L’actualité de la crise: dans l’attente des rebondissements américains, par François Leclerc

Billet invité.

DANS L’ATTENTE
DES REBONDISSEMENTS AMÉRICAINS

Les Etats-Unis sont-ils à la veille d’une nouvelle récession et de la déflation ? Toutes les conditions en semblent réunies, à commencer par l’approfondissement d’une sourde crise hypothécaire immobilière et l’installation d’un niveau inégalé du chômage de longue durée. Deux données qui dominent le paysage et ramènent le reste à sa plus simple proportion. La capacité qu’ont le gouvernement et la Fed d’y faire obstacle apparaît par ailleurs très limitée, accréditant cette hypothèse.

L’administration Obama doit en effet compter avec un Congrès qui rechigne à lui accorder les relances budgétaires que la situation réclame dans l’urgence, tandis que la Fed continue de répugner à s’engager à nouveau franchement dans une politique d’assouplissement monétaire (en faisant tourner la planche à billet). Les deux étant le dos au mur. Justifiant que les commentaires se multiplient, avec pour objectif de comparer les situations japonaise et américaine, mais afin pour l’instant de privilégier ce qui les différencie et ainsi de tenter d’exorciser le danger que représenterait l’entrée des Etats-Unis dans une déflation de longue durée.

En attendant que cela se précise, la préparation des élections de novembre prochain, les mid-terms, va progressivement occuper le devant de l’actualité. L’enjeu étant l’ampleur des pertes que vont devoir concéder les démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat – avec le risque y compris d’y perdre la majorité – ainsi que les reclassements qui vont s’opérer chez les républicains, en raison de la poussée dans le pays du mouvement du Tea Party.

Sans sous-estimer l’importance de cette échéance, et la polarisation politique accrue à laquelle elle donner lieu, ce prochain épisode ne représentera que l’écume de la puissante houle qui fait désormais tanguer la société américaine.

Il serait dommage de négliger un troisième aspect de la situation, qui est promis à des rebondissements. Car s’il est unanimement reconnu que la loi de régulation financière adoptée n’a en rien répondu aux problèmes que la crise financière a mis en évidence, le laborieux travail qui va devoir être entrepris par les agences régulatrices – afin de remplir les nombreux blancs laissés dans le texte de la loi par le Congrès – reste un enjeu non négligeable. C’est des décisions qui seront prises dans ce contexte et dans les mois qui suivent que dépendra un éventuel durcissement des mesures générales adoptées, contre lequel les mégabanques vont se battre de toute leur énergie. Les jeux ne sont pas faits.

Les agences de régulation ont du faire face à de nombreuses critiques pour n’avoir rien vu venir et rien fait. Elles se savent sous surveillance. Des changements sont intervenus dans le management de la plupart d’entre elles sous l’administration Obama. La création de la nouvelle agence de protection des consommateurs et l’éventuelle nomination d’Elizabeth Warren à sa tête pourrait symboliser un cours nouveau, certainement prudent et mesuré.

Les agences ont à se faire pardonner, et la décision que viennent de prendre la FDIC et la SEC de travailler sous les projecteurs – plus que de coutume et qu’il ne leur est imposé – annonçant des auditions ou des tables rondes publiques systématiques, reflète bien leur crainte de devoir faire face à l’accusation politiquement difficile à assumer de céder aux lobbies des banques.

Voici, à titre d’exemple, ce que l’on peut dès à présent trouver sur les sites internet de la FDIC et de la SEC.

Autre signe avant-coureur de ce qui se prépare, six sénateurs démocrates, emmenés par l’un des membres du Comité des banques du Sénat – l’un des deux organismes maîtres d’oeuvre de la loi, sous la responsabilité du sénateur Dodd – se sont adressés par courrier à la SEC afin de demander que les établissements financiers soient obligés de rendre public des informations détaillées à propos de leur hors bilan. Car, la valeur nominale de centaines de milliers de milliards de dollars d’actifs présumés douteux serait sortie des bilans de ceux-ci, à propos desquels un complet blackout règne.

Il se confirme en tout cas que certains sénateurs, qui ont durement bataillé afin de faire adopter des positions plus dures avant l’adoption finale de la loi, n’ont pas désarmé et entendent poursuivre la bagarre. Ils y ont perdu leur innocence en matière financière et savent désormais viser entre les deux yeux.

Car ces procédures sont autorisées par la réglementation comptable américaine, bien que fortement mises en cause – mais sans succès à ce jour – notamment à l’occasion de la chute d’Enron et de Lehman Brothers. Ainsi qu’à l’occasion de la découverte des transactions dites « Repo 105 », qui ont régulièrement permis à de nombreux établissements d’évacuer de leur bilan les actifs toxiques le temps de l’annonce des résultats trimestriels. En matière financière, la transparence est une vertu hautement revendiquée et systématiquement pas appliquée. Le capitalisme financier est le repaire des tricheurs.

Interrogé par l’agence Reuters, un porte parole de la FASB (Financial Accouting Sttandards Board), l’organisme américain chargé de définir les règles comptables, a pour sa part refusé de commenter cette initiative. Le dossier de la révision des normes du hors bilan y est en effet à l’étude depuis le scandale Enron, à la demande de la SEC, sans pour l’instant de résultat tangible. Pour le moment, il est question d’une confrontation de point de vue avec l’IASB de Londres (International Accounting Standards Board), qui décide des normes comptables pour le reste du monde. Autrement dit le plus parfait moyen d’enterrer le dossier, au vu des désaccords permanents et persistants entre les deux organismes.

Sous ses aspects combinés financiers, économiques, sociaux et politiques, la dynamique de la crise américaine, reste parfaitement imprévisible. Multiforme, c’est elle qui, plus que tout autre, va rythmer la poursuite de la crise du capitalisme financier.

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82 réflexions sur « L’actualité de la crise: dans l’attente des rebondissements américains, par François Leclerc »

  1. Le déclin de l’Empire s’est enclanché depuis plus de 30 ans, nous en vivons aujourd’hui l’acmée.
    Ci-après un texte de Dan Simmons qui me semble illustrer ce que nous avons aussi connus en france dans l’Est et le Nord :
    «  » Lackawanna avait été l’un des grands centres mondiaux de production d’acier durant prèsd’un siècle. Les matières premières arrivaient par l’océan, remontaient l’estuaire du Saint Laurent et traversaient la région des Grands Lacs en bateaux minéraliers et en train. Des dizaines de milliers d’ouvriers de Buffalo et de Lackawanna avaient gagné leur vie grâce à l’acier pendant plus d’un demi-siècle, et c’était une vie agréable, avec des salaires plus élevés que chez Chrysler ou chez American Standard ou dans n’importe quelle grosse boite de Buffalo, et des avantages sociaux qui surpassaient ceux de n’importe quel autre secteur.
    A mesure que déclinait le marché de l’industrie sidérurgique américaine, les crassiers autour des aciéries de Lackawanna devenaient plus haut, le ciel plus noir et plus pollué, les cités ouvrières plus sordides et les charges sociales plus lourdes, au point de rogner une grande partie des bénéfices des compagnies. Mais l’acier était toujours au centre de la vie de Lackawanna. Vers la fin des années 60, les syndicats avaient acquis trop d’importance, les technologies étaient trop en retard, et il y avait trop de laisser-aller dans la gestion financière. Les aciéries étaient devenues globalement obsolètes. Les syndicats continuaient de recevoir d’énormes pactoles. Les cadres s’octroyaient des augmentations de salaires et des primes à qui mieux mieux. Les entreprises distribuaient leurs bénéfices à leurs actionnaires au lieu de les réinvestir dans de nouveaux équipements ou de nouvelles méthodes de gestion. Pendant ce temps l’acier japonais, l’acier européen, moins couteux, et les sidérurgies russe ou thaïlandaises fonctionnaient avec une main-d’œuvre moins chère, des techniques plus modernes et des marges bénéficiaires plus étroites. Les aciéries de Lackawanna crièrent au scandale, au dumping. Elles versèrent de l’argent aux politiciens pour les inciter à voter des lois protectrices tout en continuant à verser à leurs employés des salaires faramineux assortis de généreux avantages sociaux dans le cadre de technologies largement dépassées. Elles fabriquaient de l’acier de la même manière que leurs grands pères. Et elles le commercialisaient de la même manière.
    Dans les années 70, la sidérurgie à Lackawanna était en perte de vitesse, gravement atteinte. Au milieu des années 90, elle était dans son cercueil, avec personne autour d’elle pour la veiller. Aujourd’hui, il y avait vingt kilomètre d’usines abandonnées le long du lac Erié et deux cent cinquante kilomètres carrés de ghetto à l’emplacement des cités ouvrières. On en voyait plus que des terrains vagues à la place des parkings prévus pour des milliers de véhicules, et les crassiers formaient des montagnes noires qui allaient jusqu’au lac à l’est. Les aciéries défuntes avaient estimé que cela coûterait trop cher de les faire disparaître et que, de toute manière, la ville de Buffalo, avec un tiers de population partie chercher du travail ailleurs, ne ferait jamais les investissements nécessaires pour réhabiliter le bord du lac.
    Les cités ouvrières, dans l’ombre des usines abandonnées, peuplées naguère d’Allemands, d’Italiens et de quelques travailleurs noirs spécialisés, étaient à présent livrées à des fumeries de crack, à des cliniques d’avortement et à des mosquées de fortune à mesure que des couches plus pauvres de la population venaient s’y installer. Noirs, Latinos et immigrants du Moyen Orient remplissaient rapidement les vides laissés par les ouvriers des aciéries.
    …..

    1. Par conséquent, il faut dénoncer l’omc et le marché ouvert et exiger que les pays n’ayant pas un minimum social (un minimum d’hôpitaux d’école de retraite) puisse être taxé par l’importateur ayant ce minimum, il faut ajouter de la morale à l’économie, ça na rien de révolutionnaire on a bien une exception culturel, pourquoi pas une exception social, voir agricole (et interdire l’achat de terre par des fonds ou des pays tiers), avec des plans d’aides (avec une approche un peu moins chaotique qu’actuellement) pour les pays souhaitant arriver à ce minimum.
      les taxes de ces exceptions financeraient nos gouffres sociaux et même les états unis auraient aujourd’hui intérêt à le faire, mais ont-ils encore de quoi s’opposer à la chine? ou simplement la volonté.

  2. Vous dites, à juste titre:
    « En matière financière, la transparence est une vertu hautement revendiquée et systématiquement pas appliquée. Le capitalisme financier est le repaire des tricheurs. »

    C’est vrai, mais la finance dominant tout, elle a tout emporté dans son élan, et votre remarque, hélas, est devenue valable pour tous les secteurs d’activité, et partout sur la planète.

    Désormais, celui qui ne se prêterait pas au bluff et à la magouille ne serait qu’un pauvre « cave », un « looser »…Il ne serait même plus admis dans le jeu…
    Le monde entier: Financiers… industriels… grands commerçants…hommes politiques…sportifs… (et même les artistes… ), commence à ressembler à une table de Poker, où le plus faible est impitoyablement écrasé, où le souci de la vérité est la pire tare.
    Seul le « Bluff », cette caricature de l’intelligence, est digne d’admiration.

    Cette gangrène morale est la plus grave menace pour l’avenir.
    Pour l’idée même de ce qu’est, profondément, un Homme.

    1. Parfaitement . Les adeptes de la nouvelle religion inversée sont exaltés, c’est à celui qui sera le plus cynique, le plus abject et le plus fourbe . C’est l’apologie de la duplicité, il serait tout de même temps de s’en rendre compte . Non, nos politiciens et nos élites ne sont pas perdus et dépassés par la situation, ils savent au contraire très bien ce qu’ils font, il est temps d’ouvrir les yeux .
      Ils savent qu’un projet de changement complet de société est en marche et ils y participent activement malgré leurs mensonges .

    2. A Génissel Samuel,

      Il existe un outil permettant de se défendre contre le dumping social : Il s’agit de la TVA sociale.
      Cette taxe permet une auto-régulation des échanges en taxant de la même manière les produits importés et la production locale. Voir les sites détaillant son fonctionnement :

      http://www.tva-sociale.org
      ou
      http://solutions-politiques.over-blog.com/article-5450275.html

      Elle est mise en œuvre au Danemark et l’Allemagne l’introduit progressivement.

      Chez nous elle ne fait qu’effleurer les esprits de nos politiques, de droite comme de gauche, sans réussir à y pénétrer.

      Rapport E. BESSON : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/074000556/0000.pdf

      A mon sens il y a urgence à la mettre en œuvre, en premier lieu chez-nous mais aussi dans tous les pays souffrants d’un déficit commercial chronique… Ses effets étant « auto-régulateurs » il n’y a pas lieu de craindre les pays « concurrents » qui souhaiteraient également la mettre en œuvre pour contrer l’effet « dumping » qu’elle provoque sur nos exportations.

  3. Votre analyse décortique avec brio les entrelacs du texte de loi ‘Dodd-Frank’ et ils sont nombreux.Par ailleurs la description récente par le Financial Times des discussions en cours à Bruxelles sur la régulation des ‘dérivés’ et le peu de chances, selon vos pronostics, de voir la constitution d’une instance de régulation bancaire ‘pan-europénne’ ne sont pas précisément des motifs d’enthousiasme de ce cote de l’Atlantique.

    L’une des craintes est que le ‘conseil des régulateurs’ nouvellement établi, le ‘Financial Stability Oversight Council’, présidé par le Secrétaire au Trésor, ne soit qu’une autorité de régulation ‘borgne’ de plus, comme son président, le Secrétaire au Trésor ayant été, entre autres à l’origine des changements de règle de la F.A.S.B favorisant la ‘comptabilité créative’des établissements financiers, et qu’il semble que les banques ayant recours eu à la fraude que constitue ‘Repo 105’ ne feront pas l’objet de poursuites…On pourrait dire que les banksters ont ‘taillé’ la nouvelle loi ( dernier épisode à ce jour de la ‘capture régulatoire’) , tout en étant au-dessus des lois…

    Pour les intéressés, Dodd-Frank: The triumph of crony capitalism II

  4. Les Etats-Unis, mais aussi l’Union Européenne (sauf l’Allemagne) entrent dans « l’ère glaciaire ».

    « L’ère glaciaire », c’est une longue période de déflation, de croissance faible, de chômage élevé.

    « L’ère glaciaire » va-t-elle durer 10 ans ? 15 ans ?

    Je ne sais pas.

    On verra bien.

    1. L’hiver de Kondratieff ? La »sourde crise hypothecaire immobilière  » Us va augmenter en 2011 et decroitre en 2012 (cf. un diagramme cité par P.Jorion).Perso je ramenerai l’ere glaciaire à 3 ans maxi ( 2ème moitié du W): déflation puis stagflation ou révolution. En attendant , dormez braves gens, la tour du guet de Francfort est vide et les financiers boivent notre vin…..

  5. L’ Occident serait à la veille d’une nouvelle récession qui s’annonce durable.
    La crise financière n’est pas un épiphénomène par rapport à la crise que le capitalisme connaît visiblement depuis quelques décennies.
    C’est l’impossibilité, pour le capitalisme industriel, de continuer son développement tant pour la création de nouveaux marchés que pour continuer à baisser les coûts de production, qui à transfiguré toute l’action capitaliste en spéculation.
    La seule marchandise qui, pendant un temps, a continué à rapporter gros est l’argent, cet argent qui a pris la place historique de marchandise vedette occupée par le travail au fur et à mesure que les progrés technologiques destinés à diminuer la part de l’activité pénible (sens du mot travail entre le XII et le XVIe siècle) et à augmenter les profits des possédants ont diminué le volume de travail nécessaire et ont accentué la tendance du capitalisme à rémunérer le moins possible l’ouvrage des humains.
    Pour continuer à accumuler les revenus il a donc fallu commencer à tricher et faire croire que des pertes seraient des profits.
    Je crois me souvenir que le Crédit Lyonnais a déclaré des bénéfices importants l’année qui a précédé sa faillite, faillite évitée par ses pairs et par l’Etat français, faillite dont le coût a été payé par les citoyens.
    Il est vraisemblable que le système bancaire mondial soit, à divers degrés, comme cette banque française dont on ne prononce plus le nom.
    Beaucoup de commentateurs, même les menteurs stipendiés qui occupent des postes officiels dans les ministères et les médias, savent que l’arbre de la dette avouée cache la forêt des dettes dissimulées dans des structures ad hoc et des dettes à venir (il suffit d’imaginer que la bulle immobilière française s’écroule brutalement pour avoir une idée de ce que je nomme « dette à venir »)
    Tous ceux qui, comme les participants de ce blog, savent la catastrophe est arrivée et va continuer en s’étendant en surface et en profondeur, cherchent des solutions.
    La plus courante des solutions proposées est, à la Bourdieu, de demander plus d’Etat et plus d’intervention des Etats pour corriger ce qui ne serait que les excès des entreprises financières, et de revenir vers « l’Etat Providence » né à la fin de la deuxième guerre mondiale pour reconstruire les pays aux économies dévastées par la guerre en évitant à tout prix les révolutions ouvrières.
    Il fallait du temps, en France particulièrement, pour éradiquer les exigences des ouvriers en diminuant considérablement la masse des travailleurs manuels dans l’industrie et l’agriculture.
    Les progrès techniques, l’immigration (qui a servi à tirer vers le bas les salaires et à fragiliser la condition des travailleurs) et les délocalisations ont transformé en deux générations le paysage de la population française, et aussi des autres pays occidentaux.
    Le retour en arrière étant impossible sans avoir de nouveau à reconstruire après des destructions massives, ce qui n’est vraiment pas souhaitable, le monde et le monde occidental en particulier (mais c’est dans ce monde là que s’est créé et développé le capitalisme) n’ont plus de solution et plus d’avenir sans reconstruire la civilisation en évitant de laisser apparaître de nouvelles classes dominantes dont tout donne lieu à penser qu’elles pourraient être un mélange évolué des anciennes et des actuelles formes de domination : féodales, guerrières, mafieuses, fascistes, etc.
    Il faudra des Robespierre et des Saint Just qui auront la volonté de ne pas perdre leus combats.
    C’est à nous de favoriser leur apparition et de leur apporter un soutien critique, mais sincère.
    Le temps nous est compté.

  6. Bonjour
    Plus je lis texte et commentaire plus il est clair que le système qui gère nos vie est odieux
    Certains ici disent limiter les profits mais pourquoi faire du profit quel en est l utilité
    Combattons lutons avons-nous des ennemis quel différence entre chacun et les autres si ils existent c est que nous avons accepté le système et y participons
    En quoi bien payer des travailleurs est une hérésie pourquoi cautionner l exploitation des travailleurs d autre pays
    Sont il des sous hommes pour travailler a 28 euros mois sans aucune protection sociales
    Leurs vie vaux t elle moins que les nôtres
    Leurs sueurs et leurs travaux est il inferieur au notre
    Y as t il une justification a cela
    Humainement j en vois aucune
    Nos geste quotidien sont des goutes d eaux la pluie est faite de goute d eaux et finis par faire des fleuves
    Nous parlons annualisons mais que faisons nous
    Dois-je rappeler cette boutade
    Deux idiot qui marchent vont plus loin que deux intellectuels assis
    Certain parle d une élite qui comprends la situation mais que faisons nous pour faire passer la compréhension vous direz il y as internet les blogs mais a part des élites qui les parcours
    Prenez vous le temps de lire les medias
    Combien de media sont indépendant et ne distille pas le credo de la consommation
    Qui d entre nous vas aller expliquer au plus « endoctriner »et adorateur de la société consumériste qu’il y a un espoir
    Mais vont il vous écouter vous croire âpres tout les mensonges qu’ils leurs ont été distillé par les élites
    Les révoltes des masses que vont probablement engendrer l évolution de la situation actuelle se terminerons de façon stérile ou violente sans changer les choses quelque carte serons redistribuées mais faute de leader de « timonier » un autre type de tyrannie se métras en place
    Nous avons la responsabilité de cette situation a venir
    Pourquoi croyez-vous que le communautarisme se développe ?
    Qui vas rencontrer les déshérite les victimes du système
    Certains ici ont proposé faire une banque ok mais avez-vous remarqué que c est quasi impossible sans l aval des autres banques donc aucune chance
    Créer un medias idem sans la distribution par les MNPP pas de salut qui décide que vous pouvez utiliser ce réseau et a quel condition
    Il ne reste que le porte à porte
    Je ne dis pas que réfléchir ne sers a rien
    La situation est claire pourtant
    Soit on change vraiment tous ensemble vers un monde sans profit sans supérieur et la on est proche de l utopie
    Ou alors on va vers un monde encore plus terrible hélas !
    Nos discutions sont pour savoir quand
    Ne vous faites pas d illusions nous pouvons parler « librement »car nous n’avons pas d écho en dehors des élites
    Je ne propose rien je vous donne mon sentiment mes réflexions en vrac dans mon mauvais français
    J essaye a mon niveau bien faible de passer le message je suis une vielle dame ayant et voyageant encore hors circuit touristique et je vois comme ici en Thaïlande détruire la société existante et devenir consumériste et injuste l

    1. Pour ma part je me dis que c’était pas mieux avant,y à moins guerre, les pédophiles restaient le secret des familles, on dénonce moins facilement une communauté, après, le capitalisme et le communisme ne sont que des évolutions par rapport aux systèmes féodaux, elles effacent des tares mais en mettent en avant d’autres, y aura d’autres évolutions, ce blog évite par son existence que les transitions ne soient trop …. c’est déjà ça

    2. C’est bien la société « existante » thaïlandaise qui a vendu ses enfants aux pédophiles. La tradition y était apparemment complaisante ou, à tout le moins, pré-conditionnée à ce que vous nommez la « dérive consumériste ». Aucune solution ou exemple n’est à rechercher dans les prétendues sociétés et cultures « traditionnelles. Je rejoins totalement Samuel.

    3. @vigneron, je tiens à préciser qu’on est aussi responsable de ce tourisme, mais c’est sympa de m’appuyer, même si (je sors de la traite je sais pas trop comment enchainer pour ne pas exclure le ressenti de phimouk voila)

  7. Je ne connais pas les états unis, mais il me semble que la population y est fortement croyante et de tendance protestante, c’est a dire ou l’argent est en quelques sortes une récompense divine des activités humaine.

    Il y a quelque chose qui me semble tout de même assez contradictoire dans le protestantisme. D’un coté il croient au christ et a son message, d’amour et de l’autre coté il croient a l’argent comme réconpense divine. Pour faire vite, d’un coté il croit en un jesus qui a fortement critiqué les banquiers, en sont temps, qui a soit disant même foutu le bordel dans leur activité. Et de l’autre coté il vénere dans leur pratique protestante le culte de l’argent.

    N’y aurait il pas la une sorte de schizophrénie dans l’attitude du peuple américain et prostestant ?

    1. Ou plus simplement le message de Jésus ne serait-il pas qu’une illusion et un mensonge, et l’argent la vérité du capitalisme ?

    2. Les américains sont des gens chaleureux, courageux et travailleurs. A ce titre, assez éloignés de certains stéréotypes faciles.

      Mais quand je vois des travailleurs de 80 ans et plus dans des commerces ou des parcs d’attraction, avec toutes les scènes pénibles que cela peut entraîner ( le vieux que l’on doit inopinément relever car il titube, ne peut plus tenir des commandes,…), je me dis que ce pays est gravement malade. Je ne voudrais pas que nous attrapions ce type de maladie.

      Les américains réaliseront-ils que le libéralisme les a bernés et quelle sera leur réaction ? Mystère.

    3. @jean-yves

      Les petits ricains vont accuser les méchants banquiers, les méchants chinois, les méchants pauvres et les méchants politiques corrompus ou incapables, pas le système libéral. Vous inquiétez pas pour lui…

    4. 1. L’usage veut plutôt que l’on « crucifie » celui qui dit la vérité, tellement il déplait au pouvoir de l’entendre !
      2. « Le coupable a dit la vérité, il doit être exécuté » – Guy Béard
      3. Proverbe turc : « Si tu veux dire la vérité, aie déjà le pied à l’étrier » !

    5. @ logique,

      Bonjour,

      Protestants, catholiques ont une bonne partie commune dans leurs textes de référence, à lectures variables, il semble que celui de l’apocalypse soit du nombre.

      Côté sciences, un post intéressant (sur le web2zéro dsl), réflexion sur la science, les systèmes et machines, interview de heinz von foerster qui parle de son enthousiasme pour le Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein. Clin d’oeil aux machines du high speed trading?

      http://leweb2zero.tv/video/rikiai_654c5b7dd518a01

    6. Bien au delà de Jesus…
      « La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. »
      (Karl Marx / 1818-1883 / avec Engels, Critique de « La philosophie du droit » de Hegel, 1844)

    7. M’enfin Marx n’as pas compris a son époque que l’argent deviendrait l’hérione du peuple. Quand je parle d’hérione, je ne parle pas du héro feminin, mais de cette drogue bien plutot forte que l’opium.

      🙂 🙂

    8. Une pensée ou un projet ne valent que par celui qui les réalise.
      Le plus souvent, ce qui est néfaste est provoqué par l’utilisation que fait l’homme d’une bonne idée, d’un bon projet ou même d’une pensée généreuse.
      La farce actuelle montrée par l’utilisation tous azimuts des ONG en est une démonstration. L’utilisation tendancieuse de la philanthropie est aussi un exemple de farce de mauvais goût, sinon de scandale. Les communistes soviétiques ou cambodgiens n’ont pas été plus convaincants en matière d’amour du prochain.
      D’autre part, si vous voulez du grain à moudre, je ne résiste pas à vous donner cette info qui va alimenter votre moulin à malveillances, ce qui va me faire rire. Rire est bon pour la santé au contraire de la haine !

      Faire du golf est parfaitement déductible sous certaines conditions, bien entendu. Verdict rendu par un tribunal hollandais ces jours-ci !
      http://www.fd.nl/artikel/19563873/kosten-golf-soms-fiscaal-aftrekbaar
      La référence est officielle. Tribunal d’Arnhem (« un pont trop loin » ?).
      MDR !

    9. Je voulais juste faire une comparaison, l’opium est a la religion se que l’héroine est a l’argent.
      Les deux étant des drogues dont il est difficile de se passer, lorsque l’on s’y est habitué.

      Pour les américains, il semblerait donc qu’il est besoin d’adiction pour fonctionner est comme toutes les personnes dépendente, cela peut devenir l’enfer pour eux ainsi que pour les autres.

      Le besion de croire au paradis ou a la richesse ne change rien au problème, dans les deux cas la réalité n’est plus prise en compte.

      D’ailleurs se qui est troublant, c’est de voir a quel point le pouvoir se sert de mythe, paradis sur terre ou richesse divine pour embobinner leurs ouilles.

      La finance n’est que la suite logique du pouvoir religieux, les chrétiens espere le paradis, les occidentaux la richesse éternel. Mais dans les deux cas se sont les ouilles qui paient l’addition, pour ne pas dire l’addiction.

      PS: j’espére n’avoir choqué personne avec les deux smilet de mon dernier post.

  8. La « parabole » de Lackawanna, citée plus haut, illustre assez bien ce qui est advenu partout dans le monde occidental, aboutissant à une redistribution des richesses mondiales. Certains, récemment, ont pu qualifier ce processus de « révolution mondiale » au profit des plus pauvres (et à notre détriment).

    L’ingénierie financière n’a fait que compenser ce déclin en substituant des prêts à des revenus en berne. Elle s’est aussi, bien sûr, livrée, sans retenue, à la spéculation. Mais n’est ce pas une conséquence directe de l’élargissement du terrain de jeu ?
    Quoiqu’il en soit, la spéculation high-tech constitue pour les occidentaux une source de revenus appréciable et témoigne d’une supériorité technologique provisoire.

    Mais réguler la finance ne fera pas revivre les emplois perdus et ne remboursera pas nos dettes, désormais au-delà de toute possibilité de remboursement.
    Réguler la finance ne nous redonnera pas les savoir-faire industriels perdus. Le savoir-faire, du processeur au réfrigérateur, est désormais en Chine et pas dans les mains de nos jeunes chômeurs.
    Notre déclin est donc irrémédiable. Naïfs, nous ne l’avons pas cru lorsque nous étions en situation de l’inverser.

    Faillite collective des peuples qui ont cru à une société de cols blancs, aux loisirs extensibles à l’infini, à un secteur public exponentiel ou à des aides sociales compensatrices illimitées. Sans voir, d’ailleurs, que, depuis 30 ans, tout est financé par un recours croissant au crédit.
    Faillite démocratique, enfin, car, empêtrés dans des débats subalternes et dans la gestion des égoïsmes corporatistes (des riches comme des autres), personne n’a été en mesure de poser publiquement ces problématiques et se faire entendre.

    N’en déplaise à certains, la révolution mondiale est là.
    Le plus triste est qu’elle va hâter épuisement des ressources et catastrophes écologiques majeures qui, dans ce système capitaliste débridé, vont nous ramener très loin en arrière.

    Nous avons raté un virage il y a 30 ans. Là, ce n’est plus un virage, c’est un mur.
    Il faut TOUT renégocier, un vrai défi de démocratie.

    1. Jean-Yves

      Je dois dire que ce genre de discours ne me convient pas du tout !
      « Nous avons raté le virage… » Non, NOUS ne l’avons pas raté : ceux qui ont le pouvoir et en profitent au maximum ont pris le virage qu’il fallait pour continuer d’avoir le pouvoir et d’en profiter. Nuance.

      En revanche ceux qui s’y opposaient et qui continuent de s’y opposer réellement sont brimés et ostracisés.
      Combien de dizaines de milliers de militants syndicaux licenciés (avec l’accord du gouvernement) quand il « faut » liquider un secteur industriel sans le rénover ? Vous voulez des exemples…
      Combien de fois des hommes/femmes politiques honnêtes se présentent devant les électeurs en proposant plus de démocratie et de justice sociale, de services publics à but non lucratif et sont moqués, pris pour des naïfs ou des démagogues… Vous voulez des noms…

      Enfin, « l’Etat-providence » est une invention de la droite néolibérale et ne correspond qu’à un repoussoir qu’il faut détruire… dans leur logique.
      Or ce que le CNR a développé et mis en œuvre est la logique d’un Etat-social où ce sont les salariés qui par leurs cotisations « s’offrent » une sécurité sociale et une prévoyance à but non lucratif ! Nuance.

      Commençons par nommer les choses correctement et nous aurons une meilleure image du monde et des rapports de force qui le traversent.

      En tous cas comme citoyen, opposé depuis qu’il vote aux divers gouvernements de France, je ne me sens pas coupable de l’état lamentable où ont conduit le pays ceux contre qui j’ai voté avec constance !

    2. @jean-yves
      C’est pas encore vrai, je suis spécialiste des jeunes stagiaires non fils de paysan, ils ont envies que ça bouge ils sont très intéressé (et après faut expliquer au parent qu’une semaine de soixante dix heures, peut-être moins abrutissantes qu’une de trente cinq derrière une chaine, ou des papiers), bien sur en général c’est aussi les filières conventionnels qui les exclus, ce n’est pas la majorité mais y à encore à faire et on peut toujours revendiquer des exceptions pour protéger nos marchés existants, ce qui est perdu et perdu certes, mais y encore des lecteurs pour ce blog alors…

    3. Jean Yves le constat que vous faites est a mon avis exacte ,mais ete il possible de faire autrement ,je me rappelle Alfred : »Les invendus sont pris pour des excedents ,c’est l’illusion totale . » citation de 1973 ,personne ne voulait entendre ce rabat joie!
      Amities a tous.

    4. J’ai une date pour le virage raté ; la chute du mur de berlin. Je suis persuadé que dans l’Histoire avec un grand H les années 1989 à 2001 apparaîtront comme l’Occasion manquée avec un grand O.

  9. L’Espagne prolonge pour la 2e fois une aide aux chômeurs

    dimanche 15 août 2010, 14:39
    Le gouvernement espagnol prolongera lundi de six mois, pour la deuxième fois consécutive, une aide mensuelle de 426 euros aux chômeurs en fin de droit, alors que son taux de chômage reste le plus élevé de l’Union européenne, à 20,09 %. Cette mesure, annoncée fin juillet par le chef du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, sera validée de manière rétroactive par le prochain Conseil des ministres, le 20 août. Cette aide exceptionnelle avait été mise en place l’été dernier, pour une durée initiale de six mois. Elle avait ensuite été prolongée une première fois de six mois. Selon M. Zapatero, l’aide avait déjà bénéficié, fin juillet, à 570.000 personnes. Il a justifié cette nouvelle prolongation par le fait que seuls 80 % des chômeurs touchent actuellement des allocations chômage. L’Espagne est sortie timidement, en début d’année, de la profonde récession économique dans laquelle elle était plongée fin 2008, sous le double effet de l’éclatement de sa bulle immobilière et de la crise financière internationale. Mais son taux de chômage a continué d’augmenter au deuxième trimestre, atteignant 20,09 % de la population active contre 20,05 % trois mois plus tôt, soit 4,645 millions de personnes, selon l’Institut national de la statistique (Ine). C’est le taux le plus élevé, avec celui de la Lettonie, en Union européenne. La prolongation de l’aide mensuelle de 426 euros concernera les chômeurs de moins de 65 ans qui ont cessé de percevoir des prestations entre le 16 février et le 15 août 2010, et qui n’avaient pas touché cette aide lors de sa première mise en place.

    lesoir.be

  10. Libération, 13/08/2010
    «On s’achemine vers une crise encore plus dure»
    Interview: Face au risque de récession, l’économiste Dean Baker plaide pour que Washington s’inquiète moins des déficits et plus de l’emploi.
    par CHRISTIAN LOSSON

     » Dean Baker est – avec Nouriel Roubini, Joseph Stiglitz, Paul Jorion et quelques autres Cassandre lucides – l’un des rares à avoir entrevu la gravité de la crise financière. Sept mois avant la chute de Lehman Brothers, cet économiste, codirecteur au Center for Economic and Policy Research (voir son blog), avait prédit dans nos colonnes (Libération du 17 janvier 2008) une violente récession, la «plus féroce depuis la Seconde Guerre». Il revient sur la sortie de crise très fragile des Etats-Unis alors que les inscriptions hebdomadaires au chômage, avec 482 000 demandes, sont montées hier au plus haut niveau depuis six mois.

    -Les nouveaux chiffres du chômage sont-ils une mauvaise nouvelle de plus, après les signes d’une décélération de la croissance, qui attise le spectre d’une «récession en W» (lire ci-dessous) ?
    -Il ne faut pas s’arrêter à ces chiffres. La réalité, c’est que les Etats-Unis n’arrivent pas à retrouver les plus de 8 millions d’emplois perdus avec la récession en 2008 et 2009. On a désormais 15 millions de sans-emploi et 9 millions de travailleurs précaires, 10% de chômeurs contre 4,5% avant la crise. On se focalise trop sur le «syndrome du W» et le retour possible d’une récession. Il est tout à fait possible que cela se produise. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on s’achemine vers une longue croissance faible, qui plongera le pays dans une léthargie économique et une crise sociale encore plus dure.

    -Vous dites que le plan de relance d’Obama était trop timide et qu’il est discrédité par les faits. En faut-il un nouveau ?
    -Il faut absolument faire quelque chose pour stimuler l’économie. Une politique plus agressive de la Fed [la banque centrale américaine, ndlr]. Or, si elle pousse dans la bonne direction, ses mesures n’ont pas eu la magnitude espérée. La Réserve fédérale campe dans une sorte de fétichisme anti-inflationniste. Elle a peur d’accepter une inflation de 3 ou 4% et s’accroche, pour l’instant, à un objectif de 2%. Son patron, Ben Bernanke, n’applique pas, à tort, ce qu’il théorisait jadis : une hausse des prix de 3% permet de réduire en dix ans de 26% le poids de la dette. Cela permettrait aussi aux ménages surendettés d’alléger le fardeau de leurs remboursements mensuels de crédits immobiliers, si les salaires suivent l’inflation… Les Américains dépenseraient plus et boosteraient l’économie. Et cela relancerait l’emploi. Il y a de la marge : on est encore loin de l’inflation à deux chiffres des années 70.

    -Ou de ceux de la récession des années 81-82 ?
    -La situation actuelle est, de loin, vraiment pire. La crise des années 80 fut courte, et le chômage très bas…

    -Le G8-G20, Etats-Unis en tête, plaide pour une réduction des déficits budgétaires. Une erreur ?
    -Oui, car ils se privent de l’autre levier nécessaire pour stimuler la croissance. Pilotés par Wall Street, les faucons, qui hurlent que quelque chose de dramatique va arriver si l’on ne réduit pas les déficits, ont la main sur les choix politiques. Comme si le désastre du chômage actuel n’était pas dévastateur. On préfère parler de déficit, multiplier les attaques contre la sécurité sociale ou Medicare. C’est le «syndrome Kazakhstan» : un pays qui a l’une des dettes publiques les plus basses au monde (14,2% du PIB) mais un bilan moins flatteur en matière de santé ou d’éducation. Or, l’élite politique de Washington se focalise sur la contraction des dépenses publiques. Plutôt que de plaider, par exemple, pour une taxe sur la spéculation financière. Elle pourrait pourtant rapporter, selon mes calculs, 1% du PNB, environ 150 milliards de dollars [117 milliards d’euros].

    -L’administration Obama a pourtant adopté une réforme bancaire plus ambitieuse qu’en Europe.
    -C’est un premier pas. Mais l’industrie financière et bancaire a quand même le sentiment de bien s’en sortir. Ils auraient pu avoir une législation beaucoup plus restrictive. A la vérité, la politique des petits pas n’empêchera pas une telle crise de se reproduire. On a toujours les mêmes grandes banques – Goldman Sachs, Morgan Stanley – qui, à l’origine d’une bulle à 8 000 milliards de dollars, utilisent toujours les mêmes ressorts de la spéculation et de la culture du court-termisme. Résultat : sans puissants contre-feux, elles affichent des profits et des salaires records.

    -Finalement, les politiques n’ont-ils pas repris la main sur les financiers ?
    -Il n’y a pas de lobbys plus infiltrés et plus influents que ceux de la finance. Ils ne vont pas abandonner comme ça leur suprématie. D’autant qu’en face, il n’y a pas encore d’opposition structurée. Ni du côté des politiques, ni du côté des citoyens. Les vieux et les pauvres, les plus touchés par la crise, n’ont visiblement pas la même puissance de lobbying que les financiers… « 

  11. Une chose dont personne de parle : l’évident ralentissement de l’évolution technologique dans à peu près tous les domaines, de l’informatique elle-même à l’industrie pharmaceutique où les nouvelles molécules se font rares à en passant par l’automobile ; de l’agriculture au bâtiment en passant par le construction aéronautique. Partout, on tend vers la sophistication gadgétique ou marketing qu’il est bien difficile de considérer comme des évolutions technologiques. Et ce n’est pas le verdissement de la recherche et de l’industrie qui changera beaucoup la situation.

    La « fin de l’Histoire » que certains attendaient ailleurs va sans doute concerner justement l’évolution technologique qui va tendre vers une asymptote horizontale. Ca aussi, c’est une mauvaise nouvelle pour l’emploi notamment en Occident où, avec une certaine arrogance, nous comptions conduire la haute technologie, ad vitam aeternam.

    1. Il faudrait effectivement regarder cela de très près…
      Pourquoi par exemple, si peu de vocations scientifiques dans notre pays?

    2. Désinvestissement, rentes de situation, court-termisme, goinfrerie…

      Un exemple parlant sur les budgets R&D de l’industrie pharma comparés aux budgets pub en 2005; la situation ne s’est surement pas arrangée. Edifiant…

      En dix ans, entre 1996 et 2005, les dix plus grands laboratoires mondiaux ont consacré, selon les calculs de deux autres chercheurs canadiens, Leo-Paul Lauzon et Marc Hasbani, 749 milliards de dollars en marketing et administration. C’est 2,6 fois plus que ce qu’ils ont consacré aux frais de R & D sur la même période, et un peu plus que ce qu’ils ont investi dans leurs outils de production.

      750 Milliards en 10 ans de pub et lobbying! Contre moins de 200 Milliards en recherche et développement…

    3. J’en rajoute en disant, pour prendre l’exemple de la France, que les dernières grandes avancées (téléphone) datent de De Gaulle, aucune politique d’envergure depuis.
      Toutes les grandes entreprises, qui étaient au départ des PME, datent du début ou du milieu du XXème siècle ; nous nous avançons inexorablement vers la plus grande médiocrité de tout et le plus sûr appauvrissement culturel, social, politique, économique ; à vrai dire, j’ai bien peur que nous ne soyons à la fin du bout de cette médiocrité dont une des manifestations extérieure est la pensée unique, dans tous les domaines (sauf ici bien sûr 🙂 ).

    4. @ Piotr
      « Pourquoi si peu de vocations scientifiques? »
      Pour deux raisons principales:
      -l’aura dont bénéficaient les scientifiques s’est effacée, la science n’apparaissant plus comme la panacée;
      – les chercheurs peinent à gagner leur vie comparativement aux financiers (et c’est pour cela que les grandes écoles voient leurs diplômés s’orienter vers la finance plutôt que vers les labos).

    5. Oui, c’est un effet de la ‘mondialisation’: La recherche du maximum de profit le plus vite possible, sans penser a l’avenir. Au debut les industries occidentales ont exporte leur assemblage, puis leur fabrication complete et maintenant leur R&D. Nos pays se sont deindustrialises et retournent lentement a l’epoque preindustrielle avec une population de chomeurs sans education.

    6. Ne devrions nous pas d’abord consolider nos formidables avancées technologiques et profiter des gains de productivité afin de diminuer les inégalités croissantes locales, nationales, nord/sud tout en innovant pour préserver le capital des ressources non renouvelables et tendre vers une sobriété incontournable.
      Faut il raisonner en flux tiré ou poussé principalement ?
      Je suis pour partir des BESOINS de chaque client citoyen afin de garantir une bonne couverture de l’essentiel au plus grand nombre et ne pas suivre certaines sirènes plus soucieuses de leurs propres intérêts que des nôtres.
      Exemples :
      . des soins médicaux toujours plus efficaces et une couverure santé universelle
      . un enseignement à nouveau performant pour tous nos jeunes
      . un logement décent et attractif pour les « banlieusards » et urbains souhaitant disposer d’espaces conviviaux et chaleureux pour eux et leurs enfants.
      . une police respectée et pouvant même évoluer sans arme
      . des loisirs, du sport, de la culture pour tous
      …….
      Commençons par les minimums vitaux, l’essentiel avant les futilités et le luxe de façade.
      Il y a largement de quoi occuper tout le monde surtout en garantissant une balance commerciale équilibrée.
      Il faudra aussi veiller à un endettement minimum (en termes d’intérêts à payer surtout) afin de faire comme d’autres pays vertueux (je pense au Canada) où un sou est un sou et où on ne vit pas au dessus de ses moyens.

    7. Les grandes inventions datent du 19ème siècle ou du tout début du 20ème, à l’exception de quelques unes comme l’ordinateur et des centrales nucléaires : la machine à vapeur date même du 18ème siècle, le moteur à explosion date de 1862, la TSF date des années 1890, l’aviation commence à la même époque…. Bref, on pourrait dire qu’on n’a plus inventé grand chose depuis, on a surtout perfectionné. Ces perfectionnements ont pu être très importants, certes, mais on continue quand même à vivre largement sur l’acquis de principes technologiques qui ont plus d’un siècle d’existence. A cet égard, on peut penser que le « progrès » technologique est assez largement un mythe et que si nous avons progressé c’est peut-être surtout grâce à l’exploitation intensive de quelques molécules « magiques » comme celles du pétrole, du gaz naturel ou du charbon, molécules dont la disponibilité se réduit comme peau de chagrin…

    8. Là vous en faites un peu trop je trouve, informatique, génétique, nanotechnologies, cybernétique, physique fondamentale, astrophysique, etc, toutes ces sciences ont une évolution qui ressemble plus à une exponentielle qu’a un logarithme. De plus nombre d’entre elles sont en synergie. La sur-spécialisation et l’abstraction de plus en plus importante de ces recherches les rendent juste bcp moins appréhensibles par monsieur tt le monde. Néanmoins, nous sommes aujourd’hui capables de détecter un acide aminé à 4 années lumières, l’utilité est clairement discutable, les progrès nécessaires à un tel résultat, non. Idem quand je vois mon très jeune frère jouer avec Google-earth, l’outil est impressionnant, le coût technique de sa réalisation également, le fait qu’il sois gratuit et accessible a tout un chacun (enfin, en occident) ne gâche rien. Je pense personnellement que le pb actuel, et sa résolution, sont à chercher ailleurs que dans l’échec ou la réussite d’une course technologique sans fin.

    9. Oui, certes, mais bon, nous ne pouvons découvrir qu’une fois.

      Pour l’aspect des choses sur lequel nous pouvons agir, il semble que nous ayons fait le tour ou presque. Encore que tout ce que vous citez rassemble essentiellement des progrès énergivores en diable ce qui est donc, dans l’histoire de l’humanité, un feu de paille.

      En terme de connaissance de soi, et de symbiose nous avons par contre sérieusement reculé. Voilà le chantier à venir. Et tout le monde s’en fout.

  12. Il me semble que l’on aborde rarement un point essentiel : les multinationales ou transnationales…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Multinationale

    Plutôt que faire un mauvais résumé ou un plagiat , je préfère vous laisser le lien…

    Car je lis souvent il n’y a plus de travail , le désert industriel…Mais ce désert est planifié : du travail il y en a et des centaines de millions de nouveaux travailleurs , là où les conditions salariales , sociales , et fiscales sont favorables à ces entreprises « tentaculaires » . Simplement « on » a laissé filer ,on a dérégulé, on a mondialisé…

    La crise ? C’est aussi un déplacement gigantesque du secteur primaire et secondaire . La production revient sans grande contrainte dans nos pays occidentaux .Où ce qui reste de richesse est siphonné ,y compris le tertiaire . Alors oui ,les banquiers commettent des abus inouïs , mais finalement au sommet c’est la finance , ce que l’on appelle aussi le marché ,qui pilote tout cela .

    Plein d’équilibres ont été rompus , mais surtout peut-être l’équilibre privé/public , laissant le sort des populations aux mains quasi exclusives du privé, du marché .

    Et l’on rejoint la Révolution , à la convention ,avec les Montagnards avec Robespierre , Danton, Saint Just, Marat, préoccupé par le peuple et les Girondins avec Brissot , Vergniaud , Petion, etc , représentants de la bourgeoisie finalement victorieuse ,après le 9 thermidor (le 27 juillet 94 )…

  13. Actualité cinématographique concernant la crise.
    4 films sur la crise pour l’automne signalé par Challenges le 13/08 :
    De « Cleveland contre Wall Street » mercredi à « Inside Job » en novembre, en passant par « Krach » et la suite de « Wall Street » en septembre… Challenges.fr a vu les quatre films sur la crise qui vont animer l’automne.
    http://www.challenges.fr/actualites/medias/20100730.CHA6598/cinema__la_crise_saffiche_sous_tous_les_angles.html

    « Cleveland contre Wall Strett », le Nouvel Obs. du 12 août nous dévoile quelques pans de cette fiction plus réaliste qu’un documentaire.
    Comment a débuté la partie de mistigri géant, qui a ruiné la planète……
    http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/economie/100022/cleveland-contre-wall-street.html

    Déposition de l’un des 8 jurés où l’on découvre que l’habit ne fait pas le moine.
    « Un type en costard se pointe chez vous et dit : «Hé, vous pouvez avoir ci et faire ça… » Et ça retombe sur le pauvre gars qui a signé. Il y connaît que dalle, il est pas allé à l’école. En fait, on a été conditionnés toute notre vie.
    http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/economie/100003/c-est-toi-le-con-qui-a-signe.html

  14. Je voudrais vous voir TOUS rebondir sur le commentaire de JeanNimes.
    Effectivement « l’Etat providence » n’a absolument rien de providentiel.
    Ce n’est qu’une immense mutualisatioin à l’échelle nationale.
    Cela ne pouvait que déplaire à ceux qui comptent bien s’enrichir aux dépens des autres…
    Comme vous le voyez depuis 30 ans tout est mis en oeuvre sur les plans politique, financier, institutionnel, médiatique pour masquer cette simple évidence au plus grand nombre qui n’a peut-être pas le temps, pas la capacité, pas l’envie de comprendre là où on est en train de le mener.
    Et ensuite ceux-là ne voteront certainement pas intelligemment… quoique pour voter intelligemment il faudrait d’abord que se présentent de bons conducteurs de peuple… mais qui met en place ceux pour qui on a la possibilité de voter ?…
    Le système est bien verouillé et vraiment je ne vois pas comment en sortir.
    Faut-il un nouveau carnage mondial pour qu’un nouveau CNR voit le jour ?
    Un mot encore pour insister sur un danger énorme qui consiste dans la dégradation systématique de l’Education Nationale pour en faire à terme une gigantesque fabrique de crétins… alors là si ce but est atteint le balancier de l’Histoire n’est pas prêt de revenir dans le bon sens.
    Plût au ciel que personne n’oublie que les trentes glorieuses ont réellement existées et que ce qui a été réalisé une fois on peut toujours envisager de le reproduire et même de l’améliorer puisqu’il faut tenir compte de la finitude de notre terre.
    On évoque Robespierre et Saint-Just mais aujourd’hui la corruption est partout, de haut en bas et de droite à gauche.
    Bon courage à ceux qui veulent un monde meilleur !

    1. D’accord avec toi sauf que je ne crois pas « à la fabrique des crétins » version JP Brighelli . Il n’y a pas de complot de l’E.N spécifique , pour rendre la population inculte…Simplement il faut déplorer le manque de moyens objectifs à la disposition de l’EN . Certes il y a sans doute trop de « crânes d’oeuf » dans le ministère ,mais le manque de moyens se fait ressentir partout : police, justice ,PJJ, hôpitaux, etc

      Non, il y a un double mouvement :la privatisation ; l’AGCS , orchestrée par l’UE et sa commission ,évidemment avec la surenchère gouvernementale…

      Il y a surtout une déculturation de la population liée justement à la globalisation , au mercantilisme , à la société des consommations et le peu de motivation de la population pour pousser les enfants à apprendre et à respecter les structures à disposition . C’est une crise de société ,où les valeurs sont inversées , ce n’est plus l’être ou l’avoir , mais l’avoir et le paraître …

      Affirmer que l’école fabrique des crétins , c’est absurde et faire injure à tous ceux qui se battent sur le terrain . Mais est-ce la faute des profs si les enfants ne lisent plus ,s’ils zappent , s’ils se mettent à tricher ? Ou la cause est plus profonde avec l’usage massif de la télé, des jeux vidéos , de la démission des parents qui ne savent plus quoi dire ni à quel saint se raccrocher quand leurs mômes balancent le cartable à la maison avant de se lancer dans toutes sortes d’activités , celles déja mentionnées plus le foot, les copains, les bandes, la séduction ( Ah le feuilleton Hélène et les garçons !)…Bref, tout sauf l’effort, la concentration .

      L’intellectuel est dévalorisé , remplacé par des people , ,le chercheur a des revenus ridicules ,etc, etc alors qu’avec un peu de bagout et peu de morale d’autres remplissent leurs comptes en banque assez facilement , sans craindre de la justice. Siècle du bling bling , du  » qu’est ce que vous avez contre l’argent ? »

      Moi rien à condition que ceux qui ne pensent pas qu’à ça puissent vivre normalement et surtout que l’on pense à ceux qui ne peuvent en gagner faute d’emplois…

    2. Quelles sont les actions concrètes que vous menez à hauteur d’homme, qui peuvent être modestes, afin de ne pas plonger un peu plus la société dans la fatalité – y compris dans les mots – et de fait, résister contre le processus de crétinisation tant recherché par le pouvoir ? C’est quand même un témoignage plus transparent qui pourrait aider et orienter les personnes du blog, me semble t-il. Parce que le « Bon courage à ceux qui veulent un monde meilleur ! » Cela ne vous concerne pas ? Vous vivez bien dans ce monde n’est-ce-pas ? Vous, vos proches, ceux que vous aimez. Comment pouvez-vous vous retrancher derrière le réel et le quotidien ; par suffisance… d’un commentaire glacial.

    3. Effectivement ce commentaire a interpelé plusieurs lecteurs de ce blog. Rassurez-vous à ce sujet – difficile sujet, comme tout ce qui est abordé sur ce blog. Petit à petit des éléments de réflexion sont à la disposition de tous, moi j’trouve ça super ! – prise de conscience individuelle, collective un jour ?

    4. @ Boson,

      La « méqualité » (je reconnais la laideur du mot mais il me semble clair) des programmes et le manque de motivation de certains prof (l’1/2 des effectifs au bas mot : instituteurs du primaire exceptés) y sont aussi probablement pour beaucoup…
      Sans compter le jargon utilisé pour enseigner le français (à vous en dégoûter à tout jamais), la volonté de domination de la plupart des profs au lieu et place de la volonté de transmission…
      Enfin, j’arrête là car beaucoup a déjà été dit et le sujet est inépuisable.
      Au final, un déclin systématique, caché derrières d’inépuisables revendications financières (ici aussi)… Tout un code des valeurs à restaurer.

      Cdt,

    5. @boson, vb
      Je partage tout a fait l’analyse de boson que je tempère quelque peu.
      Les parents, la télé, les jeux électroniques, l’excès d’activités, le paraître (le pire sans doute mais on a aussi passé par là).
      Mais selon les enfants les dégâts ne sont pas les mêmes.
      La télé peut être instructive si on prohibe les feuilletons ou séries, les jeux moins.
      Rien ne vaut les jeux de société classiques et les activités de plein air qui doivent offrir aux enfants un espace de liberté, d’initiative et de création.
      Il faut surtout veiller à ce que les enfants soient dotés de l’ABC, des fondamentaux et là en suivant un peu des devoirs de vacances, j’ai été surpris.
      Règles élémentaires de grammaire (il n’y en a pas des kilos), calcul mental et approximatif pour déceler l’erreur de 0, règle de 3 (un roman, mais il ne sont pas les seuls), savoir poser un problème …… mais surtout, surtout le pratico pratique bien concret et réel plutôt que le virtuel ?
      Et pourtant malgré ces imperfections inacceptables il y a aussi bien des domaines où ils nous dépassent et sont bien plus avancés que nous l’étions à leur âge.
      L’éducation, vaste sujet et tellement essentiel, pas de droit à l’erreur.

    6. Il y a surtout une déculturation de la population liée justement à la globalisation , au mercantilisme , à la société des consommations et le peu de motivation de la population pour pousser les enfants à apprendre et à respecter les structures à disposition . C’est une crise de société ,où les valeurs sont inversées , ce n’est plus l’être ou l’avoir , mais l’avoir et le paraître …

      Affirmer que l’école fabrique des crétins , c’est absurde et faire injure à tous ceux qui se battent sur le terrain . Mais est-ce la faute des profs si les enfants ne lisent plus ,s’ils zappent , s’ils se mettent à tricher ? Ou la cause est plus profonde avec l’usage massif de la télé, des jeux vidéos , de la démission des parents qui ne savent plus quoi dire ni à quel saint se raccrocher quand leurs mômes balancent le cartable à la maison avant de se lancer dans toutes sortes d’activités , celles déja mentionnées plus le foot, les copains, les bandes, la séduction ( Ah le feuilleton Hélène et les garçons !)…Bref, tout sauf l’effort, la concentration .

      L’intellectuel est dévalorisé , remplacé par des people , ,le chercheur a des revenus ridicules ,etc, etc alors qu’avec un peu de bagout et peu de morale d’autres remplissent leurs comptes en banque assez facilement , sans craindre de la justice. Siècle du bling bling , du » qu’est ce que vous avez contre l’argent ? »

      J’ai la curieuse impression qu’un grand nombre d’entre vous considèrent ces phénomènes comme récents (datant de l’essor de la télévision et des jeux vidéos), alors qu’ils remontent en réalité à plusieurs dizaines d’années ! Moi qui ai fréquenté l’enseignement secondaire de 1973 à 1980, je peux vous garantir que — si le respect dû aux enseignants était encore sans commune mesure avec ce qu’il est devenu aujourd’hui — le ver était déjà dans le fruit de bien des manières…

      Sans jamais avoir été « premier de la classe », je faisais partie de ceux qui étaient considérés comme les « bons élèves », et à ce titre j’étais déjà ostracisé par une large frange de mes « camarades ». Je me rappelle que — déjà à l’époque — s’intéresser, participer et réussir à l’école était déjà une tare aux yeux d’un nombre croissant de mes contemporains de sexe masculin, pour lesquels les déploiements de force physique, les assauts de vulgarité, et les succès auprès de la gent féminine (ces derniers étant généralement proportionnels à l’intensité des deux comportements précédents), étaient bien plus importants que les résultats académiques. (Je veux bien que l’école ait aussi un rôle d’apprentissage de la socialisation, mais il est totalement fortuit et secondaire par rapport à son rôle d’éducation. Un simple sous-produit. La preuve en est l’absence quasi-totale d’un apprentissage global de la psychologie et des rapports humains dans les cursus.)

      Rien n’a été fait pour contrôler ce phénomène, dont tout le monde était pourtant conscient et que tout le monde déplorait déjà. Il n’a donc — très logiquement — fait que se poursuivre et s’amplifier, non seulement pour les raisons mercantiles que d’autres commentateurs ont évoquées, mais aussi au nom de la liberté individuelle (merci mai 68). On en mesure encore davantage les conséquences aujourd’hui, mais avec la même absence de volonté d’intervenir, aussi bien au niveau des « pouvoirs » publics que des familles, dont la plupart sont dépassées par manque de temps, d’énergie et d’autorité (c’est-à-dire très largement de capacité à donner à leurs enfants un sens et une explication cohérents au monde qui les entoure).

      La plupart des psychologues et pédopsychiâtres disent qu’il faut imposer à l’enfant des limites pour garantir son équilibre mental et son développement. Mais comment peut-on — sans passer pour un vieux con ou un dangereux réactionnaire — réussir à fixer des limites à ses enfants, dans un monde où les limites ne sont vues que comme des obstacles à abattre, des entraves aberrantes à la jouissance totale dont on nous rebat les oreilles à longueur de magazines et de publicités ?

      Cela dit — et il ne s’agit-là que d’un simple constat —, la crise financière actuelle et celle liée à la raréfaction de l’énergie et des matières premières qui se profile, risquent fort de forcer notre civilisation occidentale à un sérieux coup de frein — sans doute salutaire— en matière de jouissance et de bien-être matériel. Au grand dam des générations montantes, qui se voient ainsi privées d’un confort auquel elles ont été habituées dès leur plus tendre enfance. Je discutais récemment avec une amie d’une petite trentaine d’années, qui me disait en substance qu’on avait honteusement fait à sa génération des promesses qui ne seraient pas tenues. Si, pendant leurs années de formation, davantage d’individus — toutes générations confondues depuis au moins 50 ans — s’étaient intéressés davantage au fonctionnement du monde, en ne s’arrêtant pas au léger et au superficiel (dont le règne n’a fait que s’étendre), on n’en serait probablement pas là, et il y aurait moins de jeunes « désillusionnés » pour n’avoir pas compris : 1) la finitude de notre univers, et 2) que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

  15. L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement de cinq tendances négatives fondamentales :

    . l’explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d’Etats
    . la collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité
    . l’inéluctable remontée des taux d’intérêts
    . la multiplication des sujets de tension internationale
    . l’insécurité sociale croissante.

    http://www.leap2020.eu/Second-trimestre-2010-Aggravation-brutale-de-la-crise-systemique-globale-Renforcement-de-cinq-tendances-negatives_a4288.html

    1. J’ajouterai la hausse des produits alimentaires (c’est parce qu’on peut plus spéculer sur lémarché, que l’économie réel n’offre pas d’intérêt retour vers les vieilles valeurs)

  16. MERCI
    MERCI
    MERCI
    pour tout votre travail
    le MUR est là:on avance
    ça sera dure mais IL FAUT
    tres plein de respect(surtout aussi pour ST JUST et Jorion notre Cordeliers de l’epoque)
    Amicalement
    rp

  17. Comme vous dites, « la dynamique de la crise américaine reste parfaitement imprévisible », d’autant plus que le nombre des solutions est très limité. En fait il n’y a que deux: risquer la « maladie japonaise » ou faire marcher la planche à billet, ce qui signfie, à terme, encore plus de dettes, une inflation galopante et donc aggravation en crescendo de la situation sociale dans le pays (et même au-delà). La question que je me pose: que va faire un pays aussi dynamique et conscient de ses valeurs face au fait qu’il se trouve dans un piège?

  18. La situation est donc totalement ouverte aux catastrophes, ou aux rebonds…Un autre rebond possible, d’après Reuters :

    « …le « présage d’Hindenburg » (« Hindenburg Omen ») désigne une conjonction rarissime de facteurs techniques censée être annonciatrice d’un krach boursier. Il s’est déclenché jeudi sur les marchés boursiers, laissant présager une forte correction dans les prochains mois… »

    La suite : http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/mauvais-presage-en-bourse-l-indicateur-d-hindenburg-s-est-active-275967.php

  19. Extrait d’un interview de Pascal Franchet par le premier quotidien grec
     » la Grèce constitue pour le capital un véritable laboratoire de la régression sociale destinée à être généralisé aux pays riches de l’UE. Les attaques concertées contre les dettes souveraines sont un élément de cette stratégie. »
    http://www.cadtm.org/La-Grece-l-Europe-et-le-CADTM

    1. Et moi qui croyait que c’était les hedge funds et les banques [des banques grecques avaient été prises la main dans le sac…] qui s’attaquaient aux dettes souveraines… Quelqu’un pourrait me définir qui est ce « le capital » qui s’attaque ainsi à des acquis si justement gagnés ?

    2. @senec

      Ça veut dire quoi vos saillies à peine équivoques?
      Doit-on en conclure qu’une bonne régression sociale est un moindre mal et une excellente thérapie (la seule possible avec une bonne guerre..) contre la régression morale qui cause tout nos (vos) tourments? Et que passés les effets délétères post-traumatiques sur le sens commun et le jugement « objectif » (moral pour vous) , un « nouvel ordre moral revivifié » (çàd ancien pour vous bien sûr..) ramènera la paix, la sérénité et l’harmonie dans le jardin d’Eden Occidental réintronisé Avenir chrétien de l’Humanité?
      Détrompez moi, j’ai peur de ne pas me méprendre dans mon décodage…

  20. « L’administration Obama doit en effet compter avec un Congrès qui rechigne à lui accorder les relances budgétaires que la situation réclame dans l’urgence, »

    mort de rire, merci pour ce moment de détente.

  21. @ Boson
    Merci à vous d’avoir explicité ma formule lapidaire.
    Il s’agit bien d’une crise de société et l’E.N. ne fait que suivre le mouvement sans doute malgré elle.

    @ octobre
    « ceux qui veulent un monde meilleur » : ils sont très nombreux et je considère qu’en général ils ne regardent pas dans la bonne direction.
    Car effectivement il m’arrive de prendre concrètement de mon temps pour expliquer à ceux qui m’entourent que l’on peut regarder dans une autre direction : mais c’est très difficile et souvent ça passe mal (Mt. 6:10)
    Ces explications-là ne sont pas faites pour être présentées sur ce blog.
    Mais soyez-en sûr, je me sens vraiment concerné.
    Bien à vous.

  22. « Ils y ont perdu leur innocence en matière financière et savent désormais viser entre les deux yeux. »
    Merci François pour ce trait d’humour, vos billets m’ont également faire perdre mon innocence en matière financière, mais j’ai encore du mal à viser entre les deux yeux.

  23. Bonjour
    Pour répondre a la prostitution en Thaïlande
    Qui a décidé que la Thaïlande serai le BMC pour les troupes US du Vietnam
    Et ce encore récemment en juin je crois les US ont débarqué les matelots de leurs flotte a Phuket

    Pour expliquer le problème le salaire journalier en Thaïlande est de 200 bath soit un peu plus de 2€ pour un exemple mon budget mensuel est de moins de 15000 bath comprenant un hôtel très correct a Bangkok avec piscine etc soit 300 €mois les loisirs sont en sus
    Pourquoi tant de ressortissant vienne ici car pour une somme modique ils ont une fille a la journée pour 1000 bath 25€
    Régulièrement la police met en arête et met en prison des étranger pédophile il suffit de lire « the nation et le Bangkok post » cela ce circonscrit a Pattaya Phuket les iles touristique et Bangkok des que l on quitte les zones a « farang » cela ne ce pratique pas il faut aller dans l Isan
    Suite
    Pour les action a faire vaste projet
    Comprendre la situation est le premier point
    Parler au autre facile mais qui vous ecoute une petite minorité
    Qui comprends encore le sens des mots
    Qui veux sortir de son abrutissement
    Qui jetteras sa télé sa voiture
    J ai jeté ma télé
    J ai jeté ma voiture
    Avec le budget voiture qui correspond aux mieux a 200€ mois je me paye un billet d avion tous les trois mois
    Je retire tous mon argent de la banque et y mets que ce qui est nécessaire pour les prélèvements chaque mois
    Je payes en liquide pour ne pas aider a faire des stat sur ma conso
    J ai pas de carte de fidélité
    Il y a des initiatives comme les SEL etc.
    Mais comment changer les mentalités de ceux qui sont rentré dans le cycle de l abrutissement
    Le monde et la conso est noyauté par les profits qui pense encore est ce bon au lieu de ca coute combien ca rapporte quoi
    Une rose ca sers a quoi ca coute ca rapporte rien mais je voudrai pas m en passer
    Faire l aumône ca coute ca rapporte pas

    L abrutissement des classes laborieuse est une chose programmée de longue date par nos dirigeants a la bote du capital
    Comment voulez vous que des gens lisent combien coute un livre et apprends ton encore a lire a l école de la république
    Ou on peut se rencontrer pour parler ?
    Ah tiens il y a des gens qui se réunissent dans les mosquées qui organisent des activités dispensent des principes d aide et de moral et de la solidarité pour palier les manques de notre état
    On ne parle pas ici des causes de déchirement de notre république
    Mais on est bien entrain de recréer la démocratie d Athènes les citoyens en deux catégories les esclaves les metheque et les étrangers puisque maintenant il y as déjà trois sortes de français
    Les vrais les d origines et les nomades

    Je vous donne tout en vrac je ne suis pas une littéraire

  24. On ne met jamais ou trop rarement en évidence et en parallèle les chiffres de l’économie réelle et ceux de l’économie financière, que j’oserais qualifier de virtuelle.

    Ne serait-ce pas intéressant, pour chaque pays occidental, de décortiquer les différents volumes de production et de vente dans les diverses industries, les services, les hautes technologies, le tourisme, etc… sur les marchés intérieurs puis extérieurs, importations, exportations, etc…

    Et mettre tout cela en parallèle avec les flux de l’économie financière.

    Histoire de comprendre un peu mieux les délires, les incohérences et les enjeux et rapports de force internationaux.

    Histoire aussi de mieux cerner ce qu’on appelle mondialisation (à juste titre ou bien à tort)…

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