207 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 8 octobre 2010 »

    1. J’etait aussi inquiet en essayant de voire le blog! : Forbidden You don’t have permission to access /blog/ on this server.
      j’ai pensé que j’était pire que Julien Coupat en suivant le blog de Paul.

  1. Interdite

    Vous n’avez pas la permission d’accéder à / blog / sur ce serveur.

    Apache/2.2.3 Server (Red Hat) à http://www.pauljorion.com Port 80

    C’était donc ça!Je commençais à imaginer le pire,il faut que je me calme,dans ce monde j’aurais tendance à virer parano.

  2. j’attends avec impatience votre commentaire sur le « jugement » Kerviel et également sur la vague de commentaires qu’il a, à juste titre , engendré.
    Quant à la guerre des monnaies, elle ne fait que confirmer vos propositions antérieures….

    Au plaisir de vous écouter.

  3. Un vendredi loupé, ça se marque d’une pierre blanche ! De quoi ce ratage est-il le nom ? De quelle catastrophe est-il le signe annonciateur ? Où serait-ce que là-bas, à l’autre bout de la Terre, Pékin aurait nuitamment décidé de revaloriser le yuan ?

    1. Hey! You talkin’ to my sister? So you talkin’ to me!

      Oui Anne tient des propos subversifs dans ses « A suivre… » : en voici un exemple. Extrait :

      « À s’être fourvoyés dans le tout économique, je me répète, nous nous sommes perdus, nous avons brisé le lien, ce fil qui nous tenait relier et qui nous rassemblait. Comment avons-nous pu nous laisser aller de la sorte à la compétition, au cumul, à la spéculation, au profit à tout prix, à cette « horreur économique », telle qu’elle a été décrite par Viviane Forrester en 1996, dans un livre qui commence ainsi:

      « Nous vivons au sein d’un leurre magistral, d’un monde disparu que nous nous acharnons à ne pas reconnaître tel, et que des politiques artificielles prétendent perpétuer. Des millions de destins sont ravagés, anéantis par cet anachronisme dû à des stratagèmes opiniâtres à donner pour impérissable notre tabou le plus sacré: celui du travail » (« L’Horreur économique », Fayard, 1996, p. 9) »

      Il semble que ce « leurre » soit à ce point « magistral » que l’on en arrive à ne plus voir ni entendre ceux qui le révèlent.

    2. @Fab

      You’re talking to me « Fabulous » Fab ?

      Ben précisément ! Relisez la prose de seur Anne et l’usage qu’elle fait de l’intro de Forrester.
      La subversion, en tant qu’action de renverser ou troubler un état de chose, des lois ou des principes établis, c’est bel et bien l’idéologie néo-lib et « ortho-mondialiste » qui la constitue et la met patiemment en oeuvre, de façon cachée, masquée, bien sûr.
      Prétendre revenir à un état antérieur présumé meilleur alors qu’il n’était que le prémisse, le préliminaire obligé, l’amuse-bouche dirais-je, ça s’appelle tout simplement de la contre-subversion. Et quant il s’agit en sus de prôner le retour aux valeurs tellement sages et correctes de nos prétendus angéliques et avisés ancêtres, tout simplement avons-nous affaire à du conservatisme en rétro-pédalage pur et dur, appelé plus couramment la Réaction.
      Soit le danger qui nous menace plus encore que celui représenté pas les tenants des idéaux libéraux radicaux et de leurs opportuns alliés affairistes et profiteurs de tous poils (Anne d’ailleurs ne vit-elle pas en Allemagne grâce aux bienfaits de la mondialisation et de l’Europe ultra-libérale ? 😉 ). Voir les tenants du passéisme se planquer derrière la bannière de l’anti-mondialisme n’a rien de bien neuf. Je ne vous ferai ses l’injure de vous renvoyer à de nombreuses pages peu reluisantes d’une certaine Histoire Nationale… Cosmopolitisme, affairisme international, juiverie financière, dilution de l’esprit national dans l’universalisme mondialisé, toute puissance des techno-structures déteritorialisées, on connaît la chanson…
      Que les mensonges éhontés de la mascarade libérale et ses retours de bâton subséquents sur les populations développées et émergentes soient en passe d’être démasqués par une part grandissante de la population mondiale ne doit pas nous amener à un quelconque repli identitaire ou réactionnaire vers des valeurs prétendument traditionnelles d’un passé qui a été tout sauf guilleret ou même souriant.
      Ce n’est pas seulement d’un présent inique et insupportable d’anomie, réduit au néant transcendant du Marché dont il nous faut nous débarasser, mais de tout le passé qui l’a autorisé, qui l’a fait naître. Car ce présent est bien le produit de ce passé, et d’aucun autre, par définition. Que des parents engendrent un monstre et, dussent-ils ne pas le reconnaître, l’abandonner ou le faire disparaître, ils n’en restent pas moins les seuls et uniques parents.
      Tout retour à de vieilles recettes ne ferait qu’activer les mêmes causes pour les mêmes effets. Et un nouveau cycle mondial de dérégulation/rerégulation avant un prochain. L’Occident fait subir au monde ce régime de chaud et froid depuis la renaissance et ses grandes découvertes avec les pics de mondialisation du commerce et de la « libéralisation » du XVIII ème puis du XIX ème, plus intenses encore que celui que nous connaissons aujourd’hui en terme de part du commerce international dans le commerce global.
      Les retours de balancier ont été violents et sanglants à chaque fois. La Réaction et les Nationalismes prenaient leur revanche, et favorisaient toujours les mêmes castes, tellement plus aptes à s’adapter aux « nouvelles donnes », comme aux anciennes,voire bien souvent à les réinstaurer à leur plus grand profit. Car ne nous y trompons pas, ceux là n’ont ni théories, ni idéologie, ni croyances, ni religions mais un seul principe : se maintenir au pouvoir par tous les moyens. La libéralisation si c’est utile, la Réaction si nécessaire.

      Appeler à la « tradition », c’est donc appeler au même. À la même logique d’Hubris expansive suivie de Réaction contractive.

      Il me semble que c’est le voeu et l’objet de Paul Jorion à travers ce blog que de nous voir chercher de nouvelles voies qui ne soient pas celles d’un passé aussi disqualifié que révolu et sortir des sentiers moult fois battus et rebattus des approches traditionalistes, ou traditionnelles marxistes, keynésiennes, ou que sais-je, ou même copiées-collées des valeurs des Lumières qui nous menérent, qu’on le veuille ou non, dans l’aporie néo-libérale et technocratique que nous subissons (plus ou moins suivant les individus, c’est tout le problème…).
      Il s’agit ni plus ni moins d’un nouvel humanisme, d’une nouvelle renaissance à inventer. Sans guerre de religions si possible. Voeu pieux sans doute vu la tournure des événements, et je ne parle pas là bien sûr de l’absurde et délirant choc des civilisations de Samuel machin truc…

    1. Exact… d’ailleurs j’ai faillis commencer mon hibernation cette nuit, 12h de sommeil…. pire qu’une marmotte. Je pourrais dormir jusqu’en avril.

  4. A l’origine du sabotage :

    – Eric Woerth tapez 1 [voir Mediapart]
    – Jean-Claude Casanova tapez 2 [peu porté sur les NTIC mais très attaché à son logiciel, daté]
    – Jean-Pierre Elkabbach tapez 3 [Que fait-il pendant ses vacances ?]
    – Henri Sterdyniak tapez 4 [Pour éviter à l’avenir toute prévision juste – « Si cela avait été moi, là ce n’aurait pas été de la chance monsieur ! »]
    – La Chine tapez 5 [Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Les Chinois. »]

  5. ouf ! ça n’était que cela !

    j’ai bien cru que dans un instant de ras le bol vous aviez …. euh …. baissé le rideau ;

    … des fois … on s’en fait du cinéma quand on voit apparaître à la place de votre page d’accueil :

    « l’accès de ce site vous est interdit ».

    Comme quoi, n’est ce pas, on s’installe dans une habitude bien chaleureuse, alors qu’il ne faut jamais oublier que …. rien n’est acquis.

    Ca m’a servi de leçon, parce que je suis mille fois plus contente de vous retrouver que je ne l’étais hier.

  6. Bonjour,
    Merci pour votre blog, mais sauf erreur de ma part, vous n’y parlez pas du « foreclosuregate » à venir. Pourriez-vous nous en dire quelques mots?

    1. Ce serait en effet très intéressant. « The Interstate Notarization Act of 2010 » – ou « Foreclosure gate bailout bill » – attend la signature d’Obama qui visiblement hésite. Après s’être sentis à juste titre titre lésés, certains citoyens américains avaient sans doute repris un peu espoir – de récupérer leurs biens voire de se venger. Et là le législateur va à nouveau protéger les organismes bancaires. Mais n’est-ce pas choisir entre une possible guerre civile – peuple contre élites politico-financières – et l’effondrement du système – en cas de poursuites contre des banques encore très fragiles ?

  7. Mort de rire en lisant boursorama tout à l’heure. Je cite: « Dans un premier temps, les investisseurs ont été frappés par l’accélération des suppressions d’emploi avant de reprendre leur esprit à la vue de la stabilité du taux de chômage. »

  8. Les suppressions nettes d’emplois se sont accélérées aux Etats-Unis en septembre, où 95.000 emplois ont été perdus mais le taux de chômage est resté stable.

    Ouf ! jai eu peur.

    De l’intérêt de lire les phrases jusqu’au bout.

    1. de plus en plus de chômeurs découragés qui renonce à chercher un emploi deviennent des fantômes: le tea party leur tend son napperon de pains bénis et les rachète au poids.

  9. Courageux est celui qui ne baisse jamais rideau, malgré la grande obstination et inertie du monde dans le machinal, l’habitus, contre ses idées novatrices, contre sa nature plus prudente, contre sa propre conscience, contre sa différence de conduite comme d’approche envers l’autre, l’homme réellement confiant n’attend même plus avec impatience le changement dans les choses, car ce changement c’est sur il finira bien tôt où tard par arriver, c’est partout perceptible la grande crise spirituelle du monde, comme de nos élites en réelle panne d’inspiration même le vendredi …

  10. U.S. Stock Futures Erase Losses After Jobs Report Boosts Fed Speculation

    valse hésitation après emploi US, le $ plonge à 82Yen

    « Les chiffres de l’emploi déçoivent… ou pas. Le marché ne sait pas comment interpréter la destruction inattendue (nous préférerons « contre toute attente ») de 95.000 emplois ou la baisse symbolique du taux de chômage à 9,6%, alors que le secteur privé a créé moins d’emplois que prévu. »

    « Wall Street a en revanche très bien compris que cela (QE) fera baisser le Dollar et monter les actions car l’argent injecté part directement dans la poche des intermédiaire (banques, Fonds de retraite), qui travaillent en étroite collaboration avec la FED.

    Ils n’investissent pas dans l’économie réelle mais dans les Bons du Trésor qu’ils échangent contre une partie de leur portefeuille de créances à risques: cela assainit leur bilan mais ne génère pas de masse de crédit supplémentaire (même s’il devient très bon marché pour les emprunteurs solvables). »

    Cela donne quand même un peu envie de mettre le feu aux bourses, d’embrocher Bernanke – par les… – et de le faire rôtir dans les décombres avant de le donner à manger aux chiens… qui en bons disciples de Diogène refuseront la maigre et corrompue pitance.

    1. « même s’il devient très bon marché pour les emprunteurs solvables » : je suis un « emprunteur solvable », (pour le moment…), qui détient un crédit revolving. Ma banque ne m’a annoncé aucune baisse de ses intérêts.

    2. Dès fois je me demande, mais il faudrait au moins la choucroute …
      si entre nous, la vie ne serait pas plus simple …
      de réfléchir aussi …
      à boycoter les banques surtout les révolvings …
      vu que de toute façon en fin de compte, nous règlons
      et les frais, et les assurances, les honnoraires, les commissions, les bonus et ….
      (si je ne me trompe, c’est compter dans le PNB, donc il faut que ça roule, et pour que ça roule il faut bien extraire …)
      et qu’en plus, si ça ne profite pas, que ça pédale et que ça perd, carrément en plus les intérêts , ..
      même voire le principal, si c’est carrément la cata …
      ( d’autant que des procédures, les procès durent, mais n’en coutent pas moins… )
      des plans de la finance.

  11. bonjour,

    les problèmes techniques ça arrive a tout le monde.

    ne faites rien dans la précipitation, prenez le temps de nous faire une vidéo de qualité

  12. Bon, je vais mieux, après avoir fouillé partout et me trouver sans cesse devant porte close. Allez, je vous, nous, espère reparti pour un tour et quid des problèmes techniques.

  13. Vendredi 8 octobre 2010 :

    En septembre 2010, le chiffre officiel du chômage aux Etats-Unis est de 9,6 %.
    Le chiffre officiel se trouve dans la rubrique « U-3 » (lien ci-dessous).

    Mais quel est le chiffre réel du chômage aux Etats-Unis ?

    Le chiffre réel se trouve dans la rubrique « U-6 ».
    Le chiffre réel comptabilise les temps partiels contraints et les chômeurs découragés de rechercher un emploi.
    Les données corrigées des variations saisonnières (= Seasonally adjusted) montrent que le taux de chômage réel est de 17,1 %.

    Il ne faut donc pas confondre deux choses :

    1- Le chiffre officiel : 9,6 % de chômage.

    2- Le chiffre réel : 17,1 % de chômage.

    http://www.bls.gov/news.release/empsit.t15.htm

    1. Mais quel est le chiffre réel du chômage aux Etats-Unis ?

      Un jour un petit enfant s’approcha d’un autre politicien fonctionnant un peu de la même manière que les nombreux précédents dans l’histoire et à l’image de ce monde en pleine déconfiture morale et lui posa bien innocemment la question suivante.

      L’enfant de 7 ans déjà bien adulte dans sa tête :
       » Dis moi Mr le Politique quel est le chiffre réel du chômage et de gens malheureux dans ton pays ?
      Parce que d’après mon Papa qui n’est pas du tout politicien sur les bords ce n’est pas tout-à-fait ça la vérité et la droiture ne parlons pas non plus du reste, les autres chiffres ne sont pas meilleurs.

      Le politicien bien rodé répondit :
       » Et bien les chiffres que je préfère te communiquer sur les ondes mon enfant, tu vois tu n’as même plus à chercher de ton propre coté les réels chiffres du Chômage ou alors à compter de ton propre coté le nombre de gens malheureux en plus dans une société depuis d’ailleurs que j’occupe toute la place sur la une, oui moi aussi je crois beaucoup en Dieu, St Père, ne riez pas c’est déjà assez touchant à voir comme ça, mais quelle grande mascarade que le monde de nos jours !

      Le monde des adultes pour les adultes, le monde des enfants pour les enfants mais comment apprivoisé les jérémiades des enfants si la crise perdure dans beaucoup de familles ?

    2. On devrait arriver approximativement au même chiffre pour la France. Le chômage en Allemagne a baissé, il est vrai, mais la plupart des emplois sont de nature temporaire (CDD) ou précaire, la politique du dumping social est maintenue, les jeunes et « seniors » sont particulièrement touché par le chômage.

  14. Avez-vous attrapé le virus iranien ? Que diable allez-vous trafiquer avec ces (autres) barbus? Attention, le turban, même bien noué, n’en protège pas?

  15. A lire les réactions, et à commencer par la mienne devant ce message sauvage d’interdiction d’accès, je me demande si vous ne l’avez pas fait un petit peu exprès, le big problème de ce matin…

    1. Vous avez raison : c’était un complot pour rendre furieux les lecteurs du blog, aussi furieux que nous lorsque nous faisons le constat que peu de choses ont bougé malgré le travail effectué ici…

    2. mon ordinateur est vieux, …
      donc avant toute chose, déjà
      (seulement si c’est possible, car …)
      je consulte la liste des erreurs …

  16. Procès de M.Kerviel;il ne s’agissait pas du procès de la banque mais celui d’un employé de banque indélicat.
    Je formule les choses de façon volontairement provocante.
    Mon intime conviction ,c’est que ce monsieur immergé dans un monde d’abstractions chiffrés a disjoncté,son malheur c’est que personne n’en ait pris conscience.Une histoire de solitude.

    1. « … il ne s’agissait pas du procès de la banque »

      Un tireur fou tue un passant au hasard. Au procès, l’avocat de la défense argue comme circonstance atténuante du fait que la victime était proxénète. Le ministère public s’indigne à juste titre : « Il ne s’agit pas du procès de la victime ! »

      Un trader perd beaucoup d’argent. Les conditions du contrôle de ses activités au sein de la banque qui l’emploie sont évoquées. L’avocat de la partie civile s’indigne : « Il ne s’agit pas du procès de la banque ! » L’argument est irrecevable, il n’y pas d’analogie possible avec le cas précédent. La qualité du contrôle exercée par la banque est un élément essentiel à l’appréciation du cas.

      (Je ne suis pas juriste mais mon père l’était et, enfant sage, je ne perdais pas une miette de ce qui se disait à la table du repas).

    2. « La qualité du contrôle exercée par la banque est un élément essentiel à l’appréciation du cas. »

      Pas si la fraude de Kerviel était intentionnelle, comme l’a estimé le juge.

      Voici un extrait d’article de Valérie de Senneville dans les Echos du 7 septembre :

      « Jusqu’à la fin, Jérôme Kerviel a eu une ligne de défense et une seule : « J’ai été coupable mais pas responsable », disait-il en substance. Il a fraudé, mais la banque, elle, a commis des fautes, des carences graves dans son système de surveillance lui ont permis de poursuivre sa course folle. Facilement compréhensible par tout un chacun, le raisonnement n’est cependant pas valable sur le plan juridique. D’abord une évidence simple : ce n’est pas parce que le commerçant laisse ouvertes portes et fenêtres que la responsabilité du voleur est amoindrie. Ce n’est donc pas parce que la Société Générale a « contribué » à la faute par ses carences – elle a d’ailleurs été condamnée par la Commission bancaire à 4 millions d’euros d’amende – que la responsabilité de la perte doit être partagée entre elle et Jérôme Kerviel.

      Logiquement, le tribunal applique donc cette jurisprudence constante de la Cour de cassation, qui, pour les dommages et intérêts, distingue les délits intentionnels des délits non intentionnels. En cas de délit intentionnel, il ne peut y avoir de partage de responsabilité entre l’auteur et la victime de ce délit. L’obligation de réparation est intégrale et le tribunal ne dispose d’aucune marge de manoeuvre sur le montant. A partir du moment, donc, où les juges ont estimé Jérôme Kerviel coupable du délit de fraude intentionnelle, il était redevable envers la banque de l’ensemble du dommage. Le fait que ces 4,9 milliards de pertes ne soient pas, suivant une logique purement financière, le fait direct de Jérôme Kerviel – c’est la Société Générale et non Jérôme Kerviel qui a débouclé l’opération – ne concerne en rien la justice. Au final, le dommage pour la banque est de 4,9 milliards et le fraudeur doit réparer. Point. Encore aurait-il fallu le dire et l’expliquer. Or on cherche vainement dans les attendus du jugement le moindre développement pédagogique. »

      Les deux cas évoqués par Paul Jorion – incompétence et « rélâchement d’attention » – correspondent en fait à la même chose. La SG a été négligente, c’est le moins qu’on puisse dire.

      Imaginez que l’on change cette jurisprudence, et que les victimes négligentes – incompétentes ou inattentives – soient privées de dommages et intérêts. Les voleurs pourraient arguer du fait que les maisons qu’ils cambriolent sont mal protégées, que les propriétaires sont négligents, et par conséquent qu’ils n’ont pas droit à réparation. Hum…

      Ce qui nous taraude, dans cette affaire, ce n’est pas seulement la question de la négligence ou de l’incompétence.

      Personnellement, je me demande si certains manageurs ou dirigeants de la SG étaient complices de l’activité de Kerviel. Ces opérations très risquées étaient souvent rentables pour la SG, après tout. Ce serait oublier que la SG disposait de nombreuses règles et mesures interdisant ce que Kerviel a fait. La SG ne peut pas promouvoir et interdire quelque chose simultanément. Son intention, apparemment, était d’interdire ces activités à ces salariés. Si ce n’est pas le cas, Kerviel a la charge de la preuve.

      Je me demande aussi quelles ont été les poursuites engagées à l’égard d’autres personnes. Est-ce que les responsables des graves négligences dans les règles internes de sécurité ont été poursuivis ? Ou bien ont-ils été licenciés avec des indemnités ? Et quid des dirigeants de la banque, qui ont laissé perdre 5Md€ à leurs actionnaires ?

      Enfin, je ne vois pas de lien entre cette affaire et les sauvetages des banques par le contribuable.

      Cdt,
      GSF

    3. Paul dit : « La qualité du contrôle exercée par la banque est un élément essentiel à l’appréciation du cas. » : OUI, absolument ! Mon boulot à moi, et sans doute celui de millions de salariés, est soigneusement contrôlé par des hiérarchies tatillonnes. On ne pardonne pas l’erreur, on exige des rapports détaillés, on enquête sur les incidents. Je n’ai jamais menti dans mon boulot, jamais cherché à duper quiconque. Et pourquoi ? Parce que collègues et supérieurs hiérarchiques sont COMPETENTS, les mensonges seraient très vite découverts.

    4. @Paul Jorion

      Le procès Kerviel est celui d’une fraude commise non pas par un dirigeant à son profit mais par un salarié. Et ensuite la gauche bien pensante pratique la technique de l’amalgame si chère aux marxistes.
      Le drame intellectuel de certains français se prétendant intellectuels de gauche c’est l’absence de stricte focalisation mentale sur le sujet à examiner.
      Ensuite pour la foule, celui qui gueule le plus fort a forcément raison…..
      Le procès Kerviel dans son essence est simple:
      Un salarié n’a pas respecté le plafond autorisé selon une définition de fonction. C’est comme une limite de pouvoir bancaire.
      Ce même salarié a ensuite « magouillé » pour dissimuler sa fraude.
      Point final !
      Tout le reste est de la littérature de sociologue !
      Allez voir dans une ruche comment cela fonctionne.
      Comment les anglo-saxons ont ils traité le cas du mec qui a coulé la « baring » ? Comme dans une ruche !
      Si vous espérez inventer une ruche sans hiérarchie ni règles, bravo ! Vous êtes en esprit plus français que les français.
      Mais soyons clairs: si des règles s’appliquent aux salariés, d’autres règles sont applicables aux dirigeants ! regardez dans une ruche ce qui arrive à une reine qui ne pond plus !

    5. @ALBIN : vous avez le don d’énerver vos adversaires, vous !

      « la technique de l’amalgame si chère aux marxistes. » : parce que vous et ceux de votre camp NE FONT JAMAIS D’AMALGAMES peut-être ? Amalgame toi-même ! C’est la dernière fois que je vous parle !

    6. En ce qui me concerne , ce que j’apprécie le plus dans les ruches c’est qu’il y a un apiculteur pour s’assurer que tout le monde fait correctement son travail , et prélèver suffisamment de miel pour en nourrir les clients à un prix abordable pour eux .

      La SG ( et le capitalisme de façon plus large ) est en fait devenue une ruche où le miel n’est plus qu’à consommation exclusive des abeilles , de la reine et de quelques happy few qui ne savent plus que stocker les pots de miel pour le transformer en encore plus de miel .

      Quand une ruche devient folle on la brûle .

      Dans le cas présent, il faudrait aussi ( et peut être d’abord ) repérer et dézinguer les happy few , pour que le miel nourrisse chacun ‘ à due concurrence  » . Pas sur que la seule interdiction des paris …. y suffise .

    7. @ ALBIN

      La stricte focalisation mentale que je ne pratique pas habituellement me permet, en l’espèce, de vous faire remarquer que les abeilles ne vous ont rien demandé.
      Si vous y tenez malgré tout, cherchez plus tôt du côté des mouches.

      Quand vigneron revenir, lui pas content.

    8. « Imaginez que l’on change cette jurisprudence, et que les victimes négligentes – incompétentes ou inattentives – soient privées de dommages et intérêts. Les voleurs pourraient arguer du fait que les maisons qu’ils cambriolent sont mal protégées, que les propriétaires sont négligents, et par conséquent qu’ils n’ont pas droit à réparation. Hum… »

      de Gu Si Fang

      En effet, il paraît logique que la victime, par sa négligence, ne doit pas perdre sa qualité de victime si la négligence relève d’un comportement de tout à chacun, et n’est donc pas fautive. Le fait de perdre une somme qui dépasse le milliard pour une banque par l’intervention d’un seul homme, difficile de parler encore de négligence non fautive. Pour le moins, la notion de victime en prend un coup.

    9. Bonjour Antoine,

      Je ne conteste pas les très graves négligences de la SG (entendez : certains dirigeants et cadres). Mais elle est elle-même la victime de sa propre négligence. Ce sont les actionnaires, salariés et autres partenaires de la SG qui trinquent. C’est pour cette « faute » que vous aimeriez la voir condamnée ? Cela ne repose sur aucun principe de justice.

      Pour condamner la SG, ou ses dirigeants, il faudrait qu’elle ait commis un tort vis-à-vis d’un tiers. Il y a une action en cours par des salariés. Je ne sais pas ce que font les actionnaires. C’est de ce côté-là qu’il faut regarder. Dans l’affaire Kerviel il n’est pas possible de déclarer la SG coupable, ni de la priver de ses dommages et intérêts. La décision concernant Kerviel est juste.

      Je suis scandalisé, comme Paul Jorion, de voir que les banques qui ont commis des erreurs ont reçu des milliards du contribuable depuis 2008. Le principe de justice aurait voulu qu’elles assument les conséquences de leurs actes, mais ça n’a pas été le cas. Alors Kerviel va en prison, et les dirigeants de la SG reçoivent des subventions ? Oui ça présente mal, oui c’est injuste, oui c’est scandaleux.

      Mais ne perdons pas nos repères. La justice consisterait à traiter toutes les affaires comme celle de Kerviel et non comme celle de la SG par une (in)justice d’exception. On ne répare pas un mal par un mal. Je plaide pour que l’on applique le droit usuel aux banques.

      Cdt,
      GSF

    10. Binbin au Congo nous dit:

      Tout le reste est de la littérature de sociologue !
      Allez voir dans une ruche comment cela fonctionne.

      On comprend qu’il enrage contre toute pensée libre, donc critique…
      Impayable! Ou plutôt qui paye Binbin pour nous amuser tant ?

    11. Concernant la jurispudence sur la réparation intégrale du préjudice subi lorsque l’intention est prouvée, dont il est églament question dans le billet de Gu Si Fang

      S’il est vrai que l’intention de Kerviel était d’exposer des fonds au delà de ce qui est permis, de sorte que le risque encouru par la SG était cataclysmique, estimer que le préjudice subi par la SG est de 4,9 milliard d’Euros, c’est aller selon moi un peu vite en besogne.

      Car le risque aurait pu se transformer en véritables oeufs d’or… Ce « préjudice » est donc purement de circonstance et n’est finalement que la résultante du fonctionnement normal des marchés financiers.

      Selon moi, le préjudice imputable à Kerviel est une perte potentielle, qui s’est avérée une perte du fait du cours normal des choses. Mais la charge de la perte ne lui incombe pas, c’est le fonctionnement du marché financier qui en est la cause. Il n’y a pas de lien de cause à effet entre les placements de Kerviel et la perte. Les cours sont seuls responsables.

      Il serait d’ailleurs intéressant par ailleurs de voir combien la SG se permet d’exposer au total quotidiennement, hebdomadairement, et mensuellement. Si mensuellement, elle expose autant que Kerviel sur son coût d’éclat, l’aléa étant constant, le risque est le même… Considérer le risque seulement à l’instant t, c’est laisser croire que sur la durée, le risque est atténué. Or il n’en est rien, pour preuve l’évolution du CAC sur 10 ans.

    12. Gu Si Fang

      Si je vous compends bien, une faute ne peut pas être imputée à la personne morale, mais à la hiérarchie de Kerviel.
      Je ne vous suis pas sur ce raisonnement:

      D’un point de vue pénal, la responsabilité pénale des personnes morales existe, même s’il est vrai que cette notion date d’hier.

      Et d’un point de vue civil, la remise en cause d’une demande d’indemnisation peut tout à fait se réaliser sur la notion de faute lourde commise par le demandeur, en l’espèce la SG.

      Quant à la notion de faute prise en elle même, bien qu’elle soit née de la religion (les dix commandements en sont les contours), elle est le fondement du droit pénal, et un moyen de défense en droit civil.

    13. @ Antoine

      Sur l’évaluation et l’imputation du préjudice, c’est une question de jurisprudence sur laquelle je ne suis pas compétent. Je peux juste lire comme vous ce que dit Senneville dans son article (Les Echos). Spéculons un peu en nous demandant si ce préjudice est dû aux marchés, et non à Kerviel !

      La SG a fait un perte de 5Md€, mais elle aurait tout aussi bien pu faire un profit. Je vous suis jusque là : un profit peut aussi être une perte, on a parfois tendance à l’oublier sur ce blog [NB : je distingue intérêts et profit].

      Du fait qu’elle aurait pu faire un profit, la SG ne peut pas être tenue pour victime de Kerviel, mais « des circonstances ». Ca va très, très loin !

      Si on détache le profit / perte d’une action et l’auteur de cette action, voici quelques-unes des conséquences possibles :
      – on ne peut plus faire payer d’impôt à l’auteur d’un profit (puisqu’il aurait pu faire une perte, et ce sont les circonstances qui en ont décidé autrement) ;
      – on ne peut plus se vanter d’avoir eu une bonne idée, car elle aurait aussi bien pu être mauvaise ;
      – on ne peut plus dire que Jorion a prédit la crise, car il aurait aussi bien pu faire une prédiction fausse ;
      – on ne peut plus dire que nous sommes responsables de nos actes, car ce sont les circonstances qui en décident ;
      – on ne peut plus mettre les criminels en prison, etc.

      Je ne sais pas si la hiérarchie de Kerviel doit être condamnée, mais je dis qu’il y a des gens qui pourraient lui demander des comptes : les actionnaires, notamment. J’ai lu aussi que deux salariés tentaient une action en justice.

      La question de la personne morale est très intéressante mais je n’y connais pas grand-chose. Jusqu’en 1867, le statut de S.A. était interdit par défaut, et accordé sur dérogation. La situation normale était que les actionnaires étaient responsables personnellement (!) des dommages que leur entreprise pouvait causer à des tiers. Leur fortune personnelle pouvait être engagée. La loi sur les sociétés anonymes de 1867 a généralisé cette nouvelle forme d’organisation des sociétés. Je crois que les libéraux y étaient opposés à l’époque, car il considéraient que cela entraînerait une dissolution de la responsabilité, mais je n’en sais pas plus.

      Sur ce sujet, il nous faudrait l’aide de Valérie Bugault !

      GSF

    14. Gu Si Fang

      Tout à fait, une perte peut être un profit, notamment par le jeu de l’optimisation fiscale. Néanmoins l’intention de Kerviel était clairement de faire un profit.

      Et l’aléa boursier n’est en rien comparable avec les aléas rencontrés par ailleurs pour toute autre activité. L’aléa est un paramètre des marchés financiers, pour le reste, il est qualifié de cas fortuit ou force majeur (événement imprévisible, irrésistible et extérieur), qui vient perturber la bonne marche de toute entreprise.

      En d’autres termes, l’aléa est intrinsèque au marché financier (ce qui le rend excitant, car c’est le ressort de tout enjeu), est extrinsèque pour tout autre activité lucrative (sauf pour le jeu d’argent).

      Donc lorsqu’on expose des liquidités sur le marché volontairement, on soumet volontairement ces liquidités à l’aléa. Lorsqu’on transporte de la marchandise, si elle arrive à bon port, le profit se réalise, s’il y a avarie du fait des intempéries (cas fortuit), vient le rôle des assurances. D’une part, on se soumet à la chance, d’autre part on se préserve de la faute à pas de chance.

      Quant aux termes de « circonstances », il ne me semble pas recouper la notion d’aléa. Les circonstances recouvrent plus une situation constituée par un ou plusieurs paramètres, dont l’aléa peut faire partie.
      Vos conséquences possibles me paraissent plus relever de la notion de déterminisme: Le profit s’est réalisé parce que les circonstances s’y sont prêtées: tout était déterminé pour que ça se fasse. Paul Jorion est un visionnaire de la crise parce que les circonstances s’y sont prétées: son éducation, ses diverses professions ont déterminé sa lucidité sur la situation des relations économiques et sociales… Et s’il est vrai qu’il aurait pu en être tout autrement, ben c’est comme ça. Donc on taxe le profit, on voit en Paul Jorion un précurseur, etc… Le déterminisme est un vaste sujet, philosophique et religieux (une fois de plus), qui s’oppose bien souvent au libre arbitre (auquel les modernes sont tant attachés).

      Voilà ce que suscite la lecture de votre réponse.

      Cela me permet de revenir sur l’intention de Kerviel. Je ne sait pas quels sont les chefs d’inculpation retenus, mais quoiqu’il en soit, l’intention de nuire ne me paraît pas évidente: il n’a pas touché un copec de ses placements, mais était rémunéré en conséquence. Sa volonté était de faire gagner de l’argent à sa banque. Or si pas d’intention de nuire, un des éléments constitutifs de toute infraction est absent, et Kerviel ne peut être inculpé de quoi que ce soit.

    15. @ Antoine,

      Digression sur la différence entre risque et incertitude, et le lien entre incertitude et profit…

      « l’aléa boursier n’est en rien comparable avec les aléas rencontrés par ailleurs pour toute autre activité »

      Ils ont quand même en commun d’être difficiles à prévoir, comme toute activité humaine. Nos actions individuelles ne peuvent pas être prédites par des formules mathématiques ; les cours de bourse non plus. Nous en sommes donc réduits à « deviner » ce qui va se passer. Si je produits une paire de chaussures pour la vendre, j’anticipe que quelqu’un me l’achètera, mais ce n’est pas certain. Je peux acheter une action en bourse en anticipant que quelqu’un me l’achètera, mais ce n’est pas certain non plus. Le point commun entre ces deux incertitudes c’est qu’elles reposent sur mon anticipation subjective, personnelle, du comportement d’autrui, pas sur un calcul objectif.

      En revanche, quand on lance un dé, on sait par définition d’un dé qu’il a « une chance sur six » de donner un 3. Je n’ai aucun moyen de prévoir le résultat avec plus de précision que vous. C’est pourquoi on peut dire que l’assurance pure ne génère aucun profit. Si les accidents de voiture marchaient comme un jet de dé, il y aurait des assurances. Mais elles ne feraient aucun profit dans le sens utilisé ici parce que le résultat est prévisible, calculable, sans incertitude, comme un jet de dé.

      Voir l’échange ici sur l’assurance :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=12252#comment-81828

      A l’inverse, celui qui réalise un profit n’a aucun moyen de calculer à l’avance s’il réalisera un gain ou une perte [NB : encore une fois, il faut distinguer l’intérêt du profit, sinon ceci n’a aucun sens]. S’il réalise un profit, c’est qu’il avait bien « deviné » le comportement des autres acteurs ; sinon, il réalise une perte. La référence sur le thème incertitude / risque / profit est Frank Knight : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_risque http://eco.ens-lyon.fr/actu/listelivres.php?reflivre=92

      Tout ceci pour dire que le profit, par définition, n’est pas calculable à l’avance. Pourtant, nous devons l’attribuer à un acteur, à celui qui a correctement ou incorrectement anticipé le cours des évènements. Sinon, cela reviendrait à considérer les gens comme des boules de billard bringuebalées par des chocs extérieurs et sans influence sur le résultat. D’où ce que j’écrivais : pas d’impôt possible sur les profits (qui imposer ?), pas d’action judiciaire en responsabilité, etc. etc.

      Mais nous ne faisons pas ainsi. Nous considérons que les gens ont une influence sur les évènements, et nous exprimons cela en disant qu’ils sont « responsables ». Dans ce sens, Kerviel est responsable de la perte subie par la SG. Et pourtant, il ne pouvait pas la calculer à l’avance. Ce n’est pas contradictoire.

      Cdt,
      GSF

      http://tinyurl.com/35lpblj

    16. Gu Si Fang

      Je conçois très bien que toute entreprise est incertaine, même de vous convaincre.

      Je pense que vous avez compris où je veux en venir, et je discerne à la lecture de vos billets que mon approche ne vous convient pas, et ne semble pas être frappé du bon sens.

      Désolé, je suis gaucher 🙂

      Pour autant, j’aime la droiture avec laquelle vous donnez vos points de vue, et qui sait, un jour, j’y adhèrerai peut être.

      Cordialement

      Antoine

    17. @Albin

      L’àlbinisme, nouvelle école de pensée aux puissants agents tensio-actifs pour lessiver définitivement notre pays de la chienlit gauchisante qui corrompt depuis deux siècles les bases du glorieux édifice national !

      Z’avez ben raison mon bon Binbin ! Et vous savez la faute à qui tout ce bazar ? Ben à ce mou du genou de Thiers bien sûr !
      Si le gus avait fini le boulot d’éradication de la vermine communarde en supprimant aussi la descendance, mâle comme femelle, de ces terroristes socialisants ! N’en serait pas là si on avait pris le mal à la racine ! Si on avait extirpé du terreau national chaque radicélle, chaque graine avariée de cette engeance dégénérée ! La tâche qui vous attend est désormais immense, mais votre détermination, je le sais, jamais ne faiblira.
      Perspistez dans votre effort sacrificiel en vue du relèvement, que dis-je !, du renflouage sacré de la Nation !
      Vous imposez le respect de tous sur ce blog. Sincèrement.

      @l’âme nuise

      Détrompez vous ! Je bois du petit lait avec Albin.
      Sauf que mon lumbago m’empêche de m’esclaffer aussi violemment que son humour involontaire m’y autoriserait. sans peine.

    18. @GSF: « Sinon, cela reviendrait à considérer les gens comme des boules de billard bringuebalées par des chocs extérieurs et sans influence sur le résultat. »

      Un exemple concret: un homme avec une queue de billard touche une boule de billard A qui va contre une boule de billard B, et cette dernière va dans le trou.

      Pouvez-vous me dire en quoi la boule de billard A n’a eu aucune influence sur le résultat?

    19. @ Moi

      Nous connaissons les boules de billard comme des objets inanimés. On dit qu’elles n’ont pas de « primum movens ». C’est dans ce sens-là que la boule de billard n’a pas de responsabilité dans la chaîne des évènements.

      Le primum movens : qu’est-ce que ce truc-là, me direz-vous ? L’un, qui est croyant, dira « c’est l’âme ». L’autre dira « c’est le libre-arbitre ». Un troisième dira « c’est la résultante des forces productives matérielles agissant sur notre classe sociale ». Le déterministe spinoziste dira « c’est la résultante de toutes les forces de l’univers s’exerçant sur notre cerveau » etc. etc.

      La différence entre Kerviel et la boule de billard, c’est que dans le cas de la seconde, nous pouvons espérer connaître les lois de ses mouvements. La mécanique, la relativité, la mécanique quantique, etc. nous disent suffisamment de choses sur le comportement des objets comme les boules de billard. Ce n’est pas le cas de Kerviel. Même si l’on adopte le point de vue déterministe, hégelien, marxiste ou autre, le fait est que nous n’avons jamais assez de connaissances pour prévoir le comportement d’un individu à un moment donné à un endroit donné. Dans les situations pratiques, nous savons ce qu’une boule de billard va faire, et nous savons pourquoi. Pour Kerviel, non.

      Comment étudier les sciences humaines, dans ce cas ? Une réponse consiste à faire une coupure épistémologique entre le comportement des boules de billard et le comportement de Kerviel. Puisque Kerviel ne peut pas être étudié avec les mêmes méthodes que la boule de billard, on introduit un concept qui regroupe tout ce que nous ne savons pas expliquer chez Kerviel. On l’appelle « libre-arbitre » ou « volonté » ou ce qu’on veut.

      Le point qu’il faut souligner, c’est que c’est là un choix épistémologique. Ce n’est pas la « réalité » de Kerviel qui est différente de celle de la boule de billard. Ils sont faits des mêmes atomes, obéissant aux mêmes lois. Mais notre façon de les appréhender est différente, à cause des limites de nos connaissances et de nos moyens.

      Un autre point à souligner est que cette coupure épistémologique ne dit pas « nous ne savons RIEN du comportement de Kerviel ». La psychologie, la sociologie, la simple expérience personnelle, nous permettent de faire parfois des observations et des prédictions correctes dans ce domaine. Mais il y a toujours un résidu, un reliquat qui reste inexplicable. Nous ne pouvons pas TOUT savoir du comportement de Kerviel. Nous ne pouvons pas ouvrir sa boîte noire.

      La vision résumée ci-dessus est celle du dualisme méthodologique – deux méthodes : une pour les sciences naturelles, une pour les sciences humaines – développée par Mises. Il a écrit en tout trois livres sur l’épistémologie, sans compter l’Action humaine. Le dernier est disponible en français en pdf : http://tinyurl.com/32su442

      A l’inverse du dualisme, on trouve différentes sortes de monismes méthodologiques, comme par exemple le positivisme d’Auguste Comte, dont certains économistes néoclassiques sont les héritiers. En gros, cela revient à étudier les phénomènes sociaux comme les mouvements au billard…

      Cdt,
      GSF

    20. @GSF: « Nous connaissons les boules de billard comme des objets inanimés. On dit qu’elles n’ont pas de « primum movens ».  »

      Donc, cela relève de la foi?

      « Le primum movens : qu’est-ce que ce truc-là, me direz-vous ? L’un, qui est croyant, dira « c’est l’âme ». L’autre dira « c’est le libre-arbitre ». Un troisième dira « c’est la résultante des forces productives matérielles agissant sur notre classe sociale ». Le déterministe spinoziste dira « c’est la résultante de toutes les forces de l’univers s’exerçant sur notre cerveau » etc. etc. »

      Ne mêlez pas les matérialistes à votre fatras sur le primum movens svp. Pour eux, il n’y a pas de primum movens au sens où vous l’entendez (y compris et surtout chez Spinoza).

      « La différence entre Kerviel et la boule de billard, c’est que dans le cas de la seconde, nous pouvons espérer connaître les lois de ses mouvements. »

      Et pas pour Kerviel? Tiens donc? Et que font donc la sociologie, la psychologie, l’économie et autres sciences humaines? Et en ce qui concerne les animaux (dont les humains font partie), donc niet, pas possible de prévoir quoique ce soit? Moi qui croyait, en grand amateur de poker, que l’être humain était très prévisible…

      « le fait est que nous n’avons jamais assez de connaissances pour prévoir le comportement d’un individu à un moment donné à un endroit donné. »

      Le fait est que nous avons au contraire la plupart du temps les connaissances pour prévoir le comportement d’un individu à un moment donné à un endroit donné. Lorsque je vais chez ma bouchère, je ne rentre pas dans son magasin à plat ventre au cas où il lui prendrait l’envie de lancer ses couteaux. Vous oui?
      Lorsqu’il y a un comportement inhabituel (je ne dis même pas « imprévisible »), c’est tellement rare que cela passe dans les journaux.

      « on introduit un concept qui regroupe tout ce que nous ne savons pas expliquer chez Kerviel. On l’appelle « libre-arbitre » ou « volonté » ou ce qu’on veut. »

      Ou ignorance.

      « Le point qu’il faut souligner, c’est que c’est là un choix épistémologique. »

      Le choix épistémologique de l’ignorance, on n’arrête pas le progrès.

      « Ce n’est pas la « réalité » de Kerviel qui est différente de celle de la boule de billard. Ils sont faits des mêmes atomes, obéissant aux mêmes lois. Mais notre façon de les appréhender est différente, à cause des limites de nos connaissances et de nos moyens. »

      Et depuis quand les limites de nos connaissances et de nos moyens induisent de tels choix épistémologiques? Les physiciens ont-ils aussi introduit des choix épistémologiques du style « prière en commun » pour suppléer leur faiblesse actuelle à expliquer les trous noirs, etc? Plus rien ne m’étonnerait à vrai dire.

      « La psychologie, la sociologie, la simple expérience personnelle, nous permettent de faire parfois des observations et des prédictions correctes dans ce domaine. Mais il y a toujours un résidu, un reliquat qui reste inexplicable. Nous ne pouvons pas TOUT savoir du comportement de Kerviel. »

      1) Elles nous permettent souvent (et non parfois) des prédictions correctes. Comme je vous l’ai dit, la plupart du temps, il n’y a même pas besoin de ces sciences pour faire des prédictions justes sur le comportement humain, à cause de sa grande prévisibilité (sans quoi il n’y aurait même pas de sociétés humaines, à vrai dire).
      2) Il y a toujours un résidu dans TOUTES les sciences.
      3) Nous ne savons pas TOUT du mouvement des boules de billard non plus. Pire, nous ne pouvons pas TOUT savoir du mouvement des boules de billard. (au-delà de deux variables qui interviennent, c’est quasi-foutu pour la certitude)

      « Nous ne pouvons pas ouvrir sa boîte noire. »

      J’aurai plutôt dit, à vous lire, que « vous ne voulez pas ouvrir sa boîte noire ».

      « La vision résumée ci-dessus est celle du dualisme méthodologique – deux méthodes : une pour les sciences naturelles, une pour les sciences humaines – développée par Mises. »

      Ah ben voilà, tout s’explique. Moi qui me disait que c’était idiot. Comme quoi, vraiment prévisible.

       » Il a écrit en tout trois livres sur l’épistémologie, sans compter l’Action humaine. »

      Waow, tout ça pour dire qu’il était ignorant en la matière. Ou plutôt pour dire qu’on ne pouvait dépasser l’ignorance et qu’il valait mieux en rester à ses sornettes.

      « A l’inverse du dualisme, on trouve différentes sortes de monismes méthodologiques, comme par exemple le positivisme d’Auguste Comte, dont certains économistes néoclassiques sont les héritiers. En gros, cela revient à étudier les phénomènes sociaux comme les mouvements au billard… »

      Pas du tout. La théorie néo-classique part d’une prémisse: les choix individuels rationnels. S’il s’agit d’un choix, on revient au primum movens. S’il ne s’agit pas en réalité d’un choix (ce que ça n’est pas en réalité puisque le côté « rationnel » est supposé lui enlever son caractère de liberté), alors on présuppose que TOUT est connu dès le départ. C’est encore plus fort que Mises. Là où ce dernier dit « on ne peut sortir de l’ignorance » en plusieurs tomes, les autres disent « l’être humain connait tout dès le départ, voyons ce que l’on peut apprendre avec cela sur son comportement » en encore plus de tomes (et maintes formules mathématiques).
      Voltaire, reviens.

    21. @GSF: C’est clair que la banque de Suède me décernera pas son « prix Nobel » à 1mio d’euros avec un discours pareil. Ce serait sans doute d’un niveau plus éthéré et rémunérateur si je disais en quelques tomes épais plein de formules mathématiques que les chômeurs font le libre choix d’être des profiteurs et qu’il faut les enfoncer un peu plus pour leur réapprendre le goût de l’effort au service des nantis.

    22. @ au vigneron vendangeur

      J’ai pitié de vous et de votre lumbago mais je pensais que vous pourfendiriez ALBIN
      pour sa prétentieuse « stricte focalisation mentale ».
      Car, combien de crimes sont commis sous cet alibi.
      De l’exceptionnelle circonstance du cheminot conduisant un train à Auchwitz et qui ne faisait que son boulot de son point de vue,
      à la lacheté quotidienne du trader qui ne se distraie pas de son obsédante mission et exclut tout autre considération.
      Un point de vue étroit ne saurait donner des idées larges. C’est acquis.
      Mais, invoqué un point de vue étriqué pour une rigueur intellectuelle est d’une perversion consommée.

      Le recours, à l’anthropomorphisme qui les arrange, « de ces gens là », censé nous révéler une évidence que nous ne saurions voir, étant une seconde perversion.
      La seule évidence pour moi, est leur interprétation manipulatrice d’un monde animal qu’ils ne comprennent pas.
      Il est vrai que sans amour, on ne comprend pas grand chose.

  17. bonjour,

    Mr Jorion me fait penser au sage chevalier jedi Obi-Wan Kenobi.
    il voit bien les choses et il explique bien

    il y a certaines personnes qui écrivent des textes avec des mots et des tournures de phrases complexes qu’on a du mal a comprendre alors que là non.

    c’est très bien ce que dit Mr Jorion
    mais on voit déjà en Europe avec les différents pays qui l’a composent il n’est pas facile de se mettre d’accord.

    alors mettre différents pays comme l’Inde, la Chine, les usa, l’Europe, le Brésil etc..
    autour d’une table et trouver un accord solide pour que le système reparte sur des bases plus saines.

    ça ne me semble pas possible

    surtout que le vieux monde n’acceptera pas de passer la main
    il ont toujours dominés le monde, ils veulent toujours régir le monde.

    1. surtout que le vieux monde n’acceptera pas de passer la main il ont toujours dominés le monde, ils veulent toujours régir le monde.

      Pourtant avec le temps tout s’en va, même les vieilles mains et les vieux visages crispés qui possédent tout, mais qui ne donnent plus rien de bon à l’autre, pourquoi tant de portes closes
      de nos jours.

      Dalida – Avec le temps

      Plus nous cherchons à maîtriser les choses comme le vieux monde et plus les choses-à-venir
      nous échappent, pourront-ils toujours maîtriser les choses selon leur seul bon vouloir, maîtriser continuellement les coeurs et les esprits de l’humanité comme de l’histoire ?

      Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps. [Abraham Lincoln]

      Tout le monde ment, mais personne ne dit : « je mens » ; tout le monde se réclame de la vérité, alors que dire « je mens » est la seule chose vraie que l’on puisse dire à un frère. [Jean Giono]

      Pour tromper le monde, ressemblez au monde, matin, midi et soir. [William Shakespeare]

      Le monde change à son heure, malgré ceux qui veulent le changer ou le posséder tout le temps,
      tout l’histoire. [Robert Marteau]

      Jamais personne n’a trompé tout le temps le monde, et jamais tout le monde n’a trompé personne.
      [Pline le Jeune]

      Ce monde, vous savez, ce monde de grandes personnes, je n’en suis pas. [Katherine Mansfield]

      Oh quelle grande chance de pouvoir y échapper au plus tôt de ces funestes valeurs de vie et avant que cela n’empire partout, comme un plus grand mal qui ne pourrait être plus guère maîtrisé, enchainé, remis à sa place.

      Je sais, je sais mon ami(e) dans une salle d’attente, tu entendras toujours la même chose et les mêmes jérémiades de plus des gens du vieux monde,

      Peut-être même que le nouveau monde que nous révons tous de voir un jour ou l’autre sur terre, nous n’en sommes toujours pas dignes de le mériter déjà en nous.

      Il ne faut pas trop espérer changer le vieux monde qui s’en va jour après jour.

    2. Difficile,car il faudrait que le front des « durs à cuire » neo lib. soit pétrifié d’un coup : je veux bien essayer de jouer la Méduse, mais je ne fais pas le poids…et, que, ce que l’on sent émerger d’une envie d’une autre vie dans les populations, se relie aux intellectuels dissidents et ayant un regard plus global ,pluridisciplinaire, ouvert aux autres cultures (grande importance de la Culture, et de l’éducation citoyenne), et ayant soucis d’équilibre et de biens communs ( en premier lieu, besoins fondamentaux couverts pour tout un chacun ) …Il existe des gens comme cela un peu partout, mais, et pour cause, ils n’ont pas le vent en poupe … [ le reliement d’assemblées de citoyens à des intellectuels imaginatifs ( et, non, monomaniaques ), mais pour cela il faut que cela parte aussi des assemblées citoyennes …

  18. Et au passage…
    Grâce au jugement la banque va pouvoir inscrire ces 4,9 milliard perdus comme des pertes comptables exceptionnelles, elle va pouvoir diminuer ses bénéfices annuels et donc payer moins d’impôts…

    Dans une étude préliminaire publiée le 30 septembre (intitulée « Hyperinflation sévère »), le Bureau des standards comptables internationaux (IASB), organisme édictant les normes comptables internationales, propose une nouvelle règle pour aider les comptables à faire face aux cas d’hyperinflation.

    Doc:
    http://www.ifrs.org/News/Press+Releases/Severe+Hyperinflation.htm

    1. « Dans le cas de la Société Générale, le mécanisme s’est effectué en deux temps. Pour l’exercice 2007, la banque a enregistré le gain de 1,471 milliard d’euros réalisé par Jérôme Kerviel ; elle a payé en conséquence un impôt de 507 millions d’euros lié à ce gain. Sur l’exercice suivant, en 2008, la Société Générale a constaté une perte de 6,382 milliards d’euros (le solde entre le gain de 2007 et la perte de 2008 est donc de 4,9 milliards), qui a déclenché le mécanisme de déduction fiscale, à hauteur de 2,197 milliards d’euros. En soustrayant l’impôt payé en 2007 de cette somme, on obtient 1,69 milliard d’euros d’économie d’impôt. »

      http://fr.news.yahoo.com/80/20101009/tbs-la-socit-gnrale-a-dj-rcupr-1-7-milli-3213331.html

  19. J’espère Paul que cette vidéo sera portée au dossier Kerviel, et, pourquoi pas votre témoignage à la barre lors du procès en appel !!

    Un rappel historique, une logique implacable, d’un seul souffle, la colère contenue, de quoi damner le pion à une finance dont l’empire sur nos vies n’a que trop duré. Un modèle du genre.

  20. Chine, démocratie et droits de l’homme.
    Gardons-nous de trop d’ethnocentrisme. Le peuple chinois (plus d’un milliard d’individus, quand même) aspire-t-il aux mêmes idéaux que les occidentaux ? Le peuple chinois a montré, au cours de l’année écoulée, sa capacité de révolte et d’action: grèves de longue durée, lynchages de patrons véreux, attaques de masse contre les forces de l’ordre. Mais ces actions, parfois ultra-violentes, avaient pour motivation une meilleure répartition des profits engendrés par la croissance, pas le désir de démocratie.
    Qui peut croire qu’un gouvernement résisterait longtemps face à une telle masse populaire déterminée ? Le peuple chinois semble désirer, avant toute chose, une bonne part du gâteau. Il veut des frigos, des voitures, des téléphones portables, des jeux à la télé, avant des journaux indépendants et le droit de vote.
    Par ailleurs, il ne faut pas ignorer les débats internes très animés et tendus au sein du parti unique qui dirige le pays. Certes, il ne s’agit pas là de démocratie au sens occidental du terme (quoi que, vu le nombre de membres du parti) mais il serait dommageable de ne pas prendre conscience du bouillonnement qui agite les sphères du pouvoir au sujet du renouvellement générationel des classes dirigeantes et de l’avenir économique du pays.

  21. Une remarque, je suis un peu surpris de votre rapide définition de la démocratie  » qui permet aux individus de vivre dans la liberté leur vie de tous les jours ».
    Vous pouvez avoir cela dans une société où la population ne peut pas (statutairement ou mécaniquement) participer à l’élaboration de la destiné collective, que reste t-il alors de démocratique?
    Vous remarquerez d’ailleurs que si la Chine pourrait céder sur le premier point, celui que j’évoque est simplement impensable dans ce pays régit par 20 siècles d’empire puis de communisme tout aussi autoritaire et centralisé l’un que l’autre.

    Par contre bonne nouvelle, M.Rocard se réveille et propose sa solution : Un nouveau projet de société exposé en 1 min 38 à l’université d’été du Medef 2010. Et dire que le bonhomme était de ceux qui incarnaient la lutte contre la concentration du pouvoir dans les mains du capital… ça explique bien des choses…

    http://www.dailymotion.com/video/xepq6z_rocard-a-l-universite-du-medef_news

    1. C’est vrai, mais l’intérêt de cette vidéo me semble être que Rocard ne propose rien d’autre que des remplacer les souverainetés nationales par une gouvernance « globale et responsable » logiquement sous la direction des seuls qui « comprennent le monde »: les grands patrons…

      Du coup les enjeux majeurs de notre époque apparaissent tels qu’ils sont. La crise que nous traversons amène à un changement de modèle économiques, de nouvelles règles seront édictées mais lesquelles? Celles favorisant le travail ou celles favorisant le capital?

      Cela nous le savions avant cette vidéo, ce qu’elle nous rappelle c’est que cette crise aura également un impacte majeur sur nos systèmes politiques et sur les modes de gouvernance.
      Il y a du changement de régime dans l’air!

      Il m’arrive de penser que les centres d’influences économiques ne doivent pas adorer le modèle politique actuel qui, si il assure (tant bien que mal) pour la majorité un filet social, représente pour les plus aisés (si peu de personnes) une épée de damoclès insupportable à leurs libres ambitions. Si c’était le cas, à leur place je verrai une opportunité énorme dans la situation actuelle pour changer tout cela.

    2. Cet extrait est particulièrement épouvantable …et, trés important…là où l’intelligence matinée d’un orgueil démesuré, mène au pire .

      Car il( Rocard) laisse tout – même s’il faut d’avantage de politique, dit-il, et c’est vrai – entre les mains des grand patrons …et, par là même, contredit ce qu’il vient de dire, puisque les patrons des multinationales ( Lamy est à ses côtés ) se sentent et sont, par la faute de l’abdication des politiques, tout-puissants …Or la toute-puissance, par essence est perverse, et n’accepte aucune limite …donc, aucune réglementation …( Le pervers – Sade – dit la Loi …pour les autres, mais ne l’accepte pas pour lui-même ) …et, ce qu’il dit au niveau des populations …est trés inquiétant, car les populations, incapables de comprendre -cela rejoint le gouvernement d’experts et le texte du Mr Matheux, auquel je ne comprends à peu près rien- devront être « contenues »[ il ne le dit pas, du moins dans cet extrait ] ,et n’auront plus de droits …( je ne peux m’empêcher de me rappeler un matin, sur FCulture, au « début » de la « crise » grecque, A.Adler, énoncer, sans être repris, d’une voix « douce », la nécessité d’une dictature « douce » pour le plus grand bien du peuple grec …)
      Les zélites qui nous ont menées au Krach décideraient-elles d’une dictature mondiale ? ( nouvel Ordre Mondial : ça me donne des boutons depuis longtemps ! )

      Je vais reprendre le bouquin de Naomi Klein : « La stratégie du choc »

      extrait de la 4° de couverture « … ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour saper les valeurs démocratiques auquelles les sociétés aspirent, et leur sustituer la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation. »
      Au début, on se dit, c’est trop, quand-même, et ensuite tout se met en place …

      Il est temps de se bouger les doigts .

  22. Les banques veulent faire porter aux gens comme Kerviel c’est à dire aux petit peuple des traders ,le fait que les plus grosses sommes perdues l’ont été par elles mêmes. La condamnation de Kerviel est là pour exorciser les sommes fabuleuses dépensées par les populations en rembourseùent des banques.
    Si Kerviel a agit illégalement les banques en vendant des maisons à des gens sans le sous ne sont pas pénalement au-dessus de tout soupçon. Kerviel ne fut pas plus malhonnête que ses employeurs et s’ils sont acquittés on ne voit pas pourquoi il ne le serait tout autant…Kerviel est donné comme victime expiatoire de la dernière grande crise phynancière .
    Il a le role du lampiste et le problème n’est pas qu’il soit condamné mais qu’il soit le seul. Je me rappelle aussi que lorsqu’il s’est agit de renflouer les organismes phynanciers peu de personne se sont élevés contre ces renflouements. Personne d’ailleurs à mon avis…mais j’aimerais me tromper?…Aujourd’hui tout le monde s’entend pour dénoncer cette escroquerie. Mais c’est trop atrd.

    1. La dénonciation de pratiques scandaleuses qui seraient le fruit de conduites déviantes de la part de certains individus, leur désignation à la vindicte publique, répond aussi à une volonté de dissimuler derrière un nuage de fumée médiatique les effets de structure qui opèrent réellement. Avec pour objectif de faire accroire que l’on pourrait se contenter de moraliser l’activité économique.
      Evidemment, quiconque désire changer quoi que ce soit en ce monde se doit d’agir sur les structures elles-mêmes.

    2. L’on peut d’ailleurs penser qu’il n’y pas plus d’activité économique que de beurre en branche car la pseudo-activité économique est bien plus l’action d’une morale qu’une activité spécifique que l’on pourrait isolée de toute l’activité sociale.
      Quand bien même cette activité économique pourrait être isolée comme étude de la circulation monétaire il faudrait montrer encore que l’argent peut être étudié en dehors de l’activité sociale totale. Jorion montre tout a fait que le PRIX loin de posséder des lois propres ne se comprend que comme baromètre des rapports sociaux totaux .
      La soit-disant économie est certainement le spectacle que Debord n’avait pas définit.
      L’on se demande d’ailleurs pourquoi on aurait besoin de croire que les hommes dépendraient plus d’une chose que d’une autre alors que même Marx montre que contradictatoirement la société est un tout puisque les idées sont censées dependre absolument des structures économiques et donc que ce tout forme en fait une unité.
      En fait l’idéologie économique sous entend la nécessité de la structure sociale actuelle avec ses patrons et ses ouvriers et repousse comme utopique la gestion démocratique du travail puisque l’homme serait la proie d’une nécessité irréductible.et extérieure

  23. Les chiffres du chômage sont ultra mauvais ce vendredi aux USA et bien devinez quoi?Le DJ passe les 11.000 points en fanfare..comment voulez vous qu’une telle ‘civilisation’ survive encore longtemps?Tout ce système financier n’est plus qu’une vaste fraude,une pyramide de ponzi…qui ne tardera plus à s’écrouler…..

    1. In the following interview with the WaPo’s Ezra Klein, Janet Tavakoli shares some more information on why every bank is about to shut down all foreclosures, in what she calls the « biggest fraud in the history of capital markets. Not very surprisingly, we are, so far, spot on in our 29th September projected timeline at this point: « We predict that within a week, all banks will halt every foreclosure currently in process. Within a month, all foreclosures executed within the past 2-3 years will be retried, and millions of existing home sales will be put in jeopardy. »
      Ezra Klein: What’s happening here? Why are we suddenly faced with a crisis that wasn’t apparent two weeks ago?
      Janet Tavakoli: This is the biggest fraud in the history of the capital markets. And it’s not something that happened last week. It happened when these loans were originated, in some cases years ago. Loans have representations and warranties that have to be met. In the past, you had a certain period of time, 60 to 90 days, where you sort through these loans and, if they’re bad, you kick them back. If the documentation wasn’t correct, you’d kick it back. If you found the incomes of the buyers had been overstated, or the houses had been appraised at twice their worth, you’d kick it back. But that didn’t happen here. And it turned out there were loan files that were missing required documentation. Part of putting the deal together is that the securitization professional, and in this case that’s banks like Goldman Sachs and JP Morgan, has to watch for this stuff. It’s called perfecting the security interest, and it’s not optional.
      EK: And how much danger are the banks themselves in?
      JT: When we had the financial crisis, the first thing the banks did was run to Congress and ask for accounting relief. They asked to be able to avoid pricing this stuff at the price where people would buy them. So no one can tell you the size of the hole in these balance sheets. We’ve thrown a lot of money at it. TARP was just the tip of the iceberg. We’ve given them guarantees on debts, low-cost funding from the Fed. But a lot of these mortgages just cannot be saved. Had we acknowledged this problem in 2005, we could’ve cleaned it up for a few hundred billion dollars. But we didn’t. Banks were lying and committing fraud, and our regulators were covering them and so a bad problem has become a hellacious one.
      EK: My understanding is that this now pits the banks against the investors they sold these products too. The investors are going to court to argue that the products were flawed and the banks need to take them back.
      JT: Many investors now are waking up to the fact that they were defrauded. Even sophisticated investors. If you did your due diligence but material information was withheld, you can recover. It’ll be a case-by-by-case basis.
      EK: Given that our financial system is still fragile, isn’t that a disaster for the economy? Will credit freeze again?
      JT: I disagree. In order to make the financial system healthy, we need to recognize the extent of our losses and begin facing the fraud. Then the market will be trustworthy again and people will start to participate.
      EK: It sounds almost like you’re saying we still need to go through the end of our financial crisis.
      JT: Yes, but I wouldn’t say crisis. This can be done with a resolution trust corporation, the way we cleaned up the S&Ls. The system got back on its feet faster because we grappled with the problems. The shareholders would be wiped out and the debt holders would have to take a discount on their debt and they’d get a debt-for-equity swap. Instead we poured TARP money into a pit and meanwhile the banks are paying huge bonuses to some people who should be made accountable for fraud. The financial crisis was a product of our irrational reaction, which protected crony capitalism rather than capitalism. In capitalism, the shareholders who took the risk would be wiped out and the debt holders would take a discount but banking would go on.

  24. Paul Jorion a raison, il faut un nouveau Bretton Woods, mais pour proposer et arrêter quoi? La convertibilité or/monnaie, c’est du has been, irréalisable. Le problème: le monde (économique) est devenu tellement dyssymétrique qu’il sera difficile de trouver un langage commun pour commencer. De plus, pour certains pays comme la Chine, la monnaie a une valeur identitaire; pour l’instant, je vois mal comment arriver à quelque chose qui ressemblerait à un accord, même provisoire. Le seul petit espoir: la peur de la Chine de voir dévaluer ses immenses sommes libellées en euro et dollar.

  25. Hors sujet… quoique:

    Le site « de defensa » se fait l’écho d’un état dépressif sévère, non pas de Mr.Jorion, mais bel et bien (et, pardonnez-moi, c’est plus lourd de conséquences éventuelles), de Barack Obama, qui serait sous anti-dépresseurs, et de plus aux prises avec une situation épouvantable à l’intérieur du Parti Démocrate…

    Cette rumeur n’a pas encore été confirmée par les médias habituels Français…

    Affaire à suivre…

  26. Personnellement j’aurais trouvé plus de profit à un compte rendu de votre intervention à Vannes .

    A propos de la majorité d’idée avant que d’être électorale , je crois que pour bétonner votre optimisme retrouvé vous disposez d’un indicateur étalon solide .

    Ce n’est que lorsque Jducac qui incarne de façon exemplaire le travail , la rigueur , la responsabilité et l’épargne , sera convaincu que ce n’est pas le capitalisme qui défend ( aujourd’hui ?) ces qualités là , et qu’il trouvera dans les ébauches de projets qui peuvent germer ici , la garantie que ce qui lui tient justement à coeur y est présente , que cette majorité d’idée deviendra force de projet majoritaire ; ça me paraît à la fois possible et sain .

    D’où l’importance du dossier  » propriété  » , de la compréhension des mots , de la nature des angles d’attaque et du sens de la mesure socratique .

    Jamais trop .

    Toujours la démocratie pour mesurer le trop et se donner les forces pour corriger les plus et les moins .

    Car trop peut aussi signifier trop peu .

  27. Paul, vous oubliez de parler de Lehman… Les creanciers n’ont pas été remboursés et sur les 600 milliard d’actif qui ont disparu rien (quasiment) n’est revenu au créanciers.

  28. J’espère que ça n’a aucun rapport avec votre passage en Transylvanie, mais vous paraissez fort pâle, monsieur Jorion. Simple réglage de lumière, j’espère. Reposez-vous bien, sinon.

  29. Je ne sais pas ce qu’avait fait ce foutu ado pour mériter d’être conduit au commissariat , mais il en a profité pour détraquer la pendule , car personnellement j’ai pris un coup de vieux de deux heures depuis cet évènement .

    1. @Julien,

      Ne réparez surtout pas : un saut de 2 heures dans la composant temporelle de l’hyper-espace, si l’on s’y prend bien, permettrait à la fois d’anticiper les cours de bourse et d’éviter les calembours de Piotr!

  30. Pourquoi le QE massif pratiqué par les grandes banques centrales ne déclenche pas, comme cela « devrait », une hyperinflation?
    La réponse tient au fait que « les créanciers remboursés » dont parle Paul se contentent de faire disparaître dans la trappe aux liquidités ces mêmes milliards obtenus en échange des créances pourries.
    Tout simplement, comme le signalait déjà en 2008 DSK, de très importantes sommes sont tout simplement « gelées », non circulantes. Ce constat est confirmé par un rapport de la Bundesbank de juin 2009 qui constate que 90% des euros émis par la BCE ne circulent tout simplement pas.
    En quoi cela conduira, selon l’avis de Greenspan, quand à la catastrophe?
    Eh bien, il suffirait que l’économie redémarre – d’ici quelques années?- pour que toutes ces sommes dormantes reviennent beaucoup trop vite dans la circulation pour qu’une hyperinflation se déclenche…
    Or, et puisque les richesses sont concentrées comme elles le sont (90% du patrimoine entre les mains de peut-être 5% de la population, ou moins), il n’est même pas sûr que cette hyperinflation menance tant que cela, faute de demandeurs suffisamment nombreux et suffisamment solvables.
    Au Japon, où le QE depuis vingt ans a émis des yens en quantité astronomique, nous n’avons aucun signe d’inflation.
    Il me semble que nous sommes dans une situation monétaire historiquement véritablement inédite et nouvelle, car la monnaie émise par les banques centrales, orientée pour l’essentiel par son seul pouvoir d’achat sans aucun étalonnage par ailleurs (l’or par exemple), peut simplement être rajoutée indéfiniement.
    Et puisque les plus fortunés thésaurisent forcément le plus, il est probable que ces mêmes fortunés retiendront toujours suffisamment la monnaie pour empêcher des dérapages inflationnistes violents.
    Les hyperinflations du 20ème siècle, notamment l’allemande de 1923-24, étaient différentes. Celle-ci avait été faite par le gouvernement allemand en réponse à l’invasion de la région de la Ruhr, principale zone industrielle du pays, par les troupes françaises: le gouvernement allemand appelait les ouvriers de la Ruhr à cesser le travail, mais il devait les payer! Avec quoi? Avec des billets imprimés tout neufs, sans qu’il n’y ait eu aucune contrepartie de production en face! Au plus fort de l’inflation, toutes les imprimeries allemandes participaient à la fabrication des billets, et, à la fin, un Billion de Marks ne suffisait plus pour acheter un morceau de pain.
    Donc, sauf à cesser de produire (ce qui n’est pas les cas même en régime de croissance nulle), on doit exclure provisoirement, et tant que nous ne sommes pas en guerre civile ou en guerre ouverte avec d’autres pays, le risque d’hyperinflation, mais plutôt une stagnation longue et sans doute des inflations d’actifs via des bulles spéculatives.
    La seule issue possible – et je signale au passage que cette solution serait praticable facilement, il suffit de la mettre en oeuvre – ce serait émettre une monnaie non thésaurisable tout en laissant en place la monnaie actuelle, déjà hors circuit pour 90%.
    Cette monnaie non thésaurisable impulserait une circulation « à la dame de Condé » immédiatement, et les dettes du monde entier reculeraient instantanément, tout comme fondraient symétriquement les fortunes monétaires excessives. Simplement parce l’intérêt de la monnaie, la rente du capital, disparaîtrait.
    Je rappelle donc à Paul et aux lecteurs qu’une solution praticable existe parfaitement, mais elle se heurte manifestement au désir de tout embrouiller savamment entretenu par les économistes à la botte du grand capital.
    Et je regrette que les esprits éclairés comme Paul Jorion et François Leclerc et d’autres intervenants sur ce blog et ailleurs ne rejoignent pas davantage cette approche.

  31. Dans un article fort intéressant (http://fr.rian.ru/discussion/20101004/187556859.html) et qui, à priori, n’a rien à voir avec le sujet de ce blog, le commentateur russe Ilia Kramnik met en lumière les contradiction de la course au technologisme dans la fabrication d’armements toujours plus coûteux. Il évoque un progrès qui évolue par sauts : bloqué par une barrière technologique, et s’il n’a pas assez d’ « élan », le progrès cale. Le processus patine. La situation devient végétative, sans issue identifiée.

    Ilia Kramnik : « Ce n’est pas la première fois que l’on est confronté à ce phénomène. Néanmoins, à chaque fois, la barrière devient de plus en plus élevée, tout comme le prix à payer pour la surmonter. Lorsqu’elle est surmontée une fois de plus, les nouvelles élaborations se mettent à proliférer pendant un certains temps et les équipements, hier encore à la pointe de la technologie, deviennent obsolètes. Ensuite, l’amélioration des caractéristiques commence à revenir de plus en plus cher en atteignant enfin une limite qui la rend excessivement onéreuse. L’énergie accumulée dans l’effort de surmonter la barrière précédente s’épuise. Actuellement, c’est la réserve accumulée dans les années 1930-1950, pendant la préparation de la Seconde Guerre mondiale, la guerre même et l’immédiat après-guerre qui touche à sa fin. C’est à la Seconde Guerre mondiale que les pays les plus développés du monde doivent, dans une très grande mesure, ce bond technologique extrêmement puissant car la guerre les avait contraints à multiplier par plusieurs dizaines de fois leurs investissements dans les recherches ayant trait aux équipements militaires et au génie fondamental ».

    La parallèle est frappant avec la situation actuelle. La crise en cours constitue une barrière et la surmonter requiert un effort qui paraît impossible. Pas d’élan, pas d’énergie pour sauter l’obstacle. La surmonter paraît difficile car cette crise est devenue universelle et générale et nulle part, sauf à choisir de vivre comme berger dans le pla de Soulcem (ou dans une grotte des gorges de Galamus), il n’est possible d’y échapper. Tout se tient, tous se tiennent (émergents et immergents) et tout est lié à tout de sorte qu’il n’existe plus aucun refuge indemne de la déréliction à l’oeuvre d’où l’on pourrait prendre son élan pour passer la barrière. Les sociétés sont trop fragmentées pour trouver de la force.

  32. Il m’a semblé voir en filigrane une ‘thèse’ dans vos propos : l’étonnante résilience actuelle du système financier ne serait pas dû qu’aux ‘compromissions’ et intérêts croisés entre la classe politique et les milieux d’affaires, défendant ainsi des intérêts bien compris, mais aussi et surtout à la résilience de la Chine.
    C’est plus net dans votre discours aujourd’hui.
    Et savoureux : un système financier qui n’a pu émerger que dans le contexte spécifique de la démocratie libérale se fait sauver la mise par un système politique anti ou a-démocratique qui l’utilise pour ses propres fins …
    Il ne faut pas être étonner ensuite que la Chine (et les pays émergents pour une bonne part d’entre eux, dont certains ont dû subir les sévices de l’ajustement structurels il n’y a pas si longtemps, pas assez en tout cas pour qu’ils l’aient oublié) en vienne à prodiguer aux sales gamins la fessée qu’ils méritent, via une bonne guerre monétaire.

    1. @zébu : « Et savoureux : un système financier qui n’a pu émerger que dans le contexte spécifique de la démocratie libérale se fait sauver la mise par un système politique anti ou a-démocratique qui l’utilise pour ses propres fins … » : mais surtout, ça ridiculise a posteriori la paranoïa anti-communisme des Américains, et de ce qu’on appelait encore… « le Monde Libre », avec de grandes majuscules. A l’époque de la guerre froide, système communiste et capitalisme étaient considérés comme inconciliables, mais l’aventure chinoise a prouvé le contraire, comme quoi il ne faut jamais jurer de rien. Mais il y a une autre leçon à en tirer : le concept de liberté de pensée en prend plein la poire. Croire que « nous sommes libres » et que les petits Chinois « ne sont pas libres » sont désormais deux illusions.

    2. Oui Crapaud Rouge.
      Nous sommes ‘libres’ d’être dépendants du capitalisme et les chinois sont dépendants d’un capitalisme ‘libre’. Le jour où nous aurons choisis d’être libérés du capitalisme, peut-être aussi que les chinois seront libres de ne plus dépendre du capitalisme pour leur avenir.
      😉

  33. Le deux poids deux mesures en matière judiciaire, on l’a bien vu dans l’affaire Madoff : pour avoir, oh crime incommensurable, escroqué des nantis qui voulaient l’être encore plus, nantis, il fut condamné à la prison à vie. Pendant ce temps, les banksters et rentiers qui pressurent des peuples entiers, eux…
    Libérez Bernie! 😉

  34. Je porte à votre connaissance qu’un psychologue qui est aussi économiste de formation, qui a votre âge et qui est en « fin » de carrière, travaille dans un hopital psychiatrique à l’organisation d’ateliers centrés autour des questions politiques et économiques. Les chefs n’ont pas voulu de cet intitulé, ils préfèrent appelés ces rencontres « questions d’actualité ». Peu importe. La fréquentation est libre, les malades ont d’autre choix : céramique, théâtre assis….
    Ce travailleur s’inspire notamment de vos travaux ainsi que ceux de Lordon.
    En parlant avec lui, il s’est dégagé le constat suivant : curieusement, ce sont les « grands malades » qui viennent à ces ateliers, ceux qui portent en eux les dysfonctionnements de la société et de leur famille. Et, donc, il n’y a pas que sur internet, ou dans les media ou dans les auditoires que l’intérêt pour ces questions est vif. En fait, le travail percole même en psychiatrie. Et aussi auprès des jeunes stagiaires ou des jeunes nouvelles recrues qui accourent en même temps que les malades pour travailler ces questions. Et donc la transmission se fait l’air de ne pas y toucher. Un peu à la manière chinoise, finallement.

    1. Pour moi-même choisir facilement, entre macramé et réalité,
      je dois être un « grand malade » qui s’ignore.
      Au delà de cette ironie, devinez toute la tendresse que je porte aux victimes alors que leurs bourreaux courent en liberté.

      Revenez quand vous voulez, nous en parler.

  35. A la sortie de cette conférence de Vannes, j’ai d’abord eu le plaisir de me présenter à Paul, ce qui est en fait un peu (très) intimidant, ce qui explique en grande partie mon départ un peu précipité (l’autre raison majeure étant ce bon vieil horodateur dont on est jamais certain de l’avoir suffisamment nourri), puis de me faire aborder par un très vieux monsieur qui me lance « Alors, vous en avez pensé quoi? »

    Ma réponse n’a pas du le satisfaire, ou du moins ce n’était qu’un prétexte pour pouvoir « expulser » son propre avis, pas vraiment indulgent:

    « – Il n’a pas parlé d’éducation. Les jeunes vous comprenez… » Alors nous en avons brièvement parlé…

    Le vieux monsieur ne m’a épargné le cliché « ils sont bons à rien et ne veulent rien faire » que de très peu et je m’attendais presque à entendre à la suite « ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne guerre »… En revanche vous Paul, il ne vous a pas épargné: « Pour moi, c’est un technocrate ».

    Sur la population de bretagne j’aurais beaucoup à dire… A la fois sublime et immonde selon les individus qu’on y rencontre, comme sans doute de nombreuses autres populations. En tout cas ce que je peux vous dire, c’est que TOUT votre auditoire ne vous était pas acquis.

    J’ai ce handicap (qui est également une chance sans pareil) de vivre au beau milieu de populations qui ne sont pour beaucoup sensibles qu’aux populismes les plus crasseux et les plus simplistes. Handicap parce qu’engager une discussion vraiment sérieuse avec mon entourage plus ou moins proche m’expose au risque certain de me les mettre à dos plus ou moins définitivement. Chance tout de même parce que je peux néanmoins écouter leur point de vue, aussi navrant soit-il.

    C’est toute la problématique du discours politique (pour ne pas dire de son éthique), que de parvenir à obtenir et conserver l’attention de ce type de populations sans sombrer dans la caricature ni travestir les idées. Parmi les idées fortes que j’ai appréciées chez Frank Lepage et ses acolytes du Pavé (découverte récente, sur ce blog précisément), et que j’avais moi-même intuitivement décelé, c’est qu’on ne peut se contenter de l’opinion des gens qui sont acquis à votre cause. C’est au contraire tous les autres, indécis comme opposants, qu’il faudrait pouvoir convaincre.

    Mon avis tout personnel sur ce dernier point c’est qu’il est quasiment impossible de convaincre quelqu’un qui ne souhaite pas l’être. Comme peut-être ce monsieur avec qui j’ai discuté, et comme peut-être de nombreux autres? En tout cas la vigilance doit rester de mise, me semble-t-il.

    1. Oui, ce Monsieur a voulu me parler à moi aussi. Il vous a apparemment épargné son opinion sur les banlieues – autre sujet essentiel que j’avais oublié selon lui de mettre au centre de mon exposé. Il est vrai que quand je parle d’une salle acquise aux opinions que je défends, j’ai tendance a mettre entre parenthèses certaines opinions qui me semblent outrées et à trouver une justification à cette mise entre parenthèses dans le désaccord bruyant de la salle avec de telles vues. Je considère au contraire le fait par exemple d’être invité par un auditeur – comme ce fut le cas aujourd’hui après mon allocution – a venir exposer mes idées devant le Rotary Club vannetais comme le signe d’un assentiment très large aux idées que je défends.

    2. Ah, jducac était là?

      Plus sérieusement, il est possible de convaincre quelqu’un qui ne souhaite pas l’être. Le capitalisme l’a fait avec le salariat (et je connais de nombreux autres cas historiques tels que les camps de rééducation maoïstes, tsaristes, etc).
      Mais il faut employer AUSSI la violence physique.
      Si on n’emploie que le discours, c’est effectivement impossible de convaincre quelqu’un qui ne souhaite pas l’être. L’échec et la mort de Raymond Lulle avec son Ars Magna est là, preuve incontournable.

    3. Convaincre ne marche que de façon très intermittente.

      Comme le vent, vous ne savez pas quand sera la prochaine bourrasque : dans 30 secondes ? dans 8 jours ? Dans un an?

      Un évènement extérieur déclenchera des adhésions vers des idées que vous jugeriez peu probable de convaincre aujourd’hui.

      Un tel évènement oblige à considérer les choses sous un autre angle.

      Ce qui travaille dans ce processus est partiellement souterrain et lié au « support de mémoire » ( média, industrie culturelle,…). C’est pourquoi je vous bassine irrégulièrement avec Steiger/Simondon/Sennett et un peu d’autres penseurs.
      Je vais prendre d’autres exemples ici :

      Méditez par exemple sur le sens du mot « ami » dans 10 ans, dans l’après Facebook. N’aura-t-il pas été lourdement modifié ?

      Méditez sur Krugman expliquant comment Fox News choisit ses candidats républicain Tea Party « sur étagère », pour lancer ce qu’il l’arrangera elle, Fox. Quand Fox voudra-t-elle réécrire la constitution (voir aussi l’interprétation du 1er admendement pour autoriser le lobbying « quantitatif » des personnes morales (Des Stés ..!))

      Méditez sur les antibiotiques, et l’antibiorésistance acquise : les antibiotiques auront en vérité fourni le bataillon de Bactéries Génétiquement Modifiées « BGM » qui nous obligera à revoir drastiquement leur usage d’ici peu. Alors qu’on pense ici ou là à Monsanto quand on lache « OGM », nous ne commençons qu’aujourd’hui à voir que nous avons créés, avec ces êtres vivants qui nous colonisent tant et plus (et qui colonisent le roquefort aussi, soit), un « bactériome-OGM », dont l’influence sur la mortalité humaine est sans doute bien plus grande que le maïs, le soja ou les tomates PGM (ces dernies effets à comparer à la mortalité qu’il y aurait eu en culture intensive non GM…, on se doit d’être honnête même avec Monsanto, même si on s’en sent le futur St Just).

      Donc Convaincre n’est qu’un résultat contingent , un peu à la surface des choses. Notre empreinte globale compte autant sinon plus, empreinte biologique et énergivore, mais aussi « pollinisation » des esprits .
      De toute façon, l’idée de convaincre se heurte toujours pour finir à un obstacle redoutable : que ferez vous une fois que tous ou presque sont convaincus ? Hmm ? Vous vous retrousserez les manches ? Soit, et dès que vous aurez aligné 3 pelles 2 pioches (et un PC, un Mac et un Linux, pour faire moderne), vous retrouverez des discordes sur la façon de faire, puis à force vous perdrez le but de vue.

      Ce qui reste a d’autres noms, le « soin » (pas le care, plutôt l’attention), l’éducation, les singularités, la sublimation, les savoir-faire, la main…. J’espère donc que je ne vous ai pas assez convaincu (-:) !

    4. @Paul

      Bien sur, dans votre conférence ce monsieur abordant ces sujets de la manière dont il les envisage aurait sans doute été remis à sa place. En aurait-il été de même dans une conférence de Finkielkraut, par exemple?

      En l’occurrence, vos publics respectifs seraient-ils les mêmes, aux quelques rares exceptions près de gens qui ne savent pas vraiment de quoi il va être question lors de l’assemblée?

      @Moi

      Ce que vous décrivez là n’est pas de la conviction mais de la contrainte, c’est tout à fait différent, notamment parce que cela peut susciter de la révolte.

      @timiota

      Juste un détail (sans grand intérêt pour le cœur de la discussion, mais j’y tiens tout de même): Si je reprends votre considération sur les bactéries, alors nous mangeons de la viande OGM pour ainsi dire depuis que l’homme a découvert l’élevage. A mon avis, vous vous trompez dans la définition du terme: Un organisme n’est pas réputé « génétiquement modifié » dès lors qu’il n’y a pas de manipulation directe sur son génome: Extraction de gènes particuliers pour les remplacer par d’autres par déconstruction/reconstruction d’un brin d’ADN.

      La méthode à l’œuvre pour les bactéries, comme pour les animaux d’élevage (ainsi que les végétaux d’ailleurs), c’est la sélection (pas naturelle pour le coup). Dans un cas elle est volontaire et dans l’autre non, mais en tout état de cause sur ces cas l’humain n’a pas été tripatouiller physiquement les ADNs avec ses gros doigts boudinés, contrairement à ce qui se passe chez Monsento.

      Sur le mode de diffusion des convictions à proprement parlé, vous n’avez pas vraiment besoin de m’en convaincre, je le suis déjà relativement. 😉

    5. A Paul Jorion:
      Le rotary veut donc vous entendre… Y voir un asentiment, pourquoi pas… Moi, j’y vois plutôt un certain intérêt, dans le sens protectionnisme. Car vous recevoir, c’est quelque part se donner bonne conscience, peu importe la teneur de vos discours: On vous a reçu, on vous a écouté, et on montre qu’on en tire les leçons, qui ne seront probablement pas celles auxquelles vous pourriez légitimement vous attendre.

    6. @Dissonance: « Ce que vous décrivez là n’est pas de la conviction mais de la contrainte, c’est tout à fait différent, notamment parce que cela peut susciter de la révolte. »

      Contrainte d’abord, conviction ensuite. Un enfant est contraint puis il a des convictions, c’est ce qui s’appelle de l’éducation (du dressage quoi). La capitalisme (et d’autres) ont fait idem. D’abord la contrainte, avec les révoltes ponctuelles associées, puis les gens ont été dressés et maintenant ils aiment être salariés.
      Je peux vous donner d’autres exemples, ainsi les fervents catholiques d’aujourd’hui que sont les indiens d’Amérique latine ont été dûment dressés pour qu’il en soit de la sorte. Il faut juste du temps, de la continuité, de la sévérité…

    7. @ Dissonnance

      Mon point était de bien faire voir que ce sont des questions à tiroir.

      Les premiers OGM étaient le fardier de Cugnot de la génétique, on sait place un gène bien plus précisément aujourd’hui que lors des débuts (fin années 80 en labo, mi années 90 pour les ventes) . Les gros doigts boudinés sont devenus plus fins. La Ford T est en magasin. Les complications arrivent (PGM multi-gènes…)

      Cette manipulation directe a ses risques, surtout en version multi-gènes, je ne polémique pas plus que nécessaire dessus (Voir le oeuvres de Robin ET lire Jaillette…).
      Mais je reviens aux bactéries: on ne voyait pas quels gènes on allait faire circuler en leur déversant dessus les antibio. Et ceux là sont cruciaux. Ce qu’on a pas bien réalisé (pensez que la compréhension de la triade ADN ARN protéine n’est répandue que vers 1960), c’est que les bactéries ont des gènes mobiles en équilibre permanent et collectif avec leur environnement. Alors qu’avant qu’une plante hérite d’une mutation viable etc. il faut du temps; il faut plus de générations par principe pour qu’une mutation y arrive car la complexité de l’organisme filtre bien tout cela. Et question temps, au mieux une ou deux générations par an, pas cinq par jour.

      Donc il y a certes manipulation indirecte du génome bactérien par les antibio, mais manipulation ô combien plus efficace que ce qu’on a fait avec les xxx millions d’ha de PGM déjà plantés, et dont les dégâts liés à l’aspect PGM proprement dit (et non à l’aspect agro-industrie prédatrice, hybrides stériles etc.) ne font pas la une. Quand on ne pourra plus utiliser d’antibio, ca sera une autre paire de manche en terme de dégâts, et de conduite médicale en générale. Et vu au macroscope, ç’aura bien été une erreur par génome interposé, même si Fleming peut plaider innocent votre honneur.

      Dans 50 ans, je risque de ne pas être là pour compter les points entre dégâts des PGM et résistances aux antibio (on n’en trouve plus de nouveau, en gros), mais je nous souhaite bonne chance des deux côtés.

      Cdlt

  36. Sinon, Paul, sans guère de rapports sinon capillotractés :

    une des plus fabuleuses interprétations jamais faites du « Es ist volbracht » de la Johannes passie de J.S. Bach, de 1985 dirigent Nikolaus Harnoncourt, où l’on entend la voix extraordinaire d’un garçon de 13 ans dans une partition pour alto. Panito Iconomou maitrisait la matière aussi bien qu’une contralto professionelle, et avec une extraordinaire intensité emotionelle. Le contexte y jouait certes, puisqu’il venait de perdre son père deux semaines auparavant.
    Enregistrement unique, et sans suite, puisqu’avec la mue de l’adolescence, inexorablement, ce timbre disparut.

    Ce (pré)-ado-là n’eût en aucun cas mérité le commissariat.

    1. L’immense beauté du monde …
      Bouleversant, donc humanisant …

      Ce qu’il y a de plus terrible dans ces histoires financières, c’est qu’elles nous desséchent l’âme …

      C’est l’oeuvre de Bach que je préfère …

      Merci .

  37. faudra qu’on m’explique en quoi la solution du « gouvernement mondial » abordée dans la vidéo pourrait nous sortir de là… ça me parait au contraire non seulement le meilleur moyen d’éloigner les peuples des décisions qui seront prises en leur nom, mais en plus la meilleure des « backdoors » imaginables pour tous les lobbyistes qui auront d’autant moins de difficultés à parvenir a leurs fins que le pouvoir sera concentré en un seul endroit (une UE puissance 1000x en quelque sorte)…

    le monde entier organisé rationnellement et entièrement consacré à produire de la richesse. sans aucune voie de sortie possible (a part l’industrie du divertissement). l’enfer…

    1. Les entités qui « gouvernent » aujourd’hui le Monde sont, de fait, les acteurs de la finance. Ils ont imposés leurs règles aux gouvernements. Il s’agit bien d’un type de « douce » dictature diffuse. Alors proposer de construire des organisations planétaire pour maîtriser tout ca parait de bon sens.
      Bien sûr comment cela s’imposera t il est un mystère pour le moment.
      Bretton’s Wood a été roganisé après de traumatisme de la 2éme guerre mondiale.
      Espérons qu’une situation catastrophique analogue ne sera pas nécessaire pour que les choses bougent ! Le pire n’est jamais sûr !

  38. J’ai entendu les 2 Concertos de Chopin ce soir… Une petite fille de 4 ans avait encore sa tétine en descendant les marches… Le concertiste n’est pas fidèle à ce que l’on dit. Brèves impressions…

    1. Merci pour le lien, il m’a permis d’y voir un peu plus clair.

      Je n’ai pas grand-chose à dire sur la partie pénale. Apparemment, les délits qui lui sont reprochés sont suivis des faits, et il ne pouvait dès lors qu’être condamné.

      Par contre, en ce qui concerne l’évaluation du préjudice, le raisonnement me semble particulièrement incongru. Je ne conteste pas le principe de la réparation intégrale, mais encore faut-il que le montant des dommages et intérêts soit correctement établis. Et c’est là, à mon avis, que le bât blesse.

      A moins que je me trompe, ce qu’il faut entendre par « réparation intégrale », c’est la remise de la victime dans l’état qui aurait été le sien en l’absence des délits commis par l’accusé. Or ce n’est pas ce qui a été fait ici. Le tribunal ne prend en considération que la situation qui résulte des agissements de Jérôme Kerviel, sans apporter le moindre examen à ce qu’aurait pu être la situation de la Société Générale si son trader avait agi conformément aux pratiques de son employeur. (Ceci dit, je n’ai pas lu le jugement dans sa partie pénale. Peut-être ai-je donc raté les développements à ce sujet.)

      Le tribunal se limite à énoncer la position de la Société Générale, à savoir « que Jérôme KERVIEL n’a pu prendre les positions aberrantes sur le Dax, l’Eurostoxx et le FTSE qu’en commettant l’ensemble des infractions qui lui sont reprochées ».

      Voilà une affirmation qu’il aurait fallu, il me semble, examiner avec la plus grande attention. Car sans doute n’a-t-il pu prendre ces « positions aberrantes […} qu’en commettant l’ensemble des infractions qui lui sont reprochées», mais quelles auraient été les positions qu’il aurait pu « légitimement » prendre ? C’est de la différence entre ces deux positions qu’il aurait fallu déduire la hauteur du préjudice, et non de la simpliste constatation de la perte résultant des infractions.

      Une telle analyse aurait peut-être orienté le débat sur les pratiques de la Société Générale, ce qui aurait pu être intéressant, et apporter un peu de perspective au sentiment d’impunité de la Société Générale (et sans doute du système bancaire dans son ensemble) qui ne manque pas de se dégager de ce jugement.

  39. Pour info.
    Voilà ce qu’on pouvait lire sur le site du quotidien Les Echos dans l’article qui faisait l’analyse de la séance à Wall Street, ce 8/10/2010:

    « Si les chiffres de l’emploi sont bons, c’est bon pour les actions. S’ils sont mauvais, c’est encore mieux, parce que cela ouvre la voie à plus d’assouplissement » monétaire, autrement dit des injections de liquidités par la banque centrale américaine (Fed) pour soutenir l’activité, a expliqué Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management. »
    « L’argent va affluer vers les actions », a-t-il ajouté. « Je ne vois rien qui puisse faire dérailler le marché ».

    Comme ça va mal, la FED va lâcher plus de pognon avec lequel on va pouvoir faire joujou sur les marchés!!!!

    C’est gonflé, hein? Voilà un raisonnement qu’il est beau! Un poil tordu, peut-être?

    1. « Je ne vois rien qui puisse faire dérailler le marché »

      C’est l’histoire et le propos d’un homme qui croyait beaucoup au marché car il ne voyait plus que ça pour y voir plus clair. On ne devrait pas toujours sacraliser le marché comme la plupart de nos élites mondiales, de peur qu’un jour ou l’autre le ciel nous tombe sur la tête et nous amène de nouveau à mieux voir autre chose sur le revers du tout commerce mondial des êtres.

      Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains. [Gustave Flaubert]

  40. J’ai loupé l’erreur 404 ou 403 et les doutes et interrogations que ce dysfonctionnement m’aurait apportés.
    Mea culpa, c’est une des rares fois en plus de 2 ans que je visionne la vidéo quelque peu tardivement pour cause de manipulation intensive du sécateur le long des ceps.

    J’ai cependant suivi en partie le « C dans l’air » de jeudi, consacré au couperet du procès Kerviel, mdr :
    http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1548&date=2010-10-07

    Un Marc Fiorentino plus passionné que jamais se pose en défenseur acharné de Jérôme et vilipende les pratiques actuelles plus sévèrement que Paul.
    Philippe Desertine, nous éclaire de sa vision sage et réaliste de ce monde financier qui nous trouble.
    Des traders et employés de banque interrogés sont bien sceptiques et pourtant discrets.
    J’ai retenu :
    . Kerviel à la SG c’est un peu comme de laisser un trouffion lambda accéder au bouton rouge.
    . Qu’est ce qui a été réformé depuis ?

    Conseil :
    dispenser une formation SQL aux contrôleurs et à leur hiérarchie :
    « Select * from base where débit I crédit > x »

    1. C dans l’air n’est pas une émission d’opinion mais le petit théâtre de Calvi. Dès lors que vous en avez conscience vous pouvez la regarder et apprécier pleinement le spectacle.

    2. J’en suis conscient, ouf.
      Pour les sujets politiques c’est 000 mais cela permet de mesurer la soupe servie à de nombreux auditeurs médusés.
      Pour les sujets techniques la qualité est fonction des invités qui parfois sont excellents.

  41. La Justice paraît en effet avoir rendu un verdict qui ne satisfait personne.

    Mais, avait-elle le choix?

    Elle devait trancher entre deux positions: celle de la responsabilité d’un homme, ou celle d’un système financier, au travers une banque, la SG.

    Condamner le système financier, c’est reconnaître implicitement que l’une des pierres angulaire de l’organisation sociale, dont la Justice protège le bon fonctionnement, est défaillante et donc nuisible. Ce serait en d’autres termes pour le judiciaire se tirer une balle dans le pied.

    Je suppose que c’est un tribunal correctionnel qui a rendu ce jugement, les actes de Kerviel étant délictuels il me semble. Pas de jury populaire, donc pas de surprise possible. Et il en sera probablement de même en appel. Néanmoins, j’espère me tromper.

    M JORION souligne le fait que les comportements « stratégiques » dans les salles de marché sont souvent, voire toujours « border line ». Cela me pousse à souligner ici le fait que Kerviel est « un parvenu » dans cette salle, fils de famille quelconque. Hors, les traders sont majoritairement issus des grandes écoles, centrale, polytechnique (qui a une formation spéciale à cet effet) et, pourquoi pas normal sup. Ces personnes issues de grandes écoles sont certes intelligents, mais aussi ont bien souvent un cadre familial tout autre que celui de Kerviel. Je ne serais pas étonné d’apprendre que, finalement, les positions de Kerviel étaient également prises par d’autres de ces collègues, qui eux, ont la chance de ne pas avoir été choisi pour trinquer dans la mesure ou leur environnement familial aurait pu actionner des leviers de représailles à l’égard de la banque.

    Autre remarque: s’il s’agit bien d’un délit, il paraît curieux, d’un point de vue juridique, qu’un délit puisse mettre en péril le système sur lequel repose l’organisation sociale. Cela devrait relever du crime.

    1. Mais encore?

      J’ai du mal à discerner dans votre remarque s’il s’agit d’ironie ou une demande d’éclaircissement.

    2. Introduction du livre de Jérome Kerviel : « L’engrenage : mémoires d’un trader »

      Ce livre rompt le silence auquel je me suis astreint pendant plus de deux ans ; deux ans pendant lesquels mon nom a été traîné dans la boue par de trop nombreux journalistes, banquiers, hommes politiques ou avocats. Aujourd’hui j’estime qu’il est temps d’établir la vérité. A l’approche d’un procès décisif pour mon avenir, mais aussi pour le système bancaire, j’évoque tels que je les ai vécus les événements qui ont conduit à ma chute. Je refais le chemin qui transforma le simple employé que j’étais en trader. Je raconte dans le détail l’incroyable année 2007 où je fis gagner un milliard et demi à la Société Générale avant que la situation ne se retourne dès les premiers jours de 2008. Je décris de l’intérieur la réalité des salles de marchés et du monde des traders, et le cynisme d’un système qui tire profit de ceux qui travaillent pour lui, quitte a les lâcher en cas de défaillance. Lorsque je pénétrai dans la célèbre tour de La Défense en août 2000, je ne me doutais pas que, loin de passer la porte du paradis, j’entrai en enfer. Comme je ne me doutais pas qu’en franchissant le seuil du cabinet des juges d’instruction, la vérité n’éclaterait pas. Je souhaite que ce livre interpelle l’opinion publique sur la réalité des pratiques bancaires. Qu’elle y découvre le témoignage d’un homme qui reconnaît ses fautes mais refuse de payer pour un système financier devenu fou.

      http://www.amazon.fr/Lengrenage-mémoires-trader-Jérôme-Kerviel/dp/2081238861

      A la lecture de ces quelques mots je ne sais quoi penser sur lui, sur sa vie, sur sa carrière, dois-je moi aussi le juger, le condamner comme un paria, un ancien trader ? Ne devrais-je pas plutôt chercher à comprendre pourquoi c’est toujours qu’un seul homme que les gens du système préfèrent toujours juger et jeter en prison, c’est tellement plus facile dans certains tribunaux de mieux faire entendre d’abord la justice des premiers notables de ce monde, si encore ça pouvait suffire à mieux faire revenir la confiance et la morale. Si le verdict a été si lourd envers lui, ça vient peut-être un peu de tout ce qu’il a pu dire dans son livre, comme de son propre témoignage sur toutes les choses qu’il a pu voir, plus c’est gros plus ça passe dans l’opinion.

      Dans ce monde de magouilles, d’initiés, de notables, de politiciens, de banquiers, de bureaucrates, de commerciaux, d’avocats, de magistrats, de juristes, de médecins, de marchands de sommeil, de gens bien établis, ce n’est bien sur jamais un collectif de personnes qui en écopent le plus mais toujours qu’un seul et à chaque fois, des gens si parfaits si bien sous tous rapports mais regardez-les se protéger si bien entre-eux, pour ça d’ailleurs que je n’ai jamais vraiment voulu adhérer à certaines sociétés secrètes, surtout dans un tel monde en pleine déroute morale. A quand le grand Occident de France pendant qu’on y est.

    3. @Antoine, non je n’ai pas dit cela sur un ton ironique, je suis plutôt intéressée par le fonctionnement des choses, que ce soit dans la justice, dans les salles de marché ou autres, et par le rôle qu’y jouent les élites. Nous avons vraiment besoin de mieux savoir comment certaines décisions sont prises et où se situe l’élite dans tout cela. Nous devons essayer de mieux comprendre certains mécanismes en espérant qu’ils ne soient pas trop difficiles à discerner… Mais est-ce vraiment possible?

    4. @Jérémie, tiens je repasse ici, cette affaire Kerviel est très mauvaise. Vous mentionnez les « sociétés secrètes », j’y réfléchis aussi, certaines choses m’intriguent tellement…

  42. C’est beau, c’est bon, c’est bien

    Pitié pour l’homme qui ne recherche qu’à dominer et contrôler l’emploi du temps sur terre,

    Pitié pour l’homme qui ne sait même plus faire aimer les bonnes choses à son frère en deuil,

    Pitié pour l’homme qui ne sait même plus travailler autrement sur terre, acheter ou vendre,

    Pitié pour l’homme qui ne sait même plus soigner les coeurs et les esprits autrement,

    Pitié pour le vigneron malhonnête et le mauvais intendant travaillant bien dans la main,

    Pitié pour l’homme qui se croit le nombril du monde en gagnant trop de choses à la fois,

    Pitié pour l’homme qui ne se montre même plus en mesure de faire partager ce qu’il a reçu,

    Pitié pour l’homme qui recherche d’abord à servir la justice des puissants à écrasé le pauvre,

    Pitié pour l’homme qui recherche à paraître grand et droit alors qu’il est tout petit en réalité,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord en pousser beaucoup aux enfers pour le commerce,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord vendre la culture de son pays pour rester au pouvoir,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord rabaisser l’esprit d’un autre de plus à son actif,

    Pitié pour l’homme qui n’est plus guère aimer du monde à cause de vouloir trop en faire,

    Pitié pour l’homme qui ne se montre toujours pas en mesure de reconnaître l’échec de sa vie,

    Pitié pour l’homme qui préfère d’abord entretenir des lèches-culs et des portes serviettes,

    Pitié pour l’homme qui n’écoute même pas mes jérémiades sauf les siennes d’abord,

    Pitié pour l’homme moderne qui ne sait même plus faire autrement de nos jours,

  43. Faut pas s’en faire,

    Se faire autant de mouron,

    Parce que je n’ai plus ceci ou cela comme un autre à la télévision,

    Car je sais qu’un jour viendra ou le politique de mon pays finira bien par me prêter quelques jours sa femme, sa maîtresse, sa secrétaire, son bureau, son vélo, les clés de sa maison, sa voiture, comme ça la crise ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour moi et puis au diable les autres, chacun pour soi, parole et parole comme le chantait si bien dalida, et oui c’est bientôt fini la crise ou la comédie sur terre, celle de cette folle civilisation commerciale. Sortez du milieu d’elle au plus tôt, afin que lorsque le plus dur et prévisible arrivera vous en serez déjà moins touché sur vous.

    http://www.youtube.com/watch?v=P4bIBJVfpkI

  44. Sur Kerviel, allez donc voir cette excellente blague sur le sujet : ici

    Et puis, peut-être est-ce la fatigue, mais il m’a semblé percevoir des champs d’oiseaux en arrière fonds sonore de la vidéo de Paul. Dans tous les cas, cela m’a mis de bonne humeur malgré toutes ces nouvelles désespérantes qui s’accumulent.

    Bien cordialement,

    1. Franchement, cette blague n’en est pas vraiment une. Un dialogue grossier et lourdingue. Par contre, celle sur le marketing féminin / masculin, en haut de page, est excellente. Et la pointe sur le marché, savoureuse.

  45. Sur Kerviel : la décision est plus que « malheureuse », elle est proprement scandaleuse, et à plus d’un titre. Certes, Kerviel a commis des « faux et usage de faux », mais il s’agirait justement de s’interroger sur leur usage. D’après ma mémoire et ce qui avait passé dans les journaux au début de l’affaire, on lui reprochait des « positions » qui n’étaient pas « couvertes » comme il aurait fallu. J’en conclus que l’usage de ses « faux » visaient à faire croire que ses « positions » étaient normalement « couvertes ». En ce sens, la banque a bel et bien été victime d’un « abus de confiance ».

    Cependant, on racontait aussi que Kerviel n’avait jamais été explicitement autorisé à prendre des positions pour 50 milliards, que celles-ci fussent « couvertes » ou non. Kerviel était un « petit trader » qui voulait devenir grand, et là, la banque l’a laissé faire. Kerviel a trompé la banque sur la qualité de ses opérations, mais certainement pas sur leur volume. Et c’est bien l’euphorie de la banque constatant ces volumes qui explique qu’elle s’est laissée berner.

    La décision est scandaleuse aussi du fait qu’elle condamne l’inculpé à rembourser plusieurs milliards avec leurs intérêts, ce qui est bien sûr IMPOSSIBLE. Maître Eolas considère que c’est normal, le remboursement intégral du préjudice étant inscrit dans les textes de loi. Mais si un juge a le droit de condamner quelqu’un à quelque chose d’impossible, alors pourquoi ne pas condamner les assassins à RESSUSCITER leurs victimes ? On sait qu’ils ne le feraient pas, mais qu’importe : ce genre de « réparation » pourrait, DEVRAIT être inscrite dans les textes.

    De plus, les conséquences ne sont pas négligeables, loin s’en faut. En condamnant Kerviel à des réparations impossibles, la justice le place sous la COUPE de la SG qui peut, en vertu de cette décision, exiger TOUT CE QU’ELLE VEUT du condamné. A commencer par prélever ses droits d’auteur, mais aussi, pourquoi pas, prélever ce qu’elle veut sur ses revenus. Ces prélèvements devraient sans doute, du moins je l’espère, être contrôlés par un juge, mais il n’empêche : ils pourraient se poursuivre à vie car, tant que la SG agit pour obtenir réparation, ses droits à réparation restent valables. Là, il apparaît clairement que la « punition » est trop lourde.

    1. Pour dire les choses plus simplement, cette condamnation fait mentir le principe selon lequel A L’IMPOSSIBLE NUL N’EST TENU. Un principe qu’on applique pourtant quand il s’agit d’estimer les préjudices moraux ou physiques dans de nombreuses autres affaires.

    2. Et si le but du jugement était de lui imposer le silence?
      Un énorme chantage à 5 milliards pèse sur lui, désormais : « Tu la boucle, sinon on te pressure ta vie durant ».

    3. @Crapaud Rouge

      « Mais si un juge a le droit de condamner quelqu’un à quelque chose d’impossible, alors pourquoi ne pas condamner les assassins à RESSUSCITER leurs victimes ? On sait qu’ils ne le feraient pas, mais qu’importe : ce genre de « réparation » pourrait, DEVRAIT être inscrite dans les textes. »

      Argument IMPARABLE auquel je n’avais pas pensé.
      [Est-ce que je peux m’en servir ou il faut que je vois avec Louise pour le © ? :-)]

    4. @Crapaud: votre exemple ne marche pas. En condamnant à 5 milliards, la banque est sûre de pouvoir prendre tout ce que Kerviel gagnerait au cours de sa vie. Lorsque quelqu’un est mort, on ne peut pas rendre une partie.
      C’est ainsi que dans certains pays, il y a des condamnations à 150 ans de prison, etc. Même avec les remises de peine, le condamné est ainsi quasi sûr de finir sa vie en prison.
      Autrement dit, une condamnation à 150 ans de prison c’est comme une condamnation à la prison à vie. Une condamnation à devoir rembourser 5 milliards, c’est comme une condamnation au remboursement à vie.

    5. En condamnant Kerviel à des réparations impossibles, la justice le place sous la COUPE de la SG qui peut, en vertu de cette décision, exiger TOUT CE QU’ELLE VEUT du condamné.

      Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec ce qui se passe aujourd’hui mais à l’échelle de tout un monde. On n’est plus à un petit chantage près de nos jours sur l’homme ou l’humanité, il faut bien faire fonctionner la matrice jusqu’au bout Mr Thomas A. Anderson dit Néo.

      Nous préférons tellement les pousser à prendre des risques, pour des bonus et des primes encore et encore, que lorsqu’ils se font d’abord attraper à la place des généraux nous préférons avant tout dire qu’ils se sont montrés moins prudents que nous, c’est pourquoi nous exigeons grande réparation morale Mr le Juge. Oui j’ai quand même un peu de mal à me satisfaire de la version officielle dans les médias, enfin que voulez-vous c’est souvent la même une dans les esprits.

    6. @Moi : si « dans certains pays, il y a des condamnations à 150 ans de prison« , eh bien ma foi, dans ces pays la justice est aussi débile que dans le cas Kerviel. Ce n’est pas à la SG de décider du niveau EFFECTIF des réparations. A quoi rime des règles de droit sans rapport avec la réalité ? La question déborde largement le cas Kerviel. Enfin, dernier point, des réparations payables à vie sont CONTRAIRE AU DROIT A L’OUBLI. Faut-il vous rappeler que les vrais délits financiers sont, quant à eux, comme protégés par des délais de prescription EXTREMEMENT COURTS ? Nous sommes face à une justice à deux vitesses.

      Et pour ce qui est de l’argument : « Lorsque quelqu’un est mort, on ne peut pas rendre une partie » , il est faux, car la famille de la victime récupère la dépouille, (au moins quand on la retrouve), et cette dépouille est « une partie » non négligeable, très importante pour le deuil.

      L’argument de Maître Eolas est que, dans le cas d’un préjudice financier, le préjudice peut être chiffré exactement et donc réparer exactement, et que la justice ne peut pas choisir une fraction, car elle serait arbitraire. Mais, dans les cas où le préjudice n’est pas chiffrable, on peut toujours dire que le préjudice estimé est une fraction. Alors, pourquoi n’avoir pas fait pareil pour Kerviel ?

      @Martine : vous pouvez, Martine, vous pouvez. Mon « imparable » argument est un « argument presslib’ » 🙂

    7. L’opinion de l’intéressé, c’est que le but était de blanchir la banque, sa mondiale réputation étant en jeu. Et dans cette interview, (ce soir sur je ne sais plus quelle chaîne), on apprend que la SG a explicitement demandé la « réparation » des 5 milliards. Donc en sachant que cette réparation serait de toute façon impossible : le but était bien de faire dire à la justice que la SG n’y était pour rien dans cette perte. J’appelle ça une instrumentalisation.

    8. @Crapaud: « Nous sommes face à une justice à deux vitesses. »

      Nous sommes tout à fait d’accord. C’est indéniable.

  46. Pour Paul Jorion.

    Vous n’arrivez même plus à être pessimiste… Mais c’est vrai qu’il devient difficile de l’être concernant le passé. Si on rajoute les trous de ver spatio-temporels du blog, la situation devient complexe.

  47. M. Jorion,
    Vous dites à propos de Kerviel (et je pense que tout le monde est d’accord) que la totalité de la hiérarchie de la banque était composée de gens incompétents qui ne connaissent rien à ce qui se passe dans les salles de marché (quelques soient les milliards auxquels on touche).

    Doit-on comprendre qu’il en va de même pour le G20 qui doit s’occuper de la catastrophe à venir sur le plan monétaire? Et qu’au plus haut niveau de leur hiérarchie ,ils sont « complètement incompétents sur la monnaie?

    Vous ne l’affirmez pas mais le parallèle saute aux yeux!
    Amicalement

    1. Aucun jeune n’a plus guère le droit à l’erreur, n’a plus guère le droit de se montrer plus incompétent que nos ainés et les notables les mieux établis de ce monde. C’est comment dire mieux vouloir toujours garder les meilleurs plats de la vie pour soi et ses ami(e)s d’abord, au Diable le reste …

  48. Question de beotien sans doute mais tant pis… pourquoi les americains demandent-ils une reevaluation du Yuan de 20 % ? Remboursement de la dette ? Favoriser les marches nationaux et les exportations US? Soit, mais ne craint-on pas une hausse du prix des matieres premieres, des lors que la Chine pourrait les acquerir a meilleur compte ?

  49. Affaire Société Générale :

    Passons sur la peine de prison, si le délit est constitué.

    Mais en ce qui concerne l’amende, elle reproduit très exactement le résultat du débouclage réalisé dans l’urgence par la société générale.

    Toutefois, si l’affaire avait été éventée plus tôt, par exemple au moment où ces positions étaient bénéficiaires (il y eut de tels moments, semble-t-il). Le délit n’en était pas moins constitué. Mais qu’aurait-il fallu faire du bénéfice (en supposant que la banque ait souhaité poursuivre l’action en justice)? l’accorder au prévenu?

  50. Bonjour Paul,
    « la hiérarchie qui ne comprend rien ou est incompétente » dites-vous.
    Est-elle là pour cela ou pour faire obstacle ou parapluie à la contestation de la base?
    Vous connaissez tout comme moi le principe de Peter, je l’ai même revitalisé récemment.
    Un nouveau Bretton Woods? Yes. But with who on board?
    On a créé l’OMC, mais on n’a pas créé l’OMH, alors que de plus en plus on considère que l’homme est une ressource (RH) comme l’est n’importe quelle marchandise.

  51. @ Antoine dit : 9 octobre 2010 à 09:05

    « Cela me pousse à souligner ici le fait que Kerviel est « un parvenu » dans cette salle, fils de famille quelconque. Hors, les traders sont majoritairement issus des grandes écoles, centrale, polytechnique (qui a une formation spéciale à cet effet) et, pourquoi pas normal sup. Ces personnes issues de grandes écoles sont certes intelligents, mais aussi ont bien souvent un cadre familial tout autre que celui de Kerviel. Je ne serais pas étonné d’apprendre que, finalement, les positions de Kerviel étaient également prises par d’autres de ces collègues, qui eux, ont la chance de ne pas avoir été choisi pour trinquer dans la mesure ou leur environnement familial aurait pu actionner des leviers de représailles à l’égard de la banque. » dites-vous.

    Notre société s’engage, à mon avis, dans une très mauvaise dérive. Votre hypothèse concernant les possibilités d’évitement données aux autres collègues de Jérome Kerviel, issus d’une extraction sociale plus relevée, sont tout à fait envisageables, mais ne justifient pas qu’on les invoque pour le blanchir.
    En arriver à de telles arrières pensées pour toute sorte de problèmes au-delà du cas Kerviel, me semble révéler la gravité d’un mal profond auquel la communauté nationale, tous courants confondus, devrait s’attaquer de façon urgente. Cela rejoint le sujet évoqué avec PYD ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=16698#comment-113810

    Avant d’aborder ce sujet bien plus vaste, on peut poser froidement l’examen du cas Kerviel de la façon suivante.

    Les règles à la SG devaient être respectées et JK a reconnu ne pas les avoir respectées, il est donc coupable. Ce non respect ayant eu des conséquences graves, bien au-delà de sa banque, doit être sanctionné à la hauteur des désordres provoqués, lesquels n’étaient pas que financiers. Même le sommet de l’état a dû consacrer une partie de son temps à traiter de ce problème.

    Au-delà des règles professionnelles transgressées, il a triché pour masquer ses agissements et en cela il a contrevenu aux règles morales de portée générale et universelle. Celles en vigueur dans notre communauté d’appartenance. Cela m’étonnerait beaucoup que ses parents ou ses enseignants au titre de sa formation morale, l’aient incité à tricher dans la conduite de sa vie.
    Il est donc coupable à ce titre, d’avoir porté atteinte à la dignité de la communauté des humains, et à notre image nationale, en donnant un retentissement mondial à une affaire infamante pour son pays. Il est donc normal qu’il soit condamné.

    Imaginons qu’à l’issue de son procès en appel Jérome Kerviel soit condamné comme on a tout lieu de le penser.

    Faudrait-il en rester là ?

    Certainement pas, car des manquements ou des insuffisances imputables à la SG semblent manifestes. C’est à elle, sous le contrôle de ses dirigeants et de ses autorités de tutelles de tirer profit de ce sinistre pour mettre en place les actions correctives qui, de toute évidence, s’imposent indépendamment des actions en justice.

    Dans les propos de Paul Jorion, je relève depuis longtemps son intention d’agir pour que les choses aillent mieux. « Tenons bon ! Nous sommes nombreux à nous rallier aux idées développées sur le blog ! Je sens que nous allons bientôt entrer en action ! » Voilà en substance les messages que j’entends, même s’il ne les exprime pas tout à fait comme cela.

    Derrière de tels messages, chacun peut y voir l’expression de ses propres souhaits, lesquels peuvent couvrir un très large spectre, allant jusqu’à mettre des têtes sur des piques, comme certains l’écrivent sans gêne aucune.

    Sans aller jusqu’à des actions de type révolutionnaire, que je condamne, on peut penser que l’affaire Kerviel, pourrait être exploitée pour permettre aux volontés d’action évoquées par l’hôte de ce lieu de se concrétiser.
    Attention, il ne s’agirait pas de monter un comité de soutien à Jérome Kerviel afin de peser sur son jugement en appel, ce qui serait à mon avis une erreur morale et stratégique, mais en partant de ce cas, à résonnance internationale, d’entrer dans une action d’assainissement des pratiques dans les milieux financiers.

    En s’appuyant sur les compétences spécialisées en matière financière qui gravitent autour de ce blog, il serait à mon avis possible d’agir concrètement et de manière concertée auprès des parlementaires et autres hommes (femmes) politiques de tous bords. Une lettre type pourrait être mise au point (je ne me sens pas spécialement compétent pour l’élaborer) disant à peu près ceci.

    M……
    La justice traitant de l’affaire Kerviel-Société Générale vient de statuer.
    Comme de nombreuses autres personnes, notamment celles qui s’expriment sur le blog de Paul Jorion, je suis persuadé que sans les manquements ou graves insuffisances dans les pratiques, les organisations, et les réglementations imposées aux établissements financiers, une telle affaire aurait pu être évitée.

    Etant donné le retentissement que cette affaire a eue dans l’opinion et de son impact négatif pour l’image de notre pays au niveau international, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir me faire connaître les actions que vous avez engagées à votre niveau pour éviter son renouvellement.

    En particulier, je suis intéressé de connaître les améliorations qui ont été apportées à la réglementation applicable aux établissements financiers.

    Veuillez agréer……

    Ça n’est qu’une idée parmi d’autres.

    1. Lisez bien le commentaire de François le sombre du 9 octobre à 16 h 43 :
      comme il le remarque, si la faute de Kerviel avait été révélée alors qu’il avait des gains records, que ce serait-il passé ?
      Kerviel aurait-il été dénoncé par la banque ?
      Aurait-il été condamné et à quoi ?
      Qu’aurait fait la banque de tout cet argent ?
      Dans ces moments de gains records personne ne s’est aperçu de rien ? Vraiment ?
      Alors qu’il eût été plus judicieux de crever l’abcès en période de gains, quitte à en abandonner une partie !

    2. Comme le disait Piotr « c’est terrifiant » moi aussi j’ai répondu dans le passé à un commentaire du futur !

    3. Je ne nie pas le fait que Kerviel ait mal agi, dans le sens où il n’a pas respecté les règles et a abusé de la confiance de son entourage… Mais je dis plutôt punir lui plus qu’un autre…

      Et d’ailleurs, la notion de mal pourrait être discutable, dans le sens où l’intention de nuire n’est pas avérée. Comme dit Gimini Criquet dans le Pinochio de Walt Disney, ce pouvait très bien être un mal pour un bien

      Dans mon travail, ou le népotisme et le copinage ont toujours été rois, le seuil de tolérance d’erreur ou de fainéantise est variable selon la qualité des parents du salarié. Vu le délitement du marché du travail ces dernières années, je me trompe de peu en affirmant que ses rois ont étendu leur territoire.

      Autre fait: l’organisation des entreprises poussent à la désobéissance… Pour revenir à Kerviel, plus il fait gagner à sa banque, plus il gagne… Et plus les expositions sont gagnantes sur le marché, plus on ramasse. Dire que ce n’est pas tentant, c’est être de mauvaise foi. Lui qui est un parvenu, qui dans le cadre des règles avait déjà ramassé un max auparavant, quelle pouvait être la prochaine étape?

      Et c’est vrai dans tout secteur d’activité… Mon amie travaille dans la certification à l’export. Il s’agit d’inspecter les marchandises exportées afin de vérifier leur conformité à la législation du pays importateur. La rémunération est proportionnelle à la quantité de marchandise exportée. Plus le client est gros exportateur, plus il rapporte, et plus la tentation pour l’équipe chargée des inspections est d’être conciliant avec ces boîtes… Car perte de contrat si problème, et perte de chiffres d’affaire. Donc, il arrive que certains produits exportés ne soient pas inspectés mais quand même certifiés…

    4. @ louise dit : 10 octobre 2010 à 11:11 et 10 octobre 2010 à 12:22

      Je n’ai pas oublié que nous sommes frères, ce qui devrait normalement nous aider à bien nous comprendre.
      Pourtant, je n’ai pas bien saisi ce que vous avez voulu dire dans vos deux commentaires.
      Sans vous obliger à passer du temps pour les expliciter davantage, pouvez-vous me dire si vous êtes favorable ou opposée à l’action que je propose d’engager.

      Et, si vous n’y êtes pas favorable, pourquoi ?

      Bien fraternellement vôtre.

    5. @ Antoine dit : 10 octobre 2010 à 15:41

      « ce pouvait très bien être un mal pour un bien » dites-vous.

      Je partage votre avis, mais pas pour la même raison.

      JK a reconnu avoir triché ce qui a provoqué un accident gravissime, pas seulement en termes financiers, il doit donc être condamné.

      Mais, comme cette affaire peut être une formidable occasion de faire engager des actions correctives dans le monde financier, JK peut, sans l’avoir voulu, devenir celui qui aura permis de déclencher des modifications dans les conditions d’exercice des activités financières, pour les rendre moins critiques.

      Je vois là une occasion d’engager concrètement et démocratiquement, les citoyens dans une action visant à empêcher d’autres accidents du même type.

      Si en final, des améliorations sont apportées au fonctionnement des activités financières, la condamnation de JK n’aura plus la même signification et tout le monde s’en félicitera, y compris peut-être même lui. Ne pas oublier qu’après être passées par la prison, certaines personnes ont connu la gloire dans leur pays et au-delà.

      Pourquoi vous ne vous exprimez pas sur ma suggestion. Y êtes-vous opposé ?

    6. @Jducac

      Je relève depuis longtemps dans les propos de Paul Jorion son intention d’agir pour que les choses aillent mieux.

      Je ne me lasse pas de tomber en pâmoison devant les preuves sidérantes, et noir sur blanc, de l’infinie puissance de votre perspicacité !
      Je vous baise les pieds, vénéré Maître.

      PS : relisez vous néanmoins, je vous en conjure. Il en va de votre image immaculée et donc de l’avenir du monde indéfectiblément relié à votre lumineuse personne.
      Prenez une petite laine ,mon étoile, ma lumière, mon phare, le temps fraichit.

    7. @ vigneron dit : 10 octobre 2010 à 23:38

      Je confirme et de plus, il soutient ma proposition d’action concrète, positive et démocratique.

      De mon temps, avec peu de moyens, on formait des hommes fiers de l’être et armés pour se conduire positivement dans la vie. Ils avaient du cœur et étaient prêts à soutenir leur prochain au lieu de rêver de l’éliminer. http://www.victor-hugo.info/poemes/407.html

      Ils n’étaient pas jaloux des bonnes idées des autres et s’employaient à en proposer d’encore meilleures, conscients d’œuvrer ainsi pour le bien de tous. http://www.victor-hugo.info/poemes/158.html

    8. J’ai bien lu votre idée d’adresser une missive à différentes autorités financières pour assainir les choses, sur fondement de l’affaire KERVIEL.

      Non pas que je trouve l’idée mauvaise, mais je pense que le travail de Paul JORION et son équipe fait très bien son office en la matière.

      Je note à cet égard que M JORION a une dimension médiatique plutôt croissante depuis l’éclatement de la crise (et pour cause d’ailleurs), même si parfois, il est vrai, la fréquentation du blog retombe.

    9. @ Antoine dit : 11 octobre 2010 à 17:21
      Merci d’avoir répondu, mais je crois que vous m’avez mal lu.

      Il ne s’agit pas d’écrire à des financiers, mais d’écrire à nos représentants, les députés et sénateurs qui ont des comptes à nous rendre et qui viennent régulièrement solliciter nos suffrages pour se faire réélire.
      Par expérience professionnelle, c’est très efficace d’exploiter un disfonctionnement pour faire bouger les choses et apporter des actions correctives, surtout quand l’affaire a un très grand retentissement. Il faut agir vite et fort pour ne pas laisser tomber l’emballement et au contraire contribuer à lui donner de l’ampleur.

      D’autre part, si vous aviez bien lu ma proposition, vous auriez vu qu’une telle action, loin de réduire la dimension médiatique de Paul Jorion, l’aurait au contraire démultipliée auprès d’acteurs qui comptent dans la vie politique. Je vous assure que si tous les députés et tous les sénateurs recevaient une lettre de ce type faisant, comme je le propose, référence à son blog, la marque Paul Jorion n’y perdrait pas.

      Quant aux blogueurs qui, dans l’ensemble, sont très partisans de « yaquas faucons » dans leurs interventions, je constate qu’ils sont moins va-t-en guerre quand on les place face à une possibilité d’action concrète et tout à fait démocratique, laquelle,par avance, a l’accord de Paul Jorion.

    10. Autant pour moi… J’ai tendance à lire un peu trop rapidement en ce moment.
      A ma décharge: un enfant de deux ans et un bébé de quelques jours.

      Profiter de l’affaire Kerviel pour faire bouger le politique est certainement une bonne idée.

      J’attends de lire la lettre tyoe avant de l’adresser au député de mon coin, si l’initiative prend graine.

      Maintenant, autant j’apprécie le travail de M JORION et son équipe, autant je n’adhère pas forcément à toutes ses idées (suppression de la spéculation financière, constitutionnaliser l’économie…). Donc, si la missive pouvait ne pas être trop partisane…

    11. @jducac, en effet, il faudrait agir d’une façon ou d’une autre, et pas seulement à l’échelle nationale, mais également européenne. Ce qui se passe ici n’est pas triste non plus… Il faudrait en fait, ce que j’ai d’ailleurs proposé à Paul lors d’un petit échange mail en off, de réunir la communauté bloguesque ainsi que des acteurs politiques et médiatiques. Le blablabla, c’est bien, mais où cela nous mène-t-il si le concret ne suit pas? Mais est-ce que cela intéresserait réellement Paul et les blogueurs, là est la question? Paul a lancé ce blog pour décrire la crise, mais où il souhaite aller reste assez flou… Chaque jour, je suis ce qui se dit, chaque jour, je me demande ce qu’on va bien pouvoir se dire, des choses très/trop compliquées sont dites, d’autres moins, et puis – je parle pour moi – l’inspiration me vient… Pour cela, je remercie cet espace qui fait « travailler » ma tête et mes livres… Enfin, ce blog peut toujours servir de boîte à idées pour politiques, journalistes et autres en manque d’inspiration en attendant la transition… J’en profite pour ajouter que lorsque je lis dans un autre billet que Paul cherche à ressusciter Greenspan, je me dis, franchement, mais qu’est-ce qu’il va encore chercher… Je n’y peux rien mais le seul nom de Greenspan me donne de l’urticaire…

      @Antoine, avec toutes mes félicitations, profitez-en bien!

    12. @ Antoine dit : 11 octobre 2010 à 22:10

      Bravo pour avoir pensé au futur il y a 9 mois et aussi 2ans plus tôt. Mais il faut aussi penser à agir dans le présent pour mieux assurer l’avenir de ceux qui hériteront de nous et des conséquences de nos actions.

      Concernant la suggestion de lettre, je me suis appliqué, dans la première esquisse, à la rendre neutre afin qu’elle puisse atterrir un peu partout, sans que tel ou tel camp se sente spécialement mis en cause et que de ce fait ils soient tous mis en compétition pour agir. Ensuite, si l’idée prend racine, et si Paul Jorion et son équipe accrochent, il pourrait être dressé un tableau donnant la liste des députés et sénateurs contactés et leurs réponses.

      Quant aux idées émises sur ce blog par l’hôte des lieux, son équipe, et tous ceux qui s’expriment par des billets et des interventions, elles sont très diverses. Il en résulte cependant une orientation générale assez marquée avec laquelle je ne suis pas toujours en accord. D’ailleurs cela me vaut parfois d’être apostrophé sans ménagement. Le fait qu’il n’y a pas de réaction enthousiaste à ma proposition s’explique probablement en partie à cause de cela. Je ne me fais pas d’illusion, pour germer la graine a besoin d’être arrosée par le jardinier. Certaines graines restées sèches peuvent être portées par le vent et faire une belle carrière ailleurs. Qui sait où et quand? Je l’ai livrée au vent au dessus d’un jardin labouré en tous sens pour être fertile, nous verrons bien.

      @ Anne dit : 12 octobre 2010 à 10:01

      « Il faudrait agir d’une façon ou d’une autre, et pas seulement à l’échelle nationale, mais également européenne » dites-vous.

      Je suis tout à fait d’accord, mais s’agissant d’une banque française, je crois qu’on aurait intérêt à faire jouer le fait que cette affaire n’est pas glorieuse pour notre pays. Elle implique donc des insuffisances au niveau des acteurs politiques d’hier ou d’aujourd’hui qui n’ont pas su prendre les dispositions législatives et réglementaires de nature à prévenir ce qui est arrivé. Si maintenant ils ne font rien pour y faire remédier, quelle que soit leur position dans l’exercice du pouvoir, ils sont condamnables et ne méritent pas que l’on vote pour eux. Le fait de leur demander des comptes est destiné à les faire agir avant les prochaines élections où là ils seront tous en position de demandeurs.
      Bien évidemment, cela n’empêche pas de mener des actions similaires et coordonnées avec d’autres pays européens, il suffirait de changer un peut le texte, tout en faisant malgré tout référence à cette affaire qui est certainement commentée dans d’autre pays.

  52. @ Paul,

    Bonjour,

    Bon dimanche. Homéogène 9, 1 comprimé par heure d’éveil sur 2 jours au plus, le sirop pour matoux moderne..

    Côté petite monnaie des mêne-âge, banques et assurances US franchissent le rubicond de la loi avec entrain et allégresse, faux et usage de faux en masse robotisés en high speed fausse signature, la mesure de cette valse aux voleurs s’endiable en rock déjanté, avant parfum de déplacement de la ligne juridique?

    1. C’est absolument incroyable ! C’est tellement gros qu’on se demande si c’est vrai. Est-il possible que des banques puissent organiser ce genre d’arnaque ? Les lois sont injustes certes, et permettent de plumer les plus faibles, mais manifestement ca ne va pas assez vite pour les banques. Comme le dit Paul, ils vident la caisse avant de fermer la boutique; et c’est un homme politique américain, en place mais impuissant, qui déplore cette fraude.

  53. petit extrait du » Prophète » de Khalil Gibran, un poète qui gagne à être lu et relu, aux différents âges de la vie :

    « De l’achat et de la Vente

    Et un marchand dit, Parle-nous de l’Achat et de la Vente.
    Il répondit en disant:
    La terre vous donne ses fruits, et vous ne serez pas dans le
    besoin, à condition de savoir remplir vos mains.
    C’est en échangeant les dons de la terre que vous trouverez
    abondance et satisfaction.
    Cependant, l’échange, s’il se fait sans amour ni sens de justice,
    conduira certains vers la cupidité et d’autres vers la faim.
    ….
    Et ne tolérez pas que ceux aux mains stériles prennent part à
    vos transactions, car ils veulent vendre leurs paroles contre
    votre travail.
    ….
    Car le maître-esprit de la terre ne dormira pas en paix sur les
    ailes du vent tant que les besoins du plus modeste parmi vous
    n’auront été comblés. « 

  54. Je suis scandalisé par le traitement médiatique indigne de la déduction d’impôts massive dont la SG va bénéficier. Qu’en pensez-vous ?

    « La Société générale a récupéré 1,7 milliard d’euros »… (les journaux.) Récupérer ? La SG avait en réalité joué 5 milliards en la personne de son trader, dans le but, effectivement, d’en « récupérer » beaucoup plus. L’argent a été perdu pour elle mais pas pour les bénéficiaires dispersés dans la nature. Qui rend aujourd’hui les 1,9 milliard à la SG à la suite de cette perte au jeu ? L’Etat français, c’est-à-dire nous, les 28 millions d’actifs à raison de 70 euros par personne. « Récupérer », quel cynisme !

    D’après les journaux, cette réduction est l’application « transparente » de la loi : «Toute entreprise déduit ses pertes et coûts de ses revenus pour calculer le montant de ses bénéfices et donc de ses impôts ». Une escroquerie passée en jugement est donc considérée en toute « transparence » comme une « perte » normale d’exercice. Si vous voulez « optimiser » votre déclaration fiscale pour payer moins d’impôts, essayez de déclarer que vous avez perdu beaucoup d’argent au poker, vous le récupérerez certainement, il fallait y penser.

    Il est de la responsabilité de nos médias pétris de libertés et de bonnes pratiques démocratiques d’établir la vérité au lieu de nous gruger avec des « récupérations transparentes » alors que des milliards sont soustraits sans cesse aux dépenses sociales.

    Proposition : que chacun déduise 70 euros de sa déclaration d’impôts pour « perte au jeu », motif jurisprudence SG-Kerviel.

    1. effectivement je rejoins exactement votre propos que je n’avais pas lu !
      Si d’aucuns appartiennent ici à une organisation, ils pourraient l’inciter à protester contre cette ponction de 3 x bouclier fiscal. A suivre, et merci à vous et à tous pour le travail fait sur ce blog.

  55. Pour en revenir à l’affaire Kerviel.

    Le problème de l’élite reste très intéressant. Pourquoi, justement pendant la décennie des années 80, les écoles de gestions, commerce, grandes écoles et MBA sont-ils ainsi montés en puissance? Comment et pourquoi, au moyen d’une sélection draconienne, ont-ils réussi à sélectionner, trier, les esprits les plus aptes à la compétition et les plus ambitieux? Etait-ce afin d’en soudoyer un certain nombre d’entre eux au monde de la finance qui allait se développer en les assurant d’une réussite professionnelle sans égale?…

    Voilà donc ce à quoi auront peut-être été utilisées les dernières générations: à un siphonnage cynique des intelligences à des fins bassement utilitaires. Exploiter pour tirer le maximum de profit. Bravo, pour les manipulateurs, mais triste constat trente ans plus tard… En analysant les années 80 avec un peu de recul, et les crises financière et morale qui en ont résulté, ne pourrait-on pas avancer, qu’à partir de cette époque, de mauvais génies se sont mis à l’oeuvre, pensant trouver dans la jeunesse une proie facile, des esprits malléables à souhait, peu enclins à la critique puisque commençant à être gavés par les dictats d’une société de consommation tonitruante, la société de l’hyperconsommation?

    Proie facile, donc, qui servirait les intérêts de certains à dévier le système de ce pour quoi il avait été conçu à l’origine: transformer le système financier en un vaste réseau de machines à sous qui participeraient à la création du plus grand casino au monde. Aboutissant ainsi au système le plus pervers qui soit: une spéculation à l’échelle planétaire incontrôlée, ordonnée par des systèmes d’une complexité telle qu’ils en dépassent finalement l’entendement humain, et surtout celui de la hierarchie…

    Et je cite Christopher Lasch dans son livre sur les élites, paru en 1995:

    « At a time when political debate consists largely of ideological slogans endlessly repeated to audiences composed mainly of the party faithful, fresh thinking is desperately needed. It is not likely to emerge, however, from those with a vested interest in the old orthodoxie.

    We need a « third way of thinking about moral obligation » […] one that locates moral obligation neither in the state nor in the market but in « common sense, ordinary emotions, and everyday life. » (p. 101)

    En résumé, l’accent doit être mis sur des liens humains de confiance et de solidarité pour échapper à une finance folle et à cette culture du travail qui sapent et détruisent les fondements moraux de la société. Comme Christopher Lasch le soulignait déjà à partir des années 70 (!)et comme beaucoup d’autres d’ailleurs le firent à cette époque et que l’on n’a pas voulu écouter, ce dont la démocratie a besoin c’est d’un débat public vigoureux, pas de l’information à tout va, et j’ajouterais pas d’endoctrinement non plus de soit disant maîtres à penser. Dommage, hélas que tant de dégâts aient déjà été causés…

    Comme le disait Pascal dans ses « Pensées », « travaillons d’abord à bien penser: voilà le principe de la morale ». Bien penser, avec beaucoup de bon sens donc. Amis blogueurs, je vous souhaite une bonne journée, et penser aux jeunes et au rôle de la hierarchie… Nous y reviendrons sans doute…

    1. Bonjour Anne Je suis bien d’accord avec vous pour le constat mais vers quoi voulons nous aller ? Nous ne débattrons ou ne « bien penserons » utilement que si nous ne le faisons pas de manière abstraite. L’immense dérapage actuel de la finance est assez inédit dans sa forme, mondialisée, informatisée… mais le fond de l’affaire est bien un problème de partage de richesse entre capital financier non productif et producteurs de richesse. Parmi ces derniers les ouvriers en tant que CSP avaient complètement disparu du paysage (0 % à l’assemblée Nationale française) ils sont quand même 30 %. Penser bien, c’est rétablir la justice sociale et le juste partage de la richesse. Bernard Friot propose des revenus de 2, 4, 6, 8000 euros/personne, point barre mais avec des justifications. Voilà une idée plaisante, n’est-ce pas ?

    2. @emmanuel, vous pouvez le voir comme ça, mais je pense que le problème est loin, très loin, de n’être qu’un problème de partage de richesse. Avec cette crise, nous nous apercevons bien que l’argent n’est pas LE seul problème. On voudrait bien concentrer le débat uniquement sur lui, mais le véritable enjeu sociétal ne se situe pas là.

      Il faut d’abord envisager une autre vision des choses, de nos relations les uns aux autres, au travail; comment voulons-nous vivre notre vie ensemble, comment concevons-nous la Vie, voilà des questions essentielles. Il faut maintenant chercher à re-définir les valeurs sur lesquelles nous voulons re-bâtir notre futur et celui de nos enfants. La grande transformation. La grande métamorphose. Un changement de paradigme. De nouvelles règles. Le débat social concernant le partage des richesses et la justice sociale n’est qu’un aspect de nos questionnements. Il faut maintenant oser le véritable débat d’idées, avec TOUS les acteurs de la société, et croyez-moi cela ne se réduit pas qu’aux seuls salariés… Il y a les forces invisibles, qui elles aussi font marcher la société, dans l’ombre… Pensez-y. Un début de réflexion pourrait être le rapport Stiglitz, on n’en parle pas assez. Nous devons complètement remettre à plat la notion de PIB et mieux prendre en compte la notion de bien-être d’une société. L’argent n’est pas tout, mais beaucoup ont intérêt à nous faire croire que là, et là seulement, est le problème. Nous avons besoin d’une autre perspective, du retour de VALEURS essentielles pour notre humanité. Là, et là seulement, se situe le débat, tant que nous ne l’aborderons pas, nous tournerons en boucle. Peut-être que certains ont d’ailleurs intérêt à nous faire tourner en rond…

    3. @ Anne

      Cela rejoint ma principale préoccupation du moment, sur les rapports humains, pas seulement l’accaparement de la richesse qui plombe tant l’esprit du monde, je partage ce propos Anne, sinon vous êtes libre ce soir ou demain soi pour diner avec moi ?

    4. @Anne et Emmanuel :

      Prix , salaire , monnaie , valeurs …Prix du temps ancien , actuel , à venir ….

      Votre échange est représentatif de pas mal de billets sur ce blog depuis deux ans .

      Le débat d’idée avec chacun ça s’appelle la démocratie .

      Les valeurs essentielles le sont elles pour tous , ici , en France et surtout au delà ?

      Le prix ( 2/4/6/8/…1000/ ….) est un thermomètre plus ou moins juste , précis , sensible , fidèle , des appréciations plus ou moins collectives du  » bon temps . C’est un thermomètre encore très ethnocentrique . Paradoxalement je ne pense pas que les paramètres à mesurer , jusque là omis ( dont la note « environnement  » et réversibilté des ressources naturelles ) , soient bien difficile à  » évaluer » .

      Le plus dur est sans doute de dire qui ( au singulier ou au pluriel ) fait la lecture du thermomètre .

    5. Je corrige : le prix n’est pas le thermomètre , c’est l’unité de mesure de la température .

      Le problème devient alors : où mettre le thermomètre ? qu’est ce qui contribue à la température de façon définie , comprise , acceptée ? qui est finalement chargé d’exécuter la pose du thermomètre et de valider la lecture ? Qui suit la courbe de température et propose des commentaires et évolutions ultérieures ?

      La démocratie et la prudence voudraient que ce soit le patient ( étendu à la nature sujet de droit chère à Michel Serres ) qui fasse ou contrôle tout ça .

      Les droits du patient dans le contexte de notre mèdecine civilisée , sont finalement assez illustratifs des droits du citoyen et du combat entre démocratie et oligarchie .

      Transmis à la LDH .

    6. Une contribution au questionnement en cours du « comment faire autrement » et reprendre le controle du partage des richesses (l’argent, le temps, la nature, nos liens familiaux , nos liens poltiques nos capacités à nouer des liens, ques sais-je Amartya SEN est beaucoup plus ckair que moi quand il invente la notion de capabilités) : voilà….. y’en a qui ont commencé comme ça :

      http://carfree.free.fr/index.php/2010/09/01/segonzac-premiere-ville-lente-de-france/

      http://carfree.free.fr/index.php/2008/03/04/cittaslow-les-villes-lentes-contre-la-frenesie-automobile/

      je me précipite à Segonzac dès que possible!

      La majorité que nous cherchons à atteindre collectivement passe forcément par une réduction de la sélection par la vitesse:
      les rampes pour handicapés font du bien à tout le monde à commencer par les bébés en poussette,
      les vélos en ville font du bien à tout le monde y compris aux voitures dans un trafic plus fluide,
      les contraintes réglementaires de prudence et de proportionnalité des fonds propres des banques feront du bien à tout le monde à commencer par les actionnaires des banques protégés du risque systémique

      Choisir une voie politique pas trop violente est possible si un « nous » émerge et fasse cesser le jeu de la spéculation: faire un nous avec les dirigeants de la Chine est il possible? ou avec les conseillers d’OBAMA moi je ne sais pas le faire mais le ferment de la démocratie si difficile à défendre depuis la fin de la guerre froide et l’avidité des investisseurs se trouve dans la chimie de synthèse du « nous ».

      ce ne sont pas les financiers ou les comptables qui décident d’un sentiment d’appartenance, la certitude d’un lien (la famille bettencourt est très riche mais qui envient leur fêtes d’anniversaire?): le prix nobel à l’ami LIU est une fantastique nouvelle.
      La théorie des jeu connaît l’histoire des deux prisonniers qui s’entraident pour tenter l’évasion plutôt que de se dénoncer l’un l’autre contre une réduction de peine.
      Je me fabrique un tee shirt à son effigie cette fin de semaine, je vais lui ajouter un peu de rose au joue et je crois que sa compagne sera aussi collée sur mon dos.

      la course à l’argent pourrait être le signe d’une dépression, qui se soigne.

      Je viendrais vous le montrer, mon tee shirt . Merci pour vos commentaires: qu’est ce qu’on rit chez Paul!!
      Dalio

  56. @Anne je crois aussi aux valeurs, et je pense que la justice sociale en est une essentielle, cette valeur se construit au cours de l’Histoire au prix de luttes et est détruite dans des périodes comme celle-ci par l’accaparement de la richesse par un petit nombre.
    Dans la crise actuelle en France 8% du PIB soit 200 milliards d’euros sont passé du capital (Bettencourt, fonds de pension) au travail, en qq années. Dire cela ce n’est pas « croire au PIB » comme valeur suprême ou penser que seule la richesse compte mais dire que la justice sociale est essentielle car elle signifie l’accès aux besoins essentiels (soigner son enfant, le loger, l’éduquer) qui ne sont plus couverts alors que l’Argent s’étale partout (voir Hervé Kempf). De plus en plus de gens considèrent que les grandes crise du capitalisme de 29 ou actuelle partent d’un dérapage des inégalités et finalement d’une simple lutte de classe. Un débat d’idées (qui existe quand même !) doit partir de choses aussi simples que ça.

    1. Oui, mais pour moi, « lutte des classes » a une résonance un peu obsolète. Je crois que nous n’en sommes plus là. Il faut de tout pour faire un monde. Par contre il faut de la justice, de l’équité, du désintéressement, de l’honnêteté, de la compassion, de l’empathie, un esprit libre et je n’ai pas dit un esprit fort ou libertin (La Bruyère), un esprit critique, il faut être confiant, être simple et avoir du bon sens, savoir s’autolimiter, prendre soin des mots et des siens, être respectueux, aller à l’essentiel, etc… Après tout cela, la lutte des classes fait un peu démodé, on entre dans un autre registre, on revient à quelque chose que l’on pensait avoir laissé loin derrière nous… Pour cela je suis optimiste, je crois en la capacité que peut avoir une certaine partie de l’humanité à se redresser, à se relever…

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