207 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 8 octobre 2010 »

  1. Et au passage…
    Grâce au jugement la banque va pouvoir inscrire ces 4,9 milliard perdus comme des pertes comptables exceptionnelles, elle va pouvoir diminuer ses bénéfices annuels et donc payer moins d’impôts…

    Dans une étude préliminaire publiée le 30 septembre (intitulée « Hyperinflation sévère »), le Bureau des standards comptables internationaux (IASB), organisme édictant les normes comptables internationales, propose une nouvelle règle pour aider les comptables à faire face aux cas d’hyperinflation.

    Doc:
    http://www.ifrs.org/News/Press+Releases/Severe+Hyperinflation.htm

    1. “Dans le cas de la Société Générale, le mécanisme s’est effectué en deux temps. Pour l’exercice 2007, la banque a enregistré le gain de 1,471 milliard d’euros réalisé par Jérôme Kerviel ; elle a payé en conséquence un impôt de 507 millions d’euros lié à ce gain. Sur l’exercice suivant, en 2008, la Société Générale a constaté une perte de 6,382 milliards d’euros (le solde entre le gain de 2007 et la perte de 2008 est donc de 4,9 milliards), qui a déclenché le mécanisme de déduction fiscale, à hauteur de 2,197 milliards d’euros. En soustrayant l’impôt payé en 2007 de cette somme, on obtient 1,69 milliard d’euros d’économie d’impôt.”

      http://fr.news.yahoo.com/80/20101009/tbs-la-socit-gnrale-a-dj-rcupr-1-7-milli-3213331.html

  2. J’espère Paul que cette vidéo sera portée au dossier Kerviel, et, pourquoi pas votre témoignage à la barre lors du procès en appel !!

    Un rappel historique, une logique implacable, d’un seul souffle, la colère contenue, de quoi damner le pion à une finance dont l’empire sur nos vies n’a que trop duré. Un modèle du genre.

  3. Chine, démocratie et droits de l’homme.
    Gardons-nous de trop d’ethnocentrisme. Le peuple chinois (plus d’un milliard d’individus, quand même) aspire-t-il aux mêmes idéaux que les occidentaux ? Le peuple chinois a montré, au cours de l’année écoulée, sa capacité de révolte et d’action: grèves de longue durée, lynchages de patrons véreux, attaques de masse contre les forces de l’ordre. Mais ces actions, parfois ultra-violentes, avaient pour motivation une meilleure répartition des profits engendrés par la croissance, pas le désir de démocratie.
    Qui peut croire qu’un gouvernement résisterait longtemps face à une telle masse populaire déterminée ? Le peuple chinois semble désirer, avant toute chose, une bonne part du gâteau. Il veut des frigos, des voitures, des téléphones portables, des jeux à la télé, avant des journaux indépendants et le droit de vote.
    Par ailleurs, il ne faut pas ignorer les débats internes très animés et tendus au sein du parti unique qui dirige le pays. Certes, il ne s’agit pas là de démocratie au sens occidental du terme (quoi que, vu le nombre de membres du parti) mais il serait dommageable de ne pas prendre conscience du bouillonnement qui agite les sphères du pouvoir au sujet du renouvellement générationel des classes dirigeantes et de l’avenir économique du pays.

  4. Une remarque, je suis un peu surpris de votre rapide définition de la démocratie ” qui permet aux individus de vivre dans la liberté leur vie de tous les jours”.
    Vous pouvez avoir cela dans une société où la population ne peut pas (statutairement ou mécaniquement) participer à l’élaboration de la destiné collective, que reste t-il alors de démocratique?
    Vous remarquerez d’ailleurs que si la Chine pourrait céder sur le premier point, celui que j’évoque est simplement impensable dans ce pays régit par 20 siècles d’empire puis de communisme tout aussi autoritaire et centralisé l’un que l’autre.

    Par contre bonne nouvelle, M.Rocard se réveille et propose sa solution : Un nouveau projet de société exposé en 1 min 38 à l’université d’été du Medef 2010. Et dire que le bonhomme était de ceux qui incarnaient la lutte contre la concentration du pouvoir dans les mains du capital… ça explique bien des choses…

    http://www.dailymotion.com/video/xepq6z_rocard-a-l-universite-du-medef_news

    1. C’est vrai, mais l’intérêt de cette vidéo me semble être que Rocard ne propose rien d’autre que des remplacer les souverainetés nationales par une gouvernance “globale et responsable” logiquement sous la direction des seuls qui “comprennent le monde”: les grands patrons…

      Du coup les enjeux majeurs de notre époque apparaissent tels qu’ils sont. La crise que nous traversons amène à un changement de modèle économiques, de nouvelles règles seront édictées mais lesquelles? Celles favorisant le travail ou celles favorisant le capital?

      Cela nous le savions avant cette vidéo, ce qu’elle nous rappelle c’est que cette crise aura également un impacte majeur sur nos systèmes politiques et sur les modes de gouvernance.
      Il y a du changement de régime dans l’air!

      Il m’arrive de penser que les centres d’influences économiques ne doivent pas adorer le modèle politique actuel qui, si il assure (tant bien que mal) pour la majorité un filet social, représente pour les plus aisés (si peu de personnes) une épée de damoclès insupportable à leurs libres ambitions. Si c’était le cas, à leur place je verrai une opportunité énorme dans la situation actuelle pour changer tout cela.

    2. Cet extrait est particulièrement épouvantable …et, trés important…là où l’intelligence matinée d’un orgueil démesuré, mène au pire .

      Car il( Rocard) laisse tout – même s’il faut d’avantage de politique, dit-il, et c’est vrai – entre les mains des grand patrons …et, par là même, contredit ce qu’il vient de dire, puisque les patrons des multinationales ( Lamy est à ses côtés ) se sentent et sont, par la faute de l’abdication des politiques, tout-puissants …Or la toute-puissance, par essence est perverse, et n’accepte aucune limite …donc, aucune réglementation …( Le pervers – Sade – dit la Loi …pour les autres, mais ne l’accepte pas pour lui-même ) …et, ce qu’il dit au niveau des populations …est trés inquiétant, car les populations, incapables de comprendre -cela rejoint le gouvernement d’experts et le texte du Mr Matheux, auquel je ne comprends à peu près rien- devront être “contenues”[ il ne le dit pas, du moins dans cet extrait ] ,et n’auront plus de droits …( je ne peux m’empêcher de me rappeler un matin, sur FCulture, au “début” de la “crise” grecque, A.Adler, énoncer, sans être repris, d’une voix “douce”, la nécessité d’une dictature “douce” pour le plus grand bien du peuple grec …)
      Les zélites qui nous ont menées au Krach décideraient-elles d’une dictature mondiale ? ( nouvel Ordre Mondial : ça me donne des boutons depuis longtemps ! )

      Je vais reprendre le bouquin de Naomi Klein : “La stratégie du choc”

      extrait de la 4° de couverture “… ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour saper les valeurs démocratiques auquelles les sociétés aspirent, et leur sustituer la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.”
      Au début, on se dit, c’est trop, quand-même, et ensuite tout se met en place …

      Il est temps de se bouger les doigts .

  5. Les banques veulent faire porter aux gens comme Kerviel c’est à dire aux petit peuple des traders ,le fait que les plus grosses sommes perdues l’ont été par elles mêmes. La condamnation de Kerviel est là pour exorciser les sommes fabuleuses dépensées par les populations en rembourseùent des banques.
    Si Kerviel a agit illégalement les banques en vendant des maisons à des gens sans le sous ne sont pas pénalement au-dessus de tout soupçon. Kerviel ne fut pas plus malhonnête que ses employeurs et s’ils sont acquittés on ne voit pas pourquoi il ne le serait tout autant…Kerviel est donné comme victime expiatoire de la dernière grande crise phynancière .
    Il a le role du lampiste et le problème n’est pas qu’il soit condamné mais qu’il soit le seul. Je me rappelle aussi que lorsqu’il s’est agit de renflouer les organismes phynanciers peu de personne se sont élevés contre ces renflouements. Personne d’ailleurs à mon avis…mais j’aimerais me tromper?…Aujourd’hui tout le monde s’entend pour dénoncer cette escroquerie. Mais c’est trop atrd.

    1. La dénonciation de pratiques scandaleuses qui seraient le fruit de conduites déviantes de la part de certains individus, leur désignation à la vindicte publique, répond aussi à une volonté de dissimuler derrière un nuage de fumée médiatique les effets de structure qui opèrent réellement. Avec pour objectif de faire accroire que l’on pourrait se contenter de moraliser l’activité économique.
      Evidemment, quiconque désire changer quoi que ce soit en ce monde se doit d’agir sur les structures elles-mêmes.

    2. L’on peut d’ailleurs penser qu’il n’y pas plus d’activité économique que de beurre en branche car la pseudo-activité économique est bien plus l’action d’une morale qu’une activité spécifique que l’on pourrait isolée de toute l’activité sociale.
      Quand bien même cette activité économique pourrait être isolée comme étude de la circulation monétaire il faudrait montrer encore que l’argent peut être étudié en dehors de l’activité sociale totale. Jorion montre tout a fait que le PRIX loin de posséder des lois propres ne se comprend que comme baromètre des rapports sociaux totaux .
      La soit-disant économie est certainement le spectacle que Debord n’avait pas définit.
      L’on se demande d’ailleurs pourquoi on aurait besoin de croire que les hommes dépendraient plus d’une chose que d’une autre alors que même Marx montre que contradictatoirement la société est un tout puisque les idées sont censées dependre absolument des structures économiques et donc que ce tout forme en fait une unité.
      En fait l’idéologie économique sous entend la nécessité de la structure sociale actuelle avec ses patrons et ses ouvriers et repousse comme utopique la gestion démocratique du travail puisque l’homme serait la proie d’une nécessité irréductible.et extérieure

  6. Les chiffres du chômage sont ultra mauvais ce vendredi aux USA et bien devinez quoi?Le DJ passe les 11.000 points en fanfare..comment voulez vous qu’une telle ‘civilisation’ survive encore longtemps?Tout ce système financier n’est plus qu’une vaste fraude,une pyramide de ponzi…qui ne tardera plus à s’écrouler…..

    1. In the following interview with the WaPo’s Ezra Klein, Janet Tavakoli shares some more information on why every bank is about to shut down all foreclosures, in what she calls the “biggest fraud in the history of capital markets. Not very surprisingly, we are, so far, spot on in our 29th September projected timeline at this point: “We predict that within a week, all banks will halt every foreclosure currently in process. Within a month, all foreclosures executed within the past 2-3 years will be retried, and millions of existing home sales will be put in jeopardy.”
      Ezra Klein: What’s happening here? Why are we suddenly faced with a crisis that wasn’t apparent two weeks ago?
      Janet Tavakoli: This is the biggest fraud in the history of the capital markets. And it’s not something that happened last week. It happened when these loans were originated, in some cases years ago. Loans have representations and warranties that have to be met. In the past, you had a certain period of time, 60 to 90 days, where you sort through these loans and, if they’re bad, you kick them back. If the documentation wasn’t correct, you’d kick it back. If you found the incomes of the buyers had been overstated, or the houses had been appraised at twice their worth, you’d kick it back. But that didn’t happen here. And it turned out there were loan files that were missing required documentation. Part of putting the deal together is that the securitization professional, and in this case that’s banks like Goldman Sachs and JP Morgan, has to watch for this stuff. It’s called perfecting the security interest, and it’s not optional.
      EK: And how much danger are the banks themselves in?
      JT: When we had the financial crisis, the first thing the banks did was run to Congress and ask for accounting relief. They asked to be able to avoid pricing this stuff at the price where people would buy them. So no one can tell you the size of the hole in these balance sheets. We’ve thrown a lot of money at it. TARP was just the tip of the iceberg. We’ve given them guarantees on debts, low-cost funding from the Fed. But a lot of these mortgages just cannot be saved. Had we acknowledged this problem in 2005, we could’ve cleaned it up for a few hundred billion dollars. But we didn’t. Banks were lying and committing fraud, and our regulators were covering them and so a bad problem has become a hellacious one.
      EK: My understanding is that this now pits the banks against the investors they sold these products too. The investors are going to court to argue that the products were flawed and the banks need to take them back.
      JT: Many investors now are waking up to the fact that they were defrauded. Even sophisticated investors. If you did your due diligence but material information was withheld, you can recover. It’ll be a case-by-by-case basis.
      EK: Given that our financial system is still fragile, isn’t that a disaster for the economy? Will credit freeze again?
      JT: I disagree. In order to make the financial system healthy, we need to recognize the extent of our losses and begin facing the fraud. Then the market will be trustworthy again and people will start to participate.
      EK: It sounds almost like you’re saying we still need to go through the end of our financial crisis.
      JT: Yes, but I wouldn’t say crisis. This can be done with a resolution trust corporation, the way we cleaned up the S&Ls. The system got back on its feet faster because we grappled with the problems. The shareholders would be wiped out and the debt holders would have to take a discount on their debt and they’d get a debt-for-equity swap. Instead we poured TARP money into a pit and meanwhile the banks are paying huge bonuses to some people who should be made accountable for fraud. The financial crisis was a product of our irrational reaction, which protected crony capitalism rather than capitalism. In capitalism, the shareholders who took the risk would be wiped out and the debt holders would take a discount but banking would go on.

  7. Paul Jorion a raison, il faut un nouveau Bretton Woods, mais pour proposer et arrêter quoi? La convertibilité or/monnaie, c’est du has been, irréalisable. Le problème: le monde (économique) est devenu tellement dyssymétrique qu’il sera difficile de trouver un langage commun pour commencer. De plus, pour certains pays comme la Chine, la monnaie a une valeur identitaire; pour l’instant, je vois mal comment arriver à quelque chose qui ressemblerait à un accord, même provisoire. Le seul petit espoir: la peur de la Chine de voir dévaluer ses immenses sommes libellées en euro et dollar.

  8. Hors sujet… quoique:

    Le site “de defensa” se fait l’écho d’un état dépressif sévère, non pas de Mr.Jorion, mais bel et bien (et, pardonnez-moi, c’est plus lourd de conséquences éventuelles), de Barack Obama, qui serait sous anti-dépresseurs, et de plus aux prises avec une situation épouvantable à l’intérieur du Parti Démocrate…

    Cette rumeur n’a pas encore été confirmée par les médias habituels Français…

    Affaire à suivre…

  9. Personnellement j’aurais trouvé plus de profit à un compte rendu de votre intervention à Vannes .

    A propos de la majorité d’idée avant que d’être électorale , je crois que pour bétonner votre optimisme retrouvé vous disposez d’un indicateur étalon solide .

    Ce n’est que lorsque Jducac qui incarne de façon exemplaire le travail , la rigueur , la responsabilité et l’épargne , sera convaincu que ce n’est pas le capitalisme qui défend ( aujourd’hui ?) ces qualités là , et qu’il trouvera dans les ébauches de projets qui peuvent germer ici , la garantie que ce qui lui tient justement à coeur y est présente , que cette majorité d’idée deviendra force de projet majoritaire ; ça me paraît à la fois possible et sain .

    D’où l’importance du dossier ” propriété ” , de la compréhension des mots , de la nature des angles d’attaque et du sens de la mesure socratique .

    Jamais trop .

    Toujours la démocratie pour mesurer le trop et se donner les forces pour corriger les plus et les moins .

    Car trop peut aussi signifier trop peu .

  10. Paul, vous oubliez de parler de Lehman… Les creanciers n’ont pas été remboursés et sur les 600 milliard d’actif qui ont disparu rien (quasiment) n’est revenu au créanciers.

  11. J’espère que ça n’a aucun rapport avec votre passage en Transylvanie, mais vous paraissez fort pâle, monsieur Jorion. Simple réglage de lumière, j’espère. Reposez-vous bien, sinon.

  12. Je ne sais pas ce qu’avait fait ce foutu ado pour mériter d’être conduit au commissariat , mais il en a profité pour détraquer la pendule , car personnellement j’ai pris un coup de vieux de deux heures depuis cet évènement .

    1. @Julien,

      Ne réparez surtout pas : un saut de 2 heures dans la composant temporelle de l’hyper-espace, si l’on s’y prend bien, permettrait à la fois d’anticiper les cours de bourse et d’éviter les calembours de Piotr!

  13. Pourquoi le QE massif pratiqué par les grandes banques centrales ne déclenche pas, comme cela “devrait”, une hyperinflation?
    La réponse tient au fait que “les créanciers remboursés” dont parle Paul se contentent de faire disparaître dans la trappe aux liquidités ces mêmes milliards obtenus en échange des créances pourries.
    Tout simplement, comme le signalait déjà en 2008 DSK, de très importantes sommes sont tout simplement “gelées”, non circulantes. Ce constat est confirmé par un rapport de la Bundesbank de juin 2009 qui constate que 90% des euros émis par la BCE ne circulent tout simplement pas.
    En quoi cela conduira, selon l’avis de Greenspan, quand à la catastrophe?
    Eh bien, il suffirait que l’économie redémarre – d’ici quelques années?- pour que toutes ces sommes dormantes reviennent beaucoup trop vite dans la circulation pour qu’une hyperinflation se déclenche…
    Or, et puisque les richesses sont concentrées comme elles le sont (90% du patrimoine entre les mains de peut-être 5% de la population, ou moins), il n’est même pas sûr que cette hyperinflation menance tant que cela, faute de demandeurs suffisamment nombreux et suffisamment solvables.
    Au Japon, où le QE depuis vingt ans a émis des yens en quantité astronomique, nous n’avons aucun signe d’inflation.
    Il me semble que nous sommes dans une situation monétaire historiquement véritablement inédite et nouvelle, car la monnaie émise par les banques centrales, orientée pour l’essentiel par son seul pouvoir d’achat sans aucun étalonnage par ailleurs (l’or par exemple), peut simplement être rajoutée indéfiniement.
    Et puisque les plus fortunés thésaurisent forcément le plus, il est probable que ces mêmes fortunés retiendront toujours suffisamment la monnaie pour empêcher des dérapages inflationnistes violents.
    Les hyperinflations du 20ème siècle, notamment l’allemande de 1923-24, étaient différentes. Celle-ci avait été faite par le gouvernement allemand en réponse à l’invasion de la région de la Ruhr, principale zone industrielle du pays, par les troupes françaises: le gouvernement allemand appelait les ouvriers de la Ruhr à cesser le travail, mais il devait les payer! Avec quoi? Avec des billets imprimés tout neufs, sans qu’il n’y ait eu aucune contrepartie de production en face! Au plus fort de l’inflation, toutes les imprimeries allemandes participaient à la fabrication des billets, et, à la fin, un Billion de Marks ne suffisait plus pour acheter un morceau de pain.
    Donc, sauf à cesser de produire (ce qui n’est pas les cas même en régime de croissance nulle), on doit exclure provisoirement, et tant que nous ne sommes pas en guerre civile ou en guerre ouverte avec d’autres pays, le risque d’hyperinflation, mais plutôt une stagnation longue et sans doute des inflations d’actifs via des bulles spéculatives.
    La seule issue possible – et je signale au passage que cette solution serait praticable facilement, il suffit de la mettre en oeuvre – ce serait émettre une monnaie non thésaurisable tout en laissant en place la monnaie actuelle, déjà hors circuit pour 90%.
    Cette monnaie non thésaurisable impulserait une circulation “à la dame de Condé” immédiatement, et les dettes du monde entier reculeraient instantanément, tout comme fondraient symétriquement les fortunes monétaires excessives. Simplement parce l’intérêt de la monnaie, la rente du capital, disparaîtrait.
    Je rappelle donc à Paul et aux lecteurs qu’une solution praticable existe parfaitement, mais elle se heurte manifestement au désir de tout embrouiller savamment entretenu par les économistes à la botte du grand capital.
    Et je regrette que les esprits éclairés comme Paul Jorion et François Leclerc et d’autres intervenants sur ce blog et ailleurs ne rejoignent pas davantage cette approche.

  14. Dans un article fort intéressant (http://fr.rian.ru/discussion/20101004/187556859.html) et qui, à priori, n’a rien à voir avec le sujet de ce blog, le commentateur russe Ilia Kramnik met en lumière les contradiction de la course au technologisme dans la fabrication d’armements toujours plus coûteux. Il évoque un progrès qui évolue par sauts : bloqué par une barrière technologique, et s’il n’a pas assez d’ « élan », le progrès cale. Le processus patine. La situation devient végétative, sans issue identifiée.

    Ilia Kramnik : « Ce n’est pas la première fois que l’on est confronté à ce phénomène. Néanmoins, à chaque fois, la barrière devient de plus en plus élevée, tout comme le prix à payer pour la surmonter. Lorsqu’elle est surmontée une fois de plus, les nouvelles élaborations se mettent à proliférer pendant un certains temps et les équipements, hier encore à la pointe de la technologie, deviennent obsolètes. Ensuite, l’amélioration des caractéristiques commence à revenir de plus en plus cher en atteignant enfin une limite qui la rend excessivement onéreuse. L’énergie accumulée dans l’effort de surmonter la barrière précédente s’épuise. Actuellement, c’est la réserve accumulée dans les années 1930-1950, pendant la préparation de la Seconde Guerre mondiale, la guerre même et l’immédiat après-guerre qui touche à sa fin. C’est à la Seconde Guerre mondiale que les pays les plus développés du monde doivent, dans une très grande mesure, ce bond technologique extrêmement puissant car la guerre les avait contraints à multiplier par plusieurs dizaines de fois leurs investissements dans les recherches ayant trait aux équipements militaires et au génie fondamental ».

    La parallèle est frappant avec la situation actuelle. La crise en cours constitue une barrière et la surmonter requiert un effort qui paraît impossible. Pas d’élan, pas d’énergie pour sauter l’obstacle. La surmonter paraît difficile car cette crise est devenue universelle et générale et nulle part, sauf à choisir de vivre comme berger dans le pla de Soulcem (ou dans une grotte des gorges de Galamus), il n’est possible d’y échapper. Tout se tient, tous se tiennent (émergents et immergents) et tout est lié à tout de sorte qu’il n’existe plus aucun refuge indemne de la déréliction à l’oeuvre d’où l’on pourrait prendre son élan pour passer la barrière. Les sociétés sont trop fragmentées pour trouver de la force.

  15. Il m’a semblé voir en filigrane une ‘thèse’ dans vos propos : l’étonnante résilience actuelle du système financier ne serait pas dû qu’aux ‘compromissions’ et intérêts croisés entre la classe politique et les milieux d’affaires, défendant ainsi des intérêts bien compris, mais aussi et surtout à la résilience de la Chine.
    C’est plus net dans votre discours aujourd’hui.
    Et savoureux : un système financier qui n’a pu émerger que dans le contexte spécifique de la démocratie libérale se fait sauver la mise par un système politique anti ou a-démocratique qui l’utilise pour ses propres fins …
    Il ne faut pas être étonner ensuite que la Chine (et les pays émergents pour une bonne part d’entre eux, dont certains ont dû subir les sévices de l’ajustement structurels il n’y a pas si longtemps, pas assez en tout cas pour qu’ils l’aient oublié) en vienne à prodiguer aux sales gamins la fessée qu’ils méritent, via une bonne guerre monétaire.

    1. @zébu : “Et savoureux : un système financier qui n’a pu émerger que dans le contexte spécifique de la démocratie libérale se fait sauver la mise par un système politique anti ou a-démocratique qui l’utilise pour ses propres fins …” : mais surtout, ça ridiculise a posteriori la paranoïa anti-communisme des Américains, et de ce qu’on appelait encore… “le Monde Libre”, avec de grandes majuscules. A l’époque de la guerre froide, système communiste et capitalisme étaient considérés comme inconciliables, mais l’aventure chinoise a prouvé le contraire, comme quoi il ne faut jamais jurer de rien. Mais il y a une autre leçon à en tirer : le concept de liberté de pensée en prend plein la poire. Croire que “nous sommes libres” et que les petits Chinois “ne sont pas libres” sont désormais deux illusions.

    2. Oui Crapaud Rouge.
      Nous sommes ‘libres’ d’être dépendants du capitalisme et les chinois sont dépendants d’un capitalisme ‘libre’. Le jour où nous aurons choisis d’être libérés du capitalisme, peut-être aussi que les chinois seront libres de ne plus dépendre du capitalisme pour leur avenir.
      😉

  16. Le deux poids deux mesures en matière judiciaire, on l’a bien vu dans l’affaire Madoff : pour avoir, oh crime incommensurable, escroqué des nantis qui voulaient l’être encore plus, nantis, il fut condamné à la prison à vie. Pendant ce temps, les banksters et rentiers qui pressurent des peuples entiers, eux…
    Libérez Bernie! 😉

  17. Je porte à votre connaissance qu’un psychologue qui est aussi économiste de formation, qui a votre âge et qui est en “fin” de carrière, travaille dans un hopital psychiatrique à l’organisation d’ateliers centrés autour des questions politiques et économiques. Les chefs n’ont pas voulu de cet intitulé, ils préfèrent appelés ces rencontres “questions d’actualité”. Peu importe. La fréquentation est libre, les malades ont d’autre choix : céramique, théâtre assis….
    Ce travailleur s’inspire notamment de vos travaux ainsi que ceux de Lordon.
    En parlant avec lui, il s’est dégagé le constat suivant : curieusement, ce sont les “grands malades” qui viennent à ces ateliers, ceux qui portent en eux les dysfonctionnements de la société et de leur famille. Et, donc, il n’y a pas que sur internet, ou dans les media ou dans les auditoires que l’intérêt pour ces questions est vif. En fait, le travail percole même en psychiatrie. Et aussi auprès des jeunes stagiaires ou des jeunes nouvelles recrues qui accourent en même temps que les malades pour travailler ces questions. Et donc la transmission se fait l’air de ne pas y toucher. Un peu à la manière chinoise, finallement.

    1. Pour moi-même choisir facilement, entre macramé et réalité,
      je dois être un “grand malade” qui s’ignore.
      Au delà de cette ironie, devinez toute la tendresse que je porte aux victimes alors que leurs bourreaux courent en liberté.

      Revenez quand vous voulez, nous en parler.

  18. A la sortie de cette conférence de Vannes, j’ai d’abord eu le plaisir de me présenter à Paul, ce qui est en fait un peu (très) intimidant, ce qui explique en grande partie mon départ un peu précipité (l’autre raison majeure étant ce bon vieil horodateur dont on est jamais certain de l’avoir suffisamment nourri), puis de me faire aborder par un très vieux monsieur qui me lance “Alors, vous en avez pensé quoi?”

    Ma réponse n’a pas du le satisfaire, ou du moins ce n’était qu’un prétexte pour pouvoir “expulser” son propre avis, pas vraiment indulgent:

    “- Il n’a pas parlé d’éducation. Les jeunes vous comprenez…” Alors nous en avons brièvement parlé…

    Le vieux monsieur ne m’a épargné le cliché “ils sont bons à rien et ne veulent rien faire” que de très peu et je m’attendais presque à entendre à la suite “ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne guerre”… En revanche vous Paul, il ne vous a pas épargné: “Pour moi, c’est un technocrate”.

    Sur la population de bretagne j’aurais beaucoup à dire… A la fois sublime et immonde selon les individus qu’on y rencontre, comme sans doute de nombreuses autres populations. En tout cas ce que je peux vous dire, c’est que TOUT votre auditoire ne vous était pas acquis.

    J’ai ce handicap (qui est également une chance sans pareil) de vivre au beau milieu de populations qui ne sont pour beaucoup sensibles qu’aux populismes les plus crasseux et les plus simplistes. Handicap parce qu’engager une discussion vraiment sérieuse avec mon entourage plus ou moins proche m’expose au risque certain de me les mettre à dos plus ou moins définitivement. Chance tout de même parce que je peux néanmoins écouter leur point de vue, aussi navrant soit-il.

    C’est toute la problématique du discours politique (pour ne pas dire de son éthique), que de parvenir à obtenir et conserver l’attention de ce type de populations sans sombrer dans la caricature ni travestir les idées. Parmi les idées fortes que j’ai appréciées chez Frank Lepage et ses acolytes du Pavé (découverte récente, sur ce blog précisément), et que j’avais moi-même intuitivement décelé, c’est qu’on ne peut se contenter de l’opinion des gens qui sont acquis à votre cause. C’est au contraire tous les autres, indécis comme opposants, qu’il faudrait pouvoir convaincre.

    Mon avis tout personnel sur ce dernier point c’est qu’il est quasiment impossible de convaincre quelqu’un qui ne souhaite pas l’être. Comme peut-être ce monsieur avec qui j’ai discuté, et comme peut-être de nombreux autres? En tout cas la vigilance doit rester de mise, me semble-t-il.

    1. Oui, ce Monsieur a voulu me parler à moi aussi. Il vous a apparemment épargné son opinion sur les banlieues – autre sujet essentiel que j’avais oublié selon lui de mettre au centre de mon exposé. Il est vrai que quand je parle d’une salle acquise aux opinions que je défends, j’ai tendance a mettre entre parenthèses certaines opinions qui me semblent outrées et à trouver une justification à cette mise entre parenthèses dans le désaccord bruyant de la salle avec de telles vues. Je considère au contraire le fait par exemple d’être invité par un auditeur – comme ce fut le cas aujourd’hui après mon allocution – a venir exposer mes idées devant le Rotary Club vannetais comme le signe d’un assentiment très large aux idées que je défends.

    2. Ah, jducac était là?

      Plus sérieusement, il est possible de convaincre quelqu’un qui ne souhaite pas l’être. Le capitalisme l’a fait avec le salariat (et je connais de nombreux autres cas historiques tels que les camps de rééducation maoïstes, tsaristes, etc).
      Mais il faut employer AUSSI la violence physique.
      Si on n’emploie que le discours, c’est effectivement impossible de convaincre quelqu’un qui ne souhaite pas l’être. L’échec et la mort de Raymond Lulle avec son Ars Magna est là, preuve incontournable.

    3. Convaincre ne marche que de façon très intermittente.

      Comme le vent, vous ne savez pas quand sera la prochaine bourrasque : dans 30 secondes ? dans 8 jours ? Dans un an?

      Un évènement extérieur déclenchera des adhésions vers des idées que vous jugeriez peu probable de convaincre aujourd’hui.

      Un tel évènement oblige à considérer les choses sous un autre angle.

      Ce qui travaille dans ce processus est partiellement souterrain et lié au “support de mémoire” ( média, industrie culturelle,…). C’est pourquoi je vous bassine irrégulièrement avec Steiger/Simondon/Sennett et un peu d’autres penseurs.
      Je vais prendre d’autres exemples ici :

      Méditez par exemple sur le sens du mot “ami” dans 10 ans, dans l’après Facebook. N’aura-t-il pas été lourdement modifié ?

      Méditez sur Krugman expliquant comment Fox News choisit ses candidats républicain Tea Party “sur étagère”, pour lancer ce qu’il l’arrangera elle, Fox. Quand Fox voudra-t-elle réécrire la constitution (voir aussi l’interprétation du 1er admendement pour autoriser le lobbying “quantitatif” des personnes morales (Des Stés ..!))

      Méditez sur les antibiotiques, et l’antibiorésistance acquise : les antibiotiques auront en vérité fourni le bataillon de Bactéries Génétiquement Modifiées “BGM” qui nous obligera à revoir drastiquement leur usage d’ici peu. Alors qu’on pense ici ou là à Monsanto quand on lache “OGM”, nous ne commençons qu’aujourd’hui à voir que nous avons créés, avec ces êtres vivants qui nous colonisent tant et plus (et qui colonisent le roquefort aussi, soit), un “bactériome-OGM”, dont l’influence sur la mortalité humaine est sans doute bien plus grande que le maïs, le soja ou les tomates PGM (ces dernies effets à comparer à la mortalité qu’il y aurait eu en culture intensive non GM…, on se doit d’être honnête même avec Monsanto, même si on s’en sent le futur St Just).

      Donc Convaincre n’est qu’un résultat contingent , un peu à la surface des choses. Notre empreinte globale compte autant sinon plus, empreinte biologique et énergivore, mais aussi “pollinisation” des esprits .
      De toute façon, l’idée de convaincre se heurte toujours pour finir à un obstacle redoutable : que ferez vous une fois que tous ou presque sont convaincus ? Hmm ? Vous vous retrousserez les manches ? Soit, et dès que vous aurez aligné 3 pelles 2 pioches (et un PC, un Mac et un Linux, pour faire moderne), vous retrouverez des discordes sur la façon de faire, puis à force vous perdrez le but de vue.

      Ce qui reste a d’autres noms, le “soin” (pas le care, plutôt l’attention), l’éducation, les singularités, la sublimation, les savoir-faire, la main…. J’espère donc que je ne vous ai pas assez convaincu (-:) !

    4. @Paul

      Bien sur, dans votre conférence ce monsieur abordant ces sujets de la manière dont il les envisage aurait sans doute été remis à sa place. En aurait-il été de même dans une conférence de Finkielkraut, par exemple?

      En l’occurrence, vos publics respectifs seraient-ils les mêmes, aux quelques rares exceptions près de gens qui ne savent pas vraiment de quoi il va être question lors de l’assemblée?

      @Moi

      Ce que vous décrivez là n’est pas de la conviction mais de la contrainte, c’est tout à fait différent, notamment parce que cela peut susciter de la révolte.

      @timiota

      Juste un détail (sans grand intérêt pour le cœur de la discussion, mais j’y tiens tout de même): Si je reprends votre considération sur les bactéries, alors nous mangeons de la viande OGM pour ainsi dire depuis que l’homme a découvert l’élevage. A mon avis, vous vous trompez dans la définition du terme: Un organisme n’est pas réputé “génétiquement modifié” dès lors qu’il n’y a pas de manipulation directe sur son génome: Extraction de gènes particuliers pour les remplacer par d’autres par déconstruction/reconstruction d’un brin d’ADN.

      La méthode à l’œuvre pour les bactéries, comme pour les animaux d’élevage (ainsi que les végétaux d’ailleurs), c’est la sélection (pas naturelle pour le coup). Dans un cas elle est volontaire et dans l’autre non, mais en tout état de cause sur ces cas l’humain n’a pas été tripatouiller physiquement les ADNs avec ses gros doigts boudinés, contrairement à ce qui se passe chez Monsento.

      Sur le mode de diffusion des convictions à proprement parlé, vous n’avez pas vraiment besoin de m’en convaincre, je le suis déjà relativement. 😉

    5. A Paul Jorion:
      Le rotary veut donc vous entendre… Y voir un asentiment, pourquoi pas… Moi, j’y vois plutôt un certain intérêt, dans le sens protectionnisme. Car vous recevoir, c’est quelque part se donner bonne conscience, peu importe la teneur de vos discours: On vous a reçu, on vous a écouté, et on montre qu’on en tire les leçons, qui ne seront probablement pas celles auxquelles vous pourriez légitimement vous attendre.

    6. @Dissonance: “Ce que vous décrivez là n’est pas de la conviction mais de la contrainte, c’est tout à fait différent, notamment parce que cela peut susciter de la révolte.”

      Contrainte d’abord, conviction ensuite. Un enfant est contraint puis il a des convictions, c’est ce qui s’appelle de l’éducation (du dressage quoi). La capitalisme (et d’autres) ont fait idem. D’abord la contrainte, avec les révoltes ponctuelles associées, puis les gens ont été dressés et maintenant ils aiment être salariés.
      Je peux vous donner d’autres exemples, ainsi les fervents catholiques d’aujourd’hui que sont les indiens d’Amérique latine ont été dûment dressés pour qu’il en soit de la sorte. Il faut juste du temps, de la continuité, de la sévérité…

    7. @ Dissonnance

      Mon point était de bien faire voir que ce sont des questions à tiroir.

      Les premiers OGM étaient le fardier de Cugnot de la génétique, on sait place un gène bien plus précisément aujourd’hui que lors des débuts (fin années 80 en labo, mi années 90 pour les ventes) . Les gros doigts boudinés sont devenus plus fins. La Ford T est en magasin. Les complications arrivent (PGM multi-gènes…)

      Cette manipulation directe a ses risques, surtout en version multi-gènes, je ne polémique pas plus que nécessaire dessus (Voir le oeuvres de Robin ET lire Jaillette…).
      Mais je reviens aux bactéries: on ne voyait pas quels gènes on allait faire circuler en leur déversant dessus les antibio. Et ceux là sont cruciaux. Ce qu’on a pas bien réalisé (pensez que la compréhension de la triade ADN ARN protéine n’est répandue que vers 1960), c’est que les bactéries ont des gènes mobiles en équilibre permanent et collectif avec leur environnement. Alors qu’avant qu’une plante hérite d’une mutation viable etc. il faut du temps; il faut plus de générations par principe pour qu’une mutation y arrive car la complexité de l’organisme filtre bien tout cela. Et question temps, au mieux une ou deux générations par an, pas cinq par jour.

      Donc il y a certes manipulation indirecte du génome bactérien par les antibio, mais manipulation ô combien plus efficace que ce qu’on a fait avec les xxx millions d’ha de PGM déjà plantés, et dont les dégâts liés à l’aspect PGM proprement dit (et non à l’aspect agro-industrie prédatrice, hybrides stériles etc.) ne font pas la une. Quand on ne pourra plus utiliser d’antibio, ca sera une autre paire de manche en terme de dégâts, et de conduite médicale en générale. Et vu au macroscope, ç’aura bien été une erreur par génome interposé, même si Fleming peut plaider innocent votre honneur.

      Dans 50 ans, je risque de ne pas être là pour compter les points entre dégâts des PGM et résistances aux antibio (on n’en trouve plus de nouveau, en gros), mais je nous souhaite bonne chance des deux côtés.

      Cdlt

  19. Sinon, Paul, sans guère de rapports sinon capillotractés :

    une des plus fabuleuses interprétations jamais faites du “Es ist volbracht” de la Johannes passie de J.S. Bach, de 1985 dirigent Nikolaus Harnoncourt, où l’on entend la voix extraordinaire d’un garçon de 13 ans dans une partition pour alto. Panito Iconomou maitrisait la matière aussi bien qu’une contralto professionelle, et avec une extraordinaire intensité emotionelle. Le contexte y jouait certes, puisqu’il venait de perdre son père deux semaines auparavant.
    Enregistrement unique, et sans suite, puisqu’avec la mue de l’adolescence, inexorablement, ce timbre disparut.

    Ce (pré)-ado-là n’eût en aucun cas mérité le commissariat.

    1. L’immense beauté du monde …
      Bouleversant, donc humanisant …

      Ce qu’il y a de plus terrible dans ces histoires financières, c’est qu’elles nous desséchent l’âme …

      C’est l’oeuvre de Bach que je préfère …

      Merci .

  20. faudra qu’on m’explique en quoi la solution du “gouvernement mondial” abordée dans la vidéo pourrait nous sortir de là… ça me parait au contraire non seulement le meilleur moyen d’éloigner les peuples des décisions qui seront prises en leur nom, mais en plus la meilleure des “backdoors” imaginables pour tous les lobbyistes qui auront d’autant moins de difficultés à parvenir a leurs fins que le pouvoir sera concentré en un seul endroit (une UE puissance 1000x en quelque sorte)…

    le monde entier organisé rationnellement et entièrement consacré à produire de la richesse. sans aucune voie de sortie possible (a part l’industrie du divertissement). l’enfer…

    1. Les entités qui “gouvernent” aujourd’hui le Monde sont, de fait, les acteurs de la finance. Ils ont imposés leurs règles aux gouvernements. Il s’agit bien d’un type de “douce” dictature diffuse. Alors proposer de construire des organisations planétaire pour maîtriser tout ca parait de bon sens.
      Bien sûr comment cela s’imposera t il est un mystère pour le moment.
      Bretton’s Wood a été roganisé après de traumatisme de la 2éme guerre mondiale.
      Espérons qu’une situation catastrophique analogue ne sera pas nécessaire pour que les choses bougent ! Le pire n’est jamais sûr !

  21. J’ai entendu les 2 Concertos de Chopin ce soir… Une petite fille de 4 ans avait encore sa tétine en descendant les marches… Le concertiste n’est pas fidèle à ce que l’on dit. Brèves impressions…

    1. Merci pour le lien, il m’a permis d’y voir un peu plus clair.

      Je n’ai pas grand-chose à dire sur la partie pénale. Apparemment, les délits qui lui sont reprochés sont suivis des faits, et il ne pouvait dès lors qu’être condamné.

      Par contre, en ce qui concerne l’évaluation du préjudice, le raisonnement me semble particulièrement incongru. Je ne conteste pas le principe de la réparation intégrale, mais encore faut-il que le montant des dommages et intérêts soit correctement établis. Et c’est là, à mon avis, que le bât blesse.

      A moins que je me trompe, ce qu’il faut entendre par « réparation intégrale », c’est la remise de la victime dans l’état qui aurait été le sien en l’absence des délits commis par l’accusé. Or ce n’est pas ce qui a été fait ici. Le tribunal ne prend en considération que la situation qui résulte des agissements de Jérôme Kerviel, sans apporter le moindre examen à ce qu’aurait pu être la situation de la Société Générale si son trader avait agi conformément aux pratiques de son employeur. (Ceci dit, je n’ai pas lu le jugement dans sa partie pénale. Peut-être ai-je donc raté les développements à ce sujet.)

      Le tribunal se limite à énoncer la position de la Société Générale, à savoir « que Jérôme KERVIEL n’a pu prendre les positions aberrantes sur le Dax, l’Eurostoxx et le FTSE qu’en commettant l’ensemble des infractions qui lui sont reprochées ».

      Voilà une affirmation qu’il aurait fallu, il me semble, examiner avec la plus grande attention. Car sans doute n’a-t-il pu prendre ces « positions aberrantes […} qu’en commettant l’ensemble des infractions qui lui sont reprochées», mais quelles auraient été les positions qu’il aurait pu « légitimement » prendre ? C’est de la différence entre ces deux positions qu’il aurait fallu déduire la hauteur du préjudice, et non de la simpliste constatation de la perte résultant des infractions.

      Une telle analyse aurait peut-être orienté le débat sur les pratiques de la Société Générale, ce qui aurait pu être intéressant, et apporter un peu de perspective au sentiment d’impunité de la Société Générale (et sans doute du système bancaire dans son ensemble) qui ne manque pas de se dégager de ce jugement.

  22. Pour info.
    Voilà ce qu’on pouvait lire sur le site du quotidien Les Echos dans l’article qui faisait l’analyse de la séance à Wall Street, ce 8/10/2010:

    “Si les chiffres de l’emploi sont bons, c’est bon pour les actions. S’ils sont mauvais, c’est encore mieux, parce que cela ouvre la voie à plus d’assouplissement” monétaire, autrement dit des injections de liquidités par la banque centrale américaine (Fed) pour soutenir l’activité, a expliqué Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.”
    “L’argent va affluer vers les actions”, a-t-il ajouté. “Je ne vois rien qui puisse faire dérailler le marché”.

    Comme ça va mal, la FED va lâcher plus de pognon avec lequel on va pouvoir faire joujou sur les marchés!!!!

    C’est gonflé, hein? Voilà un raisonnement qu’il est beau! Un poil tordu, peut-être?

    1. « Je ne vois rien qui puisse faire dérailler le marché »

      C’est l’histoire et le propos d’un homme qui croyait beaucoup au marché car il ne voyait plus que ça pour y voir plus clair. On ne devrait pas toujours sacraliser le marché comme la plupart de nos élites mondiales, de peur qu’un jour ou l’autre le ciel nous tombe sur la tête et nous amène de nouveau à mieux voir autre chose sur le revers du tout commerce mondial des êtres.

      Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains. [Gustave Flaubert]

  23. J’ai loupé l’erreur 404 ou 403 et les doutes et interrogations que ce dysfonctionnement m’aurait apportés.
    Mea culpa, c’est une des rares fois en plus de 2 ans que je visionne la vidéo quelque peu tardivement pour cause de manipulation intensive du sécateur le long des ceps.

    J’ai cependant suivi en partie le “C dans l’air” de jeudi, consacré au couperet du procès Kerviel, mdr :
    http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1548&date=2010-10-07

    Un Marc Fiorentino plus passionné que jamais se pose en défenseur acharné de Jérôme et vilipende les pratiques actuelles plus sévèrement que Paul.
    Philippe Desertine, nous éclaire de sa vision sage et réaliste de ce monde financier qui nous trouble.
    Des traders et employés de banque interrogés sont bien sceptiques et pourtant discrets.
    J’ai retenu :
    . Kerviel à la SG c’est un peu comme de laisser un trouffion lambda accéder au bouton rouge.
    . Qu’est ce qui a été réformé depuis ?

    Conseil :
    dispenser une formation SQL aux contrôleurs et à leur hiérarchie :
    “Select * from base where débit I crédit > x”

    1. C dans l’air n’est pas une émission d’opinion mais le petit théâtre de Calvi. Dès lors que vous en avez conscience vous pouvez la regarder et apprécier pleinement le spectacle.

    2. J’en suis conscient, ouf.
      Pour les sujets politiques c’est 000 mais cela permet de mesurer la soupe servie à de nombreux auditeurs médusés.
      Pour les sujets techniques la qualité est fonction des invités qui parfois sont excellents.

  24. La Justice paraît en effet avoir rendu un verdict qui ne satisfait personne.

    Mais, avait-elle le choix?

    Elle devait trancher entre deux positions: celle de la responsabilité d’un homme, ou celle d’un système financier, au travers une banque, la SG.

    Condamner le système financier, c’est reconnaître implicitement que l’une des pierres angulaire de l’organisation sociale, dont la Justice protège le bon fonctionnement, est défaillante et donc nuisible. Ce serait en d’autres termes pour le judiciaire se tirer une balle dans le pied.

    Je suppose que c’est un tribunal correctionnel qui a rendu ce jugement, les actes de Kerviel étant délictuels il me semble. Pas de jury populaire, donc pas de surprise possible. Et il en sera probablement de même en appel. Néanmoins, j’espère me tromper.

    M JORION souligne le fait que les comportements “stratégiques” dans les salles de marché sont souvent, voire toujours “border line”. Cela me pousse à souligner ici le fait que Kerviel est “un parvenu” dans cette salle, fils de famille quelconque. Hors, les traders sont majoritairement issus des grandes écoles, centrale, polytechnique (qui a une formation spéciale à cet effet) et, pourquoi pas normal sup. Ces personnes issues de grandes écoles sont certes intelligents, mais aussi ont bien souvent un cadre familial tout autre que celui de Kerviel. Je ne serais pas étonné d’apprendre que, finalement, les positions de Kerviel étaient également prises par d’autres de ces collègues, qui eux, ont la chance de ne pas avoir été choisi pour trinquer dans la mesure ou leur environnement familial aurait pu actionner des leviers de représailles à l’égard de la banque.

    Autre remarque: s’il s’agit bien d’un délit, il paraît curieux, d’un point de vue juridique, qu’un délit puisse mettre en péril le système sur lequel repose l’organisation sociale. Cela devrait relever du crime.

    1. Mais encore?

      J’ai du mal à discerner dans votre remarque s’il s’agit d’ironie ou une demande d’éclaircissement.

    2. Introduction du livre de Jérome Kerviel : “L’engrenage : mémoires d’un trader”

      Ce livre rompt le silence auquel je me suis astreint pendant plus de deux ans ; deux ans pendant lesquels mon nom a été traîné dans la boue par de trop nombreux journalistes, banquiers, hommes politiques ou avocats. Aujourd’hui j’estime qu’il est temps d’établir la vérité. A l’approche d’un procès décisif pour mon avenir, mais aussi pour le système bancaire, j’évoque tels que je les ai vécus les événements qui ont conduit à ma chute. Je refais le chemin qui transforma le simple employé que j’étais en trader. Je raconte dans le détail l’incroyable année 2007 où je fis gagner un milliard et demi à la Société Générale avant que la situation ne se retourne dès les premiers jours de 2008. Je décris de l’intérieur la réalité des salles de marchés et du monde des traders, et le cynisme d’un système qui tire profit de ceux qui travaillent pour lui, quitte a les lâcher en cas de défaillance. Lorsque je pénétrai dans la célèbre tour de La Défense en août 2000, je ne me doutais pas que, loin de passer la porte du paradis, j’entrai en enfer. Comme je ne me doutais pas qu’en franchissant le seuil du cabinet des juges d’instruction, la vérité n’éclaterait pas. Je souhaite que ce livre interpelle l’opinion publique sur la réalité des pratiques bancaires. Qu’elle y découvre le témoignage d’un homme qui reconnaît ses fautes mais refuse de payer pour un système financier devenu fou.

      http://www.amazon.fr/Lengrenage-mémoires-trader-Jérôme-Kerviel/dp/2081238861

      A la lecture de ces quelques mots je ne sais quoi penser sur lui, sur sa vie, sur sa carrière, dois-je moi aussi le juger, le condamner comme un paria, un ancien trader ? Ne devrais-je pas plutôt chercher à comprendre pourquoi c’est toujours qu’un seul homme que les gens du système préfèrent toujours juger et jeter en prison, c’est tellement plus facile dans certains tribunaux de mieux faire entendre d’abord la justice des premiers notables de ce monde, si encore ça pouvait suffire à mieux faire revenir la confiance et la morale. Si le verdict a été si lourd envers lui, ça vient peut-être un peu de tout ce qu’il a pu dire dans son livre, comme de son propre témoignage sur toutes les choses qu’il a pu voir, plus c’est gros plus ça passe dans l’opinion.

      Dans ce monde de magouilles, d’initiés, de notables, de politiciens, de banquiers, de bureaucrates, de commerciaux, d’avocats, de magistrats, de juristes, de médecins, de marchands de sommeil, de gens bien établis, ce n’est bien sur jamais un collectif de personnes qui en écopent le plus mais toujours qu’un seul et à chaque fois, des gens si parfaits si bien sous tous rapports mais regardez-les se protéger si bien entre-eux, pour ça d’ailleurs que je n’ai jamais vraiment voulu adhérer à certaines sociétés secrètes, surtout dans un tel monde en pleine déroute morale. A quand le grand Occident de France pendant qu’on y est.

    3. @Antoine, non je n’ai pas dit cela sur un ton ironique, je suis plutôt intéressée par le fonctionnement des choses, que ce soit dans la justice, dans les salles de marché ou autres, et par le rôle qu’y jouent les élites. Nous avons vraiment besoin de mieux savoir comment certaines décisions sont prises et où se situe l’élite dans tout cela. Nous devons essayer de mieux comprendre certains mécanismes en espérant qu’ils ne soient pas trop difficiles à discerner… Mais est-ce vraiment possible?

    4. @Jérémie, tiens je repasse ici, cette affaire Kerviel est très mauvaise. Vous mentionnez les “sociétés secrètes”, j’y réfléchis aussi, certaines choses m’intriguent tellement…

  25. C’est beau, c’est bon, c’est bien

    Pitié pour l’homme qui ne recherche qu’à dominer et contrôler l’emploi du temps sur terre,

    Pitié pour l’homme qui ne sait même plus faire aimer les bonnes choses à son frère en deuil,

    Pitié pour l’homme qui ne sait même plus travailler autrement sur terre, acheter ou vendre,

    Pitié pour l’homme qui ne sait même plus soigner les coeurs et les esprits autrement,

    Pitié pour le vigneron malhonnête et le mauvais intendant travaillant bien dans la main,

    Pitié pour l’homme qui se croit le nombril du monde en gagnant trop de choses à la fois,

    Pitié pour l’homme qui ne se montre même plus en mesure de faire partager ce qu’il a reçu,

    Pitié pour l’homme qui recherche d’abord à servir la justice des puissants à écrasé le pauvre,

    Pitié pour l’homme qui recherche à paraître grand et droit alors qu’il est tout petit en réalité,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord en pousser beaucoup aux enfers pour le commerce,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord vendre la culture de son pays pour rester au pouvoir,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord rabaisser l’esprit d’un autre de plus à son actif,

    Pitié pour l’homme qui n’est plus guère aimer du monde à cause de vouloir trop en faire,

    Pitié pour l’homme qui ne se montre toujours pas en mesure de reconnaître l’échec de sa vie,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord entretenir des lèches-culs et des portes serviettes,

    Pitié pour l’homme qui n’écoute même pas mes jérémiades sauf les siennes d’abord,

    Pitié pour l’homme moderne qui ne sait même plus faire autrement de nos jours,

  26. Faut pas s’en faire,

    Se faire autant de mouron,

    Parce que je n’ai plus ceci ou cela comme un autre à la télévision,

    Car je sais qu’un jour viendra ou le politique de mon pays finira bien par me prêter quelques jours sa femme, sa maîtresse, sa secrétaire, son bureau, son vélo, les clés de sa maison, sa voiture, comme ça la crise ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour moi et puis au diable les autres, chacun pour soi, parole et parole comme le chantait si bien dalida, et oui c’est bientôt fini la crise ou la comédie sur terre, celle de cette folle civilisation commerciale. Sortez du milieu d’elle au plus tôt, afin que lorsque le plus dur et prévisible arrivera vous en serez déjà moins touché sur vous.

    http://www.youtube.com/watch?v=P4bIBJVfpkI

  27. Sur Kerviel, allez donc voir cette excellente blague sur le sujet : ici

    Et puis, peut-être est-ce la fatigue, mais il m’a semblé percevoir des champs d’oiseaux en arrière fonds sonore de la vidéo de Paul. Dans tous les cas, cela m’a mis de bonne humeur malgré toutes ces nouvelles désespérantes qui s’accumulent.

    Bien cordialement,

    1. Franchement, cette blague n’en est pas vraiment une. Un dialogue grossier et lourdingue. Par contre, celle sur le marketing féminin / masculin, en haut de page, est excellente. Et la pointe sur le marché, savoureuse.

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