L’actualité de la crise : DIEU VIENT DE RATER UNE MARCHE, par François Leclerc

Billet invité.

Une nouvelle et édifiante page de la finance est en train d’être écrite : celle de la fabuleuse aventure de Facebook. Non pas telle que racontée dans « The Social Network », le film a succès centré sur la vie de son créateur (et qui ne lui pardonne rien), mais comme elle est actuellement vécue sur le second marché des entreprises technologiques non cotées (private companies) et relatée par la presse financière. Car les success stories ne sont plus ce qu’elles étaient au pays du rêve américain déclinant, ni dans la vie, ni au cinéma.

Une juteuse opération financière était en effet en cours, sous l’égide de Goldman Sachs, mais elle vient de connaître un accident de parcours. La valeur de 2,1 milliards de dollars d’actions de Facebook allait être proposée hors marché à des clients privilégiés et fortunés de la mégabanque, qui allaient se ruer sur l’occasion, malgré une valorisation en très forte hausse et une commission bancaire élevée. Des cadres de Goldman Sachs avaient également la possibilité de profiter de ce cadeau d’entreprise.

Sur ce marché secondaire, les valorisations des sociétés – calculées en fonction de la valeur des transactions effectuées – atteignent pour certaines des sommes vite faramineuses, qui enflent en quelques mois. C’est le cas de Facebook, ou bien de Twitter, les deux nouvelles stars du marché. Celle de Facebook vient d’atteindre 50 milliards de dollars, multipliée par deux en l’espace de seulement 5 mois. Facebook ayant 600 millions d’utilisateurs, cela représente 83 dollars par utilisateur, pour un service gratuit qui peine à trouver son modèle économique, à qui un chiffre d’affaire de deux milliards de dollars annuel est accordé par les analystes. Mais qu’importe aux yeux des investisseurs, qui peuvent réaliser de gigantesques profits s’ils savent se retirer à temps, avant que l’affaire retombe comme un soufflé ou même que la bulle explose.

L’une des particularités de l’opération montée avec Facebook était que Goldman Sachs a créé à cet occasion un fonds d’investissement abrité dans un véhicule spécial, auquel il était proposé de souscrire, afin de contourner la réglementation de la SEC – l’autorité de régulation – selon laquelle une société non cotée dépassant le seuil de 499 actionnaires doit rendre public des informations économiques et financières de base. Dans l’intention que celle-ci compte pour un seul actionnaire l’ensemble des souscripteurs du fonds, car lui seul deviendrait actionnaire direct de Facebook. Un montage très créatif comme on le voit.

Seconde particularité, Goldman Sachs et un fonds d’investissement russe intitulé Digital Sky Technology (DST) ont préalablement eux-mêmes investi respectivement 450 millions et 50 millions de dollars, sur le montant total de 2,1 milliards de dollars. Fondée par Alisher Ousmanov – un magnat russe né en Ouzbekistan, condamné à six ans de prison pour malversation, son jugement ensuite révisé après avoir regagné les faveurs de Moscou – DST a parmi ses principaux actionnaires Goldman Sachs. Un certain nombre des cadres de cette dernière l’ont d’ailleurs rejoint pour y exercer leurs talents. Un second montage créatif.

Comment les choses ont-elles déraillé ? Devenue publique à la faveur d’une fuite, reprise par les journaux, l’affaire a suscité une réaction de la SEC, qui s’intéresse à ce second marché et cherche notamment à savoir sur quelle base les transactions y sont effectuées, puisque les entreprises privées ne publient pas d’informations comme le font les entreprises cotées. Devant le danger que représentait la menace du couperet du seuil des 499 actionnaires, et probablement sous les injonctions de la SEC, Goldman Sachs a coupé court et a retiré son offre du marché américain, la réservant pour ses clients étrangers. L’ampleur des fuites rendait en effet incompatible avec la réglementation américaine la poursuite d’une opération censée se tenir en privé.

Les choses ne se sont pas passées comme prévu : ce qui devait rester confidentiel ne l’était plus et Goldman Sachs risquait de devoir rendre publiques des informations économiques sur l’activité de Facebook, ce qui n’était pas non plus dans ses intentions. On va voir pourquoi, car l’histoire n’est en effet pas destinée à s’arrêter là.

Google a connu en son temps la même situation que Facebook, amené à lever régulièrement des fonds et brûlant son capital en attendant de trouver son modèle économique, pour finalement dépasser le seuil des 499 actionnaires et entrer à la cotation en 2003. Une même inévitable issue est garantie à Facebook, qui aurait déjà plus de 300 actionnaires, mais la société ne veut pas réaliser une entrée à la cotation avant d’avoir suffisamment fait grimper sa valorisation sur le second marché. Car la faire progresser sera ensuite beaucoup moins aisé.

Pour cette raison, la société en est même venue à interdire à ses employés de revendre leurs actions, afin d’éviter une augmentation du nombre des actionnaires. Pour cette même raison toujours, il n’est pas question de stopper cette progression fulgurante de la valorisation de Facebook par la publication de vulgaires données économiques de base, qui risqueraient d’être moins enthousiasmantes.

Moyennant des commissions que l’on suppose confortables, Goldman Sachs a donc monté l’opération avec cet objectif, en préparation d’une entrée en bourse prévue dit-on pour 2012. Ce qui explique qu’elle se soit réservée avec sa consœur DST un quart des actions cédées, s’étant octroyé le droit de les revendre à tout moment et sans préavis, une possibilité qu’elle refusait à ses clients.

Dans notre saga « Comment créer de la valeur », ce devait être un nouvel épisode de la série consacrée aux « Œuvres de Dieu » de Lloyd Blankfein, son Pdg. Les circonstances et la malchance semblent en avoir décidé autrement.

La ruée vers l’or qu’avait déclenchée Goldman Sachs pouvait difficilement passer inaperçue, les clients fortunés se bousculant pour y participer. Ses initiateurs, tout à la bonne affaire qu’ils allaient faire faire à la banque, ont vu trop grand et à trop large échelle.

Une autre morale peut en être tirée de ce loupé, au moment où la banque cherche à se présenter sous ses jours les plus innocents et respectables. Après avoir du payer une amende de 550 millions de dollars sous l’injonction de la SEC dans une autre affaire qui a fait du bruit, l’affaire Abacus. Elle avait alors oublié d’informer ses clients que la composition d’un produit financier adossé à des crédits hypothécaires qu’elle leur vendait avait été déterminée par un hedge fund dont l’intention était de parier sur la dépréciation de ces crédits. La vente des actions de Facebook était-elle destinée à se faire pardonner auprès de ceux-ci ?

Les temps ont malgré tout un peu changé, en tout cas si l’on considère l’atmosphère de suspicion qui entoure Wall Street. L’attelage Goldman Sachs-Facebook ne pouvait pas ne pas attirer l’attention, alors que « The Social Network » fait un tabac aux Etats-Unis, vient d’être récompensé aux Golden Globes et que son fondateur, Mark Zuckerberg, n’y est pas présenté sous son meilleur jour. Soupçonné d’avoir piqué l’idée de Facebook et d’avoir escroqué son associé, devant satisfaire à un règlement à l’amiable et au payement de lourdes indemnités pour éviter les procès. L’affaire vient de connaître un nouveau rebondissement.

Les meilleurs affaires se font entre amis, à condition de bien les garder pour eux. Mais les petits secrets ne sont plus dans l’air du temps, quand la malchance et trop de sûreté en soi s’en mêlent.

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57 réflexions sur « L’actualité de la crise : DIEU VIENT DE RATER UNE MARCHE, par François Leclerc »

  1. à tomber le cul parterre, loi de la gravité, cette affaire de fesse-book ; il faut dépasser le stade de la honte pour acheter ce genre de revues… 😉

    1. Bonjour à tous,

      Toujours une affaire de nuances et d’opportunités. Des petits malins cherchent à tricher, nous le savons réagissions intelligemment. François Leclerc nous présente un fait dérangeant, je parie qu’en utilisant les ressources de Facebook lui-même il est possible de faire bcp pour que cette affaire échoue.
      Sur la différence entre légalité et légitimité, je vous invite à lire et écouter ce que dit Miguel Benasayag.
      Bonne journée

    2. Sur la différence entre légalité et légitimité, je vous invite à lire et écouter ce que dit Miguel Benasayag.

      intervention de Miguel Benassayag d’utilité publique ...
      nous sommes là au coeur du problème : l’éthique en situation, et non une morale rigide et immanente …
      la prise de risque, inévitable dans l’engagement …
      et, la « société du contrôle » (donc du refus du risque: or, naître et vivre, c’est courir le risque de mourir un jour), » proprement « dite – c’est le cas de le dire : rien ne doit dépasser – que l’on nous installe chaque jour un peu plus : stérilisation de toute créativité, non rencontre avec l’autre, et sentiment d’avoir fait ce qui était « prescrit » [ tout marche par « protocole » et par chiffrage =) ex. entraînant de sérieux problèmes pour les soignants : la personne malade n’étant pas chiffrable, n’étant pas « à gérer », nécessitant un temps d’écoute informel, un quelque part autre, pour la rencontre entre le sachant-soignant et le sachant-malade ; mais aussi dans bien d’autres secteurs de la Société ],ce qui était prescrit, et qui a été effectué, exécuté, hors du réel : prescrit et réel étant souvent antinomique =) je prends le risque de dire : différence entre aliénation totale et ouverture de son angle alpha (!) cf F.Lordon « capitalisme, désir et servitude »…

    1. Dans notre saga « Comment créer de la valeur », ce devait être un nouvel épisode de la série consacrée aux « Œuvres de Dieu » de Lloyd Blankfein, son Pdg.

    2. Oui, avec son attelage de deux infinis irréconciliables, le titre est magnifique. Sans compter que louper une marche quand on est le Dieu des marchés n’est pas de bon augure…

    3. Sans compter que louper une marche quand on est le Dieu des marchés n’est pas de bon augure…

      oui, ça fait désordre !
      tout le monde n’est pas capable de descendre le grand escalier du casino (de Paris, pour l’exemple qui suit ), avec grâce et humour :
      « Cécile Sorel (grande comédienne du français) monte également sa revue avec la célèbre
      phrase : « l’ai-je bien descendu ? » (texte de Sacha Guitry). »

  2. GosBanks françaises / U.S. big banks

    Le total des dettes des 3 big banks des Etats-Unis est de 5 900 milliards de dollars soit 40 % du PIB ($14 730 milliards) des 300 millions d’Américains,

    Tableau 1 :

    2010 Q3

    Bank of America

    JPMorgan

    Citigroup

    Actions de préférence

    18,1

    7,8

    0,3

    Total des dettes

    2 115,4

    1 975,6

    1 818,4

    capitaux propres

    212,4

    166,0

    164,9

    Leverage (µ)

    10,0

    11,9

    11,0

    Tier (%)

    10,0

    8,4

    9,1

    Les chiffres sont en milliards de dollars, µ est un multiple.

    Beaucoup d’Américains estiment que ces big banks sont too big to fail alors que les nôtres sont considérablement plus dangereuses : le total des dettes de nos 4 Gos banques est de 6 000 milliards d’euros, soit 3,2 fois le PIB annuel (€1 920 milliards) pour 64 millions d’habitants,

    Tableau 2 :

    2010 T3

    BNP*

    Cdt Ag Groupe

    Soc Gen

    BPCE

    Total des dettes

    2 169,0

    1 787,2

    1 124,3

    1 061,3

    Capitaux propres

    68,1

    72,5

    25,7

    44,9

    Leverage (µ)

    31,9

    24,7

    43,7

    23,6

    Tier (%)

    3,1

    4,1

    2,3

    4,2

    Les chiffres sont en milliards d’euros.

    BNP, la plus grande banque du monde par le total de ses dettes, ne publie même pas son bilan trimestriel, ce qui est contraire aux règles les plus élémentaires, en toute impunité.

    La défaillance d’une de nos Gos banques (avec des ratios d’endettement hors normes) serait irrattrapable, et elles sont capables du pire comme les meccanos de la Générale l’ont déjà montré en faisant perdre 5 à 6 milliards d’euros en quelques jours.

    Les big banks américaines respectent presque déjà les exigences de Bâle III : un µ inférieur à 10 et un Tier supérieur à 10 % alors qu’il manque 400 milliards d’euros de capitaux propres à nos Gos banques françaises (pour les respecter) : 150 milliards pour la BNP, 105 milliards pour le Crédit Agricole, 85 milliards pour la Générale et 60 milliards pour BPCE.

    Le gros problème qui se pose actuellement dans le monde est l’aptitude des communautés nationales (politiques et financières) à imposer aux dirigeants des big banks le respect des règles d’endettement pour que seuls les actionnaires paient leurs erreurs, et non pas les contribuables.

    La défaillance de big banks qui ne respectent pas les règles d’endettement peut arriver très vite comme le montre ce qui s’est passé aux Etats-Unis et en Irlande (replongée dans une crise profonde après 25 ans de croissance et de prospérité).

    ***

    Ces règles d’endettement (leverage ou Tier) telles que je les calcule d’après celles qui ont été édictées par la BRI, ne garantissent pas parfaitement la bonne santé des banques qui les respectent, mais ce sont les meilleures et les plus simples car elles obligent les actionnaires à engager d’une façon importante leur responsabilité en cas de pertes inattendues, ce qui les incite à contrôler efficacement la gestion des dirigeants auxquels ils confient leurs capitaux.

    Par ailleurs, toutes les observations sont concordantes : les banques qui respectent ces règles n’ont jamais de gros problèmes qui n’arrivent qu’à celles qui ne les respectent pas. Cet indicateur est le plus fiable et le plus pertinent. C’est celui qui est défendu par ce bon vieux Greenspan.

    Tout est simple…

    1. …. et accessible au néophyte ! Merci. Vous donnez aussi les ratios pour les principales banques européennes pour parfaire le tableau ?

  3. Fondée par Alisher Usmanov – un magnat russe né en Ukraine, condamné à six ans de prison pour malversation, son jugement ensuite révisé après avoir regagné les faveurs de Moscou – DST a parmi ses principaux actionnaires Goldman Sachs.

    Il doit y avoir une erreur. Alichere Ousmanof est bien un oligarque russe mais n’est pas lié à ma connaissance à DST. Il n’est pas non plus d’origine ukrainienne mais est ouzbek. Son nom indique clairement qu’il est issu d’une république turcophone (russification du nom turc Ousman). Par contre, il a bien fait l’objet de poursuites judiciaires… mais à l’époque soviétique pour corruption et extorsion de fonds. Il a été condamné à 8 ans de prison et en a fait 6 (libéré pour bonne conduite). Il a effectivement été blanchi mais pas par Moscou, par Tachkent (capital de l’Ousbekistan).

    Par contre, la description que vous donnez correspond à peu prêt à Youri Milner. Mis il n’a pas assez de pouvoir / fortune pour pouvoir prétendre au titre de magna ou oligarque. Par contre, il est bien le fondateur de DST. En tout cas officiellement, car les fonds derrière DST sont issus de Goldman Sachs. Il n’est qu’un paravent ou une marionnette si vous préférez. D’ailleurs l’essentiel de l’executive board de DST est constitué de personnes issues de Goldman Sachs. Pas folle la guêpe…

    Youri Milner a effectivement fait l’objet de poursuites mais pas pour les faits que vous évoquez. Le FSB l’a interrogé pour déterminer l’origine de fonds suspects et ses relations avec Mikhail Mikhailovitch Mirilachvili un oligarque russo-israélien, mais d’origine géorgienne, qui a été soupçonné, avec son frère ainé, d’avoir orchestré l’enlèvement de son père. La famille Mirilachvili est également soupçonnée de lien avec la mafia israélienne.

    1. En utilisant la transcription anglaise de Ousmanof (Usmanov), je signais mon crime, ou plutôt j’indiquais ma source : le Financial Times.

      Si Yuri Milner est bien identifié comme la tête chercheuse de DST à la Silicon Valley, Alisher Usmanov y est décrit comme étant d’origine ukrainienne et jouant un rôle important dans DST, ayant eu 34% des parts à l’origine. Il est précisé qu’il possède 25% d’une filiale intitulée Mail.ru, un important gestionnaire de courrier électronique. Enfin, c’est le propriétaire de l’Arsenal, le club anglais de football.

      L’article de Wikipédia dont vous donnez le lien mentionne d’ailleurs sa participation dans DST, qu’il chiffre à 32%, et précise qu’il était en mai 2009 déjà actionnaire de Facebook à hauteur de 1,96%.

      Nous parlons du même, à son lieu de naissance près  ! Par ailleurs, je suis bien d’accord avec vous : DST est un faux-nez de Goldman Sachs…

    2. Mea culpa. J’aurais du lire le lien de Wikipedia que j’ai moi-même posté. Cela est effectivement indiqué.

      Ceci dit c’est intéressant de savoir qu’Ousmanof est lié à DST et donc à Goldman Sachs. Cela permet d’identifier l’origine probable des fonds qui lui ont permis de prendre possession de son empire lors de la phase de privatisation dans les années 90.

      Pour ce qui est de Mail.ru, je suppose que c’est au travers de DST qu’il y a une participation ou est-ce une participation directe?

  4. Les valeurs authentiques on un trait commun, c’est d’être principe d’invention et de vie…La valeur véritable ne s’encadre jamais dans un devenir nécessaire…Aussi, le DIEU du titre de votre billet est probablement une copie ou un faux…Remarquez, que je ne suis pas un expert en matière des Dieux.

    1. je vous cite chère IDLE.

      Les valeurs authentiques on un trait commun, c’est d’être principe d’invention et de vie…La valeur véritable ne s’encadre jamais dans un devenir nécessaire…Aussi, le DIEU du titre de votre billet est probablement une copie ou un faux…Remarquez, que je ne suis pas un expert en matière des Dieux

      quelles valeurs authentiques reflètent la vie ?.
      et pourquoi cela est nécessaire?
      merci ,vous êtes une valeur sure et Dieu s’il existe ?
      moi j’aime bien ce que vous dites IDLE
      avec vous la route est belle..
      merci

  5. On dirait bien qui il y un lézard dans le potage…Extrait de l’article du lien d’Onubre :

    « (…)Ces excédents de 146 et 179 Md de $ en 2009 et 2010 sont transformés en dette financière de l’Etat fédéral car ces excédents sont investis en bons du Trésor. Cela peut sembler étrange dans un pays comme la France ou les comptes sociaux sont dans le rouge. Aux USA les comptes sociaux sont excédentaires car les cotisations sont supérieures aux versements. Les Investments of Governement accounts désignent les fonds sociaux dont les excédents augmentent la dette fédérale sans relation immédiate avec le déficit budgétaire. »…

  6. Je n’arrive pas à savoir si l’histoire que vous nous avez racontée est terminée.

    A ce stade, la SEC dit: « plus de çà chez nous », et Goldman-Sachs réplique : » puisque c’est comme çà, j’irais ailleurs, et je vous signale que j’ai des amis Chinois qui sont intéressés (cf. leur communiqué de presse). »

    Quid du passage à l’acte? Est-ce que l’affaire sera faite quelque part, par exemple dans une arrière-salle du « Lotus Bleu »? Auquel cas les Chinois, même conscients de prendre des risques financiers, peuvent considérer qu’il s’agit d’investissements stratégiques, dans un secteur qui passe pour sensible en cas de troubles politiques.

    Pour les mêmes raisons, Facebook et Goldman-Sachs oseront-ils affronter le gouvernement américain?

    Dernière possibilité : que personne n’en sache rien.

    J’avoue que je n’arrive pas à me faire une religion….

  7. Bonjour,

    Je viens de tomber sur un article qui pourrait vous intéresser : WikiLeaks allegedly given details on thousands of Swiss bank accounts (article de Stephen C. Webster publié hier sur le site The Raw Story)

    « […] former Swiss banker Rudolf Elmer released two optical discs he said carried files showing massive, unmitigated tax evasion by American, Asian and European individuals and corporations. »

    Voilà qui pourrait devenir intéressant et, espérons-le, provoquer une nouvelle épidémie de scandales financiers. Affaire à suivre…

    1. Ridicule… alors que la Grèce est de facto en situation de réechelonnement de sa dette ! Il ne faut pas trop en demander aux Belges, Dissy. Nombrilistes pathologiques, ils ne voient le monde qu’à travers le bout de la lorgnette de leur crise politique.

  8. L’hiver avait été froid et sec. Puis le temps avait changé et lorsque Georges écarta les rideaux de sa chambre, ce matin du 18 janvier 2031, il vit que le ciel s’était chargé de nuages à l’ouest et il se dit que la température devait être plus douce. En buvant son café, il commença à consulter les sites d’information qui lui étaient familiers. Il regarda distraitement les journaux français.
    Certains avaient fait leur premier titre sur la visite du président de l’Union européenne à Shanghai. Il y avait rencontré les principaux représentants de l’Union économique sino-japonaise pour discuter des modalités d’application de la réforme du système monétaire international décidée à la conférence de Vancouver un mois auparavant. Presque tous les autres titraient sur les discussions qui se poursuivaient entre le gouvernement français et certains représentants du gouvernement belge en exil pour que la Wallonie soit rattachée à la France.
    Comme d’habitude, il s’attarda davantage sur les sites d’information économique et financière. La longue pratique qu’il avait acquise dans ce domaine lui permit de faire rapidement le tri entre les informations. Il passa rapidement sur celles qui indiquaient une amélioration de la situation économique et financière mondiale, lut en diagonale celles qui mettaient l’accent sur une certaine stabilisation et porta toute son attention sur les analyses les plus inquiétantes. Elles démontraient, chiffres à l’appui, que les différents replâtrages du système financier mondial qui avaient été discutés et laborieusement mis en place par les G 20, puis les G 30, puis les G 48 successifs pour aboutir à la fameuse Conférence internationale de Vancouver de décembre 2030 n’avaient résolu aucun problème de fond. L’hyper-capitalisme financier partiellement régulé, suivant l’appellation sophistiquée qu’on utilisait maintenant pour tenter de donner un nom à l’innommable, n’était pas plus stable que le précédent, le capitalisme financier non-régulé.
    Un grand nombre de données que Georges pointa avec la précision d’un expert, montraient à l’évidence que ce néo-capitalisme allait connaître à son tour des crises de grande ampleur dont il ne se relèverait pas. Après avoir recueilli et analysé ces données, Georges alla dans la cuisine et se servit une autre tasse de café. Il avait dû pleuvoir pendant qu’il avait les yeux fixés sur l’écran. Les toits d’ardoise luisaient comme des rochers marins. Il revint dans son bureau et se mit à rédiger sa chronique quotidienne. Elle figurait dans la fameuse rubrique « Quand ça veut pas, ça veut pas » qu’un nombre de plus en plus grand de ces voyageurs immobiles qu’on appelait toujours « internautes » suivaient et commentaient avec passion. il intitula son billet du 18 janvier 2031 : « Après la pluie…la pluie ». Puis il sortit acheter les journaux. Le soleil brillait entre les nuages. La rue résonnait de bruits clairs et nets. On aurait pu se croire au début du printemps.

    1. Déséquilibre durable et critique durable ? Tout ne serait alors que théâtre d’ombre, puisque la vie continue et pas si mal ? Interpelant…

  9. Arrêtons de disserter à l’infini sur l’économie qui décline. C’est un fait. Il faut que le système saute… le plus tôt possible. Plus on attend plus la chute sera rude.

    Alors… soyons plus subversifs…

    Ne voyez vous pas que les politiques sont terrifiés par les menaces des banques…. qu’ils n’osent plus bouger à contre-courant de la réthorique mécanique des gouvernants financiers en place… N’avez-vous pas vu la gêne des chefs politiques avec ce qu’il s’est passé en Tunisie.

    En parrallèle les tenants du monde financier tentent par tous les moyens d’accélérer un processus de mondialisation qui reste leur unique porte de sortie éventuelle. (avec, par exemple, de l’argent électronique, sans étalon autre que celui du pouvoir…)

    Heureusement, la population terrestre n’est pas encore prête pour une mondialisation. C’est d’une évidence, avec des singes dans mon genre…

    Il faut que ça pète le plus vite possible.

    Tous dans la rue !!!

    1. Goldmann Sachs n’est plus une banque mais une machine à pillier.

      Goldmann Sachs a, en tout cas, voulu être un pilier « too big to fail » …et, la folie aidant, s’est mise à piller sans vergogne …
      j’espère bien que, comme tout voleur, elle sera mise au pilori

  10. Il y en a d’autres private companies qui, malgré les sommes levées considérables, ne souhaitent pas ouvrir au public leur capital. Bien entendu pour échapper aux obligations qui vont avec.

    Pour moi, le paroxysme dans ce domaine c’est BATS Exchange. Pourquoi? Oh c’est simple, la réponse est dans leur nom. Il s’agit tout simplement d’une de ces nouvelles places de marchés financiers autorisées par la déréglementation financière. Bref, le comble: une bourse qui ne fait pas confiance à la bourse pour se financer elle-même!

    Ceux qui se cachent derrière l’homme de paille qu’est Joe Ratterman (le CEO de BATS) sont également connus: JP Morgan en première position…. et l’inévitable Goldman Sachs.

  11. Graffiti chiottes Princeton

    Dieu est mort!
    Signé; Nietzsche

    Nietzsche est mort
    Signé;Dieu

    Ps ;entendu à la radio,je n’ai jamais pissé à Princeton.

  12. Obligations : forte tension sur les taux

    Les taux se tendaient fortement mardi sur l’ensemble des dettes de la zone euro, dans un contexte d’appétit pour le risque et alors que de nombreuses opérations doivent être absorbées. Signe de ce mouvement : même le Bund allemand à 10 ans, qui sert de référence, voyait ses taux augmenter nettement. Vers 18H00 (17H00 GMT), ils étaient à 3,105 % contre 3,033 % la veille au soir et ceux à 10 ans de la France à 3,484 % contre 3,424 % lundi soir. Hors zone euro, le rendement du Gilt britannique à 10 ans avançait à 3,665 % contre 3,609 %. Les dettes les plus touchées restaient toutefois celles des pays fragiles de la zone euro : les taux portugais à 10 ans montaient à 6,940 % contre 6,818 % la veille en clôture et ceux de l’Irlande à 8,681 % contre 8,370 %. Les taux grecs à 10 ans étaient de leur côté à 11,285 % contre 11,050 % la veille en clôture.

    Plus de détails avec BA ce soir certainement!

    1. la vérité et la réalité se rejoignent :
      ce sont tous des men-tueurs.
      et leurs ment-songes ne nous font pas rêver .
      gold-bankestein non plus .

  13. Assez contradictoire ces infos non?Bonnes nouvelles ?Virtuelles non?

    Les Bourses européennes dopées par les bonnes nouvelles

    mardi 18 janvier 2011, 18:55 afp
    Les Bourses européennes ont très nettement progressé mardi, dopées notamment par la perspective d’augmentation des capacités du Fonds de soutien aux pays fragiles de la zone euro. Les marchés européens ont été également soutenus par la réussite d’une émission obligataire en Espagne avec des taux d’intérêt en baisse pour la première fois depuis octobre et une demande très forte des investisseurs, nouveau signe d’un apaisement des tensions dans la zone euro. A ces éléments très positifs sont venus s’ajouter de bons indicateurs économiques en Europe (forte hausse du baromètre ZEW en Allemagne) comme aux Etats-Unis (hausse de l’activité industrielle dans la région de New York), soulignaient les opérateurs. L’Eurostoxx 50 a progressé de 1,20 %.

    1. au lieu de le laisser en lévitation,
      qu’on lui file un tapis volant, à lui et aux quarante voleurs, et qu’on les envoie dans la substratosphère !

  14. « Ces gens là » qui sont à l’opposer de la chanson de Brel vont regretter les salons feutrés ou à la fin d’un diner quelques convives avaient le privilège autour d’un cigare et de cognac de défaire le monde à leurs profits, c’est déjà ça.

  15. @régoris
    « (…)quelles valeurs authentiques reflètent la vie ?.
    et pourquoi cela est nécessaire? » me demandiez-vous…
    …Ou encore, comment distinguer les valeurs authentiques ou valeurs vraies des fausses valeurs ? Y a-t-il un critère en axiologie ou sommes-nous livrés sans défense aux hasards des circonstances? Dire que des valeurs quelles qu’elles soient, s’imposent de façon authentique à l’esprit humain, en raison de sa structure, il n’y a rien de plus exact : l’homme est un être qui se dépasse lui-même, qui projette, et tout dépassement, tout projet supposent un but dont la recherche a une valeur; toute valeur est transcendante. Mais, si vraie que soit cette affirmation, elle n’offre aucun principe de choix. Du reste peut-il en être autrement?…Supposer des valeurs stables et fixes, qui s’imposent à tous, cela ne reviendrait-il pas à dire que l’histoire de l’humanité est achevée, quelle n’a plus à se dépasser?…Devons nous donc nous créer à nous-mêmes nos propres valeurs?…L’homme serait ainsi pris entre l’arbitraire d’une liberté, à laquelle il serait impossible d’échappée et donc condamné, et à une discipline qui fixerait et figerait son activité.
    L’erreur serait de croire pourtant que notre liberté à chacun est limitée par la situation particulière où nous mettent notre époque, notre pays, notre éducation, notre hérédité.
    Toutes cette situation comprend des évaluations dont on pourrait dire au premier abord que nous sommes des esclaves.
    On ne peut pas feindre que l’histoire de l’humanité recommence avec chaque homme; la vérité, c’est que l’atmosphère de valeurs, que nous respirons, dans la situation particulière où nous sommes, possibilités ou obstacles; il n’y a pas d’arbitraire complet; ici encore, nous voyons que la valeur ne peut s’estimer sans se manifester dans une oeuvre imprévisible. Aussi de toute la valeur que nous pourrions nommer, nous ne pouvons savoir, par son simple nom, si elle est ou non authentique; il y a la science du savant, et celle du pédant, la religion du mystique et celle du pharisien, l’art du génie et celui de l’école…D’où je disais…Les valeurs authentiques ont un trait commun, c’est d’être principe d’invention et de vie et que la valeur véritable ne s’encadre jamais dans un devenir nécessaire.

    Je souhaite avoir répondu à votre question.

  16.  » L’ancien banquier suisse Rudolf Elmer a remis des données contenant des informations sur les comptes bancaire de 2.000 personnes de premier plan à Wikileaks via son fondateur Julian Assange lors d’une conférence de presse à Londres lundi, ce qui pourrait déclencher une nouvelle série de révélations.

    M. Assange a dit que les données contenues sur deux disques révéleront la corruption et la criminalité au sein du monde mystérieux de la banque offshore. M. Elmer, qui a fourni auparavant des données à Wikileaks , a été congédié de la banque suisse Julius Baer en 2002.

    Lu à la fin de cet article sur « EUobserver.com »
    http://euobserver.com/9/31655/?rk=1

  17. Pas le plus important mais mr leclerc ousmanof n est pas proprietaire de arsenal.il detient 27% du capital du club et a exprime en decembre dernier la volonte de monter a 30% niveau de minorite de blocage.
    Le monde est plus complexe et moins caricatural que ce que vous decrivez.l univers ne se resume pas aux mechantes banques,aux mechant oligarques russes,au capitalisme sauvage et aux gentils
    pauvres……..
    Sur le sujet facebook la valorisation potentielle a 50 milliards est mise a mal dans des centaines de blogs financiers et si il se trouve des investisseurs suffisemment idiot pour investir a ce niveau sans avoir aucune visibilites sur le compte d exploitation actuel et a venir de face book tant pis pour eux……..
    Pour ce qui est de goldman sachs.ce sont des requins qui agissent souvent a la limite des reglementations mais ils ne sont pas les seuls.c est vieux comme la speculation du bulbe de tulipe….cela n excuse pas leurs pratiques mais permet de relativiser l etat du monde.tout ne va pas si mal quand meme……..

  18. « Dans notre saga « Comment créer de la valeur », ce devait être un nouvel épisode de la série consacrée aux « Œuvres de Dieu » de Lloyd Blankfein, son Pdg. Les circonstances et la malchance semblent en avoir décidé autrement. »

    Je lis, je relis, je ne comprends toujours pas : et donc, qu’est ce qui a déraillé ?

    1. A cause de fuites, Goldman Sachs a du changer ses plans et revenir sur le cadeau qu’il se préparait à faire à ses clients fortunés, après s’être servi au passage. Malgré tout, les temps ne sont plus exactement ce qu’ils étaient.

    2. Mr leclerc pouvez preciser à quel cadeau exactement vous faites allusion?
      Investir dans facebook a un prix valorisant la societe a 50 milliard de dollar me semble etre au contraire un piege pour les investisseurs.je comprends l’interet de GS à savoir les commission sur
      L’introduction en bourse de facebook en 2002(il est problable que GS est favori pour le mandat apres une operation pareille).le dernier placement prive sur face book valorisait la societe à 20 mill
      (vous y faite allusion).GS pourra utiliser son reseau clientele pour alleger sa position discretement
      par la suite(tpujours le meme probleme de conflit d’interet) mais quel est l interet des investisseurs?

    3. Vous n’avez pas tort de soupçonner Goldman Sachs de se préparer à revendre ses actions, y compris à ses propres clients, la veille du jour où la valorisation de Facebook chutera.

      Mais nous n’ en sommes pas là : la prochaine étape de l’introduction en bourse n’est pas encore intervenue, qui fait partie du plan. En attendant celle-ci, les investisseurs peuvent valablement espérer voir Facebook continuer à se valoriser.

      C’est un jeu où il faut simplement sortir à temps, le mieux étant d’être averti…

    4. Quel est l’intérêt des investisseurs ? C’est la question légitime que se pose le quidam qui imagine que l’investisseur se pose d’abord de graves questions avant d’acheter. Mais vient immédiatement une phrase qui dit que les choses ne se passent pas comme le quidam l’imagine :

      La valeur de 2,1 milliards de dollars d’actions de Facebook allait être proposée hors marché à des clients privilégiés et fortunés de la mégabanque, qui allaient se ruer sur l’occasion, malgré une valorisation en très forte hausse et une commission bancaire élevée. Des cadres de Goldman Sachs avaient également la possibilité de profiter de ce cadeau d’entreprise.

      Manifestement, GS fait tout pour faire croire aux investisseurs que ces actions Facebook seront une affaire juteuse, et donc qu’ils doivent se dépêcher d’acheter avant qu’il n’y en ait plus. Alors l’investisseur se tâte, et se pose une grave question, en effet, mais qui n’est pas celle que le quidam imagine. Il se demande seulement s’il doit, ou non, sauter sur l’occase…

  19. Si Blankfein et GS pensent faire l’oeuvre de Dieu, ils vont découvrir que Celui-Ci a horreur qu’on Lui dise quoi faire…

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