L’actualité de la crise: des tacticiens alors qu’il faudrait des stratèges

Billet invité.

Ce n’est pas vraiment le grand optimisme qui règne, en cette avant-veille d’ouverture de l’assemblée mondiale du FMI à Washington, alors que les ministres des finances du G7 vont vendredi participer à un dîner de travail consacré à la situation sur le marché des changes. A force de prospérer, et de donner des arguments à ceux qui se lassent un peu de ses péripéties à répétition, la crise est en train d’acquérir une forte dimension monétaire, ce qui en aiguise les contradictions.

Proprement monétaire, elle fait obstacle aux dévaluations compétitives occidentales et érode les exportations de nombreux pays émergents. Mais elle soulève surtout de fortes interrogations, qui portent sur les conséquences de la mise en œuvre du second levier disponible pour relancer l’économie : le programme d’achats obligataires de la Fed qui est dans les tuyaux.

Changement de décor, ce qui était perçu comme une bagarre sino-américaine à propos de la parité yuan-dollar a offert en l’espace de quelques jours un tout autre spectacle. Celui d’un désordre monétaire généralisé affectant toutes les monnaies – des pays développés aux pays émergents – déclenchant des alarmes en tous sens. Le doigt est discrètement pointé sur le grand responsable, le dollar, qui continue inexorablement à se déprécier, entraînant l’appréciation automatique des autres devises.

Dans ces conditions, si la Fed se lance dans une nouvelle opération de grande envergure d’achats obligataires – on parle d’un millier de milliards de dollars, étalés dans le temps – quelles en seraient les conséquences au plan monétaire ? Destinée à relancer l’économie américaine, à quoi risquerait-elle d’aboutir dans la pratique ? A la réalisation d’un scénario à la japonaise, dans lequel le secteur bancaire conserverait par-devers soi les liquidités, ou à celle d’exportations imprévues, de capitaux et non pas de biens et de services vers les pays émergents ? Ce qui déstabiliserait encore plus leur économie après avoir contribué à l’appréciation de leur monnaie.

La seconde hypothèse n’est pas la moins certaine. Car elle serait la suite logique de ce qui a été déjà entrepris à large échelle. A la recherche de rendements qu’ils ne trouvent plus dans le monde occidental, en raison des bas taux d’intérêt, les capitaux se dirigent vers des cieux plus accueillants. Ils inondent les pays émergents et perturbent le fonctionnement de leur économie. Basée sur l’exportation – qui subit déjà le contrecoup de la croissance anémique occidentale – celle-ci doit également encaisser les effets de la valorisation de la devise nationale par rapport à celles de leurs clients.

Les mille milliards de dollars d’acquisition de bons du Trésor de la Fed – dont il a été calculé qu’ils feraient grossir son bilan déjà hypertrophié de 40% – permettraient dans un premier temps de financer l’équivalent de ce que l’Etat américain aurait à chercher l’année prochaine sur les marchés pour faire face à son déficit et au roulement de sa dette. Et ferait encore baisser les taux. Cela permettrait de gagner du temps sur le front de la réduction de la dette, mais après ?

Mais il y a un second effet prévisible à cet afflux financier, une nouvelle dépréciation du dollar en résulterait inévitablement, accélérant le mécanisme de transfert financier en direction des pays émergents. Joseph Stiglitz vient de lancer à ce sujet un appel, expliquant que les flots de liquidités déversées par la Fed et la BCE menaient le monde droit au chaos en générant une grande instabilité sur le marché monétaire.

Sous leurs différents aspects, les crises se rejoignent à l’infini, comme les parallèles. A ceci près que l’infini est désormais en vue.

Ainsi, la Fed est prise en tenaille entre la nécessité de relancer l’économie, et d’utiliser à cette fin la seule arme dont elle dispose encore, la création monétaire. Mais elle va accroître les désordres monétaires et la nécessité d’une réforme d’ensemble du système monétaire international, avec à la clé la fin de la prééminence du dollar. Ce qui rendra insupportable la dette américaine et impliquera à terme une réduction drastique du déficit.

Le scénario est tout tracé et le film n’est pas interactif. Seule sa durée est une inconnue.

Ce n’est pas pour une autre raison que Barack Obama vient de déclarer que « la situation fiscale est intenable », ce qu’il ne peut pas venir de découvrir, et que Ben Bernanke, président de la Fed, a renouvelé ses appels à ce que soient prises « des décisions très difficiles » imposant des « sacrifices », qu’il avait depuis plusieurs mois cessé de lancer. Les annoncer n’est pas les prendre, un esprit observateur pointait dernièrement que chaque membre du Congrès membre de de la commission chargée d’étudier les coupes budgétaires à réaliser avait dans sa circonscription des intérêt contraires à défendre. Elles sont donc étudiées pour plus tard, dans un ou deux ans est-il dit, quand le temps sera plus clément, mais le sera-t-il vraiment ?

Ces derniers mois, la crise a donné l’impression d’une partie de ping-pong ou de tennis. La balle passait vite d’un camp à l’autre, des Etats-Unis à l’Europe, tandis que le Japon restait en réserve. Avec la montée en puissance du désordre monétaire, la crise se globalise à nouveau. A court terme, les réponses qui y sont apportées partent dans des sens opposés. Les Américains et les Japonais – ces derniers viennent hier de le décider – s’engagent dans une tentative de relance reposant sur la création monétaire par les banques centrales, les Européens accordent la priorité à la réduction des déficits. Les bonnes âmes qui ne sont pas aux commandes – FMI et même OCDE – conseillent de pratiquer les deux en même temps, avec doigté et discernement disent-ils. « La croissance économique [mondiale] est toujours modeste » vient de déclarer un haut responsable du Trésor US ayant requis l’anonymat, ajoutant « notre priorité première doit être de renforcer la reprise ». Qu’en pensent Jean-Claude Trichet et la BCE ?

Cette cacophonie n’est pas seulement inefficace, elle n’est pas tenable à terme.

Au plan monétaire, il n’y a pas davantage de solution en vue. Tous s’y mettent, Dominique Strauss Kahn, Wen Jiabao, l’Institute of International Finance (les mégabanques), Robert Zoellick (la Banque Mondiale), mais aucun n’est en mesure de tracer un plan de route clair, une fois fait le constat que cela ne peut plus durer ainsi. Car il faut à la fois faire quelque chose pour calmer le jeu et ne pas le découvrir, car ce n’est pas mûr.

A l’occasion des sommets qui se déroulent à Bruxelles, Jean-Claude Juncker (Eurogroup), Jean-Claude Trichet (BCE), et Olli Rehn (Commission), ont des plus fermement invité Wen Jiabao à effectuer une appréciation « significative » du yuan. Christine Lagarde vient de proposer que le prochain G20 inscrive ce point à son ordre du jour, où les débats s’annoncent tendus. S’en tenir à ce seul étroit aspect du dossier monétaire, c’est cependant regarder par le petit bout de la lorgnette, mais il est commode de dénoncer la sous-évaluation du yuan pour ne pas évoquer la dépréciation du dollar.

Les Français tentent de faire valoir la nécessité de « mettre en place des filets de sécurité, un système d’assurance dont le FMI serait le responsable et le gestionnaire », selon une source non identifiée citée par l’AFP. Une approche globale qu’il va être difficile de faire partager et avancer. A l’évocation d’éventuels « filets de sécurité », les Allemands viennent sans attendre de faire savoir qu’ils n’étaient pas d’accord.

José Vinals, le directeur des marchés monétaires et de capitaux du FMI, a affirmé hier que le monde a besoin de voir les taux de change bouger, afin d’équilibrer l’économie mondiale. « L’important c’est que les marchés ne connaissent pas d’épisodes de volatilité excessive ou de turbulences », a-t-il poursuivi, affectant la sérénité par rapport aux événements monétaires en cours. Mais il a reconnu que les taux de change devaient « être conformes aux fondamentaux », ce qui signifie qu’ils ne sont pas. Comment les y faire redevenir dans un système à taux flottant qui devrait y aboutir par lui-même ? Les Chinois sont-ils les seuls visés par ce rééquilibrage ? Un yen tiré vers le haut par le marché est-il en phase avec les fondamentaux ? Autant de questions et pas de réponses.

Pas plus que le Japon et même l’Europe, les pays émergents n’ont les moyens d’efficacement contrer la dépréciation du dollar. La Bank of Japan vient de faire baisser le yen, mais il a ensuite remonté. Le Brésil vient tout juste d’accroître la taxation des capitaux étrangers investissant sur les obligations d’Etat, dans le cadre d’opérations de carry trade, mais la mesure peut être aisément contournée, les capitaux entrant sous un autre prétexte avant de revenir à leur vocation initiale et masquée.

De nouveaux accords du Plaza, qui avaient à l’époque avalisé celle-ci, ne sont davantage envisageables. Un nouveau pacte monétaire est certes indispensable, mais lequel ? Les conditions pour y parvenir ne sont pas aujourd’hui réunies, le seront-elles un jour ? Les Américains conservent un droit de veto qu’ils n’abandonneront que forcés et contraints; leur crise spécifique continue d’alimenter la crise globale et même de l’étendre aux pays émergents.

L’institute of International Finance (IIF) a bien une solution, qu’il vient d’exposer dans une lettre adressée aux participants de l’assemblée annuelle du FMI. De nouveaux accords sont nécessaires, préconise-t-il, mais ils doivent être plus sophistiqués que les précédents, les accords du Plaza signés il y a 25 ans. Ils doivent inclure de fermes engagements à réaliser à moyen terme des mesures fiscales aux Etats-Unis, ainsi qu’une réforme structurelle en Europe.

L’IFF présente un paquet cadeau combinant crise monétaire et de la dette publique, moins intéressé à résolution de la première – qui lui permet de réaliser de très profitables opérations bien que pouvant être à terme mauvaise pour les affaires – mais très motivé par l’autre volet, qu’elle met en avant. Avec pour objectif la réduction des besoins de financement des Etats. Rien de bien nouveau, en vérité, sauf que cette pression accrue des mégabanques intervient au moment où des grandes décisions devraient être prises. Et ne le seront probablement pas.

De quel côté le monde occidental va-t-il finalement basculer ? Du côté de la relance, en faisant agir les banques centrales, ou de celui de la récession, en mettant l’arme au pied et en privilégiant la lutte contre les déficits budgétaires ? Il est prévisible qu’aucun choix tranché ne sera fait dans l’immédiat, car comment pourrait-il en être autrement  ?

De toute façon, la relance n’est pas à l’arrivée l’hypothèse la plus crédible, sauf à croire encore dans la vertu de la planche à billet dans un contexte où elle est inopérante. Mais les Américains, qui continuent de détenir la clé de la principale serrure, peuvent-ils se résoudre à l’admettre ? C’est pour eux aussi inconcevable que d’accepter une réforme d’ensemble du système monétaire international. Les conditions sont donc réunies pour qu’ils continuent d’alimenter la crise et que celle-ci s’approfondisse.

Post-scriptum: Combien de fois le mot crise aura-t-il donc été écrit au fil des mois et maintenant des années ?

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151 réflexions sur « L’actualité de la crise: des tacticiens alors qu’il faudrait des stratèges »

  1. Rectificatif:
    je me suis trompe. Il ne s’agit pas de dévaluer le yuan (le renmibi), mais du contraire.

  2. Le jeu de « l’expression-culte ».

    Dans cet article de Boursorama.fr, « l’expression-culte » est cachée.

    Saurez-vous retrouver « l’expression-culte » ?

    USA : destructions surprises d’emplois dans le secteur privé.

    Contre toute attente, le secteur privé américain a supprimé 39.000 emplois en septembre, d’après l’enquête mensuelle du cabinet de services aux entreprises ADP. Par comparaison, les économistes anticipaient au contraire 20.000 créations d’emplois en moyenne.

    Boursorama

    1. Tout cela c’est de la foutaise !!
      L’économie plonge, ils vont encore radier quelques milliers de chômeurs pour arriver à un résultat globalement stable.
      Et si le consommateur de l’Etat de New-York arbore un sourire radieux lors du prochain sondage, la bourse va prendre + 20 %.
      Et l’office qui va bien va nous annoncer que la récession est … terminée.

    2. Les Américain peuvent malheureusement continuer à manger leur pain noir. L’espoir s’essouffle et le double dip est proche.

      “We see two main scenarios,” analysts led by Jan Hatzius, the New York-based chief U.S. economist at Goldman Sachs Group Inc., wrote in an e-mail to clients. “A fairly bad one in which the economy grows at a 1 1/2 percent to 2 percent rate through the middle of next year and the unemployment rate rises moderately to 10 percent, and a very bad one in which the economy returns to an outright recession.”

      http://www.bloomberg.com/news/2010-10-06/oldman-sachs-says-u-s-economy-to-be-fairly-bad-recession-is-possible.html

  3. 1) Je lis le blog régulièrement, mais je ne suis pas sûr de comprendre exactement la phrase suivante:

    « Mais les Américains, qui continuent de détenir la clé de la principale serrure, peuvent-ils se résoudre à l’admettre ? »

    Quelle est cette clé? Que peuvent-ils faire?

    2) « Ainsi, la Fed est prise en tenaille entre la nécessité de relancer l’économie, et d’utiliser à cette fin la seule arme dont elle dispose encore, la création monétaire »
    Un des choses que la FED pourrait faire c’est de modifier son taux d’inflation « idéal » (target rate) de 2% à, disons, 4%. Au plancher de 0%, c’est la seule manière de faire réinjecter l’argent créé dans l’économie (si l’annonce est crédible, le détenteurs de liquidité préféreront investir/consommer plutôt que voir la valeur de leurs dollars diminuer dans le futur via l’inflation). En tout cas c’est ce que pense Paul Krugman. Est-ce que François Leclerc est d’accord?

  4. Olivier Blanchard, chef économiste du FMI avait agité cette idée: élever l’objectif d’inflation. Sans suite.

    Par ailleurs, faire boire un âne qui n’a pas soif est impossible ! Je ne crois pas que les remèdes monétaires puissent être efficaces.

    Si la racine du mal est la distribution inégale de la richesse, il faut donc y remédier. La fiscalité, notamment, est un outil adapté à cette fin. Il y en a d’autres.

    Quelle clé me demandez-vous ? C’est celle-ci qui devrait être actionnée, il n’y en a pas d’autre.

    1. 1) Pour la clé, je devais être fatigué, merci! Le post exclusivement monétaire a dû m’embrumer les neurones.

      2) Peut-on faire boire une âne qui n’a pas soif qui mais a très peur d’avoir soif dans le futur?

      mais bon je suis d’accord avec vous que la solution fiscale est beaucoup plus directe et efficace. Elle a le désavantage (? enfin, c’est selon les points de vue) d’être transparente.

    2. Fils calmant…

      L’Allemagne a calculé, début 2009, que si elle réussissait à supprimer l’évasion fiscale (différence de 10% entre les PIB sortants et entrants de tous les pays de la planète), en imposant tout simplement au même régime les sommes qui « s’égarent », Les comptes de l’état seraient à l’équilibre 2 à 3 ans plus tard.

    3. « Si la racine du mal est la distribution inégale de la richesse, il faut donc y remédier.
      La fiscalité, notamment, est un outil adapté à cette fin. Il y en a d’autres. »

      C’est effectivement une crise de suraccumulation, comme le capitalisme en produit régulièrement.
      Plus grave car retardée en amplifiée par le développement de la financiarisation.

      Quant à faire baisser le taux de profit, par rétablissement du taux d’imposition du capital
      d’il y a 30 ans, ou par augmentation des salaires,
      les gouvernements aux ordres du capital (en alternance gauche-droite) ne le feront pas,
      car dans la concurrence accrue, c’est faire fuir le capital.

      Mais François à raison. Il y a une autre solution:
      gérer l’économie au service des besoins durables de tous,
      pas de l’accumulation privée sans limite.

      L’homme est bien sorti de l’âge de pierre, ou du féoalisme,
      il peut, si il veut survivre, sortir de la préhistoire de l’histoire moderne, le capitalisme.

    4. @yvan
      Si l’évasion fiscale et la fraude fiscale étaient réduits à néant, les budgets seraient exédentaires partout en Europe.
      (Lu quelque part …)

    5. La proposition de Blanchard repose sur une constatation empirique qu’une cible d’inflation trop basse (entre 0-2%) peut avoir des conséquences négatives sur la croissance et l’emploi. Ça a été souvent avancé pour expliquer un chômage de masse au Canada dans les années 90 qu’une politique de dérégulation du marché travail n’a jamais réussi à entamer.
      La pensée dominante qui prévaut à la tête des banques centrales, repose toujours sur l’hypothèse que le niveau d’inflation n’a aucune influence sur la croissance. Il existe néanmoins quelques tentatives théoriques. Akerlof et Shiller réhabilitent l’illusion monétaire en se basant sur nos comportements individuels. Minsky parlait de frontière inflationniste pour désigner un niveau d’inflation en deçà duquel les syndicats ne réagissent pas pour réclamer des augmentations de salaires (baisse tendancielle du salaire réel). Keynes en son temps parlait de rigidité des salaires nominaux à la baisse (notamment pour souligner l’impossibilité de baisser le salaire réel en cas de crise). On peut admettre, qu’une situation d’inflation très basse engendre des problèmes d’ajustement qui pourraient affecter la croissance et expliquer un niveau de chômage supérieur à la normale.
      Enfin, on peut noter une coïncidence entre les politiques désinflationnistes des années 80 et la montée des inégalités dans la répartition des richesses. Dans quelle mesure, derrière ses apparences théoriques et techniques, le discours sur l’inflation ne cache t-il pas un discours social visant à influencer une redistribution des richesses au profit d’une certaine classe sociale ?

    6. Enfin un commentaire intéressant, merci Gribouille.

      Comme tout économiste, je me permets de commenter à mon tour : je crois que vous parlez de croissance en termes nominaux, comme le ferait tout bon keynésien, et par là je veux dire que l’hypothèse d’inflation basse affectant négativement l’emploi passe par l’idée que la courbe de Phillips existe bien, ce qui reste à prouver (les observations empiriques de la relation de Phillips ne sont pas très convaincantes à ce niveau-là). Si on laisse l’emploi de côté, les années 70 sont la preuve qu’une inflation trop élevée finit par ancrer des « inflation expectations » trop élevées, ce qui nuit à la croissance à tous les niveaux (investissement, consommation, commerce extérieur, etc…) et produit à terme de la stagflation.

      Sur la cible d’inflation basse, l’objectif étant d’avoir une inflation quasi-neutre en évitant le risque de déflation, la barre des 2% semble toujours relativement judicieuse, en plus d’avoir prouvé sa vertue stabilisatrice. Une cible d’inflation plus élevée, quelle qu’elle soit (comme les 4% suggérés par Blanchard), risquerait d’entraîner un changement dans ces « inflation expectations », c’est en tout cas ce qu’ont laissé entendre les principaux banquiers centraux. Il s’agissait peut-être d’un choix politique au début des années 80, mais le « discours » que vous condamnez n’est plus du ressort des politiques. Si vous suggérez changer cela, vous remettez en question la sacro-sainte indépendance des banques centrales. Et après, c’est Kirchner et compagnie…

    7. @François Leclerc, Gribouille et Julien

      Je pense que Paul Krugman a suggéré bien avant (en 1998) Blanchard ce problème que le « target rate » de 2% était trop faible en analysant le cas du Japon (auquel les US et l’Europe ressemblent très fort maintenant). Cfr l’article ici: http://web.mit.edu/krugman/www/japtrap.html

      L’article analyse les possibilités pour le Japon de sortir du « liquidity trap » aka « zero lower bound trap ». Le problème est que la banque centrale ne peut décréter un taux négatif (les gens préféreront garder leur argent sous leur matelas plutôt que de le mettre à la banque centrale), et est donc coincé à 0%. Ce que Krugman montre c’est qu’annoncer de manière crédible un target rate suffisamment haut est équivalent à diminuer le taux. Un autre avantage semble être qu’avec un taux de 4% comme objectif, on a moins de chance de se retrouver coincé à 0%, parce qu’il y a un peu plus de marge en dessous de l’objectif. Qu’en pensent les économistes professionels (que je ne suis pas).

      D’un point de vue politique, cette solution est évidemment difficile à avaler pour les créanciers puisqu’ils ont calculé leurs taux au moment de la signature des contrats qu’ils détiennent sur une base d’inflation long terme de 2%. Avec 4% d’inflation, ça leur fait 2% de rentabilité en termes réels. Est-ce que ceci explique que cette solution n’est pas sérieusement envisagée?

    8. @ Mathieu

      Est-ce que ceci explique que cette solution n’est pas sérieusement envisagée?

      Oui, bien sûr ! « L’inflation, c’est l’euthanasie des rentiers ». (J.M. Keynes).

      Il ne faut pas rêver à des obligations à taux fixe indexées sur l’inflation si celle-ci oscille autour de 4%

    9. Oui mais quels partis politiques français, formant un gouvernement nouveau, osera user de l’outil fiscal, partant du principe, que tous sans exception font partie intégrante du systéme ?

      Un gouvernement révolutionnaire qui sortira de la Grève Générale qui vient. Plus précisément les partis politiques qui soutiendront cette insurrection. ils risquent de ne pas être légion !

      Mais admettons qu’il y en ait. Comment faire payer l’impot à la bourgeoisie et aux grandes entreprises du CAC 40, partant du principe que leur premier réflexe lorsque cela va sentir le roussi, ça sent déjà un peu, sera de sortir leurs capitaux du pays et se cacher dans les paradis fiscaux ?

      Il n’y aura hélas pas 36 manières. Il faudra bien leur faire un gros chantage, attenter à la propriété privée, et les menacer de tout leur prendre à l’intérieur du pays: usines, terres, immeubles, propriétés, tableaux etc., s’ils ne veulent pas payer l’impôt.

      Maintenant la question politique, la seule, c’est qu’il n’y a pas en France (et ailleurs) l’embryon même d’un Parti Ouvrier révolutionnaire.

    10. @ Julien

      Le phrase de Keynes est un bon ‘pitch’ mais un peu trop simpliste. Il faudrait corriger par:
      ‘Une augmentation de l’inflation est l’euthanasie des rentiers qui ne l’avaient pas anticipée et qui vivent de leurs rentes sur des contrats de créances à taux fixe » (ou peu corrélé à l’inflation).

      En effet:
      1) un rentier qui vit des rentes locatives de ses biens immobiliers se fiche pas mal de l’inflation: les prix de l’immobilier vont suivre le reste des prix (toutes choses égales par ailleurs)
      2) si le prêt est à taux variable indexée sur qqch qui suit bien l’inflation, idem.
      3) si le rentier a anticipé l’augmentation il aura incorporé cette augmentation dans le calcul du taux qu’il demande

    11. @ Mathieu

      1) un rentier qui vit des rentes locatives de ses biens immobiliers se fiche pas mal de l’inflation: les prix de l’immobilier vont suivre le reste des prix (toutes choses égales par ailleurs)

      S’il est déjà propriétaire de ses biens immobiliers, il ne s’en fiche pas : cela nécessite pour lui de réajuster le prix locatif, au risque de « subir une perte » par rapport au niveau du marché, ce qu’il ne peut faire que sous certaines conditions stipulées dans le bail. L’inflation n’est intéressante pour un emprunteur qu’à condition d’avoir un taux fixe et une progression de son salaire dans le temps qui rend mécaniquement le poids de la mensualité moins important.

      2) si le prêt est à taux variable indexée sur qqch qui suit bien l’inflation, idem.

      Les prêts à taux variable sont 99 fois sur 100 indexés sur l’Euribor 3 mois ou 1 an.

      3) si le rentier a anticipé l’augmentation il aura incorporé cette augmentation dans le calcul du taux qu’il demande

      Jeu dangereux : anticiper par exemple sur l’évolution du prix du marché locatif dans l’immobilier revient à ne pas louer. Les locataires ne sont pas dupes.

    12. @ Mathieu,
      En général, je n’oublie jamais de citer Krugman dès que je le peux. En ce qui concerne le problème d’un ciblage de l’inflation à un niveau trop faible, il y a évidemment cet article de Krugman de 1996, « stable prices and fast growth: just say no » (avec dans mes souvenirs, une conclusion prémonitoire sur la politique monétaire de la la future BCE. On retrouve également une version écourtée du papier dans son livre « the accidental Theorist »)
      http://pages.stern.nyu.edu/~nroubini/NYT/krugeconairu.htm
      En son temps, même Greenspan mettait en garde sur le danger d’une déflation lié à un ciblage trop strict qui aurait rendu la politique monétaire inopérante. Paradoxalement en Europe, Trichet semble craindre davantage l’inflation qu’une baisse des prix. C’est le fameux exemple, complètement absurde, de l’inflation qu’il compare à la pâte dentifrice qu’on arrive pas à remettre dans le tube. Car en réalité, c’est quand les prix baissent, et que le taux d’intérêt est bloqué par le plancher du 0%, que la pâte dentifrice ne peut plus rentrer dans le tube et que les banques centrales ne peuvent plus intervenir. Il semblerait que les banques centrales ont moins peur de devenir impuissantes que de l’inflation ! C’est dire l’absurdité des doctrines qui sont à l’oeuvre.

    13. @ tous les trois

      Il y a un autre paramètre qui rentre en jeu, et qui fait que les Etats-Unis, l’Europe et le Japon ne sont pas dans la même situation : l’aspect démographique. Avec un vieillissement avancé de sa population, le Japon est naturellement plus porté à la déflation que ses partenaires : consommation des ménages réduites, au total mais aussi par habitant avec pression à la hausse sur le taux d’épargne, et moins de recettes fiscales pour l’Etat donc dépenses forcément limitées (ou fort déficit budgétaire, pour lequel le Japon a opté probablement à raison). La problématique est différente aux Etats-Unis et en Europe : le dynamisme de l’économie américain fait que le risque de déflation est bien moins élevé, mais les Etats-Unis peuvent se permettre un second tour de QE grâce à leur privilège exhorbitant qui fait que le reste du monde paye pour une inflation d’origine américaine. Quant à l’Europe, la population vieillit progressivement mais le risque de déflation réside plutôt dans l’ajustement qui va devoir s’opérer dans les pays de la périphérie : réduction du déficit budgétaire qui va entraîner une baisse des prix, réduction des salaires pour regagner en compétitivité qui va créer de la « déflation de second tour »…

      En conclusion, Krugman a certainement raison pour le Japon, et je suis d’accord avec Gribouille pour dire que la BCE nous emmène droit dans le mur en s’entêtant à refuser un second tour de QE, mais ce serait un choix dit « second best » (comme disent les anglophones) : l’intérêt du monde entier serait plutôt de stimuler la demande intérieur des pays émergents (appréciation du taux de change, politiques de redistribution) pour permettre aux économies développées de se relancer par le commerce extérieur, plutôt que d’abreuver de liquidité leurs propres systèmes en alimentant ainsi les divers déséquilibres auxquels l’économie mondiale est actuellement sujette. Mais bon, on peut toujours rêver…

  5. Si les Etats-Unis insistent tellement sur leur plan prochain d’émission d’obligations publiques directement rachetées par la Fed, c’est que le Trésor étatsunien se voit en cessation de paiement virtuelle lors des prochains roulements de sa dette. La mécanique du quantitative easing est maintenant bien assimilée par les marchés. Les mégabanques ont recalibré leurs modèles d’anticipation économique et financière sur leurs observations de 2009 et 2010. Quel que soit le montant des prochaines émissions obligataires du Trésor US, l’objectif actuel est de formater le marché pour les absorber. Le formatage se fait par les modèles de prévision des mégabanques ajustés à la politique monétaire de la Fed.

    Les émissions d’obligations publiques étatsuniennes maintiennent, ou accroissent selon les montants émis, la liquidité du marché obligataire. Les taux d’intérêt en dollar sont maintenus artificiellement bas pour faciliter l’investissement et la consommation à crédit sur le marché domestique étatsunien. La parité du dollar se dévalue par rapport à toutes les autres monnaies. Tous les opérateurs financiers internationaux pompent immédiatement la liquidité nouvelle en dollar dans des opérations de carry trade.

    Ils empruntent le dollar, le vendent sur le marché des changes, rachètent les autres devises. Ils se replacent en euro pour bénéficier de taux d’intérêt plus élevés et de la réévaluation de l’euro qu’impliquent les politiques de restriction budgétaire. Ou bien ils se replacent dans les monnaies des émergents qui ne contrôlent pas suffisamment leur marché des changes comme le Brésil. Les Chinois se préservent en interdisant la détention de yuan par les étrangers mais ne peuvent pas empêcher les investissements dans les sociétés multinationales déjà installées en Chine.

    L’annonce des plans d’émission obligataire du Trésor US suffit à préparer le terrain de n’importe quelle décision finale. Les banques étatsuniennes directement refinancées par la Fed anticipent la baisse du dollar et le vendent à découvert. Les banques non domiciliées aux États-Unis non refinancées par la fed achètent les positions vendeuses en dollar et se couvrent en prêtant des dollars à des investisseurs en actifs étrangers. Le Trésor US espère que cette mécanique fasse suffisamment baisser le dollar pour redonner de la compétitivité à l’économie domestique et resolvabiliser le Trésor US.

    Le problème que les Étasuniens font semblant d’ignorer dans leur fuite en avant est que leur économie domestique est complètement asphyxiée par l’accumulation de créances toxiques qui de toute évidence ne seront jamais remboursées. Les opérateurs domestiques étatsuniens sont illiquides et le savent. Pour cette raison, toute production nette de liquidité aux Etats-Unis file s’investir hors des Etats-Unis pour échapper au trou noir financier du dollar. Les Etats-Unis gagnent un peu de temps sur les délais que les non-étatsuniens mettent à calculer les effets de la politique fiscale et monétaire étatsunienne.

    Les émissions monétaires en dollar réévaluent les autres monnaies ou créent des exportations d’inflation. Pour contenir la réévaluation du yuan, la Chine produit en masse de la liquidité domestique qui ne trouve plus à s’investir dans des placements rentables. Les bilans des banques chinoises se gonflent inexorablement alors qu’elles n’ont pas de fonds propres pour garantir les dettes qu’elles ont sur les déposants chinois. La situation est explosive et peut déboucher sur une panique quand les épargnants chinois se rendront compte de la réalité.

    Dans les autres pays qui veulent contenir leur inflation, comme l’Europe, il faut accepter la réévaluation contre le dollar. La conséquence est une détérioration de la compétitivité domestique du travail et du capital. Les anticipations de croissance se détériorent et les investissements se tarissent. L’instabilité monétaire internationale qu’implique la surliquidité en dollar dirige tout le potentiel de plus-value de la croissance mondiale vers les mégabanques qui vendent des couvertures de change de plus en plus cher.

    Les États-Unis jouent la guerre monétaire. Ils cherchent à créer le plus grand chaos possible entre les intérêts nominalement divergents de la communauté internationale. Ils croient pouvoir aborder le nouveau Bretton Woods dans la position de force la plus solide possible. Diviser pour régner quand on est pas assez fort tout seul. Malheureusement le chaos monétaire crée le chaos réel. Les sociétés se détruisent avec la perte de la faculté de compter la valeur. Il est temps que les Européens se ressaisissent de leur longue expérience de la construction de sociétés démocratiques. Les États-Unis partent en vrille à cause de la pusilanimité de leurs parents européens.

    1. les chinois « ne peuvent pas empêcher les investissements dans les sociétés multinationales déjà installées en Chine ».
      Mince c’est vraiment pas de bol pour eux!

      MOi qui suit obligé de justifier toute dépense de plus de 1000€ dans ma boîte.

    2. « Les Chinois se préservent en interdisant la détention de yuan par les étrangers mais ne peuvent pas empêcher les investissements dans les sociétés multinationales déjà installées en Chine. »

      Voilà une affirmation qui ne tient pas debout. Les Chinois peuvent changer leurs lois quand ils le souhaitent et ne s’en privent pas. Aussi longtemps que cela ne les importunent pas, ils laisseront faire.

      « Les opérateurs domestiques étatsuniens sont illiquides et le savent. Pour cette raison, toute production nette de liquidité aux Etats-Unis file s’investir hors des Etats-Unis pour échapper au trou noir financier du dollar. »

      Cette affirmation n’est nullement corroborée par les statistiques de la balance des paiements. La balance des capitaux des États-Unis reste proche de zéro depuis longtemps. S’il y avait cette fuite énoncée ci-dessus, elle aurait dû être négative. Il entre donc autant d’argent qu’il n’en sort du pays.

      « Dans les autres pays qui veulent contenir leur inflation, comme l’Europe, il faut accepter la réévaluation contre le dollar. La conséquence est une détérioration de la compétitivité domestique du travail et du capital. »

      Pas nécessairement, si les pays doivent importer leur matières premières qui restent libellées en dollars et s’ils produisent des biens manufacturés non disponibles ailleurs.

    3. @Jean-Pierre,
      « Voilà une affirmation qui ne tient pas debout. Les Chinois peuvent changer leurs lois quand ils le souhaitent et ne s’en privent pas. Aussi longtemps que cela ne les importunent pas, ils laisseront faire. »
      Changer les lois ne fait effectivement pas problème en Chine. L’enjeu est de les faire respecter et de consolider la confiance. Les entreprises exportatrices installées en Chine accumulent de la trésorerie qu’elles doivent réinvestir en prenant des risques importants sur les recrutements de main d’oeuvre, les achats de matières premières, la concurrence avec les entreprises locales les relations avec les autorités…

      « Les opérateurs domestiques étatsuniens sont illiquides et le savent. Pour cette raison, toute production nette de liquidité aux Etats-Unis file s’investir hors des Etats-Unis pour échapper au trou noir financier du dollar. » Cette affirmation n’est nullement corroborée par les statistiques de la balance des paiements. La balance des capitaux des États-Unis reste proche de zéro depuis longtemps. S’il y avait cette fuite énoncée ci-dessus, elle aurait dû être négative. Il entre donc autant d’argent qu’il n’en sort du pays.
      La balance des paiements des Etats-Unis est par construction équilibrée comme le bilan d’une banque centrale. Un déséquilibre de la balance des paiements US ne peut s’identifier qu’en départageant les dépôts en dollar détenus par des Étasuniens et les étrangers dans le monde entier et en calculant l’évolution dans le temps. Ce travail est quasiment impossible compte tenu de l’hétérogénéité des comptes bancaires internationaux.

      « Dans les autres pays qui veulent contenir leur inflation, comme l’Europe, il faut accepter la réévaluation contre le dollar. La conséquence est une détérioration de la compétitivité domestique du travail et du capital. ». Pas nécessairement, si les pays doivent importer leur matières premières qui restent libellées en dollars et s’ils produisent des biens manufacturés non disponibles ailleurs.
      Ce raisonnement s’applique bien à l’Allemagne grâce à l’euro plombé par les autres pays mais pas au Japon ni à la Suisse.

    4. Les bilans des banques chinoises se gonflent inexorablement alors qu’elles n’ont pas de fonds propres pour garantir les dettes qu’elles ont sur les déposants chinois. La situation est explosive et peut déboucher sur une panique quand les épargnants chinois se rendront compte de la réalité.

      A force de voir toutes ces choses enfler partout ça finira bien tôt ou tard par éclater.

      En plus pour apprendre le chinois et pour mieux vérifier cela ce n’est pas non plus du gateau.

      Enfin ce n’est pas si grave, déjà qu’en Occident ce n’est plus guère un problème d’éthique.

    5. « La balance des paiements des Etats-Unis est par construction équilibrée comme le bilan d’une banque centrale. Un déséquilibre de la balance des paiements US ne peut s’identifier qu’en départageant les dépôts en dollar détenus par des Étasuniens et les étrangers dans le monde entier et en calculant l’évolution dans le temps. Ce travail est quasiment impossible compte tenu de l’hétérogénéité des comptes bancaires internationaux. »

      Je ne parle pas de la balance des paiements, je parle de celle des capitaux, précisément ce détail auquel vous faites allusion. C’est la part de la balance des paiements concernant les apports de capitaux étrangers et les débours de capitaux américains. Si on s’en tient aux seuls mouvements financiers, votre hypothèse ne tient pas du tout car il y a un apport net vers les USA. On ne peut donc conclure que l’argent créé par la Fed file vers l’étranger comme vous le dites. Il vous faudra trouver une autre explication ;o)

      Voir http://www.bea.gov/newsreleases/international/transactions/transnewsrelease.htm

  6. Bonjour,

    Les solutions actuelles semblent mener au krack. Les EU, la Chine et l’UE doivent en avoir conscience, soyons positifs. Mais se peut il qu’ils essaient de gagner du temps pour être en position de force pour une refonte du système ? Espèrer faire une petite remontée juste le temps d’imposer ses choix ?
    De plus, si krack il y a, quelles sont les conditions qui désigneraientt le vainqueur final : l’armée, la puissance de production, les réserves de matières premières ?

    1. Les solutions actuelles semblent mener au krack.

      Bien plus qu’un crack boursier, et plus les faux remèdes feront du mal et plus les gens voudront changer de médecins, de médecine, en finiront même par se faire avoir de nouveau à l’image.

    2. Tout le monde sait qu’il y aura un crash du dollar et de l’économie mondiale. Personne ne peut l’empêcher, tout le monde (politique) veut gagner du temps et faire semblant de rien parce qu’ils n’ont en réalité aucun pouvoir, même les moyens États comme la France n’en ont aucun, coincés entre l’Allemagne, les USA et la Chine.
      Quand bien même les chefs de ces 3 états décideraient une réforme de fond, ils ne décideraient pas en fonction de considération concernant l’intérêt de l’ensemble du monde mais dans dans le leur propre, national et personnel.

      Le principe n’est pas différent entre la formation du prix d’un poisson au marché et les plus grandes décisions politico-économiques : c’est un rapport de force, le + fort impose ses conditions donc son prix.

      Personne ne fera rien avant le crash, parce que les + forts, ceux qui sont aux commandes, sont les possédants et ils ne veulent rien perdre. Ceux qui ont tout à gagner ont peur et ne veulent pas l’aventure, ils ne feront rien pendant, et personne ne le fera pour eux. Et personne ne fera rien après parce que ce sera trop tard.

      Faudrait pas croire que parce que les chinois ont acheté le Pirée ils vont sauver le monde, quand le crash se produira ils auront leur part, une grosse, ils vont se prendre une grande claque démocratique et mettront des années à s’en remettre, façon Japon depuis 1990. Les USA n’auront plus les moyens de faire grand-chose à part agiter de l’air, ni l’Europe, si par hasard elle avait une volonté commune et qui soit la sienne propre, ce serait bien la première fois.

      Je ne sais pas ce qui va se passer dans les prochaines années mais ce sera intéressant à regarder depuis Mars.

  7. Tss ! Tss ! Tss !

    1) Soit une guerre économique en défaveur du sud qui débouche sur une guerre nord – sud avec armes et bagages lors d’une collaboration internationale jamais vue pour s’accaparer les terrains nouvellement en friches, les matières premières et construire une gigantesque forterresse au nord débordante de gardiens de l’ordre ainsi qu’une misère mondiale jamais vue.

    2) Soit une guerre de classes (pacifique comme je l’espère) bloquant un maximum de pays afin de reprendre les commandes, refaçonner l’économie, plafonner tous les revenus, redistribuer intelligement les ressources lors d’une collaboration internationale jamais vue.

    3) Soit une crise qui s’éternise et s’amplifie lors d’une collaboration internationale jamais vue jusqu’à l’arrivée d’une ou plusieures catastrophes naturelles (!) de grandes ampleurs, dévastant de nombreux pays (de quelle région de l’hémisphère ?). La suite voir 1) ou 2).

    Du jamais vu quoi !

    P.S.°: soit un acharnement tel de la propagande et de nouvelles lois, lors d’une collaboration internationale jamais vue, qu’une majorité des peuples, sans le sous, se met à contracter assez de crédit à 100 000 euros/dollars/etc., pour faire perdurer ce système à chier. M’enfin !

    °Parti Socialiste (constitutionnel international)

    1. une crise qui s’éternise quoi qu’ils fassent de plus pour la résoudre, pour la masquer à l’antenne.

    2. Les batailles se font à nos jours sur l’échiquier économique, les chinois le démontrent, les allemands aussi. Ce qui n’empêchera pas des frictions militaires, peut-être entre les USA et la Chine dans un avenir plus lointain, mais les grandes guerres sont dèsormais de nature économique.

    3. Je me concentre trés fort et je choisis le 2) …seule sortie constructrice et humainement galvanisante !

      Au boulot !

    1. « La Commission a d’ores et déjà annoncé une « nette » révision à la hausse des chiffres du déficit et de la dette, dont l’ampleur sera précisée par Eurostat dans le courant du mois. »

      Cela va finir en bain de sang…

    2. Il n’y a pas que la Grèce qui triche avec les chiffres… Le déficit espagnol n’a pas baissé de 42 % dans les premiers huit mois de l’année comme le dit le gouvernement, mais s’est aggravé à cause des dépenses des Villes et des Autonomies (ces dernières se sont endettés de 17 Mds € supplémentaires dans le premier semestre de 2010). Le déficit espagnol pourrait être de 12,4% du PIB à la fin de l’année et non de 9.8 % comme le prévoit le gouvernement.

      http://www.libertaddigital.com/economia/el-deficit-publico-no-se-esta-reduciendo-1276402968/
      http://www.lavanguardia.es/economia/noticias/20101005/54016919581/el-banco-de-espana-cree-que-las-cc.aa.-pueden-poner-en-riesgo-la-reduccion-del-deficit-ordonez-ferna.html

  8. Le FMI aussi est contre l’austérité
    Ludovic Lamant

    L’austérité en Europe? Il n’y a pas que les «économistes atterrés» qui sont contre… Le Fonds monétaire international vient de prendre position contre la rigueur, dans une étude spectaculaire qui montre que, loin de servir la croissance, les vieilles recettes la minent.

    Médiapart

  9. on l’a vu avec l’affrontement URSS et les usa
    l’URSS tombe mais il se relève et redémarre encore mieux qu’avant.

    le 1er qui tombe c’est aussi le 1er qui se relève et qui trouve les solutions
    pour s’en sortir.

    alors que les autres continuent leurs routes qui les mènent qu’a des impasses.

    1. le redemarrage d’une société politique et économique avec contrôle du pouvoir par des organisations criminelles!
      Bof j’en veux pas de cette société!

    2. Il s’agit de se relever dans la dignité pour tous, et pas pour qu’une ex-nouvelle-oligarchie tienne tout entre ses mains …

      Rien n’est acquis ! tout reste à faire !

  10. La fuite en avant de la FED ne va briser la crédibilité du dollar et produire un monstrueux désordre monétaire. Produire de la monnaie n’est pas une solution dans un monde ouvert comme celui des années 2000 alors que cela pouvait l’être dans les années 80. Les monétaristes orthodoxes se sont trouvé un peu dans la même situation que les keynesiens des années 70, leurs solutions cessant de fonctionner. C’est pourquoi on est passé à un fonctionnement keynésio-monétariste avec relance étatique et manipulations monétaires mais l’addition de 2 recettes qui ne marchent plus n’a pas un plat apétissant. Il me semble que l’attitude de la BCE est moins aventureuse que celle de la FED. C’est peut être un trait du caractére européen. C’est peut être aussi que la situation du dollar étant déséspérée, freiner ne ferait que précipiter la chute.

  11. Le désordre économique n’est-il pas aussi lié au désordre commercial?
    La balance commerciale des chinois est largement excédentaire, celle des USA largement déficitaire.
    On parle beaucoup de la dette, mais une balance commerciale déficitaire n’est-elle pas aussi une cause désordre économique?
    Je me demande si les tacticiens qui font le monde n’auraient pas interrêt à s’inspirer de la charte de la havane.
    http://www.wto.org/french/docs_f/legal_f/havana_f.pdf

    1. Le désordre économique n’est-il pas aussi lié au désordre commercial?

      Le désordre mondial est bien plus lié à un pressant conditionnement mental des êtres de plus sur terre, le grand empressement du monde à vouloir s’en sortir, de la sorte et comme le voisin.

  12. bonsoir
    a lire 1.000 Milliards de Dollars ,j’en suis PAF,pourquoi pas + ?
    disons 1.000 Milliards de 1.000 Milliards et on s’arrêtent ou on continuent?
    C’est quoi ce cirque???
    à expliquer l’inexplicable est on complice ??
    rego

  13. Monde Diplo … « les 4 vies du modèle Irlandais »

    Il y a du défaut dans « l’Eire », ironise la banque natixis. Dublin constate en effet que son programme d’austérité – destiné à rassurer les investisseurs – aggrave sa récession et inquiète les marchés.

    « Je ne vois que des atouts dans le modèle irlandais », cette « véritable succès story » qui envoie « un message à la France », J.P Raffarin (Dublin, 24 mai 2004).

    2005, Vilnius se donne comme objectif, de « reproduire le scénario de croissance économique irlandais ». La parti conservateur britannique fais ses valises pour « observer et apprendre de ce qui se passe de l’autre côté de la mer d’Irlande »

    Tout commence à la fin des années 90. L’Irlande connnait une croissance de 7%, 2 fois celle des USA. Ceci semble dû aux réformes libérales. Le miracles irlandais révèle celui du libéralisme, du NY Times au Figaro

    En 1995, les français sont dans la rue. « Capital » leur explique qu’à Dublin, « les partenaires sociaux (..) ont joués le jeu, en abaissant l’impôt sur les sociétés à 10%…Les multinationales peuvent déclarer leurs profits dans le pays proposant le régime fiscal le plus amène…

    L’irlande se hisse au premier rang des paradis fiscaux en termes de rapatriement de profits (devant les Bermudes)

    On connait lal suite…

    L’investissement a chuté de 15% en 2008, de 30% en 2009, la consommation s’est rétractée de 7% en 2009. Le PNB plonge de 11% en 2009.

    Mais en Aout 2010, le FMI invite Dublin à procéder à de nouvelles coupes budgétaires pour garder la confiance des marchés »…

    1. Pardon, mais, sauf erreur de ma part, l’inventeur des raffarinades n’était ni plus ni moins qu’un marketeur, producteur de billevesées, fariboles et autres inepties …qui a fort bien montrée la pente vers laquelle nous descendions derechef …la chute continue : on en a un autre à l’éducation : on croit rêver : mais, c’est un cauchemar !

    1. Je n’aime pas « balancer » des liens,

      Je n’aime pas non plus balancer des liens pour le politique, oui pardonnez-moi des fois c’est plus fort que moi.

    2. J’aime bien les liens intéressants
      (parmi ceux-là, ceux de france-culture, qui sont conseillés par les internautes intervenants de ce blog, le sont souvent, mais pas seulement, ….)
      Certains intervebants internautes ont un site
      (parfois, j’essaye de cliquer sur leur pseudo, et c’est un fait, là aussi, parfois j’apprends …)
      Moi même, qui n’est pas de site, j’essaye d »incorporer des articles de ce blog sur mes messages d’autres sites
      ( je dois extraire un paragraphe de l’article, pas trop, mais suffisamment pour en inviter à le lire, et bien noter le lien en sorte qu’il soit possible de s’y référer)

      J’ai donc essayer votre lien,
      ( je n’ai pas pu écouter , il faut attendre …)
      Je me permettrai donc éventuellement cette seule critique,
      Dans le résumé, il est listé de quelques économistes qui ont annoncés la crise, il n’y est aucunement mentionné de Paul Jorion, …
      vous qui savez, car vous avez écouté, peut-être auriez-vous pu laisser un commentaire ….

  14. DES TACTICIENS ALORS QU’IL FAUDRAIT DES STRATÈGES

    Un stratège sans une bonne armée à ses cotés, c’est comme un stratège sans boules de pétanque.

    J’aime pas servir les mauvais chefs, les calculateurs, les manipulateurs préfère plutôt aller à la pêche aux moules ou aux huitres là au moins je rends davantage et moralement service à mon pays …

  15. De quel côté le monde occidental va-t-il finalement basculer ?

    Une femme très vénale bascule toujours du bon coté, faut pas non plus en avoir honte c’est dans sa nature, c’est dans l’ordre des choses peut-être aussi.

  16. la crise est en train d’acquérir une forte dimension monétaire, ce qui en aiguise les contradictions.

    Peut-être le constatez-vous déjà de votre coté dans la société, dans la rue, dans l’air.

    Comment dire, c’est comme quelque chose d’autre qui enflerait encore de plus en plus en bourse et à longueur de temps, comme de minute, comme quelque chose ou les gens n’auraient plus aucune prise malgré les meilleures volontés du monde à vouloir encore arrêter le compte à rebours fatal.

  17. J’espère que vous ne faites pas partie de ceux qui ont acheté un immo locatif à crédit , car il suffirait que votre valeur immo baisse 5 fois de 15% durant le crédit pour que vous en ayez pour 2 siècles à payer.
    impossiblerembimmo 40 ans rembcredit loyers
    150.000,00€ 450000 11250 4.500,00€
    127.500,00€ 450000 11250 3.825,00€
    108.375,00€ 450000 11250 3.251,25€
    92.118,75€ 450000 11250 2.763,56€
    78.300,94€ 450000 11250 2.349,03€
    66.555,80€ 450000 11250 1.996,67€
    duréeremb 225 années

  18. C’est décidé : l’été prochain, avec ma femme et mes gosses, nous ferons un voyage touristique en Chine !

    Nous avons déjà réservé le circuit : ce sera un voyage dans une très belle région de la Chine, très touristique : nous visiterons Le Pirée, Athènes, Delphes, Olympie, …

    1. @yvan

      Les USA, dont aucun immeuble ne date d’avant 1780 ou presque ? Merci bien, Amiens c’est à 60 km de ma maison, le Parthenon du gothique. L’europe est un milliard de fois plus riche architecturalement, et artistiquement que les USA. Comme dirait Céline, leur ville debout est une horreur architecturale inexpiable :

      « Peut-être qu’aux habitués ça ne leur faisait pas du tout
      le même effet qu’à moi ces entassements de matière et
      d’alvéoles commerciales ? ces organisations de mem-
      brures à l’infini ? Pour eux c’était la sécurité peut-être
      tout ce déluge en suspens tandis que pour moi ce n’était
      rien qu’un abominable système de contraintes, en briques,
      en couloirs, en verrous, en guichets, une torture archi-
      tecturale gigantesque, inexpiable. »

  19. @ François Leclerc :

    Êtes vous sur que le distinguo entre stratégie et tactique est aussi net que vous le mettez en exergue , en particulier depuis le début du 19 ème siècle ? Le général Leclerc de Hauteclocque était il fin tacticien ou stratège ?

    Je serais curieux du résultat d’une interrogation écrite ….

    1. Quand Herman Van Rompuy et Timothy Geithner, ainsi que pas mal d’autres, font bruyamment chorus pour que le prochain G20 traite des questions monétaires uniquement sous l’angle de la réévaluation du yuan – afin de masquer leurs divisions sur tout le reste – est-ce de la tactique ou de la stratégie  ?

    2. C’est vrai que ces gesticulations autour du yuan sont grotesques. Les dirigeants occidentaux veulent donner l’impression qu’ils ont TOUT fait pour relancer l’économie mondiale, et que le seul obstacle à cette relance est un phénomène sur lequel ils n’ont aucune prise. Or ce qui est vrai, c’est ceci : les dirigeants occidentaux n’ont RIEN fait pour faire redémarrer l’économie mondiale sur de nouvelles bases, et ils cherchent désormais un bouc émissaire à offrir à leur opinion publique.

    3. Dico historique Robert :

      – tactique =) passé dans l’usage courant( 1788), en parlant de l’ensemble des moyens mis en oeuvre
      pour parvenir à une fin, s’opposant à
      – stratégie =) qui désigne la façon de mener un conflit dans son ensemble.

    4. @E.Quilgars
      J’ai lu avec attention tous les articles de François, mais merci pour votre synthèse que je sens très pertinente.

    5. @François Leclerc :

      Les deux hommes ( et les autres ) que vous citez pourraient passer de la tactique à la stratègie s’il y avait une vison claire d’une finalité admise . Selon vous cette finalité est la refonte du SMI .

      Acceptons cette visée . Peut on être stratège sans décrire précisément tous les présupposés à vaincre et surtout les moyens de les vaincre .

      Tous les obstacles sont ils bien conscientisés par ceux qui nous gouivernent mais surtout par les opinions publiques d’Est en Ouest et du Nord au Sud ?

      Ce blog contibue-t-il vraiment à déblayer le terrain ( ce qui peut nourrir la tactique ) au delà du simple repèrage des défauts d’un système et de l’énoncé rapide de LA soliution ( qui peut donner sens à la stratégie) ?

      Dans un contexte de crise totale ( sociale entre autre ), la seule tactique de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ne me semble pas à la hauteur de la maturation à accoucher .

      Tous les leaders ( stratèges ) ne sont rien sans collaborateurs besogneux ( tacticiens ) .

  20. Il faudrait rappeler, que malgré les rumeurs sur un accord Plaza II, HBO, dans son utopie de doubler les exportations américianes, et Bernanke, via le nouveau QE, estimé entre 1 et 7 trillions de $, plus
    Geithner qui s’y est mis aussi, ont un objectif commun: ‘debaser’, déprécier le $ avec toutes les conséquences que cela implique,Les dernières de Geithner, lol

    Geithner calls for « more flexible, more market-oriented exchange rate systems »

  21. Monsieur Leclerc.

    Déjà, à deux reprises ici, j’ai écrit que les liquidités étaient aspirées avant de toucher le sol.
    Je retire donc l’autre postulat qui était que les ricains marcheraient sur les dollars dans la rue.
    Je réaffirme donc mon postulat de puissance de pompes financières qui, n’ayant pas été bloquées malgré ce qu’elles ont provoqué, suivent leur logique initiale.
    Dopées, de plus, par les aides d’états sous contrôle de gens achetés.

    Tuti va bene, dirait le Berlu.

  22. Tant que les dirigeants de ce monde, politiques ou même dirigeants de grandes organisation publiques, privées ou semi privées ne prendront en considération que l’aspect financier de la crise, et les monnaies avec lesquelles se font les transactions financières, il n’y aura pas de solution à cette crise et d’autres continueront de surgir, frappant les groupes les plus vulnérables en tout premier lieu.

    La partie financière n’est que le sommet de l’iceberg des problèmes économiques et sociaux dont notre monde souffre. les problèmes de production et de répartition des richesses, entre autre par le travail et les revenus qu’il devrait procurer équitablement, ne sont pas au programme des discussions des dirigeants de ce monde, pas plus que celui d’une organisation claire et cohérente des échanges commerciaux internationaux. Ils en restent à de vagues projets de reglementations financières d’ajustements monétaires sans dout nécessaires mais très largement insuffisants face aux défits que nous posent les évolutions scientifiques et technologiques en cours: biologie génétique dun côté nanotechnologies et croissance exponentielle de la puissance des processeurs informatiques associés à des évolutions tout autant inquiétantes des logiciels dts d’intelligence artificielle. Plus je fais des recherches dans ce domaine de l’impact des technologies sur les politiques sociales plus je me rend compte que malgré des textes dénonçant une évolution où la production augmente malgré une baisse du la part du travail dans cette production, cette tendence continue les gains de productivité mal ou non partagés, et qui pourtant devraient permettre une distribution équitable de richesses tout en permettant une participation de tous à la vie sociale
    C’est en fait un courant de pensée économique appelé économie distributive dont bien des idées seraient réalisables justement compte tenu des progrès de la productivité: Travailler moins pour être plus membres de la société, mais autrement que par un travail salarié rarement gratifiant.

    Qui parle de ces sujets? Qui pense à quel type d’organisation sociale nous devrions nous préparer pour une société dans laquelle la technologie aura réduit à un strict minimum le besoin de travail au sens d’emploi salarié. Comment la société pourra-t-elle utiliser les immenses compétences de ses membres, libérées par cette évolution, au bénéfice de ses membres eux mêmes et non au profit d’un petit groupe de privilégiés?

    Eh bien justement plusieurs groupes de penseurs et d’activistes se posent ces questions mais pas nos dirigeants politiques ni nos dirigeants industrisl ni même nos dirigeants des entreprises et administrations publiques… Je tacherai de retrouver les liens vers ces groupes de pensée dynamiques…

    1. Voici un lien vers un texte qui explicite avec bien plus de talent que je ne saurais en faire preuve les racines de l’idée d’économie distributiven en relation avec les progrès considérables de la productivité horaire du travail et sa conséquence immédiate: une baisse de l’emploi margré un accroissement considérable des richesses matérielles… Cherchez l’erreur…

      http://economiedistributive.free.fr/spip.php?article19

      Bien cordialement.

      Paul

    2. Bien vu ! Je vous rejoins !

      La schizophrénie de notre culture est frappante à bien des niveaux.

      L’objectif inavoué est de supprimer le travail par le biais de la technique et de l’énergie bon marché (on pourrait appeler cela le technergie). C’est ce qui se cache derrière le mythe du progrès tel qu’il est imaginé dans nos sociétés avides de confort au point d’avoir fait de l’effort quelque chose à fuir. Le fantasme absolu devient alors la construction d’un monde où le robot ferait tout pour nous. Un monde presque absurde.

      Ce projet progrèsssiste excessif ne se positionne pas du tout par rapport à la logique capitalistique qui régit la redistribution des richesses, c’est pourquoi toutes les marges obtenues en terme de labeur sont systématiquement éliminées au profit de la compétition économique qui organise le partage du monde. Cela tend à confirmer que l’homme n’a jamais cessé d’être en guerre (en compétition) que ce soit par un moyen ou par un autre. Les marchés ont d’ailleurs développé leur propagande pour stimuler cette guerre contre on ne sait plus très bien quoi. Cette propagande c’est le marketing, il a pour but de créer des nouveaux besoins (des illusions) bien que tous les adeptes de marketing feront toujours tout fait pour vous faire croire qu’il s’agit de répondre à un besoin … que le consomateur ne connaissait pas …

      Cette situation nous mène au paradoxe de voir les politiques courir après le progrès technique pour supprimer le labeur (donc le travail) dans une logique de ‘progrès’ d’un côté, et se battre pour résorber le chômage et donner du travail à tout le monde dans une logique ‘organisationnelle’ de l’autre.

      Mais que veut-on ?

    3. Mais c’est qu’ils ont peur d’en faire des privilégiés des peuples s’ils appliquent cette logique là, ce qu’ils ne veulent surtout pas, c’est uniquement des soumis qu’ils veulent d’où les mêmes politiques partout….

    4. Pour alimenter la réflexion bien que parfois ce que je dise soit un peu confus …

      – Je crois savoir qu’à Rome les citoyens patriciens travaillaient à mi-temps à titre privé et à mi-temps au service la république. Vous me direz qu’ils avaient une énergie inépuisable avec leurs esclaves. Certes, ce détail n’est pas mince et pour faire le parallèle avec nous, il n’est d’autant pas mince que nous nous retrouvons au moment où les esclaves vont nous tourner le dos. Passons outre pour la réflexion, le concept de voir tous les citoyens contribuer au fonctionnement de la cité me semble un beau projet. On pourrait conditionner les droits. On aurait des droits à condition de satisfaire à certains devoirs. Je trouve que payer des taxes et voter ne se substituent pas à la belle notion de devoirs qui crée le citoyen (les devoirs précèdent les droits). Envisageons qu’il faille travailler un jour par mois pour l’Etat, on remplirait un certain devoir pour mériter un droit de vote (qui par exemple pourrait être d’étudier le fonctionnement de la cité). Le champ des possibles pour une responsabilisation citoyenne est tellement vaste et tellement sous-exploité.

      – Je pense que la grande erreur des 35 heures est d’avoir voulu les payer plus que 35 alors qu’il fallait les payer 35 dans une logique de responsabilisation. Il fallait expliquer aux citoyens qu’il n’y a pas de raison que le travail disponible ne soit pas réparti de façon honnête entre tout le monde (sans aller jusqu’au communisme), et que donc tout un chacun allait devoir mordre sur sa chique, tant ceux qui allaient perdre du temps et gagner du pouvoir d’achat que ceux qui allaient perdre du pouvoir d’achat et gagner du temps. Tristement la démagogie irresponsable des socialistes à tuer ce beau projet dans l’œuf.

      – L’irresponsabilité est au socialisme ce que l’opportunisme est au libéralisme. Le socialiste ne voit pas de mal à exiger que les ¾ des gens ne travaillent pas et tire le bénéfice du travail des autres. Un libéral ne voit pas de mal à concentrer la capital et la force de travail quitte à mettre les masses sur le côté (un méga ferme dirigée par une dizaine d’employés et qui couvre des superficies gigantesques et produit avec une efficacité dingue alors que de millions de gens crèvent de faim en marge dans des bidonvilles parce qu’ils n’ont pas accès à la terre et pas de pouvoir d’achat).

      – Je tiens à mettre un bémol par rapport à votre argumentation car vous n’êtes pas sans savoir que je vois un avenir sombre pour les activités complexes très dépendantes en énergie et pour le pouvoir d’achat par capita (inflation et déflation travaillent en cœur pour détruire la demande). Avec la fin de l’abondance énergétique le travail et le labeur ont beaucoup d’avenir et il y a là un paradoxe car nous manquons de travail d’un côté mais nous manquons de bras capable de se substituer à l’énergie qui fournissait le travail pour nous. Le mot travail pourrait reprendre tout son sens, ce ne sera plus tant le job (occupation), que l’énergie fourni par le bras de l’homme et la bête de trait.

    1. renforcer la coree du sud n’est une mauvaise chose , l’europe crée une zone commerciale tampon (façon l’angleterre creant la belgique pour séparer la france « napoleonienne » et l’allemagne  » bismarckienne ») entre le japon et la chine .

      la question à se poser est plus : les corées vont se réunifier comme l’allemagne ou comme le vietnam ?

    2. Kim Jonquille,

      On ne peut pas s’empêcher de penser à une sorte « d’équilibre » que l’Europe souhaiterait établir, tant sur le plan commercial ….. que sur un autre ;

      … si il ne s’agit que de « guerre de monnaies » …. passe encore.

  23. Bonsoir,

    Dans un moment d’égarement je suis allé dans la rubrique économique du Monde pour trouver un article relatant l’affrontement Europe-Chine sur l’évaluation du yuan.
    Je crois que l’ado est de retour au commissariat.

    Je ne connais de la Chine que ce que j’ai lu dans deux bouquins qui parlent plus ou moins de peinture (chinoise).
    Tout d’abord le récit de Fabienne Verdier: « Passagère du silence ». Elle y raconte son apprentissage auprès de maîtres de peinture chinoise, oubliés dans leur propre pays, au cours des années 80.

    Également fort recommandable le gros et beau livre de François Cheng « Toute beauté est singulière, peintres chinois de la voie excentrique ».
    Les illustrations sont vraiment magnifiques, les poèmes et calligraphies sont traduits, les commentaires sont simples et justes.

    1. Oui, c’est le trés beau côté de la Chine que vous abordez là … bien loin de l’horreur financière mondialisée …

      Ne jamais confondre les gens « ordinaires », le peuple , les artistes et les oligarchies du Monde.

      Chaque culture est d’une trés grande richesse . C’est ce par quoi nous sommes » frères humains » …
      à l’opposé de l’accumulation sans limites d’argent par quelques uns, qui n’est que porteur de mort.

  24. Sur la différence qu vous soulignez, il faut lire cette longue enquête sur le FMI par Der Spiegel international dans laquelle DSK déclare: ‘ The FMI doit devenir une sorte d’unité administrative du G20, une agence qui essaie de trouver des solutions à des problèmes nationaux et internationaux, et produit des plans et crée des valeurs. A la fin, nous visons beuacoup plus que les justes politiqies économiques et financières. Le but ultime, est la paix dans le monde via la stabilité économique.’…..

    An Inside View of the IMF’s Massive Global Influence

  25. « Tout comme ils ont surmontés leur plus grave crise économique du XXième siècle en entrant dans la Première Guerre mondiale et surmonté la crise économique mondiale en entrant dans la Seconde, les États-unis pourraient être tentés de résoudre la troisième crise économique de la même manière. »
    Voir: http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2088

  26. Finalement, tous ces petits soucis monétaires ont-ils vraiment une importance quelconque?
    On me répondra « Oui, l’activité éco détermine le taux de chômage ! » ce qui est certainement faux, on n’a pas les moyens d’imposer des salaires comparables aux nôtres dans les pays concurrents, et le niveau de protection sociale correspondant. On ne peut exporter qu’en conservant des emplois ici, on ne peut pas exporter des produits fabriqués ailleurs par des multinationales. Or il y a de moins en moins d’emplois ici et ce n’est pas en voie de s’arranger.
    Bon ok, il reste le fromage, et le vin, quoique déjà bien menacé par d’autres terroirs. Il n’y a pas encore d’exportation de fromtons chinois, que je sache, voilà le créneau qui va nous sauver. Non?

    Le problème de la crise et de son chômage n’est qu’une facette de la vie quotidienne, entre le changement climatique avéré (peu importe qu’il soit d’origine humaine ou pas), le pic pétrolier (on est assis dessus), l’augmentation rapide de la population mondiale (+ 50% dans 40 ans), la pollution de l’eau et de la terre (l’essentiel des champs de culture industrielles sont morts à cause des xxxcides et maintenant des OGM). Et quelques autres.

    Alors la dette? Elle n’est qu’une maladie mortelle du sur-capitalisme, ces capitaux inutiles et toxiques pour la production de biens en vue l’amélioration de la vie quotidienne. Qu’elle crève… personne n’en a besoin.

    Les ricains ont commencé leur révolution, qui sera inévitablement celle qui nous attend : revenir à la terre, retransformer les lotissements en zone cultivées, cultiver localement, produire de la bouffe qui se vend sur des marchés, des vrais, sur la place, avec des étals et la maraichère qui crie « Elles sont beeeeelles mes tomates !! ».

    On pourrait commencer tout de suite, il y a suffisamment de zones cultivables abandonnées pour offrir quelques hectares et un petit RMI à celui qui veut sortir du système emploi – exploitation – dépression – chômage et accessoirement des statistiques de l’emploi.
    Si « élever des chèvres dans le Larzac » n’a pas marché très fort à l’époque fin ’60 – début ’70, en période d’augmentation rapide de la prospérité, je vous promet qu’on va vouloir en manger et en redemander quand le système de protection sociale s’effondrera. Une retraite très dévaluée, plus de chômage, plus d’alloc familiales (les anglais ont déjà commencé), etc.

    Et puis tiens, puisqu’on vend de vrais produits, on payera avec du vrai argent, de l’argent-métal, sans indication de valeur, juste celle du poids. Ceux qui voudront échanger de grosses sommes utiliseront de l’or, si les asiatiques en laissent.

    Oui je sais, tant qu’à faire, pourquoi pas revenir tout de suite habiter dans une caverne et s’éclairer à la graisse d’auroch? Parce qu’il n’y aura pas de caverne pour tout le monde et qu’il n’y a plus d’auroch.
    Blague à part, je pense qu’il ne faudra pas un siècle de décroissance pour revenir à la misère d’il y deux siècles, à l’époque de la révolution et que la crise n’est que le point de départ remarquable d’un phénomène qui la dépasse de beaucoup.

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