L’actualité de la crise: le crépuscule des banques centrales, par François Leclerc

Billet invité.

LE CREPUSCULE DES BANQUES CENTRALES

Les mêmes qui ont déjà raconté tant d’histoires – qui se sont révélées être des menteries – sont en train de recommencer leur chanson. Ils sont tombés sur la date du deuxième anniversaire de l’effondrement de Lehman Brothers, à deux jours près, pour annoncer que cette fois-ci, c’est certain, une nouvelle chute libre du système financier ne pourra pas se reproduire grâce aux décisions qu’ils ont prises. Comment y croire ?

Le processus qui a conduit le Comité de Bâle a arrêter de nouvelles mesures de renforcement des fonds propres des banques n’a, pour le moins, pas été marqué par la plus grande transparence. On a compris que des assouplissements avaient été finalement accordés aux banques, suite à des marchandages opérés en coulisse, à la faveur d’intenses campagnes de lobbying. Mais on ne sait trop ni lesquels, ni en faveur de qui. En ces temps où il est parfois question d’élargir les prérogatives des banques centrales, un tel modus operandi est inquiétant, puisque Bâle III – le petit dernier du nom – est présenté comme dressant une barrière infranchissable pour toute nouvelle crise qui pourrait survenir et que les arbitrages auxquels il a donné lieu ont été pris dans le secret des dieux de la finance. Est-ce bien cela la nouvelle gouvernance mondiale qui nous est proposée ?

Une même absence de transparence entoure les conséquences de l’application de ces mesures, dont le calendrier très étalé dans le temps fait redouter qu’elles interviendront quand il sera trop tard. Les lobbies bancaires ont ainsi produit un document décrivant les sévères restrictions de crédits à l’économie qui en résulteraient, la Banque des règlements internationaux établissant à contrario des effets beaucoup plus mesurés pour défendre son propos. Et, lorsqu’il s’agit de tenir l’inventaire des banques qui vont devoir augmenter leurs fonds propres en vertu des nouveaux ratios, puis d’établir les besoins de financement cumulés que cela représente, les estimations les plus diverses circulent, dont on doit penser qu’elles ne sont pas sans intentions cachées. D’après Nout Wellink, le président du Comité de Bâle, l’ordre de grandeur des besoins des banques européennes serait tout de même de plusieurs centaines de milliards d’euros. Alors que presque toutes affectent de n’en rien paraître, où est l’erreur ?

On comprend en tout cas que si les mégabanques devraient plus facilement parvenir, en raison de leur surface, à faire face à leurs nouvelles obligations, il n’en est pas nécessairement de même pour les banques de moindre importance. Un processus important de concentration semble par conséquent inévitable, dont la conséquence va être d’accroître numériquement le camp des banques « too big to fail », trop importantes pour faire défaut. Un effet qui ne va pas dans le sens d’un renforcement du système financier, sauf à admettre que des secours publics seront encore une fois inévitables, contrairement à ce qui est affirmé.

Décidément, la haute finance est une affaire d’initiés qui préservent avec soin le pouvoir que leur donne leur accès restreint à l’information financière. Dans un monde où les marchés imposent sans partage leur loi, une telle constatation n’est pas sans soulever des interrogations sur le poids véritable de nos démocraties représentatives, si encensées le temps des campagnes électorales.

Il serait certes dommage d’en rester là et de ne pas faire état de ce qui a néanmoins filtré, en profitant de la dissipation provisoire de la brume. En premier lieu du fait que les Landesbanken (banques régionales) et Sparkassen (caisses d’épargne) allemandes sont tellement mal en point – pour avoir absorbé des quantités d’actifs toxiques d’origine américaine – que les premières vont inévitablement devoir subir un processus de concentration – auquel elles résistent – et que des délais particuliers sont accordés aux dernières pour se mettre en conformité, rien de moins que treize ans !

Parallèlement, les questions commencent à fleurir à propos des banques françaises, toujours aussi miraculeusement indemnes… Certains s’interrogent sur le sens des interventions répétées de Christine Lagarde, ministre française de l’économie et des finances, qui menace de ne pas faire appliquer les ratios de Bâle III si les Américains n’en font pas autant. Alors que les informations disponibles montrent que ces derniers ont au contraire poussé à la roue pour que les ratios soient durcis, car les mégabanques américaines seraient de toute façon déjà dans les clous… Les mauvais esprits rappelent à ce propos que le ratio de Lehman Brothers était de 11% au moment de sa chute, bien au-delà des 7% qui seront demandés dans huit ans par Bâle III, et que la faiblesse des banques américaines est à rechercher ailleurs. Que celles-ci sont par contre sont ravies de voir adoptés un ratio et une définition des fonds propres pénalisant leurs concurrents européens. Et que Christine Lagarde cherche un prétexte afin de mieux tergiverser, sans toutefois avouer son opposition. Les rares indications données par les banquiers français sont à cet égard sans équivoque.

Les réserves des gros bataillons des banques américaines sont exprimées par l’American Bankers Association et sont différentes : elles portent d’abord sur le coussin supplémentaire de 2% de fonds propres que les banques devront constituer dans les beaux jours, afin de ne pas couler lorsque la tempête se lève. Elles expriment aussi la crainte que leurs autorités nationales leur imposent des règles plus strictes que celles de Bâle III, ou bien un calendrier plus resserré d’application de ses ratios. Elles demandent enfin que les règles soient modulées en fonction des banques.

Mario Draghi, président de la Banque d’Italie et du Comité de stabilité financière (FSB), a de son côté tenu des propos à priori inquiétants, spécifiquement pour les mégabanques : « ce n’est pas terminé. Nous devons maintenant passer à une deuxième partie qui est très, très importante ». Selon lui, les grandes banques devront être capables d’avoir des capacités d’absorption de pertes supérieures aux normes de Bâle III. « Nous devons améliorer la capacité de dénouer ces établissements sans créer des bouleversements majeurs sur les marchés et sans faire appel à l’argent du contribuable », a-t-il souligné, dans l’attente des propositions de supervision plus importante pour les établissements d’importance systémique qu’il doit présenter au nom du FSB au G20. Des remarques qui ne détonnent pas avec les propos tenus par Dominique Strauss-Kahn, au nom du FMI, qui défend pour sa part l’idée que l’institution qu’il dirige se voit confier une mission de surveillance élargie à propos des banques intervenant sur les marchés internationaux (cross-border banks). Mais que restera-t-il à l’arrivée de ces intentions ?

Une des plus féroces critiques des décisions prises ce dimanche dernier à Bâle provient de Martin Wolf, le chroniqueur vedette du Financial Times. Analysant les mesures qui seront présentées pour adoption finale au G20 de Séoul de mi-novembre, il en vient à chiffrer les ratios qui pourraient seuls faire effectivement rempart à une nouvelle crise financière, qu’il estime inévitable et devant survenir avant le délai de grâce de huit ans prévu : rien de moins que 20 à 30%. Ce pourcentage exprimant le rapport entre les fonds propres et les engagements des banques. Ce qui vaut démonstration par l’absurde et – sans que Martin Wolf exprime plus avant le fond de sa pensée – remet dans une certaine mesure en cause la philosophie même des mesures envisagées, ainsi que leur efficacité présumée. Car le rôle du crédit dans l’économie serait affecté à un tel point que tout serait à repenser.

Une toute autre approche critique aboutit à une mise en cause plus radicale de Bâle III. Elle met en évidence que si les mesures adoptées peuvent prétendre mieux contenir une nouvelle crise financière au sein du système bancaire, elles ne font que repousser le problème vers ce qui est appelé le shadow banking, la banque de l’ombre. Un très large secteur florissant de l’activité financière où agissent notamment les hedge funds, trading houses (en France les OSCI, Opérateurs Spécialisés du Commerce International), private equity firms (investisseurs non côtés, dans toute leur diversité), ou bien compagnies pétrolières ou d’agro business actives sur les marchés des produits dérivés, etc…

Selon cette analyse, on peut s’attendre à ce qu’une migration du risque s’opère en faveur de ces intervenants beaucoup moins régulés que les banques. Les mégabanques ayant d’ailleurs déjà pris les devants en créant de nouveaux hedge funds au sein desquels elles apparaissent officiellement minoritaires, tandis que les compagnies pétrolières n’ont eu par exemple de cesse de renforcer leurs activités purement financières, dans le cadre d’une forte tendance qui veut que les grandes entreprises restent au plus près des besoins de leur clientèle, notamment financiers, comme par exemple le font les industriels de l’aéronautique (ou le faisait General Motors avec sa filiale dédiée au crédit automobile).

La régulation des produits dérivés ne fera pas date dans l’histoire de la régulation financière, aux Etats-Unis comme en Europe. Cette dernière se prépare à peu ou prou s’aligner sur les dispositions adoptées par la loi Dodd-Frank, une fois que les agences de régulation américaines leur auront donné corps. Un grand terrain de jeu va rester largement ouvert, sur lequel ces acteurs vont s’engouffrer, d’autant plus que les banques n’y auront plus aussi facilement directement accès. Le risque systémique va tout simplement être déplacé, ne manquant pas d’atteindre par ricochet les banques.

C’est donc de ce côté-ci, toujours selon cette analyse, qu’il faut attendre la prochaine crise financière, sans préjudice des soubresauts de celle qui est en cours. Ce qui revient à dire qu’elle ne surviendra pas là où elle est attendue et où la régulation sera la plus effective, en dépit de ses limites vite trouvées.

Les banques centrales, dont le Comité de Bâle est l’émanation, ne sont pas seulement dépassées avec leurs vieux instruments monétaires inopérants. Leur pouvoir s’arrête là ou commence celui du shadow banking, orchestré par les mégabanques. Bâle III n’est rien d’autre que l’expression de leur déphasage avec une réalité financière qui leur échappe dorénavant du bout des doigts. Déjà, elles n’étaient plus en mesure de faire la pluie et le beau temps sur le Forex, le marché monétaire. Elles ont continué de perdre du terrain, devenues supplétives d’une finance qu’elles sont sensées maîtriser, et dont les établissements bancaires ne sont que l’un des instruments. N’ayant plus dans la partie à rebondissements multiples qui est en train de se jouer, en dépit de leurs mines et de leurs grands airs, qu’un rôle dévoyé de pourvoyeur de liquidités à bas prix pour un système financier qui ne peut plus s’en passer.

Triste fin.

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130 réflexions sur « L’actualité de la crise: le crépuscule des banques centrales, par François Leclerc »

  1. @ Moi dit : 16 septembre 2010 à 16:09

    Comment croire que je peux me faire la moindre illusion sur ce qu’on peut attendre de Merkel et Sarko ?
    En France comme en Allemagne, il y a des oppositions qui cherchent à construire un autre monde.
    A 150 millions dans moins de 10 ans, on ne sera pas parmi les grands, mais on existera.

    1. Je ne doute pas qu’il y ait des oppositions voulant construire un autre monde en Allemagne comme en France (pas au PS ou au SPD, c’est sûr). Ce dont je doute c’est du couple franco-allemand voulant construire un autre monde et peu importe que ce soit Sarko ou Mitterand, Merckel ou Schroeder.

      Qu’est-ce qui vous fait penser cela? A part le fait que vous êtes français, je ne vois pas. Parce que vouloir construire un autre monde en mettant un couple qui soit assez gros pour en imposer (« on ne sera pas parmi les grands », « 150 millions », « exister »), je trouve que c’est pas terrible-terrible comme départ pour un nouveau paradigme. Pourquoi pas espérer du couple Chine-USA (très grands, plus d’un milliard, kolossale existence) tant qu’on y est? Il n’y a personne là-bas pour vouloir construire un autre monde?

      Tout ça sent la volonté de puissance à plein nez.

      Désolé, je pense en membre d’un petit pays qui n’a jamais rien vu de bien arriver lorsque les gros pays veulent « exister » ou se sentent le moteur de quelque chose ou les sauveurs de l’humanité. Même en couple. Surtout en couple.

  2. American dream

    USA: près de 44 millions de pauvres, soit 14,3% de la population

    Le nombre de pauvres aux Etats-Unis a augmenté pour la troisième année consécutive en 2009, avec 43,7 millions de personnes vivant dans la pauvreté, le plus haut chiffre en 51 ans, a annoncé jeudi le Bureau du Recensement. Le taux de pauvreté atteint 14,3% en 2009 contre 13,2% l’année d’avant, la pauvreté touchant une personne sur sept, le plus haut taux depuis 1994, a indiqué David Johnson, du Bureau du Recensement. Ainsi quatre millions de personnes supplémentaires sont entrées dans la pauvreté en 2009. L’administration considère qu’un foyer de quatre personnes vit dans la pauvreté quand ses revenus ne dépassent pas 22.000 dollars par an. Le taux de pauvreté en 2009 est de 8,1 point inférieur à ce qu’il était en 1959, première année de la tenue de ces statistiques, a souligné ce responsable. La hausse du chômage apparaît comme la principale raison de cette augmentation de la pauvreté, a ajouté M. Johnson. Parallèlement, le nombre d’Américains sans assurance santé a fortement augmenté, grimpant à 51 millions en 2009 contre 46,3 millions en 2008. « C’est le chiffre le plus élevé depuis 1987, année où nous avons commencé à collecter ces données », a encore souligné M. Johnson. L’adoption de la réforme d’assurance santé de Barack Obama ne doit prendre son plein effet qu’en 2013. Les plus touchés par la pauvreté sont les noirs et les hispaniques.

    BELGA

  3. Pauvre Banque Centrale Européenne !

    Ce soir, j’ai une pensée émue pour cette pauvre Banque Centrale Européenne !

    La Banque Centrale Européenne va – comme d’habitude – être obligée de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries du Portugal.

    La Banque Centrale Européenne va – comme d’habitude – être obligée de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries de l’Irlande.

    La Banque Centrale Européenne va – comme d’habitude – être obligée de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries de la Grèce.

    Vas-y, Jean-Claude Trichet ! Continue, Jean-Claude Trichet !

    Continue de racheter des milliards d’euros d’obligations pourries pour essayer désespérément de faire baisser les taux d’intérêt du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce !

    C’est efficace !

    C’est tellement efficace !

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 5,958 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,037 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,550 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    1. BA… Je ne vais pas te faire plaisir, je le sens… :
      http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9652
      « La BCE achète de la dette irlandaise, grecque et portugaise (FT via EuroIntelligence) »

      Et, en même temps.. on est dans le même bateau.

      Sinon, si tu as de la place dans ton jardin pour l’intallation d’une tente :
      http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=9685
      « Exode : 7 étudiants grecs sur 10 veulent quitter le pays (CNBC/NYT) »

      De mon coté, j’ai déjà deux Irlandaises. Je suis full.

  4. bonsoir
    j’ai beaucoup hésiter à venir dire mon, avis..
    voila.
    Tout ce que j’entends et que je respecte est un confortable entendement à cette imposture …
    Les Banques ne sont JAMAIS au service de qui que se soit..(sauf d’eux même )
    Pourquoi discuter sur des quotas de fiabilités,de convergences et j’en passe…..
    mettre son intelligence à décortiquer les compétences,les pourcentages de ??
    tout est de nature justement à faire discuter en pure PERTE pour ceux qui y croient..
    merci à monsieur Paul Jorion
    rego

    1. Parfois j’ai l’impression que plus nous recherchons à parler autant des banquiers et de la finance aux êtres et plus nous contribuons bien indirectement et paradoxalement à les placer toujours au dessus du monde oui pourquoi leur faire autant d’honneur et de textes, n’est-ce pas également un peu la même chose de nos jours et avec beaucoup d’autres du même genre.

      A quoi servent principalement les médias et les journalistes très bien payés dans le monde et bien avant et surtout la culture de chaque pays ?

  5. Cela confirme toujours davantage ce que j’avance: On s’en fout de tous les ratios et autres fonds propres. Les instruments d’analyse du comité de Bâle, tout comme ceux des banqueiers et autres économistes débattent, comme je l’ai déjà écrit, autour des « habits nouveaux de l’empereur en attendant que l’enfant dans la rue observe: mais l’empéreur est nu! »
    Comment, en cas de crise systémique, peut-on soutenir mêmele temps de le dire que les « fonds prpres » sauveraient le systéme?
    Ce qui rend les banques et la finance solvables, ce seuls les dépôts des épargnants. Et quand ceux-ci retirent en liquide leurs fonds, tout s’effondre, fonds propres ou pas!
    Les banques centrales seront amenées, comme en 2008 et 2009, de réinjecter non pas des centaiens, mais des milliers de milliards qui, à leur tour, finiront gelés dans les coffres forts. La déflation japonaise l’illustre plus que bien.
    Quand comprend-on enfin que la monn aie ne fonctionne comlme monnaie que si elle peut être EN TOUTE CIRCONSTANCE maintenue en circulation, afin de refinancer toujours à nouveau et de relayer les sorties en constituants des entrées nouvelles.
    La monnaie est ce qui circule, qui vient et revient et qui génère ainsi justement les revenus!
    Seul un signe monétaire marqué par le temps (le SMT) est en mesure de garantir une économie sans crise systémique!

    1. @Johannes :
      Je vous lis depuis le début ! c’était déjà à propos du débat sur la monnaie, sis sur ce blog !
      Merci Johannes pour votre propos sur le SMT : Au moins, en complément des bouquins de Paul, vous avez su faire germer en moi une attitude radicale à propos de l’argent ! Grâce à vous j’ai pu me renseigner à propos des monnaies alternatives. Et vous savez-quoi ? j’ai conscience d’être devenu anarchiste pour de bon ! Ceci n’est pas une boutade : Aucun Etat n’admettra que l « intérêt » puisse être mortifère, vous parachevez mon pessimisme ! Il n’existe aucun système légitime en ce début de XXIème siècle pour entériner votre proposition sur le SMT, qu’en concluez-vous ?

    2. Ne seriez-vous pas plutôt révolutionnaire qu’anarchiste? Le fait de vous questionner comme ceci prouverait plutôt la première possibilité.
      Mais, me direz-vous, la phase embryonnaire du révolutionnaire est l’anarchisme 😉 .

    3. Bonjour, qui vient et revient HOLA,

      pour l’instant elle va mais ne revient pas (salaire travail allocation), mais si elle revenait…….nos ressources naturelles pour produire des biens seraient en danger. Ou alors nous la dépenserions pour notre bien être physique  » débauche et luxure en vue « !!!!!!!!!.

    4. Merci pour votre témoignage!
      Il est vrai que les hommes politiques sortent des mêmes moules que les économistes!
      Ils ne parviennent pas à penser ce qu’est la monnaie.
      Epingler le fait que la monnaie est capitaliste de par son mode d’émission même est effectivement, pour l’instant, une idée largement inouïe, au sens « non entendue » et non reçue.
      C’est pourquoi, quand on discute de la retraite par exemple, personne (ou peu de de personnes que l’on n’entend guère) ne signale le fait que c’est la rente du capital qui accapare tant de richesses que ceux qui travaillent doivent travailler davantage et plus longtemps pour gaver encore davantage la rente du capital. Le bouclier fiscal: quelle invention indigne!
      Tant que l’on ne s’attaque pas à ce point, en modifiant l’émission même de la monnaie, je suis pessimiste comme vous!
      Que faire? Le rappeler toujours et encore. Peut-être y aura-t-il quand même quelques économistes capables de penser par eux-mêmes sans se soumetttre bêtement à la loi du capital! Je ne sais pas quoi vous répondre de plus. En tout cas, merci beaucoup!

  6. La seule chose qui mettra les banques au pas serait une taxe Tobin. Une taxe à l’achat. Toute transaction financiaire serait taxée, comptant, éventuellement variablement en fonction de la nature de la transaction. Penser à une sorte de TVA sur les mouvements d’argent.

    En tout cas, cela mettra au pas toutes les banques de la zone où cette taxe est pratiquée. Et contrairement à ce qu’annoncent ceux qui n’en veulent pas de cette taxe, elle peut être prélevée dans n’importe quelle zone monétaire indépendante. Comme la Suisse par exemple (mais on comprend qu’ils n’en veuillent pas), la zone €uro, la Hongrie…

    Il n’est nullement nécessaire de l’appliquer partout dans le monde. Il est vrai que les spéculateurs vont fuir la zone ainsi protégée, mais c’est justement l’objectif de cette taxe.

    1. L’argument de Lordon à l’encontre de la taxe Tobin est que la finance trouvera toujours un moyen de contourner ce genre de mesures, en augmentant la leviérisation de ses positions ou en les déplaçant vers des secteurs encore plus risqués, augmentant du même coup son instabilité intrinsèque. Une taxe de ce type ne pourrait avoir de sens qu’accompagnée d’un arsenal réglementaire véritablement strict et contraignant.
      Et je vois mal en effet comment une taxe Tobin prise isolement pourrait mettre au pas quoi que ce soit.

    2. Globalement, je ne suis pas d’accord avec ce que dit Lordon. L’argument « il faut rien faire car ça sert à rien » (c’est ça qu’il dit quand il dit que les banques trouveront des contre-mesures à la taxe Tobin) est tout simplement stupide. Avec des « arguments » de ce type, nous vivrions encore dans des cavernes.

      Il faut trouver un peu mieux que ça pour écarter la taxe Tobin.

    3. à Zolko

      Heureusement que Lordon ne dit pas des stupidités pareilles !

      Il dit qu’il faut faire autre chose : supprimer les bourses, par exemple, qui ne sont que le moyen pour la finance de pomper la plus-value…

    4.  » La seule chose qui mettra les banques au pas serait une taxe Tobin.  »

      La seule chose qui mettra les banques au pas sera leur Nationalisation intégrale.

      Il est impossible de construire quoi que ce soit si on en a pas les moyens. Et aujourd’hui ces moyens sont dilapidées, concentrées dans des poches privées. Il est là le problème, et pas ailleurs. Et tant qu’une majorité de personnes n’aura pas compris ce point essentiel, toutes les reflexions économiques alternatives resteront totalement ineptes.

  7. (Martin Wolf) en vient à chiffrer les ratios qui pourraient seuls faire effectivement rempart à une nouvelle crise financière, qu’il estime inévitable et devant survenir avant le délai de grâce de huit ans prévu : rien de moins que 20 à 30%. Ce pourcentage exprimant le rapport entre les fonds propres et les engagements des banques. Ce qui vaut démonstration par l’absurde et – sans que Martin Wolf exprime plus avant le fond de sa pensée – remet dans une certaine mesure en cause la philosophie même des mesures envisagées, ainsi que leur efficacité présumée. Car le rôle du crédit dans l’économie serait affecté à un tel point que tout serait à repenser.

    Sans compter que passer d’un ratio de solvabilité exigé de 7 à 30, avec une part du capital social ou équivalent qui ne baisse pas, bien au contraire, dans le total des fonds propres éligibles vis à vis des fonds propres complémentaires (hybrides) ou surcomplémentaires (dettes subordonnées), ben c’est le Return on Equity, le sacro-saint RoE, qui prend une grosse gifle et se voit divisé par le même facteur, soit 4!
    Qu’on limite le crédit, qu’on quadruple les capitaux propres, et donc le capital social idem, ou qu’on mixe ne change rien à l’affaire. On passe d’un RoE, par exemple, de 10, 20, 40% à un RoE de 2.5, 5, ou 10%. Et on parle pas de la perte en capital sur les actions, quasi inéluctable…
    Bref juste famélique. Ya pas d’autre mot. La banque? « Ça eût payé! »

    Bon enfin tout ça c’est passionnant, mais ça sent fort le déflorement dominical de diptère. Et pendant ce temps, l’Hiver s’insinue partout… Comme les mouches et leurs vibrionnants rejetons.

    Et parlant de diptère…
    Quitte à vous dépiter, je trépide d’impatience.
    De voir sa Majesté des Mouches nous annoncer,
    Du haut de son trépied, la nouvelle prédite :
    « La banque dépérit! » 🙂

    Et n’oubliez pas de relire ou faire lire à vos gniards Lord of the Flies de William Golding. Plus que jamais d’actualité le bouquin pour notre civilisation de post-crise à venir, bien pire encore que l’agonie de celle-ci que nous avons l’immense privilège de disséquer en direct-live. 🙂 bis

    Il a plu sur la vendange… 🙂 ter

  8. MARIO DRAGHI ( FMI et Président de la Banque d’ITALIE) est un ancien de GOLDMAN SACHS,
    …..il n’y a rien à attendre de ce côté là…..IL lorgnait la place de DSK…..il a été mis sur le
    touche…..Heureusement !!!

  9. Johannes finckh dit :
    16 septembre 2010 à 22:03

    « Seul un signe monétaire marqué par le temps (le SMT) est en mesure de garantir une économie sans crise systémique! »

    La monnaie fondante mène au consumérisme et au productivisme. Comment régler ce problème ?

    1.  » La monnaie fondante mène au consumérisme et au productivisme. Comment régler ce problème ?  »

      Tant que l’homme ne s’est pas réellement brulé les doigts et les ailes au casino, en bourse, en politique, en démocratie que recommence-t-il alors à faire aussitôt pour son propre monde dans le deuil, dans la désolation, dans la détresse, comme dans le désarroi le plus complet sur terre.

    2. Précision: la « monnaie fondante » que j’ai rebaptisée « signe monétaire marqué par le temps », ne conduit pas spécialement vers un « consumérisme ou un productivisme »!
      En tout cas, pas plus que le capitalisme actuel, même moins!
      Cela tient au fait que l’ambiance des prix sera devenue rigoureusement stable, et les coûts financiers quasi nuls (disparition des taux d’intérêt monétaires).
      Dès lors, l’investisseur n’aura plus besoin de produire toujours plus pour satisfaire la voracité du capital. Il peut se contenter de reproduire au niveau qu’il aura choisi.
      Alors, croire que cela conduirait au consumérisme, c’est oublier que ce consumérisme n’est que la conséquence d’une monnaie réserve qui, elle, trop durable, génère la dégradation accélérée des biens de consommation. Car quand la monnaie elle-même ne pourra plus être réserve de valeur, les agents économiques choisiront les biens durables, et cela aura pour effet que les biens non durables s’élimineront plus rapidement de la productuion. Dès lors, quand les individus peuvent se payer des objets durables, la surproduction nécessitée par le gaspillage disparaîtra d’elle-même.

  10. Cher monsieur Leclerc, permettez-moi de vous interpeller, je ne vois pas grand chose dans cet article qui justifie son titre, hormis la conclusion qui nous explique que les banques centrales n’ont plus de pouvoir face aux mégabanques, surtout si celles-ci continuent de développer le shadow banking. Mais elles conservent le rôle crucial de battre monnaie, et une monnaie qui alimente l’économie, ce qui n’a pas grand chose à voir avec les « liquidités à bas prix pour un système financier qui ne peut plus s’en passer. Aussi, l’annonce de la fin des banques centrales n’est-elle pas prématurée, d’autant plus que l’on ne sait pas du tout comment la crise fera évoluer le système financier mondial ?

    1.  » comment la crise fera évoluer le système financier mondial ? »

      Sans doute par la mise en place progressive d’un plus grand pouvoir asservissant de plus pour tout-à-chacun, nous pouvons déjà en voir les premières prémices içi ou là un peu partout.

      Comment le mal qui recherche toujours à se maintenir en place, à dominer le monde peut-il vraiment amener le bien à l’homme et cela sous une nouvelle forme ou une autre ?

    2. Sur la scène de la finance, les banquiers centraux surjouent quand ils ne cabotinent pas. Ils y font d’autant plus des mystères qu’ils ont de moins en moins à cacher, si ce n’est qu’ils sont dépassés.

      Certes, les banques centrales ont des restes et continuent de jouer un rôle fonctionnel dans un système dont elles sont un important rouage. Mais elles commencent à battre de l’aile, car c’est le système financier dans sa globalité qui est atteint.

      Leurs ressorts sont cassés, car ce sont ceux du monétarisme, qui vient de se détendre sous nos yeux. Elles parviennent à maintenir le système à flot, mais pas à le redresser.

      Combien de temps va durer le crépuscule ?

    3. Monsieur Leclerc.

      Et la BRI, dans tout ça…???
      Silence absolu pour éviter d’affoler, ou … absence de pouvoir..??

    4. Combien de temps va durer le crépuscule ?

      Près de l’équateur le crépuscule n’a pas le temps d’arriver qu’il est chassé par la nuit noire. Prés des cercles polaires, les zones crépusculaires peuvent durer, durer, durer… entre chiens et loups. Quand tous les chats sont gris. Et que le clignotement s’accélérant des boutons rouges devient de plus en plus prégnant et obsédant. Hallucinatoire.

    5. @François : merci beaucoup pour votre réponse. Je vois bien ce qu’il en est : les banques centrales ont perdu leur pouvoir mais resteront probablement indispensables pour « compter les points » d’une partie qui se jouera sans elles. Cela dit en pensant à l’ami Pierre Sarton du Jonchay qui écrivait, dans Fondation de la monnaie internationale : « Or l’outil de mesure du risque d’une monnaie est justement le bilan d’une banque centrale.« 

  11. A croire d’ailleurs que le seul propos financier à l’égard des banques ne suffira pas à stopper le grand empressement du monde à vouloir se perdre davantage dans le tout conformisme actuel.

    Si seulement une plus grande somme d’égos bancaires pouvait réellement sauver le monde alors il n’y aurait vraiment aucune raison de s’inquiéter au sujet du grand hédonisme actuel du système, doctrine très halléchante pour l’idéologue moderne, dont l’élément principal est la recherche continuelle du tout pouvoir politique marchand sur terre.

    Hélas lorsque le système mondial s’écroulera de très haut et cela malgré les multiples productions, commandes et ventes d’armes lancaient un peu partout en série depuis 2009 et bien avant aussi pour mieux paraît-il sauver le monde de la banqueroute bancaire, je me demande quand même qui lancera ses nouveaux jouets technologiques le premier lorsque grand patatrac.

    A vrai dire tout cette actualité qui nous ait montré jour après jour, n’est pas du tout en fait le réel montré à l’homme, mais tout juste la représentation médiatique et bien hypocrite de la plus grande bétise humaine que l’homme n’ait jamais pu concevoir jusqu’à présent dans l’histoire, vouloir en fait se voiler plus longtemps la face en société, pire même et pour tout le monde ne plus.

    1. Je salue néanmoins le courage et la volonté de tous ceux et toutes celles qui persistent encore à croire qu’il est possible de faire résonner une femme folle ( l’humanité actuelle) ou alors un homme devenu radicalement fou à cause des nombreuses valeurs de l’argent, du pouvoir ou du tout commerce planétaire mondial, hélas j’ai bien peur qu’une plus grande équipe médicale et de spécialistes ne puissent suffir à pouvoir soigner le très grand mal actuel de l’homme moderne. Car faut bien reconnaître que les choses sont quand même bien avancées un peu partout, même si d’ailleurs je préfère vous en parler dans d’autres termes de penser ou d’expression …

    2. On est d’accord Jérémie.
      Pour venir au chevet du monde qui finit de se décomposer sous nos yeux- car il s’agit bien de décomposition et non d’effondrement cataclysmique pour Une des 20 Heures, malgré l’épique pic Lehman- il apparait bien, et de plus en plus chaque jour, que les compétences humaines idoines et pertinentes relèvent bel et bien de l’art du thanatopracteur..
      Et l’heure n’est plus même aux extrêmes onctions, aux repentirs ou aux pleureuses, mais seulement au positionnement du défunt sur la table mortuaire en décubitus dorsal, à l’injection de formol, au suturage de bouche, au drainage de gaz, au vidage d’organes cavitaires et autres joyeusetés avant scellement définitif du sarko-phage de béton après introduction de la magnifique dépouille.
      Et le tout sans tralalas, ni fleurs ni couronnes, ni condoléances, ni tambours ni trompettes…

  12. Mais que fait la Banque Centrale Européenne ?

    Pourquoi la BCE n’intervient pas MASSIVEMENT pour racheter les dettes souveraines du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce ?

    Ce qui est en train de se passer sous nos yeux est incroyable, tout simplement incroyable.

    En ce moment même (vendredi, 10h30), les taux d’intérêt du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce, sont en train d’exploser.

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces trois Etats à rembourser leurs dettes.

    Ces trois Etats foncent vers le défaut de paiement.

    Portugal :

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande :

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Grèce :

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    1. L’image qui me vient à l’esprit quant on parle des États « surendettés », comme d’ailleurs pour toute entité soumise à la Loi de la Dette, ce n’est pas une course vers le vide.
      Je me représente plutôt un sherpa épuisé, les pieds seulement équipés de chaussettes en fil d’Écosse, tentant d’accélérer toujours la cadence de ses pas pour compenser la glissade de plus en plus intense dont le menace la pente s’accentuant. Le tout stimulé par le contact glacé sur sa nuque du canon de révolver de l’alpiniste « aventureux » qui le paye et se tient sur son dos…

  13. CHINE : réserves 2450 Md€ , Prêts 2009 pour la relance 1085 Md€ , 23% seraient sur des invests pourris.
    Bien ils n’ont qu’à nous refiler les 230 Md€ toxiques , comptez donc sur la chine pour tirer le monde , elle pourrait bien le faire couler.

  14. Paris, Samedi 18 Septembre 2010
    Edition du week-end

    La Chine diversifie le contenu de ses coffres

    ▪ Cette semaine, le plus intéressant ne s’est pas passé — faut-il vraiment s’en étonner ? — sur les marchés actions. Non, c’est du côté des devises qu’il faut se tourner pour trouver rebondissements, aventures et cascades en tout genre.

    A commencer par le retour de l’euro, qui est revenu aux alentours des 1,30 $… malgré des nouvelles économiques franchement peu propices à soutenir bien longtemps une devise flageolante.

    « Dernièrement, les nouvelles de Grèce ne semblent pas des plus réjouissantes. L’économie a plongé de 1,8% au dernier trimestre — ce qui donne un -3,7% en rythme annuel. Ailleurs en Europe, ce n’est guère mieux. La croissance espagnole est proche de zéro ; même l’Allemagne, jusqu’alors tirée par ses exportations, connaît une baisse de 1,5% de ces dernières. Et nous, tels des Shadoks en pleine effervescence, nous creusons, toujours notre déficit commercial qui a atteint, en juillet, 4,18 milliards d’euros ».

    « Une excellente étude réalisée par un banquier de Morgan Stanley, Arnaud Mares, nous apprend que si l’on prend en compte l’ensemble des dettes et engagements publics, l’endettement total de la France représenterait 600% du PIB dans les prochaines années — le même calcul porte à 800% du PIB la dette américaine. Pour l’Irlande et la Grèce, les chiffres sont sans appel, les dettes respectives de ces deux pays avoisinent les 1 500% de leur PIB. Finalement 2008 n’était peut-être pas l’annus horribilis que l’on proclamait. Et si elle était devant nous ? »

    Vu la teneur de l’année 2008, vous imaginez un peu ce qui pourrait nous attendre dans les mois qui viennent.

    ▪ Mais revenons-en aux devises. L’euro revient, donc… et il n’est pas le seul. Le yen s’envole, grimpe et plane. En cause : l’inversement du carry trade entre le yen et le dollar — mais aussi, plus étonnant, les rachats massifs de yens par la Banque de Chine.

    Mais est-ce vraiment si étonnant que ça ? Après tout, la politique monétaire des Etats-Unis est clairement « dévaluationniste » — taux ultra-accommodants, assouplissement quantitatif, planche à billets et largage par hélicoptère font partie de l’arsenal américain : il y a de quoi impressionner même le plus féroce ministre des Finances !

    La Chine a donc décidé de diversifier le contenu de ses coffres. Elle avait déjà augmenté ses détentions d’euros, maintenant, c’est au tour de la devise nippone.

    « Avouez que voir le yen se transformer en devise de réserve, ça ne manque pas de sel ! », nous disait Philippe Béchade jeudi dernier.

    « Mais c’est une marque de confiance dont le Japon se serait bien passé. Les autorités économiques nippones, sous l’impulsion du gouverneur de la Banque centrale, M. Shirakawa, sont intervenues mercredi pour la première fois en six ans sur le marché des changes pour endiguer la flambée du yen, lequel venait de franchir le cap des 83 face au dollar.
    Cela entraîne une débauche de milliards de dollars, probablement en pure perte : le seul message que les cambistes veulent entendre, c’est que la Fed s’abstiendra de faire tourner la planche à billets au cours des prochains mois. Ils risquent d’attendre longtemps ! »

    En effet… et pendant que les plus grandes banques du monde cherchent une alternative à la fragilité du dollar, à la faiblesse de l’euro, à l’instabilité du yen et à l’incertitude du yuan… qui a battu un record historique, à plus de 1 270 $ l’once ?

    Allez, un indice, cher lecteur : ça commence par « o » et ça finit par « r »…

    Meilleures salutations,

    Françoise Garteiser
    La Chronique Agora

  15. JeanNimes dit :
    17 septembre 2010 à 13:14
    « C’est quand même fatigant… »

    Oui, cela est d’autant plus pénible que lorsque l’on a baigné dans l’univers des effets de la théorie, on se fiche pas mal de la théorie!
    Je ne dis pas que les effets de la théorie soient nécessairement correctement advenus, comme avec le marxisme, et je ne le pense pas.
    A l’inverse, les réalités s’éprouvent, et comme telles, elles ne servent pas à démontrer la validité ou la survie d’une théorie….ou même d’une analyse.
    Loin de moi l’idée de jeter le bébé de la théorie avec l’eau du bain de la réalité: cette eau du bain, on ne peut tout simplement pas la jeter!

    Et comment oser jeter le bébé?…c’est exactement le propos révolutionnaire.
    Hors, l’évolution est souhaité, bien plus que la révolution, et en cela, il y a tout un pan de la réflexion à la suite de Marx qui ne rend pas compte d’autre chose que d’une souhaitable réorganisation brutale des moyens de la production, réorganisation de l’accaparement et réorganisation de l’échange.
    Je ne cherche même pas à savoir si Marx prône la révolution ou pas.

    Ce serait comme se poser la question si Darwin est eugéniste ou pas.
    Pensant à Darwin, et réfléchissant aux réalités avec la biologie, Darwin n’a aujourd’hui plus de sens à être réhabilité, sinon pour battre en brèche quelques illuminés de la création.
    L’acquis en connaissance avec Darwin est probant,et cela établi, c’est bien ailleurs que les développement de la génétique entrainent, pour aujourd’hui.
    Il fut un temps pas si lointain la biologie n’était même pas une science, c’était une vague exploration.
    Alors cent fois oui, les citations de Marx dans le texte ressemblent aux propos d’experts livrés durant la contre-visite d’une usine à gaz argentique.
    Cette usine, il ne s’agit pas de la considérer seulement explosive, il s’agit graduellement d’en remplacer les circuits, ou les fluides, ou de shunter ici ou là, ou de développer de nouvelles unités.

    Par pitié, inventez mais ne nous faites pas repasser obligatoirement la pensée dans les antiques tuyauteries, quand on ne sais plus dire si aller faire ses courses c’est ou non du travail, et quand l’inflation de gestion politique ou commerciale fournissent les postes qu’il faudrait occuper, et que désigner la bête tantôt à gauche, tantôt à droite confine au jeu de rôles, jeu qui relègue de plus en plus nombreux sujets en sorte de gestion de l’inutilité, et même nulle part.

    Les experts en démantèlement, ils utiliseront le savoir du Marxisme, juste pour démanteler!
    En terres d’objectivité restent de très beaux jours au capitalisme, lui qui concède « ad minima » et même moins, au moins une part de subjectivité aux sujets.
    Encore une fois, la possibilité faite à l’individu qu’il puisse se délivrer de « toutes ses sortes d’attachements », c’est une hypothèse autant nécessaire à certains développements théorique que mal examinée pour rendre compte des réalités.
    Et c’est cette hypothèse qui relègue les attachements ne se démontrer en économie nulle part ailleurs qu’au capital ainsi qu’ils puissent se compter.
    Mais en réalités, les attachements, cela compte bien plus que cela ne se compte!
    Reste alors l’examen des injustices, et cela c’est un point de départ contemporain…

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