Aristote explique la matérialité de la monnaie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Le présent texte est le quatrième d’une série visant à synthétiser une explication de la monnaie avec le système de causalité d’Aristote.

Aristote explique la monnaie
Aristote explique la matérialité libre
Aristote explique la production de valeur

L’époque actuelle est tourmentée par une crise inédite de la connaissance. Dans le champ du produire plus avec le moins – l’économie – l’observateur ne sait que penser entre pouvoir politique et financier affirmant la croissance de la valeur et des opinions publiques inquiètes d’une pauvreté qu’elles voient croître. Confronté lui-même à ce débat il y a plus de 23 siècles, le philosophe grec avait posé l’hypothèse que la discussion au sein de la cité est en soi le début de la richesse que les débatteurs attendent. Le langage contient la fin de l’homme. Pour découvrir cette fin, il avait posé d’autres hypothèses dont la supposée vérité était nécessaire pour tracer par le langage le chemin qui puisse révéler la fin.

Il avait supposé que la réalité pouvait se décomposer entre son objectivité et sa subjectivité ; qu’il y avait une réalité indépendante de la fin du sujet – la physique – et une réalité dépendante de la fin par le langage du sujet : la métaphysique. Il avait posé que le langage appartenait à la métaphysique. Il lui était alors permis à lui sujet d’utiliser la fin supposée de vérité du langage pour poser les conditions logiques – propres au langage – d’un chemin métaphysique de vérité. En posant l’hypothèse de la vérité comme recherche de la fin, Aristote est tombé sur quatre causes de vérité, quatre explications possibles et réciproquement nécessaires à tout phénomène vrai : la fin, l’effet, la forme et la matière.

On peut attribuer à Aristote l’invention de la logique fractale, le langage qui est à lui-même sa cause et sa conséquence dans la vérité du locuteur, le sujet qui parle de son objet. La causalité fractale se contient et s’étend par elle-même. L’auteur de cette introduction évoquant Aristote est cause et conséquence d’Aristote sans être Aristote. Cause par la fin choisie de la structure de ce texte dans le discours d’Aristote. Conséquence par l’effet visé qui est l’explication de la monnaie d’aujourd’hui avec la forme des quatre causalités.

23 siècles de matière métaphysique distinguent le discours d’Aristote de l’exercice ici proposé. La matière métaphysique du monde offert à la connaissance s’est transformée. Elle contient beaucoup plus d’information qu’au temps du Stagirite. Mais la métaphysique d’Aristote n’est pas vulnérable à la quantité parce qu’elle la contient, la réduit et la développe. Les connaissances transmises et accumulées par l’histoire deviennent transparentes dans l’utilisation des quatre causes. Elles sont suffisantes pour décider d’un système universel de comptabilité de la valeur qui transforme les limites du monde physique sans enfermer l’homme dans la quantité.

Matérialité métaphysique de la monnaie

La monnaie exprime la matérialité du choix politique du travail et du capital dans la valeur. Elle réduit au nombre, par la matérialité métaphysique, la valeur de la politique, du travail et du capital. Si le citoyen n’exerce pas son autorité et sa responsabilité personnelles sur la société qui engendre sa matérialité individuelle, il se réduit lui-même à une matérialité dissociée de ses fins. Il renonce à être sujet et s’effondre sur la matérialité qui ne produit plus la valeur des fins qu’il a la liberté d’y mettre. En contraction ou en expansion, la valeur collective et individuelle trouve une réalité physique à l’intérieur des fins métaphysiques choisies par les personnes. L’homme fait dans la réalité ce qu’il décide d’y faire. Chaque homme affirme ou n’affirme pas son bonheur ou son malheur ; il en choisit ou n’en choisit pas les causes. Seuls les jugements que les hommes accumulent sur eux-mêmes dans le temps font pencher la balance du bonheur ou du malheur. Le jugement véritable du bonheur individuel reste physiquement invisible donc métaphysiquement non quantifiable et logiquement non comparable. Pendant que le bonheur incube dans l’élaboration sociale des fins humaines, la Loi peut ignorer des fins qui soient acceptables et ne pas interdire des fins inacceptables. Les contrats financiers d’anticipation, publics ou privés, peuvent simuler de la valeur qui sera jugée inacceptable ou dissimuler une valeur véritablement attendue. Ces contrats sont délocalisés hors du contrôle d’un marché effectif politique ou financier.

La spéculation est une activité de recherche, d’expression et de détermination des fins humaines, une discussion des individus en relation collective. La spéculation politique puis financière détermine la logique du calcul économique. La première élabore les formes générales et la seconde les formes particulières qui attribuent des fins à la matière économique. Les acteurs de la spéculation peuvent réserver la disposition de formes au service de leurs fins exclusivement privées. Ils acquièrent le temps de capter la matérialité de la valeur pour eux seuls avant qu’un marché n’ait identifié les fins qui justifient la valeur. Ils choisissent de se mettre à l’abri de leur besoin matériel au risque de priver autrui de l’expression de ses besoins propres. Par la monnaie qui matérialise les fins, la matérialité métaphysique du physique peut se concentrer entre quelques mains pendant que le doute devient général sur l’accroissement réel de la valeur par les formes utilisées. La crise économique est par nature un phénomène politique, social et monétaire.

Si la causalité finale existe, l’erreur ou l’absence de la Loi égare la société à discriminer les causes de la valeur dans le réseau social des relations personnelles. Les échanges produisent réellement moins de plus-value que l’imaginaire n’en mesure. Quand les inégalités matérielles ne trouvent plus d’explication, quand trop d’individus ne voient plus la dignité de leur personne ou meurent à coté de quelqu’un qui pourrait partager les moyens de ses fins, l’émeute arrête la spéculation privative. Soit la société dispose encore de ressources morales et saisit l’occasion de se mettre en discussion d’un paradigme renouvelé du bien social, de la liberté de la personne ; soit l’émeute détruit la matière métaphysique par la matière physique et la civilisation s’effondre. Dans la phase spéculative de la crise, la masse monétaire croît alors que les sujets de la valeur sortent malgré eux du marché. Les signes monétaires se multiplient sans autre fondement que l’arbitraire politique et financier. Le chômage s’accroît, les revenus du travail stagnent. La mesure du capital est volatile entre sa matérialité forcée par le signe monétaire et sa finalité invisible dans la société. Dans la phase de réalité de la crise, la monnaie devient volatile. Des prix s’affichent d’une réalité imaginaire inexistante ou ne s’affichent pas d’une réalité physique incontestable. Les prix varient indépendamment de toute offre et de toute demande, sans cause publique mais à le seul intérêt du sujet financier qui les publie.

Mesure matérielle de la causalité dans le crédit

C’est le crédit qui permet d’exprimer l’effet compté de la valeur. En quantifiant les prix dans l’espace et le temps entre les personnes, le crédit matérialise la valeur potentiellement circulante. Il matérialise la liquidité qui s’appelle monnaie dans le présent des sujets du prix ; et qui s’appelle crédit et capital dans leur passé et leur futur. Selon la fin que les individus et la collectivité lui assignent, la rationalité formelle du crédit est ou non établie entre sa matière et la finalité de ses objets. Le crédit prend son sens dans l’existence des objets qu’il relie. Il permet l’existence d’un capital sans matérialité physique. Il permet la demande d’une matière qui n’est pas physiquement produite par celui qui offre. Il permet au sujet consommateur de dépenser une matière qu’il ne produit pas au présent ; au sujet producteur d’accumuler une matière qu’il n’offre pas physiquement au présent. Le crédit médiatise dans le temps et l’espace subjectifs la rationalité du prix par l’objet métaphysique de valeur, l’objet qui contient une fin, un effet, une forme et une matière potentiellement physique.

La mesure en crédit des objets de valeur contient les fins conscientes ou non de l’acheteur, du vendeur et du médiateur de crédit. Si le capital alloue une capacité métaphysique de travail à un objectif de valeur, il se matérialise logiquement dans un titre contenant du crédit. Le crédit produit les effets quantitatifs du langage sans présence de la matière physique. Si la décision de l’objet à produire est ajoutée à la capacité de production physique présente du travail, la source de la valeur est dotée par le crédit de la matérialité de sa fin. Le nombre créditeur signifie que le travail est attaché à sa fin par l’objet de capital ; que la mesure contenue dans le titre est réelle en matérialité future ; et que le titre de capital contient la finalité du capital par celle du crédit, qu’il contient la finalité du crédit par celle du travail.

Dans la causalité matérielle, le crédit en compte de dépôt – ou en tout autre effet de monnaie, métallique, scriptural ou électronique – passe par trois états pour être affecté à l’investissement qui est le contenu du capital. D’abord le travail de matérialité métaphysique informe un objet de valeur futur. L’objet formé est alors quantifiable et matérialisé dans un certain montant de crédit. Le crédit passe alors de son état monétisé à son état investi dans une matière en transformation par le travail physique. Après n’avoir été que réserve de valeur sans affectation matérielle, ni efficience physique, ni finalité concrète, le crédit reçoit la détermination d’un montant à dépenser puis la détermination de l’objet d’investissement. Le crédit a ajouté la certitude verbale d’un nombre à un potentiel physique de valeur ; puis la décision d’un investisseur lui rajoute la valeur incertaine d’une fin réalisable dans le futur.

Matérialité finale du crédit

Si la causalité finale est réelle, il existe une différence entre les objets de crédit indépendante de la matérialité physique. Alors la valeur du crédit dépend d’une autre causalité que la seule matérialité. Cette différence est celle des fins que les sujets mettent dans les objets du crédit. Un même potentiel de crédit de matérialité métaphysique définie par une même certitude logique peut recevoir des fins différentes de valeur variable selon la décision du sujet emprunteur. Et le même objet de crédit associé à un prix identifié peut recevoir les fins propres à tous ses sujets. Le crédit équilibre la finalité à la matérialité. Si un objet mesuré en crédit n’a pas de matérialité physique au présent, il n’existe rien d’autre entre des sujets différents de la valeur que la causalité finale pour distinguer la source de transformation du temps en valeur. Seul l’effet de la causalité finale distingue au présent la différence des objets de matérialité future. La matérialité métaphysique du crédit porte au présent la différence des fins hors de la matérialité physique. Or à l’échéance du crédit la fin s’exprime d’elle-même dans l’objet physique produit par l’emprunteur. Mais avant l’échéance la fin ne s’exprime que par la parole de l’emprunteur. Il est impossible de donner un prix futur réel à l’objet du crédit sans identifier le sujet emprunteur de la mesure. La valeur d’un crédit vient exclusivement par la fin de l’emprunteur identifiable par laquelle elle est transformée en prix borné par le temps. Cette réalité n’est évidemment pas reconnue dans les techniques actuelles de titrisation.

La finalité certaine du crédit implique l’impossibilité de son existence sans l’identification de l’emprunteur qui définit la fin en déterminant l’objet. L’objectivité du crédit implique l’inanité de sa mesure sans l’intégration de la variabilité des fins selon la libre réalité de ses sujets. La réalité métaphysique libre est la vraie cause du risque de crédit qui contient par ailleurs la méconnaissance de la réalité physique. La réalisation incertaine de l’objet finalisé dans le crédit en fait primitivement un objet de capital. Dans l’objet de capital, l’investisseur isole par la fin qu’il choisit un prix certain qu’il peut emprunter à l’intérieur d’un prix incertain. Un prix incertain que personne ne peut lui prêter contre certitude de la valeur à terme si toute la certitude se trouve dans le prix de certitude du crédit promis à un prêteur. L’introduction de la fin du sujet dans le crédit, implique que le calcul en crédit du prix de la valeur présente est nécessaire à l’existence probable de la valeur future ; que l’actualisation du crédit n’a pas de sens sans l’identification au présent des sujets emprunteurs possibles. Le crédit n’a pas de consistance réelle hors de l’effectivité du sujet par sa fin.

Crédit de la matérialité du temps

Le crédit anticipe au présent la matérialité incertaine de l’investissement d’un objet attendu de plus-value possible. Les fins sont différentes selon les rôles du crédit. Alloué à l’emprunteur, le crédit mesure le prix de ce qu’il peut dépenser immédiatement sans l’avoir produit, sous condition de le reproduire à terme. Alloué à un consommateur, il délimite le prix de sa consommation de sa production engagée dans le passé, le présent ou le futur. Alloué au vendeur passé de la valeur, le crédit délimite le prix d’un objet quelconque dont la réalisation physique est repoussée dans le futur à l’échéance de son choix. Le crédit est la matérialité mesurée par le verbe de la valeur du temps d’utilité des objets physiques à terme. Un temps anticipé qui remplit trois finalités selon le choix de ses utilisateurs : unité de compte de la valeur, contrepartie réelle de la valeur, justification par la fin de la valeur anticipée.

La finalité n’étant pas la matière, elle peut être satisfaite par une même mesure de crédit pour plusieurs sujets en même temps. L’épargnant peut par le crédit mettre la matérialité du prix d’un revenu à la disposition d’un intermédiaire bancaire. La même matérialité est mise à la disposition d’un emprunteur qui a vendu à terme la valeur future de sa consommation présente. Cet emprunteur peut être le créancier d’une société d’entreprise productrice de l’objet physique vendu à terme ; entreprise qui a vendu à son actionnaire le capital qui contient la plus-value d’investissement de la production de l’objet physique. Si la réalisation de la plus-value est subordonnée au remboursement de la même mesure empruntée, si le remboursement est  subordonné à la production de l’objet physique vendu à terme, si la vente à terme est subordonnée à la livraison réelle véritable de l’objet physique, alors la fin réelle de la plus-value aura produit la réalité du crédit certain par la réalité physique incertaine de la plus-value. Le remboursement de l’emprunt ne peut pas être engagé sans la matérialité présente de la valeur investie ; sans la matérialité physique actuellement transformable ; ni la finalité, présente dans le futur, de la valeur investie. Par un même crédit justement quantifié, chaque sujet, épargnant, prêteur, emprunteur, investisseur et propriétaire de la plus-value peut satisfaire sa fin réalisable dans le temps.

Le temps matérialisé dans la création monétaire

Le temps physiquement insaisissable devient métaphysiquement saisissable dans le crédit. L’intelligence humaine perçoit le temps alors que cette réalité n’a pas de matérialité physique en soi. Le temps est traçable ; l’intelligence lui attribue la matérialité métaphysique du nombre. Aujourd’hui, dans toute la Zone éponyme, un euro est le prix de l’utilisation d’une année de la valeur de 100 euros prêtés par la Banque Centrale Européenne. Le prix du temps en toute monnaie est le taux du crédit de la banque centrale. Quantitativement variable selon des arguments de finalité, il est actuellement de un euro pour 100 utilisés dans une année. Le prix de la liquidité centrale est un prix réel ; un prix en temps d’utilité de toute valeur juridiquement certaine indépendamment de sa réalité physique. Au stade actuel de maturité de la métaphysique, la valeur du temps en euro ou de toute autre monnaie ne mentionne aucune matérialité physique utilisable. La matière sous-jacente à l’utilité de la monnaie reste libre.

L’effet de la valeur du nombre monétaire est obligatoire par la Loi. L’effet est réel par la Loi sans intégrer pour autant toute finalité collective et individuelle du crédit. Un euro est légalement pour tous ses ressortissants le pouvoir d’acheter et de vendre la contrevaleur d’un euro sans discussion de sa réalité. Par la décision commune de leurs lois, les citoyens de la zone euro ont collectivement défini la BCE comme instance de décision de la valeur réelle de l’euro. Il ont renoncé pas la Loi à discuter de la réalité de leur unité de compte de la valeur. Ne pas discuter tous les objets de la Loi revient à renoncer aux fins contenues dans les objets non discutés. La quantification réelle de l’étalon monétaire est un monopole légal âprement disputé entre pouvoirs politiques et financiers dans le monde entier. Cela n’empêche pas la monnaie d’exister matériellement extraite du crédit ; intermédié par le système bancaire et par le marché sans argument commun d’équilibre de la discussion, sans principe d’équilibre extérieur au marché. Le prix de non-discussion de la monnaie est la dégradation du sujet humain en objet matériel.

Confusion métaphysique de la monnaie

Le pouvoir de décision de la BCE a un sens par rapport à la finalité que la Loi lui assigne. Les Européens de l’euro ont choisi la stabilité du prix d’un panier étalon d’objets de la valeur. La Loi pourrait attribuer aux décisions de la banque centrale d’autres finalités logiques avec l’utilité monétaire : stimuler les échanges, enrichir l’épargne, financer l’investissement. Des finalités qui contiennent le sujet de la valeur. La valeur temps de l’euro est distincte en droit de celle d’autres monnaies par la différence des banques centrales émettrices. Les lois et politiques sont différentes qui fixent la finalité des décisions bancaires centrales. Toutes les lois nationales définissent les monnaies par le pouvoir libératoire du crédit des banques centrales. Elles définissent un pouvoir central de décision monétaire et attribuent à la matérialité créditrice qui en résulte de régler irrévocablement toute dette. La Loi qui interdit le contrôle politique de la monnaie annule la responsabilité personnelle de la réalité de la valeur monétisée.

L’affirmation par la Loi de l’effet libératoire de la monnaie n’est pas arbitraire en finalité ou en matérialité mais en effectivité. Il est conforme à la finalité de la Loi de faire exister la liberté. Également conforme au besoin de limiter le compte de la valeur par la physique. La monétisation du crédit de la banque centrale et des banques qui empruntent à la banque centrale répond au besoin de quantifier la valeur, de régler le paiement d’un prix mais pas de conserver la valeur dans le temps. La matérialisation de la monnaie en crédit liquide lui accorde la valeur du temps et la réalité du crédit. Mais la quantité du crédit n’est pas limitée par la réalité de la valeur. La numération en crédit affirme la valeur par le nombre sans garantir sa valeur par l’offre et la demande de tout objet. Les banques centrales vendent le bien universel du temps de valeur hors de la confrontation de l’offre et de la demande de sa matière métaphysique. C’est pourtant le temps de la vie-même des sujets de la valeur dont le prix est fixé par les banques centrales.

Sans une matérialité légale universelle négociable, il n’existe pas de liberté des fins dans le crédit, pas d’équilibre matériel du crédit mais inégalité de valeur de la fin humaine entre nationalités différentes d’États de droit, entre agents du pouvoir politique monétaire et utilisateurs des monnaies. L’avènement politique d’un monde multipolaire a permis l’émancipation politique du pouvoir financier. Les banques centrales ont perdu leur pouvoir imposé par la Loi qui matérialise la forme du bien commun. Depuis les subprimes, le pouvoir financier mu par la finalité du nombre détruit les réalisations nationales de la Loi plus vite que l’invention internationale de la matérialité réelle. Le monde glisse dans la moins-value nette. La matière monétaire est désormais métaphysiquement instable, impropre à la séparation de la valeur entre certitude et incertitude, impropre au calcul économique juste. La métaphysique est absorbée dans la physique. La valeur perd son effet.

Rationalité du risque du crédit

Selon la finalité que le sujet assigne au crédit, la matérialité métaphysique du crédit peut faire mieux que remplacer la matérialité physique dans la quantification, le règlement et la conservation du prix. La quantité du nombre ontologiquement détachée de la matérialité physique est parfaitement invariable dans l’espace physio-temporel. Elle ne subit ni l’usure du temps ni celle du choix humain de la fin d’un effet formé. Si et seulement si le sujet humain de la valeur le décide, la matière métaphysique du crédit contient en elle-même tout l’effet de quantifier le prix sans l’instabilité humaine de la définition de la valeur en matière physique. Il suffit que le Droit oblige à l’invariabilité imaginaire du nombre réel du crédit entre son engagement et son remboursement ; qu’il soit appliqué à la réalité comptée et pas seulement au nombre qui en imagine la quantité ; qu’il y ait donc réconciliation objective entre le prix anticipé et le prix réel comptant. L’objectivité du prix est le marché réglé par l’égalité des droits de l’offre et de la demande.

Pour restaurer la métaphysique du sujet comme forme de la valeur de la physique, il faut attribuer au Droit un effet physique. Reconnaître que l’effet du Droit n’est pas seulement un État statique sans vie réelle, mais une réalité d’échange, un marché de la matière physique et du temps, un procès d’offre et de demande comptant de l’objet financé par le crédit. L’obligation juridique n’a pas d’effet à réaliser l’objet à l’échéance convenue à l’origine du crédit si elle ne porte pas sur le prix autant que sur la matière physique informée. A l’instant du remboursement, le Droit doit décider la nature du résultat de la valeur entre le prix anticipé qui n’a pas nécessairement de réalité certaine et le prix réel qui permette le remboursement certain possible de l’engagement juridique. Il demeure objectivement sur toute la durée d’un crédit deux incertitudes originées à l’engagement du prix emprunté et prêté.

A l’instruction du crédit, la causalité matérielle de l’objet engagé n’est pas intégralement connaissable. La causalité formelle entre la matière et les fins du prêteur et de l’emprunteur est objectivement incertaine dans la réalité physique. La causalité physique de l’objet investi du crédit suit par nature son cours hors de la volonté humaine. La causalité formelle du prix anticipé dans le crédit est donc nécessairement imparfaite à certifier dès l’origine l’accomplissement physique des fins engagées. La mesure du crédit est objectivement risquée à l’origine quand bien même le prêteur et l’emprunteur l’ont vraiment voulue certaine. Si l’aléa moral existe, c’est que la morale n’existe pas et que la métaphysique ne contient pas de fin que le sujet puisse choisir et certifier par la prudence.

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34 réflexions sur « Aristote explique la matérialité de la monnaie, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Dans la mesure où la connaissance est une création de la réalité on peut dire que l’époque actuelle est d’abord tourmentée par l’inefficience des concepts qui sont utilisés pour décrire cette réalité. Prisonnière de concepts qui n’ont plus de pouvoir opérant notre époque va devoir inventer d’autres façons de connaître et donc de manipuler la réalité.

    1. Je partage votre avis et il semble qu’ internet nous permet de faire cela… tout en étant dans la continuité des travaux d’Aristote puisqu’il nous dit « La discussion au sein de la cité est en soi le début de la richesse. »

  2. Je comprends de moins en moins et je me réfugie derrière l’Ecclésiaste(celui qui parle à la foule); »Hevel Havelim, hakol havel » (lat. « vanitas vanitatum omnia vanitas », fr. « Vanité des vanités, tout est vanité »
    La logique aristotélicienne a ses limites ,celles de ma compréhension et ses limites propres,par exemple une cosmogonie qui faisait de la terre le centre de l’univers.
    On se rengorge d’éthique et c’est la mocheté qui prévaut.

    1. Comment Piotr, vous n’arrivez pas à comprendre ce qu’est de la matérialité métaphysique? Vous me décevez… 🙂

    2. @PSJ: « l’au-delà du réel qui est en nous. Il nous faut oser l’explorer. »

      Oui, explorons l’irréel. Comment n’y avons-nous pensé avant?

    3. @PSJ: je ne crois absolument pas en l’indétermination du sujet ni qu’il soit d’une nature différente du réel. Selon ma conception philosophique, il n’y a qu’un réel.
      Quoiqu’il en soit, après cette précision, votre phrase a maintenant un sens. Je me demande donc: faites-vous exprès d’être hermétique ou pensez-vous que tout le monde partage d’emblée vos présupposés théoriques?

    4. @Moi,
      Si je suis hermétique, c’est malgré moi. Le problème de la logique aristotélicienne est que le locuteur se met en scène dans son discours. Donc il s’expose et risque immanquablement de masquer ce qu’il dit par la maladresse de son verbe. Je crois comprendre ce que vous voulez dire mais ignore ce que vous voulez entendre.

    5. Pierre Sarton du Jonchay,

      Entendez-moi : je mens.

      Ce n’est pas le choix du verbe qui est malheureux, mais la croyance que la grille de lecture est unique.

  3. Je me pose souvent cette question en venant sur ce site : pourquoi ce dédain pour Karl Marx ? Pourquoi, encore, ne faites-vous aucune proposition – Pratiquement – sur les régimes collectivistes ? Plus j’observe, plus je remarque que tout le monde ; peu importe ses idées de réformes, ses prises de position, ses constats sur le déclin du capitalisme : vous restez toujours dans une poursuite du système capitaliste…

    Est-ce que Nietzsche serait d’accord pour dire que c’est cela, être décadent ?

    1. Remettre en cause la propriété privée est de nos jours une idée impensable.
      Il n’ y a que les fous qui peuvent avoir un tel projet.
      Si vous ne voulez être prochainement interné, il faut refouler cette idée.
      Et tant pis si le refoulement conduit à l’internement.
      Nous vivons depuis des décennies dans un monde qui ne voulait plus être critiqué et il était, semble-t-il parvenu à ne plus l’être.
      C’est sa nature profonde, fondée sur l’appropriation privative des ressources, qui l’a conduit là où il est aujourd’hui, et nous avec.

      Pour en savoir plus, vous pouvez m’écrire, sauf si vous êtes un militant marxiste-léniniste.

      marlowe@orange.fr

    2. Voilà autre chose que je ne peux plus supporter à haute mesure : où comment discréditer son adversaire. Ce n’est pas à vous que je m’en prends, loin s’en faut ! Dans les relations bipolaires, à tendance manichéenne, il y a toujours un moment où soit l’adjuvant soit l’opposant tendra à culpabiliser du passé en s’en remettant systématiquement aux mêmes maux. Qu’on parle d’identité, de philosophies dominées (e.g. Nietzsche qu’on compare sans cesse au Père Fondateur de l’idée nationale-sociale, ou encore les amalgames sur la race aryenne), etc.. Histoire de ne pas pouvoir/devoir en parler, car malheureusement les gens ne veulent plus débattre de plusieurs pensées qui s’annoncent pourtant comme des pensées contemporaines ; et là je rejoins la pensée de Paul Jorion qui ne cesse de nous rabattre les oreilles avec la Révolution française – certes, il me dira le contraire, mais soit, mon opinion est faîte, et il a sûrement raison : c’est à force de forger qu’on devions forgeron, alors c’est à force de bien moudre et pour tous qu’on enseigne quelque chose – afin de recontextualiser des pensées d’autrefois au regard d’aujourd’hui (c’est l’idée que je m’en fais, d’ailleurs je critique là ouvertement quelqu’un qui avait estimé Paul Jorion en disant qu’écrire des livres c’était être imbu de sa personne, un truc du genre. Non, si Paul Jorion écrit des livres c’est pour en garder mémoire, du moins c’est ce que je crois car ça a toujours été ma conception de l’écriture, le souvenir de l’oral synthétisé dans sa valeur scientifique et non artistique). Le communisme de Karl Marx et Friedrich Engels n’est pas ce qu’en a fait ni Lénine ni Staline, ni Mao ! Ce sont des interprétations de ce qu’ils estimaient être communisme, puis ils se sont trouvés devant des problèmes non-envisagés par le marxisme, car le marxisme était avant tout théorique et pas pratique. Ce que les grands hommes font des idées ne regarde que ces grands hommes, ainsi que nos enfants (enfin, pour moi, il me reste de la marge avant d’avoir des gosses :-p). Il paraît qu’on en apprend toujours plus sur le narrateur que le sujet en lisant ce qu’il dit de quelqu’un… Donc non, et c’est pourquoi je parle toujours de collectivisme plutôt que de communisme, je ne suis pas ce qu’on en a fait de Marx, je ne suis même pas lui d’ailleurs n’adhérant à aucun -isme !

  4. Aristote qui pensait que la médecine n’était pas une Science mais bel et bien un Art; la médecine n’ayant pas pour objet d’acquérir des connaissances générales mais bien d’observer et de soigner des patients.

    A quand les Arts économiques ? 🙂

    Amicalement.

  5. Alors que la domination du capital sur les individus dans les années de développement de l’industrie était réalisée par l’aliénation des individus par le travail-marchandise, dans leur passé et leur présent, le développement du cédit, encore jugé insuffisant par les gouvernants, aliène le futur de tous.
    Ce faisant ce qui est nommé par facilité « les marchés » s’approprient la totalité du temps de chacun.
    La domination de l’argent devient alors totale.
    On sait par exemple combien il est délicat pour des salariés d’entreprendre des grèves longues alors qu’ils ont tant d’argent à débourser et à rembourser.

    Un esprit paranoïaque en déduirait que le temps de la domination totale est arrivé et que cette perfection est la création du Dieu des marchés.

    A noter, comme disait je ne sais plus qui, qu’on peut être paranoïaque et réellemnt persécuté.

    1. Pour préciser ma pensée, avec le développement insensé du crédit, le remboursement des capitaux empruntés n’est plus une fin.
      La seule fin est le versement d’intérêts ad vitam eternam.

  6. Dans la phase spéculative de la crise, la masse monétaire croît alors que les sujets de la valeur sortent malgré eux du marché.
    Une alchimie qui transforme l’or en boue.

  7. @ Pierre Sarton du jonchay,

    Bonjour,

    La perception subjective de la loi laisse peu d’espace à la matière morale?

    Le monde de la finance objectivement détaché du réel – affranchi – donc pas enclin du tout à ne pas abuser de ses moyens d’action sur celui-ci?

    Analogie mathématique: théorie des graphes? Enfin, projection plane des n-simplexes? Carrés politiques magiques et matrices choisies?

    Les dettes existantes n’ont de réalité qu’acceptée et subjective, de même que les « règles » permettant d’en créer de nouvelles au « besoin ».

    De même pour la « valeur » monétaire, il ne s’agit que d’un problème d’envie, de besoin de reconnaissance monnayé socialement à travers des actes de pouvoir et de partage contractuels acceptés ou pas.

    L’imaginaire usé par la spéculation financière, cauchemard de l’effondrement de la volonté de participation au collectif?

    Surfant sur les mots, trouvé les notions de mouvements browniens, lemme d’ito, appliqués en sus de la physique en finance, moyenne quadratique aussi (tribute to aristote ou « divine proportion »?)

    Les génies de la lampe à finance ont plus d’une méthode de Monte Carlo dans leur sac à malice, le choix subjectif des variables appliquées aux équations transformerait le réel y compris dans les « variables » laissées subjectivement hors des équations, d’où l’immoralité ou extra territorialité morale de la finance, et appellation d’origine affirmée « travail divin » des GS et accolytes?

    La recherche spéculative de la maximisation du profit joue sur les limites de tous les concepts humainements « supportables »?

    Miserere, comment infléchir en douceur ces redoutables méthodes équationnelles vers une perception plus « belle » et « collective » de leur finalités existentielles, compatible avec nos petites essences insignifiantes? A vos heuristiques aristotéliciennes, citoyens?

    L’art, la poésie et l’humour manquent cruellement à l’appel, un exemple co(s)mique en chanson de nos banquiers fusionnés (« One bank », sur le « one love » de U2, 4mn49s):

    http://leweb2zero.tv/video/kapsul_7846780618295e5

    Dérives du secteur bancaire et relativité subjective du talent musical à part, c’eût pu être bon enfant…non? L’astrolabe sans Uranie, laboratoire de l’asphyxie?

  8. Le sang, la sève, la lave, la fluidité.
    Le langage systole/diastole, un cœur de l’esprit.
    Mais une Parole qui nous échappe, à grande vitesse, sur un plan infini.
    Toujours dans notre grotte nous discutons de cela.
    Toutefois, le chamane pourrait bien tracer dans les airs quelques signes accablants.
    Que cela ne changerait rien au fir-maman.

    1. @ Octobre,

      L’abbé Pierre, au coeur du « sujet » vivant.

      http://www.youtube.com/watch?v=swZePLi2nuM

      Il vit encore!

      La mémoire de tels hommes habite les autres, dans les espaces de conscience vides, vidés par les acceptations et les renoncements que nous croyons devoir sacrifier au privilège de faire -et encore seulement peut être, ou partiellement- partie d’un groupe toujours plus insupportable!

    2. Jérôme. Merci pour le lien.

      En voilà un au moins qui n’a pas mâché ses mots.
      Les mots contre les maux.

    1. De vous, je suis beaucoup plus convaincu par ceci:
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=15394#comment-105939

      Il y a là une transparence mais aussi un langage qui fouille vers du plus profond et plus grave, une recherche, si vous préférez, mais c’est vous en dehors de l’idée. C’est mal dit, mais je le pense.
      Dans cette tranche de vie qui est la nôtre, je vois partout une haine viscérale pour l’art et la poésie : les hommes ont fait le choix de se couper en deux. Je les plains, mais pas longtemps ni trop loin. Il ne saurait être question de revenir en arrière.

      C’est vous aussi qui avez écrit cela:
      « L’art, la poésie et l’humour manquent cruellement à l’appel »
      C’est parfaitement juste.
      Cdt.

    2. « « L’art, la poésie et l’humour manquent cruellement à l’appel »
      C’est parfaitement juste. »
      C’est vrai.

      C’est l’utilisation excessive, quasi-exclusive : maladive, de la logique aristotélicienne qui nous convainc que même nos dérives étaient inévitables.

      Exemple : les termites construisent des termitières. Et…? Rien. L’homme construit des mégalopoles et il en est fier : il se l’explique.

    3. @ Octobre, Fab,

      Bonjour,

      Les maux, l’émail de la pensée?

      Un sonnet ne saurait humaniser le singe dans la monnaie, ni plus que certains sommets..

      Quels sont les intérêts de choisir d’attribuer à la vie un revenu légal, mondial?

      Un, c’est égalitaire et superposable à l’existant…

      Deux, l’individu dans le groupe trouve une assise irréductible, le choix collectif de lui accorder une valeur intrinsèque.

      Trois, fort de ces moyens nouveaux, la gratuité des besoins primaires peut trouver un espace concret de matérialisation dans un monde d’échanges onéreux.

      (cette monnaie vitale pourrait fort bien avoir des propriétés particulières, vis à vis de la monnaie classique, marché, crédit, banques d’investissement interdites)

      Quatre, un crédit s’accorde (c’est un accord mineur entrer deux parties), une valeur créée par choix collectif, accord majeur, pas seulement un traité à contourner ou ignorer, ben le mot mondialisation pourrait y trouver ses lettres de noblesses, l’humanité récupérer quelques plumes de paon..

      La valeur est toujours ajoutée, la monnaie créée en des lieux obscurs sur des règles absconses, qui à sortir au jour paraissent plus absurdes que nos plus irrationnels déboires individuels, des choix direz-vous toujours? Ceci est une pipe, ceci est un dé. Lisez Paul, lisez François.

      La force et la relation de pouvoir contenues dans le principe d’échange deviennent d’une intensité dangereuse, de subterfuge en atermoiement, la confiance règne, le déni n’est pas là.

      Une contrepartie participative à l’architecture de la valeur collectivement choisie peut être envisagée (une kyrielle de services publics à effectuer au long de son existence, diversité, expérience, sens du collectif comme usager et prestataire, au champ, au bureau, a l’hosto, palette de multicompétences, rapprochement des individualités et aspirations dans une pratique partagée).

      Un rachat des dettes et personnes morales destructrice de l’environnement social et de l’environnement tout court devient possible.

      Un espace d’investissement vers des projets nouveaux (vous avez dit écologie?)

      Exemple caricatural:

      1/si il était décidé demain que reboiser c’est bien, et que chaque arbre génère X crédit, dans l’absolu les enjeux prennent sens pour les primaires du portefeuille, (limite d’arbre/personnes,carte,formation succinte), et le sens des projets humains redonner couleur à la vie monnayée à tout prix, car il faut bien remplir le frigo..
      2/Poussons: Les « bons comportements » et « bonnes actions signalés » par des tiers pourraient être récompensés d’une création de valeur, mais bon, cela ressemblerait par trop aux « facilités » apparentes des élites diverses, ceci restera une boutade?

      La monnaie est un outil, nous en avons fait un marché de dupes au sens commun. Introduire une valeur sonnante et trébuchante à l’existence est un outil de réforme puissant à la solidité de nos valeurs morales, à la réalité de nos échanges communs.

      Libéré de la pression égotique de survie, attaché au partage des tâches essentielles, la propriété privée et le délire de la richesse matérielle individuelle pourrait trouver à qui collectivement parler.

      Le bulletin de vote, pour ce qui reste des démocraties objectives la où il y en a encore, et l’archaïsme crasse de nos structures perverties par la réalité des rapports de force matériels, ont une nouvelle vie devant eux, la volonté de l’individu se réveille quand il lui est réellement donné pouvoir de participer activement aux intérêts qui le guide.

      Une monnaie du choix social du comment vivre ensemble, et non plus de la justification permanente d’une valeur personnelle abstraite dans un système injuste de contrainte. Exit les couloirs sombres des banques centrales, la genèse mystérieuse de la valeur et de l’argent dans des économies capitalement perverties, le c’est plus la faute à personne.

      La croissance nécessaire à la survie de la pensée capitaliste de l’économie de marché peut s’inventer un frein moteur de cette nature, propre à recentrer l’homme et les civilisations sur un temps de repos, de partage culturel (valorisable).

      Hé hé hé, ça y est une illusion sourit plus fort qu’une habitude issue pourtant du même tonneau? Même de garde, les meilleur « crûs » passent. Les choix collectifs sont le vent structurant de nos psyché, de nos peuples, de nos natures, les choix d’égo des pêts dégoûtants. Pas trop manipulés s’entend…

      L’époque nous oblige à des sursauts de cette nature, faut il plus d’hécatombes traumatisantes, la faim, la misère, les armes existants déjà ne vous suffisent pas comme traumatisme de rejet réactionnel, votre petit compte en banque, votre courte frontière, le déploiement de l’esprit au-delà soit, mais sur la toile d’égo confrontés à la complaisance de leur reconnaissance mutuelle.

      Ca ferait quand même mieux à l’U.E et à l’onu que la france porte de telles ambitions à la face du monde souvent bien plus touché et menacé que nous (améliorées par les brillants cerveaux qui l’illumine), que porter des bonnets d’ânes de rom en tic, n’acceptons pas les choix honteux que des bush ont fait porter à leur nation et leur peuple.

      Attaquons le ver financier de l’intérieur, rivons la valeur étalon au coeur de notre fougue commune, l’existence.

      Le monde du profit et du faux prix le volent bien, alors volons de nos ailes propres!

    1. Bonjour,

      Après cet exercice de gymnastique aristotélicienne, et relecture de l’ensemble, je commence à comprends des bribes mais pas l’ensemble :

      Quelle est la conclusion à l’issue des quatre billets ?

      Par ailleurs, une phrase vers la fin a particulièrement retenu mon attention : « Les Européens de l’euro ont choisi la stabilité du prix d’un panier étalon d’objets de la valeur. La Loi pourrait attribuer aux décisions de la banque centrale d’autres finalités logiques avec l’utilité monétaire : stimuler les échanges, enrichir l’épargne, financer l’investissement. »

      Qu’est-ce qui vous fait penser que les banques centrales ont ce pouvoir ?

      Cdt,
      GSF

    2. Vous présentez par votre question que nous ne sommes pas arrivés à la conclusion. Je remarque en effet que la définition politique et légale de l’euro comme des autres monnaies est empirique. Elle ne délimite pas la finalité de la monnaie de manière à en induire la forme et la matérialité qui permettent de trier les fins intermédiaires qu’on attribue à la monnaie dans le débat politique et économique. C’est ce que je vais discuter dans les billets suivants pour poser les règles de la stabilité monétaire par rapport à la finalité qu’on lui attribue. Je conclurai à l’impossibilité de la monnaie efficace sans le crédit, le capital et le marché régulés par la loi du marché du sujet engagé par ce qu’il dit sur le marché. J’en déduirai que cette loi du marché de la subjectivité engagée doit être matérialisée par une monnaie transnationale régulée par un marché non soumis à la concurrence des nationalités ni à la particularité des intérêts.

    3. Bonjour Pierre,

      Ne vous méprenez pas : comme d’autres lecteurs, j’ai fait des efforts pour comprendre la prose aristotélicienne mais je n’y arrive pas tout à fait. Je ne dis pas que vous n’avez pas conclu, mais simplement que je n’ai pas compris où/quelle était la conclusion. Ce que j’aimerais, c’est un petit résumé de la conclusion en langage contemporain.

      Cdt,
      GSF

    4. Merci de votre propos rassurant. Votre demande est absolument légitime : il va falloir traduire et interpréter en langage courant. Mais ce sera un travail collectif (dans lequel vous vous êtes « joyeusement » engagé). Si en effet la monnaie et la finance ne sont pas déterministes comme on essaie de nous le faire croire, cela signifie que chacun doit faire un effort personnel sur ses propres fins pour dire comment il faut expliquer la monnaie et la finance en langage courant. Autrement dit le langage courant n’est pas dissociable des intérêts personnels. Si je suis épargnant, je n’ai pas le même langage courant que si je suis emprunteur, investisseur, rentier, spéculateur, assuré, assureur ou citoyen investi dans le débat politique sur la crise financière. Il faut se rendre à l’évidence que le langage courant de la quadri-causalité n’existe quasiment pas ; que c’est justement cela la crise que nous vivons ; qu’il est donc à construire par une collectivité humaine qui va discuter des fins qu’elle partage.

  9. Incapable d’empathie face à un tel texte, je ressens une agréable sympathie à sa lecture.
    Nul doute que je tenterai, le plus vite possible, un bon exercice de compréhension pour aller dans la voie contemporaine, alors tout enclin à maintenir la sympathie.

    J’écris quand même pour mon appétit!
    Après vingt trois siècles de pérégrinations et le relai pris par Descartes, il semble bien que vous nous décrivez une crise de l’aristotélisme, celle qui s’effectue aussi en une crise financière comme de nos jours.
    Avec Descartes, l’examen de la réalité est une marche prudente sur un ponton lancé dans l’océan où naviguent les vérités, celles qu’éventuellemnt l’homme piloterait, etc….

    Vous en appelez à nouveau relayeurs, et il le faut bien, grand merci.
    Au passage de relai, préfèreriez-vous entendre « Êtes vous en forme? » plutôt que « Tu vas bien? »

    Des quatre causalités, il y en à une plus mystérieuse que les autres:
    « la forme ».
    Quant à moi, je suis un formaliste convaincu.

    Non pas en faisant du mystère un motif totalisant, mais par ce qu’il y a avec la forme un petit caractère incroyable qui la distingue parmi les quatre causalités.
    Elle s’imagine alors pour moi moins réciproquement nécessaire aux autres et entre toutes.

    En effets, elle a une nature telle qu’elle permet à l’esprit une soudaine et heureuse compréhension, que se soit elle ou bien l’esprit qui intègre ce caractère quantique.
    Mais elle est aussi capable de fixité, mieux encore elle englobe ou se rend extérieure, et, miracle, elle est même capable d’apparition…et de disparition, d’oubli ou de renaissance.
    Qu’elle soit là tandis que nous l’ignorons, cela promet l’enfer aux autre causalités.
    Les autre causalités ne périssent jamais, sauf parfois avec nous, semblent constamment au purgatoire!

    Seule parait compter avec la forme sa vitalité et qu’elle soit habitable pour une durée.
    La forme serait-elle une intruses, ou bien un nécessaire champs d’attachement pour préserver le monde des causalités?
    A moins que seuls les attachements lui suffisent…, par delà les valeurs!

    La notion de forme explique au moins que l’art économique est une appellation qui n’est pas insensée, partant depuis les frères Nobel du fait que l’académie à reconnue tardivement, et peut-être même jamais, l’économie être parmi les sciences véritables. Mais cela compte peu…

    Pensant avec les formes:
    Alors et par exemple, comment la monnaie est-elle en forme?
    Se peut-il, il y a bien longtemps, que pour palier aux effet dévastateurs du talion en démographie et capacités générale d’un peuple, la monnaie ait été utilisée représentant contre-valeur avec la culpabilité si elle était justement démontrée?
    Où en est telle forme sociale alors advenue, et que peut-on dire depuis la capitalisation avec l’argent des culpabilités assemblées par origine en contre-valeurs, transférées, oubliées, re-découvertes, etc…
    De manière générale, quelles sont les valeurs qui n’ont pas de contre-valeurs en argent, et où en sont les formes sociales où s’agitent ces valeurs.
    Aussi difficile à décrire mais aussi à compter soient-elles, on peut aussi bien dire que ces formes sont toujours là, qu’elles ont complètement disparu, ou sont remises avec de simple attachements.
    Étrange.

    Néanmoins, les facultés pour dire la santé des formes, démontrer leur nocivité, expliciter leur caractères mais les guerres qui les traversent, explorer en priorité leur caractère habitable si englobant, cette faculté demande à être toujours exercée.
    Et l’apparition des formes, s’il en est, mérite aujourd’hui d’immenses financements!

    Alors, grand merci d’abord, surtout restez autant en forme que vous le démontrez!

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