup
    J’ai une villa à saint trop
    j’ai une porsche
    J’ai de belles copines  »

    Où est le pouvoir dans toutes ces possessions sources de tracas inutiles ? Ce sont pltôt des fardeaux .

    Le poste de cadre sup : siège éjectable, pas facile de se recaser, moins recherché en fait qu’ un bon mécano ou un bon plombier.
    La villa à Saint Trop : quel est l’intérêt de ce genre d’endroit ?
    Un vieux break de 16 ans, réparable soi-même qui, d’ailleurs, ne tombe jamais en panne, super confortable pour dormir dedans n’importe où, jamais fermé à clef car personne ne songerait à le voler n’est pas une source d’ennuis comme une Porsche .
    Les « belles » copines et les « beaux  » copains pour riches semblent correspondre curieusement aux critères esthétiques uniformisés de la télévision ou des magazines : personnages anguleux et androgynes d’un seul et même type que l’on aurait trouvé fort laids à d’autres époques.
    Avez-vous comparé les photos de 1970 du bel ami de la riche Mme Bettencourt à ses photos actuelles ?
    La beauté des amis et des amies des riches ne résiste pas aux effets de l’âge .

    Heureusement, la beauté que l’on voit dans ceux qu’on aime est bien plus variée, résiste au temps et ne relève pas du chirurgien ou de l’Institut .

    Avoir de quoi nourrir sainement sa famille jusqu’à la fin du mois , la loger modestement et lui faire distinguer l’utile du superflu, le vrai du faux, le bien du mal , pouvoir aider ses voisins en difficulté , me semblent être le seul vrai pouvoir enviable .
    De modestes ressources y pourvoiraient .

    A moins que l’on ne confonde le pouvoir avec la frime ! Et pour frimer, il faut beaucoup d’argent .

    1. « Avez-vous comparé les photos de 1970 du bel ami de la riche Mme Bettencourt à ses photos actuelles ? »

      Il est vrai qu’à l’époque il était plus proche d’Aragon que des bêtes en cour… Avant d’être proscrit de la cour du vieux maître pour question déplacée à l’adresse de l’auteur d’Aurélien sur la virilité de Maîakovski, lors d’un diner en ville! On situe le personnage et ses multiples disgrâces à venir!

    2. Sur les « turpitudes » de ce « bel ami » il faut lire le Journal de Jacques Brenner, le « Tome IV. Rue de Saints-Pères (1970-1979)  » publié chez Pauvert en 2008

  37. La question que je me pose est :

    A partir de quel niveau devient-on riche ?
    A partir de quel niveau de « richesse » devient-on de moins en moins sensible à l’autre ?

    1. En fait , c’est quand on devient ( ou que l’on est déjà ) insensible à l’autre que l’on est trop  » riche » .

  38. Riches – mal – argent- pouvoir-émotion-comportement – propriété- capital- conservatisme- gain- perte- assujetissement- estime de soi – héritage – donation ….

    L’ argent psychiatrique est aussi nuisible que les parents toxiques , ou les couples qui ne voient qu’eux dans l’autre ; ça finit toujours mal .

    Je ne sais plus dans quel billet ( je vais chercher ) j’avais avancé que la pire saloperie que l’on pouvait faire à ses enfants était de leur léguer un capital matériel qui puisse leur faire croire que le bonheur est là pourvu qu’ils le gèrent en bon rentier .

    Je maintiens plus que jamais .

    Le plus nuisible des riches est le rentier , ou celui qui reste riche trop longtemps .

    Le plus « riche » des hommes ou des groupes humains est celui qui crée la richesse , protège et attise la petite flammme de la vie .

    Nouvelle occasion de renvoyer à la lecture du Mal-propre de Michel Serres ( mais dont les bouquins sont un peu chers sauf le dernier ) .

    1. J’ai retrouvé , mais ça devient de plus en plus difficile car ce blog va finir par ressembler à une encyclopédie .

      C’était dans le billet du 7 juin intitulé « L’or et les petits enfants  » à l’adresse de mon post du
      7 juin à 12h38 . Laurence m’avait porté la contradiction.

      Ma conviction a donc résisté à un mois d’absence et à des chaleurs caniculaires .

      J’espère que Laurence aussi .

    2. @ juan nessy,

      Cher superpapa-papy, ça reste difficile d’aller vous lire si vous ne nous donnez pas le lien vers votre commentaire .

      (j’ai pigé récemment la manip’, alors je fais l’affranchi: cliquer sur la date du commentaire sous « juan nessy dit » -en rouge- « copier » l’adresse qui s’affiche dans la barre de signet, puis « coller » en suivant les instructions de Paul Jorion, données dans formatage ).

  39. J’ai souvenir de ce film « l’associé du diable » à la fin duquel le riche patron (qui s’avere être le diable) du héro incarné par kenu reeves, lui explique que pour avoir le pouvoir, il faut réussir à poser son sac rempli de scrupules.

    C’est exactement ça : c’est mal se comporter qui est le moyen d’accès à la richesse (via le pouvoir sur les autres), plutôt que le contraire. Certains êtres humains n’ont même pas besoin de poser leur « sac de scrupule », car ils naissent sans. Ils sont totalement étrangers aux émotions que nous éprouvons, mais par contre, ces émotions sont pour eux un formidable moyen de nous manipuler. Ce sont les psychopates. La population compte 4 à 6 % de ces déviants, et contrairement à ce que l’on veut nous faire croire via le cinéma, ils ne sont pas en prison comme hannibal Lecter. Ils sont aux affaires et ils gouvernent ce monde parce que leur déviance psychologique leur donne un formidable avantage comparatif par rapport à nous.

    La conscience n’est pas quelque chose d’universel contrairement à ce que les gens normaux pensent.

    Merci Hermiss, si tu as des liens sur des études scientifique, je suis preneur !

    1. J’avais entendu Boris Cyrulnik
      expliquer que l’emphatie est « apprise » à travers la souffrance. Il proposait une forme
      de souffrance légère, le sport, pour acquérir un peu d’emphatie si les circonstances
      n’en amenaient pas.

    2. Mais COMMENT n’y a t-on pas pensé plus tôt? 4 ou 6 % à stériliser ou à supprimer avant ou après naissance et le monde irait tellement mieux! En plus on régule l’hyperinflation mégaloexponentielle de la démonographie humanoîde mondiale! Et on éradique en prime tous les suppôts de Belzébuth!

      Lulu, faites moi plaisir, oubliez les suppôts et passez aux suppos…

    3. @ Vigneron

      On n’y a pensé plus tôt : 1835 – Dans Le Père Goriot, Balzac y écrit : « Le secret des grandes fortunes sans cause apparente est un crime oublié, parce qu’il a été proprement fait ».

      @ Tata

      Le sport pour apprendre l’empathie ? Un peu comme notre l’équipe de France de foot ?

  40. Pourquoi les pauvres se comportent ils si mal?…………….

    Au final le problème n’est pas vraiment l’argent.

    1. Jean-Luc dit :
      16 juillet 2010 à 22:57

      « mais son mode d’emploi. »

      Dans le mille. Retour à la case départ : l' »Homme ».

      Nous sommes en pleine confrontation d’un nouveau monde en germination , contre la force d’inertie d’un vieux monde , enraciné dans des milliers d’années d’histoire et de conditionnements sociaux.

      Je n’ai pas lu l’oeuvre de Goethe, mais au cour d’une lecture j’ai mis dans ma besace une citation qui disait : qui vit sans tenir compte de 3000 ans d’histoire , vit au jour le jour.

  41. @sven

    J’ai passé hier quelques heures avec les mam dans un parc où s’amusaient des enfants des quartiers très populaires et ce vendredi au stade nautique de la ville, à proximité du quartier le plus populaire, on est là en contact avec la France profonde, laborieuse, modeste, que aucune de nos élites ne connaît sans doute et en tous cas ne côtoie. A observer tous ces jeunes enfants des centres aérés qui sont heureux de vacances triviales, quel écart avec la jeunesse dorée ! Quoi de plus qu’une piscine municipale par cette chaleur pour remplir de bonheur les gens modestes.

  42. L’entrevue entre Bodhidharma et l’Empereur Wudi :

    L’empereur Wudi et DamoL’empereur demanda à Bodhidharma combien de mérites il avait obtenus en faisant construire des monastères, en offrant des dons à la communauté bouddhique, ou encore en copiant et récitant les sutras. «Aucun mérite» lui répondit le sage. «Quels sont les vrais mérites ?» lui demanda alors le souverain.

    «La sagesse pure est merveilleuse et parfaite, son essence est vide et paisible. De tels mérites, on ne peut pas les acquérir par des méthodes mondaines» rétorqua Bodhidharma. «Quel est le sens suprême de la noble vérité ?» questionna encore Wudi. «La vaste vacuité sans noblesse» reçut-il pour réponse. Wudi : «Qui es-tu ?», Bodhidharma : «Je ne sais pas».

    1. ‘La face de la Vérité est voilée par un vaisseau d’or. Puisse-tu la dévoiler, Ô Soleil, afin que je puisse la contempler, moi dont le dharma est vérité.’

      Isha upanishad

  43. Hérodote, Livre I, 30 à 33 :

    « XXX Solon étant donc sorti d’Athènes par ce motif, et pour s’instruire des coutumes des peuples étrangers, alla d’abord en Égypte, à la cour d’Amasis, et de là à Sardes, à celle de Crésus, qui le reçut avec distinction et le logea dans son palais. Trois ou quatre jours après son arrivée, il fut conduit par ordre du prince dans les trésors, dont on lui montra toutes les richesses. Quand Solon les eut vues et suffisamment considérées, le roi lui parla en ces termes: «Le bruit de votre sagesse et de vos voyages est venu jusqu’à nous, et je n’ignore point qu’en parcourant tant de pays vous n’avez eu d’autre but quo de vous instruire de leurs lois et de leurs usages, et de perfectionner vos connaissances. Je désire savoir quel est l’homme le plus heureux que vous ayez vu.» Il lui faisait cette question, parce qu’il se croyait lui-même le plus heureux de tous les hommes. «C’est, Tellus d’Athènes,» lui dit Solon sans le flatter, et sans lui déguiser la vérité. Crésus, étonné de cette réponse: «Sur quoi donc, lui demanda-t-il avec vivacité, estimez-vous Tellus si heureux? – Parce qu’il a vécu dans une ville florissante, reprit Solon, qu’il a eu des enfants beaux et vertueux, que chacun d’eux lui a donné des petits-fils qui tous lui ont survécu, et qu’enfin, après avoir joui d’une fortune considérable relativement à celles de notre pays, il a terminé ses jours d’une manière éclatante: car, dans un combat des Athéniens contre leurs voisins à Éleusis, il secourut les premiers, mit en fuite les ennemis, et mourut glorieusement. Les Athéniens lui érigèrent un monument aux frais du public dans l’endroit même où il était tombé mort, et lui rendirent de grands honneurs.

    XXXI Tout ce que Solon venait de dire sur la félicité de Tellus excita Crésus à lui demander quel était celui qu’il estimait après cet Athénien le plus heureux des hommes, ne doutant point que la seconde place ne lui appartînt. «Cléobis et Biton, répondit Solon: ils étaient Argiens, et jouissaient d’un bien honnête; ils étaient outre cela si forts, qu’ils avaient tous deux également remporté des prix aux jeux publics. On raconte d’eux aussi le trait suivant. Les Argiens célébraient une fête en l’honneur de Junon. Il fallait absolument que leur mère se rendît au temple sur un char traîné par un couple de bœufs. Comme le temps de la cérémonie pressait, et qu’il ne permettait pas à ces jeunes gens d’aller chercher leurs bœufs, qui n’étaient point encore revenus des champs, ils se mirent eux-mêmes sous le joug; et tirant le char sur lequel leur mère était montée, ils le conduisirent ainsi quarante-cinq stades jusqu’au temple de la déesse. Après cette action, dont tonte l’assemblée fut témoin, ils terminèrent leurs jours de la manière la plus heureuse, et la divinité fit voir par cet événement qu’il est plus avantageux à l’homme de mourir que de vivre. Les Argiens assemblés autour de ces deux jeunes gens louaient leur bon naturel, et les Argiennes félicitaient la prêtresse d’avoir de tels enfants. Celle-ci, comblée de joie et de l’action et des louanges qu’on lui donnait, debout aux pieds de la statue, pria la déesse d’accorder h ses deux fils Cléobis et Biton le plus grand bonheur que pût obtenir un mortel. Cette prière finie, après le sacrifice et le festin ordinaire dans ces sortes de fêtes, les deux jeunes gens, s’étant endormis dans le temple même, ne se réveillèrent plus, et terminèrent ainsi leur vie. Les Argiens, les regardant comme deux personnages distingués, firent faire leur statue, et les envoyèrent au temple de Delphes.

    XXXII Solon accordait par ce discours le second rang à Cléobis et Biton. «Athénien, répliqua Crésus en colère, faites-vous donc si peu de cas de ma félicité que vous me jugiez indigne d’être comparé avec des hommes privés? – Seigneur, reprit Solon, vous me demandez ce que je pense de la vie humaine: ai-je donc pu vous répondre autrement, moi qui sais que la Divinité est jalouse du bonheur des humains, et qu’elle se plaît à le troubler? car dans une longue carrière ou voit et l’on souffre bien des choses fâcheuses. Je donne à un homme soixante-dix ans pour le plus long terme de sa vie. Ces soixante-dix ans font vingt-cinq mille deux cents jours, en omettant les mois intercalaires; mais, si chaque sixième année on ajoute un mois, afin que les saisons se retrouvent précisément au temps où elles doivent arriver, dans les soixante-dix ans vous aurez douze mois intercalaires, moins la troisième partie d’un mois, qui feront trois cent cinquante jours, lesquels, ajoutés à vingt-cinq mille deux cents, donneront vingt-cinq mille cinq cent cinquante jours. Or de ces vingt-cinq mille cinq cent cinquante jours, qui font soixante-dix ans, vous n’en trouverez pas un qui amène un événement absolument semblable. Il faut donc en convenir, seigneur, l’homme n’est que vicissitude. Vous avez certainement des richesses considérables, et vous régnez sur un peuple nombreux; mais je ne puis répondre à votre question que je ne sache si vous avez fini vos jours dans la prospérité; car l’homme comblé de richesses n’est pas plus heureux que celui qui n’a que le simple nécessaire, à moins que la fortune ne l’accompagne, et que, jouissant de toutes sortes de biens, il ne termine heureusement sa carrière. Rien de plus commun que le malheur dans l’opulence, et le bonheur dans la médiocrité. Un homme puissamment riche, mais malheureux, n’a que deux avantages sur celui qui a du bonheur; mais celui-ci en a un grand nombre sur le riche malheureux. L’homme riche est plus en état de contenter ses désirs et de supporter de grandes pertes; mais, si l’autre ne peut soutenir de grandes pertes ni satisfaire ses désirs, son bonheur le met à couvert des uns et des autres, et en cela il l’emporte sur le riche. D’ailleurs il a l’usage de tous ses membres, il jouit d’une bonne santé, il n’éprouve aucun malheur, il est beau, et heureux en enfants. Si à tous ces avantages vous ajoutez celui d’une belle mort, c’est cet homme-là que vous cherchez, c’est lui qui mérite d’être appelé heureux. Mais, avant sa mort, suspendez votre jugement, ne lui donnez point ce nom; dites seulement qu’il est fortuné.
    Il est impossible qu’un homme réunisse tous ces avantages, de même qu’il n’y a point de pays qui se suffise, et qui renferme tous les biens: car, si un pays en a quelques-uns, il est privé de quelques autres; le meilleur est celui qui en a le plus. Il en est ainsi de l’homme: il n’y en a pas un qui se suffise à lui-même: s’il possède quelques avantages, d’autres lui manquent. Celui qui en réunit un plus grand nombre, qui les conserve jusqu’à la fin de ses jours, et sort ensuite tranquillement de cette vie; celui-là, seigneur, mérite, à mon avis, d’être appelé heureux. Il faut considérer la fin de toutes choses, et voir quelle en sera l’issue; car il arrive que Dieu, après avoir fait entrevoir la félicité à quelques hommes, la détruit souvent radicalement.

    XXXIII Ainsi parla Solon. Il n’avait rien dit d’agréable à Crésus, et ne lui avait pas témoigné la moindre estime: aussi fut-il renvoyé de la cour. Il est probable qu’on traita de grossier un homme qui, sans égard aux biens présents, voulait qu’en tout on envisageât la fin. »

  44. « Ce texte n’est pas une théorie »
    Merci Tata de cet avertissement final.

    Ça m’agace que soit utilisé sans discernement une notion comme Riche ou Pauvre.
    Question quantité, ça mérite d’être précisé : milliardaires ? Millionnaires ? en $ ?
    Question qualité, entre rejetons de la noblesse, ou de l’industrialisation du 19ème, mafieux, charognards des ex-pays socialistes, footballeurs, gagnant du Loto etc. que sais-je encore…
    Chercher un profil psychologique dans cette arche de Noé, c’est confusion assurée avec des ouvre-boîtes psychologiques saturés de contresens et de philosophie de l’Être, on trouvera toujours support à argumentation.
    On est toujours le riche d’un plus pauvre et vice vers ça…
    Ira-t-on jusqu’à en conserver quelques riches pour un Disneyland du The Lost World, ou dans le formol comme les bocaux de monstres exposés dans les cirques jadis. À suivre….

    Vous ouvrez votre texte en vous référant à l’article de Jorion sur le clivage Bourgeois/Citoyen.

    J’avais alors trouvé étrange de faire fonctionner 2 termes qui ne sont pas du même registre.
    Si on trouve en 1789 le Citoyen dans la « Déclaration des droits de l’homme ET du citoyen », le rapport entre l’un et l’autre reste une aporie.
    Il est arrivé qu’un même individu passe un beau matin de sujet du Roi à citoyen de la République et vous ne me ferez pas croire que ça ne change pas son homme.
    Si le citoyen se règle sur la volonté générale (à l’occasion ou pas la sienne en tant qu’homme) de l’intérêt général (à l’occasion ou pas le sien en tant qu’homme), par le biais de système de représentations complexes et du renoncement à se gouverner lui-même tout autant que son voisin, ça laisse en friche pour autant ce qu’il en est du vœu de l’homme-individu.
    Mais pas tant que ça puisque depuis 1789 on a perdu le citoyen car tout ce qui relève du Droit national, européen, international ne parle plus désormais que de Droits de l’homme.
    Ça a tout de même l’avantage pour le bourgeois de garder les mains plus libres qu’elles ne seraient si le citoyen ou sa collection, le Peuple, exprimaient clairement ce qu’il en est de l’intérêt général.
    La seule façon démocratique de l’exprimer clairement advient à intervalles régulier ou des représentants en alternance ventriloques de la volonté du Peuple interprètent qu’il veut un bonnet blanc ou qu’il veut un blanc bonnet.
    Et quand le peuple reconnaît qu’il s’est trompé en élisant le clan du blanc bonnet, il passe à l’opposition en élisant le clan du bonnet blanc.
    Et vice vers ça, comme j’écrivais plus haut.
    Du beau du bon Dubonnet, comme disait la réclame.
    Il y a des riches tout à fait buvables, bien élevés, avec de la conversation, et des états d’âme quelconques mais aussi précieux pour eux que sont les vôtres pour vous-même. Ce précieux là ne peut s’échanger pourtant ça n’empêche pas de spéculer dessus.
    Va-t-on voir arriver un texte sur la psychologie des intermédiaires ? Car les riches ont besoin pour perdurer de beaucoup d’intermédiaires.
    Le peuple aussi pour être représenté, ce sont d’ailleurs souvent les mêmes.
    On a beaucoup fait ces dernières années pour améliorer la représentativité des femmes mais rien du tout pour améliorer la représentativité sociologique.
    La psychologisation singulière des « produits » (les riches, les pauvres) d’un système de production et de représentativité politique offre une distraction toute aussi psychologique. C’est plus simple que d’interroger les promotions des notions psychologiques et psychiatriques sur le « marché » dans leurs rapports à la pérennisation du statut quo politique.

    1. « Et quand le peuple reconnaît qu’il s’est trompé en élisant le clan du blanc bonnet, il passe à l’opposition en élisant le clan du bonnet blanc. »

      Faut avouer que le choix est limité. Et comme il faut faire un choix , c’est forcément l’un ou l’autre.
      De plus le peuple est à l’image des nourritures qu’on lui donne. On lui jette de la broutille comme du grain à la volaille.

      Le peuple en fait n’existe pas vu d’en bas. C’est une illusion d’optique par la vision que l’on a de la multitude vue d’en haut. On embrasse le paysage, ce faisant on le réduit à sa plus simple expression.

      On lui renvoie comme un miroir un visage auquel il s’identifie et croit se reconnaitre. Ce visage à un nom: le peuple. Masse impersonnelle, uniforme ,d’anonymes, pourtant constitués d’histoires et de parcours singuliers.

      Je pense que par riche on entend ceux qui , par des moyens démesurés, se constituent en cercles. Utilisant des moyens qui les dépassent, qui dépassent largement leurs besoin d’essentiel , de nécessaire et de superflu, pour se promouvoir entre eux.

      N’investissant le surplus que pour gagner d’avantage, au lieu d’investir dans les infrastructures communes. Ils disposent d’un pouvoir bien trop grand pour un si petit nombre. Du fait d’une mauvaise répartition des poids et des mesures. Vivant dans des propriétés immenses, s’entourant de biens en si grand nombre qu’il leur faut des « employés » pour entretenir les lieux et les biens. Et accomplir les tâches dites « domestiques ».

      N’oublions pas, après la révolution dans la Terreur…..l’Empire. On rejoue la même pièce, inlassablement dans des décors et des costumes différents.

      Sont-ce les civilisations qui changent et les sociétés qui demeurent, ou le contraire?

      Il est étrange de constater la présence de pyramides ,dans beaucoup de région du monde. La structure pyramidale des sociétés humaines, le peuple en bas, l’élite dans le pyramidion ,explique beaucoup de chose. Comme la culture patriarcale des sociétés.

      Il faudrait pouvoir inventer autre chose, mais le terrain culturel à été mal préparé, les 30 glorieuses (pour faire court) ont été gaspillées dans l’hyper-production et l’hyper-consommation.
      Les années de paix et de prospérité en Europe ont été dilapidées,ce qui n’a pas été fait, faute d’envergure et d’imagination à l’échelle des nations,à été transposé dans le schéma de construction de l’Europe. L’édifice Européen étant un assemblage d’édifices nationaux dont les fondations sont branlantes, sous l’effet de pressions extérieures ne peut que s’écrouler sur lui même.

      De plus les braises des derniers conflits ne sont pas éteintes, car nettoyer et reconstruire par dessus ne suffit pas. Les traumatismes de ces années maudites perdurent à travers les générations.

      Il y a des strates innombrables de crimes de l’humanité contre elle même qui se superposent les unes aux autres, cela s’inscrit immanquablement dans toutes les mémoires, culturelles et génétiques (troubles psychiatriques,maladies, handicapes), d’une façon ou d’une autre. La science nous le démontrera, si on lui en laisse la possibilité. La matière est une accumulation de mémoires, le présent est la mémoire active du passé,selon la façon dont le comprend,détermine nos choix. Nos choix engagent l’avenir.

      Notre planète est ,dans tout ce qui la constitue,et qui y vit , la mémoire vivante de tout ce qui a été. Un petit d’homme est constitué de mémoire et de désir. Ce que l’intelligence ne transforme pas, le feu le transforme et l’eau en rince les scories. Ce qui explique notre connaissance façon puzzle pleins de trous ,de notre planète et de nous même, que la science par la technologie nous permettra de combler………Si………

      Des milliers d’années de mémoires non digérées, la guérison est lente, comme le recyclage de nos déchets pour notre planète. Et on en rajoute régulièrement une couche. Cela ne présage rien de bon.

      Notre évolution nous a conduit à un rendez-vous avec nous mêmes, mais trop rapidement, cela a été bâclé, sommes nous prêt, ce n’est pas évident. Les distorsions sont énormes à tous les niveaux , nous risquons de louper le coche, et de prendre le mauvais aiguillage pour des siècles.

      Retour à la case départ? Le temps planétaire et celui de l’évolution, n’est pas celui de l’homme.
      L’homme est-il une tentative vouée à l’échec? Par ce qu’il ne parvient pas à franchir un certain seuil d’évolution collective. Sommes nous plafonné a un seuil que nous ne parvenons pas à dépasser. Cela est la question fondamentale ce me semble.

      A moins que les élites internationales se constituent en nation dominante, sur un ensemble de peuples nations, afin de réinventer le mythe de l’Atlantide. La fracture sociale à l’échelle mondiale.

      Hitler et sa secte ne sont pas un mythe, mais une réalité qui a eu lieu dans un temps relativement proche, cela devrait nous rendre plus attentifs.

      Si je vois le monde d’un oeil, je le vois très laid et sans espoir, si je le vois de l’autre oeil, je le vois merveilleux. La synthèse de la vision convergente (mais pas trop) des deux yeux me rapproche de la réalité.

      On ignore l’essentiel dans l’histoire de l’humanité et de son évolution. L’archéologie et l’Histoire se perdent beaucoup dans le rabâchage des faits divers de l’histoire. Quand bien même ceux ci nous enseignent. On tourne en rond dans les trivialités. Faute d’avoir toutes les pièces du puzzle on spécule et l’on tente des théories, enseignées comme des vérités historiques et scientifiques.

      La transmission de l’histoire au travers d’une grille de lecture formatée, entretient le formatage culturel des générations. Retardant d’autant la digestion et la transformation.

      Je m’éloigne du sujet de départ mais tout ce tient.

      Vous allez sûrement me prendre pour une frappadingue illuminée. Peut-être après tout . Mais n’ayant pas votre niveau de culture et de formation. Sans avoir autant lu et étudié comme nombre d’entre vous, j’ai vu arriver ce dont vous traitez tous ici magistralement, il y a plus de vingt ans. Sans tomber pour autant dans la théorie du complot. Je pense donc ne pas être complètement cinglé.

    2. @Saule
      Désolé de vous répondre si tard, je reviens de vacances et découvre votre envoi/

      « j’ai vu arriver ce dont vous traitez tous ici magistralement, il y a plus de vingt ans ».

      Vous auriez alors un don de voyance ! Bigre
      J’acquiesce à vos § 5 et 6.
      Beaucoup moins à d’autres, par exemple sur la notion de gaspillage des 30 glorieuses. C’est seulement après-coup qu’on peut estimer qu’il y a eu un manque de discernement sur les limites naturelles.
      C’est difficile de vous répondre point par point puisqu’ils sont nombreux et que vous peignez une très grande toile au travers vos questionnements en marche et même en escaliers.
      Laid ou merveilleux, vous l’avez à l’œil ce monde, et puisque vous tendez un miroir au peuple, c’est déjà qu’il vous regarde.
      Les affaires du peuple regardent le peuple, à chacun de s’en faire le porte parole de ses intérêts bien compris pour qu’il s’occupe mieux de ses affaires ! C’est un très vieux débat toujours en cours !
      Pour votre remarque sur le savoir, il est accessible à qui en a l’envie et le temps.

  45. Je connais, heureusement, pas mal de gens très riches et qui n’ont pas d’argent, ou si peu. Et d’autres avec plein d’argent et qui ne sont pas riches du tout. Et vous??

  46. 1-II-1. Yama (dieu de la Mort) expliqua (à Nachiketas jeune Brahmane) : « Ce qui est préférable, est une chose; autre chose, et bien différent, est ce qui est agréable et procure du plaisir. Ces deux catégories – le préférable et l’agréable – servent des buts différents, mais l’une comme l’autre enchaînent les humains. Cependant, du bien s’ensuit pour celui qui – des deux – choisit le préférable. Celui qui choisit l’agréable, déchoit face au but et rate la cible.

    1-II-2. Le préférable et l’agréable vont à la rencontre de tout homme. L’intelligent les examine bien, les évaluant avec discrimination. Certes, l’intelligent opte pour le préférable, tandis que l’ignorant sélectionne tout de suite l’agréable, en vertu de la cupidité qui pousse à saisir tout ce qu’on ne possède pas, et de l’avarice qui pousse à préserver ce qui est déjà en notre possession.

    1-II-3. Bravo, ô Nachiketas, tu as dédaigné tous les objets de désir, chéris et convoités par le plus grand nombre, car tu as pesé leur peu de valeur. Tu as décliné mon offre de la voie des richesses, sur laquelle périssent plus d’un mortel.

    1-II-4. Ce qui est connu comme étant l’ignorance, et ce qui est connu comme étant la connaissance, sont diamétralement opposés, et mènent à des voies différentes. Je te considère, ô Nachiketas, comme un de ceux qui aspirent à la connaissance, car les plaisirs – aussi nombreux puissent-ils t’être proposés – ne peuvent te détourner de ta détermination initiale.

    1-II-5. Vivant au sein de l’ignorance tout en s’estimant intelligents et éclairés, les ignorants tournent inlassablement en rond, trébuchant sur des chemins tordus, semblables à des aveugles menés par des aveugles.

    1-II-6. L’Au-delà jamais ne se révèle à celui qui est dénué de discrimination, insouciant et qui, trompé par l’illusion de la richesse, devient négligent. Celui qui pense : “Ce monde seul existe, et nul autre” tombera encore et encore sous mon joug.

    1-II-7. Innombrables sont-ils, ceux qui ne sont pas aptes à écouter des enseignements relatifs au Soi; innombrables aussi, ceux qui – capables d’écouter un enseignement – ne le comprennent pas. Merveille de rareté, celui qui expose la nature véritable du Soi, qui L’a atteint et en parle avec compétence. Oui, en vérité, précieuse et merveilleuse est l’expérience de l’Atman enseignée par un instructeur compétent !

    1-II-8. L’Atman, lorsqu’enseigné par un instructeur médiocre, est malaisé à comprendre, car Il est saisi de diverses façons par les intervenants (du débat philosophique). Par contre, lorsqu’Il est exposé par un maître qui a réalisé l’unification en son propre Soi, aucun doute ne subsiste alors, car l’Atman, étant plus subtil que l’infiniment subtil, reste inconnaissable par la méthode argumentative.

    1-II-9. Cette connaissance du Soi que tu as atteinte, ce n’est certes pas au moyen de l’argumentation que tu y es parvenu. Ô très cher, cette doctrine mène à la connaissance authentique uniquement lorsqu’elle est enseignée par un instructeur qui n’est pas un pur logicien. Oui, vraiment, tu es enraciné dans la vérité, ô Nachiketas ! Puissent les chercheurs te ressembler tous ! »

    Khata upanishad

    [elle (cette upanishad) se révèle comme pouvant figurer la majeure parmi les majeures, tant elle fore autour de la question fondamentale : la mort, ou comment faire de cette vie autre chose qu’un passage entre deux morts…]

  47. Pourquoi les riches se comportent si mal?

    Parce qu’il n’y a que deux manières socialement acceptables de mal se comporter:
    la mauvaise de se faire truand pour devenir riche;
    la bonne de devenir riche pour pouvoir continuer d’être truand.

    Les riches ne peuvent simplement pas réprimer leurs envies, d’où tous les vices qui peuvent suivre.
    Quand à ceux qui ne peuvent non plus réprimer leurs envies sans parvenir pour autant à devenir riches, ils peuvent se réfugier dans l’égalitarisme pur et dur. Comme quoi, en France, on a beaucoup de mal à réprimer ses envies…

    1. Quand à ceux qui ne peuvent non plus réprimer leurs envies sans parvenir pour autant à devenir riches, ils peuvent se réfugier dans l’égalitarisme pur et dur. Comme quoi, en France, on a beaucoup de mal à réprimer ses envies…

      Ouais, j’appelle ça les envies de révolution, ou simplement le goût de la Justice! Pas « l’égalitarisme pur et des dur » des pôôvres frustrés!

      Plus élégamment, vous auriez pu dire, à la rigueur, comme Cioran (grosso modo..):
      « Entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, il faut toujoursêtre du coté du dernier, en n’oubliant jamais qu’il ne vaut pas plus que le premier. »
      Là ok, on peut discuter.

      Fannie Mae

    2. Et m… p… de formatage!

      Quand à ceux qui ne peuvent non plus réprimer leurs envies sans parvenir pour autant à devenir riches, ils peuvent se réfugier dans l’égalitarisme pur et dur. Comme quoi, en France, on a beaucoup de mal à réprimer ses envies…

      Ouais, j’appelle ça les envies de révolution, ou simplement le goût de la Justice! Pas « l’égalitarisme pur et des dur » des pôôvres frustrés!

      Plus élégamment, vous auriez pu dire, à la rigueur, comme Cioran (grosso modo..):
      « Entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, il faut toujoursêtre du coté du dernier, en n’oubliant jamais qu’il ne vaut pas plus que le premier. »
      Là ok, on peut discuter.

  48. Il n’y a pas de lien de cause à effet entre la valeur d’un homme et son porte monnaie…
    C’est étrange. Il y avait quelques mois plus tôt ici même, bien plus ‘esprit critique envers ce type d’essaie.

    Psychologie et argent. N’étaisse pas le but premier de ce blog que de les séparer, n’est ce pas la vertue fondamentale de la vision structuraliste de la monnaie que de permettre sa conception indépendamment de la psyché ? Si on accepte leur séparation dans la conception de la monnaie, ne créons pas de théories approximatives et simplificatrices à l’autre bout du problème…

    Un homme riche est riche, point. C’est une caractéristique comme une autre.

    Le bonheur n’a rien à voir avec ça ! ho mon dieu, rien du tout.

    Au mieu on pourra dire de l’argent au niveau social que c’est une potentialité d’échange, l’échange n’étant en rien caractérisé a priori…

  49. En réponse à Rosebud et Saule (et peut-ête à d’autres?):

    Concernant la question de la richesse, j’essaie de mette en avant
    un seuil à travers le rapport entre « quantité » d’activité de la
    personne et celle des autres. J’essaie aussi de relativiser le
    poids de la qualité de cette activité.

    J’aborde l’aspect psychologique par son coté mécanique ou « reflexe
    émotionel »: on est triste car on est en train de penser que l’on
    perd ou que l’on va perdre quelque chose (ajouter aussi l’empathie)
    Il ne s’agit pas d’un jugement sur les « riches » mais d’un questionnement
    sur leurs possibilités comportementales. Notre réaction à échapper dans
    l’instant à ce qui nous « fais du mal » (qui pourtant pourrait s’avérer
    dans un futur positif) semble très forte. Voir la réponse à Crapaud Rouge
    dans le billet « Marlat-Sarlat ».

    Ce « type » de psychologie engendre beaucoup de relativité car elle est liée
    à notre propre estime d’une situation. Mais cette estimation ne se construit
    pas toute seule. Une part est construite par certains consensus sociaux, des
    groupes, des identifiants, à travers des champs (de la sociologie quoi!).

    Quant à l’aspect « historique » des problèmatiques qui perdurent, j’essaye de
    décentrer la question. Pourquoi n’y aurait-t-il pas la possibilité que les
    sciences humaines propose des modèles (et non des vérités) qui permettent la
    connaissance? Je vous assure que ça n’avait que très peu de sens de comparer
    un atome d’hydrogène avec l’idée que l’on se faisait à l’époque d’un oscillateur
    comme l’a fait Planck. Mais ça marche, au moins un certain temps
    (Voir là aussi la réponse à Crapaud Rouge dans le billet Marlat-Sarlat).

    Voilà, j’espère apporter du grain à moudre comme vous le faites.

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