Le capitalisme et l’économie de marché en tant que dysfonctions

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le capitalisme est un défaut structurel que peuvent présenter certains systèmes économiques. La définition classique est bien entendu différente : le capitalisme y est présenté comme un système économique à part entière. D’où vient le malentendu ?

Le point de départ un peu paradoxal de mon ouvrage Principes des systèmes intelligents (1990) était que nos faibles progrès en intelligence artificielle découlent de la trop haute idée que nous nous faisons des processus qui se déroulent quand nous pensons. Il m’était alors possible, en combinant quelques principes très simples de reproduire des résultats qui nous apparaissent déjà très sophistiqués. L’équivalent, dans le cas qui nous occupe ici, d’un tel paradoxe un peu provocateur, serait de dire que des mots tels « capitalisme », « économie de marché », renvoient à des dysfonctionnements qui n’apparaissent constituer des systèmes qu’en raison des correctifs que nous apportons immanquablement à ces défauts. Ici encore, ce serait une représentation un peu surfaite de ce que nous faisons et de ce que nous sommes qui nous induirait en erreur dans la manière dont nous traitons les problèmes qui surviennent dans le cours de nos affaires au jour le jour.

Le capitalisme ne fonctionne dans cette perspective que parce que, dans un premier temps, nous compensons le fait que le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires, où elles doivent être mobilisées comme « avances » pour permettre la production ou la consommation. Si les ressources manquent là où elles sont nécessaires, nous compensons cette distorsion en important le capital de là où il est vers là où il manque, et nous récompensons dans un cadre de propriété privée généralisée celui qui consent à ce transfert en lui versant des intérêts. La pratique des intérêts présente cependant un effet secondaire : une concentration de richesses en découle immanquablement qui fait qu’au bout d’un moment, le capital cesse d’être là où il est nécessaire dans la quasi-totalité des cas, et le système se grippe dans sa totalité. On en a vu des exemples criants au moment où se dessinent les plus grandes récessions : ce fut ainsi le cas de l’Amérique en 1929 et également, en 2007. Il nous faut alors, dans un deuxième temps, combattre cette concentration du patrimoine qui finit par gripper le système, par différents moyens redistributifs visant à la contrer, tels que l’impôt progressif, l’inflation délibérément provoquée ou, sur un mode involontaire, la guerre.

L’amorce du capitalisme, c’est l’hétérogénéité dans la distribution première des ressources que crée le droit du premier occupant. John Locke, le premier théoricien du libéralisme l’a justifié. Cette hétérogénéité est ensuite renforcée par la pratique des intérêts qui fait que l’argent appelle nécessairement l’argent.

Il en est pour l’économie de marché comme pour le capitalisme : son fonctionnement débouche automatiquement sur son dysfonctionnement : en effet, par un processus darwinien, les plus petits sont inéluctablement éliminés ou absorbés par les plus gros, qui trustent alors des positions dominantes en nombre de plus en plus réduit. Seul moyen de compenser ce mouvement inexorable : imposer une concurrence pénalisant les plus gros, restreignant leur marge de profit et protégeant ainsi les consommateurs. Encore une fois, comme dans le cas du capitalisme, c’est un mécanisme au dysfonctionnement inscrit dans son principe de base, combattu ensuite par une contre-mesure, qui constitue ce que nous appelons de manière un peu ronflante : « un système qui marche ». Dans ce cas de l’économie de marché, la situation se stabilise le plus souvent par l’action des deux forces contradictoires : celle naturelle qui élimine la concurrence et celle qui s’efforce au contraire de la maintenir en vie, par la mise en place d’une situation de compromis : une concurrence apparente mais feinte où les producteurs réalisent entre eux des ententes pour fixer les prix à des niveaux plus élevés que ceux qui résulteraient d’une concurrence authentique. Le consommateur est perdant dans ces situations de pseudo-concurrence dont on le convainc sans trop de mal qu’il s’agit de situations de concurrence parfaite.

Plutôt donc que d’avoir affaire à des « systèmes qui marchent », ce sont plutôt des systèmes bancals (c’est l’histoire à ses stades précédents qui a créé les hétérogénéités – les rentes, les « niches » – facteurs de déséquilibre à qui aucun remède ne fut jamais apporté) dont nous compensons les défauts par des moyens ad hoc, à l’aide de « rustines » qui ne manquent jamais d’amener leurs propres difficultés.

Ce qui fait penser que des systèmes comme le capitalisme marchent, c’est un double phénomène : premièrement le fait qu’il est objectivement très avantageux pour un petit nombre et que cette minorité dispose du fait-même des moyens financiers lui permettant de promouvoir l’idée que « cela marche » (on pense au financement aux États-Unis des facultés de sciences économiques par des établissements financiers et par des milliardaires), et deuxièmement, le fait qu’aux yeux de la masse à qui l’on réussit à cacher la quasi-impossibilité pour elle d’accéder au petit groupe des bénéficiaires du système, son exclusion du nombre des élus peut sembler attribuable à un simple « incident technique » aisément réparable, et dont l’initiative ne semble relever que de la volonté individuelle : « Si je faisais un peu plus d’exercice… si je me levais un peu plus tôt le matin… », autrement dit, le système tire parti de la prédisposition humaine à l’espérance.

Ce que l’on découvre aujourd’hui, c’est que la logique de tels mécanismes où les incohérences de situations antérieures sont compensées de manière ad hoc – sans volonté de véritablement les résoudre avant de passer à l’étape suivante –, les nouveaux grincements aux jointures étant ignorés à leur tour, rencontre ses limitations quand la complexité continue de croître. Quand on évoque la « main invisible » d’Adam Smith, qui assure que la poursuite égoïste de leurs intérêts privés par des individus contribue au bien commun, on oublie deux choses : premièrement qu’il s’agissait peut-être simplement d’un vœu pieux de la part du philosophe écossais, deuxièmement, que même s’il s’agissait chez lui d’un mécanisme réellement observé en son temps, la complexité croissante intervenue entretemps dans les sociétés humaines a dû entraîner sa disparition à un moment du passé difficile à situer avec précision.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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267 réflexions sur « Le capitalisme et l’économie de marché en tant que dysfonctions »

  1. L’organisation des societes humaines est forcement instable tant que des etres humains seront chargés de faire les regles et de les faire respecter. Si l’Etat pouvait ne pas etre a ce point detourné de son role par ses représentants intrinsequement corruptibles, le Paradis pourrait etre ici et maintenant. Malheureusement, le Paradis ne peut etre que le Paradis de Dieu, donc là bas , et plus tard.

    C’est surprenant comme l’homme peut a la fois avoir une si haute idée de sa personne et etre à ce point bete et mechant. Comme si le postulat de sa superiorité lui faisait un ecran a sa betise. Quand l’homme aura l’humilité de se reconnaitre tel qu’il est, il pourra peut etre commencer a essayer de s’elever.

    1. @bachibouzouk ; « L’organisation des societes humaines est forcement instable » : enlevez le « forcément » et je serai plutôt d’accord. Les derniers aborigènes d’Australie n’ayant pas connu la « civilisation » ont été découvert en 1964, c’était un petit groupe de femmes et d’enfants qui marchaient nus dans le désert. Ils vivaient exactement comme leurs ancêtres des dizaines de milliers d’années plus tôt. Question : leur société était-elle « forcément » stable, ou « délibérément » stable ? Le capitalisme, c’est l’instabilité délibérée, le refus catégorique de « faire comme avant », cad comme les ancêtres : ça passe pour ringard, arriéré, ennuyeux et sans valeur. Il n’y a plus que quelque « illuminés » pour s’accrocher encore à leurs traditions

    2. Histoire de ne se rappeller quelques fondamentaux, ces quelques lignes du grand Barbu (en complément du commentaire du rouge batracien):

      « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. » in « Le Manifeste du etc. etc… »

    3. Sans même inclure la notion de « Dieu », n’est-on pas agités de beaucoup de désirs incontrolables pour certains qui nous empèchent de vivre le paradis ici maintenant?

    4. @Etienne : le grand Barbu y avait évidemment pensé avant moi… Je ferai simplement remarqué que la bourgeoisie, qui n’a de cesse de bouleverser les modes de production, (parce qu’il s’agit en fait de ceux des autres, pas les siens), est très à cheval sur ses propres traditions : culte de la famille à travers la généalogie, le patrimoine, etc. + respect des « valeurs morales » (on ne fornique pas avant le mariage, l’homosexualité est un crime devant Dieu,…), + art de la table, grands vins, les bonnes manières, etc. etc.

    5. « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production…

      « Il faut que tout change pour que rien ne change » disait Lampedusa dans le Guépard !
      L’immobilisme dans la mobilité !

  2. … d’autant plus que la métaphore de la « main invisible » n’apparait que trois fois dans toute l’œuvre de cet auteur dont la pensée exprimée notamment dans sa théorie des sentiments moraux est très loin de la vulgate libérale. D’Adam Smith à Hayek ou Friedman, il y a de la marge.

    1. L’idée absurde c’est de croire que l’on travaille, entreprend, créer, uniquement pour de l’argent ou par égoisme. Ainsi l’égoisme de chacun serait bénéfique pour tous.
      Ce qui n’a jamais été démontré que je sache.
      A quoi sert l’entraide alors? Le don?
      Pourquoi l’occident a-t-il une religion chrétienne? Pour magnifier l’égoisme?

      L’idée qu’il n’existe aucune ampathie, ou entr’aide gratuite chez l’humain me semble fausse.
      Faisons une expérience et demandons à Paul Jorion si ce blog n’existe uniquement que pour sa promotion personnelle et pour l’argent?

    2. Il y a ceux qui parient sur le pire qu’il y a en chacun de nous …qui manipulent, utilisent …pour assoir leur propre pouvoir …
      Et, il y a ceux qui parient sur ce qui est grand en l’homme, et qui font progresser le bon côté de l’humain en nous : entraide, solidarité, désir de plus d’équilibre, de justice pour le plus grand nombre …
      Il y a les destructeurs – nous y sommes – et les bâtisseurs …

      Il y a une responsabilité individuelle …un choix à faire dans chaque acte de la vie ….ce n’est pas baba-cool; ce n’est pas mièvre . Cela demande du courage .

      Mais, quand il y a danger pour l’humanité, il faut reconnaitre l’ennemi, trés clairement, et pas noyer la chèvre et le choux….

  3. Oui en même temps on aurait pu se demander comment le philosophe en est arriver à dire : « soyez égoïste, ca rendra le monde plus altruiste » … Ce n’est pas ce qu’il a dit, mais on aurait pu se douter que « justifier » l’égoïsme et l’encourager n’allait pas nous amener vers un monde meilleur !

    1. Ou encore :

      Soyons tous plus avares et la rigueur apportera bien plus de grâce et de tics de nervosité au monde, fera bien mieux l’économie du monde en toute sainteté et protection cathodique.

    2. @ Yoananda,

      Bonsoir,

      Où l’enfance affective de charger le contraire du sens des mots prend sa force, l’humour d’un philosophe frusterait bien de studieux apôtres appliqués, insensibles au pied de nez? Même boutade autour du kama-sutra, ce « puit » de spiritualité ignoré?

      Aglae et philae, où quand l’amour sort du calcul de l’échange pour s’inscrire dans le don heureux?

      Procréation de richesse ne s’imprimerait que centralement, si regard ne « trahissait » l’émoi, cet égo au-deloi du ça-soi, celui du sum nous sommes en somme égos pesants et alters léger?

      Amo ergo sum versus odi et amo excrucior?

      Belle soirée, du fond puits, à la carrière brille le cercle d’un oeil de firmament.

    3. Peut-être a-t-il retourné l’adage « l’enfer est pavé de bonnes intentions » en « le paradis est pavé de désirs égoistes »

    4. Je ne lis pas le principe de la main invisible de façon si négative. Si quelqu’un travaille à élaborer un bien ou un service qui trouve preneur, alors tout le monde s’en trouvera enrichi et il n’est pas illégitime que celui qui a élaboré cet enrichissement en récolte quelques fruits. Dire qu’il ne poursuit que son intérêt égoiste est faux parce qu’il a élaboré son bien ou son service en prenant en compte ce qu’il percevait de la demande d’autrui, il est donc tout à fait attentif et connecté à la société. Adam Smith pousse le bouchon le plus loin possible lorsqu’il dit que quand bien même il ne poursuivrait que des intérêts égoistes, le fait qu’il trouve preneur enrichira quand même tout le monde. Bien entendu, cela suppose quand même que les règles en cours ne permettent pas n’importe quoi. Par exemple, dans la Richesse des nations, il est le premier à dénoncer l’ordre des marchands, il invite à se méfier des propositions de lois qui émaneraient des marchands, rappelant que cet ordre a bien des fois tiré la couverture à lui. On peut lire quelques bonnes lignes de Ferreti sur la méprise entretenue sur Adama Smith ici:
      http://www.vigile.net/Adam-Smith-contre-le-budget

    5. Une petite citation d’Adam Smith ne peut pas faire de mal pour faire pièce à la vulgate qui finit par caricaturer tous les grands penseurs (vous n’y échapperez sans doute pas cher Paul Jorion):
      « La proposition de toute nouvelle loi ou règlement de commerce qui part de cet ordre [celui des marchands] doit toujours être écoutée avec beaucoup de précautions (…) Elle vient d’un ordre d’hommes dont l’intérêt n’est jamais exactement le même que celui du public, et qui, dans bien des occasions n’a pas manqué de le tromper et de l’opprimer » C’est tiré de « Recherche sur la nature te les causes de la richesse des nations, 1776.

  4. 3 plans de rigueur en Irlande (résultats archi nuls, toujours la récession depuis 2007/2008) et bien ils aiment tellement ça ..qu’ils vont en sortir un 4ème !Et les moutons Irlandais continuent à ne pas réagir…je propose qu’ils travaillent pour rien ou payés un mois sur deux..cool non?Pour payer les gigantesques dettes des banksters ….

    L’Europe en plein suicide collectif..le font’ils exprès ou par idéologie uniquement?Le communisme a fait des dégats mais la franchement bientot le néo libéralisme va le battre au sprint….

    Un plan que va adorer D$K ..l’homme de ‘gauche’ (caviar)

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/10/19/l-austerite-irlandaise-pourrait-etre-deux-fois-plus-severe-que-prevu_1428377_3234.html

    1. Et ouais… les gens réagiront quand, après avoit tapé leur code secret, plus rien ne sortira du distributeur automatique. Tant qu’il en sortira quelque chose, ils ne bougeront pas. Telle est la mentalité actuelle. Et on peut la comprendre d’une certaine manière…

    2. Un certain nombre de français n’ont pas l’air d’accord …et, nos amis d’autres Pays, quoiqu' »on »die,
      nous trouvent plutôt vaillants !

      Pour le plaisir, pour ceux qui n’auraient pas eu la chance d’être là précisement :
      voilà qui va à l’inverse du « populisme industriel » cher à Stiegler, qui remet la symbolique au coeur du coeur ! Qui nous rend ému(e)s et fiers, oui, trés fiers d’être là, ensemble.

      http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/guetteurs-et-tocsin,4/manifestations-du-12-et-du-16,1183

  5. Fort bien. Bravo.

    Alors :
    Généralisons hardiment (quitte à négliger certains aspects du propos) :
    Tout système technique (prothétique) n’est-il pas une rustine, une correction d’un défaut qui en amène d’autres ?
    Si j’ai l’écrit, je ne me souviens plus de l’oral, disait certain grec.
    Si j’ai des livres à gogo, je ne sais plus très bien de quel dogme je me contentais, disaient d’autres après Gutenberg.
    Si j’ai la télé, j’ai plus besoin de réfléchir on va m’informer, dirent encore d’autres.

    (und so weiter…)

  6. Ah? Le capitalisme ne marche pas?
    Je me demande s’il n’y a pas là confusion sur le sens que l’on met derrière ce mot: ça « marche ».
    Si on pose la question ainsi: le capitalisme permet-il de façon pérenne le bonheur du plus grand nombre, alors oui, mille fois oui, vous avez raison et le capitalisme est un échec patent.
    De même, plus cyniquement (mais pas encore assez), si on se demande si le capitalisme permet au moins de mener aux postes les plus reconnus / rétribués ceux les plus à même de les remplir, l’échec est là aussi clair (cf. votre définition des élites: individu présentant une forte capacité à supporter la fraude…).

    D’un autre côté, le capitalisme existe sous sa forme moderne depuis 2 siècles, voire plus selon les définitions. Certes il passe de crise en crise, mais ce que vous montrez c’est simplement que cet état de crise est son état normal (aussi faux cela puisse-t-il être étymologiquement parlant).
    Il se nourrit des rustines que vous décrivez, mais survit à leur obsolescence. Il s’accommode de la guerre, des révolutions, de la richesse comme de la pauvreté généralisée, de la démocratie comme de la dictature la plus dure. Bref, c’est une merveille évolutionniste car il semble s’adapter à toutes les situations en faisant porter le chapeau des dégâts qu’il cause à d’autres, d’ailleurs généralement ceux qui limitaient ses effets les plus évidents.

    Bref, le capitalisme, ça marche! Certainement pas comme on nous le vend et certainement pas au profit du plus grand nombre, mais ça marche! C’est bien pour ça qu’on en parle au présent et pas comme d’une absurdité rangée sur l’étagère de l’histoire, à côté de la féodalité et du communisme d’état.
    C’est bien pour ça qu’il faut réfléchir à ses faiblesses, mais certainement pas oublier sa force et l’enterrer comme Marx peut le faire en pensant qu’il va dans le sens de l’histoire que ce système disparaisse.

    1. Le capitalisme ne marche pas,
      (ou alors de quoi veut-on dire par « marche » ..),
      La question d’en admettre le disfonctionnement, inhérent de la logique même de sa propre dynamique,
      (ce fait que la loi du marché, -la loi de l’échange en régime capitalisme-
      ne sait, ne peut s’impliquer qu’à sens unique, dans le sens de son propre renforcement, -celui prescrit du principe établi de sa dynamique-même-
      donc fatalement par finir non pas de développer les échanges, d’épanouir le marché,
      mais de concentrer le marché, se résorber, coaguler les échanges, se recroqueviller comme une coquille d’oeuf pourri qui sent la mort à plein nez, )
      est basique, s’il s’agit de réfléchir, en vue d’essayer de remédier à ce disfonctionnement
      (il a déjà fallu deux guerres, … )

  7. Si les ressources manquent là où elles sont nécessaires, nous compensons cette distorsion en important le capital de là où il est vers là où il manque, et nous récompensons dans un cadre de propriété privée généralisée celui qui consent à ce transfert en lui versant des intérêts. La pratique des intérêts présente cependant un effet secondaire : une concentration de richesses en découle immanquablement qui fait qu’au bout d’un moment, le capital cesse d’être là où il est nécessaire dans la quasi-totalité des cas, et le système se grippe dans sa totalité.

    Excellente formulation. Il semblerait néanmoins que les capitalistes (ceux qui croient au capitalisme en tant que système et non pas en tant que dysfonction) n’admettent pas que le « grippage total » soit une conséquence inéluctable du mode de fonctionnement qu’ils plébiscitent. Ceci est toutefois l’interprétation la plus bienveillante qu’on puisse produire à l’égard de leur comportement.

    Une autre interprétation conduirait à considérer que la conséquence évoquée est parfaitement connue des idolâtres capitalistes, mais qu’elle ne constitue pas un enjeu à proprement parlé pour eux, puisqu’en tant que possédants ils ne pensent pas être en situation d’en subir les effets, forcément néfastes. Des frasques du système bancaires jusqu’à la dénonciation de l’augmentation des dettes publiques font plutôt pencher pour cette seconde interprétation.

    Pour autant, supposons les deux tendances comme existantes au sein de la mouvance capitaliste. Il faut alors leur opposer deux attitudes bien distinctes, taillées sur mesure en quelque sorte: Pour les premiers, il s’agit de les convaincre. Pour les seconds, il s’agit de les combattre.

  8. Bonsoir,

    Voici une interview d’entrepreneur capitaliste dans un domaine que vous connaissez bien : le mareyage ! Il raconte son parcours personnel, et pas seulement son business de mareyage.
    http://tinyurl.com/3a6n2rz

    Quel gouffre quand on compare la réalité de cet entrepreneur anglais avec le « système » que vous décri(v)ez. On a d’ailleurs envie de vous demander : qu’entendez-vous exactement par « capitalisme, » comment le définissez-vous ? Quel sens donnez-vous à ce mot qui désigne des pays aussi différents que la Suède, les Etats-Unis et Hong Kong ?

    Cdt,
    GSF

    1. La définition du capitalisme est très simple : c’est le système où les détenteurs du capital puisent dans la richesse créée essentiellement la part qui leur convient, laissant aux autres le soin de se débrouiller.

      Les mareyeurs sont eux des gens très intéressants et si vous avez lu Le prix (Le Croquant 2010), vous avez dû voir que je parle d’eux très longuement, analysant le rapport souvent « symbiotique » existant entre eux et les pêcheurs qui leur vendent leurs captures. J’écouterai cet entretien avec un mareyeur avec beaucoup d’intérêt. S’il devait se faire que je préfère à l’arrivée mon analyse des mécanismes économiques à la sienne, j’espère que vous ne m’en voudrez pas.

    2. @Paul: grand naïf, vous attendiez quoi de GSF? C’est un missionnaire je vous dis. Je le soupçonne même d’être rémunéré pour cela.

    3. Bonjour Paul,

      Je suis en train de lire « Keynes: The return of the master » de Robert Skidelsky, un auteur que vous avez déjà cité et qui est l’un des meilleurs connaisseurs de Keynes. Le chapitre 6 vous intéresserait sûrement, puisque Skidelsky y présente la vision de Keynes sur les questions éthiques avec des références à Aristote.

      Cdt,
      GSF

  9. Ceci dit, Monsieur Jorion, j’attends toujours que vous m’envoyez vos livres dédicacés…

    Le mieux serait que vous les mettiez généreusement en ligne, mais… Peut-être n’aident-ils pas tant que ça à une meilleure société.

    Dur, n’est-ce pas… Ces temps « difficiles » car juste réalistes.
    Vigneron a entre-autres donné son avis.

    1. C’est Yvan et pas un autre, faut pas lui en vouloir pour son ingratitude, quand bien même vous lui donneriez un autre petit biscuit à manger et à grignoter pour calmer sa faim et en cette période de grand froid, il chercherait encore à vous mordre la main par gentillesse, c’est peut-être sa façon à lui de vous remercier, y en a marre des nouilles à manger tout le temps, mon estomac réclame autre chose à manger et à boire.

    2. Amertume ou… réalisme..???

      Hé hé… Je suis une épine qui ne peut que vous critiquer autant que je me critique.

      Je sais. Nous supportons mal la critique, l’un comme l’autre…

    3. Comme l’impression qu’il se passe des trucs en coulisses… La magie d’internet sans doute, où l’on est là tout en étant ailleurs, pour le meilleur et éventuellement aussi pour le pire. Quand vous aurez fini avec vos private jokes et autres messes-basses, vous préviendrez :-p

      (En l’occurrence et pour ne pas tomber dans le travers que je dénonce, l’annonce (fracassante?) de vigneron est à peu près imbitable pour le non-initié).

    4. @Vigneron :

      Je boirai , à votre belle âme , un coup de plus demain . Pour ne pas oublier .

       » C’est une grande folie de vouloir être sage tout seul . »

  10. Il me semble que vous parlez du capitalisme comme d’un système social d’échange où les affects et les tricheries finissent toujours par pourir le jeu. En ce sens il est effectivement absurde.
    Son efficacité me semble résider en une évaluation plus intelligente de nos efforts pour agir sur le milieu naturel qui nous entoure. C’est cette part de ruse pratique et test continuel des actions concêtes qui peu à peu a conduit les sociétés humaines à se développer.
    Les explications générales trouvées par les experts ou les prêtres de cette efficacité me semblent être toujours d’ordre magique: La main de Dieu, la conjonction des astres ou la
    cohérence des marchés c’est à dire internes à notre boite cranienne.
    Il y a sans doute un bébé dans l’eau du bain du capitalisme!

    1. C’est cette part de ruse pratique et test continuel des actions concêtes qui peu à peu a conduit les sociétés humaines à se développer.

      Certes, mais est-ce vraiment bien le meilleur développement de l’homme en société ? Les culturistes passent principalement toute leur vie à développer les biceps et leur masse musculaire, hélas vient un moment avec l’age ou tout retombe comme le soufflé.

    2. « Un bébé dans l’eau du bain du capitalisme. »

      Bon sang, mais c’est bien sûr ! Et son nom est… Rosemary’s baby. Miam miam…
      Yvan ! Le petit poucet là, on se le fait à la broche, au four, en salmis, en fondue, farci, ou au court-bouillon ?

    3. @Vigneron :

      à la bouillie bordelaise .

      C’est pas humain de me priver d’un verre de vin de plus demain , pour une fois que j’avais un prétexte solide à opposer à mon épouse

    4. @Juan

      Bah ! Oubliez ça ! Ma souris n’avait fait que six tours dans son tourniquet.
      Buvez un coup quand même ! J’ai pas rencontré encore d’occasion qui n’en vaille pas la peine. Dites à Madame, je sais pas moi, .. que Mathilde est reeeevenue !

      http://www.youtube.com/watch?v=3uns_cTgOU8

      Bougnat tu peux garder ton vin, ce soir je boirai mon chagrin !
      …Bougnat apporte nous du vin, celui des noces et des festins !

  11. Paul, donc, nouvelle rustine keynesian-like ou pas nouvelle rustine? En ce qui me concerne, j’en ai un peu marre des rustines. Dans le meilleur des cas, cela signifie museler temporairement les capitalistes pendant quelques décennies et puis ça repartira dans le dysfonctionnement au moindre relâchement (dès que les gens auront oublié que c’est un système qui ne marche pas).
    Il faut trouver un moyen de les mettre définitivement hors d’état de nuire et cela ne peut être l’interdiction des paris sur fluctuations de prix. Parce que dès qu’il y aura relâchement, hop, cette interdiction sautera telle le Glass Steagal Act.

    A l’heure actuelle, j’en suis à me réjouir (très jaune il est vrai) de la moindre mesure purement libéralo-capitaliste car seul cela mène à la panne complète du système (et malheureusement au chaos). Et après, on peut espérer que du chaos ressortira quelque chose de meilleur (Schumpeter aurait été content).

    1. @Moi,
      Il n’existe aucune rustine au capitalisme. L’historien Eric Hobsbawm, dans « L’Ere du capital : 1848-1875 » montre comment cette courte période du XIXème siècle annonce le capitalisme moderne : la fin de la main invisible du marché. C’est parce que la fable de Mandeville était inopérante dès le départ que l’Etat est devenu bourgeois et capitaliste :

      Entre 1848 et 1875, on observe :

      – Le couronnement du libéralisme bourgeois (philosophie politique et science économique)
      – L’expansion capitaliste à l’échelle du globe.
      – Le triomphe de la société dite « bourgeoise », qui se définit comme classe.
      – la construction des Etats nations modernes, et la définition des critères de la puissance moderne (donc l’industrie militaire).
      – La transformation de la face du monde : déplacements, urbanisation, unification

      Dès lors, apparaissent les contradictions du système capitaliste, les dysfonctions que décrit Paul. Notre période parachève l’oeuvre du Capital de 1848 à 1875. Et depuis ce temps les termes : classes moyennes, libéralisme, démocratie, nationalisme et traitement des classes ouvrières deviennent permanents dans le paysage politique et définissent notre façon d’agir à tous. Comment faire évoluer un mur pareil en n’y changeant qu’une brique ? Y’a t’il une solution pacifique accessible à l’esprit humain ?

    2. Moi, Bertrand

      Pour ma part, j’ai plutôt l’impression que ma façon d’appréhender le capitalisme est parallèle à la manière dont Paul analyse le fonctionnement du cerveau et du système nerveux humain: « J’agis d’abord et je réfléchis ensuite… « (devise du grand Van Acker…).

      Le capitalisme et ses diverses variantes ne me semblent jamais avoir été décidées nulle part. Elles ont été rationalisées par la suite mais ont jailli de l’avidité de quelques humains doués pour ce défaut. Je crois que j’ai eu l’illumination en lisant le livre d »Ellen Meskins Wood sur les origines du capitalisme, qui montre bien comment et pourquoi il est né dans les campagnes anglaises aux XVème et XVIème siècles suite à l’impossibilité pour les seigneurs de ce pays continuer à dépouiller les serfs par la violence ou par les taxes arbitraires telles la taille, la gabelle et autres impôts sur le sel. La violence physique était dépassée mais pas la violence symbolique, comme l’a souvent dit l’hôte de ces lieux.

    3. Le capitalisme et ses diverses variantes ne me semblent jamais avoir été décidées nulle part.

      Le capitalisme non, les rustines oui. Sans Keynes, ou pour mieux dire, sans les rustines du New-Deal, il n’y aurait déjà plus de capitalisme depuis belle lurette. Déjà Marx voyait l’évidence, le capitalisme se plante dès qu’il est laissé à lui-même et n’a pas le secours de l’Etat. Et pourquoi l’Etat le sauve-t-il à chaque fois? Parce que l’Etat est aux mains des bourgeois et que ce système leur convient.

      Bertrand, j’ai mon idée sur la question que vous posez. Il n’y a pas de solution pacifique, il n’y a pas de solution violente non plus (la majorité est devenue trop naze, je le vois autour de moi tous les jours, je ne fonde plus aucun espoir là-dessus). Ce système va se laminer tout seul, il atteint ses limites. C’est ensuite qu’il faudra se battre pour qu’on remette en place un système meilleur. Encore un peu de patience (un ou deux ans tout au plus, si ça n’arrive pas d’ici là je deviens misanthrope et je mors sur ma chique jusqu’à mon trépas).

    4. «  »Ce système va se laminer tout seul, il atteint ses limites. » » c’est une illusion typiquement social-démocrate comme on disait dans les années trente, une illusion de professeur qui se oomplait à voir les choses de l’extérieur. Mais avant il lui a fallut transformer le capitalisme en système pour lui appliquer les lois qu’on applique à la Nature et pouvoir décrèter sa fin.Il a fallut que le capitalisme se réduise à un jeu purement comptable et que l’on réduise sa monnaie à n’être qu’un prix et donc à faire ressembler la vie en société à la vie telle qu’on a le sentiment de l’observer dans les sciences .
      Ce genre de système en réalite succombe grace aux barbares . Mais ou sont les barbares actuels ?… Ceux que l’on connait font peur à ceux qui se réjouissent de la fin du capitalisme.
      Et d’ailleurs quand bien même le capitalisme succomberait à ses propres contradictions – on dirait du Kausky , il n’est pas sûr que cela donnerait ensuite quelque chose de viable…. par exemple il a fallut quelques centaines d’années pour l’Europe se remette de la décadence de l’Empire romain et que les barbares se civilisent.

    5. On peut ajouter que vos idées ne sont pas bien nouvelles , l’attente de la fin du capitalisme pour courir une chance d’y mettre quelquechose de meilleur est elle typiquement bolchevik, l’analyse et les conceptions sont les mêmes mais les bolcheviks sont plus courageux et pensent que le néant est nécessaire à la naissance du paradis sur terre.
      Je vois pourtant quelquechose de très intéressant dans ce que vous dites c’est qu’effectivement l’Etat, cette invention de l’Ancien Régime – sauva le capitalisme en tentant de l’humaniser .
      On voit pourtant qu’aujourd’hui l’Etat lui-même a été colonisé par les commerçants – sauf en Chine ou en Iran -. Avec l’Etat, la société marchande s’est s’idéalisée , l’Argent par les impôts donne l’illusion de servir au bien être de Tous. et de gommer les excès du capitalisme. Ici sur Terre se repète la dichotomie religieuse, la boue terrestre du commerce est sauvée et se rachete par la spiritualité du fonctionnaire. Bien évidemment cette illusion actuellement éclate, elle aussi.
      Personne n’ose plus poser la vieille question socialiste de l’autogestion non du travail mais de la division de celui-ci.

    6. Ce genre de système en réalite succombe grace aux barbares .

      Ils donnent juste le coup de grâce et préparent la relève. Rome par exemple a tenu en laisse les barbares pendant des siècles, donc quoi que s’est-il passé? Les barbares ont découvert l’arme fatale au Vème siècle? Ou ne serait-ce pas plutôt que Rome s’est désagrégée progressivement et a commencé à perdre face aux mêmes barbares qu’auparavant elle battait facilement?

    7. La chute de Rome ne peut se résumer à une simple perte militaire face aux barbares. Avant la chute de la cité proprement dite et le renvoi par Odoacre des insignes impériaux à l’empereur d’Orient, il s’est passé bien des choses. Entre autres Rome n’est plus la capitale de l’empire d’occident depuis un moment et c’est Ravenne -plus facile à défendre car entourée de marécages- qui est devenue capitale d’empire.
      Un des (nombreux) éléments clés est que les armées romaines étaient pour l’essentiel composées de ces mêmes barbares qui ont précipité sa chute. Quand Aetius arrête Attila aux champs cataloniques, c’est à la tête d’une armée composée de goths et de francs (dont si on en croit la légende un certain Mérovée, grand père de Clovis et qui donnera son nom à une dynastie alors pleine d’avenir…).
      Les « grands » de l’empire d’occident sont à l’époque de sa chute essentiellement des barbares qui finissent par penser qu’ils ne se porteraient pas plus mal en officialisant le royaume qu’ils contrôle d’ores et déjà de fait au sein de l’empire, quitte à gouverner au nom d’un empereur d’orient bien lointain.
      Si on prend le cas des vandales qui ont traversé l’empire d’est en ouest, pour descendre en Espagne puis finalement en Afrique du nord, ils ont toujours essayé de garder une certaine légitimité en se proclamant fidèles serviteurs de l’empire, alors même qu’ils l’étranglaient en le coupant de sa principale source d’approvisionnement en blé.

      Quelque part, on peut dire que l’empire avait déjà disparu en tant qu’entité monocéphale gouvernant tout le bassin méditerranéen depuis une cité état, ce depuis un siècle et demi avant le second sac de Rome. Ce qui restait était plus un souvenir d’empire, avec un pouvoir central s’effaçant progressivement au profit de seigneurs locaux, liés à une ethnie particulière non étrusque. Tant que ces grands trouvaient leur intérêt (i.e. leur légitimité et leur prestige ) au maintien d’un semblant de cohérence d’ensemble, l’empire a vécu. Quand les intérêts divergents ont dominés en son sein, l’empire a éclaté.

      Bref, tout ça pour dire que la chute de l’empire romain, c’est plus la chute d’une idée que d’une cité. Si on veut suivre cette analogie, on pourrait dire qu’il ne faut donc pas confondre la chute des états et des rustines dont parle Paul avec la chute du capitalisme.
      Maintenant, les analogies, c’est dangereux, j’en conviens volontiers.

  12. En fait ce que voulez-vous dire ce ne sont pas du tout les cellules les plus saines du grand corps humain, de part leur nature même à vouloir préférer plutôt se conduire comme elles l’entendent d’abord chez elles, Rotary club et compagnie,

    Tout système humain à ses limites, ses failles, aussi bien le plus matérialiste soit-il et pour mieux faire encore concurrence de morts et de calamités en plus.

    Pour moi nous vivons surtout depuis quelques temps dans un plus grand mélange des genres et des cellules de plus, une poule de luxe n’y retrouverait même plus ses petits.

  13. Je tente de synthétiser ce que j’ai compris:

    Capitalisme : tendance innée à accumuler « raisonnablement d’abord  » , sans scrupule ni raison objective ensuite , combattue par l’impôt progressif , l’inflation ,la guerre .

    Marché : tendance innée ( ?) à échanger avec ou sans soulte , bornée par la concurrence .

    Aucun des deux ne forme système ( attention de ne pas leur accoler ce vocable , dans ce cas , au détour d’une phrase )

    Outre l’autarcie , pourriez vous , à défaut de définir le système éconmique idéal à venir , nous dresser le panorama des systèmes économiques estampillés , à l’oeuvre .

  14. Beaucoup aimé cet angle de vue. Le sentiment qu’à la lecture du dernier chapitre, la trame narrative a pris de l’épaisseur, ou plutôt de l’amplitude, une fois de plus. Merci. 🙂

  15. Quand on évoque la « main invisible » d’Adam Smith, qui assure que la poursuite égoïste de leurs intérêts privés par des individus contribue au bien commun, on oublie deux choses : premièrement qu’il s’agissait peut-être simplement d’un vœu pieux de la part du philosophe écossais, deuxièmement, que même s’il s’agissait chez lui d’un mécanisme réellement observé en son temps, la complexité croissante intervenue entretemps dans les sociétés humaines a dû entraîner sa disparition à un moment du passé difficile à situer avec précision.

    A un moment donné j’y ai cru,

    Mais maintenant je me demande si ce mécanisme a réellement été observé sans aucun attachement particulier et partisan en son temps, on trouve encore aujourd’hui beaucoup
    de gens qui pensent comme cela, surtout dans l’esprit des plus habiles sur terre et pour le commerce, selon moi c’est une grande illusion de penser pour l’homme, car le vent peut réellement bien tourner pour chacun d’entre nous et c’est alors à ce moment là qu’on ne fait plus du tout les fiers et les malins en société, à chacun surtout son heure de gloire dans la vie comme dans l’histoire, j’ai connu cela, malheureusement à partir de ma situation actuelle c’est beaucoup moins évident de faire comprendre cela à nos élites mondiales.

    Un jour tout vous réussit et un autre plus rien ne va, c’est comme la météo, folie pour l’homme de se croire continuellement au dessus de tout cela, quand bien même il en aurait amasser davantage sur terre et comme tant d’autres de son espèce,

  16. Le capitalisme est un système pervers dont le fonctionnement est de mettre la société en crise perpétuelle au profit de la petite poignée de capitalistes qui s’approprient progressivement la richesse des nations (cf. la montée croissante des inégalités dans tous les pays et entre tous les pays).

    Pervers, cela peut paraître choquant d’introduire une dimension morale… mais sa perversité est tout entière inscrite dans la définition qu’il donne de la liberté.
    Liberté pour les salariés de se vendre aux plus offrants (qui ont le droit de s’entendre et d’avoir le bras armé de l’Etat à leur service au cas où la « négociation » tournerait à leur désavantage) ; liberté pour les capitalistes d’exploiter la force de travail de ceux qui ne peuvent posséder, on les en empêche soigneusement, les moyens de production. Ainsi depuis deux siècles et un peu plus, la liberté, liberté chérie, a deux sens opposés.
    Ce sont ceux qui possèdent les moyens de production qui ont le droit pour eux : épargnez/travaillez plus disent-ils aux salariés et vous deviendrez riches…
    J’ai déjà posé la question ici, quel travail me faut-il faire pour gagner un million d’euros par jour ? Je ne suis pas fainéant, ni idiot, je suivrais toute proposition honnête et efficace. Merci.

    Marx n’a jamais écrit que le capitalisme disparaîtrait de lui-même comme le dit une vulgate répandue par ceux qui ne l’ont pas lu. Le capitalisme a des contradictions qui font lever de plus en plus de gens contre lui, à condition qu’ils étudient son fonctionnement (d’où ce fameux livre dont on parle beaucoup mais que l’on se garde de lire « Le Capital », et non « le Communisme » comme certains l’imaginent !) et qu’ils agissent collectivement pour parvenir à le dépasser.

    Enfin pour en revenir à la thématique du billet d’origine, la concurrence, moyen essentiel d’action du capitalisme, est aujourd’hui utilisée comme argument idéologique, comme un dogme religieux : « la concurrence libre et non faussée ». (Où l’on retrouve la liberté… quelle liberté ?)
    Ce qui permet à ses grands prêtres, comme dans toute religion qui se respecte, de faire le contraire au nom du dogme : la concurrence est censée permettre la réduction des prix, mais comme les prix de production d’EDF, du fait de sa structure d’entreprise publique à l’origine, sont trop bas pour permettre à des concurrents de vendre de l’électricité suffisamment cher pour payer les dividendes de leurs actionnaires, alors il faut qu’EDF donne de l’électricité à ses concurrents pour qu’ils puissent enfin installer une vraie concurrence sur la base de prix plus élevés.
    Comme cela tout le monde va y gagner grâce à la concurrence !
    Les factures d’électricité, d’après les agents d’EDF, devraient augmenter de 30 à 40 % d’ici deux ou trois ans.
    L’Etat va donc faire voter une loi qui donnera un sens clair à la liberté de la concurrence : le moyen qui doit être utilisé pour casser toute structure qui permettrait à des moyens de production d’échapper à la main-mise des capitalistes.

    Vous avez dit pervers ? Je maintiens pervers !

    1. Je tente une explication, quel travail pour 1 milloin d’euros jour…………. Mais malheureux, point de travail, comment voulez-vous en travaillant avoir assez de temps pour profiter de ce million journalier. Advienne que pourra, dans votre perversité.

  17. @Paul Jorion

    Le capitalisme ne marche pas, c’est une accumulation de rustines qui fait qu’il tient toujours plus ou moins debout. « Son fonctionnement débouche automatiquement sur son dysfonctionnement ».

    Paradoxalement, on pourrait en tirer la conclusion que le capitalisme est robuste, du fait même de sa constitution opportuniste (darwinienne, pour le dire vite).

    D’une façon provocatrice, on pourrait dire que le génome non plus ne marche pas. C’est un invraisemblable bric-à-brac de rustines, de contradictions, de séquences bredouillantes, d’anciens ennemis incorporés (les virus), d’associations de hasard (les mitochondries), etc… C’est l’histoire de l’évolution sur 3,8 milliards d’années, qui n’en finit pas de ne pas marcher, au point qu’on en viendrait à penser que finalement, ça marche!

    De façon analogue, certains pensent que le capitalisme finit toujours par s’adapter, de crise en crise, à l’image de la vie. On entend très souvent cet argument.

    La différence, c’est que lorsque le génome ne marche pas, l’environnement est assez vaste, assez complexe, et surtout assez stable pour laisser une chance à quelque variante un peu moins bancale qui elle, marchera pendant un temps : une nouvelle espèce, peut-être mieux adaptée.

    Nous n’avons pas ce temps-là, car nous n’avons qu’une terre, et que le demi-siècle qui vient est aussi celui de l’extrémum démographique de l’humanité. Le capitalisme ne marche pas, et malheureusement son évolution naturelle prévisible est notre disparition, au moins en tant que civilisation, sinon en tant qu’espèce.

    Il n’y a pas d’évolution « darwinienne » à attendre du capitalisme. Nous ne pouvons pas faire confiance à des mécanismes naturels, spontanés, autorégulateurs, qui lui permettraient de muter de façon favorable. Cette idée, déjà fausse à l’intérieur du capitalisme lui-même, ne saurait non plus être invoquée pour le sauver globalement.

    1. « Il n’y a pas d’évolution « darwinienne » à attendre du capitalisme. Nous ne pouvons pas faire confiance à des mécanismes naturels, spontanés, autorégulateurs. »

      J’ai une infime espérance.
      Je prolonge votre analogie: Si un système d’organisation économique et sociale (au hasard le capitalisme) est un organisme, alors les cellules de cet organisme, ce sont les hommes. C’est eux (ou plutôt leurs idées) qui peuvent et doivent muter. Le capitalisme produit du progrès technique, dont certaines applications, internet et ce blog par exemple, peuvent conduire à la mutation des idées.

  18. « Le point de départ un peu paradoxal de mon ouvrage Principes des systèmes intelligents (1990) était que nos faibles progrès en intelligence artificielle découlent de la trop haute idée que nous nous faisons des processus qui se déroulent quand nous pensons. Il m’était alors possible, en combinant quelques principes très simples de reproduire des résultats qui nous apparaissent déjà très sophistiqués.  »

    La recherche « en » intelligence artificielle n’existe pas.
    Il n’y a et a eu que de la recherche -de- l’intelligence artificielle, et puis de la logique, informatique ou mathémmatiques plus ou moins labellisés comme tel. Et cela quelle que soit l’idée que l’on se fait des « processus qui se déroulent quand nous pensons », cette phrase commencant par indiquer une hypothèse (un peu tristounette voir naïve) de processus … Ah la liberté est dure à vivre !

  19. Un système ( économique ou pas ) , est-ce :

    -la coordination ( intégration ? ) réelle et objective de parties?
    – une construction théorique ?

    Le mariage du capital et du marché , est ce le début d’un système ? Y a-t-il des versions multiples de ce mariage ? Est il vital de différencier ( comme je serais tenté de l’espérer ) capital privé et capital public , dans leur nature , leur masse ( à l’avantage du bien public , cf TBTF ) , leurs points d’application et champs d’investigation -investissement , leur impacts géographiques et temporels .( ces deux dernières notions renvoient au marché )..?

    C’est la vérité sur les faits et le contrôle démocratique « ex ante , in itinere et ex post  » , qui apportent la clé du fonctionnement supportable du  » système » .

    C’est la démocratie dont les outils , les rouages , les forces d’intervention et de sanction ( en + ou en – ) , sont sans cesse à renforcer , qui donne son sens à la liberté ,en tant qu’idéal, et à ses limites en tant que garde fou du système .

    1. Il n’y a pas de système économique , s’il n’y a pas démocratie .

      Il n’y a que le fait du prince ( la plus grosse massue ) , ou le fait du prêtre ( c’est dieu ou la main invisible , qui le veut ) , ou le fait du clerc ( l’alliance du capital et du marché sans contraintes ) .

      A quand le fait d’une humanité républicaine et démocratique ?

      Par persuasion ou par combat violent ?

      Attali , dans la réponse qu’il vous faisait , voyait défavorablement cette deuxième option . Il avait sans doute raison , mais son rapport 2010 ne semble pas porté trace d’une victoire de la persuasion .

      Je reste quant à moi sur le pari d’une avancée par persuasion , mais elle doit assurément s’appuuyer sur d’autres héraults que Jacques Attali , aristocrate qui n’a pas l’amor vrai de la démocratie avec ses pesanteurs et ses ornières .

      Je défile donc . Pacifiquement . Pas pour la retraite . Pas pour la liberté de circuler . Pas pour mon salaire de fonctionnaire . Pas pour l’école libre .

      Contre la guerre en Irak .

      Contre les OGM .

      Pour le respect de mon droit de vote et de la devise républicaine .

    2. Juan, plus que le phénix des hôtes de ce blog, vous êtes le seigneur.
      Votre noblesse citoyenne m’oblige. Doit nous obliger.
      Prenez soin de vous.

      PS: je ne m’appelle pas Renard. Je ne peux vous délester de ce qui vous habite. Juste m’en inspirer.

  20. Paul, vous dites : « nos faibles progrès en intelligence artificielle découlent de la trop haute idée que nous nous faisons des processus qui se déroulent quand nous pensons.  »

    Je partage cette analyse sur la vision fausse que nous « humains » avons les cervaux les plus perfectionnés de tous les animaux, ce qui est une vision anthropocentrique très étroite. Dominique Lestel dans « Les Origines animales de la culture » ou Pascal Pic dans « Nouvelle Histoire de l’homme »montrent à quel point cette vision est loin de la réalité. Quand on essaie de distinguer ce qui fait la différence entre notre mode de pensée humain et celui de très nombreux animaux, on peine à vraiment trouver des facteurs réellement discriminant qui ne soient pas tautologiques… On a le même problème pour déterminer à partir de quand apparait l’humanité chez les hominidés ou pour apprécier si notre cousin Néanderthal avait une capacité de pensée comparable à celle d’homo Sapiens sapiens ou « homme moderne » comme on dit aussi… Les recherches récentes de Marylène Patou-Mathis dans  » Neanderthal : Une autre humanité » ainsi que d’autres auteurs spécialisés dans l’étude de Néanderthal
    comme Luis Arsuaga dans « Le Collier de Néandertal » et même la découverte de colliers de coquillages datant d’environ 100 000 ans en Afrique du Sud remettent en cause la supériorité supposée des modes de pensées de « L’homme moderne ». Par ailleurs les recherches cognitives éffectuées sur certaines espèces d’oiseaux montrent des capacités souvent supérieures à celles des primates mis à part l’homme…

    Dans le domaine très différent de l’intelligence artificielle votre analyse est tout à fait excellente, les modèles cognitifs utilisés font l’hypothèse d’un fonctionnement cérébral par trop parfait. Pour ceux que ça intéresserait je ne peux que recommander le livre du Dr Benoit Kullmann: « L’esprit faux », critiquant fortement les abus de l’utilisation de modèles mathématiques par certains cognitivistes et l’abus de la comparaison du fonctionnement du cerveau humain avec le fonctionnement des ordinateurs, fussent-ils conçus avec la technique des réseaux de neurones artificiels.

    Enfin une analyse passionnante des limitations des machines intelligentes a été faite par Isaac Asimov qui, libéré des contraintes matérielles de la fabrication de machines intelligentes par le genre littéraire de la science fiction, a pu donner une analyse d’une clarté remarquable de ce qui différencierait réellement le cerveau humain de celui des robots, qui, fussent-ils dotés de capacités mnésiques et de capacités de calcul logique des millions de fois supérieures à celles des cerveaux humains, n’arriveraient cependant pas à résoudre des problèmes que les humains arrivent à résoudre:

    La réponse est justement qu’on aurait doté ces robots de cerveaux trop puissants, trop logiques en un mot trop parfaits. Ce qui fait en réalité la force du cerveau humain c’est justement qu’il n’est pas parfait, qu’il oublie des éléments, en ajoute d’autres puisés dans sa mémoire, confond certains événements avec d’autres, peut faire des hypothèses sur ces bases imparfaites, même en manquant dramatiquement de données objectives, ce qui le conduit à rêvasser de longs moments en essayant de combiner des hypothèses invraisemblables mais qui peuvent déboucher sur une découverte importante.

    Dernier point sur l’intelligence artificielle, ce qui manque le plus aux programmes dans ce domaine de l’intelligence artificielle, c’est ce qu’on appelle « la théorie de l’esprit » capacité que les cerveaux humains acquièrent aux alentours de 3 à 4 ans et qui leur permet de se faire une idée, même imprécise de ce à quoi peut bien penser et quelles sont les intentions de la personne qui se trouve en face d’eux. Combien de fois réagissons nous en nous écriant « Saleté de machine c’est pas ça que je t’ai demandé » cela en personnalisant l’ordinateur comme s’il pouvait comprendre nos intentions…

    J’ai beaucoup aimé cet article Paul J.

    Paul T.

    1. C’est ce qu’on appelle l’empathie, et pour rester dans la SF, c’est encore P.K.Dick qui en parle le mieux (« Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques » Alias Balde Runner au cinéma, mais le livre abordent très différemment la notion d’humanité…)

    2. L’intelligence artificielle n’existe pas, c’est tout, ce qui ne veut pas dire qu’un signe ou un corbeau ne soit pas intelligent bien évidemment, quand à critiquer les modèles mathématiques, du moment que l’on écrit ou conçoit une machine c’est aussi des mathématiques, il s’agit là de différence entre chose vivante et morte, et les machines jusqu’à preuve du contraire sont mortes, tout comme n’importe quel modèle..

    3. Ha ! Vous avez donc vu l’émission étonnante sur les corbeaux dernièrement sur france 5 ? Cet oiseau qui a plusieurs langages… magnifique !

    4. @armelle

      Non loupé cette émission mais en ai entendu parlé ! 🙂

      Et curieusement elle était pas dispo sur « arte +7 » , mais je vais essayer de la voir

      note : lire singe et pas signe ds le msg ci dessus (dommage que l’on ne puisse pas éditer les commentaires)

    5. La force physique et l’adresse,
      Le pouvoir et les pouvoirs,
      Les biens physiques tous,
      Les intelligences et l’intelligence,
      Ne valent que comme moyens de compensation et réparation de la vie

  21. Pour moi ,Vigneron reste un mystère,il a débarqué sur le blog de façon tonitruante avec beaucoup de verve,de faconde ,son côté sud peut être.Une culture que je n’ai pas et j’imagine un savoir faire en tant que vigneron qui ne s’accommode pas de rêveries intellectuelles. J’ai raté un épisode et j’apprends qu’il nous quitte,son radicalisme impatient si j’ai bien compris ne s’accommodant pas de la temporisation jorionesque assimilée à un business-model.
    Le temps long de la terre,le temps court des soubresauts pseudo-révolutionnaires?

    1. @Piotr : moi non plus, pas bien compris, sinon que ce blog serait trop tiède, etc. Ce n’est pas la première fois qu’on lui fait ce reproche. C’est fou le nombre de gens qui s’imaginent qu’il faudrait crier « à bas le capitalisme ! » toutes les deux minutes !

  22. je ne sais pas, le bordel partout et le bel ordre des médias, l’insipidité de l’espoir aujourd’hui, ou si le vent froid, le premier jour qu’il faut gratter le gel, et en plus si Vigneron en a marre du blog, va se risquer ailleurs… merci à sa générosité. Paul J. à vous lire je crois parfois que le capital fonctionnerait comme un désir- ok avec ses déterminismes matériels et développements dialectiques – puisque le désir par essence est sans objet ou productions d’illusions- et que son discours, son crédit serait à développer séductions et entourloupes étayées délayées.
    notre présomption, n’est ce pas à prendre les mots pour des choses? et les choses pour nous en raconter? elles semblent bien déglinguées, et les mots manquent, ceux qui restent c’est entre initiés aux intérêts bien compris, à mi-mots. et il ne s’agit certainement pas, sinon de l’élaborer en chambrette, pour tenir le coup puisqu’on ne sait pas pourquoi on croit que c’est décisif de remonter dans l’ordre supposé qui aurait assuré une pérennité à notre histoire de système + juste + équilibré +++ ce que vous voudrez; on jouerait avec le légo comme de la souplesse d’une langue, comme si la langue pouvait être légo. Partant par exemple de l’argent à monnayer magiquement nos vertus, jouant de sa fonction trébuchante comme un joker euréka au langage dévasté: Merkel insiste pour que Ses étrangers parlent l’allemand avec le BON ACCENT. les lois les mesures les normes au nom d’un consensus rendent la laideur ordinaire du monde acceptable; d’autres mensonges plus énormes sans doute cachés gémissent la nuit.
    allez encore aujourd’hui deux méditations, près du cœur près des yeux
    à partir de ce que dit le musicien Morton Feldman: Varèse m’a donné une leçon dans la rue : ça a duré une demi-minute et ça a fait de moi un orchestrateur. Il m’a demandé : « Qu’êtes-vous en train d’écrire en ce moment, Morton ?” Je le lui racontai ; et il a dit : “Assurez-vous de bien penser au temps que cela prend, depuis la scène jusqu’ici dans le public”.
    et Spinoza, « l’espoir n’est autre chose qu’une joie mal assurée, née de l’image d’une chose future ou passée dont l’arrivée est pour nous incertaine » (E3P18S2)

    1. Sur l’espoir et ce qu’en disait le sympathique Alan Watts (l’opposé de l’espoir serait plutôt la nostalgie et non le désespoir).

      « Le pouvoir des souvenirs et de la prévision est tel que pour la plupart des êtres humains le passé et l’avenir ne sont pas aussi réels, mais plus réels que le présent. Le présent ne peut être heureux à moins que le passé n’ait été « nettoyé » et que le futur soit plein de promesses ».

  23. Pour paraphraser Edgar Morin, il me semblait que nous avions heureusement abandonné l’idée du meilleur des mondes (c’est à dire l’idée d’un système quine soit pas bancal quelque part, qui ne présente pas de dysfonction) au profit de l’idée d’un monde meilleur. Les systèmes que nous créons ont cette fâcheuse propriété de l’imperfection, exactement comme les systèmes de classement. Il y a toujours quelques ornythorinques et il nous faut compléter le système par la classe des divers ou bien des exceptions ou des contre mesures, des corrections…le tout c’est que le système ne génère pas trop d’inclassables, sans quoi il est temps d’en changer, il ne fait plus assez sens pour prétendre être un outil efficace. Jusqu’ici les systèmes sociaux humains ont été conçus par des élites pour des élites. Ainsi les inclassables se retrouvent-ils être les moins autonomes, ce qui est un comble. Ainsi en va-t’il de la société de la connaissance qui obéit exactement à cette logique malgré les affirmations solidaristes de ses promoteurs.
    http://europa.eu/abc/12lessons/lesson_8/index_fr.htm
    Quel système social génèrerait-il des inclassables qui seraient les plus autonomes d’entre nous? Telle est la question.

  24. L’idée est astucieuse. Dire que le capitalisme ne soit, en définitive, que l’échafaudage branlant qui maintient debout l’édifice, c’est en quelque sorte le priver de toute substance propre.

    Mais, par ailleurs, si « Le capitalisme est un défaut structurel que peuvent présenter certains systèmes économiques » je serai curieux de connaître, dans les temps passés ou actuels un système économique qui ne présente pas ce défaut. Par comparaison, nous verrions tout de suite ce qu’est, et ce que n’est pas le capitalisme.

    1. Proverbe extrait du Littré

      Tout ce qui branle ne tombe pas

      , se dit pour exprimer qu’une chose qui n’est pas solide peut durer, qu’une personne qui est maladive peut vivre longtemps.

    2. Voir, par exemple, les sociétés de chasseurs -cueilleurs (et plus haut la réponse de Crapaud Rouge), où les corporations au Moyen Âge.

  25. Pour moi ,Vigneron reste un mystère,il a débarqué sur le blog de façon tonitruante avec beaucoup de verve,de faconde ,son côté sud peut être.Une culture que je n’ai pas et j’imagine un savoir faire en tant que vigneron qui ne s’accommode pas de rêveries intellectuelles. J’ai raté un épisode et j’apprends qu’il nous quitte,son radicalisme impatient si j’ai bien compris ne souffrant pas la temporisation jorionesque assimilée à un business-model.
    Le temps long de la terre,le temps court des soubresauts pseudo-révolutionnaires?

  26. C’est bien, on en prend note mais concrètement qu’est-ce qu’on fait?

    PS: ce ci dit c’est un très bon billet, très clair.

  27. Moi dit :
    19 octobre 2010 à 18:32
    Paul, donc, nouvelle rustine keynesian-like ou pas nouvelle rustine?
    Si c’est à Paul T. que vous vous adresez, mon analyse de la valeur se rapprocherait plus des travaux de Georgescu roengen sur entropie et économie. La différence entre nos deux analyses est que je propose de positiver la lutte contre l’entropie en valorisant la recherche d’information (au sens où je l’ai défini: contenu d’une action, ou d’un produit propre à ralentir l’augmentation de l’entropie que génère notre activité humaine, comme d’ailleurs toute activité du monde vivant.
    Alors que l’approche décroissantiste vise à sanctionner les activités génératrices daccroissement de l’entropie de notre monde, voire les supprimer .

    Voici en un paragraphe le résumé de mon analyse:
    Redefinition de l’économie:
    Par économie j’entends toute activité “Créant, produisant, stockant et pratiquant l’échange d’information” au sens très large c’est à dire réduisant les incertitudes auxquelles les êtres humainsdoivent faire facedans un monde où le causes d’incertitudes sont multiples et de plus en plus envahissantes.
    En ce sens créer, fabriquer un produit qui permette de rendre la vie plus sure moins aléatoire donc plus prévisible peut être compris comme le contenant d’une quantité d’information.

    Il me semble m’éloigne de l’analyse keyneysienne de la valeur, n’introduisant la monnaie que comme une forme d’information très flexible car elle peut être échangée contre des formes matérielles d’information très diverses. Mon analyse considère les transactions financières a but strictement spéculatif comme très peu porteuse d’information mais au contraire des accélératrices de l’accroissement de l’entropie. Mais il va falloir que je développe ma pense plus précisément

    Petit exemple concret: menuisier à mes heures de loisir, posséder un outil de qualité très bien affuté réduit l’incertitude de mon geste et en ce sens contient de l’information, ce ne serait pas le cas pour une personne ne travaillant pas le bois… Donc un tel outil n’aurait pour cette autre personne aucune valeur informationnelle.
    L’information contenue dans l’outil provient de l’information accumulée lors de sa fabrication puis de l’information potentielle que lui donne un affutage professionnel. Cette quantité d’information va comme je l’ai dit, dépendre des compétences de l’utilisateur potentiel de cet outil et de son savoir faire, autre forme d’information réduisant l’incertitude vis-à-vis du résultat de l’utilisation de l’outil. Je vais donc être disposé à me séparer d’une certaine quantité d’information stockée momentanement sous forme de monnaie seulement pour la transformer en information de nature différente: un outil réutilisable rendant mon geste plus prévisible. le rix de cet outil parraitra exhorbitant à un utilisateur non expérimenté et trèsraisonnable pour un utilisateur très expérimenté. L’utilisateur non expérimenté ne voyant pas la précision et la sureté de son geste augmentée par rapport à l’utilisation d’un outil à bon marché moins performant… par ce prix plus éléve l’utilisateur expérimenté n’achète pas un outil de luxe mais une moinde incertitude dans la réalisation des gestes de son travail. Les bricoleurs un peu expérimentés comprendront bien ce que je veux dire…
    Cacun trouvera ses proprs exemples de produits qui dans leur propre utilisation leur permettent de se sentir moins incertains face aux conséquences de leurs actes quelle q’en soit la nature: un stylo à bille qui glisse bien sur le papier et qui ne coule pas, ça vous dit quelque chose? à moins que vous ne preniez un plaisir masochiste à prendre le risque de devoir réécrire une page juste parceque dans la dernière phrase votre stylo a bavé gravement… Mais si vous n’écrivez que rarement cela n’aura pas grande importance donc peu de valeur informationnelle.
    Trouvez donc vos propres exemples…

    Paul T.

  28. Désolé pour les nombreuses fautes de frappe dans mon dernier message… A cette heure et après une longue journée on est moins en état de s’auto corriger… J’avais pourtant relu mais c’est bizarre comme les fautes apparaissent mieux une fois le message envoyé que sur sa forme en préparation…

    Paul J. serait-il difficile de donner aux utilisateurs une possibilité de revoir leurs copies pour corriger les fautes de frappe ou même d’orthographe…?

    Paul T.

  29. Jorion, laissez la parole à François Leclerc qui est beaucoup plus réaliste et franc que vous.
    Et qui n’a pas de bouquins à vendre.

    Merci par avance.

    1. « Jorion, laissez la parole à François Leclerc ».
      Houlà ! Cette sentence péremptoire a un de ces côtés mitterandien… Brrr… je n’ose imaginer la prose qui va se déverser ci-dessous en réponse…

    2. François, tu t’es trahi : ça fait un moment que je soupçonne qu’Yvan, c’est toi ! Pas de bouquins à vendre… disons plutôt : « pas encore de bouquins à vendre », car je me suis laissé dire… 😉

    3. Ah, la bonne nouvelle!
      Il y a longtemps que je pense que les textes de François Leclerc, réunis en livre, feraient une chronique de la crise épatante! Une référence pour les analystes à venir…

    4. Personne n’est obligé quelque livre que ce soit.
      La décision d’offrir un livre, qui relève du don, appartient à celui seul qui l’a écrit, du moins tant que nous n’aurons pas mis en commun les femmes, les brosses à dents et nos fantasmes (phantasme étant l’orthographe ancien) c’est-à-dire nos illusions et nos fantômes.

  30. Paul,

    Si c’est à partir de cette façon d’analyser le capitalisme que vous structurez le livre que vous préparez sur ce vilain système, je salive déjà…

    1. Ouaip, mais à quoi bon disserter sur un mort? Si tant est qu’il soit vraiment mort? Pourquoi je me pose la question de cette mort d’ailleurs? Brrr, vivrait-il encore?

  31. Réduction rafraîchissante d’un système souvent décrit en termes compliqués en un schéma simple; mais tomberez-vous d’accord sur l’existence d’un mécanisme intérieur au capitalisme à l’origine de cette mauvaise allocation du capital : « La recherche du profit maximal » , pour l’appeler par son nom le plus connu et qui explique son « dysfonctionnement », qui est un très bon fonctionnement pour le capitaliste … tant qu’il trouve soit un emprunteur (le seul partenaire que vous évoquiez) soit un client ? (« l’entrepreneur », « l’actionnaire d’une société » sont aussi des « capitalistes » à vos yeux ?)

  32. Bonjour à tous
    Ce matin les Echos n’est pas tout à fait d’accord avec notre hôte. Il titre :
    Retraites : la mobilisation complique la sortie de crise
    Bonne journée

    1. Ben, oui, mais, en même temps…c’est « Les Echos », faut pas attendre un discours contre nature…

  33. C’est un simple titre d’ailleurs : l’article n’explique absolument pas pourquoi.

    PS : 9h48 – Le titre est devenu « Retraites : le haut niveau de mobilisation complique la recherche d’une issue rapide » – ce qui est vrai.

  34. Les journalistes écrivent leur article, les secrétariats de rédaction ou la rédaction en chef rédigent le titre !

    1. Les textes, plébéiens, informent la noblesse. Les titres, nobiliaires, impressionnent la plèbe.
      Et les blogueurs…

      Tout autre chose, mais lié, forcément lié puisque le fonctionnement « primal », comme moderne, global, du capitalisme ne peut être justifié, en dernière analyse, que par les théories philosophiques hyper-libérales qui ne sont que le pendant idéologique rendu nécessaire par l’hubris capitaliste. Comme les deux hyperboles jumelles et inversées, se répondant parfaitement, nées toutes deux d’un même plan sécant un cône de révolution appelé à englober à la fois toute matière « viable », toute idée « viable », à devenir, nécessairement, unique représentation totémique de toute réalité. Totalitarisme idéologique individualiste en soutien du totalitarisme matérialiste capitaliste.

      Une critique définitive, brillante et complète de la pensée hayekienne faisant appel aussi bien à Alain Caillé, Roger Frydman, Jean-Pierre Dupuy, Pierre Rosanvallon, Aristote, Tocqueville, Bertrand Russell, Smith, Hume, Locke…

      http://www.alaindebenoist.com/pdf/contre_hayek.pdf

      La conclusion du texte:

      … Hayek est conduit à déplacer en amont l’enjeu de sa problématique et à faire du marché un concept global, indépassable en raison
      de son caractère totalisant. Le résultat est une nouvelle utopie, reposant sur autant de paralogismes que de contradictions. Il est clair en réalité qu’« à défaut de l’achat d’une paix sociale par l’Etat-Providence, l’ordre de marché aurait été balayé depuis longtemps » (Alain Caillé). Une société qui fonctionnerait selon les principes de Hayek exploserait en peu de temps. Son instauration relèverait en outre d’un pur « constructivisme » et exigerait même sans doute un Etat de type
      dictatorial. Comme l’écrit Albert O. Hirschman, « cette prétendûment idyllique citoyenneté privatisée qui ne prête attention qu’à ses intérêts économiques et sert indirectement l’intérêt public sans jamais y prendre une part directe, tout cela ne peut se réaliser que dans des conditions politiques qui tiennent du
      cauchemar ». Qu’on puisse prétendre aujourd’hui rénover la « pensée nationale » en s’appuyant sur ce genre de théories en dit long sur l’effondrement
      de cette pensée.

      Ben oui, de Benoist ! Ex fondateur de la « nouvelle droite » et du GRECE… Mais de la droite qui pense comme ça, j’en redemande:

      Le socialisme, pour la classe ouvrière, c’était la solidarité et le sens du bien commun, la lutte contre le désordre établi, la revendication de plus de justice et de dignité. (…) Les Versaillais sont aujourd’hui plus que jamais au pouvoir. Personne ne se lance plus «à l’assaut du ciel», qui du reste est pollué. A Satory, sur la Butte rouge, on a dû construire un McDo, et le merle moqueur fera bientôt partie des espèces menacées. Ce n’est pas une raison pour désespérer. Comme le dit la chanson, «t’en fais pas, Nicolas, la Commune n’est pas morte !»
      « Le temps des cerises reviendra ! », Robert de Herte (Alain de Benoist), Éléments, nº 126, automne 2007, p. 3

      Le libéralisme naissant, à partir du XVIIIe siècle, a donné lieu à une « critique de droite », qui le rappelait à la réalité de la nature humaine, et à une « critique de gauche », qui le condamnait au nom des pauvres et des humiliés. Le drame est que ces deux critiques se sont disjointes – et de façon telle que chacune d’elles, pour triompher de l’autre, a fini par s’allier à ce qui aurait dû rester leur ennemi commun. J’aurai toute ma vie aspiré à ce que ces deux critiques n’en fassent qu’une.
      Dernière Année. Notes pour conclure le siècle (1999), Alain de Benoist, éd. L’Âge d’Homme, 2001, p. 278

    2. @vigneron: A mon avis de Besnoit pourrait être classé dans la mouvance néo-républicaine. On pourrait tout aussi bien mettre dans cette mouvance des gens très à gauche comme Negri ou Badiou.

    3. @Moi

      Je ne me hasardesais pas si hardiment à épingler, en entomologiste scrupuleux, l’individu en question dans quelque boîte commode, plus ou moins fraîchement ripolinée.
      Même là, la bestiole doit encore être capable d’une nouvelle mue. Quitte à s’enfuir et vous laisser, en témoignage de son passage comme de votre illusion, son exuvie, aussi vide que narquoise.
      Et puis je n’aime ni les classements, ni les rangements, ni les alignements, ni les boîtes, ni l’ordre (avec ou sans majuscule). Et, encore moins que tout, les collectionneurs, ces grands enténèbreurs, petits fétichistes momificateurs, capitalistes de bacs à sable et de sacs de billes rendus en l’état à l’état adulte : morts-nés, avortons sublimes et sublimés. Supplicieurs de rêves. 🙂

    4. Même là, la bestiole doit encore être capable d’une nouvelle mue.

      Il y a plein d’autres boites au cas où. Y’en a même une pour les inclassables comme vous. 🙂

    5. @Vigneron,
      Votre escapade fut brève…
      La route de la servitude date de 44.
      Le texte de De Benoist date de 89.
      Ce ne sont pas des dates neutres.
      À quoi, à qui répondent ces productions, à qui s’adressent-elles ?
      Qui les diffuse, dans quelle attente ?
      Hayek, quelle pauvreté, même résumé par De Benoist !

    6. @vigneron le 20 octobre 11 h 58

      On peut préférer le vin naturel au quart de rouge (vous savez « la boisson du garde-rouge » de Nino Ferrer) sans pour autant verser dans le ressentiment.

      En tout cas, vous osez mettre les pieds dans le plat le plus sale. Cette transgression du tabou politique appelle un peu d’approfondissement afin d’échapper à ce que la passion politique peut avoir de plus bilieusement passionnel, au risque de cogner d’autres tabous voisins.

      Si l’extrême droite a toujours récupéré les pensées révolutionnaires ce n’est pas seulement une affaire de manipulation politicienne. Les parcours biographiques de Mussolini ou Doriot, la réelle présence de quelques royalistes sur les barricades de 68, la transfiguration de la contradiction sociale prolétariat/bourgeoisie en pays réel/pays légal, le fait qu’une revue paganiste inspirée par de Benoist a pu mettre une photo du Subcomandante Marcos sur sa couverture ou la récente déclaration de Le Pen fille s’affirmant vouloir « l’implosion du système » en attestent par exemple, sans parler des ruses bilieuses à la Alain Soral ou Dieudonné. Ce ressentiment n’est pas non plus sans lien avec la transformation étatique bureaucratico-militaire de la contradiction prolétariat/bourgeoisie opérée par la variante rouge, léniniste, trotskiste ou maoïste de la peste émotionnelle (voir ici Otto Ruhl « La Révolution n’est pas une affaire de parti » par exemple). C’est ainsi que d’acteurs de l’histoire, les hommes, sous la forme d’un peuple et dans les limites d’une nation ou d’une patrie, deviennent agents passifs de cette même histoire.

      Il n’y a qu’une seule visée et qu’un seul moyen de dépasser ce ressentiment. La visée est la perspective conseilliste, le moyen consiste en l’affranchissement à l’égard de la relation salariale par l’exercice de la démocratie directe possiblement dialectique. Hors de ce chemin, celui de notre action propre, nous demeurons passifs et nous nous laissons collectivement aisément identifier à une sorte de vague peuple nostalgique ou d’homme nouveau messianique.

      Pour résumer disons que l’accumulation des raisons de se révolter que constitue la critique du système n’est qu’un moyen de regarder le problème, mais elle demeure encore devant lui comme pétrifiée. Or, il s’agit surtout de marcher et d’agir réellement vers la solution des problèmes que l’humanité se pose pour changer la passion politique en action historique dynamique.

      PS. Il me semble que le choix du thème de votre premier retour succédant à vos premiers adieux de la scène du blog n’est pas sans lien avec votre défense de la démocratie telle que vous l’aviez formulé dans une polémique avec « Moi ». A cette occasion la distinction entre société démocratique et régime démocratique (13 octobre 2010 à 23:09 ) que vous substituiez à celle, plus classique, entre démocratie formelle et démocratie réelle dont se prévalait Moi me semblait potentiellement assez fertile.

    7. schizosophie,

      Hors de ce chemin, celui de notre action propre, nous demeurons passifs et nous nous laissons collectivement aisément identifier à une sorte de vague peuple nostalgique ou d’homme nouveau messianique.

      Pour résumer disons que l’accumulation des raisons de se révolter que constitue la critique du système n’est qu’un moyen de regarder le problème, mais il demeure encore devant lui comme pétrifié. Or, il s’agit surtout de marcher et d’agir réellement vers la solution des problèmes que l’humanité se pose pour changer la passion politique en action historique dynamique.

      Fort bien dit ! Chapeau bas…

      La critique du système brute – sans donner à chacun la volonté de mettre en cause sa propre participation au dit système, la volonté de se questionner sur ce qui dans son attitude, dans la manière d’aborder sa vie, d’y prêter attention, a permis au système d’être ce qu’il est – ne vaut rien pour l’humanité. Elle ne sert qu’à satisfaire des égos, comme d’hab !

    8. @ Fab
      21 octobre 2010 à 10:20

      Merci pour le chapeau, même si je n’en porte pas ! Cela dit je précise à l’attention de bons et de mauvais entendeurs que la critique est absolument nécessaire, et même infiniment, mais qu’elle porte d’autant plus – activement comme théoriquement – quelle porte précisément. Comme exemple de précision, il y a, par exemple, la notion de mode de production bien plus précise que celle de système ou celle de dépassement que celle d’explosion, et d’autres encore.

  35. @Paul J
    Si je comprend bien, le pêcher originel du capitalisme est de tenter de « compenser le fait que le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires »

    Tout le fonctionnement du capitalisme n’est donc basé que sur cette constatation et par la mise en oeuvre de moyens tentant d’y pallier.
    L’hétérogénéité de la répartition du capital serait donc un fait donné, presque naturel.
    Les moyens à mettre en oeuvre seraient donc l’expression de la volonté de l’humanité de se libérer de cet état « naturel »

    Ce que je voudrais comprendre :
    Pensez-vous que l’erreur est dans la constatation de ce déséquilibre (IE : Pourquoi les ressources sont si mal réparties ?)
    Ou bien pensez-vous que l’erreur est dans la manière de résorber ces déséquilibres ?

  36. Quand on fait un commentaire, c’est en général pour pointer ce qui ne vous plait pas, pas que cela certes, mais le plus souvent. Là votre billet me plait bien M.Jorion, sauf l’emploi d’un mot, un seul mot dans ce billet : darwinien. Je ne peux pas croire que vous ignorez le travail de Darwin, alors utiliser « darwinien », ça me trouble. Cela renvoie à une logique, une chaîne, celle de la vie même, très éloignée de celle du système économique. Enfin, je le vois comme ça. Ne serait-il pas préférable de parler de « phylogénie du capitalisme » en lui affectant quelques règles comme sa propension marquée à la recherche des situations de monopole ?

  37. « (…)Seul moyen de compenser ce mouvement inexorable : imposer une concurrence pénalisant les plus gros, restreignant leur marge de profit et protégeant ainsi les consommateurs »…
    …OK, comment s’articule la suite d’un tel programme??????????…

    -1…………………
    -2…………………
    -3…………………

    Le 3 en 1………Difficile approche…A moins d’y joindre un symbole antique puissant…Que dis-je?…

    1. Autre slogan entendu dans une des manifs: « Pour les riches des couilles en or, et pour nous de nouilles encore… »

      Remarquez que prise dans son sens littéral je préfère encore le second solution 🙂

      Paul

    2. J’ai discuté avec une dame d’un certain âge, mais trés titi-parigotte : elle avait conçu et réalisé sa petite pancarte :  » Tu l’as vu la princesse de grèves ! » .. ».Les couilles en or, et les nouilles encore »
      venaient d’elle …mais n’avait pas déposé le brevet ! et tous les syndicats s’en sont emparés !
      Elle était ravie !

  38. On vit à la fois de nos jours dans un très grand mélange des genres, la bureaucratie est tellement présente partout comme le marché d’ailleurs. Qui fait le plus le destin des êtres le socialisme ou le capitalisme, moi je ne sais pas et à quoi ressemblera le monde dans plusieurs siècles et si l’humanité moderne ne s’est pas auto-détruite avant.

    Pour moi l’homme socialiste ne vaut pas mieux que l’homme capitaliste dans leur même langage bureaucratique et marchand adressé aux êtres, la période de la taille approchant, taillez le système plus ou moins hybride du moment pour l’adapter à la personne humaine,
    et non progressivement l’homme pour le formater de plus en plus conditionnellement aux nouveaux moyens de contrôle se mettant en place, par pure mesure de précaution supplémentaire.

    Comment le meilleur du socialisme pourrait-il encore y échapper, comment le meilleur du capitalisme pourrait-il également y échapper, ces deux systèmes de penser semblent tout droit conduire le monde vers un plus grand conditionnel de vie, la folle concurrence du monde !

    J’étais tellement occupé à me déchirer contre mon voisin capitaliste ou socialiste, que je ne voyais plus guère au moment moment le grand tout sécuritaire se mettant en place partout dans le monde. C’était le progrès je crois enfin c’était surtout ce que l’on préférait m’en dire !

    1. Jérémie, là où je vous rejoins un peu c’est qu’en l’état actuel de l’évolution technologique effrénée, ni le système économique bureaucratique socialiste ni le système économique du marché libre du capitalisme ne peuvent réagir assez rapidement pour assurer aux membres de la société une répartition raisonnablement équitable des richesses produites, pourtant de plus en plus disponibles au niveau global grâce à l’augmentation considérable de le productivité du travail mais tellement mal redistribuées au niveau individuel.

      Pour information, on a trop souffert des fausses comparaisons entre socialisme et libéralisme où les défenseurs de l’un opposaient les belles réalisations que pourraient théoriquement permettre leur système, aux situations désastreuses de l’application du système de l’autre dans la réalité.

      Dans les années 60 du siècle dernier des économistes avaient comparé les résultats hypothétiques d’un système capitaliste théorique au résultats hypothétiques d’un système soviétique théorique et les équilibres auxquels on arrivait de part et d’autres étaient très proches, mais il s’agissait d’équilibres théoriques…

      La comparaison entre les deux approches économiques sur comment cela se passe dans la réalité des deux approches économiques serait bien plus intéressante mais extrêmement difficile à mettre en œuvre car aucun des dirigeants des économies réelles à comparer ne va laisser faire une véritable enquête sur la véritable situation sur son territoire. On a alors au mieux des descriptions anecdotiques de part et d’autre pointant du doigt les succès et imperfections locales dans la réalité du terrain de l’un et de l’autre.

      Pour finir sur une note d’humour voici une histoire Russe, racontée par un moscovite après le passage de l’union soviétique à l’économie de marché:
      Un monsieur rentrant chez lui après son travail, constate que le radiateur à l’entrée de l’appartement est tiède. Il va se laver les mains dans la salle de bain. Bonne surprise, la lumière s’allume quand il active l’interrupteur. De l’eau sort du tuyau quand il ouvre le robinet, « froide » mais au moins il y a de l’eau…

      Il fonce vers la cuisine, criant sur un ton joyeux: « Chérie, Chérie, je crois bien que les communistes sont de retour… »

      Dans le système capitaliste américain, un des grands patrons de l’industrie automobile a dans un discours officiel félicité un ingénieur qui avait inventé une peinture auto-rouillante pour automobile, cela poussait les clients à racheter une autre voiture plus rapidement… Cas réel décrit dans le livre de Vance Packard: les fabricants de déchets (The waste makers)

      Votre message pose en filigrane la question fondamentale suivante: quel système inventer pour remplacer les systèmes socialistes et capitalistes et surtout comment un tel nouveau système, en théorie meilleur que les deux autres, se comporterait-il une fois mis à l’épreuve de la réalité complexe des comportements humains en société?

      Paul T.

    2. Le capitalisme et le socialisme ne sont pas ennemis, ils sont complémentaires. Le socialisme (s’il est à peu près compris) permet une redistribution des revenus qui sinon finiraient par bloquer le système à cause de la concentration du patrimoine entre les mains de quelques-uns. C’est justement exactement ce qui s’est produit.
      Ce n’est pas l’un ou l’autre qui serait nuisible à l’humanité, c’est l’ultra-libéralisme qui crée des inégalités de + en + grandes et un appauvrissement global par mobilisation du capital nécessaire à la production vers les forts rendements, alias spéculation.
      Spéculation rentable permise par les politiques pour faire la fortune de petits malins et de grosses banques dont c’est le métier. Peu importe que ce soit au détriment de l’ensemble puisque le mot d’ordre est « Chacun pour soi et dieu pour tous ».

  39. « (…) deuxièmement, que même s’il s’agissait chez lui d’un mécanisme réellement observé en son temps, la complexité croissante intervenue entretemps dans les sociétés humaines a dû entraîner sa disparition à un moment du passé difficile à situer avec précision. »

    … »The dogmas of quiet past are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise with occasion. As our case is new, so we must think anew and act anew. We must disenthrall ourselves. »…Disait Lincoln.

  40. « (…)Ici encore, ce serait une représentation un peu surfaite de ce que nous faisons et de ce que nous sommes qui nous induirait en erreur dans la manière dont nous traitons les problèmes qui surviennent dans le cours de nos affaires au jour le jour. »…
    Il donc nécessaire par des efforts auto-induits et auto-déterminés à résoudre des problèmes d’ordre méta-physique peut-être?…

  41. Ce qui me surprend le moins ces dernières années, c’est le cynisme de nos gouvernants. Aussi je ne serais pas surpris que la présidence :

    – au sujet des retraites, attende la dégradation de la notation de la France pour reprendre la main et accentue son passage en force.

    – n’ait conçu le bouclier fiscal que pour le retirer ou le réaménager au bon moment, en prenant en passant une contre-partie (suppression ou réaménagement de l’ISF ?).

    1. La première hypothèse me paraît très hasardeuse .

      La deuxième un peu moins , mais j’imagine plutôt que NS essaiera de transformer l’abandon ( ?) du bouclier fiscal en arme de guerre électorale (style , je vous ai compris et je suis équitable ) , sa raison d’être étant d’être au pouvoir pour faire ce que d’autres ( visibles , version chargés de commission , ou pas ) lui suggèrent de faire .

      Faut il que les élus UMP soient un ramassis d’imbéciles congénitaux pour que leur chef leur dénie toutes capacités à proposer des projets et actions cohérentes dans le contexte national et international . NS est au moins gaulliste en cela : sa majorité parlementaire est formée de godillots .Même au Sénat .

  42. Générer les ressources, débattre de la part qu’on octroie en capital (et en réserve impartageable) et à la distribution des salaires, c’est le quotidien de la plupart des sociétés coopératives de production (scop).
    En même temps que naissait le capitalisme naissait aussi les formes d’associations ouvrières (qui ne portaient pas ce nom à l’époque). Le premier est devenu dominant, le second est resté marginal.
    N’est-il pas temps de se pencher sur cette forme marginale qui dépasse la contradiction capital/travail ?

    1. ça n’est pas la première ni la dernière fois que les scop ( historiquement très tôt présentes dans le milieu vinicole cher à Vigneron qui devrait avoir des opinions sur le sujet ) sont évoquées .

      Ce sont de formidables aventures .

      Le bilan historique n’est pas toujours tout rose . Dans les forces  » polluantes » , j’avais repéré qu’il finit toujours par se créer , par nécessité , un manager dont la juste soif de reconnaissance n’est pas toujors comprise et intégrée , une dérive moindre mais comparable à celle du monde marchando-capitaliste avec lequel la scop doit cohabiter ( ça renvoie au contrôle des définitions et règles de la concurrence) , une difficulté à choisir démocratiquement les champs de réinvestissement des bénèfices quand il y en a ( ce qui n’est pas rare ) .

  43. N’oubliez pas monsieur Jorion que l’homme est un animal imparfait, et que le moins mauvais système pour lui n’est peut-être pas le meilleur des mondes sur le papier.

    1. @ Albert

      Objection recevable, mais alors, qu’est-ce qui permet de définir le capitalisme comme « le moins mauvais système » ?

      Comme Juan, je ne saisis pas l’opposition que vous faites entre moins mauvais système et meilleur des mondes. Tenteriez-vous de nous dire que les principaux défauts du capitalisme ne sont visibles que sur le papier, sans réalité matérielle tangible et palpable ?

    2. @ Julien

      Ben non.Bèbert « Pangloss » veut simplement dire que le système imparfait où l’Homme se débat vaut mieux que tous les systèmes « parfaits » que son cerveau imparfait d’animalcule orgueilleux a fait, fait et fera naitre du néant de ses synapses obscurcis pour les coucher sur du papier.
      Bref, le capitalisme imparfait et son placage de délicate « marketerie » philosophico-religieuse hyper-libérale, imparfait itou, constituent l’ordonnancement supra-naturel ad hoc et la vérité révélée idoine du meilleur des mondes possibles de cet animal imparfait.
      Amen. Fermez le ban.
      Sommes-nous des animaux imparfaits ? J’ai comme un doute… Faut que j’en cause à Friedrich Wilhelm machin truc…

      @ L’imper mastic

      Excellent.

    3. Albert

      En effet, il y a un aspect tautologique sous-jacent au raisonnement : C’est qu’on pourrait savoir les ressources sont nécessaires, compensant le manque :

      les ressources manquent là où elles sont nécessaires

      .
      Les deux termes, « où » et « nécessaires » supposent une main visible et bonne, un « meilleur des mondes ».

      C’es là que je remettrais du « Pharmakon » :
      au mieux si on croit qu’on sait « où » et que ca y est « nécessaire », on commence l’action ou le déversement de ressources (d’argent..?) dessus, mais ça n’atteint pas vraiment son but. Comme le charbon dans la bûche qu’on veut brûler, quelque chose protège le cœur assez efficacement, ce quelque chose étant formé par l’action du feu lui même sur les parties ligneuses. Scrongneuneu.

  44. Evoquer « la main invisible » d’Adam Smith c’est comme si l’on évoquerait la locomotive à vapeur de 1840 en parlant d’une centrale nucléaire. Mais des analogies simplistes de ce genre apparaissent assez souvent dans les discours des économistes (volontiers repris par la classe politique, toujours en manque de prétextes et « explications »). Ce que l’on a toujours pas compris: pour appréhender l’économie dans sa compléxité, il faut une équipe pluridisciplinaire, ou faire des études complémentaires: en sociologie, psychologie, sciences naturelles……Je répète ce que je disais déjà dans ce blog: il y a assez d’idiots savants parmi les économistes.

    1. Excusez moi Germanicus, mais le terme « Idiots savants » avec sa connotation méprisante n’est plus employé de nos jours, on parle maintenant de « syndrome savant »…Cette expression « Idiots savants » faisait référence à l’existence de personnes qui, malgré une déficience intellectuelle sévère, possédaient dans certains domaines des capacités artistiques ou de calcul mental tout à fait remarquables, même en les comparant aux capacités de personnes de la population en général dans les mêmes domaines artistiques ou de calcul mental. L’existence de tels cas avait été décrite en 1877 par Langdon Down, qui a également identifié le syndrome de Down que nous appelons trisomie 21 en France. Le chercheur français Jean-Louis Mandel a mis en évidence les mécanismes de cette anomalie chromosomique assez récemment.

      L’usage de l’expression « Idiots savants » est au mieux inappropriée car le syndrome savant est une condition rare, tout au plus une centaine d’individus pour toute la planète Terre. Aucun à ma connaissance n’est économiste… Cette expression serait au pire une insulte à ces personnes qui pour être assez souvent frappées de déficiences intellectuelles ne peuvent et ne doivent pas être utilisées à des fins de dénigrement. Tout comme d’ailleurs traiter quelqu’un d’arriéré mental pour dénigrer son intelligence telle que nous la jugeons ou de traiter une autre personne d’autiste pour se moquer d’un manque de capacités de communication. Il s’agit là ni plus ni moins que de langages discriminatoires.

      Pour information les personnes atteintes de syndrome savant sont des personnes réellement exceptionnelles par les talents divers dont elles sont capables et il ne s’agit pas ici d’une attitude condescendante du genre « tu as vu comment cette personne si handicapée intellectuellement est tout de même bonne en dessin ou en musique » Ces personnes ont de réels talents que bien peu d’artistes professionnel arrivent à approcher.

      Paul T.

    2. Pour Paul T.
      Je suis d’accord avec vos propos. Vous avez raison: certains ont tendance à employer, quand la situation s’ prête, des termes cliniques empruntés à la psychiatrie: un tel politique est paranoiaque, un tel projet est schizophrène et cétera. C’est à condamner.
      Dans « mon cas », il ne s’agit pas d’insulter qui que ce soit, mais de stigmatiser une orientation unilatérale, une orientation qui prétend de détenir la seule sagesse, à l’exclusion de toute autre. Malheureusement ca existe, je parle par expérience. Il y a bien-sûr d’excellent(e)s économistes, j’en connais un certain nombre. De plus, il m’arrive de travailler dans la journée en trois langues: anglais, francais et allemand. Il m’arrive aussi d’employer des termes en francais qui sont couramment utilisés en anglais ou allemands; des mots qui peuvent sonner différemment dans les oreilles d’un lecteur francais. Donc encore une fois: mon intention n’était pas d’insulter un cercle de personnes; mais je suis agacé par l’attitude de certains qui se sont pris pour des grands esprits ou pour des « masters of the universe » – avec le résultat que nous connaissons.

  45. Pour ceux qui prêchent une révolution mondialiste, et un bonnet d’âne aux moutons anglo-saxons, un soutien de poids :

    « La France, trois étoiles au Michelin de la manif

    Au détour d’un article très factuel, le Daily Mail (conservateur) cite l’économiste américain Joseph Stiglitz, selon lequel les «citoyens américains et britanniques devraient suivre l’exemple français et descendre dans la rue pour protester contre les plans d’austérité et de réforme des systèmes d’Etat-providence». Une idée développée mardi dans le Guardian (centre-gauche) par l’éditorialiste Tariq Ali, qui a salué la combativité des manifestants français.

    «Si l’on devait établir un guide Michelin des manifestations, la France aurait trois étoiles, la Grèce viendrait ensuite avec deux étoiles.» Selon lui, la mobilisation française contraste nettement avec les actions «misérables et minables» menées par «les syndicats poltrons» outre-Manche contre l’austérité. Selon lui, «l’épidémie française pourrait se propager, mais rien ne viendra du sommet». La raison? «Les gens du New Labour ont institutionnalisé les coups dur infligés par Margaret Thatcher.»

    1. Bible, auriez vous la délicatesse de nous indiquer le lien vers l’article du Daily Mail? Pas trouvé pour l’instant. Merci par avance.

    2. « Le mouvement de résistance français actuel est peut-être un sursaut indiquant que le bastion européen lieu de naissance de l’ ignominie capitaliste et éduqué par elle avait encore quelquechose à dire au monde »

      Voilà ce que je disais le 19 octobre dans un post de réponse « une boite de pandore est-elle en train de s’ouvrir ». Il est évident que le mouvement qui se déroule en France actuellement est d’une extrême importance et peut servir d’exemple au monde comme le relève de nombreux observateurs spécialisés mais aussi de nombreuses personnes « ordinaires » dont les i,nterviws émaillent les journaux télévisés. Il est d’ailleurs aussi possible que le FMI et les banquiers mondiaux l’observent avec attention car cela indiquerait que le mouvement soit-disant irrésistible de la phynanciarisation du monde peut être mis en échec non par quelque savant mais par les peuples eux-mêmes. Là ou la Grèce a échoué la France peut réussir sans même l’aide douteuse de la Chine telle qu’elle est gagnée au capitalisme d’état.
      La France de par ses traditions est un pays dont la puissance n’a pas besoin de s’appuyer sur la phynance, le capitalisme s’il faut lui donner une définition est le nom donné à l’impérialisme anglo-saxon c’est à dire le pays ou les commerçants ont rencontrés des conditions favorables pour remplacer l’exploitation féodale par celle du commerce et il n’a triomphé que là ou les armées de ces pays se sont imposées. Son pouvoir est donc fragile comme l’a très bien relevé Polanyi puisqu’il ne repose que sur la puissance militaire et aucunement sur une civilisation – l’intérêt brutal n’est pas une civilisation – qui comme l’empire romain pourrait lui valoir l’adhésion des peuples soumis.

    3. Nous avons en effet un créneau.

      Il y a contagion possible au reste de l´Europe sien France nous parvenons à provoquer des débats citoyens d´ampleur. Nous avons suffisamment de personnes pour animer ces débats dans les différentes mouvances qui critiquent ce système de manière responsable et argumentée.

      Mais pour pouvoir en arriver là, il nous faut du soutien maintenant. Ne laissez pas les seuls syndicats et habitués mener ce combat.

      Venez nous rejoindre dans la rue, dans les média, partout où il est possible de dépasser le simple débat des retraites et d´expliquer le malaise qui agite la société sans toutefois réussir à s´exprimer réellement.

      La seule arme que nous avons pour nous faire entendre actuellement est le blocage de l´économie. Une pause qui pourrait être salutaire.

      Quelles que soient vos opinions vis-à-vis des syndicats, l´heure est à l´unité du peuple dans ce mouvement. Ensuite (et pendant) dans les assemblées,nous pourrons discuter et définir ensemble les orientations à prendre.

      N´attendons pas 2012, surtout si c´est pour avoir de nouveau un non choix entre N.S. et D.S.K.

      Joignez vous au mouvement.. « C´est dans la rue qu´ça s´passe quand y´s´passe quec´chose » Aucun acquis social n´a été obtenu sans une forme de lutte, tout est question de rapport de force (hélas).

      Nous avons besoin de votre soutien maintenant.

      Si vous voulez du changement : Public, privé en grève générale.

  46. (…) »En ce qui concerne la survie personnelle de notre âme après la mort, voici comment je considère les choses.
    Elle n’est nullement en contradiction avec les observations qui j’ai faites pendant de longues années sur notre constitution et sur celle de tous les êtres de la nature; au contraire, elle ressort même de ces observations avec une nouvelle force persuasive. Mais quelle parcelle grande ou petite de cette personnalité mérite de survivre, c’est là
    une autre question et un point sur lequel il nous faut nous en remettre à Dieu. »…(…)Je n’ai pas coutume de reconnaître une valeur exclusive à des idées qui n’ont pas leur base dans une représentation sensible.
    Mais où la science expérimentale s’arrête, un autre domaine s’ouvre : ne démontrons pas se que l’on ne peut démontrer…Où suffit la science, nous n’avons pas, il vrai, besoin de la foi, mais là ou la science se révèle défaillante ou paraît insuffisante nous ne devons pas non plus contester les droits de la « Foi ». »… Disait Goethe…
    (…) »Continuons à agir », dit-il à Zelter le 19 mars 1827, jusqu’à ce que. l’un ou l’autre le premier, nous retournions à l’AEther, appelés par l’Esprit du monde.
    Puisse alors l’éternellement Vivant ne pas nous refuser de nouvelles activités analogues à celles où nous avons déjà fait nos preuves. S’il y ajoute parternellement la mémoire et le sentiment du juste et du bien que nous avons déjà voulu réalisé ici-bas, nous interviendrons certainement autant plus vite dans les rouages de l’activité universelle.
    La nomade entéléchique n’a qu’a se maintenir en une infatigable activité.
    Si celle-ci devient pour elle une seconde nature, alors elle ne manquera pas d’occupation toute l’éternité. »

  47. Bonsoir à tous

    Pressé par le temps, je lis le billet de Paul , puis le début du dernier commentaire – idle – du capitalisme à l’âme? Quelle herméneutique me décrira un tel cheminement ?
    idle : il y a un écran entre les énergies d’en haut et celles d’en bas!

    Pour autant, une revue rapide des contes, légendes et mythes ne laisse aucune autre place que celle du vilain au commerçant, financier ou chevalier d’industrie trop vite enrichi par des moyens pervers – qui sont apparemment devenus la norme – Madoff parangon du capitalisme. Sauf aux USA, où s’est créée une culture exaltant des individus aussi sympathiques que les gangsters Wiliam Bonney, les frères James et autres…. Il y a bien maître Yoda, mais c’est un immigré qui finit par repartir chez lui!

    Pour cerner un peu mieux le sens de « surfait » employé par Paul je rappelle un usage qu’en fit un des Lord Chesterfield au XVIII éme siècle je crois, expliquant les moyens de reproduction à son fils:
    « La fatigue est énorme, la position ridicule, et le plaisir surfait ! »
    Et voilà pourquoi la City est à Londres et pas à Paris, DSK futur président et pas banquier!

    Cordiales salutations.

    1. @ mianne qui écrit : L’ « âme » , kézako ? A quoi ça ressemble ?

      Cela ressemble des fois à un miroir.
      Vous n’en avez pas? Je veux dire de miroir.

  48. « Fin de siècle » Partout, partout,
    Leur sens, athée ou bien mystique,
    Est en tout cas fort élastique
    Car il sert à désigner tout. »

    P.Desachy et R. Dubreuil,
    « Fin de siècle »,
    monologue en vers,
    Paris, 1891,
    dité par K. Millward, op. cit., p. 119

  49. Dans Capitalisme, désirs et servitude, Frederic Lordon parle de ce qui fait selon lui et en s’inspirant de Spinoza, que le système capitaliste « fonctionne » : les passions. Désir, Joie et Crainte.
    Un livre assez intéressant pour ceux que ça tente.

    1. La révolte au Royaume Uni ? Vous plaisantez ? Comme en Irlande ils adorent cela (se laisser faire)…il n y a jamais eu de lutte des classes dans les pays anglo saxons ou il y a bien longtemps alors….
      Si Cameron s’imagine une seule seconde ,comme son collègue Irlandais, qu’il va réduire son déficit de 11 pct à 1.1 pct (j’aime le virgule 1) en 3 ou 4 ans…en supprimant 500.000 emplois de fonctionnaires, en augmentant la tva de 2 ou 3 pct..en supprimant les droits sociaux..c’est plus de 100 milliards de livres qu’il va retirer de la circulation…donc une méga récession devrait suivre….
      Mais les anglais ont le controle de leur monnaie cela peut aider..nous nous avons perdu toute marge de manoeuvre….2011 sera très sombre en Europe….Tiens ou est donc la  »reprise » tant vantée et multi annonçée?

    2. Comme tout le monde le constatent sur ce blog ce n’est pas une crise comme les autres…mais La crise.Ce n’est peut être pas dans la culture de ce pays mais une telle agression ne peut que provoquer une révolution….Avant il y avait le travail facile au royaume-uni,ce n’est plus le cas.On voit ce qui se passe en Grèce,en France,même aux états-unis avec le Tea party…Ce sera bientôt l’Espagne et les pays de l’est de l’Europe….
      La grève n’est pas une particularité française contrairement aux dires notre « cher » gouvernement
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_britanniques_de_1984-1985

    3. Dissy, encore aujourd’hui madame Lagourde sur TF1 a annoncé que la croissance repart et que le chômage diminue en France! Tout va très bien madame la marquise!

      A prendre au 2eme degré, car elle ne vos pas mieux que notre cher Naboléon!

      En tout cas, le monde est en train de courir a sa perte.. la Seconde Guerre Mondiale et la menace de la guerre nucléaire pendant la guerre froide semble pas avoir choqué l’espéce humaine longtemps car elle semble repartir vers un nouveau tour de montagne russe pour se faire peur!

    4. Les brittish adorent en effet la rigueur, j’ignore pourquoi.
      Si Cameron mise sur le secteur privé pour voir l’économie rebondir il se trompe, le privé est très mal en point et ne tient que grâce au public, justement. Cela dit, il n’a pas le choix, s’il ne fait rien d’extraordinaire son pays sera le suivant sur la liste des pays en faillite sonnant au FMI, à court terme. Après tout, autant ruiner les anglais lui-même que d’attendre que ça se fasse tout seul, au moins il peut dire qu’il gouverne.

      Le problème qui va se dessiner assez vite c’est : à quoi sert un État qui prélève beaucoup et rend peu? En supprimant un demi-million de fonctionnaire c’est autant de service public qui disparait, que va-t-il rester d’efficace? Or une société organisée a besoin de services publics, notamment pour la santé et l’enseignement, et pas d’un petit secteur privé réservé aux riches, bien protégés par leur police, qui ont les moyens de tout se payer.

      Retraite à 66 ans pour toucher sa pleine retraite… Ce sont les jeunes chômeurs qui vont être content que les vieux leur piquent leur boulot :o). C’est surtout une manière détournée de ne plus payer de retraite a taux plein, la plupart des gens ne sont plus capable de travailler normalement à cet âge, d’ailleurs il en reste peu qui travaillent encore à 65 ans. Les employeurs ne se précipitent pas pour les embaucher dans leurs usines.
      De toutes façons il n’y a plus d’usine en G-B.

    1. La proposition développée sur Mediapart ressemble beaucoup à l’instauration de droits de douane européens tels que les prônent Larrouturou… un peu court, mais le seul fait que ce genre de propositions face de plus en plus surface est un point positif. L’argumentaire développé par l’auteur, reposant sur les travaux d’Anne-Marie Kraft, permet d’entrevoir également les ficelles rhétoriques qu’il faudra pouvoir tirer pour mettre en place ce type de mécanismes.

      Je retiens surtout le sentiment d’urgence de la tribune de Frédéric Vincent :

      Face à un problème d’argent, il y a toujours un banquier pour en prêter. Face à un problème de temps, il n’y a plus personne.

      Si, nous !

  50. bonsoir,
    c’est quoi cette nouvelle crise des hypothéques au USA ? Il paraît que certaines banques ne peuvent plus saisir les biens immobiliers, trop de magouilles de fraude sur ces hypothéques ect…
    et cette nouvelle boulette( ou boulet) peserait entre 200 milliards et 700 milliars de dollars?
    Quelqu’un a-t-il des précisions?
    merci.

    1. J’aimerais savoir si la titrisations de ces trucs pourris peuvent être inclus dans des packages circulant dans d’autres banques qu’américaines?
      merci.

  51. Alors que tout va de plus en plus mal, les bourses continue a monté! Le monde est en train de marcher la tête à l’envers..

    1. L’avantage de marcher la tête à l’envers, c’est de voir enfin à l’endroit ce qui est tourdu dans la normalité .. çà peut donc être une solution …

  52. Votez pour le Prix Pinocchio du développement durable !

    Comme chaque année les Amis de la Terre organisent ces Prix, qui visent à démasquer les entreprises qui tiennent un discours engagé sur le développement durable qu’elles utilisent pour masquer les impacts réels de leurs activités, tout en améliorant leur image auprès des clients et actionnaires.

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/

  53. analyse plaisante jusqu’à un certain point. Mais, pour ma part, il me semble que le marché et le capitalisme ne sont pas deux « systèmes imparfaits », mais deux notion pas vraiment comparables.
    En effet, en ce qui concerne le capital, celui-ci est directement issu de la monnaie telle qu’elle est. La thésaurisation (ou la trappe aux liquidités) qu’il faut constamment « combattre » génère l’intérêt et l’accroissement exponentiel des avoirs monétaifres et des dettes. Cette mécanique agit en continu.
    Quant au marché concurentiel, même impur et imparfait, ce marché tendrait de lui-même à une sorte d’équilibre, car toute production ne fait sens que si elle trouve une consommation.
    Or, c’est précisément le capitalisme qui constitue l’entrave la plus violente du marché, et, à partir de là, c’est bien le capitalisme qui transforme les marchés en monopoles et en oligopoles.

  54. le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires

    C’est dans ce genre de billet qu’on retrouve le meilleur de Jorion.

    De l’art de retourner comme un gant les évidences les plus éculées.
    Le capital comme expression du manque, le capitalisme comme anomalie. Fallait y penser.
    Aucune autre connaissance que celle de l’arithmétique et des mots les plus usuels de l’économie ne sont nécessaires pour comprendre ce dont il s’agit. Et pourtant, c’est toute une conception de la société qui se trouve renversée. Au départ il y a les ressources et non pas le capital. Le capital, l’origine, nous disait-on, de toutes les richesses. Le capital est une notion quantitative, les ressources c’est d’abord du qualitatif. Ce sont les connaissances, le travail humain, qui sont à l’origine des ressources et non pas le capital.

    Après cela, dans le capital — quantifié — il y a encore différentes « qualités », de la moins dégradée à la plus dégradée. La boucle est bouclée, nous retrouvons la crise financière …

    1. En dehors du fait que je partage l’idée que « la finance n’est qu’un détail », je fais remarquer que les ressources sont en premier lieu les ressources naturelles, c’est-à-dire, la nature.
      Nature à laquelle de brillants « économistes » cherchent à donner une valeur marchande, parachevant ainsi l’acte fondateur de l’appropriation privative, non par le premier arrivé, mais par le plus fort, c’est-à-dire le conquérant.
      L’appropriation, « acte par lequel on se saisit, pour en faire sa propriété individuelle, de ce qui n’appartenait à personne ou à tout le monde » (Lalande, Vocabulaire de la philosophie), est sans nul doute le fondement du système dont chacun peut de nos jours percevoir la fin proche.
      L’appropriation et l’usure sont les fondements de notre modernité tragique.

    2. le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires, où elles doivent être mobilisées comme « avances » pour permettre la production ou la consommation.

      Question n°1 : êtes-vous d’accord pour dire que cette formulation pose la production et la consommation comme activités incontournables ?

      Question n°2 : si le capital ne manquait pas là où il est nécessaire, la production et la consommation seraient-elles selon vous illimitées ? Si oui pensez-vous que ce soit une bonne chose, et si non pourquoi (ne seraient-elles pas illimitées) ?

      Je vous résume ma vision afin que vous puissiez répondre sereinement :

      1- Nous consommons et donc produisons parce que nous n’avons rien de mieux à faire.
      2- Pour garantir la production il faut maintenir un pouvoir d’achat suffisamment bas et entretenir le désir de consommer.

      Un capital qui ne manquerait pas là où il est nécessaire tuerait le mécanisme production/consommation. Le capitalisme comme « ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires » ou comme ce que vous voudrez est donc la seule, et donc la meilleure, adaptation possible d’une économie au sein d’une société de consommation.

      D’où l’intérêt me semble-t-il de réveiller les consciences :

      « La consommation et le temps que j’y consacre en travaillant sont-ils dignes de mon existence, du fait que j’existe ? »

      « Vais-je encore longtemps me laisser dicter ma vie (comme uniquement économique) par quelques sages ou spécialistes qui ne se préoccupent pas de la qualité de mon existence mais uniquement de la « quantité » que celle-ci peut apporter au groupe ? »

      «Pourquoi confierais-je les clés de mon existence au groupe représenté par une élite ou n’importe quel autre dieu ? »

      « Suis-je conscient, ou obéissant ? »

      Pierre-Yves, j’attends votre réponse avec impatience : vous êtes un des rares à prendre le temps de lire les commentaires en cherchant à vous mettre à la place de celui qui les a rédigés et non systématiquement avec votre propre grille de lecture, et en même temps à ne pas être aveuglé par la conviction qui vous anime (peut-être d’ailleurs sur ce dernier point contrairement à moi…c’est au moins de cela – au pire !- que j’aimerais prendre conscience). Paul Jorion place la servitude volontaire comme une fatalité ou comme secondaire et ne répond pas. Pierre Sarton du Jonchay place l’éradication de la servitude volontaire comme un Graal…intouchable. Au final : on considère que c’est la forme qui doit changer parce que c’est seulement sur elle que certains ont la possibilité d’agir, d’avoir une influence, de faire étalage de la qualité de leur analyse, etc., etc., etc. Oui il y a de plus en plus de chances que la psychanalyse soit au final la seule science authentique !

    3. «  »le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires » » »
      Oui mais pour quoi faire? Et c’est cette question qui doit être posée;
      Elle remet en question toute notre civilisation, c’est à cela que nous devons travailler.

    4. Fab,

      Fab,

      Bel effort de clarté.

      Je vais vais tâcher d’être un bon élève. 😉
      .
      Réponse n°1

      Cette formulation explicite le fonctionnement du capitalisme.
      Elle n’indique pas en elle-même que ses caractéristiques seraient incontournables.

      Réponse n°2

      Dans ce cas de figure le capital est beaucoup moins concentré.
      L’impératif quasiment catégorique de la compétitivité perd de sa pertinence dans un monde où il n’est plus nécessaire de gagner des parts de marché, de se faire concurrence pour produire.
      Cela implique une nouvelle distribution du pouvoir au sein de la société. C’est à dire un pouvoir beaucoup plus diffus, plus local.
      Ceux qui produisent retrouvent une certaine maîtrise du processus et des objectifs de la production. Le temps de la production et de la consommation se désynchronisent de la cadence aujourd’hui unifiée de la circulation des marchandises imposée par les oligopoles trans-nationaux et les industries du spectacle et du divertissement qui leur sont associés. L’argent réduit son emprise sur le temps. Les humains peuvent se ré-appoprier la durée. Bref, on produit moins, mais mieux.

      Il en résulte que production et consommation deviennent beaucoup moins dissociées qu’ils ne le sont aujourd’hui. ( lire Bernard Stiegler et ars industrialis qui ont fort bien conceptualisé cela en introduisant l’idée de milieu technique associé.)

      Vous voyez cette thèse n’implique nullement que l’élite vous dicte votre vie, puisque à l’inverse l’élite se verrait largement dépossédée de ses prérogatives économiques. Et politiques car le politique aujourd’hui est sous influence de l’économique.
      Elle n’implique pas non plus de se préoccuper de quantité au mépris de la qualité.
      C’est même l’inverse. J’imagine que vous avez déjà mangé des fruits ou légumes bio. Eh bien c’est un peu la même chose. Les « produits » sont meilleurs, alors on déguste, point n’est besoin d’exhausteurs de goût et autre édulcorants. On savoure. On se restaure, au sens propre.

      Bien sûr pour en arriver là, il ne faut pas attendre la décision d’un prochain G 20.
      Je ne saurais dire comment cela viendra précisément. Ma seule conviction est
      qu’il ne faut pas prendre pour hypothèse que l’effondrement du système apportera la solution. En cela je vous rejoins, c’est dès maintenant qu’il faut créer les conditions pour que ce monde nouveau advienne. La transition ne pourra être positive que si nous parvenons à éloigner tout sentiment de catastrophisme. Mais au niveau individuel, même local, nous ne pouvons pas tout. Il faut tenir compte d’une situation générale, globale. C’est dans cette perspective que s’inscrit Paul Jorion.

      Concernant votre remarque sur la servitude volontaire. Paul, vous le savez, vise avec ses propositions à domestiquer le champ de bataille qu’est l’économie capitaliste.
      Paul ne cherche pas à rendre l’homme bon, mais seulement un peu moins mauvais, ou plutôt moins capable de nuire à ses semblables. Ses propositions ont une dimension collective. Elles visent simplement à viabiliser le terrain pour un monde nouveau. D’autres approches sont possibles, complémentaires. Pourquoi devrions-nous les opposer ?

    5. Quelques précisions.

      Si j’ai conservé les termes production et consommation c’est juste pour suggérer l’idée qu’une transition est possible entre l’actuel système et le suivant. Ce qui se profile c’est en réalité une société de contributeurs et d’amateurs. Bien sûr nous n’aurons pas, du moins pas dans un premier temps, une forme pure d’un tel « modèle ». Je précise également que cela n’implique pas que cette transition se fera sans ruptures. Je m’inscris donc bien dans une perspective politique, au sens d’action citoyenne, avec tout ce que cela comporte de prise de conscience et d’action individuelle et collective.

      Ce qui signifie que les luttes sont nécessaires, dès maintenant. Les luttes actuelles exercent une pression sur les pouvoirs en place, économiques ou politiques. Elles n’obtiennent pas — sauf surprises — des avancées immenses. A court terme, il semble difficile qu’elles puissent déboucher sur un renversement de la situation globale, mais elles sont utiles car elles participent de la prise de conscience générale que le système n’a que trop duré. Elles précipitent la fonte du glacis idéologique qui pétrifiait nos esprits. Bref, ces luttes tout en s’inscrivant dans le cadre du système actuel, y compris avec ses revendications qui demeurent en rapport avec le système, préparent déjà le terrain pour de plus grandes. Sans parler de l’effet de contagion. Les pays les plus « avancés » inspirant les autres.

    6. @ Pierre-Yves D. dit : 21 octobre 2010 à 00:51

      Vous aussi, vous vous êtes arrêté sur cette accroche à la Paul Jorion qu’il me semble avoir lue déjà dans « L’argent mode d’emploi ».

      Elle est efficace, elle a tout pour séduire et attirer beaucoup d’amateurs de capitaux, c’est-à-dire la plupart des gens, à commencer par ceux qui voudraient bien en avoir un peu pour tout simplement vivre ou vivre mieux. Tenez, pourquoi ne pas en prendre un peu pour financer les retraites ? On satisferait beaucoup de monde.

      En utilisant des mots aussi négatifs que défaut, dysfonctionnement, manque, bancal, déséquilibre, auquel vous ajoutez le mot anomalie, Paul Jorion et vous-mêmes ne qualifiez pas le capital pour qu’il soit porté au pinacle, bien au contraire, vous semblez lui préparer un gibet.

      Vous en faites a priori un être condamnable. Pourquoi ? Quel est son crime ? Nos malheurs qui se dessinent lui sont ils imputables ? Que faites vous des autres suspects, la consommation, et la dette qui l’alimente souvent, pour assouvir la goinfrerie des hommes, sont-elles disculpées ?

      Etes-vous certain de votre analyse ? L’avez-vous suffisamment approfondie ? Le capital ne serait-il pas le bouc émissaire facile ? Celui que les foules manipulables seraient prêtes à sacrifier pour se libérer d’une haine amorcée avec Marx et toujours entretenue depuis ?

      Comme dirait Vigneron, duquel ont peut tirer beaucoup de richesses, à condition de le prendre tel qu’il est, j’ai tendu une perche aux gens comme lui et vous et certainement beaucoup d’autres férus de grec de latin et d’étymologie afin qu’ils expliquent pourquoi, le capital au lieu d’être vu comme un bien devrait être vu, comme un mal. http://www.pauljorion.com/blog/?p=17059#comment-115805
      Ceux qui, en s’appuyant sur cette image de cap, de tête, de prééminence, se seraient donc totalement fourvoyés pour désigner ce qui se constitue par accumulation et est à l’origine des développements ?
      Si, personne n’est capable de démonter froidement, objectivement, sans passion aveuglante, cette énigme, c’est qu’il ya un problème de fond à élucider.

    7. jducac,

      Froidement : l’argent que vous capitalisez correspond à une richesse, une valeur que vous avez créée. Vous n’avez pu produire cette valeur que (malheureusement, et c’est ce que personnellement je dénonce…mais ceci est une autre histoire…plus chaude !) parce qu’elle intéressait quelqu’un d’autre, ou de manière générale la société. De même, la monnaie qui vous a été donnée en échange de votre production n’est pas créée que pour vous – sinon ce serait une monnaie jducac – mais pour la société, pour son bon fonctionnement (on ne rit pas). Vous sentez-vous en paix avec vous-même d’agir ainsi, de priver la société d’une possibilité de consommer qui lui est due ? Pensez, c’est un exemple, un peu aux enfants de la Somkey mountain à Manille à qui, par possible effet papillon, vous enlevez peut-être un biscuit de la bouche.

      Ça, jducac, c’est à quelques détails près la version que Paul Jorion & Co auraient pu vous donner. La mienne est un poil différente et j’avoue pour le moment avoir encore du mal à l’exposer froidement.

    8. Pierre-Yves,

      Merci. Vraiment. C’est clair.

      Une remarque :

      Vous voyez cette thèse n’implique nullement que l’élite vous dicte votre vie, puisque à l’inverse l’élite se verrait largement dépossédée de ses prérogatives économiques. Et politiques car le politique aujourd’hui est sous influence de l’économique.

      Je n’ai pas de souvenir historique qu’une telle dépossession ait permis une prise de conscience suffisante et suffisamment généralisée pour éviter que les mêmes ou d’autres ne se réapproprient le pouvoir de mener le troupeau, d’une manière ou d’une autre (pour que nous passions à une société « à la Aristote » chère à PSDJ). Vous pensez que c’est possible et vous avez bien raison. J’en doute et vous rejoins donc sur ce point : « D’autres approches sont possibles, complémentaires. Pourquoi devrions-nous les opposer ? »

      🙂

      Suivant cette idée, un petit commentaire sur un document proposé ici (merci).

      Victor Nzuzi parle d’une dette du Congo de 14 milliards de dollars. Pourquoi le CADTM n’organise-t-il pas une grande collecte mondiale auprès des citoyens (Par exemple : 14$ pour 1milliard de personnes, pas de limite de don, possibilité de réduction d’impôts, etc.) ? En précisant qu’après le Congo, il fera la même chose pour un autre pays, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucun.

      L’occident a imposé à l’Afrique sa société de consommation. L’Afrique est esclave de l’occident. Et ça ne date pas d’aujourd’hui, seule la forme a changé. Et inutile encore une fois de chercher un coupable facile : nous sommes responsables. Notre « richesse », notre mode de vie, ne sont possibles que s’il y a des pauvres et des esclaves ailleurs. Qui peut croire que les ouvriers chinois payés au lance-pierres continueraient à bosser de la même façon s’ils avaient notre « richesse », notre mode de vie ? Qui peut croire que les africains continueraient à plier l’échine devant nous et à nous céder leurs richesses naturelles au prix du papier mâché que captent leurs potentats que nous avons habilement mis en place…s’ils avaient notre richesse et notre mode de vie ? Qui ? Nous ne le faisons pas, alors pourquoi eux le feraient-ils ? Je sais : ça s’appelle la mondialisation, et il doit se former un équilibre, etc., etc. Mais un équilibre de quoi crénom de nom ? Pourquoi cette mondialisation de l’échange si ce n’est par notre acceptation de la croyance en la consommation comme seule fin de l’existence ? C’est maintenant (ou jamais !) que la suprématie de cette croyance doit être attaquée, détruite. Que celui qui désire consommer le fasse, on est en démocratie tout de même (ironie), mais à l’inverse, que celui qui ne désire pas consommer puisse lui aussi couler des jours heureux (ironie…si si !), qu’il ne soit pas obligatoirement, dès la naissance, l’esclave du système, l’esclave de la société. Sinon, peut-on encore parler de démocratie ? Sincèrement, du fond de votre coeur d’enfant ? Le système que nous imposons au monde, à l’Afrique en particulier où c’est davantage visible, nous nous l’imposons aussi. Et c’est triste. Elle est là la crise de civilisation. Et pour conclure, une nouvelle fois le bon mot du père Jacquard : « Ce n’est pas une crise économique, c’est beaucoup plus : la façon de vivre les uns avec les autres est remise en question. » Extrait de « Un entretien avec Valérie Trierweiler – Paris Match ».

      De quoi cette peur du changement est-elle le nom ?

      Merci.

    9. Fab,

      Ai bien ri en lisant votre réponse à Jducac, vous faites en quelque sorte d’une pierre deux coups, la réponse que vous lui faites s’adressant aussi bien à lui qu’à moi, pour des raison différentes.
      Chapeau l’artiste. 😉

      Je souscris à ce que vous dites au sujet de la démocratie.
      Ceux qui ne veulent pas adhérer aux valeurs du système doivent pouvoir vivre en marge sans être inquiétés. Vous voudriez donc que cette possibilité existe, réellement.
      Mais vous ajoutez que ceux qui veulent consommer doivent pourvoir également le faire.

      Ceci dit dans la société américaine, pourtant le modèle par excellence de la société de consommation, des communautés — certes minoritaires — vivent en marge du système, renonçant parfois même à tout de confort moderne. Je pense bien entendu aux quakers ou aux amishs. Ainsi le problème ce n’est plus tant l’existence d’une société de consommation qui interdirait toute autre mode de vie, que ses valeurs, ses croyances qui nous inclinent à demeurer dans son giron.

      D’autre part du fait que la monnaie représente le moyen de rendre commensurables les biens et services à l’échelle planétaire, vous y voyez le cheval de Troie par lequel s’introduit la société de consommation et de production, les deux aspects n’en faisant qu’un. C’est tout à fait cohérent dans le cadre du système actuel et votre définition de la monnaie s’accorde d’ailleurs tout à fait avec celle qu’en donnent Pierre, Paul et les autres. Dans votre monde sans monnaie
      les produits fabriqués par les humains ont une valeur singulière. Je présume que vous avez en tête le modèle de la production artisanale ou artistique. L’activité de production trouve sa finalité en elle-même et c’est ce qui lui confère sa valeur.

      A mon tour maintenant de vous poser deux questions.

      1. La valeur singulière des productions humaines ne devient-elle pas commensurable dès qu’un produit ou service s’échange contre un autre avec ou sans monnaie ? Autrement dit dès qu’il y a troc. Et même à la rigueur don et contre don.
      Dans cette hypothèse ne retrouve-t-on pas malgré tout la fonction sociale de l’échange ?
      Comment imaginer en effet que ce qui s’échangera puisse se faire en dehors de considérations relatives aux fins propres d’un certain type de société, en l’occurrence celle qui vous paraît souhaitable. Ce que je veux dire c’est que certaines choses auraient plus de valeur que d’autres, ce qui réintroduit l’étalon par la bande. Si une autre société doit se substituer à la société de consommation celle-ci aura nécessairement sa propre finalité et donc ses valeurs propres avec des échanges évalués à l’aune de ces valeurs.

      Dans cette perspective il me semble que l’on retombe sur le problème du pouvoir que vous pensiez éviter. Mais au lieu que cela soit des règles, comme le propose Jorion, qui encadrent l’usage de l’argent, ce qui à mon sens serait un progrès, ce serait des règles relatives aux usages permis, prohibés ou encouragés des productions humaines elles-mêmes. Je crains alors que le problème du pouvoir que les choses ont sur nous resurgisse ici.

      2. Quelles conséquences sur le plan énergétique, quelle répartition ville-campagne, une société avec quels moyens de transports. Que faites-vous des techniques, des industries existantes ?
      Et si vous estimez qu’il faille au moins dans certains cas les partager, y compris au bout du monde, comment faites-vous ?

    10. @ Pierre Yves D et Fab
      Excellent débat, mais je vais tenter de répondre à Jducac, comme le dit Dissonnance, on apprend plus à essayer de convaincre un interlocuteur avec qui on est pas d’accord.
      @Jducac

      Ceux qui, en s’appuyant sur cette image de cap, de tête, de prééminence, se seraient donc totalement fourvoyés pour désigner ce qui se constitue par accumulation et est à l’origine des développements ?
      Si, personne n’est capable de démonter froidement, objectivement, sans passion aveuglante, cette énigme, c’est qu’il ya un problème de fond à élucider.

      Excellente question!!!

      Vous avez raison, le fait de l’accumulation capitaliste est à l’origine des développements qui abouti aujourd’hui à interet qui nous permet de communiquer..
      Ceux ci n’ont été possible que gràce à l’accès en abondance de matières premières et d’énergie,
      Il est clair aussi que cet accès a tété rendu possible grâce à de téméraires scientifiques, explorateurs, chercheurs, inventeurs etc.. suivis dans la foulée par des gens fortunés que les scrupules n’éttouffent pas.
      Les développements dont vous faites allusion ne sont en fait que quantitatif dans un cycle de production et consommation qui nous est imposé.
      C’est ce que je réfute et, comme beaucoup, considère que ce mode de développemnt arrive à son terme. Le moteur capitaliste a fini de jouer son rôle et doit donner la main à autre chose.
      S’il ne veut pas la donner, on lui prendra.
      Sur les talus d’autorute j’ai d’abord vu pousser les jenêts qui colonisaient les caillous impropre pour une forêt de chênes , puis les ronces pour protéger les jeunes bouleaux qui commençaient à se développer, on peut constater aujourd’hui l’apparition de quelques jeunes pousses de chêne qui un jour deviendront prédominent.
      Pourquoi n’en serait-il pas de même de l’histoire de l’homme, que je sache, nous sommes tous fait de poussières d’étoile!!!
      Par tous les moyens je veux devenir un jeune chêne et laisser là ma carapace de genêts fané qui n’a plus rien à faire là. (il va y avoir du boulot)

      Ce dont nous avons besoin est d’une transition qui n’est pas seulement économique mais également au niveau des sytèmes de création et de distribution des richesses.
      Quelles richesses pour quel mode de vie?
      Vous allez rire, mais à mon niveau je me demende comment transformer tous ces 4×4 en aérateur http://users.cybernet.be/Michel.Lambotte/ qui seraient bien utile pour le tiers monde.
      J l’espère, peut-être avec eux http://www.autreterre.org/fr/news/85-journal-terre-129.aspx
      J’ai de l’espoir, on commence à s’y intéresser.
      En fait le capitalisme industriel a maitrisé les matières premières aujourd’hui nous devons maitriser la technologie.

      Dans son livre Mes plus belles histiores de plantes, Jean Marie Pelt y explique la naissance de la vie, et chaque fois qu’il y a eu accumulation, la vie s’est vue mise en danger par celle-ci. L’oxygène est devenu un moment un poluant et c’est à ce moment que la vie a inventer la respiration pour le recycler.
      L’accumulation d’épargne et de fortune est un problème, ce ne sont pas les déficits qui en sont un.
      Comment faire pour réduire cette accumulation et l’investir dans un développement encore valable dans mille ans?
      C’est à cette question que chacun d’entre nous sur ce blog assayons de répondre avec modestie et en sachant très bien que les réponses ne seront qu’incomplètes……

    11. Pierre-Yves,

      Ceux qui ne veulent pas adhérer aux valeurs du système doivent pouvoir vivre en marge sans être inquiétés. Vous voudriez donc que cette possibilité existe, réellement.

      Oui, mais c’est secondaire : ce qui serait réellement souhaitable serait que le plus grand nombre prenne conscience de cette possibilité qu’un autre mode de vie est possible, et surtout que c’est un devoir de s’interroger à ce sujet et d’apprendre aux enfants à s’interroger. Bien sûr alors que ceux qui veulent consommer peuvent le faire si c’est réellement réfléchi et volontaire, et donc que ça n’est pas imposé à la totalité de l’humanité par la nécessité d’expansion indispensable au fonctionnement du système.

      Vos questions :

      1. Je partage du temps avec vous, ça a de la valeur : la valeur de notre échange, et la valeur qu’est la possibilité de cet échange, le temps dont nous disposons pour le faire.
      J’échange un bien, une marchandise ou un service avec un autre : c’est un échange qu’un étalon permet de structurer.

      L’aspect inhumain, asservissant, dégradant du système ne vient pas de l’échange lui-même mais de son totalitarisme. Il ne s’agit donc aucunement de remplacer un totalitarisme par un autre. Alors oui il faut des règles pour encadrer l’usage de l’argent, mais il ne faut pas que ces règles masquent la possibilité d’un autre possible. Et seule une prise de conscience généralisée permettra de se libérer du totalitarisme actuel de notre dépendance aux choses : alors, et seulement alors l’encadrement de l’usage de l’argent pourra s’installer à la juste place qu’il mérite, de manière non totalitaire, non aveuglante.

      2. Alors ça ??? Je ne suis pas convaincu que de chercher à proposer clé en main la société du futur soit réellement la meilleure approche : le but est le chemin ! L’oublier c’est condamner à la base, dès la naissance, la magie de la vie, une fabuleuse aventure ! Sûrement que la démocratie éclairée de l’intérieur pourrait y répondre !

      Je comprends néanmoins le sens de votre question. Elle est légitime en ce qu’elle vise à prévenir un effondrement chaotique de la société. Mais c’est justement le chemin de la prise de conscience qui construira les structures permettant d’éviter le chaos.
      Nous sommes actuellement tentés par la consommation – principalement ou uniquement, au choix – parce que c’est la seule possibilité d’exister qui s’offre (ironie) à nous. Mais si les consciences évoluent, et que la consommation devient une possibilité parmi d’autres de mener ou de passer sa vie, il me semble que les questions et difficultés que vous soulevez seront abordées avec un autre oeil. Il paraît clair cependant que notre quotidien sera bouleversé, pour résumer : la production s’adaptera à la consommation. Contrairement à ce qui passe maintenant où la production pousse à la consommation qui pousse à la production…qui en vient même parfois à gérer la reproduction pour qu’elle puisse continuer son expansion !

      Merci encore pour votre intérêt, votre philanthropie.

      PSs :

      1. Marlowe : et si l’on essayait d’en parler ouvertement, ne pensez-vous pas que ce serait davantage bénéfique ? Ce qui n’empêche pas, si vous êtes membre d’un groupe faisant des actions d’éclat pour l’abolition du salariat par exemple, que nous prenions contact à l’abri des regards indiscrets…

      2. juan nessy : est-ce sur ce billet ? Si oui, je lui ai répondu. Merci.

      3. michel lambotte : belle réponse, naturelle ! Si j’ai bien tout compris il y en a (un nombre certain) qui se shootent encore au capital ! C’est d’un ringard…
      Qu’est-ce que le glissement ? (« le travail du sol sans labour ni glissement »)

      4. Des avis à ce sujet ? :
      « Victor Nzuzi parle d’une dette du Congo de 14 milliards de dollars. Pourquoi le CADTM n’organise-t-il pas une grande collecte mondiale auprès des citoyens (Par exemple : 14$ pour 1milliard de personnes, pas de limite de don, possibilité de réduction d’impôts, etc.) ? En précisant qu’après le Congo, il fera la même chose pour un autre pays, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucun. »

    12. @Fab,
      Vous avez tout compris et votre message je le reçois 5 sur 5
      Au rayon technique, le glissement signifie le glissement du socle de la charrue qui provoque le bouchage des pors de la terre et qui provoque par réaction ce qu’on appelle une semelle de labour, d’autre part, le glissement sur le versoir provoque également cet effet de bouchage
      Avec le système que j’ai mis au point on résoud ces problèmes.
      L’ingénieur agronome Benoît Noël est prêt à m’acheter la première, voici son site très intéressant
      http://www.aggra.org/
      Le problème, est que je n’ai encore aucune structure pour en fabriquer, j’ai créé cela pour le plaisir d’inventer
      Comme vous le dites très bien, c’est en avançant qu’on trace la route, l’objectif général étant un développement durable encore valable dans mille ans, et c’est pas en se shootant au capital qu’on va y arriver.

      Nous sommes vraiment dans le cas où le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires.

    13. Fab,

      vous dites :

      Alors oui il faut des règles pour encadrer l’usage de l’argent, mais il ne faut pas que ces règles masquent la possibilité d’un autre possible. Et seule une prise de conscience généralisée permettra de se libérer du totalitarisme actuel de notre dépendance aux choses : alors, et seulement alors l’encadrement de l’usage de l’argent pourra s’installer à la juste place qu’il mérite, de manière non totalitaire, non aveuglante.

      J’ai la faiblesse de penser que la réflexion quant aux moyens d’encadrer l’usage de l’argent et la prise de conscience générale ne sont pas deux stades distincts mais participent d’un même mouvement. Je vois très bien ce qui vous gêne, c’est que des mesures seraient imposées d’en haut sans que nous n’ayons notre mot à dire. Pourtant là dessus Paul est très clair, en nommant constitution pour l’économie la décision par laquelle serait adoptée les mesures visant à domestiquer l’économie il implique l’émergence d’un nouveau consensus engageant l’ensemble des communautés politiques de la planète. Or sans prise de conscience générale un tel consensus est impossible. La prise de conscience généralisée n’est pas un point accessoire dans la démarche mais bien une condition nécessaire.

      D’autre part expliquez-moi en quoi par exemple l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix pourrait s’avérer totalitaire ? Il me semble au contraire que l’adoption universelle d’une telle mesure serait précisément la marque d’un recul de l’idéologie économique actuelle dont le caractère totalitaire n’est plus à démontrer. Elle ne résoudra pas tout, mais il me semble que c’est une base sur laquelle nous pouvons tomber d’accord. Un poids en moins dans notre dépendance au chose. Autrement dit, au même titre que la prise de conscience individuelle, c’est tout à fait prioritaire. Conclusion, la constitution pour l’économie ne masque rien du tout, puisque c’est justement ce sans quoi rien d’autre ne serait possible.

    14. Pierre-Yves,

      La discussion avance également sur un autre fil.

      « Je n’ai pas de souvenir historique qu’une telle dépossession ait permis une prise de conscience suffisante et suffisamment généralisée pour éviter que les mêmes ou d’autres ne se réapproprient le pouvoir de mener le troupeau, d’une manière ou d’une autre (pour que nous passions à une société « à la Aristote » chère à PSDJ). Vous pensez que c’est possible et vous avez bien raison. J’en doute et vous rejoins donc sur ce point : « D’autres approches sont possibles, complémentaires. Pourquoi devrions-nous les opposer ? » » (ici)

      Malheureusement, « l’ensemble des communautés politiques de la planète » n’est encore qu’un groupement de détenteurs de lampes monochromatiques qui leur servent à éclairer le peuple, et se satisfont de cet état. Mais ils ne voient pas, pour les plus candides, que leur éclairage finit par aveugler. Le but est le chemin, et ce chemin ne doit pas être parcouru seulement par ceux qui tiennent les lampes, mais par chacun. La société « à la Aristote » est le chemin : si elle est le but que certains fixent au peuple ça ne pourra marcher que par « accident ».

      Pourquoi ne parle-t-on pas de manière ouverte, généralisée, de la conscience que nous avons ou pas de notre existence, du bonheur qu’est notre existence, de la conscience que nous avons ou pas de considérer notre existence comme du temps-libre, de la conscience que nous avons ou pas d’accepter l’asservissement de la société à l’insu de notre plein gré ?

      Je vous garantis qu’alors les mesures préconisées ci et là couleront de source, de la meilleure source qui soit.

    15. Fab,

      Bien sûr la spiritualité cela existe mais elle ne se situe pas toujours où l’on croit.
      Pour moi la vie de l’esprit n’occupe pas un domaine à part qu’il faudrait opposer par principe à une spiritualité. Elle peut traverser tous les domaines au sens où l’esprit est capable de transcender ces domaines en redéfinissant leurs limites et leurs objets. Le fruit en est une nouvelle intelligence du monde, mais ce qui détermine cette intelligence c’est le rapport toujours particulier que nous avons chacun avec le monde. Il n’y a donc pas de solution de continuité entre sensibilité, affect et intellect.

      A propos du temps libre vous prêchez ici à des convaincus. Tous ici avons du temps libre ou tout au moins nous nous en donnons. Mais je partage votre souhait que chacun puisse se réapproprier le temps, c’est la voie de l’émancipation. Seulement, cela n’est pas suffisant. Il faut aussi une réflexion sur les conditions matérielles du vivre ensemble.

  55. Dysfonctions des marchés : la dernière bonne nouvelle, je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer.

    « Twitter, devin des marchés
    Des universitaires américains ont découvert que Twitter pouvait prédire avec une fiabilité de 90 % l’évolution du principal indice de la Bourse de New York, le Dow Jones, avec plusieurs jours d’avance. » (journal « le monde »)

    1. Malheureusement le nombre de jours d’avance n’est prévisible lui qu’avec une précision de 27,83 %. Je plaisante bien entendu mais une familiarité même minime avec les statistiques et le calcul des probabilités vous convainc que les auteurs de l’article en question n’en ont eux aucune.

  56. Répondre à ce message
    un commentaire à un billet de Politis:
    http://www.politis.fr/Sevriena-l-entreprise-sarkozyste,11865.html

    ferait un excellent scenario pour une planche de « LA Survie de L’Espèce »

    Sevriena, l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites
    18 octobre 21:34, par nazac
    Le régime par répartition consiste à distribuer à l’instant N une part de la richesse produite au même instant par les individus actifs, une autre partie servant à rétribuer les individus actifs (et les autres parts servant à beaucoup de choses). Le régime par capitalisation consiste à distribuer à l’instant N une part de la richesse produite au même instant par les individus actifs, une autre partie servant à rétribuer les individus actifs, c’est à dire la même chose. Ce qui change, c’est la manière d’obtenir les droits, qui est un chemin très indirect pour le régime par capitalisation puisque basé sur la réussite conditionnelle d’investissements financiers, sur des dizaines d’années. Si les investissements sont nécessaires dans une société, le risque est ici moins globalisé puisqu’endossé en grande partie par les futurs retraités. S’ajoute le fait de faire courir un risque financier à un individu dont les revenus ne permettent pas de les couvrir, + un système tellement complexe que l’individu n’a aucun pouvoir. Attention à l’illusion qui consiste à vous faire croire que vous allez consommer dans 40 ans ce que vous aurez épargné aujourd’hui. Même avec un bon congélateur c’est impossible. Vous ne consommerez qu’une part de ce que les actifs pourront produire, et que vous obtiendrez à cause d’un certain droit acquis (financièrement à la banque, légalement à votre caisse de retraite, par propriété sur des biens mobliers ou immobilier). Il y a le même genre de légende au sujet de la dette lorsqu’on veut nous faire croire que nos enfants fabriqueront dans 20 ans le pain que nous mangeons aujourd’hui.

    1. Bonjour !

      @ Idle .

      Je vous remercie pour l’extrait… mais bon, on ne va pas se revisionner l’oeuvre magistrale des Monty Python.
      En revanche, je concède que le choix de cet extrait est pertinent…. Le territoire, l’espace temps, les protagonistes. le séquentiel …. Cela devraient inspirer certains ….

      Bonne journée !

  57. Marlowe livre ici un premier résultat sur l’enquête qu’il mêne depuis de longues années sur la religion de l’économie :
    « La puissance de l’Economie grandit à mesure que la masse des individus, en tant que simples rouages, s’accroît ; tous les jours elle conquiert de nouveaux pays et des pans entiers de nos vies (dans ses dimensions infrapersonnelles sensibles, affectives, amicales, familiales,etc.) tombent dans le chaudront bouillonnant de l’économie pour que la cuisine des économistes les transforme en valeur ; car toutes les choses de la terre et toutes nos ritournelles existentielles dans chacune de ses dimensions individuelles singulières et à chaque fois inobjectivables, ont été mises en valeur, c’est-à-dire plantées dans les champs de l’équivalence générale afin d’être échangées entre elles avec de l’argent – la mesure de cette équivalence de tout avec tout -; tous les jours le Veau d’or de l’Economie grossit, dégrossit et regrossit le troupeau des salariés et des assistés, qui, leur vie durant, simples variables, sont consacrés à augmenter sa masse d’équivalence… »

    Fin de l’épisode.

    1. @Marlowe :

      L’os sur lequel les économistes de l’Empire du moindre mal se cassent les dents est le fait qu’il est impossible de faire rentrer un individu et toute son humanité dans un tableur excel. A la fin, l’humain pleure ou crie et ces sentiments seront traités comme externalité négative jusqu’à l’implosion.

  58. Ce matin Bernard Guetta dans sa chronique sur France Inter :

    L’Europe à l’heure de l’austérité, et maintenant la Grand Bretagne

    MESURES :
    – Réduction des dépenses publiques sur 4 ans : 83 milliards de livres.
    – Hausse d’impôt sur 4 ans : 30 milliards de livres.
    – Près d’un demi-million d’emplois publics seront supprimés.
    – Les dépenses de protections sociales seront amputées 7 milliards de livres à ajouter aux 11 milliards de coupes annoncés avant l’été.
    – L’âge de la retraite passe de 65 à 66 ans plus vite que prévu pour économiser 5 milliards supplémentaires.
    – Les ressources allouées aux collectivités territoriales seront abaissées de 26% ce qui menace directement le logement social, la collecte des ordures et les transports municipaux.
    – Les budgets des ministères baisseront des 19% en moyenne avec des pics de -33% POUR L’ENVIRONNEMENT et l’agriculture, de -24% pour les affaires étrangères, de -23% pour la justice et l’intérieur.

    PROBLEME: Ces mesures résolvent autant de problèmes qu’elles n’en créent

    Je pense que nous sommes confrontés à des rétroactions décroissantes qui s’ajoutent les unes aux autres et certaines ne peuvent plus être évitées. Il ne faut pas perdre de vue qu’une grève est une rétroaction décroissante, la révolution et le chaos sont des supers rétroactions décroissantes. On peut aussi parler des rendements décroissants (réduire coûte cher), etc.

    Espérons que nous serons capables de freiner la décroissance de ce qui ne doit pas obligatoirement disparaître. Hélas nous n’en prenons pas le chemin à voir comment le citoyen lambda semble préférer défier le pouvoir que réfléchir à une autre partage du pouvoir (d’achat) qui tienne la route. Si on met dans la balance la démocratie et le pouvoir d’achat je crains que les citoyens ne privilégient leur pouvoir d’achat.

    1. En effet tous vont découvrir que la décroissance est inévitable, mais de quelle décroissance s’agit-il ? choisie ? subie ?

    2. Le but d’une décroissance choisie est de damer le pion à la décroissance subie pour éviter de se mettre en situation de perte de contrôle qui ne pourrait que mener à une décroissance accélérée. Pour limiter les effets de la décroissance, il faut faire la part des choses entre ce qui va décroitre quoiqu’il advienne (le pétrole, …) et ce qui ne doit pas forcément décroitre (l’éducation, les devoirs citoyens, …). Ensuite il faut à la fois devancer la décroissance de ce qui va inévitablement décroître en utilisant ces marges pour investir dans ce qui peut éventuellement croître.

      Un gros problème est que la décroissance des uns peut être vue comme une opportunité de croissance pour les autres et c’est sans doute pour cela que personne ne bouge vraiment. Imaginez que l’Europe décide unilatéralement de baisser ses imports pétroliers de 50% d’ici dix ans, histoire d’essayer d’anticiper la décroissance de l’offre, ce sera vu par les autres pays du monde comme l’occasion de bénéficier d’une marge et ne règlera en rien les problèmes des limites à la croissance. En tous cas cela aura le mérite de rendre l’Europe plus résiliente et de confronter les autres à leur bonne volonté.

      La courbe décroissante de Hubbert est souvent présentée en symétrie de la courbe croissante mais celle-ci aura ce profile uniquement si nous sommes prêts à payer notre pétrole bien plus cher sinon la décroissance pourrait se révéler bien plus abrupte. Donc tout en payant tout plus cher il faudra être capable d’investir beaucoup plus dans l’exploitation pétrolière et encore plus dans l’exploitation des alternatives.

    3. Certains ne se désespèrent pas. Tout le monde ne peut être écologiste….La CGT a bouffé de l’epo. Voila un tract appellant la population a aider les syndicalistes dIVRY 94.. à bloquer une usine d’incinération des ordures…Après les Centrale atomiques ou s’arrêteront-ils

      .EBOUEURS – C.E.N. – A.E.N.
      Depuis le mardi 19 octobre 2010 à 7h00, le Syndicat CGT du Nettoiement avec de nombreux
      soutiens actifs (nous y reviendrons dans un prochain tract) OCCUPENT jour et nuit la TIRU
      « d’Ivry Brunesseau » empêchant toutes entrées de bennes entraînant l’arrêt progressif des fours
      incinérateur, déjà un quasiment éteint, le second devrait suivre dans les heures qui viennent….
      Dans la même usine, ils empêchent le ravitaillement en gaz des véhicules en bloquant l’accès.
      Juste à coté, ils bloquent la totalité du garage « Ivry Brunesseau » depuis mardi 19 octobre 2010 à
      12h00, aucune benne et autre véhicule n’est sorti.
      L’acte I de l’opération « CHIFOUMI » est réussi.
      Nous pouvons tous ensemble réussir l’acte II, à savoir l’arrêt total des fours.
      Mais pour cela nous avons besoin de tous, dès aujourd’hui, rejoignez le mouvement gréviste et
      inscrivez-vous dans l’action, nous vous donnons rendez-vous dès aujourd’hui à la TIRU « d’Ivry
      Brunesseau » 43 rue Brunesseau Paris 13ème.
      Le vendredi 22 octobre 2010, reconduisons la grève et participons nombreux à l’assemblée
      générale devant la TIRU à 7h00 du matin.
      Vous vouliez une grève générale, elle est en train de se construire.
      Vous en aviez marre des journées « saute mouton », nous sommes en grève reconductible depuis le
      12 octobre 2010.
      Vous vouliez des actions fortes et visibles l’occupation de la TIRU et le blocage d’un garage en est
      une.
      Vous êtes contre la réforme des retraites du gouvernement, vous en demandez son retrait, vous
      voulez satisfaire vos revendications, vous voulez des augmentations de salaire, des effectifs
      supplémentaires, alors rejoignez nous dans la lutte.
      Ne faites pas grève par procuration, rentrez dans l’action et tous ensemble nous gagnerons.
      Nous vous attendons à la TIRU, pour lutter ensemble contre la réforme des retraites, pour la
      satisfaction de toutes nos revendications.
      Il ne suffit pas d’appeler à la grève générale, il faut la construire et pour cela il faut rentrer dans
      l’action dès aujourd’hui.
      Syndicat C.G.T. du Nettoiement des Services Publics Parisiens Bureau 214
      3, rue du Château d’Eau Paris 10ème Tel : 01.44.52.77.05 ou 25 Fax : 01.44.52.77.29. courriel : cgt.syndicat@paris.fr
      Retrouvez tous nos tracts sur le site : http://www.us-cgt-spp.org
      Ce matériel a été élaboré par les syndiqués et est distribué grâce aux cotisations syndicales.
      Paris le 21 octobre 2010

    4. Ils se trompent, et la grève ne sert à rien!!!!

      La grève était possible et nécessaire quant on partait de la misère pour obtenir plus et qu’une expansion était possible à l’horizon.
      Tel n’est plus le cas aujourd’hui, et je pense qu’avec la déplétion pétrolière l’emploi salarié n’est plus possible (peut plus rouler), et nous ne sommes pas encore dans la misère ici en occident.
      Nous ne sommes plus au 19 eme, il faut se battre sur d’autres fronts par exemple économie sociale, relocalisation de l’économie, énergie renouvelables, agriculture durable etc…
      Le prix du pétrole ne va pas augmenter mais c’est le pouvoir d’achat qui va diminuer (malgré les espoirs en la grève), les riches ont retenu la leçon de 2008;
      Pour l’instant la décroissance est subie, quand tous ces grévistes comprendront ces choses élémentaires, elle deviendra choisie.
      C’est cela la participation, ou le participat.
      Allez, au boulot!!!

    5. Plutôt que de défier le pouvoir de façon vindicative et partisane, les citoyens auraient tout à gagner à investir l’agora de manière pacifique, pour apprendre, comprendre, réfléchir, débattre et confronter le pouvoir au vide démocratique qu’il nous impose. Imaginons des grèves conceptuelles, des happenings démocratiques en marge du tête à tête stéril. Espérons un désir de citoyenneté derrière un désir de comprendre et de participer.

      On ne fera pas l’économie d’une confrontation de TOUS les pouvoirs à leurs excès. Confronter les pouvoirs citoyens (consuméristes, syndicalistes, économiques, particratiques, oligarchiques) à tous les non-dits larvés, à tous les raccourcis sur lesquels ils surfent allègrement, à toute la démagogie dans laquelle ils se complaisent. Se confronter tous à tous nos travers pour une révolution des esprits. Youhouuu !

      Expliquons aux citoyens la chance qu’ils ont de vivre en démocratie et informons sur ce qui conditionne ce précieux héritage. Nous avons encore le luxe de la démocratie, demandons du vrai et du sens en mettant en évidence ce qui est dans la balance. Donnons-nous les moyens de nous adapter au long terme, il en va de nos bons ‘acquis’.

    6. A michel lambambotte ….
      .Les pauvres en occident ne luttent pas pour gagner plus mais pour ne pas voir leur statut social diminuer, faudrait peut-être lire Jorion. Que ce faisant ils participent indirectement à l’exploitation des autres parties du monde, il ne pourrait en être autrement qu’en contraignant les gens à émigrer ce qui d’ailleurs se fait de plus en plus. Les grèves actuelles ne demandent donc certainement pas plus – remballez la décroâssance – mais qu’on respecte le statut social actuel de la majorité de la population.
      Si effectivement la planète est en danger par des prèlèvements trop important sur les espaces naturels cela ne veut pas dire que cet accroissement profite aux populations. Les populations se battent en général non pas pour participer au désordre provoqués par les classes dirigeantes mais pour simplement limiter l’impact de ses désordres sur leurs conditions de vies. Par exemple pour bien me faire comprendre les esclaves noirs ne sont aucunement responsables en travaillant dans les champs de coton à la construction du capitalisme moderne , en survivant ils n’ont fait que résister à un capitalisme qui n’avait trouvé que ce moyen pour civiliser des populations ou ce qu’il en restait dont il avait dètruit les pays .
      Les grèves – passées ou actuelles – ne participent donc en rien à la destruction de la nature mais au contraire tentent d’en limiter les nuisances immédiates, en pure perte à long terme comme on peut bien le voir j’en conviens.
      Ces grèves permettent de reculer dans l’honneur vieux principe moral il est vrai . L’humanité en résistant peut ainsi garder l’ESPOIR de mettre en echec la Grande transformation qui a repris son cours et qui nie toute civilisation car on ne peut appeller civilisation mais bien plutot barbarie une société qui prône la prédation ( laisser faire les marché…) comme seule mode de régulation.

    7. .Les pauvres en occident ne luttent pas pour gagner plus mais pour ne pas voir leur statut social diminuer

      Je suis d’accord et j’estime que le droit de grève est légitime, ce que je voulais dire, c’est qu’il me semble qu’à l’heure actuelle nous avons besoin d’autre chose.
      Ces statuts a été concédés par le capital durant les luttes ouvrières, d’ailleurs cela l’arrangeait bien en égard à la société de consommation qui n’a fait que de croître au fur et à mesure de la disponibilité des ressources, ce qui permettait d’augmenter le capital.
      Ce que nous voulons dire Peak oil 2008 et moi-même c’est que ce statut n’est plus possible à cause de l’abscence de croissance pétrolière.
      Il est donc tout à fait normal et non légitime que la dégradion de ces statuts commencent par les plus démunis, puisse qu’il ont été établis par le capitalisme.
      Aujourd’hui il nous faut d’autres statuts, ceux-ci, doivent-ils être imposés par le capital ou doivent-ils être discuter et construit par les citoyens?
      Les paramètres actuels qui de jour en jour apparaissent avec une grande évidence doivent nous guider dans l’élaboration de ces nouveaux statuts.
      Je souhaite que les syndicats dépassent ce pour quoi ils se sont créés, et rejoigent en appuyant tout ce foisonnement d’idées qui apparaissent partout et notamment sur ce blog.

  59. Que proposer comme système alternatif? Serait-ce la suite d’un prochain billet/livre? Le livre sur le capitalisme en préparation en parle-t-il? J’imagine qu’il faudrait parler de:
    – de la notion de propriété
    – constitution pour l’économie
    – organisation des entreprises (et en particulier la composition du conseil d’administration)
    – système monétaire
    – rôle et structure des pouvoirs publics
    Pffff… y’a du boulot 😉

  60. « Le capitalisme est un défaut structurel que peuvent présenter certains systèmes économiques » : y a-t-il certains systèmes économiques qui ne présentent pas de défaut structurel ?

    1. Tant est que faire se peut : l’économie du savoir ? l’économie de la connaissance?
      et tous ceux que vous trouverez par vous-même.

    2. @ la menuise
      Je parle de système économique et pas d’économie ( du savoir, de la connaissance , capitalisme cognitif , post-industrielle etc…)

    3. @ Philémon

      Capitalisme défaut structurel ou système à part entière
      est une nuance qui ne concerne, pour pouvoir en abuser que les adeptes de la religion Tina, there is no alternative; ou Paul Jorion pour développer opportunement son propos.
      Quoi qu’il en soit, le capitalisme a fait son temps et la marchandisation de la vie qu’il promeut ne connaîtra qu’une limite, sa disparition par auto-destruction.
      They are alternatives!

  61. Le problème avec cette histoire de Capitalisme,c’est que l’on fait la confusion (volontaire ou pas?)entre création de nouvelles richesses réelles(capital physique) et l’accroissement du capital en terme de produit financier,hors contrairement à ce que nous dit Marx, si l’investissement dans la production réelle de bien physique diminue et donc son accroissement,il est impossible que les profits financiers continus de croître en réalité(d’où toutes ces bulles ,et tous ces produits dérivés de crédits pourris et au final cette crise).Le problème de Marx étant de ne jamais prendre en compte les capacités créatrices de l’homme(en terme artistique, scientifique et technologique) intégrées et par conséquent créatrices de l’ accroissement exponentiel de la production et donc au final du Capital réel.Maintenant,qu’est ce que l’accroissement réel du Capital en terme physique? C’est d’abord,la capacité qu’à l’homme de créer les conditions de son accroissement sur le plan démographique et les conditions supérieures à sa survie réussie en terme ,notamment d’infrastructures(l’eau,l’énergie,les transports,l’éducation,la santé,l’éducation etc…),aussi,à ce point, il serait urgent de sortir du consumérisme(instant présent/égoïsme) au profit d’une réelle productivité intelligente .Par ailleurs, la croissance des sociétés humaines ne peut se dissocié de l’accroissement de l’énergie en terme de densité de flux d’énergie,ce qui par ailleurs,là pour le coup, va de pair avec une quantité consumée de plus en plus réduite de matières premières fossilisées ou pas (bois,charbon,pétrole,uranium…)c’est dire si la question et l’apport de la recherche fondamentale en Sciences Physiques montre toute son importance .Par exemple,si nous nous donnions les moyens d’accéder à la maitrise et à la capacité de production d’énergie par la « fusion d’atomes d’hydrogène par rayonnement laser »par exemple,nous aurions à disposition, une capacité et une densité en énergie quasiment illimitée ,sans pollution,et quasiment gratuite,qui propose mieux en terme d’avenir?Certainement pas les environnementalistes avec cette fraude des énergies renouvelables (éolien,solaire)et leur mythe « New-Age »de Gaïa inscrit dans un monde fermé au ressources limitées dans lequel l’homme serait l’ennemi de la Nature.Aussi ,la lourde responsabilité humaine en terme de croissance et des conséquences induites sur son environnement doivent se marier avec plus de connaissances concernant la biosphère(au regard de ce que nous disent les microbiologistes et spécialistes en agronomie: Claude et Lydia Bourguignon par ex) ,une économie dirigée vers plus d’intérêt général et un retour au temps long en politique .Par ailleurs,il nous faudrait sortir de cette fraude concernant cette vision entropique de la vie, de la biosphère,et de l’Univers,il est absolument faut de penser que notre Univers serait constitué d’une quantité de Chaleur initiale qui ne cesserait de décroître et qui serait créateur de chaos au fil du temps.A contrario, nous savons maintenant,que l’univers ne cesse de créer de nouvelles sources de chaleur,de nouvelles galaxies,cela certainement grâce à l’adjonction de deux principes opposés entre la matière et l’antimatière,ce qui nous laisse entrevoir de vastes horizons à explorer et à comprendre bien au delà de notre Planète justement.Maintenant ,au regard de l’évolution de notre Planète et de sa Biosphère(l’apport de Vernadsky est essentiel!),ce que nous pouvons voir c’est que la vie en partant des organismes vivants les plus simples(monocellulaires)tend à s’accroître toujours vers une plus grande complexité et densité,en ce sens,pourquoi voudrait-on que l’homme soit en contradiction avec ces principes du vivant ?La grande responsabilité qu’à l’homme vis à vis de ses capacités à comprendre et à intervenir sur son environnement via sa créativité ne devrait en aucune manière être considéré comme une malédiction mais bien au contraire,en tant qu’élément constitutif et créatif de la vie ,une source perpétuelle d’enchantement et d’optimisme.Aussi à nous d’intervenir et d’encadrer le Capitalisme,pour qu’il ne soit plus le cadre de jeu entropique des oligarchies et de leurs grands prédateurs financiers,mais bien le moyen pour l’homme de continuer à s’accroitre tout en participant à faire évoluer positivement son environnement,voir bien au delà…..

  62. Ci-dessous, une vidéo de manif où des policiers font les casseurs. Une personne (qui croyait sans doute avoir affaire à de vrais casseurs) intervient pour interrompre leur petit jeu et se trouve entourée et immobilisée vite fait. Ceux qui vont dans les manifs savent que parfois, là où ça chauffe, on se retrouve entouré de plus de policiers déguisés que de réels manifestants, ici c’est filmé et ceux qui ne vont jamais dans les manifs peuvent avoir un aperçu…

    http://moreas.blog.lemonde.fr/2010/10/22/manifs-la-video-qui-fait-debat/

    1. Cela se confirme. On a retrouvé le monsieur qui est intervenu pour arrêter des vandales et ne s’attendait pas à tomber sur des flics en civil qui faisaient une petite mascarade devant les caméras pour discréditer la manif (d’ailleurs composée pour une bonne part de policiers en civil).
      Dingue. Heureusement qu’on n’est pas dans une dictature comme en Chine hein… 🙂

      http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3473

    2. On tiendrait enfin l’explication définitive de la différence toujours constatée,
      dans les comptages de manifestants?
      Les syndicats compteraient tous les présents, la police que les manifestants.
      Facile pour elle, elle connait le nombre de fiches de paye à soustraire.
      Une énigme de résolue? Ce sont les anthropologues qui vont être contents.

  63. Le capitalisme n’a strictement rien à voir avec la conception tire-lire de Jdacac40.

    Il découle de l’évolution des sciences et des techniques.
    La révolution industrielle permet la concentration de moyens de production
    plus productifs que les outils individuels des ouvriers artisans.

    Impossible désormais de continuer à produire sans passer par le marché du travail.
    Les propriétaires des moyens de production dictent leurs conditions
    à ceux qui n’ont plus que leur force de travail à vendre.
    Les premiers capitalistes sont souvent marchands de biens ou d’esclaves (accumulation primitive).
    Aujourd’hui, ils sont héritiers, sans aucune utilité ni savoir faire.
    Un sur mille « self made man », souvent grâce à l’accumulation formule 1
    des trafics d’influence, de drogue, d’armes et d’êtres humains.

    Le capitalisme a joué un rôle fondamental dans le progrès de l’humanité.
    Il menace aujourd’hui l’humanité et la planète.
    Il aura fallu plus de deux siècle pour comprendre, que le bon sens,
    c’est l’appropriation sociale des moyens de production.

    Il aura fallu plus d’un siècle (depuis la Commune peut-être) pour mettre en oeuvre,
    sur un territoire trop limité, et:ou pas assez avancé, ou sans compréhension pleine
    de la dynamique bureaucratique de toue institution.
    Mais les bilans sont tirés: le coeur du socialisme, c’est bien la démocratie,
    dans tous les domaines et à tous les échelons.
    Autrement dit, non pas la fin, mais le début de la politique au sens le plus noble.

    Plus d’un siècle semble beaucoup aux impatients.
    C’est en fait beaucoup moins que les siècles passés de lutte entre mode de production féodal
    et mode de production capitaliste.

    Maintenant, à nous cependant d’agir vite, car entre crise économique sans précédent
    et emballement de la crise écologique, le temps est sans doute compté.
    Toutes les espèces disparaissent.
    La notre a le privilège de pouvoir retarder l’échéance.

    RDV aux combattants de l’espèce dans la prochaine manif, et plus si affinités!

    1. @ Charles A. dit : 23 octobre 2010 à 09:23

      Le capitalisme n’a strictement rien à voir avec la conception tirelire de Jdacac40.

      Désolé, mais en disant cela, vous vous interdisez l’accès au fondamental, à l’essentiel, à ce qui est capital, même s’il est d’une grande simplicité. Inutile d’aller se perdre dans de grandes théories.

      Pour un travailleur, c’est possible de devenir capitaliste par la technique de la tirelire. A cette fin il convient de se doter des outils nécessaires, que chacun peut trouver en lui-même. Il faut être travailleur, plutôt au dessus du commun des mortels et consommer le moins possible. Pour y parvenir il est nécessaire de développer des vertus particulières permettant de lutter contre de mauvais penchants. Il s’agit de réfréner ses envies de consommer, en résistant aux multiples tentations offertes.

      Notez que, le capitaliste débutant est tout à fait semblable à son frère non épargnant, hormis le fait qu’il a été en mesure d’exercer une pression, non sur son patron, mais sur lui-même. Pourquoi devrait-on les mépriser, les mettre à l’indexe, les stigmatiser comme des incarnations du mal ?

      Voyez aussi, qu’en s’obligeant à ne pas dépenser, le futur grand capitaliste est d’abord un écologiste. Quand il sera plus grand et qu’il investira, ce ne sera que pour créer des emplois et donner du travail à ceux qui, en consommant tout ce qu’ils gagnent, voire-même en s’endettant, consomment à vitesse accélérée les richesses de la planète.

      Pour épargner les richesses non renouvelables de la planète il suffit donc que chaque travailleur se transforme en épargnant, par exemple en capitalisant pour sa retraite au lieu d’en reporter la charge sur les générations suivantes.

      C’est ainsi une façon de refonder le capitalisme, il suffit de l’étendre à tous les travailleurs. Fusionner le capital et le travail, c’est autoréguler la marche du monde. Il faut investir dans un chantier immense en réhabilitant les valeurs morales tant décriées depuis le début des années 70.

      C’est plus un programme religieux que politique et cela tendrait à donner raison à André Malrault. quand il disait « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas ».

    2. @Jducac
      Malraux, agnostique s’il en fût, n’a jamais dit « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas », qui semble en fait une citation non littérale de ce propos authentique :

      Depuis cinquante ans, la psychologie réintègre les démons dans
      l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer leurs dieux.

      ( « L’homme et le fantôme », André Malraux , Cahier de l’Herne, p. 436.)

      Nuance.

      Également, dans la même veine, prophétique, forcément :

      « […]notre crise est celle de la civilisation la plus puissante que le monde ait
      connue. Quelques hommes, à la fin du XVIIIe siècle, ont posé de façon
      saisissante la question : «Qu’est-ce que l’homme?» En face de nous, ce
      n’est pas la nature de l’homme qui est en cause, c’est sa raison d’être,
      singulièrement plus dramatique que les gauchismes ou les droitismes qui
      l’accompagnent. Et notre réponse, c’est: «A quoi bon conquérir la Lune, si
      c’est pour s’y suicider?»

      (Interview avec Paul-Marie de la Gorce dans L’Actualité de mai 1970)

      « Ce monde a eu ses dieux successifs et l’homme trouva en eux sa raison
      d’être. Au XIXe siècle, il commença de la perdre en affirmant que la science
      la lui rendrait au XXe siècle. Nous y sommes. A la veille de la conquête d’astres peut-être morts, dans la plus puissante civilisation que le monde ait connue, et qui n’a su
      créer ni un temple ni un tombeau. C’est pourquoi la crise qui déferle est, beaucoup plus qu’en 1929, une crise de l’esprit ».

      :

      (Malraux: Paroles et écrits politiques 1947-1972, dans Espoir; Revue de l’Institut Charles de
      Gaulle 2, 97.)

      Par contre il a dit aussi, et surtout d’après moi :

      L’humanisme, ce n’est pas dire : « Ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait », c’est dire : « Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase.

      (Les Voix du silence, 1951)

      Pour une exégèse plus complète de la parole apocryphe qui colle aux basques de Malraux, et que vous n’êtes ni le premier ni le dernier à tirer à vous, en manière d’ improbable couverture de survie et de conclusion commode :
      http://www.andremalraux.com/index.php?option=com_content&view=article&id=188%3Alle-xxie-siecle-sera-religieux-ou-ne-sera-pasr&catid=1%3Ails-ont-ecrit&Itemid=35&lang=fr

    3. @ vigneron dit : 24 octobre 2010 à 18:43

      Merci d’avoir apporté toutes ces références de déclarations-réflexions concernant Malraux. Cet homme m’est pratiquement inconnu, comme énormément d’autres. Cela doit apparaître inconcevable pour beaucoup sur ce blog et en particulier pour quelqu’un qui donne l’impression de s’être considérablement enrichi culturellement en accumulant et se constituant ainsi un grand capital. Vous savez que venant de moi, ce n’est pas critiquable, loin s’en faut.

      Merci aussi d’avoir su sortir du champ des frictions-agressions sur lequel nous échangions jusqu’alors pour entrer dans celui de la considération-collaboration qui permet de progresser en commun, même si nous ne fondons pas nos convictions respectives sur les mêmes critères.

      Jean-Luc nous a aidé l’un et l’autre en nous observant et commentant à la manière d’un critique de spectacles. Et tout cela a été rendu possible grâce à internet, et à l’initiative de Paul Jorion.

      A ce stade, en ces temps de doute et d’incertitude sur l’avenir, la rencontre vigneron-jducac, véritable choc des cultures, s’orientant vers l’apaisement, doit donner espoir.

      Mais, pour tirer profit de ce gaspillage d’énergie, qu’il était probablement difficile de ne pas dépenser pour en arriver à échanger sans a priori, il serait certainement utile d’en profiter pour auto analyser nos comportements respectifs. Personnellement je suis prêt à rendre compte de mes ressentis et réactions pour expliquer mon attitude à votre égard.

      Bien évidemment cela ne présenterait de l’intérêt que si cela pouvait aider d’autres blogueurs à éviter de tomber dans des ornières identiques à celle que nous avons empruntée. Vous pourriez, si vous y voyiez intérêt, faire de même.

      Il y a des risques à mettre en oeuvre cette idée. Qu’en pensez-vous?

    4. jducac dit : « Pour un travailleur, c’est possible de devenir capitaliste par la technique de la tirelire. A cette fin il convient de se doter des outils nécessaires, que chacun peut trouver en lui-même. Il faut être travailleur, plutôt au dessus du commun des mortels et consommer le moins possible. »

      Paul Jorion dans le billet L’argent destructeur dit : « On ne peut pas en tant qu’économie nationale, qui s’est quasi spécialisée dans l’exportation, reprocher aux autres qu’ils n’exportent pas autant. Vers où doivent-ils exporter ? Tant que la planète Mars ne s’ouvre pas comme un nouveau marché vierge, il n’y a pas d’issue. Le commentateur en chef du Financial Times, Martin Wolf, a très bien décrit cela. Les Allemands ont renié la parole du philosophe Immanuel Kant : un principe moral doit toujours valoir pour tous, il doit être universel. Mais tous ne peuvent devenir champions du monde de l’exportation. »

      Je vous laisse faire le rapprochement. Est-il matériellement possible que tous sur la planète, sans exception, travaillent beaucoup (et donc produisent beaucoup) et dans le même temps consomment le moins possible ? Qui va acheter la surproduction si chacun se met consommer le moins possible ? Les martiens ?

    5. @ jducac

      Ce que vous êtes rengaine avec vos appels répétés à la cordialité alors que vous demeurez à la surface de sa véritable nature (spontanée, tonique, qui stimule le fonctionnement du cœur !) en décrétant très doctement que seuls les ronds de jambe et l’extrême modération du ton peuvent garantir le dialogue. Les véritables ententes prennent en vérité des chemins fort surprenants, il arrive même qu’elles surviennent entre les interlocuteurs les moins amènes et les plus joyeusement virulents… si tant est, évidemment, que chacun soit réellement curieux de qui le provoque un peu !

    6. @ Martine Mounier dit : 28 août 2010 à 13:42
      Bonjour Martine.
      Je suis surpris de votre appel à des contacts incisifs et virulents pour « stimuler le fonctionnement du cœur » vous qui m’avez fait découvrir le care et montré comment cela pouvait autant être le fait des hommes que des femmes. Est-ce une facette du care que vous ne m’aviez pas montrée ?

      Seriez-vous en manque d’approches viriles ? Souhaitez-vous en découdre ? J’ai bien peur qu’à mon âge je ne sois pas l’interlocuteur qu’il vous faille.
      Quand j’use de formules cinglantes, c’est généralement en réponse à quelqu’un qui le cherche et parfois ça marche dans le sens que vous indiquez.
      Concernant la réponse que j’ai faite ci-dessus à un grand maître du style que vous évoquez, résulte d’un vieux réflexe professionnel qui vise à exploiter au mieux et au profit du plus grand nombre, les expériences passées, qu’elles soient des échecs ou des réussites. Dans ma profession cela s’appelait des retours d’expérience. Ce sont les retours sur des expériences malheureuses, des échecs de première grandeur, qui sont les plus bénéfiques pour faire progresser une communauté. C’est un processus efficace pour améliorer la qualité des relations au sein d’un groupe et accroître les performances collectives. Tout le monde n’est pas préparé à ce type d’analyse qui, au début, mettent à mal les égos surdimensionnés. Il faut accepter de se mettre à poil pour accéder aux causes premières des anomalies et des échecs qu’il vaut mieux finir par qualifier de collectifs pour repartir d’un bon pied.
      C’est tirer les leçons d’une expérience. Les entreprises conduisant de grands projets ne manquaient pas, il y a encore 15 ans, de s’y atteler pour mettre à jour les bases de leur savoir faire.
      Au fait, vous n’avez pas répondu à mon dernier contact provoquant. L’était-il trop ? http://www.pauljorion.com/blog/?p=15036#comment-105479

    7. @fab

      « Vous préoccupiez-vous de ces choses quand vous aviez mon âge ? »

      Oui oui, bien sûr, comme beaucoup de nous je pense à cet âge. Et encore un peu je crois.
      Sans les prédispositions de la petite Severine… In patri veritasDe patris natura

      Nous c’était juste à la télé, pas à la maison ! François de La grange, Christian Zuber, Cousteau, Dumont, Del Vasto, le Club de Rome, tout ça tout ça, et … Bèriot/Péricart ! On a baigné dans l’écologie, le pacifisme, la haine de l’industrie, de la croissance débridée, du gaspillage et puis quoi ? On a plus d’industrie, des rivières et des sols plus propres, des chevreuils qui grouillent dans les campagnes, des ours dans les Pyrénées, des loups dans les Alpes, des mains bien propre sur nos claviers, trois poubelles au lieu d’une, des bagnoles à 5L aux cent au lieu de 8, du pognon plein les banques, de l’électricité nucléaire à 80%, des gens qui nous parle de sens et de spiritualité à tout coin de rue, tout bout de champ, tout bout de pub, et puis quoi ?
      La guerre toujours qui nous montre sa gueule de soudard.
      Et partout la solitude avec sa gueule de carême.

    8. @ fujisan dit : 27 octobre 2010 à 10:56

      Est-il matériellement possible que tous sur la planète, sans exception, travaillent beaucoup (et donc produisent beaucoup) et dans le même temps consomment le moins possible ?

      La réponse est oui, bien évidemment.

      Dans un premier temps ceux qui travaillent beaucoup en consommant le moins possible produisent beaucoup et vendent à ceux qui n’en ont jamais assez. Ceux-là se ruinent en mangeant leur capital. Puis, ils vont même jusqu’à s’endetter et à s’assujettir, eux et leurs descendants, à ceux qui travaillent beaucoup et consomment le moins possible, leurs créanciers.
      Tout cela se déroule sous vos yeux, vous ne le voyez-pas ?

      Puis il viendra un temps où les dizaines de milliards d’esclaves qui travaillent sans se manifester pour donner aux humains un niveau de vie exceptionnel, seront progressivement mis au chômage technique, faute d’avoir suffisamment d’énergie non renouvelable pour les alimenter.
      A partir de ce moment là, la production industrielle baissera au niveau mondial et l’humanité verra son niveau de vie moyen baisser. Les hommes devront travailler plus pour produire moins et gagner moins. Ce sera difficile pour l’occident sauf pour ceux qui auront su préserver un capital afin de pouvoir réagir et s’adapter à la nouvelle donne.

      Ce scénario est connu depuis 40 ans et nos dirigeants occidentaux n’ont rien entrepris pour y faire face en préparant un autre avenir pour leurs peuples. http://www.manicore.com/documentation/club_rome.html

      La lecture du graphique donnant l’évolution des principaux paramètres économiques entre 1900 et 2100 montre, qu’en moyenne, le niveau de vie sur la planète rejoindra en 2030/40 celui qui existait en moyenne en 1950. Cela amène à constater, si ces prévisions se vérifient, que la génération des baby boomers atteindra à peu près l’âge moyen de sa fin de vie après avoir intégralement vécu, depuis sa naissance, dans le confort offert par la pointe exceptionnelle de niveau de vie qu’aura connu l’humanité.

      Tout serait différent si, d’ici là, une nouvelle énergie pouvait être exploitée et faisait connaître à l’humanité une nouvelle vague de croissance, mais ça n’est pas pour tout de suite.

      Il y a aussi une autre solution, c’est d’ouvrir aux hommes un chantier gigantesque consistant à créer ou recréer des richesses dans le spirituel après avoir quasi épuisé le matériel. Là il y a du travail pour tout le monde et il faudra ne plus se caler sur le PIB. La commission Stiglitz a commencé à y réfléchir.

    9. @vigneron, bonjour, je vais quand même vous poser cette question: pourquoi ce ton?Ne pouvez-vous pas vous exprimer plus correctement ou d’une façon plus compréhensible, plus respectueuse aussi? Vous semblez en vouloir à la terre entière. J’ai une petite remarque à vous faire. Dans un de vos commentaires, vous écriviez que votre fils, lycéen, allait manifester, c’est son droit. Mais, si je peux me permettre, sait-il que son père blogue de la sorte? Qu’en pense-t-il? Moi, je vous le dis franchement, mes enfants n’aiment pas trop me voir « accro », derrière l’écran d’ordinateur. Il faut que je leur explique que ce blog me donne la chance formidable d’écrire et d’envoyer mes pensées dans le monde… Allez, je vous laisse, bonne journée quand même.

      @Jducac, en effet, dire que l’on sait tout ça depuis longtemps… Pour moi, le tournant pris dans les années 80 reste une énigme. Sans doute, fallait-il mobiliser le plus de moyens humains et financiers possible pour parachever la révolution numérique, et que nous puissions bloguer ainsi aujourd’hui. Hélas, provoquant aussi des dégâts collatéraux, comme le montre cette crise. Révolution numérique, révolution silencieuse, matière à réfléchir… A vous aussi une bonne journée, maintenant je vais vraiment m’y mettre…

    10. @Cher Jducac

      Que ma manière de réfléchir en dehors des faux antagonismes séculiers de l’identité sexuelle vous explose les neurones et qu’en conséquence de quoi je demeure pour vous une (douce?) énigme, je le comprends tout à fait. Faisons donc simple et plutôt que de nous perdre dans des considérations vaseuses sur la virilité, je vous propose d’ouvrir le chapitre VIII du livre III des Essais de Michel de Montaigne « J’ayme entre les galans hommes, qu’on s’exprime courageusement : que les mots aillent où va la pensée », ou bien – si vraiment le temps vous manque autant que pour lire les livres de Paul Jorion ! -, de jeter vite fait un œil à la lettre C de votre dictionnaire et de vérifier calmement cette fois l’étymologie du mot « cordialité ».

    11. Jducac parlant de son apologie du capitalisme: « C’est plus un programme religieux que politique et cela tendrait à donner raison à André Malrault. quand il disait « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas ».
      Tout à fait exact. Le refus de voir que le capital aujourd’hui, c’est le vol par une classe riquiqui du travail de tous, n’a effectivement rien de scientifique. C’est une fable religieuse, à la mesure des récits bibliques. Il ne servent toutefois pas Dieu, mais les adorateurs du Veau d’Or.

      Quant à Malraux, Jducac reconnait qu’il ne l’a jamais lu.
      Comme sur l’économie, il glose sans ne rien comprendre.
      Merci toutefois pour ces récréations d’une autre époque…

    12. @ Charles A. dit : 28 octobre 2010 à 22:20

      Amis blogueurs ne nous trompons pas de cible !

      Nous ne surmonterons pas les problèmes qui nous assaillent en nous chamaillant en toute occasion. Autant argumenter pour soutenir ou écarter une thèse nous aide dans l’approfondissement de nos réflexions, autant nous faisons fausse route quand, au lieu de nous attaquer aux idées, nous nous attaquons aux personnes. Parlons-nous franchement et sans détour. Dans un climat de tension, ne nous réfugions pas derrière le trop commode second degré et le paravent de l’humour qui risquent d’être mal perçus.

    13. jducac dit : « Dans un premier temps ceux qui travaillent beaucoup en consommant le moins possible produisent beaucoup et vendent à ceux qui n’en ont jamais assez. »

      Donc « ceux qui n’en ont jamais assez » consomment plus qu’ils ne produisent. Ils ne suivent pas votre principe moral, ou plutôt suivent le principe inverse. Mais ce que vous semblez refuser de voir, c’est que « ceux qui n’en ont jamais assez » sont nécessaires à ceux qui suivent votre principe moral, sinon ces derniers ne trouveraient pas de débouchés pour leur surproduction et il y aurait suraccumulation de production. C’est ce que je tente en vain de vous faire comprendre, mais il n’est pire sourd qui ne veut entendre.

      Pour paraphraser Paul Jorion : On ne peut pas en tant que personne, qui s’est quasi spécialisée dans la production et la sous-consommation, reprocher aux autres qu’ils ne produisent pas autant et consomment si peu. A qui doivent-ils vendre ? Tant que la planète Mars ne s’ouvre pas comme un nouveau marché vierge, il n’y a pas d’acheteurs. jducac a renié la parole du philosophe Immanuel Kant : un principe moral doit toujours valoir pour tous, il doit être universel. Mais tous ne peuvent devenir champions du monde de la production et de la sous-consommation.

      Comme vous aimez les robisonades:
      « L’accroissement de mes récoltes me nécessita réellement alors à agrandir ma grange. Je manquais d’emplacement pour les serrer ; car mes semailles m’avaient rapporté au moins vingt boisseaux d’orge et tout au moins autant de riz ; si bien que dès lors je résolus de commencer à en user à discrétion : mon biscuit depuis longtemps était achevé. Je résolus aussi de m’assurer de la quantité qu’il me fallait pour toute mon année, et si je ne pourrais pas ne faire qu’une seule semaille.

      Somme toute, je reconnus que quarante boisseaux d’orge et de riz étaient plus que je n’en pouvais consommer dans un an. Je me déterminai donc à semer chaque année juste la même quantité que la dernière fois, dans l’espérance qu’elle pourrait largement me pourvoir de pain, etc. »

    14. La solitude.

      Le refus de voir que le capital aujourd’hui, c’est le vol par une classe riquiqui du travail de tous, n’a effectivement rien de scientifique.

      Notez que le capitalisme sans capital serait de suite moins crédible.
      Vous parlez de vol. Comme il est facile de pointer du doigt une « classe riquiqui » ! A l’opposé du point Godwin : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça se vende pas… » (Misère). Comment expliquez-vous qu’une « classe riquiqui » puisse, en démocratie (c’est à dire sans l’usage de la terreur), voler le peuple ?

      Est-ce la faute de la minorité ou celle de la majorité ? Si la majorité bosse pour se faire voler tant de % de son travail par une minorité, qu’elle le sait, qu’elle le voit, et qu’elle continue à bosser, c’est qu’elle n’a rien de mieux à faire. Alors quoi ? On va lui redonner la baballe pour qu’il, le peuple, continue à s’amuser, pardon à travailler à l’insu de son plein gré. « Produire et financer quoi, et pourquoi » ai-je demandé ici à plusieurs reprises, et en particulier à Corinne Lepage : pas de réponse, étonnant non ? Le postulat de base de tous ceux qui s’occupent du bon peuple est que celui-ci continue à faire ce qu’il est en train de faire et que seuls eux peuvent s’occuper d’améliorer sa condition…de détention de l’esprit.

      Posons la question : avez-vous conscience d’exister, du miracle que ça représente ? Si oui, comment pouvez-vous être à ce point esclave de la pensée des autres. Si non, vous avez déjà décroché et ça ne sert à rien que je continue.

    15. @ fujisan dit : 29 octobre 2010 à 08:59

      Mais tous ne peuvent devenir champions du monde de la production et de la sous-consommation

      Oui, je suis d’accord avec vous, mais vous n’allez pas jusqu’au bout de l’analyse.

      Regardez la Chine, par exemple. Elle a produit et elle a pris au piège les pays gloutons qui sont allés jusqu’à s’endetter pour consommer, c’est-à-dire l’occident. Elle peut continuer à produire et à écouler sa production sur son marché intérieur et auprès des pays qui ont des richesses naturelles à vendre. La Chine a elle-même de grosses réserves d’énergie sous forme de charbon et elle à des réserves monétaires lui permettant de s’approvisionner en ce qui lui manque, en pétrole notamment.
      La conclusion que l’on peut tirer à ce stade de l’évolution du monde, c’est que la Chine qui a appliqué ce que je préconise « travailler beaucoup et consommer le moins possible » met en difficulté l’occident. Donc, elle se place mieux que l’occident dans le processus de sélection qui règne sur notre planète.

    16. @jducac

      Je traduis vos paroles :

      Regardez jducac, par exemple. Il a produit et il a pris au piège les consommateurs gloutons qui sont allés jusqu’à s’endetter pour consommer.

      La conclusion que l’on peut tirer à ce stade de l’évolution du monde, c’est que jducac qui a appliqué ce qu’il préconise « travailler beaucoup et consommer le moins possible » met en difficulté les consommateurs gloutons. Donc, il se place mieux que les autres dans le processus de sélection qui règne sur notre planète.

      Mais au-delà de ce parallèle, je ne peux accepter un principe moral qui prône de « prendre au piège » et « mettre en difficulté » pour « mieux se placer » que ce soit la Chine ou un jducac. Par ailleurs, au bout du compte la Chine comme les jducac sont eux-mêmes pris à leur propre «piège». Tel est pris qui croyait prendre, car comme dit l’adage : Quand vous devez 100 euro à votre banque, c’est problème pour vous, mais quand vous devez 100 millons d’euros, c’est un problème pour le banquier.

    17. @ fujisan dit : 30 octobre 2010 à 14:08

      Vous avez détourné le sens du message qui vous était adressé.

      Cà n’est pas celui qui travaille beaucoup et qui consomme peu qui manque de vertu, c’est au contraire celui qui travaille peu et consomme beaucoup qui s’élimine lui-même du jeu en allant jusqu’à s’endetter parce qu’il ne sait pas réfréner ses envies.

      En effet, dans l’exemple chinois, une fois le consommateur glouton étasunien laissé avec les dettes qu’il a contractées de son plein gré, le grand travailleur chinois trouvera un autre grand travailleur chinois qui, après avoir fait quelques économies se décidera à acheter la production du premier sans avoir à s’endetter.

      L’économie a fonctionné longtemps sans avoir recours au crédit à la consommation.

      Vous donnez l’impression d’être à bout d’argument et, vous tentez de vous en sortir en vous en prenant à la personne qui vous a toujours répondu positivement dans le seul but de vous éclairer et de vous orienter dans la bonne voie. Ce qu’elle vous a indiqué correspond à un principe d’action mis en application par des gens modestes de sa lignée, lesquels ont conforté leur situation, la tête haute et la conscience tranquille, sans ressentir le besoin d’exprimer le moindre dédain ni la moindre pointe de mépris à l’égard de quiconque.

    18. @jducac

      Décidément votre cas est désespéré. Je ne fais que vous mettre face à vos propres contradictions : vous ne pouvez à la fois condamner le « consommateur glouton » et glorifier tous les « vertueux » jducac de la terre, car sans « consommateur glouton », aucun jducac ne pourrait exister. Les « consommateurs gloutons » sont une nécessité absolue aux jducac de la terre. Peu me chaud que cela vous plaise ou non, que vous ayez bonne conscience ou non, mais c’est un fait irréfutable : la surproduction des uns équivaut à la surconsommation des autres (hors éventuelles variations de stocks).

      De même pour les pays : les exportations des uns équivaut aux importations des autres. Sans pays importateurs nets (« consommateurs gloutons »), il ne saurait exister d’exportateur (les jducac de la terre).

    19. @ fujisan dit : 30 octobre 2010 à 22:59

      Je maintiens, répète et confirme, même si vous martelez mon pseudo à l’infini, cela n’y changera rien « travailler beaucoup et consommer peu » est une attitude vertueuse qui est bénéfique à celui qui l’adopte.

      Je vous le dis depuis le 28 octobre 2010 à 11:04 relisez ce que j’ai écrit au lieu de chercher à détourner mon message.
      Je vous ai expliqué le processus: ceux qui sont plus consommateurs que travailleurs finissent, pour satisfaire leur gloutonnerie, par ne plus avoir d’autre ressource que de vendre leur capital. Ils vendent leur fond de commerce et leurs outils de production sans forcément les exporter. Dès ce stade ils sont fichus, car ils perdent le revenu du capital et n’ont plus que le revenu de leur travail et, comme travailler n’est pas leur fort, cela ne peut durer très longtemps.

      Puis on passe au stade suivant quand il convient de renouveler le capital devenu obsolète. Celui qui, depuis l’étranger a engrangé les revenus du capital va les réinvestir dans un outil de production plus performant, mais il le fera là où l’on est prêt à travailler beaucoup pour pas trop cher, donc ailleurs.
      Voila comment s’opère le processus de sélection naturelle au sein des communautés humaines.

      Ça n’est pas la première fois que je m’exprime ainsi, je l’ai fait ici : 25 avril 2010 à 11:04 http://www.pauljorion.com/blog/?p=10544#comment-72967 sur un autre ton, un jour où j’étais moins patient.

      Puis, en remontant le temps j’en arrive à la réponse que je vous avais faite ici : jducac dit : 27 décembre 2009 à 20:26 http://www.pauljorion.com/blog/?p=5861#comment-46645 quand à l’issue d’un long échange j’en étais arrivé à constater que vous ne vouliez pas entendre parler de « travailler ».

      A quoi cela sert-il d’ergoter sur le thème « travailler beaucoup et consommer peu »?

    20. jducac dit : « Je maintiens, répète et confirme, même si vous martelez mon pseudo à l’infini, cela n’y changera rien « travailler beaucoup et consommer peu » est une attitude vertueuse qui est bénéfique à celui qui l’adopte. »

      Etes-vous capable de sortir ne fusse que 5 minutes de votre posture de missionnaire investi de la très sainte mission de propager la bonne parole divine : « travailler beaucoup et consommer peu » (AKA « Travailler plus pour gagner plus ») ?

      Etes-vous capable d’arrêter un moment de jouer au grand inquisiteur fustigant les consommateurs gloutons et autres jouisseurs intempestifs incapables de réfréner leurs envies que vous voyez comme incarnations du Mal ? Vous prétendez ne pas « ressentir le besoin d’exprimer le moindre dédain ni la moindre pointe de mépris à l’égard de quiconque » mais qui condamne les autres ici ? Qui est intolérant ici ?

      Votre attitude que vous jugez « bénéfique » n’est possible qu’à condition d’avoir en face de vous d’autres qui adoptent une attitude que vous jugez « maléfique ». Je ne fais qu’exposer froidement des faits et me refuse d’émettre un jugement moral, c’est vous uniquement qui l’émettez et y revenez sans cesse.

      « Je vous le dis depuis le 28 octobre 2010 à 11:04 relisez ce que j’ai écrit au lieu de chercher à détourner mon message. »

      Je ne détourne pas votre message, c’est au contraire vous qui voyez toujours un discours moralisateur que je ne tiens pas (pas plus que beaucoup d’autres ici) et ne fais que vous retourner votre propre discours moralisateur. Etes-vous capable de faire l’effort de tenter de comprendre ce que les autres vous disent ? (ça devrait vous parler, l’effort, non ?)

      Il y a un art de l’écoute. Pour être vraiment capable d’écouter, on doit abandonner tout préjugé, toute idée préconçue et toute activité quotidienne. Quand vous êtes dans un état d’esprit réceptif, les choses se comprennent aisément ; vous écoutez quand vous êtes réellement attentif à quelque chose. Mais malheureusement, la plupart d’entre nous écoutent à travers l’écran de leur résistance. Nous avons l’écran de nos préjugés religieux ou spirituels, psychologiques ou scientifiques, ou celui de nos soucis quotidiens, de nos désirs ou de nos peurs. Et c’est à travers cet écran que nous écoutons. Nous écoutons donc réellement nos propres bruits, nos propres sons, et non ce qui est dit. Il est extrêmement difficile de laisser de côté notre éducation, nos préjugés, nos inclinations, nos résistances et d’écouter par delà l’expression verbale de façon à comprendre dans l’instant même.

      Jiddu Krishnamurti, The First and Last Freedom, p.19, 1964, London

    1. Oui, il faut faire à la fois comme Cantona et comme jducac :
      retirer les sous de la banque et ne plus consommer, on (enfin, ceux qui en ont !) les garde sous le matelas, dans la lessiveuse de mamie, dans le bas de laine…..

    2. @ louise dit : 24 octobre 2010 à 19:38

      N’oublions pas que nous sommes frères et soyons encore plus solidaires qu’avec nos autres frères.
      Avec votre histoire de lessiveuse et de matelas, j’imagine qu’il s’agit de gentiment se moquer, comme avec la tirelire, d’une proposition sérieuse, qui dérange tous ceux qui n’ont pas pris l’option que je préconise et s’en trouvent bien maris. La proposition de Cantona n’est pas sérieuse, elle émane d’un dangereux pyromane.

      Les banques ont leur raison d’être par les services qu’elles nous rendent dans la vie courante notamment en faisant travailler les dépôts afin de prêter, par exemple à ceux qui veulent investir dans un logement. Elles jouent par contre un rôle néfaste lorsque par exemple elles offrent, sans qu’elles aient été sollicitées, des autorisations de découvert permanent comme cela a été le cas pour ma jeune « nièce », votre fille. Accepter de telles propositions c’est comparable à l’accueil d’un parasite auquel elle offrirait son sang.

      Elles jouent également un rôle antisocial lorsqu’elles poussent à la souscription de crédits à la consommation courante, lesquels n’existaient pratiquement pas avant les années 60 alors que, pourtant, avec un niveau de vie inférieur à celui d’aujourd’hui, les gens vivaient quand-même et développaient des comportements vertueux en apprenant à résister à leurs envies.
      Il serait à ce sujet intéressant de savoir qu’elle part de l’accroissement de niveau de vie s’est trouvée neutralisée par les intérêts des crédits à la consommation.

      Il ne faut surtout pas mettre ses économies dans une tirelire ou sous un matelas. Non, il faut les investir dans des activités prospères ou en voie de l’être pour créer des emplois. Ce travail de gestion pertinente de l’épargne crée des emplois et permet de maintenir le pouvoir d’achat du capital.
      Le moment venu, lorsqu’on décide de l’utiliser, ce capital aide à couvrir des besoins prévisibles, par exemple lorsqu’on est contraint de se faire assister en devenant vieux. Il aide à créer ou à maintenir des emplois dans les maisons de retraite….Il me semble l’avoir déjà dit ; qu’importe le conseil est bon, il n’y a pas de mal à le renouveler.

      Mais l’intérêt d’une telle pratique ne se mesure pas qu’en euros, elle se mesure aussi en aptitude à mieux vivre ensemble. Cela facilite l’acceptation des autres, y compris des plus riches que soi. On peut ainsi les imaginer issus de la même veine, au lieu de nourrir à leur égard une haine absurde qui nuit à notre communauté du fait des frictions inutiles qu’elle engendre. C’est fou le supplément de bonheur qu’on trouve simplement, en n’étant pas haineux.

  64. @Fab 27 octobre 2010 à 08:34,

    Bonjour Fab,

    Je crois qu’un bon nombre d’entre nous sont bien décidés à ne pas vouloir réellement aborder LE vrai problème. Alors, on danse… on tourne, on tourne en rond… On finira bien par se fatiguer… Je pense que derrière tout ça, il y a une GRANDE peur. Un des drames de l’humanité, c’est la peur. Il faut vaincre cette peur, et arrêter de faire peur…

    Et encore merci de me soutenir ici et là…

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