Joni Mitchell

On l’a découverte en 1967 quand Judy Collins chantait les chansons qu’elle composait, et celles de Leonard Cohen, deux Canadiens encore inconnus. On avait cette image d’elle en grande sauterelle hippie, chantant des ballades un peu bizarres, syncopées, qui ondulaient dans la gamme de haut en bas et de bas en haut, et qu’on a mieux comprises quand elle a sorti en 1979 un album enregistré quatre ans plus tôt en compagnie du contrebassiste de jazz Charlie Mingus. Et puis, l’image s’est brisée il y a une dizaine d’années quand on a appris qu’elle avait abandonné sa fille bébé dans ces années hippies « parce qu’un enfant aurait nui à sa carrière musicale ». Il y avait là quelques chose de discordant, comme cette auto-stoppeuse que j’avais embarquée dans ma vieille Volvo pour un long périple des Lowlands aux Highlands d’Écosse, et qui insistait pour qu’on s’arrête toutes les heures, non pas pour faire pipi ou se dérouiller les jambes, mais pour vérifier avec son courtier l’évolution de son portefeuille boursier (le téléphone mobile relevait encore à cette époque de la science-fiction). Les autres nous surprennent toujours.

Avec Johnny Cash

Au tout début, en folk-singer

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27 réflexions sur « Joni Mitchell »

  1. Bien charmante personne, dotée d’une jolie voix…
    Mais comment réussir une carrière, si pour cela on commence par abandonner un enfant? Quel est le sens du mot « réussir » pour cette (horrible) jolie dame?

  2. Les personnalités multiples, c’est peut être une piste…

    Les gens ont beau avoir du talent, des talents, mais ils sont multiples parfois.

    Divers personnages œuvrent au sein d’une même.

  3. Elle me rappelle mon ancienne copine de lycée, malgré un poisson rouge offert à un anniversaire le monde des hommes était déjà à ses pieds, la conscience des êtres est souvent multiple, double,
    même d’ailleurs pour les plus en vus à l’image, cela ne concerne pas non plus que le monde du spectacle, je pense au contraire qu’un enfant aurait davantage contribué à l’évolution de sa carrière,
    enfin on ne connait peut-être pas non plus toute l’histoire, si ça se trouve son manager l’avait fortement influencé en ce sens ou alors peut-être quelqu’unes de ses connaissances de l’époque …

  4. Waouh! impressionnant.

    Pourquoi reprocher toujours à la femme d’avoir abandonné son enfant ?
    Et l’homme qui abandonne la femme enceinte ou la femme et le bébé ?
    Le sexe féminin a-t’il l’obligation de gâcher sa vie avec une grossesse et assumer un enfant non désiré ?

    Je pense que l’ enfant à venir engage la liberté des deux et la limite. C’est l’acceptation de cette responsabilité qui les grandit ensemble.

  5. Blue est un de mes albums préférés. Une voix cristalline, un regard aiguisé, une mélancolie qui irrigue toujours. Un mystère dansant qui ne vieillit pas.

  6. Cette vidéo est très sexy, je sais pas pourquoi je dis cela, mais j’aime bien aussi…Surtout, c’est presque « tendance » pour rester dans le verbiage de la « Temps-danse » ….Danse…plouf…PLOUF….

  7. Bonjour monsieur Jorion,
    Puisque que vous avez posté ce billet sur Joni Mitchell, je crois qu’il est temps pour moi de mettre mon premier commentaire sur ce Blog.
    D’abord un grand merci pour votre travail et pour l’énergie que vous y consacrez, je lis votre blog avec intérêt presque chaque jour et je vous avouerai que c’est grâce à des gens comme vous, qui sont encore capables de poser les bonnes questions et de pointer du doigt les dysfonctionnements manifestes de nos sociétés, que j’ai l’impression que la partie n’est pas perdue…
    J’ai 32 ans, j’ai découvert Joni MItchell il y a quelques mois, et je suis tombé sous le charme presque instantanément. Elle s’est très vite hissée au rang de mes artistes favoris. A mon sens, peu d’auteurs-compositeurs ont réussi à atteindre une telle musicalité et à écrire des textes aussi sensibles…
    Alors bien sûr elle à abandonné sa fille bébé et il peut paraître difficile de trouver des excuse à cet acte, mais il est aussi impossible de connaître les choix qui se présentaient devant elle, et inimaginable de penser que cette acte n’a pas influencé le cours de sa vie et de sa production musicale.
    Joni dira dans une interview en 1998 : « I was dirt poor. An unhappy mother does not raise a happy child. It was difficult parting with the child, but I had to let her go. »
    En 1967, trois ans après avoir abandonné sa fille, elle écrira « Little Green » qui traitera de ce sujet délicat.
    Voilà, pour vous dire malgré tout la grande admiration que j’ai pour cette dame qui tout comme vous me fait tenir bon dans les moments de doute.

    Joni Mitchell : Little Green

  8. Qui sommes nous pour juger les autres, son histoire est la sienne, je dirai aussi que c’est souvent dans la douleur que s’exerce les grandes victoires.
    Souffrir est un des meilleurs moyens pour tenter de se dépasser, beaucoup d’artistes ont de vies difficile, doit on tous les juger.
    Pour ma part j’aime sa voix, son rythme et sa tonalité, elle chante comme elle vit sa vie, en se donnant à sa chanson, la chanson est sa vie et sans doute de ses douleurs vient la force qu’elle met dans ses chansons.

  9. Un nid qui tombe et c’est une vie de tristesse qui s’ouvre. Ma préférée c’est celle avec J Cash, le décor donne une idée de passage, d’ouverture vers un futur possible.
    Pour le reste, J Cash, n’aurait-il pas songé à Shakespeare (Marchand de Venise) : « La clémence ne se commande pas. Elle tombe du ciel, comme une pluie douce, sur le lieu qu’elle domine; double bienfaisance, elle fait du bien à celui qui donne et à celui qui reçoit. Elle est la puissance des puissances. Elle sied aux monarques sur leur trône, mieux que leur couronne. »

  10. Au sujet des femmes. Encore d’Ernest Renan, ce passage trouvé un peu par hasard dans son « Nouveaux cahiers de jeunesse » (1846), acheté ce samedi à La Haye, intéressant je trouve:

    « Ce qui fait la sécurité de la vie, c’est que les hommes sont liés; aussi quand je me trouve au milieu d’une troupe qui semble se délier, par exemple, qui fait de grands gestes, qui crie d’un air libre, cela m’effraie, je crois voir l’homme se délier, et involontairement je me dis: Gare!

    Oui, ce concept est juste: sans ces liens intérieurs et extérieurs, l’égoïsme réaliserait le cauchemar de Hobbes. – Ainsi j’aime les gens religieux, ils sont bien liés, ceux-là: je voudrais une femme religieuse et exaltément religieuse de sentiment, (…), je ne dis pas une dévote dans le sens vulgaire. Le plus de lien possible, pour plus de sûreté. » ( Pensées – p. 133-34)

  11. La question du lien et de la rupture du lien.

    En lisant ce billet, je me demande quel type d’enfance Joni Mitchell a pu avoir, et
    au-delà de cette enfance, de quelle histoire elle est issue. Je ne crois pas comme ça
    qu’elle ait abandonné sa fille seulement pour une simple histoire de carrière. Ou plutôt est-ce probablement plus compliqué. Quand l’enfant ne peut s’inscrire dans une relation mais devient plutôt un objet, un paquet, et encombrant qui plus est, c’est qu’il y a autre chose, quelque chose dans la relation à soi (et donc aux autres) qui est comme cassé. Non? Ce qui expliquerait peut-être les ruptures dans le style. Peut-être son talent d’artiste et son sourire associé sont des tentatives de recréation de ce lien, intime et vers les autres, avec ce paradoxe que pour se retrouver soi, dans cette hypothèse que je fais, elle ait pu mettre en concurrence sa carrière et sa fille.

    Je crois beaucoup que dans ce type de souffrance, c’est sur le lien qu’il faut travailler. A l’échelle d’un individu, car c’est là que ça commence- dans la relation aux premières figures affectives- mais à l’échelle de la société aussi.
    Se sentir relié aux autres et à soi-même en faisant vivre ce qui nous relie.

    Et notamment la citoyenneté.

    Car nous ne sommes pas des choses, des paquets encombrants dont on se débarrasserait sous les tapis de la conscience. Pas des marchandises dont retirer tout le profit (mortifère et stérile) possible. Et puisque tout se passe comme si c’était le cas, alors nous sommes mal barrés. Quelle société préparons-nous dans une conception idéologique où la promotion de l’individu, ou d’un individu contre tous, prend le pas sur la promotion de ce qui nous relie, à savoir, si je ne m’abuse, le partage. D’un sourire, d’un mot, d’un regard, d’un verre, de quelque richesse matérielle et immatérielle, d’un morceau de musique, d’une réflexion, d’une conversation, d’un débat, de toutes ces tentatives de création de lien vers l’autre et vers soi.

  12. D’un sourire, d’un mot, d’un regard, d’un verre, de quelque richesse matérielle et immatérielle, d’un morceau de musique, d’une réflexion, d’une conversation, d’un débat, de toutes ces tentatives de création de lien vers l’autre et vers soi…
    Répondre :
    …Soi…SOIT……………LE GRAND…Soi…Que la Lunière Soit et la LUMIERE FURTIVE subtilement avec l’OBCURITE….Le Soi le meilleur ami du Soi et de son ennemi…

  13. Nous devons donc re-lier, après que des forces désintégrantes aient travaillé à nous dé-lier. Relions donc tout ce qui a été délié. Par un grand refus de cette « culture de la mort » qui a caractérisé notre monde occidental moderne, disons oui à la « culture de la vie » en cherchant à re-lier, à tout prix. Quelle tristesse pour ces femmes victimes ou actrices de la déliance. Car c’est aux femmes, d’abord, que revient de re-travailler la re-liance. Elles, seules, savent ce qu’est être reliées; elles, seules, ont ressenti en leur sein, au plus profond d’elles-mêmes, cette reliance vitale et primordiale à l’être, à l’humain, leur enfant. Quelle drame que vient de connaître notre société: peut-être trop de femmes, trop insouciantes, inconscientes, irrésponsables, immatures, manipulées souvent, parfois désespérées sans doute, ayant perdu ce sens du lien et de la reliance, ce « bon sens », ce « sens commun » dont « la disparition aujourd’hui est le signe le plus sûr de la crise actuelle ». Hannah Arendt parle de la « faillite du sens commun ». N’a-t-elle pas raison?

    1. Certes à propos de la reliance vitale,

      Mais à trop grande reliance envers le vital la femme moderne n’en risque-t-elle pas indirectement de perdre son autre moitié c’est-à-dire la moins possessive au plus infime d’elle même et plus à même sans doute de l’affranchir plus efficacement et joliment de son être le plus vital ou alors de l’homme le plus protecteur, dominateur et possessif soit-il en société

      Vous savez cette partie qui influence continuellement les êtres à vivre le plus machinalement et funestement possible sur terre, et cela pour les seules valeurs de l’argent et du pouvoir en plus sur autrui et pas seulement hélas sur les marchés.

      Pour mentir un peu je n’ai d’ailleurs rencontré que des femmes très très professionnelles dans ce monde, les femmes entre-elles parlent principalement en bien des hommes, les hommes entre-eux parlement principalement des femmes en bien, sinon qu’aurions-nous encore à dire sur le sexe opposé, c’est-à-dire que la vie du monde moderne est principalement dicté de nos jours médiatiquement par un plus grand Vital humain, cette partie bien plus proche de la matière …

  14. ….Tenez pour tout vous dire…Ou alors tenez le vous pour dit…Je trouve ça plus moche…Mais bon ce n’est peut-être qu’une impression ou interprétation imaginaire très certainement, ou probablement… Nez en moins…Mais née en plus, il faut reconnaître que l’affaire des affaires en court d’évolution, du plus grand petit au plus petit grand,n’est pas encore réglée…( abu »ze »- rais-je, si j’ajoutais poils au nez, c’est ce que l’on tente de nous faire croire, alors que c’est tout le contraire. (Poils au blaire (peut-être eau(x)).
    N’en déplaise ou délasse le lecteur. (J’oubliais d’électeurs ou (tateur..ect…tce..TVA+ TaxeTVA+TCE…ETC…En sus-pension…?

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