L’actualité de la crise: un nouveau grand pas en avant, par François Leclerc

Billet invité.

UN NOUVEAU GRAND PAS EN AVANT

Tous les représentants des banques centrales et des régulateurs des 27 pays membres du Comité de Bâle – à l’exception semble-t-il des Allemands, qui veulent attendre des précisions estimées décisives pour leur système bancaire – viennent de se mettre d’accord sur de premières mesures annoncées le 26 juillet dans leurs très grandes lignes.

Est-il nécessaire d’être un expert pour saisir la portée de ce premier accord, en prélude à d’autres qui vont suivre et à l’adoption du canevas de l’ensemble au prochain G20 de Séoul  ? La réponse à la question est non, même si quelques détails méritent approfondissement ! Car, derrière la technicité un peu rebutante du communiqué du Comité, destinée à effrayer les moineaux, de très simples notions sont en réalité en cause.

Comme prévu, il apparaît en premier lieu que le calendrier de mise en oeuvre des mesures va être étiré dans le temps. Les années 2017 et 2018 sont évoquées pour plusieurs d’entre elles, ces échéances pouvant encore être repoussées, présentées comme le terme de périodes dites « d’observation » diablement importantes.

Comme s’il s’agissait en réalité de donner un long répit aux banques. On ne peut même s’empêcher de penser : comme s’il leur était accordé le temps nécessaire afin qu’elles puissent dégager, grâce à leur activité en propre sur les marchés financiers, de quoi accroître sans plus de difficultés leurs matelas de fonds propres. Sans donc réduire la voilure, tout au contraire, en espérant qu’avec le soutien des vigilantes et bien attentionnées banques centrales rien ne craquera à nouveau d’ici là.

Le plus décisif de ce qui doit être tranché, c’est le binôme constitué par la définition des fonds propres retenus pour le calcul du principal ratio d’un côté et le montant de celui-ci de l’autre. Pour ce dernier, il faudra encore attendre, mais l’on sait par contre déjà que le désormais fameux Tier One, dont une composition très restrictive figurait dans les propositions initiales du Comité, va voir sa composition élargie. C’est la deuxième importante constatation qui peut être faite de la grande souplesse du Comité. Les obligations souveraines et les obligations d’entreprise « de qualité » vont notamment pouvoir trouver leur place dans les fonds propres qui comptent. Sur cette question, les détails auront toute leur importance.

Car une autre mesure ayant de fortes implications a pour l’instant été repoussée. Elle prévoyait que les banques devaient détenir de très importantes quantités de fonds à maturité longue (estimés à plusieurs milliers de milliards d’euros), leur imposant cette fois de s’en doter. Ce qui avait déclenché une levée de boucliers des représentants des banques. L’idée du nouveau ratio était que les banques devaient se garnir de fonds dont la maturité était plus en adéquation avec leurs engagements à long terme, les rendant moins dépendantes des aléas des refinancements à court terme. Qu’en restera-t-il  ?

Le Comité a ainsi reconnu que le ratio en question souffrait d’imperfections et allait être revu d’ici à la fin de l’année. Il s’est ainsi rendu à l’argument des banques selon lequel il fallait choisir entre leur activité de crédit – et la relance économique afférente promise – et le maintien d’une règle qui y ferait résolument obstacle. Une autre mesure destinée à limiter le hors bilan permettant de sortir du bilan des actifs, et qu’ils ne soient pas ainsi pris en considération dans le calcul des ratios, devrait connaître également une « phase de test » prolongée.

Nul doute que ces décisions vont être présentées dans les jours qui viennent comme de nouveaux grands pas en avant. Rappelant cette envolée attribuée à de nombreux dirigeants politiques et probablement inventée  : « Nous étions au bord du précipice et avons fait un grand pas en avant ».

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46 réflexions sur « L’actualité de la crise: un nouveau grand pas en avant, par François Leclerc »

  1. Comme disait Napoléon, cherchez la banque…

    2017 est une date très lointaine…. hypothétique.

    Le flux économique passe entièrement par la consommation, il serait bon de s’interroger sur la demande globale car elle est un goulot d’étranglement pour l’économie. Toute l’économie passe par cette demande que l’on néglige d’étudier et d’interroger du point de vue conceptuel.

    Les stress tests ont été fait avec des croissances de PIB sur-estimées, et notamment positives. Ceci est ridicule. Amha la croissance a été surestimée de plusieurs points de PIB…

    Ils ne pourront plus spéculer sur l’économie réelle, en décroissance, et pour les empêcher de nuire il faudrait leur interdire la spéculation sur les matières premières comme le dit PJ.

    Le salarié est le client….

    Je pense qu’en gros le piège logique concerne l’individualisme des entreprises qui ont un avantage dans une conduite individuelle (déflation salariale) qui conduit collectivement à la catastrophe, ainsi l’on voit que l’idéologie de l’individualisme est directement responsable de ce qui se passe, comme on l’a déjà notée ailleurs. Individuellement la conduite est payante, collectivement elle est nuisible…. La poursuite de l’intérêt individuel ne suffit pas à produire le bien être collectif, contrairement à ce qu’a pu écrire A. Smith ou ce que la vulgate libérale en a dit, c’est faux… la poursuite de l’intérêt de chaque entreprise conduit à sa perte. C’est un suicide collectif.

    La stratégie la plus efficace conduit au désastre, étrange non, du point de vue darwinien… Mais après tout si l’on laissait les éléphants, il détruiraient la Savane.

    1. La stratégie apparemment la plus efficace conduit au désastre.
      Le tout est la somme des parties mais il n’est pas que la somme des parties.
      Dans un monde qui ne sait qu’additionner des éléments de nature différente et qui comptabilise ainsi une croissance permanente improbable, il vient un jour où la croissance devient impossible et où le mouvement devient une NON-CROISSANCE, non-croissance qui oblige à envisager un objectif conscient : la décroissance.
      Cette décroissance est elle même insaississable sans une critique radicale , c’est à dire qui va à la racine, du système économique existant fondé sur la domination de l’échange sur l’usage.
      A la surproduction rendue nécessaire par la tendance permanente à la baisse du taux de profit lié à la production des marchandises, la domination ajoute un transfert du taux de profit sur l’argent.
      Le consommateur ne peut plus acheter les marchandises surnuméraires, même en s’endettant éternellement et il souhaite de moins en moins le faire pour des raisons qualitatives, ayant aperçu la misère qui est cause et conséquence de ces immenses accumulations de marchandises.
      Bien que l’Etat, à sa manière si particulière, oblige le citoyen à donner une part sans cesse croissante de ce qui lui reste de revenus pour compenser cette baisse du taux de profit, le goût de la consommation pour la consommation a commencé à se perdre.
      Le gouffre qui s’est ouvert ne sera jamais comblé.

      A propos de la décroissance et de la critique radicale, on peut lire l’article : « Décroissants encore un effort…! » par Anselm Jappe.

    2. Ils détruiraient la savane et puis mourraient de faim.
      Ou plutôt ils migreraient et reviendraient après repousse.
      Ad lib.
      Les civilisations sont des troupeaux.

    3. « La stratégie la plus efficace conduit au désastre, étrange non, du point de vue darwinien… »

      Tenter d’intégrer la tactique d’un individu X, en l’occurrence d’un groupe d’individus (entreprise), en un instant T, consistant à préférer repousser sa mort au lendemain plutôt qu’au jour même ou au surlendemain plutôt qu’au lendemain, dans une éventuelle stratégie finaliste des espèces dans la théorie de l’évolution darwinienne me parait un peu aventureux…
      Des ultra-libs vous diraient que c’est en cohérence totale!

      Que des actionnaires de banques et ceux qui les servent en les « dirigeant » préfèrent repousser par tous les artifices possibles l’échéance de leur faillite inévitable afin de se gaver le plus possible de dividendes, et accessoirement, pour les seconds, de bonus et salaires de gougnafiers, rendus indispensables selon eux à leur survie dans ce monde hostile ne me parait pas remettre en cause ce bon Darwin.

      Tout au plus cela nous en apprend-il, peut-être, sur la permanente résilience de certaines monstruosités.

    4.  » La poursuite de l’intérêt individuel ne suffit pas à produire le bien être collectif, contrairement à ce qu’a pu écrire A. Smith ou ce que la vulgate libérale en a dit, c’est faux… la poursuite de l’intérêt de chaque entreprise conduit à sa perte. C’est un suicide collectif.  »

      Au début j’y ai pourtant cru Lisztfr en lisant d’ailleurs quelques livres sur Frédéric Bastiat, il y a de cela plusieurs années, mais à un moment donné je me suis rendu compte que ça ne pouvait marché continuellement, peut-être bien pendant un temps comme dans les plupart des systèmes socialistes qui ont également beaucoup échoués sur le seul aspect matériel de la vie en société.

      L’inverse est également vrai, la seule poursuite de l’intérêt collectif des êtres au nom même d’un plus grand système matérialiste mis en place pour perdurer, conduit également à la grande perte spirituelle de l’homme dans une société, comment à la fois se défaire de ces deux systèmes de penser trop enferrants et aliénants.

      Vous avez raison Lisztfr la seule poursuite des intérêts particuliers et marchands ne conduit pas toujours les êtres à mieux être en société, on le voit d’ailleurs mieux aujourd’hui ou on se bat de plus en plus les uns contre les autres pour se faire une place, quelle folle logique du productivisme.

  2. Oui, ben ce sont eux qui marchent et nous qui tombons.
    Et au rythme actuel, combien serons nous au fond du trou en 2017 ?
    Ne chercheraient-ils pas à combler le précipice avec nos cadavres, par hasard ?
    Histoire de traverser tranquilles en marchant dessus !

    1. Excellent! Nos sociétés capitalistes comme des Marabuntas de fourmis effarées et sommées à la schlague par des soldats banquiers défenseurs de la Reine gonflée de Capital de nous jeter au précipice, pour permettre l’inexorable avancée prédatrice par nos cadavres amoncelés…
      Booonne nuiiit les petiiits… 🙂

    2. Cela fait déjà un bon bail que nous jouissons
      de nos petits conforts et grandes commodités
      benoîtement vautrés sur des tas de cadavres, non ?

    3. @dominique cb
      Certes, mais en avoir une connaissance objective vue de l’arrière-garde de la piétaille vouée à devenir l’agglo des ponts salvateurs imaginés par les officiers du génie du capital ou en avoir une vision subjective en étant devenus l’avant-garde change quelque peu la perspective de la chose et les sentiments solidaires vis à vis des planqués haut-gradés de l’arrière…

  3. tout est ainsi fait pour que rien ne change, et je n’ose imaginer les Allemands plus contraignants vis-à-vis du secteur financier. Au moins, en repoussant les dates de mise en application, nous sommes sûrs de pouvoir assister à un nouveau crack financier d’ici là !

  4. Je regrette de ne pas avoir les connaissances qui seraient requises en psychologie différencielle, pour évaluer la portée du virtualisme. :))

    Chose amusante à observer:

    1) Tout le monde comprend que la manip vise l’opinion et non la réalité.

    2) Chaque participant au jeu pense que l’autre est tellement stupide qu’il va gober le leurre. Orgueil, quand tu nous tiens !

    3) La bourse impressionne le spectateur.

    La question de psycho diff, c’est: Jusqu’à quel point de démence faut-il aller pour que la majorité des participants au jeu commence à se dire que les autres ne peuvent pas être aussi stupides. Fernand Raynaud l’a dit: Un certain temps. :))

    En fait, pour être gagnant à tous les coups, en bourse, peut-être suffit-il de simuler l’idiotie. Je devrais y arriver: Je suis naturellement doué en idiotie.

  5. N’importe quel Homme censé moyen se rend bien compte qu’on se moque de lui (je reste poli sur ce blog !). Bâle II n’a pas été mis en place, il n’y a aucune raison que Bâle III le soit non ? Tout cela est de l’enfumage. 1788 ?

  6. C’est curieux, ce débat autour des fonds « propres » qui sont plutôt sales.
    Au fond, il s’agit toujours du mistigri qu’il faut bien filer à quelqu’un, à savoir les créances pourries.
    En pratique, les fonds propres n’ont pas réellement d’importance, car les banques ne prêtent que ce que l’on leur prête. Tout le débat est donc oiseux.
    Puisque des fonds réels en monnaie liquide quittent toujours davantage le système da la circulation de la monnaie, les banques centrales sont contraintes d’en fabriquer toujours davantage avec de l’encre et du paier.
    Or, puisque tout disparaît dans la trappe aux liquidités, nous n’assistons pas à des phénomènes inflationnistes.
    L’hyperinflation de l’émission monétaire semble parfaitement neutralisée par l’hyperdéflation de la trappe. Jusqu’à quand?
    En attendant les fonds sales exigent néanmoins le paiement des intérêts de la part des titulaires de la dette, notamment les Etats dits « souverains ».
    On peut donc considérer que les banques sont chargées désormais de collecter l’essentiel des impôts reversés aux créanciers (par le biais des intérêts et des intérêts des intérêts, premier poste budgetaire désormais).
    Un tel système, le capitalisme dans sa phase actuelle, ne peut qu’accroître toujours davantage les flux financiers des plus pauvres vers les plus riches, à savoir les détenteurs physiques des créances.
    Au fond, cette situation est totalement inédite au regard de l’histoire monétaire.
    Car l’absence de tout étalon de la monnaie autre que l’indice des prix (le taux d’inflation) parmet et impose cette façon de faire aux banques centrales « à l’insu de leur plein gré ». Car on a compris que le poison de la déflation est de loin le pire.
    Quand tout va mal, on pourra toujours, comme pour Haiti, annuler les dettes – qui seront répercutées sur les autres, car les prêteurs réclament néanmoins le service de cette dette.
    Un équilibrage est totalement impensable en continuant ainsi.
    Sa solution que je ressasse à chaque fois que j’interviens serait l’obtention d’un signe monétaire circulant inconditionnellement et en toute circonstance, le « signe monétaire marqué par le temps » (ou SMT). Car alors, la trappe aux liquidités serait définitivement fermée, le circuit monétaire bouclé. Les capitaux seraient dès lors amenés nécessairement à revenir dans les circuits de la demande, la rente du capital disparaîtrait peu à peu et à mesure que les nouveaux SMT ne pourront plus extorquer des intérêts nouveaux. Les dettes pourriaent enfin refluer en même temps que les créances excessives (créances et dettes sont jumelles).
    Cela me semble tellement simple.
    Mais tant que l’on discute « fonds sales », on n’avancera pas plus qu’avec cette idiotie de la « création monétaire par le crédit bancaire ». Pourquoi des choses aussi élémentaires restent visiblement impossibles à faire admettre?

  7. Coucou,
    Pas de bonne humeur ce matin. J’apprends l’existence de le task force 573 en Afghanistan et çà me révulse.
    Bon, pour poursuivre dans l’euphorie générale, je viens de lire un document sur les partenariat public privé en Europe. J’ai comme l’impression que les financiers ont encore frappé. De la dette sous jacente . Avez vous une idée des montants engagés ou c’est comme le reste, on sait pas grand chose, çà peut créer des événements non linéaires ? (un petit doublement de la dette reelle anglaise par exemple, car j’ai cru comprendre que mr blair a été un fervent utilisateur de ce procédé)
    Ah désole, mais depuis que je me suis rendu compte que les « elites » faisaient semblant de comprendre les outils dérivés qu’elles utilisent, je vois du noir partout !

    Stéphane

    1.  » Ah désole, mais depuis que je me suis rendu compte que les « elites » faisaient semblant de comprendre les outils dérivés qu’elles utilisent, je vois du noir partout !  »

      Dans le film  » trader  » que j’ai vu l’autre jour, joué par Ewan McGregor retraçant l’histoire d’un trader de la Barings dans les années 1990, la plupart des collègues de Nick Leeson dans cette histoire ne semblaient pas tout comprendre de ces pratiques, l’aspect grand jeu de casino était très bien montré dans le film pour mieux se refaire, la pression continuelle pour générer davantage de primes, je pense que cela doit être encore le cas de nos jours dans beaucoup de grandes firmes financières pas étonnant que le monde dévisse peu à peu.

      Pour ceux que cela intéresse voir le lien suivant :
      http://www.next-finance.fr/Comment-Nick-Leeson-a-coule-la

  8. Ils sont forts ces banquiers, ces financiers, cela me rappelle les dernières grandes déclarations faites lors des différents Grenelle ou autres sommets de Kyoto, la génération suivante finira bien par résoudre nos propres problèmes de société, c’est bien connu avec le temps qui passe le monde avance forcément automatiquement qui plus est avec les nouvelles politiciennes de plus à l’image genre Rama Yade et compagnie, faut-il vraiment être entouré de femmes comme ça pour mieux rendre service à la tête d’une société, je ne pense pas. De plus dans les années 2017 et 2018 la crise de 2009 2010 aura déjà été oublié dans les esprits.

    Et combien de gens auront-ils sacrifiés en plus ?

  9. N’avons nous donc tant travaillé que pour cette infâmie….?
    …puis une évocation tirée du Livre :
    « …et l’on verra la différence entre…. » –paraphrase– :
    les gredins et les autres
    Je n’en démord pas : sans justice sociale,sans transparence « ils » seront vite débusqués et ce jour là ,je n’envierai pas leur sort(pas plus qu’aujourd’hui d’ailleurs )
    En effet ,nuire,faire mal,mal faire taraude,même les consciences les plus avilies.

    1. oui excellente illustration visuelle et sonore pour mieux nous représenter tout ce qui se passe avec aussi une plus belle vue d’ensemble, cette personne est vraiment très douée, une véritable fresque quel beau tableau du monde actuel.

    2. J’aime bien. J’ai pas tout compris car je ne maitrise pas assez l’anglais 🙁 Donc, peut-être que les remarques suivantes ne sont pas pertinentes :/

      C’est époustouflant mais encore… Il s’agit d’une analyse. Qui partage cette analyse ? Et pourquoi ? Parce que c’est époustouflant ? Parce que cela donne une impression de limpidité ?

      D’abord les babouins les plus forts ont convaincu les singes les plus doués de défendre leurs intérêts par l’autorité que leurs octroient leurs beaux costumes-cravates, leurs petites lunettes et leurs beaux discours. Ils nous ont aliénés (pour la plupart) et maintenant, nous trouverions notre salut dans de beaux dessins ? 🙂

      N’est-ce pas une forme moderne des Guignols ?

      Ça me fais plaisir, de voir le banquier en difficulté et finir en prison… Mais concrètement, ça nous avance à quoi ? Et en quoi est-ce particulièrement pertinent ?

    3. Le contenu des commentaires ne manque pas de sel. On peut y mesurer à quel point l’usage de l’anglais écarte radicalement ses locuteurs de l’espèce humaine, en portant attention aux solution proposées et aux différences, par exemple, qu’elles présentent avec les messages usuellement observés ici même.

      On mesurera, à l’occasion, le niveau de contamination américaine en Europe, en retrouvant, comme ici, les habituelles imbécilités sur le marxisme, le monétarisme, le mur productif, etc… Toutes ces diversions qui font qu’on évitera de traiter de l’excès de richesse en pressant sur les leviers des diverses mythologies du mérite, de la liberté individuelle, et autres fadaises.

      Comme disait François plus haut, « de très simples notions sont en réalité en cause ». C’est vrai dans le contexte global. La seule « solution » restante pour les ZUnis, c’est la guerre. Plusieurs circonstances font que cela risque de ne pas leur être possible. D’une part, les émergés font tout ce qu’ils peuvent pour calmer le jeu et il n’est pas évident que les conspirations US qui ont déjà tant servi réussissent à duper une fois de plus les opinions. D’autre part, bien que l’empire soit la sur-puissance armée, rien ne dit qu’il soit vraiment en état de l’emporter sur un monde qui, de l’Iran à l’Amérique du Sud, de la Russie à la Chine, de l’ASEAN au Sucre, aimerait bien se dégager de la mâchoire prédatrice.

      Gagnerait-il, que serait probablement au jeu du qui-perd-gagne.

    4. Merci Paul! Remarquable introduction à la crise ! Un des plus beaux documents vus sur le net!
      Un des participants au blog serait-il capable de mettre un texte aussi drôle et en français ?
      Nous sommes des dizaines de milliers. Ca devrait le faire…

      Pour aller plus loin, et en français, pour comprendre les racines de la crise:
      Une lecture marxiste de la crise
      par P. Artus, économiste en chef Natixis
      http://gesd.free.fr/flas0002.pdf

      Le partage de la valeur ajoutée en Europe
      Par Michel Husson
      http://hussonet.free.fr/psalires.pdf

      Une des conclusions de l’étude :
      « La baisse de la part des salaires apparaît rétrospectivement comme l’un des déséquilibres majeurs qui a conduit à la crise actuelle : c’est elle en effet qui a alimenté les bulles financières en gonflant les profits non investis et en incitant à un surendettement destiné à compenser le recul salarial.»

      Ou va la crise
      par APEX
      http://gesd.free.fr/apexph2.pdf

      Crise de suraccumulation mondiale ouvrant sur une crise de civilisation
      par François Chesnais
      http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=859

    5. Dans le même cas que Serge Smeesters.

      Mon compagnon parle couramment l’anglais va me le traduire. Malgré cela, avec les quelques rudiments qui me reste , je trouve cela explicite . La démonstration est magistrale .

      Excellent !

      Charles A. dit :
      Merci Paul! Remarquable introduction à la crise ! Un des plus beaux documents vus sur le net!

      Paul Jorion dit :
      « Un des participants au blog serait-il capable de mettre un texte aussi drôle et en français ? »

      Il y a un projet. On vous tient au courant.

      Suspense !

  10. L’imaginaire politique a beaucoup d’avenir, l’idiologie racontée aux enfants, tout ces contes de fées possèdent un potentiel exponentiel qu’il sera difficile de contourner tellement il est ancré dans le subconscient de l’ensemble.

    1. idiologie : nom féminin singulier (philosophie) connaissance de l’individu par découverte de ses particularités.

      Certains ont besoin de briller. D’autres seront irrités d’avoir à faire une recherche… surtout pour aboutir sur une notion aussi vide de sens que la réalité.

      Tu veux savoir pourquoi Blanche Neige, noire de cheveux, s’est piqué le doigt un jour de neige ? 🙂

  11. Pourquoi suis-je de moins en moins surpris..???
    La finance a tué la Loi depuis longtemps.

    Une bonne nouvelle, néanmoins : au 30 juin 2010, il y avait autant de faillites de banques américaines que sur toute l’année 2009.
    La concentration bancaire s’accélérant, nous devrions voir une accélération du mouvement de plongeon général de leur économie.

  12.  » Ça me fais plaisir, de voir le banquier en difficulté et finir en prison… Mais concrètement, ça nous avance à quoi ? Et en quoi est-ce particulièrement pertinent ?  »

    Et bien ça nous avance toujours à la même case départ, en soi c’est déjà assez approprié comme démonstration et des pratiques en cours et peu importe que cela soit fait sous la forme d’une bd, d’un film, d’un documentaire, d’un livre, etc s’il nous est encore permis de rire de ces gens là comme coluche, qu’il y a t-il donc parfois de plus concret que le rire et la spiritualité pour mieux garder la tête en dehors de l’eau, arrêtons aussi de vouloir courrir après la lune de se voiler la face à chacun sa manière d’exprimer au mieux la crise selon son bagage ou pas, certains recherchent bien leur salut dans les mêmes livres poussant continuellement les êtres à se prendre trop au sérieux en société, qu’attendons-nous encore de l’autre ? des solutions toutes faites pour les banquiers et puis après un homme comme une société ne change réellement pas avant l’heure …

  13. Deux commentaires rapides/
    Manifestement les marchés boursiers réagissent « bien » à ce qui se décident actuellement à Bâle puisque mardi 27 juillet à 16h00, les 4 françaises affichaient +10% au compteur CAC. Et on peut le comprendre. Plus cela va, plus les gros méchants régulateurs se font gentils. A force d’étendre la notion de fonds propres à des participations croisées et autres fausses richesses, on va reconstruire un système d’apparence solide mais qui ne reposera que sur du sable, grosso modo des banques Potemkine, comme on a eu des placements Potemkine avec la titrisation.
    En ce qui concerne les effets retour de flamme du crash-test ( je voulais dire stress-test), ce n’est pas tant pour les banques qui sont juste au-dessus des plus mauvaises que je me ferais du souci mais pour toutes celles qui N’ONT PAS été testées. Du coup, il y a suspicion sur elles : « Pourquoi pas elles? ». C’est un peu comme dans le sport : en cyclisme, tout le monde sait que tout le monde (ou presque) se dope mais comme c’est très contrôlé, on a quand même (un peu) confiance mais dans le foot, dans le tennis, dans le rugby? Vous leur feriez confiance, vous?

    Pour une autre approche de ces questions bancaires,

    http://dominiqueguizien.wordpress.com/

    1. Une chose sûre, il y a concentration bancaire au niveau américain.
      Soit, d’une part une conséquence de la dégradation de l’économie, mais aussi, un mouvement au détriment des clients.
      Puisque les plus petites banques sont obligées de rémunérer de façon plus importante les déposants plutôt que les grosses banques.
      Même chose pour les frais bancaires et autres taxes tant au niveau du particulier que des sociétés.

      Pour ce qui est de l’apparence solide… J’ai entendu parler d’une faillite de banque en septembre 2008 qui a fait un peu de bruit…
      Mais qui était une suite d’autres événements et donc, quasiment, un aboutissement.

      A priori, les apparences ont des limites. Et tant mieux. Le crash suivant devrait donc être largement amplifié.

    2. Scandaleux et surtout irresponsable…que se passera-t-il au prochain choc systémique alors que les États sont dans le rouge… »on ne tond pas un œuf » !

  14. Il n’y a meme pas besoin de lobbyistes-quelle merveille ! Trichet,les 27 régulateurs européens plus une armada américaine mentionée par le Wall Street Journal,: Bernanke, régulateur en chef, Dudley président de la fameuse Fed NY, Tarullo un gouverneur de la FED plus Sheila Bair, et hop, la raboteuse,le casino peut continuer….

    http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704700404575391363493008400.html?mod=fox_australian&utm_medium=twitter

  15. En l’absence de fonds , l’essentiel est de conserver un bon fond.
    pour ne pas finir au fond d’un puits sans fond.

    Quel est la différence entre un tunnel et un puits ? Dans un puits vous devez faire demi-tour.

    2017, 7 ans c’est le temps qu’il faut pour doubler son capital à 11% d’intérêt.
    De quoi boucher le fond du puits n’est ce pas ?

    En 2017 plus de dettes.

    En 2012, qu’y avait il de prévu ?

  16. vos analyses sont très intéressantes, sur le forum bulle immobilière dans la rubrique revue de presse on trouve daté du 28 07 10 une contribution ‘ que s ‘ est il passé réellement en octobre 2008 ‘ ; c ‘ est réellement de haut niveau

    bien à vous

    1. Please, prenez le temps de rechercher et mettre le lien. C’est ce qui fait la richesse unique de l’info de ce blog.

  17. Peu de commentaires dans la presse, en dehors de Bye-Bye Bale III ! de Philippe Béchade, »nous venons d’avoir la démonstration que si les règles en vigueur ne permettent pas aux banques d’agir au mieux de leurs intérêts sur les marchés, il ne faudra pas attendre longtemps avant qu’elles obtiennent que ces règles soient changées en leur faveur »- ce qui valide d’autant votre analyse et sa pertinence

    Pour les amateurs et les insomniaques, le document de la BIS Main Design elements

    Le WSJ remarque que le système financier ne peut se permettre d’etre si peu capitalisé(..) et informe que l’opposition des Allemands serait liée au fait que si l’on applique le  » Tier 1 common capital’en vigueur aux Etats-Unis et non le ‘Tier 1 core capital’ comme en Europe, la Deutsche Bank sort à 2,5% face aux 3%-ce qui doit etre aussi le cas pour la Commerz Bank, on peut imaginer la meme situation pour les banques françaises-alors que JP Morgan, Bank of et Citigroup sont à 5 %, alors que l’Allemagne fait savoir officiellement que ses réserves portent sur sur ses banques les plus petites, les « zombies ».

  18. Bonjour,

    le titre de l’article est formidable,dans cent ans quelques chercheurs en histoire auront peut être la chance de lire votre décryptage de l’actualité, il sauront bien rire à ce point j’espére; à la bougie ou avec un vieux générateur d’electricité en lisant ces vieilles archives numérisées je ne sais trop où et comment, un vieux lecteur bidouillé peut être.

    Vos chronique quasi quotidienne pour ne pas oublier.

    Le drame de la crise vire à la tragédie du quotidien maintenant.

    Cordialement

  19. A propos du Portugal :

    – Emprunt à 4 ans :

    En novembre 2009, le Portugal avait lancé un emprunt à 4 ans. Le Portugal avait dû payer un taux d’intérêt de 2,759 %. Le 28 juillet 2010, le Portugal a de nouveau lancé un emprunt à 4 ans. Cette fois, il a dû payer un taux d’intérêt de 3,621 %.

    – Emprunt à 13 ans :

    En janvier 2010, le Portugal avait lancé un emprunt à 13 ans. Le Portugal avait dû payer un taux d’intérêt de 4,416 %. Le 28 juillet 2010, le Portugal a de nouveau lancé un emprunt à 13 ans. Cette fois, il a dû payer un taux d’intérêt de 5,377 %.

    Conclusion : plus les jours passent, plus le Portugal se surendette.

    Plus les jours passent, plus le Portugal doit emprunter à des taux de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

    Le Figaro

  20. Un autre qui ne se laisse pas démonter:

    Wolgang Münchau qui considère que le système bancaire allemand, particulièrement les Landesbanken, est insolvable au sens large du terme, faisant valoir que l’Allemagne est passée maitresse dans l’art des formes de capitaux propres innovantes, hybrides, les banques ne disposant par conséquent pas des ressources pour se protéger contre les possibles chocs de l’avenir. Il estime que le secteur privé ne peut supporter cette charge et appelle urgemment à la recapitalisation forcée ou à la nationalisation, constatant que les approches gouvernementales ont échoué dans le passé.

    Der Stress nach dem Test

  21. Un peu en retard… Mais je pense que vous avez tout à fait raison. La stratégie des pays, banques centrales et banques consiste à laisser le business as usual, le temps que les banques bouchent les trous des pertes déjà enregistrée et des pertes à venir dues au papier pourris qu’elle détiennent encore. Ensuite, éventuellement, on verra à réguler pour éviter un nouveau crack. Ce n’est pas complètement absurde dans la mesure où les états ont décidé de sauver les banques, et que si elles font dans les années à venir beaucoup de bénéfices, cela coutera mois aux états en renflouement. Sauf que d’un point de vue moral c’est douteux, et que ca revient à faire globalement payer les pauvres. Et en plus, rien ne dit que d’ici quelques années, on ait toujours envie de mettre en place les régulations théoriquement en attente. Les banquiers nous ont bien baisé, et les politiques sont leur complices.

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