BFM RADIO, LUNDI 24 JANVIER 2011 À 11h39 – LA DETTE PUBLIQUE U.S.

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On m’apprend à l’instant que je serai remplacé au pied levé ce matin par M. Sarkozy évoquant sa présidence du G20. 😉 Mon intervention ce matin aurait de toute manière été la dernière dans le cadre d’une chronique régulière le lundi matin sur BFM Business. Voici le billet que j’avais préparé.

La dette publique des Etats-Unis

Du train où vont les choses, en 2020, les rentrées fiscales aux États-Unis ne représenteront plus qu’un quart des dépenses de l’État fédéral ; en 2025, les recettes ne permettront plus de couvrir qu’un seul poste budgétaire : le service de la dette, le versement des intérêts sur la dette publique.

Une telle situation étant ingérable, il faudra bien entendu prendre des mesures drastiques bien avant. Une échéance interviendra d’ailleurs d’ici deux à trois mois : avec un déficit près de 10 fois plus élevé que celui de la France (1.300 milliards de dollars en 2010 contre environ 100 milliards d’euros), la dette publique américaine atteindra le plafond de 14.300 milliards de dollars fixé par le Congrès en avril ou au plus tard au début mai 2011. Les démocrates s’efforceront de faire voter une hausse de ce seuil, les républicains ont promis de s’y opposer. Si un accord ne peut pas être obtenu, les États-Unis feront défaut sur leur dette.

Une commission bipartisane, créée par le président Obama, la National Commission on Fiscal Responsibility and Reform, a proposé en décembre dernier un ensemble de mesures qui pourraient permettre de retrouver un équilibre en 2015 ; elles comprennent en particulier une réduction de l’aide médicale aux retraités, la taxation du carburant et une réduction de la défiscalisation sacro-sainte des versements d’intérêts. Des mesures envisagées un moment comme l’introduction de la TVA (inexistante aux États-Unis) ou d’une taxe-carbone ont été rejetées à la suite d’un véto de la Chambre de Commerce. Une victime toute désignée des mesures envisagées : la fin des États-Unis comme superpuissance militaire et de leur fonction de gendarme du monde. Aucune majorité parlementaire ne peut cependant être réunie pour voter les mesures proposées par la commission, ce qui a conduit l’agence de notation Moody’s à lancer un avertissement qu’une dégradation de la note de risque de crédit des États-Unis était envisageable ; la nouvelle majorité républicaine au Congrès a conduit à l’extension des exonérations d’impôt pour les plus riches introduites par le président Bush, aggravant encore le déficit.

En décembre, le président Obama a introduit un moratoire gelant pour deux ans le salaire des fonctionnaires. Les États et les administrations locales licencient (près d’1/2 million de postes de fonctionnaires ont été perdus depuis août 2010 au niveau local), gèlent ou réduisent le salaire de leurs fonctionnaires (–10% en Californie) et relèvent les taux d’impôts locaux, provoquant du coup une fuite des entreprises et des particuliers vers les États moins endettées. Certains réclament le vote d’une loi permettant aux États et aux municipalités de faire faillite et de restructurer leur dette (seul le Vermont a le droit jusqu’ici de présenter un budget déficitaire). La Grèce n’est pas seulement en Europe dit-on aux États-Unis : elle est ici aussi.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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78 réflexions sur « BFM RADIO, LUNDI 24 JANVIER 2011 À 11h39 – LA DETTE PUBLIQUE U.S. »

  1. Si je ne m’abuse le budjet 2011 n’est pas encore passe au congrès Par contre la decision a deja ete prise par le president de bloquer les salaires de tout les fonctionnaires federaux pour deux ans.
    Ceci comprend les travailleurs subalternes locaux engages dans les ambassades americaines, payes a des salaires locaux dans la devise locale (plus de 50000). Pour certains de ces employes qui se trouvent dans des zones de forte inflation, cette decision aura un impact catastrophique.
    On peut lire dans un rapport du bureau de l’inspection generale de 2009 les problemes que cela va poser (page 23) http://oig.state.gov/documents/organization/123525.pdf
    « lower grade employees fall sort of living standards.These argument included accounts for local staff :removing childeren from school, Cutting back to one meal a day, Sending Childeren to sale water or little cakes on the streets….. »
    On est loin de l’image que la plupart des gens ont des employes (locaux) d’ambassades.

    Lien pour le memo d’Obama sur le blocage des salaires :

    http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2010/12/22/memorandum-adjustments-certain-rates-pay

    1. Ceux qui sont payés en monnaie locale le sont par l’ambassade, pas directement par un ministère. De toutes façons « blocage des salaires » doit être compris comme « pas d’augmentation en dollars (ou équivalent) ».

      Jamais les rep’s ne s’opposeront sérieusement à une élévation du plafond de la dette, même le tea-party n’oserait pas. Ils mangeront leur chapeau, l’annonce de la possibilité d’un défaut sur le dollar serait catastrophique.
      Ils diront qu’Obama leur a forcé la main, qu’ils ne voulaient pas, que les dem’s sont des méchants et des inconscients, qu’ils veulent tuer le dollar, blabla…
      La question est plutôt de savoir à combien ils vont relever le plafond. A vue de nez, assez haut pour ne plus le heurter pendant la législature mais pas trop pour ne pas inquiéter.

      D’un autre côté… le bilan des USA EST catastrophique, si on inclut les « munis », les fonds de pension d’état et les fanny mae, freddy mac etc. Provoquer un choc, une rupture nette et tenter d’en profiter en répudiant une partie de ses dettes, et proposer aux autres d’en faire autant, serait une manoeuvre intelligente qui permettrait d’assainir la finance.
      Mais ce serait renvoyer les usa et le dollar au rang de puissance régionale, et la perte de niveau de vie serait très importante pour l’américain moyen, impossible de se faire élire ensuite.

  2. Enfin ! Je rêve de connaître ce jour où les USA feront défaut sur leur dette !
    Voir exploser en vol ce modèle économique pourri jusqu’à la moelle serait trop cooool.
    Mais HP a probablement raison, les républicains vont bouffer leurs chapeaux plutôt que d’aller dans le mur…
    qui prend les paris ?

  3. @ HP
    Vous écrivez :
    «  » Jamais les rep’s ne s’opposeront sérieusement à une élévation du plafond de la dette, même le tea-party n’oserait pas. Ils mangeront leur chapeau, l’annonce de la possibilité d’un défaut sur le dollar serait catastrophique.
    Ils diront qu’Obama leur a forcé la main, qu’ils ne voulaient pas, que les dem’s sont des méchants et des inconscients, qu’ils veulent tuer le dollar, blabla… » »
    C’est certain. Bcp de politiciens sont des « pantins » ( mais presque tt le monde ferait même chose à leur place non ..??)
    Dans un livre de SCHNITZLER  » Relations et solitudes », un chapitre parle de la vanité de la Politique. notamment, à propos des Hommes politiques :

     » Il est difficile de déterminer à quel moment la bétise a pris le masque de la friponnerie et la friponnerie celui de la bêtise. C’est pourquoi il sera tjrs difficile de porter 1 jugement juste sur hommes politiques »

    1. Bcp de politiciens sont des « pantins » ( mais presque tt le monde ferait même chose à leur place non ..??)

      NON. Presque tout le monde, autrement dit 90 %, ce sont les peuples,
      qui finissent toujours par agir pour eux-mêmes,
      se révolter contre justement les pantins de la classe dominante,
      même si il faut souvent des dizaines d’années pour supporter, s’organiser,
      se tromper, mais apprendre qui est qui, et comment arracher le pouvoir.

      Justement, la crise, c’est l’accélération de ce temps,
      dont témoigne l’explosion en Tunisie.

      Pour la France,vieux pays d’illusions électorales, il faut patienter.
      A moins d’une explosion imprévisible qui éviterait bien des désastres sociaux et écologiques,
      il faudra encore attendre que les politiciens de rechange,retournent au ratelier
      pour que la majorité comprenne que politiciens professionnels de gauche ou de droite,
      c’est la même tragédie dictée par le capitalisme,
      et que l’alternative c’est survivre sous la tyrannie du capital ,
      ou mettre l’économie au service des besoins durables.

    2. @Charles A
      Je vous rejoins et j’estime, par ordre d’importance, que les qualités d’un homme Politique sont, à la louche :
      honnêteté intellectuelle, altruisme, compétence, sens pratique, intelligence, charisme (éclairé), engagement (pas la tête dans le guidon), …….

      J’ai commencé à lister ceux qui font partie de la short list, elle est ténue.
      Je proposerais, à l’image de notre sinistre de l’éducation, une évaluation de l’existant sur 1 certain nombre de critères majeurs comme ceux cités.
      Il y a Politique et politique comme Histoire et histoire.
      Ah l’Histoire et sa connaissance, encore un critère oh combien essentiel.
      Je suis en cours de rattrappage actuellement et ça me décoiffe. Je n’aurais pas le temps, pas le temps…..

    3. @ Charles A : je comprends votre CMT de 10h 37
      Là n’ai pas trop le temps .. suis entre autres en train de jeter à la poubelle des tas de documents sur le MoDem ( une belle fumisterie .. qui m’avait bouffé du temps à une époque..).
      j’en ai la nausée .. car souvent à l’intérieur des partis politik, c’est même pire que dans l’activité professionnelle dans le privé
      Allez
      A+

    4. @ Alain

      Voilà un témoignage qui nous encourage tous,
      comme les personnes a priori « conservatrices » qui se rapprochent de Paul Jorion.
      Bienvenue dans le tous ensemble pour sauver l’humanité et la planète du désastre!

  4. Puisque l’on parle d’US, Jean-Claude Trichet vient de faire une interview dans le Wall Street Journal.
    ‘Importante’.
    Car il y annonce ceci :
    « it could raise interest rates in the future even though some countries have been weakened by the Continent’s debt crisis. »
    « Many economists worry that higher interest rates would do further damage in such countries, where the interest burdens on high private-sector debts are closely linked to the ECB’s policy rates. Mr. Trichet rejected calls to take special heed of stragglers on the euro zone’s fringe.  »
    « In the U.S., the Fed considers that core inflation is a good predictor for future headline inflation, » he said. But in the euro zone, « core inflation is not necessarily a good predictor. »
    That implies the ECB could raise rates this year if it senses that companies and workers expect headline inflation to stay above 2% for some time—even if the main source of inflation is world commodity markets.
    http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703398504576099680269779402.html?mod=WSJEurope_hpp_LEFTTopStories

    Résumé :
    1/ retour à l’orthodoxie inflationniste de la BCE
    2/ on siffle la fin de la partie pour le secteur bancaire : démerdez-vous sans la BCE mais la BCE fera son taf’ contre l’inflation, vous êtes prévenues.
    3/ que des pays ‘périphériques’ souffrent, c’est pas mon problème : que les états assument leurs responsabilités, ne comptez pas sur moi pour ne pas assumer les miennes.

    En conséquences :
    1/ augmentation du coût de refinancement pour les banques : déjà qu’elles sont aux taquets, là, elles vont prendre le bouillon pour certaines d’entre elles …
    2/ idem pour certains pays, notamment la Grèce et l’Irlande : en clair, que les politiques s’activent pour, soit augmenter le fond de secours européen, soit pour faire défaut sur la dette publique. Quand les taux d’intérêts monteront, il sera trop tard.
    3/ exemple sur un aspect particulier : le marché immobilier en France, déjà plus que ‘tendu’, se cassera la gueule, avec la remontée des taux d’intérêts. Car les acheteurs potentiels sortiront de la ‘zone d’emprunt’ potentielle, faisant ainsi chuter les ventes et donc les prix, afin de rendre plus solvable la demande, qui ne l’est déjà plus. Ceux qui ont acheté cher et voudront revendre cher, vont perdre de l’argent. Ralentissement économique en vue (secteur immobilier mais aussi construction, déjà très fragile).

    Bref, afin de défendre les rentiers contre l’inflation, tout sera fait comme il se doit.
    Que le message soit passé, ‘à bon entendeur salut’ (dixit Trichet).
    Et que la Kata reprenne dans toutes ses largeurs.

    Si Trichet fait vraiment ce qu’il dit, on va morfler.

    1. Cela fuse dans tous les sens en Allemagne, avec comme objectif de faire bouger le gouvernement allemand et de lui faire accepter la proposition de son délégué au EFSF, Klaus Regling, à savoir l’élargissement de sa mission à une intervention sur le marché obligataire, qui suppose un accroissement de ses moyens et une décision politique.

      C’est dans ce contexte que l’on peut apprécier la nouvelle intervention de Jean-Claude Trichet, qui met à sa manière les Allemands devant leur responsabilité: ou ils se décident, ou ils devront assumer un éclatement de la zone euro et, pour le moins, de très fortes turbulences bancaires. Voilà le message dans l’immédiat.

    2. Bonjour François.

      Vous avez raison.
      Oli Rehn met aussi la pression, après la commission européenne, sur l’Allemagne :
      http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/01/24/l-ue-appelee-a-etendre-son-fonds-de-soutien_1469584_3214.html#xtor=RSS-3208

      A cette lumière là, on peut comprendre l’intervention de Trichet. C’est aussi ce que j’indiquais, avec le choix entre l’agrandissement du fond européen ou le risque de défaut des états. L’Allemagne est ainsi mise au pied du mur.
      Sauf que la décision politique risque d’intervenir, encore une fois, trop tard. On le saura notamment mardi, pour l’Irlande.
      Concernant l’augmentation des taux d’intérêts, il est vrai que Trichet a dit que cela n’était pas pour dans l’immédiat. Mais il pose déjà ses jalons : ce sera pour cette année de toute façon, si l’inflation continue à augmenter. Et je ne vois pas pourquoi elle cesserait d’augmenter, vu le carry trade en cours et le rally sur les commodities.

      De fait, on est en plein ‘rally’, en ce moment.
      🙂

    3. @zébu
      La Tunisie etait plongée au coeur d’un système mafieux. Quand on a lu ceci, on comprend le peuple :
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/21/un-scarface-a-tunis_1468724_3232.html

      Extrait :
      « Dès qu’un homme d’affaires parvenait à construire un projet viable, il devait céder son business aux clans et à leurs hommes liges. Ainsi de la tragédie vécue par l’importateur en Tunisie de l’enseigne Bricorama. Sitôt l’implantation réussie, il reçut la visite d’hommes d’affaires lui conseillant de leur céder la majorité des parts. Ses refus répétés lui ont attiré la visite de voyous. Insultes, menaces, coups de fil nocturnes, pressions allant crescendo sur sa famille. Sa femme, épuisée, se suicidera. L’homme sera dépouillé de sa société. Et les Trabelsi ajoutèrent Bricorama à leurs prises de guerre commerciales : Monoprix, Carrefour, Orange, Tunisiana Télécom. »..

      Un système mafieux, comment ça marche :
      1% d’élites servis par 9% de laquais
      Prix des denrées de base x 4
      Travail, racket et propagande (un must)

  5. « Mon intervention ce matin aurait de toute manière été la dernière dans le cadre d’une chronique régulière le lundi matin »

    Quelle idée aussi de travailler un lundi matin …

    « Le lundi au soleil, … ».
    Non.
    « EDF. Le seul service public qui ait rendu service au public ».

  6. Au §2, vous dites « La dette publique américaine atteindra le plafond de 14.300 milliards de dollars fixé par le Congrès en avril ou au plus tard au début mai 2011. Les démocrates s’efforceront de faire voter une hausse de ce seuil, les républicains ont promis de s’y opposer. Si un accord ne peut pas être obtenu, les États-Unis feront défaut sur leur dette. »

    J’avoue avoir du mal à comprendre l’enchaînement. Il y a donc une loi qui fixe le montant maximal d’endettement de l’Etat fédéral US ? Et si ce seuil ne peut être relevé, comment cela implique-t-il un défaut sur la dette ?

    Merci à qui peut m’éclairer !

    1. Ne vous posez pas trop de questions accessoires, Luxy. C’est purement budgétaire. Et le seuil sera relevé tout comme n’importe quel budget de fonctionnement.
      Les US ne peuvent, de toute façon, se permettre de faire défaut.

      Par contre, là où c’est plus qu’important est dans l’annonce de Moody’s.
      Car il y a deux possibilités :
      – soit c’est du pipeau histoire au contraire de renforcer la crédibilité d’un possible contrôle de la dette… (chose impossible vu leur économie réelle)
      – soit c’est réel et les taux d’emprunt des US font nous faire du Grec.

      Il faudrait qu’Onubre nous explicite le mouvement. Sachant qu’il a déjà prévu que ça coincerait. Simplement, ça pourrait coincer encore plus vite, de ce fait là. Time is money.. et inversement.

    2. Blague de raffinerie :
      Mon premier est un serpent d’Amazonie.
      Mon deuxième est habituellement sur les toits.
      Mon tout est dans tous les pons garages alsaciens…

      Un python tuile.

    3. @yvan
      J’adore ce rappel, Yvan je vous attend sur mon divan.
      Mon premier est un prénom
      mon second est un prénom
      mon troisième est un prénom
      mon tout est un lieu touristique alsachien

      Les Trois Epis.
      (Seppi, traduction alsacien de Joseph comme Gusti pour Auguste ou Beri pour Albert, …..)
      On a aussi d’er « Jules vum gass ».

    1. Merci Charles A. pour ce lien.

      Notamment :

      Cette dernière observation ne signifie pas que la cessation des paiements sera nécessairement accompagnée par une sortie de l’euro : « Il n’y a pas un lien de sortie automatique de l’euro si la Grèce cesse de payer. La Grèce doit décider -après un débat au Parlement grec et avec le peuple grec- si elle reste dans la zone euro ou non. »

      Selon M. Toussaint les salaires, les pensions et les dépôts des épargnants peuvent être garantis. « Si un État refuse de rembourser sa dette, il économise de l’argent. En effet, le remboursement dévie une grande partie des dépenses publiques vers les créanciers. Si l’Etat utilise cet argent à d’autres fins, il peut payer les salaires de la fonction publique, verser les retraites, faire fonctionner les hôpitaux, les écoles et les organismes publics, il peut aussi assurer la sécurité du pays. Jusqu’à maintenant, tous les pays qui ont récemment refusé de payer leurs créances ont amélioré leur capacité à se conformer à leurs obligations à l’égard des citoyennes et citoyens du pays. »

      En plus, concernant les dépôts des épargnants, « l’autorité publique doit prendre ses responsabilités et créer un vaste secteur public du crédit. L’État peut récupérer le coût du renforcement du système bancaire sur le patrimoine des principaux actionnaires des banques ».

      Mr Toussaint met le doigt sur les points essentiels!

  7. Accrochez-vous: l’OCDE se prononce contre la propriété privée…
    Bien sûr, la petite propriété individuelle, notamment immobilière, qui aurait limité la mobilité des salariés, donc la flexibilité…
    Comme depuis le début du développement des rapports de production capitaliste, la petite propriété
    doit disparaitre devant le capital.
    Le capital devra disparaitre devant la démocratie enfin conquise!
    http://www.oecd.org/document/17/0,3746,en_21571361_44315115_46917325_1_1_1_1,00.html

    1. À l´image de l´attaque contre le programme du CNR, il me semble que dans la recherche de programmes politiques, il suffirait presque de prendre toutes les propositions de l´OCDE et de faire exactement l´inverse. L´OCDE trouverait enfin une utilité en tant qu´indicateur de ce qu´il ne faut pas faire.

    2. Vincent.
      C’est ce qu’à fait le 1 janvier 2010 l’ESEA par la Chine en décrétant une zone de libre échange asiatique contre tout emprise de l’OCDE…

  8. A propos de modèle pourri, je me pose la question de savoir quelle est la différence entre le laboratoire Servier et l’industrie du tabac. Le tabac fait 60 000 morts par ans, heureusement à l’abris des regards, dans les mouroirs des hôpitaux. Personne ne va voir ce qui s’y passe…

    En toute légalité le tabac tue c’est tout désolé pour les fumeurs !

    De toute façon nous allons tous mourir, engloutis par le temps comme dit Chateaubriand et tout le monde s’en fiche. Nous allons finir dans le néant d’où nous sommes sortis, vacant à nos occupations quotidiennes comme si de rien n’était, en mémoire peut-être aux promesses eschatologiques d’antan auxquelles on ne croit plus tout en faisant semblant d’y croire sans y croire. Sujet tabou, car trop lourd, personne ne fait face.

    Sujet tabou car il conviendrait de se poser la question du sens de la vie, de l’urgence du temps qui reste et de ne pas le gaspiller en vaine agitations. Chaque heure qui passe est précieuse, elle ne revient pas. A ce prix la, chaque heure passée à un travail absurde vaut des millions. La vie s’écoule, et on n’y fait pas attention c’est le sens de « elle leur cache tout la vie aux hommes » de Céline; « dans le bruit d’eux même ils n’entendent rien… »

    Ce n’est pas dépressif, c’est la réalité.

    1. Ça me donne envie d’en griller une petite. En méditant sur le sens profond de cette parole. Et pourquoi pas accompagner le tout d’un petit verre de Stolichnaya (Столичная) où on peut lire sur la bouteille : « Pour un monde plus humain ». Je crois que Céline parlait aussi de l’homme comme d’un animal rêveur, non ? Je lève mon verre à la clairvoyance de certains philosophes sans couler à pic si possible.

    2. Excellent, Octobre…

      Et le slogan n’est pas très éloigné d’une certaine vérité car rien n’est plus humain que d’essayer de conduire un pote de fac bourré, en plein discours difficile de reconstruction de la société, sur le chemin des toilettes.
      Souci : droguer un peuple est le meilleur moyen de le contrôler.

    3. Lisztfr, le sujet est lourd, je ne suis pas certain. Mais il est surtout tabou.
      Et raison de plus pour profiter de la vie plus que de l’argent.

  9. Est-ce que BMF Radio a une raison particulière de faire cesser vos chroniques du lundi matin ? Est-ce que les gens qui gèrent la radio considèrent que la crise n’est plus d’actualité ou bien est-ce que l’économie ne réunit pas suffisamment d’auditeurs ?

  10. Cher Monsieur,
    Je trouve dommage que vous quittiez l’antenne BFM même si – ou bien « justement parce que »- BFM n’est pas forcément acquis , comme vous le dites lors d’une précédente chronique.

    Probablement pas un choix de votre part.

    1. Simple : pas de TV (dans la mesure où Paul est visible sur Internet.)
      J’essaye depuis 35 ans et cela marche pas trop mal.
      Les conseils pour cesser de voir la TV et cesser de fumer
      sont très semblables: Ne pas en avoir dans la poche,
      ne pas trop frayer avec les fumeurs etc…
      Ceux qui ont stoppés la TV ressentent le même
      bien-être que la fin de la clope: enfin libre.
      J’aime bien l’idée que le JT bétonneur est aussi
      toxique qu’une charge de nicotine renforcée de goudron…

    2. Et moi j’arrive sur les trente ans sans.

      Ayons pitié de nous, qui allons nous taper une campagne présidentielle sans doute aussi « pulsionnelle » que celle de 2007.

  11. Quant au débat auquel vous participiez avec le nouvel obs, impossible d’en trouver trace sur leur site…. Dans le prochain Numéro, qui sait?
    Mais leurs informations économiques sont indigentes.
    Heureusement que l’intelligence de Laurent Joffrin va y remédier sans aucun doute.

    1. Oui, il semble que Nicolas Sarkozy ait décidé de s’approprier les paroles de Paul pour son usage exclusif.
      Ce matin j’avais l’impression d’entendre mot pour mot Mr Jorion quand il a dénoncé la spéculation sur les produits agricoles en choisissant l’exemple du cacao pendant sa conférence !
      Je me suis pincé pour y croire, tout y était… Puis, comme si les mots lui avaient soudain brûlés la langue, il a fait : « mais je n’suis pas là pour contester quoi que ce soit, ni pour montrer quiconque du doigt… ».
      J’en conclus qu’il a dû assister à cette table ronde du nouvel-obs et que ce sont les propos de Paul qu’il n’entend pas contester !
      Vous pourrez vérifier si cette conférence est mise en ligne, c’était au début de celle-ci !

      1. Oui mais M. Sarkozy ne sait pas tout sur le marché du cacao et il a commis une erreur : Anthony « Chocfinger » Ward n’est pas spéculateur : il est accapareur et il a dû stocker 240.000 tonnes de cacao l’été dernier, ce qui lui coûtait entre 7 et 10 millions de dollars par mois.

    2. Soit environ 40 $ la tonne stockée un mois, ce n’est pas donné, vous m’en voyez ravi pour cet accapareur !
      Mais je sais ça ne fera pas baisser le prix de la tablette de chocolat hélas, un produit qui n’est pas cher qu’au coeur de nos amis belges !
      Et n’allez pas imaginer que je soit un fan de NS, pourfendeur de solidarités sociales et roi de la promesse qui n’engage que celui qui l’écoute svp.
      Dommage pour votre intervention sur BFM mais ce n’est pas très grave, j’espère qu’on vous retrouvera dans un format plus intéressant.

    3. @Paul

      Anthony « Chocfinger » Ward, c’est lui qui a fait grimper le cacao à 4300$ la tonne au 14 juillet 2010 soit pour plus d’un milliard de dollars de stock (7% de la production mondiale) ? Ben je sais pas s’il l’a toujours sur les bras son stock (à 1% par mois de cout de stockage, même cout financier compris, ça fait salé la fève ! ), mais dans ce cas il peut envoyer des fleurs à Ouattara et Gbagbo. En 15 jours le cacao a repris 14% à 3500$ la tonne après un plus bas début novembre à 2860$.. Et l’appel au boycott de Ouattara amplifie la hausse aujourd’hui, Cargill venant d’annoncer dans la foulée (putains de ricains ! perdent pas le nord…) l’arrêt de ses achats en Côte d’Ivoire…
      Et Sarko, il ferait bien de se renseigner sur ces accapareurs et autres vautours du corner. Surtout s’il en voit trainer autour de ses ministres. Le Chocfinger en question il a quand même réussi à plomber un petit ministre british, Andrew Mitchell, qu’il avait soudoyé pour lui obtenir du gvt ghanéen une autorisation pour son hedge fund (Armanjaro) à opérer à nouveau au Ghana, d’où il avait été banni pour contrebande sur le cacao avec la Côte d’Ivoire…

  12. L’initiative d’interrompre ces interventions sur BFM vient de moi uniquement. J’en ai pris la décision hier et j’en ai informé Guillaume Sommerer ce matin à 8h30, à l’heure où nous avions l’habitude de nous mettre d’accord chaque semaine sur la manière dont nous allions présenter le thème toujours choisi par moi uniquement. Ma décision a été une surprise pour BFM car nous n’avions jamais évoqué une interruption éventuelle. Une heure plus tard, Guillaume m’a rappelé pour me signaler que l’intervention de N. Sarkozy empêcherait mon dernier billet d’être diffusé.

    1. On ne fait pas de Hamlet sans marcher sur des œufs.
      De l’indignité à l’indignation, de parler en dormant à rêver en parlant…..

      Etre, ou ne pas être, telle est la question.

      Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir
      la fronde et les flèches de la fortune outrageante,
      ou bien à s’armer contre une mer de douleurs
      et à l’arrêter par une révolte? Mourir.., dormir,
      rien de plus… et dire que par ce sommeil
      nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles
      qui sont le legs de la chair: c’est là un dénouement
      qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir.., dormir,
      dormir! peut-être rêver! Oui, là est l’embarras.
      Car quels rêves peuvent-ils nous venir dans ce sommeil de la mort,
      quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ?
      Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là
      qui nous vaut la calamité d’une si longue existence.
      Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde,
      l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté,
      les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi,
      l’insolence du pouvoir, et les rebuffades
      que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes,
      s’il pouvait en être quitte
      avec un simple poinçon? Qui voudrait porter ces fardeaux,
      grogner et suer sous une vie accablante,
      si la crainte de quelque chose après la mort,
      de cette région inexplorée,
      d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté,
      et ne nous faisait supporter les maux que nous avons
      par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas?
      Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches;
      ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent
      sous les pâles reflets de la pensée;
      ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes
      se détournent de leur cours, à cette idée,
      et perdent le nom d’action… Doucement, maintenant!
      Voici la belle Ophélie… Nymphe, dans tes oraisons
      souviens-toi de tous mes péchés.

      Pour les musiciens…….

      To be, or not to be: that is the question:

      Whether ’tis nobler in the mind to suffer
      The slings and arrows of outrageous fortune,
      Or to take arms against a sea of troubles,
      And by opposing end them? To die: to sleep;
      No more; and by a sleep to say we end
      The heart-ache and the thousand natural shocks
      That flesh is heir to, ’tis a consummation
      Devoutly to be wish’d. To die, to sleep;
      To sleep: perchance to dream: ay, there’s the rub;
      For in that sleep of death what dreams may come
      When we have shuffled off this mortal coil,
      Must give us pause: there’s the respect
      That makes calamity of so long life;
      For who would bear the whips and scorns of time,
      The oppressor’s wrong, the proud man’s contumely,
      The pangs of despised love, the law’s delay,
      The insolence of office and the spurns
      That patient merit of the unworthy takes,
      When he himself might his quietus make
      With a bare bodkin? who would fardels bear,
      To grunt and sweat under a weary life,
      But that the dread of something after death,
      The undiscover’d country from whose bourn
      No traveller returns, puzzles the will
      And makes us rather bear those ills we have
      Than fly to others that we know not of?
      Thus conscience does make cowards of us all;
      And thus the native hue of resolution
      Is sicklied o’er with the pale cast of thought,
      And enterprises of great pith and moment
      With this regard their currents turn awry,
      And lose the name of action.–Soft you now!
      The fair Ophelia! Nymph, in thy orisons
      Be all my sins remember’d.

  13. C’est peut être parce-que les US empruntent d’un côté pour rembourser de l’autre.
    On appelle ça la spirale de l’endettement…

  14. @Jorion

    Votre départ de BFM:

    Comme je vous l’avais écrit, le décalage entre vos positions et celles de BFM ne pouvait tenir à terme. BFM est bien trop dans la pensée unique et vous contre le système en place.

    CQFD

    1. Dommage que Paul quitte maintenant BFM alors que les tensions physiques sur les matières premières commencent doucement à être reconnue au sein de l’équipe (cela devient dur de nier les évidences), ce qui en soi est une révolution pour ces adeptes de la Ponzi-économie.

    2. Dans le même style ou censure, Marc Fiorentino n’adopte pas du tout le même angle dans sa chronique (très nuancée et contrôlée) matinale et sur cette même radio, et quand on l’entend communiquer autour de son nouveau livre « sauver son argent » dans lequel il nous rappelle la difficile réalité du terrain.

    3. Marc Fiorentino annonçait il y a quelques jours au Grand Journal de Canal plus qu’il ne donnait pas 18 mois avant le retour d’une crise bien pire que celle que l’on a connue.

  15. Merci Charles A. pour se lien :

    Eric Toussaint interviewé par Nikitas Kouridakis (quotidien grec Ethnos tis Kyriakis [1])

    « L’arrêt du paiement et le refus de remboursement de la dette ont été comparés à un désastre national. Les « images d’apocalypse » visent l’acceptation par les peuples des politiques appliquées par les gouvernements. »

    Eric Toussaint est un membre distingué du mouvement altermondialiste, historien et politologue, le président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM)-Belgique, membre du Conseil scientifique de l’association ATTAC, ainsi que du Conseil international du Forum social mondial. Il est l’auteur de plusieurs livres à propos de la dette, du FMI et de la Banque mondiale.

    Il a également été membre de la Commission d’audit des dettes publiques mise en place par le président de l’Equateur, Rafael Correa, afin de réduire une grande partie de la dette publique.

    L’audit en Equateur a contribué à économiser 3,2 milliards de dollars

    L’effort a été un succès : l’Equateur a répudié unilatéralement comme illégitime une dette de 3,2 milliards de dollars. Malgré l’embargo sur les marchés, les conséquences pour l’Équateur n’ont pas été négatives. Au contraire, en 2010, l’économie a présenté une croissance de 3,7% et en 2011, il est prévu que cette croissance va monter à plus de 5%.

    Le travail du Comité en Équateur a été récemment mentionné au Parlement grec par la députée, Sofia Sakorafa.

    Vraiment, l’expérience de l’Equateur pourrait-elle être utile pour la Grèce ? Eric Toussaint le pense : « Alors que les économies de ces deux pays sont différentes, la structure de la dette publique en Grèce a beaucoup de points en commun avec celle des pays en développement.

    Tout d’abord, la Grèce finance une partie de sa dette sous la forme de titres, délivrés par les Autorités du pays (titrisation de la dette publique), une technique utilisée par l’Equateur.

    Deuxièmement, une autre grande partie de la dette grecque est sous la forme de prêts bancaires, comme c’est le cas dans les pays en développement. Troisièmement, à partir de mai 2010, la Grèce a commencé à emprunter au FMI. Alors, ce qui se passe en Grèce aujourd’hui n’est pas différent de ce qui s’est passé dans de nombreux pays en développement pendant les dernières décennies, c’est-à-dire la soumission au « consensus de Washington » imposé par le FMI. »

    M. Toussaint voit un point commun de plus : « La dette de l’Équateur était principalement due aux banques des États-Unis. L’Équateur a abandonné en 2000 la monnaie nationale et a adopté le dollar. Tout comme l’Équateur a adopté la monnaie de ses créanciers, de la même façon la Grèce a une monnaie commune avec ses prêteurs principaux, la France et l’Allemagne. »

    Cette dernière observation ne signifie pas que la cessation des paiements sera nécessairement accompagnée par une sortie de l’euro : « Il n’y a pas un lien de sortie automatique de l’euro si la Grèce cesse de payer. La Grèce doit décider -après un débat au Parlement grec et avec le peuple grec- si elle reste dans la zone euro ou non. »

    Selon M. Toussaint les salaires, les pensions et les dépôts des épargnants peuvent être garantis. « Si un État refuse de rembourser sa dette, il économise de l’argent. En effet, le remboursement dévie une grande partie des dépenses publiques vers les créanciers. Si l’Etat utilise cet argent à d’autres fins, il peut payer les salaires de la fonction publique, verser les retraites, faire fonctionner les hôpitaux, les écoles et les organismes publics, il peut aussi assurer la sécurité du pays. Jusqu’à maintenant, tous les pays qui ont récemment refusé de payer leurs créances ont amélioré leur capacité à se conformer à leurs obligations à l’égard des citoyennes et citoyens du pays. »

    En plus, concernant les dépôts des épargnants, « l’autorité publique doit prendre ses responsabilités et créer un vaste secteur public du crédit. L’État peut récupérer le coût du renforcement du système bancaire sur le patrimoine des principaux actionnaires des banques ».

    Domino

    Bien que les raisons de l’accumulation de la dette est différente dans notre pays, M. Toussaint insiste que la dette ne concerne pas que la Grèce. « Les Grecs doivent comprendre qu’ils ne sont pas une exception. Ce qui se passe en Grèce depuis avril 2010 se reproduit en Irlande depuis octobre 2010, la même chose va se passer au Portugal, en Espagne, en Italie. Ce serait vraiment dommage si les Grecs croyant qu’ils sont une exception acceptaient passivement les conditions qui leur sont imposées. »

    Argentine – Russie

    La cessation de paiement les a sauvés.

    Pour défendre son avis pour le non-paiement des dettes illégitimes, Eric Toussaint se réfère à Joseph Stiglitz, économiste Nobel d’économie en 2001, qui -dans une étude de 2010- a révélé que les économies des pays comme la Russie ou l’Argentine se sont trouvées dans une meilleure situation financière après la cessation de paiements. Leurs gouvernants ont économisé de l’argent pour stimuler la croissance.

    Dirty Game

    Les banques étrangères doivent assumer leurs responsabilités.

    Pour M. Toussaint, les Eurobonds -qui servent à ’légitimer la dette’- ne sont pas une solution à notre problème. Tout d’abord, il faut explorer les conditions sous lesquelles les prêts en Grèce ont été contractés.

    La question à laquelle il faut répondre est la suivante : « Est-il normal que les citoyens d’un pays comme la Grèce, remboursent une dette qui n’est pas légitime ? ».

    Si les prêts ont été réalisés dans l’intérêt des citoyens, respectant leurs besoins fondamentaux et si les banques, principalement françaises et allemandes, ont eu un comportement prudent et raisonnable, nous pouvons dire alors que la dette doit être remboursée. Mais en réalité la majeure partie de la dette est illégitime et les banquiers qui ont acheté des titres grecs doivent assumer leurs responsabilités.

    Des conditions abusives

    Les prêts ont été octroyés dans des conditions déraisonnables et illégitimes, donc il faut obtenir l’annulation d’une partie importante de la dette.

    M. Toussaint se réfère à l’exemple des « dépenses militaires excessives en Grèce », dont une grande partie est due aux industries militaires françaises et allemandes.

    1. Un coup à ce que les ricains se retrouvent sur la paille, ça…

      Et là, adieu walt disney, les séries télé, les hamburgers, les 4×4, les sous-munitions, le napalm, les jaï’s, les courses poursuites, les shérifs et superman.
      Une trop « grosse » perte de « culture ». Désolé, ce serait trop dur.

  16. Encore a radoter sur la dette des US.
    Vous êtes un vrai conservateur ma parole.

    Je vous le répète, bien que le Congrès puissent bloquer l’émission de nouvelles obligations, il est impuissant à forcer un défaut sur la dette existante.
    Aucune loi sur le plafond d’endettement ne peut passer outre l’obligation constitutionnelle du gouvernement US de faire en temps opportun le paiement du service de la dette.

    Et si il n’est pas possible d’émettre de nouvelles obligations, les US émettront simplement la monnaie sans émettre de dette.
    Si ce n’est pas politiquement possible, les US deviendront le prochain Japon (et pas la Grèce).

    1. « … Vous êtes un vrai conservateur ma parole »

      Plus conservateur que moi, tu meurs ! … c’est bien connu.

      « Je vous le répète… »

      Par contre vous, vous vous énervez.

    2. Le souci, Alinéa, est que le Japon a pu se maintenir la tête hors de l’eau grâce à ses exportations. Surtout vers l’oncle sam, d’ailleurs.
      Là, je ne vois pas vraiment ce qu’ils ont à vendre hormis des armes. Ce qui en période de réduction budgétaire de toutes les armées du monde, sauf la leur, va devenir aussi difficile.

      Une idée pour essayer de les sauver..???
      En dehors d’une quête à la sortie de la messe ou du cinéma, bien sûr.

    3. Comment eviter une troisieme depression

      « in today’s world, where everyone is trying to get rid of debt, no one wants to borrow that $100. This is just what happened during the Great Depression, and also what happened to Japan in the 1990s.
      But Japan was smart: the government borrowed and spent $100 instead, keeping the money flowing. Even though it increased the government’s debt by 460 trillion yen, it sustained over 2,000 trillion yen – “making it a huge bargain,” the understated Koo points out. On the other hand, cutting spending and government deficits will have the opposite, devastating effect. »

      Traduction:
      « Dans le monde d’aujourd’hui, ou tout le monde essaye de se désendetter, personne ne veut emprunter(et plus exactement, personne n’a les moyens d’emprunter ou de dépenser pour cause de revenus trop faible)
      C’est ce qui c’est passé pendant la Grande Dépression et aussi au Japon dans les années 90.

      Mais le Japon a été astucieux: le gouvernement a emprunté et dépensé a la place du secteur privé, et a pu garder le flot de monnaie constant. Bien que cela ait augmenté la dette du gouvernement de 460 trillions de yen, cela a soutenu l’équivalent en production de 2 000 trillions de yen — faisant de ces dépenses « un très bonne affaire ».
      De l’autre coté, couper les dépenses et les déficits du gouvernement aura un effet opposé et dévastateur. »

      [Mr. Koo est gentil puisqu’il explique les opérations de la banque centrale dans un langage néo-lib mais la banque centrale n’emprunte pas.
      Ce qui donne l’impression que l’État emprunte est que le trésor émet une obligation (dette) pour chaque unité monétaire émise correspondant au déficit budgétaire.
      Une partie de ces obligations est offerte au public comme outil d’épargne et le reste est tout simplement détruit!] »

      Les exportations du Japon contribuent a maintenir la pression déflationniste sur leur économie et ne les aide pas, au contraire.
      Le déficit du Japon est de 7%/PIB et le ratio dette/PIB est de 200% .
      Malgré cela, le Japon est toujours en déflation et sa monnaie continue de s’apprécier.

      Mais selon vous, un pays doit obligatoirement exporter pour pouvoir fonctionner?
      Vous bossez au FMI?
      La consommation et la croissance domestique, ca vous dit quelque chose?
      Sinon, juste pour rigoler, les États-Unis exportent des dollars et ont le seul dépôt connu 🙂

      Les États-Unis sont le troisième exportateur mondial, devant le Japon.

      Premier exportateur de produit agricole, d’armement et autres.

      « Une idée pour essayer de les sauver..??? »

      Oui, du déficit et encore du déficit pour relancer l’emploi mais les conservateurs s’y opposent et mettent dans la tête des gens que la solution est de réduire la dette et le déficit!
      Ça fait vingt ans qu’ils prédisent l’apocalypse pour le Japon et son marché obligataire, vingt ans qu’ils se plantent, deux ans qu’ils nous serinent avec le défaut des États-Unis et l’hyperinflation, et deux ans qu’ils se plantent.
      Le Tea party martèle ce discours avec le soutien financier des frères Koch et celui de Peter Peterson, milliardaire de Wall Street qui dépense sans compter, aux US et en Europe pour évangéliser les foules sur le mal absolu des déficits publics.
      Et parce que l’Etat n’a plus d’argent il faut supprimer les programmes sociaux pour tous!
      Pourquoi relayez-vous leur désinformation?

      « Par contre vous, vous vous énervez. »

      Je suis très lasse en fait 🙁

    4. Alinéa, je vous répondrais simplement balance commerciale.
      Et un grand merci pour tes liens. (où l’on découvre que l’Europe exporte PLUS que la Chine… salut BA 😉 )

      Je veux bien comparer, mais ce qui est comparable.
      Dans le Ponzi général, nous sommes bien d’accord que l’on peut s’endetter sans compter à la seule et unique condition de pouvoir toujours payer les intérêts et les échéances du principal.
      Hors, les US semblent avoir de plus en plus de mal à assumer cela vu qu’ils sont obligés de créer du dollar.Par la FED.

      Imaginons que je te dise que le Japon a réussi à stabiliser la courbe ascendante de son endettement grâce à sa balance commerciale..??
      Vu la conjoncture et le prix du fil à couper le beurre aux US. Dis-moi ce qui, à moyen terme, permettrait aux US cette même stabilisation.
      (sachant aussi que leurs fondamentaux économiques, soit éducation, santé, structures,… roulent complètement sur la jante et qu’ils ne peuvent même plus faire rêver les immigrés)

    5. @yvan

      Le surplus de la balance commerciale ne finance pas le deficit budgetaire. C’est vrai dans un systeme monetaire de change fixe ou un systeme ou l’emission monetaire est contrainte par des regles astrologiques 🙂
      Ce n’est absolument jamais le cas dans un systeme monetaire moderne (fiat). Un Etat souverain n’est absolument jamais contraint dans ses depenses. Un État souverain n’est pas une entreprise ou un ménage. Il ÉMET la monnaie.
      « Le gouvernement peut dépenser autant qu’il le souhaite dans la mesures ou il y a suffisamment de biens et services a vendre.
      Indépendamment du fait que le gouvernement ait dépensé plus que ses revenus (taxation et ventes d’obligation) ou moins, quelque soit le jour particulier, le gouvernement a toujours la même capacité a dépenser.

      Il n’y a pas de concept tel que le gouvernement « n’a plus d’argent » ou qu’il ne soit pas capable de financer un programme. Combien le gouvernement peut dépenser est entièrement son choix. Il n’y a aucune restriction sur sa capacité financière.
      Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de restriction a ses dépenses. Clairement, il y en a — la quantité de biens et services qui sont a vendre, et le travail des gens au chômage inclut. »
      http://alienaeconomics.blogspot.com/2010/08/etalon-or-et-taux-de-change-fixes-des.html

      Mais quel que soit le système, le déficit budgétaire et le déficit extérieur sont TOUJOURS finances par émission monétaire (a moins que la monnaie pousse sur les arbres, bien sur :-))
      Le surplus commercial du Japon est ce qui maintient leur monnaie surévaluée et les pressions déflationnistes.
      L’endettement public et le déficit ne sont pas un problème tant qu’il y a 10% et plus de chômage et que les capacités productives sont a 70%.

      A relire plus haut:
      « Mais le Japon a été astucieux: le gouvernement a emprunté et dépensé a la place du secteur privé, et a pu garder le flot de monnaie constant. Bien que cela ait augmenté la dette du gouvernement de 460 trillions de yen, cela a soutenu l’équivalent en production de 2 000 trillions de yen — faisant de ces dépenses « un très bonne affaire ».
      De l’autre coté, couper les dépenses et les déficits du gouvernement aura un effet opposé et dévastateur. »

      « Ce qui donne l’impression que l’État emprunte est que le trésor émet une obligation (dette) pour chaque unité monétaire émise correspondant au déficit budgétaire »

      Est-ce que vous comprenez que l’emission d’obligation est la MEME chose que l’emission monetaire?

  17. REALITE DE LA DETTE PUBLIQUE US

    « La dette publique américaine devrait atteindre le plafond de 14.300 milliards de dollars fixé par le Congrès en avril ou au plus tard au début mai 2011 ». Ne s’agit-il pas de la dette publique stricto sensu ?
    Il semble en effet que la réalité des chiffres se situe bien au-delà de ce plafond. Une brève analyse des données officielles du Federal Reserve Statistical Release (Z.1 Flow of funds accounts of The United States, December 9, 2010), montre que si l’on ajoute à la dette publique (Etat fédéral et administrations subfédérales), la dette parapublique (Government Sponsored Entreprises incluant notamment Freddy Mac et Fannie Mae), la dette publique s’élève en réalité à 23.881 Milliards de dollars, soit 162 % du PIB.
    Au-delà des méandres réglementaires propres aux finances publiques américaines, il convient également de rajouter dans la balance de l’endettement des Etats-Unis d’Amérique, la dette privée non-financière qui s’élève à 23.483 Milliards de dollars, soit 159,3 % du PIB. Celle-ci intégrant 12.526 Milliards de dollars au titre des ménages (84,6 % du PIB) et 10.957 Milliards de dollars au titre des entreprises (74,3 % du PIB).
    Soit un endettement total de 47.364 Milliards de dollars ! Un chiffre dont l’ampleur souligne deux problèmes :
    Premier problème : la situation de « défaut de dette » qui est bien réelle mais reste latente tant qu’elle n’a pas été actée par le Congrès.
    Deuxième problème : la quasi impasse d’un retour à l’équilibre des comptes publics et privés américains par la mise en œuvre d’instruments classiques de politique budgétaire. Ces leviers ont été quelque peu mis à l’index au profit d’une politique d’assouplissement quantitatif sur laquelle les Républicains pèseront assurément de tout leur poids, sans d’ailleurs que des « mesures de substitution » soient pour le moment très clairement définies.
    En effet, au-delà des récentes déclarations des ténors du Congrès, la remise en cause concrète de la politique de la FED n’est pas encore à l’ordre du jour comme en atteste son dernier communiqué du 26 Janvier qui confirme la stratégie mise en place depuis septembre 2010.
    L’un des éléments d’appréciation réside probablement dans le montant réel de la dette qui aura été érodé depuis le début la mise en place des mesures d’assouplissement quantitatif : une statistique qui ne figure pas encore dans les des données officielles du Federal Reserve Statistical Release …
    Gilles BOUCHARD

  18. Merci Paul Jorion
    Le droit au états de faire faillite, j’ai toujours prôner ça au plus haut point
    Cela va responsabiliser les prêteurs face à la stupidité des électeurs des pays démocratique et empêcher les requins de prendre le contrôle de certains pays lorsque leurs dirigeants sont prêt à vendre le peuple en empruntant pour se payé du luxe.

    Alain Racicot

  19. bonjour Mr Paul jorion , pour les usa et les ètat unis j,ai peut-être une solution ,je sais qui il y a des ètat comme des ville aux bord de la faillite , mais ont peut leurs accordè le droit a l.ètalon or pour leur dette et l,etalon argent pour la vie cotidienne et le faire aussi pour l,europe . se qui serai une solution pour règulé les dette du monde . ce système devrat être conduit par le F.M.I pour plus de sècuritè. gèrald maurice

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