L’actualité de la crise: elles se rappellent à notre bon souvenir…, par François Leclerc

Billet invité.

ELLES SE RAPPELLENT A NOTRE BON SOUVENIR…

Est-il bien raisonnable de revenir sur la situation des banques européennes, à nouveau dans l’actualité, comme si la cause de leur malfaisance persistante n’était pas entendue ?

C’est encore une fois par le Comité de Bâle, chargé d’établir les nouvelles normes prudentielles de capitalisation des établissements bancaires, que le malheur arrive en quelque sorte. Il est réuni ce mardi, afin que tout soit prêt pour adoption par le G20 de novembre de Séoul, dont la préparation bat son plein. Pour faire simple, il pourrait être exigé un ratio de solvabilité de 6% de fonds propres par rapport aux engagements, auquel s’additionnerait un matelas de 2% de capitaux de réserves et 2% supplémentaires de capitaux « contra-cycliques ». Au total 10% . D’autres pourcentages plus élevés encore circulent, contribuant à une levée de boucliers des banques allemandes.

Ce dispositif s’appuie également sur une nouvelle définition, nettement plus restrictive, de ce qui est considéré comme fonds propres, au détriment de ce que l’on appelle les capitaux hybrides, des obligations comptabilisées actuellement comme fonds propres, car elles peuvent être transformées ainsi, si toutefois leurs détenteurs en sont d’accord.

Les banques allemandes, par la voie de la FdB, leur fédération, relayées par le gouvernement, ont fait savoir que l’introduction d’un tel ratio serait contre productif car cela les amènerait à réduire leurs activités de crédit et menacerait « la reprise économique et les développements positifs sur le marché du travail ». Demandant que soit créée une période « d’adaptation » de dix à douze ans avant qu’il ne soit pleinement obligatoire, le régulateur envisageant six à huit ans actuellement. C’est semble-t-il sur ce terrain qu’un assouplissement est recherché, ainsi que l’a annoncé Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, en demandant en particulier des délais plus longs pour l’aspect qualitatif (la nature des fonds propres), ce qui démontre bien l’importance de cette question.

La FdB met pour sa part en avant que les 10 principales banques allemandes devraient lever la somme de 105 milliards d’euros pour se mettre en conformité avec le nouveau cadre réglementaire. Confirmant ainsi que – sans compter le roulement de leur dette – les banques européennes anticipent de très importants besoins de financement. Rien d’étonnant, puisque l’on sait qu’elles n’ont qu’entamé leur lent processus de désendettement et n’ignorent pas que d’importantes masses des actifs en leur possession ne retrouveront pas leur valeur nominale, impliquant de tôt ou tard procéder à de drastiques dévalorisations de ceux-ci.

Certes, toutes les banques allemandes ne sont pas logées à la même enseigne et certaines dépasseraient déjà le ratio de 10% (dépendant des dévalorisations à venir), mais leurs représentants font valoir que d’autres obligations les attendent, notamment la taxe sur les activités bancaires et éventuellement sur les transactions financières, qui sont aujourd’hui en discussion.

A ce propos, la commission de Bruxelles tente d’intervenir et de faire valoir ses approches. Sans surprise, elle a déjà clairement manifesté ses grandes réserves vis à vis de toute taxation des transactions financières, en reprenant les arguments habituels, la difficulté extrême à paraît-il la mettre en place, ainsi que le risque de provoquer un exode des opérations financières vers d’autres cieux plus cléments. Parallèlement, le projet d’une taxe très modique est porté sur un front diplomatique plus vaste, destiné aux bonnes oeuvres des pays développés et à financer le développement dans les pays qui ne le sont pas, avec pour réel objectif de couper court à tout projet plus ambitieux.

La grande affaire – tout du moins en Europe, car elle a été abandonnée par le Congrès américain – a toutes les chances d’être une taxe sur les banques, au prétexte d’alimenter des fonds nationaux permettant de faire face aux futures crises financières. Crises dont l’inévitabilité est pour ainsi dire officialisée, justifiant des mesures de régulations limitées, puisque l’on ne peut rien y faire. La commission vient d’intervenir, afin que soit mise sur pied une « approche européenne » coordonnée, de premières initiatives nationales partant dans tous les sens. La réunion des ministres des finances de ce jour devrait se pencher sur la possibilité d’adopter des règles communes. Principale divergence, hormis le montant de la taxe et la définition de son assiette : l’existence ou non d’un fonds spécialisé, que les Allemands et les Suédois soutiennent, les Britanniques et les Français ne voulant pas en entendre parler, afin de ne pas distraire de leurs budgets ces nouvelles ressources.

Au final, les Européens vont la jouer petit, privilégiant l’aspect politique du dossier au détriment du financier, apparaissant comme des foudres de guerre, alors qu’ils n’utilisent que des armes au tranchant très émoussé. Paradoxalement, ce sont les financiers eux-mêmes, quand ils sont en charge de la régulation, qui font preuve – relativement – de plus d’opiniâtreté, comme on le remarque aussi aux Etats-Unis. Comme s’ils savaient de quoi ils parlaient et restaient conscients du fait que « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde».

La commission est également active sur d’autres aspects du dossier bancaire. Joaquin Almunia, le commissaire à la concurrence, a en effet fort prudemment informé que la position de cette dernière à propos de la prolongation pour 2011 des plans de soutien des Etats membres aux banques allait prochainement être rendue publique. « En novembre, peut-être, nous communiquerons sur ce que sera le traitement des recapitalisations publiques [des banques] ou le traitement des actifs dépréciés par les fonds publics », a-t-il expliqué.

« Nous devons discuter de l’adaptation de ces mesures exceptionnelles aux situations nouvelles. Nous ne sommes plus actuellement au coeur de la crise, ayant dépassé beaucoup de difficultés sérieuses, mais nous devons encore travailler dans le cadre de ce régime exceptionnel. Malheureusement, nous ne pourrons pas dire demain que nous mettons fin à ce régime, car nous ne sommes pas revenus à des conditions normales », a-t-il également reconnu.

Plus circonstanciée, mais d’application immédiate et de forte portée, la position de la commission à propos de la banque Anglo Irish Bank est très attendue. Car si devait être finalement annoncée, comme envisagé, la nécessité du démantèlement de la banque – qui a déjà été nationalisée et a absorbé plus de 23 milliards d’euros de capitaux publics irlandais – cela créerait de nouveaux besoins de financement de l’Etat, ce qui pourrait contraindre le gouvernement irlandais à restructurer sa dette, ce tabou européen actuel. A moins que, comme le suggérait le Financial Times dans un éditorial, les créanciers de la banque soient également mis à contribution et qu’il soit procédé à un transfert de créances en actions, ce qui suppose bien entendu un maintien en activité de celle-ci. Un autre tabou qui pourrait être alternativement brisé… En attendant, Brian Lenihan, le ministre irlandais des finances, a cru bon devoir préciser que la situation de la banque n’allait pas conduire l’Irlande à la faillite, une précision qui semble s’imposer.

Non sans arrières pensées, le Wall Street Journal a dans l’immédiat donné le coup de pied de l’âne aux banques et autorités européennes. Au terme d’une enquête, le journal vient de mettre en évidence le manque de crédibilité des stress tests des 91 banques européennes du printemps dernier, si l’on rapproche certaines données communiquées à cette occasion de celles de la Banque des règlements internationaux (BRI), ou même des propres déclarations financières des banques. Il s’appuie en particulier sur les cas de Barclays et du Crédit Agricole, montrant que l’exposition de ces banques à la dette souveraine européenne avait été minorée.

Dans le cas des banques françaises, les chiffres seraient les suivants : pour l’exposition à la dette espagnole, 6,6 milliards d’euros reconnus contre 34,7 milliards comptabilisés par la BRI. Pour la grecque, les chiffres sont respectivement de 11,6 et de 20 milliards ; pour la portugaise 4,9 et 15,1 milliards. Ces comparaisons ont été établies par Jacques Cailloux, économiste en chef de Royal Bank of Scotland, et se passent de tout commentaire.

Décidément, tous les chemins mènent inévitablement aux banques…

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109 réflexions sur « L’actualité de la crise: elles se rappellent à notre bon souvenir…, par François Leclerc »

  1. Si j’ai bien compris non seulement on n’a toujours pas touché aux dettes douteuses, on se garde bien de les liquider mais en plus on va vers une restriction du crédit qui va aussi toucher des financements qui eux ne seraient pas douteux.
    Donc pour sauver le mal du passé on s’achemine vers encore plus de mal jusqu’à ce que cela explose réellement, car implacablement c’est ce qui va arriver.

  2. Très bon article sur l’Irlande, qui résume bien la situation ET l’historique (histoire de ne pas avoir, encore une fois, la courte mémoire) :
    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/richard-dupaul/201009/07/01-4313073-irlande-au-pays-des-zombies.php
    « Les Irlandais, avec l’appui du président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, ont pris des moyens douloureux, mais les bons, pour sortir de la crise financière, disait-on. »
    Ben tiens … Et puis des bonnes ‘solutions’, aussi !!

    Sinon, François, connaissez-vous éventuellement les raisons qui auraient pu pousser Pflimlin à quitter la présidence du Crédit Mutuel ?
    Car c’est apparemment un vrai surprise :
    « Aucune explication n’a été fournie par la banque sur les raisons de cette démission qui semble avoir surpris en interne, même si les changements de gouvernance étaient évoqués par certains depuis longtemps. »
    http://www.lesechos.fr/info/finance/020766694477-etienne-pflimlin-quitte-la-presidence-du-credit-mutuel.htm
    Rien à voir avec les investissements réalisés il y a peu en Espagne, par hasard ?

    1. Et bénévolement de surcroît!

      Si ce n’est l’argent, c’est le pouvoir, sinon, on penserait à de l’altruisme citoyen?

  3. Actualité de la crise…
    Retraites : manif de mardi « déjà un succès », « l’important, c’est la suite » (Besancenot)

    PARIS, 6 sept 2010 (AFP) – Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, a estimé lundi que la journée de mobilisation prévue mardi sur les retraites était « déjà un succès » mais que « le plus important » c’était « la suite », car le gouvernement ne va pas si vite « nous faire le cadeau » de retirer sa réforme.
    « Le 7 (septembre, NDLR) s’annonce déjà comme un succès à mon avis », a déclaré M. Besancenot sur LCI. Mais « le plus important c’est la suite », car « personne n’est naïf, je ne crois pas une seule seconde qu’Eric Woerth va débarquer à la télé le soir en disant : +Ecoutez, j’ai entendu la rue et je retire ma réforme et puis comme j’ai deux, trois casseroles en plus, je vais démissionner+ », a-t-il poursuivi.
    « Il ne va pas nous faire ce cadeau-là », « il faudra une suite et une suite rapprochée, c’est le rôle de l’intersyndicale » d’en décider, a-t-il ajouté appelant à participer au meeting unitaire qui se tient mercredi soir à Montreuil à l’appel du collectif initié par Attac et la Fondation Copernic.
    Pour M. Besancenot, « la rue peut avoir un pouvoir supérieur à celui des gouvernants », comme en 1995 contre le plan Juppé ou en 2006 sur le Contrat Première Embauche. « Il ne s’agit pas de réécrire la réforme, il s’agit de la retirer », car « il y a des moyens financiers pour un système de retraites à 60 ans à taux plein ».
    De plus, « l’issue de la présidentielle se joue maintenant » et « il faut affaiblir Nicolas Sarkozy en lui infligeant une défaite sociale », a-t-il affirmé.

    1. il s’agit d’une section « Commentaires » à l’article et pas une section copier-coller de quelque chose qui n’a rien à voir avec le sujet

    2. @steph

      Hors sujet, ça se discute. Les retraites capitalisées des français les plus aisés se trouvant bien mal embarquées dans les banques et assurances françaises susnommées par François en fin de billet, il me semble que tout est bien lié.
      Parler de retraites c’est parler de politique, mais aussi d’économie bien sûr, et donc fatalement aujourd’hui encore de finance et donc de banques.

      Et les sujets sans hors-sujet ou hors-cadre, on s’en fout un peu. 🙂

    3. @Steph

      Pour le copier/coller pourquoi pas, Charles pourrait mettre un lien vers ses sources si c´est bien un copier/coller.

      Par contre, dire que le sujet n´a rien à voir est clairement faux.

      Le gouvernement lui même précise régulièrement qu´il s´agit de donner des signaux « positifs » aux marchés. Il me semble donc bien qu´on est en plein dans le sujet.

    4. Toutes ces caisses de sécurité sociale, gérées par répartition alors qu’elles pourraient tout aussi bien l’être par capitalisation , et ce ne serait pas une belle aubaine ??

    5. @vigneron
      OK, tout est lié.
      J’ai « battu le pavé » cet AM comme me le disait un compatriote.
      Je pense que la solution ne peut être que politique mais il est essentiel de démontrer que la base n’est pas si ignare que certains l’espèrent.
      J’ai regretté que peu de retraités ayant pu profiter de « repos du guerrier » anticipés bien avant 60 ans n’aient pas été solidaires des manifestants.
      Heureusement, en prime, j’ai croisé un sénateur vert à qui j’ai pu confier quelques constats et vérités notables.
      C’est par l’action que l’on peut faire bouger les choses. Mes slogans majeurs :
      « Justice sociale, justice fiscale ». « Réforme INJUSTE, comptable, simpliste ».
      J’espère qu’ils ont été captés par quelques uns, c’est toujours ça ce pris.
      Et pour finir la soirée, un Jean-Luc Mélenchon sur Canal, quel plaisir, un langage vrai, ça change des langues de bois et autres.
      Ah, j’oubliais, un crapaud vert attentionné pour sa progéniture et qui réussit à leur sauver la vie en leurs ouvrant la voie du salut (Arte Cas d’espèces »). Il me rappelle quelqu’un, pourvu qu’il réussisse.

    6. @Papimam
      Même remarque concernant les catégories jeunes et les chômeurs.
      Ils étaient majoritairement absents des défilés alors que la réforme aura un impact majeur sur eux.
      Il devrait y avoir au moins 5 millions de personnes dans la rue compte tenu des enjeux.

    7. @jeanpaulmichel
      Au sujet des jeunes et aussi des retraités aisés, très aisés et d’autres injustices notoires.
      Mais chut, cela ferait trop de remous et 2012 approche.
      Un communiqué de la partie adverse paru dans le Monde du 7/9 qui nous éclaire et se pose en défenseur de la jeunesse.
      Et on intitule cette réforme « la réforme majeure du quinquennat » mdr.
      Il parait que c’est une réforme courageuse, moi je dirais simpliste et dont un moteur est la préservation de l’électorat traditionnel.
      De Bruno Pallier de Terra Nova & Najat Vallaud-Belkacem du PS.
      Un pendant au discours unique et inique des ténors de la droite qui s’en donnent à coeur joie du haut des minarets médiatiques. D’autres interventions vont suivre à en croire les titres annoncés dans le Monde.
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/06/ne-sacrifiez-pas-la-jeunesse_1407360_3232.html
      Quelques brèves et aussi des vérités que l’on n’aime pas entendre :
      les salariés modestes vont payer, injustice sociale
      les jeunes générations vont payer 3 fois
      on se permet (sans vergogne) de siphonner les 34 milliards du fond de réserve
      le RSA jeunes, une mascarade
      un enseignement toujours pas démocratisé, il font mieux aux states !
      depuis 2 ans les jeunes subissent les conséquences de la crise
      politique fiscale inique, le quotient familial redistribue vers les familles les plus aisées
      la dette préempte les jeunes, 97% du budget de l’Etat est consacré au fonctionnement !
      Conclusion : « Une société qui, tel Cronos, dévore ses enfants, est une société qui signe son déclin et sa perte ».
      A lire : « La Réforme des retraites » (PUF, 2010, 128 p., 9 €) de Bruno Pallier.
      Et maintenant place à notre réforme svp et pas à celle injuste et brutale du sarkozisme, du CNPF, des marchés.
      Attention : si on se laisse tondre maintenant qu’en sera t’il pour la santé et la dépendance ?

    8. @cécile

      « tout aussi bien »

      Vous citez je suppose. Parce qu’allez demander aux retraités chiliens, voire américains, anglais ou autres et bientôt, pour partie de leur retraite, français ce qu’ils en pensent ou en penseront bientôt…

  4. Le commissaire Barroso a ouvert les ‘festivités’ce matin à Strasbourg. comme toujours un grand moment, à partager

    Barroso: State of the Union

    Ensuite, souligner que le lobby allemand a ‘tapissé’ la presse européene ces derniers jours, en France en tandem avec Michel Péberau, conseiller ès banques du ‘Petit Palais’..,
    Que les dix premières banques allemandes aient à lever 105 mds d’euros, quand on sait que les banques européennes ont levé 80 mds d’ euros au mois d’aout, ne va pas faire pleurer Gretchen.

    Ce qui est plus préoccupant est la question de la très forte proportion des ‘ weiche einlagen'( certains parlent de 50 % ) dans le ‘Tier One’ des banques allemandes, particulièrement les non-cotées, Caisses d’Epargne ( Sparkassen ) et Landesbanken, qui pourraient de ce fait bénéficier à Bâle d’une ‘exemption culturelle’, avec les conséquences à moyen-terme…

    Vous soulignez très justement que l’on va revoir une ‘politisation’ du dossier, les Britanniques par ailleurs redevenant européens dès qu’il s’agit de finances. En bref, le retour du même ou du pire ?

  5. Je me suis chargé de faire le total, ça je sais encore faire :

    Exposition aux dettes:
    – espagnole : 6,6 au lieu de 34,7 (chiffres BRI)
    – grecque : 11,6 au lieu de 20
    – portugaise : 4,9 au lieu de 15,1
    TOTAL : 23,1 au lieu de 69,8 milliards d’euros
    Or, 23 x 3 = 69 : les chiffres de la BRI sont donc quasi exactement le triple de ceux des stress tests. Je trouve ça curieux. Est-ce que ça signifie que les bilans des deux banques concernées sont structurés à peu près de la même façon ? Ou ont-elle triché de la même façon en décidant chacune de mettre sous le tapis les 2/3 de leur exposition ?

  6. les forces qu’il faut pour admettre le chaos…
    Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza, La fabrique, sortira sous peu ce mois.
    « Comment un certain désir s’y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C’est le problème de ce qu’on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d’enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l’enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d’affects qui pouvaient s’y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c’est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s’en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L’enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés.
    Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l’occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d’aliénation, d’exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement. »

    1. Merci Roma!
      Je vais lire le plus vite possible.
      Visiblement, Lordon, encore une fois, va passionner les esprits critiques de ce blog.

  7. Le ministre slovaque des affaires étrangères, Mikulas Dzurinda, n’y a pas été de main morte.

    Il vient de déclarer à l’AFP que « l’aide à la Grèce est un euphémisme. Il s’agit de sauver les profits des plus importantes banques commerciales européennes ».

    « Cet argent afflue-t-il vers des couches sociales les plus faibles de la Grèce? Il afflue vers les banques commerciales privées européennes », a-t-il poursuivi. Décrivant cette aide comme une « solidarité des gens qui travaillent honnêtement et qui paient les impôts, envers les plus grandes banques européennes, pour que ces dernières puissent continuer à se comporter de manière irresponsable ».

    En août dernier, le parlement slovaque a refusé de donner son accord à la participation slovaque au prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans accordé à la Grèce.

    1. Les autorités slovaques font preuve de courage civique; ce qu’ils constatent est vrai. Il n’est pas un secret qu’il s’agit de sauver les intérêts des banques, notamment allemandes, francaises et suisses. Le seul effort que l’on demandera aux banques c’est de passer à l’encaissement, l’effort du peuple grec consiste à accepter de dégringoler matériellement et socialement.

    2. Juste pour relativiser un petit peu le « bon sens » slovaque dans cette affaire : le refus de prêt à la Grèce a d’abord été une position de Robert Fico, le précédent premier ministre populiste à la tête d’une coalition rouge-brune. Les médias slovaques ont diffusé pendant des mois des informations totalement erronées sur la situation économique grecque (« le salaire moyen en Grèce est de 2000 € nets, pourquoi leur prêter de l’argent, alors que chez nous il est de 750 € par tête de pipe », « les grecs sont les cigales, nous sommes les fourmis qui courbons l’échine », j’en passe et des meilleures).

      La nouvelle coalition ne fait que surfer sur une position qu’elle sait populaire. Dzurinda, qui fut au pouvoir 2 fois précédemment, n’est pas exactement un socialiste dans l’âme, et s’il se range à cet avis, c’est sous la pression de la rue, sur la base d’une campagne médiatique aux relents peu sympathiques vis-à-vis du peuple grec.

    3. Julien a raison.
      La principale différence entre les gouvernants slovaques et ceux de France ou d’Allemagne,
      c’est que leurs copains ne risquent pas de perdre des milliards dans un défaut de la Grèce….

    4. Certes, ancien premier ministre, Mikulas Dzurinda n’est pas exactement un progressiste notoire, mais ce que l’on appelle un ultra libéral.

      Il a également déclaré, pour expliciter sa ligne populiste : « Dois-je demander maintenant aux chefs de l’Union européenne de venir chez nous pour dire aux gens que je les avais fait souffrir inutilement? Que c’était une erreur de se serrer la ceinture pour réduire la dette publique et qu’il aurait mieux valu endetter encore plus le pays en attendant que quelqu’un d’autre vienne payer la facture? ».

    5. Ultra-libéral ou pas, il dit la vérité. On va pas refaire le débat de Merckel qui a pris une bonne décision pour contrer la spéculation mais qui n’était pas la sienne et lui avait été imposée, etc. Le peuple s’en fout et se demande plutôt pourquoi il n’y a pas un premier ministre de gauche pour parler de la sorte.

    6. Les loups ont des têtes de mouton

      Depuis qu’Lumumba fut tué
      Pour avoir dit sa vérité
      Depuis qu’Lahaut est là en haut
      Parce qu’il avait parlé tout haut
      Depuis qu’on étouffa une fille
      Dans un avion pour pas qu’elle crie
      Les loups ont des têtes de mouton
      Derrière les roses y a des chardons

      C’est celui qu’est tout en haut
      Qui tient le manche de la faux
      Si ce que tu dis cause souci,
      Tu seras vite raccourci
      Celui qui r’garde jouer aux cartes
      S’il pète un mot d’trop on l’écarte
      Les ptits r’gardants n’ont rien à dire
      Su l’ jeu des grands ça c’est bien pire

      Celui qui se tient haut perché
      Il a le droit d’vous supprimer
      De beaux enfants sautent sur des mines
      Mais on n’arrête pas la machine
      D’autres sont drogués pour tuer
      Et la cocaïne les défait
      Nous vivons en pleine barbarie
      Nous sommes six milliards tout en bas
      … …. …..

      Maraboutés au nom de quoi
      Au nom du pèse, au nom du fisc
      Et du sacro saint bénéfice
      Mineurs et majeurs détournés
      Par des bonimenteurs roués
      Qui veulent que nous marchions au pas
      Et dans les souliers de leur choix

      C’est celui qui est tout en bas
      Qui est bien plus fort qu’il ne croit
      Si nous le voulons toi et moi
      Le cauchemar s’arrêtera
      6 milliards de p’tits regardants
      Peuvent devenir acteurs puissants
      6 milliards de gens conscients
      Ensemble changent le cours du temps

      JULOS BEAUCARNE

    7. Toi : « Le peuple s’en fout et se demande plutôt pourquoi il n’y a pas un premier ministre de gauche pour parler de la sorte. »

      Ouaich… Cruel dillemme..
      Et qui montre bien que l’argent est devenu plus important dans l’imaginaire collectif que le simple fait de manger…

      Toi, tu sais pourquoi…?? Hé bien je viens de l’écrire juste au dessus. Ainsi, la gauche ne peut plus se faire élire.. Trop honnête. (sauf certains qui se colle l’étiquette « gauche », bien sûr…)(comme écologie ou social, ça fonctionne aussi au niveau enfumage)
      Tout comme le déroulement de la crise, on assiste à de l’auto-allumage… qui provoque l’amballement toujours à terme.
      On fait dans le Nyquist là, tout de suite. Avec ses amplificateurs bouclés.

      Le capitalisme a voulu tué l’état. L’état a perdu toute crédibilité pour le citoyen. Le citoyen se réfugie dans les extrèmes (de droite de préférence qui « défend » le citoyen). Les extrèmes envoient bouler le capitalisme (ou s’en servent comme Hitler).
      La boucle est bouclée.

      Marx avait raison.

    8. Julien Alexandre
      Oui, mais cela ne changera rien au problème de fond. Les pays européens, et notamment la GB, se montrent de moins en moins sensibles aux propos européens, surtout quand ceux-ci émanent de Bruxelles. La dernière allocution de Barroso au parlement en était le symbole: l’administration avait l’intention d’obliger les parlementaires d’assister à son discours, sous peine de payer un amende en cas d’absence injustifiée – on craignait le vide.
      Quand on parle d’Europe, chaque nation y voit son intérêt particulier, ce qui est notamment vrai pour les nouveaux adhérents. L’UE en tant que construction risque d’imploser – les raison, on les connait, sont multiples, et la crise financière fait apparaitre ces raisons de manière encore plus vive.

  8. Les banques européennes sont mal.

    Plus particulièrement : les banques françaises sont très très mal.

    Les banques françaises ont compris que le « plan d’aide » de 750 milliards d’euros avait complètement échoué.

    Le 10 mai 2010, l’Union Européenne et le FMI ont annoncé qu’ils mettaient 750 milliards d’euros sur la table pour sauver les Etats européens en faillite (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne). Cette annonce a eu un effet spectaculaire : les taux d’intérêts des obligations de ces Etats se sont aussitôt effondrés.

    Mais depuis le 10 mai 2010, les investisseurs internationaux ont compris que ce « plan d’aide » de 750 milliards d’euros était du pipeau : les Etats européens sont déjà surendettés, et donc ils sont incapables de se surendetter encore plus pour secourir des Etats en faillite.

    Conséquence : depuis le 10 mai 2010, les taux d’intérêt des obligations de ces Etats sont repartis à la hausse.

    Autrement dit : ce gigantesque coup de bluff a échoué. Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces quatre Etats à rembourser leurs dettes.

    Si on regarde l’évolution des taux d’intérêt de ces Etats, les graphiques sont incroyables, tout simplement incroyables : malgré l’annonce de ce soi-disant « plan d’aide » de 750 milliards d’euros, les taux d’intérêt ont recommencé à augmenter.

    Regardez ces graphiques ahurissants :

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 5,795 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 5,983 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,674 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    Les banques européennes qui ont prêté à ces Etats ont du souci à se faire.

    Les banques qui ont prêté le plus à ces Etats sont les banques allemandes et les banques françaises ! C’est la GRANDE angoisse en Allemagne et en France au siège de ces banques !

    Plus les jours passent, plus ces Etats empruntent à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus ces Etats se surendettent.

    Plus les jours passent, plus ces Etats se rapprochent du défaut de paiement.

    1. Le Figaro avait publié un article le 19 Août pour mentionner que la Grèce utilisait une partie de ces 750 milliards. J’ai écrit le commentaire suivant :

      En faisant une nouvelle fois appel à cette « aide » européenne la Grèce avoue que sa situation s’est détériorée. Le plan du 9 Mai dernier devait convaincre les investisseurs que la Grèce, soutenue par tous ses associés européens, était désormais un emprunteur fiable. Ainsi le pays aurait retrouvé un financement « normal » sur les marchés et la promesse de prêt n’aurait joué que le rôle de garantie.

      En tirant sur ce prêt la Grèce reconnait qu’elle ne peut se financer sur le marché. Les investisseurs ne croient pas au discours européen (on les comprend). Le défaut de la Grèce est maintenant certain.

      Le « modérateur » a refusé ce commentaire qui ne respecte pas la charte des commentaires du Figaro.

      Je crois plutôt que des affirmations sont interdites dans ce journal et ses dépendances.

      Rappel : Sans la liberté de blâmer il n’est pas d’éloge flatteur…..

      Une étude de la banque américaine Morgan Stanley évoquée ce matin par « Les Echos » affirme que la défaillance de plusieurs États souverains est maintenant certaine. Elle ne donne aucun nom…..
      Cordialement,

  9. Là, au vu des nuages s’accumulant au dessus du château de cartes, télegraphier à nos ministres des Finances, l’analyse de Keichiro Kobayashi: ‘La mauvaise dette est la racine de la crise..La crise ne sera pas terminée tant que les actifs non performants ne sont pas sortis des bilans des banques européennes et américaines. »,la B.I.S nous annonçant une vague de provisions, soulignant que les problèmes des banques sont loin d’etre résolus, recommandant de l’expérience du Japon a) reconnaitre les perrtes b) recapitaliser le système bancaire

    Those who ignore history

    1. Reconnaitre les pertes, Charles…??? Alors que les bilans sont des trucages monstrueux et les aides, OUI, les aides ne sont même pas révélées…???

      Charles, je crois voir en toi l’esprit de la série : « Mission impossible ».
      Il faudrait donc enlever les banquiers un par un, et leur monter un bateau de toute pièce style : « Tous les présidents du monde viennent de décider qu’il était temps de faire une opération portes ouvertes dans toutes les banques, veuillez donc fournir précisemment les montants de ce que vous croyez posséder. »

      De même que refinancer le secteur consisterait à socialiser les pertes en endettant tous les peuples sur 1 génération à condition que cette génération donne gratuitement le fruit de son travail…
      (voir cas de l’Islande)
      Est-ce raisonnable..???

    2. @Yvan » Nessim Taleb dans sa ‘postface’ réçente à son ouvrage, fait la remarque suivante:

      ‘ Dans les années 2000, les banques prirent le contrôle du gouvernement aux E-U. C’est surréel.’

    3. Hhmm.. Donc, même la solution « mission impossible » ne fonctionnerait pas.

      Hé bien.. nous savons donc comment va se terminer l’histoire. Déjà ça de pris.

  10. Bonsoir tous.
    J’ai trouvé ça
    « CRISE ET DETTE EN EUROPE : 10 FAUSSES EVIDENCES, 22 MESURES EN DEBAT POUR SORTIR DE L’IMPASSE »
    que je laisse de bien plus doctes que moi en faire lecture critique utile. Où il est question de « cloisonner strictement les marchés financiers et les activités des acteurs financiers, interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pour éviter la propagation des bulles et des krachs », de bancor et autres sujets souvent évoqués ici.

    Manifeste d’économistes atterrés à faire circuler pour signature
    mardi 7 septembre 2010
    Cher-e collègue,
    La crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2008 ne semble pas avoir affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans. Le pouvoir de la finance n’est aucunement remis en cause. En Europe, au contraire, les États, sous la pression de la Commission européenne, du FMI et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réformes et d’ajustement structurels qui ont dans le passé démontré leur capacité à accroître l’instabilité et les inégalités, et risquent d’aggraver la crise européenne.
    Atterrés par ce constat, nous avons souhaité favoriser l’expression publique des nombreux économistes, issus de divers horizons théoriques, qui ne se résignent pas à voir l’orthodoxie néolibérale réaffirmée et jugent qu’il faut changer le paradigme des politiques économiques en Europe. C’est pourquoi nous avons rédigé le « manifeste d’économistes atterrés » ci-joint. Ce texte ne prétend pas constituer un programme alternatif mais pointe certains des enjeux qui nous semblent essentiels sur les questions financières et monétaires en Europe. Si vous êtes en accord avec son orientation générale, nous vous remercions de le signer (par mail à atterres@gmail.com) et de le faire circuler dans la communauté des économistes . Nous prenons en ce moment des contacts avec d’autres économistes européens pour organiser un colloque (sans doute le samedi 9 octobre à la Sorbonne, confirmation suivra) et confronter nos points de vue sur les stratégies de sortie de crise.
    Par avance merci
    Philippe Askenazy Thomas Coutrot André Orléan Henri Sterdyniak
    http://obouba.over-blog.com/ext/http://www.assoeconomiepolitique.org/spip.php?article140

    Bonne lecture à ceux que ça intéresse.

  11. Ce nouvel épisode démontre jusqu’à l’écœurement que les banques ne sont pas, comme elles le prétendent des entreprises commerciales dont les performances financières résultent de la compétence de leurs agents, mais des marionnettes aux mains des autorités de régulation qui peuvent leur faire gagner de l’argent (comme en ce moment) grâce à un certain laxisme mais qui se retrouveraient au tapis si les autorités faisaient leur boulot.

    Leur appliquer des concepts comme ceux de concurrence, de rentabilité etc… n’a simplement pas de sens.

    Les transformer en services publics ou en établissements nationalisés s’impose donc.

    1. Bonjour Alain.

      J’ai un métier qui intégre aussi l’aspect commercial… en plus du technique, du juridique, du management, de la géo-politique, de la finance, et du classement. Classement des infos, des objets, et.. des humains.

      La mise en concurrence est mon fond de commerce. La base du métier. Hors…

      Allons, tout bon commercial pourra vous avouer qu’il est toujours mal face à la concurrence. (qui le gène pour construire ses « rentes » et limite ses marges)
      Que ce soit en micro ou en macro-économie, le but de la manoeuvre est de fonctionner en monopole, ou, au pire, en oligopole.

      Et donc, face à cet oligopole, oui. La seule solution est la nationalisation. Ce qui fait que les « zinvestisseurs » se rabattent sur les obligations d’état en catastrophe maintenant…
      Il faudra donc, après nationalisation, répudier les dettes d’état.

      Déjà deux points de fixés sur l’agenda des trucs à faire.
      Le troisième point, je le verrais bien comme : recommencer tous à bosser juste histoire de bouffer…

  12. L’INQUIETUDE DE MICHEL PEBEREAU

    Invité ce mardi de BFM Radio, Michel Pébereau, le président du conseil d’administration de BNP Paribas, a avancé un chiffre encore plus spectaculaire. Selon lui, si les « sages » de Bâle 3 maintiennent leur projet de porter l’obligation d’afficher un ratio de solvabilité – les fonds qu’elles doivent détenir pour pouvoir accorder des prêts- « tier One » (le niveau maximum) de 10%, les banques françaises seraient obligées de devoir lever en quelques mois la bagatelle de 150 milliards d’euros soit autant que les fonds qu’elles ont levés en…150 ans, depuis leur création.

    1. C’est « bâllot »…

      Z’aurient p’têt dû garder les 35 Milliards de dollars du programme de recapitalisation des banques offerts par Sarkozy en 2008… C’était ça de pris. Demain ce sera plus cher.

      Et puis le Congres américain est de moins en moins satisfait du traitement de faveur réservé par l’administration US aux banques franco-allemandes après le krach AIG. Il est vrai que 12 Milliards de dollars rien que pour la filiale US de Société Générale payés par le contribuable ricain, forcément, même 2 ans après, les élus grognent encore…

      Et pour ce qui concerne BNP paribas, qui intéresse particulièrement le bon Pébereau, la cour des comptes a estimé en mai 2010 que : « Le bien-fondé de l’apport d’actions de préférence au titre de la seconde tranche (10.5Mards d’euros), qui n’a concerné, en dehors du cas particulier de BPCE que BNP Paribas et Société générale, prête plus à discussion. »

      Cour des comptes qui rappelle alors aussi que les concours publics aux banques françaises n’ont finalement rapporté, net, que 864 millions d’euros contre les 2 milliards claironnés par Sarko.

      http://www.france-amerique.com/articles/2010/08/12/le_congres_deplore_l_aide_aux_banques_francaises_et_allemandes.html

    2. Les chiffres de Pébereau, si ils sont justes,
      montrent la profondeur du sang dans lequel se noie la bête blessée.

      Mais il a tord de s ‘inquiéter.
      Ce n’est que la confirmation que le capital, qu’il soit bancaire ou industriel,
      doit désormais passer sous contrôle du peuple souverain.

  13. Il faut dire que l’euro a bien aidé l’endettement:

    5 millions d’euros ça fait psychologiquement beaucoup moins que 30 millions de francs.

    et je ne vous dis pas la même conversion en pesetas, lire ou drachme….

  14. L’excellent Blog économique du Monde (Edition du 3 septembre) décortique le discours de Ben bernanke du 27 août. Il en ressort, notamment, que les USA paraissent à un carrefour de leur réflexion.

    Faute de succès de la politique de relance, compte tenu des incertitudes du financement d’une dette exponentielle, la FED n’exclut plus de recourir à l’arme de destruction massive que représenterait, en situation déflationniste, une inflation massive.
    Autrement dit, investisseurs soutenez-nous jusqu’au bout de la nuit économique ou nous atomiserons vos créances. « Broken arrow » qui atomiserait aussi un peuple américain sur-endetté et sans économies.

    Les propos de Bernanke, usant et abusant des sous-entendus, ne sont peut-être pas à prendre au pied de la lettre mais ils illustrent l’immense désarroi ambiant : tout a échoué, alors pourquoi pas l’apocalypse, plutôt que notre irréversible déclin et l’irrésistible montée de la Chine.

    C’est comme cela que je comprends les deux dernières années : Jouons notre va-tout en faisant donner l’artillerie lourde de la dette pour tenter de nous sortir du pétrin et relancer la machine.

    Mais n’était-ce pas déjà un « broken arrow » (demande d’appui feu sur une position amie submergée) avant l’heure ?

    1. Soros, une autre horreur vivante, en avait parlé fin 2008-début 2009 : « il aurait mieux valu un effondrement plutôt que d’essayer de recapitaliser : cela aurait été plus dur, mais plus bref ».

      Maintenant, il serait intéressant de savoir quelles sont les nations qui peuvent le mieux se passer du dollar.

    2. Cela dépend quel sens vous donnez au terme « Apocalypse »:

      – sens étymologique : le dévoilement ou la révélation. Et si j’improvise je rajouterais que c’est l’éveil collectif, l’acceptation, l’amour, la responsabilisation, l’harmonie, l’ordre des choses …
      – sens commun : la destruction totale ou l’obscurcissement. Et si j’improvise je rajouterais que c’est l’illusion collective, le rejet, la haine, la déresponsabilisation, la disharmonie, le chaos …

      Je crois que c’est notre civilisation basée sur le mythe du progrès qui s’est attaché à inversé le sens du terme apocalypse. En tous cas pour revenir à notre situation, je dirais que le deux sont possibles, soit on sombre toujours plus dans la perte de repère et l’illusion scellant toujours un peu plus notre destin, soit un événement choc nous réveillera de notre torpeur qui nous mène vers la fin de notre Histoire.

      NB. Je conseille vivement le docu d’ARTE que je déguste petit à petit :
      « Corpus Cristi, L’origine du Christianisme, L’apocalypse »

  15. Bravo pour les banques, on essaie de mettre en place dans leur cas un verrou de sécurité touchant à leurs fonds propres analogique à celui qu’on a délibérément fait sauter il y a quelques années s’agissant du patrimoine immobilier des compagnies d’assurance.

    Toute cette agitation autour de la préparation du G20 n’est en fait qu’un enfumage de plus pour endormir l’opinion et détourner l’attention des experts.

    La vraie finalité de toutes ces affaires qui bouleversent aujourd’hui la finance internationale doit être pointée de façon beaucoup plus simple pour élaborer une riposte efficace.

    De quoi s’agit-il ?

    Actuellement, on produit dans des pays émergents en faisant trimer à bas prix des populations pauvres, pour vendre avec des marges confortables à des consommateurs occidentaux privés d’emploi donc de revenus, mais qui, prisonniers d’un mode de vie séculaire, sont dans un constant besoin social d’acheter et ponctionnent leur épargne.

    Quand il n’y a plus d’épargne en réserve, il n’y a plus d’achats, donc plus de profits possibles, en Occident tout au moins.
    La « réserve » consommateurs potentiels se retrouve progressivement là où il y a de la production, donc du revenu.
    Toute l’économie doit être réorganisée en conséquence et pour mieux continuer à s’imposer là où il y a du chiffre à faire, il convient de disposer d’un maximum de puissance.

    Voilà pourquoi, dans nos pays, la seule activité économique réelle consiste à faire main basse sur les richesses accumulées en Occident pour ensuite les mobiliser là ou se préparent les nouveaux marchés afin d’en prendre le contrôle dès le départ.

    Tout le reste n’est que pipeau, joué avec talent par le petit personnel politique, expert en maquillages et mise-en-scène d’effets spéciaux en tous genres.

    Nous nous retrouvons face à une incontournable réalité :
    Le pouvoir politique est la forme la plus élaborée du parasitisme social.
    Il y aura donc toujours dans n’importe qu’elle société qui soit des vampires prêts à toutes les exactions pour détourner à leur profit quelques miettes de richesse en récompense de bons et loyaux services.
    Tant qu’en face il n’y aura qu’un ensemble trop souvent dissonant de bonnes volontés et de soifs de justice, nous n’avancerons pas.

    J’ai bien peur que l’avenir le plus probable de l’Europe (et de l’Amérique du Nord) soit de s’enfoncer dans le marécage du sous-développement sur un terre épuisée et saturée

    1. Haaaa.. !!!
      Ca, c’est un beau point de vue de droite à imprimer et à encadrer dans les chaumières.

      Il nous faut conquérir les marchés afin de garder nos privilèges de seigneurs-colonialistes. Non mais.

      Non à l’état-vampire, non à la Justice. Vive l’argent.

    2. Ce raisonnement est certainement très proche de la réalité.

      Il y a juste, je pense, un amalgame entre politique et « corporate ».

      [quote]Le pouvoir politique est la forme la plus élaborée du parasitisme social.
      Il y aura donc toujours dans n’importe qu’elle société qui soit des vampires prêts à toutes les exactions pour détourner à leur profit quelques miettes de richesse en récompense de bons et loyaux services.[quote]

      Je ne penses pas que la politique ne tire quelques ficelles que ce soit, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Elle à bien sûr le pouvoir de choisir son camp, mais se mettrait hors-jeu en choisissant le chemin du respect.
      Les citoyens du monde ne sont plus intéressés par des notions communes, mais par leurs doses quotidiennes de plaisirs factices.
      Ces plaisirs et autres « simplissismes » sont inventés, produits et vendus par des corporations.
      Celles-ci dictent leurs lois, sur les marchés, parce-que sans elles, les « structures étatiques » serait faible et non-armées. (pour aller droit au but, il n’y a bien sûr pas que ça)
      Elle bénéficient du soutient des citoyen en utilisant la communication, le marketing alias Mercator l’un des maîtres penseurs, car elle se sont vêtues aux couleurs de l’humanologie, de l’écologie,du développement et de la bienfaisance.

      Elles sont, aux yeux du monde, indispensables.
      Le choix des états est conforté par ces peuples, dépendants du déguisement qu’offrent ces vendeurs de jouissances fabriquées.
      Les peuples sont sous perfusion et pour rien au monde il ne vendraient leur dose.

    3. @ yvan : c’est en effet un point de vue de droite.
      Le décrire ne signifie pas que j’y adhère

      @Noux : Nous sommes d’accord sur l’essentiel, j’ai dû mal m’exprimer et dans votre remarque, je retrouve comme le développement de ce que je suggère en parlant de « consommateurs prisonniers d’un mode de vie séculaire ».
      Par contre sur la forme la plus élaborée du parasitisme social, je maintiens totalement cette définition si provocatrice qu’elle puisse sembler. J’ai voulu forcer l’analogie avec l’interprétation statistique qui est bien connue comme étant la forme la plus élaborée du mensonge.
      Et si j’ajoute le petit personnel politique c’est que je suis bien conscient qu’ils ne tirent actuellement aucune ficelle et se contentent de mettre en scène des tirades laborieusement ânonnées et des postures outrées (plus c’est gros, plus ça passe).
      Mais regardez et analysez les comportements et les motivations des responsables politiques de toutes époques et de tous régimes, y compris ceux qui manifestement tiraient les ficelles, comme Périclès, Hammourabi Elizabeth 1ère, Robespierre, Tamerlan ou Napoléon : ils ne sont jamais personnellement concernés par les lois qu’ils édictent, ils structurent les sociétés dont ils ont la charge en plaçant soigneusement hors concours la caste dont ils sont issus.
      Et, comme dans le cas de nos politiciens actuels de toutes origines sociales, lorsque cette caste n’existe pas, ils la créent, la baptisant « élus du Peuple » et l’agrémentant de toutes une série d’exceptions, de facilités et d’avantages dont le pire cheminot ou enseignant n’oserait même pas rêver sans honte.

      Il en est ainsi depuis des millénaires partout ou s’est imposée la nécessité d’un pouvoir politique centralisé.
      Je suis sûr que nous pourrions convenir ensemble qu’aujourd’hui, faire carrière en politique est le meilleur moyen de « réussir » pour un personnage médiocre sans autre talent que celui d’exploiter des réseaux à son profit ; ce qui est déjà en soit une manifestation de parasitisme.
      Par « réussite » j’entends bien entendu quelque chose de médiocre, comme la capacité de s’acheter une Rolex avant ses cinquante ans. Il est bien évident que si ficelles tirées il y a, c’est par d’autres qu’eux.

      Tout ceci nous amène à la question que je considère comme centrale si on veut un jour faire aboutir les réflexions développées ici par Paul Jorion et François Leclerc ou ailleurs par Frédéric Lordon, LEAP 2020 ou encore Jacques Sapir et Emmanuel Todd :
      pour réussir à contrer les avancées de ces lobbies à l’échelle internationale, il est indispensable de pouvoir s’appuyer sur des puissances dont ils sont absents et qui peuvent prétendre ne pas dépendre d’eux pour imposer un changement radical des règles du jeu.

      Ces puissances seront nécessairement politiques, démographiques, économiques ou spirituelles
      J’en ai identifié 4, et ce ne sont ni l’État Français, ni la Commission Européenne, hélas !
      Car ces 4 là ont des exigences clairement affirmées pas forcément compatibles avec notre idéal.

      Je terminerai en établissant un parallèle historique : j’assimile sans difficultés ces penseurs à ceux des Lumières qui ont décrypté dénoncé et soigneusement analysé les failles de la société occidentale d’ancien régime.
      Mais ce n’est pas eux qui ont libéré les États-Unis ni fait la révolution Française, ni chassé les Tsars.
      Marat n’était pas Diderot, tant s’en faut et il ne faudrait pas que la lutte contre le capitalisme aboutisse à un désastre humain.

    4. @Guy Pavière

      Expliqué comme cela, je comprends mieux votre point de vue sur le parasitisme politique, et j’ai le même.
      Cela vient probablement d’un problème structurel. La politique est le bras droit de l’argent, de toutes évidences.
      Mais attention à ne pas généraliser, la démocratie actuelle est bien encore trop jeune et connais à fortiori des problème de corruption par manque de clarté structurelle.
      Je me disais à l’instant que la grande majorité des électeurs, dont moi, ne connaissent pas grand monde de la scène politique, dans toute sa largeur (micro/macro).
      Aucun site internet, à ma connaissance, ne regroupe tous les acteurs en explicitant leurs actions et leur popularité. On connait, tout au plus, les 20 têtes de l’échiquier les plus médiatisés.
      La politique est trop mystique pour être efficace.

      Je me disais, pourquoi ne pas créer un casier politique. Un fichier regroupant tous nos représentants (TOUS), avec leurs faits et gestes, leur popularité, etc…, visible depuis la toile pour tous. Ce serait un premier pas vers des élections présidentielles avec du choix et de la qualité ainsi que vers la clarté du système.

      Je me disais, pourquoi ne pas instaurer de l’éducation civique dès le CM1 ? Mais attention, rien de rébarbatif et d’incompréhensible, juste une initiation, quelque chose de concret aux yeux des petits.

      Je me disais aussi, pourquoi ne pas rendre obligatoire et citoyen, avec les moyens dont on dispose (internet), 2 ou 3 heures par semaine d’actions référendaires.
      Je m’explique : simplification des composants législatifs (moins de textes qui ne servent à rien) et obligation du citoyen d’abroger ou non. Le pouvoir législatif aux mains du peuple. Croyez moi, c’est bien moins risqué que de condenser le pouvoir en la volonté de quelques Hommes. La technologie le permet aujourd’hui.
      Il me semblerait juste qu’un citoyen impliqué puisse attendre d’un système qu’il lui offre gîte et couvert.

      Le cercle vertueux du travail peut dégager des richesses énormes aujourd’hui pour les hautes sphères de l’usure, vous pensez bien que si elles étaient redistribuée(fruit du travail citoyen), nous pourrions créer librement et sans limite conceptuelle, car nous aurions le temps de penser et de vivre.
      Plus de misère, plus d’insécurité (partant du fait que l’éducation et les embuches de la vie sont créatrices, en grande partie, du malaise à la base des faits de violences.)

      La politique est certes moisie, mais il ne faudrait taper dessus et en amener à penser certaines personnes, plus terre à terre, a choisir un pouvoir plus autoritaire.

      Je penses bien que vous aviez la même idée de fond, mais il m’a semblé important de développer ce point pour les lecteurs en quête de positionnement.

    5. @Noux
      Merci de me rassurer sur mon cas, j’ai souvent constaté que les militants de gauche me considèrent comme un valet du capitalisme quand dans le même temps les tenants d’une droite pure et dure me soupçonnent d’arrières-pensées quasi bolcheviques…

      Ce qui est intéressant dans votre dernier post c’est cette exposition de programmes concrets et immédiatement applicables dans le but d’induire une meilleure réceptivité aux moyens qu’il faudrait mettre en œuvre pour résister à cette mise à sac des richesses générées par plusieurs générations de travail et de solidarité.

      Ce sont autant de pistes à explorer, mais il conviendrait dès maintenant et avant toute chose de bien identifier l’adversaire, et de prendre la juste mesure du danger encouru.
      En l’occurrence, nous sommes bien au delà de gesticulation dans un quelconque G8, 20 ou triple zéro car ce qui est en jeu, c’est la raison fondamentale de l’existence d’un société humaine.
      Rien que ça.

      Quatre livres m’ont particulièrement marqué :
      Le Geste et la Parole d’André Leroi-Gourhan,
      L’Enquête d’Hérodote.
      La Guerre du Péloponnèse de Thucydide.
      La Psychologie des Foules de Gustave Le Bon

      Le premier, parce qu’en décortiquant la mécanique du corps humain et ses répercutions sur l’outillage et l’activité cérébrale induit à comprendre que l’Humanité, après s’être libérée du milieu sauvage par des outils mécaniques, s’est intégrée dans un milieu social grâce à des outils symboliques. Le milieu naturel de l’Homme serait donc le milieu social et il serait plus que temps d’appliquer en sociologie les pratiques et méthodes de l’écologie.

      Le deuxième parce qu’il révèle que, par delà les naïvetés scientifiques dues à une expérimentation et une théorisation balbutiantes, tout a été déjà étudié et commenté de la condition humaine il y a 25 siècles.

      Le troisième parce qu’il montre à quel point placées dans des conditions analogues de rivalité, des nations et des peuples obéissent aux mêmes principes et s’engagent dans les mêmes processus. Le parallèle entre l’Athènes de Périclès et les USA d’aujourd’hui est saisissant, et augure très mal des années à venir.

      Et le quatrième parce qu’il donne toutes les clés permettant le décryptage du jeu politique et des pièges qu’il tend à ceux à qui il s’adresse : c’était le livre de chevet de charmants poètes comme Staline ou Hitler, et il est bon de savoir comment ils conditionnaient leurs auditoires.

      Porter un autre regard, délivré des pesanteurs morales, doctrinaires ou consensuelles est un premier pas indispensable pour élaborer une stratégie opérationnelle au service des idées qui germent entre autres ici.

  16. Mr Leclerc,

    Que voulez vous dire quand vous parlez des arrière pensées du WS journal?
    Aujourd’hui cet article est commenté dans le Monde . Comment se fait il qu’un journal comme le Monde ait besoin de commentateurs de l’OCDE pour « valider » les infos du WS Journal quand plusieurs commentateurs francophones de talent, ont déjà fait remarquer la « légèreté des test » il y a fort longtemps?
    D’autre part il est reconnu dans cet artcile que les gouvernements se « foutent » du monde.

    ces révélations sont inquiétantes pour une autre raison : si l’on en croit les déclarations rapportées dans le Wall Street Journal, ce sont les régulateurs eux-mêmes, par les consignes de comptabilité qu’ils ont données, qui ont encouragé les banques à ne pas être totalement transparentes. Par exemple, la donnée prise en compte aurait été la différence entre les positions de long terme et les positions de court terme, soit des données nettes et non brutes.

    C’est à l’encontre des normes IFRS (International Financial Reporting Standards) qui sont celles habituellement utilisées en Europe. Or c’est la responsabilité des gouvernements et des régulateurs de garantir la transparence.

    N’y a t’il pas un scandale dont los journaux et partis politiques devraient s’offusquer autant que l’affaire Woerth?

  17. Histoire drôle:

    Des dettes et des ânes (Insurgente)

    Une histoire aussi vraie que la vie elle-même

    Un jour, on demanda à un éminent expert en Finances d’expliquer cette crise économique d’une façon simple pour que Monsieur Tout-le-Monde puisse en comprendre les causes.

    Voici son explication.

    Un individu se présenta un beau jour dans un village où il n’avait jamais mis les pieds auparavant et il offrit, à tous ses habitants, 100 € pour chaque âne que ceux-ci voudraient bien lui vendre.

    Une bonne partie des habitants lui vendirent aussitôt leurs ânes.

    Il revint le lendemain dans ce même village et offrit un prix encore plus élevé, soit 150 €, pour chaque âne, et une fois encore une grande partie des habitants lui vendirent leur âne.

    Les jours suivants, il offrit 300 € et les habitants qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants.

    Constatant qu’il ne restait plus un seul âne dans le village, il offrit 500 € par tête en faisant savoir qu’il passerait les acheter dans huit jours et il quitta le village.

    Mais le lendemain, il envoya sur place son associé avec les ânes qu’il avait achetés dans ce même village et avec ordre de les proposer à 400 € l’unité.

    Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois achetèrent ses ânes à 400 € par tête et celui qui n’avait pas assez d’argent en emprunta. Au bout du compte, les habitants du village achetèrent tous les ânes du canton.

    Comme il fallait s’y attendre, cet associé disparut tout comme avait disparu son collègue et plus jamais on ne les revit.

    Résultat : le village se retrouva plein d’ânes et endetté jusqu’au cou.

    Telle est l’histoire que raconta cet expert en Finances.

    Observons la suite des évènements.

    Ceux qui avaient emprunté de l’argent ne pouvant plus revendre leurs ânes furent dans l’incapacité de rembourser leur emprunt. Et ceux qui avaient prêté l’argent vinrent se plaindre auprès de la Municipalité en expliquant que s’ils ne rentraient pas dans leurs fonds, ils seraient ruinés et que, comme ils ne pourraient plus continuer à prêter de l’argent, c’est tout le village qui connaîtrait la ruine.

    Pour que les prêteurs ne se retrouvent pas en banqueroute, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour payer leurs dettes, le donna aux prêteurs. Mais ces derniers, même après avoir retrouvé une grande partie de leurs fonds, ne firent pas un trait sur les dettes des habitants du village lequel continua à être tout aussi endetté qu’avant. Le Maire dilapida le budget de la commune laquelle se retrouva également endettée. Alors il se tourna vers les autres communes et leur demanda de l’argent, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient pas l’aider parce que puisqu’elle était ruinée, elles n’étaient pas sûres de pouvoir récupérer les sommes qu’elles lui prêteraient.

    Résultat :

    – Les petits malins du début de l’histoire sont pleins aux as.

    – Les prêteurs ont vu leurs gains assurés et, désormais, un tas de gens leur verseront les remboursements d’emprunts avec les intérêts et ces prêteurs auront, en outre, un titre de propriété sur des ânes désormais dévalués avec lesquels jamais les habitants du village ne parviendront à éponger la totalité de leurs dettes.

    – Beaucoup de gens sont ruinés et ont définitivement perdu leur âne.

    – La Mairie est également ruinée.

    Résultat, mais est-ce le dernier ?

    Pour résoudre tout ça et sauver le village, la Mairie baissa le salaire de ses fonctionnaires.

    (pas de nom d’auteur)

    Texte espagnol :
    http://www.insurgente.org/index.php

    traduction M. Colinas
    URL de cet article
    http://www.legrandsoir.info/Des-dettes-et-des-anes-Insurgente.html

    1. C’est effectivement TOUT A FAIT ça, Thomas.
      Et les trentes « glorieuses » en sont aussi une preuve. Parmi bien d’autres (voir les US…)

  18. « L’erreur » sur le montant des emprunts d’États détenus par les banques est peut-être explicable.

    Ces emprunts sont pris en pension par la BCE en garantie des prêts qu’elle leur consent. Les banques commerciales en restent les « bénéficiaires économiques mais en perdent temporairement la propriété légale. Cette circonstance a pu les pousser à oublier de les prendre en compte.

    Mais ces jours ci les emprunts de l’État grec font l’objet d’un traitement spécial par la BCE qui, au mépris de toutes les règles de son métier, accepte de les acheter purement et simplement. Dans ce cas les 40 milliards disparus des bilans du Crédit Agricole et de Barclays seraient devenus propriété de la BCE.

    Et la BCE, elle, n’a pas été soumise au stress test;

  19. La Grèce s’enfonce un peu plus dans la crise.

    L’ELSAT, l’institut officiel de statistiques d’Athènes, vient de revoir en baisse ses prévisions de PIB au deuxième trimestre. Désormais, c’est une contraction de 3,7 % en données annualisées qui est retenue, contre un recul estimé jusqu’ici de 3,5 %.

    En rythme trimestriel, le produit intérieur brut de la Grèce a baissé de 1,8 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent. Le chiffre a été révisé en baisse, la première estimation faisant état d’un recul de 1,5 %.

    Entre avril et juin 2010, la formation brute du capital fixe (FBCF), l’indicateur des investissements des différents agents économiques, a flanché de 18,6 % en rythme annuel.

    Les dépenses pour les logements ont plongé de 19,3 %, celles pour l’acquisition d’équipements et machines industrielles ont fléchi de 10,6 %, celles pour le BTP hors logements ont corrigé de 27 %, cependant que celles pour les équipements de transport ont baissé de 20,9 %.

    Les dépenses totales de consommation ont, quant à elles, reculé de 5,1 % par rapport au deuxième trimestre de 2009.

    Celles réalisées par le gouvernement sont ressorties inférieures de 8,4 % sur la période, tandis que la consommation privée ne s’est contractée que de 4,2 %.

    Seul indicateur positif, le déficit du commerce extérieur de la Grèce a été réduit de 28,1 % d’une année à l’autre.

    Les Echos

    1. BA.
      Entre nous.

      Je ne sais plus qui, ici, a indiqué un lien vers un reportage sur l’économie souterraine en Grèce…

      T’inquiète : le travail au noir représente 50% de l’économie mondiale et je pense qu’il s’est LARGEMENT développé depuis 2008 grace à la crise de l’économie. (économie, rien que le mot m’amuse…)
      Et cela déplait fortement à ceux qui veulent la contrôler.

      Je ne suis donc pas trop inquiet pour les Grecs : ils sont plus débrouillards que nous car le travail clandestin est courant et quasi-toléré chez eux.
      Ils continueront donc à manger.

      Sinon, va falloir qu’on se fixe une date pour la choucroute…
      En octobre, car là, ma femme a une cheville dans le sac (entorse alors que c’est moi, d’habitude, qui saute de l’armoire)(pas Moi, sur le site, non, je personnellement)
      On se fait chacun la moitié du chemin…???

    2. Yvan.
      Entre nous.

      Pour la choucroute, on peut remettre ça à avril 2011 ?

      (J’ai mon 3ème qui doit naître en mars 2011, donc il faut que je vende la voiture et que j’en achète une plus grande, il faut que je fasse des travaux d’agrandissement de la maison, je ne sais même pas où je vais mettre la nouvelle chambre, bref, je suis complètement dépassé par les événements, presque autant que Jean-Claude Trichet)

      En attendant, je te donne mon tiercé. Premier défaut de paiement : la Grèce. Deuxième : l’Irlande. Troisième : le Portugal. Pour le quinté, je ne sais pas.

  20. Pour rebondir, sans commentaires, sur les dernières lignes du billet de François…

    La BRI a indiqué dans son dernier rapport trimestriel publié le 14 juin que les banques allemandes et françaises avaient à la fin 2009 une exposition combinée globale à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal et à l’Espagne de 958 Mds$.

    Et ce sans compter l’exposition des géants de l’assurance franco-allemands…

    1. Oui, Vigneron.

      Une autre « part des anges »…
      Lorsque je causais l’autre jour de l’ « évaporation » de PIB de 10% entre les « PIB » sortants et entrants de tous les pays du globe…
      L’autre part pourrait être cette (future trop voyante) (en cours) évaporation des « actifs » devenus subitement « toxiques » et évalués au niveau mondial par un cabinet niou yorké à 1 400 000 milliards de dollahrs…

      Information non démentie à ce jour. J’attends toujours. Bêtement. Ce qui semble être une confirmation par railleur…

  21. Quelques nouvelles du Kingdom of Belgium ou de ce qu’il en reste

    L’activité économique a progressé au 2e trimestre

    mercredi 08 septembre 2010, 15:17
    L’activité économique a progressé de 0,9 % au deuxième trimestre par rapport au premier trimestre 2010 en Belgique, a annoncé mercredi l’Institut des Comptes Nationaux dans un communiqué. Par rapport au trimestre correspondant de l’année précédente, la croissance du PIB continue d’accélérer : elle s’élève à 2,4 %, après une hausse de 1,6 % au premier trimestre de 2010 et une baisse de 0,1 % au quatrième trimestre de 2009, note l’ICN. Dans la construction, le redressement a atteint 4,4 % par rapport au trimestre précédent. La croissance a augmenté de 0,5 % dans les services et s’est stabilisée dans l’industrie (+1,1 % après 1,2 % au premier trimestre). Les exportations et importations de biens et services se sont accrues pour le quatrième trimestre consécutif ; favorablement influencées par le spectaculaire redressement de l’Allemagne, principal partenaire commercial. Les exportations ont augmenté davantage (+2,7 %) que les importations (+1,7 %), de sorte que la contribution du solde extérieur à la croissance du PIB a été positive, explique enfin l’ICN.

    A noter pour expliquer ces chiffres faussement positifs qu’encore aucune mesure de rigueur n’a été prise depuis 2008 …par contre cela figure dans les plans du futur (?) gouvernement soit
    un plan de rigueur de 25 milliards sur 4 ans..il faut donc s’attendre si ce plan est finalement voté un jour, à une nouvelle récession suite à ces mesures ou au mieux une forte baisse de la déja faible croissance
    La dette Belge frôle les 100 pct du PIB

  22. Des rénégats-terroristes bravent une interdition de l’OMC :
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2010/09/08/mozambique-la-population-est-a-bout-et-n-est-plus-capable-de-resister-aux-chocs_1408232_3212.html#ens_id=1405794

    « La solution peut être des stocks mutualisés au niveau régional : c’est actuellement en réflexion dans les pays du Sahel. Il y a aussi des mécanismes d’assurance sur les prix.

    Enfin, beaucoup de pays – ce fut le cas du Mali en 2008 – utilisent des taxes variables sur les importations, qu’ils suppriment en cas de hausse des prix. C’est en théorie interdit par l’OMC, mais ils font le pari qu’aucun pays n’osera les attaquer là-dessus, et c’est un pari raisonnable. Il faudrait d’ailleurs peut-être remettre en question cette règle. »

    Pour simplement … vivre.

    1. C’est simplement le volume total en monnaie de tout ce qui s’est échangé sur un jour , un mois,…
      Les positions entre acheteurs et vendeurs dépendent de la reprise, et c’est pourquoi dans une période de doutes, les échanges sont relatifs aux bonnes ou aux mauvaises nouvelles.
      C’est pourquoi il y a très peux d’échanges le lundi, et un grand nombre le mardi.
      Une grande amplitude dans ce graphique est simplement synonyme d’un attentisme général de tout les acteurs.

  23. @ François Leclerc :
    Vous auriez des infos sur ce point spécifique concernant la BCE ? :
    « Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle suit de très près l’évolution du secteur bancaire. Elle serait même, selon certaines rumeurs, en train d’acheter des emprunts d’Etat irlandais. »
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/08/la-situation-economique-de-l-irlande-et-la-deroute-de-son-secteur-bancaire-preoccupent-les-autorites-europeennes_1408328_3234.html#mf_sid=227301224

    Par ailleurs, l’article rappelle que le spread des taux d’obligations entre l’Allemagne et l’Irlande est supérieur à 4% et continue de croître.
    Or, pour rappel, en avril 2010, un article concernant la Grèce, à l’époque déjà très mal en point, disait ceci :
    « √ Notre évaluation des spreads grèce / Allemagne :
    3 % et 6 % = zone de danger pour la Grèce (avec début de contagion possible) »
    http://www.apprendrelabourse.org/article-finance-la-grece-jette-un-nouveau-coup-de-froid-48259269.html
    Le 8 avril 2010, le spread était de 4,40%.
    On sait ce qui advint par la suite pour la Grèce et sa situation actuelle, si elle devait se refinancer sur les marchés (spread supérieur à 8% !!).
    Actuellement, le spread pour l’Irlande est supérieur à 4% et le pays se situe dans la même configuration que la Grèce en Avril 2010.

    Car il a fallu près de deux mois d’intenses bataille pour voir naître le fameux Fond européen de stabilité financière.
    Question : si la garantie de l’Etat irlandais est bien étendue pendant trois mois, permettant de voir venir, n’est-ce pas ENCORE une bataille perdue, par le simple fait que le temps de réponse de l’UE (qui ‘répondra dans les semaines à venir’) à l’Irlande sur Anglo Irish Bank arrivera trop tard, forcément trop tard, quand le spread aura entre-temps explosé (comme ce fut le cas, pendant deux mois, avec la Grèce) ?

    D’où le concert croissant de voix irlandaises pour en finir MAINTENANT, quitte à prendre le risque du ‘run bank’, plutôt que d’attendre ‘dans les semaines à venir’ que le dit spread atteigne un niveau insoutenable, car AIB … n’est pas la seule banque en Irlande !!
    Attendre l’augmentation du spread, c’est mettre en péril et l’ensemble du système bancaire et l’Etat irlandais : AIB serait alors un ‘sacrifice’ nécessaire.

    Encore une fois, les institutions européennes vont permettre, par leur absence d’efficience, à la crise de progresser et aux spéculateurs de faire ce pourquoi ils existent : spéculer (CDS, notamment).
    Lamentable.

    Sur la liste des ‘choses à faire’, il faudrait ajouter : « Ne pas oublier de reformater les instances politiques décisionnelles européennes ».

    1. C’est vraisemblable, mais il n’y a pas de confirmation disponible. Le dossier de l’Anglo Irish Bank évolue très vite actuellement, pour éviter que le lait ne déborde.

    2. @ François Leclerc :
      « pour éviter que le lait ne déborde. » :
      http://www.paperblog.fr/2542722/pour-eviter-que-le-lait-ne-deborde/

      On pourrait, par analogie, dire que les subprimes sont l’évaporation des actifs des banques et que la crème qui se forme de manière croissante, résultante de cette évaporation, est la dette publique (rien ne se perd, tout se transforme).
      Afin d’éviter une évaporation trop rapide et/ou trop importante du lait et par suite, constitution d’une couche de crème ‘épaisse’ favorisant le débordement de ce même lait, il est donc nécessaire de plonger une cuillère en bois dans le lait afin de permettre à l’évaporation de continuer à se produire.
      La dite cuillère en bois peut être de diverses formes : bad/good bank, faillite progressive/immédiate, …

      Néanmoins, ce qui a été évaporé est perdu, dans ce type de schéma.
      Et cela ne réduit en rien l’intensité du feu sur lequel le lait repose, qui continuera, plus lentement mais tout aussi sûrement, à produire de la crème, qui favorisera à nouveau le débordement du lait.
      A la fin du processus, plus de lait dans la casserole et la casserole crame.

      De fait, il serait bien plus malin de couper le feu.
      Soit, de couper les dettes : faillite partielle de l’Etat irlandais.

      Et ça, toutes les ménagères irlandaises vont finir par le comprendre, pour le pratiquer tous les jours.

      Simple :
      – plus de lait qui déborde,
      – l’esprit tranquille, la ménagère peut vaquer à ses ‘occupations’,
      – on préserve le lait qui reste encore,
      – on enlève une partie de la crème pour pouvoir boire le lait.

      Et en plus, on fait des économies d’énergie, car le feu sous le lait, il faut aussi le payer. C’est bon pour la planète tout ça … (sans compter les pompiers qu’il aurait fallu appeler si la casserole avait finit par cramer).

      🙂

    3. Pour être plus précis concernant la théorie de la laiterie générale, il est nécessaire d’enlever la casserole du feu des marchés pour que le lait ne déborde mais ce n’est pas forcément suffisant, car la température du lait est parfois tellement élevé qu’enlever la casserole est parfois trop tard : le lait déborde quand même, température élevée et crème déjà constituée rendant le débordement inévitable.
      Pour la Grèce, la casserole a été enlevée du feu (des marchés) juste avant le débordement mais la température interne étant tellement élevée et la couche de crème-dette étant tellement épaisse que le lait mettra des années à refroidir, à supposer qu’il ne déborde pas quand même. La seule solution viable aurait été, comme tout le monde le sait, de crever la couche de crème, afin de permettre une évaporation plus importante et à la température de baisser, pour ensuite enlever une partie de la crème et rendre le lait buvable (ce qui n’est pas le cas quand il y a plus de crème que de lait).
      Ceci dit, si la casserole grecque a été enlevée du feu (des marchés), il reste que le feu reste plus qu’allumé : si on y remet la casserole sous peu, le lait ne manquera pas d’y rebouillir tôt ou tard.

      Seule solution alors : baisser ou couper le feu (des marchés).

      Ce qui peut se réaliser de plusieurs façons (entre autres) :
      – réduire l’exposition du lait au feu étranger, en ‘renationalisant’ la crème-dette (réduire la part de la crème-dette étrangère dans la crème),
      – augmenter la proportion de lait dans la casserole en comparaison de la crème-dette (améliorer l’efficacité fiscale, notamment en augmentant les impôts sur les plus riches ou en élargissant l’assiette fiscale de l’impôt et des cotisations),
      – supprimer ou réduire l’évaporation fiscale,
      – supprimer les paradis laitiers,
      – développer les coopératives laitières,
      – changer de stratégie économique : au lieu de l’exportation/stockage, créer une monnaie laitière de compensation,
      – etc.

      Ehe.
      (je chauffe de la cafetière, là).

    4. Je sens en Thomas un comique à froid. Normal, y’a plus de gaz pour le chauffer.

      Zébu, un état qui ne rembourse pas ne serait-ce qu’un centime ne se fait plus rien prêter…
      Et là, commence plus que les ennuis.
      Ce qui est abérant, je le concède. Mais là est aussi le « pouvoir » de l’argent…

    5. Certes, Yvan …
      Mais en même temps, si tu fais le compte de tous les pays qui n’ont plus remboursé un cent à minima et ce à plusieurs reprises, on est ‘étonné’ qu’après chaque défaut les prêteurs se bousculent aux portes des états.
      Le dernier en date, l’Argentine, leur a laissé quelques dettes sur le carreau : en 2005, Kirchner décide de ne pas rembourser les 3/4 (!!) des 100 milliards de dollars de dette. Et l’Argentine revient sur ‘les marchés’ 5 ans plus tard (seulement), sans aucune difficulté à lever des capitaux.
      Etonnant, non ?

      Pas tant que ça. Car il serait temps de se rappeler que dans toute l’Histoire, il en a été ainsi, pour la bonne et simple raison que les investisseurs savent qu’ils peuvent se gaver en prêtant aux états mais qu’il ne faut pas se faire avoir en étant les derniers.
      Les états l’ont simplement oublié : ce sont eux, les prêteurs en dernier ressort, pas ‘les marchés’.

      Durant la guerre froide, l’équilibre fut maintenu par la terreur nucléaire.
      Il serait temps de réinstaurer la terreur financière nucléaire, en agitant de nouveau la menace d’un défaut, même partiel.
      Car le plus ‘drôle’ est que paradoxalement, le moment n’a jamais été aussi politiquement favorable à ce genre d’acte, notamment en France, puisque l’évolution de la détention de la dette publique est devenue majoritairement détenue par des investisseurs étrangers, ce qui facilite largement l’action politique de l’Etat français pour réaliser un défaut partiel !
      🙂

  24. Government to split Anglo, wind-down business

    08 September 2010 15:22

    The Government will split nationalised lender Anglo Irish Bank into a funding bank and an asset recovery bank to wind down its assets over an unspecified period of time, the department of finance said today.

    Under the plans, the funding bank will not engage in any new business, simply providing a home for Anglo’s depositors — contrary to Anglo management’s own plans for a niche business lender.

    Finance Minister Brian Lenihan said the asset recovery bank would be a licensed bank focused on working out Anglo’s remaining soured property loans while the funding bank would be a specialist deposit bank to house Anglo’s deposits.

    « It will be a stand-alone, regulated bank, completely separated from Anglo’s loan assets and it will be owned directly by the Minister for Finance, » Lenihan said of the funding bank in a statement.

    He did not specify how long it would take to wind Anglo down.

    The guaranteed position of depositors will be unchanged, he said.

    Additional reporting by Reuters

    http://www.businessandfinance.ie/news/governmenttosplitanglowinddownbusiness

  25. Nouvelles d' »anglo irish bank » : création d’une bad bank…

    La vente des dettes sur format A4 est prévue sur le siècle prochain.

    1. Attention, Yvan : ce n’est qu’une modification du projet initial du gouvernement irlandais.
      Mais ce n’est pas lui qui décide : c’est la Commission européenne … qui statuera dans les semaines à venir, selon la porte-parole du Commissaire (politique) à la concurrence.

      Cette annonce est uniquement faite pour tenter de ‘calmer les marchés’, encore une fois. Rien de plus.
      On verra si ‘les marchés’ s’en contenteront.

      Personnellement, je ne me fais pas d’illusions plus que 24 heures.

    2. Confirmation :
      «  »Certes, on nous dit quel chemin ils vont prendre, mais je ne crois pas que cela clarifie le montant que devra débourser le Trésor, or c’est ce qui préoccupe le marché », a expliqué Alan McQaid, chef économiste de Bloxham Stockbrokers.
      « Je ne crois pas que le marché penche d’un côté ou de l’autre, pour une solution ‘good bank/bad bank’ ou pour un démantèlement: le problème est de savoir combien cela coûtera. »
      « Les cours des actions des deux principales banques cotées irlandaises ont parallèlement peu réagi: à quelques minutes de la clôture, Bank of Ireland cédait près de 3% et Allied Irish Banks abandonnait 0,13%. »
      http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20100908.REU8671/dublin-demantelera-anglo-irish-la-facture-en-octobre.html
      D’ailleurs, la Commission, qui pourrait accepter ce projet relooké, attend toujours des ‘précisions’.
      Et la vraie ‘facture’ arrivera en octobre.
      Et là, on verra bien ce qu’en pensent ‘les marchés’ …

  26. Quels sont les trois pires cauchemars des banques françaises et des banques allemandes ?

    1- Premier cauchemar : le Portugal se déclare en défaut de paiement.

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 5,804 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    2- Deuxième cauchemar : l’Irlande se déclare en défaut de paiement.

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,009 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    3- Troisième cauchemar : la Grèce se déclare en défaut de paiement.

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,816 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

  27. Genre de déclaration qu’on aimerait entendre du PS…Quand à DSK…ha!ha!…Passons!
    Je ne voterais pas PS en 2012, ni UMP, bien sur…
    Cela ne servirait à rien du tout. Ce sont les memes.
    Quand aux syndicats, ils sont pourris et à la botte. Voir UIMM…
    Pour une action véritable, il aurait fallu une gréve illimitée. Le bars de fer, comme les étudiants et les lycéens l’avaient fait pour le CPE contre Chirac.
    Gattaz peut bien dire qu’il faudrait interdire les syndicats, peut-importe. Ceux qui restent ne servent pas à grand chose, seulement à quémander des miettes.
    En 1968 les grevistes « libres » disaient:
    -On a obtenu en une semaine ce que les syndicats obtiennet en 3 ans…
    Pour obtenir quelque chose du Capital, il faut lui rentrer dedans, c’est la seule méthode qu’il respecte. Ce sont des voyous.

    1. « Les banques devront admettre les pertes  »
      Pas de gros mots, Mouflette, je t’en prie 😉

      Dans la série « ça commence à aller plus mal » :
      http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/08/la-banque-centrale-americaine-s-alarme-de-signe-de-ralentissement-aux-etats-unis_1408630_3234.html
      « La banque centrale américaine s’alarme de signes de ralentissement aux Etats-Unis »

      Ca me fait penser que je n’ai pas surveillé la chute des banques américaines depuis longtemps…

  28. Un article de Challenges du 9/9 « Améliorer sa retraite » nous livre un graphique éloquent sur les performances des placements sur 30 ans, diantre.
    L’article n’est pas encore en ligne, à suivre pour la beauté des lignes.
    Il a fallu user d’une échelle logarithmique pour caser l’ensemble des graphes : actions, obligations d’Etat, immobilier, livret A, Indice des prix, or
    Les seuls perdants : placements en 1998/99 et vente en 2002, placement 2005/6 et vente récentes.
    The best : placements de 80 à 86 en actions avec dividendes réinvestis, ciel.
    Moralité : pourquoi travailler.
    Doute : ne voudrait on pas nous inciter à investir en bourse et abandonner notre système par répartition, ah ça sent le souffre.
    L’article est étoffé de nombreux conseils.

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