267 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 13 août 2010 »

  1. Sur le site de l’ASPO belge, une description très claire du petit escalier.

    « 1) Une hausse rapide du prix du pétrole due à une offre insuffisante et amplifiée par la spéculation entraîne des dégâts économiques et financiers.
    2) Comme l’illustrent les crises asiatique de 1998, des valeurs technologiques de 2001, et économico-financière de 2009, un ralentissement économique ou une récession fait baisser la demande en pétrole. Ce faisant, le prix du pétrole diminue lui aussi, ce qui provoque l’annulation de nombreux projets énergétiques (pétroliers et renouvelables), soit parce que ces projets deviennent économiquement moins rentables, soit par manque de crédits pour les mettre en œuvre.
    3) Une reprise économique et/ou un recul ponctuel des investissements énergétiques fait de nouveau s’entrechoquer les courbes d’offre et de demande en pétrole, dans le premier cas parce que la demande augmente, dans le second cas parce que l’offre finit par diminuer. Il en résulte une nouvelle flambée des prix du pétrole qui nous ramène au point 1). »

    http://www.aspo.be/index6.html

    Dès que l’inflation du pétrole nous amène au-delà des 80$ le baril (4% du PIB des USA en 2009), il semble que cela détruise assez d’activité économique et de demande que pour faire plonger l’économie en récession. Le problème est que l’OPEP considère que le prix « confortable » pour sécuriser les approvisionnements futurs se situe entre 70$ et 80$ le baril. Nous sommes apparemment coincés entre le prix plafond supportable pour l’économie et le prix plancher supportable pour que l’offre se matérialise du côté de la production. On constate aussi que le prix actuel est trop élevé pour permettre un franche reprise. Nous flottons donc entre croissance et décroissance économique.

    Le pic (ou plateau) pétrolier correspond au moment où l’épuisement du pétrole (première ressource de la mondialisation) devient problèmatique car on passe d’une croissance de l’offre à une décroissance de l’offre. La volatilité à laquelle on assiste montre à quel point notre système financier est en perte de repères face au renversement qui s’oppère. Le système financier est aussi confronté à sa taille qui passait relativement inaperçue tant qu’il y avait de la croissance économique et qui se révèle excessive maintenant que l’économie stagne et va décroître. Les acteurs économiques sont de plus en plus schizophrènes car personne n’arrive à se mettre d’accord sur un futur plausible. Et on en arrive à vouloir les avantages liés à la reprise mais sans les inconvénients (l’inflation pétrolière, les rejets de CO2). Certains voudraient trancher entre inflation et déflation or il semble que l’on assiste à une conjonction des deux. Une inflation du tangible (les ressources) et une déflation du virtuel (les placements financiers, les monnaies). Sur le terrain, le consommateur voit son accessibilité baisser à cause de la hausse des prix relativement à son pouvoir d’achat.

    Beaucoup de gens croient que l’augmentation des prix de l’énergie va permettre d’introduire des alternatives économiques au manque d’énergie, c’est profondément illusoire car le manque d’énergie hypothèque notre capacité développer quoique ce soit de neuf attendu que l’on doit déjà faire face au manque. En plus, ceux qui pensent ainsi ne tiennent absolument pas compte des taux de déclin des différents champs en activité qui a été revu à la hausse et qui serait de 9% selon l’AIE. En réalité on observe déjà l’inverse, le développement du conventionnel et des alternatives est freiné à cause de la récession. L’augmentation du prix permet certes de diminuer la demande mais cela empêche aussi la transition vers autre chose car l’augmentation du prix de pétrole diminue notre capacité à investir dans notre futur.

    Oil prices mean perpetual recession
    http://network.nationalpost.com/np/blogs/francis/archive/2009/09/16/oil-prices-mean-perpetual-recession.aspx

    1. Et si!!!!!!!! avec un peu d’effort, la formule éco énergétique efficace à s’auto appliquer en principe de vie:

      vous serez riche de ce que vous éviterez de consommer inutilement. Et quel gain dans la qualité de vie.

    2. @Jeannot14. Je suis tout à fait d’accord même si il faut reconnaître que c’est plus facile à dire qu’à faire (le contexte et les habitudes font beaucoup). Merci pour cette note de vie.

      Ce que vous dites me rappelle une anecdote que l’on m’avait racontée au sujet d’un jeune Rinpotché (saint tibétain). Lors d’une rencontre, une occidentale vint trouver le jeune garçon pour savoir ce qu’il voulait recevoir comme cadeau. Il répondit qu’il ne voulait pas de cadeau. Ressentant une certaine frustration elle insista jusqu’à ce que le jeune garçon accepte, il lui proposa alors de choisir un cadeau qui lui ferait plaisir à elle.

  2. Noir destin, désir ignoble.
    Pour écrire l’histoire de la révolution française, il y a eu Michelet, Soboul, Furet et d’autres. Selon les auteurs, il en ressort qu’on ne peut point être neutre. Michelet faisait l’allégorie de Robespierre et Saint Just.
    Mon ancêtre s’est fait fusillé à Saint Florent le Vieil en 1793. Les premiers pas de la révolution, ce petit peuple a reçu d’un bon œil la fin du régime féodal. Mon ancêtre meunier n’a pu acquérir son outil de travail, propriété de l’abbaye devenue bien national, ne disposant que de moyens modestes. L’augmentation des impôts au delà de ce que l’ancien régime réclamait rendit le nouvelle république impopulaire. Puis la levée des 300 000 hommes pour aller se battre à la frontière de la « patrie » fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Mon ancêtre se révoltât donc contre cette république centralisée qui décrétait ce qui était bien pour le peuple. Cent vingt ans plus tard mon grand père parti fleur au fusil bouffer du « boches » et sauver la « patrie ». La république centralisée avait gagnée.
    Saint Florent de Vieil était devenue Montglone, Saint Just restait saint. La Vendée était Vengé et devait devenir terre rase. Saint Just rêvait de Lebensborn, les parents n’étant pas compétents pour faire de bons citoyens. Robespierre déblatérait avec éloquence la novlangue
    • « La guerre, c’est la paix. »
    • « La liberté, c’est l’esclavage. »
    • « L’ignorance, c’est la force. »
    Orwell situe cela en 1984 mais en 1793 c’était déjà le cas.
    Saint Just et Robespierre ne sont que des tyrans. Pour sortir du capitalisme je préfère la « common decency » d’Orwell.
    Que Philippe Muray me manque

    1. Arrêtez la généalogie. C’est un peu réducteur. Et si Murray vous manque, comme à moi , un tout petit peu, dites vous bien que vous ne lui manquez pas, comme personne. Son cancer du poumon fut son meilleur ami.
      Sur ceux qu’il appelait les « mutins de Panurge » et les « matons de Panurge » :

      Et toujours, aussi, on voit aller et venir le nouveau clergé frénétique dans ses pompes et dans ses oeuvres. Prélats bouffons et tartuffiers, chapelains épurateurs, aumôniers doucereux, dames patronnesses, petites soeurs des riches, sacristains mouchards, vestales délatrices, harpies de bénitier, petits censeurs à la Croix de bois. La non-contradiction toute-puissante permet à chacun de ces « maîtres de la parole » d’être en même temps libertaire, libéral, subversif de plateau télé, frondeur décoré, séditieux officiel, censureur criant à la censure, marginal d’influence, rebelle doté des pleins pouvoirs ; et aussi de décréter sans cesse ce qui est discutable et ce qui ne l’est pas. Ils donnent l’impression de jouer sur tous les tableaux, mais c’est toujours le même tableau : un tableau de chasse. Où s’aligne le gibier de leurs expéditions sans risque et de leurs traques approuvées.

      Philippe Muray, La prosternation des clercs.

    2. clems 15 août 2010 à 21:38

      Bien sûr qu’on ne saurait rester neutre.
      Si rien ne semble contraindre à prendre le parti de ses ancêtres, de fait c’est ce qui se passe majoritairement par identification au sens freudien.
      Si le « clan » du tiers-état a toujours été en nombre supérieur à celui de la noblesse et du clergé ou maintenant de la bourgeoisie, il est remarquable que ce nombre n’atteigne pas, avec le droit de vote universel abaissé à 18 ans en 1974, à la représentativité bien comprise de ses intérêts.
      Précisez svp votre remarque entre Lebensborn et Saint Just.
      Philippe Muray, j’ignorais. Lu ce qu’en dit Michel Desgranges. J’en retiens l’image d’un spectateur du monde auquel il s’adressait avec des lettres dans toutes les significations du terme et dont il interpellait le sens avec l’arme de l’humour et pas les larmes de l’amour.

  3. Le capitalisme « financier » est une outrance, comme le collectivisme à grande échelle ou l’autogestion à plusieurs millions…

    Maintenant, sa chute plus que probable ne résout pas la difficulté d’où il tire son origine.
    Celle-ci est toute pragmatique. Comment mettre en place une structure pérenne pour monter un grand projet, le planifier, le bâtir, l’organiser, le diriger et le faire vivre ?

    A ma connaissance, modeste, trois solutions ont été apportées à ce programme :
    1) L’entreprise étatique, fondée sur l’impôt ou la garantie de l’Etat reposant sur l’impôt et dirigée par un fonctionnaire qui n’est véritablement impliqué que lorsque sa « tête » est en jeu et à la condition que la « raison d’Etat » n’oblige pas à couvrir ou masquer ses erreurs ;
    2) L’entreprise privée, fondée sur l’association de capitaux dont la réunion sur plusieurs niveaux de structure ne permet plus de désigner les propriétaires physiques, première source d’irresponsabilité, et dirigée par des « gestionnaires » révocables ad nutum mais avec des parachutes et des options de sortie qui leur garantissent une forme d’immunité, seconde source d’irresponsabilité, eux-mêmes contrôlés par une caste très réduite de membres de conseils (CA ou CS) aux mêmes avantages et déconnectés des actionnaires véritables au plus bas niveau (vous et moi par nos dépôts, caisses de retraites et fonds divers) ;
    3) L’entreprise coopérative, fondée sur l’association de très faibles capitaux individuels qui dilue totalement la responsabilité des propriétaires physiques, dont les représentants démocratiquement élus mais non issus de la « classe des gestionnaires » sont incompétents face aux dirigeants désignés qui deviennent des potentats indéracinables cooptés entre eux avec les mêmes caractéristiques que ceux des entreprises privées.

    Tous ces modes de fonctionnement ont prouvé leur inefficience pour les très grosses structures qui doivent supporter les projets qui comptent réellement pour l’humanité. Ces dérives résultent des effets d’un contrôle devenu inopérant en raison de la taille de l’entreprise et de l’ampleur des activités déployées très au-delà du potentiel qu’autorise leurs statuts.

    Nous devons pourtant chercher une solution à cette question fondamentale dans un monde qui est lancé dans une inéluctable globalisation en raison de la limitation des ressources disponibles et des interactions croissantes entre les activités humaines. Personnellement, je n’ai pas celle-ci.

    Pour autant, doit-on jeter avec l’eau du bain les trois bébés que sont l’entreprise d’Etat, l’entreprise capitaliste et l’entreprise coopérative ? Je ne le crois pas un instant ; toutes trois survivront parce qu’elles ont chacune leur utilité dans leur propre domaine d’efficience. Et ce, n’en déplaise aux matamores pourfendeurs qui peuvent s’exprimer sur ce blog.

  4. Pour partir d’une évidence, le point d’achoppement, ici comme ailleurs, est la question de la propriété. Saint Just et Robespierre ont dû s’y confronter pour bousculer la ménagerie de l’Époque.

    Or, la vie n’appelle, pour être pleinement vécu, qu’à s’incliner devant les valeurs: fraternité, égalité, justice, qui sont en principe source de Joie, de Bien Etre… Et de Liberté. C’est un postulat de ma part, mais qui me paraît naître du sens commun, du « bon sens ».

    La propriété, c’est avant tout une question de confort: confort face à l’adversité du monde extérieur, confort face à sa propre nature, et confort face à son prochain. C’est une condition nécessaire pour être heureux, mais pas suffisante.

    Dès qu’une propriété « optimale », c’est à dire permettant de s’incliner devant les valeurs, est définie, celle-ci devrait être le bagage de tout à chacun, car il ne nécessiterait rien de plus pour être heureux.

    Ainsi, le Père n’aura plus pour but de « travailler » pour donner le « fruit de son travail » à sa progéniture, car la propriété ne sera plus une fin en soi.
    Le Père pourrait désormais s’atteler à transmettre pleinement la notion d’Obéissance, de Respect, de Propreté, tant ces notions sont importantes pour trouver son chemin vers les Valeurs.

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