Marianne, débat du 28 juin 2010 à 20h30 – Vidéo

Dans le cadre des débats de l’alternative organisés par le CRREA et Marianne : débat sur le thème « Le système financier international : qui osera le réformer et comment ?« .

Ont participé à ce débat : Paul JORION (anthropologue, sociologue et auteur de « Comment la vérité et la réalité furent inventées) ; Frédéric LORDON (directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne) ; Liêm HOANG-NGOC (économiste) ; Stéphane COSSET (économiste) ; Hervé NATHAN (rédacteur en chef du service Economie à Marianne) et animé par Jean-François KAHN (président du CRREA).


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125 réflexions sur « Marianne, débat du 28 juin 2010 à 20h30 – Vidéo »

  1. Lordon : aussi bon à l’oral qu’à l’écrit..c’est à dire extrèmement brillant
    Jorion : toujours la pointe d’humour qui séduit le public, précis et pédagogue.
    Qu’est ce que je regrette de n’avoir pu en être !

    1. Bjr,

      Qques citations extraites d’un compte-rendu du 30 juin :

      Stéphane Cossé : engagé auprès du Modem, n’a pas été très convaincant.
      Le public s’est ennuyé durant ses interventions trop politiquement conventionnelles et presque à contre-sens du débat.

      Liêm HOANG-NGOC : .. prisonnier d’un appareil politique et d’un carcan idéologique. Sa lutte s’inscrit dans une démarche partisane traditionnelle. Il fait quasiment l’impasse sur la rupture de confiance des citoyens vis à vis de la classe politique…dont il est un représentant.

      Paul Jorion : nous quittons le dogmatisme politicien pour un constat objectif :
      Les politiques ont failli,
      les économistes ont failli,
      les financiers ont conduit le système au bord du gouffre
      …et il existe de telles collusions entre ces 3 groupes que le renouveau ne peut venir que de la société civile.
      Et d’une société civile qui devra affronter des castes privilégiées très réticentes à lâcher du lest.

      Frédéric Lordon : Egal à lui-même : vif, incisif, drôle, précis, technique, métaphorique, efficace.
      La forme est agréable, le fond est plus que sérieux, grave.
      Nous avons à faire à un groupe social organisé qui exerce un chantage sur l’ensemble de la société, y compris sur des politiques…qui sont par ailleurs souvent complices.

      La conclusion est revenue à Jean-François Kahn qui a évoqué les processus révolutionnaires. Ceux-ci ne s’engagent pas pour remplacer un système par un autre, mais par un sursaut en réaction à un abus de trop, une régression de trop. C’est pour cela qu’il faut réfléchir en amont, pour être prêt à proposer autre chose, le jour venu.

      FIN DE CITATION

      Je n’ai pas assisté au débat mais la video diffusée aujourd’hui me permet d’avoir la confirmation, a posteriori, que ma source d’information est pertinente.

      Le compte-rendu provient d’un forum qui pourrait passer pour « proche de certaines théories complotistes »
      si son initiateur ne s’attachait pas tant à l’objectivité et aux faits
      voir le 3ème message de la page sur LE SILENCE DES LOUPS
      http://www.pro-at.com/forums-bourse/topic.php?whichpage=119&TOPIC_ID=30072

      Passer à la phase constuctive (http://www.pauljorion.com/blog/?p=14408)
      ne pourra se faire efficacement qu’en toute connaissance de cause.

    2. @FreeDem: Le compte-rendu n’est pas du tout objectif concernant Liêm HOANG-NGOC qui a été brillant. Je me suis même demandé ce qu’il foutait encore au PS.
      Le reste du compte-rendu est juste.
      La remarque la plus intéressante de tout le débat est venue de JFK c’est celle sur la naissance des révoltes (il est vrai que je connaissais déjà tout ce qui avait été dit avant).
      Le gars du modem, pitoyable. Un politicien professionnel de plus.

    3. @ MOI :

      Il est vrai que Liêm HOANG-NGOC s’est montré souple et ouvert au cours du débat.
      Mais je note une phrase qu’il a prononcé au cours de l’échange Questions/Réponses, qui dénote une « religion » :
      « Tout dépend du projet qu’on défend. Moi, je suis profondément fédéraliste. Et donc, les fédéralistes, c’est le projet d’une Europe politique la plus achevée possible. »

      Cet élu socialiste ne se place donc pas dans une optique de rupture ou de changement de paradygme
      mais bien dans une optique de continuation d’un projet politique élaboré de longue date.

      Le compte-rendu fait à son sujet sur le forum du SILENCE DES LOUPS ne me choque donc pas :
      « …. prisonnier d’un appareil politique et d’un carcan idéologique. Sa lutte s’inscrit dans une démarche partisane traditionnelle. Il fait quasiment l’impasse sur la rupture de confiance des citoyens vis à vis de la classe politique…dont il est un représentant. »

      Dire : « Le compte-rendu n’est pas du tout objectif concernant Liêm HOANG-NGOC », me semble donc un jugement bien sévère.

      Cdlt

    4. Juste une petite question à propos d’un lapsus ( deuxième vidéo , 17 ème minute ):
      « oui alors , les politiciens , on connait les »… », les noms …. »

      Fallait il comprendre les « noeuds » ( les débiles) , ou les « ne » ( « ne » pas voir , « ne » rien dire, « ne » rien écouter ?)

    5. Bien évidement , certains orateurs ont brillé plus que d’autres.

      Pourquoi, mais pourquoi donc faudrait il céder à la dictature de l’image, à l’élitisme forcené ?

      Pourquoi faudrait il adopter un des principaux non- sens de ce capitalisme qui va sur ses dernières heurts , pourquoi toujours vouloir mettre les hommes ( les sweet comme les pas sweet) en « concurrence » ?

      Et si l’avenir était tout bonnement dans la complémentarité ?

      Mr jojo, j’aimerai savoir ce que vous avez retenu des moins prolixes de ce débat …

      Un des cancres a rappellé la quantité d’euros stockée mondialement en monnaie de réserve ( ce qui devrait influencé sur son avenir ), un autre à évoqué des conséquences trés concrètes d’une sortie de l’euro sur la vie des français .
      C’était intéressant , çà aussi . En tout cas, il s’agit de deux notions que vous n’avez pas encore (il me semble ) approfondies .

    6. JFK a fait des interventions qui honorent l’intelligence, mais n’a pas traité Paul comme il se devait.
      Comment peut-on ne pas lui offrir le même format et temps de parole qu’aux autres?
      Paul avait bp d’autres choses à dire. A sa place, je me serais bp ennuyé…

      Liêm a fait une analyse juste, anticapitaliste, de la crise. Même à sa gauche, que cherche-t-il à l’UMPS ? J’avoue ne pas connaitre ni comprendre…

      Lordon très utile comme d’habitude. Logique jusqu’à l’appel au soulèvement.

      Les points communs entre Paul et Lordon?
      Réponse éclatante au moment de l’appel au soulèvement.
      Seul Paul a vraiment applaudi…

  2. très bonne conclusion de JF kahn. tout est dejà prêt d’un point de vue théorique. reste donc l’action, qui historiquement fut une réaction spontanée à des bévues politiques. nos politiques qui marchent sur des oeufs s’efforcent de ne pas la déclencher, mais on croise les doigts cependant.

    1. Pis quoi encore ? Inviter Une, sinon La tête pensante du FdG vous n’y songeait pas ! Et par JFK candidat du Modem et soutient de Bayrou – celui qui propose de constitutionnaliser l’équilibre budgétaire – le benêt, a droite toujours et encore ! faut pas rêver !
      Bon, j’assume ma totale mauvaise fois (Je le lis souvent, mais !)
      Merci, pour les vidéo, également sur Marianne 2 (comme quoi !)

    2. Un autre économiste qui ne manque pas d’idées aurait pu être invité : Yann Moulier-Boutang. (« Le capitalisme cognitif », « L’abeille et l’économiste »)

    3. J’aime Jacques Généreux, car bon économiste et généreux.
      Mais que fait il dans un parti qui prone la révolution par les urnes, autrement dit le marche pied de D$K, Aubry ou autre remake de la catastrophe?

  3. A travers cette conférence, deux personnes n’apportent rien à la réflexion. Ce sont celles qui portent une cravate.

    1. Peut être est ce parce que leur critique du système n’est pas aussi viscérale que celle des autres intervenants. On sent chez eux un certain attachement pour lui malgré le constat d’échec qu’ils peuvent en faire.

      Pâles intervenants, ô combien, à côté d’un Frédéric Lordon pétillant (que j’avais lu mais que je n’avais pas encore entendu) et un Paul Jorion toujours égal à lui-même.

      On sait désormais que, lorsque le système s’effondrera, il y aura des gens prêts à intervenir avec les bonnes solutions.

      Bravo et merci pour ces vidéos.

  4. C’est pa-ssio-nnant.

    Chacun des orateurs a su illustrer la même problématique avec sa sensibilité.

    Paul Jorion n’a plus aucune crédibilité, en tant que banquier.

    Frederic Lordon remporte un succès croissant dans ses appels à différents types de soulèvement. Un futur leader charismatique est-il en train de naitre ?

    Pour finir, en recherchant le schmilblick, nos invités sont tombés sur Papi Mouzo….

    Bravo à tous !

    1. « Un futur leader charismatique est-il en train de naitre ? »

      Non non, hélas. Mais un rhéteur splendide, un tacticien efficace et pas regardant sur les effets de style, tout en restant rigoureux sur ses analyses et intraitable sur ses convictions et les petites compromissions médiatiques. Mais pas d’envergure de chef charismatique, ni de complicité évidente avec le peuple. Trop cérébral, trop CNRS malgré ses superbes foucades et ruades. Mais, peut-être un petit St Just… Imaginez le à la tribune de l’Assemblée partant en dérapage contrôle… 🙂

    2. Peut-être a-t-il compris, comme beaucoup d’entre nous,
      que ce sont les leaders charismatiques qui étouffent les révolutions.
      Que pour ne pas se faire détourner par un leader, il faut les combattre tous.

  5. Merci pour les vidéos … je les attendais et je n’ai pas été déçu. Très bien dans l’ensemble avec un peu de folklore finalement assez rigolo dans le public …

    La conclusion de JF Kahn, c’est bien la stratégie du (contre-)choc, non ?

    1. C’est très agaçant le gourou de pseudo-psychanalyste qui prend tout le temps la parole sans qu’on lui ait donné, etc.

      En plus, dit en passant, il me fait rire de dire que l’économie n’est pas une science, venant d’un psychanalyste il ferait bien de s’en retourner aux livres d’Histoire pour analyser Sigmund Freud…

  6. C’est avec impatience que j’attendais la mise en ligne de ces interventions collectives et je ne fut pas décu.
    La présentation de chaque intervenant ne manquait pas d’intérét. Des petites différences apparaissaient très créatives, nourrissant avantageusement le débat. Cela fait du bien de constater qu’une dynamique s’installe nous laissant entrevoir à tous que notre rôle peut-être grand dans ce qui va se jouer dans les mois à venir.
    Mr. Lordon qui intervient fréquemment dans l’émission de Daniel Mermet « là-bas ci j’y suis » posséde indéniablement le sens de la vulgarisation qui permet à des gens comme moi peu au fait du fonctionnement du Monde de la Finance, de mieux comprendre dans quel Monde nous sommes aujourd’hui forcé à vivre.
    La complémentarité avec Mr. Jorion est manifeste. Chacun avec sa propre sensibilité nous décrivant les causes et les effets visibles et invisibles d’une crise majeur aux conséquences encore mal perçues par nombre d’entre-nous.
    Mr. Jorion avec toujours cette élégance qui lui appartient a pris la parole avec toujours autant d’humilité mais en faisant la preuve que celle-ci est née d’une expérience significative du genre humain.
    La qualité collective des intervenants a suscité l’envie de la part du public de poser des questions bien souvent en rapport avec celles que j’aurais aimé poser.
    Cet exercice est a renouveller car il est pédagogue, informatif et porteur d’ébauches de solutions à mettre en pratique si les circonstances l’exigent.
    Bravo et encore merci à tous, grâce à vous nous passons du statut de spectateur à celui d’acteur de notre Vie, et cela change tout….
    Bonne journée.

    1. Tout à fait d’accord avec vous.
      Alors à quand un débat sur le vif Lordon-Jorion pour enfin boucler la boucle et passer à ce qu’il y a devant nous vraiement !!!

    2. L’idéal ça serait un débat Lordon et Jorion d’un côté et un financier et un politique de l’autre…

    3. Pablo 75

      Ah non, ça va, c’est bon !

      En terme de connaissance, Paul Jorion ou Frederic Lordon en savent assez :

      Qu’est-ce qu’un banquier ou un financier amène de plus en dehors du fait qu’il mange dans la gamelle ??

      Nous avons dépassé le temps du débat contradictoire.

    4. @ pablo75,

      Sûr! Jorion et Lordon tous seuls sur la piste, ce n’est plus un combat de boxe…
      …ça s’appelle un tango!

      (à propos de tango)
      A mon tour de vous faire un cadeau musical, pablo – vous constaterez que je poursuis ma musico-thérapie 😉 Mon voisin le plus proche, Alfonso Pacin, est un musicien argentin qui a partagé la scène avec Mercedes Sosa (décédée il y a quelques mois) et qui joue régulièrement avec l’accordéoniste argentin Raul Barboza. Quand il ne sert pas le tango, il compose et joue pour son quintet à corde, l’Alter Quintet. Cadeau .

      —————

      @ Thomas,

      Le temps du débat contradictoire doit rester éternel bien sûr. D’autant plus qu’un débat n’est pas seulement un spectacle pour le public, où chacun tient son rôle de prêcheur.
      On oublie ce qui se joue ENTRE les acteurs du débat. Si à chaque fois que Jorion ou Lordon débattent avec des politiques ou des financiers, ceux-là repartent un peu plus édifiés et instruits sur leurs missions et leurs rôles, avec quelques bonnes idées pour leur retour au bureau le lendemain, vive les débats avec les politiques et les financiers!

    5. @ Jean-Luc

      Très beau moment… Je connaissais Mercedes Sosa et Raúl Barboza, mais pas Alfonso Pacin. Une découverte, ce Alter Quintet… Merci !

    6. « Si à chaque fois que Jorion ou Lordon débattent avec des politiques ou des financiers, ceux-là repartent un peu plus édifiés et instruits sur leurs missions et leurs rôles »

      C’est vrai quoi, c’est juste des grands naïfs ces politiques et financiers… Pas des mauvais bougres.

    7. @ Moi,

      Touché! C’est moi qui fait figure de naïf sur le coup.
      Damn’d! je devrais moins fréquenter les non-violents 😉 .
      Il fallait lire:
      « Si à chaque fois que Jorion ou Lordon débattent avec des politiques ou des financiers, ceux-là repartent l’arrogance en berne, le rouge au front et la culotte sale, enfin édifiés et instruits sur les missions et les rôles que leur ont confié et défini sous obligation de résultat le peuple mandant, alors vive les débats avec les politiques et les financiers! »

  7. Oui, excellente conclusion de JFKahn, je trouve que tous les intervenants étaient utiles à des même la voie du politique qui parlent de choses concrètes même si pas suffisantes et dites dans un style un peu polytocard!

  8. Paul,
    Merci pour les vidéos qu’il faut digérer comme il se doit.
    J’ai bien aimé les conclusions de Kahn aussi.
    De bonnes idées mais pas vraiment une alternative au capitalisme.
    Y en a-t-il une réelle, sans revenir à la vie des habitants de la forêt d’Amazonie?
    Le capitalisme est le « kern » du système. Il a utilisé les « failles » de l’esprit humain: la cupidité, la loi de la performance pour le moindre effort et dans un temps minimum (qui n’est d’ailleurs pas uniquement humain). Rationaliser, c’est ça le mot. Encore le faut-il en tenant compte de la sociologie, de l’anthropologie (ce que vous avez tenter de faire).
    Le psy qui s’est embourbé dans ses explications, par manque de préparation et de sang froid, avait quelque chose à dire.
    Ainsi, la dette publique française est plus externalisée (j’ignorais).
    Le pourcentage de croissance qui détermine le seuil de l’emploi est totalement fictif et dépendant de l’activité en question. C’est l’adéquation entre la demande du marché (et donc de ses fournisseurs) et l’enseignement qui est donné dans les écoles qui est très mal planifié et suivi.

  9. Génial!!!!!!!

    Merci pour cette vidéo. D’accord pour la saisie des banques. Intelligent, savant et plein d’esprit, vivant, enthousiasmant. Merci tout plein.

  10. pfuittt,

    comment on fait pour travailler cet après midi maintenant que j’ai découvert enfin les vidéos de ce débat …

    Merci Paul, ma productivité personnelle va en prendre un coup

  11. Beaucoup de constatations, quelques solutions individuelles, mais malheureusement aucun débat contradictoire pour « nous » éclairer sur ce qui sépare ou réuni sur le champs politique et historique les brillants protagonistes de » l’estrade ».
    Vous avez répondu à la question sur vos concomitances avec Lordon, il ne l’a pas jugé utile de le faire

    Le centre mou ne voit pas d’inconvénients à ce que que ce protagoniste à l’extrême gauche de l’estrade en vienne à tirer dans les portes des banques à balle réel avant de les nationaliser pour des cacahuètes, tout en imaginant pouvoir éventuellement tirer les marrons du feu en proposant des solutions toutes faites et mûrement réfléchies au jour le jour……

    La question de Cheminade sur le « Glass-steagall » est tombée à l’eau, comme celle sur le monétarisme ou le type structurel souhaitable pour le cadre Européen.
    De même personne n’a voulu envisager l’économie comme un simple composante subalterne à la problématique militaire et géostratégique actuelle.

    Bref, « nous » évitons soigneusement les questions qui fâchent et demeurons dans un contexte fort civile, où la révolution « par les armes », que Kahn et Lordon suggère chacun à leur façon manque dangereusement « d’officiers » et de troupes correctement formés.

    Il aurait dû inviter au débat Georges Sorros qui lui sait vendre des jolies révolutions en couleur et surtout « clef en main ».

    « Nous » ne sommes visiblement comme toujours que des « idiot-utile » à qui l’on tente, comme d’habitude, de définir un présent « miné d’antagonismes désamorcé » car en retard permanent dans la prise de conscience du type de guerre que l’on nous livre.

    « La guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent, mais ne se massacrent pas. » P. Valéry

    1. @Pierre: « Vous avez répondu à la question sur vos concomitances avec Lordon, il ne l’a pas jugé utile de le faire »

      Il se trouve que je suis en train de lire le dernier livre de Lordon et que je vois des différences (les concomitances sont évidentes). Ce qui me déçoit chez Lordon c’est son côté économiste. Sur la monnaie et le fonctionnement des banques il parle visiblement de choses qu’il ne connait que par ouï-dire (ou théorie, c’est idem). Heureusement, son côté sociologue est très brillant et il perçoit très bien les rapports de forces.

    2. D’accord sur l’aspect géostratégique complètement laissé de côté au profit d’une analyse du « système ». Et c’est bien pour ça que l’intervenant sur la faillite d’une « gouvernance mondiale » (la « gouvernance » c’est le hochet du fascisme financier) est totalement à côté de la plaque, en dehors des réalités.

      Mais c’est aussi un problème propre à la recherche en France, puisque chercheurs en gestion/économistes communiquent peu (les premiers étant mille fois plus intéressants que les seconds d’ailleurs…), et encore moins ces derniers avec les chercheurs en relations internationales. Ponctuellement, lors d’un conflit, on va s’intéresser aux motivations des belligérants, mais pour tout ce qui est « analyse des opérations sans éclat », il n’existe quasiment rien dans le domaine académique (par exemple il y a des choses sur la géopolitique de ceci ou de cela, mais avant la crise il n’y avait rien en France sur la géopolitique du dollar et on attendra encore longtemps des études de fond sur le lien entre géopolitique et mezzo économie, par exemple…).
      Bref la question de la recherche, dont c’est le travail de trouver des solutions, et qui est complètement sclérosée, aurait pu être abordée.

      L’analogie établie par Lordon entre traitement de la « crise financière » et Tchernobyl est hors de propos. Il ne voit pas l’essentiel, justement à cause de son statut d’économiste, qui est que dans le premier cas on a affaire à un « fait social total » qui renvoie à un « système », alors que ce n’est pas le cas dans le second. Quand on pense « système » on pense au binôme « équilibre/déséquilibre » et à une logique de « flux ». Problématique complètement différente, donc, de celle de la gestion d’un site ou de la conduite d’une politique publique dans dans un secteur particulier.

      Du reste on sent bien qu’il réfléchit en économiste. En effet, la question première n’est pas de savoir si un système est désirable ou efficace, la question première est de savoir s’il est compatible avec/conforme aux principes/valeurs/idéaux qui fondent la communauté politique en tant que telle. La question première est donc d’abord normative, ce qui regarde la recherche fondamentale en philosophie pratique (la justice) et non pas l’économie (l’efficience).
      La généralisation de la métaphore techniciste du « système » à tous les types d’organisation (y compris les « types de gouvernement ») est un danger mortel pour des sociétés partageant des idéaux « démocratiques ».

    3. @antoineY

      Une approche geo-strategico-politique demontrerait que l’on se fait un guerre sans merci pour les ressources et là pas de solutions tant qu’on sera 6 milliards. Jorion amène un peu le sujet sur la fin et parle d’écologie mais il ne developpe pas vu que c’est pas le sujet du jour.

  12. @ Paul Jorion.

    Il est heureux que votre parcours professionnel par le milieux de la finance n’ai pas atteint l’anthropologue. On perçoit une chaleur et une tendresse pour cette humanité que nous avons en partage.

    C’est stupéfiant de constater comme le parcours d’un individu prend tous son sens dans la durée,vous avez fait tout ce chemin pour être là ou vous êtes à présent au moment clef, afin de prendre la parole et d’avoir l’outil intellectuel pour tenir tête à des contradicteurs. Ayant a votre disposition les arguments et le savoir indispensables pour donner tout son poids à vos analyses.

    Pendant qu’un monde termine, d’autres travaillent a poser les bases pour demain. Mais d’autres encore ,dans l’anonymat sont à l’oeuvre à leur mesure. Petitement mais surement ,ils agissent.
    Des réseaux se constituent, de solidarité, d’amitié, de travail.

    L’humanité fait sa mue, discrètement pour l’instant, elle se fait entendre ,entre autre, par votre parole.On se sent moins seul.

    J’aime bien Lordon, un style différent, mais complémentaire il me semble, je ne le connais pas bien.

    Oui vous êtes une boussole, un porte parole, pour une cause commune,la nôtre. Un Ami du genre humain. Mais vous et d’autres, êtes trop rare sur les ondes.

    Je me répète, mais merci pour votre travail. Tous les soirs j’ai de quoi lire et m’instruire. C’est sympa. En musique, en poésie…je redécouvre grâce aux habitués du blog mille choses oubliées.

    Heureusement qu’il y a ce blog .

  13. Impressions soleil couchant…
    M. Jorion ,j’eusse aimé un éloge plus appuyé de M.Lordon.D’une certaine façon chacun jouait sa partition.La connivence d’un sextuor nous aurait plus rassuré sur l’avenir.

    1. Bah, c’est pas grave; et puis le zig, c’est pas le genre ronds de jambes. Qu’il fût là était déjà énorme et surement pas gagné d’avance.

  14. Tain! Les amis, aujourd’hui c’est le 4 AOUT!
    Faites péter le champagne! Prenez du bien brut et bien acide!
    Et saoulez vous la gueule! Au moins…

    1. champagne!
      le 4 août 1693

      Bulles enivrantes

      Le champagne est né ! Selon la légende, Dom Pérignon, moine bénédictin, aurait eu l’idée de verser de la cire d’abeille pour boucher le goulot des bouteilles de vin. Quelques semaines plus tard, les bouteilles explosèrent… révélant que le sucre produisait cette effervescence à laquelle on doit les pétillantes et fines bulles qui chatouillent le palais et stimulent les sens.

    1. C’est plus facile à dire qu’à faire. Même avec un Mont Blanc, signer un chèque de plusieurs milliards, c’est
      très difficile, ça donne des crampes et des hésitations, un peu comme le saut à l’élastique.

    2. La moitié du groupe donne la moitié de sa fortune à l’autre moitié et vice versa. Simple et efficace et puis ça permet de blanchir pas mal au passage 😉

  15. C’est effectivement le 4 août, nuit mémorable.

    Merci pour ces vidéos passionnantes, même si elles n’annoncent rien de bon. Je ressens de plus en plus un dédoublement de personnalité : désormais inquiet et pessimiste en privé, je m’oblige à rester résolu et déterminé au travail, même si les discussions avec les clients révèlent une immense prise de conscience de la gravité de la situation provoquée par la collusion entre finance et politique.

  16. Qu’est ce qui lui prend à F.Lordon d’en appeler indirectement au soulèvement du peuple, de parler de balle réelle ? Qu’est ce que c’est que ces enfantillages ? Primo, le Peuple, moi je ne l’ai jamais vu, ça existe ce truc, deuxio il a déjà vu une tête se faire exploser par une balle de fusil d’assaut ? Celle d’un ami, d’un frère, d’un père par dessus le marché ?

    Il s’ennuie ferme dans son bureau du CNRS, alors c’est un instant d’évasion je pense.

    Il y a franchement d’autres moyens que de passer par des émeutes et le soulèvement, c’est totalement has been ces méthodes, il sait quand même qu’avec la non violence on peut aussi aboutir ? Non ? Alors si vous le recroisez un de ces jours, évoqué Gandhi ou Mandela par exemple. Enfin ce que j’en dis moi, c’est surtout qu’en 2010 après des millénaires de gonflement de torses et de testostérone on pourrait au moins essayer de passer à autre chose pour régler les problèmes. Un banquier, ça reste et ça demeure un être humain, même organisé en corps constitué (quoique là en fait…)

    Mais il est bon quand même, quel orateur mince de mince, un vrai régal.

    1. @ Vincent,

      Tous ceux qui ont eu l’occasion d’entendre Frédéric Lordon ont depuis longtemps remarqué ses talents d’orateur. Nous en sommes d’autant plus frappé que les dernières années du siècle qui vient de se finir nous ont privé de l’habitude des joutes oratoires et de la fréquentation des artistes du verbe (il y a certainement des raisons à cela).
      Mise à part certains étudiants qui avaient parfois la chance encore, dans quelques amphithéâtres, de profiter de ces serviteurs virtuoses de la phrase juste, la majorité d’entre nous devions nous contenter de Jean-Marie Le Pen (« Hélas! » aurait pu ajouter Gide), le seul orateur public rescapé de la vieille époque.
      Depuis une poignée d’années, les orateurs reparaissent peu à peu. Signe des temps? Signe que l’époque des bavardages ouatés est terminé? Signe qu’on commence, enfin, à parler de choses sérieuses? Signe que le temps de la mobilisation en masse est venue? Dans les multiples causes à ce retour, je vois aussi le développement des vidéos sur Internet (vidéos courtes au contenu resserré, qui doivent pouvoir être visionnées rapidement, par exemple lors d’une pause au bureau; le fait a une importance capitale). Si Marshall McLuhan, mort en 1980, avait connu notre temps, il y aurait vu la confirmation de sa théorie selon laquelle « Le message, c’est le médium ».
      Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à être remonté sur l’estrade où le bateleur de La Trinité-sur-Mer finissait par cabotiner en rond. La liste s’allonge des politiques au verbe haut. Je dis les politiques, et j’ai envie d’y inclure Frédéric Lordon. Le gars va râler c’est sûr; on a vu comment il recadre JFK dans la vidéo, quand celui-ci le présente en « philosophe »!

      Il arrive que l’orateur se fasse tribun, et c’est à ce moment que les appels à l’insurrection arrivent dans sa bouche. Il ne « lui prend » rien à Lordon, Vincent. Cette violence qu’il appelle fait partie selon lui « aussi » de la solution. Encore faut-il s’entendre sur le mot de violence.
      Il me semble que face aux attaques virales multiples que subit le corps social depuis des décennies, des chercheurs comme Lordon ou Jorion travaillent à la fois à cerner les virus et à découvrir les antibiotiques. Il n’en reste pas moins que les meilleurs chances de guérison vienne toujours de la capacité du corps lui-même à fabriquer des anticorps. Les mots de Lordon sont là pour favoriser la production de ces anticorps (la voilà la violence).

      Une part de la violence qu’exprime Lordon est donc positive. Une autre part est là pour mettre en garde. Il sait que toute pression a ses limites, de façon purement physique, et qu’une réaction physique peut être (au moins) inversement proportionnelle à sa cause. Il est frappant à ce propos de lire « La crise de trop », son dernier livre. A intervalles réguliers, une vingtaine de fois dans le bouquin, Lordon fait remonter sur le devant de ses propos le risque d’explosion sociale. Un exemple:
      « La promenade dans le quartier des banques de Buenos Aires offre après 2001 le spectacle édifiant des impacts de balles et des traces de barres de fer sur les portes blindées – comprendre: il est des seuils de spoliation au-delà desquels la population est très très en colère. A ce moment là, il faut que les actionnaires en aient bien conscience, le temps de la négociation sur la prime de risque, le coût du capital et la marge maximale autorisée (…) a passé. »

      Et puis il y a une dernière violence chez Lordon. Elle s’apparente à de l’exercice physique salutaire, à un entraînement régulier pour que nos neurones ne coincent pas dans leur synapse, afin de ne pas laisser se perdre notre belle énergie:

      Faire la peau aux banques et aux banquiers… Il faut être de métal, ou bien banquier, pour ne pas en avoir l’envie. En règle générale, on attend d’un propos qui commence sur ce ton qu’il donne aussitôt dans l’onctueux balancement dialectique qui a pour doux nom « antithèse »: « vous en avez très envie, pourtant la raison commande que », etc. – en générale elle « commande » autre chose. Ici, pas du tout. De l’idée de faire la peau aux banques et aux banquiers, il faut dire et redire combien elle est bonne, et qu’il ne faut surtout pas se retenir. La suite est question de modalités. Evidemment, on pense d’abord goudron, plumes et rail. C’est une option dont il ne faut pas méconnaître les charmes. Mais il n’est pas interdit d’avoir des idées pour le plus long terme. Leur faire la peau, en l’espèce, a le sens de mettre un terme à leurs formes d’existence – hommes et institutions.

      Frédéric Lordon – La crise de trop – Fayard (p.87)

    2. Jean Luc,

      « Cette violence qu’il appelle fait partie selon lui « aussi » de la solution. Encore faut-il s’entendre sur le mot de violence.
      Il me semble que face aux attaques virales multiples que subit le corps social depuis des décennies, des chercheurs comme Lordon ou Jorion travaillent à la fois à cerner les virus et à découvrir les antibiotiques. Il n’en reste pas moins que les meilleurs chances de guérison vienne toujours de la capacité du corps lui-même à fabriquer des anticorps. Les mots de Lordon sont là pour favoriser la production de ces anticorps (la voilà la violence). »

      Quelque soit la forme que vous donnez à la violence, elle ne fait JAMAIS partie de la solution, mais représente en fait TOUJOURS le problème. Arrêtez avec les simagrées conceptuelles, on est dans le réel de chair et de sang. On peut jouer sur les mots et les métaphores autant qu’on veut, c’est ainsi et pas autrement. On ne parle que d’hommes et de femmes, plus ou moins organisés, plus ou moins regroupés. Le Corps social, la Nation, le Peuple, l’Humanité, et aussi la Vie, l’Univers ça n’existe pas dans le réel. Ce sont des concepts. Donc moi je dis attention, en appelant au soulèvement, ce n’est pas une production d’anti-corps qui est visée, c’est un étalage bien réel de sang dans la rue.

      Dommage qu’une personne cultivée et instruite comme vous l’êtes n’en soit pas plus consciente. Ce n’est pas parce que j’apprécie et les idées et le verbe de F.Lordon que je dois lui passer les principes élémentaires. Un micro et une audience n’excuse rien du tout, et même je dirais plus accentue la responsabilité des propos !

      Mais je vous remercie d’avoir commenté ma propre réaction. Parlons, parlons, parlons.

    3. @ Vincent,

      Parlons, parlons, parlons, mon cher Vincent, mais s’il vous plaît sans violence inutile (je souris; pour avoir déjà constaté l’étonnante propension des zélateurs de la non-violence à perdre leur quant-à-soi, je vous imagine déjà hurler: « LA VIOLENCE N’EST JAMAIS UTILE!!! »).

    4. « évoqué Gandhi ou Mandela par exemple »

      Rien de tel que la pensée positive et la prière pour changer le monde. On ne le dira jamais assez.
      D’ailleurs, vous avez oublié de citer Jésus et Bouddha. Que de chemin parcouru grâce à eux!
      Mais ne le criez pas sur tous les toits car les puissants, effrayés par tant de bonté subversive, risqueraient bien de vous faire assassiner ou jeter en prison pour sauver ce qui peut encore l’être.
      Patience et persévérance, dans quelques milliers d’années tout au plus les méchants seront vaincus par l’amour et deviendront gentils.

      Paix sur toi mon frère. Bisous.

    5. Jean luc,

      On peut perdre son quant à soi comme vous dites, ceci est même plutôt sain, lutter contre la violence n’est pas nier son existence, c’est en limiter les effets et limiter son expression dans le réel. M’enfin, je vous rappelle que c’est vous qui en faite la aussi « promotion », ne retournez pas la charge. Parler n’exclue pas l’honnêteté jean luc. Vous confondez non violence et soumission on dirait. Le combat d »idée n’est pas dans le registre de la violence.

      Bisous tendre et très mieleux.

    6. Quant j’étais beaucoup plus jeune, il y avait une expression que j’aime toujours bien : « les objets ne saignent pas ».

    7. @ Moi,

      Tu est beau quand tu es (enfin!) gentil.

      —————

      @ Vincent,

      Frère, ta façon de faire semblant de ne pas me comprendre, dans le but bienveillant d’abreuver ma soif inextinguible de véhémence, me met les larmes aux yeux et l’amitié au coeur.

      Que l’ataraxie t’enveloppe et qu’elle soit ta compagne à jamais. Bisous.

    8. Mouais, vous pouvez vous fendre la poire, moi même je suis toujours un peu surpris par mon côté fleur bleue. C’est moche Moi la façon dont tu me bouscules, j’en suis tout attristé. C’est un monde dur que celui des blogs et des forums. Bah mister hide est pas très loin sous le docteur vincent, faut pas pousser mémé dans les orties non plus.

      M’enfin, c’est la vraie question quand même le soulèvement et la violence, un peu plus bas d’autres y reviennent dans leurs commentaires. Qui y est prêt ici ? Pour la plus part de ceux qui étaient dans la salle de la confèrence, faudra aménager des accès handicapés sur les barricades…

      Allez Jean Luc, Moi et les autres aux gros bras, les banquiers le couteau dans quel sens vous le bougez un fois planté dans le ventre ? Le gars il est banquier, il est condamné à mort c’est ça ? Pourquoi pas remarquez, perso je ne suis pas banquier, un peu comme dans la chanson, quand y sont venus cherchez les juifs tralala tralalère. Après quelle « classe », quelle partie du corps social on décapite ? Tant que ça devient légal en cas d’émeutes y a pas de raison de se priver de faire marcher la découpeuse à exploiteurs, ça soulage hein ? Y comprennent que la forçe les exploiteurs hein, pour s’affranchir faut tuer ? On faisait comme ça avant, faut donc le faire encore ?

      Certains anciens l’ont fait et étrangement deux cents ans après faut la remettre en marche, en fait elle ne sait jamais arrêtée nulle part. Votre soulèvement, votre révolte, vos émeutes, qui font tant plaisir, (vous avez mis en route l’applaudimètre lorsque F. Lordon a prononcé ce mot ? Waow, hypnotique !) ça fait des frissons hein le grand soir rouge sang ? Et pourquoi que ça ne m’exciterait pas moi aussi le sang chaud ? Vous ne voyez pas l’absurdité crasse de cette méthode ? Zêtes des rigolos mes agneaux alors.

      Restez au lit, tous au lit au lieu de continuer à les servir, vous risquez de perdre aussi la vie, d’ailleurs peut-être même plus surement qu’au combat, c’est bien pour cela que les grands courageux dédaignent cette action radicale, mais instantanément vos maîtres seront défaits sans possibilité de se remettre. Apprenez un peu le sacrifice, il y a des vierges pour vous et des rivières de miel et de lait en récompense si vous m’écoutez ! 😉 Mince ça aussi a déjà été promis ? Zut.

    9. « Y comprennent que la forçe les exploiteurs hein, pour s’affranchir faut tuer ? On faisait comme ça avant, faut donc le faire encore ?
      Certains anciens l’ont fait et étrangement deux cents ans après faut la remettre en marche, en fait elle ne sait jamais arrêtée nulle part.  »

      Précisément Vincent. C’est parce qu’ils ne comprennent que la force que ça ne finit jamais. Dès qu’on croit que c’est fini, le peuple se relache car il n’aime pas la violence lui (même si, poussé à bout, il peut se fâcher très fort). Et paf ils reprennent ce qu’ils avaient dû céder provisoirement et tout est à recommencer. C’est comme ça les rapports de force, c’est fatigant.

    10. C’est fatiguant c’est pour cela que je milite pour rester au lit.

      Mon dieu, il faut véritablement permettre d’éditer les posts pour corriger les fautes, « ne sait jamais arrêtée » pour « s’est » ! Argh, je m’étouffe de honte…

    11. Face à un système qui refuse de se réformer, face à un système qui entretient, à dessein, la peur chez ceux qu’il veut asservir (lire Jacques Généreux in « La dissociété »), pouvez-vous me donner une autre réponse que celle de la violence? Face à un système dont les crises à répétition sont les symptômes de sa faillite, et qui malgré cela, persiste et signe en demandant à l’instar de Madelin encore plus de libéralisme, validant ainsi la thèse de Mélanie Klein sur « La stratégie du choc », quelle autre réponse que celle de la violence?

      Croire en la sagesse des hommes me paraît aujourd’hui un peu naïf. Quand un ours a goûté à la chair humaine, il semble ne plus pouvoir s’en passer. Croyez-vous que ceux qui ont goûté au luxe, à l’argent facile, au sentiment de toute puissance apporté par l’argent puissent s’en passer? Ils sont, comme l’ours, avides d’y regoûter, et tant qu’ils auront une once de pouvoir, ils feront tout pour satisfaire leurs addictions.

      En outre, je crains que nos élites politiques actuelles soient trop corrompues par le système du « pantouflage »et trop soumises au lobby bancaire qui n’hésite plus à faire du chantage à la croissance, et donc à l’intérêt collectif, pour prendre les mesures qui s’imposent. Dès lors, quelles autres solutions existent-ils, sinon celle de la révolte? Une révolte qui aura pour effet de faire changer la peur de camp. Si nous en arrivons à une telle extrémité, il est évident que les frustrations accumulées demanderont leur lot de sang, car il n’y a pas plus assoiffée de vengeance qu’une foule en colère et incontrôlable. Comme le rappelle JF Kahn dans sa conclusion, il suffit d’une régression de trop pour faire basculer les évènements. Si rien n’est fait rapidement, ce temps est proche.

      Je ne l’appelle pas de mes voeux, bien au contraire, mais force est de constater que devant l’indécision, l’atermoiement et le manque de courage des décideurs politiques, la lucidité nous oblige à considérer la violence comme une option possible, un possible qui, sous l’effet du vide – la nature en ayant horreur -, devient chaque jour probable.

    12. @ Vincent, @ Moi,

      Je cherche quoi ajouter à ce que vous venez de (très) bien écrire, Vincent.

      Notre échange me paraît soudain absurde. Je pense à des gens dans une maison, avant un incendie, qui se disputeraient pour connaître la meilleure issue : la porte de devant, sans heurt, ou bien la fenêtre de derrière, qu’il faudra défoncer ? Ils n’ont pas encore compris que c’est le feu qui décide…
      Nous sommes tous enfants de l’absurdité de l’Histoire. Et chaque enfant nouveau pousse l’absurdité un peu plus loin. Et comme dit Moi, c’est fatiguant.

      « Demain, et demain, et demain,
      Rampe pas à pas et de jour en jour,
      Vers la dernière syllabe du temps inscrit ;
      Et tous nos hiers ont éclairé les fous
      Vers la mort en poussière. Allez, éteins-toi, petite chandelle!
      La vie n’est qu’une ombre en marche ; un pauvre acteur,
      Qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène,
      Et qu’ensuite on entend plus : c’est une histoire
      Contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
      Ne signifiant rien. »
      (William Shakespeare – Macbeth – V, v, 19)

    13. @ Jean-Luc D.
      « Face à un système qui refuse de se réformer, face à un système qui entretient, à dessein, la peur chez ceux qu’il veut asservir (lire Jacques Généreux in « La dissociété »), pouvez-vous me donner une autre réponse que celle de la violence? »

      Oui, celle de participer le moins possible au Système. Par exemple en consommant intelligemment (en dehors des circuits de la grande distribution), en vivant sans tél. portable ni voiture (et en achetant des livres intelligents en général et anti-système en particulier avec l’argent que vous épargnez ainsi), en n’obéissant jamais à une pub, en ne regardant, n’écoutant et n’achetant jamais des médias officiels, en ayant votre argent à la banque postal au lieu de l’avoir dans des banques commerciales, et surtout EN NE VOTANT PAS.

      Si tout le monde faisait ça, le Système s’arrêterait tout seul.

    14. Pablo75

      C’est en effet une possibilité, mais pour autant serait-elle suffisante ? Malgré des taux d’abstention record, avez-vous vu quelque chose se modifier en profondeur dans le paysage politique ? Croyez-vous que nos enfants, élevés au biberon consumériste, se détacheront facilement de leurs addictions ?

      La résistance passive reste une option possible, mais je crains que son effet ne génère des politiques d’incitation massive à la consommation auxquelles les résistants d’hier céderont facilement. Il faut un sacré caractère pour persévérer dans son refus et résister à la tentation, et peu en sont dotés.

      Seul, un électrochoc massif permettrait une remise en question de notre modèle de société entraîné dans une spirale infernale. Tout le débat tourne autour des modalités de cet électrochoc : violence, non-violence, résistance active ou passive, à moins qu’à court ou moyen terme, le système s’effondre de lui-même, comme le pressent Frédéric Lordon, ou qu’un certain nombre de destructions écologiques fassent enfin prendre conscience des dangers que coure notre humanité. En attendant, la souffrance continue sa progression rhizomatique. Faut-il couper la mauvaise herbe, dès maintenant, ou bien attendre encore que son expansion finisse par détruire les légumes du potager ? That is the question.

  17. M’enfin ! « On » cherche ou attend quoi ici ? LA solution toute faite ? Elle n’existe pas.

    Elle ne peut se construire que « a mesure », comme bien dit sur l’après 1789.
    Un débat Lordon / Jorion aucune utilité, sinon se faire un petit plaisir perso.
    Lordon trop CNRS ! Et alors c’est son boulot et en total indépendance et iconoclaste – poser des questions, proposer des solutions, réfléchir, etc. – Il se refuse, il l’a dit, de faire Politique (quoique, les sujétions sont souvent présentent) C’est au politique de se saisir des divers propositions et le soumettre au vote.
    De plus pour les uns et les autres, la pensée et analyses ne se résume pas a cette conférence, elle est varié complexe et multiple (se reporter aux livres, écrits divers, vidéos et moult conférences, ça ne manque pas.
    Quand a la mise en musique pour la vie courante, elle ne peut être QUE du fait Politique (il faut des décisions) et donc émaner du peuple qui définira « le possible », sans forcement chercher « le grand soir » ou autres baliverne de société parfaite (qui n’existera jamais, et heureusement, quel ennui !)
    Alors ! Et bien n’alors bouger et faite bouger « les lignes » hors du politiquement correct, soit en poussant ce qui existe a ce jour sur « le marché » (ça restreint bigrement le choix !) soit en créant le truc – mouvement, parti, etc. – qui offrira la possibilité d’un sérieux changement.
    Y plus Ka !

    1. Le pétrole de BP, dont nous n’avons pas tant d’infos alors que …, plus d’autres faits, finalemant très concrets … relatifs aux investissements impétueux, concurrence oblige ….
      pourrait bien représenter l’expression du trop du trop, et la goutte débordée le vase ….
      La seule question qui vaille pour nous les hommes, en fin de compte
      est celle de l’usage de notre temps
      le temps a une valeur d’échange, l’argent a une valeur d’échange, mais la valeur de l’argent n’est pas celle de l’usage de la valeur de notre temps,
      l’argent nest qu’un moyen commode d’échange, sa valeur n’est que symbolique …
      la symbolique de la fuite de BP, la symbolique de …. tant d’autres faits, dégradation de l’environnement, dégradation du social, dégradation …. , car concurrence oblige, pourraient bien finir par générer la goutte de trop

  18. Merci. Comme pour le renard dans le Petit Prince, c’est encore plus beau quand on a attendu longtemps et que l’on y croyait plus guere…

    Une chaude atmosphere, des parcours etonnants du cote des orateurs comme du public, des salves d’applaudissements rebelles, des embrouilleurs a grosse voix, des moments de perte de controle, un petit parfum de 1788 ?

  19. débat sur le thème « Le système financier international : qui osera le réformer et comment ? »

    Inétressant, mais beaucoup de hors sujet… dommage.
    OK ça fait du bien de râler et se défouler par moments, mais au delà du constat ?
    PJ a bien parlé du « qui »mais on attend toujours le « comment » (sauf à dire « comment ne pas faire »)
    Alors, c’est quand qu’on fédère la société civile en dépassant les clivages et luttes d’égo ?

    1. Très instructif, cela conforte ce que je pense depuis belle lurette, à partir de Pompidou les espoirs de l’après guerre ont pris du plomb dans l’aile. La finance reprenant ses droits, l’empêcheur de tourner en rond, qu’était de Gaulle n’étant plus à la barre.

      En histoire je me souviens d’avoir entendu évoquer le rôle des industriels, de la grande bourgeoisie allemande dans l’ascension d’Hitler au pouvoir. Hitler était un pion qui à échappé à leur contrôle.

      La manipulation par les financiers et les grands industriels des groupes extrémistes de droite comme de gauche est connue depuis longtemps. On entretient amoureusement le désordre, ça peut toujours servir. Quand les affaires coincent, on allume la mèche.

      On suscite un « incident diplomatique », rien ne vaut une bonne guerre pour relancer la machine.

      La philosophie du chaos.

      Voilà pourquoi une révolution de masse est la chose la moins souhaitable. Par contre, recréer un système dans le système, constituer des réseaux économiques, sociaux, et politiques utilisant le système pour mieux le phagocyter serait la meilleure méthode pour nous débarrasser des parasites en les parasitant.

      Les diviser pour régner. User de subversions comme ils savent le faire.

      Tous secteurs d’activités confondues. Recréer une économie en évitant tous les intermédiaires superflus.

      Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières.

      Faire du lobbying contre les lobbies, de la contre pub. Casser leur système de communication, les mettre savamment à poil sur la place publique. En évitant l’outrance. La caricature servant plus celui qui est visé, que celui qui décoche le trait. Ca me semble être une bonne façon d’opérer en restant vigilant sur toutes formes de récupération ou de dérives.

      Le tout étant d’être pointu, mesuré afin de viser juste.

      Créer un contre pouvoir de « masses » organisée. Un peu partout.

      Ils nous faut aussi des spécialistes du Droit, dans toutes ses déclinaisons, économique, social, des affaires…..Toutes les disciplines sont requises.

      Retourner contre l’ennemi ses propres armes. Le grignoter de l’intérieur sans en avoir l’air. Le séduire, l’attirer dans ses propres filets. Jouer les ingénus.

      Dans le petit chaperon rouge, un loup, mâtiné renard sommeille.

      C’est faisable, encore faut-il constituer des troupes aguerries et partageant le même esprit. L’esprit d’équipe. Se trouver des leaders à l’égo modéré. Je me méfie des trop bons orateurs et des illuminés. On a donné.

      L’important c’est de définir ce que l’on veut et surtout ce que l’on ne veut plus.

      Presque tous les moyens sont bons.

      Certains ont parlé de mutualisations. C’est la solution.

      Y a t-il des joueurs d’échecs dans la salle?

    2. Oui, Saule, vous avez tout compris. D’abord nommer ses adversaires pour savoir contre qui on se bat, puis étudier sa stratégie et sa tactique et allumer des contre feux en utilisant ses propres méthodes contre lui. La tactique de la guérilla contre un adversaire multiforme.

      La stratégie de ces gens fonctionne tant qu’ils avancent masqués. Je rappelle que hormis leurs positions dans les appareils de pouvoir, ces gens ne disposent pas de force de coercition. La clé étant de faire connaitre au plus grand nombre les noms et les visages de ces criminels.

      Ceci peut se faire à titre individuel ou collectif. C’est un état d’esprit.

  20. Très intéressant mais comme l’ont fait remarqué certains c’était davantage un échange consensuel qu’un débat. Je suis d’accord avec ceux qui disent qu’il faudrait faire le lien avec certaines réalités macro que l’on ne peut pas complétement détacher de la finance comme la géopolitique (chantage du plus fort, menace nucléaire) ou comme la raréfaction des matières premières (première condition de la croissance).

    Deux remarques qui me sont venues à l’esprit par rapport à ce qui a été dit.

    – Si un pays devait renoncer à sa dette (pour cause de faillite ou par choix stratégique), il n’aurait plus aucune crédibilité sur la scène internationale et devrait être pratiquement incapable de se fournir en pétrole sur le marché mondial. Il serait immédiatement confronté à son autosuffisance.

    – Si un des pays en difficulté dans la zone Euro devait sortir de l’Euro, ce dernier serait contraint de dévaluer sa monnaie et verrait sa facture pétrolière s’envoler dramatiquement, le contraignant inévitablement à réduire ses imports, en payant beaucoup plus pour beaucoup moins.

    Pas besoin de dire qu’un pays développé qui ne sait plus s’approvisionner en pétrole deviendra en très peu de temps un pays sous-développé et donnera l’occasion aux autres pays d’accéder à un pétrole à nouveau relativement bon marché.

    On assiste à un partie de poker (version jeu de chaises musicales) ou la disparition des uns permet aux autres de continuer (car cela diminue la demande globale en pétrole et donc le rend accessible à ceux qui restent pour un nouveau round) … et cela à l’échelle des individus et à l’échelle des grands ensembles …

    Dès que la reprise semble se profiler à l’horizon le pétrole monte en flèche et dès que la reprise se révèle un rêve lointain le pétrole plonge. Qu’en déduire ?

    Signé – un esprit sans doute trop perméable (comme me l’a fait remarqué Paul)

  21. Ce qui m’a frappé (plus que tout le reste)? L’intervention de la femme affirmant que l’on est en voie de tiers-mondialisation. A y réfléchir: qu’est-ce que c’est vrai!

    Merci à DSK et à Paul Jorion pour ces vidéo: instructives, en particuliers sur le niveau de la crainte ambiante actuelle, loin d’être dissipée.

    La fin du monde? 2012, d’après le calendrier maya. Mais bon, ne sera-ce peut-être que la fin d’un monde? Restons optimistes, nous n’y sommes INDIVIDUELLEMENT pour rien, et « fonctionner » sous la contrainte et la peur (forme de gouvernance), cela ne m’a jamais dit rien qui vaille…

    1. « Restons optimistes, nous n’y sommes INDIVIDUELLEMENT pour rien »

      D’abord pourquoi des majuscules pour de l’individuel sans cause et sans effet, selon vous. Et ensuite, que craignez-vous pour tenter de vous disculper préventivement ainsi par cette affirmation, oh combien performative, mais bien peu convaincante?

    2. Lapsus (non-!)révélateur: Dans le feu de l’action… A ce sujet, je me souviens que dans l’une des vidéos (il faut avoir le temps de les « gober » -comme un concours de Flamby!-: 6x25mn, mais pour le plus grand bien!), l’un des intervenants (l’un des deux cravatés, Celui « pro-Bayrou »? Assez médiocre, car n’arrivait pas à « sortir du cadre »… de l’€, un comble, et révélateur sur l’importance que cela a pour les autorités françaises; je rappelle mon analyse: à la moindre incartade, l’Allemagne quitte l’Euro, avec tous les avantages pour elle, car moins coûteux que de financer les conséquences du non-respect structurel des accords signés concernant l’intégration par un certain nombre de pays, « dits du Club Med » (en Allemagne), dont la France. Moins coûteux, et plus rentable pour l’Allemagne). Je disais donc, pour en revenir à nos moutons, l’un des intervenants insistait sur le fait que si Madame Merkel, Chancelière de l’Allemagne, avait cédé sur le sujet, c’était « grâce à » Strauss-Kahn: à mon avis, ARCHI-FAUX! Obama a appelé plusieurs fois la chancelière, sur le sujet, dont le dernier après-midi possible, le dimanche. Cela m’étonnerait vraiment qu’un simple responsable du FMI ait en ces circonstances plus d’influences que le Président des Etats-Unis lui-même. De plus, si le système européen s’écroulait, je ne suis pas certain que cela apporterait quoi que ce soit de postif aux Etats-Unis, vue la gravité de la situation… Au sujet de JFK (Jean-François Kahn, et non John Fitzgerald Kennedy!), qu’il soit remercié pour la qualité -hors la gestion du Tonton gate(a)ux…- de sa réunion!

    3. Jean-Luc dit :

      « DSK?
      …Dean-Srançois Kahn? »

      « J’ai compris!
      Vous vouliez dire JFK …Jominique Ftrauss-Kahn! »

      ……hé hé hé… C’est toujours bon à prendre.

  22. On l’attendait on l’a eu. Et la suite ? Il y avait encore tant de sujets à aborder.
    J’ai préféré l’association Lordon/Jorion et quelques intervenants comme cette femme « enturbannée », bravo.
    Pour une frange importante de la population (retraités aisés, petits, moyens et grands possédants, tout détenteur de patrimoine) ces considérations passent en arrière plan dès que s’agitent les chiffons rouges sécuritaires car le peu de capital possédé doit absolument être préservé face aux menaces de toutes natures.
    La réaction ne pourra venir que des jeunes, des chômeurs et des exclus excédés par les injustices criantes et surtout leur situation de plus en plus marginalisée.
    Je distingue 2 hypothèses :
    . une révolte comme le décrit F Lordon, à voir ensuite comment elle sera récupérée par la classe dominante.
    . une évolution plus ou moins douce à travers un gouvernement d’union nationale (centre à front de gauche). Ceci signifie une vulgarisation à très large diffusion de la réalité des inégalités et des potentiels d’amélioration et aussi d’adéquation aux contraintes écologiques.

    Comment vulgariser :
    presse régionale, une radio ou télé dédiée, un « que sais je », diffusion de plaquettes genre AEDIS (petits précis en format poche), le plus efficace & pas cher : des clips, un site, des mails.
    TF1, A2 : je rêve mais voir les indices d’écoute !

    Il est impératif pour se faire de se mettre dans la peau du français moyen, classe laborieuse ou ex afin d’évacuer de leurs esprits la réclame officielle au profit de la vérité nue mais chiffrée en bonne et due forme.

  23. Il faut signaler qu’une des differences entre F.Lordon et P.Jorion c’est que F.Lordon croit que les banques privées font de la création monétaire alors que pour P.Jorion seule la banque centrale en a le droit.
    C’est une difference théorique importante lorsqu’on se propose de donner des solutions…

    1. Une autre différence c’est que Frédéric Lordon n’a jamais mis les pieds dans le back office d’une banque, contrairement à Paul.

    2. Beaucoup regrettent qu’il n’y ait pas eu débat entre « jack »Lordon (dit Croc-blanc) et Paul Jorion.
      D’aucuns comparent « Jack » à Saint-Just …Viles flatteries !
      Il n’est pas même Mirabeau ,illuminé par sa laideur et adoré des femmes.
      Ni orateur ni laid , ce vieux Paul , lui ,doit être adoré des femmes !
      (vile flatterie)

  24. A Vigneron J’ai envie de vous renvoyer l’ascenseur: vous sentez-vous comme INDIVIDUELLEMENT responsable du « merdier collectif actuel » (qui selon Paul Jorion -sur France Inter-, en est « à ses deux tiers »? Il est bien gentil, à mon avis, car pas si quantifiable que cela: entre la quantité et la qualité, il y a plus qu’une nuance…). Sérieusement. Pour ma part, et sans vous raconter ma vie, il n’en est rien. Je fais partie des affreux individualistes, qui, pour autant, sont loin d’être associables (vision anglo-saxonne?). Le problème, en particulier en France? On ne peut s’empécher de collectiviser « le merdier »! De plus, c’est un mode de « gestion » (de court terme…), qui fonctionne à merveille, et qui, par la peur engendrée, permet de neutraliser tout ce qui qui irait « contre le système en place ». Cf. , par exemple, commentaire de l’ouvrage: http://www.amazon.fr/psychiatrie-lindustrie-pharmaceutique-médicalisé-émotions/dp/2081212331/ref=pd_sim_b_5 Cordialement

    1. « vous sentez-vous comme INDIVIDUELLEMENT responsable du « merdier collectif actuel »?

      Complètement, puisque j’en suis un produit, tout comme vous. Un enfant de cette matrice malade, dirais je même.
      Et être un enfant indigne, prodigue, fugueur ou ingrat ne nous allège pas de nos responsabilités vis à vis de nos parents, que je sache. Que l’on ne se sente pas responsables de la déchéance ultime du système qui nous a nourris, de gré ou de force, comme, de la même façon, de l’Alzheimer ou du cancer de nos parents, n’empêche pas de devoir, au moins moralement, en assumer en partie les dernières souffrances. En attendant la fin libératrice ou l’euthanasie, que nous souhaitons tous en l’occurrence. Il vous semble plus confortable d’assumer courageusement et gaiement l’agonie et la mort des parents des autres que de vos père et mère. Comme on vous comprend…

      Dites moi que avez toujours refusé de toucher des intérêts sur quoi que ce soit et de qui que ce soit, et revenez me voir.

  25. Au-delà de ces exposés très intéressants, ou certains ont apporté plus que d’autres par la clarté, la liaison des arguments et les perspectives pédagogiques données, je pense à Lordon et Jorion, la demande du public m’a aussi bien intéressé. On sent une écoute de l’argumentation soutenue par un fil rouge qui se résume à une question. Où est le peuple dans les analyses, comment peut-il peser, c’est-à-dire peser avec sa compréhension qui n’est pas moindre que celle des experts présents, même si elle n’a pas tous les éléments économiques et politiques conceptualisés en main ?…

  26. Si on veut changer le monde, il faut aussi ré-enchanter l »‘Homme ». Pour cela utiliser les arts, tous les arts.

    Constituer un réseau d’artistes, pas des vaniteux, des pédants des torturés du bulbe.
    Dans tous les registres.

    Réveiller en chacun l’enfant tout en s’adressant à l’adulte. Faire du beau, du merveilleux, chaque culture a son merveilleux. Attention pas du kitch, du cucul la praline, le merveilleux c’est tout un art, un jeu subtil entre le trop et le pas assez.

    Faire rire sans verser dans le médiocre. Instruire sans ennuyer, faire de la philosophie sans en avoir l’air. Bref lutter par tous les moyens contre la médiocrité grise, rouge crasse et bling-bling ambiante. Elever l’individu en allant le récupérer là ou il a été abandonné, le sortir du puits ou il a été jeté.

    Sortir du formatage des jeux vidéos, inonder le marché, de beau, de drôle, d’intelligent. Sortir de la redondance morbide, remettre de l’âme, de l’esprit, une parole bien ciselée. Avec ce qu’il faut de profondeur pour la résonance.

    Un appel à tous les artistes, on peut évoquer tous les sujets, les plus durs avec intelligence et finesse sans jeter de l’hémoglobine et du sordide à la figure. Sortir des caricatures, retrouver une certaine grâce. Remettre un peu de rondeur dans le trait, de la chair. On abuse trop des angles. Jouer plus finement avec les couleurs et les contrastes, l’ombre et la lumière.

    Il faut oser la grâce. La subtilité, la nuance, la fraicheur.

    Tout peut être dit par la suggestion, absolument tout, avec un brin de pudeur sans pudibonderie.

    Ne plus considérer le spectateur, l’auditeur, le lecteur, comme un déversoir de fantasmes, de névroses, de désespoir, d’angoisses, de médiocrité. Faire du populaire de qualité, en finesse. Afin d’en finir avec le populo.

    Le petit d’homme n’est pas une déchetterie.

    La mal bouffe fait grossir, trop d’adiposité. La « mal-culture » en fait autant, elle développe la matière grasse au détriment de la matière grise et du coeur.

    Lancer un appel à tous les artistes prêt à sortir de la nasse de misère. Sur tous les supports.

    Il y a des petits d’homme à sauver. Au berceau on les choute à la guimauve, pour les abreuver de m……dès l’adolescence.

    On peut être actuel sans être bof, drôle, ironique sans être cynique, intelligent sans être hermétique et soporifique. « De l’audace encore de l’audace », comme disait ….euh l’autre.

    Décloisonner les genres. Il y a urgence!

    Owl City – Fireflies
    http://www.youtube.com/watch?v=psuRGfAaju4

    Pourquoi nos jeunes s’accrochent-ils à leur enfance ? Pourquoi tant de gens s’adonnent-ils à toutes
    sortes de drogues?

    La Résistance ça passe aussi par là. Le monde de demain c’est maintenant.

    1. …Il faut oser la grâce. La subtilité, la nuance, la fraicheur.
      Tout peut être dit par la suggestion, absolument tout, avec un brin de pudeur sans pudibonderie…

      J’en ai eu l’illustration hier soir à la projection en sa présence du film de Katell Quillevéré, jeune réalisatrice talentueuse, prête à enfanter des merveilles.

      « Un poison violent », sortie nationale le 4 Août.

      Voilà une jeune femme qui nous explique avec beaucoup d’intelligence légère comment son héroine n’est pas prête pour le sexe (14 ans) ni pour la religion (sa confirmation catholique).
      Mais les choses vont bien se passer avec sa mue.
      De l’abandon de la religion vers la spiritualité qui lui donne la vie.

      P.S pour ceux qui n’étaient pas là et n’ont pas pu l’entendre, cette jeune réalisatrice résume très bien comment sa génération n’est pas en conflit avec les mondes en train de disparaître. Plus tôt un abandon de leur part.

      Pour vous rafraîchir sans modération saule.

    2. Très beau commentaire et très touchant. Peut-être un peu utopique, mais si humain, si intensément humain.

      Réenchanter l’homme qui nous renvoie au réenchantement du monde de Weber. C’est bien de cela dont nous avons besoin. Réenchanter l’homme en lui faisant découvrir ou redécouvrir sa nature sublime pour qu’enfin, il cesse de se haïr et d’haïr les autres. Un réenchantement qui passe par l’art, et je ne résiste pas au plaisir de citer une nouvelle fois Wilhem Reich : « L’élément naturel et sublime dans l’homme n’a trouvé d’expression authentique que dans les grandes oeuvres d’art, notamment dans la musique et la peinture. »

      Quand chaque homme et femme aura trouvé ou retrouvé sa nature sublime, alors peut-être, le monde changera t-il.

      En ce qui me concerne, c’est la musique qui m’a aidé à la trouver -enfin…je le crois- , et plus particulièrement, celle de ce génie absolu que fut Bach. Quand on sait l’écouter, s’abandonner au plaisir pur de l’écoute sans parasitage de l’intelligence, vous vous sentez fondre dans un tout indicible. L’émotion ressentie, mélange de larme et de joie, vous révèle quelque chose qui est au-delà, comme Beethoven le disait, de toute sagesse et de toute philosophie. Vous vous sentiez lié, de façon inextricable, à quelque chose de plus grand, de plus fort, mais pas à un quelque chose d’étranger à notre humanité, une forme de puissance transcendante… Non… vous vous sentez lié à quelque chose de plus spirituel, peut-être tout simplement à l’Esprit Humain.

      D’autres y parviendront par la méditation, la contemplation ou l’Amour. A chacun sa voie, le principal étant de la trouver et de savoir s’y abandonner pour y découvrir notre nature sublime.

    3. @la menuise

      Je ne connaissais pas Katell Quillevéré.

      Pour ceux qui sont comme moi ci- joint un lien pour visionner la bande annonce du film
      http://www.youtube.com/watch?v=nTQw-lBh26c

      Un cadeau peut en contenir d’autres.

      Quelques musiques du film: de découvertes en découvertes. Je ne connaissais pas

      scala creep radiohead
      http://www.youtube.com/watch?v=evG2DDmSdxM

      Barbara Dane When I was a young girl http://www.musicme.com/
      Barbara Dane Greensleeves http://www.musicme.com/

      Collie Ryan – Cricket
      http://www.youtube.com/watch?v=njV2lqY2RKc

      Celui- ci n’est pas dans le film. Mais c’est si joli.
      Collie Ryan -Starbright(Song of Silence)
      http://www.youtube.com/watch?v=5XYU9qUncH8&feature=related

      Greensleeves (Celtic Irish Harp)
      http://www.youtube.com/watch?v=PkykMXo2DGE Celui là juste pour le plaisir. Je connaissais le
      morceau, mais pas le titre.

  27. Rien à dire sur les invités mais le public me laisse un peu perplexe, on dirait que sur ceux qui prennent la parole, ya comme un échantillon pas vraiment représentatif, a part un ou deux qui ont l’air a peu prés « normaux » c’est plutot des « allumés » sauf le respect que je leur doit (papy mouzo mis a part). Si c’est la la base d’un soulèvement populaire ça me parait un peu mal barré. Je crois que j’aurais même pu y être. Ma question aurait été :

    Le peuple n’est il pas en quelque sorte condamné à la reprise s’il veut continuer à vivre comme d’habitude?? Qui à des réserve pour jouer la montre, le banquier ou le prolo?? Quelle classe sociale luttera contre l’appauvrissement de la voisine si avec les miettes qu’elle récupère au jeu du partage truqué elle peut maintenir ses habitudes? vous imaginez les ouvriers manifester contre les réductions de salaire des fonctionnaires ou vice versa ; ou encore ceux qui ont un boulot faire grève pour les chomeurs??

    Face à la qualité des reflexions engagées par les invités ya comme un décalage avec la salle, moralité, monsieur tout le monde qui rentre bien dans le moule il n était pas a ce ce débat ; il s’en fout ou pire, ne veut rien savoir et vit avec le secret espoir qu’ils niqueront le voisin (de préférence l’immigré) et que pour lui tout continuera a peu prés pareil.

    Je me demande si les invités n’ont pas eu l’impression de « gourouter » face à des questions qui n’en étaient pas et qui ressemblaient plutot à une régurgitation des propos qu’ils tiennent sur différents médias? Mais aprés tout c’est peut être aussi comme ça que commence les soulèvements?? Hélas ça fait pas trop le poids face aux formation politiques extremistes rodées à l’embrigadement autour de 2 idées et demi. Mais c’est toujours mieux que rien. Comme dit Krishna sur ton chemin écoute les sages et écoute aussi les fous.

    Bonne nuit.

    1. Ce n’est que la critique de la vie quotidienne, c’est à dire la critique de la vie aliénée faite au quotidien, qui peut apporter une réponse, réponse qui ne sera certainement pas religieuse.

    2. @Dup
      Ben, c’est-à-dire que pour ma part, (car j’étais présente), je n’avais rien à évoquer quant au constat qui a été très bien exposé. Quant à la solution, avouez que c’est quand même le flou pour nous. Le débat ne m’a pas inspiré de questions mais plutôt, dans la certitude qu’il faut tout changer, d’évaluer les dangers d’une situation comme celle que nous vivons et les misères qu’elle annonce. Être confiante, même si rien ne dispose à l’être est une position qui vaut ce qu’elle vaut : c’est la mienne. Il faut accepter de ne pas maîtriser les événements ce qui est antinomique par rapport à ce qui est prôné dans notre société. Tout ceci renvoie plutôt au silence, surtout s’il est bruyant. Il y a eu des remarques incongrues qui révélaient les effets d’une telle déconfiture sur le mental et les raisonnements.
      Est-ce pour autant que nous ne sommes pas prêts à la transformation, il y a une marge. Il y a quelque chose de Kafkaïen dans tout ceci. Oh combien cet auteur m’a inspiré d’angoisses et de désarroi. Une fois plongée dans ce réel, je revois cet homme transformé en insecte, (dans la métamorphose), et dont la lente plongée vers la mort revigore peu à peu le reste de la famille, jusque-là endormie.

  28. Sur que Lordon est brillant. Néanmoins ses neurones marchent à plein… sans le corps, ce qui ne peut nous mener bien loin. L’accélérateur à particules du Cern nous en apprendra davantage sur la voie à prendre.
    Comment éviter les violences, là est la question. Les vraies transformations sont hors temps, il faut donc de la patience et de courage. Personne ne peut rien pour nous et pour le moment, beaucoup attendent d’autrui des solutions et c’est un leurre.
    Le diagnostic est encore sans odeur ni son… c’est ainsi que rien n’est encore tangible.

    1. Comment éviter les violences ?

      Non, pourquoi éviter les violences ?

      Nous vivons depuis des décennies dans un monde où l’économie mêne ouvertement une guerre contre les humains, et nous devrions « éviter les violences » !

    2. Pas d’accord avec vous Simorg.
      Si les neurones de Lordon marchent à plein, c’est tant mieux pour nous.
      Je n’ai rien à dire sur son corps. L’accélérateur de particules peut en effet nous apprendre des choses, mais un brin d’herbe aussi. Les vraies transformations sont de tout temps, et aujourd’hui il y a urgence, pendant que nous sommes vivant et parce que nous aimons la démocratie. Personne ne peut rien pour nous : Si ! Arrachons-nous à la grande farce capitaliste. Alors-là si, en plus, il faut attendre les voisins… évidemment c’est un prétexte pour ne rien faire. Le diagnostic ? C’est simple : le fameux brin d’herbe est en train de crever et nous avec.

    3. @octobre
      Après une plongée en pleine nature durant une semaine dans le Queyras, loin de tout… intellectualisme compris, l’atterrissage est dur dur. Merci de ne pas m’en vouloir.
      S’arracher de la grande farce capitaliste, dites-vous ?
      Pour le moment nous en sommes au stade du constat, un passage obligé. Nous sommes tellement coincés, (par dépendance progressive), que, concrètement, nous ne pouvons plus bouger.
      Il ne faut pas attendre les voisins, dites-vous encore ?
      La partie collective de l’opération consiste quand même à ce que les regards changent pour le plus grand nombre. Le processus des millions de gouttes d’eau est je crois le plus efficace. Aussi tant que le diagnostic n’est pas partagé il est encore difficile de changer.

      @Marlowe
      Bien sur nous sommes confrontés aux violences depuis belle lurette. Elle passe partout, même à distance. Mais il ne faudrait pas que la révolte gronde et mène les événements, c’est l’aggravation assurée. J’aime assez l’idée « d’abandon » évoquée plus haut.

    4. Ca veut dire quoi cette dualité totalement gratuite ?
      Rien. Ce qui te dérange, semble-t-il, c’est que Lordon puisse établir qu’il y a besoin de violence, s’il n’y a pas d’autre alternative.
      Vois-tu une autre alternative ?…La société est totalement bloquée, l’ascenceur social fonctionne à l’envers, la citoyenneté est de moins en moins respectée par les pseudo-représentants, l’économie est une machine à dépouiller, précariser. Les relations en entreprises relèvent de plus en plus de la dictature, les médias officiels pompent des dizaines de millions d’euros pour relayer une véritable propagande. Et les déclarations fascisantes – recours à un langage guerrier et à la force en permanence, désigation de victimes, oubli volontaire de parler du peuple sauf pour le dénigrer, le menacer et lui imposer des sacrifices, arrogance de fer, psychologie de duce – des quatre ou cinq plus hauts irresponsables de l’Etat.

      Lordon a fortement raison, j’attends et j’espère que ça va saigner. Les gateux et menteurs apôtres de la raison totalement innefficace et qui camoufle les salauds qui vont bâfrer et mendier chez Bettencourt et tous les autres vautours millardaires, me font vomir. A commencer per tous ceux que les bienheureuses « indiscrétions » du maître d’hotel, ces canailles socialistes qui rampent, se goinfrent et vont prendre leurs ordres, et continuent à nous mentir et se faire élire, et promouvoir des solutions si raisonnables, bien propres sur elles. Canaillles…

    5. Contempteur
      Je suis d’accord avec vous sur votre constat : le langage guerrier de notre principal (entre autres) et sur la violence du système…
      C’est un peu au raz de la pâquerette (elle est si jolie !) mais face à la violence, voudriez-vous faire de même ? Il est probable dans ce cas que les puissants arrivent encore à se refaire. Malgré notre principe démocratique et le vote, nous ne faisons pas le poids face à cette stratégie de l’écrasement des citoyens, eux-mêmes compris. Passée la saine colère, les décisions peuvent être d’un autre ordre je crois. Une fois comprises leurs manœuvres, ne leur donnons pas tant d’importance.
      Par ailleurs, l’intellectualisme à tout crin m’a toujours paru handicapant. Le « tout mental », si brillant soit-il, est frigorifique. Il me semble une réponse sur le même registre au raz de marée que vous décrivez. D’où ma remarque à propos de F.Lordon. Je ne cherche pas à vous convaincre, c’est juste, mon avis.

    6. @ Simorg
      … D’où ma remarque à propos de F.Lordon…

      Pas grave votre remarque. Mon souci est plutôt de ne pas céder à l’éblouissement que procure son cerveau en ébullition.
      Ne demandez pas ou n’attendez pas de Fréderic Lordon qu’il soit autre chose que lui-même.
      C’est très bien ainsi. (et très utile qu »il en soit ainsi)
      Je comprend votre impatience mais faîtes comme lui, oeuvrez depuis votre place. Lui le fait avec beaucoup de cohérence. Il s’en est déjà expliqué. (cf. pourquoi je ne vais pas à la télé) Il analyse, il restitue, les rôles suivants sont à prendre par d’autres volontés.
      Pour l’instant il sait qui il est, il croit savoir qui il n’est pas et que l’on voudrait qu’il soit.
      Pour avoir bavardé de cette question avec lui ce soir-là, j’espère ne pas le trahir.

      J’ai l’impression de relire les commentaires qui sommaient il y a quelques temps Paul Jorion d’entrer dans l’arène politique. Heureusement qu’il a de l’humour.

      P.S: Vous dîtes … J’aime assez l’idée « d’abandon » évoquée plus haut…

      Après l’abandon de ce qui était fini, il y a la joie. Avant, il n’y a pas de place pour les deux.
      C’est ce que j’ai vu dans le regard lumineux d’Anna dans le film « Un poison violent »

  29. @ Simorg

    « Comment éviter les violences » Pas possible de les éviter toutes, mais on peut y travailler et les endiguer, travail de fourmis. Mais une accumulation d’anodins…………. On y travaille concrètement
    par l’ apprivoisement mutuel.

    « Les vraies transformations sont hors temps » Elles se font dans le moindre mouvement en entrainant d’autres. Devenant perceptibles par accumulation et convergence.

    « il faut donc de la patience et de courage. » Et de la joie, ça aide!

    « Personne ne peut rien pour nous . » Si..nous dans Nous!

    « beaucoup attendent d’autrui des solutions. » Certes mais beaucoup aussi mettent en oeuvre des alternatives, petit à petit………

    « .c’est ainsi que rien n’est encore tangible. »

    Pas si sûr, on pose ce que l’on veut, ce que l’on ne veut plus. On avance à taton, les opportunités faisant les rencontres et inversement, le tangible vient de lui même. Vous êtes tangible, moi aussi, nous aussi.

    C’est vrai que l’on passe par des moments de fatigue et de découragement, que par moment on se sent une affinité avec le saumon remontant la rivière et les barrages. C’est pourquoi nous avons besoin de nous soutenir les uns et les autres. Nous avons besoin de nous.

    Hauts le coeurs!

    La Chanson Du Maçon: Maurice Chevalier
    http://www.musicme.com/#/Maurice-Chevalier/albums/Heritage—60-Ans-De-Chansons,-Vol.3—1965-0600753107768.html?play=01_06

    Il était une fois
    Tout là-haut sur un toit
    Un maçon qui chantait sa romance
    Ce fait n’a l’air de rien
    Vous allez voir combien
    Un p’tit fait peut avoir d’importance
    Comme il me reste à vous prouver comment
    Je vais commencer par le commencement

    (Refrain)
    Un maçon chantait une chanson
    Là-haut sur le toit d’une maison
    Et la voix de l’homme s’envola
    Pour se poser par-là
    Comme un oiseau sur la
    Voix d’un autre maçon
    Qui reprit la chanson
    Sur le toit voisin de la maison
    Et ainsi commença l’unisson
    De deux maçons et d’une chanson !

    De maçon en maçon
    De pignon en pignon
    Et de rue en ville et en village
    La chanson prit son vol
    Et dans sa course folle
    Accrocha tous les échafaudages
    Le bon vieux curé se mit à danser
    Parce que dans le pays tout entier

    Mille maçons chantaient une chanson
    Tout là-haut sur le toit des maisons
    Ca leur donnait du coeur au boulot
    Les matériaux
    Tout seuls
    Semblaient monter tout seuls !
    Et les maisons
    Poussaient comme des champignons
    Ca faisait la joie des compagnons
    Qui chantaient avec tous les maçons
    Tout là-haut sur le toit des maisons !

    De chantier en chantier
    Tous les corps de métiers
    Travaillaient et chantaient en cadence
    Le soleil dans le ciel
    Trouva tout naturel
    De rentrer à son tour dans la danse
    C’est alors qu’il m’est venu cette idée
    Vous n’en ferez que ce que vous voudrez

    Si tout l’monde chantait comme les maçons
    Si chacun apportait son moellon
    Nous rebâtirions notre maison
    Qui deviendrait
    Bon Dieu !
    La maison du Bon Dieu !
    Notre chanson
    Serait la plus belle des chansons
    Et quand viendrait la belle saison
    Nous serions des millions de maçons
    A chanter sous le toit d’nos maisons !

  30. @Saule
    Merci pour la musique !
    Comme je l’écris plus haut je suis d’accord avec vous sur ce que j’appelle les millions de gouttes d’eau.
    Mais… la rosée s’opère sur toute la nature en terrain propice, dans un certain espace. Nous savons, d’expérience, qu’il ne faut pas inviter certains aspects tels que la révolte, la propension à juger, à mettre de l’espoir qui ne fait que cacher la concession. D’ailleurs, il n’y a pas d’espoir.
    La joie est nécessaire comme d’autres ingrédients… il est vrai qu’elle me manque… là. Aussi, est-ce la raison, (probablement), pour laquelle des intervenants mettent des bémols à ce que j’avance.

  31. Le débat était intéressant cependant je note que la question de l’Euro et des institutions Européennes sont une forme de Totem qu’il est interdit de démolir. Il y avait plusieurs facettes : La première assez naïve étaient, « si on sort de l’Euro, après moi le déluge », ou « l’Euro comme monnaie de réserve internationale » pour flatter notre égo d’Européen avec des élans presque nationalistes. Il y avait la facette politique, entre le MODEM et le PS avec une croyance encore naïve mais touchante qu’on pourrait changer le système de l’intérieur avec l’espoir du fédéralisme qui redonnerait la parole aux peuples Européens. Enfin une dernière facette avec l’un des deux plans de sortie de Mr Lordon, qui envisage que le jour ou les Etats devront choisir entre les institutions Européennes et la Finance, ils choisiront de sacrifier la Finance.
    Malheureusement si on croit que les institutions Européennes sont les courroies de transmission d’une pensée et d’une politique économique aux pays Européens sur un mode antidémocratique, le seul plan de sortie crédible est le retour des Etats-nations et aux monnaies nationales. Il est dommage ou il est encore trop tôt pour voir des intervenants aller à la fin du raisonnement dont ils perçoivent inconsciemment les insuffisances.

  32. Beau succès, Paul, mais quelle bande de baratineurs ! On est bien France, le pays où on se contente de causer !

  33. Débat copieux mais très intéressant…

    Une fois de plus je me repose la question de ce qu’est une crise systémique car quelque chose m’échappe :à travers les propos entendus , il me semble bien qu’un certain nombre d’individus tirent grand profit de ce système et que des lobbys très influents ont mis la gomme pour repartir sur le néolibéralisme , sur  » la sortie de crise  » , sans tirer les conséquences de la dérégulation , sans vouloir revenir sur des points importants comme la limitation de la spéculation, leur taxation, sur la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires , sur les crédits à risque , ce qui projette une majorité d’entre nous sur un risque mortel car il me semble impensable qu’en cas de nouvel effondrement de recourir de nouveau à l’état pour resocialiser les pertes…A moins d’accepter un surendettement et une paupérisation sur 150 ans .

    Bref ce  » système  » semble bien être aux mains de quelques uns , alors que pour moi un vrai système , comme une dynamique familiale , ou un écosystème fonctionnent tout seul …
    La question me semble d’importance , car derrière il y a celle des responsabilités :comment aller vers un meilleur sans déconnecter les profiteurs de la donne injuste actuelle ?

  34. Bonjour,

    J’avais une question sur les gains de productivité, qui précèdent une redistribution des profits au désavantage des salariés. Si les salariés n’ont pas gagné beaucoup plus, le produit en revanche coûtait moins cher (du fait des gains de productivité). Donc, le salarié a aussi pu profiter de ce gain, en tant que consommateur, de même que celui qui se retrouvait au chômage.
    Si la consommation des classes basses et moyennes a stagné, est-ce du au fait que cette redistribution n’était pas suffisante, ou bien que les coûts de production ont cessé de décroître, ou autre(s) ?
    Merci d’éclairer ma lanterne, si possible.

  35. Je déterre ce sujet car ces vidéo prédisent exactement la situation actuelle, leur visionnage est captivant et permette une bien meilleure compréhension de l’actualité. A remettre à la une !

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